Gérardmer: des films comme des jonquilles  

Comme les jonquilles (même si la traditionnelle, réputée, biennale et prochaine fête géromoise n’aura lieu qu’en 2019), les films vont, eux, fleurir dans cette autre fête printanière que sont les Rencontres du cinéma de Gérardmer…

Cette manifestation professionnelle destinée, au départ, aux distributeurs, aux exploitants et aux fournisseurs venus du Grand Est, voire d’au-delà, s’est très rapidement ouverte au grand public. Pour lequel, c’est évidemment une aubaine de déguster, en quatre jours, une vingtaine de films, tous présentés en avant-premières. Dès le (petit) matin et jusqu’au soir, on se bouscule (aimablement !) dans la salle du Casino Joa…

Dans le domaine, Gérardmer a joué les pionniers et la réussite des rencontres du bord du lac a essaimé aux quatre vents, suscitant des manifestations similaires en Bretagne, dans le nord (Arras) ou dans le sud (Avignon).

Pour la 22e édition –quasiment celle de la maturité- la dream team composé de Denis Blum, Jean-Marc Carpels et Thierry Tabaraud, maintenant rejointe par Jean Walker dans un rôle de co-organisateur, a concocté un programme alléchant où le thème de la famille sera largement décliné… Qu’on en juge !

LES ANGES PORTENT DU BLANC

Anges Portent du  Blanc

Chine (1h47) de Vivian Qu

Dans une modeste station balnéaire, deux collégiennes sont agressées dans un motel par un homme d’âge mûr. Mia, l’adolescente qui travaillait à la réception, est la seule témoin. Elle ne dit rien par crainte de perdre son emploi. Par ailleurs, Wen, l’une des victimes, 12 ans, comprend que ses problèmes ne font que commencer…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Dans une production chinoise abondante, Vivian Qu est loin d’être une inconnue. Elle a d’abord produit des films souvent primés dans des festivals (Black Coal, présenté par le passé à Gérardmer, a décroché l’Ours d’or à Berlin en 2014) avant de passer, en 2013 à la réalisation. Les anges… est sa seconde réalisation qui fut, l’an dernier, en compétition à la Mostra de Venise. Elle signe ici un drame social très réaliste sur la marchandisation des corps féminins.

Projection le mardi 3 avril à 14h45. Distributeur : Rezo. Sortie en salles : 2 mai.

BIENVENUE EN SICILE

Bienvenue en Sicile

Italie (1h39) de Pif

New York, 1943. Arturo rêve d’épouser la belle Flora, déjà promise à un chef de la mafia new-yorkaise. La seule façon d’obtenir sa main est de la demander directement à son père, resté en Sicile. Arturo s’engage alors dans l’armée américaine. Il est loin d’imaginer que l’armée a scellé un pacte avec la mafia pour assurer le débarquement en Italie…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Remarqué pour La mafia tue seulement en été (2013), Pierfrancesco Diliberto alias Pif revient encore à cette Sicile qui lui est chère et où il est né avec une œuvre ancrée dans le passé mais qui s’intéresse à un sujet toujours d’actualité : le pouvoir mafieux en Sicile. Comédie sur fond historique, In Guerra per amore (en v.o.) raconte comment les Américains venus délivrer l’île du joug de Mussolini, finiront par donner des postes importants… à la mafia locale.

Projection le mardi 3 avril à 17h. Distributeur : Saje. Sorties en salles : 23 Mai.

JE VAIS MIEUX

Je Vais Mieux

France (1h26) de Jean-Pierre Ameris

Laurent, un quinquagénaire, est victime d’un mal de dos fulgurant. Tous les médecins, les radiologues et les ostéopathes du monde ne peuvent rien pour lui : la racine de son mal est psychologique. Mais de son travail, de sa femme ou de sa famille, que doit-il changer pour aller mieux ?

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Après deux comédies (Les émotifs anonymes et Une famille à louer) reposant sur des scénarios originaux, Jean-Pierre Améris adapte, ici, le roman éponyme de David Foenkinos. Mais Jean-Pierre Ameris (qui viendra à Gérardmer) reste fidèle à ses personnages d’inhibés en proie à des blocages. Le psychologue du film le dit : « Le corps, ce trésor qu’on oublie trop souvent, nous parle et il faut l’écouter car c’est comme une sonnette d’alarme ». Eric Elmosnino, Ary Abittan, Judith El Zein ou Alice Pol la tirent pour nous…

Projection le mardi 3 avril à 19h30. Distributeur : EuropaCorp. Sortie en salles : 30 mai.

GUERNESEY

Guernesey

Grande-Bretagne (2h03) de Mike Newell

Londres, 1946. Juliet Ashton, jeune écrivaine en manque d’inspiration, reçoit une lettre d’un mystérieux membre du Club de littérature de Guernesey créé durant l’Occupation. Curieuse d’en savoir plus, Juliet décide de se rendre sur l’île et rencontre alors les excentriques membres du « Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » dont Dawsey, le charmant et intriguant fermier à l’origine de la lettre. Leurs confidences, son attachement à l’île et à ses habitants ou encore son affection pour Dawsey changeront à jamais le cours de sa vie.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Réalisateur d’un Harry Potter (Harry Potter et la coupe de feu en 2005), l’Anglais Mike Newell est connu du grand public pour avoir mis en scène, en 1994, Quatre mariages et un enterrement. Il adapte, ici, le roman épistolaire de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows qui fut un best-seller international. Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de papates aborde des thèmes comme la magie de la lecture, la découverte de soi, la rencontre de l’autre, la loyauté et le courage… Lily James incarne avec charme Juliet Ashton.

Projection le mercredi 4 avril à 9h (séance réservée aux professionnels). Distributeur : Studiocanal. Sortie en salles : 13 juin.

GUY

France (1h41) d’Alex Lutz

A la mort de sa mère, Gauthier, un jeune journaliste, retrouve une lettre suggérant qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variété française de 72 ans ayant eu son heure de gloire dans les années 70 avec un tube intitulé Caresse. Celui-ci est justement en train de sortir un album de reprises et de faire une tournée. Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, dans sa vie quotidienne et ses concerts de province, pour en faire un portrait documentaire.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : On connaît bien le Strasbourgeois Alex Lutz pour sa savoureuse incarnation de Catherine dans la shortcom Catherine et Liliane sur Canal+. Mais Alex Lutz a d’abord fait ses armes au théâtre, passant aussi par le cinéma (on le remarque comme fils de nazi dans OSS 117 : Rio ne répond plus) et le on man show avant de venir, en 2015, à la réalisation avec Le talent de mes amis dont il interprète aussi le premier rôle. Il est aussi en tête d’affiche de sa seconde réalisation où son personnage de Guy est entouré notamment de Tom Dingler, Pascale Arbillot ou Brigitte Roüan. Alex Lutz viendra à Gérardmer et animera, notamment, le mercredi 4 de 14h40 à 16h, salle de l’Horloge à l’Espace L.A.C. une master class avec une trentaine de lycéens géromois.

Projection le mercredi 4 avril à 11h15 (séance réservée aux exploitants et programmateurs). Distributeur : Apollo Films. Sortie en salles : 29 aout.

IN DEN GANGEN

In den Gangen

Allemagne (2h05) de Thomas Stuber

Suite à une imprudence sur un site de construction, Christian perd son emploi. Il retrouve un job comme technicien de surface dans un supermarché. Il découvre un nouveau monde : les longues allées, la manutention et l’agitation grouillante autour des caisses. Il rencontre aussi Marion qui a une dizaine d’années de plus que lui…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Avec son troisième film, Thomas Stuber était en compétition officielle à la dernière Berlinale. Il y présentait cette vraie-fausse romance qui va, peu à peu, emprunter des chemins plus amers. Le film doit beaucoup à ses interpètres. On a vu tout récemment Franz Rogowski dans Happy End de Michael Haneke. Sandra Hüller a été Inès, le personnage principal féminin de l’excellent Toni Erdmann (2016) de Maren Ade.

Projection le mercredi 4 avril à 15h. Sortie en salles : prochainement.

BENZINHO

 

Benzinho

Brésil (1h35) de Gustavo Pizzi

Irene est une mère de famille, qui traverse ce moment – compliqué pour tout parent – où son aîné devenu adulte s’apprête à quitter le foyer pour aller jouer au handball en Allemagne. Ce départ est un grand huit émotionnel, surtout qu’elle a décidé en parallèle de reprendre des études, doit gérer quatre enfants et un mari fantasque, et héberge sa sœur en pleine crise conjugale.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Les aventures de familles chaotiques font souvent de bons sujets pour les comédies cinématographiques. Ici, les tribulations d’une tribu brésilienne à Petropolis, une petite ville des environs de Rio, donnent naissance à une chronique familiale sensible et touchante de la middle-class brésilienne. En tête d’une attachante galerie de personnages, on trouve Karine Teles, véritable star au pays des cariocas.

Projection le mercredi 4 avril à 17h15. Sortie en salles : prochainement.

COMME DES GARCONS

Comme des Garçons

France (1h30) de Julien Hallard

Reims, 1969. Paul Coutard, séducteur invétéré et journaliste sportif au quotidien Le Champenois, décide d’organiser un match de football féminin pour défier son directeur lors de la kermesse annuelle du journal. Sa meilleure ennemie, Emmanuelle Bruno, secrétaire de direction, se retrouve obligée de l’assister. Sans le savoir, ils vont se lancer ensemble dans la création de la première équipe féminine de football de France.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : En s’appuyant sur l’histoire vraie d’un journaliste de L’Union de Reims qui, en 1968, eut l’idée de faire jouer des filles au foot, Julien Hallard (présent à Gérardmer en compagnie de Vanessa Guide et Mona Walravens) a imaginé, non point un simple film de sport, mais une comédie romantique mâtinée de burlesque où une secrétaire effacée (Vanessa Guide) avance vers l’émancipation et où un dragueur tête à claques (Max Boublil) s’avise qu’il ne sait pas tout sur les femmes

Projection le mercredi 4 avril à 19h30. Distributeur : Mars Films. Sortie en salles : 25 avril.

TAD ET LE SECRET DU ROI MIDAS

Tad Midas

Espagne (1h26) d’Enrique Gato et David Alonso

Tad l’explorateur part à Las Vegas pour voir la dernière découverte de son amie Sara, intrépide et charmante archéologue. Celle-ci a trouvé l’un des trois anneaux d’or appartenant au collier du Roi Midas ! Selon la légende, le détenteur du collier a le pouvoir de transformer tout ce qu’il touche en or. Lors de la présentation au public, tout bascule : l’infâme Jack Rackham et sa bande volent le joyau et kidnappent Sara. Pour retrouver son amie, Tad se lance dans une folle aventure autour du globe…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Cinq ans après Tad l’explorateur : à la recherche de la cité perdue, les réalisateurs espagnols retrouvent leur maladroit aventurier. Une parodie de films d’aventure en animation, avec une bonne dose d’humour et des références souvent drôles, ainsi, celle à Apocalypse Now. Le rythme est bon, l’animation aussi et l’univers graphique tient la route.

Projection le jeudi 5 avril à 9h15 (salle de la M.C.L.). Distributeur : Paramount. Sortie en salles : 16 mai.

OTAGES A ENTEBBE

Otages à Entebbe

Grande-Bretagne (1h47) de José Padilha

Le 27 juin 1976, le vol Air France 139, venant de Tel Aviv et transportant 246 passagers et douze membres d’équipage, décolle d’Athènes pour rejoindre Paris. Peu après le décollage, le vol est détourné par quatre terroristes. Les preneurs d’otages, deux membres du Front populaire de Libération de la Palestine et deux Allemands membres des Revolutionäre Zellen prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Benghazi en Libye. Après sept heures d’attente, l’avion redécolle pour se poser sur l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. Dans la nuit du 3 au 4 juillet, les forces israéliennes donnent l’assaut…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Le raid d’Entebbe a déjà donné lieu à diverses adaptations au cinéma et à la télévision. Dans cette nouvelle version, le cinéaste brésilien met en scène deux histoires parallèles autour du raid, suivant, d’un, les terroristes et la manière dont les otages ont pu les faire douter et, de deux, s’attachant aux implications politiques de la négociation et à l’avenir de figures comme Yitzhak Rabin ou Shimon Peres.

Projection le jeudi 5 avril à 9h15. Distributeur : Orange Studio. Sortie en salles : 25 avril.

Big Bang

BIG BANG

France (1h38) de Cecilia Rouaud

Gabrielle est « statue » pour touristes, au grand dam de son fils ado. Elsa est en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte. Mao est un game designer de génie chroniquement dépressif qui noie sa mélancolie dans l’alcool et la psychanalyse. Ils sont frère et sœurs mais ne se côtoient pas. Surtout pas. Il faut dire que leurs parents, Pierre et Claudine, séparés de longue date, n’ont vraiment rien fait pour resserrer les liens de la famille… Pourtant, au moment de l’enterrement du grand-père, ils vont devoir se réunir, et répondre, ensemble, à la question qui fâche : « Que faire de Mamie ? »

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Cinq ans après la sortie de son premier long métrage Je me suis fait tout petit, la réalisatrice retrouve Vanessa Paradis en compagnie de Camille Cottin, Pierre Deladonchamps, Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby. Cécilia Rouaud (qui sera à Gérardmer avec Pierre Deladonchamps) donne une histoire où la famille est évidemment fondatrice et nécessaire mais aussi, pour beaucoup de gens, une croix lourde à porter.

Projection le jeudi 5 avril à 11h15 (séance réservée aux exploitants et programmateurs). Distributeur : SND. Sortie en salles : 5 septembre.

AMOUREUX DE MA FEMME

Amoureux de ma femme

France (1h24) de Daniel Auteuil

Daniel est très amoureux de sa femme, mais il a beaucoup d’imagination et un meilleur ami parfois encombrant. Lorsque celui-ci insiste pour un diner « entre couples » afin de lui présenter sa toute nouvelle et très belle amie, Daniel se retrouve coincé entre son épouse qui le connaît par coeur et des rêves qui le surprennent lui-même.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Acteur au long cours, Daniel Auteuil (qui sera présent à Gérardmer) est aussi passé derrière la caméra pour réaliser La fille du puisatier (2011), Marius (2013) et Fanny (2013). Pour sa quatrième mise en scène, Auteuil a réuni un beau casting avec Gérard Depardieu, Sandrine Kiberlain et Adriana Ugarte. Avec le personnage de Daniel, Auteuil s’offre un homme à l’imagination débordante et qui a bien du mal à dissimuler ses pensées…

Projection le jeudi 5 avril à 14h30. Distributeur : Sony Pictures. Sortie en salles : 25 avril.

THE CAKEMAKER

Cakemaker

Allemagne (1h25) d’Ofir Raul Graizer

Jeune pâtissier allemand, Thomas a une liaison avec Oren, un homme marié israélien qui se rend régulièrement à Berlin en voyage d’affaires. Quand Oren meurt dans un accident de voiture, Thomas se rend à Jérusalem à la recherche de réponses concernant sa mort. Sans révéler qui il est, Thomas se glisse dans la vie d’Anat, la veuve de son amant, qui tient un petit café. Bientôt, il commence à travailler pour elle.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Pour son premier long-métrage, le cinéaste israélien Ofir Raul Gaizer distille un solide récit qui, de Berlin à Jérusalem, se penche sur des thèmes aussi forts que la religion, l’identité juive, l’homosexualité ou la situation d’un Allemand en Israël. Gaizer se refuse aussi à se conformer à toute norme sexuelle, tous les personnages cherchant avant tout à être aimés…

Projection le jeudi 5 avril à 17h. Distributeur : Damned Films. Sortie en salles : 6 juin.

UNE ANNEE POLAIRE

Annee Polaire

France (1h34) de Samuel Collardey

Pour son premier poste d’instituteur, Anders choisit l’aventure et les grands espaces: il part enseigner au Groenland, à Tiniteqilaaq, un hameau inuit de 80 habitants. Dans ce village isolé du reste du monde, la vie est rude, plus rude que ce qu’Anders imaginait. Pour s’intégrer, loin des repères de son Danemark natal, il va devoir apprendre à connaître cette communauté et ses coutumes.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Révélé en 2008 par L’apprenti, Samuel Collardey (qui sera présent à Gérardmer) a accompli plusieurs voyages au Groenland pour préparer le récit d’un instituteur qui arrive dans un village et doit y trouver sa place. Le cinéaste filme aussi une communauté, ancrée dans la ruralité, prise entre tradition et modernité. « Ce qui nous rassemble, dit Samuel Collardey, m’intéresse plus que ce qui nous différencie. Film après film, je traite toujours de la même chose : la famille, la transmission, la paternité. »

Projection le jeudi 5 avril à 19h30. Distributeur : Ad Vitam. Sortie en salles : 30 mai.

PLACE PUBLIQUE

Place_publique

France (1h38) d’Agnès Jaoui

Autrefois star du petit écran, Castro est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, sœur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions. Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux. Alors que Castro assiste, impuissant, à la chute inexorable de son audimat, Hélène tente désespérément d’imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : La cinquième réalisation d’Agnès Jaoui bénéficie d’une belle distribution dans laquelle on trouve l’incontournable Jean-Pierre Bacri mais aussi Lea Drucker, Kevin Azaïs, Nina Meurisse… Place publique se passe dans un jardin… privé et permet aux auteurs de se pencher sur cette nouvelle frénésie de vouloir se faire reconnaître, même de son groupe d’amis, par un like sur Facebook, qui valide le petit-déjeuner que l’on vient de filmer et de poster… Andy Warhol a eu à la fois raison et tort : ce n’est pas un quart d’heure mais une minute de célébrité auquel tout le monde prétend aujourd’hui.

Projection le vendredi 6 avril à 9h30. Distributeur : Le Pacte. Sortie en salles : 18 avril.

FOXTROT

Foxtrot

Israël (1h53) de Samuel Maoz

Michael et Dafna, mariés depuis 30 ans, mènent une vie heureuse à Tel Aviv. Leur fils aîné Jonathan effectue son service militaire sur un poste frontière, en plein désert. Un matin, des soldats sonnent à la porte du foyer familial. Le choc de l’annonce va réveiller chez Michael une blessure profonde, enfouie depuis toujours. Le couple est bouleversé. Les masques tombent.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Lion d’or à Venise pour Lebanon (2009), Samuel Maoz a remporté le Lion d’argent, cette fois, pour ce drame sur le sacrifice, la culpabilité et le deuil qui a provoqué une grosse polémique en Israël parce que la ministre de la Culture a estimé que Foxtrot donnait une mauvaise image de Tsahal. Avec la structure d’une tragédie grecque classique, le film se focalise successivement sur le père, le fils, enfin la femme, le spectateur faisant, au fil du triptyque, l’expérience d’une transformation émotionnelle. Dans le rôle de Michael, on trouve Lior Ashkenazi, l’une des stars du cinéma israélien.

Projection le vendredi 6 avril à 11h30. Distributeur : Sophie Dulac. Sortie en salles : 25 avril.

RETOUR A BOLLENE

Retour à Bollene

France (1h07) de Saïd Hamich

Nassim, 30 ans, vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine. Après plusieurs années d’absence, il revient avec elle à Bollène, dans le Sud-Est de la France, où il a grandi. Nassim doit alors faire face à son passé, à sa ville sinistrée, désormais gouvernée par la Ligue du Sud, à sa famille avec laquelle il entretient des relations complexes et à ce père à qui il n’adresse plus la parole…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : D’abord producteur, notamment de Much Loved, Saïd Hamich (qui sera présent à Gérardmer) passe, pour la première fois, à la réalisation pour raconter une histoire, non point autobiographique, mais personnelle. « Ce que je partage avec Nassim, dit le cinéaste, c’est le rejet de cet endroit, Bollène. Je retournais peu voir ma famille. J’avais une certaine honte sociale à leur égard dont je n’avais pas conscience. (…) J’ai voulu que Nassim soit né en France et il l’a quittée en symétrie à ses parents qui sont venus y chercher une vie meilleure… »

Projection le vendredi 6 avril à 14h45. Distributeur : Pyramide. Sortie en salles : 30 mai.

TROIS JOURS A QUIBERON

Trois Jours à Quiberon

Allemagne (1h56) d’Emily Atef

En 1981, pour une interview exceptionnelle et inédite sur l’ensemble de sa carrière, Romy Schneider accepte de passer quelques jours avec le photographe Robert Lebeck et le journaliste Michael Jürgs, du magazine allemand Stern pendant sa cure à Quiberon. Cette rencontre va se révéler éprouvante pour la comédienne qui se livre sur ses souffrances de mère et d’actrice, mais trouve aussi dans sa relation affectueuse avec Lebeck une forme d’espoir et d’apaisement.

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Connue pour L’étranger en moi (2008) et Tue-moi (2011), la cinéaste franco-iranienne née à Berlin change de registre avec une reconstitution en noir et blanc d’un épisode de la vie de Romy Schneider. En 1981, elle joue dans La passante du Sans-souci de Jacques Rouffio dont le tournage est interrompu à plusieurs reprises. Sous l’emprise de l’alcool et de calmants, la star est contrainte d’aller en cure thérapeutique à Quiberon. Dans une tonalité crépusculaire (Romy Schneider disparaîtra quelques mois plus tard), le film repose sur Marie Baümer dont la ressemblance avec Romy Schneider est frappante. Le producteur Michel Zana sera présent à Gérardmer.

Projection le vendredi 6 avril à 16h45. Distributeur : Sophie Dulac. Sortie en salles : 13 juin.

LE DOUDOU

le doudou

France (1h22) de Philippe Mechelen et Julien Hervé

Michel a perdu le doudou de sa fille à l’aéroport de Roissy. Il dépose un avis de recherche avec une récompense. Sofiane, employé à l’aéroport, y voit l’occasion de se faire un peu d’argent et prétend avoir retrouvé la peluche. Le mensonge révélé, Michel et Sofiane se lancent malgré tout sur les traces du doudou. Une mission plus compliquée que prévu…

CE QU’ON PEUT EN ATTENDRE : Prix spécial du jury au festival du film d’humour de L’Alpe d’Huez, Le doudou est mis en scène par deux des scénaristes de la saga des Tuche. Ils poursuivent sur leur lancée avec une comédie au casting conséquent : Kad Merad (Michel), Malik Bentalha (Sofiane), Romain Lancry, David Salles, Isabelle Sadoyan, Lou Chauvain etc. Élie Semoun et Guy Marchand sont aussi de la partie pour des participations attendues. Le tout donne, sur fond de décalage entre les générations, une aventure trépidante où les scènes cocasses se succèdent à vitesse folle. Les deux réalisateurs ainsi que les comédiens David Salles et Romain Lancry seront présents à Gérardmer.

Projection le vendredi 6 avril à 19h30. Distributeur : Pathé. Sortie en salles : 20 juin.

MODE D’EMPLOI

Tarifs :

6 euros : la séance

15 euros : Pass journée (valable mardi, mercredi, jeudi ou vendredi)

38 euros : Pass Rencontres (valable du mardi au vendredi inclus)

Pour réserver

Actuellement : Office de Tourisme Intercommunal des Hautes-Vosges – 4, place des Déportés – 88400 Gérardmer. Tél. 03 29 27 27 27 – Fax. 03 29 27 23 25 – info@gerardmer.net

A partir du 3 avril, de 11h à 12h et à partir de 13h30 : cinéma du Casino JOA – 3 av. de la Ville de Vichy Gérardmer. Dans le hall d’accueil de la salle de cinéma

Toutes les projections (sauf exceptions indiquées dans le programme des Rencontres) ouvertes au public ont lieu au Cinéma du Casino JOA.

Les détenteurs de Pass ou d’invitation doivent obligatoirement retirer au préalable leur place à la caisse au cinéma du Casino JOA. L’entrée à une séance publique se fait dans la limite des places disponibles. Les Pass et les invitations à une séance ne sont en aucun cas prioritaires.

Site des Rencontres : www.rencontres-du-cinema.com

2017 ou le grand écran comme rétroviseur  

Que reste-t-il d’une année de cinéma ? De beaux souvenirs, des émotions et des images qui ont, durablement ou non, imprégné notre rétine. Malgré la multiplication des images, la salle obscure continue d’être ce lieu magique où s’opère, parfois, le miracle que Woody Allen dépeignait, avec tendresse, dans La rose pourpre du Caire… Voici quelques-uns de ces instants vécus en 2017 sur grand écran.

"Detroit" de Kathryn Bigelow. DR

« Detroit » de Kathryn Bigelow. DR

DETROIT.- Oscarisée pour Démineurs (2009) et controversée pour Zero Dark Thirty (2012), Kathryn Bigelow pose un regard critique sur les émeutes survenues à Détroit en 1967 pour protester contre la ségrégation raciale aux USA. En se concentrant sur le chaos qui règne dans l’Algiers Motel et sur les exactions de quelques policiers, elle signe l’une des séquences les plus éprouvantes vue au cinéma depuis longtemps…

"Au revoir là-haut" d'Albert Dupontel. DR

« Au revoir là-haut » d’Albert Dupontel. DR

AU REVOIR LA-HAUT.- Revisiter les lendemains de la Première Guerre mondiale à travers un prisme quasiment fantastique et, en tout cas, résolument baroque, voire burlesque, c’est la réussite d’Albert Dupontel adaptant le Goncourt de Pierre Lemaître. Albert Maillard et Edouard Péricourt, la gueule cassée qui se cache derrière son masque, montent une escroquerie aux monuments aux morts qui démasquera les vrais escrocs…

"Dunkerque" de Christopher Nolan. DR

« Dunkerque » de Christopher Nolan. DR

DUNKERQUE.- L’Anglais Christopher Nolan n’est pas le premier venu. Memento (2000) ou la trilogie Batman (2005-2012), c’est de la belle ouvrage. Avec l’évocation de l’opération Dynamo, en l’occurrence l’évacuation, en mai 1940, de milliers de soldats anglais coincés par les nazis dans la poche de Dunkerque, il réalise un remarquable film de guerre, véritable archétype du genre. Et les spectateurs ne s’y sont pas trompés…

"Que Dios nos perdone" de Rodrigo Sorogoyen. DR

« Que Dios nos perdone »
de Rodrigo Sorogoyen. DR

QUE DIOS NOS PERDONE.- Sorti un peu discrètement au cœur du mois d’août, le thriller de l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen est simplement palpitant. Durant l’été 2011, alors que Madrid est secoué par le mouvement des Indignés et que la capitale attend la venue du pape Benoît XVI, deux flics mal assortis et plutôt tordus traquent un serial-killer qui viole et tue de vieilles bigotes. C’est rapide, haletant, violent. Impossible de décrocher…

"Le Caire condidentiel" de Tarik Saleh. DR

« Le Caire condidentiel » de Tarik Saleh. DR

LE CAIRE CONFIDENTIEL.- Et puisque j’avoue un faible pour les polars, voici une belle surprise. Production germano-dano-suédoise tournée à Casablanca parce que les autorités du Caire ont refusé les autorisations, ce thriller d’un réalisateur suédois d’origine égyptienne est pourtant très… égyptien. Un flic mal embouché (Farès Farès, remarquable) refuse d’enterrer un meurtre commis par des proches du gouvernement et mesure l’étendue de la corruption ambiante.

"The Square" de Ruben Ostlund. DR

« The Square » de Ruben Ostlund. DR

THE SQUARE.- Conservateur dans un musée d’art moderne de Stockholm, Christian, sémillant quadra, est un type bien dans sa peau. Jusqu’au moment où il perd ses papiers et son téléphone portable. Son existence va alors devenir un véritable chaos. Remarqué pour Snow Therapy (2014), le Suédois Ruben Ostlund a décroché une Palme d’or assez inattendue à Cannes 2017. Même s’il enfonce quelques portes ouvertes sur l’art contemporain, le film a cependant de belles qualités, notamment dans sa satire des comportements « civilisés » et des bons sentiments affichés…

"Rock'n'roll" de Guillaume Canet. DR

« Rock’n’roll » de Guillaume Canet. DR

ROCK’N ROLL.- Se remettre en cause lorsqu’on est une star n’est sans doute pas chose aisée. Lorsqu’à 43 ans, Guillaume Canet comprend qu’il n’est plus tout à fait un objet de désir pour les jeunes femmes, il craque. Et signe une comédie très grinçante qui bascule carrément, à la fin, dans le parfait délire. Et puis Johnny Hallyday livre, ici, un magnifique caméo en rocker complètement à la masse. Savoureux et désormais émouvant.

"Grave" de Julia Ducournau. DR

« Grave » de Julia Ducournau. DR

GRAVE.- Le premier long-métrage de Julia Ducournau est un pur film de genre et un bel exercice sur les fondements classiques du film d’horreur gore. Elevée dans une famille végétarienne, Justine, 16 ans, intègre une école vétérinaire en Belgique. Au cours d’un féroce bizutage, elle est contrainte de manger de la viande. D’abord écœurée, elle devient peu à peu obsédée par la chair et découvre sa véritable et inquiétante nature.

"120 battements par minute" de Robin Campillo. DR

« 120 battements par minute »
de Robin Campillo. DR

120 BATTEMENTS PAR MINUTE.- Pour un peu –Pedro Almodovar, président du jury, l’a avoué- Robin Campillo aurait pu décrocher la Palme à Cannes. Il a eu le Grand prix et c’est justice pour ce drame qui plonge dans les années 90 alors que le sida se propage depuis près de dix ans. Les militants d’Act Up Paris s’activent contre l’indifférence générale. Avec aussi la révélation grand public de l’acteur argentin Nahuel Perez Biscayart.

"Jackie" de Pablo Larrain. DR

« Jackie » de Pablo Larrain. DR

JACKIE.- Exercice aussi fréquent que périlleux, le biopic s’apparente encore plus à de la corde raide quand il s’agit d’une icône de l’envergure de Jackie Kennedy. Magnifiquement soutenu par une Natalie Portman au sommet de son art, le Chilien Pablo Larrain tire pleinement son épingle du jeu. Confrontée à un journaliste qui l’interroge sur les jours qui ont suivi la mort de JFK, Jackie apparaît comme un fantôme qui donne le change…

"La La Land" de Damien Chazelle. DR

« La La Land » de Damien Chazelle. DR

LA LA LAND.- Pour la nostalgie des musicals de l’âge d’or quand Fred Astaire et Gene Kelly s’envolaient sur les pas de la danse. Faire une comédie musicale de nos jours, c’est culotté. Avec Rylan Gosling et Emma Stone en tête d’affiche, le talentueux Damien Chazelle l’a fait. Et de manière plutôt enlevée. Le tout concrétisé par une demi-douzaine d’Oscars et 2,7 millions de spectateurs en France. La scène d’ouverture sur l’autoroute est un bijou.

Gérardmer et Denis Blum qui fait son marché  

Lorsque le soleil brille sur Gérardmer, la « perle des Vosges » dispense, presque à Pâques fleuries, des grâces méditerranéennes! Et les rayons qui jouent avec les friselis du lac lancent d’intermittentes lumières qui imposent aux promeneurs le port de lunettes de soleil… Pourtant, du 4 au 7 avril, c’est bien dans l’obscurité complice et les fauteuils rouges de la salle de cinéma du casino, qu’on ira goûter d’autres éclats lumineux, ceux de ce 7e art dont Cocteau disait qu’il était « l’écriture moderne dont l’encre est la lumière »

Dans la salle de cinéma du Casino JOA. DR

Dans la salle de cinéma du Casino JOA. DR

Lorsque le rideau se lèvera sur la 21e édition des Rencontres du cinéma de Gérardmer, Denis Blum, le responsable de la programmation, poussera probablement un (petit) soupir de soulagement. Les Rencontres 2017 -celles de la majorité après celles, l’an dernier, du bel âge- seront sur les rails. Bien sûr, le discret Denis Blum est, en matière de Rencontres, un solide briscard qui a, sans doute, vu tout ce qu’il fallait voir en matière de programmation de cette manifestation qui ancre la cité vosgienne dans les bons rendez-vous du cinéma national. « Le plus compliqué, explique notre homme, c’est de trouver le bon équilibre, notamment par rapport aux venues des équipes de films… C’est parfois un vrai casse-tête pour construire quelque chose qui se tienne. Car un distributeur peut très bien dire qu’il ne peut pas finalement donner un film. Et il faut alors tout reprendre… » Car les Rencontres tentent, pour tous les films français, de faire venir des équipes à Gérardmer. « Nous aurons neuf équipes sur trois jours et demi. Et il y a beaucoup de monde sur jeudi et vendredi… » Denis Blum sait aussi que les demandes d’interviews des médias deviennent alors compliquées à gérer et à satisfaire: « Certains vont devoir manquer des films et je sais bien que les journalistes veulent tout voir… »

Car les Rencontres réunissent trois publics bien distincts. « Et nous y tenons! », insiste Denis Blum. Gérardmer est d’abord un rendez-vous professionnel pour les exploitants de salles du Grand Est mais aussi de la région parisienne ou de Bourgogne et de Franche Comté. Mais, depuis les débuts en 1996, les Rencontres ont toujours été ouvertes au grand public: « Dès la première séance, à 9h, nous avons environ 200 personnes dans la salle… ». Une première séance qui ressemble à une réunion de cinéphiles alors que la soirée a plus des allures, toutes proportions gardées, de gala. « Pour la soirée, c’est évident que je cherche à avoir les films les plus ‘grand public’ possibles. »

Responsable de la programmation, Denis Blum (à droite) monte aussi sur scène pour animer les rencontres. DR

Responsable de la programmation, Denis Blum
(à droite) monte aussi sur scène pour animer
les rencontres. DR

Pour l’accès aux films, Denis Blum observe qu’il a plutôt l’embarras du choix dans son marché: « C’est vrai pour les films français, ça l’est encore plus pour les films étrangers. Mais pour les films français, se pose évidemment la question de l’équipe qui pourrait venir. Mais on n’a pas toujours le choix… Pour Ce qui nous lie, le nouveau Klaspisch, on savait qu’il ne pourrait pas être là car il est en repérages aux Etats-Unis pour son prochain tournage… » D’autres raisons peuvent encore jouer comme l’approche du Festival de Cannes et le souci des distributeurs de « bloquer » leurs films pour la Croisette. Il y aussi les distributeurs qui veulent bien que leur film aille à Gérardmer mais qui exigent que la séance ne soit pas ouverte au grand public (ce sera le cas, cette année, pour Otez-moi d’un doute de Carine Tardieu) ou, plus rarement, une séance… sans médias.

Celui qui fut, de 1989 à fin 2012, patron des Cinés Palace d’Epinal (8 salles et 1600 fauteuils) attaque, dès décembre, ses visionnements: « Je reçois beaucoup de liens mais je préfère regarder les films en DVD sur l’ écran d’une télé. Et puis, je vais aussi voir les films en salles. Les distributeurs, bien sûr, me proposent des films mais, c’est certes plus rare, je visionne aussi des films qu’on ne m’a pas proposés… Enfin, il y a aussi des films qui ne sont pas complètement achevés et qu’on a envie de montrer. C’est le cas de Marie-Francine, la nouvelle réalisation de Valérie Lemercier. Je pense que Gérardmer bénéficiera d’une des toutes premières projections devant le grand public. » Enfin, pour la programmation, 2017 est une année spéciale: « On constate une certaine frilosité des distributeurs pour la période qui va de l »élection présidentielle aux législatives. La campagne occupe beaucoup d’espace dans les médias et les distributeurs craignent un manque de visibilité pour leurs films… »

DEMANDEZ LE PROGRAMME!

ANNA.- On l’avait aperçue dans Le règne de la beauté de Denys Arcand en 2014. Ici, dans le premier long-métrage de Jacques Toulemonde Vidal, Juana Acosta a le premier rôle. Elle incarne une femme si excentrique que son ex-mari estime qu’elle ne peut plus s’occuper de Nathan, leur fils de 10 ans. Alors Anna décide de partir pour sa Colombie natale avec son petit ami et Nathan. Une occasion parfaite de découvrir une superbe comédienne. Mardi 4 avril à 14h15. Dans les salles le 5 juillet.

A VOIX HAUTE.- L’Université de Saint-Denis organise chaque année le concours « Eloquentia » pour élire « le meilleur orateur du 93 ». Des étudiants de cette université y participent et s’y préparent grâce à des professionnels (avocats, slameurs, metteurs en scène…) qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public. A l’origine de ce concours, le réalisateur Stéphane de Freitas (qui sera présent en compagnie de l’un des participants au film, Johanne Youtchou)  montre, dans ce documentaire, des jeunes gens qui vont se révéler aux autres, et surtout à eux-mêmes. 4 avril à 16h15. Dans les salles le 12 avril.

HOMMAGE A EMMANUELLE RIVA.- C’est évidemment la séquence émotion! L’héroïne d’Hiroshima mon amour a traversé définitivement l’écran le 27 janvier dernier et Gérardmer qui aurait bien aimé l’avoir sur la scène des Rencontres, lui rend un juste hommage. L’enfant de Cheniménil fut une grande dame de l’écran comme du théâtre, notamment  couronnée par un César pour son interprétation dans Amour de Haneke. Son agent, Anne Alavrez-Correa et le cinéaste Fernand Berenguer, auteur d’un film de montage sur la comédienne, seront à Gérardmer. Mardi 4 avril à 19h.

"Sous le même toit": Julien Boisselier et Louise Bourgoin. DR

« Sous le même toit »: Julien Boisselier
et Louise Bourgoin. DR

SOUS LE MEME TOIT.- Delphine et Yvan divorcent. Las, Yvan n’a pas les moyens financiers pour se trouver un nouveau domicile. Il se souvient qu’il détient 20% de la maison de son ex-femme. Il revient alors s’installer dans ses 20%. Présent aux Rencontres avec le comédien Julien Boisselier, Dominique Farrugia, l’ancien des Nuls, signe une comédie sur une colocation forcée, également interprétée par Gilles Lellouche, Louise Bourgoin et Manu Payet… Mardi 4 avril à la suite de l’hommage à Emmanuelle Riva. Dans les salles le 19 avril.

LA COLERE D’UN HOMME PATIENT.- Le comédien espagnol Raul Arevado a mis huit années pour mener à bien ce thriller où un homme attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié… Le metteur en scène a confié le rôle principal à Antonio de la Torre avec lequel il avait joué dans Les amants passagers de Pedro Almodovar. Cette histoire de vengeance  a remporté quatre Goyas, l’équivalent espagnol des César, dont celui de meilleur film. Mercredi 5 avril à 9h15. Dans les salles le 26 avril.

KOMBISSIRI.- Fondateur de l’association Yvoir, le Strasbourgeois Gérard Muller, 68 ans, atteint de cécité dans la force de l’âge, est un non-voyant hyperactif, notamment passionné de vélo. L’une de ses aventures l’a conduit au Burkina Faso. Il a découvert ce pays d’Afrique occidentale sur une suggestion du producteur-réalisateur strasbourgeois René Letzgus. A travers une épreuve cycliste, Gérard Muller va organiser l’opération en France d’un jeune Burkinabé aveugle devenu son ami. Mercredi 5 avril à 11h. Dans les salles le 4 octobre.

TUNNEL.-Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ? Le Sud-Coréen Kim Seong-hun signe un thriller qui questionne aussi les errements de la société moderne… 5 avril à 14h30. Dans les salles le 3 mai.

SAINT-GEORGES.- Boxeur fauché et sans emploi, Jorge voit sa femme le quitter pour repartir au Brésil avec leur fils. Le Portugal étant au bord de la faillite, les sociétés de recouvrement prospèrent. Pour sauver sa famille, Jorge décide alors d’offrir ses services à l’une d’entre elles, malgré leurs méthodes d’intimidation peu scrupuleuses… Le cinéaste portugais Marco Martins, déjà auteur d’une dizaine de longs-métrages, associe le thriller et la chronique d’une société au bord de la catastrophe… 5 avril à 16h45. Dans les salles le 17 mai.

"Ce qui nous lie": Ana Girardot. DR

« Ce qui nous lie »: Ana Girardot. DR

CE QUI NOUS LIE.- On attendait le retour de Cédric Klapisch à la mise en scène depuis 2013 et Casse-tête chinois, troisième volet d’une trilogie composée aussi de L’Auberge espagnole et des Poupées russes. En compagnie des comédiens Pio Marmaï et Ana Girardot, le cinéaste a planté sa caméra dans les vignobles de Bourgogne. Parti faire le tour du monde pendant dix ans, Jean retrouve sa famille à l’heure où son père se meurt. Avec sa soeur Juliette et son frère Jérémie, il va devoir réinventer leur fraternité. Mercredi 5 avril à 19h15. Dans les salles le 14 juin.

LE CAIRE CONFIDENTIEL.-Le Caire, quelques semaines avant la révolution égyptienne de 2011. Une chanteuse de club est assassinée dans une chambre de l’hôtel Nile Hilton. Inspecteur de police corrompu, Noredin (Farès Farès, vu récemment dans La communauté) est chargé d’enquêter sur le meurtre. Petit à petit, il réalise que les coupables pourraient être liés à la garde rapprochée du Président. Il décide alors de changer de camp, prenant délibérément parti en faveur des laissés- pour-compte du régime. 6 avril à 9h15. Dans les salles le 12 juillet.

"De toutes mes forces": Khaled Alouach et Yolande Moreau. DR

« De toutes mes forces »: Khaled Alouach
et Yolande Moreau. DR

DE TOUTES MES FORCES.- Elève de première dans un grand lycée parisien, Nassim semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer. Malgré la bienveillance de la directrice, il refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre. Tel un funambule, Nassim (Khaled Alouach) navigue entre ses deux vies, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer… Acteur dans Le fils de l’épicier, Chad Chanouga, présent aux Rencontres, signe, ici, un premier long-métrage fortement autobiographique. Jeudi 6 avril à 11h15. Dans les salles le 3 mai.

ADIEU MANDALAY.- Deux jeunes Birmans, Liangqing et Guo, émigrent clandestinement en Thaïlande. Tandis que Liangqing trouve un emploi de plonge dans un restaurant de Bangkok, Guo est embauché dans une usine textile. Sans papiers, leur quotidien est plus que précaire et le jeune couple ne partage pas les mêmes ambitions : si Guo veut gagner assez d’argent pour retourner en Birmanie, Liangqing est prête à tout pour obtenir un visa de travail et échapper à sa condition. 6 avril à 14h30. Dans les salles le 26 avril.

"Django": Reda Kateb. DR

« Django »: Reda Kateb. DR

DJANGO.- Pour son premier long-métrage, le scénariste et producteur Etienne Comar (qui sera à Gérardmer avec Reda Kateb et Cécile de France) signe le portrait d’un musicien dans la tourmente de la guerre. Car ce biopic du King of swing n’évoque qu’un épisode de la vie du célèbre guitariste de jazz, alors au sommet de son art. En 1943, sous l’occupation allemande, le tsigane auteur de Nuages, sent monter le danger et tente de passer en Suisse avec l’aide de l’une de ses admiratrices. Mais les choses sont plus compliquées que prévues… Jeudi 6 avril à 16h30. Dans les salles le 26 avril.

"A mon âge, je me cache encore...": Hiam Abbass. DR

« A mon âge, je me cache encore… »:
Hiam Abbass. DR

A MON AGE, JE ME CACHE ENCORE POUR FUMER.- Au cœur du hammam, loin du regard accusateur des hommes, mères, amantes, vierges ou exaltées islamistes, des fesses et des foulards de Dieu se confrontent, s’interpellent entre fous rires, pleurs et colères, bible et coran… avant le sifflement d’un poignard et le silence de Dieu. La cinéaste franco-algérienne Rayhana (présente aux Rencontres avec la productrice Michèle Ray-Gavras) signe un film militant dont l’origine remonte aux années 90 lorsqu’en Algérie, les femmes devinrent les ennemies n°1 des islamistes du FIS. Jeudi 6 avril à 19h30. Dans les salles le 26 avril.

ON L’APPELLE JEEG ROBOT.-Poursuivi par la police, Enzo plonge dans les eaux du Tibre et entre en contact avec une substance radioactive qui le contamine. Il possède désormais des pouvoirs surnaturels : une force et une capacité de régénération surhumaines qu’il décide de mettre au service de ses activités criminelles. Jusqu’à sa rencontre avec la fragile Alessia. Celle-ci est persuadée qu’Enzo est l’incarnation de Jeeg Robot, héros de manga japonais. Une comédie qui détourne les codes de films de super-héros. 7 avril à 9h15. Dans les salles le 3 mai.

"Otez-moi d'une doute": François Damiens et Cécile de France. DR

« Otez-moi d’une doute »: François Damiens
et Cécile de France. DR

OTEZ-MOI D’UN DOUTE.- Par hasard, Erwan (François Damiens) découvre que le vieux loup de mer qui l’a élevé n’est pas son père. Dans son enquête pour retrouver son géniteur, il croise le chemin de l’impétueuse Anna, avec laquelle le courant passe de suite. Ayant retrouvé la trace de Joseph, son père biologique, il part à la rencontre de cet octogénaire. Alors qu’il se trouve chez Joseph, la fille de ce dernier débarque. Ce n’est autre qu’Anna (Cécile de France). Erwan serait-il sur le point d’avoir un rendez-vous galant avec… sa demi-sœur ?  7 avril à 11h30 (Uniquement pour les professionnels). Dans les salles le 6 septembre.

CESSEZ-LE-FEU.- Héros de la Grande guerre fuyant son passé, Georges mène, dans les années 20, une vie nomade et aventureuse en Afrique. Il décide de rentrer en France où il retrouve sa mère et son frère Marcel, invalide de guerre muré dans le silence. Peinant à retrouver une place dans cet Après-guerre où la vie a continué sans lui, il fait la rencontre d’Hélène, professeure de langue des signes avec qui il noue une relation tourmentée… Dans son premier long-métrage, Emmanuel Courcol, présent aux Rencontres, réunit Romain Duris et Céline Sallette. Vendredi 7 avril à 14h45. Dans les salles le 19 avril.

LES INITIES.- Afrique du sud, montagnes du Cap Oriental. Comme tous les ans, Xolani, ouvrier solitaire, participe avec d’autres hommes de sa communauté aux cérémonies rituelles d’initiation d’une dizaine d’adolescents. L’un d’eux, venu de Johannesburg, découvre un secret précieusement gardé… Toute l’existence de Xolani menace alors de basculer. Le cinéaste sud-africain John Trengove signe de manière sensible une oeuvre sur le passage à l’âge adulte… 7 avril à 17h30. Dans les salles le 19 avril.

"Marie-Francine": Valérie Lemercier. DR

« Marie-Francine »: Valérie Lemercier. DR

MARIE-FRANCINE.- Valérie Lemercier fait la clôture de l’édition 2017 et on l’attend, pétulante, sur la scène du casino comme sur l’écran où elle est une femme de 50 ans contrainte, pour cause de couple et de boulot perdus, de retourner vivre chez ses parents. Qui lui ouvrent un petit commerce de cigarettes électroniques. Marie-Francine va y rencontrer un homme qui n’ose pas lui avouer qu’il vit… chez ses parents. La cinquième réalisation de Valérie Lemercier qui n’avait plus signé de mise en scène depuis 100% cachemire en 2013. Vendredi 7 avril à 19h30. Dans les salles le 31 mai.

Sitôt les Rencontres achevées, Gérardmer accueille, le dimanche 9 avril, sa traditionnelle fête des jonquilles. Mais ceci est une autre histoire.

EN PRATIQUE

Toutes les projections ouvertes au public ont lieu au cinéma du Casino JOA de Gérardmer.
Tarifs: 6 € la séance, 15 € le Pass journée (valable mardi, mercredi, jeudi ou vendredi), 38 € le Pass Rencontres (valable du mardi au vendredi inclus).

Où réserver? Office du tourisme intercommunal des Hautes-Vosges 4, place des Déportes à 88400 Gérardmer. Téléphone: 03.29.27.27.27. Mail: info@gerardmer.net
A partir du 4 avril (11-12h et à partir de 13h30) au cinéma du Casino JOA (hall d’accueil de la salle de cinéma).

Renseignements: www.rencontres-du-cinema.com

 

Gérardmer, ses films, sa convivialité  

Jérôme Kerviel, héros de "L'outsider". DR

Jérôme Kerviel, héros de « L’outsider ». DR

« J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Sur les bords du fameux lac, les organisateurs des Rencontres du cinéma de Gérardmer s’inscrivent volontiers en faux avec Paul Nizan et la phrase introductive d’Aden Arabie. Oui, les Rencontres fêtent leurs 20e édition et oui, c’est une belle aventure qui dure depuis deux décennies. Avec une certaine nostalgie, les « mousquetaires » de la cité géromoise -qui, comme chez Dumas, sont quatre- se souviennent parfaitement de la manière dont ils ont essuyé les plâtres. En ce temps-là, il y eut une première expérience pas franchement réussie… Mais, dès l’année d’après, Denis Blum, Jean-Marc Carpels, Thierry Tabaraud et le Parisien Henri Demoulin mettaient en place des Rencontres qui allaient véritablement s’installer comme un lieu où les exploitants et les distributeurs pouvaient se rencontrer, se parler, s’apprécier tout en présentant et en voyant des films en avant-première.

En jouant aussi la carte du Festival du film fantastique, Gérardmer gagnait ses galons de « cité de cinéma » avec des Rencontres professionnelles situées dans un cadre touristique de qualité et placées sous le signe d’une vraie et chaleureuse convivialité. Gérardmer faisait à ce moment-là figure de pionnière dans le domaine, aucun événement de ce genre n’existant alors à travers la France. Et le signe de la réussite de ces Rencontres vosgiennes, c’est certainement que d’autres manifestations similaires existent aujourd’hui en différents endroits du pays.

A l’heure des 20e Rencontres, le bilan est évidemment positif. Sans se départir des préceptes originels, les Rencontres ont su s’ouvrir. Aux journalistes et critiques de cinéma de la PQR, la presse quotidienne régionale mais aussi -et surtout- au public qui apprécie à sa juste valeur le plaisir de pouvoir voir des films en avant-première et aussi de rencontrer en chair et en os les équipes des films…

Richard Berry (à gauche) dans "L'origine de la violence". DR

Richard Berry (à gauche) dans « L’origine de la violence ». DR

Tous ceux qui ont vécu les Rencontres ont des anecdotes multiples et variées à raconter… Denis Blum se souvient que Luc Besson a répondu à plusieurs reprises à l’invitation des Rencontres. Jean-Marc Carpels évoque la soirée de clôture de 2005 où, pour la première fois à l’occasion de la présentation de Brice de Nice, le public géromois a débordé les organisateurs. Henri Demoulin a encore le souvenir d’une soirée karaoké -véritable moment de partage convivial- qui se termina au petit matin. Thierry Tabaraud garde en tête le coup de stress vécu à l’occasion de la venue, en 2007, de Gérard Lanvin et Christian Clavier pour Le prix à payer. Car, il s’était mis à neiger énormément sur la Perle des Vosges…

Et l’on pourrait encore citer la venue de Jean-Jacques Annaud pour Deux frères et sa rencontre avec des écoliers complètement sous le charme d’un cinéaste qui savait leur parler de son métier et de son art. Quant à Brie Larson, on l’a vu en 2014, tant dans les salons de l’hôtel Beau-Rivage que sur la scène du cinéma du Casino JOA, soutenir States of Grace avant de la retrouver, il y a quelques semaines à peine, dans les sunlights d’Hollywood recevant l’Oscar de la meilleure actrice pour Room… Et ce ne sont là que des exemples puisqu’on peut dire que tout le cinéma français (ou presque) a fait, au cours de deux décennies, escale à Gérardmer…

Pour les 20e Rencontres qui se tiendront, quatre jours durant, du mardi 29 mars au vendredi 1er avril, la programmation compte dix-neuf films qui, entre cinéma grand public et art et essai, devraient marquer l’actualité des salles obscures pour les trois ou quatre prochains mois…

COLOCATION.- Avec Adopte un veuf, on plonge dans les aventures comiques d’Hubert Jacquin (André Dussollier) qui déprime devant sa télé dans son immense appartement. Jusqu’au moment où une tempête prénommée Manuela déboule dans sa vie. Manuela cherche un appartement. Alors, évidemment… En présence du réalisateur François Desagnat. (Sortie: 20 avril)

RETROUVAILLES.- Porté par un beau trio de comédiens (Jennifer Connelly, Mélanie Laurent et Cilian Murphy), Aloft, de la cinéaste espagnole Claudia Llosa, met en scène les retrouvailles  d’une mère et de son fils séparés par le passé en raison d’un accident… (Sortie: 2e semestre)

Bryan Cranston dans "Dalton Trumbo". DR

Bryan Cranston dans « Dalton Trumbo ». DR

COMMUNISTE.- Pendant la Guerre froide, Hollywood se livre à une sinistre chasse aux sorcières. Alors qu’il est au sommet de son art, le scénariste Dalton Trumbo est accusé d’être communiste. Très vite, il se retrouve sur la « liste noire » et il lui sera impossible de travailler. Incarnant Dalton Trumbo dans le film de Jay Roach, Bryan Cranston était nommé naguère aux Oscars dans la catégorie meilleur acteur. (Sortie: 27 avril)

MEXIQUE.- Dans le désert de Sonora, dans le sud de la Californie, un père de famille déterminé conduit un groupe de Mexicains vers la liberté. Mais il faut compter avec la chaleur, la fatigue, la soif, les serpents. Soudain des balles sifflent… Desierto est un thriller mexicain avec Gael Garcia Bernal en tête d’affiche. (Sortie: 13 avril)

NAZI.- En 1957, le juge Fritz Bauer apprend qu’Adolf Eichmann se cache à Buenos Aires et rêve de l’extrader. Les tribunaux allemands préfèrent tourner la page plutôt que de le soutenir. Fritz Bauer décide alors de faire appel au Mossad, les services secrets israéliens. Fritz Bauer, un héros allemand sera présenté à Gérardmer par son co-scénariste Olivier Guez. (Sortie: 13 avril)

MAFIA.- Habitué du Festival de Cannes, le réalisateur italien Marco Tullio Giordana revient, après Les cent pas (2000) sur le drame de la mafia. Désirant une existence sans violence pour elle et sa fille, Lea décide de coopérer avec la justice. Lea ou le combat d’une femme pour échapper à la pieuvre. (Sortie: 21 septembre)

CRIME.- Après avoir purgé une peine de prison, John revient vivre chez son père pour prendre un nouveau départ. Mais les habitants de sa petite ville ne veulent pas oublier… Signé du Suedois Marcus von Horn, Le lendemain marque les premiers pas au cinéma d’Ulrik Munther, jeune star de la chanson dans les pays scandinaves. (Sortie: 4 mai)

"Love & Friendschip" de Whit Stillman. DR

« Love & Friendschip » de Whit Stillman. DR

INTRIGUES.- Remarqué dès Metropolitan, son premier long-métrage, l’Americain Whit Stillman adapte une nouvelle de Jane Austen et livre, dans Love & Friendship, le portrait de Lady Susan Vernon, une grande intrigante dans l’Angleterre du 18e siècle. Elle est secondée par Alicia, une Américaine en exil. Avec Kate Beckinsale et Chloé Sevigny. (Sortie: 22 juin)

PHOTO.- Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre, au camp de Buchenwald, une photographie d’un détenu ressemblant à son père. Avec Richard Berry et Michel Bouquet, Elie Chouraqui (présent à Gérardmer) signe L’origine de la violence et interroge la mémoire. (Sortie: 27 avril)

TRADER.- L’outsider ou une exploration des secrets de l’engrenage infernal qui, de 2000 à 2008, a conduit Jérôme Kerviel à la catastrophe en le faisant passer de l’anonymat complet au rang d’auteur de la plus grande fraude de trading de tous les temps… En présence du réalisateur Christophe Barratier. (Sortie: 22 juin)

"Red Amnesia", un thriller horrifique chinois. DR

« Red Amnesia », un thriller horrifique chinois. DR

CHINE.- Une veuve retraitée voit sa vie basculer quand elle commence à recevoir de mystérieux appels anonymes. Pour Red Amnesia, son quatorzième long-métrage, le réalisateur chinois  Wang Xiaoshuai s’essaye pour la première fois au thriller mâtiné d’horreur. (Sortie: 4 mai)

AUSTRALIE.- En 1975, Robyn Davidson, une jeune femme en quête de sens (Mia Wasikowska), abandonne sa vie urbaine pour traverser le désert australien sur 2700 kilomètres… Inspiré d’une histoire vraie, Tracks raconte le périple d’une femme qui fera des rencontres lui permettant de découvrir sa force intérieure. (Sortie: 27 avril)

Ewan McGregor dans "Un traître idéal". DR

Ewan McGregor dans « Un traître idéal ». DR

RESEAU.- En vacances au Maroc, Perry (Ewan McGregor) et sa femme Gail sympathisent avec Dima, un riche Russe. Ce qu’ils ignorent, c’est qu’il est à la tête du principal réseau de blanchiment d’argent de la mafia russe et qu’il veut se rapprocher des services secrets anglais avant que ses rivaux ne parviennent à l’exécuter… Le traître idéal ou une chasse à l’homme meurtrière. (Sortie: 15 juin)

DANSE.- Réalisé par German Kral, Ultimo tango, documentaire germano-argentin, raconte l’histoire de Maria et Juan, les deux plus célèbres danseurs de la légende du tango. (Sortie: 4 mai)

SECRET.- A 75 ans, Zayane n’a jamais dépassé les limites de sa cité. Une lettre annonçant le décès d’un homme qu’elle a connu en Algérie, l’amène à entreprendre un voyage d’une journée. Pendant son absence, ses onze enfants, réunis dans son appartement, découvrent un pan de la vie de leur mère jusque là ignoré de tous. La réalisatrice Fejria Deliba présentera D’une pierre deux coups. (Sortie: 20 avril)

Pio Marmaï et Gilbert Melki dans "Vendeur". DR

Pio Marmaï et Gilbert Melki dans « Vendeur ». DR

COMMERCE.- Serge est l’un des meilleurs vendeurs de France. Depuis 30 ans, entre zones commerciales et grands magasins, il garantit à ses employeurs un retour sur investissement immédiat et spectaculaire. Vendeur raconte comment Serge a tout sacrifié à sa carrière, notamment son fils Gérald. Un jour, Gérald vient lui demander un travail pour financer les travaux de son futur restaurant… En présence du réalisateur Sylvain Desclous et des acteurs Gilbert Melki et Pio Marmaï. (Sortie: 4 mai)

Olivia Bedos dans "Vicky Banjo". DR

Olivia Bedos dans « Vicky Banjo ». DR

VOIX.- A presque 30 ans, Victoire, petite dernière de la célèbre famille Bonhomme et éternelle enfant sage de la tribu, décide enfin de s’émanciper en découvrant l’alcool, le sexe et… sa voix. Grâce à Banjo, un chanteur de bar et d’Elvis, elle va réussir à prendre son envol en chantant l’amour avec pudeur et le sexe sans tabou… Le réalisateur Denis Imbert et les comédiens Victoria Bedos et Olivier Urvoy de Closmadeuc présenteront Vicky Banjo. (Sortie: 8 juin)

PERIPLE.- Du haut de ses 12 ans, Fanny à la tête dure! Avec Le voyage de Fanny, Lola Doillon, la fille de Jacques et la soeur de Lou, raconte comment Fanny prend la tête d’un groupe de huit enfants et s’engage dans un dangereux périple à travers la France occupée pour rejoindre la frontière suisse. En présence de Lola Doillon. (Sortei: 18 mai)

RENSEIGNEMENTS: 03.29.27.27.27 ou sur le site www.rencontres-du-cinema.com

« Mon » année de cinéma  

Margherita Buy et John Turturro dans "Mia Madre". DR

Margherita Buy et John Turturro dans « Mia Madre ». DR

Janvier, c’est le temps du blanc, des soldes et… du bilan des entrées dans les salles obscures. Evidemment, il y a la vérité des chiffres. A cette aune, le septième épisode de Star Wars a donc pris, sans vraie surprise, la tête du box-office français… Mais, par-delà la saga galactique, il y a les coups de cœur. Ceux-là ne se mesurent pas en nombre de fauteuils garnis mais dans cet étalon difficilement quantifiable qu’est l’émotion. En voici un florilège…. totalement subjectif et sans classement.

Geza Röhrig dans "Le fils de Saul". DR

Geza Röhrig dans « Le fils de Saul ». DR

Dans ces coups de cœur –l’ambiance mortifère de 2015 y est-elle pour quelque chose ?- il est beaucoup question d’enfer. Celui de la guerre, bien sûr, avec l’American Sniper de Clint Eastwood mais aussi l’enfer de la paranoïa galopante dans l’effrayant Foxcatcher (où Steve Carell est brillant) ou encore l’enfer financier de The Big Short – La casse du siècle, sorti en fin d’année dernière. L’enfer, encore, de la Shoah et Le fils de Saul où Laszlo Nemes filme, à l’exacte distance, une extraordinaire plongée dans le quotidien d’Auschwitz. Enfer aussi de la guerre des gangs entre Etats-Unis et Mexique dans Sicario de Denis Villeneuve. Ou un pays en enfer qui a du mal à se regarder en face avec l’Allemagne de l’après-guerre et le premier procès allemand de nazis dans Le labyrinthe du silence. Avec la nuit d’enfer, filmée en temps réel, dans Berlin pour Victoria. Et l’enfer de la solitude pour un petit employé de l’administration anglaise dans Une belle fin.

Laura Peterson dans "Crosswind". DR

Laura Peterson dans « Crosswind ». DR

Révélation de 2015, Crosswind – La croisée des vents de l’Estonien Martti Helde, est un concentré immobile mais palpitant de poésie cinématographique sur… les exactions staliniennes dans les pays baltes pendant la Seconde Guerre mondiale. Palme d’or à Cannes, le Dheepan de Jacques Audiard transporte la misère de l’immigration dans une banlieue bien de chez nous. Chez nous aussi, une juge des enfants (Catherine Deneuve) se bat pour faire sortir un gamin de la mouise dans La tête haute. Et un type au bout du rouleau (Vincent Lindon) se bat pour un emploi dans La loi du marché. Philippe Faucon raconte, lui, le combat d’une femme pour exister à travers l’écriture dans Fatima.

Jafar Panahi dans "Taxi Téhéran".  DR

Jafar Panahi dans « Taxi Téhéran ». DR

Dans une mise en scène étourdissante d’Alejandro Gonzalez Inarittu, Birdman distille, sur Broadway et dans la tête de Michael Keaton, le venin de la gloire perdue et de la célébrité envolée. Sur les pas de Jafar Panahi, on vit, dans Taxi Téhéran, ce que veut dire, pour un artiste, l’interdiction (magnifiquement et astucieusement détournée) de créer…

"Mustang" de Deniz Gamze Erguven. DR

« Mustang » de Deniz Gamze Erguven. DR

Avec Mia Madre, Nanni Moretti, au sommet de son art, parle, lui aussi, de la création cinématographique tout en évoquant, avec une justesse parfaite, la disparition d’une mère. Et Deniz Gamze Erguven donne, avec Mustang, une chronique familiale poignante en réponse à une question : « C’est quoi être une fille, une femme dans la Turquie contemporaine ? »

Bruno Podalydès dans "Comme un avion". DR

Bruno Podalydès dans « Comme un avion ». DR

Guère de sourires dans cette évocation? Si quand même! Avec Bruno Podalydès partant à la recherche de la vraie vie et de la liberté dans Comme un avion, avec Virginie Efira recueillant un épatant autiste dans Le goût des merveilles, avec Woody Allen tel qu’en lui-même dans L’homme irrationnel, avec Catherine Frot, cantatrice fausse et pathétique dans Marguerite, avec le duo Isabelle Carré/Karin Viard dans l’érotique 21 nuits avec Pattie, avec un autre duo, Michael Caine/Harvey Keitel dans Youth.

Et puis quoi encore? Deux films aussi dissemblables que L’hermine avec un Fabrice Luchini sobre (si, si) et Spectre. Mais ça, c’est parce que je suis bondomaniaque. On ne se refait pas.

Les beaux pétales de la Marguerite  

Le ballet des crinolines au Moulin Rouge. DR

Le ballet des dessous dans French Cancan. DR

Lorsqu’à la fin du XIXe siècle, Léon Gaumont se passionne pour le cinéma, le 7e art n’est encore qu’un divertissement forain dont on ne mesure pas l’impact qu’il aura sur le XXe siècle… Mais Léon Gaumont croit fermement à ce nouvel art et il se lancera dans une aventure dont on voit toujours aujourd’hui la trace à travers le fameux logo à la marguerite et évidemment une suite impressionnante de chefs-d’oeuvre produits par la maison…
Plus ancienne société cinématographique de la planète, Gaumont est un monument du cinéma mondial. Dont on a l’occasion, à l’occasion du 120e anniversaire de la société, de (re)découvrir une poignée de fleurons puisés dans le riche catalogue de la firme…
Ainsi le Palace à Mulhouse présente, du 15 au 28 avril (séance pour chaque film à 14h et 19h30) un programme de films restaurés.

FRENCH CANCAN (1954), de Jean Renoir, avec Jean Gabin, Françoise Arnoul, Maria Félix, Philippe Clay. Du technicolor qui claque pour une plongée dans les coulisses du Moulin Rouge. Le 15 avril.

LA TRAVERSÉE DE PARIS (1956), de Claude Autant-Lara, avec Jean Gabin, Bourvil, Louis De Funès. Oui, c’est bien là, où dans une cave de la rue Poliveau, Gabin hurle: « Jambier! Jambier, pour moi, ce sera 1000 francs… ». Le 16 avril.

Bourvil, Louis de Funès et Jean Gabin. DR

Bourvil, Louis de Funès et Jean Gabin. DR

LES TONTONS FLINGUEURS (1963), de Georges Lautner, avec Lino Ventura, Bernard Blier, Francis Blanche, Jean Lefebvre, Robert Dalban. Une rafale de répliques qui font mouche. Ainsi Raoul Volfoni se plaignant: « J’vais lui montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins de Paris qu’on va l’retrouver, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, j’correctionne plus : j’dynamite, j’disperse, j’ventile ! ». Le 17 avril.

LE VICE ET LA VERTU (1963), de Roger Vadim, avec Catherine Deneuve, Robert Hossein, Annie Girardot. Quand le cinéaste de Et Dieu créa la femme transpose Sade, Justine et Juliette dans la Seconde Guerre mondiale. Le 18 avril.

HUIT ET DEMI (1963), de Federico Fellini, avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale. Tout l’art du maître de Rimini réuni dans un film autobiographique. Le 19 avril.

Marcello Mastroianni. DR

Marcello Mastroianni. DR

OSCAR (1967), d’Édouard Molinaro, avec Louis de Funès, Claude Rich, Claude Gensac. Tiré d’une pièce de théâtre à succès, une comédie qui permet à De Funès de dispenser tout son potentiel explosif. Le 20 avril.

ALEXANDRE LE BIENHEUREUX (1968), d’Yves Robert, avec Philippe Noiret, Françoise Brion, Jean Carmet, Marlène Jobert. Noiret le magnifique dans une ode sublime à la paresse. Réconfortant! Le 21 avril.

LES MARIÉS DE L’AN DEUX (1971), de Jean-Paul Rappeneau, avec Jean-Paul Belmondo, Marlène Jobert, Sami Frey, Laura Antonelli. Quand l’Histoire de France se raconte comme un western. Tonique! Le 22 avril.

Marlène Jobert et Jean-Paul Belmondo. DR

Marlène Jobert et Jean-Paul Belmondo. DR

JUDITH THERPAUVE (1978), de Patrice Chereau, avec Simone Signoret, Philippe Léotard, François Simon, Robert Manuel. Ancienne résistante, vivant retirée dans sa grande maison, Judith Therpauve accepte d’aider des actionnaires à sauver un quotidien à la dérive.  Une réflexion douce-amère sur la liberté de la presse. Le 23 avril.

COUP DE TÊTE (1979), de Jean-Jacques Annaud, avec Patrick Dewaere, France Dougnac, Jean Bouise, Michel Aumont. Les aventures de François Perrin, footballeur pas assez docile. Une critique grinçante des moeurs du milieu du ballon rond. Le 24 avril.

LOULOU (1980), de Maurice Pialat, avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Guy Marchand. Nelly n’en peut plus de sa vie rangée avec André. Elle fait de Loulou son amant en rêvant de devenir heureuse… Le 25 avril.

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. DR

Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. DR

SOUS LE SOLEIL DE SATAN (1987), de Maurice Pialat, avec Gérard Depardieu, Sandrine Bonnaire. Pialat adapte Bernanos et remporte la Palme d’or à Cannes. Face à la bronca de salle, il brandit le poing et lance le fameux « Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus ». Le 26 avril.

AU REVOIR LES ENFANTS (1987), de Louis Malle, avec Gaspard Manesse, Raphael Fejtö, Philippe Morier-Genoud, Francine Racette. La brève rencontre au coeur de la guerre, entre deux élèves. Julien Quentin va découvrir le secret de Jean Bonnet. Il se nomme Kippelstein et il est juif. Et il partira pour Auschwitz avec le père Jean qui l’avait caché… Poignant! Le 27 avril.

Raphaël Fetjö et Gaspard Manesse.  DR

Raphaël Fetjö et Gaspard Manesse. DR

LE GRAND BLEU (1988), de Luc Besson, avec Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette, Jean Bouise. L’histoire de la rivalité entre Jacques Mayol et Enzo Molinari, deux champions de la plongée en apnée. L’un des triomphes publics de Luc Besson. Le 28 avril.

SURFER www.lepalacemulhouse.com

Gérardmer où le cinéma se mire dans le lac  

Lac GérardmerAh, ce n’est pas le « festival » le plus glamour de France mais force est de reconnaître que les Rencontres du cinéma de Gérardmer peuvent valablement postuler à l’étiquette de « festival le plus sympathique »… Et puis d’abord, cette manifestation cinématographique géromoise ne revendique pas le qualificatif de festival. Dame puisque ce sont des Rencontres.

En premier lieu, ceux qui viennent dans la Perle des Vosges -cette année du mardi 7 au vendredi 10 avril- sont des professionnels de la profession. Autrement dit, des exploitants, animateurs, programmateurs ou directeurs de salles de tout l’Est de la France. Donc des gens qui se connaissent et, la plupart du temps, s’apprécient.
S’ils se parlent évidemment tout au long de l’année, les distributeurs aiment, eux aussi, le TGV aidant souvent, à descendre de Paris (dans les Vosges, on monte ou on descend de la capitale?) pour des retrouvailles « in vivo » suivies de déjeuners ou de dîners plutôt joyeux.
On croise aussi aux Rencontres des folliculaires généralement spécialisés dans l’écriture de lumière. Pour ceux-là, les Rencontres ont régulièrement développé (l’histoire a commencé voilà une petite vingtaine d’années) des press junket,comme on dit à Hollywood, avec des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des comédiens… Etant loin de leurs bases parisiennes, ils donnent, à Gérardmer, un peu plus de temps au temps. Et on se souvient, ici, d’interviews au long cours arrosées de blanc d’Alsace. Mais on taira les noms.
Enfin, last but not least, le grand public est présent aux Rencontres. Et les cinéphiles alentour s’en trouvent bien.

Virginie Efira et Emmanuel Mouret dans "Caprice". DR

Virginie Efira et Emmanuel Mouret dans « Caprice ». DR

TEMPS FORTS ET VISITEURS.- Chaque année, Denis Blum et sa dream team concoctent le meilleur plateau possible, réunissant une vingtaine de films présentés en avant-premières et attendus ensuite sur les écrans français entre la mi-avril et juillet.
Jour après jour, voici quelques temps forts (probables) de l’édition 2015. Un thriller  australien avec Vincent Cassel en tête d’affiche, forcément on ouvre l’oeil pour Partisan (mardi 7, 16h). Comme on aime beaucoup l’univers drolatique et romantique d’Emmanuel Mouret, on se dit que son petit nouveau, Caprice (mardi 7, 19h30) devrait nous ravir. D’autant que Mouret le Marseillais derrière la caméra et aussi devant, sera entouré de Virginie Efira et Anaïs Demoustier. Mais, à Gérardmer hélas, il sera seul pour présenter son film…
Comme le cinéma brésilien a souvent réservé de bonnes surprises aux cinéphiles, on sera attentif à Une seconde mère (mercredi 8,9h), histoire de Val, une femme qui travaille pour une famille aisée de Rio et devenue une seconde mère pour le fils. Mais lorsque la propre fille de Val apparaît, les choses changent… Autant que le cinéma brésilien, le cinéma indien est riche de trouvailles. Qu’en sera-t-il de Titli, une chronique indienne (mercredi 8, 11h)?

Alexander Fehling dans "Le labyrinthe du silence". DR

Alexander Fehling dans « Le labyrinthe du silence ». DR

Retour aux années noires de l’Allemagne avec Le labyrinthe du silence (mercredi 8, 16h15). En 1958, un jeune procureur découvre des pièces essentielles permettant l’ouverture d’un procès contre d’anciens SS ayant sévi à Auschwitz… La co-scénariste Elisabeth Bartel présentera le film. Belle tête d’affiche pour En équilibre (mercredi 8, 19h45) avec Cécile de France et Albert Dupontel. Denis Dercourt, présent aux Rencontres, met en scène un cascadeur équestre qui, à la suite d’un  grave accident sur un tournage, a perdu tout espoir de remonter à cheval. Un jour, il rencontre Florence chargée par la compagnie d’assurances de s’occuper du dossier de cet homme brisé.

Albert Dupontel dans "En équilibre". DR

Albert Dupontel dans « En équilibre ». DR

Après le cinéma brésilien et indien, coup d’oeil sur le cinéma belge avec Melody (jeudi 9, 16h45).  Présents à Gérardmer, le réalisateur Bernard Bellefroid et la comédienne Lucie Debay détailleront l’aventure de Melody, modeste coiffeuse à domicile qui, pour réaliser son rêve, en l’occurrence ouvrir son propre salon, accepte de porter le bébé d’une autre.
Virginie Efira sera doublement sur les écrans des Rencontres puisqu’elle partage l’affiche d’Une famille à louer (jeudi 9, 19h45) avec Benoït Poelvoorde et François Morel. Jean-Pierre Améris, auteur récemment de l’admirable Marie Heurtin, signe une comédie sur un homme riche, seul et introverti qui décide de louer la famille de la pétulante Violette. Il viendra en parler à Gérardmer.
Mulhousien de Paris, Vincent Schmitt a co-réalisé, au Burkina Faso, Farafin Ko (vendredi 10, 10h30). Il a installé, une année durant, sa caméra dans l’une des innombrables cours familiales de Bobo Dioulasso. En compagnie du producteur Emmanuel Georges, il parlera de la famille en Afrique ou des tensions qui agitent, entre communauté et individualisme, les mentalités africaines.

Jennifer Aniston dans "Broadway Therapy". DR

Jennifer Aniston dans « Broadway Therapy ». DR

Comme il n’est pas malsain de se divertir, on pourra compter sur Broadway Therapy (vendredi 10, 15h25) du vétéran américain Peter Bogdanovitch avec notamment Owen Wilson et Jennifer Aniston…
Il reviendra à Charlotte de Turckheim et à Alice Pol, présentes aux Rencontres, de faire rire et sourire avec Qui c’est les plus forts? (vendredi 10, 19h30) où il est question de fins de mois difficiles, d’art floral et de téléphone rose…

DEMANDEZ LE PROGRAMME.- Le programme complet des Rencontres du cinéma de Gérardmer 2015 est en ligne sur
www.rencontres-du-cinéma.com

PROJECTIONS.- Toutes les projections (sauf exception – se référer au programme) ouvertes au public ont lieu au cinéma du Casino JOA de Gérardmer – 23 av. de la Ville de Vichy. Avertissement : certains films peuvent comporter une interdiction aux – de 12 ou – de 16 ans qui n’est pas connue à la date de publication du programme. Les spectateurs sont priés de se renseigner à la caisse.

TARIFS.- 6 € La séance ; 13 € Le Pass journée (valable mercredi, jeudi ou vendredi) ; 35 € Le Pass Rencontres (valable du mardi au vendredi inclus).

RESERVATIONS.- Avant le 7 avril , à l’Office de Tourisme de Gérardmer – 4, place des Déportés à 88400 Gérardmer (tél. 03 29 27 27 27 – mail : info@gerardmer.net)
A partir du 7 avril à 13h30, au cinéma du Casino JOA, dans le hall d’accueil.

RENSEIGNEMENTS.- 03 29 27 27 27

FRANCOIS TRUFFAUT ET LES FEMMES  

mariee-etait-en-noirDans le cadre de ses activités consacrées au cinéma de patrimoine, le Palace à Mulhouse organise « Ciné-cycles », un rendez-vous mensuel animé par Pierre-Louis Cereja.

Le prochain cycle consacre trois films à la relation passionnée et créative entre François Truffaut (1932-1984), le plus romanesque des cinéastes français, et les superbes figures féminines qui traversent son cinéma.

Pour Truffaut, l’amour est une quête d’absolu entre désir et douleur. On le verra dans « La mariée était en noir », thriller (1967) tiré de William Irish, histoire d’une vengeance lente et raffinée utilisant les visions différentes que portent cinq hommes sur la femme idéale… Jeanne Moreau, en jeune veuve appliquée à réaliser sa vengeance, est superbe.

L’affiche de « La mariée était en noir ». DR

Avec « L’homme qui aimait les femmes » (1977) Truffaut suit Bertrand (Charles Denner), un personnage autant amoureux des femmes que de l’idée même de la femme.

Pour lui, toutes les femmes sont uniques et irremplaçables. Elles sont à la fois l’œuvre de sa vie, son inspiration artistique et la cause de sa mort. Une passion qu’il résume par ces mots : « Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. »

Truffaut tourne « La femme d’à côté » en 1981. Juste après « Le dernier métro », il revient à une histoire intimiste… Bernard (Gérard Depardieu) est un homme adulte, responsable, sûr de lui. Son existence bascule lorsque Mathilde (Fanny Ardant), son amour d’antan vient s’installer à deux pas de chez lui. Soudain les feux de la passion se ravivent. Bernard et Mathilde vont s’aimer à nouveau, l’un et l’autre perdant peu à peu pied dans une relation impossible…

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Serge Rousseau et Jeanne Moreau dans « La mariée était en noir ». DR

 

 

 

 

 

 

  • LA MARIEE ETAIT EN NOIR Mardi 9 décembre à 19h30.
  • L’HOMME QUI AIMAIT LES FEMMES Mardi 20 janvier 2015 à 19h30.
  • LA FEMME D’A COTE Mardi 10 février 2015 à 19h30.

LE PALACE, avenue de Colmar à Mulhouse

SITE : www.lepalacemulhouse.com