<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Extérieur-jour &#187; Dvd</title>
	<atom:link href="https://www.exterieur-jour.com/?cat=4&#038;feed=rss2" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.exterieur-jour.com</link>
	<description>Un site utilisant WordPress</description>
	<lastBuildDate>Sun, 12 Apr 2026 19:34:13 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
		<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
		<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=4.0.38</generator>
	<item>
		<title>DEUX FEMMES VERS UN AILLEURS LIBÉRATEUR ET UNE LUMINEUSE CHRONIQUE SÉTOISE</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=21114</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=21114#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 19:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=21114</guid>
		<description><![CDATA[LA CONDITION Nous sommes en avril 1908, dans la grande maison de Me André de Boisvaillant, notaire dans le Cher. L’homme est entouré de femmes. La sienne, Victoire, jeune bourgeoise que « rien ne fatigue vraiment ». Sa mère, Mathilde, une femme acariâtre, clouée dans son lit depuis deux accidents vasculaires successifs. Enfin Huguette, l’aînée et Céleste, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaCondition.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21101" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaCondition-174x300.jpg" alt="La Condition" width="174" height="300" /></a>LA CONDITION</strong><br />
Nous sommes en avril 1908, dans la grande maison de Me André de Boisvaillant, notaire dans le Cher. L’homme est entouré de femmes. La sienne, Victoire, jeune bourgeoise que <em>« rien ne fatigue vraiment »</em>. Sa mère, Mathilde, une femme acariâtre, clouée dans son lit depuis deux accidents vasculaires successifs. Enfin Huguette, l’aînée et Céleste, les deux bonnes chargées de la maisonnée. Huitième long-métrage de Jérôme Bonnell, <strong>La condition</strong> est adapté du roman <em>Amours</em>, paru en 2015. Léonor de Récondo y brosse un éveil à la sensualité sur fond de douleurs contenues chez deux femmes de classes sociales différentes mais réunies dans une quête de maternité. Bonnell plonge dans un début de 20e siècle avec un récit qui ressemble d’abord à une chronique des mœurs bourgeoises. André est un homme de son époque et sa pratique des femmes fait de lui un macho avant l’heure… Comme Victoire se refuse à lui ou accepte vaguement (<em>« J’aime mieux quand ça ne dure pas trop longtemps »</em>) André a pris l’habitude de trousser une Céleste qui n’a d’autre choix, pour garder son emploi, que de se laisser faire, le regard dans le vague. Las, un jour, en se regardant dans un miroir, la petite bonne comprend son infortune. Son ventre s’est arrondi et Madame, bouleversée, considère que cette grossesse déshonore la maison. Alors que c’est la porte qui guette pour la bonne, André et Victoire décident de garder le bébé pour eux. A condition, dit Victoire, <em>« que tu ne t’approches plus jamais de mon lit »</em>… Comme Céleste reste finalement à leur service, le film va glisser d’une étude d’amours ancillaires, qui aurait pu être de peu d’interêt, à une belle aventure qu’on ose qualifier de féministe ! Tandis qu’André s’enfonce dans un mal-être augmenté par la solitude et l’alcool, Victoire et Céleste vont aller l’une vers l’autre, autour de leur petit Félix. Tous les soirs, porte close, les deux femmes se retrouvent dans le même lit, savourent un bonheur simple et se livrent sans fard. En travaillant de beaux éclairages, le cinéaste sillonne des intérieurs étouffants dans les pas de ses personnages. Voilà des couloirs, des portes, une cuisine, des chambres, des passages que traversent des bonnes furtives, un André qui professe que <em>« l’harmonie, c’est mieux que le bonheur »</em> ou une Victoire oisive qui se sent, à 24 ans, déjà vieille… Swann Arlaud est un André, membre du sexe fort, d’abord sûr de lui puis fiévreux et brisé. Louise Chevillotte est une Victoire fragile, engoncée dans ses robes et qui va connaître un éveil sensuel avec Céleste à laquelle Galatéa Bellugi apporte son charme douloureux. Enfin Emmanuelle Devos est une mère aussi méchante que pathétique. Se retrouvant sur une certaine forme de solitude et d’innocence, Victoire et Céleste vont faire craquer des vies corsetées pour s’imaginer un ailleurs libérateur. Dans les suppléments, on trouve un entretien avec le réalisateur et ses comédiennes ainsi que des scènes coupées commentées par Jérôme Bonnell. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMektoubMyLove.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21104" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMektoubMyLove-190x300.jpg" alt="Mektoub My Love" width="190" height="300" /></a><strong>MEKTOUB, MY LOVE – CANTO DUE</strong><br />
Très actif dans les années 2000, Abdelattif Kechiche donna <strong>La faute à Voltaire</strong> (2000), <strong>L’esquive</strong> (2004), <strong>La graine et le mulet</strong> (2007) qui lui fit rencontrer le grand public. Suivront <strong>Vénus noire</strong> (2010) et <strong>La vie d’Adèle</strong> (2013) couronné de la Palme d&rsquo;or cannoise Le temps passa. Quatre années entre <strong>La vie d’Adèle</strong> et <strong>Mektoub, my Love : canto uno</strong>, premier volet de ce qui allait devenir la trilogie sétoise. Le dernier volet de cette trilogie nous ramène à Sète en septembre 1994. Amin a mis un terme à ses études de médecine. Il est décidé à se lancer dans le cinéma. Un soir, débarquant d’une Ferrari rouge, un couple d’Américains se présente à la porte du restaurant tenu par la mère d’Amin. La porte est close, le service est terminé mais le couple insiste pour dîner. Ils sont déjà venus et ils apprécient l’excellent couscous au poisson, spécialité du lieu. Jack est producteur à Hollywood et son épouse Jessica est comédienne. Ils sont dans le coin à cause du tournage d’une série. La famille accepte finalement de les servir, à la condition que Jack lise le dernier scénario d’Amin. Comme Jessica veut absolument manger, Jack se laisse convaincre. Avec ce <strong>Canto due</strong>, on est en pays de connaissance. On reprend l’histoire d’Amin, d’Ophélie, de Tony et de leurs ami(e)s là où on les avait laissés. En pays de connaissance donc, parce qu’il y la belle lumière du Midi, les pique-nique sur le plage et l’insouciance quasiment intacte des protagonistes de cette chronique sétoise. Bien sûr, le destin (mektoub en arabe) a fait son œuvre. Amin (Shaïn Boumedine) va se frotter aux pratiques managériales d’Hollywood. Car Jack aime beaucoup le scénario d’Amin intitulé <strong>Les principes essentiels de l’existence universelle</strong> mais il a des exigences. Dans ce solaire <strong>Mektoub, my Love</strong>, il y a une certaine mélancolie à l’oeuvre comme si le récit se tordait pour laisser s’infiltrer le réel, comme si l’innocence s’évanouissait lentement. Alors la tension affleure pour ouvrir des brèches de liberté. Ce dernier <strong>Mektoub</strong> n’est pas une œuvre apaisée mais Kechiche, souvent accusé de réduire les femmes à des objets de désir, y a mis moins d’ébats sexuels, moins de corps voluptueux et désormais ce sont les femmes, de Jessica, l’actrice volontiers capricieuse et presque boulimique à la belle Ophélie, qui mènent le jeu. Kechiche laisse même pointer un brin d’humour. Le repas chez le producteur est un jeu de pouvoir mâtiné d’imitations truculentes de Joe Pesci et De Niro dans <strong>Raging Bull</strong> ou… d’Aldo Maccione sautant dans la piscine. Le film s’achève sur une longue et savoureusement taquine séquence dans une clinique sétoise où Tony et Amin ont conduit le producteur blessé au bas-ventre par un coup de feu malheureux. Jessica est en pleine crise de nerfs et permet aux patients du lieu de s’en donner à coeur-joie sur les mœurs du show-biz. Pendant ce temps, Amin est reparti en ville. Sa voiture est en panne. Personne ne répond au téléphone. Alors il se met à courir dans la nuit. Comme Slimane dans<strong> La graine et le mulet</strong>. Fondu au noir. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFuori.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21098" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFuori-162x300.jpg" alt="Fuori" width="162" height="300" /></a><strong>FUORI</strong><br />
Née à Catane en 1924, Goliarda Sapienza grandit dans une famille socialiste anarchiste sicilienne recomposée et comptant de nombreux enfants. Figure importante du socialisme sicilien jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrivée au pouvoir des fascistes, son père, l&rsquo;avocat Giuseppe Sapienza, et sa mère Maria, également une personnalité de la gauche italienne, tiennent à la garder éloignée des écoles fascistes et elle reçoit une éducation originale, athée et socialiste. Actrice de théâtre dans ses jeunes années puis au cinéma, compagne, pendant 17 ans, du cinéaste Francesco Maselli, résistante partisane pendant la guerre, Goliarda Sapienza se consacre, à la fin des années soixante, à la littérature. Son grand œuvre, <em>L&rsquo;art de la joie</em>, écrit entre 1967 et 1976, récit des grands événements qui touchent l&rsquo;Italie au 20<sup>e</sup> siècle, sera rejeté par tous les éditeurs. Il faut attendre 1998 et la parution… à compte d&rsquo;auteur (par son mari) pour que le livre devienne un best-seller… Dans <strong>Fuori</strong>, présenté en compétition officielle à Cannes 2025, Mario Martone (<strong>Mort d&rsquo;un mathématicien napolitain</strong> en 1992 ou<strong> Nostalgia</strong> en 2022) évoque un épisode de la vie de l&rsquo;écrivaine. Désespérée par le refus des éditeurs de publier <em>L&rsquo;art de la joie</em> et à bout de ressources, Sapienza commet, dans une soirée mondaine, un vol de bijoux qui lui coûte sa réputation et sa position sociale. Incarcérée à Rebibbia, la plus grande prison pour femmes d&rsquo;Italie, elle y rencontre des voleuses, des droguées, des prostituées mais aussi des politiques et racontera son expérience dans <strong>L&rsquo;université de Rebibbia</strong> publié en 1983. Alternant entre les séquences de prison et des moments où elle se repose dans son appartement, <strong>Fuori</strong> décrit une manière d&rsquo;errance romaine où Goliarda se promène dans la ville avec Roberta et Barbara, ses compagnes de prison, avec lesquelles elle retrouve un désir de vivre et d&rsquo;écrire. Fortes de ce qu&rsquo;elles ont vécu derrière les barreaux, ces femmes amies, voire amoureuses, dévorent la vie à pleines dents. Valeria Golino, remarquable de douleur, de fragilité mais aussi avec des moments de forte résistance, campe une écrivaine qui souffre de l&rsquo;incompréhension des milieux intellectuels qu&rsquo;elle fréquente. Raison pour laquelle elle va, en toute&#8230; liberté, vers ses ex-codétenues. <em>« Avec ces femmes,</em> dit-elle, <em>c&rsquo;était d&rsquo;une liberté folle ! »</em> <strong>Fuori</strong> a un côté frais et enivrant avec ces femmes qui n&rsquo;entendent pas baisser les bras mais la mélancolie est quand même toujours tapie là. Car Goliarda Sapienza, modèle d&rsquo;émancipation féministe, demeure, pour toujours, une femme blessée. Qui se demande si c&rsquo;est mieux dedans ou mieux dehors… (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMetroRomance.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21105" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMetroRomance-187x300.jpg" alt="Metro Romance" width="187" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeunesReveurs.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21100" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeunesReveurs-187x300.jpg" alt="Jeunes Reveurs" width="187" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeuneFilleDragon.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21099" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeuneFilleDragon-187x300.jpg" alt="Jeune Fille Dragon" width="187" height="300" /></a><strong>TROIS FILMS AVEC LESLIE CHEUNG</strong><br />
Né en septembre 1956 à Kowloon, comme dixième et dernier enfant d&rsquo;un père tailleur spécialisé dans les costumes qui comptait dans sa clientèle des personnalités comme Alfred Hitchcock ou Marlon Brando, Leslie Cheung, disparu en 2003, s&rsquo;imposa comme l&rsquo;un des grands acteurs et chanteurs de Hong Kong. D&rsquo;abord connu en Asie, il fut remarqué dans le monde entier avec des films remarquables comme<strong> Nos années sauvages</strong> (1990), <strong>Happy Together</strong> (1997), tous deux de Wong Kar-wai ou <strong>Adieu ma concubine</strong> (1993) de Chen Kaige, premier film chinois à obtenir la Palme d&rsquo;or à Cannes, dans lequel il incarne un chanteur d&rsquo;opéra de Pékin travesti. En parallèle avec le grand écran, ce pionnier de la Cantopop, signa plus de quarante albums de musique… Toujours attentif aux cinémas d&rsquo;Asie, Carlotta Films sort, pour la première fois en Blu-ray et dans des restaurations HD, trois films des débuts de Leslie Cheung. On découvre ainsi <strong>Jeunes rêveurs</strong> (1982), histoire de quatre élèves de seconde qui rejoignent la troupe de théâtre du lycée pour une production de <em>Roméo et Juliette</em>. Portrait délicat d&rsquo;une génération contemplative et soudée, le film de Clifford Choi marque le passage progressif des films de kung-fu et des mélodrames classiques à des récits plus contemporains, ancrés dans la vie quotidienne urbaine. Histoire d&rsquo;un jeune mendiant formé au kung-fu mais persécuté par son maître et d&rsquo;autres élèves avant d&rsquo;être secouru par la gardienne du Tombeau antique, la séduisante Dragon Girl, <strong>La jeune fille au dragon</strong> (1982) s&rsquo;inscrit dans le meilleur du <em>wuxia</em> traditionnel et moderne où les vétérans du kung-fu Chen Kuan-tai et Lo Lieh côtoient la star montante du cinéma hongkongais… Enfin <strong>Métro romance</strong> (1984) raconte l&rsquo;histoire de Paul qui, en se rendant à un entretien d&rsquo;embauche, croise une séduisante inconnue dans les couloirs du métro. Lorsqu’il tombe à nouveau sur elle sur le chemin du retour, le jeune homme se résout à l’aborder. Empêtrée dans une liaison avec son ancien patron, courtisée par son nouveau collègue, Monica ne sait pas vraiment quel avenir envisager avec Paul. Trois ans avant leur performance inoubliable dans <strong>Rouge</strong> de Stanley Kwan, c&rsquo;est la première collaboration à l’écran entre les stars de la Cantopop Leslie Cheung et Anita Mui, rejoints ici par la débutante Maggie Cheung. Un triangle amoureux fondé sur le hasard et le destin en forme de charmant conte de fées moderne. Dans les suppléments, Clarence Tsui, critique, professeur et programmateur de festival basé à Hong Kong, évoque les débuts de Leslie Cheung, la place de <strong>La jeune fille dragon</strong> comme œuvre-pivot dans la carrière de l&rsquo;acteur ou <strong>Métro romance</strong> comme une capsule temporelle de la mégalopole au début des années 1980, à une époque où Leslie Cheung consolide son statut d’icône générationnelle. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPetiteCuisineMedhi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21106" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPetiteCuisineMedhi-202x300.jpg" alt="Petite Cuisine Medhi" width="202" height="300" /></a><strong>LA PETITE CUISINE DE MEDHI</strong><br />
Cuisinier au restaurant Baratin, Medhi et Léa, serveuse dans ce même établissement, sont collègues et amants. Ils vivent ensemble et songent à prendre ensemble la succession du patron bientôt à la retraite. Les parents de Léa sont prêts à leur donner un coup de main. Mais Léa voudrait rencontrer Fatima, la mère de Mehdi. Voilà Medhi dans une redoutable impasse. Soit il dit la vérité à sa mère et il la tue, soit il dit la vérité à Léa et il la perd… Paniquant en effet à l&rsquo;idée de la réaction de sa mère à la découverte de la fiancée qu&rsquo;il lui avait cachée, Medhi envisage un plan complètement barré : demander à son amie Souhila de feindre d&rsquo;être sa mère. Les ennuis ne vont pas tarder à s&rsquo;accumuler sur la tête du malheureux Medhi. D&rsquo;autant que Souhila se révèle rapidement imprévisible. En s&rsquo;inspirant librement d&rsquo;un épisode de sa vie, le réalisateur Amine Adjina (il avait dissimulé l&rsquo;existence de sa petite amie à sa mère par crainte de sa réaction) a imaginé cette comédie qui, s&rsquo;appuyant donc sur une expérience intime, met en scène les complexités de la double culture franco-algérienne. Tourné à Lyon, l&rsquo;une des capitales de la gastronomie française, <strong>La petite cuisine…</strong> permet au réalisateur de retrouver un univers familier. Avec un père bistrotier, Amine Adjina a grandi entre les cuisines et les comptoirs. Le personnage de Bernard, incarné par le <em>Grolandais</em> Gustave Kervern, est d&rsquo;ailleurs inspiré de cette figure paternelle. Pour interpréter Medhi, jeune homme tiraillé entre deux cultures, le cinéaste a choisi Younès Boucif, acteur, réalisateur et rappeur connu pour la série <strong>Drôle</strong> sur Netflix et il explique : <em>« Pour le rôle de Mehdi, je voulais un acteur capable de susciter une immédiate empathie. Il fallait qu’on puisse entrer dans son mensonge et avoir peur pour lui&#8230; »</em> Par ailleurs, l&rsquo;alchimie fonctionne aussi entre Younès Boucif et Claire Bretheau (Léa). Mais c&rsquo;est assurément Hiam Abbas qui compose, avec Souhila, le personnage le plus haut en couleurs. La comédienne franco-palestinienne, brillante dans des œuvres dramatiques comme <strong>Satin rouge</strong>, <strong>La fiancée syrienne</strong>, <strong>Free zone</strong> ou <strong>Les citronniers</strong>, s&rsquo;amuse, ici, à camper une fausse mère délirante qui amuse tout en questionnant des sujets graves… Un divertissement chaleureux porté par une bonne bande originale élaborée pour <em>« évoquer un ressac mémoriel »</em> et faire ressentir tout ce que Mehdi n&rsquo;arrive pas à exprimer. Quand la cuisine devient un langage social et un moyen d&rsquo;affirmer son identité. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrenteMinutesSursis.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21113" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrenteMinutesSursis-214x300.jpg" alt=" Trente Minutes Sursis" width="214" height="300" /></a><strong>TRENTE MINUTES DE SURSIS</strong><br />
Étudiant en psychologie, Alan Newell est bénévole dans un centre d’appels d’urgence à Seattle. Ce jour-là, au bout du fil, il y a Inga Dyson, une femme désespérée qui vient de prendre une dose mortelle de comprimés et souhaite parler à quelqu’un avant de mourir. Aidé d’un psychiatre et d’un inspecteur de police, Alan n’a que peu de temps pour localiser et sauver sa correspondante. Au milieu des années cinquante, Sydney Pollack est déjà un réalisateur de télévision reconnu qui a fait ses armes avec une série comme <strong>Shotgun Slade</strong>. Plus tard, il obtiendra un Emmy Award pour pour <strong>The Game</strong>. Nous sommes en 1965 et Pollack va passer au grand écran avec <strong>The Slender Thread</strong> (en v.o.) inspiré d&rsquo;une histoire vraie relatée par Shana Alexander dans un article de <em>Life Magazine</em>. Parfois, la vie ne tient qu’à un fil. L&rsquo;expression prend tout son sens avec le premier long métrage du réalisateur de <strong>On achève bien les chevaux</strong> (1969), <strong>Jeremiah Johnson</strong> (1972), <strong>Les trois jours du Condor</strong> (1975), <strong>Tootsie</strong> (1982) ou <strong>Out of Africa</strong> (1985) où une simple conversation téléphonique devient une course contre la montre aussi tendue que bouleversante. D’un point de départ très simple basé sur un fait divers, Sydney Pollack (1934-2008) déploie un suspense sous haute tension, où chaque seconde compte et où la parole devient une question de vie ou de mort. Dans ce huit clos à distance, le réalisateur installe l’urgence et impose, dès son premier film, un sens du rythme et une grande précision de la mise en scène. <strong>Trente minutes…</strong> obtiendra deux Oscars pour la meilleure direction artistique et les meilleurs costumes d&rsquo;un film en noir et blanc ainsi qu&rsquo;un Golden Globe pour le scénario de Stirling Silliphant. C&rsquo;est aussi le duo d’acteurs qui donne au film toute son intensité. Sidney Poitier (oscarisé en 1964 pour <strong>Le lys des champs</strong>) incarne une présence rassurante et déterminée tandis qu&rsquo;Anne Bancroft (Oscar de la meilleure actrice en 1963 pour <strong>Miracle en Alabama</strong>) livre une performance saisissante, portée par les fragments d’un passé qui se dévoile peu à peu. De leur confrontation émerge une alchimie rare, à la lisière de la romance, portée aussi par la musique de Quincy Jones. Inédit en vidéo en France, ce thriller est accompagné d’un entretien avec Nathalie Bittinger, maître de conférences en cinéma. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALumierePaleCollines.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21103" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALumierePaleCollines-216x300.jpg" alt="Lumiere Pale Collines" width="216" height="300" /></a><strong>LUMIÈRE PÂLE SUR LES COLLINES</strong><br />
Royaume-Uni, 1982. Une jeune Anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… Les fantômes de son passé semblent toujours là, silencieux, mais tenaces. Adaptant le roman éponyme de Kazuo Ishiguro, écrit en 1982, le cinéaste japonais Kei Ishikawa se penche sur les souvenirs d&rsquo;une veuve s&rsquo;effilochent entre le Japon des années 1950 et l&rsquo;Angleterre des années 1980. Présenté en avant-première mondiale au Festival de Cannes 2025 dans la section Un certain regard, <strong>Lumière pâle…</strong> alterne entre deux époques : la Grande-Bretagne des<em> eighties</em> où la jeune Nikki cherche à écrire la biographie de sa mère Etsuko, et les années 1950 à Nagasaki, où celle-ci raconte ses souvenirs d’après‑guerre. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Ishikawa, tout en jouant sur la lumière et la composition pour distinguer les deux temps (des jeux de lumière magnifiques dans les scènes japonaises, des teintes plus ternes et sombres dans le Royaume‑Uni), de mettre en place un récit labyrinthique où le spectateur est invité à reconstituer les pièces du puzzle. On admire une photographie superbe et vibrante dans une histoire sur  la cassure et l’incommunicabilité entre générations, un thème récurrent dans l’œuvre du romancier adapté par Ishikawa. Adoptant un rythme lent, presque contemplatif, le film met en valeur des actrices (Suzu Hirose dans le rôle d’Etsuko jeune, Fumi Nikaido en tant que Sachiko, Camilla Aiko comme Nikki et Yoh Yoshida en tant qu’Etsuko âgée) qui permettent, avec grâce, d&rsquo;entrer dans la complexité des personnages.  Une œuvre très esthétique sur le trauma post‑guerre, sur le passé, la mémoire et l&rsquo;identité. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPourEternité.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21107" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPourEternité-216x300.jpg" alt="Pour Eternité" width="216" height="300" /></a><strong>POUR L&rsquo;ÉTERNITÉ</strong><br />
Larry et Joan se rendent à une fête chez leur fille. Sur place, Larry s&rsquo;étouffe et se retrouve propulsé dans un endroit étrange. Il apprend qu&rsquo;il est mort et qu&rsquo;il se trouve dans un lieu de transition, entre la vie et l&rsquo;éternité… Après la mort, chacun dispose d&rsquo;une semaine pour choisir où passer l&rsquo;éternité. Pour Joan qui se réveille dans le cadre étrange de La Jonction, mélange de gare monumentale et d’hôtel des années cinquante, la véritable question est de savoir avec qui la passer. Joan doit choisir entre Larry, l&rsquo;homme avec lequel elle a construit sa vie ou Luke, son premier amour, mort à la guerre et qui l&rsquo;attend depuis des décennies… Connu pour des films comme l&rsquo;horrifique <strong>The  Cured</strong> (2017) ou <strong>Dating  Amber</strong> (2020), une comédie dramatique dans l&rsquo;Irlande des années 1990, le Dublinois David Freyne dirige, ici, une comédie romantique qui ose traiter de la mort avec humour et sensibilité. <strong>Eternity</strong> (en v.o.) explore les regrets et la mémoire comme outils de décision. En se plongeant dans des archives, Joan revient sur les temps forts de son existence, observant que le passé peut être à la fois doux et paralysant. En faisant parfois songer aux comédies romantiques américaines des années 40 et 50, <strong>Pour l&rsquo;éternité</strong> fait osciller ses personnages entre l&rsquo;« amour toujours » et le coup de coeur du premier rendez-vous. Où comment la mort peut être un dilemme amoureux. Entre absurdité et émotion, le scénario fonctionne agréablement et les « coordinateurs de l&rsquo;au-delà » y apportent des répliques souvent drolatiques. Enfin Elizabeth Olsen (connue pour son rôle de Wanda Maximoff/La Sorcière rouge dans l&rsquo;univers cinématographique Marvel) donne une vraie présence à Joan, bien entourée par Miles Teller (Larry, jeune) et Callum Turner (Luke). (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASixJoursCePrintemps.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21111" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASixJoursCePrintemps-175x300.jpg" alt="Six Jours Ce Printemps" width="175" height="300" /></a><strong>SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LÀ</strong><br />
Sana enchaine les boulots, toujours en mouvement, devant un ordinateur le jour, derrière un comptoir le soir, quand elle n’est pas dans sa cuisine pour assurer la logistique ménagère de son foyer de mère célibataire. Quand Jules, son nouvel amoureux, lui suggère de le rejoindre avec ses jeunes jumeaux pour les vacances, elle accepte. Mais la proposition du jeune homme tombe à l’eau à la dernière minute. Désolée à l’idée de priver ses fils de vacances, elle se laisse convaincre par leur idée, aussi fragile soit-elle : s’installer dans la résidence secondaire de leurs grands-parents paternels sur la Côte d’Azur et cela à leur insu. L’alarme qui résonne quand ils entrent dans la maison ne sera que le premier coup de semonce d’une semaine placée sous tension… Découvert avec <strong>Ca rend heureux</strong> (2007) et remarqué avec des films comme <strong>Folie privée</strong> (2004), <strong>Nue propriété</strong> (2006) et <strong>Elève libre</strong> (2008) qui questionnent la sphère privée et ses limites, le cinéaste belge Joachim Lafosse a aussi signé <strong>A perdre la raison</strong> (2012) qui valut à Émilie Dequenne le prix d&rsquo;interprétation féminine à Cannes dans la section Un certain regard. Ici, il réalise un drame délicat qui questionne le retour à la case départ de l’assignation à la classe sociale (la jeune femme a la sensation constante d&rsquo;être une intruse) quand l’amour prend fin… Le cinéaste peut déployer des thèmes qui lui sont chers comme la cellule familiale comme lieu possible d’aliénation, les rapports de domination au sein du couple. Il montre aussi son goût aussi les scènes de voiture, lieu clos propice aux épanchements… Sans jamais jouer la carte de la crise qui va exploser,<strong> Six jours, ce printemps-là</strong> est cependant un film sous tension. <em>« On n’a pas le droit d’être là »</em> insiste Sana, qui voudrait interdire l’usage de l’électricité ou de l’eau courante, les sorties à la plage ou encore les tours en Mehari. Mais il est bien difficile de cacher des enfants de dix ans, plein de fougue et d’entrain. Prochaine maîtresse de cérémonie de la 79<sup>e</sup> édition du Festival de Cannes, Eye Haïdara (nommée au César du meilleur espoir féminin pour <strong>Le sens de la fête</strong> en 2017) est une remarquable Sana. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATKT.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21112" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATKT-173x300.jpg" alt="TKT" width="173" height="300" /></a><strong>TKT</strong><br />
Tout commence lorsque Emma, jusqu’alors épanouie et bien dans sa peau, est admise en urgence à l’unité de soins intensifs d’un hôpital. Ses parents, Meredith et Fred, attendent avec angoisse des nouvelles des médecins. Alors qu’ils repensent aux nombreux <em>« T’inquiète »</em> par lesquels leur fille minimisait ses difficultés, ils réalisent trop tard qu’ils auraient dû s’alarmer. A travers une narration originale, la cinéaste belge Solange Cicurel retrace le calvaire d’Emma (Lanna de Palmaert). D’abord discrètes, les moqueries et les humiliations deviennent peu à peu insupportables. Les amitiés se transforment en pièges, l’isolement s’installe, et les messages haineux s’accumulent. Incapable de parler de ce qu’elle subit, la jeune fille de 16 ans s’enfonce dans une spirale de souffrance et de silence. Le harcèlement, d’abord insidieux, prend une ampleur dévastatrice, poussant l’adolescente au bord du gouffre. Le récit (qui s&rsquo;inspire du livre<em> Tout ira bien</em> d&rsquo;Elena Tenace) bascule lorsque, après un drame, Emma apparaît sous la forme d’un fantôme, capable de revivre et d’analyser les événements qui l’ont conduite à cette situation extrême. Cette perspective permet de révéler la mécanique implacable du harcèlement, la solitude des victimes, et l’aveuglement parfois involontaire des adultes. Le film explore aussi le rôle des témoins, souvent silencieux, et l’impact des réseaux sociaux dans l’amplification de la violence. Pour son troisième long-métrage après <strong>Faut pas lui dire</strong> (2017) et <strong>Adorables</strong> (2020), Solange Cicurel dirige Stéphane De Groodt dans le rôle du père d&rsquo;Emma et, dans celui de la mère, Emilie Dequenne, décédée en mars 2025, dans ce qui sera sa dernière apparition au cinéma. Une approche poignante des conséquences du harcèlement scolaire et cyber pour aider à réfléchir et agir… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALouise.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21102" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALouise-173x300.jpg" alt="Louise" width="173" height="300" /></a><strong>LOUISE</strong><br />
Fuyant un drame familial, Marion a adopté une nouvelle identité. L&rsquo;adolescente est devenue Louise. Quinze ans plus tard, elle retrouve sa sœur cadette Jeanne et sa mère Catherine, tout en luttant pour savoir si elle doit rester sous son alias ou redevenir Marion&#8230;  Premier long‑métrage de Nicolas Keitel, <strong>Louise</strong> plonge dans les traumatismes de l’enfance avec un récit qui explore les conséquences de la violence conjugale sur les enfants, en se concentrant sur la perspective de l’enfant plutôt que sur la victime adulte. Dans cette quête d’identité, le dilemme central est de savoir si l’on peut ou doit se réinventer après un traumatisme. Le cinéaste s&rsquo;applique à éviter le côté « film social » pour privilégier un mélodrame intime, tout en utilisant des éléments de suspense et en alternant le présent et des flashbacks pour reconstituer progressivement le puzzle de la vie de Louise. En jouant sur les couleurs vives de l&rsquo;enfance qui finissent par se ternir à l&rsquo;âge adulte, Nicolas Keitel s&rsquo;inscrit dans une veine romanesque qui n&rsquo;est pas sans faire penser parfois aux grands mélodrames de l&rsquo;incontournable Douglas Sirk. Le scénario comme les dialogues de <strong>Louise</strong> fonctionnent bien et le metteur en scène peut compter sur de jeunes comédiennes comme Diane Rouxel (vue dans <strong>La terre des hommes</strong> en 2020) qui tient le double rôle de Louise et Marion, Salomé Dewaels (vue dans <strong>Illusions perdues</strong> en 2021) qui incarne Jeanne ou encore Cécile de France en mère à la fois robuste et troublée. Primé par la fondation Barrière pour le cinéma, voici un récit sensible et nuancé sur les violences familiales… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASeptJoursJuin.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21108" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASeptJoursJuin-181x300.jpg" alt="Sept Jours Juin" width="181" height="300" /></a><strong>SEPT JOURS EN JUIN</strong><br />
6 Juin 1944. Dans le cadre de l&rsquo;opération Overlord, les parachutistes américains sont largués en Normandie. Bon nombre d’entre eux vont atterrir très loin de leur cible. C’est le cas pour plusieurs soldats de la 82e division aéroportée, qui se retrouvent aux abords du petit village de Graignes, situé à trente kilomètres de la zone prévue pour leur aterrissage. Aidés par la population locale, ils décident d’y établir une position de défense. Ils sont bientôt assiégés par une division de SS. La situation est rapidement désespérée. Inspiré de faits réels longtemps restés dans l’ombre, <strong>Sept jours en juin</strong> exhume un moment méconnu mais saisissant de la Seconde Guerre mondiale. Désignée comme « le petit Fort Alamo normand », cette histoire raconte comment une poignée de soldats et de civils ont opposé une résistance héroïque face à une division SS, faisant front pendant plusieurs jours et tenant dans des conditions désespérées. Porté par une volonté de réalisme et de transmission, le réalisateur indépendant David Aboucaya fait revivre la bataille de Graignes, où civils et militaires unissent leurs forces face à l’avancée allemande, dans un combat aussi héroïque que tragique, et dont la violence comme le courage marquent durablement les mémoires. Véritable artisan du 7e Art ayant signé réalisation, scénario, musique et montage de ses six films (dont <strong>Winter War</strong> qui, en 2017, mettait en scène les combats de Jebsheim, village-clé pour la libération de la poche de Colmar en 1945), David Aboucaya insuffle à son film justesse et sincérité. Loin des grandes fresques du Débarquement, il privilégie une approche immersive et humaine, au plus près des hommes et des femmes engagés pour les combats de Normandie. Pour sa sortie en DVD/Blu-ray, <strong>Sept jours…</strong> est accompagné d’un making of de plus d’une heure. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShadowsEdge.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21109" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShadowsEdge-212x300.jpg" alt="Shadows Edge" width="212" height="300" /></a><strong>THE SHADOW&rsquo;S EDGE</strong><br />
Manipulant et ridiculisant la police de Macao en piratant le système de surveillance ultramoderne de la ville, un mystérieux mafieux surnommé <em>The Shadow</em> et ses sept fils adoptifs ont le projet de récupérer une fortune en crypto-monnaie. Devenue impuissante face à cette menace, la police doit faire appel à Wong Tak-chong, un ancien officier à la retraite. Cet expert en pistage va s’associer avec une jeune policière à laquelle il est lié par un secret qu’elle ignore. Une partie d’échec commence alors, où les cerveaux et la loyauté seront mis à l’épreuve… Cyber-thriller nerveux et spectaculaire, <strong>The Shadow&rsquo;s Edge</strong> marque le retour sur le grand écran du légendaire Jackie Chan dans un rôle à sa mesure. La superstar internationale incarne un vétéran de l’espionnage confronté à des criminels utilisant l’intelligence artificielle. Remake du film <strong>Filatures</strong> (2007), ce polar se distingue par des scènes d’action impressionnantes, des filatures palpitantes et des combats puissants aux chorégraphies millimétrées, qui prouvent qu’à 71 ans, Jackie Chan -qui a réalisé ses cascades sans doublure- peut toujours assurer le spectacle ! Renouant avec le genre flamboyant du cinéma d’action hongkongais, <strong>The Shadow&rsquo;s Edge</strong> est considéré comme son meilleur film depuis vingt ans. Pour affronter Jackie Chan, il fallait un acteur à la hauteur pour jouer le caïd de la pègre. C&rsquo;est Tony Leung Ka Fai, monstre sacré du cinéma hong-kongais, quatre fois récompensé du Hong Kong Film Award du meilleur acteur. On se souvient que c&rsquo;est lui qui jouait le rôle de l&rsquo;amant chinois dans <strong>L&rsquo;amant</strong> (1991) de Jean-Jacques Annaud d&rsquo;après Marguerite Duras. Avec un scénario original et captivant, opposant méthodes traditionnelles et menaces technologies, le film tient, avec sa narration rapide et fébrile, en haleine du premier affrontement jusqu’à la confrontation finale. Véritable triomphe au box-office chinois, ce thriller d&rsquo;action musclé est une déluge d’adrénaline Et l&rsquo;occasion pour les fans de retrouver Jackie Chan. (Arcadès)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAfterburn.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21097" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAfterburn-216x300.jpg" alt="Afterburn" width="216" height="300" /></a><strong>AFTERBURN</strong><br />
Dans un monde ravagé, une éruption solaire a détruit toutes les formes de technologie dix ans plus tôt. Ancien soldat devenu chasseur de trésor, Jake cherche, pour le compte de clients riches et puissants, des objets datant d&rsquo;avant l&rsquo;éruption. Il fait équipe avec Drea, une combattante de la liberté, afin de mettre la main sur la fameuse Joconde, également convoitée par un seigneur de guerre… En se basant sur la série éponyme de comics écrite par Scott Chitwood, Paul Ens et Wayne Nichols, J.J. Perry signe (dans des décors industriels trouvés en Slovaquie) un film post-apocalyptique qui se distingue par ses scènes d&rsquo;action bien chorégraphiées et son approche originale de la survie, centrée plutôt sur la quête d&rsquo;artefacts culturels que sur des batailles pour des ressources de base. C&rsquo;est l&rsquo;ancien champion américain de catch Dave Bautista qui se glisse dans le personnage du massif Jake. A ses côtés, on remarque la belle Olga Kurylenko (vue en Bond-girl dans<strong> Quantum of Solace</strong> en 2008) dans le rôle de Dréa et le vétéran Samuel  L. Jackson en roi August Valentine. Si le scénario ne brille pas par son originalité et si on a vu mieux en matière d&rsquo;effets spéciaux, cet<strong> Afterbur</strong>n, sorte d&rsquo;<em>escape game</em> géant, reste un divertissement qui fait la part belle aux scènes d&rsquo;action. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShelbyOaks.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21110" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShelbyOaks-216x300.jpg" alt="Shelby Oaks" width="216" height="300" /></a><strong>SHELBY OAKS</strong><br />
Obsédée par la disparition de sa sœur douze ans plus tôt alors qu&rsquo;elle se trouvait en compagnie d&rsquo;étranges enquêteurs, Mia (la comédienne canadienne Camille Sullivan) mène une enquête qui va l&rsquo;amener à découvrir un mal insaisissable… Pour son premier passage derrière la caméra comme réalisateur, l&rsquo;Américain Chris Stuckmann, qui fut critique cinéma et vidéaste, donne un thriller horrifique qui s&rsquo;inspire d&rsquo;une campagne de marketing en ligne sur une équipe fictive d&rsquo;enquêteurs paranormaux appelée The Paranormal Paranoids. Se présentant comme un faux documentaire façon <em>found footage</em>, le film mêle thriller, fantastique surnaturel et références à la culture YouTube autour de la perte, du deuil et de la quête de vérité. Le film a connu deux phases de production, le distributeur Neon ayant injecté des fonds supplémentaires pour compléter des scènes abandonnées, ajouter du gore et modifier la fin afin de la rendre plus spectaculaire. Malgré son côté « patchwork horrifique »,<strong> Shelby Oaks</strong> distille souvent une bonne tension et une atmosphère flippante. (Metropolitan)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=21114</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>UNE PLONGÉE DANS LES IMAGES ET L&#8217;ARCHITECTE DE MITTERRAND</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=21041</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=21041#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 22:20:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=21041</guid>
		<description><![CDATA[DOSSIER 137 Dans un bureau anonyme, un homme, le visage fermé, regarde un écran avec des images de manifestation à Paris. Mouvement de foule et intervention des forces de l’ordre. En décembre 2018, le mouvement des gilets jaunes a pris une ampleur considérable. Sur les images, un CRS casqué. On voit bien son visage. « [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADossier137.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21025" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADossier137-195x300.jpg" alt="Dossier 137" width="195" height="300" /></a>DOSSIER 137</strong><br />
Dans un bureau anonyme, un homme, le visage fermé, regarde un écran avec des images de manifestation à Paris. Mouvement de foule et intervention des forces de l’ordre. En décembre 2018, le mouvement des gilets jaunes a pris une ampleur considérable. Sur les images, un CRS casqué. On voit bien son visage. <em>« Vous vous reconnaissez ? »</em> demande le commandant Stéphanie Bertrand, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices… Après <strong>La nuit du 12</strong> (2022), évocation d’un féminicide épouvantable et non résolu, Dominik Moll se penche sur une facette plutôt méconnue de la police avec l&rsquo;Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui regroupe des policiers enquêtant sur d’autres policiers. Le cinéaste s’intéresse donc aux tensions autour de ces hommes et ces femmes dans une position inconfortable, mal vus, souvent méprisés et parfois détestés par leurs collègues, tout en étant critiqués par certains médias qui leur reprochent d’être juge et partie. Ce sont encore des images, filmées par des smartphones, par des médias, par des caméras de surveillance qui vont servir de base à une nouvelle enquête ouverte à l’IGPN. Un jeune type de 20 ans a été grièvement blessé par un tir de LBD, un lanceur de balles de défense. Dominik Moll a imaginé une fiction nourrie de plusieurs affaires réelles. Notamment celle d’une famille venue de la Sarthe pour la défense des services publics et dont le plus jeune fils a eu la main mutilée par une grenade de désencerclement. Le commandant Bertrand va plonger dans ces images qui sont souvent la seule manière de faire progresser l’enquête, de retrouver des témoins des faits, d&rsquo;entendre des policiers, forcément rétifs à reconnaître leurs responsabilités et plaidant l’épuisement tout comme la pression du gouvernement et des autorités, face à un chaos, un chienlit inacceptables. <strong>Dossier 137</strong> fonctionne comme un vrai thriller mais c’est presque aussi un « documentaire » avec, par exemple, le poids de la procédure, la rédaction des procès-verbaux, les réquisitions… En rassemblant les pièces du dossier, en confrontant des versions, Stéphanie et son équipe cherchent à découvrir ce qui s’est réellement passé, un soir, à quelques pas des Champs-Élysées. Dans un monde très polarisé et souvent qualifié d’irréconciliable, <strong>Dossier 137</strong> pose la question du point de vue. Et interroge la nécessité de se mettre à la place de l’autre, d’envisager son point de vue! Primé du César de la meilleure actrice, Léa Drucker est indiscutablement le remarquable personnage pivot du film. Il faut plonger sans délai dans ce dossier ! (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInconnuGrandeArche.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21027" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInconnuGrandeArche-203x300.jpg" alt="Inconnu Grande Arche" width="203" height="300" /></a><strong>L&rsquo;HOMME DE LA GRANDE ARCHE</strong><br />
En 1982, François Mitterrand lance un concours d’architecture anonyme sans précédent pour la construction, du côté de la Défense, d’un édifice emblématique dans l’axe du Louvre et de l’Arc de Triomphe… A l’Elysée, on lui présente une maquette et le président observe : <em>« C’est très beau !»</em> Lorsque les résultats du concours sont annoncés, la stupéfaction est générale. Mais qui est donc cet architecte danois de 53 ans nommé Johan Otto von Spreckelsen ? C’est ce Spreckelsen, accompagné de son épouse, qui débarque dans la capitale pour s’atteler au plus grand chantier de l’époque. L’architecte entend bien bâtir sa grande arche, qu’il nomme Le cube, telle qu’il l’a imaginée mais ses idées et sa radicalité vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique. <strong>L’inconnu de la grande arche</strong> raconte une page des années Mitterrand. En adaptant le roman <em>La grande arche</em> de Laurence Cosse, paru en 2016 chez Gallimard, Stéphane Demoustier invite le spectateur à se glisser dans les arcanes d’un chantier pharaonique. Mais il montre surtout un Spreckelsen confronté, à travers Mitterrand, même lorsqu’il est invisible, à un fonctionnement politique et technocratique. De là dire comme l’architecte, qu’il se sent cerné par les gangsters et les menteurs… En s’appuyant sur le décalage de plus en plus grand qui s’instaure entre l’architecte danois et le monde qui l’entoure, depuis Subilon, le haut fonctionnaire en charge du dossier, à l’architecte français Paul Andreu, maître d’oeuvre de réalisation, le cinéaste construit une fable moderne parfois cinglante, parfois ubuesque, toujours palpitante et qui nous maintient agréablement en haleine. Et lorsque la cohabitation s’en mêle (avec le délicieux Juppé en ministre du budget), Spreckelsen finit par rendre son tablier… Devenu enseignant, l’architecte soupire, las, à une étudiante : <em>« Ce n’est plus mon cube… »</em> <strong>L’inconnu de la grande arche</strong> est aussi réussi sous l’angle de la reconstitution historique des années 80. Par sa démesure, l’arche finit par écraser Spreckelsen. Le film a recours à des effets spéciaux qui ont permis d’animer des photographies et, en somme, à faire rentrer le film dans les images d’archives. Michel Fau est un étonnant Mitterrand volontiers marmoréen. Xavier Dolan est Subilon et Swann Arlaud incarne Andreu. Enfin Sidse Babett Knudsen (la fameuse série <strong>Borgen</strong>) et Claes Bang (vu dans <strong>The square</strong> de Ruben Ostlund) forment le couple danois. Quant à la fin, dans un cimetière sous la pluie, elle est émouvante ! (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChevauxFeu.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21023" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChevauxFeu-191x300.jpg" alt="Chevaux Feu" width="191" height="300" /></a><strong>LES CHEVAUX DE FEU</strong><br />
Dans un village houtsoule des Carpates ukrainiennes, dans la seconde moitié du 19e siècle, le père du jeune Ivan se bat, après la messe, avec un homme qui le tue. Ivan se lie avec Maritchka, la fille de l&rsquo;homme qui a tué son père. Devenus adultes, les deux amoureux décident de se marier malgré la haine des deux familles. Mais Ivan doit d&rsquo;abord aller travailler à l&rsquo;alpage et demande à Maritchka de l&rsquo;attendre. Un jour, celle-ci, qui garde des moutons, tente de sauver un agneau. Malheureusement, elle tombe dans un torrent et se noie. Ivan devient très solitaire, bourru et malade. Il décide, après une longue période, de recommencer sa vie en se mariant avec Palagna. Bonheur de courte durée, car Ivan continue à rester obsédé par le souvenir de Maritchka, et Palagna, après avoir prié pour sauver leur mariage et avoir un enfant, se console avec Youra, le sorcier du village. Dans une taverne, les rivaux se rencontrent et se battent, Ivan reçoit un coup de couteau. Il déambule jusque dans la forêt, où il ressent la présence de l&rsquo;esprit de Maritchka. Il voit son image pâlie, elle touche sa main, et Ivan meurt. Le village lui consacre alors des obsèques traditionnelles. A contre-courant du cinéma soviétique officiel de l&rsquo;époque, Sergueï Paradjanov signe, en 1965, en adaptant une nouvelle de l&rsquo;écrivain ukrainien Mykhaïlo Kotsioubynsky, l&rsquo;une des œuvres cinématographiques majeures du 20e siècle qui s&rsquo;imprègne du folklore des Carpates et stupéfie toujours par sa modernité. Ce qui fait en effet la force de ce film, ce sont ses mouvements de caméra déjantés, tordus en tous sens, s&rsquo;enchaînant avec une rapidité folle. Un épatant travail sur l&rsquo;image à mettre au crédit du chef opérateur Youriï Illienko. Disponible pour la première fois en Blu-ray et présenté dans une nouvelle restauration 4K, voici une sublime variation au lyrisme échevelé sur Roméo et Juliette tournée en Ukraine en langue houtsoule, Le film marque l’avènement d’un cinéma soviétique ouvertement poétique et formaliste, révélant au monde un immense réalisateur en la personne de Sergueï Paradjanov. Sa caméra virevoltante, ses tableaux aux couleurs vives, puisant dans la tradition picturale ukrainienne, font des <strong>Chevaux de feu</strong> une célébration vivante de la beauté du monde et de l’art. Dans les suppléments, on trouve <strong>Caméra émotion</strong> (33 mn), un entretien inédit avec Daniel Bird, écrivain, réalisateur et spécialiste du cinéma d’Europe de l’Est qui note : <em>« La caméra émotion est dynamique. Elle bouge, elle occupe des positions qui sont humainement impossibles. Elle est, comme son nom l’indique, expressive. »</em>. <strong>Paradjanov, le dernier collage</strong> (1995 &#8211; 68 mn) est un hommage réalisé par Rouben Kevorkiantz et Krikor Hamel au cinéaste plasticien à travers les réminiscences d’un parcours difficile. L’amour, la mort, l’exil, les amis et les villes où il vécut (Tbilissi, anciennement Tiflis, Kiev, Erevan) constituent sept récits de la vie tumultueuse de Paradjanov, qui lèvent le voile sur de nombreux fragments inédits de son œuvre. Enfin <strong>Les mains d&rsquo;or</strong> (1960 &#8211; 36 mn), réalisé par Sergueï Paradjanov, Oleksandr Nikolenko et Oleksii Pankratiev évoque les activités des artisans folkloriques ukrainiens, qui créent de véritables chefs-d’œuvre de l’art. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMauvaisCoups.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21032" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMauvaisCoups-204x300.jpg" alt="Mauvais Coups" width="204" height="300" /></a><strong>LES MAUVAIS COUPS</strong><br />
Milan et Roberte sont mariés depuis dix ans. Depuis que Milan s’est retiré de l&rsquo;univers de la course automobile à la suite du décès de son meilleur ami, rien ne va plus entre eux. Réfugié dans un domaine enfoui dans la campagne bourguignonne, ce couple fusionnel, après avoir vécu sous les feux de la notoriété, s&rsquo;abîme désormais dans la solitude. Roberte, qui fut la muse dévouée et admirative mais insatiable de reconnaissance de son mari, se noie dans l’alcool pendant que Milan va chasser dans la campagne environnante. Le face-à-face est entré dans un processus de destruction réciproque. Un jour, Hélène, une jeune et jolie institutrice, arrive dans le village. La belle jeune femme va accentuer, malgré elle, le désordre du couple. Elle se lie d&rsquo;amitié avec Roberte, en exacerbant les sentiments de Milan… Révélé en 1956 à l’écran comme acteur dans <strong>Un condamné à mort s’est échappé</strong> de Robert Bresson, François Leterrier passe à la réalisation en 1961. Pour son premier film, il adapte le roman éponyme de Roger Vailland qu’il co-scénarise avec l’auteur. L’histoire est largement inspirée de la vie conjugale de l’auteur avec sa première épouse. L’amour décrit par Roger Vailland est une passion dévastatrice où la femme qu’il a aimée devient un oiseau de proie redoutable au point de ressentir de la répulsion à son égard. Elle incarne, dans le livre puis dans le film, ce corbeau tué par Milan lors d’une partie de chasse. Lorsque ce dernier le ramène à Roberte, celle-ci comprend, à travers l’image de cet animal de mauvais augure, que c’est elle qu’il a tuée à travers lui. Le changement majeur de l’adaptation vient du choix du personnage principal. Le roman était l’histoire d’un homme. Avec Signoret, le film devient le drame d’une femme. Marquée par l&rsquo;influence de Bresson, cette histoire de décomposition d&rsquo;un couple en forme de drame hivernale (les paysages brumeux en noir et blanc sont magnifiques) est portée par un trio tragique. Si l&rsquo;Américain Reginald Kernan (Milan) comme la jeune Alexandra Stewart (Hélène) sont des inconnus, Simone Signoret, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice en 1960 pour <strong>Les chemins de la haute ville</strong>, domine la distribution et incarne à la perfection cette femme de quarante ans qui sait que sa jeunesse est partie mais qui continue de vivre intensément. Comme le dira Milan : <em>« Roberte est une flamme. Elle flambe. »</em> A la sortie des <strong>Mauvais coups</strong> (présenté dans une belle édition dvd/Blu-ray restaurée), la critique unanime loua la prestation de Simone Signoret. <em>Les Lettres françaises</em> écrivent : <em>« Sarcastique, ivre, déchirée, elle trouve ici son meilleur rôle depuis bien longtemps. »</em> A (re)découvrir, ne serait-ce que pour Simone Signoret. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAAubergePeché.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21021" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAAubergePeché-204x300.jpg" alt="Auberge Peché" width="204" height="300" /></a><strong>L&rsquo;AUBERGE DU PECHÉ</strong><br />
Serveuse au café Rallier, une auberge tenue par un couple de vieux acariâtres, Gilberte rêve d’une autre vie. Lorsqu&rsquo;un soir d&rsquo;orage, un mystérieux voyageur pousse la porte du café (surnommé L&rsquo;auberge du péché), et lui confie un sac bourré de billets de banque avant de filer et d’être assassiné devant l&rsquo;établissement, Gilberte n’hésite pas à cacher son magot. Mais des types aux mines patibulaires font leur apparition. Le danger se rapproche et les choses se passent mal pour la pauvre Gilberte. Un policier en vacances, Briquet, décide d’enquêter sur l’affaire lorsque surgit Laura, la sœur jumelle de Gilberte… Sorti en 1949 et méconnu du grand public, <strong>L’auberge du péché</strong> est le dernier film de Jean de Marguenat (1893-1956) et le seul polar d&rsquo;un cinéaste, jusqu’alors spécialisé dans les drames et les comédies. <strong>L’auberge du péché</strong>, qui ressort dans une belle édition dvd/Blu-ray restaurée, est une adaptation du roman policier <em>Café noir</em> (1947) écrit par Georges André-Cuel. Le romancier a collaboré aux dialogues du film mais de grandes différences existent entre le livre et le film. Certains personnages apparaissent tandis que d’autres disparaissent. De Marguenat a tenu à apporter une vraie touche d’originalité à chaque caractère, peignant ainsi une véritable galerie de personnages. L’inspecteur Briquet (Jean-Pierre Kérien), sérieux dans le roman, est ici moqueur et futé. Les sœurs jumelles, Gilberte et Laura, interprétées par Ginette Leclerc, l&rsquo;inoubliable interprète du <strong>Corbeau</strong> de Clouzot et de <strong>La femme du boulanger</strong> de Pagnol, sont des personnages totalement effacés dans le roman. Dans le film de Marguenat, elles sont, au contraire, des femmes fortes et combatives qui décident pour elles-mêmes. Au détour d’une distribution d’une grande qualité, on y rencontre des personnages pittoresques : un juge poète et lunaire, un inspecteur énervé et jaloux, un commissaire sournois et méfiant, un notaire détective et gaffeur qui échafaude des solutions plus abracadabrantes les unes que les autres, une patronne d’hôtel truculente&#8230; Tous apportent de la légèreté au film permettant ainsi de le faire naviguer d’un genre à l’autre. À sa sortie, le film connait un beau succès public et critique. Injustement tombée dans l’oubli, <strong>L&rsquo;auberge…</strong> mérite une redécouverte. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInteretdAdam.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21029" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInteretdAdam-234x300.jpg" alt="Dans Interet d'Adam" width="234" height="300" /></a><strong>DANS L&rsquo;INTERÊT D&rsquo;ADAM</strong><br />
Dans le service de pédiatrie d’un hôpital public, une blouse blanche s’applique à retirer, le plus délicatement possible, une sonde gastrique à un enfant de quatre ans. Rebecca, sa mère, est à ses côtés mais elle ne peut pas rester. En effet, une ordonnance d’un magistrat ne l’autorise qu’à venir deux fois par jour auprès de son fils, le temps de lui donner à manger. Car il faut qu’Adam se nourrisse au risque de voir son état de santé sérieusement se dégrader. La blouse blanche, c’est Lucie, l’infirmière en chef du service. Elle apaise Adam et s’occupe autant de Rebecca qui dit et répète qu’elle veut rester auprès de son fils, passer la nuit auprès de lui. Autour de Lucie, on estime que Rebecca doit quitter les lieux mais Lucie tente de calmer le jeu. Dans l’intérêt d’Adam. Lorsque Rebecca décide d’enlever Adam et de s’enfuir, dans la nuit avec lui, les choses tournent mal. On avait remarqué la réalisatrice bruxellloise Laura Wandel en 2021 à Cannes avec <strong>Un monde</strong>, son premier long-métrage, qui se penchait sur le harcèlement scolaire à travers le parcours de deux enfants. Avec <strong>Dans l’intérêt d’Adam</strong>, elle immerge cette fois le spectateur dans l’univers hospitalier à travers l’existence d’une infirmière qui s’implique, sans doute au-delà de la normale, dans le « sauvetage » d’un gamin. En cela, Lucie va se heurter à sa hiérarchie. Tout bonnement parce qu’elle ne supporte pas de voir la détresse autant d’un gamin dénutri que d’une mère à la fois inquiétante et vulnérable, persuadée qu’on va lui retirer la garde de son petit Adam. Durant quelques heures, on reste au plus près du quotidien de cette infirmière qui voit passer dans son service une fratrie de quatre gamins sous le coup d’une ordonnance de placement ou encore une grande adolescente voilée qui a avorté. Avec une caméra portée, tout en mouvement, le film donne remarquablement à voir le rythme effréné du personnel soignant. Ainsi, on suit les déambulations incessantes d’une Lucie, presque en apnée, superbement incarnée par Léa Drucker dont le visage fatiguée impressionne. A ses côtés, Anamaria Vartolomei, découverte dans <strong>L’événement</strong> (2021), est Rebecca, une jeune mère à la dérive. (Memento films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACoffretAnnHui.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21024" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACoffretAnnHui-205x300.jpg" alt="Coffret Ann Hui" width="205" height="300" /></a><strong>COFFRET ANN HUI</strong><br />
Avec plus de trente longs-métrages à son actif, Ann Hui, née en 1947, est l’une des légendes vivantes du cinéma asiatique. D’une grande diversité de genres, son œuvre porte une attention soutenue à la question de l’exil, à l’histoire et à l’identité hongkongaises, comme en témoignent les trois films réunis pour la première fois dans un beau coffret deux Blu-ray. Si Ann Hui signe un cinéma souvent formellement audacieux, elle apporte une attention particulière aux questions sociales et politiques que l&rsquo;on retrouve dans presque tous ses films. Le coffret réunit trois œuvres fortes de la plus grande réalisatrice hongkongaise, ainsi son coup d’essai <strong>The Secret</strong> (1979), un polar mystique à la narration éclatée, ensuite son grand succès <strong>Boat People</strong> (1982), un drame politique présenté hors compétition au Festival de Cannes 1983 et enfin le romanesque <strong>Love in a Fallen City</strong> (1984) qui relate un pan méconnu du passé de Hong Kong avec une rare justesse. <strong>Boat People</strong> raconte, en 1978, l&rsquo;histoire du photographe japonais Akutagawa qui vient faire un reportage dans la jeune République socialiste du Vietnam. Très vite, il se met à douter de ce qu’il voit : derrière l’enthousiasme de façade se cache en réalité la misère, la famine et la répression policière… Premier long-métrage d&rsquo;Ann Hui, <strong>The Secret</strong> se passe dans le Hong Kong de 1970. Les corps mutilés d’un homme et d’une femme sont retrouvés dans une forêt. Les policiers mettent rapidement la main sur un suspect, atteint de déficience mentale. Pendant ce temps, Ah Ming, une amie des disparus, cherche à en savoir plus sur cette tragédie et découvre l’existence d’une mystérieuse femme liée au couple… <strong>Love in a Fallen City</strong> se déroule à Shanghai en 1941. Divorcée depuis des années, Pai Liu-su part pour Hong Kong où elle se met à fréquenter la haute société de la colonie britannique. Elle fait alors la connaissance du riche et séduisant Fan Liu-yuan… En exclusivité mondiale, le coffret présente le dernier film d&rsquo;Ann Hui, totalement inédit en France et jamais édité dans le monde. Dans <strong>Elégies</strong> (2023), la cinéaste revient à ses premières amours avec ce film sur la poésie qui examine l’héritage de la scène littéraire hongkongaise. Les voix de deux poètes aux idéaux et styles de vie très distincts se répondent comme les deux pôles opposés d’une même réalité. Dans les suppléments, on trouve une conversation (27 mn) autour de Boat People entre Ann Hui et Stanley Kwan ainsi qu&rsquo;un document (8 mn) sur la restauration de The Secret. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJeanValjean.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21030" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJeanValjean-221x300.jpg" alt="Jean Valjean" width="221" height="300" /></a><strong>JEAN VALJEAN</strong><br />
Un homme voûté, fatigué, épuisé même, traverse, seul, de vastes espaces de nature. Tiraillé par la faim, il frappe aux portes qui, toutes, se referment. Nous sommes en 1815. Jean Valjean vient de sortir du bagne de Toulon, après 19 ans de travaux forcés. Un homme sans problème dont la vie a été saccagée parce qu’il a volé une miche de pain pour nourrir de pauvres gamins affamés. Dans un bourg perdu, il trouve refuge chez un homme d’Église. Face à Mgr Myriel, surnommé Monseigneur Bienvenu, la sourde et profonde colère du forçat s’effrite lentement. Comment cet homme en soutane peut-il l’appeler Monsieur et l’inviter à partager sa table avant de lui offrir l’hospitalité d’un lit aux draps blancs, lui le bagnard qui <em>« jugea la société et la condamna à sa haine »</em>… C’est donc à une manière d’avant-Jean Valjean qu&rsquo;Eric Besnard invite le spectateur. En s’inspirant librement de Victor Hugo, le cinéaste signe une monographie du Valjean originel à travers un face-à-face entre deux hommes auxquels la vie n’a pas fait de cadeau. Dans une mise en scène des plus classiques, le cinéaste orchestre un dialogue entre deux âmes blessées. Bienvenu et Valjean vont ainsi faire, à pas comptés, le chemin, l’un vers l’autre. Lorsque, parti dans la nuit avec les fameux couverts en argent, Valjean est ramené par les gendarmes, Mgr Bienvenu le dédouane et, mieux, lui offre deux chandeliers. Traité dans des teintes « ténébreuses » avant que les images ne s’éclairent finalement avec un Valjean qui lève les yeux au ciel, le film fait la part belle à un Gregory Gadebois en massif mais douloureux Jean Valjean. Il marche ainsi dans les pas de nombreux prédécesseurs comme Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura, Liam Neeson, Jean-Paul Belmondo ou Hugh Jackman. Face à lui, Bernard Campan est remarquable aussi en Myriel. Alexandra Lamy incarne Madame Magloire et Isabelle Carré, la souffreteuse et tragique Baptistine. Lorsque le film s’achève, commence l’autre histoire de Valjean, celui qui incarne la rédemption, la résistance morale et la lutte contre l’injustice sociale. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVoixHindRajab.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21040" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVoixHindRajab-220x300.jpg" alt="Voix Hind Rajab" width="220" height="300" /></a><strong>LA VOIX D&rsquo;HIND RAJAB</strong><br />
Le 29 janvier 2024, Hind Rajab a fui la ville de Gaza en voiture avec son oncle, sa tante et leurs enfants. La voiture est prise pour cible par Tsahal. Seule la fillette de six ans survit. Pendant des heures, elle reste coincée dans le véhicule immobilisé et garde le contact par téléphone avec les employés du Croissant-Rouge palestinien, qui tentent de calmer l&rsquo;enfant effrayée. Des ambulanciers se mettent alors en route pour la sauver, avant de se faire eux-mêmes attaquer et tuer. Après le retrait de l&rsquo;armée israélienne, les corps de Rajab, des membres de sa famille et des ambulanciers, sont découverts le 10 février. Kaouther Ben Hania, réalisatrice tunisienne largement remarquée pour sa docufiction <strong>Les Filles d&rsquo;Olfa</strong> (2023), nommé aux Oscars, est en tournée promotionnelle aux Etats-Unis lorsqu&rsquo;elle apprend par les médias, le sort de Hind Rajab. Elle écoute les enregistrements audio accessibles au public et, bouleversée, ne peut poursuivre son voyage. Elle contacte le Croissant-Rouge palestinien, qui lui fournit un enregistrement de 70 minutes de la conversation téléphonique. Ben Hania décide alors de traiter cet événement dans un film, alors qu&rsquo;elle est sur le point de commencer la pré-production d&rsquo;un autre projet cinématographique préparé depuis plusieurs années. Pour préparer ce qui sera son septième long métrage, la cinéaste a de longues conversations avec la mère de Rajab ainsi qu&rsquo;avec des personnes avec lesquelles la jeune fille a été en contact téléphonique peu avant sa mort et qui ont tenté de l&rsquo;aider. Le film se déroule en huis clos dans le centre d’appel du Croissant-Rouge palestinien de Ramallah. La violence n&rsquo;est perceptible pour le spectateur que par la bande sonore. <em>« Je voulais me concentrer,</em> dit la réalisatrice,<em> sur l&rsquo;invisible : l&rsquo;attente, la peur, le bruit insupportable du silence quand aucune aide n&rsquo;arrive. Parfois, ce que l&rsquo;on ne voit pas est plus dévastateur que ce que l&rsquo;on voit »</em>. Pour Ben Hania, la fiction (surtout lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur des événements vérifiés, douloureux et réels) est <em>« l&rsquo;outil le plus puissant du cinéma »</em>. (jour2fête)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATorso.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21038" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATorso-200x300.jpg" alt="Torso" width="200" height="300" /></a><strong>TORSO</strong><br />
Un redoutable psychopathe secoue la ville universitaire italienne de Pérouse en étranglant et en assassinant de préférence de jeunes et séduisantes étudiantes en histoire de l&rsquo;art avec un foulard noir et rouge. Le tueur inconnu découpe ensuite ses victimes à la scie. La police est dans le noir. Daniela soupçonne bientôt son fervent admirateur Stefano, un étrange camarade d&rsquo;université, d&rsquo;être le coupable. Sur les conseils de son oncle, elle déménage avec Jane et deux autres étudiantes étrangères de la faculté dans une villa isolée à la campagne. Elles s&rsquo;installent ainsi à Tagliacozzo, un petit village des Abruzzes. La grande demeure est sur une falaise surplombant le bourg. Les quatre amies pensent désormais être à l&rsquo;abri… Un jour, Jane se foule la cheville en tombant dans l&rsquo;escalier. Un médecin lui prescrit des somnifères pour passer la nuit sans souffrir. Mais lorsqu&rsquo;elle se réveille le lendemain matin, elle cherche ses amies qui, sans qu&rsquo;elle s&rsquo;en aperçoive, ont été victimes du tueur sanguinaire pendant la nuit. Pour Jane, il s&rsquo;agit désormais de survie… Réalisateur, scénariste et producteur, Sergio Martino, 87 ans, a connu, dans les années 70, une période où il signa une demi-douzaine de <em>giallo</em> comme <strong>Toutes les couleurs du vice</strong> (1972) ou <strong>Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé</strong> (1972) et donc ce <strong>I corpi presentano tracce di violenza carnale</strong> (en v.o.) en 1973, disponible pour la première fois Blu-ray 4K UHD dans un beau coffret avec des memorabilia. Martino réalise, ici, son film le plus macabre et le plus stylisé. Savoureux mélange de suspense, d’érotisme et de violence graphique,<strong> Torso</strong>, acclamé par Tarantino ou Eli Roth, est considéré comme l’un des premiers ponts vers le cinéma d’horreur moderne. On estime aussi que ce <em>giallo</em> est l&rsquo;un des premiers exemples de<em> slasher</em>, notamment à cause du jeu du chat et de la souris entre le tueur et la dernière survivante qui marque les trente dernières minutes du film. Le film est accompagné d&rsquo;une série de suppléments. Dans <strong>Le premier slasher</strong> (25 mn), Sergio Martino se remémore le tournage du film dans un entretien inédit en France. Avec <strong>Giallo mon amour</strong> (16 mn), le coscénariste Ernesto Gastaldi évoque la grande époque du <em>giallo</em> et ses spécificités en termes d’écriture. Dans <strong>Un Français en Italie</strong> (34 mn), le comédien Luc Merenda revient sur sa carrière en Italie et sur ses rencontres avec les gens du milieu. Dans <strong>Torso 17</strong> (20 mn), la cinéaste Federica Martino, fille de Sergio Martino, songe à un remake de <strong>Torso</strong>. Enfin <strong>Une violence charnelle entre refoulement et débauche</strong> (28 mn) est un entretien avec Jean-François Rauger, critique de cinéma et directeur de la programmation à la Cinémathèque française. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMonsieurTaxi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21033" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMonsieurTaxi-204x300.jpg" alt="Monsieur Taxi" width="204" height="300" /></a><strong>MONSIEUR TAXI</strong><br />
Jovial chauffeur de taxi toujours flanqué de son chien, Pierre Verger est chamboulé lorsqu&rsquo;il retrouve un sac rempli de billets oublié dans son véhicule par une riche étrangère. Peinant déjà à joindre les deux bouts, Pierre hésite à garder l’argent pour aider sa famille&#8230; Mais pourrait-il se pardonner d’avoir volé une inconnue ? Plutôt que de conserver le magot, Pierre, par honnêteté, décide de retrouver la propriétaire de cet argent. Invisible depuis longtemps et désormais restauré dans une belle édition dvd/Blu-ray, <strong>Monsieur Taxi</strong> réalisé par André Hunebelle en 1952, est une comédie familiale filmée en décors naturels qui emporte, sur les traces d&rsquo;un taxi bourru mais au cœur d’or, le spectateur dans le Paris populaire des années cinquante, dans les rues du 18e et du 19e arrondissements de Paris, du quartier Montmartre ou de la place du Tertre&#8230; Le chauffeur de taxi parisien a souvent inspiré les cinéastes, ainsi avec Harry Baur dans <strong>Paris</strong> (1937) de Jean Choux ou Bernard Blier dans <strong>Sans laisser d’adresse</strong> (1951) de Jean-Paul Le Chanois. Ici, c&rsquo;est Michel Simon qui déploie tout son art avec un bonhomme tendre et aimant, tout en se questionnant sur sa propre honnêteté. Le comédien s’approprie le texte, improvise, ajoute du dialogue, l’intervertit, le modifie, pousse la chansonnette et assène des vérités bien comprises : <em>« Gardez vos bons sentiments. C’est de la monnaie qui n’a plus cours, mais qui ne change pas de valeur. »</em>. Autour de lui, on trouve une une pléiade de seconds rôles : Jean Brochard, Jane Marken, Pauline Carton, Jeanne Fusier-Gir, André Valmy mais aussi des nouveaux venus comme Louis de Funès ou Jean Carmet. <strong>Monsieur Taxi</strong> offre une véritable vision de la France populaire des années cinquante avec ses bistrots de quartier, ses cabarets, ses repas de famille dominicaux. Le film met en lumière les petits métiers, les préoccupations du peuple et les gens ordinaires. Le cinéaste nous plonge ainsi dans ce milieu simple, auprès de personnages que l’on voit tous les jours. Le film sera un gros succès, réunissant plus de deux millions de spectateurs dans les salles. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAManthan.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21031" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAManthan-187x300.jpg" alt="Manthan" width="187" height="300" /></a><strong>MANTHAN</strong><br />
Vétérinaire idéaliste, le docteur Manohar Rao vient fonder une coopérative laitière dans un village où les producteurs de lait sont en majorité des dalits, c&rsquo;est-à-dire des intouchables. Il doit faire face à Mishraji, qui achète à bas prix le lait de tous les villageois, mais aussi au chef du village qui souhaite utiliser la coopérative naissante pour renforcer son pouvoir. Rao s&rsquo;aperçoit vite qu&rsquo;il a besoin du soutien de la population dalit pour réussir son entreprise. Bindu, une femme de caractère appartenant à cette communauté, sympathise avec lui et accepte d&rsquo;y participer, entrainant avec elle les autres femmes. Mais Bhola, dont la forte personnalité fait de lui le leader de la communauté, reste sur ses gardes. Sa méfiance s&rsquo;aggrave lorsqu&rsquo;il découvre qu&rsquo;un des associés de Rao a une aventure avec une femme de sa caste. Lorsque Rao finit par convaincre Bhola, l&rsquo;ensemble du village se rallie à sa cause et des élections sont organisées pour désigner le président de la coopérative. Le vainqueur est un dalit. Mais le chef du village n&rsquo;accepte pas cette remise en cause de son pouvoir. Il trouve un allié en la personne de Mishraji dont l&rsquo;entreprise est menacée par le développement de la coopérative. Mishraji parvient à convaincre Bindu, en grande difficulté financière, de prétendre que Rao l&rsquo;a séduite. Rao et son équipe doivent quitter le village, mais la coopérative ne périclite pas pour autant : les producteurs de lait continuent son œuvre. Inspiré par Verghese Kurien, qui a développé la production de lait dans le pays en s&rsquo;opposant aux multinationales, <strong>Manthan</strong> (pour la première fois en Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K) doit son existence à la formidable mobilisation de 500 000 fermiers de la région du Gujarat, lesquels, à hauteur de deux roupies par personne, ont permis de financer le film. Réalisé en 1976 par Shyam Benegal, pionnier du cinéma « parallèle » indien situé à mi-chemin entre films d’auteur et productions commerciales, <strong>Manthan</strong> jouit d’une popularité inégalée depuis cinquante ans, hautement justifiée par l’incroyable performance de ses acteurs comme par l’impact social qu’il laissa sur son pays. Dans les suppléments, on trouve un retour (10 mn) sur la restauration exceptionnelle, confiée à la Film Heritage Foundation, qui a abouti à la projection du film à Cannes Classics 2024 et à sa ressortie en Inde dans des salles combles. Par ailleurs, une discussion (25 mn) entre l’acteur du film Naseeruddin Shah et Shivendra Singh Dungarpur, directeur de la Film Heritage Foundation, menée par Anupama Chopra pour Film Companion à Cannes 2024. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnlAppelleTrinita.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21035" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnlAppelleTrinita-193x300.jpg" alt="On lAppelle Trinita" width="193" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnContinue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21034" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnContinue-193x300.jpg" alt="On Continue" width="193" height="300" /></a><strong>ON L&rsquo;APPELLE TRINITA – ON CONTINUE À L&rsquo;APPELER TRINITA</strong><br />
L’un est vif, espiègle et séducteur, cherchant souvent la bagarre, l’autre est trapu et bourru, capable d’assommer ses adversaires avec une facilité déconcertante. Qui ne se souvient pas avec nostalgie de ce duo comique culte, formé par Terence Hill et Bud Spencer ? Avec leur approche burlesque de la violence, et des personnages résolument bavards, <strong>On l&rsquo;appelle Trinita</strong> (1970) et <strong>On cotinue à l&rsquo;appeler Trinita</strong> (1971) ont profondément transformé le western italien de l’époque. L’alchimie naturelle entre les deux acteurs, combinée au jeu nonchalant et ironique de Terence Hill ont injecté une bonne dose d’humour à ces films. Mêlant baston bon enfant à dose de grosses claques, engueulades loufoques et répliques cinglantes entre les deux personnages, le duo est souvent comparé à Laurel et Hardy ou évoque Astérix et Obélix. Tous deux réalisés par Enzo Barboni, les films connurent à leur sortie un succès phénoménal en salles dans de nombreux pays, notamment en Italie où le premier opus fut le plus grand succès du cinéma italien. S&rsquo;ils avaient déjà partagé l&rsquo;affiche de quatre films, dont l&rsquo;un sans se croiser, Terrence Hill, né Mario Girotti en 1939 et Carlo Pedersoli (1929-2016) dit Bud Spencer forment dès lors un duo qui tiendra la vedette de dix-sept autres films. Dans le premier film, Trinita, cow-boy crasseux mais fine gâchette, se dirige vers la ville dont son frère Bambino, voleur de chevaux, est devenu shérif. Au même moment un homme d’affaires malhonnête et sa bande s’emparent de terres appartenant à une communauté de mormons… Dans le second, Trinita et Bambino font une promesse à leur père sur le point de mourir : ils deviendront de vrais bandits et leurs têtes seront mises à prix. Mais ce n’est pas si simple : leur bonne nature va les amener à prendre la défense de moines menacés par des hors-la-loi. Le succès est tel que des distributeurs ressortirent les anciens films du duo en modifiant le titre pour y intégrer le nom Trinita&#8230; Pour la première fois, les deux films à l’origine du mythe sortent en version remasterisée HD sous forme de combo Blu-Ray/dvd, incluant des photos des films, ainsi que de nombreux bonus vidéo pour chaque film. Du nanan pour les fans de westerns italiens… (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACervantesDonQuichotte.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21022" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACervantesDonQuichotte-173x300.jpg" alt="Cervantes avant Don Quichotte" width="173" height="300" /></a><strong>CERVANTÈS AVANT DON QUICHOTTE</strong><br />
Blessé au bras à la bataille de Lépante, puis capturé en haute mer après l&rsquo;attaque du navire sur lequel il voyageait par des corsaires barbaresques, le jeune soldat Miguel de Cervantes est enlevé et enfermé au bagne d&rsquo;Alger en 1575 pour servir d&rsquo;otage. Il va faire plusieurs tentatives d&rsquo;évasion mais sera repris. Conscient qu’une mort cruelle l’attend si sa famille ne paie pas rapidement sa rançon, il va devenir un conteur, inventer des histoires et en lire d&rsquo;autres au pacha qui les détient prisonniers, lui et ses compagnons. Et puis Cervantès va rédiger les premiers brouillons de ce qui deviendra plus tard son chef‑d’œuvre… Réalisateur, scénariste, écrivain, monteur, acteur, producteur et compositeur hispano-chilien, Alejandro Amenabar a été remarqué dès son premier film <strong>Tesis</strong> (1996) qui avait pour toile de fond l&rsquo;univers des <em>snuff-movies</em>. Il enchaînera avec <strong>Ouvre les yeux</strong> (1997), <strong>Les autres</strong> (2001) avec Nicole Kidman, <strong>Mar adentro</strong> (2004) et l&rsquo;ambitieux <strong>Agora</strong> (2009), drame historique sur la vie de la mathématicienne et philosophe grecque Hypatie… L&rsquo;histoire et plus spécialement, ici, le Siècle d&rsquo;or espagnol, cette période de rayonnement culturel du 16<sup>e</sup> au 17<sup>e</sup> siècle qui vit une floraison artistique et littéraire avec des auteurs comme Cervantès et Lope de Vega, est au coeur de <strong>El cautivo</strong> (en v.o.) qui prend soin de s&rsquo;appuyer sur des événements réels de la vie de l&rsquo;auteur de <strong>Don Quichotte</strong>. S&rsquo;appuyant sur le récit des années de captivité de Cervantès à Alger (de 1575 à 1580), écrit par Antonio de Sosa, Amenabar met en scène avec grâce et fantaisie une aventure pleine de rebondissements qui parle de rapport de pouvoir, d&rsquo;autorité mais aussi de relations humaines, de fraternité, d’amitié, d&rsquo;amour, de trahisons, d&rsquo;humanité en somme… La reconstitution de la citadelle d&rsquo;Alger est une réussite tout comme les relations que Cervantès (Julio Peña Fernández) entretient avec le pacha d&rsquo;Alger (Alessandro Borghi). Une belle ode à la culture, l&rsquo;imagination, l&rsquo;art de conter, la littérature et la liberté. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAArco.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21020" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAArco-193x300.jpg" alt="Arco" width="193" height="300" /></a><strong>ARCO</strong><br />
C&rsquo;est pendant l&rsquo;épidémie de Covid et donc dans un contexte anxiogène, que germe l&rsquo;idée d&rsquo;<strong>Arco</strong>. Le cinéaste Ugo Bienvenu éprouve un <em>« besoin de légèreté, d’optimisme »</em> qui l&rsquo;incite à penser un projet pour enfants tourné vers une forme d&rsquo;espoir : <em>« Je me suis dit que si l’on voulait que le meilleur puisse se produire, il fallait déjà l’imaginer »</em>. Dans ses carnets, le réalisateur esquisse le dessin d&rsquo;un arc-en-ciel qui se transforme en personnage. C&rsquo;est le déclic. C&rsquo;est quand Ugo Bienvenu, nourri de <strong>Jumanji</strong>, <strong>Casper</strong>, <strong>Bambi</strong> ou des films de Miyazaki, expose son idée à Félix de Givry, son associé au sein du studio Remembers, que ce dernier lui fait remarquer qu&rsquo;arc-en-ciel se dit <em>arcoíris</em> en espagnol (une langue qu&rsquo;Ugo Bienvenu parle, puisqu&rsquo;il a grandi au Mexique et au Guatemala). C&rsquo;est de ce mot que naissent les noms des deux personnages principaux : Arco et Iris. Arco, dix ans, qui vit en l&rsquo;an 2932, utilise une cape couleur arc-en-ciel pour voyager accidentellement dans le temps jusqu&rsquo;en l&rsquo;an 2075, où il rencontre Iris. Arco est un <em>« adolescent aux yeux gris d’avenante physionomie, cheveux noirs et teint mat, vêtu d’une cape arc-en-ciel, d’un bonnet d’aviateur rose poudré incrusté d’une pierre précieuse. Son monde est celui de l’utopie harmonieuse, du respect du vivant, de l’heureuse combinaison entre les êtres et les choses de la nature. »</em> Pour sa part, Iris est une <em>« fillette brune, coupe carrée, traits asiatiques, vivant dans une maison-champignon techno, en compagnie de parents hologrammatiques trop requis par leur travail, et d’un robot à tout faire »</em>. Iris va s&rsquo;employer à faciliter le retour d&rsquo;Arco à son époque. Premier long-métrage d&rsquo;animation d&rsquo;Ugo Bienvenu, <strong>Arco</strong> a été présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section « Séances spéciales ». Il remporte ensuite le Cristal du long métrage au festival international du film d&rsquo;animation d&rsquo;Annecy 2025 et est nommé à l&rsquo;Oscar du meilleur film d&rsquo;animation. <strong>Arco</strong> s’interroge sur la capacité à voir l’autre, de s’ouvrir à la beauté du monde et d&rsquo;explorer les futurs distincts de 2075 et 2932. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATheKiller.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21036" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATheKiller-206x300.jpg" alt="The Killer" width="206" height="300" /></a><strong>THE KILLER</strong><br />
Jeff est un tueur à gages. Lors d&rsquo;un contrat, il rend accidentellement aveugle Jennie, une chanteuse de bar. Hanté par le remords, il décide d&rsquo;aider Jennie&#8230; et tombe progressivement amoureux d&rsquo;elle. Alors qu&rsquo;il décide d&rsquo;accepter un dernier contrat, dont l&rsquo;argent doit servir à opérer Jennie, il se fait repérer par l&rsquo;inspecteur Li. Les commanditaires de Jeff décident alors de se retourner contre lui et tentent de l&rsquo;assassiner. Coincé entre l&rsquo;inspecteur Li, flic acharné prêt à tout pour l&rsquo;arrêter, et son ancien boss, Jeff n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de reprendre les armes. Alors que les amitiés sont trahies, aucun personnage n&rsquo;apparaît ni tout blanc ni tout noir… Ecrit et réalisé par John Woo et sorti en 1989 à Hong Kong, <strong>The Killer</strong>, né à la suite de l&rsquo;énorme succès du <strong>Syndicat du crime</strong> (1986), repose sur des influences telles que <strong>Le samouraï</strong> de Melville ou <strong>Mean Streets</strong> de Scorsese. Si <strong>The Killer</strong> (présenté en Blu-ray série limitée Ultra HD 4K) n&rsquo;est pas un succès immédiat à Hong Kong, il est salué par la critique occidentale pour ses remarquables scènes d&rsquo;action et son style très explosif. Le talent de Woo éclate alors aux yeux du monde avec ce qui sera plus tard considéré, y compris par lui-même, comme son chef-d&rsquo;œuvre. John Woo désire faire un film sur l&rsquo;honneur, la loyauté, l&rsquo;amitié impossible et les relations entre deux personnes apparemment opposées alors que son tueur professionnel (Chow Yun-fat) se découvre une forme d’humanité inattendue après avoir accidentellement blessé une chanteuse innocente (Sally Yeh). Dans <strong>The Killer</strong>, si l&rsquo;on remarque la qualité avec laquelle le cinéaste peaufinent les relations entre ses personnages, on observe aussi que chaque scène de violence chorégraphiée devient un flamboyant ballet tandis que les balles giclent dans tous les coins. Indiscutablement lyrique, le film est du pur spectacle ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATirAVue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21037" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATirAVue-212x300.jpg" alt="Tir A Vue" width="212" height="300" /></a><strong>TIR À VUE</strong><br />
Depuis que son frère a été tué à La Courneuve sans que la police ne daigne intervenir, Richard a décidé de se venger et de cracher sa haine à la face de la société. Il dévalise une armurerie et se constitue ainsi tout un arsenal. Il vole ensuite une moto et agresse un pompiste. Alors que Richard s’apprête à agresser un touriste dans le métro, il fait la connaissance de Marilyn, post-adolescente qui s’amuse à prendre des photos de charme dans un photomaton. Ensemble, ils vont escalader l’échelle de la violence tandis que les inspecteurs Casti et Galo sont à leurs trousses et persécutent le seul témoin, un vieux maghrébin connu de leur service. Sorti en 1984 dans une France où le climat politique est tendu, <strong>Tir à vue</strong> s’inscrit dans la veine des films noirs français des années 1980, où tension urbaine et désillusion sociale deviennent un véritable décor narratif, reflet d’un pessimisme ambiant à l’opposé des films policiers américains. Autour de petits Bonnie and Clyde à la française, emmené avec fougue par le duo composé de la toute jeune Sandrine Bonnaire (découverte dans <strong>A nos amours</strong> de Pialat) et de Laurent Malet, le film explore la question de ces jeunes paumés qui trouvent dans la violence contre la société une solution à leur mal-être. Pour sa première incursion au cinéma avant une longue carrière à la télévision, Marc Angelo réalise un film à la mise en scène violente et réaliste, qui privilégie les regards et les silences aux dialogues. La musique de Gabriel Yared donne une tonalité urbaine avec une photographie qui montre un Paris glauque, gris et pluvieux dans lequel se débattent des personnages vite englués dans une spirale d’autodestruction. Un film noir intense. (Arcadès éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAImago.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21026" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAImago-178x300.jpg" alt="Imago" width="178" height="300" /></a><strong>IMAGO</strong><br />
Cinéaste vivant en exil entre Bruxelles et Paris, Déni, originaire de Tchétchénie, part en Géorgie, dans la région de Pankissi, invité par son cousin, dans une vallée isolée peuplée de Tchétchènes et proche de la frontière avec la Tchétchénie. Sa mère y a acheté un lopin de terre, pour qu&rsquo;il y construise une maison. Sur place, son entourage n&rsquo;a qu&rsquo;une idée en tête : le marier ! Dans ce film documentaire, le réalisateur d&rsquo;origine tchétchène Déni Oumar Pitsaev filme son propre voyage en Géorgie, retrouvant sa famille tchétchène, ses amis et rêvant de construire la maison sur pilotis de ses rêves. Avec un ton souvent poignant, le cinéaste raconte le poids de l&rsquo;exil et le traumatisme de la guerre sur les relations humaines. Au coeur de sa petite communauté, l&rsquo;auteur montre aussi le poids de la religion et des contraintes sociales, notamment pour le mariage et les enfants. A propos de son film, Pitsaev dit : <em>« C’était un rêve d’enfant. Je n’ai pas eu de maison quand j’étais petit, donc je m’étais promis qu’un jour, j’en construirais une. Et pas n’importe laquelle : une maison qui flotte, construite en verre. Plus jeune, je n’ai pas beaucoup vu le soleil car les bombardements m’obligeaient à descendre régulièrement dans les caves des immeubles pour me protéger. Je voulais donc une maison sans cave, qui laisse entrer la lumière. C’était un moyen pour moi de faire fuir la guerre. »</em> Cette histoire d&rsquo;un documentaire qui se « fabrique » sous les yeux du spectateur (<em>« Briser le quatrième mur,</em> dit Pitsaev, <em>me permettait d’être transparent vis-à-vis de ceux que je filme et de ceux qui regardent »</em>), contient nombre de moments forts. Ici, une assemblée de femmes échangeant sur la religion et la liberté, là, de douces discussions avec sa mère ou encore une amère mise au point avec son père au fil d&rsquo;une sortie en forêt. Deni Oumar Pitsaev livre une radiographie sans concession d&rsquo;une petite communauté dans laquelle il semble avoir du mal à retrouver une place. Présenté lors de la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2025, <strong>Imago</strong> a valu à son auteur l&rsquo;Œil d&rsquo;or du meilleur documentaire. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInsaissisables3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21028" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInsaissisables3-178x300.jpg" alt="Insaissisables 3" width="178" height="300" /></a><strong>INSAISISSABLES 3</strong><br />
Pour réaliser le braquage le plus impressionnant jamais imaginé, Daniel Atlas recrute un trio de jeunes et talentueux illusionnistes. Il est vrai qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre au point le plus spectaculaire des tours de magie : dérober le Diamant-Coeur, joyau le plus précieux au monde qui appartient à une redoutable organisation criminelle, revendeuse d&rsquo;armes. Les quatre Cavaliers sont de retour dans le troisième volet d&rsquo;une franchise qui s&rsquo;est ouverte avec <strong>Insaisissables</strong> (2013) de Louis Leterrier puis<strong> Insaisissables 2</strong> (2016) de Jon Chu. Cette fois, c&rsquo;est Ruben Fleischer (auteur de <strong>Retour à Zombieland</strong> ou<strong>Venom</strong>) qui est aux manettes d&rsquo;un n°3 qui tient ses promesses. Accompagnés d’un groupe de jeunes magiciens qui espèrent suivre leur trace, le quatuor va devoir repousser les limites de l’illusion face à des affreux dirigés par la suave et redoutable Veronika Vanderberg. On retrouve, ici Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Lizzy Caplan, Morgan Freeman, Isla Fischer désormais secondés par des petits nouveaux (Dominic Sessa, Justice Smith et Ariana Greenblatt). Sans oublier l&rsquo;excellente Rosamund Pike en parfaite méchante. Le choc des générations, les effets spéciaux à gogo et la magie mêlée à l&rsquo;action font de ce n°3 un spectacle jubilatoire. <em>« On n&rsquo;arrête pas le diable en lui coupant les mains mais en lui volant son porte-feuille »</em> ! (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAUrgence.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21039" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAUrgence-210x300.jpg" alt="Urgence" width="210" height="300" /></a><strong>URGENCE</strong><br />
A Paris, en 1985, Max Forestier, jeune journaliste infiltré depuis plusieurs mois, dans un groupe terroriste néo-nazi, est surpris par l’un d’eux, Lucas Schroeder, en train de filmer la mise en place d’un attentat raciste. Mortellement blessé, il a juste le temps de remettre à sa sœur, Lysa, un étrange message. D’abord prise en chasse par les poursuivants de Max, Lysa parvient à s’enfuir et arrive jusqu’à l’agence de presse Omega, pour laquelle son frère travaillait dans l’ombre du journaliste Villard. Elle y rencontre Jean-Pierre Mougin, un jeune chroniqueur sportif qui, malgré lui, se trouve embarqué dans une enquête marathon de trente-six heures, pour comprendre où et quand aura lieu cet attentat. En 1985, Gilles Béhat retranscrit les inquiétudes de son époque, liée notamment à la montée de l’extrême droite en France. Entre course-poursuite haletante, atmosphère conspirationniste et groupe néo-nazi, le film plonge dans les zones grises d’une société en proie à l’angoisse et à la peur. Le cinéaste qui avait signé <strong>Rue barbare</strong> (1983), un solide polar tiré d&rsquo;un roman de David Goodis, joue à nouveau avec les codes du genre et entraîne le spectateur dans une aventure palpitante : rythme soutenu, violence graphique et course-poursuites dans un Paris nocturne. Si les comédiens Richard Berry, Fanny Bastien, Bernard-Pierre Donnadieu ou Jean-François Balmer constituent un casting de choix, ce film policier engagé (qui sort dans une édition Blu-ray) peine, surtout dans son final, à trouver le ton juste… Cependant, par son propos, <strong>Urgence</strong> résonne d&rsquo;une manière très actuelle. (Arcadès éditions)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=21041</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>KAFKA CHEZ STALINE ET L&#8217;ARGENT DE MADAME FARRÈRE</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20952</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20952#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 20:45:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20952</guid>
		<description><![CDATA[DEUX PROCUREURS Dans l&#8217;Union soviétique de 1937, à l&#8217;apogée du stalinisme et des Grandes purges, un homme emprisonné à la prison de Briansk et considéré comme un ESN (élément socialement nuisible) est placé par ses geôliers devant un petit fourneau avec pour mission de détruire des monceaux de lettres. Ce sont des missives écrites par [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADeuxProcureurs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20935" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADeuxProcureurs-188x300.jpg" alt="Deux Procureurs" width="188" height="300" /></a>DEUX PROCUREURS</strong><br />
Dans l&rsquo;Union soviétique de 1937, à l&rsquo;apogée du stalinisme et des Grandes purges, un homme emprisonné à la prison de Briansk et considéré comme un ESN (élément socialement nuisible) est placé par ses geôliers devant un petit fourneau avec pour mission de détruire des monceaux de lettres. Ce sont des missives écrites par des détenus accusés à tort par le régime d&rsquo;être des corrompus hostiles au pouvoir en place. Contre toute attente, l’une de ces lettres va arriver à destination, en l&rsquo;occurrence sur le bureau d&rsquo;Alexander Kornev, un procureur local fraîchement nommé et dont c&rsquo;est le premier poste. Résolu à faire son travail, Kornev entend bien rencontrer le prisonnier Stepniak, détenu dans la cellule 84 de la « section spéciale » du pénitencier. Du côté des responsables de la prison, on va tout mettre en œuvre pour convaincre le magistrat de ne pas insister. Il attend des heures dans un bureau que le directeur veuille bien le recevoir. Et quand enfin il peut lui parler, ce dernier lui déconseille de voir le prisonnier, souffrant d&rsquo;une maladie probablement contagieuse. Mais rien n&rsquo;y fait. Kornev, bolchévique chevronné et intègre, croit à un dysfonctionnement puis va se faire à l&rsquo;idée que Stepniak est bien une victime de la NKVD, la police secrète du régime. Pas décidé à lâcher le morceau, Kornev va tenter de contacter les services du procureur général à Moscou afin d&rsquo;évoquer son dossier. Là encore, on tentera d&rsquo;écoeurer le jeune procureur qui sera pourtant reçu -<em>« trois-quatre minutes, pas plus »</em>- par son grand patron. Convaincu que l&rsquo;on extermine la fine fleur du Parti, Kornev va plonger dans les terribles profondeurs d&rsquo;un régime totalitaire. Kornev (Aleksandr Kunetsov, acteur russe désormais exilé en Angleterre) va être aspiré dans un labyrinthe dont il ne sortira plus. Autour d&rsquo;une quête de justice, le réalisateur ukrainien Sergueï Loznitsa (vivant aujourd&rsquo;hui en Allemagne) a imaginé, pour son cinquième long-métrage de fiction (après <strong>My Joy</strong> en 2010, <strong>Dans la brume</strong> en 2013, <strong>Une femme douce</strong> en 2017 et <strong>Donbass</strong> en 2018) une œuvre angoissante mais retenue. Comme si Loznitsa retenait toute émotion pour cerner au plus près le mécanisme de la Terreur. <strong>Deux procureurs</strong> s&rsquo;ouvre et se ferme par un gros plan sur une main qui ouvre la serrure d&rsquo;une cellule de prison comme si le cinéaste avait pour ambition d&rsquo;ouvrir une porte longtemps refermée sur la mémoire d&rsquo;un pan oublié de l&rsquo;Histoire. <strong>Deux procureurs</strong> fut d&rsquo;abord une nouvelle, écrite en 1969 par une victime des Grandes purges, le physicien Gueorgui Demidov. Celui-ci a passé de nombreuses années dans la tristement célèbre Kolyma en Sibérie, qu&rsquo;il définit comme <em>« un Auschwitz sans les chambres à gaz »</em>. Survivant à l&rsquo;horreur, Demidov ne sera réhabilité qu&rsquo;en 1958 et se mettra alors à écrire des récits consacrés à son expérience de la répression des années 30 et du Goulag. Ses manuscrits circulent alors sous forme de <em>samizdat</em>, ces textes clandestins diffusés sous le manteau. <strong>Deux procureurs</strong>, c&rsquo;est Kafka chez Staline, une histoire simple, implacable et palpitante qui décrit par le menu comment un petit fonctionnaire idéaliste, zélé et honnête va être broyé par une machine impersonnelle. Et on ne peut s&rsquo;empêcher d&rsquo;y voir aussi une évocation de la Russie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmePlusRicheMonde.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20939" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmePlusRicheMonde-201x300.jpg" alt="Femme Plus Riche Monde" width="201" height="300" /></a><strong>LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE</strong><br />
L’argent, Marianne Farrère n’en à rien à faire. Elle en a tellement que ça n’a plus d’importance. Lorsqu’elle s’entiche d’un artiste-photographe plus jeune qu’elle, elle décide de lui donner des sommes considérables. Parce que Pierre-Alain Fantin l’amuse considérablement. Avec lui, elle oublie les sinistres séances de conseil d’administration, l’appartement immense et trop conventionnel, les déjeuners de convenance, la classe politique qui gravite autour d’elle et de Guy, son mari. Alors, Marianne sort dans des soirées, déjeune et dîne avec Pierre-Alain. Elle découche même et revient au matin, lançant qu’avec son nouvel ami, <em>« elle vole, elle frise ! »</em> Dans l’existence de Marianne, Fantin devient vite incontournable. La première fois qu’il avait rencontré la richissime Madame Farrère, c’était pour un reportage photo. <em>« Je ne photographie pas les gens, je les emporte »</em> clame le zigoto. Dans Marianne, il veut voir une héroïne. Même si elle n’ignore pas que Fantin a une réputation épouvantable, elle confesse : <em>« Grâce à vous, c’est comme si je revivais ! »</em> Alors Fantin se sent en territoire conquis. Dans l’appartement des Farrère, il débarrasse les « croûtasses », vire la « bonnicherie ». Mais lorsque Marianne lui signe un contrat de dix ans pour ses créations, à raison de deux millions par an, Frédérique Spielman, la fille de Marianne, décide de sonner la fin de la recré. Quitte à se fâcher avec sa mère, elle veut que le bouffon pique-assiette quitte la scène. Et elle décide de lancer une action en justice pour abus de faiblesse… <strong>La femme la plus riche du monde</strong>, c’est Fantasia chez les ultra-riches ! Thierry Klifa s’inspire ici, librement, de l’affaire Bettencourt-Banier qui, au début des années 2000, avait d’abord défrayé la chronique people avant de devenir un dossier judiciaire à rebondissements. Dans cette affaire, Françoise Bettencourt-Meyers accusait François-Marie Bainier d’avoir profité de la fragilité psychologique de sa mère Liliane Bettencourt, alors âgée de 87 ans, pour obtenir près d’un milliard d’euros de dons sous forme de tableaux de maîtres, de chèques ou de contrats d’assurance-vie. Pour apprécier cette comédie souvent vacharde, il n’est nulle besoin d’avoir une connaissance approfondie de l’affaire Bettencourt-Banier, ni de connaître la vie de Liliane Bettencourt (1922-2017), femme d’affaires, milliardaire française, fille unique et héritière d’Eugène Schueller, fondateur d’une société de teintures inoffensives pour cheveux devenue le groupe L’Oréal. Alors, il y a, ici, de la beauté, du pouvoir, un coup de foudre, de l’ambition, de l’insolence, de l’esbrouffe, de la cruauté, de la méfiance, des secrets de famille, une guerre où tous les coups sont permis ! Tout cela délivré par des acteurs en verve : Isabelle Huppert (Marianne), Marina Foïs (Frédérique), Raphaël Personnaz (un mystérieux majordome), André Marcon (Guy) et évidemment Laurent Lafitte formidable en virevoltant, odieux et insupportable Fantin et couronné pour cela meilleur acteur aux récents César. On n’est pas obligé d’être fan des ultra-riches pour bien se divertir des rocambolesques aventures de cette femme très fortunée. (Bmaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMarcelMonsieurPagnol.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20945" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMarcelMonsieurPagnol-237x300.jpg" alt="Marcel Monsieur Pagnol" width="237" height="300" /></a><strong>MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL</strong><br />
Marcel Pagnol n’est pas heureux. Pire, il se sent vieux. Alors, enfermé dans son bureau, l’académicien bricole une machine au mouvement perpétuel et ronchonne : <em>« Ici, au moins, les lettres françaises me foutront la paix ! »</em> Un jour de 1956, il rencontre Pierre Lazareff. Le mythique patron de <em>France-Soir</em> est accompagné de son épouse Hélène qui dirige <em>Elle</em> et qui lui propose d’écrire un feuilleton littéraire pour son magazine. Pour raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours. En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, en version plus jeune de lui, apparaît soudain à ses côtés. Marcel Pagnol est alors au faîte de sa gloire et il va s’immerger dans ses riches souvenirs… Depuis le beau succès des <strong>Triplettes de Belleville</strong> (2003), on connaît le cinéma de Sylvain Chomet. Avec <strong>Marcel et Monsieur Pagnol</strong>, le cinéaste fait la part belle au plus grand conteur de tous les temps en lui offrant de devenir le héros de sa propre histoire. Cette aventure-là, c’est celle de la littérature, du théâtre et enfin du cinéma. Pour le petit Marcel, le vieil homme va se mettre à explorer sa vie et à revivre les plus belles rencontres et les plus beaux souvenirs. Reviennent ainsi la table familiale, un père pauvre mais honnête, une mère trop tôt disparue et un gamin en colère à qui la pratique de la boxe vaudra un nez cabossé. Voilà Pagnol prof d’anglais muté à Paris, vivant dans un hôtel de passe avec le moral dans les chaussettes. Un ami l’entraînera à une soirée où Pagnol rencontre Orane Demazis et tombe sous son charme… Contacté par deux producteurs pour confectionner quelques parties animées dans un documentaire sur Pagnol, Chomet a constaté que seules les séquences animées suscitaient l’intérêt. De là à écrire un biopic entièrement animé, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas… Réalisée pour la première fois en numérique, voici une aventure humaine dans laquelle on plonge avec un vrai plaisir tant le dessin est plaisant et l’animation élégante. Ensuite, il suffit de se laisser emporter, au gré des pièces de théâtre, des amours du maître ou de l’invention du cinéma parlant dans le sillage de personnages (forcément) truculents. On aime entendre le grondement de Raimu quand il déclare : <em>« Je vais te le faire ton boulanger cocu ! »</em> ou encore qu’avec le Marius de Pierre Fresnay, <em>« un Alsacien peut faire un bon Marseillais… »</em> On aime écouter aussi, avec l’accent, Pagnol (avec la voix de Laurent Lafitte) dire : <em>« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers… »</em> Voilà du cinéma qui fleure bon le soleil de la garrigue ! (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAValeurSentimentale.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20949" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAValeurSentimentale-230x300.jpg" alt="Valeur Sentimentale" width="230" height="300" /></a><strong>VALEUR SENTIMENTALE</strong><br />
Nous sommes dans les coulisses d’un grand théâtre, à quelques instants du lever de rideau. Dans sa loge, Nora Borg craque. Elle refuse d’entrer en scène. Dévorée par le trac, elle tente de quitter les lieux. On la rattrape. Enfin, Nora est dans la lumière. Le spectacle est lancé. Au terme de la représentation, Nora, radieuse, reçoit des ovations… L’art, la quête artistique, les artistes et leurs états d’âme, leurs faiblesses, leurs lâchetés sont au coeur, également, du sixième long-métrage de Joachim Trier, réalisateur dano-norvégien de 51 ans, venu dans la lumière en 2011 avec <strong>Oslo, 31 août</strong> tiré du <em>Feu follet</em>, le roman de Pierre Drieu la Rochelle. Alors que les amis sont réunis autour de Nora et d&rsquo;Agnès, à l’heure où leur mère vient de mourir, c’est bien Gustav Borg qui pousse la porte. Les deux sœurs ne le remarquent pas avant de se retrouver face à ce père, disparu depuis très longtemps. Agnès, la plus jeune des deux, serait plutôt heureuse de ce retour. Quant à Nora, elle est excédée par la présence de ce père toujours absent. Les deux sœurs ont pris des chemins de vie différents tout en restant proches l’une de l’autre. Nora a fait passer sa carrière d’actrice de théâtre avant tout le reste. La cadette, même si elle tint, enfant, un rôle dans l’un des films de son père, a opté pour un emploi plus sûr dans le milieu universitaire et a construit une vie de famille avec son mari et Erik, son jeune fils. Si Gustav Borg est de retour, c’est parce que ce cinéaste autrefois réputé mais aujourd’hui quasiment oublié, voudrait revenir sur le devant de la scène en tournant un nouveau film. Borg est décidé à obtenir de Nora qu’elle tienne le premier rôle dans cette production très personnelle mais celle-ci refuse frontalement et catégoriquement. Sur la plage de Deauville, Gustav Borg fait la connaissance de Rachel Kemp, une actrice hollywoodienne à laquelle il offre le rôle initialement destiné à Nora. Lorsque le tournage commence dans son pays natal, la Norvège, le cinéaste saisit l’occasion de se rapprocher de ses filles et de nouer des liens avec Erik, son petit-fils. Dans des décors scandinaves qui font immanquablement songer à l’univers de l’incontournable Ingmar Bergman (auquel il est clairement rendu hommage avec un plan « superposé » directement sorti de <strong>Persona</strong>), Joachim Trier construit une histoire où la demeure familiale est un microcosme pour observer le travail du temps, le pardon qu’on accorde ou pas, le legs affectif qu’on reçoit ou non de ses parents. D’une manière intense autant que limpide, Trier raconte comment la douleur et le chagrin se transmettent de génération en génération. L’émotion est alors pleinement au rendez-vous. Au-delà d&rsquo;une mise en scène fluide, Trier excelle à filmer ses acteurs. Renate Reinsve (Nora) est déchirée et fragile. Stellan Skarsgard est un père fiévreux et volontiers égoïste. Inga Ibsdotter Lilleaas est la silencieuse Agnès, la diplomate de la famille et son ciment. Quant à l&rsquo;Américaine Elle Fanning, elle se glisse avec aisance dans la peau d’une actrice hollywoodienne égarée dans l’univers d’un Borg pour laquelle elle n’était probablement qu’un pis-aller. (Memento)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAHommesPrésident.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20941" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAHommesPrésident-220x300.jpg" alt="Hommes Président" width="220" height="300" /></a><strong>LES HOMMES DU PRESIDENT</strong><br />
En juin 1972, cinq personnes entrent par effraction dans le quartier général du Parti démocrate, situé dans l&rsquo;immeuble du Watergate à Washington. Un gardien de la sécurité découvre une porte déverrouillée, refermée avec du ruban adhésif. La police, prévenue, se rend sur les lieux et arrête les cambrioleurs. Le lendemain de leur arrestation, le jeune journaliste Bob Woodward, du <em>Washington Post</em>, découvre que les cinq prévenus, quatre Cubains et James McCord, ancien agent du FBI et de la CIA, avaient un équipement pour placer des micros. Ils ont tous un lien avec la CIA, et ont le même avocat, refusant ceux qui ont été commis d&rsquo;office. Woodward relie les cambrioleurs à Howard Hunt, membre du Comité pour la réélection du Président et à Charles Colson, conseiller juridique de Richard Nixon, président des États-Unis sortant et candidat à l&rsquo;élection présidentielle de 1972. Woodward et Carl Bernstein, autre journaliste du <em>Post</em> qui s&rsquo;intéresse également à cette histoire, s&rsquo;associent pour enquêter sur cette affaire. Grâce à plusieurs témoignages de personnalités plus ou moins impliquées dans le scandale, ils vont remonter jusqu&rsquo;aux plus hautes sphères de la politique, dont le président Nixon. Réalisé en 1976 par Alan J. Pakula, <strong>All the President&rsquo;s Men</strong> (en v.o.) est sans doute l&rsquo;archétype du film de presse. A travers l&rsquo;enquête minutieuse menée par le tandem Woodward-Bernstein (qui aboutira à la démission de Nixon), ce véritable thriller politique illustre le pouvoir de la presse comme contrôle démocratique. Il montre également comment la rigueur journalistique peut mettre en lumière les abus de pouvoir et protéger les libertés publiques. Robert Redford (Woodward) et Dustin Hoffman (Bernstein) sont au meilleur de leur art dans ce film (présenté dans un steelbook, en édition limitée 4K Ultra HD) qui conserve toute son actualité à l&rsquo;ère des<em> fake news</em> et de la défiance entre les médias. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATarentuleVentreNoire.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20976" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATarentuleVentreNoire-187x300.jpg" alt="Tarentule Ventre Noire" width="187" height="300" /></a><strong>LA TARENTULE AU VENTRE NOIR</strong><br />
Maria Zani, une ravissante nymphomane, est sauvagement assassinée alors qu&rsquo;elle se prête à un massage dans un institut spécialisé… Le commissaire Tellini est chargé de l&rsquo;enquête. Il découvre rapidement que Madame Zani avait une aventure extra-conjugale et qu&rsquo;elle faisait aussi l&rsquo;objet d&rsquo;un chantage. Pour tenter à la fois d&rsquo;échapper aux soupçons sur son implication dans le meurtre de son épouse et découvrir la vérité, Paolo Zani embauche un détective privé qui découvre l&rsquo;identité du maître chanteur. Mais une seconde femme est assassinée dans des circonstances similaires et l&rsquo;enquête s&rsquo;emballe, mettant Tellini sur la piste d&rsquo;un tueur en série… Réalisé en 1971 par l&rsquo;Italien Paolo Cavara, connu pour son documentaire « à scandale » <strong>Mondo Cane</strong> (1962), <strong>La tarantola dal ventre nero</strong> (en v.o.) s’inscrit dans la grande tradition du<em> giallo</em>, ces thrillers angoissants tournés en série en Italie suite au succès de <strong>L’Oiseau au plumage de cristal</strong> de Dario Argento, sorti en 1970. Le cinéaste italien développe largement les aspects érotiques et violents du <em>giallo</em> en plaçant la question du refoulement sexuel au centre du récit. De plus, le modus operandi du tueur a de quoi glacer le sang puisqu&rsquo;il paralyse ses victimes avec une longue aiguille d&rsquo;acupuncteur avant de les éventrer… Servi par une belle photographie et la musique délicieusement morbide d’Ennio Morricone, le film repose sur une jolie distribution avec Giancarlo  Giannini qui campe Tellini, un flic fatigué de voir trop d&rsquo;horreurs, Stefania Sandrelli dans le rôle de son épouse et un trio de belles actrices souvent surnommées « James Bond girls », en l&rsquo;occurrence Claudine Auger, Barbara Bach et Barbara Bouchet. Dans les suppléments de ce beau coffret qui sort pour la première fois en Blu-ray et 4K Ultra HD, on trouve, avec <strong>Paralysie</strong> (27 mn), un entretien inédit avec Jean-François Rauger, critique de cinéma et directeur de la programmation à la Cinémathèque française qui explique : <em>« Ce qui singularise le giallo, c’est que le &laquo;&nbsp;comment&nbsp;&raquo; est plus important que le &laquo;&nbsp;pourquoi&nbsp;&raquo;. […] Les giallo sont des rituels, on met en scène des mises à mort. »</em> Par ailleurs, dans <strong>Le ventre blanc de Barbara</strong> (10 mn), l&rsquo;actrice Barbara Bouchet se souvient de son arrivée en Italie et des difficultés rencontrées à donner la réplique à des acteurs de nationalités différentes, puis évoque son retour sur le devant de la scène en 2002 grâce à Martin Scorsese dans <strong>Gangs of New York</strong>. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADisparitionJosefMengele.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20936" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADisparitionJosefMengele-191x300.jpg" alt="Disparition Josef Mengele" width="191" height="300" /></a><strong>LA DISPARITION DE JOSEF MENGELE</strong><br />
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Josef Mengele, celui que ses victimes au camp d’extermination d’Auschwitz surnommaient l’ « ange de la mort» parvient à s’enfuir en Amérique du Sud pour refaire sa vie dans la clandestinité. De Buenos Aires au Paraguay, en passant par le Brésil, Mengele va organiser sa méthodique disparition pour échapper à toute forme de procès. Dans<strong> La disparition de Josef Mengele</strong>, le cinéaste russe Kirll Serebrennikov suit au plus ce criminel de guerre notoire, toujours aux aguets, toujours en train de se fabriquer un personnage, persuadé que le Mossad est à ses trousses. Incarné par un August Diehl (<strong>Inglorous Basterds</strong> et bientôt <strong>Les rayons et les ombres</strong>) méconnaissable, Mengele est un monstre aux abois pour lequel Serebrennikov ne manifeste aucune compassion même s’il amène le spectateur, dans le dernier tiers du film, à entrer dans sa tête. Un type sinistre qui ne se considère pas du tout comme l’incarnation du Mal absolu. Ce film, adapté du livre éponyme du Strasbourgeois Olivier Guez, tourné dans un noir et blanc (volontairement) crade demande au spectateur de <em>« mettre le masque de Mengele sur lui-même pour comprendre que le chemin qui va de l’homme ordinaire au criminel et au sadique peut être très court. »</em> Il s’applique aussi à montrer que, comme le disait Sartre, l’enfer, c’est les autres, en l’occurrence, ici, tous ceux qui, en connaissance de cause, ont aidé, soutenu, caché Mengele, soit par fidélité aux thèses nazies, soit par l’appât du gain. Le spectateur, notamment avec une insoutenable séquence, à la manière d’un film amateur en couleurs, sur Mengele à l’oeuvre dans sa salle d’expérimentation d’Auschwitz, a le coeur au bord des lèvres. Mais <strong>La disparition…</strong> est probablement utile aujourd’hui, alors que d’aucuns remettent en cause la réalité de la Shoah. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmePortrait.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20940" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmePortrait-175x300.jpg" alt="Femme Portrait" width="175" height="300" /></a><strong>LA FEMME AU PORTRAIT</strong><br />
Paisible professeur de psychologie, Richard  Wanley, en se rendant, un soir, à son club, remarque le portrait d&rsquo;une femme dans la vitrine d&rsquo;un marchand d&rsquo;art. Cette toile le fascine immédiatement, notamment le joli modèle qui y est peint. Or quelques instants plus tard, Wanley rencontre la jeune femme du tableau. Elle se nomme Alice Reed et elle l&rsquo;invite à passer la soirée chez elle. Soudain un intrus surgit, agresse violemment Alice puis tente d’étrangler Wanley. Ce dernier, en état de légitime défense, tue l’agresseur avec une paire de ciseaux. Craignant les répercussions judiciaires, songeant que la médiatisation de l&rsquo;affaire pourrait ruiner sa vie familiale et sa carrière, Wanley décide de dissimuler le corps dans les bois… Commence alors une sorte de chasse à l&rsquo;homme dans laquelle le petit professeur va s&rsquo;enfoncer avec un certain cynisme, assistant, grâce à ses relations, à la recherche du meurtrier en compagnie des enquêteurs. Ayant fui l&rsquo;Allemagne nazie alors même que Goebbels voulait lui confier les rênes de l&rsquo;industrie cinématographique allemande, Fritz Lang, déjà célèbre pour <strong>Metropolis</strong> (1926) ou <strong>M le maudit</strong> (1931), s&rsquo;installe à Hollywood où il travaillera pas moins de vingt ans (1936-1956), réalisant 22 longs-métrages qui couvrent quasiment tous les genres du cinéma hollywoodien. <strong>The Woman in the Window</strong> (1944) est le neuvième film de cette période américaine et certainement l&rsquo;un des grands films noirs des années quarante, reposant sur une forte tension psychologique au service de thèmes comme la culpabilité et le voyeurisme. Au-delà de la solide interprétation d&rsquo;Edward G. Robinson (Wanley) et Joan Bennett (Alice Reed), le succès de ce film mâtiné d&rsquo;onirisme doit beaucoup à sa chute. Tout n’était qu’un cauchemar… Lorsque le professeur quitte son club, il est interpellé par une jeune femme. Son dernier mot sera : <em>« Non ! »</em> (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAALaVague.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20943" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAALaVague-176x300.jpg" alt="La Vague" width="176" height="300" /></a><strong>LA VAGUE</strong><br />
Pendant les manifestations féministes du printemps 2018 au Chili, Julia, étudiante en musique, s&rsquo;engage dans le mouvement au sein de son université. Le groupe de femmes attire ensemble l&rsquo;attention sur le harcèlement et les mauvais traitements généralisés dont souffrent nombre de leurs camarades étudiantes. Au milieu des manifestations, Julia danse et chante avec ses amies. Alors qu&rsquo;elle trouve le courage de partager avec les étudiantes un souvenir qui la hante, elle devient de manière inattendue une figure centrale du mouvement. Son témoignage, intime et complexe, devient une vague qui secoue, perturbe et désarme une société polarisée… Titulaire de l&rsquo;Oscar du meilleur film étranger pour <strong>Une femme fantastique</strong> (2017) dans lequel il donne le rôle principal à l&rsquo;actrice transgenre Daniela Vega, Sebastian Lelio est l&rsquo;une des figures de proue du cinéma chilien et aussi un cinéaste qui place les femmes au centre de son œuvre comme le montra aussi l&rsquo;excellent <strong>Gloria</strong> (2013). Avec cette <strong>Vague</strong>, qu&rsquo;il ne faut pas confondre avec <strong>La Vague</strong> (Die Welle), le film allemand (2008) de Dennis Gansel, étude expérimentale sur un régime autocratique, menée par un professeur d&rsquo;histoire, Lelio donne une manière de film manifeste qui prend les atours d&rsquo;un <em>musical</em>. En utilisant les sons de la vie quotidienne (tirs de gaz lacrymogène, sirènes, casseroles) comme percussions, créant une ambiance sonore immersive, le cinéaste met en scène une chorégraphie (imaginée par Ryan  Heffington) avec des numéros puissants, dont un haka féminin, pour illustrer la force et la solidarité des femmes&#8230; Une œuvre à l&rsquo;énergie communicative ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAEspionLeveToi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20937" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAEspionLeveToi-175x300.jpg" alt="Espion Leve Toi" width="175" height="300" /></a><strong>ESPION LÈVE-TOI</strong><br />
Agent secret français du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), Sébastien Grenier est en sommeil depuis huit ans. Il gère à Zurich une société fiduciaire et partage la vie d&rsquo;Anna Gretz, une Allemande, professeur de littérature comparée dont les idées d&rsquo;extrême-gauche sont clairement affichées. Un matin, Grenier apprend par la radio qu&rsquo;un agent du SDECE avec qui il avait rendez-vous, Alfred Zimmer, vient d&rsquo;être abattu dans un tramway par un commando des Brigades d&rsquo;action populaire, officine d&rsquo;extrême-gauche en activité à Zurich. Il reçoit par la poste l&rsquo;après-midi même le livre <em>Vingt Ans après</em> d&rsquo;Alexandre Dumas, marqué à la page 138, code par lequel il comprend qu&rsquo;il a été « réveillé » par ses supérieurs. Se présentant au rendez-vous convenu, il a la surprise d&rsquo;être abordé par un certain Jean-Paul Chance, maître des requêtes auprès du Conseil fédéral de Berne, qui se présente aussi comme étant agent des services secrets suisses. Très bien renseigné sur la vie de Grenier, Chance lui demande de remonter la filière « Zimmer » pour savoir par qui sont contrôlées les Brigades d&rsquo;action populaire, et menace de le faire arrêter pour espionnage en cas d&rsquo;insuccès. Surpris et inquiet de l&rsquo;ambiguïté de ce contact, Grenier lance vers sa base le code de procédure d&rsquo;urgence sous la forme d&rsquo;une petite annonce dans le <em>Tages-Anzeiger</em>. Là encore, c&rsquo;est Chance qui se présente au rendez-vous en se disant cette fois son officier traitant du SDECE… et lui faisant comprendre qu&rsquo;il l&rsquo;a « réveillé » en raison des contacts d&rsquo;Anna Gretz avec certains éléments des Brigades d&rsquo;action populaire. En 1982, Yves Boisset signe un solide thriller paranoïaque typique de la Guerre froide qui s&rsquo;affirmera comme un exemple marquant du cinéma d&rsquo;espionnage français des années 80. Dans la peau de Grenier, Lino Ventura, roc massif, incarne un type peu à peu déstabilisé qui ne sait plus si ses interlocuteurs sont des «amis » ou des « ennemis ». A ses côtés, on trouve des pointures comme Michel Piccoli, Bruno Cremer, Bernard Fresson, Heinz Bennent et la comédienne polonaise Krystyna Janda, une habituée du cinéma d&rsquo;Andrzej Wajda, dans le rôle d&rsquo;Anna Gretz. Une intrigue froide, tendue et efficace où tous les coups (bas) sont permis. Et Grenier finira mal… (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAALesBraises.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20944" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAALesBraises-184x300.jpg" alt="Les Braises" width="184" height="300" /></a><strong>LES BRAISES</strong><br />
Karine et Jimmy forment un couple de la quarantaine uni, toujours très amoureux après vingt ans de vie commune et deux enfants. Elle travaille dans une usine de conditionnement alimentaire, souvent soumise à des cadences infernales. Lui, chauffeur routier, s’acharne à faire grandir sa petite entreprise. Quand, à l&rsquo;occasion d&rsquo;une nouvelle hausse du prix des carburants routiers en France, surgit le mouvement des Gilets jaunes, Karine est emportée par la colère et l’espoir d’un changement. Ecoutant sa conscience sociale, Karine découvre la vie et la force du collectif. Mais à mesure que son engagement grandit, l’équilibre du couple vacille. Remarqué en 2021 avec <strong>Les promesses</strong> qui mettait en scène Isabelle Huppert et Reda Kateb dans le rôle d&rsquo;une maire de banlieue en fin de mandat et son directeur de cabinet, Thomas Kruithof se plonge, ici, dans une histoire sociale récente (et qui trouve, ces jours-ci, une actualité nouvelle!) qui tient à la fois un propos politique mais aussi romanesque dans la mesure où l&rsquo;engagement total de Karine se confronte à la désagrégation de son couple. Ce qui intéresse le cinéaste, c&rsquo;est d&rsquo;explorer comment le militantisme peut perturber la vie amoureuse et familiale tout en montrant la tension entre convictions personnelles et responsabilités familiales. Certainement l&rsquo;un des premiers films de fiction à mettre les mouvement des Gilets jaunes au coeur de son propos, <strong>Les braises</strong>, malgré une mise en scène manquant de puissance, soulève de bonnes questions sur l&rsquo;engagement citoyen, la politisation de l’intime ou la justice sociale, la répression policière et la montée de l’extrême droite. Avec beaucoup de conviction, Virginie Efira, incontournable dans le cinéma français, habite le personnage de Karine. A ses côtés, le comédien belge Arieh Worthalter, vu naguère dans<strong> Le procès Goldman</strong> pour lequel il a obtenu le César du meilleur acteur en 2024, est impeccable. (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAABonneEtoile.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20932" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAABonneEtoile-174x300.jpg" alt="Bonne Etoile" width="174" height="300" /></a><strong>LA BONNE ÉTOILE</strong><br />
En 1940, en France, Jean Chevalin vit avec sa famille dans une grande précarité après avoir déserté de l&rsquo;armée. La situation n’est plus tenable. Convaincu que « certains » s&rsquo;en sortent mieux, Chevalin a la brillante idée de se faire passer pour juif afin de bénéficier de la bienveillance (intéressée) des passeurs pour atteindre la zone libre. De malentendus en révélations, ce stratagème va entrainer sa famille dans ce grand périple qui déconstruira ses préjugés un à un… Comédien et réalisateur (on lui doit déjà <strong>Tête de Turc</strong> en 2010, <strong>Je compte sur vous</strong> en 2015 et <strong>On est fait pour s&rsquo;entendre</strong> en 2021), le Colmarien de naissance Pascal Elbé a écrit le scénario de ce film après avoir entendu <em>« une conversation dans un café où l’on évoquait une famille juive avec des propos teintés de stéréotypes »</em>, puis, plus tard, être tombé sur un livre, <em>Le nazi et le barbier</em>, d’Edgar Hilsenrath, un auteur juif allemand exilé aux États-Unis après la guerre. Film sur une période sombre de l&rsquo;Histoire de France, <strong>La bonne étoile</strong>, tourné essentiellement dans les Vosges, montre un pays entre médiocrité humaine, compromissions, petites lâchetés et silences complices. Du coup, Pascal Elbé trouve un ton très humaniste (et émouvant) pour évoquer un type maladroit qui tente de s&rsquo;arracher, comme il le peut, au chaos. Si la mise en scène est parfois un peu trop appliquée, les comédiens se chargent, ici, de donner de l&rsquo;âme à cette aventure intime. Il en va ainsi d&rsquo;Audrey Lamy, de Zabou Breitman, de Pascal Elbé dans le rôle de Sam Goldstein mais c&rsquo;est évidemment, dans le rôle de Jean Chevalin, Benoît Poelvoorde qui en impose. <em>« Benoît était un peu un fantasme,</em> dit le réalisateur, <em>pas seulement pour ce film, mais par rapport à mon envie de le rencontrer. Je n’écris jamais pour un acteur, par crainte d’être déçu, mais je n’ai pu m’empêcher de penser à lui dès l’écriture et de le mettre tout en haut de ma liste. Il a lu le script en 48 heures, il a adoré le projet et, en plus, il connaissait Edgar Hilsenrath ! (…). C’est un vrai cadeau qu’il m’a fait en rejoignant le projet. »</em> (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVieChateau.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20950" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVieChateau-198x300.jpg" alt="Vie Chateau" width="198" height="300" /></a><strong>LA VIE DE CHATEAU – MON ENFANCE A VERSAILLES</strong><br />
Après la mort de ses parents dans un attentat, Violette, huit ans et du caractère à revendre, quitte Paris pour Versailles. Elle y retrouve Régis, son oncle, agent d&rsquo;entretien au château, qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas vu depuis bien longtemps et qui s&rsquo;occupera désormais d&rsquo;elle. Les premiers contacts sont difficiles entre le géant bourru et la petite orpheline têtue qui refuse de lui parler et fugue dès qu’elle peut… Mais dans les coulisses dorées du Roi Soleil, ces deux solitaires vont peu à peu s’apprivoiser, apprendre à se connaître, et se découvrir une nouvelle famille… Réalisé par Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel Hlimi et sorti en 2025, <strong>La vie de château…</strong> est une production franco-luxembourgeoise qui reprend leur court-métrage éponyme de 2019 et qui constitue un habile remontage des six épisodes de la série toujours éponyme diffusée en 2024. Adapté d’un roman jeunesse, voici une œuvre d&rsquo;animation qui, à travers un regard d&rsquo;enfant, explore avec pudeur les thèmes du deuil, de l’attachement et de la reconstruction. Dans un style sobre, fluide et limpide, avec une ligne noire digne du travail d&rsquo;un Sempé, ce film distille une véritable émotion sans jamais céder au pathos. Ce récit intime et intense repose aussi sur des dialogues justes et une écriture d’une belle finesse. Une œuvre rare et un moment merveilleux ! (jour2fête)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmeFeu.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20938" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAFemmeFeu-188x300.jpg" alt="Femme Feu" width="188" height="300" /></a><strong>FEMME DE FEU</strong><br />
En 1870, dans une petite ville de l&rsquo;Utah. Dave Nash travaille pour Walt Shipley, un éleveur de moutons en guerre contre Ben Dickason et Frank Ivey, deux puissants propriétaires qui n&rsquo;entendent pas partager leurs pâturages avec le modeste Shipley. La rivalité entre les deux clans est d&rsquo;autant moins simple à gérer parce que Connie, la fille de Ben, s’est amourachée de Walt, l’ennemi de son père, alors que ce dernier lui destinait son partenaire Frank Ivey pour époux. Un soir, humilié par le camp adverse, Dave préfère renoncer à tout. Blessée dans son amour-propre, la jeune femme décide de tenir tête à son père comme au fiancé qu&rsquo;on lui destine. Elle demande à Dave de lui prêter main forte. Plutôt enclin à arriver à ses fins sans recourir à la violence, Dave va pourtant se retrouver au coeur d’un combat sans merci… <strong>Ramrod</strong> (en v.o.) qu&rsquo;il met en scène en 1947, est le premier western d&rsquo;André De Toth qui en tournera une douzaine dont six avec le seul Randolph Scott, emblématique acteur de western. Mais, ici, c&rsquo;est un autre westerner, Joel McCrea (également en tête d&rsquo;affiche du <strong>Juge Thorne fait sa loi</strong>, ci-dessous) qui incarne le séduisant Dave Nash. Né en Hongrie en 1912, fils d’un officier des Hussards, De Toth entre dans l’industrie cinématographique dans son pays natal en tournant quelques films à la fin des années trente. Touche-à-tout, il sera tour à tour scénariste, monteur, acteur puis assistant réalisateur. Après un bref passage par l&rsquo;Angleterre où son compatriote Alexander Korda le fait travailler notamment sur quelques séquences du <strong>Livre de la jungle</strong>, il part pour les USA où il s&rsquo;illustrera dans les genres en vigueur dans le cinéma hollywoodien : film d&rsquo;aventures, film noir, film de guerre, film d&rsquo;espionnage et bien sûr le western. Avec <strong>Femme de feu</strong>, De Toth a la chance de pouvoir filmer en décors naturels et aussi de mettre en scène une aventure où une femme est le moteur de l&rsquo;intrigue. Le cinéaste choisit pour incarner Connie, son épouse de l&rsquo;époque, Veronica Lake, qui n&rsquo;aura pas d&rsquo;autre occasion d&rsquo;apparaître dans un western. Mais sa beauté et en particulier sa coiffure très caractéristique laissant retomber une mèche blonde sur un œil, feront bientôt d&rsquo;elle une figure emblématique du cinéma hollywoodien classique. Même si le film -longtemps considéré comme disparu- contient son lot de violences, son scénario est plutôt alambiqué tandis que la mise en scène manque de nerf. Ce qui n&rsquo;est pas l&rsquo;avis de Martin Scorsese qui salua <em>« un western cynique et macabre, qui conserve une fraîcheur étonnante. »</em> (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARireCouteau.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20946" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARireCouteau-188x300.jpg" alt="Rire Couteau" width="188" height="300" /></a><strong>LE RIRE ET LE COUTEAU</strong><br />
Ingénieur environnemental portugais, Sergio se rend en Guinée-Bissau pour expertiser l&rsquo;impact écologique de la construction d&rsquo;une route forestière. Il conduit un vieux véhicule qui soulève une nuée de sable. Le véhicule tombe en panne. Il continue à pied. À son arrivée, il ressent une certaine pression: ses collègues lui conseillent de boucler rapidement son rapport. Il apprend aussi que son prédécesseur, un ingénieur italien, a mystérieusement disparu. Sur place, Sergio rencontre également Diara qui tente de gagner sa vie avec un resto-buvette, et son ami, Gui, un Brésilien qui s&rsquo;habille en femme. Ce drôle de couple anime les nuits de Bissau. Bisexuel, Sergio se lie intimement avec Diara (Cleo Diara) et Gui (Jonathan Guilherme)&#8230; Le cinéaste portugais Pedro Pinho signe, avec <strong>O riso et a faca</strong> (en v.o.), son cinquième film qui a, tour à tour, les allures d&rsquo;un thriller, d&rsquo;un film de survie, d&rsquo;une histoire d&rsquo;amour et même d&rsquo;un documentaire. Dans cette odyssée postcoloniale de 325 minutes dans sa version originale, on reste dans les pas de Sergio venu pour une mission et qui se plonge surtout au coeur d&rsquo;une population, qu&rsquo;elle soit locale ou non, fréquentant des boîtes de nuit, faisant la fête et tentant de coucher avec une fille et/ou un garçon de rencontre… Film sur la solitude de Sergio (Sergio Coragem), sur les désirs, sur les rapports Nord-Sud, sur le sexe, <strong>Le rire et le couteau</strong> prend parfois des tours étranges, ainsi dans une séquence où des membres blancs d&rsquo;une ONG viennent visiter les latrines qu&rsquo;ils ont fait installer dans un village guinéen. Mais il y a aussi, dans ce travail hybride, de beaux moments de respiration lorsque le film s&rsquo;attache à des gens vivant au bord du fleuve… Sélectionné à la section Un Certain regard au Festival de Cannes 2025, <strong>Le rire et le couteau</strong> a valu à Cleo Diara le prix d&rsquo;interprétation féminine. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJugeThorneFaitLoi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20942" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJugeThorneFaitLoi-188x300.jpg" alt="Juge Thorne Fait Loi" width="188" height="300" /></a><strong>LE JUGE THORNE FAIT SA LOI</strong><br />
Juge itinérant, Rick Thorne sillonne l&rsquo;Ouest américain pour rendre la justice. Il arrive dans la petite ville de Bannerman, au pied des Rocheuses et s&rsquo;installe pour quelques jours afin d’examiner les dossiers du shérif et du procureur. Fils du puissant propriétaire terrien Josiah Bannerman (qui a carrément donné son nom à la ville), Tom Bannerman a tué un homme lors d’une altercation. Sans ouvrir d&rsquo;enquête, le shérif a immédiatement classé l’affaire comme un cas de légitime défensee. Suspectant une manipulation, Thorne exige que le meurtrier soit traduit en justice. Il constate rapidement que tant le shérif Bell que le procureur Streeter ont décidé de ne lui apporter aucune aide… En 1955, Jacques Tourneur (1904-1977) tourne <strong>Stranger on Horseback</strong> (en v.o.), l&rsquo;un des nombreux westerns qui ont jalonné la carrière du réalisateur français longtemps installé aux Etats-Unis. Il y retrouve Joel McCrea qu&rsquo;il avait déjà dirigé en 1950 dans <strong>Stars in my Crown</strong>. Dans le rôle de Thorne, McCrea fait ce qu&rsquo;il faut pour faire éclater la vérité et appliquer la justice dans un environnement où le pouvoir local domine. Au travers du personnage intègre et persévérant d&rsquo;un juge qui refuse de se laisser influencer par des intérêts privés, le film explore la tension entre la loi impartiale et l’influence des grandes fortunes locales. En évoquant le rôle des juges itinérants au cours de la Conquête de l &lsquo;Ouest, le film met donc aux prises un grand propriétaire terrien (John McIntire) et sa tribu avec un homme solitaire mais droit. <strong>Le juge Thorne fait sa loi</strong> (un titre français imprécis car Thorne ne fait justement pas sa loi) doit enfin beaucoup à la prestation de l&rsquo;imposant Joel McCrea, parfait en charismatique magistrat parfois contraint de protéger sa vie… Dans les suppléments, une présentation du film par le critique Noël Simsolo et un livret rédigé pat Jean-François Giré. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChronologyWater.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20933" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChronologyWater-187x300.jpg" alt="Chronology Water" width="187" height="300" /></a><strong>THE CHRONOLOGY OF WATER</strong><br />
Jeune femme marquée par des maltraitances, y compris sexuelles, au sein de sa famille puis par des abus, des excès et des addictions aux drogues et à l&rsquo;alcool, Lidia Yuknavitch va peu à peu trouver un mode d&rsquo;expression à travers l&rsquo;écriture et sa voie en tant que sportive avec la natation. Elle devient finalement enseignante, mère et une écrivaine moderne et singulière. Inspiré (librement) des mémoires de Lidia Yuknavitch publiée en 2011 sous le même titre (<em>La mécanique des fluides</em>), ce premier passage derrière la caméra de Kristen Stewart n&rsquo;est pas un récit traditionnel avec une succession de scènes, mais une succession de fragments d’images, de phrases, de souvenirs et de sensations, traduisant une difficulté d’être. Avec <strong>The Chronology of Water</strong>, la comédienne devenue star avec la saga <strong>Twilight</strong> (2008-2012) et qu&rsquo;on devrait voir dans le prochain film de Quentin Dupieux, explore comment la littérature devient un moyen de guérison et de reprise de voix face à la violence domestique et à l’inceste. Ce drame autobiographique conçu comme un poème visuel se concentre sur les moments clés de la vie de Lidia (incarnée par la remarquable Imogen Poots), de l’enfance à l’âge adulte, sans montrer explicitement les traumatismes mais en révélant leurs effets… Un maelström d&rsquo;images qui invite à la réflexion sur la violence domestique et la résilience. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATourGlace.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20948" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATourGlace-176x300.jpg" alt="Tour Glace" width="176" height="300" /></a><strong>LA TOUR DE GLACE</strong><br />
Dans les années 1970, la star Cristina van der Berg participe au tournage de l&rsquo;adaptation du conte fantastique <em>La Reine des neiges</em> d&rsquo;après Hans Christian Andersen dans lequel elle joue le rôle principal. Jeanne, une orpheline adolescente, qui a fui son foyer de haute montagne, n&rsquo;ayant nulle part où dormir, se réfugie dans ce qu&rsquo;elle pense être un hangar abandonné. Mais elle découvre qu&rsquo;il s&rsquo;agit de studios de tournage. Entre l&rsquo;énigmatique comédienne et la jeune fille, une relation inattendue se noue. D&rsquo;autant plus que <em>La reine des neiges</em> est le conte fétiche de Jeanne. Cependant, celle-ci ne se doute pas qu&rsquo;un piège se referme sur elle. Une relation intense et toxique s’installe entre Jeanne et l’actrice, mêlant fascination, emprise et ambiguïté entre réalité et fiction. Jeanne finit par obtenir un rôle sur le tournage, ce qui renforce son lien avec la reine des neiges, tant dans le film qu’en dehors… Présenté en compétition officielle à la Berlinale 2025 (où il remporta l&rsquo;Ours d&rsquo;argent de la meilleure contribution artistique) <strong>La tour de glace</strong> est une drame fantastique réalisé par Lucile Hadzihalilovic. La cinéaste française a été remarquée en 2004 avec <strong>Innocence</strong> dans lequel jouait déjà Marion Cotillard qui incarne, ici, le personne de Cristina puis, une dizaine d&rsquo;années plus tard, avec <strong>Evolution</strong>, autre film fantastique. A propos des sources d&rsquo;inspirations du film, la réalisatrice a noté : <em>« Nous avons beaucoup pensé à L&rsquo;Esprit de la ruche (1973) de Víctor Erice, qui transfigure la réalité à travers le regard d&rsquo;une jeune fille. Et nous avons essayé de faire de même : embellir et styliser, découvrir ce monde à travers le regard de la jeune fille en rendant le banal un peu plus enchanté. »</em> De fait, <strong>La tour de glace</strong> est une œuvre résolument en marge de la production française, jouant sur la frontière floue entre le monde réel et le décor de cinéma, explorant les thèmes de l’emprise adulte sur l’adolescent, la fascination pour les personnages magiques et les dangers de l’adultère. Au côté de Marion Cotillard, Clara Pacini (dans son premier rôle au cinéma) se glisse dans la peau d&rsquo;une adolescente en quête de repères. Un film beau et très formaliste qui mêle la poésie et le sentiment d&rsquo;un cauchemar auquel il est impossible d&rsquo;échapper… (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAASiege.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20947" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAASiege-201x300.jpg" alt=" Siege" width="201" height="300" /></a><strong>SIEGE</strong><br />
Lors d&rsquo;une grève de la police, un groupuscule de dangereux crétins fascistes essaye d&rsquo;imposer de nouvelles règles aux habitants d&rsquo;Halifax en Nouvelle-Écosse. Ils tentent d&rsquo;effrayer des gays et des lesbiennes dans un bar, mais ils tuent accidentellement le propriétaire de l&rsquo;établissement. Le leader du groupe décide alors d&rsquo;exécuter tous les témoins du drame. Cependant un homme réussit à échapper à l&rsquo;hécatombe et se réfugie dans un quartier résidentiel… Sorti en 1983 sous le titre original <strong>Self Defense</strong>, <strong>Siège</strong> est un film canadien réalisé par Paul Donovan et Maura O&rsquo;Connell pour lequel les deux réalisateurs ont puisé dans la réalité. En 1981, Halifax fut frappé par une grève de la police, les fonctionnaires réclamant de meilleurs salaires et des conditions de travail plus acceptables. Des revendications qui conduisirent à un situation de chaos marquée par des pillages. Donovan et O&rsquo;Connell ont largement mis l&rsquo;accent sur les débordements de dégénérés massacrant tout le monde dans un bar gay. Daniel, le seul survivant, parvient à se réfugier chez un couple de jeunes aveugles qui vont tenter de lui sauver la mise tandis qu&rsquo;une troupe de mabouls homophobes et armés jusqu&rsquo;aux dents met la ville à feu et à sang. Sous la forme d&rsquo;un thriller de survie, une série B qui tape fort dans l&rsquo;hécatombe. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACreaturesCimetiere.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20934" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACreaturesCimetiere-212x300.jpg" alt="Creatures Cimetiere" width="212" height="300" /></a><strong>LA CRÉATURE DU CIMETIÈRE</strong><br />
Dans la petite ville de Gate Falls, près de Castle Rock, le propriétaire d&rsquo;une vieille usine de textile située à côté d&rsquo;un cimetière décide d&rsquo;engager quelques ouvriers pour nettoyer le sous-sol, encombré d&rsquo;un bric-à-brac et envahi par les rats. Mais l&rsquo;un des travailleurs, effrayé par quelque chose, trébuche et périt broyé dans une machine. John Hall, nouveau venu dans la ville, est engagé pour remplacer le défunt. Il travaille avec l&rsquo;équipe de nuit et fait la connaissance d&rsquo;un singulier dératiseur, Tucker Cleveland, vétéran de la guerre du Viêt Nam. Bientôt, un autre ouvrier est tué dans le sous-sol, après quoi Warwick, un contremaître carrément sadique, crée une unité armée de lances à incendie pour dégager le sous-sol. En plus du nettoyage proprement dit des locaux, Warwick attend des ouvriers qu&rsquo;il le débarrasse des rats. Il confie cette tâche à Tucker, mais celui-ci est tué. Hall trouve une trappe dans le sous-sol, où il pense que les rats se reproduisent. Les ouvriers et Warwick s&rsquo;y rendent et trouvent une autre salle remplie de vieux équipements. Un des travailleurs y découvre un avant-bras humain. De peur, il tente de monter l&rsquo;escalier pourri qui s&rsquo;effondre sous lui, et il est attaqué par un énorme monstre mutant. Consacré « roi de l&rsquo;horreur » de la littérature moderne, Stephen King a été fréquemment adapté au grand écran. Souvent avec succès (<strong>Carrie</strong>, <strong>Shining</strong>, <strong>Misery</strong>), parfois moins. En 1990, le producteur Ralph S. Singleton signe, avec <strong>Graveyard Shift</strong> (en v.o.) son unique réalisation qui sort en version remastérisée. Il adapte une courte nouvelle (<em>Poste de nuit</em>) de King et l&rsquo;enrichit de quelques personnages pour pouvoir boucler un long-métrage. Dans des décors plutôt réussis, on plonge dans un univers clos où règnent les rats mais aussi une créature bien plus imposante, plus dangereuse et très vorace. La menace est réelle et le film tire ainsi son épingle du jeu en distillant une bonne angoisse… (Sidonis Calysta)</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20952</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LA FEMME DÉSESPÉRÉMENT AMOUREUSE ET LA JEUNE LESBIENNE COMBATTIVE</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20846</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20846#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 14 Feb 2026 16:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20846</guid>
		<description><![CDATA[NUAGES FLOTTANTS Après la défaite japonaise, Yukiko Koda, dactylographe sans le sou, retourne à Tokyo, pendant l&#8217;hiver 1946 dans l’espoir de renouer avec Tomioka, un homme marié avec qui elle a vécu une intense histoire d’amour en Indochine pendant la Seconde Guerre mondiale. Si d&#8217;abord leurs retrouvailles ravivent les braises de cette ancienne passion qui [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANuagesFlottants.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20840" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANuagesFlottants-192x300.jpg" alt=" Nuages Flottants" width="192" height="300" /></a>NUAGES FLOTTANTS</strong><br />
Après la défaite japonaise, Yukiko Koda, dactylographe sans le sou, retourne à Tokyo, pendant l&rsquo;hiver 1946 dans l’espoir de renouer avec Tomioka, un homme marié avec qui elle a vécu une intense histoire d’amour en Indochine pendant la Seconde Guerre mondiale. Si d&rsquo;abord leurs retrouvailles ravivent les braises de cette ancienne passion qui les hante, il s&rsquo;en faut de beaucoup pour que le sombre et indécis Kengo Tomioka choisisse de divorcer et d&rsquo;abandonner son épouse pour partager les espoirs de Yukiko. Luttant pour survivre dans une société dévastée, la jeune femme tente de se reconstruire. Elle prend brièvement un GI pour compagnon puis retrouve Iba, l&rsquo;homme qui fut son premier amant et qui serait tout disposé à la reprendre avec lui. Mais c&rsquo;est pour reconquérir Tomioka que Yukiko est prête à jeter toutes ses forces dans la bataille. Même si elle affirme qu&rsquo;elle a commencé à oublier le paradis que fut l&rsquo;Indochine, Yukiko est certaine que même s&rsquo;il semble toujours lui échapper, Tomioka est l&rsquo;homme de sa vie… C&rsquo;est en 1955 que Mikio Naruse réalise <strong>Nuages flottants</strong>, adaptation d’un roman de Fumiko Hayashi (1903-1951) qui relate les relations chaotiques d’une femme et d’un homme qui n‘arrivent pas à se trouver. Considéré comme l’un des trois plus grands films japonais du 20e siècle par la revue de référence nippone <em>Kinema Junpo</em> (aux côtés des <strong>Sept Samouraïs</strong> de Kurosawa et de <strong>Voyage à Tokyo</strong> de Ozu), <strong>Nuages flottants</strong> parle, avec une magnifique sensibilité mais sans aucune mièvrerie, de sujets universels comme la passion et le souvenir. Contemporain de grands cinéastes comme Ozu, Kurosawa, Mizoguchi ou Kobayashi, Naruse (1905-1969) est souvent (et très injustement) resté dans leur ombre. A la tête d&rsquo;un filmographie de près de 90 œuvres datant de la fin du muet aux années 60, Mikio Naruse signait des histoires touchant à l’essence même de la nostalgie amoureuse, le tout avec une forte économie d&rsquo;effets et une grande efficacité dramatique. <strong>Nuages flottants</strong> s&rsquo;ouvre ainsi sur des séquences qui alternent, avec une impressionnante fluidité et une permanente mélancolie, deux temps, celui du Tokyo dévasté de l&rsquo;immédiat après-guerre et celui, baignant dans une euphorie sentimentale, de l&rsquo;Indochine française… Dans une mise en scène épurée et avec un superbe couple d&rsquo;acteurs ((Hideko Takamine est Yukiko et Masayuki Mori Tomioka), voici une romance déchirante qui sort, pour la première fois en Blu-ray dans une nouvelle restauration 4K. Yukiko vit la solitude des femmes modernes dans une relation qui, dans un lancinant mouvement sans progrès, se renoue pour toujours se défaire. La fin de <strong>Nuages flottants</strong> est d&rsquo;une bouleversante beauté. Dans les suppléments, on peut voir la présentation du film à Cannes Classics 2025 (8 mn) en présence de Shion Komatsu (Toho Global), Koji Fukada (cinéaste), Vincent Paul-Boncour (Carlotta Films) et Gérald Duchaussoy (Cannes Classics). <strong>Paradis perdu</strong> (28 mn) est un entretien inédit avec Pascal-Alex Vincent, cinéaste et enseignant à l’Université Sorbonne Nouvelle &#8211; Paris 3 qui dit : <em>« Nuages flottants, c’est l’histoire d’une dépendance amoureuse toxique. Elle s’accroche à cet homme qui ne cesse de se dérober et qui sème la mort. »</em> Enfin dans <strong>Fumiko Hayashi – Chronique d&rsquo;un vagabondage</strong> (27 mn), Corinne Atlan, traductrice du roman <em>Nuages flottants</em> de Fumiko Hayashi, revient sur la vie, l’œuvre et le style de son autrice. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAPetiteDerniere.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20843" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAPetiteDerniere-181x300.jpg" alt=" Petite Derniere" width="181" height="300" /></a><strong>LA PETITE DERNIÈRE</strong><br />
Dans la salle de bain du petit appartement de ses parents, quelque part dans une banlieue, Fatima accomplit ses ablutions rituelles. Alors que le jour se lève, couverte d’une voile, la jeune fille fait sa prière avant de rejoindre sa mère et ses deux grandes sœurs pour manger des crêpes au chocolat et rigoler des choses de la vie. Sur un site de rencontres, sous le pseudonyme de Linda, Fatima fixe un rendez-vous à une femme. Tandis que Fatima ne fait qu’écouter, cette femme lui explique, assez crûment, des choses à apprendre. Dans un bar, sous un autre pseudonyme, Fatima drague encore, un peu moins timidement, une fille. Comme elle souffre d’asthme, Fatima participe à une session dirigée par un pneumologue. C’est là qu’elle croise Ji-Na, une jeune infirmière d’origine coréenne. Entre les deux jeunes femmes, un fort sentiment amoureux prend forme… Après <strong>Tu mérites un amour</strong> (2019) et <strong>Bonne mère</strong> (2021), Hafsia Herzi réussit le beau portrait d’une jeune femme qui s’émancipe de sa famille et de ses traditions. Et qui se met à questionner son identité. Comment concilier sa foi avec ses désirs naissants mais puissants. Mais l’amour lesbien est-il soluble dans l’islam ? En s’appuyant sur le roman éponyme de Fatima Daas, paru en 2020, la cinéaste raconte l’itinéraire d’une jeune femme mal à l’intérieur : <em>« Pour autant, elle ne se cherche pas, elle sait qui elle est et par qui elle est attirée sexuellement. Mais elle ressent de la culpabilité par rapport à sa religion, à sa famille et à elle-même. Je pense qu’elle ne s’aime pas vraiment. Elle est dans une dualité; à la fois mal à l’aise avec son homosexualité et totalement désireuse de la vivre pleinement. »</em> Au fil des saisons, sur une année, la cinéaste suit au plus près -en multipliant les gros plans- cette Fatima tiraillée dont le mot « lesbienne » déclenche l’agressivité. Car il lui fait entendre ce qu’elle est mais n’est pas totalement encore prête à être. En posant le mot, c’est comme si le secret s’effondrait. Ecartelée entre tradition et modernité, Fatima est dans une quête douloureuse mais demeure combattive, résiliente et surtout digne. Hafsia Herzi donne un film rare sur une femme lesbienne, arabe et musulmane. Elle a trouvé, avec la débutante Nadia Melliti, une actrice (couronnée du prix d’interprétation au dernier festival de Cannes) superbe. Et l&rsquo;on voit naître le sourire de Fatima. C’est beau ! (Ad Vitam)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAABumpkinSoup.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20824" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAABumpkinSoup-187x300.jpg" alt="Bumpkin Soup" width="187" height="300" /></a><strong>BUMPKIN SOUP</strong><br />
Ayant quitté sa campagne natale, la jeune Aki débarque dans une université de Tokyo où est inscrit Yoshioka, le garçon dont elle est amoureuse depuis le lycée. Sur le campus, tout en partant à la recherche de Yoshioka (qui ne semble pas faire grand cas d&rsquo;elle), elle rencontre une galerie d’étranges personnages : des intellectuels blasés, des étudiants obsédés par le sexe et un professeur de psychologie, plutôt déjanté, à la recherche d’une improbable théorie sur la honte… En 1985, Kiyoshi Kurosawa n&rsquo;est pas encore le prolifique cinéaste japonais remarqué et fêté jusqu&rsquo;en Occident, auteur de <strong>Cure</strong> (1997), <strong>Kaïro</strong> (2001), <strong>Tokyo Sonata</strong> (2008) ou le récent <strong>Cloud</strong> (2025). A ses débuts, il est embauché par la Nikkatsu qui veut réactiver sa production déclinante de<em> pinku eiga</em> (film rose), genre cinématographique combinant narration et érotisme. En 1983, il tourne son premier long métrage, <strong>Kandagawa Wars</strong>, une histoire d&rsquo;échanges sexuels de part et d&rsquo;autre d&rsquo;une rivière. Mais le manque de scènes érotiques déplaît à la compagnie japonaise et n&rsquo;attire pas le public nippon. La Nikkatsu décide de ne pas distribuer son film suivant, <strong>Joshi dasei: Hazukashii seminar</strong>, car il ne correspond pas aux critères du genre et aux conventions du <em>pinku eiga</em>. Vexé, Kurosawa demande alors à la société des réalisateurs indépendants de racheter les droits du film qui sort, remonté, sous le titre de <strong>Bumpkin Soup</strong> (<strong>The Excitement of the DoReMiFa Girl</strong> en v.o.). Evoluant souvent à la limite de l’absurde et parfois du n&rsquo;importe quoi, le film est un mélange foutraque d’influences, allant du cinéma japonais de la fin des années 1960, en particulier Seijun Suzuki et Nagisa Oshima, jusqu’aux Nouvelles vagues française et tchèque. Disponible pour la première fois en Blu-ray, <strong>Bumpkin Soup</strong> est un curieux film <em>pink</em> alliant humour, récit d’apprentissage et comédie musicale, Kurosawa expérimentant son travail sur le son et la musique.. Dans les suppléments, on trouve un essai vidéo de Jerry White (12mn) dans lequel l&rsquo;auteur du livre <em>Kiyoshi Kurosawa: Master of Fear</em> se penche sur <strong>Kandagawa Wars</strong> et <strong>Bumpkin Soup</strong>, les deux premiers films <em>pink</em> du réalisateur. On peut voir également l&rsquo;entretien (15 mn) mené avec Yoriko Doguchi qui fut, dans les années 80, la jeune égérie du photographe Kishin Shinoyama. Elle se souvient avec émotion de sa première collaboration avec Kiyoshi Kurosawa et de son partenaire de jeu, Juzo Itami. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAJeunesseWangBing.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20833" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAJeunesseWangBing-213x300.jpg" alt="Jeunesse Wang Bing" width="213" height="300" /></a><strong>JEUNESSE – LA TRILOGIE DE WANG BING</strong><br />
Wang Bing, 58 ans, est l&rsquo;une des figures remarquables du cinéma chinois, connu pour ses impressionnants documentaires. Ainsi, de 1999 à 2003, travaillant seul et vivant dans un vieux quartier industriel de Shenyang, il filme et enregistre avec une caméra Digital Video (DV), la vie des ouvriers d&rsquo;un quartier qui va bientôt être détruit du fait d&rsquo;une réforme municipale. Ainsi naît le long documentaire <strong>A l&rsquo;ouest des rails</strong> (trois parties, plus de 9 heures de projection) unique dans l&rsquo;histoire du cinéma chinois indépendant. Le cinéaste va, à nouveau, s&rsquo;attacher, avec <strong>Jeunesse</strong>, à une fresque monumentale sur la Chine contemporaine dont <em>Le Monde</em> a dit que c&rsquo;était <em>« un véritable monument élevé à la classe ouvrière »</em>. Tourné sur une durée de cinq ans dans les ateliers textiles de la ville manufacturière de Zhili, à 150 km de Shanghai et découpé en trois volets (<strong>Le printemps</strong>,<strong> Les tourments</strong> et <strong>Retour au pays</strong>), <strong>Jeunesse</strong> aborde des problématiques cruciales du monde contemporain : tensions sociales, inégalités, corruption ou rapports de forces au sein du monde du travail, pour mieux soulever à travers elles des questions comme celles de l’intimité, de la famille, du vieillissement ou de la transmission. Dans <strong>Jeunesse (Le printemps)</strong> (215 mn), on voit de nombreux jeunes affluant de toutes les régions rurales traversées par le fleuve Yangtsé. Entre eux, les amitiés et les liaisons amoureuses se nouent et se dénouent au gré des saisons, des faillites et des pressions familiales. Dans <strong>Jeunesse (Les tourments)</strong> (226 mn), les histoires individuelles et collectives se succèdent dans les ateliers textiles de Zhili, plus graves à mesure que passent les saisons. Du haut d’une coursive, un groupe d’ouvriers observe leur patron endetté frapper un fournisseur. Dans un autre atelier, le patron a décampé. Les ouvriers se retrouvent seuls, spoliés du fruit de leur travail. Hu Siwen raconte les émeutes de 2011, à Zhili : la violence policière, l’enfermement et la peur. Après d’âpres négociations, les ouvriers rentrent chez eux célébrer le Nouvel An&#8230; Enfin, dans <strong>Jeunesse (Retour au pays)</strong> (152 mn), le Nouvel An approche et les ateliers textiles de Zhili sont quasi déserts. Les quelques ouvriers qui restent peinent à se faire payer avant de partir. Des rives du Yangtsé aux montagnes du Yunnan, tout le monde rentre célébrer la nouvelle année dans sa ville natale. Dans les suppléments de ce coffret de trois Blu-ray, on trouve notamment une conversation avec Wang Bing par Olivier Père (6 mn / 37 mn), un extrait de la remise du prix Jean Vigo 2025 (5 mn), le livret exclusif (80 pages) qui réunit trois grands entretiens avec le cinéaste et trois analyses de spécialistes de la société chinoise. Enfin, en option inédite, un mode de visionnage alternatif des trois films sous forme sérielle, découpés en 23 épisodes. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAOui.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20842" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAOui-184x300.jpg" alt=" Oui" width="184" height="300" /></a><strong>OUI</strong><br />
Aux accents de <em>Be my lover</em>, Y. anime une soirée aussi luxueuse que déjantée où se mêlent les ultra-riches de Tel Aviv et des militaires de l’état-major de Tsahal en uniforme. L’alcool coule à flots, la drogue circule et Y., musicien de jazz, fait le pitre jusqu’à finir le nez dans un bassin. Où on le laisserait bien se noyer, si son épouse Jasmine ne venait pas le repêcher. Le couple finira sa nuit dans une magnifique villa, largement décorée d’oeuvres d’art contemporain, à sucer, de concert, les oreilles d’une femme âgée… Y. et Jasmine, danseuse et professeur de danse hip-hop, luttent pour une survie pure et simple passant par la vente de leur art, de leur âme et de leur corps à l’élite de Tel Aviv. Un jour, Y. se voit confier une mission de la plus haute importance, la mise en musique d’un nouvel hymne national aux paroles belliqueuses. Ecrit en trois chapitres (<strong>La belle vie, Le chemin et La nuit</strong>), <strong>Oui</strong> n’est assurément pas une œuvre de tout repos. Dans un pays traumatisé, les personnages imaginés par Nadav Lapid s’agitent comme des insectes déroutés qui se tapent la tête contre des portes fermées et se disent que la soumission est la seule vérité du temps. Voix discordante du cinéma israélien, Lapid montre aujourd’hui «<em> quelqu’un qui choisit de ramper pour arriver à se faufiler dans l’ouverture de la porte avant qu’elle ne se ferme. »</em> En compagnie de Leah, son ex-petite amie, Y. fait le chemin vers la frontière. Au loin, dans le sourd grondement des armes, une épaisse fumée noire s’élève au-dessus de Gaza. A bord de la voiture, Leah égrène l’effrayante litanie des hommes, des femmes, des enfants assassinés du 7 octobre. Tragédie musicale et fable bordélique, <strong>Oui</strong> ne fait pas dans la nuance, ni dans la mesure. Y. (Ariel Bronz) et Jasmine (Efrat Dor) sont emportés dans un tourbillon sur lequel semble régner ce Russe, homme le plus riche du monde, capable de faire pousser un gratte-ciel dans le désert en quelques secondes, mais en servant d’une… télécommande pourrie ! Un film hystérique et « malade » mais audacieux et saisissant qui scrute l’effroi du monde post-7 octobre. Et dont on sort étourdi et épuisé… (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAMoiQuiTaimais.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20838" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAMoiQuiTaimais-160x300.jpg" alt=" Mo iQui T'aimais" width="160" height="300" /></a><strong>MOI QUI T&rsquo;AIMAIS</strong><br />
Sacrée aventure amoureuse que celle de Simone Signoret et d’Yves Montand ! Elle l’aimait plus que tout, il l’aimait plus que toutes les autres. Sept ans après l’oubliable <strong>Ma mère est folle,</strong> Diane Kurys propose une plaisante illustration de ce vrai sous-genre cinématographique qu’est le <em>biopic</em>. Le point de départ pour la cinéaste, c’est Simone Signoret. La femme, l’actrice. <em>« Il y a quelque chose de fascinant chez elle,</em> dit Diane Kurys, <em>une force, une détermination, mêlées à une sorte de fragilité, de vulnérabilité. Avant de commencer à écrire, elle me semblait à la fois impressionnante et un peu pathétique. Les bons personnages sont toujours faits de ces contrastes. Ce sont leurs ombres qui définissent leurs contours, comme les frontières de certains pays inconnus. »</em> On entre donc dans les vies foisonnantes de deux monstres sacrés alors que Signoret travaille de moins en moins et boit de plus en plus tandis que Montand surfe sur les succès et aligne les conquêtes. Le film enchaîne les scènes où Signoret, occupée à un tricot, fait répéter Montand tandis que celui-ci lui reproche : <em>« C’est de ta faute si tu ne tournes pas… »</em> et que l’autre souffle : <em>« Personne ne veut plus de moi»</em> ou celle où le couple évoque, à l’occasion d’un voyage en URSS (où les gens ont une profonde tristesse dans le regard) les désillusions de son engagement à gauche. Le balancement lancinant entre ces deux sentiments que sont l&rsquo;amour et la détestation traverse tout le film. Mais Diane Kurys s’attache quand même davantage à cette Simone Kaminker, née en 1921 à Wiesbaden dans une famille d’origine juive polonaise devenue Signoret, fabuleuse de beauté dans <strong>Casque d’or</strong> (1952) de Jacques Becker. <strong>Moi qui t’aimais</strong> montre, au-delà de l’alcool, des cigarettes, des rides, des kilos en trop, une femme en souffrance. Quand elle sent la fin venir, elle confie à Serge Reggiani, l’ami de toujours : <em>« La vraie Simone, elle a eu peur toute sa vie. »</em> Voici du cinéma classique et propre où, comme souvent c’est l’interprétation qui fait la différence. Parfois juste, parfois moins, Roschdy Zem en Montand nous laisse un peu sur notre faim. Ce n’est pas le cas de Marina Foïs qui éclaire littéralement sa Simone Signoret en l’habitant pleinement. Cheveux gris, veste en laine ou gilet noir sur chemise blanche, Signoret est là, dans l’attente de son Montand toujours en vadrouille, professionnelle et sentimentale. (Pan Européenne)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAADeuxPianos.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20828" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAADeuxPianos-205x300.jpg" alt="Deux Pianos" width="205" height="300" /></a><strong>DEUX PIANOS</strong><br />
Après une longue période passée à se produire et à enseigner au Japon, Mathias Vogler, pianiste virtuose, est de retour en France. Il revient à Lyon où l’attend Elena, elle aussi, musicienne de grand talent, qui fut autrefois son professeur. Celle-ci tient à ce que Vogler reprenne une carrière de soliste et l’accompagne notamment dans ses prochains concerts à l’Auditorium de Lyon. Après une réception chez Elena, Vogler croise, au sortir de l’ascenseur de l’immeuble, une jeune femme blonde. Leurs regards se croisent. La jeune femme s’éloigne. Mathias Vogler est pris de malaise et s’effondre au sol… Revenu à lui et bouleversé, Mathias ne sait plus à quel saint se vouer, d’autant qu’il se pose aussi nombre de questions sur les choix à faire pour sa carrière. En se promenant dans un parc, le pianiste croise Simon, un petit garçon. Pétrifié, il le regarde jouer sous la surveillance de sa nounou. Le gamin fait une chute, se blesse légèrement. Vogler le suit tandis que sa gardienne l’emmène chez le pharmacien. De retour au domicile de sa mère, le musicien fouille dans les boîtes contenant des photos de son enfance. Le gamin croisé dans le parc lui ressemble comme deux gouttes d’eau. La rencontre avec ce double plonge Mathias dans une frénésie qui menace de le faire sombrer. Pire, elle le mènera à Claude, son amour de jeunesse. Loin du Nord, qui est le terreau de nombre de ses œuvres, Arnaud Desplechin, dans un mélodrame de l’intime, s’attache à des êtres en souffrance. C’est évidemment le cas de Vogler qui navigue entre ses regrets (une carrière précoce, l’exil et l’enseignement, reprendre les concerts, ou l’avenir plus terne de chef de chant) avant de déposer les armes aux pieds de Claude. C’est vrai aussi pour cette femme qui avait deux amants, qui est tombée enceinte très jeune et a décidé d’avoir un enfant sans plus se poser de questions. Effrayée par elle-même, elle s’est jetée dans les bras du hasard et a laissé le destin choisir à sa place. C’est vrai encore pour l’arrogante Elena qui décide de rendre les armes… Le cinéaste les observe au plus près, interrogeant aussi la liberté que l’on peut avoir ou pas dans les sentiments. Desplechin fait sienne, la phrase de Judith, l’amie de Claude : <em>«Le malheur, c’est une perte de temps»</em>. Enfin, il se penche, avec émotion et tendresse, sur le lien qui unit Mathias et le petit Simon… Loin de son D’Artagnan flamboyant, François Civil est, ici, tout en retenue et en silences, un artiste et un père en quête de résilience. Autour de lui, on retrouve avec plaisir autant Charlotte Rampling (Elena) que Nadia Tereszkiewicz (Claude), Alba Gaïa Bellugi (Judith) ou encore Hippolyte Girardot en agent et ami… (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANino.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20839" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANino-188x300.jpg" alt=" Nino" width="188" height="300" /></a><strong>NINO</strong><br />
Nous sommes vendredi. Nino apprend brutalement qu&rsquo;il a un cancer de la gorge. Lundi, il commencera sa chimiothérapie: <em>« Vous êtes jeune, donc prioritaire »</em> lui a-t-on dit. Dans trois jours, Nino devra donc affronter une grande épreuve. D’ici là, les médecins lui ont confié deux missions dont celle de congeler ses spermatozoïdes pour préserver l’espoir d’une future parentalité, alors qu’il risque de devenir stérile, lui qui n&rsquo;avait jamais réfléchi à devenir parent. Des impératifs qui vont mener le jeune homme à travers Paris, le pousser à refaire corps avec les autres et avec lui-même. Premier long-métrage de Pauline Loquès, <strong>Nino</strong> suit le parcours d’un jeune homme de 29  ans, complètement chamboulé par une nouvelle bouleversante, à travers Paris, où il se retrouve confronté à la réalité de sa maladie, à la difficulté d’annoncer la nouvelle à ses proches et à la quête d’un sens à sa vie. Nino essaye d&rsquo;en parler autour de lui mais comment annoncer aux gens qui comptent pour vous que vous avez un cancer… Au fil des rencontres de Nino avec sa mère (Jeanne  Balibar), son ex-petite amie, ses amis (William  Lebghil, Estelle  Meyer), et d’autres personnages, le film explore la solitude, la découverte de soi et l’espoir face à l’inévitabilité de la maladie.  Présenté à la Semaine de la critique à Cannes 2025, <strong>Nino</strong> a valu à son interprète principal, Théodore  Pellerin, le Fondation Louis Roederer Rising   Star Award pour sa remarquable prestation. La réalisatrice qui a imaginé son film à la suite de la perte d&rsquo;un proche terrassé dans la force de l’âge, donne, malgré un certain nombre de défauts ou de maladresses, le bon et sobre récit d&rsquo;un drame intime au coeur d&rsquo;une ville mouvante qui, malgré la foule, brasse aussi de multiples solitudes. Comment Nino va, peut-être renouer avec la vie car, malgré l&rsquo;angoisse, il est question, ici, de vivre pleinement les trois jours restants et surtout de garder l&rsquo;espoir… (jour2fête)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAALaPetite.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20835" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAALaPetite-212x300.jpg" alt=" La Petite" width="212" height="300" /></a><strong>LA PETITE</strong><br />
Dans un des bordels du quartier chaud de Storyville à La Nouvelle Orélans en 1917, Violet, 12 ans, assiste à l’accouchement de Hattie, sa mère. Un jour, débarque Bellocq, un jeune photographe, qui arrache à Madame Nell, la patronne, l’autorisation de venir tous les jours dans sa maison close, photographier ses sujets favoris : les prostituées. Violet est jalouse lorsqu&rsquo;il s&rsquo;occupe de sa mère et des autres filles. Mais bientôt, Bellocq réussit à amadouer la fillette qui va s&rsquo;éprendre de lui… Dans les années 60-70, Louis Malle est un cinéaste qui aligne les succès (<strong>Viva Maria</strong> avec BB et Jeanne Moreau), les films d&rsquo;auteur (<strong>Le feu follet</strong>, <strong>Le voleur</strong>), les documentaires (<strong>Calcutta</strong> et <strong>L&rsquo;Inde fantôme</strong>) et&#8230; les scandales. En 1971, il raconte dans <strong>Le souffle au coeur,</strong> une histoire d&rsquo;amour incestueux. La polémique est de taille. Elle le sera encore plus, en 1974, lorsque Malle signe <strong>Lacombe Lucien</strong> qui, en juin 1944, questionne l&rsquo;héroïsme de l&rsquo;engagement au regard du hasard des circonstances. Las des polémiques, Louis Malle décide de quitter la France pour les Etats-Unis. De 1978 à 1986, il y tournera sept films avant de revenir, en France, tourner le magnifique <strong>Au revoir les enfants</strong>. Parti à Hollywood pour échapper au scandale, le cinéaste y retombe pleinement avec cette Violet qui avance, droite et têtue, vers le métier de prostituée. Si la situation est glauque, le film est tout autre. D&rsquo;abord Malle réussit à faire de ce bordel vu par le regard de Violet, un lieu séduisant par une superbe photographie signée Sven Nykvist, collaborateur habituel de Bergman. Et puis le cinéaste brosse, avec l&rsquo;aide de la jeune Brooke Shields, le brillant et fascinant portrait d&rsquo;une femme-enfant prise dans une étrange relation tant avec sa mère (Susan Sarandon qui fut l&rsquo;épouse de Louis Malle) qu&rsquo;avec Bellocq (Keith Carradine), un artiste inspiré par le photographe américain Ernst J. Bellocq (1873-1949), spécialiste des photos de nus dans le quartier rouge de New Orleans. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAParfumSortilège.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20877" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAParfumSortilège-187x300.jpg" alt="Parfum Sortilège" width="187" height="300" /></a><strong>PARFUM D&rsquo;UN SORTILÈGE</strong><br />
Sous une pluie battante, une jeune femme suicidaire escalade la rampe d&rsquo;un pont et se jette dans l&rsquo;eau. Témoin de la scène, Esaka, qui sortait d&rsquo;une soirée dans un bar avec ses amis, se précipite dans les flots pour la sauver. Après l’avoir emmenée chez lui, il apprend que la dénommée Akiko s’est enfuie de son foyer pour échapper à un mari violent. Esaka décide de l’héberger le temps qu’elle se relève de cette épreuve. Mais il tombe rapidement sous le charme de sa protégée tout en découvrant que l’histoire de cette dernière est plus complexe qu’il n’y paraît… Réalisé en 1985, <strong>Parfum d’un sortilège</strong> marque la collaboration prestigieuse entre la Directors Company, influent collectif de réalisateurs nippons qui marqua les années 1980, et le studio japonais Nikkatsu, célèbre pour sa gamme Roman Porno. Trois ans avant leur classique <strong>Evil Dead Trap</strong>, le duo formé par le réalisateur Toshiharu Ikeda (<strong>La vengeance de la sirène</strong> en 1984) et le scénariste Takashi Ishii (la série des <strong>Angel Guts</strong>) donne un film noir sulfureux mêlant drame, thriller et éléments érotiques (les images sont floutées), illustrant la tension entre protection, désir et les secrets que cache Akiko. En supplément de ce <strong>Parfum…</strong> présenté dans une nouvelle restauration 2K et inédit en Blu-ray, on trouve un entretien (23 mn) avec Shozo Ichiyama, directeur de la programmation du Tokyo International Film Festival, qui revient sur le fonctionnement et la renommée de l’éphémère Directors Company, avant de parler des films de Toshiharu Ikeda et de son scénariste Takashi Ishii. Par ailleurs, dans un essai vidéo (16 mn), Matthew E. Carter, maître de conférences en cinéma, analyse la relation existant entre la société de production indépendante Directors Company et le phénomène provocateur Roman Porno qui permit à la Nikkatsu de renflouer ses finances, de reconstruire ses studios, en jouant la carte de récits érotiques souvent jugés obscènes et qui valurent à la société différents procès mais également de capter l&rsquo;attention par sa contestation face à la résignation politique japonaise. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAClasseMoyenne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20827" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAClasseMoyenne-189x300.jpg" alt="Classe Moyenne" width="189" height="300" /></a><strong>CLASSE MOYENNE</strong><br />
Avocat à Paris, Philippe Trousselard possède une superbe demeure dans le midi de la France. C’est là, au bord de la piscine ou dans son jardin, qu’il passe l’été. C’est aussi là que débarque Mehdi, avocat en devenir et petit ami de Garance Trousselard, la fille unique et gâtée de ses parents. Mais l’été ne va pas être de tout repos. Car l’évier de la luxueuse cuisine des Trousselard est bouché. Philippe sollicite Tony Azizi qui assure, avec sa femme Nadine, le gardiennage de la villa. Et qu’importe si Tony, Nadine et leur fille Marylou sont en train de fêter le vingtième anniversaire de cette dernière. Quand Philippe demande, on s’exécute. En tentant de réparer, Tony se retrouve recouvert, de la tête aux pieds, d’un liquide sombre et collant qui n’est assurément pas de l’eau. C’est la goutte de… qui fait déborder le vase. Les Azizi décident de rendre leur tablier. Et de réclamer leurs indemnités de départ. Mais Philippe les a toujours payé au black… Tout va rapidement s’envenimer. On est sans doute allé vite en besogne en comparant <strong>Classe moyenne</strong> avec le très applaudi et très réussi <strong>Parasite</strong> (2019) du Coréen Bong Joon-ho qui valut à son réalisateur la Palme d’or à Cannes. Même si, dans le film d’Antony Cordier aussi, il en va de riches et de pauvres. Qui vont s’affronter dans un duel de moins en moins feutré. Parce qu’avec de grosses sommes en jeu, les patrons comme les employés sont décidés à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Mehdi, « l’ancien pauvre » va bien tenter de mener la négociation à bien mais… Semée de bonnes notations sur le pouvoir de l’argent, voici une belle satire avec d’un côté des nantis odieux ou à côté de leurs pompes, de l’autre, des gens modestes qui se révèlent féroces. Au départ, tant Philippe Trousselard apparaît comme un solide abruti, on est en empathie avec les Azizi. Mais, force sera de constater qu’ils na valent guère mieux. Laurent Laffite (Philippe), Elodie Bouchez (Laurence), Ramzy Bedia (Tony), Laure Calamy (Nadine), Sami Outalbali (Medhi), Noée Abita (Garance) et Mahia Zrouki (Marylou) sont savoureux. On passe un « bon » moment en… famille. (Arcadès)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAMeteors.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20837" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAMeteors-203x300.jpg" alt=" Meteors" width="203" height="300" /></a><strong>METEORS</strong><br />
Mika, Daniel et Tony sont trois amis qui font la fête, boivent et fument, discutent de tout et rien. Afin de quitter la région et la ville de Saint-Dizier où ils tournent en rond, Mika et Daniel rêvent de monter un chenil à La Réunion. Tony gère une entreprise de sous-traitance dans le BTP qui fait des chantiers pour un organisme de gestion des déchets nucléaires. Mika travaille à mi-temps dans un Burger King tandis que Daniel ne travaillle pas. Tout bascule lors d&rsquo;un coup raté, au sortir d&rsquo;une soirée très arrosée, qui fait perdre à Mika son permis de conduire et sa voiture, et envoie Mika et Daniel en garde à vue puis devant une juge en comparution immédiate. Une crise d&rsquo;épilepsie durant l&rsquo;audience fait découvrir à Daniel l&rsquo;état de dégradation de sa santé. L&rsquo;avocate de Mika et Daniel leur explique qu&rsquo;ils doivent faire leurs preuves dans les six mois avant l&rsquo;audience de jugement : ils doivent se désintoxiquer et trouver du travail. Tony accepte de les embaucher dans son entreprise. On avait découvert Hubert Charuel en 2017 lors de la sortie de <strong>Petit paysan</strong> qui annonçait des films « régionaux » comme <strong>Vingt dieux</strong> ou <strong>La pampa</strong>. Fils d&rsquo;un couple d&rsquo;agriculteurs et ayant travaillé dans le secteur de l&rsquo;élevage laitier avant de s&rsquo;orienter vers des études de cinéma, le cinéaste racontait le drame d&rsquo;un paysan (l&rsquo;excellent Swann Arlaud) découvrant que son troupeau est malade. Le film décrocha trois César en 2018 : meilleur premier film, meilleur acteur et meilleure actrice dans un second rôle pour Sara Giraudeau. Depuis, on avait perdu Hubert Charuel de vue. On le retrouve, ici, co-réalisant avec Claude Le Pape, ce <strong>Météors</strong> qui s&rsquo;intéresse à la trajectoire de trois copains inséparables qui ont plein de rêves, pas beaucoup de chance et qui s&rsquo;abiment, inertes, dans des galères à répétition. Si les trois comparses ont d&rsquo;abord l&rsquo;air de s&rsquo;amuser dans des coups foireux mais pas bien méchants, ils vont déchanter et lorsqu&rsquo;ils partent travailler, grâce à Tony, dans un site d’enfouissement de déchets nucléaires, l&rsquo;angoisse qui se dégage de ces lieux n&rsquo;a rien à envier à la dégringolade de ces potes qui tentent de sortir de la stagnation et de la dépendance. Idir Azougli (Daniel), récompensé d&rsquo;un César de la meilleure révélation masculine, Salif Cissé (Tony) et Paul Kircher (Mika) portent ce film social réaliste sans tomber dans le misérabilisme. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAPremieresClasses.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20844" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAPremieresClasses-173x300.jpg" alt=" Premieres Classes" width="173" height="300" /></a><strong>PREMIERES CLASSES</strong><br />
En Ukraine, maintenir les écoles ouvertes est devenu un acte de résistance. Sur la ligne de front ou dans des zones plus reculées, l’apprentissage continue malgré les alertes, les coupures d’électricité et les menaces constantes. Depuis février 2022 et l&rsquo;invasion par la Russie, les Ukrainiens ne se sont pas résignés à baisser la tête, ni les bras. Les écoles du pays suivent leurs cours, comme le montre le documentaire de Kateryna Gornostai qui filme, entre primaire et en secondaire, le quotidien bouleversé des jeunes élèves comme de leurs enseignants. Présenté en compétition officielle à la Berlinale 2025, <strong>Premières classes</strong>, sans jamais montrer des images du front ou, plus généralement, des combats, révèle combien la guerre use, depuis quatre ans maintenant, des adultes, des adolescents et des enfants. La guerre est devenue un environnement aussi quotidien que banal, rythmé par les sirènes d&rsquo;alerte qui interrompent tout, contraignant régulièrement enseignants et élèves à se réfugier dans des abris souterrains. On voit aussi des gamins apprenant à faire la différence entre un jouet et une peluche piégée par un explosif tandis que les plus grands apprennent à manier les armes ou à pratiquer les gestes de premiers secours. Dans des salles de classe qui ont élu domicile dans des caves, des sous-sols, des stations de métro, Kateryna Gornostai raconte la résilience ukrainienne. Un témoignage précieux où chaque image raconte la ténacité et la dignité face au chaos. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAKaamelott.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20834" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAKaamelott-171x300.jpg" alt="Kaamelott" width="171" height="300" /></a><strong>KAAMELOTT – DEUXIÈME VOLET – PREMIÈRE PARTIE</strong><br />
Après la chute de Lancelot, le roi Arthur ne se sent pas prêt à reprendre le trône ni à poursuivre la quête du Graal. Les dieux, en colère contre son refus d’éliminer Lancelot, le poussent à réorganiser la Table Ronde. Le refus obstiné d&rsquo;Arthur précipite le Royaume de Logres à sa perte. Il réunit ses Chevaliers, novices téméraires et vétérans désabusés, autour de la Nouvelle Table Ronde et les envoie prouver leur valeur aux quatre coins du Monde, des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent. Lancelot, de son côté, est hanté par son père et entraîné dans la magie noire. Réalisé, écrit, interprété, monté et mis en musique par Alexandre Astier, ce film est la suite du film <strong>Kaamelott : premier volet</strong> (2021) qui rencontra un beau succès dans les salles avec 2,6 millions de spectateurs Sur les écrans en octobre 2025, ce <strong>Deuxième volet, première partie</strong> (qui rassembla un peu plus d&rsquo;un million de spectateurs) est divisé, on l&rsquo;a deviné, en deux parties distinctes, tournées simultanément, avec une sortie espacée d’un peu plus d’un an, <strong>Kaamelott : Deuxième volet, partie 2</strong>, étant attendu pour 2026. Mais bien entendu, à l&rsquo;origine de toute cette aventure cinématographique, il y a l&rsquo;excellente série télévisée éponyme diffusée sur M6 de janvier 2005 à octobre 2009 et qui nous mit en joie, dans ses premiers formats très courts, avec sa vision drolatique et décalée de la légende arturienne. Evidemment, le passage sur grand écran guettait ! S&rsquo;il dispose de gros moyens de production, d&rsquo;un beau casting (Alexandre Astier, Christian Clavier, Alain Chabat, Audrey Fleurot, Lionnel Astier, Virginie Ledoyen, Anne Girouard, Jean‑Christophe Hembert, Guillaume Galienne, Clovis Cornillac, Redouane Bougheraba), d&rsquo;une bande musicale brillante, de dialogues pleins de gouaille, le film ne retrouve pas l&rsquo;humour absurde de la série originale. Au total, voici un exemple d&rsquo;<em>héroic fantasy</em> à la française avec une petite touche <strong>Seigneur des anneaux</strong> qui peine à trouver son rythme&#8230; C&rsquo;est dommage et frustrant. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAChien51.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20826" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAChien51-201x300.jpg" alt="Chien 51" width="201" height="300" /></a><strong>CHIEN 51</strong><br />
Patron d’Alma, une société d&rsquo;IA dont les programmes sont déployés dans tous les services de police, Kessel est abattu alors qu’il rentre chez lui. Branle-bas de combat dans la capitale. Tous les services sont sur les dents. Le ministre de l’Intérieur promet une résolution rapide de l’affaire. Flic fatigué et insomniaque, Zem Brecht, fonctionnaire dans la zone 3, est mis sur le dossier d’autant que les morts violentes se succèdent. Bientôt, Zem va être « verouillé ». Plus question d’enquêter. On lui colle dans les pattes, une certaine Salia Malberg, flic d’élite oeuvrant dans la zone 2, qui reprend l’affaire. Mais sans réussir à avancer beaucoup plus qu’un Zem qui regarde, avec un rien d’ironie, sa « collègue » se démener comme elle peut dans une histoire qui a tout du parfait bourbier… Connu pour ses deux grands succès que furent <strong>Bac Nord</strong> (2021) et <strong>Novembre</strong> (2022), Cédric Jimenez adapte le roman de Laurent Gaudé pour un thriller dystopique dans le Paris de 2045, désormais coupée en trois zones correspondantes aux classes sociales. Dans un univers crépusculaire qui fait souvent penser à celui de <strong>Blade runner</strong>, <strong>Chien 51</strong> s’intéresse d’abord à un de ces flics quasiment à la dérive que le cinéma apprécie souvent. Zem Brecht a tout vu, tout bu, tout lu. Toujours en retard au boulot, on ne lui en fait pas spécialement grief parce qu’on sait bien que c’est un bon. D’autant plus que l’assassinat de Kessel ressemble de plus en plus à un complot dans lequel un certain John Mafram (Louis Garrel) semble avoir un rôle majeur. Pour la résolution de cette histoire, Zem (Gilles Lellouche) aura bien besoin de l’aide du commandant Malberg (Adèle Exarchopoulos), une cabossée de la vie comme lui. Autour de ces deux personnages, Cedric Jimenez organise une aventure qui a le mérite de ne jamais se relâcher en multipliant les pistes. Pourtant, cette dystopie qui met face à face l’humain et la machine IA, ne parvient pas vraiment à nous emballer. Comme si, curieusement, on avait déjà vu tout ça. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANuitReflexion.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20841" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAANuitReflexion-195x300.jpg" alt=" Nuit Reflexion" width="195" height="300" /></a><strong>UNE NUIT DE RÉFLEXION</strong><br />
Au milieu des années cinquante, quatre illustres personnages se croisent dans une chambre d&rsquo;hôtel de New York. A aucun moment, leurs noms ne sont prononcés pendant le récit. Il y a là un professeur à la coiffure hirsute, une actrice blonde, son époux un joueur de base-ball et enfin un sénateur qui s&rsquo;illustra tristement dans la « chasse aux sorcières » à Hollywood à l&rsquo;heure de la Guerre froide. On n&rsquo;aura guère de mal à reconnaître Albert Einstein, l&rsquo;homme de E=Mc2, l&rsquo;iconique Marilyn Monroe, Joe DiMaggio, l&rsquo;une des légendes de base-ball et le sinistre Joseph McCarthy. Quatre personnages qui se retrouvent dans un huis‑clos élégant où les dialogues intimes et troublants sur l’amour, le sexe, le pouvoir, la politique, la physique quantique, la bombe atomique et les traumatismes de l’enfance, révèlent leurs fragilités et contradictions. En 1986, le cinéaste britannique Nicolas Roeg (1928-2018) est au milieu de sa carrière de metteur en scène lorsqu&rsquo;il tourne <strong>Insignifiance</strong> (en v.o.), une sorte de jeu de miroirs qui explore une rencontre improbable entre quatre personnages mythiques, à différents titres. Deux d&rsquo;entre elles se découvrent plus en commun qu&rsquo;elles n&rsquo;auraient pu l&rsquo;imaginer. Avant de passer à la réalisation, Nicolas Roeg connut une belle carrière de directeur de la photographie, oeuvrant notamment auprès de Roger Corman (<strong>Le masque de la mort rouge</strong>), François Truffaut (<strong>Farenheit 451</strong>) ou John Sclesinger (<strong>Loin de la foule déchaînée</strong>). En venant au cinéma comme metteur en scène, Roeg cultiva l&rsquo;image d&rsquo;un auteur singulier et déroutant proposant une déconstruction narrative aussi théâtrale que cérébrale. De quoi, évidemment dérouter un spectateur contraint de réarranger les éléments du récit pour en saisir la ligne narrative… Mais ce travail, certes inégal, a aussi un côté fascinant. Et on peut aussi se raccrocher aux comédiens: Michael Emil en Einstein, Theresa Russell en star, Gary Busey en vedette des New York Yankees et Tony Curtis, tout à fait brillant dans la peau de McCarthy. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAHistoiresFantomesChinois.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20831" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAHistoiresFantomesChinois-214x300.jpg" alt="Histoires Fantomes Chinois" width="214" height="300" /></a><strong>HISTOIRES DE FANTÔMES CHINOIS</strong><br />
C&rsquo;est en 1988 que sort le premier volet de <strong>Histoires de fantômes chinois</strong> dans lequel le réalisateur Ching Siu-tung raconte l&rsquo;histoire de Ning, un inspecteur des impôts un peu timide, qui doit se rendre dans des campagnes reculées pour faire son travail. Lors de l&rsquo;une de ses habituelles tournées, il passe la nuit dans le temple Lan Jou. Il rencontre le taoïste Yen et Hsiao-tsing, une femme mystérieuse. Celle-ci est en fait un fantôme séduisant les hommes pour les offrir à son maître l&rsquo;arbre démon. Avec Tsui Hark comme producteur au sein de la Film Workshop, Ching Siu-tung réinvente le film de fantômes avec ce qui deviendra une trilogie en faisant le remake de <strong>L&rsquo;ombre enchanteresse</strong>, un film hongkongais réalisé par Li Han-hsiang et sorti en 1960. En 1990, le second volet, toujours avec Leslie Cheung (<strong>Adieu ma concubine</strong>, <strong>Happy Together</strong>) dans le rôle de Ning, met en scène quatre combattants se retrouvant pris dans une guerre entre un magicien et un général corrompu. Enfin, en 1993, cette trilogie (qui sort dans une belle édition limitée Blu-ray, restaurée 4K Ultra HD) s&rsquo;achève avec un dernier volet où Fong (Tony Leung, prix d&rsquo;interprétation masculine à Cannes 2000 pour<strong> In the Mood for Lov</strong>e de Wong Kar-wai) et son maître s&rsquo;arrêtent au temple Lan Jou pour passer la nuit. Ce temple est le repaire du démon Lao-lau qui se nourrit de l&rsquo;énergie vitale des hommes. Alors que son maître part combattre les démons, Fong rencontre Lotus, un fantôme à la solde de Lao-lau. Sur fond de romance et de duels, on retrouve, ici, le charme d&rsquo;un genre rythmé et virevoltant qui a toujours ses fans. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAASignesExterieursRichesse.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20845" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAASignesExterieursRichesse-204x300.jpg" alt=" Signes Exterieurs Richesse" width="204" height="300" /></a><strong>SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE</strong><br />
Jacques Lestrade alias Gigi est un vétérinaire playboy. Il est très riche, il a une très grosse voiture, un très grand appartement luxueux, il fréquente le Tout-Paris et il plaît aux jolies filles. Il a confié la gestion de ses finances à son ami Jérôme Bouvier, qui se prétend « expert en comptabilité ». Tout va bien jusqu’au jour où débarque Béatrice Flamand, une jeune mais redoutable inspectrice des impôts. Jolie comédie mordante du début des années 1980, mise en scène par Jacques Monnet, <strong>Signes extérieurs…</strong> scrute avec humour et ironie les comportements et les excès d’une société obsédée par l’argent et le paraître, mêlant situations absurdes et dialogues piquants. À travers ce ton à la fois caustique et populaire, le film aborde des thèmes universels – l’avidité, les rivalités sociales, les petites lâchetés quotidiennes – tout en offrant un regard acéré sur la France de l’époque. Pétulante figure du cinéma français, Josiane Balasko s’impose depuis plus de quarante ans comme une actrice majeure, à la fois populaire et moderne. Révélée au sein de la troupe du Splendid, elle développe très tôt un jeu instinctif, une liberté de ton qui la conduisent à incarner des personnages puissants, souvent en marge, toujours profondément humains. Actrice, scénariste et réalisatrice, elle défend un cinéma audacieux, généreux, souvent impertinent, mais toujours profondément ancré dans le réel. Toujours active à 75 ans (on l&rsquo;a vu dans <strong>Quand vient l&rsquo;automne</strong> de François Ozon) Josiane Balasko a connu de belles années 80, période clé de son parcours. Elle incarne, ici, une inspectrice des impôts qui ne s&rsquo;en laisse pas conter auprès de Claude Brasseur (Gigi) et Jean-Pierre Marielle (Bouvier). En supplément, une interview (8 mn) de Josiane Balasko. Amusant. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAALesKeufs.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20836" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAALesKeufs-204x300.jpg" alt=" Les Keufs" width="204" height="300" /></a><strong>LES KEUFS</strong><br />
Inspecteur de police, Mireille Molyneux a l&rsquo;habitude de se travestir pour infiltrer le milieu du proxénétisme et traquer sans relâche les souteneurs. Elle finit ainsi par arrêter Charlie, un mac violent. Désireuse d&rsquo;aider une jeune prostituée qui veut s&rsquo;en sortir, Mireille ignore qu&rsquo;ayant été placée sous le coup d&rsquo;une fausse accusation de corruption, elle est étroitement surveillée par ses collègues de l&rsquo;Inspection générale des services (IGS)… Réalisé en 1987 par Josiane Balasko, <strong>Les keufs</strong>, sa seconde réalisation après <strong>Sac de nœuds</strong> (1985) est une comédie policière aux dialogues colorés, qui se joue des codes du polar et de la satire pour brosser le portrait d’une police du quotidien, loin des figures héroïques ou idéalisées. À sa sortie, le film séduit par son audace et son irrévérence : tout en gardant le ton caustique qui la caractérise, Josiane Balasko y dénonce l’abus d’autorité, les solides clichés racistes ou encore le sexisme. Elle forme un duo attachant avec Isaach de Bankolé, tandis que Jean-Pierre Léaud est hilarant en commissaire de police hystérique. Et on a plaisir à retrouver, ici, Ticky Holgado au coeur d&rsquo;un gag récurrent où il en prend plein la figure. Avec le recul, <strong>Les keufs</strong> peine à surprendre. En supplément, une interview la réalisatrice-comédienne (15 min). (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAGraineYakuza.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20830" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAGraineYakuza-187x300.jpg" alt="Graine Yakuza" width="187" height="300" /></a><strong>GRAINE DE YAKUZA</strong><br />
Père de deux garçons, un yakuza échoue lors d&rsquo;une mission et doit payer un tribut afin de prouver sa loyauté envers les autres familles de yakusas. Pour cela, il doit tuer son fils aîné. Caché derrière une porte, le jeune frère assiste à cette terrible scène. Dix ans plus tard, Riki Fudoh, le jeune frère, devenu maintenant l&rsquo;élève le plus intelligent et le plus populaire de son lycée, rassemble ses amis et décide de prendre sa revanche sur son père et tous les autres chefs yakusas. Mais les méthodes de ces jeunes gens sanguinaires n&rsquo;ont rien à envier à celles de leurs pères. Un à un, ils vont éliminer les chefs des clans yakuzas du Kyushu… En 1996, le public occidental découvrait l’univers délirant et ultra-violent du Japonais Takashi Miike avec <strong>Graine de yakuza</strong>, adapté d’un manga de Hitoshi Tanimura. Mise en scène graphique, personnages hauts en couleur, thèmes transgressifs… sa signature est déjà bien présente, annonciatrice de son cinéma extrême et virtuose, qui fera des merveilles sur <strong>Audition</strong> et <strong>Ichi The Killer</strong> et imposera bientôt son auteur comme l’une des voix les plus originales du septième art nippon contemporain. Une esthétique baroque, une mise en scène virtuose avec des ralentis, des zooms agressifs, des angles biscornus pour un poème violent et spectaculaire sur un héritage meurtrier. Dans les suppléments de ce film qui sort, dans une restauration 4K, pour la première fois en Blu-ray, on trouve un entretien avec le réalisateur Takashi Miike (41 mn) qui revient en détail sur <strong>Graine de yakuza</strong>, l’un de ses films préférés, initialement prévu pour une sortie en direct-to-video, mais qui finira par faire le tour des festivals. Par ailleurs, dans un second entretien (16 mn), l&rsquo;acteur Shosuke Tanihara se souvient de sa première expérience de cinéma dans le rôle de Riki Fudoh, puis évoque ses souvenirs avec ses partenaires de jeu et les deux suites du film tournées par Yoshiho Fukuoka. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAEspaceFrom21thCentury.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20829" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAEspaceFrom21thCentury-187x300.jpg" alt="Escape From 21th Century" width="187" height="300" /></a><strong>ESCAPE FROM THE 21ST CENTURY</strong><br />
En 1999, trois adolescents découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps. Propulsés dans une aventure hors du temps, ils se retrouvent chargés d’une mission capitale : sauver le monde… Et si un simple éternuement pouvait nous transporter de vingt ans dans le futur. Avec cette idée, le cinéaste chinois Yang Li va construire une aventure qui réussit avec brio à mêler le drame social, l&rsquo;action, la comédie, la romance, le triangle amoureux et évidemment la science-fiction. On peut dire que ce réalisateur n&rsquo;a peur de rien en matière de cinéma et qu&rsquo;en plus ça fonctionne parfaitement. Cette <strong>Evasion…</strong> enchaîne, avec une énergie folle, les séquences délirantes, passant d&rsquo;un format à un autre, d&rsquo;un gag à l&rsquo;autre, s&rsquo;essayant à l&rsquo;animation et changeant, en un tournemain, d&rsquo;époque. Bien sûr, il ne faut pas chercher de la cohérence et encore d&rsquo;explication. Ce n&rsquo;est pas le souci de Yang Li qui s&rsquo;ingénie à balancer, avec drôlerie, ses idées visuelles en rafale. Pour le grand plaisir du spectateur promené à tous les coins de l&rsquo;écran. Mieux, les personnages ont de l&rsquo;épaisseur et ils parviennent à donner une consistance à des thèmes comme le passage à l&rsquo;âge adulte, le temps qui passe ou les choix qui donnent du sens à l&rsquo;existence. Voilà de la science-fiction qui invite à la rêverie. On rit parfois, on sourit souvent et on est porté aussi par une vraie mélancolie qui affleure volontiers dans une histoire imprévisible, parfaitement détraquée et divertissante. Dans les suppléments, on trouve le court-métrage de Yang Li, <strong>Lee&rsquo;s Adventure</strong> (2009, 20 mn). (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAACétaitMieuxDemain.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20825" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAACétaitMieuxDemain-210x300.jpg" alt="C'était Mieux Demain" width="210" height="300" /></a><strong>C&rsquo;ÉTAIT MIEUX DEMAIN</strong><br />
Dans une petite bourgade française, Hélène, Michel, et leurs deux enfants, coulent des jours heureux dans l’insouciance des années 50. Soudainement propulsés en 2025, le couple Dupuis découvre un monde moderne à l’opposé de celui qu’ils connaissent. Pour Hélène, qui a toujours vécu, comme il se doit, dans l’ombre de l’époux, c’est une révolution. Mais, pour Michel, qui voit ses privilèges d’Homme voler en éclat, c’est un cataclysme. Entre vent nouveau et parfum d’antan, ce voyage dans le temps ne sera pas de tout repos. Comédienne avant de réaliser, ici, son premier long-métrage, Vinciane Millereau se souvient que sa grand-mère maternelle, interrogée sur ce qui avait réellement changé sa vie, avait répondu : <em>« La machine à laver. Elle a révolutionné mon existence ! »</em> Sans surprise, cette machine à laver occupe un rôle central dans l’intrigue en tant qu&rsquo;emblème du temps de liberté gagné par les femmes. La nouvelle machine à laver gagnée par les Dupuis grâce au concours est donc le prétexte d’une dispute entre Hélène et Michel et elle déclenche cette faille temporelle. Michel préférerait une télévision qui ferait plaisir à toute la famille, quand Hélène s’accroche de toutes ses forces à cette perspective toute neuve de liberté. Avec <strong>C&rsquo;était mieux&#8230;</strong>, nous sommes en 1958 dans la France des Trente glorieuses. Le commerce est florissant, la vie est calme, les gens plus prévenants. Et soudain, voilà les Dupuis propulsés en 2025. Chômeur et homme au foyer, Michel découvre la ville aujourd’hui : les commerces qui ferment, la pauvreté, les embouteillages, l’agressivité des gens… Pour la cinéaste, ce voyage dans le temps en forme de comédie volontiers burlesque (bien portée par Didier Bourdon et Elsa Zylberstein) était l’occasion rêvée pour aborder tout le chemin parcouru par les femmes. <em>« Je voulais montrer,</em> dit-elle, <em>qu’en soixante-dix ans les femmes ont acquis énormément de choses ! En 1958, la femme a le droit de vote depuis 1944, mais elle n’a pas le droit de travailler sans l’autorisation de son mari, ni d’avoir de compte en banque à son nom, pas de moyen de contraception, pas le droit d’avorter, ni de divorcer&#8230; »</em> (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAHopperSecretMarmotte.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20832" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/02/AAAHopperSecretMarmotte-180x300.jpg" alt="Hopper Secret Marmotte" width="180" height="300" /></a><strong>HOPPER ET LE SECRET DE LA MARMOTTE</strong><br />
Ayant fait de sa différence une force, Hopper explore le monde avec Meg, moufette experte en arts martiaux, et Archie, une tortue sarcastique. Lorsque Hopper découvre Gina, sa sœur, tout bascule : il n’est pas seul. Tiraillé entre loyauté et devoir, il part en quête d’un pouvoir légendaire pour sauver les siens. La légende raconte en effet qu’une mystérieuse marmotte, cachée dans une montagne secrète, aurait le pouvoir de remonter le temps. Quand il apprend qu’elle serait la seule à pouvoir sauver son espèce, Hopper, aventurier intrépide, est prêt à tout pour retrouver la trace de cette marmotte ! Commence alors une aventure périlleuse et semée d&rsquo;embûches à travers des mondes saisissants, où secrets et dilemmes s’entremêlent. D&rsquo;autant qu&rsquo;il semble que Hopper n&rsquo;est pas seul à vouloir mettre la main sur le secret de la marmotte! Après <strong>Hopper et le hamster des ténèbres</strong> (2022), création franco-belge réalisée par Ben Stassen et Benjamin Mousquet, où l&rsquo;on avait découvert le jeune Hopper, né mi-poulet, mi-lapin, obsédé par l&rsquo;aventure même s&rsquo;il était plutôt maladroit, c&rsquo;est Benjamin Mousquet, en solo, qui signe ce second opus. Il donne un film d&rsquo;animation familial et dynamique où le Poulapin assume, désormais, son rôle de meneur, entraînant ses amis dans une nouvelle quête. Dès la scène d&rsquo;introduction, on comprend que ce <strong>Hopper 2</strong> lorgne du côté d&rsquo;<strong>Indiana Jones</strong> sur fond de chasse au trésor. Tout cela est bon enfant et plein de rebondissements d&rsquo;autant que les équipiers d&rsquo;Hopper apportent, en prime, une dose d&rsquo;humour. Un divertissement qui va à un rythme soutenu dans un bon mélange d&rsquo;aventure et de comédie. (M6)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20846</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DE FRAGILES NAUFRAGÉS ET UNE DILIGENCE DANS MONUMENT VALLEY</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20726</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20726#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 16:12:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20726</guid>
		<description><![CDATA[SIRAT Quelque part, dans de superbes paysages ocres, des roadies installent un mur d’enceintes. Le son monte, dans un rythme de drum and bass qui prend vite aux tripes. En plongée, la caméra montre un large rassemblement de raveurs qui se balancent sans fin dans une transe quasiment mystique ou une hébétude sereine. Et puis [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAASirat.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20723" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAASirat-183x300.jpg" alt=" Sirat" width="183" height="300" /></a>SIRAT</strong><br />
Quelque part, dans de superbes paysages ocres, des roadies installent un mur d’enceintes. Le son monte, dans un rythme de drum and bass qui prend vite aux tripes. En plongée, la caméra montre un large rassemblement de raveurs qui se balancent sans fin dans une transe quasiment mystique ou une hébétude sereine. Et puis la caméra descend vers eux, présentant Stef et Jade, Josh, Tonin et Bigui… C’est dans ce rassemblement au coeur d’un coin perdu du Maroc que débarque le camping-car de Luis, un homme de la cinquantaine, accompagné de son jeune fils Esteban. Autour d’eux, père et fils distribuent des papiers sur lesquels est imprimée la tête de Mar. Fille de Luis et sœur d’Esteban, Mar a disparu depuis cinq mois sans plus donner de nouvelles. Luis croit savoir qu’elle avait prévu de rejoindre une rave-party. Mais personne ne semble reconnaître le visage de la jeune femme. <em>« Peut-être,</em> dit quelqu’un, <em>qu’elle est allée à une rave organisée plus au sud… »</em> Luis est déterminé à retrouver sa fille. Lorsque les forces de police interviennent pour disperser les raveurs, Stef, Jade et leurs amis montent à bord de leurs deux camions et filent à travers le désert. Luis n’hésite qu’un instant. Il lance son petit camping-car plutôt vieillot à leur suite. Commence alors une expédition des plus périlleuses… Quatrième long métrage d&rsquo;Oliver Laxe, <strong>Sirāt</strong> (terme qui, dans l&rsquo;islam, désigne un pont qui relie l’enfer et le paradis) est une quête métaphysique qui emporte une poignée d’êtres brisés vers des extrémités angoissantes, Le cinéaste voulait emprunter au cinéma de genre ou au cinéma populaire ce qu’il a de meilleur, en l’occurrence la magie de l’aventure. De fait, à travers de multiples péripéties, <strong>Sirāt</strong> est tout à la fois un road-trip spectaculaire et aventureux (pour échapper à leurs poursuivants, Stef, Luis et les autres s’engagent sur de très dangereuses routes de montagne) et une épreuve radicale propre à secouer, à érafler intimement le spectateur. Même si le soleil brûle, même si un vent chaud souffle sur le sable, c’est un voyage vers les ténèbres que raconte le cinéaste. Alors que la radio rapporte que la guerre a commencé, que le chaos règne, des êtres fragiles, des naufragés démunis, conscients de leur petitesse dans un monde traversé par plus grand qu’eux, vont prendre soin les uns des autres, montrant, sans jugement, leurs failles et leurs fêlures, quitte in fine à regarder la mort droit dans les yeux. <strong>Sirāt</strong> est aussi un film rare dans son travail sur la musique. Le musicien Kangding Ray signe, une partition minimaliste mais très envoûtante en forme de voyage sonore. Partant d’une techno brute, viscérale, presque mentale, on va vers une ambient épurée, presque immatérielle, pour atteindre l’endroit où le son se désagrège. Avec pour résultat, de faire entrer le spectateur dans un paysage sonore en symbiose avec un désert à l’apparence spectrale. Dans les pas de Luis (remarquable Sergi Lopez entouré de non-professionnels) et de ses amis d’in(fortune), <strong>Sirāt</strong> raconte une éprouvante errance crépusculaire… baignée de lumière. Le monde décrit par le réalisateur oblige le spectateur, à l’instar des personnages du film, à regarder en eux. Une sorte de geste fondamental, un mouvement intérieur pour partager une lumière née de l’obscurité. Une expérience à la fois humaniste, visuelle et sensorielle qu’on doit assurément partager. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAChevauchéeFantastique.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20708" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAChevauchéeFantastique-211x300.jpg" alt="Chevauchée Fantastique" width="211" height="300" /></a><strong>LA CHEVAUCHÉE FANTASTIQUE</strong><br />
En 1885, les Indiens sont sur le « sentier de la guerre » avec, à leur tête, le célèbre Geronimo. Une diligence est prête à partir de Tonto en Arizona pour rejoindre la ville de Lordsburg et permettre ainsi d&rsquo;évacuer un groupe de civils parmi lesquels on trouve Hatfield, un joueur professionnel, Mme Mallory, une femme enceinte cherchant à rejoindre son mari qui est officier dans l’armée américaine, Josiah Boone, un médecin ivrogne, Peacock, un représentant en whisky, Gatewood, un banquier malhonnête, Ringo Kid, un hors-la-loi, tout juste évadé de prison et Dallas, une prostituée rejetée par la « bonne société ». Le voyage sera long et éprouvant, et chacun y révèlera sa vraie nature sous la menace de l&rsquo;attaque des Indiens… Attention, classique ! Voici le film qui fit de John Ford un cinéaste mondialement reconnu et un maître du western. Impossible en effet d&rsquo;oublier ce voyage à travers les somptueux paysages de Monument Valley, lieu mythique qui deviendra une vraie signature fordienne. Il dira d&rsquo;ailleurs : <em>« J&rsquo;ai été partout dans le monde mais je considère cet endroit comme le plus beau, le plus complet et le plus calme de la planète. »</em> Et puis <strong>Stagecoach</strong> (en v.o.) met en place les éléments essentiels du genre comme le shérif, la cavalerie, la diligence et évidemment les Indiens et leur chef Géronimo dont l&rsquo;attaque de diligence est un morceau de bravoure du film. L&rsquo;homme au bandeau démarre sa carrière en 1917 au temps du met, alignant des films dont beaucoup sont aujourd&rsquo;hui considérés comme perdus. Il touche à tous les genres (comédie dramatique, espionnage, film de guerre, action, drame comme le remarquable <strong>Mouchard</strong> en 1935) mais <strong>La chevauchée fantastique</strong> va constituer un tournant dans sa carrière puisqu&rsquo;il revient au western après treize années sans avoir touché au genre qui fera sa gloire. Au départ, Ford présente son projet au producteur David O. Selznick mais celui-ci n&rsquo;entend pas se faire dicter ses choix par un cinéaste. De plus Selznick aurait bien vu Gary Cooper dans le rôle de Ringo Kid et Marlene Dietrich dans celui de Dallas. Ford trouvera un producteur en la personne de Walter Wanger et du studio United Artists. En s&rsquo;appuyant sur la nouvelle <em>Stage to Lordsburg</em>, transposition dans l&rsquo;univers du western de la nouvelle <em>Boule de suif</em> de Guy de Maupassant, Ford excelle dans les scènes d&rsquo;action mais il réussit tout autant à rendre ses personnages très attachants. C&rsquo;est bien sûr le cas pour le duo Dallas/Ringo Kid dont il traite les rapports avec autant de finesse que de mélancolie. Dallas, la prostituée au grand coeur est incarnée par Claire Trevor mais on retient la prestation de John Wayne en Ringo Kid qui entame, ici, avec son metteur en scène de prédilection, une suite de quatorze films dont certains, à l&rsquo;instar de <strong>Stagecoach</strong>, sont des œuvres majeures comme <strong>La prisonnière du désert</strong> (1956) ou <strong>L&rsquo;homme qui tua Liberty Valance</strong> (1962). Le film obtint sept nominations aux Oscars en 1940, dont celle de meilleur réalisateur, mais il ne reçut finalement que deux récompenses, pour le second rôle (attribué à Thomas Mitchell pour le personnage de Josiah Boone) et pour la musique. Cette année-là, le grand gagnant fut l&rsquo;intouchable <strong>Autant en emporte le vent</strong>. Dans les suppléments de cette édition remastérisée 2K, on trouve notamment une présentation par Noël Simsolo, un documentaire (75 mn) sur Joh Ford et un livret (48 pages) signé Jean-François Giré. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAFemmeQuiEnSavaitTrop.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20714" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAFemmeQuiEnSavaitTrop-187x300.jpg" alt="Femme Qui En Savait Trop" width="187" height="300" /></a><strong>LA FEMME QUI EN SAVAIT TROP</strong><br />
Professeure à la retraite, Tarlan Ghorbani est une femme d&rsquo;un certain âge qui entend ne pas s&rsquo;en faire conter dans un pays où la place des femmes est toujours réduite à la portion congrue. Elle milite dans un syndicat qui s&rsquo;attaque à la corruption qui gangrène l&rsquo;Iran mais elle va se retrouver au coeur d&rsquo;un drame lorsqu&rsquo;elle est témoin d’un meurtre commis par une personnalité influente du gouvernement, un homme qui n&rsquo;est autre que l&rsquo;époux de sa fille d&rsquo;adoption. Tarlan décide de signaler le forfait à la police qui refuse d’enquêter. En Iran aujourd’hui, personne ne s’intéresse à l’histoire d’un homme qui a tué sa femme danseuse, possiblement infidèle. Elle va alors devoir choisir entre céder aux pressions politiques ou risquer sa réputation et ses ressources pour obtenir justice… Après <strong>Un simple accident</strong> qui valut, l&rsquo;an dernier, la palme d&rsquo;or cannoise à Jafar Panhani, voici une nouvelle belle occasion de se plonger dans la réalité iranienne à travers le cinéma. Jafar Panhani intervient, ici, comme scénariste d&rsquo;une histoire tournée dans la clandestinité et qui met en exergue le courage de ceux qui s&rsquo;opposent au régime du guide suprême et de ses sbires. Bien sûr, l&rsquo;actualité nous en dit long sur la situation chaotique en Iran et l&rsquo;on sait, même si internet est coupé par les autorités de Téhéran, que des milliers de personnes sont tombées sous les balles du régime de l&rsquo;ayatollah Ali Khamenei. Ici, ce sont les femmes qui sont au coeur d&rsquo;une fiction, acte de résistance contre une société qui se débat contre une évolution inéluctable. Seule contre tous, Tarlan (l&rsquo;impressionnante Maryam Boubani) va montrer du doigt un homme de pouvoir, protégé par les services de l’État, en osant l&rsquo;accuser de féminicide. Autour d&rsquo;elle, le réalisateur Nader Saeivar, aujourd&rsquo;hui réfugié à Berlin, met en scène deux autres femmes. L&rsquo;un, Zara, dont le passage est évidemment fugitif, est la victime du féminicide. C&rsquo;est une danseuse passionnée (le film s&rsquo;ouvre sur une belle séquence de danse orientale où les cheveux des femmes tournent librement) mais c&rsquo;est aussi l&rsquo;archétype de la femme-victime en Iran. L&rsquo;autre, c&rsquo;est Ghazal, la fille de Zara, qui représente les femmes de la jeunesse iranienne qui ont décidé de dire non aux mollahs et à leurs règles d&rsquo;un autre âge. Dans le remarquable supplément (35 mn) qui accompagne ce blu-ray, Asal Bagheri, sémiologue à Cergy Paris Université et spécialiste du cinéma iranien, décrypte les trois états des femmes du film. Tarlan représente les pionnières du mouvement des femmes, Zara est le symbole des femmes victimes. Solat, son mari, dit : <em>« Si elle m’obéit, elle aura une vie heureuse »</em> mais les coups sur le corps de Zara disent tout l&rsquo;inverse. Enfin Ghazal (Ghazal Shojaei) est une manière de synthèse du mouvement <em>Femmes, vie, liberté</em> né au lendemain de la mort de Mahsa Amini, auquel <strong>La femme qui en savait trop</strong> fait clairement référence. Dans un film qui est aussi un pamphlet politique et une dénonciation glaçante de la situation en Iran, Nader Saeivar propose une observation acérée de la manière dont la parole féminine est étouffée. Le film s&rsquo;achève sur une magnifique séquence complètement onirique où un vent salvateur souffle et ouvre les portes vers la liberté. Ghazal est emportée dans la danse. Elle porte un tee-shirt noir orné d&rsquo;un sigle qui est exactement celui que portait Nika Shakarami, 16 ans, tuée en septembre 2022 en Iran. Parce qu&rsquo;elle était femme et qu&rsquo;elle refusait l&rsquo;oppression. Un bel acte de résistance ! (jour2fête)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAATheKingdom.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20724" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAATheKingdom-217x300.jpg" alt=" The Kingdom" width="217" height="300" /></a><strong>KINGDOM – L&rsquo;INTÉGRALE</strong><br />
L&rsquo;histoire se déroule dans le département de neurochirurgie du Rigshospitalet (l&rsquo;hôpital du royaume) de Copenhague, le principal hôpital de la ville et en fait, de tout le pays. Inauguré en 1910, l&rsquo;hôpital <em>Le Royaume</em> a été érigé sur d&rsquo;anciens marécages. En 1958, un bâtiment plus moderne a été construit sur les fondations de l&rsquo;ancien. Mais cet établissement à la pointe de la technologie moderne et doté d&rsquo;un service de neurochirurgie réputé est également hanté par des esprits malveillants et des fantômes… Un petit nombre de patients et des membres de l&rsquo;équipe médicale vont découvrir des phénomènes surnaturels, des meurtres et des intrigues bureaucratiques. Neurochirurgien suédois, le professeur Helmer est accusé d’avoir laissé un enfant infirme après une trépanation. Dans <strong>The Kingdom I</strong>, il arrive à l’hôpital pour reprendre ses fonctions, mais son passé et ses méthodes controversées créent des tensions avec le personnel. Dans <strong>The Kingdom II</strong>, le professeur Helmer est rentré d&rsquo;Haïti avec un redoutable poison. Il l&rsquo;expérimente aussitôt sur Krogschoy, qui meurt subitement. Affolé, Helmer veut lui administrer un antidote mais le corps de Krogschoy disparaît, remplacé par celui d&rsquo;un vieillard. Enfin, dans <strong>The Kingdom : Exodus</strong>, Karen erre une nuit dans l&rsquo;obscurité et se retrouve inexplicablement devant l&rsquo;hôpital. La jeune femme se met alors à chercher des réponses dans l&rsquo;espoir de sauver l&rsquo;établissement de la ruine. Le mystère et l&rsquo;horreur planent sur cet endroit où le mal a pris racine. Le Danois Lars von Trier, connu notamment pour <strong>Dancer in the Dark</strong> qui lui valut la Palme d&rsquo;or à Cannes 2000 ainsi que le prix d&rsquo;interprétation féminine pour Björk, avait déjà trois long-métrages à son actif (<strong>L&rsquo;élément du crime</strong>, <strong>Epidemic</strong> et <strong>Europa</strong>) lorsqu&rsquo;il s&rsquo;attela à la série télévisée <strong>The Kingdom</strong> (Riget en v.o.), mélange de satire sociale, de thriller médical et de fantastique horrifique installant une atmosphère oppressante sur fond d&rsquo; humour noir et dans un style visuel caractéristique de von Trier, avec une caméra à l&rsquo;épaule, des éclairages sombres, un ton sépia de l&rsquo;image, à la manière du fameux <em>Dogme 95</em>, des plans fixes qui renforcent l’atmosphère claustrophobique du bâtiment. Les plongeurs de la cuisine, atteints de trisomie 21, discutent des événements étranges qui se passent dans l&rsquo;hôpital et tiennent, sans jouer de rôle dans l&rsquo;action, le même rôle que les chœurs antiques dans les tragédies grecques, permettant par leur omniscience paradoxale de relier les différents niveaux de l&rsquo;action… L&rsquo;intégrale est présentée dans un boîtier digipack avec étui rigide, qui contient <strong>The Kingdom I</strong> (1994, 279 mn), <strong>The Kingdom II</strong> (1997, 296 mn) et <strong>The Kingdom: Exodus</strong> (2022, 307 mn). Dans les suppléments, on trouve notamment les making of des trois saisons ainsi que <strong>The Shiver</strong> (clip, 1994, 2 mn) et <strong>The Shiver</strong> (bêtisier, 1994, 2 mn). (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEnPremiereLigne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20711" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEnPremiereLigne-184x300.jpg" alt="En Premiere Ligne" width="184" height="300" /></a><strong>EN PREMIÈRE LIGNE</strong><br />
Infirmière dévouée et compétente, Floria Lind prend, après une journée de repos, son service de nuit dans un service hospitalier clairement en sous-effectif. Ce soir-là, elles ne sont que deux professionnelles et une étudiante pour prendre en charge des malades qui occupent toutes les chambres de l&rsquo;étage… En dépit du manque de moyens, Floria s&rsquo;ingénie, avec un métier très sûr, à apporter humanité et chaleur à chacun de ses patients. Mais au fil des heures, les demandes se font de plus en plus pressantes, et malgré son professionnalisme, la situation commence dangereusement à lui échapper… La réalisatrice suisse Petra Volpe raconte, ici, le travail éreintant et ingrat d&rsquo;une infirmière face à des patients, souvent en état de détresse, qui ne comprennent pas, quand ils sont conscients, la dureté d&rsquo;un métier qui nécessiterait le don d&rsquo;ubiquité. Le film (dont le titre original est <strong>Heldin</strong>, autrement dit héroïne en allemand) ne sort jamais du service hospitalier et ne lâche pas d&rsquo;une semelle Floria Lind qui passe, de chambre en chambre, pour prendre les constantes, distribuer les médicaments et, bien entendu, écouter les malades en souffrance. Ici, un vieil homme atteint d&rsquo;un cancer de la prostate, qui erre dans le couloir et qui voudrait que sa médecin lui donne des informations précises sur son état. Mais la praticienne, fatiguée elle aussi, souhaite rentrer chez elle. L&rsquo;infirmière a beau s&rsquo;insurger, la médecin verra le vieil homme demain… Et puis il y a cette femme en phase terminale que ses grands fils entourent affectueusement, cette autre qui se cache pour fumer ou encore cette vieille dame qui va s&rsquo;éteindre&#8230; Plus loin, dans une chambre individuelle, un homme s&rsquo;énerve et s&rsquo;en prend brutalement à l&rsquo;infirmière parce qu&rsquo;il a demandé une tisane depuis un bon quart d&rsquo;heure. Devant ce type imbuvable (mais très malade), Floria Lind craque. Elle saisit la luxueuse montre avec laquelle il la chronomètre et la lance à travers la fenêtre… Avec une précision documentaire, <strong>En première ligne</strong> montre un état d&rsquo;urgence permanent et met le doigt sur la crise de l&rsquo;hôpital public, en Suisse comme ailleurs, et sur le manque abyssal de moyens. Avec une douceur fatiguée, l&rsquo;actrice allemande Léonie Benesch (connue pour la série <strong>Babylon Berlin</strong>) campe cette Floria Lind que la caméra ne quitte jamais. Au générique de fin, un carton indique qu&rsquo;en 2030, selon, l&rsquo;OMS, il manquera 13 millions d&rsquo;infirmières dans le monde. Autant dire qu&rsquo;on n&rsquo;est pas sorti de la crise sanitaire. Un film humaniste et utile. (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAHordeSauvage.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20716" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAHordeSauvage-188x300.jpg" alt="Horde Sauvage" width="188" height="300" /></a><strong>LA HORDE SAUVAGE</strong><br />
Alors que la guerre de Sécession s&rsquo;est achevée, du côté de Rock Springs, dans le Wyoming, Lucy Lee, une jeune rancher, et ses cow-boys mènent leur troupeau lorsqu&rsquo;ils sont attaqués par une bande de hors-la-loi. Cette bande appelée <em>The Wild Bunch</em> est dirigée par Butch Cassidy et son bras droit Sundance. Ils sont mis en déroute par un inconnu qui venait d’arriver au campement en demandant à être nourri, un dénommé Jeff Younger, ex-membre du gang des frères James et qui vient de sortir de prison. Après avoir protégé Lucy et son troupeau, Younger accepte d’accompagner le convoi jusqu&rsquo;à destination mais refuse l&rsquo;emploi que lui propose Lucy. En ville, Younger se rend au Maverick Queen, un luxueux hôtel/saloon qui appartient à Kit, une maîtresse-femme qui a le monopole sur le commerce du bétail mais dont l’enrichissement pourrait provenir de sa complicité avec la tristement célèbre horde sauvage… Rien à voir avec <strong>La horde sauvage</strong> (The Wild Bunch) signée en 1969 par l&rsquo;excellent Sam Peckinpah. Ici, c&rsquo;est Joseph Kane qui est aux manettes. Nous sommes en 1956 et <strong>The Maverick Queen</strong> (en v.o.) est un « petit » western. Joseph Kane (1894-1975) est prolifique cinéaste qui, dans les années 30, 40 et 50, a tourné de nombreux films de série B et Z dont la plupart méritent d&rsquo;être oubliés. Ce n&rsquo;est pourtant pas le cas de celui-ci qui bénéficie des beaux décors naturels du Colorado, d&rsquo;une image de qualité et d&rsquo;une solide interprétation avec Barry Sulivan, Scott Brady, Mary Murphy, Wallace Ford, Howard Petrie, Jim Davis, Emile Meyer, Walter Sande, George Keymas, Taylor Holmes ou John Doucette. Evidemment, c&rsquo;est Barbara Stanwyck qui est en haut de l&rsquo;affiche. Débutante au cinéma à la fin du muet, elle va incarner des femmes combattives et indépendantes dans le cinéma de l&rsquo;ère pré-Code avant de s&rsquo;imposer comme une vedette du western avec des films comme <strong>La gloire du cirque</strong> (1935), <strong>Pacific Express</strong> (1939), <strong>Les furies</strong> (1950) sorti récemment en blu-ray également chez Sidonis Calysta ou encore <strong>Quarante tueurs</strong> (1950). Ici, elle est une <em>self woman</em> ayant fait fortune après que sa riche famille eut été décimée en Virginie durant la Guerre civile. Derrière une façade respectable, la cynique Kit entretient des liens étroits avec la dangereuse bande de Butch Cassidy et le Sundance Kid. Voici une femme de tête qui chevauche, tire et se bat comme un homme… Dans les suppléments, le film est présenté par Noël Simsolo. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAPlacePierrot.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20721" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAPlacePierrot-201x300.jpg" alt=" Place Pierrot" width="201" height="300" /></a><strong>UNE PLACE POUR PIERROT</strong><br />
Autiste âgé de 45 ans, Pierrot vit dans un foyer médicalisé. Sa sœur Camille découvre qu’il subit une sur-médication qui le fait régresser au lieu de le soulager. Carrément indignée et surtout déterminée à lui offrir une vie digne, elle le prend sous son propre toit et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Un lieu où sa différence ne serait pas une source d&rsquo;oppression mais de reconnaissance. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place. Actrice au théâtre et au cinéma, Hélène Médigue est passée par le documentaire avant de réaliser, ici, son premier film de fiction. Elle s’engage en parallèle pour la cause de l’autisme en créant en 2019 l’association <em>Les Maisons de Vincent</em>, destinée à accueillir des adultes autistes. Une première maison a ouvert ses portes à Mers-les-Bains en 2021. A propos de la représentation de l&rsquo;autisme dans les fictions, elle estime qu&rsquo;elle ne reflète pas toujours la réalité des profils. <em>« À travers le parcours de Pierrot,</em> dit-elle, <em>je voulais communiquer le mystère de ces troubles, qui interrogent puissamment le fonctionnement de notre société, notre humanité, et la perte de sens que nous subissons dans tous les domaines. »</em> Elle va donc s&rsquo;attacher à Pierrot, une personne « autiste typique », en l&rsquo;occurrence un homme qui ne sait pas faire ses lacets mais qui peut, s’il évolue dans un environnement bienveillant, communiquer, se sociabiliser, aimer, développer des passions, structurer ses actions&#8230; Bref, « être au monde ». <em>« C’est une personne,</em> note encore la cinéaste, <em>qui verbalise peu, maîtrise parfaitement des centres d’intérêt très spécifiques, mais qui n’est pas toujours à l’aise avec les habiletés sociales. Il est sans filtre. Il a besoin d’être accompagné pour développer son autonomie et gérer ses troubles envahissants du comportement. »</em> Sur la différence qui permet d&rsquo;éprouver des limites, le film est un récit autour du lien à travers le retour à la vie d’un homme différent. Mais Hélène Médigue ne réduit pas son propos à l’autisme ou même au handicap. Elle se penche aussi sur ce que conditionne l’expérience de la différence, en lien avec l’évolution de notre société : la charge mentale des aidants, la solidarité, la quête puissante d’inventer des solutions adaptées, pour retrouver du sens et la place de chacun. Enfin, pour porter son propos, elle peut s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;interprétation impressionnante d&rsquo;un Grégory Gadebois toujours dans l’économie et bien entouré par Marie Gillain, Patrick Mille ou Vincent Elbaz. D’un geste, d’un regard, la présence de Gadebois irradie dans chaque situation. Il incarne ce qui n’est pas dit et fait évoluer subtilement le retour à la vie du personnage, permettant ainsi un processus d’identification pour le spectateur. Au fond, Pierrot raconte chacun d’entre nous. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAAlpha.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20706" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAAlpha-179x300.jpg" alt="Alpha" width="179" height="300" /></a><strong>ALPHA</strong><br />
Dans les années 1980, dans la ville portuaire du Havre, Alpha est l&rsquo;enfant unique d&rsquo;une jeune médecin qui travaille dans un service hospitalier fermé avec des malades atteints d&rsquo;un virus. La jeune fille de treize ans est évitée par ses camarades de classe car des rumeurs circulent selon lesquelles elle serait atteinte d&rsquo;une nouvelle maladie. Lorsque l&rsquo;adolescente revient de l&rsquo;école avec un tatouage sur le bras représentant la lettre A, le monde s&rsquo;écroule pour sa mère. Elle s&rsquo;inquiète de savoir quelle maladie, sa fille a pu attraper avec l&rsquo;aiguille du tatoueur. Amin, le frère de cette femme, est un toxicomane sans espoir dont les bras sont couverts de marques de piqûres. Le tatouage d&rsquo;Alpha se met à saigner de plus en plus souvent. À l&rsquo;école, les attaques contre elle se multiplient. Dans la piscine de l&rsquo;école, elle manque de se faire noyer par un camarade de classe. Alpha connaît à peine son oncle, et lorsqu&rsquo;Amin arrive chez eux, séropositif marqué par sa maladie et proche de la mort, elle fait véritablement sa connaissance… Dire que Julia Ducornau n&rsquo;a pas fait l&rsquo;unanimité sur la Croisette lorsqu&rsquo;en 2021, elle décrochait la Palme cannoise (devenant au passage seulement la seconde femme a remporté le trophée après Jane Campion) pour <strong>Titane</strong>, est un doux euphémisme. On se souvient par contre que <strong>Grave</strong> (2016), fiévreuse et féroce histoire de cannibalisme, n&rsquo;avait pas laissé les spectateurs indifférents et entraîné des salves de compliments de la critique. On pouvait se demander, si avec ce troisième long-métrage présenté en compétition à Cannes lui aussi, la réalisatrice de 42 ans n&rsquo;allait pas pousser encore le bouchon plus loin. En tout cas, force est de constater que cette grande amatrice de cinéma de genre, souvent promue <em>« papesse de l&rsquo;horreur à la française »</em>, n&rsquo;a pas fini d&rsquo;explorer son territoire. <em>« Quand tu touches à la chair,</em> dit la cinéaste, <em>tu touches à ce qu’il y a de plus intime. Plus tu t’en approches, plus tu te rapproches de sa vulnérabilité, plus tu creuses là-dedans, plus l’émotion, de fait, se met à prendre le dessus. Et cela, c’est une recherche très consciente chez moi. »</em> Autour de la maladie, de la transformation, ou plutôt de la mutation, <strong>Alpha</strong> est un film qui secoue, qui réveille ces peurs en nous et les faire résonner aujourd’hui. Une fois encore avec <strong>Alpha</strong>, Julia Ducornau a divisé, rencontrant globalement un accueil critique glaciale. <em>Télérama</em> ira jusqu&rsquo;à écrire : <em>« Fini Cronenberg, on dirait parfois du Luc Besson revu par Gilles Lellouche »</em>… Autant de raisons de (re)voir <strong>Alpha</strong> pour se faire sa propre idée, d&rsquo;autant plus que Golshifteh Farahani (la mère), Tahar Rahim (Amin) et Mélissa Boros (Alpha) sont bluffants. Dans les suppléments, on peut suivre une masterclass (54 mn) donnée par la cinéaste au Pathé Palace à Paris. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAFilsDe.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20715" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAFilsDe-178x300.jpg" alt="Fils De" width="178" height="300" /></a><strong>FILS DE</strong><br />
Dans le salon privé d’un restaurant parisien, au mitan des années 70, deux hommes politiques déjeunent. Sur la table, une mallette contient une forte somme d’argent, probablement sale. Soudain, deux terroristes font irruption. Nus et couverts de plume, les notables feront la une de la presse… Des années plus tard, une semaine après l’élection présidentielle, la France se cherche toujours son Premier ministre. Jeune attaché parlementaire ambitieux, Nino est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin, sénateur de longue date, d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique comme avec… son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24 heures pour sauver sa carrière, sa relation avec une jeune journaliste politique de France Info, renouer, quand même, les liens avec son géniteur et, si possible, ne pas compromettre l’avenir de la France ! Carlos Abascal Peiró, au-delà d’une tragédie filiale, donne une virevoltante satire politique qui ne retient jamais ses coups. <strong>Fils de</strong> développe une aventure ubuesque mais le cinéaste note, pourtant, que la moquerie devient politiquement utile lorsqu’elle vise nos convictions. Le petit univers politique français ressemble, ici, à un remarquable ramassis d’authentiques canailles, de vraies crapules, de parfaites ordures, de fumiers satisfaits, de considérables pétasses, de pauvres crétins, de misérables sagouins, de purs vauriens et de gougnafiers saitisfaits. Dans les sombres et feutrées allées du pouvoir, toutes les saloperies sont de mise. Pour servir son impitoyable mais drolatique jeu de massacre, le cinéaste peut s’appuyer sur d’excellents comédiens avec, en fils de, Jean Chevalier, de la Comédie française, un Nino volontiers effaré entouré de François Cluzet, Karin Viard ou Alex Lutz. Abraham Lincoln observait : <em>« Un homme d’État est celui qui pense aux générations futures, et un homme politique est celui qui pense aux prochaines élections. »</em> Démonstration faite, ici. De brillante (et évidemment excessive) manière. (Ad Vitam)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEteJahia.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20712" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEteJahia-177x300.jpg" alt="Ete Jahia" width="177" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ÉTÉ DE JAHIA</strong><br />
A quinze ans, Jahia a fui le Sahel en guerre en compagnie de sa mère et s&rsquo;est installée dans un centre belge pour demandeurs d&rsquo;asile. Tendue et déterminée, elle gère leur quotidien avec le sérieux d’un adulte. De son côté, Mila a quitté la Biélorussie, avec sa famille. Curieuse, insatiable, elle vit chaque jour comme une échappée belle. Cet été-là, par-delà les différences, leurs solitudes se croisent. Leur rencontre dans le centre déclenche une forte amitié qui donne un souffle d’espoir à Jahia, alors qu’elle doit gérer l’incertitude de son statut d’asile. Cette amitié rare, intense est comme une évidence dans un monde incertain. Mais le jour où Mila reçoit une obligation de quitter le territoire, ce qui semblait inébranlable menace soudain de voler en éclats. Pour son second long-métrage, le cinéaste belge Olivier Meys raconte une lutte pour l&rsquo;espoir en mettant au centre de son film le désir de vie et en l’opposant au pouvoir de l’endormissement. <em>« Je voulais,</em> dit-il, <em>réaliser un film politique sans être militant, un film humaniste sur une réalité dont on parle peu. »</em> Salué pour son portrait touchant de la demande d’asile et de l’amitié entre deux adolescentes confrontées à la précarité, <strong>L&rsquo;été de Jahia</strong>, qui réussit à mêler la complexité administrative à la dimension humaine, se présente comme un récit poignant et réaliste. L’amitié y est vécue comme un remède au désespoir dans un monde très individualiste et égoïste. Mais c&rsquo;est aussi un film très doux qui laisse volontairement la violence du monde hors-champ. Avec Jahia et Mila, le cinéaste a écrit deux personnages nourris par un parcours migratoire propre, pour évoquer la compréhension des enjeux des personnages mais surtout pour transmettre un ancrage au réel qui trouve notamment son expression dans la manière dont elles parlent le français. Pour vivre leur vie, Jahia et Mila vont devoir surmonter des obstacles immenses. Or, les deux filles ne sont pas faites du même bois. Là où Jahia plie face à l’adversité, Mila, elle, rompt brutalement quand lui est signifié l’ordre de quitter le territoire, absurde et violent. L’énergie, la force de vie vont alors changer de camp. Jahia n’a pas d’autre choix que d’essayer à son tour de sauver Mila. Sauver son amie, mais également se sauver elle-même. Lutter pour ne pas être happée par la contamination du désespoir. Comédiennes non-professionnelles, Noura Bance (Jahia) et Sofiia Malovatska (Mila) sont épatantes de force vitale. (Condor)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAJackieBrown.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20717" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAJackieBrown-202x300.jpg" alt="Jackie Brown" width="202" height="300" /></a><strong>JACKIE BROWN</strong><br />
Au milieu des années quatre-vingt-dix, Jacqueline, dite Jackie Brown, est hôtesse de l&rsquo;air dans une modeste compagnie mexicaine, Cabo Air. Pour arrondir ses fins de mois, elle sert de passeuse du Mexique aux États-Unis pour Ordell Robbie, un trafiquant d&rsquo;armes de Los Angeles. Elle emporte dans ses bagages de l&rsquo;argent liquide pour le compte de ce truand. Lorsqu&rsquo;un autre passeur d&rsquo;Ordell est arrêté, le trafiquant s&rsquo;arrange pour le faire libérer sous caution avant de le supprimer. Mais les informations de la police permettent d&rsquo;intercepter Jackie à l&rsquo;aéroport de Los Angeles. On trouve de l&rsquo;argent liquide appartenant à Ordell et 50 g de cocaïne dont elle ignorait la présence dans ses bagages. Jackie refuse de coopérer, se retrouve en prison. Ordell, estimant que Jackie peut devenir une menace pour lui en devenant une indic, s&rsquo;arrange pour la faire libérer sous caution, avec l&rsquo;intention de l&rsquo;éliminer. Avec <strong>Jackie Brown</strong> qui sort en 1997, Quentin Tarantino adapte pour la première fois un roman à l&rsquo;écran, en l&rsquo;occurrence <em>Punch créole</em> d&rsquo;Elmore Leonard publié en 1992. Le cinéaste qui a déjà son actif <strong>Reservoir Dogs</strong> (1992) et <strong>Pulp Fiction</strong> (1994), rend ici hommage aux films de la <em>blaxploitation</em> des années 1970, plus particulièrement à <strong>Coffy, la panthère noire de Harlem</strong> (1973) et <strong>Foxy Brown</strong> (1974), qui ont pour interprète principale la même actrice que dans <strong>Jackie Brown</strong>, à savoir Pam Grier. Au moment de la sortie du film, Pam Grier était une comédienne d&rsquo;une petite cinquantaine d&rsquo;années un peu passée de mode. Tarantino lui offre un rôle en tête d&rsquo;affiche et va ainsi revitaliser sa carrière. On connaît le goût de Tarantino pour les personnages intarissables ! <strong>Jackie Brown</strong> lui en donne largement l&rsquo;occasion… On peut digresser ici sur les vieux vynils d&rsquo;antan et surtout on dit ce qu&rsquo;on va faire avant de dire ce qu&rsquo;on a fait. Comme le cinéaste peut s&rsquo;appuyer sur un sacré casting (Robert Forster, Robert De Niro, Samuel L. Jackson, Bridget Fonda ou Michael Keaton), le film prend l&rsquo;allure d&rsquo;une pièce de théâtre jouée dans le décor kitsch d&rsquo;un centre commercial de la South Bay de Los Angeles. Du coup, au lieu d&rsquo;un polar violent et flingueur, on passe un bon moment avec une bande losers plutôt sympas, après tout ! (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAUsualSuspects.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20725" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAUsualSuspects-230x300.jpg" alt=" Usual Suspects" width="230" height="300" /></a><strong>USUAL SUSPECTS</strong><br />
A New York, cinq malfrats qui ne se connaissent pas sont réunis dans les locaux de la police pour une séance d&rsquo;identification. À la suite de cette rencontre, les malfaiteurs décident de s&rsquo;associer et d&rsquo;effectuer ensemble un « gros coup ». Un mystérieux commanditaire répondant au nom de Keyser Söze leur confie une mission périlleuse : dérober une cargaison de drogue sur un cargo amarré au quai du port de San Pedro, à Los Angeles. Mais l&rsquo;opération tourne mal : l&rsquo;explosion du navire fait vingt-sept victimes ! Et quatre-vingt-onze millions de dollars se volatilisent dans la nature ! Parmi les survivants, se trouve un petit escroc infirme, Kint le boiteux, surnommé « Verbal » parce qu&rsquo;il ne cesse jamais de parler. Interrogé par l&rsquo;agent spécial Dave Kujan, « Verbal » Kint lui dévoile toute l&rsquo;histoire lors d&rsquo;un long flash-back. Le flic apprend ainsi que les cinq braqueurs n&rsquo;ont pas été réunis par hasard. Ils ont en fait été manipulés depuis le début par Keyser Söze, un être machiavélique possédant une intelligence hors du commun. Un nom que personne ne prononce sans frémir. Kint déclare d&rsquo;ailleurs à Kujan : <em>« Je crois en Dieu. Mais la seule chose que je craigne, c&rsquo;est Keyser Söze. »</em> Sur un scénario très ingénieux de l&rsquo;excellent Christopher McQuarrie qui oeuvra pendant quelques années dans une agence de détectives, Bryan Singer, pour son second long-métrage après <strong>Ennemi public</strong> (1993), a réussi, en 1995, un must du thriller qui, réalisé avec un minuscule budget, fit des recettes très considérables, étant couronné de deux Oscars pour le meilleur scénario original et pour le meilleur acteur dans un second rôle pour Kevin Spacey, aujourd&rsquo;hui tricard sur la place d&rsquo;Hollywood pour des accusations de violences sexuelles dont il a été innocenté par les justices américaine et britannique. Dans ce thriller-culte porté par d&rsquo;excellents comédiens (Gabriel Byrne, Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Stephen Baldwin, Kevin Pollack, Chazz Palminteri) et qui multiplie à l&rsquo;envi les pistes et les fausses pistes, on se régale de l&rsquo;épatant Keyser Söze, figure mythologique du mal (le diable en personne ?) qui n&rsquo;apparaît jamais à l&rsquo;écran et dont on cherche pendant près de deux heures à percer l&rsquo;identité. <strong>Usual suspects</strong> sort dans un combo SteelBook UHD 4K / Blu-ray à l&rsquo;image parfaite. Délicieusement tordu ! (MGM/Arcadès)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAALefHandedGirl.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20718" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAALefHandedGirl-200x300.jpg" alt="Left Handed Girl" width="200" height="300" /></a><strong>LEFT-HANDED GIRL</strong><br />
Une mère célibataire et ses deux filles -de pères différents et avec un grand écart d&rsquo;âge- arrivent à Taipei pour ouvrir un petit stand de nourriture au cœur d’un marché nocturne de la capitale taïwanaise. La mère, Shu-fen, doit composer avec la maladie de son ex-mari, en phase terminale. La grande soeur, I-ann, vend des noix de bétel dans une boutique aux pratiques douteuses et vit une aventure avec son patron. Face à des difficultés de toutes sortes, en particulier familiales et financières, chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale. La cinéaste américano-taïwanaise Shih-Ching Tsou explique son film a une dimension autobiographique ou du moins personnelle : <em>« Le film est né d’un souvenir vif : mon grand-père m’a un jour dit de ne pas utiliser ma main gauche car c’était la main du diable&#8230; »</em> Pour développer son film, elle commence à collecter des histoires, certaines venant d’amis, d’autres de sa famille, voire d’inconnus. Elle observe la tension présente dans les familles traditionnelles, comment la peur du jugement ou du rejet social qui peuvent entraîner l’enfouissement de secrets pendant des années. Au-delà d&rsquo;une histoire de famille, <strong>Left-handed girl</strong> évoque la culture du secret chez les femmes. <em>« Dans la culture chinoise en particulier,</em> dit la cinéaste, <em>il est très important de sauver la face. Il faut montrer le meilleur de soi-même aux gens, surtout pas des choses moches, dont on aurait honte. C’est vraiment spécifique à cette culture. »</em> Shih-Ching Tsou s&rsquo;attache, en particulier, à I-Jing, la petite fille, filmée à sa hauteur quand elle déambule dans le marché de nuit. Idem pour I-Ann, la sœur ainée, qui veut avant tout être elle- même&#8230;Des êtres qui naviguent effectivement, toutes, dans leur propre monde, où fondamentalement elles essaient de survivre, chacune à sa manière. Le cinéaste américain Sean Baker, réalisateur d&rsquo;<strong>Anora</strong>, Palme d&rsquo;or cannoise en 2024, déjà co-réalisateur avec Shih-Ching Tsou, de <strong>Take Out</strong> (2004), intervient, ici, comme producteur mais aussi scénariste et monteur. Si la chronique familiale tend vers un ton mélancolique, le film présente un univers très coloré avec un marché nocturne plein de lumière, de sons, de couleurs et de vie. Mais sous cette vitalité sensorielle se cache une histoire remplie de silence, de répression et de douleur non dite. Et la longue séquence de fête d&rsquo;anniversaire recèle un twist qui amène à reconsidérer le film sous un autre point de vue… Dans les suppléments, on trouve des entretiens avec la cinéaste et les comédiennes Shih-Yuan Ma et Nina Ye ainsi qu&rsquo;un making of. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAASablesKalahari.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20722" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAASablesKalahari-192x300.jpg" alt=" Sables Kalahari" width="192" height="300" /></a><strong>LES SABLES DU KALAHARI</strong><br />
En Afrique du Sud, un petit bimoteur transportant sept personnes s’écrase dans le désert du Kalahari. Les survivants n’ont pas le choix : pour survivre, il va falloir s’entraider. Mais lorsque les vivres commencent à manquer, les plus bas instincts des uns et des autres reprennent le dessus… Jusqu’où iriez-vous pour survivre ? C&rsquo;est la question que suggère l&rsquo;Américain Cy Endfield dans ce film de survie et de psychologie de groupe qui met en lumière les instincts primaires de l’être humain lorsqu’il est soumis à des conditions extrêmes. Alors que les héros doivent faire face à la faim, la soif, la faune sauvage et la raréfaction des ressources, les tensions s’exacerbent, les dilemmes moraux surgissent, et certains personnages régressent à un état quasiment primitif. Tandis que les hommes redeviennent des animaux, le film interroge sur la nature humaine, et la fragilité de notre civilisation. Juste après<strong> Zoulou</strong> (1964), son film le plus connu qui retrace, déjà en Afrique du Sud, un épisode de la guerre anglo-zouloue en 1879, Endfield, parti vivre en Angleterre après avoir été mis au ban d&rsquo;Hollywood par la « chasse aux sorcières » du maccarthysme, tourne en décors naturels, ce long-métrage à la belle photographie qui met en avant la terrifiante beauté d’un paysage hostile au cœur de l’Afrique du Sud. Le final, audacieux et jusqu’au-boutiste, contribue à en faire un film étonnant et brutal et une œuvre captivante. Le groupe de survivants du film est composé de quelques-uns des comédiens anglais les plus en vue de l&rsquo;époque : Stanley Baker, Nigel Davenport, Harry Andrews ou encore Susannah York sans oublier l&rsquo;Américain Stuart Whitman, rendu célèbre par la série <strong>Cimarron</strong>. Pour survivre, ces personnages hauts en couleur devront composer avec leurs propres personnalités conflictuelles… A la fois film d’aventures palpitant et drame existentiel, <strong>Les sables du Kalahari</strong> sort dans une édition restaurée 4K et dans une belle copie blu-ray et dvd. L’édition combo est accompagnée d’un supplément sur Cy Endfield par l’historien du cinéma Laurent Aknin. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAALesTourmentés.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20719" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAALesTourmentés-174x300.jpg" alt="Les Tourmentés" width="174" height="300" /></a><strong>LES TOURMENTÉS</strong><br />
Ancien légionnaire, Skender est devenu SDF et tente de revenir vers son ex-femme Manon et ses enfants, mais Manon le repousse. Un jour, il est contacté par Max, son ancien sergent. Max est devenu majordome pour une personne qu&rsquo;il appelle « Madame », veuve fortunée et passionnée de chasse. Cette dernière cherche un « candidat idéal » pour être son gibier dans une partie de chasse à mort. Max a donc pensé à Skender, qui a selon lui le profil idéal. « Madame » propose donc le job à Skender, qui sera payé en conséquence, pouvant tenter de faire bonne figure devant Manon. L&rsquo;ancien soldat accepte le marché et les deux camps commencent à se préparer chacun de leur côté mais les doutes et la rédemption vont modifier leurs plans. On connaît le Belge Lucas Belvaux pour des films captivants comme <strong>38 témoins</strong> (2012), <strong>Pas son genre</strong> (2014) avec la regrettée Emilie Dequenne ou encore <strong>Des hommes</strong> (2020) tiré du roman éponyme de Laurent Mauvignier. Pour son douzième long-métrage, Belvaux adapte son propre roman éponyme publié en 2022, qu&rsquo;il a eu, semble-t-il, toutes les peines du monde à porter au grand écran. Mais c&rsquo;est cependant chose faite et c&rsquo;est tant mieux car ces <strong>Tourmentés</strong> mérite le détour jusqu&rsquo;à son pied de nez final. Autour de la question : Ça vaut quoi, la vie d’un homme ? Surtout d&rsquo;un type comme Skender, un homme sans qualités, histoire de faire un clin d&rsquo;oeil à Robert Musil. En questionnant la vie, la mort et le coût de la violence dans une chasse qui devient une quête intérieure, Lucas Belvaux s&rsquo;intéresse surtout à des êtres ambigus, fragiles et marqués par leur passé. Le cinéaste s&rsquo;y entend pour mener son récit et jouer avec les attentes (voyeuristes?) des spectateurs. Pour cela, il se repose sur d&rsquo;excellents comédiens comme Niels Schneider (Skender), Ramzy Bedia (Max) ou Deborah François (Manon). Mais la « palme » revient à Linh-Dan Pham, découverte en 1991 ans le rôle de la fille de Catherine Deneuve dans <strong>Indochine</strong>, et qui incarne, ici, une étrange et troublante Madame. (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAADangerDiabolik.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20709" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAADangerDiabolik-239x300.jpg" alt="Danger Diabolik" width="239" height="300" /></a><strong>DANGER : DIABOLIK !</strong><br />
Dans la ville européenne de Clerville, le malfaiteur masqué Diabolik parvient à ravir dix millions de dollars durant un transport de fonds supervisé par l&rsquo;inspecteur Ginko, en faisant diversion à l&rsquo;aide de quelques bombes fumigènes. Il s&rsquo;enfuit à bord d&rsquo;un bateau à moteur puis d&rsquo;une Jaguar noire. Poursuivi par un hélicoptère de la police, il parvient à le semer en entrant dans un tunnel où sa fiancée Eva Kant l&rsquo;attend dans une Jaguar blanche. Diabolik et Eva rejoignent alors leur refuge souterrain. Pendant ce temps, le ministre de l&rsquo;Intérieur convoque une conférence de presse et annonce le rétablissement de la peine de mort pour lutter contre la criminalité. Diabolik et Eva s&rsquo;y rendent, déguisés en journalistes, et libèrent du gaz hilarant, provoquant le rire de toute l&rsquo;assistance. Le lendemain, le ministre démissionne et l&rsquo;inspecteur Ginko ordonne une opération de grande envergure contre la mafia dirigé par le parrain Ralph Valmont ; ce dernier est contraint de passer un accord avec l&rsquo;inspecteur Ginko et promet de remettre Diabolik à la police. C&rsquo;est le producteur Tonino Cervi qui, le premier, a proposé une adaptation cinématographique du <em>Diabolik</em> d&rsquo;Angela et Luciana Giussani, exemple pionnier du sous-genre des <em>fumetti neri</em> de la bande dessinée italienne. L&rsquo;intention initiale de Cervi était d&rsquo;utiliser les bénéfices réalisés avec ce film pour financer un film à sketches co-réalisé par Federico Fellini, Ingmar Bergman et Akira Kurosawa ! Réalisé en 1968 par Mario Bava, le film est considéré comme le plus grand succès commercial du cinéaste italien et, en tout cas, l’une de ses œuvres les plus marquantes. C&rsquo;est en effet un modèle de transposition de bande dessinée au cinéma, offrant une approche libertaire, délurée et saturée de symboles sexuels.  Avec le temps, le film interprété par John Philip Law (Diabolik), Marisa Mell (Eva Kant), Michel Piccoli (Ginko) et Adolfo Celi (Valmont) est devenu culte. <em>« Tout en restant un film de commande,</em> dit le critique Alberto Pezzota, <em>Diabolik se distingue de la moyenne des films semblables de l&rsquo;époque et réussit là où Modesty Blaise de Joseph Losey avait échoué : c&rsquo;est-à-dire transposer le monde de la bande dessinée au cinéma en adoptant le style de la dernière avant-garde artistique. »</em> (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAADanseMacabre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20710" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAADanseMacabre-199x300.jpg" alt="Danse Macabre" width="199" height="300" /></a><strong>DANSE MACABRE</strong><br />
Dans les faubourgs de Londres, un journaliste, Alan Foster, est envoyé, en 1839, pour interviewer Edgar Allan Poe sur ses histoires de terreur. Il est sceptique lorsque Poe lui avoue que ses histoires se sont réellement produites et qu&rsquo;il ne peut être considéré comme un véritable romancier, mais plutôt comme un chroniqueur, tout comme lui. En guise de pari, Foster accepte de passer la nuit des morts, le 2 novembre, seul dans le château abandonné de Lord Blackwood. S&rsquo;il passe la nuit sans s&rsquo;échapper, il recevra à l&rsquo;aube une récompense de cent livres de la part de Lord Blackwood lui-même. Alan Fooster se rend au château, où il rencontre une belle femme, Elizabeth Blackwood, mais ne se rend pas compte qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un spectre. Au cours de cette longue nuit qui semble ne pas avoir de fin, elle lui fera revivre les événements qui ont conduit à sa mort ainsi qu&rsquo;à celle des autres fantômes qui peuplaient le château en cette nuit d&rsquo;horreur. Alan se lie avec sa belle invitée et finit par tomber amoureux d&rsquo;elle, sans se rendre compte qu&rsquo;il est la prochaine victime sacrificielle dont les fantômes ont besoin pour revenir à la vie, au moins pour une nuit&#8230; Lancé avec <strong>Les vampires</strong> de Riccardo Freda et <strong>Le masque du démon</strong> de Mario Bava, répondant à l’épouvante britannique de la Hammer Film ou à la série américaine Roger Corman / Edgar Allan Poe, le gothique italien est ici à son apogée. Sur un scénario de Sergio Corbucci, Antonio Margheriti réussit la prouesse de tourner, en 1963, ce chef-d’œuvre absolu en deux semaines seulement, maîtrisant parfaitement sa technique (il tournait avec quatre caméras) et sa virtuosité pour créer un sommet de l’épouvante des sixties. C&rsquo;est l&rsquo;iconique Barbara Steele qui incarne, ici, Elizabeth Blackwood à laquelle elle apporte sa belle étrangeté. Assistant sur le tournage, Ruggero Deodato a dit que c&rsquo;est lui qui a convaincu l&rsquo;actrice de jouer dans le film, malgré le fait qu&rsquo;elle venait de tourner <strong>Huit et demi</strong> avec Federico Fellini et voulait prendre ses distances avec le cinéma d&rsquo;épouvante. <strong>Danse macabre</strong> deviendra l&rsquo;un des films-phare de la carrière de la Britannique, révélée en 1960 par <strong>Le masque du démon</strong> de Bava. Dans les suppléments de ce blu-ray restauré en 4K et présenté en version intégrale, on trouve <strong>L’éclat d’un rêve d’opium</strong>, une présentation du film par Nicolas Stanzick et <strong>Danza Macabra, la véritable histoire</strong> par Adrian Smith. (Artus films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEtrangeViceWardh.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20713" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAEtrangeViceWardh-196x300.jpg" alt="Etrange Vice Wardh" width="196" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ÉTRANGE VICE DE MADAME WARDH</strong><br />
Dans la capitale autrichienne, un prédateur assassine des femmes avec un rasoir. Julie Wardh et Neil, son mari diplomate, reviennent en ville après un séjour à New York. Julie a épousé Neil pour échapper à Jean, son ancien amant violent, qui vit à Vienne. Jean commence à harceler Julie, qui devient de plus en plus anxieuse. Lors d&rsquo;une soirée mondaine, Carol, l&rsquo;amie de Julie, lui présente son cousin australien George Corro. Le riche oncle de George et Carol vient de mourir et ils sont ses seuls héritiers. George flirte avec Julie, qui est malheureuse dans son mariage avec Neil. Après un déjeuner, George et Julie entament une liaison. Julie reçoit un appel d&rsquo;un maître chanteur qui menace de révéler leur liaison à Neil. Julie soupçonne Jean d&rsquo;être le maître chanteur et Carol insiste pour rencontrer le maître chanteur à la place de Julie. Carol se rend à la rencontre avec l&rsquo;inconnu dans un parc boisé, où elle est agressée et tailladée à mort par un individu armé d&rsquo;un rasoir… Réalisateur de près de quarante films en cinquante années de carrière, Sergio Martino (né en 1938 à Rome) a œuvré dans tous les genres du cinéma populaire italien : western, thriller, polar, science-fiction… Si ses films d’aventures exotiques sont restés dans les mémoires, c’est avec le <em>giallo</em> que Sergio Martino a donné le meilleur de lui-même : <strong>L’étrange vice de Mme Wardh</strong> (1971), <strong>Toutes les couleurs du vice</strong> (1969), <strong>Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé</strong> (1972), <strong>Torso</strong> (1973) ou encore <strong>La queue du scorpion</strong> (1971). Classique du<em> giallo</em> italien, présenté en version intégrale dans une restauration 2K, <strong>L&rsquo;étrange vice&#8230;</strong> est interprété, en tête d&rsquo;affiche, par George Hilton (1934-2019), un habitué du genre et par Edwige Fenech dans le rôle-titre. Née en Algérie française puis naturalisée italienne, la comédienne a été une vedette autant du <em>giallo</em> que de la comédie érotique italienne dont l&rsquo;âge d&rsquo;or se situe dans les seventies. Dans les suppléments, on trouve notamment une présentation du film par Emmanuel Le Gagne et des entretiens avec Sergio Martino, le scénariste Ernesto Gastaldi, le comédien George Hilton et le spécialiste du cinéma d&rsquo;horreur italien Antonio Bruschini. Interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salles. (Artus films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAABambiVengeance.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20707" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAABambiVengeance-212x300.jpg" alt="Bambi Vengeance" width="212" height="300" /></a><strong>BAMBI LA VENGEANCE</strong><br />
Après avoir vu sa mère tuée par un chasseur alors qu’il n’était qu’un faon, Bambi, un jeune cerf, perd sa compagne Faline, renversée par un camion qui transportait des déchets radioactifs. Lorsqu’il boit l’eau de la rivière, contaminée par les déchets toxiques, Bambi se transforme en une créature puissante, déterminée à se venger. Peu de temps après, Xana et son fils Benji prennent un taxi pour rejoindre le reste de leur famille pour <em>Thanksgiving</em>. Le véhicule est sauvagement attaqué par Bambi. Trois chasseurs se lancent alors dans la traque du grand cerf… Et si le gentil Bambi de notre enfance devenait un monstre sanguinaire assoiffé de vengeance ? Conte de fées sinistre et horrifique, <strong>Bambi la vengeance</strong> voit le mignon petit faon transformé en une créature mutante aux dents acérées et aux yeux brillants, porté par une rage sauvage et furieuse. Quatrième film (après notamment Winnie l&rsquo;ourson devenu un meurtrier et Peter Pan transformé en psychopathe tueur d&rsquo;enfants) du <em>Twisted Childhood Universe</em> (« univers de l’enfance déformée ») une franchise britannique de films d&rsquo;horreur, qui reprend des personnages emblématiques de l’enfance pour les transformer en monstres sanguinaires, <strong>Bambi la vengeance</strong> entraîne le spectateur dans une traque sanglante, portée par des meurtres à la fois sauvages et inventifs. Si les empalements, éviscérations et autres mutilations raviront les fans de gore, le film peut aussi compter sur une atmosphère très travaillée avec la mise en scène nocturne de Dan Allen et la très belle photographie de Vince Knight qui enveloppe le film d’un voile brumeux, de teintes bleu-gris qui donnent à la forêt une aura mystérieuse et inquiétante. Du côté des effets spéciaux, la créature est très réussie et très flippante. Ce récit sombre et brutal porte aussi un message écologique, le cerf monstrueux devenant l’incarnation colérique de la nature blessée. La forêt est alors un théâtre impitoyable mêlant suspense, effroi et violence, et interrogeant notre rapport à la nature. Un divertissement décomplexé et un <em>slasher</em> forestier efficace qui offre le plaisir coupable de voir un personnage symbolique de l’enfance devenir un véritable cauchemar ! (Arcadès éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAMurderRock.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20720" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/01/AAAMurderRock-198x300.jpg" alt=" Murder Rock" width="198" height="300" /></a><strong>MURDERROCK</strong><br />
Une prestigieuse académie de ballet de New-York est le théâtre de meurtres sanglants. Plusieurs étudiantes se font assassiner de manière sadique. Souffrant de cauchemars étranges mettant en scène le mystérieux tueur, Candice Norman, la directrice l&rsquo;établissement (la comédienne grecque Olga Karlatos), s&rsquo;allie avec un mannequin masculin pour l&rsquo;aider à mener l&rsquo;enquête… Après <strong>L’éventreur de New York</strong> (1982) et son tueur à la voix de canard, Lucio Fulci retrouve, en 1984, la « Grande pomme » pour ce <strong>MurderRock</strong>. À l’image d’un Dario Argento, le réalisateur de <strong>Perversion Story</strong> (1969) a toujours fait évoluer le <em>giallo</em> en fonction de son époque. Avec sa sixième incursion dans le genre, le prolifique Fulci (1927-1996) s’immisce donc dans les années 80 tel que <strong>Flashdance</strong> les a représentées dans le but d’en critiquer l’esthétisme et l’idéologie à travers une enquête rythmée par la musique de Keith Emerson (<strong>Inferno</strong>) et où se croisent Olga Karlatos (<strong>L’enfer des zombies</strong>), Ray Lovelock (<strong>Bandits à Milan</strong>), Cosimo Cinieri (<strong>Manhattan Baby</strong>) ou Silvia Collatina (<strong>La maison près du cimetière</strong>). Dans les suppléments, on trouve un entretien audio avec Lucio Fulci et des entretiens avec la comédienne et chanteuse Silvia Collatina et Franco Casagni, maquilleur et responsable des effets visuels. Interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salles. Le <em>giallo</em> à la sauce comédie musicale ! (Artus films)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20726</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>TROIS FEMMES FORTES ET UNE AMÉRIQUE BOULEVERSÉE</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20619</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20619#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 17:47:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20619</guid>
		<description><![CDATA[LA LEÇON DE PIANO Au 19e siècle, Ada MacGrath, jeune femme écossaise, est envoyée par son père en Nouvelle-Zélande avec sa fille de neuf ans, Flora, pour y épouser, au fin fond du bush, un colon, Alistair Stewart qu’Ada ne connaît pas et qui n&#8217;a rien à faire d&#8217;elle. Son nouveau mari accepte de transporter [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAALeçonPiano.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20610" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAALeçonPiano-300x253.jpg" alt="Leçon Piano" width="300" height="253" /></a>LA LEÇON DE PIANO</strong><br />
Au 19<sup>e</sup> siècle, Ada MacGrath, jeune femme écossaise, est envoyée par son père en Nouvelle-Zélande avec sa fille de neuf ans, Flora, pour y épouser, au fin fond du bush, un colon, Alistair Stewart qu’Ada ne connaît pas et qui n&rsquo;a rien à faire d&rsquo;elle. Son nouveau mari accepte de transporter toutes ses possessions, à l’exception de la plus précieuse : un piano, qui échoue chez George Baines, un voisin illettré. Ne pouvant se résigner à cette perte, Ada accepte le marché que lui propose Baines, homme frustre mais fascinant : regagner le piano, touche par touche, en se soumettant à toutes ses fantaisies… Selon ce que sa fille Flora aime à raconter, Ada n’a pas dit un mot depuis que son premier mari est mort foudroyé alors qu’ils chantaient tous deux dans la forêt. Ada aurait été chanteuse d&rsquo;opéra et son mari était son professeur de piano. Mais en réalité, c&rsquo;est pour une « raison inconnue » qu&rsquo;elle n’a pas dit un mot depuis l&rsquo;âge de six ans, et qu’elle a recours à la langue des signes pour s’exprimer (sa fille lui sert d&rsquo;interprète), ainsi qu&rsquo;à son piano. Le piano et la musique représentent Ada, ses émotions, ce qu&rsquo;elle exprime. Palme d’or du Festival de Cannes en 1993, <strong>La leçon de piano</strong> est le troisième film de la cinéaste néo-zélandaise Jane Campion, après les remarqués <strong>Sweetie</strong> et <strong>Un ange à ma table</strong>. La scénariste-réalisatrice joue brillamment avec les codes du classicisme pour raconter l’histoire de ce triangle amoureux à haute tension érotique, magnifiquement incarné par Holly Hunter (Ada), Harvey Keitel (Baines), Sam Neill (Alistair) et Anna Paquin (Flora). Avec ses paysages ensorcelants et sa musique enivrante, <strong>La leçon de piano</strong> est une peinture aussi délicate qu’embrasée de la passion amoureuse. Numéro #30 (avec un visuel exclusif de l&rsquo;illustratrice Haley Turnbull) de la passionnante collection Ultra collector, <strong>La leçon de piano</strong> sort pour la première fois en 4K Ultra HD et Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K supervisée et approuvée par Jane Campion et le directeur de la photographie Stuart Dryburgh. Comme il se doit pour une édition Ultra collector, les suppléments sont abondants ! On y trouve une conversation inédite (2022), dans laquelle Jane Campion et la critique de cinéma Amy Taubin discutent de la production et du succès de <strong>La Leçon de piano</strong>, un entretien inédit (10 mn) dans lequel Stuart Dryburgh aborde l’identité visuelle du film et sa collaboration avec Jane Campion, les coulisses du tournage (16 mn),<strong> Le journal de l&rsquo;eau</strong> (18 mn), un film de Jane Campion où Ziggy, une adolescente de 11 ans, raconte, dans son journal, les moments douloureux qu’elle a vécus pendant la plus terrible sécheresse de l’histoire. Enfin <em>Il y a une silence : la leçon de piano de Jane Campion</em> est un ouvrage inédit (200 p., plus de 40 photos d&rsquo;archives) de Mélanie Boissonneau, enseignante-chercheuse à l’université Sorbonne Nouvelle, qui inscrit le film au sein de la riche carrière de Jane Campion, revient en détail sur le travail de la cinéaste et de son équipe, ainsi que sur le statut du film et les questions contemporaines – du féminisme au décolonialisme – que le long-métrage soulève depuis sa sortie. Magnifique ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACarol.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20601" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACarol-199x300.jpg" alt="Carol" width="199" height="300" /></a><strong>CAROL</strong><br />
Bourgeoise séduisante mais prisonnière d’un mariage source de frustrations, Carol Aird fait ses courses de Noël dans un grand magasin de Manhattan. Elle y croise Thérèse Belivet, une jeune employée, qui la trouble profondément. Dans l’Amérique conservatrice et étriquée des années 50 qui ne fonctionnait que sur un « modèle unique », Todd Haynes donne, avec <strong>Carol</strong>, un superbe mélodrame qui prend des allures de road-movie initiatique. A travers un vaste flash-back, Haynes, auteur du mélancolique <strong>Loin du paradis</strong> (2002), raconte comment deux femmes, de conditions différentes, sont emportées dans un tourbillon amoureux irrépressible et succombent à la loi du désir. Dans une mise en scène magnifique dont certains plans font penser à l’oeuvre d’Edward Hopper, Carol et Thérèse s&rsquo;abandonnent à une puissante et tragique passion saphique. Quand deux femmes sont contraintes de ruser avec la société pour s’aimer. Le cinéaste reconstitue brillamment une époque mais il construit aussi des images qui, à travers une fenêtre, une embrasure de porte, une glace de voiture, un miroir, enferment Carol et Thérèse dans une relation taboue. Les deux femmes vont finalement prendre la route. De motel en motel, elles savourent des moments qu’elles savent rares avant de succomber au sexe… A son mari qui lui reproche d’être envoûtée, Carol dira: <em>« Je n’ai jamais été aussi lucide… »</em> Avec son faux air d’Audrey Hepburn, Rooney Mara est une Thérèse timide et solitaire. La rencontre avec Carol lui révèle sa vraie nature et elle choisit, malgré les conventions de l’époque, de l’assumer. Face à cette « drôle de fille tombée du ciel », Cate Blanchett, une nouvelle fois magnifique de sensualité retenue, est une Carol lumineuse et désespérée, mûre et vulnérable. Adapté du second roman de Patricia Highsmith, <strong>Carol</strong> est, sur une mise en scène raffinée, un bijou d&rsquo;élégance. Rooney Mara fut récompensée par le prix d’interprétation féminine à Cannes et le film y reçut aussi la Queer Palm. L’année suivante, <strong>Carol</strong> fut sacré Meilleur film LGBT de tous les temps au Festival du film gay et lesbien de Londres. Présentée pour la première fois en 4K à l&rsquo;occasion des dix ans du film, cette histoire d’amour intemporelle sort en deux superbes éditions avec plus de trois heures de suppléments. On y trouve notamment les commentaires de différents membres de l&rsquo;équipe technique sur le film, le making-of (17 mn), des interview du réalisateur (45 mn) et des comédiennes Cate Blanchett (14 mn) et Rooney Mara (8 mn) et du directeur de la photo Edward Lachman (7 mn). L&rsquo;édition collector contient aussi une livre (100 p.) et l&rsquo;édition limitée numérotée (500 ex.) tout le contenu de l&rsquo;édition collector, le vinyle de la BO et le lookbook de Todd Haynes. Filmé comme un fresque intime digne du Hollywood de l’âge d’or, <strong>Carol</strong> est un grand film d’amour! (Bubbelpop’)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAEddington.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20605" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAEddington-194x300.jpg" alt="Eddington" width="194" height="300" /></a><strong>EDDINGTON</strong><br />
Dans un paysage de désolation, tandis que le vent balaye de longues rues vides, un pauvre bougre en haillons traverse ces larges espaces en vociférant à l’envi des propos incompréhensibles mais qui pourraient bien être des menaces… Est-ce l’alcool, la drogue, la colère, le désespoir, la schizophrénie qui animent ce type ? En tout cas, dans Eddington, ses cris ne semblent pas surprendre plus que cela. Et si ce malheureux, outsider à la dérive, était emblématique de beaucoup de gens frustrés en Amérique ? Quelque part, au coeur du Nouveau-Mexique, Eddington est un grand bled sans attrait particulier. Pourtant la localité va connaître une aventure de plus en plus chaotique lorsque Joe Cross, le shériff local, décide de s’opposer, dans la course à la mairie, au maire sortant Ted Garcia (Pedro Pascal). Le shériff (Joaquin Phoenix) semble manquer d’arguments politiques pour engager ce combat mais cela ne l’empêche en rien de relever le gant. D’ailleurs, il a déjà transformé son véhicule de police en… panneau électoral. Avec des arguments plutôt douteux. Eddington va se transformer en véritable poudrière. Quatrième long-métrage de l’Américain Ari Aster, <strong>Eddington</strong>, qui sort en édition limitée Blu-ray 4K Ultra HD, répond à la vieille envie du cinéaste de réaliser un western contemporain. A partir du conflit entre le shérif et le maire, le film apparaît comme une relecture contemporaine du genre, miroir d’un combat plus large pour l’âme du pays. Le film troque les lassos et les hors-la-loi pour les armes symboliques de l’époque actuelle, Aster évoquant les périls que fait courir à la société le progrès technologique quand il est hors de contrôle. Maelstrom cauchemardesque et comédie grinçante et audacieuse jusqu’à susciter le malaise, <strong>Eddington</strong> décrit l’Amérique profonde avec des gens ordinaires, faillibles, qui croient sincèrement défendre le bien commun. Et que dire de la femme du shériff (Emma Stone) qui a sombré dans un univers proche de l’idéologie Qanon. <em>« À mes yeux,</em> explique Ari Aster, l<em>’ennemi commun dans le film, c’est la ‘distraction’. On vit dans un système en déliquescence, où les combats politiques nous hypnotisent pendant que la tech et le capital resserrent leur emprise. Les gens sont impuissants dans ce système et qu’ils ont été privés de tout levier d’action réel sur le monde. (&#8230;) La pandémie a coupé le dernier lien. Pourtant, un pouvoir – un pouvoir immense – s’exerce sur la société et on n’a pas encore trouvé le moyen d’y faire face. Mais il va falloir qu’on y arrive. »</em> En cherchant à affronter ce pouvoir, justement, les personnages d’<strong>Eddington</strong> basculent dans une forme de folie. Et le tableau donne singulièrement le frisson. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAANeantShoah.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20612" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAANeantShoah-174x300.jpg" alt="Neant Shoah" width="174" height="300" /></a><strong>JE N&rsquo;AVAIS QUE LE NÉANT &#8211; SHOAH PAR LANZMANN</strong><br />
Longue méditation douloureuse sur la singularité des crimes nazis et la douleur de l&rsquo;Homme survivant, <strong>Shoah</strong> (sorti sur les grands écrans en 1985), le film de Claude Lanzmann prend le parti de n&rsquo;utiliser aucune image d&rsquo;archives. Seuls des témoignages de rescapés, de contemporains ou d&rsquo;assassins sont montrés. Quelques séquences ont été rejouées ou préparées (ainsi le récit poignant d&rsquo;un coiffeur, Abraham Bomba), mais la plupart ont été tournées en caméra directe, traduites à la volée par l&rsquo;un ou l&rsquo;une des protagonistes. D&rsquo;une durée de près de dix heures, cette œuvre est construit en quatre volets : la campagne d&rsquo;extermination par camions à gaz à Chełmno; les camps de la mort de Treblinka et d&rsquo;Auschwitz-Birkenau et le processus d&rsquo;élimination du ghetto de Varsovie. Récompensé d&rsquo;un César d&rsquo;honneur en 1986, <strong>Shoah</strong> est inscrit en 2023 au registre de la Mémoire du monde de l&rsquo;UNESCO. Cité à de nombreuses reprises dans les listes des meilleurs films de tous les temps, cette œuvre-monument marque une date importante dans la représentation et la diffusion de la mémoire de l&rsquo;Holocauste. La réalisation de<strong> Shoah</strong> de Claude Lanzmann est une aventure en elle-même. Douze années de travail, des milliers d’heures de préparation, des voyages aux quatre coins du monde, des dizaines de témoins… et autant de doutes, de déboires, d’impasses, mais aussi de moments de grâce. À partir des 220 heures de rushes non utilisés au montage du film et en s&rsquo;appuyant sur les <em>Mémoires</em> de Claude Lanzmann (1925-2018), le documentariste Guillaume Ribot raconte la production d’une œuvre majeure du cinéma, au plus près des obsessions de celui qui entreprit de faire émerger la vérité du néant. Disponible pour la première fois en édition Blu-ray, le film (1h34) adopte la forme d&rsquo;un road-movie archivistique, mêlant making-of et devoir de transmission pour explorer les coulisses de la création de cette œuvre monumentale sur la Shoah. Guillaume Ribot n&rsquo;est pas un novice dans le domaine. En 2009, il réalise son premier documentaire en se penchant sur son histoire familiale. Sa grand-mère lui avait confié avoir caché des enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Il débute alors son travail de recherches sur ses bribes de souvenirs. En fouillant dans les tiroirs chez son grand-oncle, en Lot-et-Garonne, il découvre le cahier d&rsquo;une jeune écolière de 11 ans : Susi Feldsberg. Le réalisateur décide de partir sur les traces de la famille Feldsberg. Pendant plus de quatre ans, il va enquêter en France, en Belgique, en Autriche, en République tchèque et en Pologne pour réaliser <strong>Le cahier de Susi</strong>. Il découvrira qu’ils ont tous été déportés et assassinés à Auschwitz en septembre 1942 depuis le camp d&rsquo;internement de Drancy. (MK2/Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACoupCoeur.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20603" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACoupCoeur-188x300.jpg" alt="Coup Coeur" width="188" height="300" /></a><strong>COUP DE COEUR</strong><br />
Las Vegas, un 4 juillet, jour de l&rsquo;Indépendance des États-Unis. Hank (Frederic Forrest) et Franny (Teri Garr), usés par une vie de couple faite de routine et de banalité, décident de se séparer, le jour anniversaire de leurs cinq ans de rencontre. Chacun s’en va vivre une nuit d’errance, de rêve et de désir avant, peut-être, de mieux se retrouver. Sorti de l’expérience éreintante d’<strong>Apocalypse now</strong>, Francis Ford Coppola est désireux de choisir un sujet plus léger pour son prochain film. Il rêve aussi d’un studio de cinéma qui rassemblerait des réalisateurs soucieux de maîtriser totalement leurs films. C’est ainsi qu’il rachète Hollywood General Studios à Los Angeles pour entamer la seconde ère de son studio Zoetrope. <strong>Coup de cœur</strong> sera le premier film de cette nouvelle usine du cinéma. Il s’agit aussi de la toute première œuvre cinématographique de l’ère électronique : en effet, le cinéaste a mis sur pied le <em>Silver Fish</em>, un bus équipé d’une régie ultra sophistiquée afin d’imaginer son film sous tous les angles. Il en résulte une œuvre cinématographique aux prouesses techniques indiscutables, aux images sublimes et révolutionnaires. Si le film n’a pas eu le succès espéré lors de sa sortie, il est aujourd’hui totalement réévalué. Beaucoup parlent de chef d’œuvre et le considèrent comme l’un des plus beaux films de son auteur. Œuvre singulière dans la filmographie de Coppola, <strong>Coup de cœur</strong> est une véritable déclaration d’amour au pouvoir du cinéma. Entièrement filmé dans une Las Vegas reconstituée en studio, baignée de néons et de lumières irréelles, le film marie l’émotion la plus intime à une mise en scène ample et lyrique. Audacieux, ce film musical, bercé par les chansons de Tom Waits (qui incarne un joueur de trompette), est une rêverie mentale photographiée par l’un des plus grands opérateurs du cinéma, l&rsquo;Italien Vittorio Storaro (<strong>Le conformiste</strong>, <strong>Apocalypse now</strong>, <strong>Reds</strong>&#8230;). <strong>Coup de cœur</strong> se déploie comme un poème visuel, une fable moderne et mélancolique sur les secondes chances et les errances du cœur. Le film est ici également disponible dans sa versions <em>Reprise</em>, un remontage exclusif de 2024, approuvé et supervisé par Coppola lui-même. Ce nouveau montage, qui selon le réalisateur affine et enrichit le récit d’origine, redonne toute sa force émotionnelle et esthétique à cette œuvre singulière. Film de mise en scène, <strong>Coup de coeur</strong> rappelle les classiques d’Hollywood comme <strong>Chantons sous la pluie</strong> ou <strong>Un Américain à Paris</strong>. Une pure merveille intemporelle qu’on ne se lasse pas de revoir. Le film est accompagné d&rsquo;abondants suppléments. On y trouve <strong>Le studio de rêve</strong> (29 min), <strong>Quand la vidéo rencontre le cinéma</strong> (9 min), le Motion Control, par Robert Swarthe (3 min), Tom Waits et la musique du film (13 min), le making-of (23 min), le clip <em>This one’s from the heart</em> réalisé par Gian-Carlo Coppola (4 min), des scènes inédites (25 min), l&rsquo;esthétique de <strong>Coup de cœur</strong> (17 min, inédit), le casting du film (21 min, inédit), la chorégraphie (24 min, inédit) ou <strong>Réinventer la comédie musicale</strong> : Baz Luhrmann parle de <strong>Coup de cœur</strong> (25 min, inédit). (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAATucker.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20646" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAATucker-188x300.jpg" alt="Tucker" width="188" height="300" /></a><strong>TUCKER</strong><br />
Preston Tucker est un inventeur passionné, déterminé à bouleverser l’industrie automobile avec la Tucker Torpedo &rsquo;48, une voiture audacieuse, novatrice, en avance sur son temps. Le succès prévisible déclenche une contre-attaque immédiate du <em>Big Three</em> (General Motors, Chrysler et Ford) pour tuer le projet dans l&rsquo;œuf. Face aux lobbies automobiles de Detroit et à l’hostilité du gouvernement, le rêve de Tucker se heurte à un système décidé à l’écraser. Mais cet homme déterminé est décidé à ne pas se laisser faire et à faire aboutir son projet : il doit absolument réaliser cinquante exemplaires de sa voiture pour que celle-ci existe de fait. Ce biopic flamboyant retrace le destin brisé de Preston Tucker, concepteur automobile visionnaire dont l&rsquo;ambition s&rsquo;est heurtée à la toute-puissance des géants américains du domaine. Dans la lignée des films de Franck Capra (<strong>La vie est belle</strong>, 1946), Coppola raconte comment un homme s’accroche à son rêve grâce au soutien indéfectible de sa famille, quelques collaborateurs dévoués et un sens inné de la publicité. Peint avec les couleurs intenses d’un magazine comme<em> Life</em>, ce portrait d’un bricoleur de génie est aussi une critique de l’Amérique : celle d’un pays où, après-guerre, les petits inventeurs se trouvent écrasés par une industrie gigantesque. Comment ne pas penser à Coppola lui-même, obsédé par l’indépendance de sa création face aux majors de l’industrie cinématographique ?Il s’agit en effet du projet le plus personnel du cinéaste, produit par un certain&#8230; George Lucas. A l’époque de l’échec de <strong>THX 1138</strong>, Coppola avait relancé sa carrière en produisant <strong>American Graffiti</strong>. C’est désormais au tour de Lucas, devenu indépendant grâce à la saga <strong>Star Wars</strong>, de relancer son ami. Porté par Jeff Bridges dans le rôle-titre (qui avait été proposé à Brando et Nicholson), <strong>Tucker</strong> est une superbe déclaration d’amour à l’Amérique des années 40, combattante et dynamique. Images spectaculaires en Technicolor, montage tonitruant volontairement artificiel et publicitaire, Coppola signe ici un film enjoué et euphorisant, filant à toute allure. C’est son chant d’amour aux utopistes et aux rêveurs mais aussi sa réponse aux critiques et aux studios. Dans les suppléments, on trouve le commentaire audio de Francis Ford Coppola, une introduction au film (3 min), une sène coupée : The Stove (4 min), <strong>Under the Hood : Making Tucker</strong> (10 min) ainsi que <strong>Tucker : The Man and the Car</strong>, un film promotionnel de 1948 avec commentaire audio de Coppola (15 min). (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAABoogieNights.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20600" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAABoogieNights-244x300.jpg" alt="Boogie Nights" width="244" height="300" /></a><strong>BOOGIE NIGHTS</strong><br />
Plongeur dans une boîte de nuit dans la banlieue de Los Angeles, Eddie Adams n&rsquo;a pas une vie de famille très rose entre un père muet et une mère hystérique qui lui reproche d&rsquo;être un raté. Nous sommes à la fin des années 1970 et le jeune Eddie va croiser la route de Jack Horner. Réalisateur de films X, Horner, ayant remarqué le potentiel viril du gaillard, va le propulser dans le monde du cinéma porno. A une époque où le sexe est un plaisir sans danger et le plaisir une industrie, Eddie devient une star internationale sous le nom de Dirk Diggler. Le succès arrive rapidement. Deux années consécutives, Eddie est primé pour ses films. Diggler va trouver sa place dans le milieu. Il devient ami avec d&rsquo;autres acteurs et des membres de l&rsquo;équipe technique, s&rsquo;achète une voiture de luxe et s&rsquo;installe dans une nouvelle maison. Les années 1980 arrivent, et lorsque Jack recrute un nouvel acteur, Eddie sent son statut menacé. A la suite d&rsquo;une altercation avec Jack, il décide d&rsquo;abandonner le porno pour se lancer dans la musique. Mais devenu accro à la cocaïne, il dépense tout l&rsquo;argent prévu pour l&rsquo;enregistrement d&rsquo;un album en drogues et finit par tomber dans la prostitution. Pendant ce temps, le marché du X connaît des jours de plus en plus sombres… Pourtant, après avoir frôlé la mort dans une affaire de revente de drogue avariée, Eddie retourne voir Jack, s&rsquo;excuse. Ils vont reprendre ensemble le tournage de films pornographiques. Après un premier film qui connut beaucoup de problèmes, Paul Thomas Anderson (actuellement à l&rsquo;affiche dans les salles avec <strong>Une bataille après l&rsquo;autre</strong>) tourne, en 1977, cette histoire qui s&rsquo;inspire de l&rsquo;acteur John Holmes (1944-1988) apparu dans quelque 2500 films X. Le cinéaste s&rsquo;appuie sur un court-métrage réalisé à l&rsquo;âge de 17 ans, <strong>The Dirk Diggler Story</strong>, un documentaire fictif sur un acteur de films pornographiques. Pour le film, le cinéaste bénéficie d&rsquo;un gros casting avec Mark Wahlberg (Diggler), Julianne Moore, Burt Reynolds, John C. Reilly, Philip Seymour Hoffman ou William H. Macy. Entre glamour et décadence, <strong>Boogie Nights</strong>, présenté dans un steelbox 4K Ultra HD, est un film ambitieux qui raconte à la fois une époque (1977-1984), un business qui fascina l&rsquo;adolescent Anderson et des destinées personnelles. Une immersion dans l’âge d’or du cinéma… et de l’excès. Dans les suppléments, on trouve notamment une séance de questions-réponses à l&rsquo;American Cinematheque avec le réalisateur et John C. Reilly ainsi que des scènes supplémentaires… (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAATheOutsiders.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20617" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAATheOutsiders-164x300.jpg" alt="The Outsiders" width="164" height="300" /></a><strong>THE OUTSIDERS</strong><br />
A Tulsa, dans l&rsquo;Oklahoma, au milieu des années soixante, deux bandes rivales s&rsquo;affrontent régulièrement. D’un côté, les Greasers, délinquants issus des quartiers pauvres, adeptes de la gomina et des blousons en cuir. De l’autre, les Socs, gosses de riches arrogants qui roulent en Cadillac. Membre des Greasers, Ponyboy rencontre Sherry « Cherry » Valance (son surnom vient de ses cheveux rouges) qui veut lui prouver que les Socs ne sont pas tous pareils. Au cours d’une bagarre, Johnny, un jeune Greaser, tue un membre des Socs… Suite à l’échec commercial de <strong>Coup de cœur</strong> (voir ci-dessus), Coppola réalise dans la foulée <strong>The Outsiders</strong>, tiré du très populaire roman de Susan Eloise Hinton. Avec cette histoire de bandes rivales et d’adolescence rebelle, le cinéaste retrouve des thèmes qui lui sont chers depuis longtemps. <strong>The Outsiders</strong>, sorti en 1983, rend hommage à des chefs-d’œuvre du cinéma américain comme <strong>La fureur de vivre</strong> (1955) de Nicholas Ray ou <strong>West Side Story</strong> (1961) de Jerome Robbins et Robert Wise. Le film de Coppola deviendra lui-même une référence pour d’autres cinéastes comme Gus Van Sant ou Leos Carax. Ici, Coppola revisite tout le cinéma de Nicholas Ray avec des acteurs aux gueules d’ange. On croise Matt Dillon, Tom Cruise, Rob Lowe et Patrick Swayze qui font leurs premiers pas au cinéma mais aussi Diane Lane, C. Thomas Howell ou Emilio Estevez dont Coppola avait dirigé le père (Martin Sheen) dans <strong>Apocalypse now</strong>. Emilio Estevez y avait d&rsquo;ailleurs un petit rôle coupé au montage. Dans la plus pure tradition du teen movie mais, dans un registre sombre, ces gamins grandissent en bande, sans famille ni avenir, déshérités par leur pays, et pourtant tous animés d’une rage de vive. Avec <strong>The Outsiders</strong>, présenté ici dans son montage original et sa version <em>Complete Novel</em>, le réalisateur livre l’un de ses films les plus romanesques et continue d’innover en développant les techniques de tournage et d’enregistrement mises au point pour <strong>Coup de cœur</strong>. Avec ce cinéma électronique, Coppola veut faire entrer le cinéma dans une nouvelle phase et y parvient avec maestria. Ce film lyrique à la beauté crépusculaire surprend. Le cinéaste soigne ses décors, et s’il filme de nouveau en extérieurs la nature et les espaces, il s’autorise les couchers de soleil en studio et les silhouettes découpées sur l’horizon, hommage aux classiques du vieil Hollywood. Cette sortie est accompagné de beaucoup de suppléments avec notamment des commentaires audio du réalisateur ainsi que de plusieurs comédiens, le making-of <strong>Rester de l’or : retour sur The Outsiders</strong> (26 min), une interview de Diane Lane (19 min), la romancière S.E Hinton sur le lieu du tournage à Tulsa (7 min), une rencontre de Coppola avec les étudiants de la Fémis (22 min), des scènes inédites ainsi que des inédits comme l&rsquo;introduction de Coppola à <strong>The Outsiders : The Complete Novel</strong> (11 min) ou une rencontre avec Stephen H. Burum, le directeur de la photo, qui se souvient du film (12 min). (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAADracula.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20604" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAADracula-176x300.jpg" alt="Dracula" width="176" height="300" /></a><strong>DRACULA</strong><br />
Au 15e siècle, au fond des Balkans, Vlad, prince de Valachie, est un seigneur redouté pour ses qualités de combattant. Une fois de plus, pour défendre son territoire, il est amené à combattre un ennemi qu’il met en déroute. Hélas, Vlad ne peut rien contre la perte d’Elisabeta, la femme de sa vie, tuée sous ses yeux par des soldats. Il implore un prêtre de demander à Dieu de ramener celle qu’il aime à la vie. Mais le prêtre décline et Vlad le transperce avec sa crosse… Frappé d&rsquo;une malédiction, il devient le prince Dracul, un vampire avec pour seul but dans l’existence : retrouver son amour perdu. Dans son château, il reçoit Jonathan Harker, un clerc de notaire, qui vient lui proposer une demeure à Paris. Jonathan porte autour du cou un collier avec une médaille qui contient la photo de Mina, sa fiancée. Vlad est bouleversé. Et si cette Mina n’était autre que la femme de sa vie ! 400 ans plus tard, à Paris, Vlad croise la fragile Mina qui ressemble, effectivement, à sa chère Elisabeta… Le cinéma aime le bon vieux vampire cher à Bram Stocker. Après Tod Browning, Terence Fisher, Francis Ford Coppola ou encore Robert Eggers, c’est donc Luc Besson qui s’y colle ! L’idée de son <strong>Dracula</strong> est née, semble-t-il, d’une discussion avec le comédien américain Caleb Landry Jones, qui tint en 2023 le rôle principal du <strong>DogMan</strong> de Besson. Le cinéaste et l’acteur évoquaient les potentiels rôles qui pouvaient convenir à Landry Jones. Et voilà comment le nom de Dracula apparut et comment Luc Besson se mit à écrire un scénario d’après Bram Stocker. Avec un budget de 45 millions d’euros, <strong>Dracula</strong> est le film français le plus cher de 2025 même si on est loin des 197 millions d’euros du blockbuster de Luc Besson <strong>Valerian et la Cité des mille planètes</strong> (2017). Mais, de fait, l’argent, incontestablement, est sur l’écran ! Le réalisateur du <strong>Grand bleu</strong> n’a pas lésiné sur les costumes, les perruques, les maquillages, les décors, les effets visuels et il peut même proposer une b.o. écrite, dans une première collaboration entre les deux artistes, par Danny Elfman, le compositeur fétiche de Tim Burton… L&rsquo;aventure est aussi gothique que kitsch. Mais Besson a toujours été un baroque et son objectif, c’est de faire du spectacle. Donc, sur un fond de drame romantique amoureux, le cinéaste distille sa propre vision vampirique fortement saturée. Avec son faux air de Willem Dafoe, Caleb Landry Jones est un Dracula qui vaut bien ses prédécesseurs face à Christoph Waltz en prêtre exorciste sûr de son fait et convaincu que la gousse d’ail ne fonctionne pas contre les suceurs de sang. Tape-à-l’oeil mais efficace. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAZatoichi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20618" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAZatoichi-300x300.jpg" alt="Zatoichi" width="300" height="300" /></a><strong>LA LÉGENDE DE ZATOÏCHI : LES ORIGINES DU MYTHE</strong><br />
En 1962, la Daiei produit <strong>La légende de Zatoïchi &#8211; le masseur aveugle</strong>. Ce film à petit budget, en noir et blanc, va pulvériser le box-office et marquer irrémédiablement l’histoire du cinéma japonais. Vingt six films et cent épisodes de série TV suivront, faisant de<strong> Zatoïchi</strong>, l’une des sagas les plus retentissantes mais aussi les plus complètes du cinéma japonais. Le masseur aveugle, ancien yakuza devenu vagabond errant, aux techniques de sabre redoutables, est interprété par Shintaro Katsu, qui jouera ce personnage jusqu’en 1989. Aux commandes des films, on trouve des réalisateurs de légendes tels que Kazuo Mori, Kenji Misumi ou Tokuzo Tanaka. Un coffret collector (illustré par Péchane) contenant cinq Blu-ray (films 1 à 3 en noir et blanc, films 4 et 5 en couleurs) rassemble les quatre premiers films de la saga ainsi que <strong>Le bandit aveugle</strong>, un film précurseur qui présente une première itération du personnage. <strong>Les origines de Zatoïchi &#8211; Le bandit aveugle</strong> (1960) : Avant de devenir Zatoïchi, Shintaro Katsu incarne Suginoichi, un bandit aveugle froid et ambitieux, prêt à tout pour s’emparer du pouvoir, au détriment de ceux qui l’entourent&#8230; Le studio Daiei dévoile la première version d’un personnage à la fois proche et éloigné du Zatoïchi à venir. <strong>La légende de Zatoichi &#8211; Le masseur aveugle</strong> (1962) : Le masseur aveugle Zatoïchi rend visite à un chef yakuza. Bientôt entraîné dans un conflit avec un clan rival, il se lie d’amitié avec un samouraï malade du camp adverse, tandis que la guerre entre les deux factions devient inévitable. Un premier volet fondateur qui révèle le sabreur aveugle Zatoïchi. <strong>La légende de Zatoichi &#8211; Le secret</strong> (1962) : Les tensions entre deux gangs rivaux éclatent au grand jour. Chaque chef désigne son champion : un ancien samouraï devenu pêcheur, porteur d’un lourd secret, et Zatoïchi, joueur invétéré et masseur, dont le sabre frappe avec la fulgurance de l’éclair. <strong>La légende de Zatoichi &#8211; Un nouveau voyage</strong> (1963) : Zatoïchi tente de se retirer dans son village natal, mais la violence le rattrape lorsqu&rsquo;il se retrouve mêlé à un conflit entre un clan de yakuzas et des villageois opprimés. <strong>La légende de Zatoichi &#8211; Le fugitif</strong> (1963) : À son arrivée dans la ville de Shimonita, Ichi apprend qu’un chef yakuza local a mis sa tête à prix. Pris au piège, il découvre qu’un ancien amour a été assassiné. Dévoré par la colère, il part affronter les meurtriers : un rōnin mercenaire et son clan. Dans les bonus, on trouve la présentation des films par Clément Rauger, La Naissance du mythe, un entretien avec Fabien Mauro, la présentation du film <strong>Le masseur aveugle</strong> par le réalisateur nippon Takashi Miike et l&rsquo;essai <em>Le guerrier handicapé : un grand mythe du cinéma martial</em>. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAGamera.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20608" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAGamera-300x300.jpg" alt="Gamera" width="300" height="300" /></a><strong>GAMERA</strong><br />
La tortue Gamera, elle, fête cette année ses 60 ans ! C’est en effet en 1965 que la Daiei, plutôt spécialisée dans les films de sabre, lance son monstre maison pour concurrencer le <strong>Godzilla</strong> de la Tohu. Entre destruction spectaculaire, imagination débridée et un charme naïf typique du <em>kaiju-eiga</em>, les films japonais de monstres des années 60, les trois premiers <strong>Gamera</strong> posent les bases d’un mythe qui marquera le genre. Après un premier film en noir &amp; blanc où la tortue cracheuse de feu menace Tokyo, Gamera affrontera d’autres créatures géantes en couleurs, dont Gyaos, une sorte de chauve-souris géante assoiffée de sang, ou Barugon, une créature reptilienne mythologique. Avec douze films au total, la tortue a marqué le genre du <em>kaiju-eiga</em>. Gamera s’offre une nouvelle jeunesse avec une restauration en 4K supervisée par Shinji Higuchi (directeur des effets spéciaux de la trilogie <strong>Heisei</strong> de <strong>Gamera</strong>, et co-réalisateur de <strong>Godzilla Resurgence</strong>), le tout dans deux beaux coffrets Blu-ray ou UHD comportant les trois premiers films de l’ère Showa accompagnés de dix cartes postales, un livret de 60 pages et un poster. <strong>Gamera – Daikaiju Gamera</strong> (1965) : Suite à une explosion nucléaire, une tortue préhistorique émerge de l&rsquo;océan et détruit des villes au large du Japon. Son nom est Gamera. <strong>Gamera contre Barugon</strong> (1966) : Barugon, créature reptilienne mythologique, ravage le Japon. Gamera, protecteur de la Terre, se mettra au travers de sa route… Suite au succès du premier <strong>Gamera</strong>, la Daiei propose cette fois une suite en couleurs, dans laquelle Gamera affronte un monstre à sa hauteur. <strong>Gamera contre Gyaos</strong> (1967) : Une créature volante nommée Gyaos terrorise le Japon en se nourrissant d&rsquo;énergie humaine. Alors que des scientifiques essayent de comprendre l&rsquo;origine de Gyaos, Gamera intervient pour sauver l&rsquo;humanité. Dans ce troisième volet, la Daiei introduit Gyaos, nemesis de Gamera. Dans les bonus, on trouve la présentation de chaque film par Fabien Mauro, un essai de Jordan Guichaux intitulé <strong>Gamera création du concurrent idéal</strong> et des interview de Shinji Higuchi et Shunichi Ogura, superviseurs de la restauration. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAASiVersailles.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20615" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAASiVersailles-201x300.jpg" alt="Si Versailles" width="201" height="300" /></a><strong>SI VERSAILLES M&rsquo;ETAIT CONTÉ</strong><br />
L’histoire du château de Versailles, depuis l’instant où, enfant, le futur roi Louis XIII découvre le site, jusqu’aux années cinquante où le château de Louis XIV est devenu un musée. À l’origine, Louis XIII fit élever un pavillon de chasse dans la forêt de Versailles, que son fils Louis XIV transforma en un château somptueux. Le faste du train de vie du monarque et de sa cour éveilla la colère du peuple, qui fit trembler les murs du palais… Qu’ont en commun Tino Rossi, Brigitte Bardot, Jean Marais, Bourvil, Claudette Colbert, Gérard Philipe, Édith Piaf, Annie Cordy, Charles Vanel, Jean Richard, Orson Welles, ou encore Micheline Presle ? Toutes ces stars sont au générique de <strong>Si Versailles…</strong> à côté de bien d’autres comédiens encore ! C&rsquo;est assurément ce casting… royal qui a contribué au succès de ce classique.<br />
<em>On nous dit que nos rois dépensaient sans compter,</em><br />
<em> Qu&rsquo;ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.</em><br />
<em> Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,</em><br />
<em> Ne nous mettaient-ils pas notre argent de côté ?</em><br />
Ce sont les premiers mots du quatrain que Guitry dit en ouverture du film… À travers les grandes figures qui l’ont habité, Sacha Guitry se réapproprie, avec pas mal de fantaisie, l’histoire du célèbre château en lui rendant un formidable hommage. Entre <strong>La vie d&rsquo;un honnête homme</strong> (1953) et <strong>Napoléon</strong> (1955), Sacha Guitry donne une superproduction qui, entre faits historiques, dialogues raffinés et reconstitutions somptueuses, retrace l’histoire du château de Versailles avec humour et pédagogie. Cette fresque flamboyante sort pour la première fois en édition collector restaurée 4K + 2 Blu-ray. Premier film en couleurs de Guitry, <strong>Si Versailles&#8230;</strong> fut un énorme succès avec plus de sept millions d’entrées en France en 1954. Le contrat d’autorisation de tournage allouait un pourcentage des recettes au Château de Versailles. En trois semaines d&rsquo;exclusivité à Paris, les premières recettes rapportèrent plus de 56 millions d’euros au monument, contribuant ainsi largement à sa restauration. Dans les suppléments, on trouve notamment <strong>Si Versailles m’était conté&#8230; : l’Histoire selon Sacha Guitry</strong>, par Noël Herpe, historien du cinéma. (39 mn), des anecdotes et souvenirs par Albert Willemetz, président de l’Association des Amis de Sacha Guitry (24 mn), <strong>A vous aussi Versailles sera conté</strong>, une archive INA diffusée pour la première fois en 29 décembre 1953 (32 mn). (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAASorryBaby.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20616" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAASorryBaby-185x300.jpg" alt="Sorry Baby" width="185" height="300" /></a><strong>SORRY, BABY</strong><br />
Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d&rsquo;entrevoir ce qui vient après… Loin des récits de souffrance traditionnels, <strong>Sorry, Baby</strong> se distingue par son regard tourné vers la guérison et la résilience. Eva Victor, pour un premier film, évoque des événements proches de sa propre expérience, fait preuve d&rsquo;une grande sensibilité et dépeint une amitié féminine sincère, faite de complicité et de soutien. Dans un propos emprunt d&rsquo;émotion et de tendresse, la cinéaste réussit une œuvre profondément humaine et nécessaire. En suivant Agnès (incarnée par Eva Victor), une doctorante trentenaire, violée par son directeur de thèse, la réalisatrice développe cinq chapitres non chronologiques, couvrant, par touches successives, cinq années de la vie d&rsquo;Agnès. En privilégiant « la guérison » à « la violence ». C&rsquo;est Barry Jenkins, le scénariste et réalisateur de <strong>Moonlight</strong> (2016), Oscar du meilleur film 2017, qui, ayant découvert les vidéos humoristiques d&rsquo;Eva Victor en ligne, lui proposa, dans un geste de confiance, de produire son premier film à condition qu&rsquo;elle en assure elle-même la réalisation. Présenté à la Quinzaine des cinéastes de Cannes, <strong>Sorry, Baby</strong> a été couronné pour son scénario par le jury de Sundance qui a souligné <em>« son honnêteté étonnante et son humour emprunt d&rsquo;émotion »</em>. Le sujet du film habitait Eva Victor depuis longtemps, mais ce n&rsquo;est qu’après avoir découvert de manière autodidacte le cinéma qu’elle s’est sentie prête à aborder cette histoire d’une jeune chercheuse qui, suite à une agression sexuelle, renoue avec sa propre identité, avec une dose d’humour noir et grâce à l’amour et au soutien d’une amie. <em>« Je me suis retrouvée à écrire le film dont j’aurais eu besoin quand j’ai traversé une crise proche de celle d’Agnès »</em>, explique la cinéaste. <em>« Plus que de filmer la violence ou les agressions, c’était la guérison qui m’intéressait. Je tenais à explorer ce sentiment d’impasse, le fait de voir les gens qu’on aime aller de l’avant tandis qu’on reste coincé dans le souvenir de ce qu’on a vécu. J’ai voulu faire ce film pour la personne que j’avais été. »</em> Un délicat récit de survie ! (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAMiroirsN°3.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20611" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAMiroirsN°3-173x300.jpg" alt="Miroirs N°3" width="173" height="300" /></a><strong>MIROIRS N°3<br />
</strong>Jeune femme plutôt mystérieuse, Laura accepte d’accompagner son compagnon et des amis pour une excursion. Mais elle change d&rsquo;avis. Son ami accepte de la ramener à Berlin. Sur une étroite route de campagne, la voiture se retourne dans les champs. Le chauffeur est tué sur le coup. Laura sort, presque miraculeusement, indemne de l’accident. Transportée dans une maison voisine, la jeune femme, très secouée, demande à y rester. Betty, qui avait vu passer la voiture, juste avant le drame, accepte. Fragile, affaiblie, abattue, Laura passe son temps entre le lit et la fenêtre de son refuge sous le regard d’une Betty qui lui apporte soutien et réconfort. Petit à petit, une cohabitation s’installe. Mais Laura découvre bientôt de sombres secrets et doit se rendre à l’évidence : quelque chose ne va pas dans la famille. Les raisons qui les poussent à s’occuper d’elle ne sont pas aussi honorables qu’il n’y paraît. On a remarqué l&rsquo;Allemand Christian Petzold avec des films comme <strong>Barbara</strong> (2012) ou le récent <strong>Ciel rouge</strong> dans lequel on trouvait déjà l’excellente Paula Beer qui est, ici, cette Laura, pianiste ambitieuse, qui a l’impression que la musique et sa vie lui échappent. <strong>Miroirs n°3</strong>, dont le titre fait référence à la pièce pour piano éponyme de Maurice Ravel, s’applique à distiller une atmosphère presqu’inquiétante entre Laura et Betty tandis que Richard, le mari et Max, le fils de Betty, tous deux travaillant dans un garage situé dans un hameau proche, se tiennent présents à quelque distance. Dans cette maison perdue en pleine campagne, Laura va devenir une sorte d’enjeu qui pourrait permettre à Betty et aux siens de reprendre goût à l’existence. Si, in fine, la raison qui pousse Betty à accueillir Laura, apparaît assez banale, c’est bien le sentiment que la jeune femme n&rsquo;est pas vraiment présente au monde, qui intéresse le cinéaste. Dans la voiture fatale, elle passe devant une maison et le regard d’une parfaite inconnue, une femme vêtue de noir qui peint une clôture, la fixe. <em>« Elle est en quelque sorte choisie, comme dans les contes. Cette femme avec son pinceau à la main s’offre une princesse pour sa maison de sorcière. »</em> Sous la férule de Betty, Laura refait un parcours biographique qui n’a rien à voir avec sa vie antérieure. En saisissant avec finesse des échanges de regards qui alternent des points de vue objectif et subjectif, Petzold montre comment, dans le comportement de Betty (remarquable Barbara Auer) puis des deux hommes, Laura devient l’objet de la famille… Avant de pouvoir, probablement, revenir littéralement à la vie. (Blaq Out)</p>
<p><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAEpreuveFeu.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20606" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAEpreuveFeu-173x300.jpg" alt="Epreuve Feu" width="173" height="300" /></a><strong>L&rsquo;EPREUVE DU FEU</strong><br />
Comme il le fait depuis sa plus tendre enfance, Hugo, maintenant âgé de 19 ans, passe les vacances d&rsquo;été sur l&rsquo;île de Noirmoutier dans la petite maison de son grand-père. Mais, pour la première fois, il débarque en compagnie de Queen, sa flamboyante petite amie, originaire de Toulon et esthéticienne à Paris. En se baladant sur l&rsquo;île, Hugo retrouve une bande d&rsquo;amis d&rsquo;enfance qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vus depuis bien longtemps. Les copains d&rsquo;Hugo sont aussi étonnés de retrouver un type bien dans sa peau, lui qui était autrefois le « gros » de la troupe. Avec eux, le jeune homme retrouve ses vieux réflexes, ses habitudes, ses complicités d&rsquo;antan, ses souvenirs et ses secrets. Hugo et Queen n&rsquo;ont prévu que de rester quelques jours à Noirmoutier avant de se rendre chez la grand-mère de Queen, à Toulon… Avec <strong>L&rsquo;épreuve du feu</strong> (qu&rsquo;il a basé sur son moyen-métrage <strong>Coqueluche</strong>, sorti en 2018), Aurélien Peyre signe un film sur la jeunesse en vacances confrontée à des « autres ». Les vieux cinéphiles se souviennent que Jacques Becker, en 1949, avait su capter l&rsquo;air du temps et la jeunesse de l&rsquo;après-guerre dans le lumineux <strong>Rendez-vous de juillet</strong>. Ici, la lumière et aussi la mer sont au rendez-vous mais dans une comédie douce-amère qui se déroule dans un clan de petits bourges préoccupés par le fait de savoir s&rsquo;ils sortiront en mer sur le grand bateau de l&rsquo;un d&rsquo;entre eux. Dans ce contexte, Hugo, qui se sentait bien jusque là avec Queen, va se retrouver mal à l&rsquo;aise. Comme si cette Queen aux ongles démesurées et au verbe enlevé (<em>« Il ne faut pas juger un sac à son étiquette ! »</em>) lui faisait pratiquement perdre la face. Sans jamais forcer le trait, le cinéaste observe avec justesse cette bande de copains et de copines qui ne sont pas prêts à s&rsquo;ouvrir à une nouvelle venue qui ne fait clairement pas partie de leur milieu. Il y a alors de la condescendance, du mépris, voire de la cruauté dans l&rsquo;air. Hugo réussira-t-il à se sortir du piège ? Félix Lefebvre (découvert dans <strong>Eté 85</strong> de François Ozon en 2020) est un Hugo très convaincant dans ses atermoiements et Anja Verderosa est très bien en cagole de service (c&rsquo;est elle qui le dit). Quant à Suzanne Jouannet (excellente en fille d&rsquo;agriculteurs en route pour Polytechnique dans <strong>La voie royale</strong> en 2023), est Colombe, dessinatrice de talent qui va jouer la carte de la séduction avec Hugo… Un film juste et sincère sur la difficulté d&rsquo;être adolescent dans le regard des autres. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAPerla.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20614" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAPerla-216x300.jpg" alt="Perla" width="216" height="300" /></a><strong>PERLA</strong><br />
Dans la Vienne du début des années 1980, Perla, artiste peintre indépendante et mère célibataire atypique, s’est construite une nouvelle vie avec Josef, son mari autrichien, un homme intègre et paternel, et sa fille, Julia, 10 ans. Le jour où Andrej, le père de Julia, tente de la recontacter parce qu&rsquo;il est atteint d&rsquo;un cancer en phase avancée, c&rsquo;est tout son passé qui va la rattraper… Car Perla, qui a fui le pays après l&rsquo;invasion russe, décide de retourner en Tchécoslovaquie pour le voir, malgré les dangers que cela représente. Alors qu&rsquo;elle s&rsquo;épanouissait dans la capitale autrichienne, c&rsquo;est un retour périlleux qui l&rsquo;attend dans un pays muselé et auprès d&rsquo;un homme tourmenté. La réalisatrice austro-slovaque Alexandra Makarová donne un film intimiste et poignant qui aborde des thèmes universels comme l&rsquo;émigration d&rsquo;un pays vers un ailleurs plus propice à la joie et la liberté, les liens profonds avec sa terre d&rsquo;origine mais aussi les errements affectifs et amoureux avec encore en toile de fond la prédation masculine. De fait, lorsque Perla retourne dans son pays natal, le récit bascule dans la précarité, la peur et une violence sourde. En 2018, la cinéaste avait réalisé <strong>Zerschlag mein Herz</strong> qui racontait l&rsquo;histoire de deux adolescents roms tombés amoureux. Ils quittent leur pauvre village dans l’est de la Slovaquie pour mendier dans les rues de la riche Vienne. Pour la première fois, ils ont un aperçu du bonheur mais l&rsquo;impression est de courte durée. Ici, en s&rsquo;appuyant sur Rebeka Poláková qui incarne une Perla impressionnante, elle signe un film qui séduit par sa photographie et sa bande-son et qui émeut en explorant les tensions entre le passé et le présent, entre deux cultures et deux idéologies. Car Perla est désormais tiraillée entre son désir de liberté et les souvenirs douloureux de son pays natal. Un mélodrame puissant. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAJohnWick.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20609" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAJohnWick-216x300.jpg" alt="John Wick" width="216" height="300" /></a><strong>JOHN WICK</strong><br />
John Wick vient de perdre sa femme Helen, décédée des suites d&rsquo;une longue maladie. Peu après l&rsquo;enterrement, John reçoit un colis, contenant un chiot femelle beagle nommée Daisy et une lettre : il s&rsquo;agit d&rsquo;un cadeau posthume d&rsquo;Helen pour l&rsquo;aider à surmonter sa disparition. John s&rsquo;attache à Daisy et l&rsquo;emmène faire un tour à bord de sa Ford Mustang 1969. Arrêté à une station d&rsquo;essence pour faire le plein, il croise un trio de mafieux russes, dont le meneur, Iosef, intéressé par la voiture, insiste pour que John la lui vende. Il refuse et répond à l&rsquo;insulte en russe de Iosef dans la même langue. Le soir même, il est agressé dans sa maison par la bande de Iosef. Ils volent la Mustang et tuent Daisy. Le lendemain, Iosef apporte la voiture au garage d&rsquo;Aurelio, afin de la modifier, mais ce dernier, comprenant à qui elle appartient et ayant appris la manière dont Iosef se l&rsquo;est appropriée, le frappe et refuse de la prendre. Peu de temps après, Wick rend visite à l&rsquo;atelier d&rsquo;Aurelio qui lui apprend que Iosef est le fils de Viggo Tarasov, chef de la mafia russe et également son ancien employeur. Tarasov réprimande Iosef et lui explique que Wick, surnommé Baba Yaga, était son meilleur assassin avant de prendre sa retraite après être tombé amoureux d&rsquo;Helen. Le chef de la mafia tente de raisonner Wick au téléphone, en vain… C&rsquo;est en 2014 que Chad Stahelski (coordinateur des cascades sur la trilogie <strong>Matrix</strong>) met en scène Keanu Reeves dans le rôle d&rsquo;un ancien tueur à gages retiré des affaires et contraint de reprendre du service pour retrouver celui qui l&rsquo;a agressé, a volé sa voiture et a tué son chiot beagle.. Et ça, il ne fallait pas. Car John Wick, décidé à se venger, peut être extrêmement méchant. Pour fêter les dix ans de John Wick, voici une belle sortie Blu-ray 4K Ultra HD qui permet de se replonger dans le premier volet de ce qui va devenir une franchise à succès. Toujours en complet-veston, Wick (qui donnera une nouvelle impulsion à la carrière de Keanu Reeves) est un parfait héros de film d&rsquo;action. Et, de fait, on se laisse très facilement embarquer dans cette histoire de furieux auquel John Wick va donner infiniment de fil à retordre. D&rsquo;ailleurs, sans spoiler, on peut dire que notre héros va carrément mettre la misère totale à la mafia russe. Ils n&rsquo;avaient qu&rsquo;à pas toucher à la rutilante Mustang et à cette pauvre Daisy. C&rsquo;est dégueulasse de tuer un chien ! Dans les suppléments, on trouve notamment le documentaire retrospectif <strong>Il était une fois John Wick</strong> (2h06). (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAATouteEpreuve.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20599" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAATouteEpreuve-199x300.jpg" alt="A Toute Epreuve" width="199" height="300" /></a><strong>A TOUTE EPREUVE</strong><br />
Vers la fin des années 1990, alors que les Britanniques sont sur le point de rendre à la Chine une ville de Hong Kong gangrenée par le crime, le policier « Tequila » Yen enquête sur des trafiquants d&rsquo;armes. Lors d&rsquo;une transaction portant sur la vente de trois armes à feu, « Tequila» intervient avec un coéquipier. Une fusillade s&rsquo;engage, son coéquipier et tous les trafiquants sont tués, ainsi qu&rsquo;un policier infiltré dont Tequila n&rsquo;avait pas connaissance. Alors que bien des policiers ont baissé les bras, un groupe d&rsquo;inspecteurs inflexibles mené par « Tequila » décide de mettre fin à la suprématie des gangs. En 1992, John Woo est un cinéaste reconnu qui a marqué le cinéma d&rsquo;action hongkongais avec des films comme<strong> Le syndicat du crime</strong> (1986), <strong>The killer</strong> (1989) ou<strong> Une balle dans la tête</strong> (1990), imprimant aussi une mise en scène marquée par des séquences d&rsquo;action chaotiques, ses « impasses mexicaines » ou son usage fréquent du ralenti. Considéré comme le représentant officiel de l&rsquo;<em>Heroic Bloodshed</em>, un genre tournant autour de scènes d&rsquo;action stylisées et de thèmes dramatiques tels que la fraternité, l&rsquo;honneur, le devoir, la rédemption et la violence, John Woo voulait, ici, tourner le dos aux films mettant en scène des criminels (ce qu&rsquo;on lui reprocha) pour tourner une aventure policière à la manière de la saga américaine de <strong>L&rsquo;inspecteur Harry</strong>. Si <strong>A toute épreuve</strong> est un succès commercial à Hong Kong, le film est surtout remarqué sur le marché occidental où l&rsquo;on salue des scènes d&rsquo;action de grande qualité. Le cinéaste donne le rôle principal de « Tequila » à Chow Yun-fat, l&rsquo;un de ses acteurs favoris et vraie star hongkongaise vue dans <strong>Prison on fire</strong> (1987) ou <strong>Tigre et dragon</strong> (2000) mais aussi, à Hollywood, dans <strong>Ana et moi</strong> (1999) ou <strong>Pirates des Caraïbes</strong> (2007). Dernier film hongkongais de John Woo avant son départ à Hollywood, <strong>A tout épreuve</strong>, dans une édition limitée Blu-ray 4K Ultra HD, c&rsquo;est du pur cinéma d&rsquo;action, efficace, emballant et suffocant à souhait. Avec, en prime, une esthétique audacieuse et une réflexion bienvenue sur la noirceur de la nature humaine. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAFêlés.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20607" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAAFêlés-175x300.jpg" alt="Fêlés" width="175" height="300" /></a><strong>FÊLÉS</strong><br />
Lieu associatif de Marmande qui accueille des personnes ordinaires mais violentées par la vie, l&rsquo;Arc-en-ciel est en péril. Pour les besoins de la création d&rsquo;un parking, on menace d&rsquo;expulser les adhérents qui se soutiennent mutuellement dans leur lutte contre les difficultés quotidiennes. Certes la maire (Charlotte de Turckheim) propose un nouveau local. Mais cette solution à première vue positive, déplait fortement à Pierre, le co-fondateur de l&rsquo;Arc-en-ciel. En effet, l&rsquo;idée de changer de lotissement l&rsquo;affecte profondément, étant donné que c&rsquo;est là que se trouve dispersées les cendres de son défunt amour, co-fondatrice de la structure. Il annonce alors se retirer de l&rsquo;association. Mais un élan de solidarité s’organise autour de Pierre, pour sauver cette maison d’accueil unique à travers une cagnotte participative et autres actions&#8230; Réalisateur de <strong>Fêlés</strong>, Christophe Duthuron a commencé sa carrière comme comédien de théâtre. Il tient aussi quelques rôles au cinéma, notamment en 1977 dans <strong>Droit dans le mur</strong> réalisé par Pierre Richard. Lorsque cet admirateur de Pierre Richard monte à Paris, il va passer des heures sur le quai, en face de la péniche où habite l’acteur. Il parvient à attirer son attention et se fait inviter à monter à bord. De cette rencontre naîtra une amitié et une collaboration soutenue puisque Duthuron va notamment mettre en scène <strong>Le bonheur de Pierre</strong> (2009), <strong>Les vieux fourneaux</strong> (2018) ou <strong>Les vieux fourneaux 2 : Bons pour l&rsquo;asile</strong> (2022), tous avec Pierre Richard. Le cinéaste retrouve à nouveau le comédien nonagénaire (entouré de Bernard Le Coq, Méliane Marcaggi, François Berléand, Emilie Caen) pour un film débordant de sensibilité et qui distille une belle et forte émotion. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAANuitClowns.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20613" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAANuitClowns-194x300.jpg" alt="Nuit Clowns" width="194" height="300" /></a><strong>LA NUIT DES CLOWNS</strong><br />
En 1991, un groupe d&rsquo;écoliers de Kettle Springs, dans le Missouri, fait la fête près de l&rsquo;ancienne usine de sirop de maïs de Baypen. Deux lycéens s&rsquo;infiltrent dans le champ de maïs voisin et sont tués par Frendo le Clown, la mascotte de Baypen. Aujourd&rsquo;hui, Quinn Maybrook s&rsquo;installe dans la petite ville de Kettle Springs, où son père, Glenn, a accepté un nouveau poste de médecin municipal. Les relations entre les Maybrook sont tendues après la mort de Samantha, la mère de Quinn. Quinn se lie d&rsquo;amitié avec Cole, le fils d&rsquo;Arthur Hill, le maire de Kettle Springs et ses amis Janet, Matt, Ronnie et Tucker. Cole explique également à Quinn l&rsquo;histoire de l&rsquo;incendie de l&rsquo;usine Baypen, que la ville impute au groupe. Alors qu&rsquo;elle visionne une vidéo parodique d&rsquo;horreur mettant en scène Frendo, Quinn aperçoit un deuxième Frendo mystérieux en arrière-plan. Pendant ce temps, Tucker est traqué devant chez lui par un autre Frendo, qui s&rsquo;introduit discrètement et le tue. Lors du 100e festival de la Fête des fondateurs de la ville, Matt gâche les festivités. Le shérif de Kettle Springs accuse Quinn et ses amis de sabotage et les retient en prison, tandis que Matt est décapité par Frendo dans son garage. Cette nuit-là, Quinn et Cole s&rsquo;enfuient à une fête dans une ferme isolée. Lorsqu&rsquo;un des fêtards est tué à l&rsquo;arbalète, tout le monde fuit, terrorisé, jusqu&rsquo;à ce que le voisin de Quinn, Rust Vance, qui se révèle également être l&rsquo;ex de Cole, tire sur Frendo avec son fusil de chasse… Quinn et tous ses amis, c&rsquo;est sûr, ne sont pas au bout de leurs peines. Réalisé par l&rsquo;Américain Eli Craig, <strong>La nuit des clowns</strong> est une adaptation du roman d&rsquo;Adam Cesare <em>Un clown dans un champ de maïs</em>, un titre pas vraiment horrifique, il faut bien le dire. Cependant<strong> Clown in a Cornfield</strong> (en v.o.) est bien un solide slasher qui n&rsquo;est pas sans rappeler, avec son clown tueur, la série de films <strong>Ça</strong> tirés de l&rsquo;oeuvre de Stephen King. Même si parfois une pointe d&rsquo;humour se glisse dans ce teen movie, il demeure sombre et terrifiant. Un régal pour les amateurs de clowns tueurs ! (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACertainsAimentChauve.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20602" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/12/AAACertainsAimentChauve-174x300.jpg" alt="Certains Aiment Chauve" width="174" height="300" /></a><strong>CERTAINS L&rsquo;AIMENT CHAUVE</strong><br />
Tout juste trentenaire, Zacharie alias Zac file le parfait amour avec la charmante Romy. Cette dernière choisit pourtant de le quitter précipitamment lorsqu&rsquo;elle apprend que son compagnon, atteint d&rsquo;une calvitie précoce, sera, dans six mois, chauve comme un genou. Pour l’épauler, Zac contacte son oncle Joseph qui a fait face à ce même problème héréditaire dans le passé. Au fil de rencontres improbables, de traitements chocs et de stratégies bancales, il va devoir se battre contre son destin ! La calvitie est-elle vraiment un sujet tabou ? On peut imaginer qu&rsquo;il y a des sujets qui méritent plus ce label… Mais qu&rsquo;importe, s&rsquo;il s&rsquo;agit là de trouver la matière humoristique et décomplexée d&rsquo;une comédie française sur fond d&rsquo;embûches à gogo. Le réalisateur Camille Delamarre réunit, en tête (c&rsquo;est le cas de le dire) d&rsquo;affiche Kev Adams dans le rôle de Zac et Michael Youn dans celui de Joseph, l&rsquo;oncle rockeur. Autour d&rsquo;eux, on remarque Rayane Bensetti en frère de Zac et l&rsquo;humoriste Chantal Ladesou en médecin spécialiste des problèmes capillaires. Adams et Youn font le job avec application et le second nommé est assez touchant dans la mesure où son Joseph refuse de reconnaître sa propre calvitie. Si on veut bien chercher, on trouve, ici, quelques réflexions sur la perte des cheveux et l&rsquo;acceptation de soi ou encore sur les normes de beauté imposées par la société. Pour un petit moment de détente. Sans s&rsquo;arracher les cheveux. (UGC)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20619</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DES IMAGES A GOGO POUR LES FÊTES</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20546</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20546#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 20:34:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20546</guid>
		<description><![CDATA[NAPOLÉON Oeuvre quasiment mégalomaniaque, le Napoléon vu par Abel Gance, réalisé en 1927, est un chef d&#8217;oeuvre du muet dont la Cinémathèque française a entrepris la reconstruction et la restauration pour permettre de se plonger dans près de sept heures de cinéma qui raconte les premières années de Bonaparte. Gance signe une fresque magistrale (et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAANapoléon.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20538" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAANapoléon-300x269.jpg" alt="Napoléon" width="300" height="269" /></a>NAPOLÉON</strong><br />
Oeuvre quasiment mégalomaniaque, le <strong>Napoléon vu par Abel Gance</strong>, réalisé en 1927, est un chef d&rsquo;oeuvre du muet dont la Cinémathèque française a entrepris la reconstruction et la restauration pour permettre de se plonger dans près de sept heures de cinéma qui raconte les premières années de Bonaparte. Gance signe une fresque magistrale (et hagiographique) qui a demandé deux années de tournage et englouti un budget pharaonique. Avec Albert Dieudonné en empereur, cet opéra-image offre des séquences étourdissantes comme une bataille de boules de neige… où la caméra devait donner le point de vue… de la boule de neige ! Dans ce superbe coffret collector en Blu-ray 4K Ultra HD , on trouve notamment <strong>Autour de Napoléon</strong>, un documentaire de Jean Arroy sur la prise de vue du film, <em>Napoléon vu par Abel Gance</em>, un livre (312 p.) édité en 2024 à La Table ronde, deux livrets, l&rsquo;un avec les musiques de la bande son, l&rsquo;autre sur la reconstruction du film ainsi qu&rsquo;un document sur les différentes représentations de l&rsquo;empereur au cinéma et un entretien avec Elodie Tamayo, spécialiste du cinéaste, sur le traitement de l&rsquo;Histoire par Abel Gance. Une pépite pour cinéphiles ! (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAmadeus.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20528" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAmadeus-260x300.jpg" alt="Amadeus" width="260" height="300" /></a><strong>AMADEUS</strong><br />
En novembre 1979 à Londres, Milos Forman assiste à l&rsquo;avant-première d&rsquo;<em>Amadeus</em>, la nouvelle pièce du dramaturge britannique Peter Shaffer. Le cinéaste a un véritable coup de foudre pour cette histoire librement inspirée de la courte pièce du Russe Alexandre Pouchkine, <em>Mozart et Salieri</em> (1830). Réaliser <strong>Amadeus</strong> devient une obsession pour Forman. Ce sera chose faite en 1984 et Forman peut alors raconter, dans la Vienne du 18e siècle, la rivalité entre le jeune prodige Wolfgang Amadeus Mozart et l&rsquo;Italien Salieri, compositeur officiel de la cour d&rsquo;Autriche, qui va s&rsquo;acharner à détruire la carrière de ce génie, dont il jalouse le talent. Forman a l&rsquo;intelligence et l&rsquo;audace de se placer du point de vue de Salieri, l&rsquo;« ennemi » du divin Mozart. Une histoire très romancée mais emballante. Un Steelbook avec un disque 4K ultra HB et de beaux goodies. Pour le rire dingue de Wolfy ! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/ArnaudDesplechin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20545" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/ArnaudDesplechin-300x237.jpg" alt="Arnaud Desplechin" width="300" height="237" /></a><strong>INTÉGRALE ARNAUD DESPLECHIN</strong><br />
De <strong>La vie des morts</strong> (1991) au tout récent <strong>Deux pianos</strong>, sorti en salles il y a quelques semaines, en passant par <strong>Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)</strong>, <strong>Rois et reine</strong> (prix Louis Delluc 2004), <strong>Un conte de Noël</strong>, <strong>Trois souvenirs de ma jeunesse</strong> (César du meilleur réalisateur 2016), <strong>Roubaix, une lumière</strong>, <strong>Tromperie</strong> ou <strong>Frère et sœur</strong>, l&rsquo;intégrale de l&rsquo;oeuvre cinématographique d&rsquo;Arnaud Desplechin, c&rsquo;est, à ce jour, quinze films de fiction que l&rsquo;on retrouve dans un élégant coffret qui donne le loisir de s&rsquo;immerger dans une œuvre qui se penche très souvent sur les conflits et les liens affectifs au sein des familles. Mais le cinéaste roubaisien de 65 ans, interroge aussi, dans une approche sensible et complexe, la mémoire et l&rsquo;identité, les crises personnelles ou encore l&rsquo;art et son processus créatif. Le coffret est accompagné par plus de huit heures de bonus dont une conversation entre Desplechin et la critique de cinéma Anne-Claire Cieutat, différents entretiens avec le cinéaste, des scènes coupées, des making-of, des essais mais aussi un livret de 28 pages, des cartes postales et des stickers… (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAEdwardYang.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20533" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAEdwardYang-218x300.jpg" alt="Edward Yang" width="218" height="300" /></a><strong>COFFRET EDWARD YANG</strong><br />
À l’instar de son compatriote Hou Hsiao-hsien, Edward Yang, disparu prématurément en 2007, a donné une œuvre singulière qui a propulsé le cinéma asiatique sur le devant de la scène internationale. Considéré comme l’un des plus grands cinéastes asiatiques, le réalisateur de <strong>A Brighter Summer Day</strong> et <strong>Yi Yi</strong> pose sur ses concitoyens un regard chaleureux en maniant brillamment le drame comme la comédie. Réunis pour la première fois dans un coffret Blu-ray, on trouve <strong>In Our Time</strong> (1982), <strong>The Terrorizers</strong> (1986), <strong>Confusion chez Confucius</strong> (1994) et <strong>Mahjong</strong> (1996), remarquables témoignages, aux images splendides et au propos intimiste sur la transformation radicale de la société taïwanaise des années 1980-90. Dans les suppléments, on trouve notamment trois entretiens inédits avec Jean-Michel Frodon, journaliste et critique de cinéma ainsi qu&rsquo;un entretien inédit avec l’acteur, réalisateur et metteur en scène Thierry de Peretti. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALegendeBaahubali.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20537" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALegendeBaahubali-200x300.jpg" alt="Legende Baahubali" width="200" height="300" /></a><strong>LA LÉGENDE DE BAAHUBALI</strong><br />
Poème épique d’une ambition démesurée, <strong>La Légende de Baahubali</strong> (film en deux parties réalisé en 2015-2017) redéfinit le concept même de « blockbuster » : une spectaculaire tornade sensorielle, où des combats d’une somptueuse sauvagerie rencontrent des chorégraphies à la précision hypnotique. Figure incontournable du cinéma télougou avec des œuvres comme <strong>Eega</strong> (2012) ou le film épique et musical <strong>RRR</strong> (2022), S.S. Rajamouli livre une fresque titanesque et complètement hors norme qui se déroule au coeur de l&rsquo;Inde médiévale autour de deux cousins qui se disputent le trône du royaume du Mahishmati. Dix ans après sa sortie triomphale en deux volets, <strong>La Légende de Baahubali</strong> sort pour la première fois en France en Blu-ray. Dans les suppléments de cette saga culte, on peut suivre une conversation entre les réalisateurs Karan Johar et S.S. Rajamouli ainsi qu&rsquo;un entretien avec S.S. Rajamouli et les acteurs Prabhas et Anushka Shetty. En outre, on découvre le making-of des effets spéciaux. Enfin, le coffret inclut de nombreux memorabilia. Un des plus gros succès du cinéma indien de tous les temps. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAACaligula.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20531" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAACaligula-194x300.jpg" alt="Caligula" width="194" height="300" /></a><strong>CALIGULA</strong><br />
Sur un scénario de Gore Vidal qui revisite d&rsquo;une manière passablement loufoque, l&rsquo;ascension et la chute de l&rsquo;empereur Caligula (né en 12 et mort en 41 ap. J.-C.), l&rsquo;Italien Tinto Brass tourne, en 1979, un péplum érotique que l&rsquo;Américain Bob Guccione, le fondateur du magazine de charme <em>Penthouse</em>, va truffer, en sa qualité de producteur, d&rsquo;une série de scènes pornographiques. Tinto Brass renonce à en être le réalisateur et se contente d&rsquo;apparaître comme chef opérateur. Au total, <strong>Caligula</strong> est fascinant par la mise en scène baroque des excès de l&rsquo;empereur romain autour du thème <em>« Le pouvoir absolu corrompt absolument »</em>. Entouré de Peter O&rsquo;Toole, John Gielgud, Helen Mirren et Teresa Ann Savoy, Malcolm McDowell (Caligula) cabotine autant que faire se peut. Le coffret contient la version de 1979, <strong>Io Caligula</strong>, une version de 1984 réalisée par Franco Rossellini qui contient des éléments absents de toutes les autres versions du film et enfin <strong>Caligula The Ultimate Cut</strong> (2023) qui sélectionne une partie des 96 heures du métrage original de Tinto Brass. Probablement la version la plus conforme au projet de départ et la plus intéressante. Caligula, un monstre de cinéma ! (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAACoffretBlier.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20532" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAACoffretBlier-272x300.jpg" alt="Coffret Blier" width="272" height="300" /></a><strong>COFFRET BERTRAND BLIER</strong><br />
Aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;est plus vraiment de bon ton d&rsquo;apprécier le cinéma de Bertrand Blier, disparu en janvier dernier à 85 ans, parce que ses films sont (trop?) iconoclastes, provocateurs et même salement misogynes. C&rsquo;est vrai que le fils du grand Bernard avait le propos provocateur, l&rsquo;humour graveleux et l&rsquo;image agressive. Il n&rsquo;en demeure pas moins que les films de Bertrand Blier avaient le mérite d&rsquo;être toniques et ludiques même si, comme le souligna un jour Gilles Jacob, Blier <em>« aimait les femmes mais les faisait maltraiter par ses mecs. »</em> On retrouve, dans un gros coffret, dix de ses films dont certains ont défrayé la chronique (<strong>Les valseuses</strong> ou <strong>Tenue de soirée</strong>), décontenancé le public (<strong>Notre histoire</strong> ou <strong>Calmos</strong>) alors que d&rsquo;autres prenaient rang d&rsquo;oeuvres puissantes, ainsi <strong>Buffet froid</strong> ou <strong>Trop belle pour toi</strong>… (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAANuitChasseur.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20539" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAANuitChasseur-194x300.jpg" alt="Nuit Chasseur" width="194" height="300" /></a><strong>LA NUIT DU CHASSEUR</strong><br />
Quelque part en Virginie dans les années trente, John et Pearl sont deux gamins auxquels leur père, un homme désespéré par la misère de sa famille, a confié le produit du hold-up qu&rsquo;il vient de commettre… Et puis arrive le terrible Harry Powell, un pasteur fou, serial-killer de veuves, amateur de couteaux à cran d&rsquo;arrêt, qui porte sur les phalanges de ses mains, les mots LOVE et HATE. En terrorisant les enfants, Powell (Robert Mitchum) veut récupérer le magot mais les enfants pourront compter sur la vieille et généreuse Rachel (Lillian Gish). En 1955, Charles Laughton tourne son unique film comme réalisateur. C&rsquo;est un échec commercial. Plus tard, ce mélange poétique de film noir et de western aux images très expressionnistes deviendra complètement culte. Une exploration superbe des thèmes du bien et du mal, de l&rsquo;innocence face à la corruption, et de la protection de l&rsquo;innocence. Pour les 70 ans du chef d&rsquo;oeuvre, voici, en version restaurée 4K, un Steelbook en édition limitée, avec près de cinq heures de suppléments qui plongent au coeur de la création du film. (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAraki.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20529" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAraki-223x300.jpg" alt="Araki" width="223" height="300" /></a><strong>TEENAGE APOCALYPSE</strong><br />
La trilogie <strong>Teenage Apocalypse</strong> a consacré Gregg Araki comme un cinéaste culte et un chef de file du « New Queer Cinema » américain. Avec pour fils conducteurs la ville de Los Angeles et l’acteur James Duval, ces trois films, présentés dans un coffret Blu-ray, dressent un portrait halluciné de la jeunesse américaine des années 1990 : désenchantée, hyper-sexualisée, perdue dans un monde saturé d’images, attirée par la drogue et la mort. Ainsi <strong>Totally Fucked Up</strong> (1993, inédit en France) raconte, sans détour, la vie sans joie d&rsquo;adolescents homosexuels de Los Angeles face aux fachos qui les harcèlent, le sida qui sévit et les mœurs légères de leurs compagnons d&rsquo;infortune. Avec <strong>The Doom Generation</strong> (1995), Araki suit deux adolescents punks et rebelles dont la route va croiser celle de Xavier, un type étrange qui les implique dans une suite de meurtres sauvages. Enfin, après ce cauchemar psychédélique, le cinéaste américain achève sa trilogie avec <strong>Nowhere</strong> (1997), nouveau trip adolescent entre drogue, sexe et amour dans un univers déjanté et punk. Dans les bonus, on trouve les commentaires audio de <strong>Totally F****d Up</strong> et <strong>The Doom Generation</strong> par les équipes des films, une analyse des films par le critique Raphaël Nieuwjaer, une rencontre avec le réalisateur Alexis Langlois et la musique chez Gregg Araki, vue par le journaliste Lelo Jimmy Batista. (Capricci)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAVolNidCoucou.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20544" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAVolNidCoucou-244x300.jpg" alt="Vol Nid Coucou" width="244" height="300" /></a><strong>VOL AU-DESSUS D&rsquo;UN NID DE COUCOU</strong><br />
Prisonnier de droit commun, Randle McMurphy demande, pour échapper à la prison, à subir un contrôle médical en psychiatrie. Son internement ne va pas sans problèmes car l&rsquo;infirmière en chef Ratched le considère, très vite, comme un danger à annihiler sans délai. Installé à Hollywood, Milos Forman y fait une belle carrière dans laquelle on remarque évidemment <strong>Amadeus</strong> (voir plus haut) mais aussi, en 1975, ce <strong>Vol&#8230;</strong> où il retrouve l&rsquo;esprit frondeur de ses films tchèques pour l&rsquo;intégrer au cinéma américain de contestation. Plus qu&rsquo;un réquisitoire contre l&rsquo;univers psychiatrique, le film est une métaphore d&rsquo;une société qui repose sur des systèmes répressifs et des phénomènes d&rsquo;exclusion. <strong>Vol…</strong> est magnifique autant pour ses séquences jubilatoires que par ses purs moments d&rsquo;émotion. Jack Nicholson, au sommet de son art, mène le bal face à la terrible et glaciale Ratched (Louise Feltcher) et ce n&rsquo;est pas vraiment une surprise, le film rafla une brassée d&rsquo;Oscars. Le film sort dans une belle version restaurée 4K Ultra HD et contient, dans ses bonus, cinq scènes supprimées au montage (9 mn), une conversation inédite entre Christopher Lloyd, Danny DeVito, Brad Dourif et Michael Douglas qui partagent leurs souvenirs (24 mn) et <strong>Fou à lier</strong> (1997 – 86 mn) un documentaire sur la création du film. Un hymne tragique à la liberté et à la résistance. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABarryLyndon.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20530" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABarryLyndon-225x300.jpg" alt="Barry Lyndon" width="225" height="300" /></a><strong>BARRY LYNDON</strong><br />
Jeune Irlandais ambitieux et opportuniste, Redmond Barry a épousé Lady Lyndon, une veuve séduisante et encore jeune. Dans l&rsquo;Europe du 18<sup>e</sup> siècle, il compte bien, par son ambition, sa ruse et même sa perversité, s&rsquo;intégrer dans la haute société anglaise… Après deux œuvres corrosives (<strong>Docteur Folamour</strong> et <strong>Orange mécanique</strong>), Stanley Kubrick surprend son public, en 1975, avec un majestueux film en costumes qui s&rsquo;attache à la véracité du cadre historique. Depuis 1969 et la préparation de son <strong>Napoléon</strong> (qui ne verra jamais le jour), le cinéaste cherche à tourner avec, pour seul éclairage, des bougies. Il y parviendra avec ce film qui repose sur une photographie exceptionnelle grâce à des objectifs de caméra conçus initialement pour la NASA. Présenté, dans une version restaurée 4K Ultra HD, <strong>Barry Lyndon</strong>, est interprété par Ryan O&rsquo;Neal (découvert en 1970 dans <strong>Love Story</strong>) et l&rsquo;ex-mannequin Marisa Berenson, et adapté d&rsquo;un roman de William Thackeray. Cette oeuvre en deux actes et un épilogue mêle les scènes de bataille, les duels, les intrigues politiques et la faillite de la vie amoureuse. Promis à une irrésistible ascension, Barry Lyndon connaîtra pourtant la chute à cause de faiblesse de la nature humaine. Un grand Kubrick mélancolique et sombre sur une civilisation qui va s&rsquo;éteindre. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASakamoto.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20541" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASakamoto-199x300.jpg" alt="Sakamoto" width="199" height="300" /></a><strong>RYICHI SAKAMOTO</strong><br />
Connu initialement pour avoir fait partie du groupe de musique électronique Yellow Magic Orchestra (YMO), Ryichi Sakamoto est devenu internationalement célèbre pour l&rsquo;écriture de ses musiques de films, notamment celle de <strong>Furyo</strong> (1983) de Nagisa Oshima dans lequel, au côté de David Bowie, il incarne aussi le redoutable capitaine Yonoi, chef du camp de prisonniers de guerre installée dans la province de Java sous occupation japonaise. Avec <strong>Le dernier empereur</strong> (1987) de Bernardo Bertolucci, Sakamoto remporta l&rsquo;Oscar 1988 de la meilleure musique. Le coffret comprend trois œuvres du musicien nippon, en l&rsquo;occurence le documentaire <strong>Tokyo Melody</strong>, réalisé en 1985 par l&rsquo;Américaine Elyzabeth Lennard qui explore la vie et l&rsquo;oeuvre de Sakamoto et le capte en pleine création de son album <em>Ongaku Zukan</em>. Ce film très stylisé mêle des séquences de studio, des interviews, des moments de la vie quotidienne du musicien et aussi des extraits de <strong>Furyo</strong>. <em>Async</em> est le 19<sup>e</sup> album solo de Ryichi Sakamoto sorti en 2017 et qui a donné lieu à une captation à New York. Le compositeur a imaginé <strong>Async</strong> comme une approche minimaliste qui s&rsquo;inspire d&rsquo;objets du quotidien, de sculptures et de la nature. Avec l&rsquo;impression que ce pourrait être sa dernière œuvre, Sakamoto y aborde les thèmes de la mortalité et de la fragilité de la vie. Enfin <strong>Opus</strong> (2023) est un film de concert-testament réalisé par Neo Sora, le fils du musicien, sur l&rsquo;ultime, épurée et bouleversante création de Sakamoto alors que ce dernier lutte contre un cancer qui l&rsquo;emportera en 2023 à l&rsquo;âge de 71 ans. Dans les suppléments, on peut entendre les commentaires audio d&rsquo;Elyzabeth Lennard sur <strong>Tokyo Melody</strong> et suivre un entretien de 2016 (33 mn) avec le cinéaste nippon. Du bonheur pour les mélomanes. (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASevenZodiac.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20542" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASevenZodiac-188x300.jpg" alt="Seven Zodiac" width="188" height="300" /></a><strong>SEVEN &#8211; ZODIAC</strong><br />
Au cours de sa carrière, le cinéaste américain David Fincher a dirigé une série d&rsquo;excellents comédiens. Dans la « collection 2 films », on en dénombre pas moins de cinq : Brad Pitt, Morgan Freeman, Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et Robert Downey Jr. Les deux premiers sont les flics qui mènent l&rsquo;enquête dans <strong>Seven</strong> (1995). Freeman incarne un flic usé proche de la quille et Pitt, son impétueux successeur. Ils vont avoir à résoudre un rébus biblique et sanglant composé par un serial killer bien tordu. Le spectateur est happé dans un univers très glauque tandis que le cinéaste semble être fasciné jusqu&rsquo;au morbide par son tueur… Douze ans plus tard, après avoir tourné notamment <strong>Fight Club</strong> et <strong>Panic Room</strong>, Fincher revient, avec <strong>Zodiac</strong> (présenté dans sa version Director&rsquo;s Cut) à une histoire de serial-killer avec, cette fois, le trio Gyllenhaal, Ruffalo et Downey Jr. dans les rôles respectifs d&rsquo;un dessinateur au <em>San Francisco Chronicle</em>, d&rsquo;un flic et d&rsquo;un reporter du même journal. Le thriller retrace, sur fond de courriers et de cryptogrammes, l&rsquo;enquête sur le tueur du Zodiaque, un mystérieux tueur en série qui frappa dans la région de la baie de San Francisco dans les années 1960 et 1970 et qui, à ce jour, n&rsquo;a toujours pas été interpellé. Dans une reconstitution très minutieuse, une approche documentaire et une rigueur scénaristique remarquable, <strong>Zodiac</strong> est un anti-polar qui interroge la frustration inhérente à l&rsquo;énigme non résolue. Deux thrillers qui changent, en profondeur, de la routine hollywoodienne ! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAJuréDouze_hommes.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20536" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAJuréDouze_hommes-188x300.jpg" alt="Juré Douze_hommes" width="188" height="300" /></a><strong>JURÉ N°2 &#8211; DOUZE HOMMES EN COLÈRE</strong><br />
<em>« Objection, votre honneur ! »</em> Les prétoires américains ont souvent servi de décor à des films, peut-être parce que le fonctionnement de la justice américaine, notamment avec ses interrogatoires croisés et ses procédures spectaculaires, se prête bien à la dramaturgie cinématographique et aux codes du spectacle. On peut en juger avec la « collection 2 films » qui réunit un classique des années cinquante et un thriller tout récent (2024) signé du vétéran Clint Eastwood. En 1957, Sidney Lumet réunit douze jurés pour juger le cas d&rsquo;un adolescent accusé du meurtre de son père. Dans <strong>Douze hommes en colère</strong>, les jeux semblent fait d&rsquo;entrée. Par une très chaude journée d&rsquo;été, tout le monde veut en finir au plus vite. Mais M. Davis (Henry Fonda), un architecte,tout de blanc vêtu, le juré n° 8, inscrit <em>« non coupable »</em> sur son bulletin. Or, il faut l&rsquo;unanimité pour une condamnation à mort. Le délibéré va devenir très tendu… Dans <strong>Juré n°2</strong>, Eastwood suit Justin Kemp, un homme, lui aussi, juré aux côtés d&rsquo;autres citoyens dans un procès pour un meurtre très médiatisé. Jeune mari et futur père de famille, Kemp (Nicholas Hoult) se retrouve rapidement aux prises avec un grave dilemme moral lorsqu&rsquo;il découvre qu&rsquo;il est peut-être à l&rsquo;origine de la mort de la victime… (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAIntégraleAngélique.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20534" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAIntégraleAngélique-249x300.jpg" alt="Intégrale Angélique" width="249" height="300" /></a><strong>ANGELIQUE L&rsquo;INTÉGRALE</strong><br />
Bon sang, qu&rsquo;elle en aura subi, des assauts, la belle Angélique de Plessis-Béllières ! Mais, toujours, elle demeure fidèle à son balafré de Peyrac… Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du roi de France, de l&rsquo;un ou l&rsquo;autre de ses courtisans, de Nicolas Calembredaine, bandit au grand coeur, du sultan de Mikenez ou du ténébreux Batchiary Bey, tous sont sous le charme d&rsquo;une Angélique dont la beauté n&rsquo;enlève au courage face à tous les vilenies du monde et des hommes. Présentée dans un coffret contenant cinq Blu-ray, l&rsquo;intégrale Angélique, ce sont cinq films, tous réalisés par Bernard Borderie, entre 1964 et 1968, qui entraînent le personnage imaginé par les romanciers Anne et Serge Golon dans de trépidantes aventures où Angélique peut notamment compter sur la fidélité sans faille du discret mais efficace Desgrey (Jean Rochefort) afin de retrouver ce Joffrey de Peyrac (Robert Hossein) auquel on l&rsquo;a trop vite arrachée. L&rsquo;indémodable Angélique, c&rsquo;est Michèle Mercier, sex-symbol des sixties, dans le rôle le plus marquant de sa carrière. Pour se laisser aller, une fois de plus, au charme d&rsquo;<strong>Angélique, marquise des anges</strong>, <strong>Merveilleuse Angélique</strong>, <strong>Angélique et le Roy</strong>, <strong>Indomptable Angélique</strong> et <strong>Angélique et le sultan</strong>. Idéal pour musarder dans son canapé devant l&rsquo;écran ! (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATarzan.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20543" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATarzan-207x300.jpg" alt="Tarzan" width="207" height="300" /></a><strong>LA COLLECTION TARZAN</strong><br />
Représentation archétypale de l&rsquo;enfant sauvage élevé, dans la jungle, par de grands singes, Tarzan est né en 1912 sous la plume d&rsquo;Edgar Rice Burroughs avant qu&rsquo;Hollywood ne s&rsquo;empare des aventures de ce John Greystoke, fils d&rsquo;aristocrates anglais recueilli, bébé, par un tribu de « manganis »… Sur le grand écran, Tarzan apparaît dès 1918 mais il deviendra mondialement célèbre avec Johnny Weissmuller (1904-1984), ancien champion olympique de natation, qui, sixième Tarzan de l&rsquo;histoire au cinéma et le premier du parlant, l&rsquo;incarnera à douze reprises durant les années trente et quarante. Avec sa silhouette sculpturale, Weissmuller va faire de Tarzan l&rsquo;un des grands héros du cinéma. Dans ce coffret (sept disques), on le retrouve dans <strong>Tarzan l&rsquo;homme singe</strong> (1932) où il va rencontrer à la fois le chimpanzé Cheeta et la belle Jane (<em>« Moi Tarzan, toi Jane »</em>) incarnée par Maureen O&rsquo;Sullivan. Le mythe est né ! Suivront bien d&rsquo;autres aventures avec <strong>Tarzan s&rsquo;évade</strong>, <strong>Tarzan et sa compagne</strong>, <strong>Tarzan trouve un fils</strong>, <strong>Le trésor de Tarzan</strong>, <strong>Tarzan à New York</strong>, <strong>Le triomphe de Tarzan</strong>, <strong>Le mystère de Tarzan</strong>, <strong>Tarzan et les amazones</strong>, <strong>Tarzan et la femme-léopard</strong>, <strong>Tarzan et la chasseresse</strong> et même <strong>Tarzan et les sirènes</strong>… Autant de films réunis dans un beau coffret couleur vert jungle avec, en bonus, un documentaire sur l&rsquo;homme-singe. Au terme de sa vie, Weissmuller était interné dans un hôpital psychiatrique où, dit-on, il faisait retenir le célébrissime mais alors pathétique cri de Tarzan ! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAPusher.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20540" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAPusher-239x300.jpg" alt="Pusher" width="239" height="300" /></a><strong>LA TRILOGIE PUSHER</strong><br />
Le réalisateur danois Nicolas Winding Refn n&rsquo;est pas encore l&rsquo;artiste fêté pour les succès internationaux de <strong>Drive</strong> (2011) puis de <strong>The Neon Demon</strong> (2016) quand, en 1996, il se lance dans sa trilogie avec <strong>Pusher</strong>, son premier long-métrage qui met en scène Frank, un petit dealer qui se retrouve avec un énorme cargaison de drogue sur les bras. Surpris par la police, il bazarde la marchandise mais va devoir rembourser le propriétaire. Dans <strong>Pusher II</strong>, il suit Tonny, libéré de prison, qui envisage de changer de vie mais rien de plus difficile dans les bas-fonds de Copenhague que le cinéaste danois filme avec un réalisme brut. C&rsquo;est Mads Mikkelsen qui incarne Tonny et qui débute, ici, une grande carrière. Enfin, <strong>Pusher III</strong> raconte les aventures de Milo, un trafiquant serbe en cure de désintoxication, qui doit organiser l&rsquo;anniversaire de sa fille tout en gérant une livraison de drogue qui tourne mal. Dans les suppléments de ce coffret Blu-ray avec les versions restaurés en 4K des trois films, on voit le documentaire <strong>Gambler</strong> (2006 – 1h18) dans lequel Phie Ambo retrace la naissance de <strong>Pusher 2 et 3</strong>, les suites du premier volet que Winding Refn n&rsquo;avait initialement jamais imaginé de mettre en œuvre. Outre trois entretiens inédits avec Philippe Rouyer (30 mn), on trouve un livret (88 p.) contenant un entretien fleuve avec le cinéaste et des documents d&rsquo;archives inédits. Un pilier du cinéma danois et européen des années 90-2000. (The Jokers)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20546</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>UN HÉROS TRÈS HUMAIN ET UN MUTIQUE HOMME AUX CHIENS</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20464</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20464#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 13 Nov 2025 19:27:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20464</guid>
		<description><![CDATA[13 JOURS, 13 NUITS A l’ambassade de France de Kaboul, c’est le branle-bas de combat. Partout, on s’affaire à récupérer du matériel sensible, à mettre en lieu sûr des disques durs comme des clés USB mais aussi à passer à la broyeuse des tas de documents officiels… Pas question de laisser tout cela tomber entre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAA13Jours13nuits.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20441" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAA13Jours13nuits-190x300.jpg" alt="13 Jours 13 nuits" width="190" height="300" /></a>13 JOURS, 13 NUITS</strong><br />
A l’ambassade de France de Kaboul, c’est le branle-bas de combat. Partout, on s’affaire à récupérer du matériel sensible, à mettre en lieu sûr des disques durs comme des clés USB mais aussi à passer à la broyeuse des tas de documents officiels… Pas question de laisser tout cela tomber entre les mains des talibans qui ont pris le contrôle de l’Afghanistan et sont désormais entrés au coeur de la capitale Kaboul. Le 15 août 2021, les troupes américaines s’apprêtent à quitter un pays où ils sont présents depuis vingt ans, achevant ainsi la plus longue guerre menée par les Etats-Unis. Dans la ville, les talibans font régner la terreur. Au milieu du chaos, des milliers d’Afghans affluent, dans la <em>Green Zone</em>, vers le dernier lieu encore protégé: l’ambassade de France. Moh sait que sa tâche va être très rude, en l’occurrence organiser le départ des ressortissants français mais aussi de centaines d’Afghans terrorisés prêts à tout pour fuir leur pays. Le convoi de la dernière chance sera une kyrielle de seize bus en route pour l’aéroport d’où ils pourront s’arracher à l’enfer de Kaboul. Martin Bourboulon a lu <em>13 jours, 13 nuits : dans l’enfer de Kaboul</em>, le livre de Mohamed Bida paru en 2022 chez Denoël et, dans les pas du commandant, a construit un solide thriller qui n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes du même type. Il a pris comme modèle le style très efficace (et violent) de <strong>Sicario</strong> (2015) de Denis Villeneuve sur la guerre entre la CIA et les narcotrafiquants. Le film raconte donc l’aventure de Mohamed Bida, nommé attaché de sécurité intérieure de l’ambassade de France, après l’attentat (non revendiqué) du 31 mai 2017 dans le quartier des ambassades de Kaboul qui fit 150 morts et 463 blessés. Le commandant Bida est chargé de veiller sur le personnel de l’ambassade. En août 2021, il est l’un des principaux responsables de la sécurité de l’ambassade et, pendant « treize jours, treize nuits », il va assurer avec un petit groupe de policiers du RAID et en coordination avec l’ambassadeur David Martinon replié à l’aéroport, l’exfiltration de plusieurs centaines de personnes réfugiées à l’ambassade. <em>« Bien au-delà de sa mission »</em>, il organise l’accueil et l’hébergement des employés afghans en possession d’un visa comme celui des ressortissants français encore sur place. Bourboulon s’attache à rendre palpable la tension permanente qui règne à Kaboul et plus précisément dans l’unique service diplomatique encore présent dans la <em>Green Zone</em>. Bida sait qu’il est embarqué dans une course contre la montre et va tout mettre en œuvre pour réussir ce qui a tout d’un coup de poker. Pris au piège, il décide de négocier avec les talibans pour organiser une dangereuse sortie de l’ambassade. Pour parler directement avec des talibans forcément hostiles, il est bien obligé d’employer, comme traductrice, Eva, une jeune humanitaire franco-afghane. La scène de discussion où un petit chef taliban entraîne Moh et Eva à l’abri d’une guérite est troublante de violence prête à exploser… <strong>13 jours, 13 nuits</strong> repose sur un héros avec Moh Bida, un type humain en diable mais pleinement conscient de sa mission. Car le commandant a tout bonnement un… job à accomplir. Face au chaos, Bida se montre courageux, déterminé et meneur d’hommes. Bourboulon a trouvé avec Roschdy Zem un interprète remarquable pour incarner un héros fort et humble. Dans l’avion qui ramène tout le monde en lieu sûr, Mohamed Bida se recroqueville sur lui-même, submergé par l’émotion. Quelques jours plus tard, il partait à la retraite après quarante années de service. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABlackDog.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20448" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABlackDog-228x300.jpg" alt="Black Dog" width="228" height="300" /></a><strong>BLACK DOG</strong><br />
Quelque part, en Chine, aux portes du désert de Gobi, un vaste paysage minéral est soudain traversé par des dizaines, voire des centaines de chiens errants. Au passage des bêtes, un minibus fait une embardée et se retourne. Les passagers parviennent tous à sortir pratiquement indemnes du véhicule. Un passager se tient, silencieux, à l’écart. Le chauffeur a demandé l’aide de la police. Qui tarde à venir. Lorsque les uniformes déboulent enfin, ils remettent le minibus sur ses roues et réclament les papiers de tous les voyageurs. L’homme silencieux, nommé Lang, présente un document. <em>« Conditionnelle ! »</em> dit le flic qui ajoute : <em>« Vous étiez célèbre ! »</em> Lorsque les passagers du minibus arrivent en ville, cette grande cité triste est en état de crise. Un haut-parleur diffuse : <em>« Un chien maigre et noir rôde en ville »</em>. On ne sait s’il a la rage mais cela ajoute à l’inquiétude. Lang sillonne la ville, s’arrête dans un petit restaurant où on lui offre un bol de nouilles. Parce qu’il fut célèbre, autrefois, ici. Contre un grand immeuble promis à la démolition, il s’arrête pour soulager un besoin naturel. Un lévrier noir famélique débouche d’un soupirail et s’approche, menaçant, de lui. Lang saisit une grosse pierre puis un bâton pour chasser le chien… Sur un mur, on aperçoit un dessin déjà défraîchi qui annonce les Jeux olympiques de Pékin de 2008. Mais, dans cette ville, on semble très loin, même si la télévision est présente partout, de cet événement planétaire. Lang retrouve la petite maison de son père. Un vieux voisin : <em>« Ton père sait que tu es revenu ? Il vit au zoo maintenant et boit beaucoup… »</em> Alors qu’il entre chez lui, découvrant un sacré bric-à-brac, de jeunes types en moto, le menacent : <em>« Tu as du culot de revenir ! Tes jours sont comptés… »</em> Remarqué pour ses préoccupations humanistes, le cinéma du Chinois Hu Guan met souvent en avant le réalisme de son étude sociale. Mais, ici, malgré le décor d’une ville à l’abandon, malgré une société en berne, le film, dans une mise en scène épurée, prend un tournure assez spectrale, voire fantastique. Partout des chiens errants, voire des serpents venimeux échappés d’un commerce de boucherie où on les élève pour fabriquer des sérums… Au milieu de ce petit monde, Lang, personnage très mutique dont on ignore le passé, retrouve quelques marques. Ainsi un grand Luna-park abandonné, une tour métallique de saut à l’élastique ou encore un pauvre zoo sinistre dans lequel son père nourrit tant bien que mal un pauvre singe ou un tigre de Mandchourie. Tout au plus, Lang se rapprochera-t-il brièvement de Raisin, une jolie danseuse d’un cirque itinérant. Pour n’avoir pas à parler, sauf peut-être en sifflotant, reste le chien maigre. Qui mordra Lang (le comédien canado-taiwanais Eddie Peng) avant de se laisser, peu à peu, apprivoiser, laver, nourrir, promener… Dans les films de Hu, il y a souvent des animaux (un cheval blanc dans <strong>La brigade des 800</strong>, une vache dans <strong>Cow</strong>, une autruche dans <strong>Mr Six</strong>…) et il observe : <em>« C’est avant tout parce que je crois que sommeille en chacun de nous une part animale. Une animalité qui peut se manifester lorsqu’il nous faut faire preuve de courage ou défier l’autorité. »</em> Filmé en scope dans une vraie ville pétrolière de l’ouest de la Chine, <strong>Black Dog</strong> fait songer, avec Lang en « héros » chevauchant sa moto, à un road-movie ou à un western dans les grands espaces du désert de Gobi. (Memento)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALadyYakuza.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20456" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALadyYakuza-209x300.jpg" alt="Lady Yakuza" width="209" height="300" /></a><strong>LADY YAKUZA</strong><br />
Plongeant son héroïne au cœur d’un univers jusqu’alors réservé aux hommes, la saga <strong>Lady Yakuza</strong> redéfinit le film de yakuzas en costumes en le féminisant avec audace et raffinement. Chez Carlotta, qui décidément, se fait une spécialité du cinéma asiatique dans tous ses états, voici un beau coffret qui propose la saga intégrale, en huit films, des aventures de la femme yakuza la plus culte du cinéma nippon. Huit films précurseurs sur la puissance féminine, sur les pas d’une héroïne qui inspira le personnage culte de Lady Snowblood, dite Yuki, la tueuse professionnelle du manga éponyme tout comme Beatrix Kiddo, l’héroïne sabreuse du <strong>Kill Bill</strong> de Quentin Tarantino. Sous les traits de la ravissante Junko Fuji, Oryu la Pivoine Rouge, combattante à la fois résiliente et implacable, fait voler en éclats les stéréotypes à travers son défi lancé aux codes du patriarcat yakuza, en l&rsquo;occurrence les membres d&rsquo;une organisation criminelle japonaise. Prônant le sens de l’honneur dans un monde régi par la violence et la corruption, la saga enthousiasme par le style de sa mise en scène, typique de la Toei, la compagnie de production de la fin des années soixante connue autant pour ses films de violence et de sexe que pour ses films de yakuzas. Scénariste du <strong>Yakuza</strong> (1975) de Sydney Pollack, l&rsquo;Américain Paul Schrader note : <em>« Le cinéma occidental n’a pas d’équivalent d’une telle héroïne, gracieuse et digne, capable d’exercer une terrible violence vengeresse contre les hommes qui l’oppriment sans jamais perdre son sens de la féminité. »</em> La saga s&rsquo;ouvre en 1968 avec <strong>La pivoine rouge</strong> où l&rsquo;on apprend que, sous l’ère Meiji (1868-1912), Ryuko Yano, fille du chef du clan Yano, voit son mariage annulé après l’assassinat de son père. Abandonnant son statut de femme, elle devient joueuse itinérante sous le pseudonyme d’Oryu la Pivoine Rouge, parcourant le Japon pour se venger et reformer son clan, avec un portefeuille oublié par l’assassin pour seul indice… On retrouve l&rsquo;héroïne dans <strong>La règle du jeu</strong> (1968) puis dans <strong>Le jeu des fleurs</strong> (1959) dans lequel Oryu se rend à Nagoya pour parfaire sa formation de yakuza au sein du clan Nishinomaru. Accusée à tort de tricher à cause d’une rumeur lancée par Otoki, mère d’une jeune aveugle sauvée par Oryu, cette dernière finit par gagner la confiance du chef de clan local. Mais elle devra bientôt affronter un ambitieux yakuza, avide de contrôler un tournoi de cartes déterminant pour l’avenir de la région… Dans <strong>L&rsquo;héritière</strong> (1969), Oryu consolide son autorité de meneuse tout en poursuivant sa quête de vengeance… Avec <strong>Chronique des joueurs</strong> (1969), elle est devenue chef du clan Yano et lutte contre des truands sans foi ni loi qui rançonnent les petites gens et cherchent à affaiblir son clan. Dans <strong>Le retour d&rsquo;Oryu</strong> ((1970), la virtuose du sabre est confrontée à une guerre des gangs où sévissent de multiples trahisons et luttes de pouvoir. Dans <strong>Prépare-toi à mourir</strong> (1971), elle rencontre un yakuza repenti qui fait l’objet d’une tentative d’assassinat… Enfin, dans <strong>Le code Yakuza</strong> (1972), Oryu part à Osaka pour rendre visite à madame Otaka, sa bienfaitrice, dont la vie touche à sa fin. À sa mort, la Pivoine Rouge se retrouve entraînée dans une guerre de succession pour la tête du clan Doman : madame Otaka a désigné Iwaki comme successeur, mais Matsukawa, son rival, revendique le pouvoir… Dans les suppléments, Stéphane de Mesnildot préface les huit films et parle de la saga dans un entretien inédit (30 mn) (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAConversationSecrete.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20450" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAConversationSecrete-188x300.jpg" alt="Conversation Secrete" width="188" height="300" /></a><strong>CONVERSATION SECRÈTE</strong><br />
Spécialiste reconnu de la surveillance audio, Harry Caul est un type introverti, taciturne et un brin misanthrope. Ce spécialiste de la filature est engagé pour une mission qui consiste à enregistrer la conversation d&rsquo;un jeune couple dans la foule sur la voie publique à San Francisco. Sa mission accomplie, il découvre, en retravaillant ses enregistrements pour éliminer le maximum de bruits parasites, que ce couple est en danger de mort. Pris de remords au regard d&rsquo;une mission précédente qui s&rsquo;était soldée par la mort d&rsquo;une famille entière, il est en proie à un dilemme moral qui l&rsquo;obsède et va croissant. Alors qu&rsquo;il s&rsquo;apprête à remettre les bandes et les photos à son commanditaire, un riche homme d&rsquo;affaires, celui-ci est absent et son bras droit tente de lui forcer la main pour s&rsquo;en emparer, incident qui accroît encore la méfiance et les scrupules de Harry. Participant à un salon de la filature et de la surveillance, il y croise une de ses vieilles connaissances, Bernie Moran, personnage bavard, hâbleur et sans états d&rsquo;âme mais admiratif face aux états de service de Harry. À l&rsquo;issue de cette soirée, Harry passe la nuit avec une femme qui accompagnait cet homme. Celle-ci s&rsquo;éclipse au petit matin après lui avoir volé les bandes. Un coup de téléphone lui apprend que celles-ci sont désormais en possession de son commanditaire, qu&rsquo;il est prié de venir livrer les photos et qu&rsquo;il pourra alors encaisser ses 15 000 dollars d&rsquo;honoraires… Une fois sur place, il entrevoit son donneur d&rsquo;ordre, très irrité, en train d&rsquo;écouter et de réécouter les bandes qui attestent de son infortune. Harry craint alors pour la vie du jeune couple qui doit se retrouver dans un hôtel… Réalisé entre <strong>Le Parrain</strong> et <strong>Le Parrain II</strong>, <strong>Conversation secrète</strong>, Palme d’or à Cannes en 1974, est un chef- d’œuvre du thriller paranoïaque des années 1970. Porté par la composition intérieure de Gene Hackman et la partition envoûtante de David Shire, le film capte l’angoisse sourde d’une époque marquée par le scandale du Watergate. <strong>Conversation secrète</strong> est une œuvre visionnaire aussi troublante qu’intemporelle et s’impose comme l’un des sommets de l’œuvre de Francis Ford Coppola. Le réalisateur organise un thriller d’anticipation psychologique qui rappelle des films comme <strong>Les hommes du président</strong> d&rsquo;Alan J. Pakula (1976) ou <strong>Les trois Jours du condor</strong> de Sydney Pollack (1975) et sa réflexion sur l’image n’est pas sans rappeler aussi le <strong>Blow up</strong> d’Antonioni réalisé en 1966. Avec cette œuvre intimiste et confidentielle, où le son tend à remplacer l’image, Coppola entraîne le spectateur dans une enquête obsessionnelle et captivante. De nombreux suppléments accompagnent cette édition avec les commentaires audio de Francis Ford Coppola et Walter Murch, le mking of «<strong> Gros-plan sur Conversation secrète »</strong> (8 min), des interviews de David Shire et Gene Hackman (13 min), le San Francisco de Harry Caul – 1973 vs 2011 (2 min), les essais de Cindy Williams pour le rôle d’Amy et d&rsquo;Harrison Ford pour celui de Mark (10 min), <strong>No Cigar</strong>, un court-métrage de Francis Ford Coppola (2 min), Coppola rencontre les étudiants de la Fémis (22 min), une lecture du scénario par le cinéaste qui revient sur certaines scènes inédites et d’autres jamais tournées (44 min). (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAApocalypseNow.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20446" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAApocalypseNow-188x300.jpg" alt="Apocalypse Now" width="188" height="300" /></a><strong>APOCALYPSE NOW &#8211; FINAL CUT</strong><br />
Pendant la guerre du Vietnam, les services secrets de l&rsquo;armée américaine confient au capitaine Willard la mission de retrouver et d’exécuter le colonel Kurtz, dont les méthodes sont jugées « malsaines ». Celui-ci, établi au-delà de la frontière avec le Cambodge, a pris la tête d’un groupe de Mnong et mène des opérations contre l’ennemi avec une sauvagerie terrifiante. Sur un patrouilleur, Willard va remonter le fleuve jusqu’au plus profond de la jungle. En étudiant le dossier de Kurtz, un personnage au parcours et au caractère exemplaires, Willard devient fasciné par cet homme qu&rsquo;il doit pourtant tuer. Différentes péripéties émaillent le voyage (dont une rencontre avec l&rsquo;excentrique lieutenant-colonel Kilgore), et deux membres de l&rsquo;équipage du patrouilleur sont tués avant d&rsquo;arriver au camp du colonel Kurtz. Ce camp atteint, Willard fait la connaissance du colonel Kurtz, qui n&rsquo;ignore rien de sa mission et lui explique les raisons qui l&rsquo;ont décidé à mener son projet. Willard découvre alors que le colonel est devenu un gourou à la tête d&rsquo;une tribu d&rsquo;indigènes. Un slogan est inscrit sur une pierre : <em>« Our motto : Apocalypse now »</em>. Présenté en Blu-ray dans une restauration 4K, <strong>Apocalypse now</strong> est sans aucun doute le film le plus célèbre de l’œuvre de Coppola et certainement l’un des films les plus légendaires du 7e art, tant par son ampleur, sa beauté et sa force, que par l’histoire de sa gestation, de son tournage et de sa sortie. Palme d’or à Cannes 1979 malgré de vives polémiques, ce chef-d’œuvre intemporel s’accompagne pour la première fois en UHD du documentaire culte <strong>Hearts of Darkness : L’Apocalypse d’un metteur en scène</strong>, entièrement restauré en 4K. Réalisé à partir d’archives tournées par Eleanor Coppola, il révèle les coulisses vertigineuses d’un tournage devenu légende. Dans le foisonnant <strong>Apocalypse&#8230;</strong>, le cinéaste s’attache à restituer le climat de folie de la guerre du Vietnam qui vient de se terminer. Peu de films l’avaient traitée jusqu’alors et l’œuvre de Coppola ne réalise pas ici un film de guerre, mais plutôt un film sur la guerre. Le parcours du capitaine Willard (Martin Sheen) qui le mène au colonel Kurtz (Marlon Brando) ressemble à une introspection et à un voyage vers la folie et l’horreur de la guerre. <strong>Apocalypse now</strong> a fasciné des générations de cinéphiles si bien qu’il en existe trois versions : une première de 2h33, une seconde dite « Redux » de 3h22 et une dernière de 3h02 (Final Cut) que le réalisateur considère comme la meilleure version. <em>« Le public,</em> dit Coppola, <em>pourra voir, entendre et ressentir ce film comme je l’ai toujours rêvé, de la première explosion au dernier gémissement. »</em> Il s’agit donc là de la version la plus complète de ce classique du cinéma. Les meilleures technologies audiovisuelles ont été déployées afin de présenter la vraie vision du film de Coppola, avec une puissance visuelle et sonore remarquable et bouleversante. De nombreux suppléments accompagnent cette sortie dont une discussion entre Francis Ford Coppola et Steven Soderbergh au Festival du Film de Tribeca (inédit, 35 min), des images d’archives inédites en Super 8 (22 min) ou encore <strong>L’œil de Chas Gerretsen : photographies de tournage</strong> (30 min). (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASissiCoffret.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20461" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASissiCoffret-225x300.jpg" alt="Sissi Coffret" width="225" height="300" /></a><strong>SISSI – LA SAGA</strong><br />
Y-a-t-il saga plus mythique que celle de <strong>Sissi</strong> ? Sans doute pas si on considère le nombre de fois, depuis des années, où les chaînes de télévision ont profité des fêtes de Noël pour nous entraîner dans les aventures de la plus exquise des princesses de cinéma. Tous réalisés par Ernst Marischka, les trois volets de la trilogie <strong>Sissi</strong>, ainsi que <strong>Les jeunes années d’une reine</strong>, considéré comme précurseur de <strong>Sissi</strong>, viennent de faire l’objet d’une restauration en haute définition. Pour la première fois en France, ces quatre films sont proposés en Blu-Ray accompagnés de bonus vidéo, mais aussi en VOST, les versions allemandes ayant un montage légèrement différent des versions françaises. <strong>Sissi</strong> (1955) nous entraîne dans l&rsquo;Autriche de 1853. L’archiduchesse Sophie, mère du jeune empereur, informe la duchesse Ludovica qu’elle aimerait qu’Hélène, sa fille aînée, soit la future impératrice. Ludovica se rend à Vienne avec ses deux filles, Hélène et Sissi, sa cadette. Franz rencontre Sissi dans des circonstances inattendues, et tombe immédiatement amoureux. Dans <strong>Sissi impératrice</strong> (1956), Sissi et Franz sont désormais mariés. Mais la jeune impératrice a du mal à accepter le protocole exigeant de la cour. Elle se sent seule et délaissée, d’autant que sa belle-mère ne cesse d’espionner ses moindres faits et gestes. Avec <strong>Sissi face à son destin</strong> (1957), on se plonge dans un Empire troublé. Les révolutionnaires hongrois sont mécontents que leur pays ait été rattaché à la Maison d’Autriche. Sissi persuade Franz de la laisser partir en Hongrie afin de calmer les esprits. Mais elle n’est pas au bout de ses peines : après avoir accompli sa mission, elle tombe gravement malade. Sorti en 1954,<strong> Les jeunes années d’une reine</strong> raconte comment, en 1873 au Royaume-Uni, la jeune Victoria, 18 ans, héritière du trône britannique, apprend l’ensemble des règles à connaître et respecter lorsqu’elle sera reine. Parallèlement, sa mère décide de la marier. Trois prétendants sont sur les rangs, dont le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. Un malicieux hasard va permettre aux deux jeunes gens de se rencontrer en dissimulant leurs véritables identités. Romy Schneider n’avait que 16 ans lorsqu’elle fut propulsée au sommet de la gloire. 70 ans se sont écoulés et la star demeure étroitement associée au personnage de l&rsquo;impératrice d&rsquo;Autriche. La jeune Romy Schneider est resplendissante, son personnage dévoile une personnalité aussi intrépide que charmante et l&rsquo;ensemble est du pur <em>« Heimatfilm »</em> mêlant passion amoureuse et enjeux politiques.(Rimini Editions – Arcadès éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATaverneIrlandais.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20462" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATaverneIrlandais-188x300.jpg" alt="Taverne Irlandais" width="188" height="300" /></a><strong>LA TAVERNE DE L&rsquo;IRLANDAIS</strong><br />
Pour fêter son anniversaire, Thomas « Boats » Gilhooley se fait un point d&rsquo;honneur d&rsquo;être de retour dans l&rsquo;île d&rsquo;Haleakaloha en Polynésie. Né le même jour que Michael « Guns » Donovan, il veut respecter la tradition du combat annuel que les deux amis se livrent à cette occasion sous l&rsquo;œil attentif de toute la population locale tandis que le docteur William Dedham joue l&rsquo;arbitre. Les trois amis sont d&rsquo;anciens combattants du Pacifique qui sont restés sur l&rsquo;île après la guerre et se dévouent pour la population qui les a protégés des Japonais. Le docteur Dedham y a d&rsquo;ailleurs installé un dispensaire au lieu de retourner auprès de sa riche famille installée à Boston. Sur l&rsquo;île, il a épousé la princesse Manulani, décédée durant l&rsquo;accouchement du dernier de leurs trois enfants. Les choses se compliquent lorsque Amélia Dedham, la fille née du premier mariage du médecin, débarque sur l&rsquo;île à l&rsquo;improviste. Très pimbêche, elle entend vérifier que son père, qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais connu, mène une vie contraire aux bonnes mœurs de la société bostonienne pour pouvoir, grâce à une clause de moralité, le déposséder de ses parts dans une riche société maritime. Dedham étant parti en tournée, « Guns » Donovan se fait passer pour le père des trois gamins. Mais Amélia, dont « Guns » apprécie clairement la compagnie, découvre que cette île est pleine de surprises… C&rsquo;est en 1963 que le grand John Ford réalise <strong>Donovan&rsquo;s Reef</strong> (en v.o.). Le vieux maître au bandeau sur l&rsquo;oeil, a signé, l&rsquo;année précédente, l&rsquo;un de ses chefs d&rsquo;oeuvre, en l&rsquo;occurrence <strong>L&rsquo;homme qui tua Liberty Valance</strong> et l&rsquo;année suivante, il allait mettre en scène son ultime western avec <strong>Les Cheyennes</strong> qui montrait les Indiens sous un jour favorable. Compatissant à leur sort, le vieux westerner inscrivait son œuvre dans le contexte de la renaissance de l&rsquo;identité indienne. Entre ces deux monuments, John Ford s&rsquo;offrait donc une sorte de récréation, une respiration exotique (ah, la représentation de la Polynésie française avec son gouverneur aristocrate flanqué d&rsquo;un secrétaire chinois) et surtout un adieu à son cher John Wayne. Ensemble, comme le rappelle Noël Simsolo dans les suppléments, Ford et le Duke ont tourné 22 films dont une série de westerns emblématiques comme <strong>Le massacre de Fort Apache</strong> (1948) ou <strong>La prisonnière du désert</strong> (1956). En compagnie de Lee Marvin (« Boats ») et d&rsquo;Elizabeth Allen (Amelia), John Wayne est un « Guns » bonhomme dans une petite aventure qui ne prête pas à conséquence mais qu&rsquo;on regarde avec un œil attendri. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAuxJoursQuiViennent.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20447" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAuxJoursQuiViennent-177x300.jpg" alt="Aux Jours Qui Viennent" width="177" height="300" /></a><strong>AUX JOURS QUI VIENNENT</strong><br />
Un couple s’enlace, amoureusement. Pourtant, dans le regard de la jeune femme, il y a comme une lassitude, une tristesse… Le tram arrive. Laura, la trentaine, s’en va. Sur son téléphone, des messages qui la font sourire. Cette jeune femme travaille comme sculptrice dans un atelier où viennent des enfants. Lou, la fille de Laura, voudrait bien aller à Pompeï en voyage scolaire et glisse que sa copine a <em>« une mère sympa qui a de l’argent »</em>. Laura craque. Putain de loyer et de voyage scolaire de merde avant de s’excuser : <em>« Je fais ce que je peux »</em>. Laura galère, élève seule sa petite fille et tente de se reconstruire après une relation tumultueuse avec Joachim. Elle mène une vie en apparence tranquille. Amusée, car il est l’exacte inverse des hommes avec lesquels elle a vécu jusque là, elle accepte la proposition de son collègue Lazare : <em>« Je te fais le plat que tu veux »</em>. Lorsque Laura croise Joachim, qui veut voir sa fille, très vite les choses se passent mal. Elles vont encore empirer lorsque Shirine, la nouvelle compagne de Joachim, est victime d’un accident qui fait aussi ressurgir le passé de Laura. <strong>Aux jours qui viennent</strong> est le premier long-métrage de Nathalie Najem qui donne une forte chronique sur l’expérience de l’emprise et de la violence. Dans le film, le drame n’est pas vécu par une seule femme mais par deux, ce qui ouvre la voie à l’après, après la violence, après la séparation. En se confrontant à la difficulté des relations entre ex-conjoints, la cinéaste voulait aussi sortir des clichés qui entourent ces sujets, d’autant que l’actualité fait surgir régulièrement des histoires autour de ce thème. Si <strong>Aux jours…</strong> dresse le portrait intéressant et nuancé de deux femmes qui, en se soutenant, font que la honte s’amenuise et que la solidarité puis la sororité prennent le dessus, en face d’elles, se dresse Joachim, un homme toxique qui exerce sur son entourage une emprise psychologique. Zita Hanrot est une Laura qui passe par des phases sombres et solaires. Mais elle est debout, elle construit, elle avance alors que Joachim ne fait que s’accrocher à sa nouvelle femme. On découvre Alexia Chardard dans le rôle de Shirine, scientifique et jeune femme aussi amoureuse que troublée qui hésite longtemps à mettre la loi entre elle et Joachim. Ce dernier est incarné par Bastien Bouillon qui apporte une douceur, une féminité même, un look de fils de bonne famille, à un type qui commet des actes vraiment détestables… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAnge.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20445" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAnge-185x300.jpg" alt="Ange" width="185" height="300" /></a><strong>ANGE</strong><br />
Ange, la cinquantaine, est ethnologue. Ce solitaire étudie les sons, la musique, les traditions gitanes. Il parcourt les routes d&rsquo;Occitanie seul à bord de son vieux van, un chapeau noir vissé sur la tête. Il est devenu, tout en étant un <em>gadjo</em>, un non-gitan, une sorte de gitan à sa manière, du moins un homme de voyages et de routes. Un jour, il se met en tête de retrouver son vieil ami Marco, à qui il doit de l’argent depuis des décennies. Un prétexte pour le revoir et aussi faire la paix avec lui. Sur son chemin, Ange va revoir des hommes et surtout des femmes perdus de vue depuis bien longtemps. Chez l’une, Georgina, il va deviner qu’elle a eu une fille de lui… Voilà longtemps déjà que Tony Gatlif chemine sur les routes du 7<sup>e</sup>art. Né d&rsquo;un père kabyle et d&rsquo;une mère gitane, le cinéaste aborde, à partir du début des années 80, le thème qu&rsquo;il approfondira de film en film : les Roms du monde entier. Auteur de films comme <strong>Les princes</strong> (1983), <strong>Latcho Drom</strong> (1993) ou <strong>Gadjo Dilo</strong> (1997), celui qui se définit comme un « méditerranéen », va devenir une manière de chantre d&rsquo;une « communauté en mouvement », séduit par leur univers sonore et musical d&rsquo;une très grande richesse et d&rsquo;une grande diversité. Porté par Arthur H dans le rôle-titre, entouré de Christine Citti, Maria de Medeiros ou Mathieu Amalric, le film raconte une aventure de musiques et de souvenirs sur fond de quête de réconciliation. Comme souvent chez Gatlif, voici une œuvre foisonnante et joyeuse pleine d&rsquo;énergie et d&rsquo;humanité. Comme aussi un appel au vivre-ensemble. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAmoursChiennes.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20444" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAmoursChiennes-198x300.jpg" alt="Amours Chiennes" width="198" height="300" /></a><strong>AMOURS CHIENNES</strong><br />
Un tragique accident de la circulation dans les rues de Mexico va mettre en relation trois récits parallèles et les trois protagonistes d&rsquo;une histoire bien mouvementée : Octavio, jeune sans foi ni loi (Gael Garcia Bernal), Valeria, mannequin célèbre (Goya Toledo) et El Chivo, vieux révolutionnaire clochardisé (Emilio Echevarria), tous trois punis par la fatalité. Dans l&rsquo;épisode 1, Octavio, adolescent banal, participe, pour se faire de l&rsquo;argent, à des combats de chiens clandestins. Son chien Cofi surpasse tous ses adversaires. Mais son amour de l&rsquo;argent et sa convoitise pour sa belle-sœur sont bientôt punis. Dans l&rsquo;épisode 2, Valeria mène, dans un bel appartement, l&rsquo;existence feutrée et superficielle des mannequins célèbres. Tout bascule après l&rsquo;accident de voiture qui la cloue sur un fauteuil roulant. Son chien disparaît dans un trou de plancher et l&rsquo;appartement devient la maison de l&rsquo;angoisse où les rats font la loi. Dans l&rsquo;épisode 3, El Chivo, vieux prof de fac devenu guérillero communiste, puis tueur à gages à sa sortie de prison, vit dans un quartier populaire de Mexico. En fin de vie, il est devenu un clochard que personne ne remarque plus dans la rue. Seuls ses chiens lui servent d&rsquo;interlocuteurs. Mais son amour pour sa fille est intact. En 2000, Alejandro González Iñárritu signe, ici, le premier volet de la « trilogie de la mort » qui sera suivi de <strong>21 grammes</strong> (2003) et de <strong>Babel</strong> (2006). Sur une bande son magnifique, voici trois histoires d&rsquo;amour vouées à l&rsquo;échec et de tragiques destins entremêlés autour de la perte, de la précarité et de l&rsquo;animalité des hommes, les chiens faisant symboliquement le lien entre les épisodes. Une nouvelle sortie restaurée en 4K Ultra HD. Remarquable ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAKingdomOfHeaven.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20454" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAKingdomOfHeaven-206x300.jpg" alt="Kingdom Of Heaven" width="206" height="300" /></a><strong>KINGDOM OF HEAVEN</strong><br />
A la fin du 12e siècle, des croisés recherchent en France un forgeron dénommé Balian. Ce dernier est en deuil. Inconsolable depuis la mort de leur nouveau-né, sa femme s&rsquo;est récemment suicidée. Balian accueille froidement la visite du chef croisé, le Baron Godefroy d&rsquo;Ibelin, qui se révèle être son père. Ce dernier lui offre de l&rsquo;accompagner à Jérusalem. Il refuse, laissant les croisés reprendre sans lui le chemin de la Terre sainte. À la tombée de la nuit, alors que ces derniers ont quitté le village, Balian tue son demi-frère, prêtre cupide et sans scrupule, qui avait dérobé la croix d&rsquo;argent de son épouse et ordonné la décapitation de son cadavre, suivant en ceci les recommandations de l&rsquo;Église qui, en ces temps, sanctionnait le suicide avec la plus extrême sévérité. En fuite, Balian parvient à rejoindre les croisés. Après plusieurs jours de route, la troupe est attaquée par des soldats lancés à la poursuite du forgeron. Godefroy est blessé et meurt quelque temps plus tard dans le port italien de Messine, que quittent les navires européens en direction de la Terre sainte. Il aura eu le temps d&rsquo;adouber Balian, et de lui transmettre son titre de Baron d&rsquo;Ibelin. En 2005, Ridley Scott signe un film à grand spectacle avec la réécriture romancée de l&rsquo;histoire de Balian d’Ibelin qui, en 1187, adouba une centaine de soldats et défendit la ville lors du siège de Jérusalem face à l&rsquo;armée ayyoubide. La version sortie dans les salles de cinéma connut un échec au box-office, particulièrement aux États-Unis. Scott supervisa ensuite une « director&rsquo;s cut » et cette nouvelle version, avec une histoire plus riche et des personnages plus profonds, fut saluée par la critique. Le réalisateur de <strong>Gladiator</strong>, <strong>Alien</strong> ou <strong>Blade Runner</strong> donne une vaste fresque historique dans laquelle Orlando Bloom (Balian d&rsquo;Iberlin), Liam Neeson (Godefroy) , Jeremy Irons, David Thewlis, Brendan Gleeson, Edward Norton ou Eva Green livrent des performances parmi les plus marquantes de leur carrière, à la hauteur des batailles spectaculaires dont le réalisateur a le secret. Un chef-d’œuvre à (re)découvrir pour la première fois dans sa version Director’s cut et restaurée en 4K. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAccidentPiano.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20442" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAccidentPiano-170x300.jpg" alt="Accident Piano" width="170" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ACCIDENT DE PIANO</strong><br />
Magalie Moreau est née le 12 mars 1989, le jour où Internet était mis à la disposition du grand public. Autant dire qu’elle était, d’une certaine manière, marquée par la prédestination. Mais c’est surtout une maladie rare qui a fait basculer la vie de cette étrange adolescente. En effet, Magalie est absolument insensible à la douleur. Alors, parce que son père regarde beaucoup de vidéos, la gamine se lance. Elle décide de se filmer en… action. <em>« Salut c’est Magaloche et je teste pour vous… »</em> Les « tests » porteront sur une batterie de voiture qui l’électrocute, sur un marteau qui écrase sa main, une machine à coudre qui lui pique les doigts ou encore une batte de baseball lancée à vive allure par une voiture de course qui lui cogne la tête… Le bras dans le plâtre et avec un appareil dentaire qu’elle ne peut retirer, Magalie, accompagnée de Patrick, son assistant personnel, rentre dans un superbe chalet de montagne qu’elle vient d’acheter. Elle se retire là parce qu’un tournage est parti en vrille. En effet la dernière expérience prévue était la chute contrôlée d’un piano, suspendu par une grue. Pour que cela soit plus impressionnant, Magalie demande avec insistance au grutier de monter le piano encore plus haut, alors que la sécurité ne peut plus être garantie. Le piano tombe sans contrôle, et la coiffeuse personnelle de Magalie est tuée. De graves embrouilles se profilent… <strong>L’accident de piano</strong> est le quatorzième long-métrage de Quentin Dupieux, un réalisateur qui a notamment établi sa réputation en tournant des films quasiment à jet continu, avec des budgets modestes et en accueillant de plus en plus de vedettes reconnues dans ses productions. Si le cinéaste a, lui-même, souligné que ses budgets n’étaient plus aussi modestes qu’avant, il reste que ses films portent une signature très reconnaissable placée sous le signe du délire décalé. Or c’est, ici, ce qui manque un peu. Certes, Magalie, avec ses « expériences », s’inscrit dans cette veine mais Dupieux s’attache surtout à dresser le portrait d’une « star » (richissime) des réseaux sociaux pour décrire l’imbécilité et l’inanité de ces derniers. Et, de fait, on se lasse de cette pauvresse inculte et odieuse qui se sait une <em>« merde humaine de compétition »</em>. Comme on l’a dit, les comédiens aiment à venir tourner avec Quentin Dupieux. Ici, le cinéaste retrouve Adèle Exarchopoulos, déjà présente dans <strong>Mandibules</strong> (2020) et <strong>Fumer fait tousser</strong> (2022), qui s’est fait une tête improbable pour sa Magalie. Elle est entourée de Sandrine Kiberlain, Jérôme Commandeur et Karim Leklou, très drôle en fan bas du front. Pas le meilleur Dupieux mais se laisse quand même regarder. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAADementia13.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20451" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAADementia13-188x300.jpg" alt="Dementia 13" width="188" height="300" /></a><strong>DEMENTIA 13</strong><br />
Une veuve tente de dissimuler la mort de son mari pour toucher l&rsquo;héritage de sa riche belle-famille, les Haloran. Mais alors qu&rsquo;elle séjourne dans leur ancestral manoir isolé pour commémorer une tragédie passée, elle se retrouve piégée dans une atmosphère oppressante où les secrets ressurgissent&#8230; et les meurtres s’enchaînent dans l’ombre. En 1962, Francis Ford Coppola est l’assistant réalisateur du mythique Roger Corman, producteur et réalisateur de films d’horreur devenus cultes. Tandis qu’il lui prête main-forte en Irlande, Coppola demande à Corman de réaliser, avec le budget restant du tournage de <strong>The Young Racers</strong>, un film avec la même équipe technique, les mêmes décors et une partie des comédiens (William Campbell, Luana Landers et Patrick Magee). Après avoir rédigé un scénario en trois jours, le jeune Coppola tourne son premier long métrage en moins de trois semaines pour un budget de 20 000 dollars. Il a 23 ans et débute ainsi sa carrière de cinéaste. Incontestablement, <strong>Dementia 13</strong> porte la marque des films de son producteur : esprit gore aux allures de slasher, ambiance morbide, sexe et violence. Si le film s’inscrit dans la droite lignée des séries B horrifiques de l’époque, derrière ce thriller gothique se dessine pourtant les prémices d’un futur grand cinéaste. Faisant preuve d’un sens certain de la mise en scène, le jeune Coppola réussit à instaurer un malaise palpable tout au long de son film. Incontestablement inspiré par Hitchcock, le réalisateur fait preuve d’une grande inventivité, que ce soit dans le choix des angles de prise de vue ou la bande originale angoissante, le film fourmille de trouvailles de mise en scène. <em>« Je pense,</em> disait le cinéaste, <em>que c’était prometteur, plein d’imagination. Ce n’était pas tout à fait une succession de clichés. Il y a de très belles images. A bien des égards, certaines images comptent parmi les plus belles que j’ai jamais tournées. Principalement parce que j’ai composé le moindre plan. Dans les circonstances actuelles, vous n’avez jamais le temps de le faire. Donc vous laissez cela à d’autres. »</em> <strong>Dementia 13</strong> est présentée en Blu-ray dans une restauration 4K ultra HD. Dans les suppléments, on trouve trois inédits avec le commentaire audio de Francis Ford Coppola, une introduction du film par le cinéaste et un prologue (6 mn) <strong>« Etes-vous prêts à voir Dementia 13 »</strong> (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAMyFatherSon.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20458" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAMyFatherSon-233x300.jpg" alt="My Father Son" width="233" height="300" /></a><strong>MY FATHER&rsquo;S SON</strong><br />
Jeune homme de 18 ans fraîchement diplômé de l&rsquo;université, Qiao Zou doit prononcer l&rsquo;éloge funèbre de son père, Zou Jiantang, un homme brutal et secret passionné de boxe et grand admirateur de Mike Tyson. Submergé par l&rsquo;émotion, Qiao n&rsquo;arrive pas à parler et prend la fuite… Des années plus tard, devenu ingénieur, Qiao développe un logiciel d’entraînement de boxe utilisant l’intelligence artificielle. Il modélise un adversaire virtuel reprenant les traits de son père, qui bientôt lui échappe… En se souvenant de son propre père disparu quand il était jeune, le réalisateur chinois Qiu Sheng a imaginé un drame intimiste et futuriste qui explore la relation complexe entre un père et son fils, ainsi que la mémoire numérique dans une société en pleine mutation technologique. Le cinéaste s&rsquo;est aussi inspiré de l&rsquo;histoire vraie d&rsquo;une mère coréenne qui a utilisé la réalité virtuelle pour redonner vie à sa fille décédée et converser avec elle. Autour le la relation père-fils, du travail de deuil et de mémoire, <strong>My Father&rsquo;s son</strong> interroge l&rsquo;impact de la technologie sur les souvenirs et les relations familiales. Le film utilise ainsi des éléments de réalité virtuelle et d&rsquo;intelligence artificielle pour explorer ces thèmes, offrant une méditation poétique et émotionnelle sur l&rsquo;héritage paternel et la reconstruction des liens brisés. Loin d&rsquo;un cinéma chinois à forte connotation sociale (voir, plus haut <strong>Black Dog</strong>), Qiu Sheng invite à une réflexion intime et familiale bienvenue même si le scénario comme la mise en scène sont parfois déroutants. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAJurassicParkRenaissance.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20453" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAJurassicParkRenaissance-194x300.jpg" alt="Jurassic Park Renaissance" width="194" height="300" /></a><strong>JURASSIC PARK RENAISSANCE</strong><br />
Il faut se rendre à l’évidence, les dinosaures n’intéressent plus grand-monde. D’ailleurs le florissant Jurassic Park a (tristement?) fermé ses portes. Pire, notre planète s’est révélée de plus en plus inhospitalière pour ces grosses bêtes. Les dinosaures -et parmi eux les bêtes les plus dangereuses- qui subsistent vivent désormais isolés dans des environnements réduits aux confins de l’Equateur dont les climats sont proches de ceux dans lesquels ils s’épanouissaient autrefois. Ces zones-là sont strictement interdites à tous les humains. Mais il se trouve qu’un grand groupe pharmaceutique ambitionne de créer un médicament-miracle qui permettrait de lutter contre les maladies coronariennes de la planète et même de carrément sauver l’humanité. Pour cela, il faut prélever du sang sur trois spécimens différents parmi les créatures les plus monstrueuses de cette biosphère tropicale… Une équipe est chargée de cette mission ultra-confidentielle. On y trouve Zora Bennett, une ex des forces spéciales reconvertie dans les opérations secrètes et rentables, son bras droit Ducan Kincaid ou encore le docteur Henry Loomis, un spécialiste de paléontologie… Lorsqu&rsquo;ils arrivent sur site, en l’occurrence en pleine mer, ils tombent sur une famille de civils naufragés dont l’embarcation a été renversée par des dinosaures aquatiques en maraude. Tous vont être bloqués sur une île non répertoriée qui abritait autrefois un centre de recherche secret… Le temps est déjà loin où Steven Spielberg ouvrait les portes de <strong>Jurassic Park</strong> (1993). <strong>Jurassic World : Renaissance</strong> est déjà le septième opus d’une saga à succès. Autant dire qu’on est en pays de connaissance. Les dinosaures ne nous surprennent plus vraiment même si le premier qui entre en piste dans l’océan semble faire un petit clin d’oeil à une autre star spielbergienne, le fameux requin des <strong>Dents de la mer</strong>. Bref, on suit tout cela du coin de l’oeil, en appréciant paisiblement les scènes d’action (avec Scarlett Johansson en baroudeuse malicieuse) et en devinant, de manière un peu cynique, quels personnages vont passer à la casserole. Dernier clin d’oeil, parmi les dinosaures mutants qui peuplent l’île perdue, on a remarqué une (grosse et sale) bestiole qui ressemble étrangement au monstre imaginé par le Zurichois H.R. Giger pour le premier <strong>Alien</strong> (1979). Vérification faite, Spielberg n’est pas dans le coup d’<strong>Alien</strong>. C’est donc un pur hommage à un grand film de terreur! (Universal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABrideHard.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20449" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAABrideHard-199x300.jpg" alt="Bride Hard" width="199" height="300" /></a><strong>BRIDE HARD</strong><br />
Meilleures amies depuis plus de 30 ans, Sam et Betsy constatent cependant que leur amitié montre des signes de faiblesse. La carrière à haut risque de Sam en tant qu’agent secret, travaillant pour une agence de renom sur des missions classifiées, a pris le pas sur tout le reste dans sa vie, y compris ses responsabilités en tant que demoiselle d’honneur de Betsy. Sam tente tant bien que mal de gérer sa double vie, organisant l’enterrement de vie de jeune fille de Betsy à Paris tout en menant une opération clandestine à quelques rues de là. Cependant, lorsque les demoiselles d’honneur Lydia et Zoe remarquent que Sam les a abandonnées sans explication, Betsy nomme sa future belle-sœur, Virginia, très tendue, comme nouvelle demoiselle d’honneur… Connu pour le gros succès de <strong>Lara Croft : Tomb Raider</strong> (2001), le cinéaste britannique Simon West dirige, ici, dans une comédie qui mélange le film d&rsquo;action et le film de mariage, la tonique actrice australienne Rebel Wilson, tour à tour espionne et demoiselle d&rsquo;honneur de sa meilleure amie d&rsquo;enfance incarnée par la blonde Américaine Anna Camp. Et lorsque le somptueux mariage de Betsy est pris en otage par un groupe de mercenaires, Sam va montrer qu&rsquo;elle sait monter au combat. Un scénario de série B pour un divertissement léger. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAILovePeru.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20452" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAILovePeru-162x300.jpg" alt="I Love Peru" width="162" height="300" /></a><strong>I LOVE PERU</strong><br />
Lancé dans une course effrénée vers le succès, et une fois césarisé, un comédien biscornu abandonne ses plus fidèles amis, devient lourdingue et se fait larguer par sa petite amie. Seul face à lui-même, il rêve qu&rsquo;il est un condor et décide de se lancer dans une quête spirituelle, qui l&rsquo;amène au Pérou. Voilà une entreprise qui a le mérite de l&rsquo;originalité. Avec une équipe réduite, un budget annoncé à 400 000 euros et un appareil photo pour tourner de façon minimaliste, Raphaël Quenard (et Hugo David comme co-réalisateur) donne, en toute liberté, spontanéité et avec un sens certain de l&rsquo;autodérision, un mélange de documentaire et de fiction hybride et décalé, pensé comme une quête existentielle et un moyen de fuir l&rsquo;image médiatique du succès. Il est vrai que Raphaël Quenard doit désormais en connaître un rayon sur cette question du succès, lui qui est apparu soudainement en 2023 dans <strong>Chien de la casse</strong> de Jean-Baptiste Durand et dans<strong> Yannick</strong> de Quentin Dupieux. Nommé aux César 2024 pour ces deux films, respectivement comme meilleure révélation masculine et meilleur acteur, le comédien remporta le César de la meilleure révélation masculine pour <strong>Chien de la casse</strong>. Le cinéaste donne aussi une suite de portraits décalés avec la participation amicale de Jean-Pascal Zadi, Michel Hazanavicius, Jonathan Cohen, Emmanuelle Devos, François Civil, Eric Judor, Benoît Poelvoorde, Gustave Kervern, Marina Foïs, Gilles Lellouche et le Mulhousien Grégory Weill, le plus grand agent d&rsquo;acteurs du cinéma en France. Imparfait, provocateur, jubilatoire, bien barré. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATheThingsYouKill.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20463" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAATheThingsYouKill-162x300.jpg" alt="The Things You Kill" width="162" height="300" /></a><strong>THE THINGS YOU KILL</strong><br />
Après plusieurs années aux Etats-Unis où il a enseigné les sciences du langage à l&rsquo;université, Ali retourne s&rsquo;installer en Turquie avec Hazar, son épouse. Dans sa ville natale, il retrouve sa famille qui vit un enfer sous le joug terrible de son père. Aussi, lorsque sa mère décède dans des circonstances suspectes, Ali soupçonne-t-il rapidement Hamit, son père avec lequel il est déjà en froid. Aidé par Reza, un mystérieux rôdeur qu&rsquo;il engage comme jardinier, le jeune homme mène une quête vengeresse qui va le confronter au pire des secrets… Coréalisateur (avec Ali Asgari) des <strong>Chroniques de Téhéran</strong> en 2023, le cinéaste iranien Alireza Khatami était poussé, pour <strong>The Things…,</strong> par un besoin personnel de se réconcilier avec son histoire, la violence qui régnait au sein de sa famille. Le film était aussi, dit-il, <em>« une tentative de régler mes comptes avec moi-même, de confronter les ombres qui persistent pour comprendre comment elles m’ont façonné. »</em> En déployant plusieurs motifs récurrents comme l&rsquo;eau (symbolisée par les puits, la noyade, la soif), les fantômes ou les choses enfouies, Alireza Khatami va à la recherche de ce qui se cache sous la surface, à la fois littéralement et émotionnellement : Jusqu’où devons-nous aller pour trouver la vérité, et à quel point voulons-nous la déterrer ? Lorsque les personnages essaient d’enterrer des choses, qu’il s’agisse de secrets ou de corps, elles semblent toujours ressurgir, comme l’eau qui trouve son chemin à travers la terre. Les fantômes dans l’histoire ne sont pas juste surnaturels, ce sont les vérités enterrées qui continuent de hanter les personnages jusqu’à ce qu&rsquo;ils les affrontent. A propos de ce film qui commence comme un rêve et s&rsquo;achève comme un cauchemar, qui passe d&rsquo;un terrain familier à l&rsquo;inconnu, le metteur en scène dit encore : <em>« Ce qui est crucial, c’est de comprendre que toute violence a une histoire et ne vient pas de nulle part. Hamit a été battu par son père, qui a probablement été battu par son père&#8230; Alors quand nous parlons de tuer, nous parlons en réalité d’héritage, de la manière dont la violence se transmet jusqu’à ce que quelqu’un trouve une façon de la transformer. »</em> (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALAventura.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20455" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALAventura-179x300.jpg" alt="L'Aventura" width="179" height="300" /></a><strong>L&rsquo;AVENTURA</strong><br />
<em>« Ça y est, ça enregistre ! »</em> Claudine empoigne son iPhone et capte l’histoire d’un voyage en Sardaigne… Qui commence dans une gare parisienne puis dans les couchettes d’un train et va se poursuivre dans une voiture à bord de laquelle on trouve Sophie, Jean-Phi son ami ainsi que Claudine, la jeune adolescente et Raoul, un petit bonhomme de trois ans. Qui va donner bien du fil à retordre à tous ceux qui l’entourent… Avec <strong>L’aventura</strong>, Sophie Letourneur tourne son sixième long-métrage et donne le second voyage d’une trilogie italienne entamée avec <strong>Voyages en Italie</strong> (2023) et dans lequel la cinéaste incarnait déjà Sophie, avec Philippe Katerine dans le rôle du lunaire Jean-Phi. Sous ses allures de comédie ensoleillée, cette <strong>Aventura</strong> (clin d’oeil à la célèbre chanson de Stone et Charden de 1971 qu’on entend au générique de fin) est une sorte de « famille au bord de la crise de nerfs » pendant un périple transalpin. Entre <em>« Merde, il est en train de faire caca sous la table »</em>, <em>« Maman, j’ai envie de faire pipi »</em>, <em>« Attention, le verre, il va tomber ça c’est sûr »</em>, <em>« J’en peux plus de la chaleur »</em>, <em>« Pourquoi j’ai un trou dans tous mes slips »</em> ou <em>« Je pense que les amortisseurs sont morts »</em>, Sophie Letourneur construit un kaléidoscope de moments, d’éclats, reliés non pas par une narration classique, mais par des liens plus souterrains. Au fil de ce voyage inattendu et parfois franchement agaçant, Sophie Letourneur se penche sur des personnages pris dans les affres de leurs névroses, offrant aussi un portrait de chacun des rôles qu’on peut avoir au sein d’une famille, dans la fratrie, la parentalité, et aussi la place qu’on se donne à soi-même. Tous les personnages sont en transition. Claudine quitte l’enfance, mais est-elle déjà une ado ? Raoul devient un petit garçon qui va faire des phrases et gagner en autonomie. Bientôt la fin des couches et l’entrée à l’école, ce qui va permettre à Sophie d’avoir un petit peu moins de charge mentale, de récupérer un peu plus son corps et son espace qui sont accaparés pendant tout le film. Le couple va aussi pouvoir sortir la tête de l’eau pour décider ou pas de se quitter. Quand ils feront le point, ils diront : <em>« C’était bien. Y’a rien à dire ? »</em> (Arizona Distribution)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALaTournee.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20457" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAALaTournee-190x300.jpg" alt="La Tournee" width="190" height="300" /></a><strong>LA TOURNÉE</strong><br />
Acteur vieillissant et dont la carrière est quasiment au point mort, Marius de Villeduc n&rsquo;a pas tourné depuis trois ans. Il croule sous les dettes et harcèle Grégory Laurent, son agent afin qu&rsquo;il lui trouve du travail. Ce dernier le met en relation avec Richard Favard, réalisateur-acteur qui prépare son sixième film. Pour ce tournage de <strong>Dialogue avec mon voisin</strong>, Marius touchera 60 000 euros, dont la moitié après avoir effectué la tournée de promotion. Un an plus tard, armés d’un distributeur peu impliqué, Marius et Richard entament la série d’avant-premières, accompagnés de Colette, leur attachée de presse, et Lulu, le chauffeur de leur van. Après de premières déconvenues en termes de nombre de spectateurs dans les salles, ils sont rejoints par Fanny, ancienne stagiaire chez Grégory Laurent, ayant eu son premier rôle d’actrice dans le film, qui va les aider à mieux communiquer…C&rsquo;est une bonne idée que de se glisser dans les coulisses du cinéma. Et cela a donné d&rsquo;excellents films, de <strong>La nuit américaine</strong> à <strong>Boulevard du crépuscule</strong>. Ce n&rsquo;est probablement pas là, l&rsquo;ambition de Florian Hessique, le réalisateur de <strong>La tournée</strong> et qui tient également le rôle de Richard Favard. Ici, les coulisses, ce sont les galères d&rsquo;une tournée promotionelle d&rsquo;un film à petit budget, ce qui veut pas dire, un « petit film ». En allant de situations cocasses en rencontres inattendues et en pointant différents travers de la profession du cinéma et des gens qui gravitent autour (on croque, ici, le journaliste qui fait une interview sans avoir vu le film), le film joue la carte de la comédie mais il souffre d&rsquo;un manque de rythme et n&rsquo;hésite pas à grossir parfois le trait jusqu&rsquo;à l&rsquo;outrance, voire à l&rsquo;amertume… On croise, ici, beaucoup de comédiens qu&rsquo;on apprécie comme Patrick Chesnais, Thierry Lhermitte, Richard Berry, Martin Lamotte et bien d&rsquo;autres. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASabotage.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20460" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAASabotage-216x300.jpg" alt="Sabotage" width="216" height="300" /></a><strong>SABOTAGE</strong><br />
Ancien membre des Navy SEAL, les forces spéciales de la marine américaine, Michael Bishop a survécu à une prise d&rsquo;otages en Bosnie après avoir reçu sept coups de feu. Seul survivant du commando anti-terroriste en Bosnie, Bishop travaille aujourd&rsquo;hui comme garde du corps. Lors d&rsquo;un déplacement, son employeur est abattu par un franc-tireur. Quelques jours plus tard, la veuve de son ancien patron échappe de justesse à un attentat. Bishop comprend qu&rsquo;il se trouve au coeur d&rsquo;une conspiration qui implique aussi bien le FBI et la CIA que des tueurs à gages. Avec l&rsquo;aide d&rsquo;un agent du FBI, Bishop va tenter de démanteler une organisation terroriste. Ils vont remonter jusqu&rsquo;à Sherwood, un ex-agent qui avait déjà affronté Bishop en Bosnie&#8230; Même si son scénario n&rsquo;est pas toujours simple à décrypter, <strong>Sabotage</strong>, réalisé en 1996 (et qui sort en Blu-ray HD) est un solide film d&rsquo;action autour des thèmes du sniper et de la vengeance. La réalisation de Tibor Takacs est efficace (il joue même des effets <em>« bullet time »</em> chers à <strong>Matrix</strong>) et permet à des comédiens chevronnés de donner l&rsquo;allant nécessaire à ce genre d&rsquo;entreprise. Connu pour des films comme <strong>Crying Freeman</strong> (1995), <strong>Le pacte des loups</strong> (2001), tous deux réalisés par le Français Christophe Gans, <strong>John Wick Parabellum</strong> (2019) ou encore la série <strong>Hawaii 5-0</strong>, l&rsquo;Américain Mark Dacascos endosse le personnage de l&rsquo;indestructible Michael Bishop… (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAllLadiesDoIt.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20443" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAAllLadiesDoIt-177x300.jpg" alt="All Ladies Do It" width="177" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAPaprika.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20459" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/11/AAAPaprika-177x300.jpg" alt="Paprika" width="177" height="300" /></a><strong>PAPRIKA – ALL LADIES DO IT</strong><br />
Après avoir débuté dans le cinéma en tant qu&rsquo;archiviste à la Cinémathèque française et assistant de Joris Ivens, Alberto Cavalcanti et Roberto Rossellini, Tinto Brass s&rsquo;est tourné, à partir des années 70, vers des films directement provocateurs, entre pornographie et esthétisme. On sait qu&rsquo;il réalisa <strong>Caligula</strong> (1979) avant de refuser d&rsquo;être crédité comme tel à la suite des rajouts de scènes pornographiques par le producteur Bob Guccione. Silencieux depuis 2005, le cinéaste milanais, aujourd&rsquo;hui âgé de 92 ans, considéré comme le maître du cinéma érotique italien, a fait l&rsquo;objet de plusieurs éditions chez Sidonis Calysta. En voici deux autres du début des années 90. <strong>Paprika</strong> (1991) est une libre adaptation des <em>Mémoires de Fanny Hill, femme de plaisir</em>, le roman du Britannique John Cleland, publié pour la première fois en 1748 et dont l&rsquo;action est transposée dans les années 1950. Jeune femme aux formes avantageuses, Mimma (Debora Caprioglio) décide de travailler pour une quinzaine de jours dans un bordel afin d&rsquo;aider financièrement son fiancé Nino. Lorsqu&rsquo;elle découvre la trahison de Nino, elle décide, sous le pseudo de Paprika, de poursuivre son expérience des maisons closes à travers l&rsquo;Italie et l&rsquo;Europe, juste avant la promulgation de la loi Merlin ordonnant la fermeture de tous les lupanars transalpins… Avec <strong>All Ladies do it</strong> (en v.o. <strong>Cosi fan tutte</strong>, 1992), voici l&rsquo;histoire de Diana (Claudia Koll) qui vit à Rome, est heureuse avec son mari mais éprouve néanmoins le besoin, sans se sentir coupable, de séduire d&rsquo;autres hommes… Elle se transforme donc en « belle de jour » et croise bien des mâles dont un certain Alphonse Donatien qui se présente comme un pirate de l&rsquo;amour. Dans les suppléments des deux éditions, Jean-François Rauger, directeur de la programmation à la Cinémathèque française, décrit l&rsquo;univers joyeux, grotesque et fantasmatique de celui qu&rsquo;il qualifie de « Sergio Leone du sexe ». Il évoque autant sa passion pour les décors de Venise (<em>« le sexe féminin de l&rsquo;Europe »</em>) que pour les lupanars qu&rsquo;il fréquentait jeune. Mais c&rsquo;est Tinto Brass, lui-même, qui révèle pourquoi les femmes dénudées qui peuplent ses films ont des poils pubiens sombres. <em>« Parce que c&rsquo;est impossible de faire le point, avec la caméra, sur des poils blonds »</em>. Pas à mettre entre toutes les mains mais résolument allègre. (Sidonis Calysta)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20464</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>LE PETIT ÉTRANGER PARANOÏAQUE ET LE DOCTEUR FREUD FACE A DIEU</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20379</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20379#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 27 Oct 2025 21:06:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20379</guid>
		<description><![CDATA[LE LOCATAIRE Petit homme timide, solitaire et réservé, M. Trelkovsky s&#8217;enquiert d&#8217;un appartement à louer dans un vieil immeuble parisien du nord de Paris. Mal embouchée, la concierge lui permet cependant de visiter les deux chambrettes, non sans lui apprendre, dans un éclat de rire, que Simone Choule, l&#8217;ancienne locataire, a voulu se suicider sans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAALocataire.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20373" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAALocataire-200x300.jpg" alt="Locataire" width="200" height="300" /></a>LE LOCATAIRE</strong><br />
Petit homme timide, solitaire et réservé, M. Trelkovsky s&rsquo;enquiert d&rsquo;un appartement à louer dans un vieil immeuble parisien du nord de Paris. Mal embouchée, la concierge lui permet cependant de visiter les deux chambrettes, non sans lui apprendre, dans un éclat de rire, que Simone Choule, l&rsquo;ancienne locataire, a voulu se suicider sans raison apparente, en se jetant de la fenêtre de l&rsquo;appartement. Inquiet de savoir si Simone Choule peut revenir chez elle, Trelkovsky se rend à l&rsquo;hôpital où Mlle Choule est sur le point de succomber. A cette occasion, il croise Stella, une amie de la mourante, avec laquelle il prend une boisson dans un café avant de se rendre dans un cinéma où ils flirtent allègrement. Après le décès de l&rsquo;ancienne locataire, le futur occupant va rendre visite à M. Zy, le propriétaire des lieux, qui explique que l&rsquo;immeuble est habité par des gens respectables et très soucieux de calme. Mais comme M. Zy dit apprécier le nouveau venu, il accepte de lui louer l&rsquo;appartement. Quelques jours après avoir emménagé, Trelkovsky reçoit ses collègues de bureau. Ces derniers s&rsquo;amusent en riant fort. Bientôt tout l&rsquo;immeuble semble se liguer contre le petit homme. S&rsquo;imaginait le bouc émissaire du voisinage, le modeste fonctionnaire d&rsquo;origine polonaise sombre peu à peu dans la paranoïa et se met à imaginer que tous ses voisins le poussent au suicide. S&rsquo;ouvrant sur un superbe et virtuose plan sur la façade de l&rsquo;immeuble, <strong>Le locataire</strong> plante d&rsquo;emblée le décor d&rsquo;un univers froid et inquiétant. C&rsquo;est dans un labyrinthe de couloirs, de paliers, d&rsquo;escaliers que Polanski installe le malheureux Trelkovsky. Et que dire de la cour intérieure avec, en contrebas, la verrière, toujours brisée, dans laquelle s&rsquo;est précipitée la malheureuse Mademoiselle Choule et qui semble vouloir maintenant aspirer ce brave type qui se fait un devoir de ne déranger personne et qui va petit à petit déranger tout le monde. Tiré du roman <em>Le locataire chimérique</em> de l&rsquo;écrivain français Roland Topor publié en 1964, <strong>The Tenant</strong> (en v.o.) est le dernier volet de la « Trilogie des appartements maudits », après <strong>Répulsion</strong> (1965) tourné à Londres et <strong>Rosemary’s Baby</strong> (1968) tourné à New York. Avec <strong>Chinatown</strong> (1974), dernier film qu&rsquo;il tourne aux USA avant son départ pour l&rsquo;Europe, Polanski avait connu un imposant succès. Le cinéaste avait envie de revenir à un projet plus « serré » et aussi de tourner à Paris, sa ville natale. De fait, Raymond Thierry Liebling, qui deviendra Roman Polanski, est né en août 1933 dans le 11<sup>e</sup> arrondissement de la capitale avant que ses parents ne décident, en 1937, de retourner vivre en Pologne. Polanski réussit, ici, en 1976, un sommet d’angoisse kafkaïenne et dirige une impressionnante galerie de personnages qui semblent, tous, vouloir en attenter à l&rsquo;intégrité mentale de cet étranger que Polanski compose avec un maximum d&rsquo;ambiguïté. Autour de lui, on trouve une large palette d&rsquo;acteurs américains comme Melvyn Douglas, Shelly Winters, Jo van Fleet ou français comme Isabelle Adjani (Stella), Bernard Fresson, Claude Dauphin, Rufus, Romain Bouteille, Claude Piéplu ou encore Josiane Balasko, Gérard Jugnot ou Michel Blanc à leurs débuts. <strong>Le locataire</strong>, disponible pour la première fois en Blu-ray et dans une restauration 4K Ultra HD, sort dans une belle édition riche en suppléments. On y trouve <strong>Paranoïaque à Paris</strong> (23 mn), un entretien inédit en France dans lequel le cinéaste se remémore le tournage du film. Dans <strong>L&rsquo;artiste invisible</strong> (15 mn), le directeur de la photographie François Catonné, alors assistant opérateur sur le film, raconte avec enthousiasme un tournage qui fut l&rsquo;un des plus beaux moments de sa vie et n&rsquo;hésite pas à parler de Polanski comme d&rsquo;un génie du cinéma.. Avec <strong>Assurer la continuité</strong> (5 mn), la scripte en chef du film, Sylvette Baudrot, livre des souvenirs et anecdotes de tournage. <strong>Etranger</strong> (32 mn) est un entretien inédit avec Samuel Blumenfeld, journaliste et critique au <em>Monde</em>. Pour sa part, David Gregory a imaginé un récit de voyage (11 mn) qui visite les quartiers de Paris présents dans le film. Enfin, en audio, on peut suivre une analyse du film (20 mn) par Samm Deighan et des entretiens, dirigés par Frédéric Albert Lévy, avec l’écrivain Roland Topor (1980 – 6 mn) et le scénariste Gérard Brach (1986 – 5 mn). (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAFreudDerniereConfession.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20368" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAFreudDerniereConfession-196x300.jpg" alt="Freud Derniere Confession" width="196" height="300" /></a><strong>FREUD – LA DERNIERE CONFESSION</strong><br />
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, Sigmund Freud s’est réfugié à Londres, en compagnie de sa fille Anna. Sous l’effet de l’âge et de la maladie, la figure emblématique de la psychanalyse s’est changée en un vieillard aigri et capricieux. Tournant en rond dans son grand appartement des beaux quartiers d’Hampstead, Freud souffre d’un cancer de la bouche qu’il tente de « soigner » en mélangeant whisky et morphine. Sa curiosité est piquée au vif lorsqu’un certain C.S Lewis, professeur de littérature anglaise à Oxford, romancier et chrétien revendiqué, le mentionne dans l’une de ses publications. C’est ce C.S. Lewis qui sonne à la porte de Freud. Rapidement les deux hommes vont s’affronter à fleuret moucheté autour de la question de Dieu… Adaptation de <em>Freud’s last session</em>, la pièce de théâtre de Mark St. Germain, elle-même inspirée d’un ouvrage intitulé <em>The Question of God</em> rédigé par Armand Nicholi, docteur en psychiatrie et professeur à Harvard, le film se penche sur l’idée que deux personnes puissent s’engager dans une discussion sur une question aussi controversée que l’existence de Dieu, et qu’elles le fassent avec la volonté sincère d’échanger. Un propos qui a fasciné l&rsquo;Américain Matthew Brown convaincu que tolérance et respect mutuel sont essentielles. Voici donc un quasi huis-clos avec la rencontre de deux intellectuels qui commencent par se tourner autour, tentant de se cerner l’autre, d’observer ses failles comme ses certitudes. Face à son célèbre divan, Freud est un homme au bout du rouleau qui écoute la radio pour se tenir au courant de l’état du monde et entend Hitler prôner l’annihilation de la race juive en Europe mais aussi le premier ministre Chamberlain annoncer l’entrée en guerre de l’Angleterre. Face à lui, C.S. Lewis, souriant et attentif, le regarde évoluer dans son univers, aller et venir, revenant l’« affronter » dans sa certitude que Dieu existe. A l’occasion d’une alerte aérienne, les deux hommes se retrouvent dans un abri dans le sous-sol d’une église. Tandis que Freud reconnaît la statue de Sainte Dymphne, la patronne des fous et des égarés, Lewis, secoué par le vacarme des sirènes, est pris d’une crise liée à un stress post-traumatique. Dans les tranchées de 14-18, il a assisté à la mort de son meilleur ami, déchiqueté sous ses yeux. Dans sa mise en scène, Brown se garde d’un récit linéaire, choisissant d’explorer le subconscient de ses personnages en utilisant des flashbacks ou des éléments de fantaisie pour rester, ainsi, dans une fidélité aux écrits de Freud et Lewis, le premier étant l’auteur de <em>L’Interprétation des rêves</em>, le second ayant, au côté de Tolkien notamment, construit des univers fantastiques comme le fameux <em>Monde de Narnia</em>. Sigmund Freud, toujours malmené par sa souffrance, disserte sur les blagues juives, sur la <em>Sehnsucht</em>, sur la Bible, grand recueil de mythes et de légendes souvent brandi comme une arme. <em>« Mais Jésus a existé »</em> contre Lewis. <em>« Mes patients qui se prennent pour Dieu, aussi »</em> rétorque Freud. Au fur et à mesure de l’échange, le film dessine un Freud, fervent incroyant fasciné par les croyances, constatant <em>« Nous sommes tous lâches devant la mort »</em>. Un Freud profondément traumatisé par la mort de sa fille aînée Sophie mais capable aussi de remettre constamment en question ses propres idées. Anthony Hopkins se glisse, avec une parfaite aisance, dans la peau d’un praticien fatigué et hanté, révélant un homme empreint d’une grande humanité et regardant sa propre mortalité en face. Quant à Matthew Goode, connu pour avoir été l’interprète de Lord Snowdon dans la série <strong>The Crown</strong>, il est un Lewis paisible en apparence et tourmenté en profondeur. Dans la réalité historique, il n’y a pas de traces de la rencontre entre Freud et Lewis. Mais des recherches ont montré que Freud avait bien reçu, à Londres, un professeur d’Oxford dont l’identité n’a jamais été connue. Et si ça avait été C.S. Lewis ? L’idée, en tout cas, est belle… (Condor)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHongKong1941.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20370" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHongKong1941-187x300.jpg" alt="Hong Kong 1941" width="187" height="300" /></a><strong>HONG KONG 1941</strong><br />
Trois amis, deux hommes et une femme, vivent dans la colonie britannique juste avant la bataille de Hong Kong. Ils devront survivre durant l&rsquo;occupation militaire de la ville par les troupes nippones. Han Yuk-nam raconte ce qu&rsquo;elle a vécu durant ces années. Jeune femme séduisante qui voulait échapper au sinistre mariage arrangé par son père, un riche marchand de riz, elle est en proie à de terribles crises de douleur. Son turbulent ami d&rsquo;enfance, John Koh-wang, dont la famille était riche mais désormais devenue pauvre, est un jeune homme débrouillard et est amoureux d&rsquo;elle. David Fei est, pour sa part, un comédien venu du nord qui veut émigrer aux États-Unis ou en Australie. Ils forment un trio inséparable mais le jour où ils tentent de quitter Hong Kong, l&rsquo;invasion japonaise les en empêche. Fei devient alors collaborateur pour les Japonais afin de sauver la vie de ses amis. Évoquant d’abord, par son savoureux cocktail d’aventure et de légèreté, un <strong>Jules et Jim</strong> à la manière de Hong Kong, l’histoire du triangle amoureux formé par la belle Han Yuck-nam et ses deux soupirants John Koh-wang et David Fei bascule bientôt dans le film de résistance d’un peuple occupé. Mêlant avec brio comédie et cinéma de guerre, romance et action, politique et tragédie, <strong>Hong Kong 1941</strong>, réalisé en 1984, parvient à une remarquable cohérence grâce à l’habileté de sa narration et à la richesse de sa mise en scène. Voici un savoureux mélange de romance et action qui doit beaucoup à son trio de stars hongkongaises au charisme irrésistible, à commencer par Chow Yun-fat, largement reconnu aussi au plan international et dont le nom est indissociable de John Woo avec lequel il tourna <strong>Le syndicat du crime</strong> (1986), <strong>City of Fire</strong> (1987) ou <strong>The Killer</strong> (1989). A ses côtés, on trouve Cecilia Yip découverte en 1982 dans <strong>Nomad</strong> de Patrick Tam et Alex Man, vu dans <strong>As Tears Go By</strong> (1988) de Wong Kar-wai, dans le rôle de John Koh-wang. Ce film à découvrir, pour la première fois en Blu-ray dans une nouvelle restauration 4K, est accompagné, comme très souvent chez Carlotta, par de nombreux suppléments. Ainsi, dans <strong>Croiser les cultures</strong> (22 mn), Po-Chih Leong revient sur ses débuts à la BBC, son arrivée à Hong Kong et sa proximité avec d’autres cinéastes de l’archipel tels que Tsui Hark, Ann Hui ou John Woo. On peut aussi découvrir, autour du film et de la question identitaire (22 mn) une masterclass tournée en 2023 à Udine, dans le cadre du Far East Film Festival, dans laquelle le cinéaste détaille son travail de mise en scène visant à retranscrire une société au bord du chaos. Dans une interview (30 mn), Tony Rayns, historien du cinéma, rappelle la place majeure du film de Po-chih Leong à l’époque de sa production comme au sein de la Nouvelle Vague hongkongaise. Enfin, on trouve, ici trois entretiens d&rsquo;époque avec les comédiens Chow Yun-Fat (13 mn), Cecilia Yip (12 mn) et Paul Chun Pui (8 mn). (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAThe_Island.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20376" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAThe_Island-187x300.jpg" alt="The_Island" width="187" height="300" /></a><strong>THE ISLAND</strong><br />
Le professeur Cheung emmène six de ses élèves en excursion sur une île déserte. À leur arrivée, ils font la rencontre de trois frères, derniers habitants de l’île, qui tiennent une épicerie locale. Les adolescents et leur professeur se sentent mal à l’aise en leur compagnie, et pour cause : au chevet de leur mère mourante, les frères ont juré de marier le benjamin afin de prolonger leur lignée… Après avoir jeté leur dévolu sur une réfugiée chinoise qui s’avéra être impure à leurs yeux, la jeune Phyllis semble être la proie idéale. Mais ses camarades de classe tout comme M. Cheung refusent de se soumettre et vont se lancer dans une lutte sans merci contre la terrible fratrie… Le cinéaste sino-britannique Po-chih Leong, né à Londres en 1939, signe ici, en 1985, son film de genre le plus abouti, lorgnant aussi bien du côté du <strong>Délivrance</strong> de Boorman que du fameux <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong> de Hooper ou encore de <strong>La colline a des yeux</strong> de Craven. Suivant les traces de ses illustres prédécesseurs occidentaux, <strong>The Island</strong> met en scène un conflit de classes aigu opposant des citadins éduqués aux membres violents d’une communauté rurale isolée. Po-chih Leong prouve avec brio que le <em>survival movie</em> est tout aussi terrifiant sur une île déserte de l’Asie du Sud-Est que dans les contrées reculées des États-Unis. Une édition inédite en Blu-ray présentée dans une nouvelle restauration 2K. Dans les suppléments, avec <strong>Croiser les genres : un entretien avec Po-Chih Leong</strong> (20 mn), le cinéaste revient sur sa riche filmographie et sur l’hybridation des genres, qu’il considère comme une caractéristique majeure du cinéma asiatique contemporain. Avec <strong>Un cinéma de survie</strong> (23 mn), le cinéaste, lors d&rsquo;une masterclass tournée en 2023 à Udine, dans le cadre du Far East Film Festival, évoque la genèse de <strong>The Island</strong> et l’enjeu de son tournage en pleine nature. Enfin, dans une interview (17 mn), l&rsquo;historien Tony Rayns rappelle les influences du cinéma d’horreur américain et hongkongais sur <strong>The Island</strong> et analyse la singularité du film de Po-chih Leong. Le <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong> hongkongais, une pépite totalement inédite ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAANormal_Family.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20374" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAANormal_Family-187x300.jpg" alt="A Normal_Family" width="187" height="300" /></a><strong>A NORMAL FAMILY</strong><br />
Avocat fortuné et matérialiste, Jae-wan s&rsquo;est remarié, après la disparition de son épouse, avec Ji-soo, jeune propriétaire d&rsquo;une pâtisserie. Son frère cadet, Jae-gyoo, est un chirurgien idéaliste qui travaille à l&rsquo;hôpital et mène une vie bourgeoise aisée mais moins riche avec son épouse, Yeon-kyeong, traductrice. Hébergée chez Jae-gyoo, la mère des deux frères souffre manifestement de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Les deux frères et leurs épouses se retrouvent dans une restaurant de luxe de Séoul pour dîner et évoquer le départ de leur mère dans un luxueux établissement de retraite. Les tensions sont manifestes. Pendant ce temps là, Si-ho et Hye-yoon, leurs enfants respectifs, passent la soirée ensemble à boire et à fumer. Dans la nuit, cette sortie des cousins vire au cauchemar extra-violent. Dans une ruelle, les deux tabassent à mort un SDF qui s&rsquo;est trouvé sur leur passage. Une caméra de surveillance filme toute l&rsquo;agression et les images deviennent rapidement virales sur les réseaux sociaux… Film sud-coréen tourné en 2023 par Jin-Ho Hur, <strong>A Normal Family</strong> est une adaptation du roman <em>Le dîner</em> du romancier néerlandais Herman Koch qui raconte comment la loyauté de quatre parents envers leurs enfants est mise à l&rsquo;épreuve quand il s&rsquo;avère qu&rsquo;ils ont un crime sur la conscience : peut-on continuer à protéger ses enfants dans de telles circonstances ? Inspiré d&rsquo;un fait-divers réel qui s&rsquo;est produit à Barcelone en 2005, le roman a été un succès de librairie et a donné lieu à pas moins de trois films hollandais (2013), italien (<strong>Nos enfants</strong>, 2014) et américain (<strong>The Dinner</strong>, 2017) ce dernier avec Richard Gere et Laura Linney. Ici, c&rsquo;est donc au tour du cinéaste coréen Jin-Ho Hur d&rsquo;explorer le fonctionnement de deux familles bourgeoises dans une situation qui met à l&rsquo;épreuve leurs valeurs morales et leur sens de la famille. A travers ces quatre adultes et leurs deux adolescents incarnés par d&rsquo;excellents comédiens (Sul Kyeong-gu, Jang Dong-gun, Kim Hee-ae, Claudia Kim, Hong Ye-ji et Kim Jung-chul), le film interroge aussi bien la déshumanisation et le rejet des comportements altruistes dans la société contemporaine que les fractures générationnelles. Dans des décors composés souvent d&rsquo;intérieurs luxueux, la mise en scène est quasiment froide et clinique avant de faire affleurer les tensions pour faire de <strong>A Normal Family</strong>, un thriller glaçant qui dépeint avec cynisme les contradictions de la bourgeoisie coréenne, tout en posant des questions universelles sur la morale et la famille. <em>« J&rsquo;ai essayé,</em> dit le cinéaste, <em>de dépeindre la nature humaine qui se révèle lorsque des personnages dans leurs apparences parfaites se retrouvent dans des situations inattendues. »</em> (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHommeOr.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20369" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHommeOr-193x300.jpg" alt="Un Homme Or" width="193" height="300" /></a><strong>UN HOMME EN OR</strong><br />
Fonctionnaire modeste et sans ambition, Papon mène une vie paisible avec son épouse Jeannette, qu&rsquo;il aime profondément. Un jour, il découvre que sa femme le trompe. Plutôt que de réagir avec colère, il décide de tout ignorer et cache cette découverte. Il se lance dans les affaires et devient très riche. Il pense, de cette façon, reconquérir son épouse (Suzy Vernon), mais c&rsquo;est seulement lorsqu&rsquo;elle apprend sa délicatesse qu&rsquo;elle lui demande de lui pardonner. Jean Dréville (1906-1997) est aujourd&rsquo;hui un réalisateur français quelque peu tombé dans l&rsquo;oubli. Formé au dessin publicitaire et à la photographie, il écrit des critiques dans des revues de cinéma avant de tourner, en 1928, son premier film, en l&rsquo;occurrence un documentaire sur le tournage de <strong>L&rsquo;argent</strong> de Marcel Lherbier. En 1944, il fait tourner Noël-Noël dans <strong>Les casse-pieds</strong> pour lequel il obtiendra le prix Louis Delluc. C&rsquo;est aussi lui qui lance la carrière cinématographique de Bourvil en 1945 avec <strong>La ferme du pendu</strong>. C&rsquo;est en 1934 que Dréville tourne <strong>Un homme en or</strong> (présenté dans une belle édition Blu-ray) qui évoque aussi bien la trahison et le pardon, la quête de la réussite matérielle que les relations conjugales et la réconciliation. Si le film ne brille pas par son action, il est remarquable par son écriture et son audacieuse mise en images à laquelle Léonce-Henri Burel n&rsquo;est sans doute pas étranger. Collaborateur d&rsquo;Abel Gance, notamment pour <strong>La roue</strong> (1920) et <strong>Napoléon</strong> (1927), Burel était l&rsquo;un des plus grands directeurs de la photographie des années vingt et trente. Enfin, <strong>Un homme en or</strong> est l&rsquo;un des beaux rôles d&rsquo;Harry Baur (1880-1943) considéré comme l&rsquo;un des plus grands acteurs de la première moitié du 20<sup>e</sup> siècle. Né à Paris et fils de Meinrad Baur, un horloger alsacien originaire de Heimsbrunn, le comédien était un « monstre sacré » dont la carrière décolle en 1930 avec la rencontre de Julien Duvivier pour <strong>David Golder,</strong> le premier film parlant du réalisateur. Baur sera aussi un grand Jean Valjean dans <strong>Les misérables</strong> de Raymond Bernard et un Beethoven saisissant dans <strong>Un grand amour de Beethoven</strong> (1936) de Gance. Avec Papon, Harry Baur compose un personnage tout en subtilité. Son petit fonctionnaire devenu très riche est un honnête homme qui pense que le pardon est la plus belle forme du courage. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAALife_Chuck.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20372" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAALife_Chuck-185x300.jpg" alt="Life Chuck" width="185" height="300" /></a><strong>LIFE OF CHUCK</strong><br />
Dans la classe de Marty Anderson, un élève planche sur un texte de Walt Whitman. Quand soudain, la vie s’arrête. Exit l’étude du plus grand poète de la littérature américaine. Une partie de la Californie vient de disparaître dans le Pacifique. Pire que cela, les téléphones portables ne fonctionnent plus. Internet a rendu l’âme. La télévision ne diffuse plus rien… sauf une étrange « pub » qui, avec le visage souriant d’un parfait comptable, salue les 39 merveilleuses années de Charles Krantz. Thanks Chuck ! Dans les rues de la ville, tout n’est qu’encombrements, embouteillages, désolation. Ici et là, on remarque le Thanks Chuck… Philosophes, Marty et son voisin sont bien obligés de constater que quelque chose se termine. La fin du monde, tout bonnement ? Dans le ciel, les étoiles et les planètes s’éteignent toutes. Le comptable, on le retrouve, déambulant dans une ville où il est venu pour une réunion. Pas loin de là, une jeune musicienne de rue a installé sa batterie. Elle commence à jouer lorsqu’Arthur Krantz s’approche. Doucement, le comptable, gentiment étriqué, se met à bouger. Bientôt il se lance dans une chorégraphie aussi élégante qu’enlevée. Janice Halliday vient de quitter la librairie où elle a passé une rude journée de travail. De plus, son petit copain l’a laissé tomber. Par la grâce de la musique et à cause de l’invitation de Chuck, elle va entrer dans la danse. Tous les deux offrent un superbe spectacle aux passants… Ayant perdu ses parents dans un accident de la circulation, le petit Chuck est élevé par ses grands parents. Enfant, il passe une enfance heureuse. Sarah, sa grand-mère, est fan autant de cuisine que de rock. C’est elle qui lui donnera l’amour de la danse. Quant à Albie, son grand-père, c’est un homme des chiffres qui a malheureusement un penchant pour l’alcool. C’est pourtant avec lui que Chuck apprendra que la pratique des nombres est un art. Et puis, Albie garde les clés d’une pièce fermée de leur grande maison victorienne. Là haut, sous les toits, se cache un mystère qui ne cesse d’intriguer le gamin… Le réalisateur américain Mike Flanagan adapte une nouvelle presque joyeuse de Stephen King. En trois chapitres qui remontent le temps, voici la vie extraordinaire d’un homme ordinaire. Dans ce conte très lumineux et baigné d’onirisme, on entend revenir, comme un mantra, les mots de Whitman : <em>« Je suis vaste. Je contiens des multitudes »</em>. Comme l’existence de chacun, affirme le cinéaste. Avec une belle distribution (Tom Hiddleston, Chiwetel Ejiofor, Karen Gillan, Jacob Tremblay et Mark -Star Wars- Hamill), voici une aventure humaine teintée de tristesse mais qui séduit profondément. (Nour Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAACopainsEddieCoyle.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20365" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAACopainsEddieCoyle-198x300.jpg" alt="Copains Eddie Coyle" width="198" height="300" /></a><strong>LES COPAINS D&rsquo;EDDIE COYLE</strong><br />
Petit truand sans envergure et quasiment au bout du rouleau, Eddie Coyle vit de petits boulots, de combines, de trafic d&rsquo;armes et de contrebande. Pour échapper à une condamnation et éviter de finir ses jours derrière les barreaux, il accepte de travailler comme indicateur pour Dave Foley, un agent du FBI. Tourné dans un Boston sombre et poisseux, entre bars misérables et parkings sordides,<strong> The Friends of Eddie Coyle</strong> est un polar noir à l’extrême, notamment grâce au style sobre et épuré de Peter Yates. Le réalisateur du fameux <strong>Bullitt</strong> (1968) avec Steve McQueen en lieutenant de police de San Francisco, devenu célèbre pour sa course-poursuite dans les rues de Frisco, adapte, ici le roman éponyme de George V. Higgins, écrivain américain reconnu pour la qualité de ses dialogues. Le cinéaste britannique (1929-2011) s&rsquo;attache à l’atmosphère de son film. Jouant sur des ambiances feutrées, des personnages crédibles aux regards fatigués, Yates opte pour un style quasi documentaire, ne tournant aucune scène en studio. Sans effets spectaculaires et avec peu de coups de feu, le réalisateur parvient pourtant à captiver, grâce à sa façon de laisser l’action s’installer. Visuellement, le film est une belle réussite grâce aux plans millimétrés de Peter Yates et à la superbe photographie de Victor J. Kemper (<strong>Un Après-midi de chien</strong> en 1975). Dans cette histoire qui dresse le portrait d’une bande de malfrats minables au cœur d’une Amérique grise, on trouve le légendaire Robert Mitchum dans ce qui est considéré comme l&rsquo;un de ses plus beaux rôles. L&rsquo;acteur qui venait de tourner<strong> La fille de Ryan</strong> (1970) de David Lean et qui allait enchaîner avec <strong>Yakusa</strong> (1974) de Sydney Pollack, incarne, ici, un criminel usé, qui tente tant bien que mal de s’épargner la prison et de sauver sa famille. À ses côtés, on retrouve dans un grand second rôle, Peter Boyle dans le rôle de l&rsquo;inquiétant Dillon et Richard Jordan en agent du FBI. A sa sortie, le film ne rencontra pas de succès. Aujourd&rsquo;hui il apparaît comme une référence du film noir. Longtemps relativement confidentiel, le film n&rsquo;est jamais sorti en France en dvd ni en Blu-Ray. Voici donc une belle édition avec un livret (44 p.) sur la genèse du film et, en bonus, une conversation passionnante entre Jean-Baptiste Thoret, auteur du <em>Cinéma américain des années 70</em> et Samuel Blumenfeld, critique au <em>Monde</em>. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHotMilk.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20371" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAHotMilk-205x300.jpg" alt="Hot Milk" width="205" height="300" /></a><strong>HOT MILK</strong><br />
Par un été chaud et étouffant, Rose et sa fille Sofia se rendent à Almeria, station balnéaire du sud de l’Espagne. Rose, qui se trouve clouée dans un fauteuil roulant, vient consulter l’étrange docteur Gómez qui pourrait soulager ses souffrances. Jusque-là entravée par une mère possessive, Sofia se sent pousser des ailes surtout lorsqu’elle croise, sur la plage, l’énigmatique Ingrid. Cette baroudeuse libre et cool qui ne fonctionne que selon ses règles, fascine Sofia qui va peu à peu céder à son charme magnétique. Tandis que Sofia s’émancipe, Rose ne supporte pas de voir sa fille lui échapper. Bientôt de vieilles rancœurs qui pèsent depuis longtemps sur la relation entre les deux Britanniques vont éclater au grand jour… Premier long-métrage de la scénariste anglaise Rebecca Lenkiewicz, <strong>Hot Milk</strong> est une adaptation du roman éponyme de l’Anglaise Deborah Levy qui fut, à la parution du livre en 2016, comparée à Virginia Woolf. Scénariste d&rsquo;<strong>Ida</strong> (Pawel Pawlikowski, 2013) ou de <strong>Déobéissance</strong> (Sebatian Lelio, 2017), Rebecca Lenkiewicz s’attache, ici, à trois femmes prises, chacune à sa manière, dans un solide dilemme. Sur une terre étrangère où elles sont venues dans l’espoir d’une potentielle « guérison », la mère et la fille vont être amenées à s’éloigner l’une de l’autre. Malgré les efforts de Gomez, Rose va devoir s’accepter tandis que Sofia va enfin s’arracher à une pesante dépendance en apprenant à s’imposer, poussée par Ingrid en révélateur amoureux. A son directeur de la photo Christopher Blauvelt, la cinéaste a indiqué deux références pour créer l’univers visuel du film, d’une part <strong>Tous les autres s’appellent Ali</strong> (1974) de Fassbinder et certains aspects de <strong>37°2 le matin</strong> (1986) de Beineix. Malgré un récit parfois hésitant, le film vaut par sa dimension féministe et par sa belle interprétation avec Fiona Shaw (Rose), une grande dame de la scène et du cinéma britannique, la Franco-anglaise Emma Mackey (vue dans <strong>Eiffel</strong> de Martin Bourboulon en 2022) en Sofia étouffée puis bouleversée et enfin la Luxembourgeoise Vicky Krieps, découverte dans <strong>Phantom Thread</strong> (2017) de Paul Thomas Anderson, qui passe comme une lumineuse et torride étoile filante. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAVieAmourVaches.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20377" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAVieAmourVaches-203x300.jpg" alt="Vie Amour Vaches" width="203" height="300" /></a><strong>LA VIE, L&rsquo;AMOUR, LES VACHES</strong><br />
Mitch Robbins, Phil Berquist et Ed Furillo sont trois amis proches de la quarantaine, chacun traversant une crise existentielle. Après une escapade mouvementée à Pampelune pour les fêtes de San Fermin, Mitch rentre à New York avec un sentiment d’ennui profond et de vide grandissant. Lors d’une soirée, Phil et Ed lui présentent une brochure pour une aventure insolite : une expédition de deux semaines pour convoyer un troupeau de vaches du Nouveau-Mexique jusqu’au Colorado. Sur place, ils rencontrent Curly, un cow-boy bourru et taiseux qui, en se révélant sage et fascinant, bouleversera leurs vies… Vous approchez de la quarantaine, vous êtes en pleine crise existentielle ? Ou vous avez juste envie de regarder une chouette comédie, un western décalé et déjanté ? Alors, ce film est fait pour vous ! Réalisé en 1991 par Ron Underwood, <strong>City Slickers</strong> (en v.o.) est un western culte, qui narre les aventures improbables et délirantes d’une bande de potes, avec en fond les paysages sauvages de l’Ouest américain. Au casting, on trouve d&rsquo;excellents comédiens comme Billy Cristal (<strong>Quand Harry rencontre Sally</strong>, 1989), Daniel Stern (Marvin dans <strong>Maman, j&rsquo;ai raté l&rsquo;avion</strong>, 1990) Bruno Kirby (<strong>Le parrain 2</strong>, 1974) sans oublier, évidemment, le vétéran Jack Palance dans le rôle de Curly. Il reprendra d&rsquo;ailleurs le personnage du cow-boy en 1994 dans <strong>L&rsquo;or de Curly</strong>. Une excellente performance, qui lui vaudra l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur dans un seconde rôle. Ce western déjanté obtint d&rsquo;ailleurs d’autres récompenses, dont le Golden Globe du meilleur acteur pour Billy Cristal. Comédie à la fois drôle et touchante, brillamment interprétée et offrant une réflexion sur le sens de la vie, <strong>La vie, l&rsquo;amour, les vaches</strong> était inédit en Blu-ray en France. Après un gros travail de remasterisation, voici le film dans deux belles éditions enrichies de nombreux bonus, dont deux suppléments inédits réalisés spécialement pour cette édition, ainsi que d’un livret exclusif de 28 pages et de nombreux <em>goodies</em> pour l’édition collector. (Bubbelpop)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAEl_Magnifico.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20367" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAEl_Magnifico-204x300.jpg" alt="El_Magnifico" width="204" height="300" /></a><strong>ET MAINTENANT ON L&rsquo;APPELLE EL MAGNIFOCO</strong><br />
Gentleman raffiné élevé en Europe, Sir Thomas Fitzpatrick Philip Moore débarque au coeur du Far West pour retrouver son père. Thomas détonne dans cet univers brutal. Ce « pied tendre » préfère la poésie aux revolvers, et la bicyclette au cheval. Refusant de se battre, il devient rapidement la cible des bandits locaux. Contre toute attente, son style, sa ruse et sa maîtrise vont lui permettre de retourner les situations les plus dangereuses à son avantage. Et un jour, il va devoir se frotter au <em>gunman</em> Morton qui convoite sa fiancée… Comment passer de poète rêveur et peureux, à un pistolero aguerri ? En 1973, alors qu’il est au sommet de son art après le triomphe des westerns comiques en duo avec Bud Spencer (<strong>On l’appelle Trinita</strong>, 1973), c’est en solo que le légendaire Terence Hill revient sur le grand écran, ave <strong>E poi lo chiamarono El Magnifico</strong> (en v.o.) dans une mise en scène de son compatriote italien E.B. Clucher, auteur de plusieurs films de la saga <strong>Trinita</strong>. Maladroit mais irrésistible en cow-boy, Terence Hill (de son vrai nom Massimo Girotti) interprète un anti-héros flamboyant, drôle et attachant, à la bonne humeur réjouissante, et confirme son talent charismatique pour la comédie. Partageant des similitudes remarquées avec l’album <em>Le pied tendre</em> de Morris (de la série <em>Lucky Luke</em>), <strong>Et maintenant, on l&rsquo;appelle…</strong> est un western culte, qui casse les codes du western spaghetti. Le scénario, qui repose sur la confrontation du gentilhomme distingué à la rudesse de l’Ouest, s’avère fin et intelligent, tout en permettant de nombreux gags. Entre parodie et hommage, Clucher (alias Enzo Barboni) signe ici un western étonnant, qui n’était encore jamais sorti en Blu-ray en France. Pour les fans du genre et de Terence Hill, c&rsquo;est l&rsquo;occasion de redécouvrir le film dans les meilleures conditions puisqu’il a été entièrement remasterisé. L’éditeur propose deux magnifiques éditions comprenant Blu-Ray + dvd, ainsi que des bonus exclusifs passionnant, un livret de 28 pages, et de nombreux <em>goodies</em> pour l’édition spéciale limitée. Sur les deux éditions, on trouvera aussi de bons supplément avec <strong>On l’appelle El Magnifico</strong> (29 mn) par Jean-François Rauger et <strong>Entre western et comédie, la signature Terence Hill</strong> (30 mn) par Philippe Lombard. (Bubbelpop)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAARoutePapa.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20375" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAARoutePapa-174x300.jpg" alt="Route Papa" width="174" height="300" /></a>S<strong>UR LA ROUTE DE PAPA</strong><br />
Alors que son couple avec Sophie bat de l’aile, l’architecte Kamel est sur le point de signer son prochain grand projet avec des investisseurs qataris à Los Angeles. Il souhaite profiter de ce déplacement professionnel pour y emmener sa femme et ses deux enfants. Sauf qu’au même moment, sa mère Mima s’est mise en tête de ramener la vieille Renault 21 de feu son mari au village de ses origines au Maroc, juste à temps pour y célébrer un mariage. Guère confiante derrière le volant, Mima parvient à convaincre son fils de la conduire. Kamel accepte sous la pression de ses sœurs et par mauvaise conscience envers son milieu d’origine. Quoique toujours dans l’espoir d’avoir accompli cette corvée familiale avant son rendez-vous décisif à l’autre bout du monde, moins d’une semaine plus tard. Connu pour ses performances en stand-ups, Redouane Bougheraba, quitte, ici son registre habituel et se glisse, sans improvisation, dans le personnage de Kamel. Cela devant la caméra de Nabil Aitakkaouali et Olivier Dacourt. Amis depuis plus de vingt ans, Aitakkaouali et Dacourt (ancien international de football et joueur du Racing Strasbourg de 1992 à 1998) signent leur premier film. Inspirés par leur propre histoire et leurs souvenirs, ils ont eux-mêmes parcouru, pour préparer le tournage, les 2400 kilomètres qui séparent Aulnay-sous-Bois du bled… Plus qu&rsquo;une comédie ou qu&rsquo;un road-movie, <strong>Sur la route de papa</strong> explore la question de la transmission, des origines et des liens familiaux. Le film retrace ainsi le trajet emprunté par tant de familles immigrées entre souvenirs d&rsquo;enfance, choc culturel et quête de soi. Tandis qu&rsquo;à bord de la vieille bagnole, les rôles de chacun se redéfinissent, le périple devient, sur fond de rires, de rancœurs enfouies, de petits incidents fâcheux et de nostalgie, une allégorie sur les racines, la bienveillance, l’échange et le partage au sein de la famille. Une tendre comédie qui avance bien, portée par de bons comédiens et spécialement Farida Ouchani en robuste et attachante grand-mère&#8230; (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABallerina.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20364" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABallerina-188x300.jpg" alt="Ballerina" width="188" height="300" /></a><strong>BALLERINA</strong><br />
Après la mort de son père, Eve Macarro, désormais orpheline, est recrutée dans la Ruska Roma, organisation criminelle puissante dont son père faisait partie. La jeune fille, qui, jusqu&rsquo;alors, se destinait au ballet, commence sa formation d&rsquo;assassin afin de venger son père. Dans la franchise John Wick, voici donc un spin-off qui tient ses promesses en terme d&rsquo;action. Car Eve a oublié les grâces du ballet classique pour basculer dans le cauchemar de la violence. Evidemment, la pauvre a des excuses puisque sa famille a été détruite. Du coup, ceux qui ont brisé son bonheur, doivent s&rsquo;attendre à tout. Connu pour <strong>Underworld</strong> (2003) et <strong>Underworld 2</strong> (2006), un n° 4 de <strong>Die Hard</strong> (2007) ainsi qu&rsquo;un remake du classique <strong>Total Recall</strong> (2012), l&rsquo;Américain Len Wiseman raconte, ici, une quête de vengeance violente. Autour d&rsquo;une Eva Macarro impitoyable, il réussit de bonnes séquences d&rsquo;action, la tueuse à gages maniant aussi les armes lourdes que les… assiettes, le sabre en passant par le lance-flammes. On a évidemment plaisir à retrouver Keanu Reeves, l&rsquo;interprète au long cours de John Wick mais c&rsquo;est l&rsquo;actrice cubano-espagnole Ana de Armas qui occupe le haut de l&rsquo;affiche. Vue dans <strong>Blade runner 2049</strong> (2017), en James Bond girl dans<strong> Mourir peut attendre</strong> (2021) et en Marilyn Monroe dans <strong>Blonde</strong> (2022), l&rsquo;adaptation du best-seller de Joyce Carol Oates, la comédienne tire joliment son épingle du jeu dans ce divertissement d&rsquo;action enlevé. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADemonsMais.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20366" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADemonsMais-184x300.jpg" alt="Demons Mais" width="184" height="300" /></a><strong>LES DEMONS DU MAIS</strong><br />
<strong>Shining</strong>, <strong>Carrie</strong>, <strong>Ça</strong>, <strong>Christine</strong>, <strong>Misery</strong>&#8230; Les adaptations à succès de l’œuvre du grand Stephen King sont nombreuses ! <strong>Les démons du maïs</strong>, adapté de l’une de ses nouvelles, est moins connu du grand public, et pourtant ce long-métrage a donné le jour à toute une saga, devenue culte auprès des fans du genre. Au total pas moins de onze films ont été réalisés, ainsi qu’un court métrage dès 1983. Stephen King lui-même souhaitait déjà adapter sa nouvelle, écrite en 1977, et avait tenté de rédiger un scénario en 1979. Il fallut attendre 1984 pour voir un long-métrage voir le jour, sous la réalisation de Fritz Kiersch dont c’est alors le premier film, et qui travaillera plus tard sur la série télé <strong>Swamp Thing</strong>. Ce premier opus de la saga réussit à créer une atmosphère angoissante très réussie : une petite ville isolée et désolée, un soleil de plomb sur une terre aride, une superbe mais inquiétante croix avec son épouvantail, des champs de maïs à n’en plus finir&#8230; un décor sinistre à souhait au milieu duquel évoluent des enfants diaboliques. Les deux principaux protagonistes marquent les esprits : Isaac, leader d’un culte terrifiant, au regard perçant et au visage impassible et Malachai, avec ses cheveux roux, ses taches de rousseur et son rictus terrifiant, c’est le psychopathe du groupe. On notera aussi dans ce premier opus, la présence au casting de Linda Hamilton, quelques mois avant la sortie de <strong>Terminator</strong>. <strong>Les démons du maïs</strong> (1984) raconte comment, dans un coin reculé du Nebraska, un jeune couple doit affronter une bande d’enfants psychotiques, décidés à éliminer tous les adultes. <strong>Les démons du maïs 2, le sacrifice final</strong> (1992) montre un journaliste qui se rend dans la petite ville de Gatlin, qui avait été le théâtre de la mort atroce de plusieurs adultes. Un enfant relance le sinistre culte du maïs. Enfin, avec <strong>Les démons du maïs 3, les moissons de la terreur</strong> (1995), on voit comment, après la mort atroce du fermier Earl Hutch, ses deux enfants sont placés dans une famille de Chicago. Doté d’étranges pouvoirs, le plus jeune va déclencher une série de meurtres.<strong> Les démons du maïs</strong> prendra une place importante dans la tradition du <em>folk horror</em> américain, ce qui explique peut-être les nombreux autres volets qui sortiront ensuite, reprenant le thème d’enfants terrifiants, voués à un culte mystérieux lié aux champs de maïs. Inédits en Blu-ray en France, les deux coffrets permettent de redécouvrir les trois premiers films, dans des versions entièrement restaurées. L’édition Blu-ray est accompagnée d’un superbe livret de 52 pages, retraçant la genèse de toute la saga. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAWorkingMan.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20378" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAWorkingMan-226x300.jpg" alt="A Working Man" width="226" height="300" /></a><strong>A WORKING MAN</strong><br />
Ancien commando des Royal Marines, Levon Cade est rentré dans le rang à la suite de la mort de son épouse. Il tente désormais de mener une existence paisible en tant qu&rsquo;ouvrier du bâtiment à Chicago. Mais lorsque Jenny, la fille de son employeur, est enlevée par un réseau de trafic humain en accointance avec la mafia russe, Cade se voit contraint de redevenir une machine de guerre. Car la Bratva, dirigée par Symon Kharchenko, n&rsquo;est pas décidée à baisser les bras. Lorsque Cade tue Wolo, le frère de Symon, celui-ci lance ses fils Danya et Vanko à sa poursuite. Les choses vont se gâter de plus en plus et Cade doit même confier Merry, sa propre fille, à Gunny, un ancien soldat. En effet des voyous ont découvert son identité et l&rsquo;ont menacé… David Ayer, scénariste de <strong>Training Day</strong> (2000) ou <strong>Fast and Furious</strong> (2001), passe ensuite derrière la caméra pour des films d&rsquo;action comme <strong>Bad Times</strong> (2005), <strong>Sabotage</strong> (2014), le succès <strong>Fury</strong> (2014) mais aussi <strong>Suicide Squad</strong> (2016) qui met en scène plusieurs méchants emblématiques de l&rsquo;univers DC. Ici, il adapte, en compagnie de Sylvester Stallone, le roman <em>Levon&rsquo;s Trade: A Vigilante Justice Thriller</em> de Chuck Dixon et signe un thriller plutôt convenu mais tout à fait efficace qui vaut évidemment par la présence, dans le rôle de Levon Cade, de Jason Statham. D&rsquo;ailleurs, le cinéaste retrouve le comédien britannique qu&rsquo;il avait déjà dirigé, l&rsquo;année précédente, dans <strong>The Beekeeper</strong>. On se doute bien que c&rsquo;est l&rsquo;acteur de la saga d&rsquo;action <strong>Le transporteur</strong> (2002-2015) qui apporte, ici, le plus du film. De fait, Jason Statham ne déçoit que rarement quand on lui offre ce genre de personnage prêt à tout donner pour faire régner l&rsquo;ordre et la justice. Autant dire qu&rsquo;avec ce Levon Cade, les méchants peuvent se faire du souci. (Warner)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20379</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>DE JEUNES EXISTENCES FRACASSÉES ET LE MAL-ÊTRE DE KATIA</title>
		<link>https://www.exterieur-jour.com/?p=20312</link>
		<comments>https://www.exterieur-jour.com/?p=20312#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 09 Oct 2025 11:44:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

		<guid isPermaLink="false">https://www.exterieur-jour.com/?p=20312</guid>
		<description><![CDATA[JEUNES MÈRES A un arrêt de bus, on remarque une jeune fille au ventre rond. A une femme, elle demande : « Madame vous attendez une fille qui s’appelle Jessica ? » En quelques images, les frères Dardenne installent une atmosphère. On est tout de suite du côté de cette Jessica qui va éclater à [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAJeunesMeres.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20301" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAJeunesMeres-185x300.jpg" alt="Jeunes Meres" width="185" height="300" /></a>JEUNES MÈRES</strong><br />
A un arrêt de bus, on remarque une jeune fille au ventre rond. A une femme, elle demande : <em>« Madame vous attendez une fille qui s’appelle Jessica ? »</em> En quelques images, les frères Dardenne installent une atmosphère. On est tout de suite du côté de cette Jessica qui va éclater à propos de sa mère qui l’a jetée. Tenants d’un cinéma social européen, on retrouve d’emblée, ici, le style de Luc et Jean-Pierre Dardenne qui s’est nourri autant du néoréalisme italien que des œuvres de Maurice Pialat. Ainsi, dans les pas de Jessica et des autres pensionnaires, on se glisse dans cette communauté qu’est la maison maternelle qui accueille des jeunes mères. En décembre 2023, pour l’écriture d’un scénario, les Dardenne visitent une maison maternelle près de Liège, échangent avec les jeunes mères célibataires, pour la plupart mineures, les éducatrices, la psychologue. Ils sont d’abord attirés par la vie commune dans ce lieu, les repas, les bains donnés aux bébés, les discussions à propos de thèmes liés à la maternité, à la violence, aux addictions… Avec ce matériau, ils vont écrire, pour leur treizième long-métrage, une aventure à quatre personnages principaux et un cinquième (Naïma) dont l’histoire est brève. Ils rassemblent, ici, quatre trajectoires en les entremêlant avec une impressionnante fluidité et en s’attachant à porter attention à l’individualité de chaque personnage. Cela, tout en mettant clairement en lumière ce qui les relie. La maternité précoce liée à la détermination sociale de la pauvreté et des carences affectives. A travers tout le film, on évoque ainsi la famille d’où elles viennent, où elles retourneront ou ne retourneront pas, le père souvent absent ou inexistant, l’avenir avec l’enfant ou sans l’enfant confié à une famille d’accueil ou encore leur avenir scolaire et professionnel, leur capacité de vie autonome. Filmées au plus près avec un regard empathique, Perla se souvient d’une mère alcoolique qui avait noyé son canari dans l’eau des toilettes. Ariane retrouve sa mère. Cette dernière l’assure qu’elle ne boit plus mais la fille souffle <em>« Je ne vais pas revenir! Je ne veux plus connaître la misère, c’est tout. »</em> Ariane est décidée à placer sa petite Lili dans une famille d’accueil. Lorsqu’enfin, elle rencontre la famille d’accueil, elle leur pose une question. <em>« Vous faites de la musique ? Je voudrais que vous lui appreniez la musique… »</em> Comme une histoire sans fin qui est celle de jeunes existences fracassées, <strong>Jeunes mères</strong> s’avance, implacable, dans une sorte de routine ou de répétition placée sous le signe de la détresse. Avec Dylan et Mia, Julie rend visite à son ancienne institutrice. Cette dame se met au piano pour jouer quelque chose de gai. Dans ce film sans musique, s’élèvent les accents enjoués de la <em>Marche turque</em> de Mozart. Julie et Dylan sourient. Mia gazouille. Comme une lueur d’espérance dans un monde sans joie ? (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADifférente.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20297" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADifférente-174x300.jpg" alt="Différente" width="174" height="300" /></a><strong>DIFFÉRENTE</strong><br />
Katia flippe ! Dans l’open space de la petite société de communication où elle travaille comme documentaliste, la jeune femme ne sent pas à l’aise. Et comme la boîte annonce des licenciements économiques, Katia est encore un peu plus stressée. Elle répète : <em>« Je suis virée ? »</em> Pourtant elle fait bien son boulot et tout le monde loue son professionnalisme. Son amie Marie, avec qui elle pratique la boxe, lui dit bien de ne pas trop s’en faire, mais justement rien n’y fait. Fred, son amoureux avec qui elle vient de renouer après un moment de flottement, lui avoue qu’il est malheureux sans elle mais ajoute <em>« Tu n’es pas la fille la plus simple non plus ! »</em> Quatrième long-métrage de cinéma de Lola Doillon (la fille de Jacques Doillon), <strong>Différente</strong> est un film tout à fait malin qui fonctionne comme une comédie dramatique et même romantique lorsque se dessine la reprise du sentiment amoureux qui unit Katia et Fred. Mais, dans le même temps et sans que le propos ne devienne documentaire, <strong>Différente</strong> va s’imposer comme un magnifique portrait d’une jeune femme qui mène une vie ordinaire et qui se demande, sans comprendre, pourquoi elle est toujours si mal dans son être. C’est lorsque, par hasard, on lui demande de préparer un reportage sur l’autisme que Katia va avoir, d’une certaine manière, la révélation de sa différence. Pour les besoins de son enquête, elle assiste à un colloque et doit interviewer Romane Vainedeau, experte du sujet (interprétée par Julie Dachez, elle-même experte et conférencière sur l’autisme). Rapidement, elle entend parler d’Asperger, de trouble du spectre autiste sans déficience intellectuelle, du fait que les femmes autistes réussissent mieux à se camoufler socialement. Au gré de ses recherches, Katia va s’interroger sur son identité. Si la cinéaste place au centre de son propos le cheminement amoureux de Fred et Katia pour observer le décalage des ressentis et des réactions, <strong>Différente</strong>, qui se déroule dans les décors de Nantes, offre aussi une représentation de l’autisme éloigné des stéréotypes habituels. Lola Doillon, en s’entourant de spécialistes, évoque la difficulté du diagnostic, le manque de professionnels formés, le retard de la France, l’influence de la psychanalyse, la difficulté d’accès à l’emploi ou à obtenir les aménagements nécessaires. Mais tout cela passe tout en finesse car on ne perd jamais de vue Katia et son parcours de vie. La réalisatrice colle quasiment toujours à ce personnage fragile auquel sa mère se plait à rappeler l’enfant « sauvage » timide et craintive qu’elle était mais qui devenait très loquace quand elle devisait avec son amie imaginaire. Et finalement, une surprise viendra bouleverser le couple… Si <strong>Différente</strong> est une œuvre forte et intense, c’est dû aussi à l’interprétation incandescente de la comédienne et musicienne Jehnny Beth. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABigasLuna.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20295" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABigasLuna-209x300.jpg" alt="Bigas Luna" width="209" height="300" /></a><strong>BILBAO – CANICHE &#8211; LOLA</strong><br />
Révélé au public international en 1992 avec <strong>Jambon, Jambon</strong>, savoureuse satire du machisme espagnol, découvreur des acteurs Javier Bardem, Penélope Cruz et Ariadna Gil, le cinéaste Bigas Luna (1946-2013) entre dans le cinéma à l&rsquo;heure où le régime franquiste vit ses derniers moments. Comme le note Maxime Lachaud, journaliste et grand amateur des marges du cinéma, dans le livret (100 pages) qui accompagne ce beau coffret : <em>« Dans le contexte de l&rsquo;après-censure franquiste, le cinéma espagnol avait besoin de se défouler en investiguant la sexualité dans toute sa diversité et ses fétichismes, et en allant dans des territoires tabous, voire pervers&#8230; »</em> Dans cette <em>« période noire : 1977-1987 »</em>, Artus Films a puisé trois films rares dans lesquels le cinéaste barcelonais explore donc des sujets sulfureux dans des climats étranges et inquiétants mais volontiers traversés par de l&rsquo;humour noir. L&rsquo;univers obsessionnel de Bigas Luna, <em>« homme de scandale et de parole »</em> selon la formule de Penelope Cruz, va pouvoir éclore avec des premiers films qui adoptent entièrement le monde de la nuit sur fond d&rsquo;ombres, de songes, de pulsions. Et de transgressions. <em>« Les ambiances claustrophobiques, les pièces mal éclairées,</em> dit encore Lachaud, <em>les gros plans quasi-abstraits en font des aussi des films sombres au sens littéral. Et, dans ce monde, le corps, la bestialité, la chair (et la chère! ndlr), les cris et les humeurs tiennent le premier rôle »</em>. Ainsi <strong>Bilbao</strong> (1978), sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, nous fait entrer dans la psyché de Léo, un sociopathe fétichiste obsédé par une stripteaseuse prostituée (Isabel Pisano) L&rsquo;année suivante, <strong>Caniche</strong> aborde clairement le thème de la zoophilie avec Angel (Angel Jové) et Eloisa (Consol Tura), un frère et une sœur, « couple fusionnel » qui ont des rapports très particuliers au caniche Dany pour elle et à de multiples molosses pour lui. Mais au-delà de ces perversités, <strong>Caniche</strong>, qui fait parfois songer au cinéma de Carlos Saura, offre une critique virulente de la société capitaliste (sœur et frère attendent impatiemment un héritage), de la bourgeoisie et de la famille dans un contexte post-Franco. Quelques années plus tard, <strong>Lola</strong> (1986), avec l&rsquo;aventure d&rsquo;une jeune femme (Angela Molina) dévorée par ses pulsions, poursuit cette exploration d&rsquo;un érotisme bestial et morbide qui en appelle à des visions surréalistes qui ne sont pas sans faire référence à l&rsquo;oeuvre de Dali, Bunuel mais aussi aux peintures de Goya. Mettant en valeur un cinéma résolument libre, voici une belle découverte à la fois sensuelle, addictive, symbolique, rabelaisienne, hypnotique, culinaire, onirique, dérangeante et mystique ! Excusez du peu ! (Artus Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATakashiIshii.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20309" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATakashiIshii-196x300.jpg" alt=" Takashi Ishii" width="196" height="300" /></a><strong>COFFRET TAKASHI ISHII</strong><br />
Figure marquante du cinéma japonais, Takashi Ishii commence sa carrière dans les années 1970 en tant que dessinateur de manga pour adultes, les <em>gekiga</em>, proches du roman graphique avant de transposer au cinéma ses propres œuvres, notamment la célèbre série <em>Angel Guts</em>. Il scénarise et met ensuite en scène plusieurs <em>pink film</em> (film roses ou érotiques) issus de ses mangas des années 1970 avant de se faire remarquer avec des œuvres plus ambitieuses… Ce sont quatre de ces films à découvrir pour la première fois Blu-ray dans une nouvelle restauration 2K que réunit le coffret Takashi Ishii sous-titré <em>Aventures et mésaventures de l&rsquo;héroïne Nami</em>. Situés dans un Japon interlope et magnétique, les quatre films, tous en couleurs, mettent en vedette le personnage culte d&rsquo;Ishii (1946-2022), en l&rsquo;occurrence la séduisante mais tourmentée Nami Tsuchiya, une héroïne aux prises avec la masculinité toxique qui gangrène la société, agissant comme un puissant révélateur de la violence et de la complexité des relations humaines. <strong>Original Sin</strong> (1992) raconte comment Nami (l&rsquo;actrice Shinobu Otake), mariée à un agent immobilier d’âge mûr, entame une liaison avec Makoto, leur nouvel et jeune employé. Obsédé par sa maîtresse, celui-ci fomente un plan pour se débarrasser du mari… Dans <strong>A Night in Nude</strong> (1993) on découvre un certain Jiro, « remplaçant professionnel », qui accomplit pour ses clients les tâches les plus ingrates du quotidien. Lorsque la belle et mystérieuse Nami (l&rsquo;actrice Kimiko Yo) fait irruption dans son bureau, le voilà entraîné malgré lui dans l’assassinat d’un violent yakuza… <strong>Alone in the Night</strong> (1994) présente une Nami dévastée par la mort de son mari, agent infiltré au sein d’un clan de yakuzas. Au lieu d’être enterré avec les égards qui lui sont dus, celui-ci est accusé d’être impliqué dans le crime organisé. Nami (l&rsquo;actrice Natsukama Yui) décide alors de se venger pour laver son honneur… Avec <strong>Angel Guts : Red Flash</strong> (1994), on retrouve Nami (l&rsquo;actrice Maiko Kawakami) travaillant comme graphiste au sein de la rédaction d&rsquo;un magazine. Elle accepte au pied levé de remplacer le photographe de plateau sur le tournage d’un film pornographique. Mais une scène de viol brutale réveille en elle des souvenirs enfouis. Elle va bientôt se réveiller dans un <em>love-hôtel</em> avec le cadavre de son violeur à ses côtés. D’étranges événements commencent alors à se produire… On trouve enfin dans ce beau coffret décoré du regard de la belle Nami, de nombreux suppléments dont quatre entretiens (62 mn) avec le réalisateur Takashi Ishii et huit autres entretiens (88 mn) avec les membres des équipes des films. Enfin Matthew E. Carter signe un essai video (16 mn) intitulé <strong>Les multiples visages de Nami</strong>. Entre thriller, film de yakuza et <em>pinku eiga</em> ou film rose érotique, voici une nouvelle pierre dans le beau travail de Carlotta sur le cinéma asiatique. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAOnceUponGaza.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20306" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAOnceUponGaza-185x300.jpg" alt="Once Upon Gaza" width="185" height="300" /></a><strong>ONCE UPON A TIME IN GAZA</strong><br />
A Gaza, en 2007, Yahia, étudiant rêveur, est vendeur de falafels. Il se lie d’amitié avec Osama, dealer charismatique au grand cœur. Ensemble, ils montent un trafic de drogue, caché dans leur modeste échoppe. Les deux hommes vivotent comme tous les Palestiniens enfermés à Gaza. Mais ils ont, en plus, sur le dos un policier véreux, Abou Sami. Deux ans plus tard, Yahya, à qui le ministère de la Culture propose le premier rôle du <strong>Rebelle</strong>, un film de propagande à la gloire des martyrs, croise à nouveau le chemin du flic ripou qui a été depuis promu… Jumeaux nés en 1988 dans la bande de Gaza, Arab et Tarzan Nasser sont connus pour leur long-métrage <strong>Gaza mon amour</strong> présenté en première à la Mostra de Venise 2020 et sélectionné comme candidat palestinien pour l&rsquo;Oscar du meilleur film international lors de la 93e cérémonie, mais sans être retenu parmi les nominations. Opposés au Hamas, les deux frères Nasser vivent en exil en France depuis 2011, tout en continuant de montrer le quotidien de la Palestine. <strong>Once Upon a Time in Gaz</strong>a, leur troisième long-métrage, est présenté dans la sélection Un certain regard à Cannes 2025 et remporte le prix de la meilleure réalisation dans cette section parallèle. Sans s&rsquo;interdire l&rsquo;humour, voire le burlesque, les frères Nasser ont choisi de raconter au plus près la vie d&rsquo;anonymes vivant le quotidien de l&rsquo;enclave palestinienne tout en faisant un film dans le film avec <em>« le premier film d&rsquo;action tourné à Gaza »</em> et en évoquant aussi l&rsquo;actualité récente avec notamment les déclarations de Trump sur son projet de « riviera du Moyen-Orient ». Mais <strong>Once upon…</strong> (tourné dans un camp de réfugiés de Jordanie) se situe en 2007 et les deux réalisateurs expliquent que ce choix n&rsquo;est pas anodin : <em>« C&rsquo;était une année charnière qui a profondément influencé le cours des événements à Gaza jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Cette année a suivi la victoire du Hamas aux élections législatives, qui a conduit à un blocus militaire, politique et économique. Israël considérait Gaza comme une entité hostile et a imposé un siège asphyxiant et inhumain sur plus de deux millions de personnes. Nous avons choisi cette année, car elle a marqué un tournant brutal. »</em> Si Arab et Tarzan Nasser affirment qu&rsquo;ils essayent juste de faire du cinéma, ils constatent cependant qu&rsquo;il est très difficile, à Gaza et en Palestine en général, d&rsquo;échapper à la politique. Parce qu&rsquo;elle contrôle tout, y compris la vie quotidienne des gens. Au départ, ils songeaient même à faire un… western. <em>« C&rsquo;est pourquoi,</em> disent-ils, <em>que nos trois personnages sont un bon, un méchant et un affreux&#8230; »</em> (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAManRayRetourRaison.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20302" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAManRayRetourRaison-178x300.jpg" alt="Man Ray Retour Raison" width="178" height="300" /></a><strong>LE RETOUR A LA RAISON</strong><br />
Les éditions DVD permettent de temps à autre, de fameux moments de cinéphilie et d&rsquo;histoire du 7<sup>e</sup> art mêlées ! C&rsquo;est le cas avec ce programme de quatre courts métrages de Man Ray sur une musique de SQÜRL, le duo musical formé par Jim Jarmush et Carter Logan. De son vrai nom Emmanuel Radnitsky, Man Ray (1890-1976) est un artiste américain connu pour un œuvre protéiforme, englobant la peinture, la photographie, la sculpture, le cinéma et la création d&rsquo;objets. Installé à Paris en 1921, il rejoint le mouvement surréaliste grâce à Marcel Duchamp et collabore avec des figures emblématiques comme André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard et Salvador Dalí. En 1923, il exploite sur une pellicule de film le procédé photographique de la rayographie qu&rsquo;il venait de mettre au point. Il crée des séquences abstraites et hypnotiques à l&rsquo;aide de clous, de ressorts, de cristaux, de punaises ou de cordes qui fourmillent sur l&rsquo;écran. La poésie surréaliste prend forme par associations : du sel jeté sur la pellicule conduit à un champ de marguerites, le mot « dancer » peut être lu comme &laquo;&nbsp;danger&nbsp;&raquo;&#8230; pour finir par des jeux d&rsquo;ombre et de lumière captés sur le buste nu d&rsquo;une de ses égéries de l&rsquo;époque. Avec <strong>Emak-Bakia</strong> (1926), Man Ray étend son exploration des techniques pour satisfaire son imagination. En plus de la double exposition et de la rayographie qu&rsquo;il maîtrise déjà, il expérimente l&rsquo;animation en <em>stop motion</em>. Des sculptures de Pablo Picasso, des formes géométriques ou du papier découpé prennent vie. L&rsquo;oeil objectif de Man Ray met ce Cinépoème en marche, en marche saccadée par les ruptures de rythme. <strong>L&rsquo;étoile de mer</strong> (1928) est un poème de Robert Desnos tel que l&rsquo;a vu Man Ray. Au fil de la lecture à voix haute par Desnos de son poème, Man Ray visualise des images qui lui inspirent matière à réaliser un film surréaliste. L&rsquo;étoile de mer représente l&rsquo;amour, l&rsquo;amour impossible, l&rsquo;amour perdu. Kiki de Montparnasse et André de la Rivière sont les spectres qui incarnent cet amour né dans la réalité, qui se poursuit et se finit un rêve tragique. On découvre aussi <strong>Les mystères du château du Dé</strong>, commandé en 1929 par Charles et Marie-Laure de Noailles à Man Ray. Le couple souhaite que l&rsquo;artiste réalise un film ayant pour cadre leur villa ultra moderne construite par Mallet Stevens sur les hauteurs de Hyères. <em>Un coup de dé jamais n&rsquo;abolit le hasard</em>, le poème de Mallarmé, lui inspire le titre et le thème du film. Man Ray en fait le plus &laquo;&nbsp;scénarisé&nbsp;&raquo; de ses films. Des dés, jetés à Paris, nous embarquent à bord d&rsquo;une voiture roulant à tombeau ouvert jusqu&rsquo;à la villa Noailles. La caméra, tantôt subjective, tantôt objective, nous perd dans le château cubiste. (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAAngoisseGardienBut.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20294" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAAngoisseGardienBut-193x300.jpg" alt="Angoisse Gardien But" width="193" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ANGOISSE DU GARDIEN DE BUT A L&rsquo;INSTANT DU PENALTY</strong><br />
Joseph Bloch est gardien de but de classe internationale. Lors d&rsquo;une rencontre à Vienne, il « décroche », encaisse un but et se fait expulser par l&rsquo;arbitre. Il entame alors une errance dans la métropole autrichienne, prend une chambre d&rsquo;hôtel et va au cinéma. Le lendemain, il passe la nuit avec la caissière du cinéma et finit par l&rsquo;étrangler au petit matin, sans raison. Bloch prend ses affaires et part en autocar pour la petite ville de Bierbaum où il essaie de renouer avec Hertha, son ex-petite amie. Mais là-bas, il y a beaucoup de policiers sur les routes en raison de la disparition d&rsquo;un enfant. En lisant les articles de presse, il s&rsquo;informe de l&rsquo;avancement de l&rsquo;enquête et apprend qu&rsquo;il a laissé une piste avec des pièces de monnaie américaines tombées d&rsquo;une poche endommagée de son veston. En assistant à un match de football, il explique à son voisin, à l&rsquo;occasion d&rsquo;un penalty, à quel point le gardien de but et le tireur doivent se concentrer mentalement l&rsquo;un sur l&rsquo;autre. Le film se termine par l&rsquo;arrêt du penalty. On ne saura pas si Bloch sera arrêté. Avec <strong>Die Angst des Tormanns beim Elfmeter</strong> (en v.o.) Wim Wenders tourne, en 1971, son second long-métrage après <strong>Summer in the City</strong> (1970). Entouré de ses futurs fidèles collaborateurs (Robby Müller à la caméra, Peter Przygodda au montage), le cinéaste allemand entame sa collaboration avec l’écrivain autrichien Peter Handke en adaptant son roman éponyme publié en 1970. Déjà apparaissent les thèmes que Wenders développera dans ses films suivants, en l&rsquo;occurrence la place de l&rsquo;homme face à l&rsquo;existence, face aux femmes, l&rsquo;errance, la frontière… La fuite en avant de Bloch (Arthur Brauss), archétype de l&rsquo;antihéros, rappelant l’errance existentielle du protagoniste de <em>L’étranger</em> d’Albert Camus mais aussi les œuvres de Michael Haneke, se drape d’une mise en scène sobre et stylisée, révélant un style inimitable. <strong>L’angoisse..</strong>. est présenté dans une édition restaurée 4K (supervisée par la fondation Wim Wenders) et, pour la première fois, en Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve un entretien (14 mn) filmé en 2017 dans lequel le réalisateur revient sur sa première véritable expérience de tournage et sur le combat mené durant des années pour obtenir les droits d’auteur sur la musique de son film. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAEtatChoses.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20299" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAEtatChoses-193x300.jpg" alt="Etat Choses" width="193" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ETAT DES CHOSES</strong><br />
Sur la côte désertique du Portugal, le tournage des <strong>Survivants</strong>, un film de science-fiction, s’interrompt faute de pellicule. La production est à court d’argent. L&rsquo;équipe est immobilisée dans un vieil hôtel dévasté par les tempêtes. Le réalisateur, Friedrich Munro, est un leader philosophe, qui entretient une relation paternelle avec les membres de son équipe. Il veille à leur bien-être physique, mais aussi émotionnel. Soutenu par Joe, son cadreur, il reste solide comme un roc au milieu de la crise, maintenant son équipe concentrée sur son objectif créatif pendant cette période de vacuité, dans l&rsquo;attente d’un apport de fonds qui permettra de reprendre le travail. Les jours passent sans nouvelles du producteur qui se trouve aux États-Unis et les membres de l&rsquo;équipe s’occupent à tenir à l&rsquo;écart la menace de l&rsquo;ennui prêt à les submerger. Ils se rapprochent les uns des autres, forcés à des relations plus personnelles qu’il n’est d’usage lors des tournages. C’est le bon côté de l&rsquo;épreuve qu’ils traversent. Mais à mesure que les jours deviennent des semaines, l&rsquo;appréhension commence à dominer. Joe doit retourner chez lui pour rejoindre sa femme qui est mourante, et laisse avec réticence Friedrich gérer seul une situation qui va s’aggravant… Dix ans après <strong>L&rsquo;angoisse…</strong> et alors qu&rsquo;il a déjà donné <strong>Faux mouvement</strong> (1975) et <strong>L&rsquo;ami américain</strong> (1977), Wim Wenders s&rsquo;attelle à l&rsquo;exemple même du film dans le film et propose une brillante réflexion sur le cinéma. <strong>Der Stand der Dinge</strong> (en v.o.) s’inspire largement de la première expérience hollywoodienne vécue par Wim Wenders sur son film <strong>Hammett</strong> (1982) dont le tournage avait dû être interrompu à plusieurs reprises. Cette mise en abyme du cinéma, où l’on croise les réalisateurs Samuel Fuller (Joe, le cadreur) et Roger Corman, interroge les différences existant entre les modes de production européen et américain, et vient rejoindre le panthéon des grandes œuvres réflexives sur le septième art, comme <strong>La nuit américaine</strong> ou <strong>Le mépris</strong>. Lauréat du Lion d’or à la Mostra de Venise 1982,<strong> L’état des choses</strong> est à découvrir en Blu-ray dans une restauration 4K supervisée par la Fondation Wim Wenders. Dans les suppléments, on trouve un entretien (18 mn) mené en 2001 par l&rsquo;écrivain, producteur et intellectuel allemand Roger Willemsen, dans lequel Wenders parle de ce long-métrage tourné au jour le jour au Portugal avec l’équipe du film <strong>Le territoire</strong> de Raoul Ruiz, qui lui redonna l’envie de diriger aux États-Unis. On y voit aussi une petite demi-heure de scènes coupées. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATheEndofViolence.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20310" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATheEndofViolence-193x300.jpg" alt=" The End of Violence" width="193" height="300" /></a><strong>THE END OF VIOLENCE</strong><br />
Tout semble réussir au producteur multimédia Mike Max jusqu&rsquo;au jour où son assistante l&rsquo;informe qu&rsquo;un dossier confidentiel du FBI a atterri dans sa boîte mail tandis que Page, sa femme, menace de le quitter. De fait, deux hommes ont pour mission de tuer Mike Max qui a bâti sa carrière sur l’exploitation de la violence. Ils réussissent à l’enlever mais, le lendemain, ce sont leurs corps décapités qui sont découverts. Tous les soupçons se portent sur Mike, qui a disparu. Chargé de l’affaire, l’inspecteur Dean Brock en vient vite à se demander si le producteur n’est pas plutôt la victime d’un complot qui lui échappe. En parallèle, Ray Bering, un ancien de la NASA, mène l’enquête sur un écran de surveillance du laboratoire top secret qu’il a installé au sein de l’observatoire de Griffith Park… Avec ce film aux allures de polar sans concession, Wenders fait son grand retour aux États-Unis, treize ans après son chef-d’œuvre <strong>Paris, Texas</strong>. Magnifiée par un superbe trio de stars, Bill Pullman (<strong>Lost Highway</strong>), Andie MacDowell (<strong>Un jour sans fin</strong>) et Gabriel Byrne (<strong>Usual Suspects</strong>), cette enquête trépidante sur l’envers du décor de Hollywood pointe du doigt les dérives d’une société occidentale superficielle régie par l’image. Pour le plaisir, on croise aussi, ici, dans de petits rôles l&rsquo;ami Sam Fuller, l&rsquo;épatant Pruitt Taylor Vince ou encore Frederic Forrest (1936-2023) auquel Wenders confia le rôle principal de <strong>Hammett</strong>. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1997, <strong>The End of Violence</strong> est à découvrir, pour la première fois, en Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K supervisée par la Fondation Wim Wenders et MK2 Films. Dans ce film à l&rsquo;intrigue parfois décousue et toujours dans une forme de distanciation, Wim Wenders poursuit sa réflexion sur le pouvoir des images et des histoires au sein d&rsquo;une société où l&rsquo;image passe avant tout, déshumanisant les individus. Le clin à l&rsquo;Amérique est patent avec la scène qui reconstitue le <em>diner</em> peint par Edward Hopper dans son célèbre tableau<em> Nighthawks</em>. Dans les suppléments, on trouve un entretien (42 mn) avec Wim Wenders réalisé cette année dans lequel le cinéaste se remémore l’aventure du film à travers son casting fabuleux, la musique de Ry Cooder, la violence intra-urbaine de Los Angeles et sa projection officielle pour le cinquantenaire du Festival de Cannes. Avec <strong>Wenders et l&rsquo;Amériqu</strong>e (23 mn), Luc Lagier, le créateur de <em>Blow Up</em>, l&rsquo;excellent web-magazine d’Arte consacré au cinéma, retrace la biographie ainsi que la filmographie de Wim Wenders, ses attirances et ses déceptions à l’égard du cinéma américain. (Carlotta/MK2)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABladeRunner.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20296" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAABladeRunner-230x300.jpg" alt="Blade Runner" width="230" height="300" /></a><strong>BLADE RUNNER</strong><br />
En novembre 2019, Los Angeles est une mégalopole pluvieuse et crépusculaire, perpétuellement couverte de smog. La planète a vu disparaitre la quasi-totalité de la faune, à la suite de la surexploitation, de la pollution, des guerres nucléaires et du dérèglement climatique d&rsquo;origine anthropique. La population est encouragée à émigrer vers les colonies situées sur d&rsquo;autres planètes. Pour les besoins des humains, ont été créés des animaux artificiels, ainsi que des androïdes, non pas des robots mécaniques mais des êtres vivants dont les organes, fabriqués indépendamment, et par manipulation génétique, sont assemblés pour leur donner apparence humaine. On les nomme « réplicants » et ils sont considérés comme des esclaves modernes, et utilisés pour les travaux pénibles ou dangereux, dans les forces armées ou comme objets de plaisir. Les « réplicants » sont fabriqués par la Tyrell Corporation, dirigée par Eldon Tyrell, dont le siège est installé dans le colossal building pyramidal qui domine la ville. Après une révolte sanglante et inexpliquée de « réplicants » dans une colonie martienne, ceux-ci sont désormais interdits sur Terre. Les Blade runners, des unités de police spéciales, interviennent pour appliquer la loi contre les contrevenants androïdes, qui consiste à tuer tout « réplicant » en situation irrégulière. En fait, on parle plus banalement de «  retrait ». On ne tue pas une machine. On la retire du service. Comme les androïdes les plus modernes sont difficiles à distinguer des humains, la mission des Blade runners est complexe. Ils doivent enquêter longuement afin d&rsquo;avoir la certitude qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un androïde à détruire. Ancien Blade runner, Rick Deckard a repris du service pour une mission périlleuse : retrouver quatre Nexus 6, modèles avancés menés par l&rsquo;énigmatique Roy Batty et en fuite après avoir détourné une navette spatiale. Les Nexus 6 sont des androïdes parfaits, supérieurs physiquement et, pour certains, intellectuellement aux humains. Dépourvu d’émotions, la durée de vie de ces esclaves est limitée, par prudence, à quatre ans. Révoltés, les six Nexus sont signalés sur Terre… Lorsqu&rsquo;au début des années 80, Ridley Scott se lance dans ce projet de science-fiction en adaptant (librement) le roman <em>Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?</em> du maître Philip K. Dick, les choses ne sont pas simples. Le tournage est difficile, les producteurs pas satisfaits. Le film est un échec commercial et la critique est virulente. A l&rsquo;international, <strong>Blade runner</strong> tire son épingle du jeu. Mieux, le film va prendre rang de chef d&rsquo;oeuvre de la SF avec une version <em>director&rsquo;s cut</em>, approuvée par Ridley Scott, sortie en 1992. Une version qui instaure plus clairement le doute quant à la nature réelle de Rick Deckard et renforce la thématique du questionnement sur l&rsquo;humanité. Porté par un Harrison Ford remarquable en Rick Deckard et un Rutger Hauer inquiétant en Roy Batty, <strong>Blade runner The Final Cut</strong>, désormais film-culte présenté dans une édition 4K Ultra HD, va installer un style visuel qui fait référence dans la science-fiction. On replonge toujours, avec le même plaisir, dans la ville tentaculaire avec son atmosphère glauque, l’omniprésence de la pluie et de la publicité, la foule pauvre, avançant tête basse… Ici, la cité des anges n&rsquo;a plus fière allure… (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAMarat_Sade.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20303" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAMarat_Sade-198x300.jpg" alt="Marat Sade" width="198" height="300" /></a><strong>MARAT-SADE</strong><br />
Interné à l&rsquo;asile d&rsquo;aliénés de Charenton, dans la France du début du 19<sup>e</sup> siècle, le marquis de Sade (Patrick Magee) met en scène avec les autres patients l&rsquo;assassinat de l&rsquo;écrivain révolutionnaire Jean-Paul Marat (Ian Richardson) par Charlotte Corday (Glenda Jackson). Mêlant théâtre et folie dans une réflexion sur la révolution et la violence, le film réalisé en 1966 par le Britannico-français Peter Brook (1925-2022) est tiré de la mise en scène qu&rsquo;il monta avec les comédiens de la Royal Shakespeare Company. L&rsquo;auteur avait choisi de filmer sa propre mise en scène plutôt que de créer un scénario original, comme il l&rsquo;avait initialement envisagé. Adaptation fidèle de la pièce de Peter Weiss, le film conserve sa structure et son ambiance théâtrale. <strong>Marat-Sade</strong> marqua un tournant dans la carrière de Peter Brook, qui se consacre ensuite principalement à filmer du théâtre ou de l&rsquo;opéra, en tentant de réinventer le rapport de la caméra à l&rsquo;espace théâtral. Pour explorer les conflits entre l&rsquo;idéalisme radical de Marat et le nihilisme libertin de Sade, Brook utilise des dispositifs avant-gardistes pour capturer l&rsquo;essence du théâtre sur pellicule. Dans cette œuvre unique où l&rsquo;expérience théâtrale se combine avec la subjectivité du cadre cinématographique, se mêlent document historique, psychodrame et dispute philosophique. Ecrite en 1963, la pièce de Peter Weiss, connue sous le titre de <strong>Marat-Sade</strong>, s&rsquo;intitule en réalité L<em>a persécution et l&rsquo;assassinat de Jean-Paul Marat représentés par le groupe théâtral de l&rsquo;hospice de Charenton sous la direction de Monsieur de Sade</em>. Ce texte a apporté la célébrité internationale à son auteur, suédois d&rsquo;origine allemande, qui a fui le régime nazi avec ses parents (d&rsquo;ascendance juive) dès 1934. <strong>Marat-Sade</strong> est structuré en 33 morceaux, tous titrés et qui traduisent une œuvre foisonnante jouant de la forme du théâtre dans le théâtre. En effet, Peter Weiss mêle document historique (l&rsquo;assassinat de Marat par Charlotte Corday le 13 juillet 1793), le psychodrame (la représentation donnée par les malades en 1808) et la dispute philosophique entre Sade et Marat. Cette dernière est une totale invention du dramaturge puisque les deux hommes ne se sont jamais rencontrés. Toutefois elle lui permet de mettre en scène deux versants de la Révolution française afin d&rsquo;interpeller les lecteurs/spectateurs d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : <em>« Ce qui nous intéresse dans la confrontation de Sade et de Marat, c&rsquo;est le conflit entre l&rsquo;individualisme poussé jusqu&rsquo;à l&rsquo;extrême et l&rsquo;idée de bouleversement politique et social. »</em> Peter Brook découvre la pièce peu de temps après sa création en 1964 et décide <em>« de filmer autant l&rsquo;aventure de la pièce que la pièce elle-même, en traquant, par les moyens du cinéma, les ressorts de sa théâtralité. »</em> (MGM)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAFreddy.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20300" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAFreddy-298x300.jpg" alt="Freddy" width="298" height="300" /></a><strong>SEPT X FREDDY</strong><br />
Avec son chandail à rayures rouge et vert foncé, Freddy Krueger est entré pour toujours dans la légende du cinéma d&rsquo;horreur… Ce personnage de fiction créé par Wes Craven et incarné pour la première fois par Robert Englund dans <strong>Les griffes de la nuit</strong> (1984) ainsi que dans les sept autres films de l&rsquo;emblématique saga. Tueur en série brûlé vif par les parents de ses jeunes victimes, Freddy revient d&rsquo;entre les morts sous forme démoniaque afin de poursuivre et assassiner des adolescents dans leurs rêves. Freddy Krueger est né le 1er février 1942, à l&rsquo;hôpital psychiatrique de Westin Hills, à Springwood dans l&rsquo;Ohio. Il est le résultat de multiples viols qu&rsquo;avait subis Amanda Krueger, alors qu&rsquo;elle était nonne stagiaire dans un service de cet hôpital qui s&rsquo;occupait de fous dangereux. Freddy vit au sein d&rsquo;une famille d&rsquo;adoption, hostile à son égard et il est également le souffre-douleur de ses camarades de classe. À un âge déjà très précoce, Krueger présente des signes de sadisme. Il s&rsquo;adonne aux meurtres de petits animaux. Il apprivoise la souffrance comme source de plaisir en s&rsquo;auto-mutilant. À l&rsquo;adolescence, Krueger assassine son tuteur, ivrogne notoire, à l&rsquo;aide d&rsquo;une lame de rasoir. Une vingtaine d&rsquo;années plus tard, il épouse Loretta, une serveuse, avec laquelle il aura une fille, Katheryn. C&rsquo;est durant cette période que Freddy confectionne une arme atypique, à l&rsquo;aide d&rsquo;un gant de jardinage, pourvue de lames de couteaux. Il s&rsquo;en servira pour mettre à mort une vingtaine d&rsquo;enfants du quartier après les avoir enlevés. Krueger utilisera la centrale thermique dans laquelle il travaille comme lieu pour commettre ses forfaits… Un beau coffret… rayé rouge et vert (en 4K – Ultra HD) regroupe les sept films de la saga, en l&rsquo;occurrence <strong>Les griffes de la nuit</strong> (1984) de Wes Craven dans lequel Freddy, le tueur d&rsquo;enfants d&rsquo;Elm Street, fut assassiné par les parents de ses victimes avant de revenir d&rsquo;entre les morts… Suivent <strong>La revanche de Freddy</strong> (1985) de Jack Sholder, <strong>Les griffes du cauchemar</strong> (1987) de Chuck Russell, <strong>Le cauchemar de Freddy</strong> (1988) de Renny Harlin, <strong>L’enfant du cauchemar</strong> (1989) de Stephen Hopkins, <strong>La fin de Freddy : l’ultime cauchemar</strong> (1991) de Rachel Talalay et enfin <strong>Freddy sort de la nuit</strong> (1994) qui voit le retour derrière la caméra de Wes Craven. Robert Englund a cité comme influence pour son Freddy la performance de Klaus Kinski dans le <strong>Nosferatu, fantôme de la nuit</strong> (1979) de Werner Herzog. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAMissionImpossibleTheFinal.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20304" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAMissionImpossibleTheFinal-193x300.jpg" alt="Mission Impossible The Final" width="193" height="300" /></a><strong>MISSION IMPOSSIBLE THE FINAL RECKONING</strong><br />
Deux mois après avoir échappé à la capture dans les Alpes autrichiennes, l&rsquo;agent de la Force Mission Impossible Ethan Hunt reste caché alors que l&rsquo;intelligence artificielle connue sous le nom de <em>L&rsquo;Entité</em> se révèle au monde, provoquant une panique généralisée, des troubles civils et la loi martiale. La présidente des États-Unis, Erika Sloane, ancienne directrice de la CIA, appelle Hunt à se rendre et remettre la clé cruciforme en sa possession, qui déverrouille le code source original de <em>l&rsquo;Entité</em> stocké dans une chambre à l&rsquo;intérieur du sous-marin russe coulé en 2012, le <em>Sébastopol</em>. À Londres, Ethan Hunt retrouve les membres de son équipe, Benji Dunn et Luther Stickell, qui souffre d&rsquo;une maladie en phase terminale. Luther a créé un virus spécialisé, la « pilule empoisonnée », qui peut neutraliser <em>l&rsquo;Entité</em> lorsqu&rsquo;il est intégré à son code source. L&rsquo;équipe décide de localiser Gabriel, son ennemi juré et liaison humaine de <em>l&rsquo;Entité</em>, qui pourrait les aider à trouver le <em>Sébastopol</em>. Ethan et Benji sauvent l&rsquo;ancienne sbire de Gabriel, Paris, d&rsquo;une prison autrichienne et parviennent à convaincre l&rsquo;agent Degas de les rejoindre. À l&rsquo;ambassade des États-Unis, Hunt retrouve Grace, ancienne voleuse travaillant maintenant en tant qu&rsquo;agent, missionnée par le directeur de la CIA pour le capturer. Au lieu de cela, ils unissent leurs forces pour traquer Gabriel, qui finit par les capturer et les torturer. Gabriel révèle que Hunt a contribué involontairement à la création de <em>l&rsquo;Entité</em> des années plus tôt en volant un prototype d&rsquo;arme nommée <em>« La Patte de Lapin »</em> dans un laboratoire de Shanghai pour sauver sa femme de l&rsquo;époque, Julia, prisonnière du trafiquant d&rsquo;armes Owen Davian… Qui ne connaît pas le sémillant (et increvable!) Ethan Hunt ! Ici, il est au coeur des multiples péripéties de <strong>Mission: Impossible &#8211; The Final Reckoning</strong> mis en scène par Christopher McQuarrie. Initialement intitulé <strong>Mission: Impossible – Dead Reckoning Part Two</strong>, le film prend finalement le titre de <strong>Mission Impossible &#8211; The Final Reckoning</strong>. Dans ce huitième et dernier opus de la saga Mission impossible, Hunt, accompagné de son équipe de la FMI, se lance dans la mission la plus périlleuse de sa vie. Et il en prendra plein la figure avant de triompher du Mal. Recevant un accueil plutôt mitigé de la part de la critique, le film a fait l&rsquo;ouverture, hors compétition, du Festival de Cannes 2025 et est sorti, dans la foulée, dans les salles françaises, réunissant 2,5 millions de spectateurs, ce qui n&rsquo;est quand même pas mal pour une huitième mouture ! Un divertissement fidèle à l&rsquo;ADN de la saga… (Paramount)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAANeufsemainesetdemi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20305" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAANeufsemainesetdemi-221x300.jpg" alt="Neuf semaines et demi" width="221" height="300" /></a><strong>9 SEMAINES ET DEMI</strong><br />
Elizabeth McGraw, divorcée, travaille à la Spring Street Gallery, une galerie d’art de New York. Tandis qu&rsquo;elle fait ses courses chez un épicier chinois, un homme la remarque et provoque chez elle un certain émoi. Ce mystérieux inconnu ne tarde pas à l’aborder et l’invite à déjeuner dans un restaurant italien. Ainsi débute une relation torride, régie par des rapports de domination de plus en plus puissants. Elle durera neuf semaines et demie. Le Britannique Adrian Lyne accède, en 1983, à la notoriété en réalisant <strong>Flashdance</strong>, énorme succès mondial (4,1 millions d&rsquo;entrées en France) avant de devenir le roi du thriller érotique du milieu des années 1980 avec successivement <strong>9 semaines ½</strong> (1986) et <strong>Liaison fatale</strong> (1987) dans lequel un avocat new-yorkais (Michael Douglas) tombe sous le charme vénéneux de la belle « Alex » Forrest (Glenn Close), une éditrice à la psyché (très) torturée. Ici, Lyne adapte <em>Le corps étranger</em> (<em>Nine and a Half Weeks</em>), un roman d&rsquo;Ingeborg Day, publié en 1978 sous le nom de plume d&rsquo;Elizabeth McNeill pour se concentrer sur la folle passion amoureuse qui habite John Gray, un type mystérieux, et la ravissante Elisabeth qui dévoile une sensualité de plus en plus intense. Ensemble, ils vont se précipiter dans un jeu érotique jusqu&rsquo;aux limites de l&rsquo;esclavagisme sexuel et du sadomasochisme. Outre la musique de Joe Cocker et le fameux <em>You Can Leave Your Hat On</em>, le film doit beaucoup à l&rsquo;interprétation intense de Mickey Rourke et de Kim Basinger. Le premier n&rsquo;a pas encore la gueule très cabossée qu&rsquo;on lui connaîtra plus tard, par exemple dans l&rsquo;excellent <strong>Wrestler</strong> (2008) d&rsquo;Aronofsky. Mieux, il incarne alors, pour le grand public, le bel homme. Kim Basinger, elle, est au début de sa carrière, même si on l&rsquo;a déjà vu chez Barry Levinson (<strong>Le meilleur</strong>, 1984) et Altman (<strong>Fool for Love</strong>, 1985) et elle est rayonnante. Empruntant une thématique des rapports sexuels sado-masochistes déjà développées par le Japonais Nagisa Oshima dans <strong>L&rsquo;empire des sens</strong> (1976), le film de Lyne aura à connaître de la censure. Certaines scènes (simulation d&rsquo;un suicide, sado-masochisme) tomberont dans la corbeille, Lyne regrettant cette censure sur des scènes cruciales qui faisaient perdre du sens au film.<br />
Cette édition, restaurée pour le 40<sup>e</sup>anniversaire du film, est présentée avec la version non censurée du film et contient aussi <strong>Love in Pari</strong>s (1997), suite de <strong>9 semaines…</strong>, mise en scène d&rsquo;Anne Goursaud dans laquelle on retrouve Mickey Rourke mais pas Kim Basinger. Raillé par la critique américaine, le film de Lyne fut un échec commercial aux USA mais un beau succès à l&rsquo;international, avec, par exemple, 1,2 M d&rsquo;entrées en France. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAStripteaseIntegral.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20308" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAAStripteaseIntegral-185x300.jpg" alt="Strip tease Integral" width="185" height="300" /></a><strong>STRIP-TEASE INTÉGRAL</strong><br />
Depuis sa création en 1985 à la télévision belge, <strong>Strip-Tease</strong> n’a jamais été une simple émission documentaire. Avec son refus des voix off et des interviews classiques, elle s’est imposée comme une œuvre d’observation radicale. À travers des portraits bruts et souvent dérangeants, elle a mis en lumière les absurdités de notre époque, du petit fonctionnaire zélé au grand naïf rêvant de succès. La disparition de <strong>Strip-Tease</strong> de France 3 en 2012 avait laissé un vide pour ceux qui cherchaient à comprendre le monde autrement qu’à travers les prismes partisans des chaînes d’information. La télé-réalité, avec son goût pour l’exagération et la caricature, a tenté de prendre le relais, mais sans jamais atteindre la profondeur de l’émission belge. Dix ans plus tard, alors que les débats politiques abondent et que la défiance envers les médias traditionnels grandit, <strong>Strip-Tease</strong> fait un intéressant retour et redonne à chacun la liberté d’interpréter ce qu’il voit. Un pari audacieux dans une époque où tout doit être expliqué, cadré et justifié. <strong>Strip-Tease intégral</strong>, programme qui rend le réel plus fascinant que la fiction, fait son retour sous la forme d’un documentaire de cinéma. Dans un monde saturé d’images mises en scène et d’opinions formatées, voici une observation froide et sans concession de la société. Son regard, parfois cruel, parfois attendri, permet une réflexion sur l’évolution des mentalités et des fractures sociales. Fidèle à l’esprit de la série culte qui a marqué les esprits en questionnant toujours la société et déclenché des vocations de cinéastes depuis près de trente ans, on retrouve ici, en deux heures, cinq peintures sensibles, touchantes, parfois absurdes, souvent drôles, tantôt sombres ou lumineuses – mais toujours aussi vraies que nature – des vanités de la société humaine dans leur plus merveilleuse banalité. Parmi les thématiques abordées : le déclassement et la précarité, les nouvelles croyances et idéologies, l&rsquo;obsession de l&rsquo;image et du paraître. En bonus, un entretien (26 mn) avec Jean Libon, l&rsquo;un des co-créateurs de <strong>Strip-Tease</strong>. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATheReturn.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20311" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAATheReturn-180x300.jpg" alt=" The Return" width="180" height="300" /></a><strong>THE RETURN – LE RETOUR D&rsquo;ULYSSE</strong><br />
De retour de la guerre de Troie après vingt ans d’absence, Ulysse échoue sur les côtes d’Ithaque, son ancien royaume. Lui, le flamboyant vainqueur d&rsquo;antan, héros de la guerre de Troie, n&rsquo;est plus qu&rsquo;un homme vieilli, fatigué et méconnaissable. Sa femme Pénélope, restée fidèle, vit prisonnière de sa propre demeure, repoussant tous les prétendants à la couronne. Télémaque, leur fils, qui n’a jamais connu son père, devient, lui, un obstacle pour ceux qui veulent s’emparer du pouvoir. Neveu du grand Luchino Visconti, Uberto Pasolini a commencé sa carrière comme banquier d&rsquo;investissement avant de bifurquer vers la production cinématographique et de connaître un premier énorme succès avec <strong>The Full Monty</strong> (1997) de l&rsquo;Anglais Peter Cattaneo. <strong>The Return</strong> est son quatrième film comme réalisateur venant après le très beau <strong>Still Life</strong> (2013) où Eddie Marsan incarnait un fonctionnaire municipal vivant dans une grande solitude… Avec cette adaptation de <em>L&rsquo;Odyssée</em>, le cinéaste romain se concentre sur les derniers chants de l&rsquo;épopée, lorsqu&rsquo;Ulysse, enfin de retour à Ithaque, doit vaincre les prétendants de Pénélope et convaincre son épouse qu&rsquo;il n&rsquo;est pas un imposteur. Pour ce faire, Pasolini choisit une approche réaliste et minimaliste, s&rsquo;éloignant des effets spéciaux et des éléments fantastiques traditionnels de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Homère. Tourné en Grèce, notamment à Corfou, le film repose, autour des thèmes de la guerre, de la famille et de rédemption, sur une esthétique dépouillée qui donne parfois le sentiment de la lenteur et surtout d&rsquo;un manque d&rsquo;ampleur épique, avec aussi un look un peu démodé. En fait, cette tragédie grecque tient beaucoup sur l&rsquo;alchimie qui opère entre Ralph Fiennes et Juliette Binoche. Ils se retrouvent pour la première fois depuis 1996 et <strong>Le patient anglais</strong> qui valut un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle à l&rsquo;actrice française. Si Juliette Binoche est une Pénélope grave et presque hiératique, Ralph Fiennes campe Ulysse comme un spectre revenu des enfers, vacillant au bord du gouffre. Un mendiant écoutant, silencieux, l&rsquo;évocation de ses aventures et plus encore de sa légende. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADragons.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-20298" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAADragons-193x300.jpg" alt="Dragons" width="193" height="300" /></a><strong>DRAGONS</strong><br />
Sur l&rsquo;île accidentée de Beurk, où vikings et dragons s&rsquo;affrontent en ennemis acharnés depuis des générations, Harold, le fils inventif mais maltraité du chef Stoïk, capture un dragon nommé Krokmou et va se lier d&rsquo;amitié avec lui. Comme le jeune Harold veut faire changer les mentalités des autres vikings, leur relation va bouleverser les traditions et les idées reçues. Leur lien improbable révèle la véritable nature des dragons, remettant en question les fondements mêmes de la société viking. Mais une sérieuse menace commune se profile. Sorti en juin dernier en salles, <strong>Dragons</strong>, avec son habile mélange de <em>live action</em>, d&rsquo;aventures et de <em>fantasy</em>, a connu un joli succès en réunissant plus de 2,5 millions de spectateurs en France. Le réalisateur canadien Dean DeBlois n&rsquo;est pas un nouveau venu dans le domaine de l&rsquo;animation. Ila travaillé avec Don Bluth puis a rejoint Disney comme superviseur, avec Chris Sanders, du storyboard de <strong>Mulan</strong> avant de co-écrire et de co-diriger <strong>Lilo et Stitch</strong>, toujours avec Sanders. Dès 2010, cette fois chez DreamWorks, il s&rsquo;attaque, encore avec Sanders, à un premier <strong>Dragons</strong>. Suivront un <strong>Dragons 2</strong> (2014) et un<strong> 3</strong> (2019) avant ce<strong> How to Train Your Dragon</strong>, remake en prises de vues réelles du premier <strong>Dragons</strong>. A noter, pour 2027, l&rsquo;annonce d&rsquo;un <strong>How to Train Your Dragon 2</strong> toujours en <em>live action</em>! Cet opus en prises de vues réelles tient la rampe, notamment par son côté touchant reposant sur la belle amitié entre le jeune Harold et son ami dragon. Mais la relation entre Harold et son père, Stoïk la brute, est aussi un beau moment de cinéma. Stoïk, le chef du village, est incarné par l&rsquo;Ecossais Gerard Butler, qui prêtait déjà sa voix au personnage dans les films d’animation. Butler amène une solide intensité à son personnage mais il est vrai que le comédien est un habitué des costauds du grand écran. Il fut ainsi l&rsquo;increvable Mike Banning dans la trilogie d&rsquo;action (<strong>La chute de la Maison-Blanche</strong>, 2013, <strong>La chute de Londres</strong>, 2016 et <strong>La chute du Président</strong>, 2019). A ses côtés, on retrouve le jeune Mason Thomas, 15 ans, en énergique Harold. Du joli travail ! (Universal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAARendezVousEté.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-20307" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2025/10/AAARendezVousEté-182x300.jpg" alt="Rendez Vous Eté" width="182" height="300" /></a><strong>LE RENDEZ-VOUS DE L&rsquo;ÉTÉ</strong><br />
Jeune femme de 30 ans originaire de Normandie, Blandine se rend à Paris pendant les Jeux olympiques de 2024. Elle souhaite notamment assister aux compétitions de natation et suivre le parcours olympique de la nageuse marseillaise Béryl Gastaldello. Ce voyage dans la capitale est aussi l&rsquo;occasion de retrouver sa demi-sœur, qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas vue depuis dix ans. Habituée à la solitude et au calme, Blandine découvre une ville en effervescence dont elle ne maîtrise pas les codes. Au fil des jours, elle fait des rencontres, vit des mésaventures et tente de renouer avec sa demi-sœur tout en naviguant dans un Paris enfiévré par un événement mondial et hors normes… Pour son premier long-métrage, Valentine Cadic n&rsquo;avait pas le désir de faire un film sur les Jeux olympiques parisiens mais bien de se servir de ce décor peu courant pour distiller une atmosphère, tisser des liens, dire autant les contrastes entre l&rsquo;effervescence olympique et la réalité quotidienne que les difficultés de Blandine de s&rsquo;adapter à la vie parisienne sans oublier, de manière plus militante, d&rsquo;évoquer comment l&rsquo;évènement JO, avec les expulsions de sdf, invisiblise <em>« ceux qu&rsquo;on ne veut pas voir »</em>. Blandine apparaît comme un personnage doux, effacé aussi, presque lunaire. Venue à Paris, avec un billet acheté cher pour des épreuves de natation, elle se fait refouler parce que son sac à dos est trop volumineux. Au lieu de faire un esclandre, elle se contente de suivre son idole, que ses amis nageurs surnomment <em>Queen B</em>., sur son téléphone. Et que dire de l&rsquo;Auberge de jeunesse qui la vire parce qu&rsquo;elle a eu 30 ans, âge limite fixé par les statuts du lieu, au milieu du séjour. Tandis que Julie, sa demi-sœur, est la vraie Parisienne toujours surbookée et toujours sur un plan, Blandine évolue constamment à la lisière des choses, révélant ainsi, avec une pudique douleur, comment elle vient de connaître une rupture amoureuse avec Caroline qui devait venir avec elle à Paris. Dans le rôle de Blandine, Blandine Madec est très touchante. Dans le rôle de Julie, on retrouve la toujours remarquable India Hair. Une comédie douce-amère sur un destin personnel au milieu d&rsquo;un événement mondial avec un petit air de cinéma « à la Eric Rohmer » ! (Blaq Out)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>https://www.exterieur-jour.com/?feed=rss2&#038;p=20312</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
