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	<title>Extérieur-jour &#187; Films</title>
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		<title>Justin, paysan en terre inconnue</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 10:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21675" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21675" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste1-300x124.jpg" alt="Justin (Alban Ivanov), un paysan lancé dans la tourmente guerrière." width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Justin (Alban Ivanov), un paysan<br />lancé dans la tourmente guerrière.</p></div>
<p>Ah dieu que la guerre est jolie ! L&rsquo;antiphrase est grinçante mais dans le cas de Justin Le Juste, misérable paysan dans la France rurale de février 1915, elle ne résonne absolument pas. Car cet homme simple ne sait tout bonnement pas ce qu&rsquo;est la guerre. Quand le curé de son village, entouré de deux gendarmes, vient lui apprendre qu&rsquo;il est temps de défendre la mère patrie contre le boche, il ne comprend clairement pas de quoi il est question. Ce qui lui vaudra de prendre des coups, de se retrouver à terre le nez en sang et de partir, menotté et accroché à une carriole, au combat pour aller défendre la France. Lui qui ne connaît que son dur labeur et l&rsquo;existence des villages alentour qu&rsquo;en entendant le son lointain des cloches.<br />
Dès l&rsquo;ouverture du film, c&rsquo;est cette triste existence que le paysan, désormais sous la capote bleu horizon, raconte par le menu à Marie Baratier, journaliste au <em>Canard enchaîné</em>. Mais 14-18 est passé par là et le paysan paumé a vu l&rsquo;horreur, la misère et la mort en face : <em>« C&rsquo;est avec les mots que les riches font crever les pauvres, que les curés et les gendarmes envoient les paysans à la boucherie. »<br />
</em>En s&rsquo;appuyant librement sur <em>Justin le Juste ou La charrette</em>, l&rsquo;unique roman de Jean-Marc Pompougnac (1929-2001) publié en 1967 aux éditions de la Table ronde, qu&rsquo;Eric Barbier a imaginé son huitième film pour le grand écran après notamment <strong>La promesse de l&rsquo;aube</strong> (2017) et <strong>Petit pays</strong> (2020).<br />
<em>« J&rsquo;ai découvert,</em> dit le cinéaste, <em>l&rsquo;histoire de Justin, ce paysan qui se retrouve au front, qui ne comprend rien, confond les Allemands et les Français, mélange les grades de ses supérieurs, pense que les tirailleurs sénégalais sont les ennemis parce qu&rsquo;ils sont noirs, déserte sans aucun état d&rsquo;âme. Pompougnac prenait à rebours toutes les situations sur la guerre en les traitant par l&rsquo;absurde. Jamais je n&rsquo;avais lu de livre qui abordait la grande guerre sous un angle aussi satirique et antimilitariste. »<br />
</em></p>
<div id="attachment_21676" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21676" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste2-300x168.jpg" alt="Justin vient au secours d'un aviateur allemand." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Justin vient au secours d&rsquo;un aviateur allemand.</p></div>
<p>Dans son travail de documentation, Barbier a aussi plongé dans <em>Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier</em>, un récit qui n&rsquo;a pas été écrit après la guerre mais au jour le jour pendant le conflit et où l&rsquo;on voit, à travers ces écrits, toute la folie du commandement.<br />
La guerre de 14-18 a fourni au cinéma la matière d&rsquo;oeuvres majeures. On songe évidemment à <strong>La grande illusion</strong> (1937) de Jean Renoir, <strong>A l&rsquo;Ouest, rien de nouveau</strong> (1930) de Lewis Milestone, <strong>Johnny s&rsquo;en va-t-en guerre</strong> (1971) de Dalton Trumbo, <strong>La vie et rien d&rsquo;autre</strong> (1989) et <strong>Capitaine Conan</strong> (1996), tous deux de Bertrand Tavernier et on en oublie certainement…<br />
Mais Eric Barbier, lui, donne un film singulier. D&rsquo;abord parce que son personnage est un immense « naïf ». Un homme rude, qui connaît les difficultés du travail de la terre, qui sait combien une bonne charrette est indispensable pour ne pas crever à la tâche. Ensuite parce que ce Justin, qui n&rsquo;a rien demandé à personne, va se retrouver du côté des laissés pour compte, de la « chair à canon », des anonymes jetés dans les tranchées et dont le nom n&rsquo;existera plus que sur les monuments aux morts. Mais s&rsquo;il n&rsquo;est pas au fait des choses de la guerre, Justin est un homme droit qui va se retrouver, presque malgré lui mais ensuite en pleine conscience, du côté d&rsquo;une poignée de trouffions qui se révoltent contre la hiérarchie militaire et les patriotes de salon qui exhortent l&rsquo;héroïsme des soldats.</p>
<div id="attachment_21678" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21678" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste4-300x168.jpg" alt="Basile, le tirailleur (Birane Ba) qui apprend le monde à Justin." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Basile, le tirailleur (Birane Ba)<br />qui apprend le monde à Justin.</p></div>
<p>En gardant un temps un regard d&rsquo;enfant avant que ses yeux ne se décillent, Justin traverse des mondes où se révèlent les inégalités sociales, les rapports de force et de pouvoir. Il va côtoyer la lâcheté de certains, qu&rsquo;ils soient puissants (le colonel Joyard) ou misérables (les soldats prêts à tirer sur leurs amis), se confronter à des figures de l&rsquo;autorité, du propriétaire terrien qui l&rsquo;exploite comme un serf aux gradés de tous poils qui ne valent pas mieux les uns que les autres&#8230;<br />
Dans les pas de Justin, c&rsquo;est un vrai récit picaresque que donne Eric Barbier. Avec son « héros » qui va se retrouver dans les situations les plus périlleuses ou les plus ubuesques et dont il se sortira parce qu&rsquo;il est malin et intelligent.<br />
La mise en scène est des plus classiques et d&rsquo;ailleurs on n&rsquo;attend pas d&rsquo;Eric Barbier qu&rsquo;il fasse spécialement les pieds au mur. Il y a trois séquences de combat et lorsque les hommes, exténués et excédés, refusent de sortir des tranchées et d&rsquo;aller à la boucherie, on songe évidemment à Stanley Kubrick et ses <strong>Sentiers de la gloire</strong> (1957). Dans les deux films, il est question des fusillés pour l&rsquo;exemple condamnés en deux minutes par des tribunaux militaires pour avoir refusé de monter au front.<br />
Mais les séquences les plus cocasses sont celles où Justin est fêté comme un héros (il a sauvé de la mort un aviateur abattu) par les troupes allemandes pour un <em>« acte de haute portée humaine »</em>, avant de se retrouver accusé d&rsquo;être un espion du Deuxième bureau !</p>
<div id="attachment_21677" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21677" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste3-300x168.jpg" alt="Marie Baratier (Alexandra Lamy), une journaliste du Canard enchaîné. Photos Julien Panie" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Marie Baratier (Alexandra Lamy),<br />une journaliste du Canard enchaîné.<br />Photos Julien Panie</p></div>
<p>Dans ses pérégrinations, Justin fera deux rencontres capitales : Marie, la journaliste du <em>Canard enchaîné</em>, animée par sa volonté d&rsquo;informer le public des exactions commises par l&rsquo;armée et de dénoncer le « bourrage de crâne » et Basile, le tirailleur africain, instituteur dans son pays, patriote, amoureux de la France et révolté par l&rsquo;injustice de la hiérarchie militaire.<br />
Ce film qui parle aussi de fraternisation, est porté par des comédiens qui se glissent avec aisance dans leurs personnages. Alexandra Lamy est Marie, la journaliste du <em>Canard</em>, Birane Ba, pensionnaire de la Comédie française, est Basile, le tirailleur lettré et l&rsquo;humoriste Alban Ivanov Justin le soldat perdu puis révolté. Enfin on est ravi de retrouver, ici, dans un petit rôle d&rsquo;espion allemand, l&rsquo;excellent David Bennent qui fut, en 1979, Oskar le tambour du film de Schlöndorff.<br />
<em>« Mais qu&rsquo;est-ce que je foutais dans ce merdier ! »</em> Justin se l&rsquo;est demandé très longtemps.</p>
<p><strong>JUSTIN LE JUSTE</strong> Drame (France – 1h54) d&rsquo;Eric Barbier avec Alban Ivanov, Alexandra Lamy, Birane Ba, Thierry Hancisse, Nicolas Avinée, David Bennett, Andreas Schröders, Ferdinand Dörfler, Jean-Edouard Bodziak, Yann Lesvenan. Dans les salles le 23 septembre.</p>
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		<title>Le secret de Rose et l&#8217;autre vie de Nora</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 15:43:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21664" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21664" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose1-300x162.jpg" alt="&quot;Rose&quot;: Rose (Sandra Hüller). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Rose&nbsp;&raquo;: Rose (Sandra Hüller). DR</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Le vent souffle fort sur des terres grises, soulevant des fumeroles blanches. Des crânes fracassés et des ossements gisent sur le sol… Rose, un soldat revient des violents combats de la guerre de Trente Ans. Il porte sur la joue une grande balafre ramenée du Brabant. D&rsquo;ailleurs, autour de son cou, il porte la balle qui l&rsquo;a défiguré et qu&rsquo;il prend de temps en temps dans sa bouche. Cet homme est venu réclamer son héritage dans un village isolé d’Allemagne. Si ce mystérieux personnage inquiète la communauté villageoise protestante, on lui montre pourtant une grande masure bien décrépie. Comme pour se débarrasser de cet intrus, un propriétaire lui propose de racheter ce bien. Mais l&rsquo;homme entend bien oublier ici les affres de la guerre en redonnant vie à sa ferme. Et il a tous les documents qui attestent qu&rsquo;il a bien hérité de cette ferme.<br />
A force de labeur et de services rendus, Rose va gagner la confiance des habitants, pensant par là-même enterrer son secret. Un fermier influent lui propose alors d&rsquo;épouser l&rsquo;aînée de ses filles. Suzanna est une robuste jeune femme et Rose accepte le mariage, quitte à se tenir à distance de sa jeune épouse. <em>« Par égard,</em> dit-il,<em> pour sa pureté et pour la préserver longtemps »</em>. Piqué par des abeilles, Rose fait un malaise. On s&rsquo;empresse de lui retirer ses vêtements pour enlever les dards. Dans l&rsquo;intimité, Suzanna va découvrir le secret de Rose. Alors même que les villageois commencent à considérer Rose comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de son genre sexuel.<br />
L&rsquo;Autrichien Markus Schleinzer, 54 ans, est un cinéaste rare (il a réalisé trois films en quinze ans) mais qu&rsquo;on remarque ! <strong>Michael</strong>, son premier long-métrage en 2011, avait pétrifié le festival de Cannes en brossant de façon très clinique le portrait d&rsquo;un pédophile de trente-cinq ans qui tient séquestré un enfant de dix ans dans sa cave…<br />
Pour réaliser <strong>Rose</strong> (Allemagne – 1h34. Dans les salles le 9 septembre), couronné de l&rsquo;Ours d&rsquo;argent à la dernière Berlinale, le réalisateur s&rsquo;est appuyé sur le récit d&rsquo;une amie historienne qui lui souhaita son anniversaire en lui rapportant une affaire judiciaire allemande. 250 ans, jour pour jour, avant la naissance de Schleinzer, une femme avait été exécutée à Halberstadt pour s’être fait passer pour un homme et avoir été reconnue coupable de sodomie. <em>« Elle est aujourd’hui,</em> dit le metteur en scène, <em>considérée comme la dernière femme à avoir été condamnée à mort pour ce crime, qui englobait alors les relations entre hommes, la bestialité et certains actes de pénétration. »</em></p>
<div id="attachment_21665" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21665" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose2-300x162.jpg" alt="&quot;Rose&quot;: Rose et Suzanna (Caro Braun) au coeur de la communauté villageoise. DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Rose&nbsp;&raquo;: Rose et Suzanna (Caro Braun) au coeur de la communauté villageoise. DR</p></div>
<p>Autour du personnage de Rose, que les villageois désignent, tour à tour comme le soldat, l’original ou l&rsquo;étrange héritier, le cinéaste a imaginé le récit, raconté par une voix off, d&rsquo;une quête de soi. Pour Rose, le désir de vivre en tant qu’homme naît de la liberté concrète que cette position lui offre. En décidant d&rsquo;écrire sa propre histoire, en étant contrainte au mensonge et donc à une constante vigilance, Rose se heurte aux normes rigides de son époque. Sans être pour autant une révolutionnaire, Rose est une femme qui choisit sa voie, refusant le destin social qui lui est assigné. Et qui, évidemment, lui coûtera extrêmement cher.<br />
Dans un noir et blanc grumeleux qui fait penser à l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un Bela Tarr, <strong>Rose</strong> s&rsquo;impose comme un conte fantastique autour d&rsquo;un personnage profondément ambivalent, à la fois fragile et problématique qui décide de franchir les barrières de sa condition, quitte à en payer les conséquences.<br />
En se souvenant de la peinture hollandaise du 16<sup>e</sup> au 18<sup>e</sup> siècles mais probablement aussi de la <strong>Passion de Jeanne d&rsquo;Arc</strong> (1927) de Dreyer, Schleinzer et son directeur de la photo Gerald Kerkletz réussissent une œuvre aussi contemplative que contemporaine qui fait de Rose une anti-héroïne queer.<br />
Avec un masque marmoréen traversé parfois de fulgurances angoissées, Sandra Hüller est remarquable en femme quêtant une impossible liberté. L&rsquo;interprète d&rsquo;<strong>Anatomie d&rsquo;une chute</strong> (2023) qu&rsquo;on verra, début décembre, en fille de Thomas Mann dans l&rsquo;excellent <strong>Fatherland</strong> de Pawel Pawlikowski incarne cette Rose qui dira, in fine, <em>« Je suis arrivée jusqu’ici et j’ai fait comme j’ai pu. »</em></p>
<div id="attachment_21662" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21662" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit1-300x162.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Nora (Hafsia Herzi). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Nora (Hafsia Herzi). DR</p></div>
<p><strong>HUIS-CLOS.-</strong> L&rsquo;air triste, Cristina, une artiste italienne, regarde des hommes emballer ses toiles dans de grande caisses. Dans son vaste atelier, reste un grand tableau abstrait qu&rsquo;elle n&rsquo;arrive pas à achever. Sortant de son école, Ida, une gamine pétillante au regard noir, passe voir sa grande amie.<br />
Elle est accueillie par Radia, une chienne malinoise que la fillette câline joyeusement avant de rentrer chez elle, juste en face, dans la ferme de ses parents. Elle traverse une grande étable où Tom Bergogne, son père, s&rsquo;occupe d&rsquo;un imposant troupeau de bovins…<br />
Plus tard dans la soirée, Nora, la maman, revient elle aussi à la maison. Pour son boulot, elle a passé un entretien dont elle n&rsquo;est pas satisfaite. Elle s&rsquo;emporte en voyant Ida jouer avec son téléphone et regarder une vidéo où la fillette danse avec ses parents.<em> « Supprime ça tout de suite !</em> dit Nora. <em>Je ne veux pas être sur les réseaux&#8230; »</em> Ida râle : <em>« Des fois, je voudrais être comme toi. Orpheline ! »</em> Le lendemain, Nora doit fêter son anniversaire. Tom lui prépare une surprise. Au petit jour, Tom emmène ses vaches au pré. Il passe chez Cristina qui lui demande ce qu&rsquo;il va offrir à Nora. Un voyage ? Cristina : <em>« Elle ne te mérite pas&#8230; »</em><br />
Une voiture sombre s&rsquo;arrête dans la ferme isolée. Cristina s&rsquo;inquiète : <em>« Qu&rsquo;est-ce que vous voulez ? »</em> Le type s&rsquo;incruste. Rejoint par son frère, ils font Cristina et Ida prisonnières. Plus tard, Franck, le frère aîné débarque à son tour. Suave, il s&rsquo;adresse à la fillette :<em> « Tu dois être Ida ! »</em> et lorsque Nora, à son tour, retrouve la ferme, Franck, qui a vu la vidéo sur les réseaux, la salue en l&rsquo;appelant Leila. <em>« Vous vous trompez ! Je vous dis que c’est pas moi&#8230; »</em><br />
Troisième long-métrage de Léa Mysius après <strong>Ava</strong> (2017) et<strong> Les cinq diables</strong> (2026), <strong>Histoires de la nuit</strong> (France – 1h54. Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement. Dans les salles le 16 septembre) est une adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier paru en 2020 aux Editions de minuit. La réalisatrice a imaginé cette adaptation comme une version féministe de <strong>A History of Violence </strong>de David Cronenberg  dans la campagne française.</p>
<div id="attachment_21663" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21663" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit2-300x162.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Cristina (Monica Bellucci) et Ida (Tawba El Gharchi). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Cristina (Monica Bellucci)<br />et Ida (Tawba El Gharchi). DR</p></div>
<p>Présenté en compétition et en sélection officielle à Cannes en mai dernier, <strong>Histoires…</strong> se présente comme une sorte de <em>home invasion movie</em> dont l&rsquo;archétype reste le fameux <strong>Funny Games</strong> (1997) de Michael Haneke.<br />
Tout en allant d&rsquo;un espace à l&rsquo;autre (la maison-atelier de Cristina et la salle à manger des Bergogne), la cinéaste installe sobrement un huis-clos sous haute tension où le spectateur est invité à débusquer le mystère des personnages dans les interstices et les silences. Car ce qui retient, ici, l&rsquo;attention, plus qu&rsquo;une action qui se dilate lentement, ce sont les secrets des adultes et le vertige qui s&rsquo;empare d&rsquo;une presqu&rsquo;adolescente dont les repères s&rsquo;évanouissent. Qui est Cristina, cette peintre qui ne vend plus de toiles depuis longtemps ? Pourquoi Tom tourne-t-il du côté des prostituées qui tapinent à côté de leurs camping-cars ? Et surtout qu&rsquo;a donc à dissimuler Nora ? En débarquant, avec ses deux frères, dans la paisible ferme, Franck va faire surgir un passé bien glauque.<br />
Ici, ce sont trois femmes qui sont au coeur de l&rsquo;intrigue. Dans son strict tailleur-pantalon, Nora, qui vient d&rsquo;être nommée responsable de pôle, donne le change en s&rsquo;étant construit une autre existence. Constamment surveillée par Bègue, un garçon fragile et inquiétant qui parle du soir où il est devenu fou, Cristina va se lancer dans une dangereuse tentative de manipulation. Quant à Ida, elle est bouleversée par la « douceur » de Franck qui voudrait qu&rsquo;elle vienne vivre avec lui.<br />
Un temps, on se dit que tout cela pourrait bien finir. Mais est-ce seulement possible… Monica Bellucci (Cristina), Hafsia Herzi (Nora/Leila) et la brillante Tawba El Gharchi (Ida) donnent la réplique à Benoît Magimel (Franck), Bastien Bouillon (Tom), Paul Hamy (Flo) et Alane Delhaye (Bègue). Une belle affiche !</p>
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		<title>L&#8217;abandon de Gabrielle, la question du colonel Stagg et le voyage de Babi</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 13:58:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21614" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21614" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1-300x200.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Gabrielle Conti (Léa Drucker) à l'hôpital. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Gabrielle Conti (Léa Drucker)<br />à l&rsquo;hôpital. DR</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Chirurgienne spécialisée dans le domaine des greffes, notamment maxillo-faciales et cheffe de service dans un hôpital public, Gabrielle Conti est une femme active qui se dévoue corps et âme à son métier et qui court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Alors, quand le soir venu, elle rentre à la maison, il lui arrive de craquer devant la désinvolture des grands enfants de son mari. Lasse, dit-elle de la tension qui parasite son couple avec Henri, elle se demande si elle ne va pas retourner vivre dans son appartement d&rsquo;avant.<br />
Un jour, une romancière demande à venir quelques semaines dans le service du docteur Conti pour les besoins d’un livre. Gabrielle Conti apprécie le contact de cette Frida qui lui envoie un gros bouquet de fleurs et lui dira : <em>« J&rsquo;aimerais vous revoir »</em>. Elle accepte aussi d&rsquo;aller assister à un spectacle de danse en appartement avec Frida. Dans l&rsquo;obscurité, Frida lui glisse qu&rsquo;elle lui plaît, qu&rsquo;elle a envie de l&rsquo;embrasser. Mais Gabrielle dit non. Pourtant son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?<br />
C&rsquo;est par de lumineuses et d&rsquo;abord indéchiffrables images d&rsquo;étreinte physique filmées en très gros plan que s&rsquo;ouvre <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> (France – 1h38. Dans les salles le 9 septembre), le deuxième long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet après <strong>Les amours d&rsquo;Anaïs</strong> (2021) qui mettait déjà aux prises deux femmes (Anaïs Demoustier et Valeria Bruni-Tedeschi) autour d&rsquo;un sentiment amoureux.<br />
Faisons fi d&rsquo;entrée des accusations de stéréotypes bourgeois que le film a provoqué, pour dire que voilà un beau portrait de femme. C&rsquo;est à la fois sensible, dense, tonique et bouleversant dans le sens où l&rsquo;on assiste à une rupture, un abandon même, dans le parcours d&rsquo;une femme toujours sur la brèche, toujours à l&rsquo;écoute des autres et qui, soudainement, va un peu plus fortement penser à elle-même.<br />
<em>« Il était très important,</em> dit la cinéaste, <em>qu’émane de Gabrielle quelque chose d’exaltant pour les spectatrices et les spectateurs. À son âge, elle n’est pas « sur la pente descendante », bien au contraire : elle est épanouie, active, en mouvement, capable d&rsquo;aller vers son plaisir comme d’affronter l&rsquo;adversité. C’est une femme libre, qui a choisi sa vie et ne se pose jamais en victime. »</em></p>
<div id="attachment_21615" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21615" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2-300x180.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Frida (Mélanie Thierry) et Gabrielle. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Frida (Mélanie Thierry)<br />et Gabrielle. DR</p></div>
<p>Dans un récit construit en chapitres (Je veux tout, Alter ego, Reconstruction, D&rsquo;où l&rsquo;on vient, Non, La pitié, Encore, Dérapages, La fin d&rsquo;un couple, L&rsquo;abandon, Colloque sentimental), Charline Bourgeois-Tacquet articule, avec des respirations différentes, des temps dans la vie de Gabrielle. Il en va ainsi de son travail à l&rsquo;hôpital et de sa dimension quasi-documentaire (le dialogue du médecin avec un patient souffrant d&rsquo;une tumeur à la langue est impressionnant de souffrance tue et d&rsquo;empathie) mais aussi des relations avec sa mère (Marie-Christine Barrault, émouvante) atteinte de la maladie d&rsquo;Alzheimer. <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> prend un tour plus romanesque et sentimental lorsque la réalisatrice scrute les moments privés en compagnie de Frida que Mélanie Thierry porte avec douceur et même une pointe de virilité.<br />
Le récit est traversé, en son centre, par une sortie en montagne où Gabrielle se retrouve dans la nature, dans un décor exceptionnel (avec Erri De Luca en écrivain ermite dans le chalet où elle séjourne), totalement en rupture avec son environnement habituel très urbain, très enfermé. C&rsquo;est là que, pour la première fois, avec Frida, elle se retrouve dans une situation où elle ne maîtrise rien.<br />
Traitée tour à tour de Robocop, de guerrière (Gabrielle évolue dans un univers hospitalier en tension dont le film se fait le rude écho) ou de moine-soldat, l&rsquo;héroïne de <strong>La vie…</strong> est une femme accomplie, qui s’est déployée sans renoncer à rien et sans rien devoir à personne.<br />
Avec une puissante sensualité et une grâce permanente, Léa Drucker en impose, une fois de plus, dans un personnage très touchant qui affirme <em>« Je ne suis pas une victime parce que je suis une femme »</em>.</p>
<div id="attachment_21612" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21612" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1-300x199.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: le colonel Stagg (Andrew Scott) et Kay Summersby (Kerry Condon). DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: le colonel Stagg (Andrew Scott)<br />et Kay Summersby (Kerry Condon). DR</p></div>
<p><strong>MÉTÉO.-</strong> Dans une mer couleur de sang, un soldat flotte, les yeux dans le vide… Nous sommes en avril 1944 et l&rsquo;<em>Opération Tigre</em>, dernière répétition (ultra-secrète) dans le sud de l&rsquo;Angleterre avant le débarquement de Normandie, est un fiasco. Le général Dwight D. Eisenhower, chef du <em>Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force</em>, en gardera toujours un goût amer dans la bouche. A cause de nombreuses erreurs, défaillances et accidents et d&rsquo;une attaque surprise de vedettes lance-torpilles allemandes, 749 soldats américains seront tués…<br />
Afin de mettre toutes les chances de son côté dans ce qui sera le plus grand débarquement de tous les temps, le haut commandement allié exige d&rsquo;avoir les informations météorologiques les plus précises. Chef météorologue de la Royal Air Force, le <em>group captain</em> James Stagg est convoqué auprès d&rsquo;Ike Eisenhower. A l&rsquo;heure du petit déjeuner, il quitte sa femme enceinte, proche de l&rsquo;accouchement. Immédiatement, dans une atmosphère loin d&rsquo;être sereine, commencent des heures difficiles. La météo n&rsquo;est pas une science exacte et Stagg se retrouve confronté à son homologue américain Irving Kirk dont il estime que les méthodes de travail sont obsolètes.<br />
Quant à Ike, il se moque de la rivalité entre l&rsquo;Anglais et l&rsquo;Américain. Il met Stagg face à un choix impossible : attaquer malgré l&rsquo;incertitude liée à une météo très mauvaise ou risquer de perdre la guerre.<br />
<strong>Pressure</strong> (USA – 1h40. Dans les salles le 9 septembre), c&rsquo;est une sorte de préambule, version météo, au<strong> Jour le plus long</strong> (1962). Connu pour <strong>Attaque à Mumbaï</strong> (2018) sur les attaques terroristes de novembre 2008 en Inde, le cinéaste australien Anthony Maras a trouvé le point de départ de son film dans une pièce de théâtre écrite, en 2012, par David Haig pour le Lyceum Theatre d&rsquo;Edimbourg autour d’un véritable héros écossais pourtant inconnu du grand public.</p>
<div id="attachment_21613" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21613" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2-300x200.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: Le général Eisenhower (Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: Le général Eisenhower<br />(Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR</p></div>
<p>Eminent météorologue connu des seuls spécialistes, James Stagg eut la lourde tâche de décider de la date du Débarquement. Tandis qu&rsquo;Eisenhower avait choisi le 4 juin pour l&rsquo;attaque en Normandie, Stagg, seul contre tous, refusa cette date, considérant que la météo du jour vouait l&rsquo;opération à la catastrophe. Pourtant le 4 juin au matin, il fait un superbe soleil sur le sud de l&rsquo;Angleterre…<br />
Malgré son titre original un peu abscons (pour le coup, le film aurait mérité un titre français), <strong>Pressure</strong> est un bon moment de cinéma qui sait utiliser aussi bien les éléments historiques réels que mettre en scène les questionnements et les troubles de personnages pris dans une tempête… A la manière du cinéma classique hollywoodien (on pense au principal personnage féminin, celui de Kay Summersby, la proche assistante d&rsquo;Eisenhower, femme discrète et indispensable incarnée par Kerry Condon), <strong>Pressure</strong> (on a saisi évidemment la symbolique de la pression) réussit à nous embarquer dans une histoire qui devient palpitante sur fond de nuages, de vent et de pluie !<br />
Les comédiens sont au diapason avec un Stagg (Andrew Scott), taiseux mais bouillonnant à l&rsquo;intérieur, un Kirk (Chris Messina) ironique et très sûr de lui et un Eisenhower (Brendan Fraser) massif et seul face à des décisions cruciales.<br />
Grâce à Stagg, le <em>D-Day</em> aura lieu le 6 juin 1944. Ike dira : <em>« Nous n&rsquo;accepterons rien de moi que la victoire totale »</em>. Plus sobre, le météorologue constatera : <em>«  Le temps ne sera pas parfait mais ça suffira. </em>» Ensuite, il fallut aller sur les plages de Sword, Utah, Juno, Gold et Omaha.</p>
<div id="attachment_21611" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21611" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1-300x200.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Babi (Kad Merad) et Lucie (Marie Gillain) dans le bus." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Babi (Kad Merad)<br />et Lucie (Marie Gillain) dans le bus.</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Sur son lit parisien, dans les années 70, un vieil homme entouré des siens, se souvient des années où la France cessait, sous la double menace de Pétain et des nazis, d&rsquo;être la terre des libertés. Dans le Paris de 1939, cet homme, Babi Maklouf Benhamou, exerce le plus beau métier du monde. Amoureux des arts, il est gardien de nuit au musée du Louvre. Cela lui permet de dialoguer à loisir avec Napoléon et Joséphine lorsqu&rsquo;ils sortent du tableau de David ou de saluer avec respect Diane chasseresse.<br />
Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et les Allemands avancent sur Paris. Jacques Jaujard, le conservateur du musée, décide d&rsquo;organiser le sauvetage secret des œuvres d’art pour éviter qu&rsquo;elles ne tombent aux mains des nazis. Babi se voit confier un vieil autobus dans lequel il charge des œuvres d&rsquo;art et notamment la très fameuse <em>Joconde</em> mais aussi toute sa bruyante tribu qu&rsquo;il n&rsquo;entend pas un instant laisser derrière lui. Et voilà Babi, derrière son volant, sur les routes de l&rsquo;exode. Mission : emporter les œuvres très loin, du côté de Pau, pour les y mettre à l&rsquo;abri…<br />
C&rsquo;est en songeant à Babi, son grand-père qu&rsquo;Elie Chouraqui a mis en chantier <strong>Les héros du Louvre</strong> (France – 1h44. Dans les salles le 9 septembre) pour raconter une aventure familiale épique et dangereuse à travers la France occupée.<br />
<em>« Il y a quelques années,</em> dit le cinéaste, <em>j’ai écrit un abécédaire pour Calmann-Lévy dans la collection Le dictionnaire de ma vie. À la lettre H, le mot héros s’est imposé à moi. J’ai immédiatement pensé à Babi, mon grand-père. Parce qu’il incarne le genre de héros qui me fascine le plus : celui qui accomplit son devoir dans l’ombre et dans l’anonymat, au moment où il estime qu’il est indispensable de le faire, même s’il doit mettre sa vie et celle de ses proches en danger&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21610" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21610" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2-300x150.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Une famille dans la tourmente. Photos Stéphanie Branchu" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Une famille dans la tourmente.<br />Photos Stéphanie Branchu</p></div>
<p><strong>Les héros…</strong> raconte donc une odyssée placée sous le signe du courage, de l&rsquo;amour de l&rsquo;art et… des siens, de la générosité mais aussi d&rsquo;une peur incommensurable qui fut celle des Juifs dans la France de 39-45. Dans la nuit, sur des routes sans lumière, Babi et sa famille chantent <em>Frou-frou</em> pour ne pas sombrer.<br />
En s&rsquo;appuyant sur une grosse distribution avec Kad Merad et Marie Gillain en tête d&rsquo;affiche, <strong>Les héros du Louvre</strong> est une plongée dans la France de l&rsquo;Occupation. On y trouve des séquences savoureuses comme la fausse délirante colère de Madame Benhamou contre son mari pour tenter d’échapper au contrôle nazi au passage de la Zone libre, d&rsquo;autres tragiques comme celle des enfants obligés de se recroqueviller sans bruit derrière un lit pour ne pas se faire repérer ou encore ahurissante comme la jeune fille, obligée de se soumettre à un examen médical pour prouver sa virginité à ceux qui la soupçonnaient, à tort, d’avoir couché avec un Boche.<br />
Las, au final, <strong>Les héros du Louvre</strong> a des allures de téléfilm avec toujours un peu quelque chose d&rsquo;un peu trop appuyé, à l&rsquo;instar de Kad Merad qui semble forcer le trait avec son Babi&#8230;</p>
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		<title>Les vies très pleines de Marta et Judith</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 16:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21599" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21599" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1-300x224.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: Antonio (Elio Germano) et Marta (Alba Rohrwacher). DR" width="300" height="224" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: Antonio (Elio Germano)<br />et Marta (Alba Rohrwacher). DR</p></div>
<p><strong>COUPLE.-</strong> Au sortir d&rsquo;une fête, Antonio et Marta se prennent la tête. <em>« Pourquoi tu as fait la tête toute la soirée ? »</em> ou <em>« Pourquoi tout tourne autour de ton travail ? »</em> ou <em>« Comment tu fais pour éviter les choses qui te soûlent ? »</em> et un <em>« T&rsquo;es normale et moi, je suis un connard »</em> qui achève de convaincre Antonio qu&rsquo;il est peut-être temps de faire un break dans leur couple.<br />
Antonio est restaurateur et tient un établissement nommé <em>Senzafine</em> où ce chef en pleine ascension s&rsquo;applique à revisiter la cuisine classique romaine. Forcément, il a toujours l&rsquo;oeil sur les réseaux sociaux et les avis qui vantent ou non ses plats. Marta est prof de sport dans un lycée de la ville. Tandis que ses élèves s&rsquo;en vont après un match de volley, elle craque et balance, de colère, des ballons à travers le gymnase.<br />
Alors qu&rsquo;Antonio se réfugie derrière ses fourneaux, Marta, d&rsquo;abord rétive aux autres, va tenter de s&rsquo;ouvrir à sa sœur Elisa, actrice ratée, qui tente de se faire une place dans la gestion d&rsquo;un Rb&amp;B mais elle craque : <em>« Ne viens pas me dire comment vivre ma vie ! »</em> Finalement, c&rsquo;est à une effigie en carton ramassée à côté d&rsquo;une poubelle, qu&rsquo;elle parle le plus. Et Jicko, l&rsquo;un des rois de la k-pop coréenne, lui sourit en permanence.<br />
Peut-être parce qu&rsquo;elle se nourrit mal, Marta vomit régulièrement et souffre de troubles gastro-intestinaux. Des examens médicaux montrent qu&rsquo;elle est atteinte d&rsquo;un mal incurable. Mais Marta pense qu&rsquo;il lui reste du temps, de la marge, pour savourer encore, et de plus en plus, l&rsquo;existence. Parce qu&rsquo;il entend vivre la vie qu&rsquo;elle a envie de vivre.<br />
Seizième long-métrage d&rsquo;Isabel Coixet, <strong>Trois adieux</strong> (Italie/Espagne – 2h. Dans les salles le 2 septembre) s&rsquo;ouvre et s&rsquo;achève sur la murmuration des étourneaux. Pour ce vol magique des oiseaux, Marta connaît la théorie courante. Ils volent ainsi en nuée pour se protéger des prédateurs. Mais Marta croit que c&rsquo;est plutôt parce que, tout simplement, ils aiment danser et vivre.<br />
La cinéaste barcelonaise adapte, ici, <em>Tre ciotole</em>, le roman, paru en 2023, de l&rsquo;écrivaine sarde Michela Murgia (1972-2023), figure iconique de la culture italienne, capable de trouver de la beauté dans le quotidien et dans la vulnérabilité.</p>
<div id="attachment_21600" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21600" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2-300x225.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: le bonheur d'une glace. DR" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: le bonheur d&rsquo;une glace. DR</p></div>
<p><em>« Le film,</em> dit sa réalisatrice, <em>parle de l’être humain et de notre difficulté à communiquer, de l’amour et de la mort, de la douleur et de notre obsession à vouloir l’effacer quand, en réalité, on ne peut pas l’éliminer, seulement apprendre à vivre avec. Nous vivons dans une société centrée sur le matériel, où l’immatériel semble n’avoir aucune valeur jusqu’à ce que la souffrance, la maladie ou la séparation déchirent le décor. »</em><br />
A travers les parcours de Marta et d&rsquo;Antonio, qu&rsquo;Isabel Coixet croise régulièrement en usant d&rsquo;images anciennes de leur couple, c&rsquo;est un film plein de vitalité qui s&rsquo;impose sous nos yeux. Après une rupture qui l&rsquo;a plongée dans la souffrance, Marta se met à apprécier la vie autrement et comprend qu&rsquo;elle est courte et qu’elle ne mérite pas d’être perdue en angoisses inutiles. Qu&rsquo;il ne faut pas mourir avant l’heure mais bien vivre jusqu’au bout.<br />
Isabel Coixet fait de Rome (le film a été tourné pour l&rsquo;essentiel dans le quartier du Pigneto qui servit de décor à deux films de Pasolini) un vrai personnage et une cité fascinante et humaine mais elle met aussi, au coeur de son propos, la… gastronomie. Agostini, le collègue amoureux transi de Marta, cite le philosophe Feuerbach : <em>« Nous sommes ce que nous mangeons ».</em> Or Marta mange mal. La cuisine apparaît comme un fil invisible qui traverse tout et dit qui nous sommes. Manger peut être une façon de prendre soin de soi, mais aussi de se faire du mal. Et l&rsquo;une des plus belles scènes du film nous montre Marta dégustant une glace chocolat noir-fraise et vivant, enfin !, un pur plaisir quotidien. Comme si c&rsquo;était la première glace de sa vie. Ou la dernière. Entourée d&rsquo;Elio Germano (Antonio), Galatéa Bellugi (Silvia) ou Francesco Carril (Agostini), l&rsquo;actrice italienne Alba Rohrwacher, vue récemment dans <strong>Hors-saison</strong> de Stéphane Brisé, est une Marta bouleversante qui s&rsquo;en va, presque sur la pointe des pieds tandis que Nina Simone chante <em>I Get Along Without You Very Well</em> où un coeur se brise en deux&#8230;</p>
<div id="attachment_21597" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21597" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1-300x125.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Judith (Anouk Grinberg). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;:<br />Judith (Anouk Grinberg). DR</p></div>
<p><strong>QUOTIDIEN.-</strong> Dans une lumière triste, la brume matinale s&rsquo;étire sur une grande barre d&rsquo;immeubles du côté de Nancy. Judith Schneider se lève, enfile un pull, va à la fenêtre et regarde un paysage qu&rsquo;elle connaît depuis fort longtemps. Judith range des dossiers lorsqu&rsquo;on sonne à l&rsquo;interphone de son cabinet médical contigu à son appartement. Une jeune femme demande de l&rsquo;aide. Elle est à son huitième mois de grossesse et elle a perdu du sang. <em>« Je peux monter ? »</em> La médecin refuse. Le cabinet est fermé et même définitivement fermé. Le docteur Schneider arrête son activité. De surcroît, elle doit quitter sous peu son appartement, promis, comme l&rsquo;immeuble, à la pelle des démolisseurs.<br />
En allant acheter des cigarettes à un « marchand » à la sauvette, Judith aperçoit la jeune mère marchant au bord de la route. Elle fait monter cette jeune Aïda à bord et la conduit jusqu&rsquo;aux urgences. <em>« Je me souviens de vous ! Vous n&rsquo;êtes pas allée voir le gynécologue ? »</em> mais le praticien ne prend plus de nouvelles clientes.<br />
A l&rsquo;hôpital, Judith ronge son frein. Ce n&rsquo;est pas possible de faire une échographie à cette jeune femme ? Pendant ce temps, Aïda s&rsquo;en va. Elle a son copain au téléphone mais il ne peut pas venir tout de suite. <em>« Je vous emmène ailleurs&#8230; »</em> Ce sera une chic clinique privée où exerce Thomas, le fils de Judith. Là encore, on l&rsquo;accueille par un <em>« Sans rendez-vous, je ne peux rien faire »</em>. Mais Thomas fera ce qu&rsquo;il faut tandis qu&rsquo;Aïda demande à Judith d&rsquo;être à ses côtés. Thomas prévient : <em>« Tu te tais&#8230; »</em> Maël, le petit ami, viendra finalement récupérer sa compagne. En quittant la clinique, Judith suit le véhicule du jeune couple et remarque qu&rsquo;ils s&rsquo;engueulent. Soudain, Aïda s&rsquo;échappe de la voiture. Judith tente de la retrouver dans la ville, au milieu d&rsquo;une manifestation syndicale. Prise d&rsquo;une crise d&rsquo;asthme, Judith manque de s&rsquo;effondrer. Aïda la retrouve et réussit à lui injecter le produit qui la soulage… Les deux femmes retournent dans l&rsquo;appartement de la médecin. <em>« Vous ne savez pas ce que vous voulez faire avec votre copain ? »</em></p>
<div id="attachment_21598" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21598" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2-300x168.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR</p></div>
<p>Avec <strong>La dernière patiente</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 2 septembre), Rémi Bassaler signe son premier long-métrage et brosse le portrait de deux femmes étrangères l&rsquo;une à l&rsquo;autre et qui vont devenir essentielles l&rsquo;une pour l&rsquo;autre. D&rsquo;un côté, un médecin de quartier qui va s&rsquo;arrêter après trente ans de carrière, de l&rsquo;autre, une jeune femme, d&rsquo;origine albanaise, en couple avec un jeune type apparemment sympathique (Félix Lefebvre) mais qui ne cesse de la malmener. Deux femmes, chacune à leur manière, au bout de quelque chose. En utilisant bien un décor de grands immeubles promis à la destruction (le film a été tourné dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy et notamment à la Tour Panoramique) qui raconte une autre forme de violence, celle de la perte d&rsquo;une mémoire collective partagée, Bassaler imagine un échange, une amitié inattendue qui vient réchauffer l&rsquo;âme de l&rsquo;une et ressusciter des désirs vitaux chez l&rsquo;autre. Pour ce faire, le réalisateur a bâti deux personnages qui échappent aux stéréotypes. Avec sa silhouette de cow-boy féminine, Judith Schneider s&rsquo;est construit, comme probablement, beaucoup de médecins de quartier, une carapace, une dureté qui la coupe des autres. Le cinéaste réussit de belles scènes avec les échanges de regards entre Judith et son fils. Quant à Aïda, elle n&rsquo;est pas une victime passive. Elle est même dans la dissimulation, aux autres et sans doute à elle-même.<br />
Sur une période de 24 heures, <strong>La dernière patiente</strong> développe d&rsquo;abord une intrigue en forme de drame social avec des services hospitaliers publics à bout de souffle avant de basculer dans le thriller avec une soignante qui, pour protéger sa patiente, va jusqu’à dépasser toutes les limites…<br />
Anouk Grinberg (Judith) est d&rsquo;une sobriété parfaite et Luana Bajrami (Aïda) mêle avec complexité quelque chose de juvénile et de mature.</p>
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		<title>Une société de rivaux, un monde en ruines, le corps de l&#8217;autre et des dinos dans le quartier</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 16:36:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FAMILLE.- Couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu sont venus s’installer, avec leurs cinq enfants, dans un village perdu au bout d’un fjord. Tandis que les quatre grands s&#8217;apprêtent à rejoindre le collège, la famille se lie d&#8217;amitié avec leurs voisins, les Halberg. Malgré des éducations différentes, les enfants des deux familles deviennent très proches, notamment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21542" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21542" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord1-300x125.jpg" alt="&quot;Fjord&quot;: Mihai (Sebastian Stan) et Lisbet (Renate Reinsve). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Fjord&nbsp;&raquo;: Mihai (Sebastian Stan)<br />et Lisbet (Renate Reinsve). DR</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu sont venus s’installer, avec leurs cinq enfants, dans un village perdu au bout d’un fjord. Tandis que les quatre grands s&rsquo;apprêtent à rejoindre le collège, la famille se lie d&rsquo;amitié avec leurs voisins, les Halberg. Malgré des éducations différentes, les enfants des deux familles deviennent très proches, notamment Elia pour laquelle Noora Halberg éprouve une forte affection.<br />
Alors que Mihai, le père de famille, trouve un emploi d&rsquo;informaticien dans une entreprise locale, Lisbet, sa femme, donne un coup de main à l&rsquo;hôpital où elle s&rsquo;occupe notamment de préparer les défunts avant les obsèques.<br />
La tranquille vie de famille des Gheorghiu se déroule au rythme des chants et des prières et s&rsquo;il y a, ici ou là, une punition, c&rsquo;est pour le bien des enfants : <em>« Ils seront heureux, une fois adultes »</em>.<br />
Dans la petite communauté, tout se détraque lorsque des enseignants remarquent des ecchymoses sur le visage et le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu. Très rapidement, une procédure est lancée pour suspicion de châtiments corporels. L&rsquo;Aide à l&rsquo;enfance se charge d&rsquo;enquêter. Vite, la question de l’éducation traditionnelle que les jeunes Gheorghiu reçoivent de leurs parents vient au coeur des discussions&#8230;<br />
Quoi de mieux pour marquer la rentrée dans les salles obscures que de découvrir la Palme d&rsquo;or cannoise ! <strong>Fjord</strong> (Roumanie – 2h26. Dans les salles le 19 août) a permis au metteur en scène roumain Cristian Mungiu d&rsquo;entrer dans le club fermé (ils ne sont que dix) des doubles détenteurs de la récompense suprême festivalière. En 2007, sa première apparition sur la Croisette avait été tonitruante. Tant le calvaire de la malheureuse étudiante tentant de se faire avorter pendant les dernières années du pouvoir de Ceausescu, était bouleversant. La palme à <strong>Quatre mois, trois semaines, deux jours</strong> ne souffrait d&rsquo;aucun débat.<br />
Mungiu est ensuite revenu au festival avec <strong>Au-delà des collines</strong> (2012) couronné du prix du scénario et du double prix d&rsquo;interprétation pour ses comédiennes, puis, en 2016, avec <strong>Baccalauréat</strong> qui lui vaut le prix de la mise en scène et encore avec <strong>R.M.N.</strong> en 2022.</p>
<div id="attachment_21544" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21544" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord2-300x125.jpg" alt="&quot;Fjord&quot;: Une communauté  traditionnelle. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Fjord&nbsp;&raquo;: Une communauté traditionnelle. DR</p></div>
<p>Loin de sa Roumanie natale, Cristian Mungiu installe son récit dans une Norvège dont le froid vous transperce. Et cela doublement. Parce que la neige est omniprésente sur ce coin tapi sous une falaise dont se détache, de temps en temps, une avalanche qui menace l&rsquo;école. Parce qu&rsquo;évidemment tout dans l&rsquo;aventure de cette famille Gheorghiu a quelque chose de glaçant.<br />
A propos du thème de <strong>Fjord</strong>, le cinéaste dit : <em>« Nos sociétés sont de plus en plus polarisées, provoquant une forme de radicalisation qui divise les gens en groupes rivaux. Ces individus se méprisent, s’ignorent et, souvent, se haïssent les uns les autres. Nous sommes convaincus d’avoir raison alors que les autres, à nos yeux, sont forcément manipulés, radicalisés, stupides, endoctrinés. Nous doutons très peu, voire pas du tout. »</em><br />
Le film réussit ainsi à démonter un processus d&rsquo;enquête mais aussi de suspicions qui vont perturber cette micro-société. C&rsquo;est le temps des interrogatoires, des avocats qui interviennent, des groupes de pression aussi qui avancent que l&rsquo;affaire relève de la persécution religieuse, du procès enfin dont personne ne sortira indemne, laissant au bord du fjord où s&rsquo;éloigne le bateau du retour des Gheorghiu, une Noora éperdue, murmurant : <em>« Je t&rsquo;aime »</em>.<br />
Même s&rsquo;il repose sur une atmosphère impressionnante par sa pesanteur et sur une forte interprétation (Sebastian Stan, vu dans <strong>The Apprentice</strong> en jeune Trump et Renate Reisve, superbe dans <strong>Valeur sentimentale</strong>), <strong>Fjord</strong> est moins émotionnellement puissant que <strong>Quatre mois…</strong> mais le film, tout en s&rsquo;ingéniant à ne pas prendre partie pour un camp ou l&rsquo;autre, réussit cependant à nous questionner. Né dans une Roumanie qui savait ce qu&rsquo;oppression et dictature veulent dire, le cinéaste nous fait souvenir que les sociétés, progressistes ou non, peuvent aisément mettre à mal l&rsquo;individu.</p>
<div id="attachment_21539" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21539" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars1-300x187.jpg" alt="&quot;The Dog Stars&quot;: Hig (Jacob Elordi) et Bangley (James Brolin). DR" width="300" height="187" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Dog Stars&nbsp;&raquo;: Hig (Jacob Elordi)<br />et Bangley (James Brolin). DR</p></div>
<p><strong>FUTUR.-</strong> Aux commandes de son petit Cessna rouge et jaune, Hig survole les splendides paysages du Colorado. La nature sauvage est magnifique mais lorsque le pilote arrive au-dessus d&rsquo;Erie, c&rsquo;est un spectacle de désolation. Toute cette petite ville où il vécut autrefois avec sa jeune femme alors enceinte, ressemble à un champ de bataille, vide et en ruines, parcourue par des chiens errants. Après été passé par Denver et avoir récupéré des vivres et du kérosène dans des cachettes, Hig retourne à la base aérienne abandonnée qu&rsquo;il partage désormais avec Bangley, un ex-marine plutôt mal embouché et chatouilleux de la gâchette… Toujours flanqué de son chien Jared, Hig veille aussi sur une grande famille mennonite à laquelle il apporte régulièrement de quoi survivre… Un jour, alors qu&rsquo;il pilote son petit avion, Hig entend un grésillement dans sa radio et quelques mots presque inaudibles. Cette voix fait naître au plus profond de lui-même l&rsquo;espoir qu&rsquo;une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé… Alors Hig s&rsquo;envole à nouveau. Une avarie de moteur le contraint à se poser à proximité du ranch de Pops et de sa fille Cima. Si Pops veut le voir tourner les talons, Cima n&rsquo;est pas insensible à la présence du pilote&#8230;<br />
C&rsquo;est dans un futur proche (Hig note 2035 sur un message d&rsquo;adieu à Jared) que Ridley Scott situe l&rsquo;action de <strong>The Dog Stars</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 26 août) qu&rsquo;il adapte du roman éponyme (en français <em>La constellation du chien</em>) de l&rsquo;Américain Peter Heller paru en 2012. Le cinéaste britannique qui a aligné les blockbusters (<strong>Alien, Blade Runner, Thelma et Louise, Gladiator, Hannibal</strong> ou <strong>Napoléon</strong>) donne, ici, une aventure presque intimiste autour de quatre personnages qui sont autant de rescapés d&rsquo;un désastre qui a vu l&rsquo;humanité détruite par les maladies et les pandémies.</p>
<div id="attachment_21540" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21540" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars2-300x200.jpg" alt="&quot;The Dog Stars&quot;: Hig et Cima (Margaret Qualley). DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Dog Stars&nbsp;&raquo;: Hig<br />et Cima (Margaret Qualley). DR</p></div>
<p>A mi-chemin entre le western pour les grands espaces et le <em>« survival »</em>, <strong>The Dog Stars</strong> évoque un univers post-apocalyptique à travers la lutte de quatre survivants, constamment sur leurs gardes. Le chaos est pratiquement toujours hors-champ, à l&rsquo;exception d&rsquo;un paumé hurlant à Hig <em>« Tu es mort mais tu ne le sais pas encore »</em>, du passage furtif de quelques ombres inquiétantes et d&rsquo;une attaque plus massive de « zombies » sur la base abandonnée qui vaudra à Bangley de presque laisser sa peau dans son camp retranché.<br />
Si Hig a des allures de doux rêveur, ses acolytes, même s&rsquo;ils tentent de donner le change, ont peur de lendemains infernaux. Alors Ridley Scott, qui aime l&rsquo;action, peut même se laisser aller à un cinéma (presque) contemplatif. D&rsquo;ailleurs, Hig et Cima finiront, la tête dans les étoiles&#8230;<br />
Plaisante épopée sur un monde qui a perdu ses repères, <strong>The Dog Stars</strong> repose sur les épaules de Jacob Elordi (Hig) et James Brolin (Bangley), deux potes à la virilité bourrue et à l&rsquo;interdépendance pudique. A leurs côtés, Guy Pearce est Pops et Margaret Qualley (<strong>The Substance</strong>) la douce Cima qui partage le même drame que Hig&#8230;</p>
<div id="attachment_21545" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21545" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue1-300x162.jpg" alt="&quot;L'inconnue&quot;: Eva Helsinger (Léa Seydoux). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;inconnue&nbsp;&raquo;: Eva Helsinger (Léa Seydoux). DR</p></div>
<p><strong>ÂME.-</strong> De Chaville à Courbevoie en passant par Bobigny, David Zimmermann, Nikon au poing, arpente la banlieue parisienne pour photographier comment la ville change. Chez lui, cet homme de la quarantaine, solitaire et effacé, stocke de nombreux albums qui mêlent à des cartes postales d&rsquo;époque et des photos anciennes, ses propres images. Mais personne ne sait vraiment que David est photographe car il n&rsquo;entend pas montrer ses images. <em>« Il ne donne même pas ses négatifs au laboratoire ! »</em> se moque un ami. Un soir, lors d&rsquo;une fête où le public fracasse des <em>pinatas</em> à l&rsquo;effigie de Trump, David croise le regard d&rsquo;une femme dans la foule. Il décide de la suivre, s&rsquo;enfonce dans des couloirs, descend dans une cave. Sans un mot, la femme l&rsquo;entraîne dans une sauvage copulation. Quand il reprend ses esprits, l’impensable s’est produit : David se retrouve prisonnier du corps de l’inconnue. Scrutant son visage et son corps dans des miroirs, David constate, entre effarement et peur, qu&rsquo;il a désormais les traits d&rsquo;une autre dont les papiers d&rsquo;identité disent qu&rsquo;elle est Eva Helsinger&#8230;<br />
Présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, <strong>L&rsquo;inconnue</strong> (France – 2h20. Dans les salles le 26 août) est le troisième long-métrage d&rsquo;Arthur Harari après <strong>Diamant noir</strong> (2015) et <strong>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</strong> (2021). Après s&rsquo;être frotté au thriller et au drame de guerre, le cinéaste français, ici, adapte librement la bande dessinée <em>Le cas David Zimmerman</em>, coécrite avec son frère Lucas et parue en 2024.</p>
<div id="attachment_21546" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21546" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue2-300x162.jpg" alt="&quot;L'inconnue&quot;: David Zimmermann (Niels Schneider). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;inconnue&nbsp;&raquo;: David Zimmermann<br />(Niels Schneider). DR</p></div>
<p>Illustrant la doctrine de la métempsychose, selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps, le projet du film est ambitieux dans la mesure où il entend ancrer le fantastique dans le plus pur réalisme. <em>« Je voulais,</em> dit le réalisateur, <em>que ce soit par le concret le plus extrême qu’on parvienne à une forme d’abstraction, de méditation existentielle voire métaphysique&#8230; mais sans verbalisation. C’est au spectateur de faire ce chemin, avec les personnages, dans le silence. Généralement, la rareté des dialogues est associée à la contemplation, rarement à des récits complexes, au thriller ou au fantastique&#8230; »</em><br />
Harari représente quelque chose de complètement invisible mais qui constitue une expérience du déplacement, de l’altérité autour du motif de la disparition, mettant en scène une succession de situations inimaginables, rendues tangibles : habiter un autre corps, se voir de l’extérieur, faire l’amour avec soi-même, être enceinte alors qu’on est un homme, se voir mourir !<br />
<strong>L&rsquo;inconnue</strong>, qui souffre hélas d&rsquo;une durée beaucoup trop longue, offre à ses deux comédiens principaux la possibilité de jouer autour de la question du corps qui habite le film. Léa Seydoux a accouché trois mois avant le tournage et impressionne en faisant ressentir un homme qui habite le corps d&rsquo;une femme. Niels Schneider incarne un David perdu, asocial et quasiment décharné.<br />
On reste hélas sur sa faim même si, au générique de fin, Bob Dylan nous berce avec sa superbe <em>It&rsquo;s all over now Baby Blue</em>.</p>
<div id="attachment_21543" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAFinAOak2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21543" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAFinAOak2-300x120.jpg" alt="&quot;La fin...&quot;: une inquiétante lumière. DR" width="300" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La fin&#8230;&nbsp;&raquo;: une inquiétante lumière. DR</p></div>
<p><strong>LUMIERE.-</strong> Les Platt sont une famille bien sympathique. D&rsquo;ailleurs, on les aime bien, Denise, Greg, leurs deux enfants Audrey et Brian et même leur chien Starbuck, dans leur paisible rue d&rsquo;Oak Street. Ils participent volontiers aux fêtes entre voisins et donnent la main pour le barbecue. Mais les apparences sont peut-être trompeuses. Denise rêve de devenir romancière et rédige en cachette un récit semi-autobiographique sur une femme souhaitant quitter sa famille. Greg n&rsquo;a dit à personne qu&rsquo;il a perdu son boulot et affirme qu&rsquo;il livre des pizzas pour arrondir les fins de mois.<br />
Passionnée de cosmologie, Audrey est une élève surdouée tandis que Brian s&rsquo;intéresse de près à Jeannette, sa nouvelle voisine. Très proche d&rsquo;une vieille dame à qui elle confie ses secrets, Denise remarque, dans le jardin de son amie, une belle plante qui pousse vite. Elle en prend un polaroid et le montre à la bibliothécaire du quartier qui l&rsquo;identifie comme une <em>pleuromeia</em>, une espèce disparue depuis des millions d&rsquo;années…<br />
Par ailleurs, d&rsquo;énormes tas d&rsquo;excréments apparaissent dans les jardins. Et le pauvre Starbuck n&rsquo;y est pour rien. La radio fait état, elle, d&rsquo;une activité solaire intense… Durant une tempête, alors que Greg rentre d&rsquo;une livraison, une immense lumière blanche engloutit soudainement Oak Street, plongeant le quartier dans le noir. Les ennuis commencent pour les Platt et tout leur quartier.<br />
Passionné depuis l&rsquo;enfance par les dinosaures, le cinéaste américain David Robert Mitchell, connu pour son film film d&rsquo;horreur <strong>It Follows</strong> (2014), a accompli son rêve en tournant <strong>La fin d&rsquo;Oak Street</strong> (USA – 1h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 12 août), une aventure dans la lignée du cinéma populaire des années 70 et 80</p>
<div id="attachment_21541" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFinOak1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21541" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFinOak1-300x136.jpg" alt="&quot;La fin...&quot;: Les dinosaures dans le quartier... DR" width="300" height="136" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La fin&#8230;&nbsp;&raquo;: Les dinosaures dans le quartier&#8230; DR</p></div>
<p><em>« On tournait,</em> dit le réalisateur, <em>des films axés sur des personnages très forts dans lesquels on se projetait facilement et qui touchaient le spectateur. Il s’agissait ensuite de plonger ces personnages dans des situations aussi périlleuses que captivantes, et de faire en sorte qu’ils trouvent le moyen de s’en sortir&#8230; »</em><br />
Ici, on plonge allègrement et avec un plaisir presque enfantin dans cette histoire, bien improbable, légèrement « écolo » et qui renvoie évidemment aux grosses bêtes de Spielberg. Dans le quartier de la famille Platt, les dinosaures sont partout et particulièrement voraces. Mais, au-delà des grosses bestioles qui sèment la terreur, le scénario s&rsquo;ingénie aussi à imaginer comment les éclairs de lumière, en l&rsquo;occurence des trous de ver, ont transporté l&rsquo;ensemble du quartier des millions d&rsquo;années en arrière. Bientôt pour les Platt, il va s&rsquo;agir d&rsquo;attendre l&rsquo;apparition d&rsquo;un nouveau trou de ver pour rentrer à leur époque.<br />
Anne Hathaway, très présente sur les écrans ces temps-ci avec <strong>Prada 2</strong>, <strong>L&rsquo;Odyssée</strong> et bientôt <strong>Verity</strong>, partage l&rsquo;écran avec Ewan McGregor en personnages humains et faillibles qui vont faire face. Car, in fine, la famille, soumise à rude épreuve, redeviendra unie comme aux premiers jours.</p>
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		<title>Dans les coulisses du Français et dans les pas de Micha</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[BERLIN.- Dans le quartier (alternatif) de Prenzlauer Berg à Berlin, Micha Hartung est le propriétaire du Last Tycoon, un vidéoclub qui n&#8217;attire plus guère de clients. Autant dire que Micha tire clairement le diable par la queue. Bien sûr, sa fille Nathalie garde un œil sur lui mais quand elle a besoin d&#8217;un coup de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21475" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21475" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Landmann (Léon Ullrich) et Micha Hartung (Charly Hübner)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Landmann (Léon Ullrich)<br />et Micha Hartung (Charly Hübner).</p></div>
<p><strong>BERLIN.-</strong> Dans le quartier (alternatif) de Prenzlauer Berg à Berlin, Micha Hartung est le propriétaire du <em>Last Tycoon</em>, un vidéoclub qui n&rsquo;attire plus guère de clients. Autant dire que Micha tire clairement le diable par la queue. Bien sûr, sa fille Nathalie garde un œil sur lui mais quand elle a besoin d&rsquo;un coup de main pour garder ses enfants, Micha fait défaut.<br />
La vie de Micha bascule à l&rsquo;occasion du 30<sup>e</sup> anniversaire de la chute du Mur. Alexander Landmann, modeste reporter au magazine <em>Fakt</em>, déboule dans le vidéoclub. Le 22 juin 1984, à la gare de Friederichstrasse, le seul point de passage (ferroviaire) entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, un train de banlieue transportant quelque 127 passagers, est passé de la RDA à l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Ouest. Tout cela à cause d&rsquo;un aiguillage qui n&rsquo;était pas placé dans le bon sens.<br />
Or c&rsquo;était bien Micha Hartung qui, ce soir-là, travaillait à la gare. Landmann, qui a plongé dans les archives de la Stasi, est persuadé de tenir sa grande story. Il offre une poignée de gros billets à Micha afin que celui-ci entre dans son jeu. Mais oui, c&rsquo;est certain, Micha Hartung est un héros. Le cerveau d’une évasion massive historique de la RDA.<br />
Devenu un héros malgré lui, Micha va vite comprendre qu&rsquo;il est perdu. Autour de lui, s&rsquo;organise un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés. On l&rsquo;invite dans un talk-show à la télévision où il est contraint de broder sur son « fait d&rsquo;armes » en parlant d&rsquo;un irrépressible besoin de liberté. Pire, le président allemand sollicite Micha pour tenir un discours au Bundestag. Marre des vieilles barbes spécialistes de la résistance en RDA, vive un vrai Berlinois, un citoyen sorti de nulle part et qui va porter un message de vérité sur cette période sombre de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Allemagne, un individu courageux capable de surmonter des obstacles qui semblent insurmontables&#8230;</p>
<div id="attachment_21476" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21476" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Paula (Christiane Paul) et Micha Hartung. Photos Frédéric Batier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Paula (Christiane Paul)<br />et Micha Hartung.<br />Photos Frédéric Batier</p></div>
<p>Lauréat en 1988, avec <strong>Schmetterlinge</strong>, son film de fin d&rsquo;études à l&rsquo;Académie allemande du film et de la télévision de Berlin, de l&rsquo;Oscar du meilleur film d&rsquo;étudiant à Hollywood, le cinéaste allemand Wolfgang Becker n&rsquo;a tourné qu&rsquo;une toute petite poignée de longs-métrages dans sa carrière. Cependant il a très largement attiré tous les regards sur lui lorsqu&rsquo;il donne, en 2003, le fameux <strong>Good Bye Lenin !</strong>, immense succès et « film de l&rsquo;année » en Allemagne.<br />
Disparu en décembre 2024 alors qu&rsquo;il venait de superviser le premier montage de son film (sorti en salles en Allemagne en décembre 2025), Wolfgang Becker renoue donc avec les références à l&rsquo;histoire est-allemande à travers un soi-disant héros et une épopée fabriquée pour devenir un phénomène médiatique.<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Good Byle Lenin !</strong>, Becker citait le fameux trait d’esprit : <em>« Un film n’est rien d’autre qu’un enchainement de 24 mensonges par seconde »</em>. Et, de fait, <strong>Le héros de Berlin</strong> (Allemagne – 1h53. Dans les salles le 15 juillet) fonctionne également autour de la thématique du mensonge. Lorsque Micha est poussé dans ses retranchements, il se défend en expliquant que personne, en réalité, n&rsquo;a vraiment envie d&rsquo;entendre la vérité&#8230;<br />
Si <strong>Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße</strong> (en v.o.) s&rsquo;offre une love story avec la rencontre de Micha et de Paula, une passagère du fameux train devenue procureure, le film, agréable sans être emballant, vaut essentiellement pour la manière dont Becker développe un thème qui lui est cher : le combat d’un perdant, d’un type tout à fait ordinaire et malchanceux, contre la folie du monde.<br />
Avec son côté « paumé », Charly Hübner incarne parfaitement Micha Hartung, citoyen lambda, qui a eu la bêtise de mettre le doigt dans un engrenage infernal. Commence alors un grand barnum qui ne s&rsquo;arrêtera que lorsque les projecteurs se tourneront rapidement vers une prochaine victime&#8230;</p>
<div id="attachment_21477" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21477" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1-300x168.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Nina (Pauline Clément). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Nina (Pauline Clément). DR</p></div>
<p><strong>THEATRE.-</strong> Nina Cardi est en retard. Et ce n&rsquo;est pas le moment de l&rsquo;être. Car le soir même, c&rsquo;est la première du <em>Macbeth</em> de Shakespeare, sa première mise en scène sur la prestigieuse scène de la Comédie française. Pire, alors qu&rsquo;il lui reste quatre ou cinq heures pour peaufiner tous les détails, Nina a oublié son badge d&rsquo;accès à l&rsquo;illustre maison de Molière. Et Stéphane, le préposé à l&rsquo;accueil, est intraitable. Pas de badge, pas d&rsquo;entrée dans les lieux. <em>« Et si tu commettais un attentat, hein ! »</em><br />
Heureusement Nina retrouve son badge au fond de sa poche. Poussant son vélo, elle peut enfin entrer dans les lieux. Mais elle n&rsquo;est pas au bout de ses peines. Prise entre les exigences techniques de Jacques, le régisseur, qui lui explique en détail le fonctionnement des projecteurs et les états d&rsquo;âme de ses partenaires, Nina a le sentiment que son Shakespeare va être une catastrophe. C&rsquo;est le moment que choisit l&rsquo;administrateur général de la vénérable institution pour annoncer à Nina que la ministre de la Culture sera dans la salle… Mais Nina a encore d&rsquo;autres soucis encore. Son ex s&rsquo;apprête à partir dans une lointaine tournée musicale et, alors qu&rsquo;il devait s&rsquo;occuper de lui, lui laisse leur bébé sur les bras&#8230;<br />
En évoquant la genèse du film qu&rsquo;il a co-réalisé avec Bertrand Usclat, Martin Darondeau précise : <em>« Il y avait une vraie envie d’ouvrir les portes d’une institution qui peut apparaître secrète pour les gens, et casser cette image sérieuse que peut avoir la Comédie-Française. Car si cette maison a une vraie mission de conservation et de rayonnement de la culture théâtrale française, ceux qui la représentent n’en restent pas moins des hommes et des femmes d’aujourd’hui, avec leurs soucis, leurs joies, leurs problèmes. C’est un axe de comédie extrêmement efficace surtout si on l’applique à une jeune maman qui a des difficultés à allier sa vie privée et son travail&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21478" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21478" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2-300x160.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Pauline Clément, Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d'Hermy et Marina Hands. DR" width="300" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Pauline Clément,<br />Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d&rsquo;Hermy<br />et Marina Hands. DR</p></div>
<p>Spécialistes des programmes courts (comme la shortcom <strong>Broute</strong>) , les deux réalisateurs de <strong>De la Comédie française</strong> (France – 1h15. Dans les salles le 22 juillet) avaient d&rsquo;abord eu un projet de format court autour de la « maison de Molière » avant de modifier leur scénario et de se tourner vers le grand écran. Et c&rsquo;est ainsi que, sous la forme d&rsquo;une amusante chronique fantaisiste, on plonge dans les coulisses d&rsquo;un illustre théâtre, fondé en 1680, à l&rsquo;heure d&rsquo;une première plutôt mal partie. Alors, le film aligne de savoureuses vignettes autour du régisseur, de l&rsquo;habilleuse, de la maquilleuse (de télévision) venue pour remplacer une amie et bien entendu de tous les acteurs de ce <em>Macbeth</em> qui, disons-le sans spolier, ira à son terme. Mais au prix de quelques péripéties! L&rsquo;idée des deux cinéastes est, ici, de dire que, quelque soient les problèmes (tromperie conjugale, lendemain de cuite ou pétard un peu trop costaud), il faut jouer. Le tout dans une microsociété d&rsquo;artistes où s&rsquo;exacerbent égos, faiblesses, peurs, désirs, jalousies ou superstitions…<br />
Enfin <strong>De la Comédie française</strong> offre aussi le plaisir de voir nombre de membres de la troupe du Français faire le job sous nos yeux ravis. Autour de Pauline Clément (Nina), on remarque Laurent Stocker, Marina Hands, Julien Frison, Danièle Lebrun, Christian Heck, Guillaume Galienne et même Molière lui-même (Benjamin Laverhne) vouant le grand Will aux gémonies !</p>
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		<title>Un adolescent sur la plage et un jeune roi chez Molière</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 13:03:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21463" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21463" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Marouane (Hadrien Hussein) sur le sable. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Marouane (Hadrien Hussein)<br />sur le sable. DR</p></div>
<p><strong>ÉTÉ.-</strong> Dans les vagues qui reviennent sans cesse, des adolescents se baignent et rigolent. C&rsquo;est l&rsquo;été dans les Landes. Il fait chaud sur la plage. Parmi ces grands gamins qui rient et crient, Marouane, 17 ans, semble toujours sur la réserve. D&rsquo;ailleurs, il ne retire jamais son tee-shirt. Son copain Noé, un gaillard rond et joufflu, lui rebat les oreilles de ses envies de sexe et de surf, pratique idéale pour « sauter les meufs ». Mais, en attendant, Noé n&rsquo;a encore rien « serré ». Marouane, lui, s&rsquo;applique à éluder les questions. Et il se cabre quand ses parents lui parlent de petite amie.<br />
Après la plage, en cette nuit la plus chaude de l&rsquo;année, direction la piscine où les filles en bikini se jettent à l&rsquo;eau sous le regard plutôt envieux des garçons. Marouane décide de retourner au camping. Sous sa tente, il se masturbe en regardant des images sur son téléphone. Le départ de la famille est prévu pour le lendemain. Marouane retourne vers la piscine. Dans les coursives désertes, il croise Oscar qui lui emprunte sa puff parfum myrtille et s&rsquo;amuse à ne pas la lui rendre. Les deux s&rsquo;embrouillent et Oscar fait une chute accidentelle et mortelle. Marouane traîne le corps jusqu&rsquo;à la plage et l&rsquo;ensevelit dans le sable… Par ailleurs, il se demande s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.<br />
<strong>La chaleur</strong> (France – 1h33. Dans les salles le 8 juillet) est le sixième long-métrage de Stéphane Demoustier. Une fois de plus, le cinéaste nous déroute. Après <strong>La fille au bracelet</strong> (2019), un film de procès puis <strong>Borgo</strong> (2023), un film de prison et enfin <strong>L&rsquo;inconnu de la Grande arche</strong> (2025), biopic de Johann Otto von Spreckelsen, l&rsquo;architecte de la Grande arche parisienne, voici un film qui a des allures de chronique adolescente sur fond de camping. On songe d&rsquo;emblée à l&rsquo;univers de François Ozon et, pour l&rsquo;effervescence des scènes d&rsquo;ouverture, au Kechiche de <strong>Mektoub, my Love</strong>. Mais ces références s&rsquo;estompent assez rapidement pour laisser la place à une œuvre stylisée, jouant d’éléments sensoriels qui expriment un état second et mental, celui de Marouane qui vit 36 heures presque irréelles.</p>
<div id="attachment_21464" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21464" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Giulia (Martina La Manna). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Giulia (Martina La Manna). DR</p></div>
<p>Demoustier (qui adapte, ici, le roman éponyme de Victor Jestin paru chez Flammarion en 2019) pourrait faire sienne la citation de Paul Nizan, <em>« J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge »</em> dans la mesure où <strong>La chaleur</strong> réussit, sans tourner le dos au film de genre et au suspense (partout, on cherche Oscar), à montrer l&rsquo;angoisse de devoir rentrer dans l&rsquo;âge adulte ou à devoir s’arracher définitivement à l’enfance. Surtout dans une époque anxiogène où ces adolescents n&rsquo;ont plus le même droit à l&rsquo;insouciance que leurs prédécesseurs.<br />
De la même manière que, métaphoriquement, les adolescents se jettent à l&rsquo;eau et courent au-devant de vagues inhospitalières et brutales, Marouane (le nouveau-venu Hadrien Hussein) va se heurter à sa famille comme à la saturation de représentation sexuée des corps. Replié sur lui-même, il aspire à une forme de douceur et de sincérité. Il faudra que Giulia (Martina La Manna) pose le regard sur lui pour qu&rsquo;il s&rsquo;ouvre enfin. Il tombe le tee-shirt, fait écouter à la mince Italienne le prélude de <em>Lohengrin</em> de Wagner et passera la nuit avec elle dans une cabane…<br />
La fin -comme une sorte de rédemption- est forte car Marouane, lorsque sa culpabilité n’est plus en mesure d’être établie, prend la mesure du fait qu’il ne pourra pas vivre avec le poids de son secret.</p>
<div id="attachment_21462" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21462" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2-300x184.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen)." width="300" height="184" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen).</p></div>
<p><strong>CAPE ET EPEE.-</strong> Louis, futur roi de France, n&rsquo;a que 13 ans mais la vie de ce gamin est pourtant en grand danger. Des frondeurs entendent bien le faire passer de vie à trépas. Sa mère, Anne d&rsquo;Autriche, est consciente qu&rsquo;il faut le mettre à l&rsquo;abri. Elle en appelle à D&rsquo;Artagnan qui va confier le jeune Louis à l&rsquo;un de ses amis, le robuste Savinien de Cyrano de Bergerac. <em>« Tu peux tout me demander,</em> précise Savinien, <em>sauf m&rsquo;occuper d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;un roi&#8230; »</em> Mais Cyrano est un homme de devoir. Faisant passer le futur roi pour son fils, il va le cacher dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et de Jean-Baptiste Poquelin. Si Louis se montre bien capricieux (il n&rsquo;entend pas dormir sur le sol) ou bien insolent vis-à-vis de son protecteur au nez proéminent (<em>« Je ne suis pas habitué à tant de laideur ! »</em>), il finira par goûter la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil.<br />
En tournant <strong>Les caprices de l&rsquo;enfant roi</strong> (France – 1h55. Dans les salles le 24 juin), Michel Leclerc a probablement réalisé un rêve d&rsquo;enfant, mettre en scène un film de cape et d&rsquo;épée. Le cinéaste avoue : <em>« C’est un vieux fantasme, j’ai toujours adoré les films de Jean-Paul Rappeneau : Les Mariés de l’an 2, Cyrano de Bergerac, ceux de De Broca, La folie des grandeurs de Gérard Oury, qui mêlent Histoire et fantaisie, des films « enlevés » comme on disait alors. »</em><br />
Disons-le d&rsquo;emblée, cette fantaisie (qui repose sur un scénario original de Michel Leclerc en collaboration avec sa complice Baya Kasmi) tourne le dos aux films historiques récents frappés d&rsquo;un certain esprit de sérieux pour choisir la veine de la comédie rebondissante d’aventures.</p>
<div id="attachment_21461" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21461" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1-300x191.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot; D'Artagnan (Franck Dubosc), la reine (Doria Tillier) et le jeune roi. Photos Michel Crotto" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo; D&rsquo;Artagnan (Franck Dubosc),<br />la reine (Doria Tillier) et le jeune roi.<br />Photos Michel Crotto</p></div>
<p>Il ne reste alors qu&rsquo;à se laisser séduire par Louis et Savinien emportés dans le tourbillon d&rsquo;une troupe de théâtre en tournée à travers la province française. On y voit le jeune Molière tourner le dos aux masques de la commedia dell&rsquo;arte et se trouver une passion amoureuse pour Madeleine. Sous le regard d&rsquo;un Savinien qui vante le panache : <em>« C&rsquo;est la médaille du perdant. Ca ne sert à rien. C&rsquo;est cela qui est beau »</em>. Mais Savinien est aussi un être blessé. Quand Molière lui lance <em>« Ton sujet, c&rsquo;est l&rsquo;amour »</em>, il répond, à mi-voix, <em>« le manque surtout&#8230; »</em><br />
<strong>Les caprices…</strong> va donc à un bon train tandis que se montent des machinations et un complot mené par La grande demoiselle. Les protagonistes trouvent toujours le moyen de croiser le fer. Michel Leclerc (qui nous avait régalé en 2010 avec <strong>Le nom des gens</strong>) ne se prive pas de quelques mots d&rsquo;esprit : <em>« Un bon petit avec une couronne sur la tête, ça peut devenir un monstre »</em> ou cet autre, à propos de l&rsquo;amour que Louis éprouve pour Madeleine : <em>« Un petit roi épouser sa prof de théâtre de 20 ans de plus que lui&#8230; »</em> Non vraiment.<br />
Comme Artus est très crédible en Cyrano, comme Frank Dubosc est un D&rsquo;Artagnan aux prises avec sa légende et comme le jeune et joufflu Niels Hamel Brochen est un petit roi de caractère qui avouera in fine : <em>« Je ne suis pas ton fils, Savinien, mais j’aurai tant aimé ! »,</em> on sort de là avec un bon sourire aux lèvres.</p>
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		<title>De Gaulle, Robin des Bois, Ahmed le pianiste cairote, Selma la Syrienne et Corry au Japon</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 14:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FRANCE.- Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&#8217;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&#8217;Aisne. Ce fait d&#8217;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&#8217;est pourtant cet [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21399" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21399" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3-300x162.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian) à la Maison Blanche. DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian)<br />à la Maison Blanche. DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&rsquo;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&rsquo;Aisne. Ce fait d&rsquo;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&rsquo;est pourtant cet homme de haute stature qui, en rejoignant Londres, incarnera la France libre et résistante… En juin 1940, seul contre tous, De Gaulle veut sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
C&rsquo;est une grande production, une sacrée aventure et un film plein de souffle épique que constituent les deux volets du diptyque <strong>La bataille de Gaulle : L’âge de fer</strong>, sorti sur les écrans le 3 juin dernier (la critique sur ce site) et <strong>La bataille de Gaulle : J&rsquo;écris ton nom</strong> (France – 2h40. Dans les salles le 26 juin). Dans ce second volet qui fait référence au fameux poème de Paul Eluard, écrit en 1942, et qui s&rsquo;achève sur le mot Liberté, le réalisateur Antonin Baudry se penche sur les années 1943 et 1944.<br />
Désormais, la France Libre n’est plus contestée, mais De Gaulle doit encore convaincre les Alliés, notamment les États-Unis du président Roosevelt. De Gaulle se révèle un négociateur avisé, voire roué, un fin stratège dans ses relations régulièrement tendues avec les Américains mais aussi avec Winston Churchill et les Britanniques pour faire reconnaître la France comme une puissance majeure dans la victoire alliée.</p>
<div id="attachment_21398" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21398" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2-300x139.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: Leclerc (Niels Schnider) en Afrique. DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: Leclerc (Niels Schnider)<br />en Afrique. DR</p></div>
<p>En s&rsquo;appuyant pour ce drame biographique et historique sur l&rsquo;ouvrage <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em> de l&rsquo;Américain Julian T. Jackson, le cinéaste fait évidemment la part belle à De Gaulle mais il met aussi en lumière le rôle clé de Jean Moulin dans l’unification des mouvements de Résistance, y compris en « manipulant » (pour la bonne cause !) les gaullistes et communistes. Tandis que Jean Moulin tombe sous les coups de Barbie, De Gaulle va réussir à imposer la France comme un acteur incontournable de la Libération.<br />
Si on découvre, ici, le rôle tenu par le général Giraud (étonnant Thierry Lhermitte), on est épaté par ce chef de guerre que fut Leclerc (Niels Schneider), courageux et téméraire général <em>« jamais vaincu par les boches »</em>. Enfin, Simon Abkarian est un fameux De Gaulle. Dans le premier volet, il était presque burlesque dans sa raideur londonienne. Dans le second, il s&rsquo;affirme comme une magnifique incarnation d&rsquo;une France debout.</p>
<div id="attachment_21407" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21407" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Robin (Hugh Jackman), un homme au bout de sa vie. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Robin (Hugh Jackman),<br />un homme au bout de sa vie. DR</p></div>
<p><strong>LEGENDE.-</strong> En l&rsquo;an de grâce 1247, dans une froide tourmente qui balaye une lande inhospitalière, une jeune fille se nourrit de rares baies recueilles sur des ronces. Au loin, elle aperçoit un feu et s&rsquo;approche d&rsquo;un homme hirsute auquel elle demande de quoi se nourrir. Il en coûtera sa vie à cette presque gamine… Cet homme au regard las affirme qu&rsquo;il n&rsquo;a rien d&rsquo;un héros et que nul ne protège les humbles. Tout n&rsquo;est que mensonges sur l&rsquo;héroïsme et la bonté de Robin des Bois. Il a perdu tous ses amis et Marianne n&rsquo;est qu&rsquo;un lointain souvenir effacé d&rsquo;un revers de la main. Une dernière fois, Robin va se lancer dans un combat, aspirant à une mort juste. L&rsquo;assaut est d&rsquo;une folle violence. Robin en sort mal en point. Il aura la chance de rejoindre, sur une île au large, le prieuré de Saint-Clément où sœur Brigid, au prix de régulières saignées, tentera de le remettre sur pied&#8230;<br />
En plongeant dans <strong>On l&rsquo;appelait Robin des Bois</strong> (USA – 2h01. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet), il ne faut guère de temps pour oublier le flamboyant Errol Flynn, épée au poing dans les très cultes aventures en technicolor filmées en 1938 par Michael Curtiz. Exit aussi le sage et chenu Robin incarné par Sean Connery dans <strong>La rose et la flèche</strong> (1976) de Richard Lester… Le Robin imaginé par le cinéaste américain Michael Sarnoski est un être à la dérive, un homme amer qui rumine sur un passé où, dit-il, il tuait et volait pour le plaisir. Se faisant passer pour un autre, Robin des Bois va tenter de trouver une forme de repos de l&rsquo;âme, bien hypothétique tant ses noires frasques de hors-la-loi viennent constamment le hanter.</p>
<div id="attachment_21406" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21406" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR</p></div>
<p>Loin de la vision sucrée du Robin des Bois selon Walt Disney, il apparaît que le Robin historique et populaire était capable d&rsquo;une grande violence. Après avoir affronté Guy de Gisborne, par exemple, Robin le décapite, plante sa tête au bout de son bâton d&rsquo;arc et mutile son visage afin que personne ne puisse l&rsquo;identifier. C&rsquo;est ce personnage qu&rsquo;a choisi de raconter Sarnoski : <em>« On a tous en tête l’image d’un Robin des Bois dansant dans la forêt avec ses joyeux compagnons, mais sa vie n’avait rien à voir avec ça. Les paysans s’entretuaient à coup de pelle. Je me suis demandé comment raconter une version de l’histoire du personnage qui soit plus fidèle à la dureté de la vie au 13e siècle. »</em><br />
<strong>The Death of Robin Hood</strong> (en v.o.) est une relecture iconoclaste du héros de la forêt de Sherwood qu&rsquo;on regarde avec une certaine curiosité. Comment Robin peut-il se pardonner les fautes qu’il a commises autrefois et regarder en face les mythes trompeurs qu’il a lui-même bâtis ?<br />
Sur les notes folk sombres et lancinantes de <em>The Lamentations of Round Oak Waters</em> chanté par Jim Ghedi, Sarnoski a composé une fresque fantastique et funèbre mais aussi très dépouillée où une sauvagerie absurde surgit fréquemment.<br />
Au côté de Jodie Comer (Brigid) et dans des paysages aux teintes grises, Hugh Jackman, le fameux Wolverine de la saga <strong>X-men</strong>, campe un dangereux ermite, qui prend parfois des allures christiques et regrette ses crimes passés autant que les mensonges racontés <em>« pour que des fous me suivent dans les ténèbres&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21404" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21404" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1-300x168.jpg" alt="&quot;Notre histoire...: Ahmed (Amir El-Masry, au centre) et sa famille devant la télé. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;: Ahmed (Amir El-Masry,<br />au centre) et sa famille devant la télé. DR</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Dans l&rsquo;Egypte de 1967, le raïs Gamal Abdel Nasser chante la Grande nation arabe mais, dans l&rsquo;appartement encombré de sa famille cairote, Ahmed Ragheb, pianiste obstiné, ne rêve que de grande musique. Mais difficile de s&rsquo;imposer entre un père, des parents, des voisins qui ne jurent que par le football et qui se désolent de voir leur club favori de Zamalek passer à côté de tous ses matches. Alors qu&rsquo;Hassan, son frère jumeau, s&rsquo;apprête à partir faire son service militaire, Ahmed reçoit une lettre en provenance d&rsquo;Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. Autour de lui, Farouz, sa mère en tête, lui conseille de se méfier de cette… espionne. Mais Ahmed n&rsquo;en a cure. Son rêve, maintenant, c&rsquo;est de partir en Autriche pour rencontrer cette correspondante et découvrir Vienne, la capitale de la musique classique. Qui sait, le pianiste du Caire pourrait bien y faire carrière.<br />
Troisième long-métrage du réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky, <strong>Notre histoire – Chroniques du Caire</strong> (Egypte/France/Autriche – 2h. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet) est une allègre tragi-comédie qui plonge dans l&rsquo;Egypte de Nasser au moment de la Guerre des six jours (qui connut une victoire éclatante d&rsquo;Israël) pour se poursuivre à l&rsquo;ère d&rsquo;Anouar el-Sadate, père de la Nouvelle nation et s&rsquo;achever au temps de Moubarak. Le tout à travers le prisme d&rsquo;une trépidante famille au coeur de laquelle Ahmed soupire et rêve d&rsquo;être <em>« juste une fois du côté des gagnants »</em>.</p>
<div id="attachment_21405" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21405" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2-300x150.jpg" alt="&quot;Notre histoire...&quot;: dans un quartier du Caire. DR" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;&nbsp;&raquo;: dans un quartier du Caire. DR</p></div>
<p>Même si le cinéaste s&rsquo;amuse à grossir parfois le trait, on prend plaisir à côtoyer ces gens qui gueulent, s&rsquo;engueulent mais s&rsquo;aiment plus que tout. Loin des vacances <em>all inclusive</em> à Hurghada, voici une évocation sensible et chaleureuse de la société égyptienne. On y mesure les rêves contrariés, les conflits, la passion dévorante du football, le chaos familial et les petites victoires arrachées au destin. Pour inscrire son film dans l&rsquo;Histoire, le cinéaste, qui a puisé dans des souvenirs familiaux, utilise nombre d&rsquo;images d&rsquo;archives de télévision et de radio, ainsi l&rsquo;assassinat de Sadate.<br />
<em>« Il existe,</em> dit Shawky, <em>un décalage entre les fortunes de cette famille. Lorsqu’un événement heureux se produit dans le pays, une tragédie frappe la famille, et inversement. Ils sont constamment confrontés à cette situation et tentent d’aligner leur destin sur celui du pays. »</em><br />
Aux accents d&rsquo;Oum Kalthoum (qui chantait <em>« Prends ma vie entière mais aujourd’hui laisse-moi vivre »</em>) ou du chant patriotique <em>el Watan el Akbar</em> composé par Mohamed Abdel Wahab, <strong>Notre histoire</strong> déroule un flux constant de vie et de joyeux chaos, bien rendu par le mouvement incessant de la caméra. Dans un look qui renvoie au cinéma populaire égyptien des années 50/60, l&rsquo;utilisation des gros plans permet de montrer l’exiguïté des lieux et le nombre des personnages qui s&rsquo;y tiennent.<br />
Dans le chaos, les cris, les voix fortes, l&rsquo;énergie débordante, Liz et Ahmed construiront leur vie. Et ce dernier pourra dire : <em>« Tout s’est bien passé finalement »</em>.</p>
<div id="attachment_21400" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21400" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma (Zar Amir). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma (Zar Amir). DR</p></div>
<p><strong>EXIL.-</strong> A l&rsquo;arrière d&rsquo;une brasserie de Bordeaux, Selma s&rsquo;active dans une cuisine étroite et encombrée. Tout en faisant la plonge, elle décharge de ses verres un lave-vaisselle brûlant. Selma a constamment l&rsquo;air sur ses gardes. Et lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;aventure en terrasse, son patron a vite fait de lui ordonner de retourner là où on ne peut la voir. Selma Nassar a fui la Syrie, laissant derrière elle Rami, un fils de six ans auquel elle parle régulièrement au téléphone et un mari disparu dans les geôles du régime de Bachar dont elle est sans nouvelles.<br />
Surveillée (ou « protégée ») par un vague cousin, elle vit dans un appartement exigu qu&rsquo;elle partage avec une amie. Selma enchaîne les heures de travail au noir avec l&rsquo;espoir de pouvoir obtenir le droit d&rsquo;asile en France et de faire venir son fils. Un jour, elle fait la connaissance de Jérôme Delaunay, un avocat, client du café et dont le cabinet est juste de l&rsquo;autre côté de la rue. Selma lui demande de l&rsquo;aider dans ses démarches. Avocat d&rsquo;affaires, Jérôme explique qu&rsquo;il ne connaît rien au droit des migrants. Bientôt une relation amoureuse réunit Selma et Jérôme.<br />
Avec <strong>L&rsquo;étrangère</strong> (France &#8211; 1h41. Dans les salles le 24 juin), la cinéaste franco-syrienne Gaya Jiji réalise son quatrième long-métrage après avoir été révélée, en 2016, avec <strong>Une histoire syrienne</strong> qui racontait le parcours d&rsquo;une famille syrienne en France. Ici, c&rsquo;est une femme seule qui se lance dans un long et difficile combat pour tenter d&rsquo;accéder à une vie meilleure. Selma a connu un long périple à travers l&rsquo;Europe et elle a abouti à Bordeaux, une ville où son exil et sa solitude lui paraissent de plus en plus pesant.</p>
<div id="attachment_21401" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21401" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma et Jérôme (Alexis Manenti). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma<br />et Jérôme (Alexis Manenti). DR</p></div>
<p>En s&rsquo;inspirant de sa propre histoire d&rsquo;exil, Gaya Jiji a écrit une récit intime qui s&rsquo;éloigne, agréablement, des films « sociaux » sur les migrants en France. Car, tout en montrant les problèmes liés à la « loi Dublin » (qui oblige les migrants à faire leur demande d&rsquo;asile dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés) ou les longues démarches auprès de l&rsquo;OFPRA pour faire avancer son dossier, la cinéaste développe aussi une romance amoureuse dans laquelle deux solitudes vont se croiser. L&rsquo;amour vient bouleverser un homme malheureux dans son couple et Selma, une femme qui a d&rsquo;autres urgences.<br />
Alors, on se laisse entraîner dans cette aventure sentimentale dans laquelle le statut migratoire est cependant toujours présent. C&rsquo;est beau de voir Selma, dont le visage est toujours grave, se laisser aller à des émotions qu&rsquo;elle avait « oubliées ».<br />
Le film doit beaucoup, dans le rôle de l&rsquo;avocat, à Alexis Manenti, César du meilleur espoir 2020 pour <strong>Les misérables</strong> et à la comédienne franco-iranienne Zar Amir, vue dans <strong>Lire Lolita à Téhéran</strong> (2024),<strong> Tatami</strong> (2023) et évidemment aux <strong>Nuits de Mashhad</strong> (2022) qui lui valut le prix d&rsquo;interprétation à Cannes. Intense et touchant.</p>
<div id="attachment_21402" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21402" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1-300x180.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry (Vicky Krieps) et un jeune patient. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry (Vicky Krieps)<br />et un jeune patient. DR</p></div>
<p><strong>GREFFES.-</strong> Corry est française et vit au Japon. Médecin spécialiste des transplantations cardiaques pédiatriques, elle partage sa vie avec Jin et suit des enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe d&rsquo;un de ses jeunes patients, âgé de douze ans, aboutisse.…<br />
Avec <strong>L&rsquo;illusion de Yakushima</strong> (Japon/France – 1h52. Dans les salles le 17 juin), on retrouve avec plaisir Naomi Kawase, l&rsquo;une des plus intéressantes réalisatrices japonaises contemporaines. Sa recherche d’une « réalité » qui transcende les frontières entre documentaire et fiction lui a valut une reconnaissance internationale. En 1997, elle fait ses débuts au cinéma avec <strong>Suzaku</strong>, qui remporte la Caméra d’or au Festival de Cannes, faisant d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire.<br />
La cinéaste reviendra souvent sur la Croisette, ainsi en 2007 où <strong>La forêt de Mogari</strong> reçoit le Grand Prix. A Cannes, on verra d&rsquo;elle <strong>Hanezu, l&rsquo;esprit des montagnes</strong> (2011), <strong>Still the Water</strong> (2014), <strong>Les délices de Tokyo</strong> (2015), <strong>Vers la lumière</strong> (2017) ou<strong> True Mothers</strong> (2020).<br />
Dans <strong>L&rsquo;illusion…,</strong> Naomi Kawase développe deux intrigues au centre desquelles on trouve le personnage de Cory. D&rsquo;une part, il y a l&rsquo;aspect professionnel avec la présence au Japon de cette spécialiste des greffes, de l&rsquo;autre, c&rsquo;est l&rsquo;aspect privé avec la quête que mène la jeune femme pour trouver son compagnon, mystérieusement disparu.</p>
<div id="attachment_21403" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21403" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2-300x181.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR" width="300" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR</p></div>
<p>Tandis que les deux intrigues s&rsquo;entre-mêlent, c&rsquo;est celle de l&rsquo;hôpital qui retient le plus l&rsquo;attention puisqu&rsquo;il en va, avec la question des greffes, d&rsquo;un sujet tabou. Si en France, la greffe est perçue comme une transmission de la vie. C&rsquo;est tout le contraire au Japon… Alors Corry doit se battre pour tenter de faire avancer les choses.<br />
Autour des thèmes de la renaissance et de la passation mais aussi du choc des cultures, la cinéaste nippone distille une œuvre souvent tendre et attachante mais aussi particulièrement bavarde. Si la recherche de Jin permet de belles et oniriques séquences de nature, au total ce mélodrame finit par devenir pesant. Vicky Krieps (vue dans <strong>Phantom Thread</strong> ou en Anne d&rsquo;Autriche dans <strong>Les trois mousquetaires</strong>) donne toute la mesure de son talent pour nous faire entrer dans les pas de Corry. Mais on reste sur sa faim.</p>
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		<title>Spielberg orchestre le retour des extraterrestres</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 16:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21355" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5.jpg"><img class="size-medium wp-image-21355" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5-300x199.jpg" alt="Daniel Kellner (Josh O'Connor) et Margaret Fairchild (Emily Blunt&quot;, des passeurs pourchassés. DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Daniel Kellner (Josh O&rsquo;Connor)<br />et Margaret Fairchild (Emily Blunt),<br />des passeurs pourchassés. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est un incongru combat de catch qui ouvre <strong>Disclosure Day</strong> ! Mais peut-être que le père d&rsquo;<strong>E.T.</strong> est un amateur, comme le furent Peter Lorre et Billy Wilder, de ces combats de costauds qui se mettent, entre douze cordes, des pains à s&rsquo;arracher la tête… Pourtant, dans les travées, se passent des choses qui relèvent directement du thriller. Avec des armes qui se pointent dans les côtes de Daniel Kellner et surtout un sac à dos qui contient un gros paquets de clés informatiques. Manifestement ces cartes mettent complètement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale !<br />
Avec <strong>Disclosure Day</strong>, son 36<sup>e</sup> long-métrage, Steven Spielberg est de retour sur le grand écran, près de quatre ans après <strong>The Fabelmans</strong> (2022), agréable évocation autobiographique de ses jeunes années de cinéphile. Le film avait reçu un bon accueil critique mais il fut un échec au box-office pour un réalisateur réputé être le plus « rentable » sur la planète Hollywood. Il reste que <strong>The Fabelmans</strong> « fit » quand même 935.000 entrées dans les salles françaises.<br />
Steven Spielberg est indéniablement un maître du divertissement cinématographique et il l&rsquo;a prouvé tant et tant de fois avec un camion tueur, un requin très vorace, des tyrannosaures qui ne le sont pas moins, un certain Indy et, évidemment le cher E.T. ou <strong>Rencontres du troisième type</strong> dont le cinéaste de 79 ans retrouve ici la mémoire. Car Spielberg revient à la science-fiction et ce n&rsquo;est pas sans une certaine émotion que l&rsquo;on voit, presque furtivement, de longs et fins doigts bruns aux articulations bien marquées venir caresser des visages humains.<br />
En 1977, le cinéaste de <strong>Rencontres du troisième type</strong> s’emparait de l’imaginaire collectif en insufflant de l&rsquo;émerveillement dans ce qu’un contact avec une forme de vie extraterrestre pourrait engendrer. Spielberg se souvient : <em>« Durant le tournage de Rencontres du troisième type, je me disais : ne serait-ce pas formidable si tout ça nous arrivait un jour ? Presque cinquante ans plus tard, je me dis : ne serait-ce pas formidable de savoir que tout ça est déjà vrai ? »</em></p>
<div id="attachment_21354" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21354" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4-300x125.jpg" alt="Margaret et Daniel en péril... DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et Daniel en péril&#8230; DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une manière de pendant plutôt inquiétant que propose <strong>Disclosure Day</strong> (sans prétendre à être une suite de <strong>Rencontres…</strong>) en questionnant les mystères qui entourent notre existence mais aussi le prix que l’humanité pourrait avoir à payer si les clés de tels mystères ne nous étaient pas révélées. Fasciné par « les grandes énigmes du cosmos », Spielberg découvrit, gamin, une nuit d&rsquo;été, la pluie des Perséides et en fut tout retourné au point d&rsquo;y consacrer une belle partie de son travail cinématographique. Eh oui, et s&rsquo;il y avait quelque part, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous? Au passage, on notera quand même que les extraterrestres ont quand même des bouilles vaguement humaines!<br />
On part donc dans les pas de Daniel Kellner, une pointure en cybersécurité qui travaillait pour Wardex, une agence opaque au sein d’un complexe militaro-industriel qui dissimule les indices sur la venue d’extraterrestres sur Terre depuis l’affaire Roswell de 1947. Kellner a craqué, filant avec les preuves en images, convaincu que les images dérobées <em>« appartiennent au monde entier »</em>… De son côté, Margaret Fairchild, présentatrice de la météo sur une chaîne de télé locale de Kansas City, voudrait gravir les échelons du métier. Un jour, chez elle, un petit oiseau rouge vient se poser sur la table de sa salle de séjour. Elle reconnaît un cardinal. Peu de temps après, en direct, Margaret se met à parler une langue incompréhensible. Sauf pour Daniel Kellner qui y comprend un message composé d&rsquo;éléments mathématiques…<br />
On devine assez vite que Margaret et Daniel ont, dans leur enfance, vécu une rencontre. Et, pour ne pas effaroucher les enfants, les extraterrestres leur sont apparus sous la forme d&rsquo;un cerf, d&rsquo;un renard ou encore d&rsquo;un cardinal.</p>
<div id="attachment_21353" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21353" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3-300x200.jpg" alt="Scanlon (Colin Firth, au centre) et Wardex en ébullition. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Scanlon (Colin Firth, au centre)<br />et Wardex en ébullition. DR</p></div>
<p>Ce qui vaut à ces « passagers », ces<em> go-between</em> entre deux mondes, d&rsquo;être désormais traqués par Scanlon et ses nervis de la Wardex, bien décidés à laisser l&rsquo;humanité dans l&rsquo;ignorance de cette autre réalité, le tout sur fond de crise géopolitique, d&rsquo;inquiétudes, de débat entre transparence et dissimulation, d’autocratie et de démocratie, d’idéologies et d’empathie, de religion et de science&#8230;<br />
<em>« Disclosure Day est</em>, dit encore le cinéaste, <em>un film sur la désinformation et la difficulté de déterminer la vérité dans un monde et une culture où les puissants brouillent les pistes entre faits et fiction, entre le vrai et le faux, dans le seul but de protéger et servir leurs intérêts propres. »</em><br />
On sait que Spielberg n&rsquo;a pas toujours été en odeur de sainteté auprès de la critique, taxé d&rsquo;utiliser l&rsquo;usine à rêves à des fins mercantiles. Force est de constater, malgré les accusations de simplisme et de manque de profondeur, que Spielberg, volontiers vu comme un technicien virtuose plutôt qu&rsquo;un véritable créateur, s&rsquo;y entend pour proposer du spectacle ! Et tant pis si certains y verront de la mièvrerie, de l&rsquo;angélisme, de la mauvaise conscience. Après tout, on est dans l&rsquo;univers du conte.<br />
On cite volontiers Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien, lorsqu&rsquo;il remarque que Spielberg réhabilite l&rsquo;enfance du regard par une forme de naïveté produisant de la sidération.</p>
<div id="attachment_21351" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21351" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1-300x125.jpg" alt="Margaret et la &quot;commande&quot;, un clé d'accès. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et la &laquo;&nbsp;commande&nbsp;&raquo;, un clé d&rsquo;accès. DR</p></div>
<p>Et s&rsquo;il y avait néanmoins nécessité de citer des films sérieux, voire même graves dans la filmographie de notre histrion, on trouvera <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> (1998), <strong>Munich</strong> (2005), <strong>Pentagon Papers</strong> (2017) et évidemment <strong>La liste de Schindler</strong> (1993) dans lequel, non sans déclencher une virulente polémique, notamment en France, le cinéaste se confrontait à la Shoah et à la question de sa judéité.<br />
<strong>Disclosure Day</strong> est un film mené tambour battant où le réalisateur s&rsquo;offre quelques moments de bravoure comme la caserne de pompiers devenue invisible ou la séquence de la voiture accrochée à un train lancé à vive allure avec, évidemment, Daniel et Margaret en péril mais on se laisse embarquer aussi dans les interrogations sur notre capacité à remettre en cause nos croyances au vu de vérités qui viennent élargir notre compréhension de l’univers.<br />
La « commande » au poing, Margaret, quasiment « extralucide », embarque le spectateur dans l&rsquo; aventure tout en prévenant <em>« Je ne veux être la religion de personne »</em> mais elle pose bien la question : <em>« Et si nous n&rsquo;étions pas seuls ? »</em><br />
C&rsquo;est dans l&rsquo;univers des médias que s&rsquo;achève, en édition spéciale, cette histoire. Margaret et Daniel en sont convaincus : <em>« On a tous besoin de croire et d&rsquo;être crus ».</em> Et aussi de savoir. Alors le duo (les Britanniques Josh O&rsquo;Connor et Emily Blunt, très convaincants) se fait lanceurs d&rsquo;alerte en diffusant des images « interdites ». Le pouvoir des images, toujours et encore. Le dernier mot appartient à Margaret : <em>« Ecoutez ! »</em> Plus une invitation qu&rsquo;un avertissement.</p>
<p><strong>DISCLOSURE DAY</strong> Science-fiction (USA – 2h25) de Steven Spielberg avec Emily Blunt, Josh O&rsquo;Connor, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson, Wyatt Russell, Tommy Martinez, Henri Lloyd-Hughe. Dans les salles le 10 juin.</p>
<div id="attachment_21352" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21352" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2-300x139.jpg" alt="Une rencontre... DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Une rencontre&#8230; DR</p></div>
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		<title>Le général et les cantatrices</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 11:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[FRANCE.- Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&#8217;Aisne, à la tête d&#8217;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&#8217;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&#8217;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4e Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21337" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21337" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1-300x300.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider), Darlan (Mathieu Kassovitz). DR" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider),<br />Darlan (Mathieu Kassovitz). DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&rsquo;Aisne, à la tête d&rsquo;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&rsquo;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&rsquo;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4<sup>e </sup>Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 chars détruits sur les 85 initialement engagés, tandis que la 10e Panzerdivision poursuit son avancée sans aucune perte matérielle mais avec de lourdes pertes humaines.<br />
Le principal succès de la bataille de Montcornet, qui mettra le colonel Charles de Gaulle en lumière (et qui lui vaudra d&rsquo;être promu général) est moral. Cette bataille est l&rsquo;une des rares de la campagne de France où les Français sont parvenus à repousser les troupes allemandes pendant quelques heures&#8230;<br />
Pourtant, en juin 1940 , la France s&rsquo;effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s&rsquo;échappe vers Londres pour sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
Présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes, <strong>La bataille de Gaulle – L&rsquo;âge de fer</strong> (France – 2h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 3 juin) s&rsquo;ouvre sur un maelström de sons avec <em>« Quand notre coeur fait boum »</em> de Charles Trenet, les vociférations d&rsquo;Hitler, les voix de Radio Paris ou encore le triste <em>« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat »</em> lancé à la radio le 17 juin 1940 par Pétain et annonçant l&rsquo;armistice avec les Allemands.<br />
Remarqué, sous le pseudonyme d&rsquo;Abel Lanzac, pour la bande dessinée <em>Quai d&rsquo;Orsay</em> (2010) puis, au grand écran, sous son vrai nom, avec son premier long-métrage <strong>Le chant du loup</strong> (2019), Antonin Baudry s&rsquo;est lancé dans un grand diptyque biographique et historique dont le scénario repose sur <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em>, le livre, paru en 2019 au Seuil, de l&rsquo;historien britannique Julian T. Jackson.<br />
<em>« Le personnage de de Gaulle,</em> dit le cinéaste, <em>m’intéresse depuis que je suis ado. J’ai lu Le Fil de l’épée quand j’avais 17 ans, ainsi qu’une biographie par Jean Lacouture, mais l’aspect icône du personnage m’en éloignait. Et puis je suis tombé sur la biographie de Julian Jackson qui a modifié ma perspective, peut-être parce que l’auteur était anglais et que son livre échappait au côté “monument national français”. De plus, il recelait de nombreux témoignages de première main, rédigés à l’époque, en direct, et non reconstitués après coup : par exemple, quelqu’un qui note dans son carnet : “Cet après-midi, j’ai rencontré un type étrange, qui semblait sortir du Moyen-Âge”&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21338" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21338" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2-300x159.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR" width="300" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR</p></div>
<p>On plonge sans peine et avec intérêt dans une vaste fresque qui emporte le spectateur dans le Londres des années quarante (reconstitué en studio) dans les pas d&rsquo;un général complètement seul mais totalement convaincu de son destin, en l&rsquo;occurrence d&rsquo;incarner la France de la résistance et plus encore de la liberté. Mais, à Londres, face à des Anglais hautains, voire méprisants, De Gaulle aura fort à faire pour convaincre même si Winston Churchill, avec lequel De Gaulle forme un duo tragi-comique, semble fasciné par la personnalité de cet interlocuteur français quasiment marginal…<br />
Tandis qu&rsquo;en France, quelques jeunes gens, bien seuls eux aussi, tentent de faire briller la flamme de la résistance, De Gaulle, traité de « traître » par Vichy, déchu de sa nationalité française et condamné à mort, s&rsquo;empare de l&rsquo;outil radiophonique. Sur les ondes de la BBC, même si on peut penser que peu l&rsquo;entendent, il lance des appels pour mettre l&rsquo;honneur face à l&rsquo;humiliation. Et puis cet homme droit et raide qui dit <em>« Nous sommes la France »</em>, va connaître ses premiers appuis, des pêcheurs de l&rsquo;île de Sein à Pleven, Leclerc, Koenig. Avec eux, De Gaulle veut « reprendre l&rsquo;Afrique », faire de Dakar, la capitale de la France libre. Rien ne semble pouvoir entamer la détermination de De Gaulle même si le président américain Roosevelt considère que la France libre est un conte de fées et De Gaulle un pantin…<br />
Antonin Baudry, tout en racontant l&rsquo;Histoire, de la destruction de la flotte française à Mers el Kébir à l &lsquo;héroïque bataille de Bir Hakeim (<em>« Dites à Koenig que toute la France les regarde et qu’ils seront son orgueil! »</em>) en passant par la mort de l&rsquo;amiral Darlan abattu à Alger par un jeune résistant, s&rsquo;attache autant à la figure publique du général qu&rsquo;à ses facettes intimes. <em>« De Gaulle,</em> dit Baudry, <em>a aussi connu de grands moments de doute. À Dakar, il a pensé en finir. C’était un grand mélancolique. J’aime aussi la scène où il savonne son corps dans la baignoire, ce contraste entre le gigantesque et l’intime&#8230; »</em> Pour cela, le réalisateur peut compter sur un formidable Simon Abkarian (qui passait tous les jours près de deux heures au maquillage) qui réussit le défi extraordinaire d&rsquo;exprimer l’émotion d’un personnage qui s’acharne à n’en dévoiler aucune.<br />
<strong>La bataille de Gaulle – J&rsquo;écris ton nom</strong>, second volet de cette saga française sort le 3 juillet dans les salles.</p>
<div id="attachment_21339" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21339" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Igor (Daniel Auteuil) répète &quot;Les noces...&quot; avec son orchestre. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Igor (Daniel Auteuil) répète<br />&laquo;&nbsp;Les noces&#8230;&nbsp;&raquo; avec son orchestre. DR</p></div>
<p><strong>OPERA.-</strong> <em>« Ça dure trois heures ! »</em> dit l&rsquo;un. <em>« Ben oui, c&rsquo;est un opéra ! »</em> dit l&rsquo;autre… Une équipe artistique et technique s&rsquo;apprête à monter <em>Les noces de Figaro</em> qui doivent être bientôt données dans les ruines majestueuses du château de Lacoste, dans le Vaucluse, qui fut la demeure de marquis de Sade&#8230; Igor, le chef d&rsquo;orchestre, est ravi de retrouver la baguette pour diriger cet <em>opera buffa</em> et tout heureux de savoir que le rôle de la comtesse sera tenu par Hannah Liebmann, la célèbre cantatrice qui partagea autrefois, un temps, sa vie. Mme Liebmann, de retour en France après des contrats à l&rsquo;étranger, apprend par son frère, que leur père est en train de perdre la tête. La mise en scène a été confiée par le producteur Nicolas Poirier, un roi des nuits parisiennes, à la gracile Mirabelle, une icône de la mode, qui s&rsquo;excuse constamment de tout et de rien auprès de son équipe. Quant au mécène Pastourel, il n&rsquo;a pas hésité à mettre une grosse somme dans la production… à condition que sa fille chante le rôle de Suzanne.<br />
Alors que Mirabelle réclame d&rsquo;immenses phallus dans le décor pour dire combien <em>Les noces…</em> donnent une image forte du patriarcat, Sophie se plaint que, pendant une répétition, le baryton italien Piazzoni, l&rsquo;interprète du comte Almaviva, ait commis une agression sexuelle sur sa personne. Très vite, portée par Cora, qui chante Chérubin, le ton monte et provoque des tensions dans l&rsquo;équipe. On apprend aussi que, sur les réseaux sociaux, une fameuse chanteuse d&rsquo;opéra va publier une liste de personnalités ayant eu des comportements inopportuns. Igor commence à s&rsquo;inquiéter sérieusement. La vague #MeToo va-t-elle s&rsquo;abattre sur le monde de l&rsquo;opéra ?<br />
Présenté hors compétition à Cannes en mai dernier, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> (France – 2h13. Dans les salles le 27 mai) marque le retour à la réalisation d&rsquo;Agnès Jaoui après la disparition, en 2021, de Jean-Pierre Bacri, son compagnon et co-scénariste, auquel le film est dédié.</p>
<div id="attachment_21340" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21340" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara) et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara)<br />et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR</p></div>
<p>L&rsquo;intrigue est née du désir de la réalisatrice de partager son amour de l&rsquo;opéra avec le public mais aussi d&rsquo;évoquer <em>« ses expériences en tant qu&rsquo;actrice et réalisatrice dans une industrie dominée par les hommes »</em>. De fait, la production a bénéficié d&rsquo;un programme de formation, mené par le CNC, visant à prévenir les incidents d&rsquo;agression sexuelle. Et Agnès Jaoui a décrit le tournage comme une expérience « méta » en notant: <em>« Des personnes sont venues sur le plateau pour nous sensibiliser pendant des heures. Dans le film, il y a aussi des scènes où tout le monde se réunit pour parler de ce qui s&rsquo;est passé. »</em><br />
<strong>L&rsquo;objet du délit</strong> fait entrer le spectateur, sur des airs des <em>Noces</em>, comme le fameux <em>Voi che Sapete</em>, dans les coulisses d’une ambitieuse production d’opéra. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de découvrir l&rsquo;envers du décor à travers des personnages tour à tour savoureux, naïfs, crispants, touchants comme Samir, le nouveau régisseur qui n&rsquo;a jamais mis les pieds sur un plateau d&rsquo;opéra ou graves à l&rsquo;image de Hannah Liebmann qui souffre de presbyphonie, le vieillissement naturel de la voix.<br />
Indéniablement, les tensions nées de l&rsquo;accusation d’agression sexuelle de Piazzoni, en mettant en péril la production et en forçant chacun à prendre position, installe une forme de suspense. D&rsquo;autant que, comme il est dit, aux premières images du film, <em>« quand chacun a sa conscience de la justesse, arrive la cacophonie »</em>.<br />
Mais porté par les sublimes airs de Mozart, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> acquiert à ce titre une forme de grâce qui fait de cette aventure artistique un beau moment de cinéma. Car, in fine, <em>Les noces de Figaro</em> se joueront dans la nuit de Provence. Sur scène, on assiste au mariage de Figaro et de Suzanne ainsi qu&rsquo;à la réconciliation d&rsquo;Almaviva et de la comtesse aux accents de <em>Contessa perdono&#8230; Questo giorno di tormenti</em>. Mais, dans la coulisse, Piazzoni peut se faire du souci pour la suite de sa carrière. Quant à Hannah, elle a le mot de la fin pour Igor : <em>« Tu ne comprends rien ! »</em></p>
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