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	<title>Extérieur-jour &#187; Films</title>
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		<title>L&#8217;immense détresse de Samuel Paty et le tendre spiritisme de Suzanne</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2026 17:08:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21233" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21233" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1-300x199.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Samuel Paty (Antoine Reinartz) dans sa classe." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Samuel Paty (Antoine Reinartz)<br />dans sa classe.</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Une sonnerie lointaine semble résonner dans ce qui doit bien être une salle de classe. L&rsquo;homme qui marche, filmé de dos et au ralenti, se dit qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais rêvé d&rsquo;être un héros. Mais que, oui, il serait heureux que ses cours d&rsquo;histoire-géo éveillent des vocations. Mais il préfère rester un prof anonyme. Parce qu&rsquo;on ne maîtrise pas tout. Ni son destin, ni son époque.<br />
Nous sommes en octobre 2020 et Samuel Paty s&rsquo;apprête à donner un cours d&rsquo;enseignement moral et civique à des élèves de quatrième du collège de Conflans-Sainte-Honorine. Pour illustrer son propos sur la liberté de la presse et, plus largement, sur la liberté d&rsquo;expression, il a prévu, dans une étude de cas en relation avec l&rsquo;attentat meurtrier contre <em>Charlie Hebdo</em> en 2015, de montrer des caricatures de Mahomet publiées par le journal satirique. Comme ces images sont, par nature, provocatrices, le professeur propose aux élèves qui pourraient être choqués de détourner le regard ou de sortir brièvement de sa classe en compagnie d&rsquo;une auxiliaire de vie scolaire… Et Samuel Paty d&rsquo;évoquer la fragilité de la liberté de la presse, le droit de se moquer et le choix de l&rsquo;insolence pour faire réfléchir.<br />
Adolescente rebelle et élève souvent absente, Bachira raconte à son père que son prof a montré des images du prophète tout nu. <em>« C&rsquo;est tous des racistes,</em> dit-elle, <em>le prof m&rsquo;a fait peur. On était super mal ! »</em> Cet homme empoigne alors son portable et adresse un message à tous ses contacts pour dénoncer les faits et <em>« dire stop à tout ça ! »</em> Las, il s&rsquo;avère que Bachira n&rsquo;a pas assisté au cours, absente une nouvelle fois du collège. Relayé par les réseaux sociaux, le message se répand à grande vitesse. Au soutien du père de Bachira, un homme qui se dit « représentant des imams de France », en réalité un agitateur islamiste, assure qu&rsquo;il faut frapper vite et fort, virer ce « voyou » de l&rsquo;Education nationale. <em>« Si on avait été des Juifs,</em> ose-t-il,<em> jamais on ne nous aurait traité comme ça ! »</em> Dans l&rsquo;ombre, quelque part, un type qui regarde en boucle des images de décapitations commises par l’État islamique, se prépare à l&rsquo;irrémédiable. Ce sera chose faite le 16 octobre 2020 à 16h52 à la sortie du collège.<br />
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty mais peu de gens connaissent réellement son histoire. A la lumière des enquêtes et des procès, le réalisateur Vincent Garenq revient, avec <strong>L&rsquo;abandon</strong> (France – 1h40. Dans les salles le 13 mai), sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.<br />
Plutôt qu&rsquo;une forme documentaire, le cinéaste a choisi la fiction pour laisser place à l&rsquo;émotion, incarner Samuel Paty, intégrer son point de vue, s’identifier à lui, ressentir ce qu’il a pu vivre. <em>« La force du cinéma et de la fiction,</em> dit Garenq, <em>c’est de rendre la réalité de Samuel Paty sensible et concrète, de la faire éprouver à hauteur de spectateur, dans ce qu’elle a de plus humain. »</em></p>
<div id="attachment_21234" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21234" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2-300x152.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Un père (Nedjim Bouizzoul) et Bachira, sa fille (Emma Boumali). Photos Guy Ferrandis " width="300" height="152" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Un père (Nedjim Bouizzoul)<br />et Bachira, sa fille (Emma Boumali).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Bien sûr, on fera probablement le reproche à Vincent Garenq de mettre en œuvre une forme bien classique, reprenant la manière <em>seventies/eighties</em> d&rsquo;un Yves Boisset qui racontait ainsi l&rsquo;enlèvement de Ben Barka (<strong>L&rsquo;attentat</strong>, 1972) ou l&rsquo;assassinat d&rsquo;un magistrat (<strong>Le juge Fayard dit « Le shériff »</strong>, 1977) mais, cependant, l&rsquo;objectif est, ici, atteint. En l&rsquo;occurrence, montrer la dimension kafkaïenne d&rsquo;un collège assiégé avec, en son centre, un enseignant honorable et très seul (Antoine Reinartz, très convaincant) rapidement broyé dans un engrenage infernal.<br />
Vincent Garenq qui avait déjà traité de l&rsquo;affaire d&rsquo;Outreau (<strong>Présumé coupable</strong> en 2011), de l&rsquo;affaire Clearstream (<strong>L&rsquo;enquête</strong> en 2015) ou de l&rsquo;affaire Krombach (<strong>Au nom de ma fille</strong> en 2016), réussit bien, ici, à décrypter l&rsquo;écheveau des circonstances qui ont amené à la mort tragique de Samuel Paty. <strong>L&rsquo;abandon</strong>, présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes 2026, c&rsquo;est une succession de dysfonctionnements, de lâchetés ou de naïvetés. On sent la machine qui s&rsquo;emballe et s&rsquo;affole alors même qu&rsquo;on sait, très vite, que Bachira a menti. Les réseaux sociaux sont justement montrés du doigt mais aussi la stupéfiante tiédeur de l&rsquo;Education nationale, le manque de soutien de certains collègues du prof, la violence des agitateurs islamistes, le gâchis des autorités et le manque de discernement des différents services de police.<br />
La nuit est tombée, sur les murs d&rsquo;une classe vide, tourne la lumière bleue des gyrophares policiers. A des policiers anti-terrroristes, une jeune femme musulmane cite une phrase du Coran : <em>« Tuer une âme, c’est tuer toute l’humanité »</em>.</p>
<div id="attachment_21235" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21235" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2-300x165.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Suzanne (Anaïs Demoustier) et Antoine (Pio Marmaï)." width="300" height="165" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Suzanne (Anaïs Demoustier)<br />et Antoine (Pio Marmaï).</p></div>
<p><strong>ART.-</strong> Entrez, entrez, Mesdames et messieurs, venez voir à l&rsquo;oeuvre l&rsquo;impressionnante Vénus électrificata, celle qui, lorsque vous partagez un baiser avec elle, vous fait passer de l&rsquo;électricité dans tout le corps. Titus, le patron du stand forain, se charge de faire la retape en promettant des vibrations, du vertige, de l&rsquo;extase. Le coup de foudre, en somme. Et même s&rsquo;il faut, pour cela, produire en coulisse, l&rsquo;électricité nécessaire à l&rsquo;intense numéro de la charmante Claudia, de son vrai nom Suzanne. Mais l&rsquo;intensité, la jeune femme en a soupé… Ah, si elle pouvait prendre la poudre d&rsquo;escampette. Mais Titus, qui doit bien être un peu souteneur à l&rsquo;occasion, la tient par les dettes qu&rsquo;elle a accumulées.<br />
Dans le Paris de 1928, Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort d&rsquo;Irène, son épouse. De quoi désespérer Armand, son galeriste, qui ferait tout pour avoir des petits et des grands formats. Un soir où il a de nouveau bu plus que de raison, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il va se retrouver à parler à Suzanne qui venait de se glisser dans la roulotte de la spirite pour y voler de la nourriture.<br />
Très vite, Suzanne montre de vrais dons pour l’imposture. Antoine est bouleversé et ravi de s&rsquo;entretenir avec le fantôme d&rsquo;Irène. D&rsquo;autant que les séances qui s&rsquo;enchaînent désormais, sont très crédibles, nourries qu&rsquo;elles sont par les souvenirs vécus procurés par un Armand qui voit son commerce redémarrer. Car Antoine s&rsquo;est remis à peindre…<br />
Présenté en sélection officielle et film d&rsquo;ouverture de Cannes 2026, <strong>La Vénus électrique</strong> (France – 2h02. Dans les salles le 13 mai) est déjà le onzième long-métrage de Pierre Salvadori. Le cinéaste français commença sa carrière, dans le « long », en 1993 avec <strong>Cible émouvante</strong>. Un titre qui aurait aussi pu convenir, ici ! Car Salvadori donne une charmante comédie dont on admire d&rsquo;entrée l&rsquo;élégante écriture et la belle maîtrise dans la mise en scène des états d&rsquo;âme du malheureux Antoine et de la maligne Suzanne. Mais, pour être futée et voir dans les séances de spiritisme, une bonne occasion (elle fait volontiers les poches de son client) de se sortir de la mouise, Suzanne va devoir composer avec un événement qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas prévu. Voilà qu&rsquo;elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule, tout en devenant la porte-parole de sa propre rivale !</p>
<div id="attachment_21236" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21236" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3-300x222.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Irène (Vimala Pons) et Armand (Gilles Lellouche). Photos Guy Ferrandis" width="300" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Irène (Vimala Pons)<br />et Armand (Gilles Lellouche).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Au-delà des péripéties qui se succèdent à un rythme soutenu, <strong>La Vénus électrique</strong> séduit par ses décors colorés et dynamiques. On passe, dans la représentation très réussie d&rsquo;une époque stylisée, de la fête foraine aux séances de voyance ou de la galerie d&rsquo;art d&rsquo;Armand à l&rsquo;atelier d&rsquo;Antoine. Par moments, comme tout cela se passe dans un Paris revisité par la magie du cinéma, on songe à l&rsquo;univers d&rsquo;<strong>Amélie Poulain</strong>. Ensuite il suffit de se laisser porter par la beauté des dialogues qui font la part belle aux sentiments amoureux, à l&rsquo;extase et à la brûlure, à la culpabilité comme un contrepoison à l’égoïsme, à la porosité́ entre les morts et les vivants, le passé et le présent&#8230;<br />
<em>« Je crois,</em> dit Pierre Salvadori, <em>qu’au cinéma, les spectateurs attendent un ton, un langage. Une mise en scène. J’ai cette certitude qu’elle peut presque procurer un plaisir physique au spectateur, comme les films d’horreur provoquent des frissons. La mise en scène, le ton d’un film, tissent doucement comme un fil invisible entre le spectateur et l’écran. »</em> De fait, <strong>La Vénus…</strong> est un remarquable récit visuel porté par de singuliers et parfois extravagants personnages. Suzanne est lasse d&rsquo;être offerte au public et aspire à une autre vie. Antoine est rongé par la culpabilité. Il n’a plus de désir. Ni de courage. Ni celui de vivre, ni celui de mourir. Il végète et il boit. C’est un vivant-mort qui incarne aussi l’innocence au cœur du récit. Armand est un marchand sentimental et un traître pas très doué. Quant à Irène, l&rsquo;épouse disparue, elle déjoue tous les stéréotypes et s&rsquo;avère plus pygmalion que muse…<br />
Pour les incarner, Salvadori peut se reposer sur un brillant quatuor : Anaïs Demoustier (Suzanne), Pio Marmaï (Antoine), Vimala Pons (Irène) et Gilles Lellouche (Armand).<br />
Comme le lance, d&rsquo;entrée, Titus aux badauds qui déambulent dans la foire de Saint-Ouen : <em>« Ici ni magie, ni illusion, point de monstre, ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations. »</em> C&rsquo;est effectivement ce que propose, avec grâce, <strong>La Vénus électrique</strong> !</p>
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		<title>Le (re)divorce de Marguerite et l&#8217;usine d&#8217;Hossam</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2026 15:33:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[COUPLES.- Face à sa vendeuse qui vient lui dire qu&#8217;il se passe des choses « sexuelles » dans une cabine d&#8217;essayage, Marguerite Hélias, la responsable du magasin de vêtements, est rassurante : « Non, tout va bien. Mais dis à la cliente de prendre du 40. Elle nique tous mes 38&#8230; » Car Marguerite a d&#8217;autres chats à fouetter et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21219" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21219" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Marguerite (Laure Calamy) et Fred (Vincent Macaigne)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Marguerite (Laure Calamy)<br />et Fred (Vincent Macaigne).</p></div>
<p><strong>COUPLES.-</strong> Face à sa vendeuse qui vient lui dire qu&rsquo;il se passe des choses « sexuelles » dans une cabine d&rsquo;essayage, Marguerite Hélias, la responsable du magasin de vêtements, est rassurante :<em> « Non, tout va bien. Mais dis à la cliente de prendre du 40. Elle nique tous mes 38&#8230; »</em> Car Marguerite a d&rsquo;autres chats à fouetter et notamment la difficile gestion de sa fille Raphaëlle, une adolescente toujours au taquet, qui ne se sent bien que dans les bras de Tom, son omniprésent petit copain. Mais un jour, une lettre recommandée rappelle à Marguerite son passé. Non pas celui de handballeuse de haut niveau mais celui d&rsquo;épouse divorcée de Frédéric Rimbaud.<br />
Comme Fred est tombée amoureux de la charmante Chloé et que celle-ci voudrait l&rsquo;épouser à l&rsquo;église, Marguerite apprend que ce mariage à l&rsquo;église est impossible à cause de leur divorce. Sauf à entamer une procédure d&rsquo;annulation du mariage. Sofiane, le nouveau mari de Marguerite s&rsquo;amuse : <em>« Tu vas finir sur le bûcher ! »</em> mais celle-ci accepte, pour faire plaisir à Fred, de comparaître devant un tribunal ecclésiastique à Rouen. Là, un prêtre à col romain l&rsquo;interroge : <em>« Est-ce que l&rsquo;amour était là au début ? »</em>, lui demande si elle a perdu sa virginité avec Fred ou encore si elle a des besoins sexuels impérieux.. Meurtrie et humiliée (<em>« Il a sous-entendu que j&rsquo;étais une énorme pute ! »</em>), Marguerite jure qu&rsquo;on ne l&rsquo;y reprendra plus. Pourtant, sous l&rsquo;insistance de Chloé et de Fred, Marguerite va encore se laisser fléchir&#8230;<br />
Troisième long-métrage de Fabien Gorgeat, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> (France – 1h48. Dans les salles le 6 mai) est une comédie, non point du remariage (comme l&rsquo;a souvent traité le cinéma hollywoodien) mais une comédie&#8230; du redivorce. <em>« Lorsque j’ai découvert,</em> dit le cinéaste, <em>l’existence des procès en nullité de mariage, j’ai été immédiatement animé: il y avait là une formidable base pour une comédie, qui pouvait débuter comme une comédie de remariage et cheminer vers le film choral. (…) Je voyais matière à récit dans le fait qu’un couple doive prouver que son mariage n’avait aucune raison d’être. Cette situation venait s’inscrire naturellement dans le sillage de mes autres films, tous travaillés par la problématique des liens qu’on noue ou dénoue. »</em></p>
<div id="attachment_21220" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21220" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Chloé (Mélanie Thierry) et Fred. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Chloé (Mélanie Thierry)<br />et Fred.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Avant <strong>C&rsquo;est quoi…,</strong> Gorgeat avait réalisé <strong>Diane a les épaules</strong> (2017) sur une jeune femme qui accepte de porter l&rsquo;enfant de Thomas et Jacques, un couple d&rsquo;amis, et qui va tomber amoureuse de Fabrizio, un artisan puis <strong>La vraie famille</strong> (2021) qui racontait l&rsquo;histoire d&rsquo;Anna qui vit avec son mari Driss, ses deux petits garçons, ainsi que Simon, un enfant placé dans la famille par l’assistance sociale depuis l’âge de 18 mois. Simon a désormais 6 ans et un jour, Eddy, le père biologique, exprime le désir de récupérer la garde de son fils…<br />
En s&rsquo;appuyant donc sur un sujet original et surprenant, Fabien Gorgeat propose un film enjoué dans lequel on prend vite fait et cause pour une Marguerite ballottée par les événements avant de tenter, grâce à sa tonicité, de reprendre les rênes en se convaincant que l&rsquo;amour ne s&rsquo;annule pas mais s&rsquo;accumule. Le cinéaste joue, ensemble, la carte des péripéties religieuses sur fond de <em>« grave défaut de discernement pour immaturité »</em> et celle de la chronique familiale aussi déjantée que recomposée.<br />
De Rouen, le procès en nullité sera dépaysé devant le tribunal de la Rote romaine au Vatican et cela permettra à Fred et Marguerite de croiser&#8230; le pape. Un pape décidément noir comme l&rsquo;était aussi celui de la récente <strong>La Grazia</strong> de Paolo Sorrentino ! L&rsquo;occasion pour tous les personnages de se retrouver à Rome dans une ambiance très festive mais pas dépourvue d&rsquo;une goutte de tendresse et d&rsquo;émotion.<br />
Couronné du Grand prix au Festival international du film de comédie de l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> est un film sympathique mais qui ne bouleverse pas le 7<sup>e</sup> art. Si on regarde le film avec un rien de curiosité, c&rsquo;est évidemment à cause de son casting. Vincent Macaigne est un Fred qui essaye de faire les choses bien mais sans y arriver pleinement face à la toujours pétillante Laure Calamy (Marguerite) sacrée meilleure actrice à l&rsquo;Alpe. Autour d&rsquo;eux dans ce qui ressemble alors à un film chroral, on trouve Mélanie Thierry, Lyes Salem, Céleste Brunnquell, ou Saül Benchetrit. Amusant mais pas indispensable.</p>
<div id="attachment_21221" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21221" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Hossam (Adham Shukr) et Mano (Zeyad Islam). DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Hossam (Adham Shukr)<br />et Mano (Zeyad Islam). DR</p></div>
<p><strong>EMPLOI.-</strong> Dans le petit appartement étriqué qu&rsquo;ils occupent avec leur mère dans un quartier populaire d&rsquo;Alexandrie, Hossam et Mano s&rsquo;engueulent. Le gamin a même pris un gros couteau et menace de se mutiler. Il ne veut plus aller à l&rsquo;école. Il préfère travailler. Ce qui lui vaut une claque du grand frère. Pourtant les deux rejoignent ensemble, à travers les barres d&rsquo;immeuble, un arrêt de minibus. Direction l&rsquo;usine sidérurgique où travaillait leur père. Ils vident le casier paternel, jette son bleu de travail à la poubelle. <em>« Tu veux qu&rsquo;on en fasse quoi ? »</em> Mano récupère sa casquette.<br />
Hossam se retrouve dans le bureau de l&rsquo;ingénieur en chef qui lui lance, l&rsquo;air entendu, <em>« Je ne te demande pas ton casier&#8230; »</em> et ajoute : <em>« Normalement, tu n&rsquo;aurais jamais dû travailler ici&#8230; »</em> Le jeune type au regard noir et au masque toujours fermé, a bien compris qu&rsquo;il va bénéficier d&rsquo;un emploi parce que son père est mort, il y a à peine quelques semaines, lors d&rsquo;un accident du travail. Et si on lui offrait ce boulot pour éviter qu&rsquo;Hossam n&rsquo;intente un procès à l&rsquo;entreprise… Et si, se demande désormais le grand fils, son père n&rsquo;était pas mort, tué par sa machine&#8230;<br />
Avec <strong>L&rsquo;entente – La face cachée d&rsquo;Alexandrie</strong> (Egypte – 1h34. Dans les salles le 6 mai), on est bien loin de la citadelle Qaitbay et de ses créneaux sur la mer, loin de la Corniche et du pont Stanley, loin des luxuriants jardins de Montaza, loin des aériennes étagères pleines de livres de la moderne bibliothèque Alexandrina. D&rsquo;ailleurs, le sous-titre du film de Mohamed Rashad le dit bien. Nous sommes du côté d&rsquo;énormes immeubles délabrés, couverts d&rsquo;une poussière blanche. Au milieu de grosses canalisations d&rsquo;eau oubliées là, sous d&rsquo;énormes pylônes électriques, du côté de vastes autoroutes filant vers le désert.<br />
Pour Hossam et Mano, c&rsquo;est leur pain quotidien, une vie sans joie et sans charme. Avec l&rsquo;usine en toile de fond, ses ateliers, ses vieux engins made in UdSSr, sa cantine où chacun partage le repas et évoque le père disparu.</p>
<div id="attachment_21222" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21222" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR</p></div>
<p>Présenté en première mondiale dans la section Perspectives à la 75<sup>e</sup> Berlinale et dans de multiples autres festivals, <strong>L&rsquo;entente</strong> est le premier film de fiction du cinéaste égyptien qui explique : <em>« L’idée du film est née lorsque j’ai rencontré par hasard un jeune homme qui m’a parlé de son père, ouvrier pour une entreprise, tragiquement décédé sur son lieu de travail. Après le décès de son père, la même entreprise lui a proposé un emploi qu’il a accepté, choisissant de travailler exactement à l’endroit où son père était mort. Cette rencontre a soulevé pour moi de nombreuses questions, sur des circonstances sociales difficiles, sur les dynamiques familiales et particulièrement sur le lien père-fils. »</em><br />
A travers les deux figures de Hossam, 23 ans, ex-adolescent turbulent et de Mano, 12 ans, et avec, en retrait, le personnage d&rsquo;une mère lasse et handicapée, Rashad brosse une chronique où le travail occupe l&rsquo;essentiel de l&rsquo;existence, ne laissant à ses deux « héros » que des miettes de vie. Mano suit son frère au plus près, donnant des coups de main dans l&rsquo;usine. Quant à Hossam, il est repris, par la force des choses, par son passé de petit dealer. Comment refuser de fournir une barrette de shit à son ingénieur ?<br />
Tel un Stéphane Brizé égyptien, Mohamed Rashad plonge, avec <strong>L&rsquo;entente</strong>, le spectateur dans de rudes espaces industriels. Encore presqu&rsquo;enfant, Mano, même s&rsquo;il se révolte parfois, observe le monde avec une certaine ingénuité. Pour Hossam, c&rsquo;est l&rsquo;épuisement et une sourde colère qui président à sa vie. Lui reste alors quelques parenthèses enchantées lorsque son téléphone sonne et qu&rsquo;une mystérieuse voix féminine lui parle… A force de coups de téléphone, Hossam n&rsquo;aura de cesse de découvrir l&rsquo;inconnue. Une collègue de l&rsquo;usine, sans doute. Une brève et tendre étreinte dans l&rsquo;atelier lui vaudra l&rsquo;un de ses très rares sourires. Pour incarner ses deux personnages, le cinéaste a eu recours à des non-professionnels : Adham Shukr (Hossam) et Zyad Islam (Mano). Âpre et prometteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les doutes de Grace et les vacheries de Miranda</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2026 17:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21206" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21206" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1-300x199.jpg" alt="&quot;Die my Love&quot;: Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace (Jennifer Lawrence)<br />et Jackson (Robert Pattinson).</p></div>
<p><strong>MATERNITE.-</strong> Quelque part, dans ce qui semble être le plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s&rsquo;installent dans une maison en plutôt mauvais état. <em>« C&rsquo;est pas New York »,</em> glissent-ils et Jackson confirme : <em>« Je n&rsquo;étais pas venu depuis un bail&#8230; »</em> L&rsquo;endroit a le mérite d&rsquo;être calme. Il y a même un bureau qui permettra à Grace d&rsquo;enfin écrire son grand roman américain. Certes, il y a des rats et il faudra sans doute trouver un chat pour faire le ménage. Alors, dans ce no man&rsquo;s land aussi réel que rêvé, Grace et Jackson ont tout le temps de danser sur une musique à fond et aussi de copuler tout leur saoul. Le bébé pleure et se balance dans son siège dans la véranda. Au son de <em>Let&rsquo;s Twist again</em>, Jackson, en robe de chambre à fleurs, biberonne sa bière et soupire : <em>« Pourquoi on crève de chaud ! »</em><br />
Dans le pré alentour, Jackson a installé un téléscope. <em>« Les étoiles,</em> considère-t-il,<em> me donnent l&rsquo;impression de n&rsquo;être rien »</em>. A quoi, Grace répond : <em>« L&rsquo;univers, on s&rsquo;en tape&#8230; »</em><br />
Il est vrai que l&rsquo;univers de la jeune femme se limite, ici, à une maison, à des paysages, entre prés et forêts, à perte de vue, à un mystérieux motard qui passe régulièrement sur la petite route ou encore à un cheval noir dans la nuit. Clairement, Grace ne va pas bien. Au petit <em>market</em> voisin, elle envoie paître une gentille employée qui fait des risettes à son bébé. Elle traverse son salon à quatre pattes, joue de l&rsquo;harmonica, grogne, lèche la vitre d&rsquo;une fenêtre et, assise dans le frigo, crache de l&rsquo;eau alentour. Avant de s&rsquo;allonger sur son lit et de se masturber longuement&#8230;<br />
Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, <strong>Die my Love</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) est le cinquième long-métrage de la cinéaste britannique Lynne Ramsay, 57 ans, aujourd’hui considérée comme l’une des réalisatrices majeures du cinéma d’auteur contemporain. Découverte en 1999 avec <strong>Ratcatcher</strong>, un drame de l&rsquo;enfance qui se déroulait à Glasgow, sa ville natale, Lynn Ramsay adapte, ici, <em>Crève, mon amour</em>, le premier roman de l&rsquo;écrivaine argentine Ariana Harwicz, paru en 2012, et qui évoquait, dans un long monologue intime, les affres et les douleurs de la maternité vécus par une jeune mère en plein doute.<br />
<em>« C’est un roman difficile, très sombre,</em> dit Lynne Ramsay,<em> avec une temporalité éclatée. Je ne voulais pas aller exactement dans cette direction. Je m’en suis un peu détachée. Je voulais introduire de l’humour, conserver l’animalité et la sexualité du personnage, mais en faire avant tout une histoire d’amour — une histoire d’amour folle — plutôt qu’un film uniquement centré sur le post-partum. »</em> Cependant la cinéaste a conservé l&rsquo;énergie brute, directe de Grace et elle entreprend, avec ce film, de faire entrer le spectateur dans la tête de cette mère complètement déboussolée et passablement incontrôlable, y compris pour Jackson qui semble savourer les temps où il prend, pour raison de travail, de la distance avec le monde perturbé de Grace.</p>
<div id="attachment_21207" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21207" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2-300x225.jpg" alt="&quot;Die My Love&quot;: Grace, une mère et une femme en perdition. Photos Seamus McGavrey" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace, une mère<br />et une femme en perdition.<br />Photos Seamus McGavrey</p></div>
<p>Après le personnage d&rsquo;Eva (Tilda Swinton) dans <strong>We Need to Talk about Kevin</strong> (2011), la cinéaste retrouve à nouveau un personnage de mère mais aussi de femme. <em>« Ce qui m&rsquo;intéresse surtout,</em> dit encore Lynn Ramsay, <em>c’est ce que la maternité vient changer dans la vie de ces femmes, justement. Grace est créative, c’est une écrivaine. Mais après avoir accouché, elle souffre du syndrome de la page blanche. Son compagnon est absent. Elle se sent coincée et très seule. Elle s’ennuie beaucoup, aussi. À partir de là, son esprit commence à se détraquer. »</em><br />
Physique (hormonal?) et sensoriel, <strong>Die my Love</strong> prend fréquemment des allures de conte fantastique en suivant au plus près cette Grace presque animale qui fonctionne à l&rsquo;impulsion, dit des choses déplacées, se promène en sous-vêtements, tout cela pour tenter de ressentir quelque chose. Plus encore pour se débarrasser d&rsquo;une insupportable sensation d’engourdissement liée à l’isolement.<br />
Parce que tout y passe par la perception et que le son permet d&rsquo;être dans la tête de Grace, <strong>Die my Love</strong> est une œuvre très musicale dans laquelle on entend <em>Hey Mickey</em> par Toni Basil, <em>Cold Light of Day</em> de Lewsberg, <em>Crossroads</em> de Cream, <em>Apples and Bananas</em> de Raffi, <em>Little April Shower</em> par Chorus, <em>Love me Tender</em> par Elvis, <em>In Spite of Ourselves</em> de John Prine et, in fine, <em>Love Will Tear us Apart</em> qui suggère que l’amour existe encore, mais qu’il est devenu toxique, presque impossible.<br />
Pour incarner son couple bouleversé, la cinéaste met en scène deux stars. Robert Pattinson est un Jackson paumé qui ira jusqu&rsquo;à placer sa femme dans une institution spécialisée. Jennifer Lawrence est une Grace anarchiste dans un maelstrom permanent d&rsquo;isolement, de destruction, de perte, de douleur et de désir. Inconfortable mais fascinant.</p>
<div id="attachment_21204" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21204" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot;: Miranda Priestly (Meryl Streep). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo;: Miranda Priestly<br />(Meryl Streep). DR</p></div>
<p><strong>MODE.-</strong> Pour Andy Sachs, la journée s&rsquo;achève plutôt bien. La pétulante journaliste vient de se voir décerner un prix pour ses (excellents) articles dans le <em>Vanguard</em>. Mais alors même qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime devant ses pairs (<em>« Le journalisme compte, putain ! »</em>), tous les téléphones bippent. Andy, comme ses collègues, viennent de se faire virer. Par un simple sms. Dans le même temps, Miranda Priestly, l&rsquo;emblématique patronne du magazine de mode <em>Runway</em>, est au coeur d&rsquo;une tourmente médiatique pour une vilaine affaire de vêtements fabriqués par des ateliers clandestins. Pour contrer le <em>bad buzz</em>, Irv Ravitz, le propriétaire de <em>Runway</em>, a une idée ! Embaucher Andy Sachs pour qu&rsquo;elle redresse la barre par de vrais reportages de qualité. Vingt après, Andy pousse à nouveau les portes de <em>Runway</em>. Miranda Priestly n&rsquo;est pas plus agréable que lorsqu&rsquo;Andy, fraîchement diplômée de l&rsquo;Université Northwestern, obtenait le poste très prisé d&rsquo;assistante de la tyrannique rédactrice en chef. Pire, Miranda voit poindre une relève qui la fait enrager… Mais, avec sa réputation entachée, Miranda ne fait plus complètement la pluie et le beau temps dans l’univers de la mode. D&rsquo;ailleurs, Emily Charlton, qui débuta en même temps qu&rsquo;Andy chez Runway, décide d&rsquo;en profiter et d&rsquo;obtenir des compensations. Désormais puissante dirigeante d&rsquo;un groupe de luxe, elle contraint Miranda à lui offrir des pages dans <em>Runway</em>&#8230;<br />
Mode, ton univers impitoyable ! Vingt après, le réalisateur David Frankel est toujours aux manettes de ce second opus qui entraîne à nouveau les spectateurs dans les coulisses des défilés et des grandes fêtes de la mode. <strong>Le diable s’habille en Prada 2</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) marque donc le retour de l&rsquo;odieuse et cassante Miranda Priestly. Même fragilisée, Miranda est toujours aussi vacharde. Andy Sachs, qui a pris de la bouteille dans les médias, devra ainsi batailler pour affirmer son autorité. D&rsquo;autant que la disparition brutale d&rsquo;Irv Ravitz va profondément rebattre les cartes. En effet, son fils Jay a des idées précises sur la gestion du groupe de presse. En un mot comme en mille, il va tout basculer par-dessus bord. Si le premier <strong>Diable…</strong> se résumait globalement à une histoire de management (très toxique), ce N°2 s&rsquo;intéresse au déclin de la presse papier (<em>« Votre magazine existe mais personne ne l&rsquo;achète »</em>) et à la montée des supports numériques au travers de quelques figures, pas piquées des hannetons, d&rsquo;entrepreneurs des médias. De quoi donner un peu plus de matière à un scénario qui joue quand même, rassurons les <em>fashionistas</em>, la carte du luxe même si la <em>fast-fashion</em> a fait des dégâts. Si on s&rsquo;intéresse à la chose, on peut compter le nombre de tenues qu&rsquo;arborent Miranda, Andy ou Emily. Pour notre part, c&rsquo;est plutôt le look élégant et très recherché de Nigel Kipling qui nous séduit. Mais ceci est une autre affaire.</p>
<div id="attachment_21205" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21205" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot; Nigel Kipling (Stanley Tucci) et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo; Nigel Kipling (Stanley Tucci)<br />et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR</p></div>
<p>On repart donc pour un tour dans les beaux endroits de New York mais la production s&rsquo;offre aussi, pour cause de gala avec Lady Gaga en star, un peu de tourisme (haut de gamme) à Milan avec le Duomo, la galleria Vittorio Emanuele II (pour Miranda toute seule!), un dîner devant <em>La cène</em> de Vinci dans le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie et même une extension sur les rives du lac de Côme.<br />
Pour peu qu&rsquo;on ne se moque pas des choses de la mode, tout cela est doucement divertissant et on retrouve avec plaisir la venimeuse Miss Priestly, définitivement entrée dans le panthéon des « méchantes » du cinéma. Meryl Streep tient toujours très bien la rampe et on se régale de ses infimes plissements de lèvres quand elle s&rsquo;agace. Autour d&rsquo;elle Anne Hathaway (Andy), Emily Blunt (Emily) et Stanley Tucci (Nigel) sont toujours de la partie et font le job avec entrain. Du côté des hommes de ces dames, ça a un petit côté <strong>Sex in the City</strong> avec des types qui semblent toujours faire tapisserie, y compris Kenneth Branagh en nouveau mari de Miranda.<br />
Dans l&rsquo;usine à rêves, on a toujours aimé le recyclage des succès. Voilà qui est fait.</p>
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		<title>Michael danse, Rémi doute, Fred et Adam marchent</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 16:36:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[STAR.- Quelque part, à Gary, petite cité industrielle de l&#8217;Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d&#8217;une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu&#8217;est l&#8217;industrie du show-biz. Car Joseph, le père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. Dès l&#8217;âge de six ans, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21194" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21194" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Jaafar Jackson se glisse dans la peau de la star. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Jaafar Jackson<br />se glisse dans la peau de la star. DR</p></div>
<p><strong>STAR.-</strong> Quelque part, à Gary, petite cité industrielle de l&rsquo;Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d&rsquo;une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu&rsquo;est l&rsquo;industrie du show-biz. Car Joseph, le père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. Dès l&rsquo;âge de six ans, il chante avec ses frères Marlon, Jackie, Randy et Tito et commence, avec eux, une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five. C&rsquo;est le temps de titres à succès comme <em>I Want You Back</em> ou <em>Never Can Say Goodbye</em> et des tournées dans un Combi VW déglingué… Tandis que Joseph Jackson qui clame qu&rsquo;il faut <em>« être des gagnants ou rien »</em>, organise la vie de la famille et s&rsquo;applique à faire les meilleures affaires possibles, Michael, sous le regard tendre de sa mère, se plonge, au milieu de ses peluches, dans les aventures de Peter Pan, s&rsquo;imagine déambuler dans <em>Neverland</em> et rêve d&rsquo;être entouré d&rsquo;animaux…<br />
Un jour, Suzanne de Passe, productrice de musique, remarque Michael Jackson sur scène. Elle contacte Berry Gordy, le fondateur du mythique label Motown Records : <em>« Il ira loin avec cette voix !»</em> Michael a 10 ans. Pour la pub, on lui en donne 8. Bientôt, il enregistre et se retrouve au sommet des <em>charts</em>. Mais, chez lui, il regarde Gene Kelly danser dans les flaques de <strong>Singing in the Rain</strong> (1952) tout en s&rsquo;occupant de Louis, son lama et de Bubbles, son chimpanzé. <em>« Je ne suis pas comme les autres enfants »</em>, dit-il à sa mère qui lui répond : <em>« Tu vas faire briller la lumière ! »</em><br />
Il va travailler avec Quincy Jones, enregistrer son premier album solo et gérer sa difficile relation avec un père très inquiet de voir sa poule aux œufs d&rsquo;or lui échapper. C&rsquo;est le temps de l&rsquo;album <em>Off the Wall</em> et du titre <em>Don&rsquo;t Stop &lsquo;Til You Get Enough</em>, première chanson que Michael Jackson a écrite entièrement. N&rsquo;arrête pas tant que tu n&rsquo;en as pas eu assez ! C&rsquo;est bien alors le credo de Michael Jackson&#8230;</p>
<div id="attachment_21195" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21195" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Le tournage du célèbre clip Thriller. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Le tournage<br />du célèbre clip Thriller. DR</p></div>
<p>Connu pour ses films d&rsquo;action violents (<strong>Training Day</strong> en 2001,<strong> Shooter, tireur d&rsquo;élite</strong> en 2007 ou la série <strong>Equalizer</strong> de 2014 à 2023), l&rsquo;Américain Antoine Fuqua passe, à son tour, par la case <em>biopic</em> avec <strong>Michael</strong> (USA – 2h08. Dans les salles le 22 avril) . <em>« Lorsque Michael Jackson montait sur scène, le monde s’arrêtait,</em> dit le dossier de presse. <em>Il était directement connecté à l’âme et au rythme de son temps. L’entertainer absolu. Un chanteur qui filait la mélodie en pure émotion. Un visionnaire mariant le son avec le spectacle. Un pionnier qui brisait les barrières. Un maître de la réinvention qui nous encourageait à questionner notre propre reflet dans le miroir. »</em> De fait, le film montre bien la manière dont Michael Jackson (1958-2009) travaillait avec une énergie et une quête presque maniaque de la perfection. On mesure aussi l&rsquo;extraordinaire engouement de ses fans. <strong>Michael</strong> passe en revue aussi bien les prestations scéniques (les enregistrements vidéo ou les spectacles en scène) que la vie privée. On évoque ainsi la dépigmentation de sa peau, son opération du nez (<em>« Je dois être parfait »</em>), ses visites fréquentes à des enfants malades et évidemment des moments prestigieux comme le clip <em>Thriller</em> et ses zombies ou émouvants avec l&rsquo;adieu aux Jackson 5 au dernier jour du Victory Tour en 1988 à Londres.<br />
Tout cela est bien fait, parfaitement huilé, tout à fait rythmé (on entend nombre de titres célèbres) et, pour sa première apparition au grand écran, Jaafar Jackson, 29 ans, le neveu de Michael, est plus que crédible, maniant parfaitement le fameux <em>Moonwalk</em> avec un look très reconnaissable… Pour le reste, tout cela est aussi parfaitement lisse. Sur un post-it, la star a noté <em>« Tes rêves dépassent ta peur »</em>. Ici, le rôle du méchant incombe à Joe, le père, que Michael finira par virer de son statut de manager personnel d&rsquo;un simple fax envoyé par John Branca, son nouveau manager.<br />
A travers les multiples références à <em>Neverland</em>, on évoque, entre les lignes, le syndrome de Peter Pan dont on peut légitimement penser que Bambi souffrait. Rien non plus sur les accusations de pédophilie qui ont émaillé les années de Michael Jackson. Mais, on le comprend bien, ce n&rsquo;est pas exactement ce que les fans veulent entendre en venant voir l&rsquo;histoire de celui qui disait : <em>«  Je dois faire briller ma lumière pour divertir et guérir&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21192" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21192" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1-300x161.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Audrey (Zoé Marchal) et Rémi (Vincent Macaigne). DR" width="300" height="161" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Audrey (Zoé Marchal)<br />et Rémi (Vincent Macaigne). DR</p></div>
<p><strong>CONTE.-</strong> Employé de la société Gazonzon, spécialisée dans le gazon synthétique, Rémi Allard n&rsquo;est pas vraiment heureux. Il n&rsquo;a jamais réussi à se remettre du départ de la femme avec laquelle il a vécu de longues années. Alors, parce que c&rsquo;est plus simple finalement, il s&rsquo;est mis en couple avec une poupée. Elle s&rsquo;appelle Audrey. Elle le regarde fixement manger sa blanquette sortie du micro-ondes et constater <em>« Je préfère les Picard »</em>. Elle est aussi à côté de lui dans le canapé quand il regarde, à la télévision, des documentaires sur De Gaulle ou Winston Churchill. Au bureau, Rémi parle souvent d&rsquo;Audrey et raconte leurs fréquentes sorties en parapente. Mais les collègues aimeraient bien quand même rencontrer cette Audrey et il en va de même pour les parents, bourgeois aisés, de Rémi. Seule Domi, la sœur de Rémi, est au courant. Un jour, pour suppléer un collègue en congé parental, débarque au bureau la pétulante Patricia. Ce jour-là, Audrey va mystérieusement prendre vie.<br />
Grandie à Lyon puis Londres et New York, Sophie Beaulieu, normalienne et agrégée de linguistique anglaise, a enseigné quelques temps avant de se consacrer à l&rsquo;écriture d&rsquo;une pièce loufoque et subversive dans laquelle elle joue puis de passer au cinéma avec trois courts-métrages. Son premier long-métrage, <strong>La poupée</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 22 avril), joue clairement la carte du conte farfelu, voire absurde.<br />
Ce n&rsquo;est pas la première qu&rsquo;une poupée est en « vedette » dans un film. En 2002, Valérie Guignabodet signait <strong>Monique : toujours contente</strong>. On y suivait les aventures d&rsquo;Alex (Albert Dupontel), en pleine crise de la quarantaine qui, à la suite d&rsquo;une erreur, a acheté sur internet, Monique, une poupée moulée en silicone dernier cri. Avantages par rapport à une femme réelle : elle est toujours disponible, toujours heureuse, compréhensive, ne fait pas de crises, ne pleure pas. Alex est séduit. Son entourage beaucoup moins.</p>
<div id="attachment_21193" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21193" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2-300x164.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Rémi et Patricia (Cécile de France). DR" width="300" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Rémi<br />et Patricia (Cécile de France). DR</p></div>
<p>Aussi curieux que cela puisse paraître avec une poupée gonflable évoquant facilement un univers à priori très sexualisé, le ton, ici, est bien plus joyeux et plus… féministe ! <em>« Mon sujet,</em> dit Sophie Beaulieu, <em>c’est l’émancipation d’Audrey, qui va arriver grâce à ses rencontres avec différents personnages féminins, dont celui de Patricia. Il y a un effet miroir entre les deux femmes. Contrairement à Audrey, poupée vivante, Patricia a des codes de féminité différents. Elle peut être à côté de ce qui est attendu des femmes. Mais si elle est décalée, elle est libre aussi, et cela sans renoncer à l’amour. Et ça fonctionne tout de suite avec Audrey. »</em><br />
Entre l&rsquo;atmosphère plutôt bon enfant du bureau et les paysages apaisants du lac de Vouglans dans le Jura, ce conte (doucement) satirique se déroule tandis qu&rsquo;on se demande où il va nous conduire. De fait, on est contraint, malgré une réalisation chaleureuse, de constater que ça ne va pas très loin.<br />
Heureusement, les comédiens tiennent le bateau à flots. Vincent Macaigne (Rémi), abonné aux hommes en perdition, la joue une nouvelle fois avec maîtrise . Zoé Marchal, découverte dans <strong>Lolo</strong> (2015) de Julie Delpy dans lequel elle jouait la fille de Dany Boon, est Audrey, une poupée qui se révèle être une femme à qui on ne la fait pas. Adèle Journeaux est une Domi, lesbienne très déjantée. La palme revient à Cécile de France. Sa Patricia frisée est impayable lorsqu&rsquo;elle dit, tout de go : <em>« J&rsquo;ai arrêté les hommes. Je me masturbe beaucoup ! »</em><br />
<em>« Je désamorce, je fais sourire, mais je n’élude rien »</em>, dit la cinéaste. On attend de la revoir.</p>
<div id="attachment_21191" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21191" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1-300x199.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Adam (Julien Le Berre) et Fred (Alexandra Lamy)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Adam (Julien Le Berre)<br />et Fred (Alexandra Lamy).</p></div>
<p><strong>CHEMIN.-</strong> Fred est dans la panade. Elle vient de se faire virer de son boulot de prof pour avoir giflé une élève. Par ailleurs, son amoureux a mis fin à leur relation et la fille de Fred part faire des études au Canada. Pour mettre de la distance entre elle et sa mère. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une copine, Fred va rejoindre une association qui s&rsquo;occupe de remettre sur le bon chemin des mineurs délinquants. Si on l&rsquo;accueille avec circonspection -pourquoi a-t-elle mis une gifle ?- Fred va pourtant postuler et s&rsquo;accrocher.<br />
Si bien qu&rsquo;on va lui confier un grand adolescent/jeune adulte qui vient de passer, une fois de plus, devant le juge des enfants. Cette fois, plus de nouvelle clémence. Multirécidiviste, Adam n&rsquo;a plus le droit, avant le retour derrière les barreaux, qu&rsquo;à une ultime chance. Ce sera une marche de rupture sur le chemin de Compostelle. Fred sera son accompagnatrice. Optimiste, elle affirme : <em>« Redonner une seconde chance, je saurai faire »</em>. Mais partir avec cet Adam, qui ne croit plus à rien sinon à retrouver une mère qui ne veut plus de lui, ne sera pas une mince affaire. Voilà pourtant, Fred et Adam dans la basilique du Puy-en-Velay, prêts à partir sur la <em>via podiensis</em> puis la <em>via Francès</em> vers St Jacques de Compostelle. Un voyage de quelque cinq mois à raison de 25 kilomètres par jour…<br />
En s&rsquo;inspirant librement de <em>Marche et invente ta vie</em>, le livre de Bernard Ollivier, le réalisateur Yann Samuell, découvert en 2003 avec <strong>Jeux d&rsquo;enfants</strong>, signe, avec <strong>Compostelle</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 1<sup>er</sup> avril), une aventure qui commence, symboliquement, par une trappe s&rsquo;ouvrant dans le sol de la cathédrale comme un symbole du passage de l’ombre à la lumière. C’est à ce moment que Samuell choisit de changer de cadre comme pour élargir l’horizon. La première partie de l’histoire est filmée en 4/3, pratiquement une image carrée, pour montrer que dans leur vie d’avant, Adam autant que Fred sans doute, étaient bloqués entre des murs qu’ils s’imposent, comme dans un univers carcéral.</p>
<div id="attachment_21190" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21190" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2-300x200.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Sur le chemin... Photos Marie-Camille Orlando" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Sur le chemin&#8230;<br />Photos Marie-Camille Orlando</p></div>
<p>Pour ses deux personnages qui n&rsquo;ont, à priori, pas grand-chose en commun, <strong>Compostelle</strong> va apparaître comme une quête intérieure, un chemin spirituel vers soi-même. Mais rien, ici, de lourdingue, de préchi-précha, voire de pieux même si <strong>Compostelle</strong> a certainement un fond un peu mystique. Il y a de l&rsquo;air, du soleil, de la pluie aussi parfois, dans les vastes et beaux paysages que Fred et Adam arpentent. Et même lorsqu&rsquo;ils sont reçus dans un couvent aux sombres salles, Adam apporte de la grâce en rapant sur un bel <em>Ave Maria</em> : <em>« Marie, je t’écris cet Ave Maria pour le jour où tu ne seras plus là »</em> . Tel un (jeune) Valjean d&rsquo;un autre temps, il partira -vol ou cadeau ?- avec une petite statue de la Vierge à l&rsquo;enfant qui adoucira peut-être son besoin inextinguible d&rsquo;une mère dont il recherche l’amour en vain.<br />
Au fil des multiples péripéties du voyage, d&rsquo;un chien patou montrant les dents à la courageuse Estella qui lui tape dans le coeur, Adam apprendra à se construire malgré cette absence. Fred et Adam ont, en commun, l&rsquo;abandon mais aussi la quête de la famille. Le gamin le dit : <em>« On se déteste, on s’aime, c’est ça une famille&#8230; »</em>, sous-entendu <em>« mais au moins, on est ensemble. »</em><br />
Souvent cantonnée au registre comique, Alexandra Lamy incarne une Fred tour à tour inquiète, fatiguée, traversée par le doute mais lumineuse et qui pense : <em>« Aider les autres, c&rsquo;est aussi s&rsquo;aider soi-même »</em>. Avec le personnage d&rsquo;Adam, Julien Le Berre décroche son premier rôle au cinéma. Avec sa jolie petite gueule frisée, il incarne remarquablement un adolescent délinquant explosif et même odieux auquel on a envie de mettre des baffes avant de glisser vers une (difficile) prise de conscience qui l&rsquo;amènera à se redresser&#8230;</p>
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		<title>Le désespoir de Tony Kiritsis et les espoirs de la famille Dayan</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 10:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21136" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21136" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage.</p></div>
<p><strong>RÊVE.-</strong> Ce matin-là, comme tous les autres, Fred Temple, la voix d&rsquo;Indianapolis sur WCYD, réveille en douceur les habitants de la capitale de l&rsquo;Indiana. Auditeur attentif de cette radio, Tony Kiritsis, en ce matin neigeux de 1977, est en colère. Sa voiture est en panne et il a rendez-vous avec M.L. Hall, le grand patron de Meridian Mortgage, une société de courtage hypothécaire, à laquelle il reproche de l&rsquo;avoir ruiné. Lorsque Kiritsis débarque, avec un long carton sous le bras, dans le hall du bâtiment de la compagnie, il apprend que M.L. Hall passe des vacances au soleil. Raison de plus d&rsquo;être furax. Ce sera Richard, le fils du patron, qui se charge de le recevoir. Dans le bureau du boss, soudain, Kiritsis déballe un fusil et menace Richard Hall. Bientôt ce dernier se retrouve avec le canon du fusil sur sa nuque, l&rsquo;arme fixée avec un fil de fer autour de son cou… La police est alertée. Une camionnette d&rsquo;une chaîne de télévision locale tourne dans le quartier et entend parler de la prise d&rsquo;otages. Habituée à couvrir de petits fait-divers médiocres, la jeune Linda Page est persuadée que sa chance vient de sonner. Avec son cameraman, elle se précipite sur les lieux, convaincue de tenir la bonne <em>story</em> qui fera le <em>prime time</em> de Channel 12. Pendant ce temps, Kiritsis décide de quitter à pied les locaux de Meridian Mortgage pour aller s&rsquo;enfermer dans son appartement à quelques blocs de maison de là&#8230;<br />
Silencieux depuis 2018 et l&rsquo;échec commercial de <strong>Don&rsquo;t Worry, He Won&rsquo;t Get Far on Foot</strong>, un drame biographique sur John Callahan, un jeune tétraplégique alcoolique qui va devenir un célèbre auteur de bandes dessinées, Gus van Sant fait un retour remarqué avec <strong>La corde au cou</strong> (USA – 1h44. Dans les salles le 15 avril) . Le réalisateur de <strong>My Own Private Idaho</strong> (1991), <strong>Will Hunting</strong> (1997), <strong>A la recherche de Forrester</strong> (2000) ou <strong>Elephant</strong>, Palme d&rsquo;or à Cannes en 2003, s&rsquo;empare, ici, de l&rsquo;histoire vraie de Tony Kiritsis, un Américain banal qui rêvait de construire un centre commercial pour proposer des commerces abordables au plus grand nombre. Mais la société de Hall est passée par là. Kiritsis a emprunté, n&rsquo;a pu rembourser et s&rsquo;est retrouvé ruiné. Convaincu que Meridian Mortgage l&rsquo;a sciemment piégé (notamment en détournant de potentiels acquéreurs du centre commercial vers d&rsquo;autres options) pour le dépouiller, Kiritsis kidnappe, le 8 février 1977 à Indianapolis, le fils du courtier responsable de sa situation.<br />
Il réclame 5 millions de dollars et surtout des excuses en bonne et due forme. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp.</p>
<div id="attachment_21137" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21137" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis donne une conférence de presse. Photos Stefania Rosini" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis<br />donne une conférence de presse.<br />Photos Stefania Rosini</p></div>
<p>Dans une écriture dépouillée qui reprend les codes classiques du thriller et notamment du sous-genre qu&rsquo;est la prise d&rsquo;otages, le cinéaste parvient avec aisance, a distillé une forte tension tant Kiritsis peut à tout moment exploser et provoquer l&rsquo;irrémédiable. Loin de sa manière abstraite, minimaliste et labyrinthique qui caractérisait, par exemple <strong>Elephant</strong>, le metteur en scène s&rsquo;inscrit dans un style pratiquement de reportage télévisuel (le mouvement saccadé des prises de vues, les images figées, les mises au point de la caméra) pour observer un personnage perdu qui se demande quel sens donner encore à son existence alors qu&rsquo;il considère avoir tout perdu. Métaphoriquement, c&rsquo;est bien lui qui a la corde au cou. Mais Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ? Un marginal qui voit s&rsquo;évanouir son rêve américain ?<br />
Van Sant qui vivait en 1977 à Los Angeles, n&rsquo;avait pas de téléviseur à cette époque. <em>« S’il y a eu,</em> dit-il, <em>des choses diffusées en direct, je les ai ratées. Quand je l’ai découverte, l’histoire de Tony Kiritsis m’a touchée. Dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, je me sens concerné, émotionnellement. »</em><br />
Entre agitation policière et médiatique, on songe évidemment à Sidney Lumet et à son excellent <strong>Après-midi de chien</strong> (1975) d&rsquo;autant qu&rsquo;Al Pacino fait une courte apparition, ici, dans le rôle du cynique M.L. Hall. Vu naguère en vampire dans le <strong>Nosferatu</strong> (2024) de Robert Eggers, l&rsquo;acteur suédois Bill Skarsgård compose brillamment un personnage éruptif et inquiétant emporté dans une action criminelle qui pulvérise soudain sa triste routine avant de se prendre pour un « héros national », d&rsquo;appeler Fred Temple à la rescousse et d&rsquo;exiger, devant les caméras, une lettre d&rsquo;immunité&#8230;<br />
Que reste-t-il du rêve américain ? La question que pose, in fine, Gus van Sant, prend une résonance qui dépasse de beaucoup l&rsquo;obscurité de la salle de cinéma.</p>
<div id="attachment_21133" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21133" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1-300x225.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine ou la famille Dayan." width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine<br />ou la famille Dayan.</p></div>
<p><strong>EIGHTIES.-</strong> Vincent et Arnaud se châtaignent comme deux frères un peu à l&rsquo;étroit dans la même chambre. L&rsquo;aîné ne jure que par le rock, le plus jeune est plus funky… Nous sommes en 1985, dans la banlieue parisienne. Et si Vincent, bientôt 13 ans, ne veut pas s&rsquo;en laisser conter par son grand bricoleur de frère, ce n&rsquo;est pas mieux du côté des parents qui se prennent la tête sans arrêt. Sandrine n&rsquo;en peut plus de servir le café dans des réunions de patrons cravatés tandis qu&rsquo;Yves donne le change. Il part tous les matins au boulot avec son attaché-case. Mais Vincent est pourtant surpris de le voir, en pleine matinée, boire, l&rsquo;air bien sombre, un café dans un bistrot. Vincent a beau être cadre, il est bien au chômage. Et il tire le diable par la queue en allant jusqu&rsquo;à emprunter de l&rsquo;argent à Arnaud qui s&rsquo;est fait un joli petit business en dealant autour de lui des compilations de rock. Vincent, qui prépare, sans grand enthousiasme, sa bar-mitsvah, est complètement sous le charme d&rsquo;Anne-Karine, une collégienne de sa classe. Alors quand il doit faire un exposé avec cette dernière, il entrevoit la possibilité d&rsquo;un grande histoire d&rsquo;amour qui lui met la tête et le coeur à l&rsquo;envers… Mais Anne-Karine semble bien insensible au charme de ce gamin qui n’est « déjà plus » un enfant et qui n’est « pas encore » un adulte&#8230;<br />
Inspiré clairement de la jeunesse, des souvenirs d&rsquo;enfance, des parents d&rsquo;Eric Toledano et Olivier Nakache, <strong>Juste une illusion</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 15 avril) est une plongée chaleureuse et nostalgique dans les aventures quotidiennes de la famille Dayan sur fond de questions et de doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.<br />
Avec beaucoup de fluidité dans la manière de distiller du bon cinéma populaire, les deux cinéastes embarquent le spectateur dans cette famille « explosive » où ça gueule sans arrêt mais où l&rsquo;on s&rsquo;aime aussi avec la même puissance.</p>
<div id="attachment_21134" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21134" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2-300x200.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: la périlleuse location d'une cassette X. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: la périlleuse location d&rsquo;une cassette X.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Film d&rsquo;époque, <strong>Juste une illusion</strong> évoque clairement des problématiques sociales avec, par exemple la référence à SOS Racisme, véritable marqueur des années 80. <em>«  Bien qu’il se déroule il y a plus de quarante ans,</em> note Eric Toledano, <em>le film porte effectivement un regard sur l’époque dans laquelle nous vivons. Ce choix est une critique en creux de la logique du repli, du « chacun pour soi » voire du « contre les autres ». Nous sommes dans une société qui exalte beaucoup les différences. Alors une fois de plus on va relire le testament de Billy Wilder qui nous semble être dans le vrai quand il lance « Quand ça va mal, faites une comédie ! »</em> De fait, dans les <em>eighties</em>, toutes les menaces étaient déjà là : la crise économique, les guerres, les attentats, la menace nucléaire, le sida&#8230;<br />
En centrant leur récit sur Vincent (remarquable Simon Boublil, choisi dans un casting de 2000 jeunes!) qui s&rsquo;apprête à vivre une série de première fois, les réalisateurs d&rsquo;<strong>Intouchables</strong> (19,4 millions de spectateurs dans les salles en 2011) livrent une chronique intime qui parlera assurément à ceux qui étaient jeunes au mitan des années 80. On y retrouve les sons de Imagination, Joy Division, The Cure, Fabrice et la valise RTL, des clins d&rsquo;oeil à <strong>Un homme et une femme</strong>, une cassette VHS baladeuse de <strong>La ruée vers Laure</strong>, <em>Touche pas à mon pote</em> et Harlem Désir et Thierry Le Luron jouant Alice Sapritch…<br />
Enfin Louis Garrel et Camille Cottin, les parents Dayan, forment un joyeux duo comique (soutenu par le numéro de Berger, le concierge par l&rsquo;épatant Pierre Lottin) et leurs échanges sur le retour d&rsquo;Afrique du Nord sont savoureux tout comme l&rsquo;idée de l&rsquo;exposé consacré à Mitterrand et Kohl se tenant la main à Verdun en 1984, qui devient la première… romance politico-homosexuelle !</p>
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		<title>La lente libération de Marianne</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 21:14:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21086" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21086" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1-300x179.jpg" alt="Marianne (Mélanie Thierry), une femme qui étouffe..." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne (Mélanie Thierry),<br />une femme qui étouffe&#8230;</p></div>
<p>Il y a quelque chose d&rsquo;hiératique et d&rsquo;intemporel, presque d&rsquo;éternel, dans la vaste demeure de la famille Casella. Quelque part dans la campagne angevine, au coeur d&rsquo;un parc boisé qu&rsquo;on imagine immense, c&rsquo;est la résidence d&rsquo;une dynastie industrielle provinciale. Un lieu qui semble échapper au poids et au mouvement du temps.<br />
Dans cette maison à la décoration élégante qui incarne une richesse qui n’a cessé de croître de générations en générations, une richesse sûre d’elle, discrètement arrogante, officie Marianne, l&rsquo;épouse d&rsquo;Antoine qui vient de reprendre la direction de l&rsquo;entreprise. Marianne est aujourd’hui, la femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même.<br />
Mais la disparition de l&rsquo;épouse d&rsquo;André va faire s&rsquo;effriter le calme apparent du cocon familial. Désormais, André, trop affaibli et réduit à demeurer dans son lit ou à bouger difficilement, a passé la main à Antoine, son fils aîné. Au cours d&rsquo;une réunion de famille qui va rapidement prendre un tour houleux, Antoine distribue de conséquents chèques à ses frères et sœurs. Tout a été estimé et réglé chez le notaire. Bob accepte. Traitant son frère de lamentable pantin et de fils à papa, Lili sa soeur, se rebelle : <em>« Ai le courage de dire que tu nous enfumes ! »</em> Lorsque les membres de la famille voudront venir dans la grande bâtisse, il leur faudra payer des nuitées…</p>
<div id="attachment_21087" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21087" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2-300x180.jpg" alt="Antoine Casella (Eric Caravaca), le nouveau chef de famille." width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Antoine Casella (Eric Caravaca),<br />le nouveau chef de famille.</p></div>
<p>Pour Antoine, pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute. Même si son père occupe toujours sa chambre, il est bien, ici, chez lui. <em>« On devrait s&rsquo;installer, ici ! »</em> glisse-t-il à Marianne. Certes, il faudrait refaire le décor, dégager les vieux bibelots mais, pour Antoine, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre solution. <em>« Sinon, tout va partir en couilles et la famille avec&#8230; »</em> Mais Marianne, l&rsquo;épouse parfaite dit : <em>« Je ne veux pas »</em>.<br />
Après avoir été journaliste de théâtre pendant quinze ans, David Roux a approché, parallèlement, le cinéma d’abord comme assistant réalisateur et conseiller littéraire puis en signant deux courts-métrages. En 2019, il est passé au « long » avec <strong>L&rsquo;ordre des médecins</strong>, projeté en première mondiale au Festival de Locarno 2018 et sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.<br />
Avec <strong>La femme de</strong>, Roux donne son deuxième long-métrage en s&rsquo;appuyant sur le roman d&rsquo;Hélène Lenoir <em>Son nom d&rsquo;avant</em> paru en 1998 (et nommé au prix du livre Inter) que sa productrice lui fait découvrir alors qu&rsquo;il vient d&rsquo;achever son premier film. <em>« C’est une plongée,</em> dit le cinéaste, <em>dans la psyché d’une femme empêchée, dans une famille de la bourgeoisie industrielle catholique de province. C’était d’emblée un défi d’adaptation très excitant. Et j’ai tout de suite vu dans son personnage principal une potentielle héroïne de cinéma, comme pouvaient en proposer les films américains des années 50, qui ont forgé ma cinéphilie. »</em><br />
De fait si <strong>La femme de</strong> peut parfois faire penser au <strong>Rebecca</strong> (1940) de Hitchcock avec ces moments où Marianne semble se réfugier dans le seul espace qui lui appartient, en l&rsquo;occurrence un <em>bow-window</em> s&rsquo;ouvrant sur une campagne paisible, on songe souvent, ici, à Claude Chabrol, illustre peintre des drames, des mesquineries et des névroses de la bourgeoisie française de province.</p>
<div id="attachment_21088" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21088" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3-300x179.jpg" alt="Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier)." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier).</p></div>
<p>A l&rsquo;instar du réalisateur de <strong>Noces rouges</strong> (1973) ou de <strong>La cérémonie</strong> (1995), David Roux révèle ce qui se trame dans la maison Casella. Et, de préférence, de manière insidieuse, quotidienne, silencieuse. Car, dans cette famille « exemplaire » où André se conduit comme un vieillard tyrannique, il y a du scandale comme de la transgression. Ainsi lorsqu&rsquo;on découvre la liaison de Marianne avec son beau-frère où, étrangement, Marianne n&rsquo;est plus une petite chose fragile et pure. C&rsquo;est elle qui embrasse Bob comme si, au moment où Antoine s&rsquo;apprête à la boucler dans une maison dont elle ne veut pas, elle mettait un prix en face de cette trahison&#8230;<br />
Excellant à raconter le fonctionnement ordinaire d&rsquo;une grande famille bourgeoise (ah, les séquences dans le pensionnat religieux que fréquentent les deux enfants d&rsquo;Antoine et Marianne), le réalisateur de <strong>La femme de</strong> donne, évidemment, un très beau portrait de femme. Dans ces décors superbes mais étouffants souvent filmés avec des cadres dans le cadre, Marianne ressemble à un moineau qui manque singulièrement d&rsquo;air. Alors quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Antoine a demandé à Johann Sameck, un artiste réputé, de venir réaliser des photos dans la propriété. Lorsque le regard de Johann croise celui de Marianne, c&rsquo;est un pan entier de sa jeune vie qui lui revient en pleine figure. Et qui éclaire alors l&rsquo;énigmatique séquence d&rsquo;ouverture du film… Pour Marianne, Johann apparaît instantanément comme un homme aux antipodes des hommes de la famille Casella. Comme s’il ne vivait pas au même rythme qu’eux. Sa simple présence la trouble. Il est là et, contrairement aux siens, il la regarde et l’écoute. Soudain ça change tout : puisqu’elle est écoutée, Marianne s’autorise à parler et, probablement, elle se formule à elle-même des choses qu’elle n’osait pas admettre.</p>
<div id="attachment_21089" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21089" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4-300x179.jpg" alt="Réunion de famille chez les Casella. Photos ElianeAntoinette" width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Réunion de famille chez les Casella.<br />Photos ElianeAntoinette</p></div>
<p>A cause de Johann, Marianne, révélée à à elle-même, se demande si une autre vie elle possible. Et à quel prix ?<br />
Grâce à un beau casting (Eric Caravaca en Antoine, Jérémie Renier en photographe, Arnaud Valois en Bob ou Jérôme Deschamps dans le personnage d&rsquo;André) mené par Mélanie Thierry, épatante en femme qui fait face à son impuissance mais qui cherche quand même obstinément à changer le cours implacable des choses, <strong>La femme de</strong> est un récit féministe qui parle de survie.<br />
Au dernier plan du film, Marianne est seule dans sa voiture. Avec l&rsquo;esquisse d&rsquo;un sourire sur ses traits, elle roule. Elle avance au son de <em>Ain&rsquo;t Got no, I got life</em> chanté par Rosemary Standley. J&rsquo;ai pas de, j&rsquo;ai la vie…</p>
<p><strong>LA FEMME DE</strong> Drame (France – 1h33) de David Roux avec Mélanie Thierry, Eric caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau, Jules Mariot, Nathalie Bécue, Alexandra Stewart. Dans les salles le 8 avril.</p>
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		<title>Les terribles secrets de Ray Stocker</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21072" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21072" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4-300x124.jpg" alt="Jay Stocker (Daniel Day-Lewis) ou la souffrance d'un soldat perdu. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay Stocker (Daniel Day-Lewis)<br />ou la souffrance d&rsquo;un soldat perdu. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une campagne vert sombre sur laquelle passent des nuages lourds et souffle un vent fort. Un paysage à perte de vue que la caméra balaye pour plonger, à travers la cime des arbres, sur un homme qui coupe du bois à deux pas de sa petite maison en pierre. Ailleurs, dans une petite ville, un autre homme va se mettre en route. <em>« Je pars quelques jours »</em> dit-il à son fils tandis que son épouse, dans une robe de chambre rose, le regarde, sombrement, enfourcher sa moto. L&rsquo;homme fonce sur la route à travers la lande avant d&rsquo;entrer dans des chemins boueux au bout desquels il camouflera son engin sous des branchages. Sur un bout de papier, dans sa poche, il a une longitude et une latitude. Le motard va rejoindre le petit cabanon où Ray Stocker mange des sardines à même la boîte. Ray a empoigné une hachette mais, aux accents du <em>Solitude</em> de Black Sabbath, il va faire du thé pour ce visiteur qu&rsquo;il ne connaît que trop bien.<br />
Car voilà dix ans que Ray Stocker s&rsquo;est exilé au coeur d&rsquo;une forêt reculée d&rsquo;Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Jem Stocker est venu renouer le contact. Pour Ray, après une décennie de silence, c&rsquo;est l&rsquo;heure de se confronter à son drame, à ses traumatismes, à ses secrets&#8230;<br />
Titulaire de pas moins de trois Oscar du meilleur acteur (pour ses interprétations de Christy Brown dans <strong>My Left Foot</strong> en 1989, de Daniel Plainview dans <strong>There Will Be Blood</strong> en 2007 et d&rsquo;Abraham Lincoln dans <strong>Lincoln</strong> en 2012), Daniel Day-Lewis est reconnu pour l&rsquo;intensité dramatique de son jeu. Le comédien britannique de 68 ans n&rsquo;était plus apparu sur le grand écran depuis 2017 et sa performance en couturier de luxe plutôt torturé dans le <strong>Phantom Thread</strong> de Paul Thomas Anderson. A l&rsquo;époque, l&rsquo;acteur avait annoncé qu&rsquo;il se retirait du monde du cinéma.</p>
<div id="attachment_21069" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21069" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1-300x124.jpg" alt="Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent longtemps après... DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent<br />longtemps après&#8230; DR</p></div>
<p><strong>Anémone – Les racines du mensonge</strong> marque donc son retour dans un drame sombre et intrigant qui est (doublement, sur l&rsquo;écran et dans la vie) une affaire de famille. C&rsquo;est en effet Ronan Day-Lewis qui signe, ici, son premier long-métrage de cinéma en offrant à son père le rôle de Ray, le soldat perdu. <em>« Pour lui,</em> dit le cinéaste, <em>disparaître est la seule façon de surmonter son traumatisme. Il s’est infligé une vie difficile, une vie d’ascète, en se fondant presque dans la nature. Il se réfugie dans cette nature sans artifice, dans la survie pure, ainsi que dans les contraintes physiques extrêmes qu’il s’impose chaque jour…. »</em><br />
Quand, dans sa masure, on découvre Ray, l&rsquo;homme semble s&rsquo;être imposé une sorte de mort spirituelle. Ce type est un reclus en pleine nature, surveillant, probablement la tête dans ses souvenirs, les anémones de son jardin. Avec beaucoup de difficulté d&rsquo;abord, avec même une véritable hostilité de la part de Ray, Jem va amener son aîné à mettre des mots sur ses souffrances. Avec surprise, consternation et enfin rage, Jem mesurera le calvaire de Ray.<br />
Le film repose sur la révélation des drames vécus par ce soldat traumatisé de la guerre en Irlande du Nord mais aussi sur les sévices subis auprès d&rsquo;un prêtre. Pour livrer ces moments tragiques ou absolument sordides (y compris dans la manière terrible dont Ray se vengera du religieux), le cinéaste a choisi de confier les longs monologues de Ray à un Daniel Day-Lewis dont la caméra scrute au plus près les traits.</p>
<div id="attachment_21070" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21070" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2-300x124.jpg" alt="Nessa (Samantha Morton) s'inquiète pour Brian. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Nessa (Samantha Morton)<br />s&rsquo;inquiète pour Brian. DR</p></div>
<p>Capable de tout jouer, de l&rsquo;aristocrate au voyou, le comédien excelle dans ces récits&#8230; Et on comprend bien que ce retour au grand écran était dû à la présence de son fils derrière la caméra mais aussi à la qualité de ce que l&rsquo;acteur pouvait défendre.<br />
Artiste peintre largement exposé à l&rsquo;international, Ronan Day-Lewis a signé des courts-métrages et des clips, réalisant notamment une trilogie vidéo pour <em>Les enfants terribles</em> de Philip Glass, interprétées par Katia et Marielle Labèque. Ici, il s&rsquo;attache au thème de la fratrie pour en explorer la complexité, la versatilité, l&rsquo;intimité, montrer comment ces relations peuvent basculer de l&rsquo;amour à la fureur en quelques instants.<br />
S&rsquo;il fait du cinéma, dit le cinéaste, c&rsquo;est pour ouvrir des portails vers d&rsquo;autres mondes. <strong>Anémone</strong> distille aussi des atmosphères fantastiques et très picturales. Le directeur de la photo Ben Fordesman s&rsquo;est appuyé sur le passé de peintre de Ronan Day-Lewis et son usage récurrent du bleu, tournant fréquemment durant « l’heure bleue » crépusculaire, entre le jour et la nuit pour réussir des scènes au clair de lune qui prolongent les errances nocturnes de Ray et Jem. Passent ainsi une forme humaine en glace luminescente ou encore un gigantesque poisson mort glissant dans une rivière&#8230;</p>
<div id="attachment_21071" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21071" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3-300x124.jpg" alt="Jay dans son jardin. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay dans son jardin. DR</p></div>
<p><strong>Anémone</strong> est un film exigeant qui demande au spectateur une particulière disponibilité. A ce prix, on peut cheminer dans les pas de ces types pathétiques et paumés, vétérans de sales guerres, bien incarnés par Daniel Day-Lewis toujours habité et par Sean Bean en taiseux Jem.<br />
Dans quelques scènes qui emportent le spectateur loin de la masure ou des vastes espaces de nature et de plages dans lesquels les deux frères évoluent, on retrouve une petite cité comme on en voit dans les films de Stephen Frears ou de Ken Loach. C&rsquo;est là que vit Nessa (Samantha Morton, vue dans<strong> In America</strong> en 2003, <strong>The Whale</strong> en 2023 et bientôt dans<strong> The Odyssey</strong> de Christopher Nolan), la femme de Jem et la mère de Brian (Samuel Bottomley), un jeune adulte complètement perturbé par le fait de ne plus savoir qui est son père. Sur une moto, Ray reviendra vers les siens. Réussira-t-il à renouer les liens ?</p>
<p><strong>ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE</strong> Drame (Grande-Bretagne – 2h06) de Ronan Day-Lewis avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley, Safia Oakley Green. Dans les salles le 25 mars.</p>
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		<title>Luchaire, père et fille, dans la boue de la collaboration</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21008" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21008" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres2-300x125.jpg" alt="Jean Luchaire (Jean Dujardin) et sa fille Corinne (Nastya Golubeva). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Luchaire (Jean Dujardin)<br />et sa fille Corinne (Nastya Golubeva). DR</p></div>
<p>Une jeune femme à la mine souffreteuse couvre sa tête d&rsquo;un foulard et chausse des lunettes sombres. Nous sommes à Paris en 1948 et cette mère d&rsquo;une petite Brigitte sort de son immeuble pour rejoindre un parc où sa fillette joue dans un bac à sable. Deux hommes qui la guettaient, la suivent et la molestent, la jetant à terre tout en l&rsquo;insultant. Elle n&rsquo;aura la vie sauve que grâce à l&rsquo;intervention d&rsquo;une voisine et d&rsquo;un agent de police. <em>« Il faut aller porter plainte ! </em>» Mais la jeune femme ne veut pas entendre parler de la police… Sa voisine, récemment émigrée du Chili avec son mari, lui confie le magnétophone dont elle se sert pour ses consultations d&rsquo;orthophoniste.<br />
Dans une certaine confusion de sa mémoire, Corinne Luchaire va alors tenter, dans une suite de flash-backs, de retrouver le fil des événements d&rsquo;une sinistre odyssée vécue, dans la France occupée, au côté de son père&#8230;<br />
Si le cinéma français s&rsquo;est souvent penché sur la période de l&rsquo;Occupation et largement sur la place de la Résistance, il s&rsquo;est beaucoup moins attaché à la collaboration. Il faut ainsi remonter à 1974 et à <strong>Lacombe Lucien</strong> pour avoir une œuvre forte sur le sujet. Le film fit du bruit. En questionnant l&rsquo;héroïsme de l&rsquo;engagement au regard du hasard des circonstances, Louis Malle provoqua une imposante polémique qui l&rsquo;amena, d&rsquo;ailleurs, à quitter la France pour aller travailler, dix ans durant, à Hollywood.<br />
Réalisateur de productions populaires comme <strong>Quand j&rsquo;étais chanteur</strong> (2006) ou <strong>Marguerite</strong> (2015) mais aussi de films d&rsquo;auteur comme <strong>A l&rsquo;origine</strong> (2009) ou <strong>L&rsquo;apparition</strong> (2018), Xavier Giannoli a signé, en 2021, avec <strong>Illusions perdues</strong>, une belle adaptation de Balzac. On y croisait l&rsquo;ambitieux Lucien de Rubempré qui constate que <em>« tout s’achète et se vend, la littérature comme la presse, la politique comme les sentiments, les réputations comme les âmes&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21007" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21007" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres1-300x125.jpg" alt="Jean Luchaire dans la salle de rédaction des Nouveaux temps. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Luchaire dans la salle de rédaction<br />des Nouveaux temps. DR</p></div>
<p>Avec cette fresque historique dans la France sous la botte allemande qu&rsquo;est <strong>Les rayons et les ombres</strong> (le titre fait référence au recueil éponyme de poèmes de Victor Hugo), le cinéaste pourrait aisément reprendre certains traits de Rubempré pour les appliquer à Jean Luchaire. Giannoli a fait le choix de raconter l&rsquo;aventure de Jean Luchaire à travers le regard et les souvenirs de sa fille Corinne.<br />
Né en 1901 dans une famille bourgeoise, Jean Luchaire se consacre, après avoir assisté à la montée du fascisme en Italie, au journalisme en France. Il s&rsquo;oppose au traité de Versailles qu&rsquo;il juge injuste pour l&rsquo;Allemagne. Humaniste et homme de gauche, Luchaire se fait, dès les années 1920, le promoteur d&rsquo;un rapprochement entre la France et l&rsquo;Allemagne. C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;il soutient la politique extérieure de pacification européenne d&rsquo;Aristide Briand. A cette époque, Luchaire, devenu ami avec l&rsquo;Allemand Otto Abetz, oeuvre pour l&rsquo;amitié franco-allemande. Aucun d&rsquo;eux n&rsquo;a alors d&rsquo;attirance pour le nazisme. Mais l&rsquo;arrivée au pouvoir d&rsquo;Hitler en Allemagne en 1933 va progressivement faire d&rsquo;eux des complices objectifs du nouveau régime.<br />
Luchaire est convaincu que l’établissement d’une paix définitive passe par une politique de conciliation entre les deux pays. En mars 1933 : il écrit <em>« Européens, nous devons traiter avec les gouvernements européens quels qu&rsquo;ils soient. (…) Stresemann nous était plus sympathique qu&rsquo;Hitler mais Hitler, c&rsquo;est l&rsquo;Allemagne. (…) Au surplus, ce qui compte essentiellement à nos yeux, c&rsquo;est la paix. La liberté n&rsquo;est le plus précieux des biens qu&rsquo;à condition de vivre. »</em></p>
<div id="attachment_21009" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21009" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres3-300x125.jpg" alt="Otto Abetz (August Diehl), du pacifiste au dignitaire nazi. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Otto Abetz (August Diehl),<br />du pacifiste au dignitaire nazi. DR</p></div>
<p>En 1937, Otto Abetz est expulsé de France. Il va réapparaitre, sous l&rsquo;uniforme nazi, comme ambassadeur d&rsquo;Allemagne à Paris (alors que le gouvernement français se trouve à Vichy), chargé d&rsquo;une politique de collaboration entre le Troisième Reich et la France vaincue. Jean Luchaire fonde alors <em>Les Nouveaux temps</em>, organe de presse visant à soutenir la politique d&rsquo;Abetz.<br />
De son côté, Corinne, la fille aînée de Jean Luchaire, va faire parler d&rsquo;elle sur la scène artistique. Remarquée au théâtre en 1937 dans <em>Altitude 3200</em>, une pièce écrite par son grand-père, elle est engagée à 17 ans par le réalisateur Léonide Moguy qui lui offre le premier rôle de <strong>Prison sans barreaux</strong> (1938). Fascinée par les ors du spectacle (elle admire Greta Garbo), elle tourne six films en deux ans, notamment avec Pierre Chenal ou Raymond Bernard. Mais la tuberculose, probablement héritée de son père, va mettre un terme à sa carrière.<br />
A ce couple parfois étrange dans sa proximité, s&rsquo;ajoute donc le personnage d&rsquo;Otto Abetz, l&rsquo;ami allemand et francophile de Luchaire aux heures exaltantes du pacifisme européen. Abetz rejoindra le NSDAP. Nommé à Paris, Abetz accolera son prénom à la <em>Liste Otto</em> des ouvrages interdits par la censure allemande. Il organise aussi l&rsquo;expropriation des biens privés appartenant à des familles juives et fait main basse sur de prestigieuses collections d&rsquo;art appartenant à de fortunés amateurs juifs…<br />
Avec aisance (on ne voit pas passer les 195 minutes du film), Xavier Giannoli nous embarque dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un duo fusionnel père-fille qui plonge dans la boue noire de la collaboration. Tandis que les nazis oeuvrent méthodiquement à leur projet, qu&rsquo;une élite parisienne fréquente les fêtes gourmandes de l&rsquo;ambassade allemande et que Céline se livre à ses délires, on suit ainsi Luchaire à la tête de son journal <em>Les Nouveaux temps</em>, jonglant avec les prises de position collaborationnistes et les problèmes d&rsquo;argent. Flambeur, Luchaire est un séducteur, amateur de fêtes et collectionneur de femmes (on lui prête des liaisons avec de nombreuses comédiennes comme Marie Bell ou Mireille Balin) qui va aller au bout d&rsquo;une trajectoire sordide qui lui vaudra d&rsquo;être fusillé en février 1946 au fort de Châtillon.<br />
Avec une image qui donne la prime aux couleurs froides sauf dans les lieux de débauche où Luchaire et Corinne se divertissent entre sexe, alcool et drogues, <strong>Les rayons et les ombres</strong> raconte une France nauséabonde, longtemps majoritairement acquises à l’État français de Pétain, ne l&rsquo;oublions pas, où ces ignobles tristes sires semblent complètement hors-sol (même si Luchaire rend « de petits services » à de malheureuses familles juives) par rapport à une Occupation brutale et antisémite tandis que la tragique ombre de la Shoah s&rsquo;élève sur l&rsquo;Europe.</p>
<div id="attachment_21010" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21010" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres4-300x125.jpg" alt="Corinne Luchaire, éphémère vedette du cinéma français des années trente et quarantaine. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Corinne Luchaire, éphémère vedette du cinéma français des années trente et quarantaine. DR</p></div>
<p>A la fin de la guerre, Luchaire et sa fille fileront vers Sigmaringen, côtoyant une ultime fois Pétain ou Céline avant d&rsquo;être arrêtés sur une route de Forêt-Noire en mai 1945. La malheureuse Corinne, elle, aura eu l&rsquo;occasion de passer par un sanatorium où l&rsquo;on lui inflige de douloureux pneumo-thorax avant d&rsquo;être condamnée à dix ans d&rsquo;indignité nationale.<br />
<strong>Les rayons et les ombres</strong> dresse le terrible tableau de Français qui ont choisi, en toute connaissance de cause, le mauvais camp et qui s&rsquo;y sont complu, se vautrant autant dans le stupre que dans la corruption. Mais Luchaire représente, lui, une forme d&rsquo;élite intellectuelle, plus condamnable encore que les lamentables margoulins du marché noir. On entend le procureur au procès du journaliste affirmer <em>« que les mots des salauds arment le bras des imbéciles »</em>. Un propos qui a quelque chose de singulièrement contemporain !<br />
Incarnant un Luchaire charmeur, matois et inquiétant, Jean Dujardin est remarquable. Tout comme le comédien allemand August Diehl, vu récemment dans <strong>La disparition de Josef Mengele</strong>, dans le rôle d&rsquo;Abetz. La révélation du film, c&rsquo;est Nastya Golubeva, 22 ans, la fille de Léos Carax, qui fait de Corinne Luchaire une femme-enfant comme en lévitation dans le chaos de l&rsquo;Occupation.<br />
Dans le Paris d&rsquo;après-guerre, évidemment en butte à l&rsquo;hostilité générale, la recluse Corinne (elle mourra en 1950 à 28 ans) voit un jour Léonide Moguy frapper à sa porte. Le cinéaste juif originaire d&rsquo;Ukraine, lui dit : <em>« Je ne te condamne pas, mais est-ce que tu as cherché à savoir ? »</em> Devant le silence de Corinne, il ajoutera un très romanesque <em>« Il nous reste le cinéma&#8230; »</em></p>
<p><strong>LES RAYONS ET LES OMBRES</strong> Drame (France – 3h15) de Xavier Giannoli avec Jean Dujardin, Auguste Diehl, Nastya Golubeva, André Marcon, Chloé Astor, Lucie Vignolle, Olivier Chantreau, Anna Prochniak, Valeriu Andriuta, Philippe Torreton, Vincent Colombe, Maria Cavalier-Bazan, François de Brauer, Meherio Patoux, Elina Löwensohn. Dans les salles le 18 mars.</p>
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		<title>Des yaourts bio et des flics bas du front</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 17:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_20996" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20996" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix1-300x125.jpg" alt="&quot;La guerre...&quot;: Audrey (Ana Girardot) et Bruno (Olivier Gourmet) en négociation. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La guerre&#8230;&nbsp;&raquo;: Audrey (Ana Girardot)<br />et Bruno (Olivier Gourmet) en négociation. DR</p></div>
<p><strong>NÉGOCIATION.-</strong> <em>« Trente minutes, les gars ! »</em> Chez Derval, un centre commercial de province, c&rsquo;est l&rsquo;heure matinale où le personnel achève de charger les rayonnages. Audrey Dumont, cheffe de rayon, travaille aux yaourts… Elle suit aussi de près le travail de son frère Ronan qui, avec les 72 vaches de sa ferme, produit des yaourts bio… Et voilà qu&rsquo;Audrey se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec Bruno Fournier, un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey, forte de ses convictions et prête à se battre pour elles, découvre un système impitoyable.<br />
Assurément, Anthony Déchaux, dont <strong>La guerre des prix</strong> (France – 1h36. Dans les salles le 18 mars) est le premier long-métrage, apprécie le cinéma de Stéphane Brizé, le réalisateur de la « trilogie » <strong>La loi du marché</strong> (2015), <strong>En guerre</strong> (2018) et <strong>Un autre monde</strong> (2021). Et sans doute aussi, y a-t-il une source d&rsquo;inspiration du côté d&rsquo;un film comme <strong>Petit paysan</strong> (2017)… Car voici un film qui mêle, dans une veine très réaliste, les enjeux contemporains de la paysannerie française et, ceux, aussi méconnus que complexes, des grands groupes de l&rsquo;agro-alimentaire.<br />
Evoquant la naissance de son projet, le cinéaste se souvient : <em>« En tant que comédien, je fais régulièrement des interventions de théâtre en entreprise pour y jouer des saynètes et animer des débats avec les salariés. Un jour, je me suis retrouvé à participer au séminaire annuel des acheteurs d’une enseigne de grande distribution. J’ai encore mot pour mot la formule d’introduction du directeur : « si on est réunis aujourd’hui dans cette salle, c’est pour savoir qui sont les requins et qui sont les requins-tueurs. Et nous, les requins, on n’en veut pas, ce qu’on cherche, ce sont les requins-tueurs ». Les interventions se sont enchainées tout au long de la journée dans la même veine. J’étais abasourdi par ce ton aussi décomplexé : « on veut du sang » ; « si un fournisseur sort content de sa négo, c’est que vous n’avez pas fait votre boulot » ; « le win-win, ça n’existe pas » &#8230; Il y avait là des centaines de personnes, et personne ne réagissait. Je suis sorti en me demandant ce que pouvaient bien penser tous ces gens : est-ce qu’ils sont tous ok avec cette logique, est-ce qu’ils ont le choix, est-ce que ça fait partie du folklore ? Le monde de l’entreprise, je le connais, j’ai évolué dedans pendant un temps, je sais qu’il peut être dur et violent. Mais là, c’était tout autre chose, je n’avais jamais entendu de tels discours&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20997" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20997" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix2-300x125.jpg" alt="&quot;La guerre...&quot; Ronan (Julien Frison), un fermier qui produit des yaourts bio. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La guerre&#8230;&nbsp;&raquo; Ronan (Julien Frison),<br />un fermier qui produit des yaourts bio. DR</p></div>
<p>En s&rsquo;appuyant sur les codes du thriller, ce sont donc ces méthodes que raconte <strong>La guerre des prix</strong>. Avec, au coeur du propos, cette fille d&rsquo;agriculteurs passée dans la grande distribution parce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas envie de vivre ce qu&rsquo;avaient enduré ses parents. Et que son frère vit encore. Mais l&rsquo;univers de la centrale parisienne n&rsquo;a rien, non plus, d&rsquo;un long fleuve tranquille… Loin s&rsquo;en faut.<br />
Anthony Déchaux dit que son film n&rsquo;est pas <em>« un documentaire mais une fiction documentée »</em>. De fait, même si on saisit pas tout dans ces négociations entre distributeur et fournisseurs, on mesure aisément que tous les coups sont permis. Et qu&rsquo;il s&rsquo;agit de frapper fort. Pour dire le vrai, on a parfois l&rsquo;impression de voir s&rsquo;affronter des mafieux de la meilleure eau. Quant à la box étanche dans laquelle se mènent les tractations, elle a tout des salles d&rsquo;interrogatoire du FBI. Mais sans la glace sans tain. Quant au « code noir » (la menace de déréférencement complet), il a de singulières allures de racket.<br />
Avec une belle énergie même si son personnage finit par douter, Ana Girardot se glisse avec aisance dans la peau d&rsquo;Audrey Dumont. A ses côtés, l&rsquo;excellent Olivier Gourmet compose, avec Bruno Fournier, un négociateur sans états d&rsquo;âme qui lâche un <em>« A la fin, c&rsquo;est toujours une question d&rsquo;argent »</em> qui résume le fond du problème. En sortant de la salle, on a des frissons à l&rsquo;idée d&rsquo;aller dans une grande surface&#8230; A voir !</p>
<div id="attachment_20998" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20998" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_1-300x168.jpg" alt="&quot;Police Flash...&quot;: Yvon Kastendeuch (François Damiens&quot;, un flic à l'ancienne. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Police Flash&#8230;&nbsp;&raquo;: Yvon Kastendeuch<br />(François Damiens&nbsp;&raquo;, un flic à l&rsquo;ancienne. DR</p></div>
<p><strong>EIGHTIES.-</strong> Johnny Lansky est tombé. Mais ce n&rsquo;est pas au champ d&rsquo;honneur de la police nationale. Flic, Lansky l&rsquo;était assurément mais c&rsquo;était aussi une parfaite crapule qui en croquait allègrement avec les dealers qu&rsquo;il devait traquer. Mais voilà, le mythique Lansky à force de pousser le bouchon trop loin, s&rsquo;est fait fumer. Fin de parcours sur le marbre d&rsquo;une morgue. Où son fidèle copain Yvon Kastendeuch pleure toutes les larmes de son corps. Tout en décidant de faire payer les auteurs du crime. Car Lansky, comme il est dit dans son oraison funèbre, était un vrai flic. Il buvait, fumait et roulait vite&#8230;<br />
Cependant, pour contrer les méthodes « à l&rsquo;ancienne » d&rsquo;Yvon, son supérieur le propulse à la tête de Police Flash 80, une « unité d&rsquo;élite » où il devra faire équipe avec Guilaine Roblot-Bernard, major de sa promo à l&rsquo;école de police et… mère surmenée, Marfoud, un geek du minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue qui se cache derrière les activités culturelles d&rsquo;une MJC dirigée par le sémillant mais un peu trop charmant Luc Le Timal&#8230;<br />
Avec <strong>Police Flash 80</strong> (France – 1h21. Dans les salles le 18 mars), Jean-Baptiste Saurel signe une comédie policière vintage qui se déroule au mitan des années 80 alors que le trafic de drogue prend une réelle ampleur dans la capitale. Il lorgne pour cela du côté des films que Belmondo et Delon tournaient à cette époque-là. Un temps où les poulets avaient le calibre bien coincé dans la ceinture du jeans…<br />
En racontant les aventures d&rsquo;une brigade très improbable, le cinéaste s&rsquo;amuse évidemment à faire des digressions sur notre époque. <em>« Vous verrez,</em> dit un flic, <em>un jour, il y aura des guetteurs sur le toit des barres pour prévenir les dealers au bas des immeubles de l&rsquo;arrivée de la police&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20999" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20999" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_2-300x168.jpg" alt="&quot;Police Flash...&quot; : Luc Le Timal (Thomas Ngijol) et Guilaine (Audrey Lamy). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Police Flash&#8230;&nbsp;&raquo; : Luc Le Timal (Thomas Ngijol) et Guilaine (Audrey Lamy). DR</p></div>
<p>Tout cela supposait un gros travail de reconstitution. Les décorateurs, les costumiers, les accessoiristes, le maquillage, les coiffeurs avaient du pain sur la planche et ils s&rsquo;en sortent à leur avantage. Evidemment, la bande-son du film est au diapason avec <em>Nuit sauvage</em> (<em>« La nuit est chaude&#8230; »</em>) des Avions, <em>Paris Latino</em> de Bandolero, <em>Kolé Séré</em> de Philippe Lavil, <em>Etienne Etienne</em> de Guesch Patti, <em>Pas toi</em> de Jean-Jacques Goldman ou <em>Le lac du Connemara</em> de Michel Sardou, le chanteur préféré d&rsquo;Yvon Kastendeuch&#8230;<br />
A propos de ce film allègre et marrant, Thomas Ngijol, père de l&rsquo;idée originale, co-scénariste et interprète de Luc Le Timal, explique : <em>« Ce projet, c’est une espèce de fantasme de jeunesse. J’ai toujours voulu créer un film de flics qui chassent un grand méchant et veulent éradiquer le fléau de la drogue. C’était le grand sujet des années 80, les intrigues terroristes n’existaient pas. »</em><br />
Le grand plaisir de ce film jubilatoirement rétro, c&rsquo;est évidemment de voir le brillantissime François Damiens en beauf complet, flic pourri et inconscient qui, à propos de son usage du code de déontologie, affirme qu&rsquo;il <em>« se torche avec&#8230; »</em> Au grand dam de Guilaine (Audrey Lamy), Roberto (Xavier Lacaille) et Mafoud (Brahim Bouhlel) sans oublier Philippe Rebbot en commissaire bien ripou&#8230; Joyeusement ringard et pas mal nostalgique !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Victor Hugo, Alfred Hitchcock et aussi des balles jaunes et orange</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 12:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[PERE.- Robert Zucchini a tout d&#8217;un homme ordinaire. D&#8217;ailleurs, il va, tous les matins, à la boulangerie de son quartier parisien pour s&#8217;acheter son petit pain. Mieux, il bavarde avec la boulangère et sa jeune stagiaire. Mais quand Zucchini franchit les portes du théâtre, c&#8217;est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l&#8217;oeuvre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_20984" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20984" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor1-300x176.jpg" alt="&quot;Victor...&quot;: Robert Zucchini (Fabrice Lucchini) en scène. DR" width="300" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Victor&#8230;&nbsp;&raquo;: Robert Zucchini (Fabrice Lucchini)<br />en scène. DR</p></div>
<p><strong>PERE.-</strong> Robert Zucchini a tout d&rsquo;un homme ordinaire. D&rsquo;ailleurs, il va, tous les matins, à la boulangerie de son quartier parisien pour s&rsquo;acheter son petit pain. Mieux, il bavarde avec la boulangère et sa jeune stagiaire. Mais quand Zucchini franchit les portes du théâtre, c&rsquo;est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l&rsquo;oeuvre de Victor Hugo. Chaque soir, il remplit la salle et comble les spectateurs en leur transmettant son amour des mots. Parlant de la perte de Léopoldine, la fille de 19 ans ou évoquant avec fougue <em>Booz endorm</em>i… <em>« Ruth songeait et Booz dormait ; l&rsquo;herbe était noire ;</em><br />
<em> Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;</em><br />
<em> Une immense bonté tombait du firmament ;</em><br />
<em> C&rsquo;était l&rsquo;heure tranquille où les lions vont boire. »</em><br />
Pourtant l&rsquo;acteur semble aussi traîner une douce mélancolie lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas en scène. Un jour, il apprend la disparition de celle qui fut autrefois sa femme et la mère de Lisbeth, cette fille qu&rsquo;il a complètement perdu de vue. Et si c&rsquo;était enfin le moment de renouer le lien ? Et si, pour une fois, aimer valait mieux qu&rsquo;admirer ?<br />
<strong>Victor comme tout le monde</strong> (France – 1h28. Dans les salles le 11 mars), c&rsquo;est de l&rsquo;absolu sur-mesure pour Fabrice Luchini, présent constamment à l&rsquo;image. Du personnage de Robert Zucchini, le réalisateur Pascal Bonitzer dit : <em>« Ce n&rsquo;est pas Fabrice. C’est un personnage issu d&rsquo;un monde parallèle. À la fois complètement lui et pas du tout. Il faut d&rsquo;ailleurs dire un mot sur le spectacle qu’interprète Zucchini. Parce que l’on pourrait croire que le scénario a été écrit à partir du spectacle que Fabrice fait sur Hugo. Alors que c&rsquo;est le contraire. Au moment de l’écriture du scénario, ce spectacle d’ailleurs prodigieux n’existait pas encore…. »</em> Mais, et ce serait dommage, le film ne se prive pas de se servir des représentations de Fabrice Lucchini au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Différentes soirées ont été enregistrées. Des moments spécifiques du spectacle, plus ou moins en rapport avec la fiction, ont été mêlés à des scènes écrites dans le scénario comme celle où Zucchini paraît sur le point de perdre la maîtrise de sa représentation, notamment à cause d’incidents comme la survenue de Lisbeth parmi les spectateurs.</p>
<div id="attachment_20985" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20985" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor2-300x176.jpg" alt="&quot;Victor...&quot;: Zucchini et sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) à Guernesey. DR" width="300" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Victor&#8230;&nbsp;&raquo;: Zucchini et sa fille Lisbeth<br />(Marie Narbonne) à Guernesey. DR</p></div>
<p>Dans cette histoire écrite par Sophie Fillières avant sa disparition prématurée en 2023, Robert Zucchini est à la fois un petit peu Fabrice Lucchini et en même temps pas du tout lui puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une fiction. C&rsquo;est justement ce jeu qui donne tout son charme à <strong>Victor comme tout le monde</strong>. Les fans de Fabrice Lucchini trouveront, ici, de quoi satisfaire leur passion et il en va probablement de même pour les amateurs de Victor Hugo. Auquel Zucchini/Lucchini rend un bel hommage quasiment lyrique.<br />
Au final, voici un film en trompe-l’œil, un feuilleté temporel et imaginaire où les fictions s&rsquo;interpénètrent. Entre Hugo et Zucchini, passé et présent, fantasmes et réalité, deux hommes perdus, chacun à leur manière, apparaissent drôles et mélancoliques, tendres et âpres. Et c&rsquo;est touchant à souhait.</p>
<div id="attachment_20978" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20978" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage1-300x125.jpg" alt="&quot;Le crime...&quot;: Colette (Laetitia Casta) et François (Gilles Lellouche). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le crime&#8230;&nbsp;&raquo;: Colette (Laetitia Casta)<br />et François (Gilles Lellouche). DR</p></div>
<p><strong>SUSPENSE.-</strong> François Tarnowski est écrivain et, dans son bel appartement parisien, il sort de son pyjama pour endosser les moustaches et les tenues 19<sup>e</sup> siècle de son personnage principal, le marquis de la Rose, qui croise le fer avec de sombres individus. Sa compagne, Colette Courreau, enseigne le cinéma à la Sorbonne et s&rsquo;est imposée comme une spécialiste de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Alfred Hitchcock. Un jour, un nouveau voisin s&rsquo;installe en face de chez eux, un étage en-dessous. Yann Kerbec est un acteur qui joue Shakespeare dans un théâtre du 13<sup>e</sup> arrondissement. Ils invitent ses nouveaux voisins à une représentation de son <em>Hamlet</em>. Colette est ravie. François ronchonne. Les choses vont prendre une inquiétante tournure lorsqu&rsquo;à sa fenêtre sur cour, Colette voit Kerbec menacer et frapper sa femme&#8230;<br />
Evidente déclaration d&rsquo;amour au cinéma, <strong>Le crime du 3<sup>e</sup> étage</strong> (France – 1h44. Dans les salles le 11 mars) est un joyeux exercice de style. Avec ses fulgurances bienvenues et, évidemment, ses limites.<br />
<em>« Comme dans tous les films qui mélangent plusieurs genres,</em> dit le cinéaste, <em>la complexité de ce projet a été surtout de bien doser l’humour, le suspense et la comédie romantique, ne pas privilégier un genre plus qu’un autre et trouver les bonnes transitions. Je me suis toujours senti plutôt à l’aise dans la tragi-comédie, j’aime désamorcer le drame par l’humour, passer du chaud au froid, mais là, la difficulté était d’y ajouter en plus une dose de suspense à la Hitchcock. »</em></p>
<div id="attachment_20979" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20979" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage2-300x125.jpg" alt="&quot;Le crime...&quot;: Yann Kerbec (Guillaume Gallienne). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le crime&#8230;&nbsp;&raquo;: Yann Kerbec<br />(Guillaume Gallienne). DR</p></div>
<p>De fait, le huitième long-métrage de Rémi Bezançon après de jolis moments de cinéma (<strong>Ma vie en l&rsquo;air</strong> en 2005, <strong>Le premier jour du reste de ma vie</strong> en 2008 ou <strong>Le mystère Henri Pick</strong> en 2019), se veut un jeu de piste qui repose sur le fameux <strong>Fenêtre sur cour</strong> (1954). Un film-culte dans lequel Sir Alfred (on le voit passer dans le film comme dans ses propres rituelles apparitions) décide de ne jamais déplacer la caméra hors de l’appartement de Jeff (James Stewart), un reporter-photographe immobilisé dans un fauteuil roulant à la suite d&rsquo;un accident. Tout comme Colette Courreau, Jeff voit ou croit voir un meurtre commis dans un appartement de l&rsquo;autre côté de la cour. <strong>Le crime…</strong> est donc l&rsquo;occasion de multiples hommages et clins d&rsquo;oeil à Hitch.<br />
Gilles Lellouche en écrivain quelque part entre Vidocq et Agatha Christie et Laetitia Casta en enquêtrice amateure se font manifestement plaisir. Hitch disait qu&rsquo;il fallait filmer les scènes d&rsquo;amour comme des scènes de meurtre et inversement. Ici, l&rsquo;enquête menée par François et Colette va leur permettre de sortir de leur routine quotidienne et de donner un nouvel élan à leur couple.<br />
Hitch, toujours lui, affirmait que plus le méchant est réussi, plus le film est bon. Guillaume Gallienne se charge donc de faire de son Kerbec un type suffisamment inquiétant. Quant au moment où François s&rsquo;en va visiter l&rsquo;appartement de Kerbec, c&rsquo;est une séquence palpitante en forme de précis sur la manière dont Hitchcock considérait le suspense… Sympa.</p>
<div id="attachment_20980" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20980" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro1-300x200.jpg" alt="&quot;Il maestro&quot;: Raul Gatti (Pierfrancesco Favino). DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Il maestro&nbsp;&raquo;: Raul Gatti<br />(Pierfrancesco Favino). DR</p></div>
<p><strong>PERIPLE.-</strong> A treize ans, Felice Milella, est un gamin qui tape durement dans la balle de tennis. Mieux (ou pire…), il porte aussi sur ses épaules les espoirs de Pietro, son père, ingénieur des télécoms, qui a tout imaginé pour que son fils devienne une star de la terre battue. Après des années d’entraînement intensif et de discipline stricte, l’heure est venue pour Felice de participer à des tournois nationaux de tennis. Pour maximiser les chances du gamin, son père le confie à Raul Gatti, qui se présente comme un ancien champion qui a tutoyé autrefois les sommets des compétitions nationales.<br />
Nous sommes à la fin des années 80 (la b.o. aligne des titres <em>eighties</em>), c&rsquo;est l&rsquo;été et le temps des tournois. Quittant le cocon familial, « Feli » part sur les routes avec son nouveau coach. Pietro Milella, qui a mis tous ses moyens dans la rétribution de Gatti, tambourinait toujours : <em>« Pas de risque, du jeu simple »</em> tout en alignant les codes pour toutes les situations de jeu. <em>« Les gosses de riches, c&rsquo;est joli. Nous, c&rsquo;est efficace&#8230; »</em> Raul Gatti, lui, voit les choses de manière beaucoup plus libre. <em>« Tu t&rsquo;éclates comme ça ? »</em> demande-t-il à un Felice très appliqué. Et puis si, avant de jouer au tennis, le gamin devait d&rsquo;abord goûter aux bonnes choses de l&rsquo;existence ? Raul ne répète-t-il pas : <em>« La vie nous sourit »</em>.<br />
Avec <strong>Il maestro</strong> (Italie – 2h05. Dans les salles le 11 mars), le réalisateur Andrea Di Stefano voulait, dit-il, <em>« célébrer les mentors imparfaits, des figures marquées par des passés douloureux, mais avec un grand cœur, capables de nous ouvrir les yeux et de changer nos vies&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20981" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20981" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro2-300x199.jpg" alt="&quot;Il maestro&quot;: Felice (Tiziano Menicelli). DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Il maestro&nbsp;&raquo;: Felice (Tiziano Menicelli). DR</p></div>
<p>A la suite de « Feli » et de Gatti, le cinéaste italien, pour sa quatrième réalisation (après <strong>Paradise Lost</strong> en 2014, <strong>The Informer</strong> en 2019 et <strong>Dernière nuit à Milan</strong> en 2023) a donc imaginé une comédie « à l&rsquo;italienne » dans la mesure où elle fait parfois songer aux <strong>Vitelloni</strong> felliniens (1953) ou plus évidemment encore au<strong> Fanfaron</strong> (1962) de Dino Risi. De fait, Raul Gatti, hâbleur aussi paumé que dépressif, a parfois les traits du Cortona incarné par Vittorio Gassman. Comme lui, Gatti est un dragueur joli coeur qui a tout raté. Pierfrancesco Favino, vu dans <strong>Romanzo criminale</strong> mais aussi dans <strong>Le comte de Monte Cristo</strong>, lui apporte une fragilité pathétique bienvenue.<br />
Cependant <strong>Il maestro</strong> oscille entre le film de sport avec les sacrifices et la difficile ascension d&rsquo;un jeune talent (Tiziano Menichelli) et le portrait d&rsquo;un individu quasiment au bout du rouleau qui va croiser, sur son chemin, des personnages, et notamment des femmes (son ex-entraîneure, ses ex-compagnes), qu&rsquo;il a clairement déçues… Même s&rsquo;il y a de jolis moments dans ce périple, on reste pourtant sur notre faim.</p>
<div id="attachment_20982" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20982" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain1-300x200.jpg" alt="&quot;Le rêve...&quot;: Jéremy (Raphael Quenard) et Bouna (Jean-Pascal Zadi) à New-York." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le rêve&#8230;&nbsp;&raquo;: Jéremy (Raphael Quenard)<br />et Bouna (Jean-Pascal Zadi) à New-York.</p></div>
<p><strong>BASKET.-</strong> Personne n&rsquo;aurait parié sur Jérémy Medjana, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna Ndiaye, lorsqu&rsquo;il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d&rsquo;anglais plutôt approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent dans la NBA, la prestigieuse ligue américaine de basket-ball professionnel. Et pourtant ! Les deux amis croient à leur bonne étoile et plus encore à leur rêve américain. Malgré les obstacles, multiples et de taille, ces deux-là s&rsquo;accrochent. Bien sûr, personne ne les attend outre-Atlantique. Et les agents de joueurs du cru sont plus enclins à les arnaquer qu&rsquo;à leur faciliter la tâche. Mais le tandem a des atouts dans ses manches, y compris des joueurs français de talent. Reste maintenant à leur faire passer les fameuses « Drafts », ces moments annuels tant attendus où les franchises NBA sélectionnent des jeunes joueurs universitaires ou étrangers pour renforcer leurs effectifs&#8230;<br />
<strong>Le rêve américain</strong> (France – 2h01. Dans les salles le 18 février) raconte une histoire vraie, celle de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux agents de basket partis de rien et devenus en une quinzaine d’années, avec leur société Comsport, les premiers pourvoyeurs de talents français pour la NBA.<br />
Connu pour des films comme <strong>Les gamins</strong> (2013), <strong>Robin des Bois, la véritable histoire</strong> (2015) et <strong>Play</strong> (2019), Anthony Marciano s&rsquo;est donc emparé de cette belle histoire de réussite pour donner ce qui est, de toute évidence, un pur <em>feel good movie</em> doublé d&rsquo;un joyeux <em>buddie-movie</em>. Le film fait en effet la part belle à deux personnages qui passent par tous les stades de la dépression (ils installent leur « bureau » à l&rsquo;arrière d&rsquo;un pressing chinois) comme de l&rsquo;optimisme dans la poursuite d&rsquo;un plan qui consiste tout bonnement à « exister » dans l&rsquo;univers et le business (qu&rsquo;on sent féroce) de la NBA.</p>
<div id="attachment_20983" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20983" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain2-300x200.jpg" alt="&quot;Le rêve...&quot;: dans l'attente des résultats de la Draft. Photos Mika Cotellon" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le rêve&#8230;&nbsp;&raquo;: dans l&rsquo;attente<br />des résultats de la Draft.<br />Photos Mika Cotellon</p></div>
<p>Pour cela, le cinéaste peut s&rsquo;appuyer sur deux comédiens qui se donnent comme… des basketteurs sur un plateau de NBA. On a nommé Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard qui portent Bouna et Jérémy avec verve tant dans leurs moments de grande naïveté que de belle exaltation. Les films sur ou autour du sport ne sont pas toujours de longs fleuves tranquilles. Si <strong>Marty Supreme</strong> est un succès, le <strong>Mercato</strong> avec Jamel Debbouze fut un rude échec&#8230;<br />
On prend plaisir à suivre cette histoire dans laquelle on croise Nicolas Batum ou Rudy Gobert (enfin, les acteurs qui les incarnent) et où l&rsquo;on aperçoit in fine l&rsquo;ombre d&rsquo;une star surnommée Wendy. Un success-story française ! Parce que <em>«le bambou qui flanche est plus fort que le chêne qui résiste»</em>, non ?</p>
<p>&nbsp;</p>
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