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	<title>Extérieur-jour &#187; Films</title>
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		<title>Spielberg orchestre le retour des extraterrestres</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 16:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21355" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5.jpg"><img class="size-medium wp-image-21355" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5-300x199.jpg" alt="Daniel Kellner (Josh O'Connor) et Margaret Fairchild (Emily Blunt&quot;, des passeurs pourchassés. DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Daniel Kellner (Josh O&rsquo;Connor)<br />et Margaret Fairchild (Emily Blunt),<br />des passeurs pourchassés. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est un incongru combat de catch qui ouvre <strong>Disclosure Day</strong> ! Mais peut-être que le père d&rsquo;<strong>E.T.</strong> est un amateur, comme le furent Peter Lorre et Billy Wilder, de ces combats de costauds qui se mettent, entre douze cordes, des pains à s&rsquo;arracher la tête… Pourtant, dans les travées, se passent des choses qui relèvent directement du thriller. Avec des armes qui se pointent dans les côtes de Daniel Kellner et surtout un sac à dos qui contient un gros paquets de clés informatiques. Manifestement ces cartes mettent complètement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale !<br />
Avec <strong>Disclosure Day</strong>, son 36<sup>e</sup> long-métrage, Steven Spielberg est de retour sur le grand écran, près de quatre ans après <strong>The Fabelmans</strong> (2022), agréable évocation autobiographique de ses jeunes années de cinéphile. Le film avait reçu un bon accueil critique mais il fut un échec au box-office pour un réalisateur réputé être le plus « rentable » sur la planète Hollywood. Il reste que <strong>The Fabelmans</strong> « fit » quand même 935.000 entrées dans les salles françaises.<br />
Steven Spielberg est indéniablement un maître du divertissement cinématographique et il l&rsquo;a prouvé tant et tant de fois avec un camion tueur, un requin très vorace, des tyrannosaures qui ne le sont pas moins, un certain Indy et, évidemment le cher E.T. ou <strong>Rencontres du troisième type</strong> dont le cinéaste de 79 ans retrouve ici la mémoire. Car Spielberg revient à la science-fiction et ce n&rsquo;est pas sans une certaine émotion que l&rsquo;on voit, presque furtivement, de longs et fins doigts bruns aux articulations bien marquées venir caresser des visages humains.<br />
En 1977, le cinéaste de <strong>Rencontres du troisième type</strong> s’emparait de l’imaginaire collectif en insufflant de l&rsquo;émerveillement dans ce qu’un contact avec une forme de vie extraterrestre pourrait engendrer. Spielberg se souvient : <em>« Durant le tournage de Rencontres du troisième type, je me disais : ne serait-ce pas formidable si tout ça nous arrivait un jour ? Presque cinquante ans plus tard, je me dis : ne serait-ce pas formidable de savoir que tout ça est déjà vrai ? »</em></p>
<div id="attachment_21354" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21354" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4-300x125.jpg" alt="Margaret et Daniel en péril... DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et Daniel en péril&#8230; DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une manière de pendant plutôt inquiétant que propose <strong>Disclosure Day</strong> (sans prétendre à être une suite de <strong>Rencontres…</strong>) en questionnant les mystères qui entourent notre existence mais aussi le prix que l’humanité pourrait avoir à payer si les clés de tels mystères ne nous étaient pas révélées. Fasciné par « les grandes énigmes du cosmos », Spielberg découvrit, gamin, une nuit d&rsquo;été, la pluie des Perséides et en fut tout retourné au point d&rsquo;y consacrer une belle partie de son travail cinématographique. Eh oui, et s&rsquo;il y avait quelque part, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous? Au passage, on notera quand même que les extraterrestres ont quand même des bouilles vaguement humaines!<br />
On part donc dans les pas de Daniel Kellner, une pointure en cybersécurité qui travaillait pour Wardex, une agence opaque au sein d’un complexe militaro-industriel qui dissimule les indices sur la venue d’extraterrestres sur Terre depuis l’affaire Roswell de 1947. Kellner a craqué, filant avec les preuves en images, convaincu que les images dérobées <em>« appartiennent au monde entier »</em>… De son côté, Margaret Fairchild, présentatrice de la météo sur une chaîne de télé locale de Kansas City, voudrait gravir les échelons du métier. Un jour, chez elle, un petit oiseau rouge vient se poser sur la table de sa salle de séjour. Elle reconnaît un cardinal. Peu de temps après, en direct, Margaret se met à parler une langue incompréhensible. Sauf pour Daniel Kellner qui y comprend un message composé d&rsquo;éléments mathématiques…<br />
On devine assez vite que Margaret et Daniel ont, dans leur enfance, vécu une rencontre. Et, pour ne pas effaroucher les enfants, les extraterrestres leur sont apparus sous la forme d&rsquo;un cerf, d&rsquo;un renard ou encore d&rsquo;un cardinal.</p>
<div id="attachment_21353" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21353" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3-300x200.jpg" alt="Scanlon (Colin Firth, au centre) et Wardex en ébullition. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Scanlon (Colin Firth, au centre)<br />et Wardex en ébullition. DR</p></div>
<p>Ce qui vaut à ces « passagers », ces<em> go-between</em> entre deux mondes, d&rsquo;être désormais traqués par Scanlon et ses nervis de la Wardex, bien décidés à laisser l&rsquo;humanité dans l&rsquo;ignorance de cette autre réalité, le tout sur fond de crise géopolitique, d&rsquo;inquiétudes, de débat entre transparence et dissimulation, d’autocratie et de démocratie, d’idéologies et d’empathie, de religion et de science&#8230;<br />
<em>« Disclosure Day est</em>, dit encore le cinéaste, <em>un film sur la désinformation et la difficulté de déterminer la vérité dans un monde et une culture où les puissants brouillent les pistes entre faits et fiction, entre le vrai et le faux, dans le seul but de protéger et servir leurs intérêts propres. »</em><br />
On sait que Spielberg n&rsquo;a pas toujours été en odeur de sainteté auprès de la critique, taxé d&rsquo;utiliser l&rsquo;usine à rêves à des fins mercantiles. Force est de constater, malgré les accusations de simplisme et de manque de profondeur, que Spielberg, volontiers vu comme un technicien virtuose plutôt qu&rsquo;un véritable créateur, s&rsquo;y entend pour proposer du spectacle ! Et tant pis si certains y verront de la mièvrerie, de l&rsquo;angélisme, de la mauvaise conscience. Après tout, on est dans l&rsquo;univers du conte.<br />
On cite volontiers Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien, lorsqu&rsquo;il remarque que Spielberg réhabilite l&rsquo;enfance du regard par une forme de naïveté produisant de la sidération.</p>
<div id="attachment_21351" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21351" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1-300x125.jpg" alt="Margaret et la &quot;commande&quot;, un clé d'accès. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et la &laquo;&nbsp;commande&nbsp;&raquo;, un clé d&rsquo;accès. DR</p></div>
<p>Et s&rsquo;il y avait néanmoins nécessité de citer des films sérieux, voire même graves dans la filmographie de notre histrion, on trouvera <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> (1998), <strong>Munich</strong> (2005), <strong>Pentagon Papers</strong> (2017) et évidemment <strong>La liste de Schindler</strong> (1993) dans lequel, non sans déclencher une virulente polémique, notamment en France, le cinéaste se confrontait à la Shoah et à la question de sa judéité.<br />
<strong>Disclosure Day</strong> est un film mené tambour battant où le réalisateur s&rsquo;offre quelques moments de bravoure comme la caserne de pompiers devenue invisible ou la séquence de la voiture accrochée à un train lancé à vive allure avec, évidemment, Daniel et Margaret en péril mais on se laisse embarquer aussi dans les interrogations sur notre capacité à remettre en cause nos croyances au vu de vérités qui viennent élargir notre compréhension de l’univers.<br />
La « commande » au poing, Margaret, quasiment « extralucide », embarque le spectateur dans l&rsquo; aventure tout en prévenant <em>« Je ne veux être la religion de personne »</em> mais elle pose bien la question : <em>« Et si nous n&rsquo;étions pas seuls ? »</em><br />
C&rsquo;est dans l&rsquo;univers des médias que s&rsquo;achève, en édition spéciale, cette histoire. Margaret et Daniel en sont convaincus : <em>« On a tous besoin de croire et d&rsquo;être crus ».</em> Et aussi de savoir. Alors le duo (les Britanniques Josh O&rsquo;Connor et Emily Blunt, très convaincants) se fait lanceurs d&rsquo;alerte en diffusant des images « interdites ». Le pouvoir des images, toujours et encore. Le dernier mot appartient à Margaret : <em>« Ecoutez ! »</em> Plus une invitation qu&rsquo;un avertissement.</p>
<p><strong>DISCLOSURE DAY</strong> Science-fiction (USA – 2h25) de Steven Spielberg avec Emily Blunt, Josh O&rsquo;Connor, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson, Wyatt Russell, Tommy Martinez, Henri Lloyd-Hughe. Dans les salles le 10 juin.</p>
<div id="attachment_21352" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21352" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2-300x139.jpg" alt="Une rencontre... DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Une rencontre&#8230; DR</p></div>
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		<title>Le général et les cantatrices</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 11:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21337" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21337" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1-300x300.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider), Darlan (Mathieu Kassovitz). DR" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider),<br />Darlan (Mathieu Kassovitz). DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&rsquo;Aisne, à la tête d&rsquo;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&rsquo;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&rsquo;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4<sup>e </sup>Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 chars détruits sur les 85 initialement engagés, tandis que la 10e Panzerdivision poursuit son avancée sans aucune perte matérielle mais avec de lourdes pertes humaines.<br />
Le principal succès de la bataille de Montcornet, qui mettra le colonel Charles de Gaulle en lumière (et qui lui vaudra d&rsquo;être promu général) est moral. Cette bataille est l&rsquo;une des rares de la campagne de France où les Français sont parvenus à repousser les troupes allemandes pendant quelques heures&#8230;<br />
Pourtant, en juin 1940 , la France s&rsquo;effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s&rsquo;échappe vers Londres pour sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
Présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes, <strong>La bataille de Gaulle – L&rsquo;âge de fer</strong> (France – 2h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 3 juin) s&rsquo;ouvre sur un maelström de sons avec <em>« Quand notre coeur fait boum »</em> de Charles Trenet, les vociférations d&rsquo;Hitler, les voix de Radio Paris ou encore le triste <em>« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat »</em> lancé à la radio le 17 juin 1940 par Pétain et annonçant l&rsquo;armistice avec les Allemands.<br />
Remarqué, sous le pseudonyme d&rsquo;Abel Lanzac, pour la bande dessinée <em>Quai d&rsquo;Orsay</em> (2010) puis, au grand écran, sous son vrai nom, avec son premier long-métrage <strong>Le chant du loup</strong> (2019), Antonin Baudry s&rsquo;est lancé dans un grand diptyque biographique et historique dont le scénario repose sur <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em>, le livre, paru en 2019 au Seuil, de l&rsquo;historien britannique Julian T. Jackson.<br />
<em>« Le personnage de de Gaulle,</em> dit le cinéaste, <em>m’intéresse depuis que je suis ado. J’ai lu Le Fil de l’épée quand j’avais 17 ans, ainsi qu’une biographie par Jean Lacouture, mais l’aspect icône du personnage m’en éloignait. Et puis je suis tombé sur la biographie de Julian Jackson qui a modifié ma perspective, peut-être parce que l’auteur était anglais et que son livre échappait au côté “monument national français”. De plus, il recelait de nombreux témoignages de première main, rédigés à l’époque, en direct, et non reconstitués après coup : par exemple, quelqu’un qui note dans son carnet : “Cet après-midi, j’ai rencontré un type étrange, qui semblait sortir du Moyen-Âge”&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21338" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21338" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2-300x159.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR" width="300" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR</p></div>
<p>On plonge sans peine et avec intérêt dans une vaste fresque qui emporte le spectateur dans le Londres des années quarante (reconstitué en studio) dans les pas d&rsquo;un général complètement seul mais totalement convaincu de son destin, en l&rsquo;occurrence d&rsquo;incarner la France de la résistance et plus encore de la liberté. Mais, à Londres, face à des Anglais hautains, voire méprisants, De Gaulle aura fort à faire pour convaincre même si Winston Churchill, avec lequel De Gaulle forme un duo tragi-comique, semble fasciné par la personnalité de cet interlocuteur français quasiment marginal…<br />
Tandis qu&rsquo;en France, quelques jeunes gens, bien seuls eux aussi, tentent de faire briller la flamme de la résistance, De Gaulle, traité de « traître » par Vichy, déchu de sa nationalité française et condamné à mort, s&rsquo;empare de l&rsquo;outil radiophonique. Sur les ondes de la BBC, même si on peut penser que peu l&rsquo;entendent, il lance des appels pour mettre l&rsquo;honneur face à l&rsquo;humiliation. Et puis cet homme droit et raide qui dit <em>« Nous sommes la France »</em>, va connaître ses premiers appuis, des pêcheurs de l&rsquo;île de Sein à Pleven, Leclerc, Koenig. Avec eux, De Gaulle veut « reprendre l&rsquo;Afrique », faire de Dakar, la capitale de la France libre. Rien ne semble pouvoir entamer la détermination de De Gaulle même si le président américain Roosevelt considère que la France libre est un conte de fées et De Gaulle un pantin…<br />
Antonin Baudry, tout en racontant l&rsquo;Histoire, de la destruction de la flotte française à Mers el Kébir à l &lsquo;héroïque bataille de Bir Hakeim (<em>« Dites à Koenig que toute la France les regarde et qu’ils seront son orgueil! »</em>) en passant par la mort de l&rsquo;amiral Darlan abattu à Alger par un jeune résistant, s&rsquo;attache autant à la figure publique du général qu&rsquo;à ses facettes intimes. <em>« De Gaulle,</em> dit Baudry, <em>a aussi connu de grands moments de doute. À Dakar, il a pensé en finir. C’était un grand mélancolique. J’aime aussi la scène où il savonne son corps dans la baignoire, ce contraste entre le gigantesque et l’intime&#8230; »</em> Pour cela, le réalisateur peut compter sur un formidable Simon Abkarian (qui passait tous les jours près de deux heures au maquillage) qui réussit le défi extraordinaire d&rsquo;exprimer l’émotion d’un personnage qui s’acharne à n’en dévoiler aucune.<br />
<strong>La bataille de Gaulle – J&rsquo;écris ton nom</strong>, second volet de cette saga française sort le 3 juillet dans les salles.</p>
<div id="attachment_21339" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21339" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Igor (Daniel Auteuil) répète &quot;Les noces...&quot; avec son orchestre. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Igor (Daniel Auteuil) répète<br />&laquo;&nbsp;Les noces&#8230;&nbsp;&raquo; avec son orchestre. DR</p></div>
<p><strong>OPERA.-</strong> <em>« Ça dure trois heures ! »</em> dit l&rsquo;un. <em>« Ben oui, c&rsquo;est un opéra ! »</em> dit l&rsquo;autre… Une équipe artistique et technique s&rsquo;apprête à monter <em>Les noces de Figaro</em> qui doivent être bientôt données dans les ruines majestueuses du château de Lacoste, dans le Vaucluse, qui fut la demeure de marquis de Sade&#8230; Igor, le chef d&rsquo;orchestre, est ravi de retrouver la baguette pour diriger cet <em>opera buffa</em> et tout heureux de savoir que le rôle de la comtesse sera tenu par Hannah Liebmann, la célèbre cantatrice qui partagea autrefois, un temps, sa vie. Mme Liebmann, de retour en France après des contrats à l&rsquo;étranger, apprend par son frère, que leur père est en train de perdre la tête. La mise en scène a été confiée par le producteur Nicolas Poirier, un roi des nuits parisiennes, à la gracile Mirabelle, une icône de la mode, qui s&rsquo;excuse constamment de tout et de rien auprès de son équipe. Quant au mécène Pastourel, il n&rsquo;a pas hésité à mettre une grosse somme dans la production… à condition que sa fille chante le rôle de Suzanne.<br />
Alors que Mirabelle réclame d&rsquo;immenses phallus dans le décor pour dire combien <em>Les noces…</em> donnent une image forte du patriarcat, Sophie se plaint que, pendant une répétition, le baryton italien Piazzoni, l&rsquo;interprète du comte Almaviva, ait commis une agression sexuelle sur sa personne. Très vite, portée par Cora, qui chante Chérubin, le ton monte et provoque des tensions dans l&rsquo;équipe. On apprend aussi que, sur les réseaux sociaux, une fameuse chanteuse d&rsquo;opéra va publier une liste de personnalités ayant eu des comportements inopportuns. Igor commence à s&rsquo;inquiéter sérieusement. La vague #MeToo va-t-elle s&rsquo;abattre sur le monde de l&rsquo;opéra ?<br />
Présenté hors compétition à Cannes en mai dernier, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> (France – 2h13. Dans les salles le 27 mai) marque le retour à la réalisation d&rsquo;Agnès Jaoui après la disparition, en 2021, de Jean-Pierre Bacri, son compagnon et co-scénariste, auquel le film est dédié.</p>
<div id="attachment_21340" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21340" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara) et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara)<br />et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR</p></div>
<p>L&rsquo;intrigue est née du désir de la réalisatrice de partager son amour de l&rsquo;opéra avec le public mais aussi d&rsquo;évoquer <em>« ses expériences en tant qu&rsquo;actrice et réalisatrice dans une industrie dominée par les hommes »</em>. De fait, la production a bénéficié d&rsquo;un programme de formation, mené par le CNC, visant à prévenir les incidents d&rsquo;agression sexuelle. Et Agnès Jaoui a décrit le tournage comme une expérience « méta » en notant: <em>« Des personnes sont venues sur le plateau pour nous sensibiliser pendant des heures. Dans le film, il y a aussi des scènes où tout le monde se réunit pour parler de ce qui s&rsquo;est passé. »</em><br />
<strong>L&rsquo;objet du délit</strong> fait entrer le spectateur, sur des airs des <em>Noces</em>, comme le fameux <em>Voi che Sapete</em>, dans les coulisses d’une ambitieuse production d’opéra. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de découvrir l&rsquo;envers du décor à travers des personnages tour à tour savoureux, naïfs, crispants, touchants comme Samir, le nouveau régisseur qui n&rsquo;a jamais mis les pieds sur un plateau d&rsquo;opéra ou graves à l&rsquo;image de Hannah Liebmann qui souffre de presbyphonie, le vieillissement naturel de la voix.<br />
Indéniablement, les tensions nées de l&rsquo;accusation d’agression sexuelle de Piazzoni, en mettant en péril la production et en forçant chacun à prendre position, installe une forme de suspense. D&rsquo;autant que, comme il est dit, aux premières images du film, <em>« quand chacun a sa conscience de la justesse, arrive la cacophonie »</em>.<br />
Mais porté par les sublimes airs de Mozart, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> acquiert à ce titre une forme de grâce qui fait de cette aventure artistique un beau moment de cinéma. Car, in fine, <em>Les noces de Figaro</em> se joueront dans la nuit de Provence. Sur scène, on assiste au mariage de Figaro et de Suzanne ainsi qu&rsquo;à la réconciliation d&rsquo;Almaviva et de la comtesse aux accents de <em>Contessa perdono&#8230; Questo giorno di tormenti</em>. Mais, dans la coulisse, Piazzoni peut se faire du souci pour la suite de sa carrière. Quant à Hannah, elle a le mot de la fin pour Igor : <em>« Tu ne comprends rien ! »</em></p>
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		<title>Les affres de Raul et la lunette de Sylvie</title>
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		<pubDate>Sun, 24 May 2026 08:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[CREATION.- Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&#8217;un terrible mal de tête. Elle s&#8217;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&#8217;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21287" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21287" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Elsa (Barbara Lennie) et Patricia (Victoria Luengo)." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Elsa (Barbara Lennie)<br />et Patricia (Victoria Luengo).</p></div>
<p><strong>CREATION.-</strong> Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&rsquo;un terrible mal de tête. Elle s&rsquo;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&rsquo;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux urgences. On dirige Elsa vers une chambre mais elle demande si on ne peut pas plutôt l&rsquo;hospitaliser dans la chambre d&rsquo;en face. Surprise mais complaisante, l&rsquo;infirmière accepte. Plus tard, la médecin de garde lui posera quand même la question. <em>« Pourquoi avez-vous demandé à changer de chambre ? »</em> Elsa explique qu&rsquo;il y a longtemps déjà, elle était venue dans cet hôpital pour tourner l&rsquo;un des deux films qu&rsquo;elle a réalisés pour le grand écran. Même si ses deux œuvres sont devenues culte (<em>« ce qui veut dire qu&rsquo;elles n&rsquo;intéressent personne et que très peu de spectateurs les ont vues »</em>), Elsa Rosado s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui tournée vers la publicité <em>« parce que ça rapporte plus »</em>. Et puis le docteur Garcia se demande aussi où elle a déjà croisé Bonifacio. De fait, dans un night-club où Bonifacio, sapeur-pompier professionnel dans le civil, devient Beau, strip-teaseur pour enterrements de vie de futures mariées&#8230;<br />
<strong>Autofiction</strong> (Espagne – 1h51. Dans les salles le 20 mai) marque le retour du plus célèbre cinéaste de la Movida à Cannes. Où, après pas moins de sept films présentés en compétition, il attend toujours de décrocher une Palme d&rsquo;or. Mais reconnaissons néanmoins au réalisateur de 76 ans le mérite de ne pas baisser les bras et, dans le même temps, de célébrer l&rsquo;importance du Festival.<br />
Avec <strong>Amarga navidad</strong> (en v.o.), dont le titre apparaît en caractères de machine à écrire au générique, Almodovar inventorie une nouvelle fois les affres de la création. Dévorée par les crises d&rsquo;angoisse, Elsa ne sent plus bonne à rien et surtout pas à écrire. Elle décide donc d&rsquo;aller passer le long week-end de la fête de la Constitution de 2004 à Lanzarote avec son amie Natalia, jolie mannequin mais complètement dépressive depuis la mort accidentelle de son enfant.</p>
<div id="attachment_21288" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21288" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia). Photos Iglesias Mas" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia).<br />Photos Iglesias Mas</p></div>
<p>Pour se remettre au travail, Elsa s’inspire des malheurs personnels de ses amis proches. Ce que fait également -dans une trame temporelle se déroulant en 2025- Raul Duran (l&rsquo;Argentin Leonardo Sbaraglia). Le cinéaste, évident alter-ego d&rsquo;Almodovar, écrit un scénario qui s&rsquo;avère être l&rsquo;histoire d&rsquo;Elsa. Pour surmonter sa panne d&rsquo;inspiration, Raul plonge dans les événements de sa propre vie, de son petit ami Santi ou encore de Monica, son assistante et agent, qui craque et menace Raul (<em>« J&rsquo;ai le moyen de te rendre la vie insupportable »</em>) tout en lui tournant désormais le dos pour aller s&rsquo;occuper de son amie Elena.<br />
Dans une mise en scène qui fait toujours la part belle à cette véritable signature que sont les intérieurs très colorés et qui enchâsse deux récits distants d&rsquo;une vingtaines d&rsquo;années, Almodovar organise un jeu où se mêlent constamment la réalité et la fiction. Comme dans <strong>Douleur et gloire</strong> (2019) où il apparaissait sous les traits d&rsquo;Antonio Banderas, le cinéaste espagnol livre un autoportrait passablement nostalgique. <em>« Tu as déjà fait tes meilleurs films. Tu peux vivre sur ton prestige »</em> lui dit-on. Et d&rsquo;affirmer que la fiction n’a pas le pouvoir de sauver quelqu&rsquo;un. Pire : <em>« Tu nous as vampirisé et ça ne donne même pas un bon scénario ! »</em><br />
On peut s&rsquo;amuser à débusquer, dans <strong>Autofiction</strong>, ce qui « appartient » à Almodovar, ainsi les problèmes de sommeil de ses personnages ou encore l&rsquo;abondant usage de médicaments, ici des comprimés d&rsquo;alprazolam, un médicament prescrit pour traiter l&rsquo;anxiété chronique ou gérer les crises de panique… Ou encore ce cauchemar d&rsquo;une vieille dame qui, sur son lit d&rsquo;hôpital, imagine un impressionnant orage alors qu&rsquo;il fait dehors un soleil radieux. Sans oublier l&rsquo;hommage, avec la chanson <em>La Llorana</em>, à son amie chanteuse Chavela Vargas&#8230;<br />
Comme très fréquemment chez Almodovar, ce sont les personnages féminins qui tiennent, ici, le haut du pavé. Avec, en tête, Barbara Lennie (Elsa), Aitana Sanchez-Gijon (Monica), Victoria Luengo (Patricia), Milena Smit (Natalia) sans oublier la muse Rossy de Palma dans une unique séquence…<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Volver</strong>, le cinéaste avait déclaré : <em>« Au début de ma carrière, les critiques ont été déconcertés face à mes films : fallait-il les prendre au premier degré ? Comment les définir ? Au bout de seize longs-métrages, ils se sont habitués »</em>. C&rsquo;est bien vrai.</p>
<div id="attachment_21289" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21289" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires&quot;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&nbsp;&raquo;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse.</p></div>
<p><strong>SONS.-</strong> Dans un centre pour sans-abris de Paris, un employé passe en annonçant : <em>« Dans dix minutes, il faudra quitter les lieux ! »</em> Adam retrouve la rue parisienne. Dans le métro, il fraude en sautant par-dessus la barrière automatique sous le regard de Céline. Dans la rame, Céline se fait voler son porte-feuille par une jeune pickpockette. Adam course la voleuse, la coince et récupère l&rsquo;objet volé pour le rendre à Céline… Celle-ci lui sauve la mise quand des policiers contrôlent Adam. Céline met alors Adam en contact avec Sylvie, sa tante, qui a besoin d&rsquo;aide pour vider son appartement. Sylvie est romancière. En quête d’inspiration pour son nouveau roman, elle espionne, avec une lunette, ses voisins d’en face&#8230;<br />
Avec <strong>Histoires parallèles</strong> (Iran/France – 2h19. Dans les salles le 14 mai), présenté en compétition officielle, le cinéaste iranien Asghar Farhadi était de retour sur la Croisette. Véritable « fils de Cannes », Farhadi y a présenté, en 2013, <strong>Le passé</strong> qui remporta le prix oecuménique et valut à Bérénice Béjo le prix d&rsquo;interprétation féminine puis, en 2016, <strong>Le client</strong> qui trusta le prix du scénario et le prix d&rsquo;interprétation masculine pour Shahab Hosseini sans oublier un Oscar 2017 du meilleur film étranger à Hollwyood. Le réalisateur iranien fait, en 2018, l&rsquo;ouverture de la compétition avec <strong>Everybody kowns</strong>. Enfin, en 2021, Farhadi obtient le Grand prix pour <strong>Un héros</strong>. Et on ne parle même pas des trophées remportés à la Berlinale…<br />
Autant dire qu&rsquo;on s&rsquo;intéresse forcément à la nouvelle production du cinéaste de 54 ans d&rsquo;autant que son dernier film a encore un autre côté cannois puisqu&rsquo;il est le remake de <strong>Brève histoire d&rsquo;amour</strong>, sixième volet du <strong>Décalogue</strong> de Krzysztof Kieslowski, autre brillant « fils de Cannes ».</p>
<div id="attachment_21290" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21290" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Adam (Adam Bessa) et Nita (Virginie Efira). Photos Carole Bethuel" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Adam (Adam Bessa)<br />et Nita (Virginie Efira).<br />Photos Carole Bethuel</p></div>
<p>Tournerais-je autour du pot ? Oui, <strong>Histoires parallèles</strong>, second film français de Farhadi, est une œuvre virtuose mais c&rsquo;est aussi un film dans lequel on finit peu à peu par perdre le fil! Nourri du cinéma de Wajda, Angelopoulos, Paradjanov, Ozu, Kurosawa, Ray ou Monicelli et Bresson, le cinéaste passe, ici, de l&rsquo;obsession du personnage de Kieslowski pour l&rsquo;image à la question du son comme enjeu déterminant. <em>« Je me suis demandé, dit-il, ce qu’il en était du son de l’autre côté, celui de la personne espionnée. C’est ainsi que m’est venue l’idée de faire de ces personnes observées des créateurs de sons, des bruiteurs&#8230; »</em><br />
<strong>Histoires parallèles</strong>, comme son titre l&rsquo;indique en effet, passe d&rsquo;un côté à l&rsquo;autre de… l&rsquo;histoire ou de l&rsquo;intrigue. Tantôt, on est avec Sylvie, romancière volontiers mal embouchée (petite prise de tête avec son éditrice dans une courte séquence qui permet une apparition de Catherine Deneuve) et plutôt mal dans sa peau d&rsquo;écrivaine chancelante. Tantôt, on suit Nita, collaboratrice dans un studio d&rsquo;enregistrement et de montage son installé dans l&rsquo;appartement en face de celui de Sylvie. Une Nita qui ressemble étrangement à Anna, un personnage qui a compté dans l&rsquo;existence de Sylvie. Tout comme Pierre et Christophe, frères et responsables du studio. Enfin, entre ces deux Sylvie et Nita, Adam fait une sorte de <em>go-between</em>…<br />
A travers les sons que fabrique le studio, Asghar Farhadi réfléchit au réel, au réel fabriqué, à l’effet de réel à travers le son, mais aussi à travers la façon dont les personnages réels, qui appartiennent eux-mêmes à une fiction, se distinguent des personnages de la fiction dans la fiction !<br />
Isabelle Huppert (Sylvie), Virginie Efira (Nita/Anna), Adam Bessa (Adam), Vincent Cassel (Pierre/Nicolas), Pierre Niney (Christophe/Théo) et India Haïr (Céline) défendent bien un projet que, malheureusement, on a perdu en route.</p>
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		<title>L&#8217;immense détresse de Samuel Paty et le tendre spiritisme de Suzanne</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2026 17:08:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[LIBERTÉ.- Une sonnerie lointaine semble résonner dans ce qui doit bien être une salle de classe. L&#8217;homme qui marche, filmé de dos et au ralenti, se dit qu&#8217;il n&#8217;a jamais rêvé d&#8217;être un héros. Mais que, oui, il serait heureux que ses cours d&#8217;histoire-géo éveillent des vocations. Mais il préfère rester un prof anonyme. Parce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21233" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21233" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1-300x199.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Samuel Paty (Antoine Reinartz) dans sa classe." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Samuel Paty (Antoine Reinartz)<br />dans sa classe.</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Une sonnerie lointaine semble résonner dans ce qui doit bien être une salle de classe. L&rsquo;homme qui marche, filmé de dos et au ralenti, se dit qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais rêvé d&rsquo;être un héros. Mais que, oui, il serait heureux que ses cours d&rsquo;histoire-géo éveillent des vocations. Mais il préfère rester un prof anonyme. Parce qu&rsquo;on ne maîtrise pas tout. Ni son destin, ni son époque.<br />
Nous sommes en octobre 2020 et Samuel Paty s&rsquo;apprête à donner un cours d&rsquo;enseignement moral et civique à des élèves de quatrième du collège de Conflans-Sainte-Honorine. Pour illustrer son propos sur la liberté de la presse et, plus largement, sur la liberté d&rsquo;expression, il a prévu, dans une étude de cas en relation avec l&rsquo;attentat meurtrier contre <em>Charlie Hebdo</em> en 2015, de montrer des caricatures de Mahomet publiées par le journal satirique. Comme ces images sont, par nature, provocatrices, le professeur propose aux élèves qui pourraient être choqués de détourner le regard ou de sortir brièvement de sa classe en compagnie d&rsquo;une auxiliaire de vie scolaire… Et Samuel Paty d&rsquo;évoquer la fragilité de la liberté de la presse, le droit de se moquer et le choix de l&rsquo;insolence pour faire réfléchir.<br />
Adolescente rebelle et élève souvent absente, Bachira raconte à son père que son prof a montré des images du prophète tout nu. <em>« C&rsquo;est tous des racistes,</em> dit-elle, <em>le prof m&rsquo;a fait peur. On était super mal ! »</em> Cet homme empoigne alors son portable et adresse un message à tous ses contacts pour dénoncer les faits et <em>« dire stop à tout ça ! »</em> Las, il s&rsquo;avère que Bachira n&rsquo;a pas assisté au cours, absente une nouvelle fois du collège. Relayé par les réseaux sociaux, le message se répand à grande vitesse. Au soutien du père de Bachira, un homme qui se dit « représentant des imams de France », en réalité un agitateur islamiste, assure qu&rsquo;il faut frapper vite et fort, virer ce « voyou » de l&rsquo;Education nationale. <em>« Si on avait été des Juifs,</em> ose-t-il,<em> jamais on ne nous aurait traité comme ça ! »</em> Dans l&rsquo;ombre, quelque part, un type qui regarde en boucle des images de décapitations commises par l’État islamique, se prépare à l&rsquo;irrémédiable. Ce sera chose faite le 16 octobre 2020 à 16h52 à la sortie du collège.<br />
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty mais peu de gens connaissent réellement son histoire. A la lumière des enquêtes et des procès, le réalisateur Vincent Garenq revient, avec <strong>L&rsquo;abandon</strong> (France – 1h40. Dans les salles le 13 mai), sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.<br />
Plutôt qu&rsquo;une forme documentaire, le cinéaste a choisi la fiction pour laisser place à l&rsquo;émotion, incarner Samuel Paty, intégrer son point de vue, s’identifier à lui, ressentir ce qu’il a pu vivre. <em>« La force du cinéma et de la fiction,</em> dit Garenq, <em>c’est de rendre la réalité de Samuel Paty sensible et concrète, de la faire éprouver à hauteur de spectateur, dans ce qu’elle a de plus humain. »</em></p>
<div id="attachment_21234" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21234" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2-300x152.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Un père (Nedjim Bouizzoul) et Bachira, sa fille (Emma Boumali). Photos Guy Ferrandis " width="300" height="152" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Un père (Nedjim Bouizzoul)<br />et Bachira, sa fille (Emma Boumali).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Bien sûr, on fera probablement le reproche à Vincent Garenq de mettre en œuvre une forme bien classique, reprenant la manière <em>seventies/eighties</em> d&rsquo;un Yves Boisset qui racontait ainsi l&rsquo;enlèvement de Ben Barka (<strong>L&rsquo;attentat</strong>, 1972) ou l&rsquo;assassinat d&rsquo;un magistrat (<strong>Le juge Fayard dit « Le shériff »</strong>, 1977) mais, cependant, l&rsquo;objectif est, ici, atteint. En l&rsquo;occurrence, montrer la dimension kafkaïenne d&rsquo;un collège assiégé avec, en son centre, un enseignant honorable et très seul (Antoine Reinartz, très convaincant) rapidement broyé dans un engrenage infernal.<br />
Vincent Garenq qui avait déjà traité de l&rsquo;affaire d&rsquo;Outreau (<strong>Présumé coupable</strong> en 2011), de l&rsquo;affaire Clearstream (<strong>L&rsquo;enquête</strong> en 2015) ou de l&rsquo;affaire Krombach (<strong>Au nom de ma fille</strong> en 2016), réussit bien, ici, à décrypter l&rsquo;écheveau des circonstances qui ont amené à la mort tragique de Samuel Paty. <strong>L&rsquo;abandon</strong>, présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes 2026, c&rsquo;est une succession de dysfonctionnements, de lâchetés ou de naïvetés. On sent la machine qui s&rsquo;emballe et s&rsquo;affole alors même qu&rsquo;on sait, très vite, que Bachira a menti. Les réseaux sociaux sont justement montrés du doigt mais aussi la stupéfiante tiédeur de l&rsquo;Education nationale, le manque de soutien de certains collègues du prof, la violence des agitateurs islamistes, le gâchis des autorités et le manque de discernement des différents services de police.<br />
La nuit est tombée, sur les murs d&rsquo;une classe vide, tourne la lumière bleue des gyrophares policiers. A des policiers anti-terrroristes, une jeune femme musulmane cite une phrase du Coran : <em>« Tuer une âme, c’est tuer toute l’humanité »</em>.</p>
<div id="attachment_21235" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21235" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2-300x165.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Suzanne (Anaïs Demoustier) et Antoine (Pio Marmaï)." width="300" height="165" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Suzanne (Anaïs Demoustier)<br />et Antoine (Pio Marmaï).</p></div>
<p><strong>ART.-</strong> Entrez, entrez, Mesdames et messieurs, venez voir à l&rsquo;oeuvre l&rsquo;impressionnante Vénus électrificata, celle qui, lorsque vous partagez un baiser avec elle, vous fait passer de l&rsquo;électricité dans tout le corps. Titus, le patron du stand forain, se charge de faire la retape en promettant des vibrations, du vertige, de l&rsquo;extase. Le coup de foudre, en somme. Et même s&rsquo;il faut, pour cela, produire en coulisse, l&rsquo;électricité nécessaire à l&rsquo;intense numéro de la charmante Claudia, de son vrai nom Suzanne. Mais l&rsquo;intensité, la jeune femme en a soupé… Ah, si elle pouvait prendre la poudre d&rsquo;escampette. Mais Titus, qui doit bien être un peu souteneur à l&rsquo;occasion, la tient par les dettes qu&rsquo;elle a accumulées.<br />
Dans le Paris de 1928, Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort d&rsquo;Irène, son épouse. De quoi désespérer Armand, son galeriste, qui ferait tout pour avoir des petits et des grands formats. Un soir où il a de nouveau bu plus que de raison, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il va se retrouver à parler à Suzanne qui venait de se glisser dans la roulotte de la spirite pour y voler de la nourriture.<br />
Très vite, Suzanne montre de vrais dons pour l’imposture. Antoine est bouleversé et ravi de s&rsquo;entretenir avec le fantôme d&rsquo;Irène. D&rsquo;autant que les séances qui s&rsquo;enchaînent désormais, sont très crédibles, nourries qu&rsquo;elles sont par les souvenirs vécus procurés par un Armand qui voit son commerce redémarrer. Car Antoine s&rsquo;est remis à peindre…<br />
Présenté en sélection officielle et film d&rsquo;ouverture de Cannes 2026, <strong>La Vénus électrique</strong> (France – 2h02. Dans les salles le 13 mai) est déjà le onzième long-métrage de Pierre Salvadori. Le cinéaste français commença sa carrière, dans le « long », en 1993 avec <strong>Cible émouvante</strong>. Un titre qui aurait aussi pu convenir, ici ! Car Salvadori donne une charmante comédie dont on admire d&rsquo;entrée l&rsquo;élégante écriture et la belle maîtrise dans la mise en scène des états d&rsquo;âme du malheureux Antoine et de la maligne Suzanne. Mais, pour être futée et voir dans les séances de spiritisme, une bonne occasion (elle fait volontiers les poches de son client) de se sortir de la mouise, Suzanne va devoir composer avec un événement qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas prévu. Voilà qu&rsquo;elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule, tout en devenant la porte-parole de sa propre rivale !</p>
<div id="attachment_21236" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21236" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3-300x222.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Irène (Vimala Pons) et Armand (Gilles Lellouche). Photos Guy Ferrandis" width="300" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Irène (Vimala Pons)<br />et Armand (Gilles Lellouche).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Au-delà des péripéties qui se succèdent à un rythme soutenu, <strong>La Vénus électrique</strong> séduit par ses décors colorés et dynamiques. On passe, dans la représentation très réussie d&rsquo;une époque stylisée, de la fête foraine aux séances de voyance ou de la galerie d&rsquo;art d&rsquo;Armand à l&rsquo;atelier d&rsquo;Antoine. Par moments, comme tout cela se passe dans un Paris revisité par la magie du cinéma, on songe à l&rsquo;univers d&rsquo;<strong>Amélie Poulain</strong>. Ensuite il suffit de se laisser porter par la beauté des dialogues qui font la part belle aux sentiments amoureux, à l&rsquo;extase et à la brûlure, à la culpabilité comme un contrepoison à l’égoïsme, à la porosité́ entre les morts et les vivants, le passé et le présent&#8230;<br />
<em>« Je crois,</em> dit Pierre Salvadori, <em>qu’au cinéma, les spectateurs attendent un ton, un langage. Une mise en scène. J’ai cette certitude qu’elle peut presque procurer un plaisir physique au spectateur, comme les films d’horreur provoquent des frissons. La mise en scène, le ton d’un film, tissent doucement comme un fil invisible entre le spectateur et l’écran. »</em> De fait, <strong>La Vénus…</strong> est un remarquable récit visuel porté par de singuliers et parfois extravagants personnages. Suzanne est lasse d&rsquo;être offerte au public et aspire à une autre vie. Antoine est rongé par la culpabilité. Il n’a plus de désir. Ni de courage. Ni celui de vivre, ni celui de mourir. Il végète et il boit. C’est un vivant-mort qui incarne aussi l’innocence au cœur du récit. Armand est un marchand sentimental et un traître pas très doué. Quant à Irène, l&rsquo;épouse disparue, elle déjoue tous les stéréotypes et s&rsquo;avère plus pygmalion que muse…<br />
Pour les incarner, Salvadori peut se reposer sur un brillant quatuor : Anaïs Demoustier (Suzanne), Pio Marmaï (Antoine), Vimala Pons (Irène) et Gilles Lellouche (Armand).<br />
Comme le lance, d&rsquo;entrée, Titus aux badauds qui déambulent dans la foire de Saint-Ouen : <em>« Ici ni magie, ni illusion, point de monstre, ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations. »</em> C&rsquo;est effectivement ce que propose, avec grâce, <strong>La Vénus électrique</strong> !</p>
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		<title>Le (re)divorce de Marguerite et l&#8217;usine d&#8217;Hossam</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2026 15:33:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[COUPLES.- Face à sa vendeuse qui vient lui dire qu&#8217;il se passe des choses « sexuelles » dans une cabine d&#8217;essayage, Marguerite Hélias, la responsable du magasin de vêtements, est rassurante : « Non, tout va bien. Mais dis à la cliente de prendre du 40. Elle nique tous mes 38&#8230; » Car Marguerite a d&#8217;autres chats à fouetter et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21219" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21219" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Marguerite (Laure Calamy) et Fred (Vincent Macaigne)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Marguerite (Laure Calamy)<br />et Fred (Vincent Macaigne).</p></div>
<p><strong>COUPLES.-</strong> Face à sa vendeuse qui vient lui dire qu&rsquo;il se passe des choses « sexuelles » dans une cabine d&rsquo;essayage, Marguerite Hélias, la responsable du magasin de vêtements, est rassurante :<em> « Non, tout va bien. Mais dis à la cliente de prendre du 40. Elle nique tous mes 38&#8230; »</em> Car Marguerite a d&rsquo;autres chats à fouetter et notamment la difficile gestion de sa fille Raphaëlle, une adolescente toujours au taquet, qui ne se sent bien que dans les bras de Tom, son omniprésent petit copain. Mais un jour, une lettre recommandée rappelle à Marguerite son passé. Non pas celui de handballeuse de haut niveau mais celui d&rsquo;épouse divorcée de Frédéric Rimbaud.<br />
Comme Fred est tombée amoureux de la charmante Chloé et que celle-ci voudrait l&rsquo;épouser à l&rsquo;église, Marguerite apprend que ce mariage à l&rsquo;église est impossible à cause de leur divorce. Sauf à entamer une procédure d&rsquo;annulation du mariage. Sofiane, le nouveau mari de Marguerite s&rsquo;amuse : <em>« Tu vas finir sur le bûcher ! »</em> mais celle-ci accepte, pour faire plaisir à Fred, de comparaître devant un tribunal ecclésiastique à Rouen. Là, un prêtre à col romain l&rsquo;interroge : <em>« Est-ce que l&rsquo;amour était là au début ? »</em>, lui demande si elle a perdu sa virginité avec Fred ou encore si elle a des besoins sexuels impérieux.. Meurtrie et humiliée (<em>« Il a sous-entendu que j&rsquo;étais une énorme pute ! »</em>), Marguerite jure qu&rsquo;on ne l&rsquo;y reprendra plus. Pourtant, sous l&rsquo;insistance de Chloé et de Fred, Marguerite va encore se laisser fléchir&#8230;<br />
Troisième long-métrage de Fabien Gorgeat, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> (France – 1h48. Dans les salles le 6 mai) est une comédie, non point du remariage (comme l&rsquo;a souvent traité le cinéma hollywoodien) mais une comédie&#8230; du redivorce. <em>« Lorsque j’ai découvert,</em> dit le cinéaste, <em>l’existence des procès en nullité de mariage, j’ai été immédiatement animé: il y avait là une formidable base pour une comédie, qui pouvait débuter comme une comédie de remariage et cheminer vers le film choral. (…) Je voyais matière à récit dans le fait qu’un couple doive prouver que son mariage n’avait aucune raison d’être. Cette situation venait s’inscrire naturellement dans le sillage de mes autres films, tous travaillés par la problématique des liens qu’on noue ou dénoue. »</em></p>
<div id="attachment_21220" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21220" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Chloé (Mélanie Thierry) et Fred. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Chloé (Mélanie Thierry)<br />et Fred.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Avant <strong>C&rsquo;est quoi…,</strong> Gorgeat avait réalisé <strong>Diane a les épaules</strong> (2017) sur une jeune femme qui accepte de porter l&rsquo;enfant de Thomas et Jacques, un couple d&rsquo;amis, et qui va tomber amoureuse de Fabrizio, un artisan puis <strong>La vraie famille</strong> (2021) qui racontait l&rsquo;histoire d&rsquo;Anna qui vit avec son mari Driss, ses deux petits garçons, ainsi que Simon, un enfant placé dans la famille par l’assistance sociale depuis l’âge de 18 mois. Simon a désormais 6 ans et un jour, Eddy, le père biologique, exprime le désir de récupérer la garde de son fils…<br />
En s&rsquo;appuyant donc sur un sujet original et surprenant, Fabien Gorgeat propose un film enjoué dans lequel on prend vite fait et cause pour une Marguerite ballottée par les événements avant de tenter, grâce à sa tonicité, de reprendre les rênes en se convaincant que l&rsquo;amour ne s&rsquo;annule pas mais s&rsquo;accumule. Le cinéaste joue, ensemble, la carte des péripéties religieuses sur fond de <em>« grave défaut de discernement pour immaturité »</em> et celle de la chronique familiale aussi déjantée que recomposée.<br />
De Rouen, le procès en nullité sera dépaysé devant le tribunal de la Rote romaine au Vatican et cela permettra à Fred et Marguerite de croiser&#8230; le pape. Un pape décidément noir comme l&rsquo;était aussi celui de la récente <strong>La Grazia</strong> de Paolo Sorrentino ! L&rsquo;occasion pour tous les personnages de se retrouver à Rome dans une ambiance très festive mais pas dépourvue d&rsquo;une goutte de tendresse et d&rsquo;émotion.<br />
Couronné du Grand prix au Festival international du film de comédie de l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> est un film sympathique mais qui ne bouleverse pas le 7<sup>e</sup> art. Si on regarde le film avec un rien de curiosité, c&rsquo;est évidemment à cause de son casting. Vincent Macaigne est un Fred qui essaye de faire les choses bien mais sans y arriver pleinement face à la toujours pétillante Laure Calamy (Marguerite) sacrée meilleure actrice à l&rsquo;Alpe. Autour d&rsquo;eux dans ce qui ressemble alors à un film chroral, on trouve Mélanie Thierry, Lyes Salem, Céleste Brunnquell, ou Saül Benchetrit. Amusant mais pas indispensable.</p>
<div id="attachment_21221" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21221" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Hossam (Adham Shukr) et Mano (Zeyad Islam). DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Hossam (Adham Shukr)<br />et Mano (Zeyad Islam). DR</p></div>
<p><strong>EMPLOI.-</strong> Dans le petit appartement étriqué qu&rsquo;ils occupent avec leur mère dans un quartier populaire d&rsquo;Alexandrie, Hossam et Mano s&rsquo;engueulent. Le gamin a même pris un gros couteau et menace de se mutiler. Il ne veut plus aller à l&rsquo;école. Il préfère travailler. Ce qui lui vaut une claque du grand frère. Pourtant les deux rejoignent ensemble, à travers les barres d&rsquo;immeuble, un arrêt de minibus. Direction l&rsquo;usine sidérurgique où travaillait leur père. Ils vident le casier paternel, jette son bleu de travail à la poubelle. <em>« Tu veux qu&rsquo;on en fasse quoi ? »</em> Mano récupère sa casquette.<br />
Hossam se retrouve dans le bureau de l&rsquo;ingénieur en chef qui lui lance, l&rsquo;air entendu, <em>« Je ne te demande pas ton casier&#8230; »</em> et ajoute : <em>« Normalement, tu n&rsquo;aurais jamais dû travailler ici&#8230; »</em> Le jeune type au regard noir et au masque toujours fermé, a bien compris qu&rsquo;il va bénéficier d&rsquo;un emploi parce que son père est mort, il y a à peine quelques semaines, lors d&rsquo;un accident du travail. Et si on lui offrait ce boulot pour éviter qu&rsquo;Hossam n&rsquo;intente un procès à l&rsquo;entreprise… Et si, se demande désormais le grand fils, son père n&rsquo;était pas mort, tué par sa machine&#8230;<br />
Avec <strong>L&rsquo;entente – La face cachée d&rsquo;Alexandrie</strong> (Egypte – 1h34. Dans les salles le 6 mai), on est bien loin de la citadelle Qaitbay et de ses créneaux sur la mer, loin de la Corniche et du pont Stanley, loin des luxuriants jardins de Montaza, loin des aériennes étagères pleines de livres de la moderne bibliothèque Alexandrina. D&rsquo;ailleurs, le sous-titre du film de Mohamed Rashad le dit bien. Nous sommes du côté d&rsquo;énormes immeubles délabrés, couverts d&rsquo;une poussière blanche. Au milieu de grosses canalisations d&rsquo;eau oubliées là, sous d&rsquo;énormes pylônes électriques, du côté de vastes autoroutes filant vers le désert.<br />
Pour Hossam et Mano, c&rsquo;est leur pain quotidien, une vie sans joie et sans charme. Avec l&rsquo;usine en toile de fond, ses ateliers, ses vieux engins made in UdSSr, sa cantine où chacun partage le repas et évoque le père disparu.</p>
<div id="attachment_21222" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21222" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR</p></div>
<p>Présenté en première mondiale dans la section Perspectives à la 75<sup>e</sup> Berlinale et dans de multiples autres festivals, <strong>L&rsquo;entente</strong> est le premier film de fiction du cinéaste égyptien qui explique : <em>« L’idée du film est née lorsque j’ai rencontré par hasard un jeune homme qui m’a parlé de son père, ouvrier pour une entreprise, tragiquement décédé sur son lieu de travail. Après le décès de son père, la même entreprise lui a proposé un emploi qu’il a accepté, choisissant de travailler exactement à l’endroit où son père était mort. Cette rencontre a soulevé pour moi de nombreuses questions, sur des circonstances sociales difficiles, sur les dynamiques familiales et particulièrement sur le lien père-fils. »</em><br />
A travers les deux figures de Hossam, 23 ans, ex-adolescent turbulent et de Mano, 12 ans, et avec, en retrait, le personnage d&rsquo;une mère lasse et handicapée, Rashad brosse une chronique où le travail occupe l&rsquo;essentiel de l&rsquo;existence, ne laissant à ses deux « héros » que des miettes de vie. Mano suit son frère au plus près, donnant des coups de main dans l&rsquo;usine. Quant à Hossam, il est repris, par la force des choses, par son passé de petit dealer. Comment refuser de fournir une barrette de shit à son ingénieur ?<br />
Tel un Stéphane Brizé égyptien, Mohamed Rashad plonge, avec <strong>L&rsquo;entente</strong>, le spectateur dans de rudes espaces industriels. Encore presqu&rsquo;enfant, Mano, même s&rsquo;il se révolte parfois, observe le monde avec une certaine ingénuité. Pour Hossam, c&rsquo;est l&rsquo;épuisement et une sourde colère qui président à sa vie. Lui reste alors quelques parenthèses enchantées lorsque son téléphone sonne et qu&rsquo;une mystérieuse voix féminine lui parle… A force de coups de téléphone, Hossam n&rsquo;aura de cesse de découvrir l&rsquo;inconnue. Une collègue de l&rsquo;usine, sans doute. Une brève et tendre étreinte dans l&rsquo;atelier lui vaudra l&rsquo;un de ses très rares sourires. Pour incarner ses deux personnages, le cinéaste a eu recours à des non-professionnels : Adham Shukr (Hossam) et Zyad Islam (Mano). Âpre et prometteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les doutes de Grace et les vacheries de Miranda</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2026 17:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[MATERNITE.- Quelque part, dans ce qui semble être le plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s&#8217;installent dans une maison en plutôt mauvais état. « C&#8217;est pas New York », glissent-ils et Jackson confirme : « Je n&#8217;étais pas venu depuis un bail&#8230; » L&#8217;endroit a le mérite d&#8217;être calme. Il y [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21206" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21206" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1-300x199.jpg" alt="&quot;Die my Love&quot;: Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace (Jennifer Lawrence)<br />et Jackson (Robert Pattinson).</p></div>
<p><strong>MATERNITE.-</strong> Quelque part, dans ce qui semble être le plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s&rsquo;installent dans une maison en plutôt mauvais état. <em>« C&rsquo;est pas New York »,</em> glissent-ils et Jackson confirme : <em>« Je n&rsquo;étais pas venu depuis un bail&#8230; »</em> L&rsquo;endroit a le mérite d&rsquo;être calme. Il y a même un bureau qui permettra à Grace d&rsquo;enfin écrire son grand roman américain. Certes, il y a des rats et il faudra sans doute trouver un chat pour faire le ménage. Alors, dans ce no man&rsquo;s land aussi réel que rêvé, Grace et Jackson ont tout le temps de danser sur une musique à fond et aussi de copuler tout leur saoul. Le bébé pleure et se balance dans son siège dans la véranda. Au son de <em>Let&rsquo;s Twist again</em>, Jackson, en robe de chambre à fleurs, biberonne sa bière et soupire : <em>« Pourquoi on crève de chaud ! »</em><br />
Dans le pré alentour, Jackson a installé un téléscope. <em>« Les étoiles,</em> considère-t-il,<em> me donnent l&rsquo;impression de n&rsquo;être rien »</em>. A quoi, Grace répond : <em>« L&rsquo;univers, on s&rsquo;en tape&#8230; »</em><br />
Il est vrai que l&rsquo;univers de la jeune femme se limite, ici, à une maison, à des paysages, entre prés et forêts, à perte de vue, à un mystérieux motard qui passe régulièrement sur la petite route ou encore à un cheval noir dans la nuit. Clairement, Grace ne va pas bien. Au petit <em>market</em> voisin, elle envoie paître une gentille employée qui fait des risettes à son bébé. Elle traverse son salon à quatre pattes, joue de l&rsquo;harmonica, grogne, lèche la vitre d&rsquo;une fenêtre et, assise dans le frigo, crache de l&rsquo;eau alentour. Avant de s&rsquo;allonger sur son lit et de se masturber longuement&#8230;<br />
Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, <strong>Die my Love</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) est le cinquième long-métrage de la cinéaste britannique Lynne Ramsay, 57 ans, aujourd’hui considérée comme l’une des réalisatrices majeures du cinéma d’auteur contemporain. Découverte en 1999 avec <strong>Ratcatcher</strong>, un drame de l&rsquo;enfance qui se déroulait à Glasgow, sa ville natale, Lynn Ramsay adapte, ici, <em>Crève, mon amour</em>, le premier roman de l&rsquo;écrivaine argentine Ariana Harwicz, paru en 2012, et qui évoquait, dans un long monologue intime, les affres et les douleurs de la maternité vécus par une jeune mère en plein doute.<br />
<em>« C’est un roman difficile, très sombre,</em> dit Lynne Ramsay,<em> avec une temporalité éclatée. Je ne voulais pas aller exactement dans cette direction. Je m’en suis un peu détachée. Je voulais introduire de l’humour, conserver l’animalité et la sexualité du personnage, mais en faire avant tout une histoire d’amour — une histoire d’amour folle — plutôt qu’un film uniquement centré sur le post-partum. »</em> Cependant la cinéaste a conservé l&rsquo;énergie brute, directe de Grace et elle entreprend, avec ce film, de faire entrer le spectateur dans la tête de cette mère complètement déboussolée et passablement incontrôlable, y compris pour Jackson qui semble savourer les temps où il prend, pour raison de travail, de la distance avec le monde perturbé de Grace.</p>
<div id="attachment_21207" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21207" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2-300x225.jpg" alt="&quot;Die My Love&quot;: Grace, une mère et une femme en perdition. Photos Seamus McGavrey" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace, une mère<br />et une femme en perdition.<br />Photos Seamus McGavrey</p></div>
<p>Après le personnage d&rsquo;Eva (Tilda Swinton) dans <strong>We Need to Talk about Kevin</strong> (2011), la cinéaste retrouve à nouveau un personnage de mère mais aussi de femme. <em>« Ce qui m&rsquo;intéresse surtout,</em> dit encore Lynn Ramsay, <em>c’est ce que la maternité vient changer dans la vie de ces femmes, justement. Grace est créative, c’est une écrivaine. Mais après avoir accouché, elle souffre du syndrome de la page blanche. Son compagnon est absent. Elle se sent coincée et très seule. Elle s’ennuie beaucoup, aussi. À partir de là, son esprit commence à se détraquer. »</em><br />
Physique (hormonal?) et sensoriel, <strong>Die my Love</strong> prend fréquemment des allures de conte fantastique en suivant au plus près cette Grace presque animale qui fonctionne à l&rsquo;impulsion, dit des choses déplacées, se promène en sous-vêtements, tout cela pour tenter de ressentir quelque chose. Plus encore pour se débarrasser d&rsquo;une insupportable sensation d’engourdissement liée à l’isolement.<br />
Parce que tout y passe par la perception et que le son permet d&rsquo;être dans la tête de Grace, <strong>Die my Love</strong> est une œuvre très musicale dans laquelle on entend <em>Hey Mickey</em> par Toni Basil, <em>Cold Light of Day</em> de Lewsberg, <em>Crossroads</em> de Cream, <em>Apples and Bananas</em> de Raffi, <em>Little April Shower</em> par Chorus, <em>Love me Tender</em> par Elvis, <em>In Spite of Ourselves</em> de John Prine et, in fine, <em>Love Will Tear us Apart</em> qui suggère que l’amour existe encore, mais qu’il est devenu toxique, presque impossible.<br />
Pour incarner son couple bouleversé, la cinéaste met en scène deux stars. Robert Pattinson est un Jackson paumé qui ira jusqu&rsquo;à placer sa femme dans une institution spécialisée. Jennifer Lawrence est une Grace anarchiste dans un maelstrom permanent d&rsquo;isolement, de destruction, de perte, de douleur et de désir. Inconfortable mais fascinant.</p>
<div id="attachment_21204" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21204" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot;: Miranda Priestly (Meryl Streep). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo;: Miranda Priestly<br />(Meryl Streep). DR</p></div>
<p><strong>MODE.-</strong> Pour Andy Sachs, la journée s&rsquo;achève plutôt bien. La pétulante journaliste vient de se voir décerner un prix pour ses (excellents) articles dans le <em>Vanguard</em>. Mais alors même qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime devant ses pairs (<em>« Le journalisme compte, putain ! »</em>), tous les téléphones bippent. Andy, comme ses collègues, viennent de se faire virer. Par un simple sms. Dans le même temps, Miranda Priestly, l&rsquo;emblématique patronne du magazine de mode <em>Runway</em>, est au coeur d&rsquo;une tourmente médiatique pour une vilaine affaire de vêtements fabriqués par des ateliers clandestins. Pour contrer le <em>bad buzz</em>, Irv Ravitz, le propriétaire de <em>Runway</em>, a une idée ! Embaucher Andy Sachs pour qu&rsquo;elle redresse la barre par de vrais reportages de qualité. Vingt après, Andy pousse à nouveau les portes de <em>Runway</em>. Miranda Priestly n&rsquo;est pas plus agréable que lorsqu&rsquo;Andy, fraîchement diplômée de l&rsquo;Université Northwestern, obtenait le poste très prisé d&rsquo;assistante de la tyrannique rédactrice en chef. Pire, Miranda voit poindre une relève qui la fait enrager… Mais, avec sa réputation entachée, Miranda ne fait plus complètement la pluie et le beau temps dans l’univers de la mode. D&rsquo;ailleurs, Emily Charlton, qui débuta en même temps qu&rsquo;Andy chez Runway, décide d&rsquo;en profiter et d&rsquo;obtenir des compensations. Désormais puissante dirigeante d&rsquo;un groupe de luxe, elle contraint Miranda à lui offrir des pages dans <em>Runway</em>&#8230;<br />
Mode, ton univers impitoyable ! Vingt après, le réalisateur David Frankel est toujours aux manettes de ce second opus qui entraîne à nouveau les spectateurs dans les coulisses des défilés et des grandes fêtes de la mode. <strong>Le diable s’habille en Prada 2</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) marque donc le retour de l&rsquo;odieuse et cassante Miranda Priestly. Même fragilisée, Miranda est toujours aussi vacharde. Andy Sachs, qui a pris de la bouteille dans les médias, devra ainsi batailler pour affirmer son autorité. D&rsquo;autant que la disparition brutale d&rsquo;Irv Ravitz va profondément rebattre les cartes. En effet, son fils Jay a des idées précises sur la gestion du groupe de presse. En un mot comme en mille, il va tout basculer par-dessus bord. Si le premier <strong>Diable…</strong> se résumait globalement à une histoire de management (très toxique), ce N°2 s&rsquo;intéresse au déclin de la presse papier (<em>« Votre magazine existe mais personne ne l&rsquo;achète »</em>) et à la montée des supports numériques au travers de quelques figures, pas piquées des hannetons, d&rsquo;entrepreneurs des médias. De quoi donner un peu plus de matière à un scénario qui joue quand même, rassurons les <em>fashionistas</em>, la carte du luxe même si la <em>fast-fashion</em> a fait des dégâts. Si on s&rsquo;intéresse à la chose, on peut compter le nombre de tenues qu&rsquo;arborent Miranda, Andy ou Emily. Pour notre part, c&rsquo;est plutôt le look élégant et très recherché de Nigel Kipling qui nous séduit. Mais ceci est une autre affaire.</p>
<div id="attachment_21205" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21205" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot; Nigel Kipling (Stanley Tucci) et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo; Nigel Kipling (Stanley Tucci)<br />et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR</p></div>
<p>On repart donc pour un tour dans les beaux endroits de New York mais la production s&rsquo;offre aussi, pour cause de gala avec Lady Gaga en star, un peu de tourisme (haut de gamme) à Milan avec le Duomo, la galleria Vittorio Emanuele II (pour Miranda toute seule!), un dîner devant <em>La cène</em> de Vinci dans le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie et même une extension sur les rives du lac de Côme.<br />
Pour peu qu&rsquo;on ne se moque pas des choses de la mode, tout cela est doucement divertissant et on retrouve avec plaisir la venimeuse Miss Priestly, définitivement entrée dans le panthéon des « méchantes » du cinéma. Meryl Streep tient toujours très bien la rampe et on se régale de ses infimes plissements de lèvres quand elle s&rsquo;agace. Autour d&rsquo;elle Anne Hathaway (Andy), Emily Blunt (Emily) et Stanley Tucci (Nigel) sont toujours de la partie et font le job avec entrain. Du côté des hommes de ces dames, ça a un petit côté <strong>Sex in the City</strong> avec des types qui semblent toujours faire tapisserie, y compris Kenneth Branagh en nouveau mari de Miranda.<br />
Dans l&rsquo;usine à rêves, on a toujours aimé le recyclage des succès. Voilà qui est fait.</p>
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		<title>Michael danse, Rémi doute, Fred et Adam marchent</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 16:36:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21194" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21194" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Jaafar Jackson se glisse dans la peau de la star. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Jaafar Jackson<br />se glisse dans la peau de la star. DR</p></div>
<p><strong>STAR.-</strong> Quelque part, à Gary, petite cité industrielle de l&rsquo;Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d&rsquo;une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu&rsquo;est l&rsquo;industrie du show-biz. Car Joseph, le père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. Dès l&rsquo;âge de six ans, il chante avec ses frères Marlon, Jackie, Randy et Tito et commence, avec eux, une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five. C&rsquo;est le temps de titres à succès comme <em>I Want You Back</em> ou <em>Never Can Say Goodbye</em> et des tournées dans un Combi VW déglingué… Tandis que Joseph Jackson qui clame qu&rsquo;il faut <em>« être des gagnants ou rien »</em>, organise la vie de la famille et s&rsquo;applique à faire les meilleures affaires possibles, Michael, sous le regard tendre de sa mère, se plonge, au milieu de ses peluches, dans les aventures de Peter Pan, s&rsquo;imagine déambuler dans <em>Neverland</em> et rêve d&rsquo;être entouré d&rsquo;animaux…<br />
Un jour, Suzanne de Passe, productrice de musique, remarque Michael Jackson sur scène. Elle contacte Berry Gordy, le fondateur du mythique label Motown Records : <em>« Il ira loin avec cette voix !»</em> Michael a 10 ans. Pour la pub, on lui en donne 8. Bientôt, il enregistre et se retrouve au sommet des <em>charts</em>. Mais, chez lui, il regarde Gene Kelly danser dans les flaques de <strong>Singing in the Rain</strong> (1952) tout en s&rsquo;occupant de Louis, son lama et de Bubbles, son chimpanzé. <em>« Je ne suis pas comme les autres enfants »</em>, dit-il à sa mère qui lui répond : <em>« Tu vas faire briller la lumière ! »</em><br />
Il va travailler avec Quincy Jones, enregistrer son premier album solo et gérer sa difficile relation avec un père très inquiet de voir sa poule aux œufs d&rsquo;or lui échapper. C&rsquo;est le temps de l&rsquo;album <em>Off the Wall</em> et du titre <em>Don&rsquo;t Stop &lsquo;Til You Get Enough</em>, première chanson que Michael Jackson a écrite entièrement. N&rsquo;arrête pas tant que tu n&rsquo;en as pas eu assez ! C&rsquo;est bien alors le credo de Michael Jackson&#8230;</p>
<div id="attachment_21195" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21195" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Le tournage du célèbre clip Thriller. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Le tournage<br />du célèbre clip Thriller. DR</p></div>
<p>Connu pour ses films d&rsquo;action violents (<strong>Training Day</strong> en 2001,<strong> Shooter, tireur d&rsquo;élite</strong> en 2007 ou la série <strong>Equalizer</strong> de 2014 à 2023), l&rsquo;Américain Antoine Fuqua passe, à son tour, par la case <em>biopic</em> avec <strong>Michael</strong> (USA – 2h08. Dans les salles le 22 avril) . <em>« Lorsque Michael Jackson montait sur scène, le monde s’arrêtait,</em> dit le dossier de presse. <em>Il était directement connecté à l’âme et au rythme de son temps. L’entertainer absolu. Un chanteur qui filait la mélodie en pure émotion. Un visionnaire mariant le son avec le spectacle. Un pionnier qui brisait les barrières. Un maître de la réinvention qui nous encourageait à questionner notre propre reflet dans le miroir. »</em> De fait, le film montre bien la manière dont Michael Jackson (1958-2009) travaillait avec une énergie et une quête presque maniaque de la perfection. On mesure aussi l&rsquo;extraordinaire engouement de ses fans. <strong>Michael</strong> passe en revue aussi bien les prestations scéniques (les enregistrements vidéo ou les spectacles en scène) que la vie privée. On évoque ainsi la dépigmentation de sa peau, son opération du nez (<em>« Je dois être parfait »</em>), ses visites fréquentes à des enfants malades et évidemment des moments prestigieux comme le clip <em>Thriller</em> et ses zombies ou émouvants avec l&rsquo;adieu aux Jackson 5 au dernier jour du Victory Tour en 1988 à Londres.<br />
Tout cela est bien fait, parfaitement huilé, tout à fait rythmé (on entend nombre de titres célèbres) et, pour sa première apparition au grand écran, Jaafar Jackson, 29 ans, le neveu de Michael, est plus que crédible, maniant parfaitement le fameux <em>Moonwalk</em> avec un look très reconnaissable… Pour le reste, tout cela est aussi parfaitement lisse. Sur un post-it, la star a noté <em>« Tes rêves dépassent ta peur »</em>. Ici, le rôle du méchant incombe à Joe, le père, que Michael finira par virer de son statut de manager personnel d&rsquo;un simple fax envoyé par John Branca, son nouveau manager.<br />
A travers les multiples références à <em>Neverland</em>, on évoque, entre les lignes, le syndrome de Peter Pan dont on peut légitimement penser que Bambi souffrait. Rien non plus sur les accusations de pédophilie qui ont émaillé les années de Michael Jackson. Mais, on le comprend bien, ce n&rsquo;est pas exactement ce que les fans veulent entendre en venant voir l&rsquo;histoire de celui qui disait : <em>«  Je dois faire briller ma lumière pour divertir et guérir&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21192" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21192" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1-300x161.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Audrey (Zoé Marchal) et Rémi (Vincent Macaigne). DR" width="300" height="161" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Audrey (Zoé Marchal)<br />et Rémi (Vincent Macaigne). DR</p></div>
<p><strong>CONTE.-</strong> Employé de la société Gazonzon, spécialisée dans le gazon synthétique, Rémi Allard n&rsquo;est pas vraiment heureux. Il n&rsquo;a jamais réussi à se remettre du départ de la femme avec laquelle il a vécu de longues années. Alors, parce que c&rsquo;est plus simple finalement, il s&rsquo;est mis en couple avec une poupée. Elle s&rsquo;appelle Audrey. Elle le regarde fixement manger sa blanquette sortie du micro-ondes et constater <em>« Je préfère les Picard »</em>. Elle est aussi à côté de lui dans le canapé quand il regarde, à la télévision, des documentaires sur De Gaulle ou Winston Churchill. Au bureau, Rémi parle souvent d&rsquo;Audrey et raconte leurs fréquentes sorties en parapente. Mais les collègues aimeraient bien quand même rencontrer cette Audrey et il en va de même pour les parents, bourgeois aisés, de Rémi. Seule Domi, la sœur de Rémi, est au courant. Un jour, pour suppléer un collègue en congé parental, débarque au bureau la pétulante Patricia. Ce jour-là, Audrey va mystérieusement prendre vie.<br />
Grandie à Lyon puis Londres et New York, Sophie Beaulieu, normalienne et agrégée de linguistique anglaise, a enseigné quelques temps avant de se consacrer à l&rsquo;écriture d&rsquo;une pièce loufoque et subversive dans laquelle elle joue puis de passer au cinéma avec trois courts-métrages. Son premier long-métrage, <strong>La poupée</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 22 avril), joue clairement la carte du conte farfelu, voire absurde.<br />
Ce n&rsquo;est pas la première qu&rsquo;une poupée est en « vedette » dans un film. En 2002, Valérie Guignabodet signait <strong>Monique : toujours contente</strong>. On y suivait les aventures d&rsquo;Alex (Albert Dupontel), en pleine crise de la quarantaine qui, à la suite d&rsquo;une erreur, a acheté sur internet, Monique, une poupée moulée en silicone dernier cri. Avantages par rapport à une femme réelle : elle est toujours disponible, toujours heureuse, compréhensive, ne fait pas de crises, ne pleure pas. Alex est séduit. Son entourage beaucoup moins.</p>
<div id="attachment_21193" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21193" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2-300x164.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Rémi et Patricia (Cécile de France). DR" width="300" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Rémi<br />et Patricia (Cécile de France). DR</p></div>
<p>Aussi curieux que cela puisse paraître avec une poupée gonflable évoquant facilement un univers à priori très sexualisé, le ton, ici, est bien plus joyeux et plus… féministe ! <em>« Mon sujet,</em> dit Sophie Beaulieu, <em>c’est l’émancipation d’Audrey, qui va arriver grâce à ses rencontres avec différents personnages féminins, dont celui de Patricia. Il y a un effet miroir entre les deux femmes. Contrairement à Audrey, poupée vivante, Patricia a des codes de féminité différents. Elle peut être à côté de ce qui est attendu des femmes. Mais si elle est décalée, elle est libre aussi, et cela sans renoncer à l’amour. Et ça fonctionne tout de suite avec Audrey. »</em><br />
Entre l&rsquo;atmosphère plutôt bon enfant du bureau et les paysages apaisants du lac de Vouglans dans le Jura, ce conte (doucement) satirique se déroule tandis qu&rsquo;on se demande où il va nous conduire. De fait, on est contraint, malgré une réalisation chaleureuse, de constater que ça ne va pas très loin.<br />
Heureusement, les comédiens tiennent le bateau à flots. Vincent Macaigne (Rémi), abonné aux hommes en perdition, la joue une nouvelle fois avec maîtrise . Zoé Marchal, découverte dans <strong>Lolo</strong> (2015) de Julie Delpy dans lequel elle jouait la fille de Dany Boon, est Audrey, une poupée qui se révèle être une femme à qui on ne la fait pas. Adèle Journeaux est une Domi, lesbienne très déjantée. La palme revient à Cécile de France. Sa Patricia frisée est impayable lorsqu&rsquo;elle dit, tout de go : <em>« J&rsquo;ai arrêté les hommes. Je me masturbe beaucoup ! »</em><br />
<em>« Je désamorce, je fais sourire, mais je n’élude rien »</em>, dit la cinéaste. On attend de la revoir.</p>
<div id="attachment_21191" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21191" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1-300x199.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Adam (Julien Le Berre) et Fred (Alexandra Lamy)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Adam (Julien Le Berre)<br />et Fred (Alexandra Lamy).</p></div>
<p><strong>CHEMIN.-</strong> Fred est dans la panade. Elle vient de se faire virer de son boulot de prof pour avoir giflé une élève. Par ailleurs, son amoureux a mis fin à leur relation et la fille de Fred part faire des études au Canada. Pour mettre de la distance entre elle et sa mère. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une copine, Fred va rejoindre une association qui s&rsquo;occupe de remettre sur le bon chemin des mineurs délinquants. Si on l&rsquo;accueille avec circonspection -pourquoi a-t-elle mis une gifle ?- Fred va pourtant postuler et s&rsquo;accrocher.<br />
Si bien qu&rsquo;on va lui confier un grand adolescent/jeune adulte qui vient de passer, une fois de plus, devant le juge des enfants. Cette fois, plus de nouvelle clémence. Multirécidiviste, Adam n&rsquo;a plus le droit, avant le retour derrière les barreaux, qu&rsquo;à une ultime chance. Ce sera une marche de rupture sur le chemin de Compostelle. Fred sera son accompagnatrice. Optimiste, elle affirme : <em>« Redonner une seconde chance, je saurai faire »</em>. Mais partir avec cet Adam, qui ne croit plus à rien sinon à retrouver une mère qui ne veut plus de lui, ne sera pas une mince affaire. Voilà pourtant, Fred et Adam dans la basilique du Puy-en-Velay, prêts à partir sur la <em>via podiensis</em> puis la <em>via Francès</em> vers St Jacques de Compostelle. Un voyage de quelque cinq mois à raison de 25 kilomètres par jour…<br />
En s&rsquo;inspirant librement de <em>Marche et invente ta vie</em>, le livre de Bernard Ollivier, le réalisateur Yann Samuell, découvert en 2003 avec <strong>Jeux d&rsquo;enfants</strong>, signe, avec <strong>Compostelle</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 1<sup>er</sup> avril), une aventure qui commence, symboliquement, par une trappe s&rsquo;ouvrant dans le sol de la cathédrale comme un symbole du passage de l’ombre à la lumière. C’est à ce moment que Samuell choisit de changer de cadre comme pour élargir l’horizon. La première partie de l’histoire est filmée en 4/3, pratiquement une image carrée, pour montrer que dans leur vie d’avant, Adam autant que Fred sans doute, étaient bloqués entre des murs qu’ils s’imposent, comme dans un univers carcéral.</p>
<div id="attachment_21190" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21190" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2-300x200.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Sur le chemin... Photos Marie-Camille Orlando" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Sur le chemin&#8230;<br />Photos Marie-Camille Orlando</p></div>
<p>Pour ses deux personnages qui n&rsquo;ont, à priori, pas grand-chose en commun, <strong>Compostelle</strong> va apparaître comme une quête intérieure, un chemin spirituel vers soi-même. Mais rien, ici, de lourdingue, de préchi-précha, voire de pieux même si <strong>Compostelle</strong> a certainement un fond un peu mystique. Il y a de l&rsquo;air, du soleil, de la pluie aussi parfois, dans les vastes et beaux paysages que Fred et Adam arpentent. Et même lorsqu&rsquo;ils sont reçus dans un couvent aux sombres salles, Adam apporte de la grâce en rapant sur un bel <em>Ave Maria</em> : <em>« Marie, je t’écris cet Ave Maria pour le jour où tu ne seras plus là »</em> . Tel un (jeune) Valjean d&rsquo;un autre temps, il partira -vol ou cadeau ?- avec une petite statue de la Vierge à l&rsquo;enfant qui adoucira peut-être son besoin inextinguible d&rsquo;une mère dont il recherche l’amour en vain.<br />
Au fil des multiples péripéties du voyage, d&rsquo;un chien patou montrant les dents à la courageuse Estella qui lui tape dans le coeur, Adam apprendra à se construire malgré cette absence. Fred et Adam ont, en commun, l&rsquo;abandon mais aussi la quête de la famille. Le gamin le dit : <em>« On se déteste, on s’aime, c’est ça une famille&#8230; »</em>, sous-entendu <em>« mais au moins, on est ensemble. »</em><br />
Souvent cantonnée au registre comique, Alexandra Lamy incarne une Fred tour à tour inquiète, fatiguée, traversée par le doute mais lumineuse et qui pense : <em>« Aider les autres, c&rsquo;est aussi s&rsquo;aider soi-même »</em>. Avec le personnage d&rsquo;Adam, Julien Le Berre décroche son premier rôle au cinéma. Avec sa jolie petite gueule frisée, il incarne remarquablement un adolescent délinquant explosif et même odieux auquel on a envie de mettre des baffes avant de glisser vers une (difficile) prise de conscience qui l&rsquo;amènera à se redresser&#8230;</p>
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		<title>Le désespoir de Tony Kiritsis et les espoirs de la famille Dayan</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 10:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[RÊVE.- Ce matin-là, comme tous les autres, Fred Temple, la voix d&#8217;Indianapolis sur WCYD, réveille en douceur les habitants de la capitale de l&#8217;Indiana. Auditeur attentif de cette radio, Tony Kiritsis, en ce matin neigeux de 1977, est en colère. Sa voiture est en panne et il a rendez-vous avec M.L. Hall, le grand patron [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21136" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21136" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage.</p></div>
<p><strong>RÊVE.-</strong> Ce matin-là, comme tous les autres, Fred Temple, la voix d&rsquo;Indianapolis sur WCYD, réveille en douceur les habitants de la capitale de l&rsquo;Indiana. Auditeur attentif de cette radio, Tony Kiritsis, en ce matin neigeux de 1977, est en colère. Sa voiture est en panne et il a rendez-vous avec M.L. Hall, le grand patron de Meridian Mortgage, une société de courtage hypothécaire, à laquelle il reproche de l&rsquo;avoir ruiné. Lorsque Kiritsis débarque, avec un long carton sous le bras, dans le hall du bâtiment de la compagnie, il apprend que M.L. Hall passe des vacances au soleil. Raison de plus d&rsquo;être furax. Ce sera Richard, le fils du patron, qui se charge de le recevoir. Dans le bureau du boss, soudain, Kiritsis déballe un fusil et menace Richard Hall. Bientôt ce dernier se retrouve avec le canon du fusil sur sa nuque, l&rsquo;arme fixée avec un fil de fer autour de son cou… La police est alertée. Une camionnette d&rsquo;une chaîne de télévision locale tourne dans le quartier et entend parler de la prise d&rsquo;otages. Habituée à couvrir de petits fait-divers médiocres, la jeune Linda Page est persuadée que sa chance vient de sonner. Avec son cameraman, elle se précipite sur les lieux, convaincue de tenir la bonne <em>story</em> qui fera le <em>prime time</em> de Channel 12. Pendant ce temps, Kiritsis décide de quitter à pied les locaux de Meridian Mortgage pour aller s&rsquo;enfermer dans son appartement à quelques blocs de maison de là&#8230;<br />
Silencieux depuis 2018 et l&rsquo;échec commercial de <strong>Don&rsquo;t Worry, He Won&rsquo;t Get Far on Foot</strong>, un drame biographique sur John Callahan, un jeune tétraplégique alcoolique qui va devenir un célèbre auteur de bandes dessinées, Gus van Sant fait un retour remarqué avec <strong>La corde au cou</strong> (USA – 1h44. Dans les salles le 15 avril) . Le réalisateur de <strong>My Own Private Idaho</strong> (1991), <strong>Will Hunting</strong> (1997), <strong>A la recherche de Forrester</strong> (2000) ou <strong>Elephant</strong>, Palme d&rsquo;or à Cannes en 2003, s&rsquo;empare, ici, de l&rsquo;histoire vraie de Tony Kiritsis, un Américain banal qui rêvait de construire un centre commercial pour proposer des commerces abordables au plus grand nombre. Mais la société de Hall est passée par là. Kiritsis a emprunté, n&rsquo;a pu rembourser et s&rsquo;est retrouvé ruiné. Convaincu que Meridian Mortgage l&rsquo;a sciemment piégé (notamment en détournant de potentiels acquéreurs du centre commercial vers d&rsquo;autres options) pour le dépouiller, Kiritsis kidnappe, le 8 février 1977 à Indianapolis, le fils du courtier responsable de sa situation.<br />
Il réclame 5 millions de dollars et surtout des excuses en bonne et due forme. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp.</p>
<div id="attachment_21137" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21137" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis donne une conférence de presse. Photos Stefania Rosini" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis<br />donne une conférence de presse.<br />Photos Stefania Rosini</p></div>
<p>Dans une écriture dépouillée qui reprend les codes classiques du thriller et notamment du sous-genre qu&rsquo;est la prise d&rsquo;otages, le cinéaste parvient avec aisance, a distillé une forte tension tant Kiritsis peut à tout moment exploser et provoquer l&rsquo;irrémédiable. Loin de sa manière abstraite, minimaliste et labyrinthique qui caractérisait, par exemple <strong>Elephant</strong>, le metteur en scène s&rsquo;inscrit dans un style pratiquement de reportage télévisuel (le mouvement saccadé des prises de vues, les images figées, les mises au point de la caméra) pour observer un personnage perdu qui se demande quel sens donner encore à son existence alors qu&rsquo;il considère avoir tout perdu. Métaphoriquement, c&rsquo;est bien lui qui a la corde au cou. Mais Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ? Un marginal qui voit s&rsquo;évanouir son rêve américain ?<br />
Van Sant qui vivait en 1977 à Los Angeles, n&rsquo;avait pas de téléviseur à cette époque. <em>« S’il y a eu,</em> dit-il, <em>des choses diffusées en direct, je les ai ratées. Quand je l’ai découverte, l’histoire de Tony Kiritsis m’a touchée. Dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, je me sens concerné, émotionnellement. »</em><br />
Entre agitation policière et médiatique, on songe évidemment à Sidney Lumet et à son excellent <strong>Après-midi de chien</strong> (1975) d&rsquo;autant qu&rsquo;Al Pacino fait une courte apparition, ici, dans le rôle du cynique M.L. Hall. Vu naguère en vampire dans le <strong>Nosferatu</strong> (2024) de Robert Eggers, l&rsquo;acteur suédois Bill Skarsgård compose brillamment un personnage éruptif et inquiétant emporté dans une action criminelle qui pulvérise soudain sa triste routine avant de se prendre pour un « héros national », d&rsquo;appeler Fred Temple à la rescousse et d&rsquo;exiger, devant les caméras, une lettre d&rsquo;immunité&#8230;<br />
Que reste-t-il du rêve américain ? La question que pose, in fine, Gus van Sant, prend une résonance qui dépasse de beaucoup l&rsquo;obscurité de la salle de cinéma.</p>
<div id="attachment_21133" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21133" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1-300x225.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine ou la famille Dayan." width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine<br />ou la famille Dayan.</p></div>
<p><strong>EIGHTIES.-</strong> Vincent et Arnaud se châtaignent comme deux frères un peu à l&rsquo;étroit dans la même chambre. L&rsquo;aîné ne jure que par le rock, le plus jeune est plus funky… Nous sommes en 1985, dans la banlieue parisienne. Et si Vincent, bientôt 13 ans, ne veut pas s&rsquo;en laisser conter par son grand bricoleur de frère, ce n&rsquo;est pas mieux du côté des parents qui se prennent la tête sans arrêt. Sandrine n&rsquo;en peut plus de servir le café dans des réunions de patrons cravatés tandis qu&rsquo;Yves donne le change. Il part tous les matins au boulot avec son attaché-case. Mais Vincent est pourtant surpris de le voir, en pleine matinée, boire, l&rsquo;air bien sombre, un café dans un bistrot. Vincent a beau être cadre, il est bien au chômage. Et il tire le diable par la queue en allant jusqu&rsquo;à emprunter de l&rsquo;argent à Arnaud qui s&rsquo;est fait un joli petit business en dealant autour de lui des compilations de rock. Vincent, qui prépare, sans grand enthousiasme, sa bar-mitsvah, est complètement sous le charme d&rsquo;Anne-Karine, une collégienne de sa classe. Alors quand il doit faire un exposé avec cette dernière, il entrevoit la possibilité d&rsquo;un grande histoire d&rsquo;amour qui lui met la tête et le coeur à l&rsquo;envers… Mais Anne-Karine semble bien insensible au charme de ce gamin qui n’est « déjà plus » un enfant et qui n’est « pas encore » un adulte&#8230;<br />
Inspiré clairement de la jeunesse, des souvenirs d&rsquo;enfance, des parents d&rsquo;Eric Toledano et Olivier Nakache, <strong>Juste une illusion</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 15 avril) est une plongée chaleureuse et nostalgique dans les aventures quotidiennes de la famille Dayan sur fond de questions et de doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.<br />
Avec beaucoup de fluidité dans la manière de distiller du bon cinéma populaire, les deux cinéastes embarquent le spectateur dans cette famille « explosive » où ça gueule sans arrêt mais où l&rsquo;on s&rsquo;aime aussi avec la même puissance.</p>
<div id="attachment_21134" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21134" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2-300x200.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: la périlleuse location d'une cassette X. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: la périlleuse location d&rsquo;une cassette X.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Film d&rsquo;époque, <strong>Juste une illusion</strong> évoque clairement des problématiques sociales avec, par exemple la référence à SOS Racisme, véritable marqueur des années 80. <em>«  Bien qu’il se déroule il y a plus de quarante ans,</em> note Eric Toledano, <em>le film porte effectivement un regard sur l’époque dans laquelle nous vivons. Ce choix est une critique en creux de la logique du repli, du « chacun pour soi » voire du « contre les autres ». Nous sommes dans une société qui exalte beaucoup les différences. Alors une fois de plus on va relire le testament de Billy Wilder qui nous semble être dans le vrai quand il lance « Quand ça va mal, faites une comédie ! »</em> De fait, dans les <em>eighties</em>, toutes les menaces étaient déjà là : la crise économique, les guerres, les attentats, la menace nucléaire, le sida&#8230;<br />
En centrant leur récit sur Vincent (remarquable Simon Boublil, choisi dans un casting de 2000 jeunes!) qui s&rsquo;apprête à vivre une série de première fois, les réalisateurs d&rsquo;<strong>Intouchables</strong> (19,4 millions de spectateurs dans les salles en 2011) livrent une chronique intime qui parlera assurément à ceux qui étaient jeunes au mitan des années 80. On y retrouve les sons de Imagination, Joy Division, The Cure, Fabrice et la valise RTL, des clins d&rsquo;oeil à <strong>Un homme et une femme</strong>, une cassette VHS baladeuse de <strong>La ruée vers Laure</strong>, <em>Touche pas à mon pote</em> et Harlem Désir et Thierry Le Luron jouant Alice Sapritch…<br />
Enfin Louis Garrel et Camille Cottin, les parents Dayan, forment un joyeux duo comique (soutenu par le numéro de Berger, le concierge par l&rsquo;épatant Pierre Lottin) et leurs échanges sur le retour d&rsquo;Afrique du Nord sont savoureux tout comme l&rsquo;idée de l&rsquo;exposé consacré à Mitterrand et Kohl se tenant la main à Verdun en 1984, qui devient la première… romance politico-homosexuelle !</p>
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		<title>La lente libération de Marianne</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 21:14:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21086" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21086" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1-300x179.jpg" alt="Marianne (Mélanie Thierry), une femme qui étouffe..." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne (Mélanie Thierry),<br />une femme qui étouffe&#8230;</p></div>
<p>Il y a quelque chose d&rsquo;hiératique et d&rsquo;intemporel, presque d&rsquo;éternel, dans la vaste demeure de la famille Casella. Quelque part dans la campagne angevine, au coeur d&rsquo;un parc boisé qu&rsquo;on imagine immense, c&rsquo;est la résidence d&rsquo;une dynastie industrielle provinciale. Un lieu qui semble échapper au poids et au mouvement du temps.<br />
Dans cette maison à la décoration élégante qui incarne une richesse qui n’a cessé de croître de générations en générations, une richesse sûre d’elle, discrètement arrogante, officie Marianne, l&rsquo;épouse d&rsquo;Antoine qui vient de reprendre la direction de l&rsquo;entreprise. Marianne est aujourd’hui, la femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même.<br />
Mais la disparition de l&rsquo;épouse d&rsquo;André va faire s&rsquo;effriter le calme apparent du cocon familial. Désormais, André, trop affaibli et réduit à demeurer dans son lit ou à bouger difficilement, a passé la main à Antoine, son fils aîné. Au cours d&rsquo;une réunion de famille qui va rapidement prendre un tour houleux, Antoine distribue de conséquents chèques à ses frères et sœurs. Tout a été estimé et réglé chez le notaire. Bob accepte. Traitant son frère de lamentable pantin et de fils à papa, Lili sa soeur, se rebelle : <em>« Ai le courage de dire que tu nous enfumes ! »</em> Lorsque les membres de la famille voudront venir dans la grande bâtisse, il leur faudra payer des nuitées…</p>
<div id="attachment_21087" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21087" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2-300x180.jpg" alt="Antoine Casella (Eric Caravaca), le nouveau chef de famille." width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Antoine Casella (Eric Caravaca),<br />le nouveau chef de famille.</p></div>
<p>Pour Antoine, pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute. Même si son père occupe toujours sa chambre, il est bien, ici, chez lui. <em>« On devrait s&rsquo;installer, ici ! »</em> glisse-t-il à Marianne. Certes, il faudrait refaire le décor, dégager les vieux bibelots mais, pour Antoine, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre solution. <em>« Sinon, tout va partir en couilles et la famille avec&#8230; »</em> Mais Marianne, l&rsquo;épouse parfaite dit : <em>« Je ne veux pas »</em>.<br />
Après avoir été journaliste de théâtre pendant quinze ans, David Roux a approché, parallèlement, le cinéma d’abord comme assistant réalisateur et conseiller littéraire puis en signant deux courts-métrages. En 2019, il est passé au « long » avec <strong>L&rsquo;ordre des médecins</strong>, projeté en première mondiale au Festival de Locarno 2018 et sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.<br />
Avec <strong>La femme de</strong>, Roux donne son deuxième long-métrage en s&rsquo;appuyant sur le roman d&rsquo;Hélène Lenoir <em>Son nom d&rsquo;avant</em> paru en 1998 (et nommé au prix du livre Inter) que sa productrice lui fait découvrir alors qu&rsquo;il vient d&rsquo;achever son premier film. <em>« C’est une plongée,</em> dit le cinéaste, <em>dans la psyché d’une femme empêchée, dans une famille de la bourgeoisie industrielle catholique de province. C’était d’emblée un défi d’adaptation très excitant. Et j’ai tout de suite vu dans son personnage principal une potentielle héroïne de cinéma, comme pouvaient en proposer les films américains des années 50, qui ont forgé ma cinéphilie. »</em><br />
De fait si <strong>La femme de</strong> peut parfois faire penser au <strong>Rebecca</strong> (1940) de Hitchcock avec ces moments où Marianne semble se réfugier dans le seul espace qui lui appartient, en l&rsquo;occurrence un <em>bow-window</em> s&rsquo;ouvrant sur une campagne paisible, on songe souvent, ici, à Claude Chabrol, illustre peintre des drames, des mesquineries et des névroses de la bourgeoisie française de province.</p>
<div id="attachment_21088" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21088" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3-300x179.jpg" alt="Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier)." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier).</p></div>
<p>A l&rsquo;instar du réalisateur de <strong>Noces rouges</strong> (1973) ou de <strong>La cérémonie</strong> (1995), David Roux révèle ce qui se trame dans la maison Casella. Et, de préférence, de manière insidieuse, quotidienne, silencieuse. Car, dans cette famille « exemplaire » où André se conduit comme un vieillard tyrannique, il y a du scandale comme de la transgression. Ainsi lorsqu&rsquo;on découvre la liaison de Marianne avec son beau-frère où, étrangement, Marianne n&rsquo;est plus une petite chose fragile et pure. C&rsquo;est elle qui embrasse Bob comme si, au moment où Antoine s&rsquo;apprête à la boucler dans une maison dont elle ne veut pas, elle mettait un prix en face de cette trahison&#8230;<br />
Excellant à raconter le fonctionnement ordinaire d&rsquo;une grande famille bourgeoise (ah, les séquences dans le pensionnat religieux que fréquentent les deux enfants d&rsquo;Antoine et Marianne), le réalisateur de <strong>La femme de</strong> donne, évidemment, un très beau portrait de femme. Dans ces décors superbes mais étouffants souvent filmés avec des cadres dans le cadre, Marianne ressemble à un moineau qui manque singulièrement d&rsquo;air. Alors quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Antoine a demandé à Johann Sameck, un artiste réputé, de venir réaliser des photos dans la propriété. Lorsque le regard de Johann croise celui de Marianne, c&rsquo;est un pan entier de sa jeune vie qui lui revient en pleine figure. Et qui éclaire alors l&rsquo;énigmatique séquence d&rsquo;ouverture du film… Pour Marianne, Johann apparaît instantanément comme un homme aux antipodes des hommes de la famille Casella. Comme s’il ne vivait pas au même rythme qu’eux. Sa simple présence la trouble. Il est là et, contrairement aux siens, il la regarde et l’écoute. Soudain ça change tout : puisqu’elle est écoutée, Marianne s’autorise à parler et, probablement, elle se formule à elle-même des choses qu’elle n’osait pas admettre.</p>
<div id="attachment_21089" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21089" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4-300x179.jpg" alt="Réunion de famille chez les Casella. Photos ElianeAntoinette" width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Réunion de famille chez les Casella.<br />Photos ElianeAntoinette</p></div>
<p>A cause de Johann, Marianne, révélée à à elle-même, se demande si une autre vie elle possible. Et à quel prix ?<br />
Grâce à un beau casting (Eric Caravaca en Antoine, Jérémie Renier en photographe, Arnaud Valois en Bob ou Jérôme Deschamps dans le personnage d&rsquo;André) mené par Mélanie Thierry, épatante en femme qui fait face à son impuissance mais qui cherche quand même obstinément à changer le cours implacable des choses, <strong>La femme de</strong> est un récit féministe qui parle de survie.<br />
Au dernier plan du film, Marianne est seule dans sa voiture. Avec l&rsquo;esquisse d&rsquo;un sourire sur ses traits, elle roule. Elle avance au son de <em>Ain&rsquo;t Got no, I got life</em> chanté par Rosemary Standley. J&rsquo;ai pas de, j&rsquo;ai la vie…</p>
<p><strong>LA FEMME DE</strong> Drame (France – 1h33) de David Roux avec Mélanie Thierry, Eric caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau, Jules Mariot, Nathalie Bécue, Alexandra Stewart. Dans les salles le 8 avril.</p>
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		<title>Les terribles secrets de Ray Stocker</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est une campagne vert sombre sur laquelle passent des nuages lourds et souffle un vent fort. Un paysage à perte de vue que la caméra balaye pour plonger, à travers la cime des arbres, sur un homme qui coupe du bois à deux pas de sa petite maison en pierre. Ailleurs, dans une petite ville, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21072" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21072" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4-300x124.jpg" alt="Jay Stocker (Daniel Day-Lewis) ou la souffrance d'un soldat perdu. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay Stocker (Daniel Day-Lewis)<br />ou la souffrance d&rsquo;un soldat perdu. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une campagne vert sombre sur laquelle passent des nuages lourds et souffle un vent fort. Un paysage à perte de vue que la caméra balaye pour plonger, à travers la cime des arbres, sur un homme qui coupe du bois à deux pas de sa petite maison en pierre. Ailleurs, dans une petite ville, un autre homme va se mettre en route. <em>« Je pars quelques jours »</em> dit-il à son fils tandis que son épouse, dans une robe de chambre rose, le regarde, sombrement, enfourcher sa moto. L&rsquo;homme fonce sur la route à travers la lande avant d&rsquo;entrer dans des chemins boueux au bout desquels il camouflera son engin sous des branchages. Sur un bout de papier, dans sa poche, il a une longitude et une latitude. Le motard va rejoindre le petit cabanon où Ray Stocker mange des sardines à même la boîte. Ray a empoigné une hachette mais, aux accents du <em>Solitude</em> de Black Sabbath, il va faire du thé pour ce visiteur qu&rsquo;il ne connaît que trop bien.<br />
Car voilà dix ans que Ray Stocker s&rsquo;est exilé au coeur d&rsquo;une forêt reculée d&rsquo;Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Jem Stocker est venu renouer le contact. Pour Ray, après une décennie de silence, c&rsquo;est l&rsquo;heure de se confronter à son drame, à ses traumatismes, à ses secrets&#8230;<br />
Titulaire de pas moins de trois Oscar du meilleur acteur (pour ses interprétations de Christy Brown dans <strong>My Left Foot</strong> en 1989, de Daniel Plainview dans <strong>There Will Be Blood</strong> en 2007 et d&rsquo;Abraham Lincoln dans <strong>Lincoln</strong> en 2012), Daniel Day-Lewis est reconnu pour l&rsquo;intensité dramatique de son jeu. Le comédien britannique de 68 ans n&rsquo;était plus apparu sur le grand écran depuis 2017 et sa performance en couturier de luxe plutôt torturé dans le <strong>Phantom Thread</strong> de Paul Thomas Anderson. A l&rsquo;époque, l&rsquo;acteur avait annoncé qu&rsquo;il se retirait du monde du cinéma.</p>
<div id="attachment_21069" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21069" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1-300x124.jpg" alt="Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent longtemps après... DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent<br />longtemps après&#8230; DR</p></div>
<p><strong>Anémone – Les racines du mensonge</strong> marque donc son retour dans un drame sombre et intrigant qui est (doublement, sur l&rsquo;écran et dans la vie) une affaire de famille. C&rsquo;est en effet Ronan Day-Lewis qui signe, ici, son premier long-métrage de cinéma en offrant à son père le rôle de Ray, le soldat perdu. <em>« Pour lui,</em> dit le cinéaste, <em>disparaître est la seule façon de surmonter son traumatisme. Il s’est infligé une vie difficile, une vie d’ascète, en se fondant presque dans la nature. Il se réfugie dans cette nature sans artifice, dans la survie pure, ainsi que dans les contraintes physiques extrêmes qu’il s’impose chaque jour…. »</em><br />
Quand, dans sa masure, on découvre Ray, l&rsquo;homme semble s&rsquo;être imposé une sorte de mort spirituelle. Ce type est un reclus en pleine nature, surveillant, probablement la tête dans ses souvenirs, les anémones de son jardin. Avec beaucoup de difficulté d&rsquo;abord, avec même une véritable hostilité de la part de Ray, Jem va amener son aîné à mettre des mots sur ses souffrances. Avec surprise, consternation et enfin rage, Jem mesurera le calvaire de Ray.<br />
Le film repose sur la révélation des drames vécus par ce soldat traumatisé de la guerre en Irlande du Nord mais aussi sur les sévices subis auprès d&rsquo;un prêtre. Pour livrer ces moments tragiques ou absolument sordides (y compris dans la manière terrible dont Ray se vengera du religieux), le cinéaste a choisi de confier les longs monologues de Ray à un Daniel Day-Lewis dont la caméra scrute au plus près les traits.</p>
<div id="attachment_21070" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21070" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2-300x124.jpg" alt="Nessa (Samantha Morton) s'inquiète pour Brian. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Nessa (Samantha Morton)<br />s&rsquo;inquiète pour Brian. DR</p></div>
<p>Capable de tout jouer, de l&rsquo;aristocrate au voyou, le comédien excelle dans ces récits&#8230; Et on comprend bien que ce retour au grand écran était dû à la présence de son fils derrière la caméra mais aussi à la qualité de ce que l&rsquo;acteur pouvait défendre.<br />
Artiste peintre largement exposé à l&rsquo;international, Ronan Day-Lewis a signé des courts-métrages et des clips, réalisant notamment une trilogie vidéo pour <em>Les enfants terribles</em> de Philip Glass, interprétées par Katia et Marielle Labèque. Ici, il s&rsquo;attache au thème de la fratrie pour en explorer la complexité, la versatilité, l&rsquo;intimité, montrer comment ces relations peuvent basculer de l&rsquo;amour à la fureur en quelques instants.<br />
S&rsquo;il fait du cinéma, dit le cinéaste, c&rsquo;est pour ouvrir des portails vers d&rsquo;autres mondes. <strong>Anémone</strong> distille aussi des atmosphères fantastiques et très picturales. Le directeur de la photo Ben Fordesman s&rsquo;est appuyé sur le passé de peintre de Ronan Day-Lewis et son usage récurrent du bleu, tournant fréquemment durant « l’heure bleue » crépusculaire, entre le jour et la nuit pour réussir des scènes au clair de lune qui prolongent les errances nocturnes de Ray et Jem. Passent ainsi une forme humaine en glace luminescente ou encore un gigantesque poisson mort glissant dans une rivière&#8230;</p>
<div id="attachment_21071" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21071" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3-300x124.jpg" alt="Jay dans son jardin. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay dans son jardin. DR</p></div>
<p><strong>Anémone</strong> est un film exigeant qui demande au spectateur une particulière disponibilité. A ce prix, on peut cheminer dans les pas de ces types pathétiques et paumés, vétérans de sales guerres, bien incarnés par Daniel Day-Lewis toujours habité et par Sean Bean en taiseux Jem.<br />
Dans quelques scènes qui emportent le spectateur loin de la masure ou des vastes espaces de nature et de plages dans lesquels les deux frères évoluent, on retrouve une petite cité comme on en voit dans les films de Stephen Frears ou de Ken Loach. C&rsquo;est là que vit Nessa (Samantha Morton, vue dans<strong> In America</strong> en 2003, <strong>The Whale</strong> en 2023 et bientôt dans<strong> The Odyssey</strong> de Christopher Nolan), la femme de Jem et la mère de Brian (Samuel Bottomley), un jeune adulte complètement perturbé par le fait de ne plus savoir qui est son père. Sur une moto, Ray reviendra vers les siens. Réussira-t-il à renouer les liens ?</p>
<p><strong>ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE</strong> Drame (Grande-Bretagne – 2h06) de Ronan Day-Lewis avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley, Safia Oakley Green. Dans les salles le 25 mars.</p>
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