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		<title>Michael danse, Rémi doute, Fred et Adam marchent</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 16:36:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21194" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21194" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Jaafar Jackson se glisse dans la peau de la star. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Jaafar Jackson<br />se glisse dans la peau de la star. DR</p></div>
<p><strong>STAR.-</strong> Quelque part, à Gary, petite cité industrielle de l&rsquo;Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d&rsquo;une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu&rsquo;est l&rsquo;industrie du show-biz. Car Joseph, le père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. Dès l&rsquo;âge de six ans, il chante avec ses frères Marlon, Jackie, Randy et Tito et commence, avec eux, une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five. C&rsquo;est le temps de titres à succès comme <em>I Want You Back</em> ou <em>Never Can Say Goodbye</em> et des tournées dans un Combi VW déglingué… Tandis que Joseph Jackson qui clame qu&rsquo;il faut <em>« être des gagnants ou rien »</em>, organise la vie de la famille et s&rsquo;applique à faire les meilleures affaires possibles, Michael, sous le regard tendre de sa mère, se plonge, au milieu de ses peluches, dans les aventures de Peter Pan, s&rsquo;imagine déambuler dans <em>Neverland</em> et rêve d&rsquo;être entouré d&rsquo;animaux…<br />
Un jour, Suzanne de Passe, productrice de musique, remarque Michael Jackson sur scène. Elle contacte Berry Gordy, le fondateur du mythique label Motown Records : <em>« Il ira loin avec cette voix !»</em> Michael a 10 ans. Pour la pub, on lui en donne 8. Bientôt, il enregistre et se retrouve au sommet des <em>charts</em>. Mais, chez lui, il regarde Gene Kelly danser dans les flaques de <strong>Singing in the Rain</strong> (1952) tout en s&rsquo;occupant de Louis, son lama et de Bubbles, son chimpanzé. <em>« Je ne suis pas comme les autres enfants »</em>, dit-il à sa mère qui lui répond : <em>« Tu vas faire briller la lumière ! »</em><br />
Il va travailler avec Quincy Jones, enregistrer son premier album solo et gérer sa difficile relation avec un père très inquiet de voir sa poule aux œufs d&rsquo;or lui échapper. C&rsquo;est le temps de l&rsquo;album <em>Off the Wall</em> et du titre <em>Don&rsquo;t Stop &lsquo;Til You Get Enough</em>, première chanson que Michael Jackson a écrite entièrement. N&rsquo;arrête pas tant que tu n&rsquo;en as pas eu assez ! C&rsquo;est bien alors le credo de Michael Jackson&#8230;</p>
<div id="attachment_21195" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21195" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Le tournage du célèbre clip Thriller. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Le tournage<br />du célèbre clip Thriller. DR</p></div>
<p>Connu pour ses films d&rsquo;action violents (<strong>Training Day</strong> en 2001,<strong> Shooter, tireur d&rsquo;élite</strong> en 2007 ou la série <strong>Equalizer</strong> de 2014 à 2023), l&rsquo;Américain Antoine Fuqua passe, à son tour, par la case <em>biopic</em> avec <strong>Michael</strong> (USA – 2h08. Dans les salles le 22 avril) . <em>« Lorsque Michael Jackson montait sur scène, le monde s’arrêtait,</em> dit le dossier de presse. <em>Il était directement connecté à l’âme et au rythme de son temps. L’entertainer absolu. Un chanteur qui filait la mélodie en pure émotion. Un visionnaire mariant le son avec le spectacle. Un pionnier qui brisait les barrières. Un maître de la réinvention qui nous encourageait à questionner notre propre reflet dans le miroir. »</em> De fait, le film montre bien la manière dont Michael Jackson (1958-2009) travaillait avec une énergie et une quête presque maniaque de la perfection. On mesure aussi l&rsquo;extraordinaire engouement de ses fans. <strong>Michael</strong> passe en revue aussi bien les prestations scéniques (les enregistrements vidéo ou les spectacles en scène) que la vie privée. On évoque ainsi la dépigmentation de sa peau, son opération du nez (<em>« Je dois être parfait »</em>), ses visites fréquentes à des enfants malades et évidemment des moments prestigieux comme le clip <em>Thriller</em> et ses zombies ou émouvants avec l&rsquo;adieu aux Jackson 5 au dernier jour du Victory Tour en 1988 à Londres.<br />
Tout cela est bien fait, parfaitement huilé, tout à fait rythmé (on entend nombre de titres célèbres) et, pour sa première apparition au grand écran, Jaafar Jackson, 29 ans, le neveu de Michael, est plus que crédible, maniant parfaitement le fameux <em>Moonwalk</em> avec un look très reconnaissable… Pour le reste, tout cela est aussi parfaitement lisse. Sur un post-it, la star a noté <em>« Tes rêves dépassent ta peur »</em>. Ici, le rôle du méchant incombe à Joe, le père, que Michael finira par virer de son statut de manager personnel d&rsquo;un simple fax envoyé par John Branca, son nouveau manager.<br />
A travers les multiples références à <em>Neverland</em>, on évoque, entre les lignes, le syndrome de Peter Pan dont on peut légitimement penser que Bambi souffrait. Rien non plus sur les accusations de pédophilie qui ont émaillé les années de Michael Jackson. Mais, on le comprend bien, ce n&rsquo;est pas exactement ce que les fans veulent entendre en venant voir l&rsquo;histoire de celui qui disait : <em>«  Je dois faire briller ma lumière pour divertir et guérir&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21192" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21192" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1-300x161.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Audrey (Zoé Marchal) et Rémi (Vincent Macaigne). DR" width="300" height="161" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Audrey (Zoé Marchal)<br />et Rémi (Vincent Macaigne). DR</p></div>
<p><strong>CONTE.-</strong> Employé de la société Gazonzon, spécialisée dans le gazon synthétique, Rémi Allard n&rsquo;est pas vraiment heureux. Il n&rsquo;a jamais réussi à se remettre du départ de la femme avec laquelle il a vécu de longues années. Alors, parce que c&rsquo;est plus simple finalement, il s&rsquo;est mis en couple avec une poupée. Elle s&rsquo;appelle Audrey. Elle le regarde fixement manger sa blanquette sortie du micro-ondes et constater <em>« Je préfère les Picard »</em>. Elle est aussi à côté de lui dans le canapé quand il regarde, à la télévision, des documentaires sur De Gaulle ou Winston Churchill. Au bureau, Rémi parle souvent d&rsquo;Audrey et raconte leurs fréquentes sorties en parapente. Mais les collègues aimeraient bien quand même rencontrer cette Audrey et il en va de même pour les parents, bourgeois aisés, de Rémi. Seule Domi, la sœur de Rémi, est au courant. Un jour, pour suppléer un collègue en congé parental, débarque au bureau la pétulante Patricia. Ce jour-là, Audrey va mystérieusement prendre vie.<br />
Grandie à Lyon puis Londres et New York, Sophie Beaulieu, normalienne et agrégée de linguistique anglaise, a enseigné quelques temps avant de se consacrer à l&rsquo;écriture d&rsquo;une pièce loufoque et subversive dans laquelle elle joue puis de passer au cinéma avec trois courts-métrages. Son premier long-métrage, <strong>La poupée</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 22 avril), joue clairement la carte du conte farfelu, voire absurde.<br />
Ce n&rsquo;est pas la première qu&rsquo;une poupée est en « vedette » dans un film. En 2002, Valérie Guignabodet signait <strong>Monique : toujours contente</strong>. On y suivait les aventures d&rsquo;Alex (Albert Dupontel), en pleine crise de la quarantaine qui, à la suite d&rsquo;une erreur, a acheté sur internet, Monique, une poupée moulée en silicone dernier cri. Avantages par rapport à une femme réelle : elle est toujours disponible, toujours heureuse, compréhensive, ne fait pas de crises, ne pleure pas. Alex est séduit. Son entourage beaucoup moins.</p>
<div id="attachment_21193" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21193" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2-300x164.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Rémi et Patricia (Cécile de France). DR" width="300" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Rémi<br />et Patricia (Cécile de France). DR</p></div>
<p>Aussi curieux que cela puisse paraître avec une poupée gonflable évoquant facilement un univers à priori très sexualisé, le ton, ici, est bien plus joyeux et plus… féministe ! <em>« Mon sujet,</em> dit Sophie Beaulieu, <em>c’est l’émancipation d’Audrey, qui va arriver grâce à ses rencontres avec différents personnages féminins, dont celui de Patricia. Il y a un effet miroir entre les deux femmes. Contrairement à Audrey, poupée vivante, Patricia a des codes de féminité différents. Elle peut être à côté de ce qui est attendu des femmes. Mais si elle est décalée, elle est libre aussi, et cela sans renoncer à l’amour. Et ça fonctionne tout de suite avec Audrey. »</em><br />
Entre l&rsquo;atmosphère plutôt bon enfant du bureau et les paysages apaisants du lac de Vouglans dans le Jura, ce conte (doucement) satirique se déroule tandis qu&rsquo;on se demande où il va nous conduire. De fait, on est contraint, malgré une réalisation chaleureuse, de constater que ça ne va pas très loin.<br />
Heureusement, les comédiens tiennent le bateau à flots. Vincent Macaigne (Rémi), abonné aux hommes en perdition, la joue une nouvelle fois avec maîtrise . Zoé Marchal, découverte dans <strong>Lolo</strong> (2015) de Julie Delpy dans lequel elle jouait la fille de Dany Boon, est Audrey, une poupée qui se révèle être une femme à qui on ne la fait pas. Adèle Journeaux est une Domi, lesbienne très déjantée. La palme revient à Cécile de France. Sa Patricia frisée est impayable lorsqu&rsquo;elle dit, tout de go : <em>« J&rsquo;ai arrêté les hommes. Je me masturbe beaucoup ! »</em><br />
<em>« Je désamorce, je fais sourire, mais je n’élude rien »</em>, dit la cinéaste. On attend de la revoir.</p>
<div id="attachment_21191" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21191" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1-300x199.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Adam (Julien Le Berre) et Fred (Alexandra Lamy)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Adam (Julien Le Berre)<br />et Fred (Alexandra Lamy).</p></div>
<p><strong>CHEMIN.-</strong> Fred est dans la panade. Elle vient de se faire virer de son boulot de prof pour avoir giflé une élève. Par ailleurs, son amoureux a mis fin à leur relation et la fille de Fred part faire des études au Canada. Pour mettre de la distance entre elle et sa mère. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une copine, Fred va rejoindre une association qui s&rsquo;occupe de remettre sur le bon chemin des mineurs délinquants. Si on l&rsquo;accueille avec circonspection -pourquoi a-t-elle mis une gifle ?- Fred va pourtant postuler et s&rsquo;accrocher.<br />
Si bien qu&rsquo;on va lui confier un grand adolescent/jeune adulte qui vient de passer, une fois de plus, devant le juge des enfants. Cette fois, plus de nouvelle clémence. Multirécidiviste, Adam n&rsquo;a plus le droit, avant le retour derrière les barreaux, qu&rsquo;à une ultime chance. Ce sera une marche de rupture sur le chemin de Compostelle. Fred sera son accompagnatrice. Optimiste, elle affirme : <em>« Redonner une seconde chance, je saurai faire »</em>. Mais partir avec cet Adam, qui ne croit plus à rien sinon à retrouver une mère qui ne veut plus de lui, ne sera pas une mince affaire. Voilà pourtant, Fred et Adam dans la basilique du Puy-en-Velay, prêts à partir sur la <em>via podiensis</em> puis la <em>via Francès</em> vers St Jacques de Compostelle. Un voyage de quelque cinq mois à raison de 25 kilomètres par jour…<br />
En s&rsquo;inspirant librement de <em>Marche et invente ta vie</em>, le livre de Bernard Ollivier, le réalisateur Yann Samuell, découvert en 2003 avec <strong>Jeux d&rsquo;enfants</strong>, signe, avec <strong>Compostelle</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 1<sup>er</sup> avril), une aventure qui commence, symboliquement, par une trappe s&rsquo;ouvrant dans le sol de la cathédrale comme un symbole du passage de l’ombre à la lumière. C’est à ce moment que Samuell choisit de changer de cadre comme pour élargir l’horizon. La première partie de l’histoire est filmée en 4/3, pratiquement une image carrée, pour montrer que dans leur vie d’avant, Adam autant que Fred sans doute, étaient bloqués entre des murs qu’ils s’imposent, comme dans un univers carcéral.</p>
<div id="attachment_21190" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21190" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2-300x200.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Sur le chemin... Photos Marie-Camille Orlando" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Sur le chemin&#8230;<br />Photos Marie-Camille Orlando</p></div>
<p>Pour ses deux personnages qui n&rsquo;ont, à priori, pas grand-chose en commun, <strong>Compostelle</strong> va apparaître comme une quête intérieure, un chemin spirituel vers soi-même. Mais rien, ici, de lourdingue, de préchi-précha, voire de pieux même si <strong>Compostelle</strong> a certainement un fond un peu mystique. Il y a de l&rsquo;air, du soleil, de la pluie aussi parfois, dans les vastes et beaux paysages que Fred et Adam arpentent. Et même lorsqu&rsquo;ils sont reçus dans un couvent aux sombres salles, Adam apporte de la grâce en rapant sur un bel <em>Ave Maria</em> : <em>« Marie, je t’écris cet Ave Maria pour le jour où tu ne seras plus là »</em> . Tel un (jeune) Valjean d&rsquo;un autre temps, il partira -vol ou cadeau ?- avec une petite statue de la Vierge à l&rsquo;enfant qui adoucira peut-être son besoin inextinguible d&rsquo;une mère dont il recherche l’amour en vain.<br />
Au fil des multiples péripéties du voyage, d&rsquo;un chien patou montrant les dents à la courageuse Estella qui lui tape dans le coeur, Adam apprendra à se construire malgré cette absence. Fred et Adam ont, en commun, l&rsquo;abandon mais aussi la quête de la famille. Le gamin le dit : <em>« On se déteste, on s’aime, c’est ça une famille&#8230; »</em>, sous-entendu <em>« mais au moins, on est ensemble. »</em><br />
Souvent cantonnée au registre comique, Alexandra Lamy incarne une Fred tour à tour inquiète, fatiguée, traversée par le doute mais lumineuse et qui pense : <em>« Aider les autres, c&rsquo;est aussi s&rsquo;aider soi-même »</em>. Avec le personnage d&rsquo;Adam, Julien Le Berre décroche son premier rôle au cinéma. Avec sa jolie petite gueule frisée, il incarne remarquablement un adolescent délinquant explosif et même odieux auquel on a envie de mettre des baffes avant de glisser vers une (difficile) prise de conscience qui l&rsquo;amènera à se redresser&#8230;</p>
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		<title>L&#8217;EUPHORIE AU CHATEAU ET DES CAVALES JAPONAISES</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 08:47:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[LA VIE DE CHÂTEAU Dans la Manche, en juin 1944, Jérôme vit dans son château normand du bord de mer avec sa mère Charlotte. Marie, l&#8217;épouse de Jérôme, est la fille de Dimanche, l&#8217;ancien métayer du château. Dimanche est aussi le chef du réseau local de la Résistance. Mourant d&#8217;ennui dans sa belle demeure, Marie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAVieChateau.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21162" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAVieChateau-193x300.jpg" alt="Vie Chateau" width="193" height="300" /></a>LA VIE DE CHÂTEAU</strong><br />
Dans la Manche, en juin 1944, Jérôme vit dans son château normand du bord de mer avec sa mère Charlotte. Marie, l&rsquo;épouse de Jérôme, est la fille de Dimanche, l&rsquo;ancien métayer du château. Dimanche est aussi le chef du réseau local de la Résistance. Mourant d&rsquo;ennui dans sa belle demeure, Marie désire ardemment découvrir Paris. Pire, la jeune femme, qui rêve de grands héros, est exaspérée par Jérôme qu&rsquo;elle trouve mou, empâté et uniquement préoccupé par la végétation environnante endormie. Un soir, Julien Pontaubert, capitaine résistant français, est parachuté d&rsquo;Angleterre sur le domaine. Il est chargé de la préparation de l&rsquo;imminent débarquement de Normandie, en délimitant des zones de largage pour les parachutistes américains. Julien fait une cour assidue à Marie, qui voit en lui le héros dont elle rêve. Les Allemands jettent leur dévolu sur le domaine. Jérôme et Marie sont contraints d&rsquo;héberger le commandant allemand Siegfried Klopstock avec ses soldats. A son tour, Klopstock tente de séduire Marie. Enfin conscient du danger, Jérôme se décide à réagir. Après avoir été assistant réalisateur et scénariste (pour Louis Malle et Philippe de Broca), Jean-Paul Rappeneau passe, pour la première fois à la réalisation, en 1965, avec <strong>La vie de château</strong>. Non sans mal d&rsquo;ailleurs, du point de vue de la production. Mais d&rsquo;emblée, la critique remarque ce cinéaste qui signera, ensuite, de grands films populaires comme <strong>Les mariés de l&rsquo;an II</strong> (1971), <strong>Le sauvage</strong> (1975), <strong>Tout feu tout flamme</strong> (1982) et, évidemment, <strong>Cyrano de Bergerac</strong> (1990), adaptation enlevée d&rsquo;Edmond Rostand dans laquelle Gérard Depardieu fut un flamboyant bretteur et l&rsquo;amoureux pathétique de Roxane… Avec <strong>La vie de château</strong> (qui ressort dans une belle version restaurée en Blu-ray), Jean-Paul Rappeneau donne une comédie à la fois savoureuse et foutraque digne des <em>screwball comedies</em> de l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Hollywood dont le cinéaste est un grand admirateur. Le château normand devient ainsi le théâtre d&rsquo;un (improbable) quatuor amoureux sur fond de D-Day. A la comédie romantique, s&rsquo;ajoutent donc des ingrédients classiques du film de guerre. Mais, bien sûr, au-delà des péripéties du scénario (co-signé par Rappeneau, Daniel Boulanger, Alain Cavalier et Claude Sautet), ce sont, ici, les comédiens qui s&rsquo;en donnent à coeur-joie. Rappeneau profite d&rsquo;une belle distribution avec Catherine Deneuve qui venait de connaître le succès successivement avec <strong>Les parapluies de Cherbourg</strong> (1961) de Demy et <strong>Répulsion</strong> (1965) de Polanski et Philippe Noiret, découvert chez Varda pour ses débuts dans<strong> La pointe courte</strong> (1956). Les deux acteurs qui se retrouveront dans <strong>L&rsquo;Africain</strong> (1983) et <strong>Fort Saganne</strong> (1984), forment un couple que tout oppose. Elle, merveilleusement blonde, débordante d&rsquo;énergie, s&rsquo;exprimant avec un débit impressionnant. Lui placide, casanier, quasiment morne. Autour d&rsquo;eux, Pierre Brasseur, Mary Marquet ou Henri Garcin campent de pétillantes silhouettes. Joli succès populaire (1,7 million d&rsquo;entrées), le film, euphorique et virevoltant, a été récompensé du prix Louis Delluc. C&rsquo;est aussi bon que du Wilder ou du Lubitsch. Mais c&rsquo;est du grand Rappeneau !  (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrilogieTraque.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21161" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrilogieTraque-218x300.jpg" alt="Trilogie Traque" width="218" height="300" /></a><strong>LA TRILOGIE DE LA TRAQUE</strong><br />
Réalisateur de <strong>Super Express 109</strong> (1975) qui racontait comment un criminel avait posé une bombe dans le train Shinkansen 109, bombe qui explosera si le train descend en dessous de 80 km/h, Junya Sato devient, à cette époque, la référence absolue dans le domaine du cinéma d’action et de suspense japonais. Dans son travail en profondeur sur le cinéma asiatique, Carlotta Films propose, pour la première fois dans de nouvelles restaurations 4K Ultra HD et en Blu-ray, un coffret <em>Trilogie de la traque</em>. Jonglant tour à tour entre le thriller nerveux et le drame existentiel, <strong>Chasse à l’homme : La rivière de la rage</strong> (1976) se déroule à Tokyo où de lourdes accusations pèsent sur le procureur Fuyuto Morioka. Arrêté par la police, celui-ci parvient à s’échapper et à quitter la capitale. Au cours de sa cavale, le magistrat découvre que les deux personnes ayant porté plainte contre lui, ont menti sur leur identité. Morioka est désormais persuadé d&rsquo;être la victime d&rsquo;un odieux complot tournant autour du suicide douteux d&rsquo;un politicien. <strong>La preuve d’un homme</strong> (1977) débute dans le quartier du Bronx. Jeune Afro-américain, Johnny Heyward s&rsquo;apprête à quitter New York pour se rendre au Japon. Dans un vaste hôtel tokyote, où se déroule un grand défilé de mode, Heyward est retrouvé, mort poignardé, dans un ascenseur. L’enquête va mener l’inspecteur Munesue jusqu’aux États-Unis, où ce dernier va devoir faire équipe avec son homologue new-yorkais, Ken Shuftan. Les deux policiers vont découvrir le lien douloureux qui unissait Heyward au Japon… Enfin <strong>Survie en pleine nature</strong> (1978) est le troisième volet de cette trilogie informelle autour de la crise de l’homme moderne aux prises avec des systèmes sociaux et politiques défaillants. Officier des Forces spéciales, Ajisawa a provoqué malgré lui la mort de deux personnes au cours d’une expédition. Pris de remords, il décide de quitter l’armée et de changer de vie, non sans avoir juré à ses supérieurs de ne jamais révéler la vérité sur cet incident… Cette trilogie aussi captivante que percutante est accompagnée de nombreux suppléments avec des entretiens inédits avec Fabien Mauro, auteur, essayiste et spécialiste du cinéma japonais et des fictions japonaises à effets spéciaux. A propos du personnage de Morioka dans <strong>Chasse à l&rsquo;homme</strong>, il note, dans<strong> Traqué</strong> (20 mn), qu&rsquo;il s’éloigne d&rsquo;un Japon très urbain <em>« pour reconnecter avec cet instinct de survie primaire, naturel. »</em> Avec <strong>Origines</strong> (26 mn), à propos de <strong>La preuve d&rsquo;un homme</strong>, l&rsquo;auteur explique :<em> « En partant d’un divertissement, d’un récit policier, Junya Sato prouve que l’on peut faire aussi un très grand film politique. »</em> Enfin, <strong>Surviva</strong>l (18 mn) montre comment <em>« Survie en pleine nature va lancer la méthode Kadokawa : des grandes stars, des récits longs et épiques, et des gros moyens. »</em> Action et suspense à volonté ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAmeIdeale.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21147" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAmeIdeale-179x300.jpg" alt="Ame Ideale" width="179" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ÂME IDÉALE</strong><br />
Médecin, Elsa travaille dans un service de soins palliatifs. Elle a un don un peu particulier: elle peut voir et parler avec les morts qui, pour une raison ou pour une autre, n&rsquo;arrivent pas à rejoindre pleinement l&rsquo;au-delà. Ce don l&rsquo;a empêchée d&rsquo;avoir une relation amoureuse durable. Un soir, alors qu&rsquo;elle rentre en moto chez elle après son travail, elle percute le bus qui la précède. Elle est un peu sonnée, et le passager d&rsquo;un taxi, un certain Oscar, s&rsquo;occupe d&rsquo;elle. Oscar est musicien et il vient juste d&rsquo;obtenir de faire la première partie de Nero, un artiste qu&rsquo;il estime. Il espère que cela permettra de lancer sa carrière. D&rsquo;emblée, Oscar se sent attiré par Elsa. Le lendemain, Elsa est convoquée par la police pour témoigner à propos de l&rsquo;accident. Lors de sa conversation avec le policier, elle comprend qu&rsquo;Oscar est mort mais qu&rsquo;il ne le sait pas. Elsa ne sait pas comment le faire admettre à Oscar. Elle l&rsquo;accompagne au concert dont il devait faire la première partie, où il constate qu&rsquo;il a été remplacé par un autre artiste. L&rsquo;hommage qui lui est rendu au début du concert, ainsi que le fait que personne à part Elsa, ne lui prête la moindre attention, achève de lui faire comprendre sa situation. Evidemment, on ne peut s&rsquo;empêcher de songer au <strong>Ghost</strong> (1990) de Jerry Zucker en regardant le film d&rsquo;Alice Vial, connue comme co-scénariste des<strong> Innocentes</strong> (2016) d&rsquo;Anne Fontaine. Avec son premier long-métrage, elle réussit une attachante comédie sentimentale, romantique et… fantastique autour d&rsquo;un duo qui se rend compte que son amour, pour fort qu&rsquo;il soit, n&rsquo;a aucun avenir. Loin de ses prestations loufoques et comiques, Jonathan Cohen joue des nuances pour cet Oscar qui n&rsquo;a pas envie de mourir et ressent un sentiment d&rsquo;injustice alors que sa musique commence à être appréciée. Elsa (la charmante comédienne québécoise Magalie Lépine-Blondeau), va se démener pour qu&rsquo;Oscar obtienne la reconnaissance dont il rêvait et l&rsquo;aider ensuite à partir en paix. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAToujoursPossible.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21160" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAToujoursPossible-174x300.jpg" alt="Toujours Possible" width="174" height="300" /></a><strong>TOUJOURS POSSIBLE</strong><br />
A 55 ans, Gaby perd son emploi et décide de réaliser un rêve longtemps repoussé : avoir un enfant. Avec l’aide de sa mère Rose, fantasque et bienveillante, cette biologiste parcourt un fichier de donneurs pour trouver le « sperme parfait ». Pendant ce temps, Pierre, 56  ans, cherche à rajeunir à tout prix pour séduire, tandis que Maxime, 26 ans, fils de Gaby, est à la recherche d’un père plutôt qu’un copain. Créateur et producteur de la série <strong>Maison close</strong> sur Canal+, Jacques Ouaniche a réalisé, en 2013, son premier long-métrage, <strong>Victor Young Perez</strong>, biopic du boxeur juif et tunisien des années 1930 (incarné par Brahim Asloum, ancien champion du monde de boxe) qui a été déporté à Auschwitz, et qui est mort pendant la marche de la mort en 1945. Ici, le cinéaste réunit trois personnages qui se croisent, créant un enchevêtrement de désirs, de tabous et de faux-semblants, pour explorer les secondes chances et les relations intergénérationnelles (mère‑fille, père‑fils) à travers une comédie romantique tendre et piquante, où l’amour et la quête de sens restent toujours possibles. Les comédiens jouent parfaitement le registre de l&rsquo;émotion. Au côté d&rsquo;Amanda Lear (Rose), Patrick Ridremont (Pierre) et Jean-Baptiste Maunier (Maxime), c&rsquo;est Nadia Farès qui incarne Gaby. C&rsquo;est l&rsquo;ultime film de cette attachante comédienne disparue, le 11 avril dernier, des suites d&rsquo;un malaise cardiaque dans une piscine parisienne. Et si l’amour pouvait bien prouver que tout reste… toujours possible.. (Blaq out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFemmeMenage.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21150" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFemmeMenage-216x300.jpg" alt=" Femme Menage" width="216" height="300" /></a><strong>LA FEMME DE MÉNAGE</strong><br />
Sortant d&rsquo;un séjour en prison et désormais en liberté conditionnelle, Millie Calloway se présente chez les Winchester, une riche famille installée dans une superbe demeure de Great Neck, sur l&rsquo;île de Long Island, dans l&rsquo;Etat de New York. Elle cherche du travail et affirme qu&rsquo;elle adore être au service des gens. Nina Winchester, la mère et épouse de la famille, lui explique qu&rsquo;elle aura essentiellement à nettoyer, ranger et cuisiner. Elle lui montre sa chambre, située sous les combles. Millie découvrira que la fenêtre est condamnée et que la porte se verrouille de l&rsquo;extérieur&#8230; Par des voisins, la domestique apprend aussi que, des années auparavant, Nina aurait tenté de noyer sa fille Cecelia et de se suicider par overdose. De fait, au fil de son travail, Millie va se rendre compte que sa patronne, sous des dehors bien lisses, présente un comportement étrange et semble souffrir de déséquilibre mental. Lorsque Nina demande à Millie d&rsquo;organiser un week-end à Broadway pour elle et son mari afin d&rsquo;assister à une comédie musicale et de passer une nuit à l&rsquo;hôtel, les choses vont encore se dégrader. Millie s&rsquo;en charge mais Nina affirme ne lui avoir jamais demandé la chose. Pire, Nina étant indisponible ce week-end là, Andrew Winchester et Millie décident secrètement d&rsquo;aller voir le spectacle avant d&rsquo;entamer une liaison… Réalisateur régulier de la série <strong>The Office</strong> sur NBC, Paul Feig adapte, ici, <em>The Housemaid</em>, le premier roman de la trilogie écrite par Freida McFadden et devenue un immense succès mondial. Avec Sydney Sweeney (Millie) et Amanda Seyfried (Nina), il signe un sombre thriller psychologique qui plonge Millie dans un univers de secrets, de manipulation et de violences au sein d&rsquo;une famille de solides détraqués. Vu par 3,8 millions de spectateurs dans les salles françaises, <strong>La femme de ménage</strong> propose quelques séquences bien haletantes. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFranzK.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21187" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFranzK-173x300.jpg" alt="Franz K" width="173" height="300" /></a><strong>FRANZ K.</strong><br />
Dans la Prague du début du 20<sup>e</sup> siècle, Franz Kafka, né dans une famille juive de langue allemande, est tiraillé entre les attentes strictes de son père Hermann, un bourgeois autoritaire, son quotidien de cadre supérieur dans une compagnie d&rsquo;assurance où il est le <em>« Docteur Kafka »</em> et son besoin radical d&rsquo;écrire et d&rsquo;exprimer sa sensibilité littéraire. Ses textes finiront par attirer l&rsquo;attention, notamment lors d&rsquo;une lecture publique d&rsquo;un passage de <em>La colonie pénitentiaire</em>. Cet homme à la frêle silhouette, presque maladive, qui affirme <em>« On m&rsquo;a volé le silence »</em>, vit plusieurs relations avec des femmes qui le fascinent au plus haut point, ainsi sa fiancée Felice Bauer, puis sa maîtresse Milena Jesenska. Soutenu par Max Brod, son ami et futur éditeur, Kafka apparaît comme un personnage cherchant sa place dans le monde, entre sens du devoir, trouble intérieur et expression créative… En 1991, l&rsquo;Américain Steven Soderbergh donnait un <strong>Kafka</strong>, thriller mystérieux dans lequel l&rsquo;écrivain était incarné par le Britannique Jeremy Irons. Ici, c&rsquo;est la cinéaste franco-polonaise Agnieszka Holland qui s&rsquo;empare de l&rsquo;auteur du<em> Procès</em> pour brosser un biopic « éclaté » mêlant les thèmes et les époques pour saisir l&rsquo;essence d&rsquo;un écrivain complexe et torturé (l&rsquo;acteur tchèque Idan Weiss), vivant dans une sorte de cauchemar éveillé et qui se demande : <em>« Pourquoi personne ne comprend la valeur des mots »</em>. La réalisatrice du <strong>Complot</strong> (1988), <strong>Europa Europa</strong> (1990), <strong>L&rsquo;ombre de Staline</strong> (2019) ou <strong>Green Border</strong> (2023) qui lui valut d&rsquo;être la victime d&rsquo;une campagne de haine en ligne, construit un film patchwork qui donne des pistes sur la vie et l&rsquo;oeuvre de Kafka (1883-1924) mais évoque aussi des événements ultérieurs comme l&rsquo;exploitation touristique du personnage dans la Prague d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ou le sort de ses proches confrontés, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l&rsquo;occupation allemande de la Bohême. Dans un interview, la cinéaste a déclaré : <em>« On sait tout de lui et on ne sait rien. J&rsquo;ai essayé de le restituer autrement, de presque le toucher, de le rendre vivant sans passer par les figures imposées. »</em> (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusticierSierra.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21153" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusticierSierra-188x300.jpg" alt="Justicier Sierra" width="188" height="300" /></a><strong>LE JUSTICIER DE LA SIERRA</strong><br />
Depuis qu&rsquo;il a raccroché ses armes de pistolero, John Sands se consacre à la gestion d&rsquo;un petit commerce dans un village proche du Mexique. Lorsqu&rsquo;il fait la connaissance de Jean « Dusty » Stewart, il apprend par celle-ci que son frère a été froidement abattu par un groupe de cow-boys à la solde de Matt Garson, dans la ville de Centennial. Propriétaire du saloon de la ville, Garson contrôle une grande partie de la région et y fait appliquer sa propre loi. Sands décide alors de ressortir son artillerie et de mener l&rsquo;enquête sur place. Il doit alors faire face à la « loi » de Garson et à ses trois tueurs, tout en étant dans le collimateur des autorités locales… Réalisateur de westerns de série B, Lesley Selander (1900-1979) a mis en scène, entre les années 30 et 60, de multiples films dont beaucoup sont restés inédits sur les écrans français. Tourné en 1948, <strong>Panhandle</strong> (en v.o.), présenté dans une bonne version restauré, n&rsquo;est pas un western particulièrement remarquable mais il a cependant des qualités qui méritent qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête. Ainsi, Selander reçoit, ici, l&rsquo;aide d&rsquo;un personnage qui s&rsquo;imposera, plus tard, comme l&rsquo;auteur de <strong>Diamants sur canapé</strong> (1961), <strong>The Party</strong> (1968), <strong>Victor Victoria</strong> (1982) et de la série de la<strong> Panthère rose</strong> (1963-1993). On parle bien sûr de Blake Edwards qui participe, ici, à la production du film, à son scénario et qui présent aussi devant la caméra en incarnant Schofield, le sinistre (mais aussi fantaisiste) bras droit du méchant Garson. Si l&rsquo;action est conventionnelle, la mise en scène est rythmée et rapide et propose de bonnes séquences qui mettent en valeur l&rsquo;amitié, organisent un affrontement armé nocturne, un long et violent combat musclé et à poings nus, une course-poursuite à cheval, voire une étreinte amoureuse… Dans le rôle de Sands, on trouve l&rsquo;acteur canadien Rod Cameron, un habitué du western qui tourna dans plus de cent productions. A ses côtés, incarnant la charmante Dusty, on remarque Cathy Downs qui fut, en 1946, Clementine dans <strong>La poursuite infernale</strong> (My Darling Clementine en v.o.) de John Ford. Un agréable western ! (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAQuadrille.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21157" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAQuadrille-193x300.jpg" alt="Quadrille" width="193" height="300" /></a><strong>QUADRILLE</strong><br />
Le jeune acteur américain Carl Erikson est la sensation du moment. De passage à Paris, il est sollicité de toutes parts et donne, un peu par hasard, un autographe à Paulette Nanteuil, elle-même actrice reconnue en France, mais inconnue de lui. Charmé par la jeune femme, Carl espère la retrouver, mais elle lui a donné un faux nom, celui de son amie Claudine André, journaliste. Il se trouve que Carl Erikson a rendez-vous pour une interview avec Philippe de Morannes, rédacteur en chef de <em>Paris Soir</em> et, par ailleurs, amant de Paulette. Pour le remercier de lui avoir accordé un entretien, Philippe se fait, malgré lui, le complice du destin en offrant à Carl une place pour qu&rsquo;il assiste, le soir même, au spectacle dans lequel joue Paulette. Carl va la voir dans sa loge, et Paulette, séduite, passe une nuit avec lui. Doit-elle quitter Philippe ou rompre avec Carl ? Et Philippe succombera-t-il aux charmes de Claudine, laquelle n&rsquo;est elle-même pas insensible au charme du jeune acteur ? En 1938, Sacha Guitry adapte sa propre pièce et réussit, après <strong>Le nouveau testament</strong> et <strong>Mon père avait raison</strong>, tous deux de 1936, un nouveau fleuron (dans une nouvelle version Blu-ray) de ce qu&rsquo;il fait le mieux, à savoir le théâtre filmé. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Guitry de monopoliser l&rsquo;attention, d&rsquo;étourdir par son esprit et ses bons mots. Avec son personnage de Philippe, il est sur le devant de la scène mais il fait aussi la part belle à ses comédiens comme Jacqueline Delubac ou Pauline Carton. Et, dans ce tourbillon d&rsquo;élégance, on retrouve avec plaisir, dans un rôle de garce, Gaby Morlay, vive et pétillante à l&rsquo;inverse des lourds mélos dans lesquels on la vit souvent. Sur la bataille des sexes, un feu d&rsquo;artifice ! C&rsquo;est vif, gai, spirituel, légèrement immoral et joyeusement cynique… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAADésiré.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21149" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAADésiré-193x300.jpg" alt="Désiré" width="193" height="300" /></a><strong>DÉSIRÉ</strong><br />
La belle Odette Cléry, actrice devenue la protégée d&rsquo;un ministre, engage Désiré, un valet de chambre impeccable et très stylé. La nuit, Désiré et Madame Cléry rêvent l&rsquo;un de l&rsquo;autre : situation embarrassante et inavouable. Seulement voilà, ils rêvent tout haut ! En 1937, Sacha Guitry laisse éclater toute sa verve caustique en jonglant avec les situations alors scabreuses du théâtre de boulevard. Il s&rsquo;offre avec <strong>Désiré</strong> un beau rôle et en fait de même avec son épouse Jacqueline Delubac, brillante Odette ! De son film (présenté dans une nouvelle version Blu-ray), Guitry a dit, dans une interview à <em>Paris Soir</em>: <em>« S&rsquo;il me fallait résumer Désiré en quelques lignes et d&rsquo;un seul trait, je dirais que c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme dont le physique, l&rsquo;assurance et la profession, précisément héréditaire, ne sont pas tout à fait en accord avec ses goûts et sa mentalité. Fils, petit-fils, arrière-petit-fils de domestique, il éprouve à obéir une véritable volupté &#8211; et d&rsquo;ailleurs il le dit lui-même : « servir, c&rsquo;est quelque chose de merveilleux. C&rsquo;est avoir le droit d&rsquo;être sans volonté&#8230; » Mais, hélas! Toute médaille a son revers et il n&rsquo;a de goût réel que pour ses patronnes &#8211; et ce serait le drame de sa vie si je n&rsquo;avais pas préféré en faire une comédie qui parfois est une comédie bouffe. »</em> (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPerlesCouronne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21156" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPerlesCouronne-193x300.jpg" alt="Perles Couronne" width="193" height="300" /></a><strong>LES PERLES DE LA COURONNE</strong><br />
L&rsquo;historien Jean Martin raconte à sa jeune épouse Françoise, l&rsquo;histoire fabuleuse d&rsquo;un collier composé de sept perles fines, jadis offert par le pape Clément VII à sa nièce Catherine de Médicis, quelques mois avant le mariage de cette dernière avec le futur Henri II. Par la suite, elle offre le collier à Mary Stuart, qui veuve de François II, retourne en Ecosse. Déposé dans un coffret, le collier est dérobé par trois voleurs. Seulement quatre perles sont remises à Élisabeth Ière après l&rsquo;exécution de Marie Stuart, et ornent désormais les arceaux de la couronne royale britannique. Les trois dernières perles ont mystérieusement disparu. Jean Martin décide alors de partir en quête des joyaux manquants, imité en cela par un officier de la maison royale anglaise et un camérier du pape. A l&rsquo;issue d&rsquo;une folle cavalcade historique, tous se retrouvent à bord du paquebot <em>Normandie</em> qui fait route vers New York. Après un dîner dans la grande salle à manger de première classe, Jean Martin récupère une perle dans une serviette de table pour un bref instant. Guitry avait décliné une offre de participation au voyage inaugural du <em>Normandie</em>, en mai-juin 1935. Le tournage du film, en 1937, marque ainsi sa rencontre avec le paquebot qui lui fait très forte impression. Pour ne pas déranger le confort des passagers, la Compagnie générale transatlantique accepta le tournage en dehors des voyages. L’ensemble des scènes finales (on y voit le grand escalier du salon fumoir) ont été tournées au Havre, lors d&rsquo;une immobilisation technique. En 1937, Sacha Guitry donne un divertissement « historique » (dans une nouvelle édition Blu-ray) dans lequel il croque avec délices têtes couronnées et séductrices décaties. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARemontonsChampsElysees.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21158" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARemontonsChampsElysees-193x300.jpg" alt="Remontons Champs Elysees" width="193" height="300" /></a><strong>REMONTONS LES CHAMPS ELYSÉES</strong><br />
De la place de la Concorde en 1617 à la place de l&rsquo;Etoile en 1938, voici l&rsquo;histoire des Champs-Élysées, racontée par un instituteur descendant à la fois de Louis XV, de Marat et de Napoléon Ier. Cet enseignant évoque ainsi l&rsquo;assassinat de Concino Concini, les circonstances qui amenèrent Louis XV, las de la marquise de Pompadour, à faire aménager le Parc-aux-Cerfs, l&rsquo;établissement des premiers théâtres de marionnettes sur les Champs-Élysées, la mort du Bien-Aimé annoncée par celle, survenue six mois auparavant, du ministre Chauvelin, et son enterrement nocturne, les noires heures de la Terreur, la rencontre, fortuite et improbable, entre Bonaparte et Napoléon, celui-ci reprochant à celui-là d&rsquo;avoir trahi ses idéaux de jeunesse, l&rsquo;assassinat nocturne de l&rsquo;inventeur du gaz d&rsquo;éclairage, les débuts parisiens de Richard Wagner, le retour des cendres de l&rsquo;Empereur en 1840, le départ de Louis-Philippe pour l&rsquo;exil, le succès des chansons de Béranger et le triomphe des valses de Métra, un bal à la cour de Napoléon III… En 1938, Sacha Guitry s&rsquo;amuse ! Le défilé d&rsquo;hommes et de femmes illustres mais aussi de parfaits anonymes dans <strong>Remontons les Champs-Elysées</strong> (dans une nouvelle édition Blu-ray) a de quoi faire froncer le sourcil à l&rsquo;historien scrupuleux. Mais ce n&rsquo;est pas le souci de Guitry qui aime à jouer à jongler avec le passé et le patrimoine, tout en faisant défiler une ribambelle de comédiens… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFreeway.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21151" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFreeway-216x300.jpg" alt="Freeway" width="216" height="300" /></a><strong>FREEWAY</strong><br />
Avec une mère, Ramona, qui se prostitue pour payer son crack et un beau-père, Larry, en liberté conditionnelle, qui la pelote, Vanessa Lutz, seize ans, adolescente analphabète, est loin d&rsquo;avoir une vie de princesse. Après l&rsquo;arrestation de ses parents, elle ligote l&rsquo;assistante sociale qui veut la placer une fois de plus dans une famille d&rsquo;accueil, dit au revoir à son ami Chopper qui lui offre son revolver et décide, tel le Petit chaperon rouge, de partir rejoindre sa grand-mère qui vit dans une caravane à quelques centaines de kilomètres. En chemin, la gamine rencontre Bob Wolverton, psychologue pour enfants le jour&#8230; mais surtout Grand méchant loup la nuit ! Au cours du trajet, Bob gagne progressivement la confiance de Vanessa, qui se confie sur sa vie chaotique et les abus sexuels qu&rsquo;elle a subis de son beau-père et dans ses foyers d&rsquo;accueil. Prétextant vouloir l&rsquo;aider au moyen d&rsquo;une thérapie expérimentale, Bob lui pose des questions de plus en plus perverses et humiliantes… En 1996, l&rsquo;Américain Matthew Bright revisite <em>Le Petit chaperon rouge</em> et propose un thriller efficace et au ton cynique et grinçant. Le récit est bien rythmé et embarque le spectateur dans les pas de Vanessa qui va passer par la case prison avant de s&rsquo;évader au cours d&rsquo;un transfert et de faire éclater la vérité sur l&rsquo;affreux Wolverton et de lui faire son affaire… Agée de 19 ans, Reese Whitherspoon est au tout début de sa carrière même si on l&rsquo;a vu, en 1991, en tête d&rsquo;affiche d&rsquo;<strong>Un été en Louisiane</strong> de Robert Mulligan et on sent qu&rsquo;elle s&rsquo;amuse résolument avec le personnage de Vanessa. Devenu célèbre avec Jack Bauer, le héros de la série <strong>24 heures chrono</strong>, Kiefer Sutherland se régale, lui aussi, de camper un gros psychopathe qui finira dans le lit de Mère-grand ! (Metropolitan).<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARoiChampsElysées.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21159" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARoiChampsElysées-170x300.jpg" alt="Roi Champs Elysées" width="170" height="300" /></a><strong>LE ROI DES CHAMPS ELYSÉES</strong><br />
Surnommé <em>« L&rsquo;homme qui ne rit jamais »,</em> Buster Keaton (1895-1966), orfèvre absolu du gag, est l&rsquo;une des plus grandes figures du cinéma américain. Célèbre pour son flegme, il réalisa des films comme <strong>Sherlock Junior</strong> (1924), <strong>Le mécano de la « General »</strong> (1926), <strong>Cadet d&rsquo;eau douce</strong> (1928) ou <strong>L&rsquo;opérateur</strong> (1928). Du<strong> Mécano…</strong>, Orson Welles dit que c&rsquo;était <em>« la plus grande comédie jamais réalisée (&#8230;) et peut-être le plus grand film jamais réalisé »</em>. Charlie Chaplin le considérait comme son modèle tandis que le critique Roger Ebert estima qu&rsquo;il était <em>« le plus grand acteur-réalisateur de l&rsquo;histoire du cinéma »</em>. Au début des années trente, Buster Keaton vit la période la plus sombre de sa carrière. Après un divorce qui l&rsquo;abat moralement, il se dispute avec Louis B. Mayer, grand patron des studios MGM, qui le met à la porte à la fin du tournage du <strong>Roi de la bière</strong> (1933) d&rsquo;Edward Sedgwick. Keaton, qui a perdu la liberté de création dont il jouissait à l&rsquo;époque du muet, noie son chagrin dans l&rsquo;alcool et doit suivre une cure de désintoxication. Il part alors tourner deux films en Europe dont, en 1934, <strong>Le roi des Champs-Elysées</strong> mis en scène à Paris par Max Nosseck. Keaton y tient deux rôles, celui de Buster Garner, un aspirant acteur maladroit et celui de Jim le balafré, un gangster américain. Contenant très peu de dialogues (ceux de Keaton sont doublés), <strong>Le roi des Champs Elysées</strong>, dans lequel joue notamment Paulette Dubost, propose de nombreuses séquences burlesques et des gags visuels qui font clairement référence au muet. Le gag final montre Keaton le pince-sans-rire s&rsquo;épanouir dans un grand sourire après avoir été embrassé. En 1950, Billy Wilder rendit hommage à Keaton en lui offrant une belle scène dans <strong>Sunset Boulevard</strong>. Charlie Chaplin en fit de même, en 1952, dans <strong>Les feux de la rampe</strong>.  Jamais sorti en salle aux États-Unis, ce film est une curiosité à découvrir pour tous les fans de Keaton. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACityOfFire.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21148" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACityOfFire-219x300.jpg" alt="City Of Fire" width="219" height="300" /></a><strong>CITY OF FIRE</strong><br />
A la suite d&rsquo;un assassinat en plein quartier populaire de Hong Kong, l&rsquo;inspecteur Lau charge un de ses meilleurs flics d&rsquo;infiltrer un gang de dangereux malfaiteurs. Ko Chow devient ainsi une « taupe », tout à la fois suspectée par les braqueurs et poursuivie par la police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up particulièrement sanglant, Chow se lie d&rsquo;amitié avec son chef de bande, l&rsquo;implacable mais loyal Lee Fu… Le réalisateur Ringo Lam (1955-2018) est l&rsquo;une des hautes figures du cinéma d&rsquo;action made in Hong Kong. Après ses études de cinéma à Toronto (Canada), il retourne chez lui, signe quelques comédies. Le succès commercial de <strong>Mad Mission 4</strong> (1986) va lui permettre d&rsquo;écrire le scénario, de produire et de mettre en scène <strong>City of Fire</strong> (1987). Le film obtiendra le prix du meilleur réalisateur lors des Hong Kong Film Awards 1988. Quentin Tarantino a reconnu s&rsquo;être inspiré de <strong>City of Fire</strong> pour réaliser <strong>Reservoir Dogs</strong> (1992). Sec, nerveux, rapide, le film de Lam (qui poursuivra ensuite largement dans la même veine) est devenu un classique du polar hongkongais des années 80. S&rsquo;il manie l&rsquo;action et l&rsquo;humour, l&rsquo;amour et le drame, il se distingue aussi par son intensité et sa profondeur. Le récit met en avant les dilemmes moraux du héros infiltré, pris entre sa loyauté envers la police et les liens humains, voire d&rsquo;amitié qu&rsquo;il développe avec les criminels, une ambivalence qui donne au film une vraie richesse émotionnelle et une tension constante. Enfin <strong>City of Fire</strong> est porté par une double interprétation de qualité avec Danny Lee (Lee Fu) et Chow Yun-fat (Ko Chow), deux comédiens qui partageront à nouveau l&rsquo;affiche dans un autre grand film d&rsquo;action hongkongais, <strong>The Killer</strong> (1989), cette fois de John Woo. Puissant ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAANewYorkConnection.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21155" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAANewYorkConnection-188x300.jpg" alt="New York Connection" width="188" height="300" /></a><strong>NEW YORK CONNECTION</strong><br />
Sean Boyd est un ex-flic devenu chauffeur routier. Lorsque sa fille, Kathy est kidnappée par le truand Gus Soltic, Boyd se lance à sa poursuite à pied. Commence une course-poursuite haletante dans les ruelles mal famées du Bronx, durant laquelle Boyd devra retrouver sa fille mais aussi échapper à une bande de malfrats portoricains et à ses anciens collègues policiers, notamment un sergent qu&rsquo;il avait fait condamner pour des manquements à l&rsquo;éthique… Le réalisateur Richard Butler (1927-2023) a surtout eu une carrière à la télévision, dirigeant de nombreux épisodes de séries cultes comme <strong>Star Trek</strong>, <strong>Batman</strong>, <strong>Hill  Street  Blue</strong>s et <strong>Remington  Steele</strong>. Il était également reconnu pour sa capacité à créer une esthétique visuelle urbaine, privilégiant un rendu réaliste, parfois « poussiéreux » et « rouillé ». C&rsquo;est le cas, ici, en 1980, dans<strong> New York Connection</strong>, parfois intitulé <strong>Fort Bronx</strong> et <strong>Night of the Juggler</strong> (en v.o.) qui brosse un portrait du New York des années 1970/1980, une ville sale, inquiétante, avec des ruelles sinistres et dangereuses. L&rsquo;intrigue tient sur une feuille de papier-cigarette avec un type (James Brolin) qui constate que sa fille a été enlevée à la suite d&rsquo;un malentendu, le méchant (Cliff Gorman) l&rsquo;ayant confondu avec la fille d&rsquo;un riche magnat de l&rsquo;immobilier qu&rsquo;il tient pour responsable de la décrépitude de son quartier. Commence alors une course-poursuite à pied et en voiture dans les coins les plus pourris du Bronx mais également dans le métro et les égouts de la ville… Il reste que le cinéaste, même s&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur un certain nombre d&rsquo;incohérences, sait donner du rythme à son polar si bien qu&rsquo;on peut se laisser embarquer… Dans les suppléments, on trouve une présentation du film par Olivier Père (25 mn), <strong>47 ans plus tard</strong>, un entretien avec James Brolin (14 mn), <strong>La douce Maria</strong>, un entretien avec Julie Carmen (14 mn), <strong>Pandemonium Reflex, Sydney Furie et NY Connection</strong> (14 mn). Le coffret comprend aussi un livret (24 p.) écrit par Marc Toullec. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAGeraldConquérant.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21152" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAGeraldConquérant-184x300.jpg" alt="Gerald Conquérant" width="184" height="300" /></a><strong>GERALD LE CONQUERANT</strong><br />
Plutôt grande gueule, Gérald s&rsquo;est donné pour mission de redonner tout son éclat à sa région de coeur, la Normandie. Pour redorer le blason normand, il s&rsquo;est mis en tête de bâtir le plus grand parc d&rsquo;attractions du pays, à la gloire de Guillaume le conquérant, duc de Normandie puis roi d&rsquo;Angleterre du 11e siècle . Mais attention, il a envie de mettre sur pied un parc… identitaire ! <em>« Rien à voir,</em> dit-il, <em>avec Disney ! Mickey est un rat. Comme tous les Américains&#8230; »</em> Pour parvenir à ses fins, le gaillard est prêt à aller loin, très loin. Quitte à franchir toutes les limites… Humoriste, metteur en scène, acteur, scénariste et réalisateur français, Fabrice Eboué a commencé sa carrière de metteur en scène (en compagnie de Lionel Steketee et Thomas Ngijol), en 2011, avec <strong>Case départ</strong>, une comédie bien accueillie par le public. <strong>Gérald le conquérant</strong> est son cinquième film, derrière et aussi devant la caméra, puisqu&rsquo;il interprète le tonique et faussement bonhomme Gérald. Présenté comme un faux documentaire, un peu dans la veine du fameux <strong>Striptease</strong>, le film permet à l&rsquo;humoriste d&rsquo;y aller de bon coeur et d&rsquo;en mettre plein la tête aux minables, aux poseurs, aux cons et aux… Parisiens (dont il se plaît à squatter les résidences secondaires), Gérald avouant qu&rsquo;il aimerait être une mouette… <em>« pour chier sur la tête des Parisiens »</em>. On l&rsquo;a compris, Fabrice Eboué tire à l&rsquo;arme lourde dans ce rendez-vous loufoque avec l&rsquo;histoire normande. Plutôt barré, le film ne fait pas dans la dentelle mais il nous vaut quelques éclats de rire. (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALElue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21154" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALElue-216x300.jpg" alt="L'Elue" width="216" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ELUE</strong><br />
Liz et Malcolm partent pour un week-end d&rsquo;anniversaire romantique dans un chalet loin du monde. Lorsque Malcolm (Rossif Sutherland, second fils du grand Donald) doit retourner précipitamment en ville pour son travail, Liz (Tatiana Maslany) se retrouve isolée dans cet endroit au fond des bois, confrontée à une présence maléfique qui révèle les terrifiants secrets du chalet. Fils du grand Anthony Perkins (Norman Bates dans le <strong>Psychose</strong> de Hitchock), Osgood Perkins s&rsquo;est fait une spécialité du <em>folk horror</em>, un sous-genre du cinéma d&rsquo;horreur qui détourne des éléments folkloriques dans un but horrifique, notamment dans <strong>Gretel et Hansel</strong> (2020). Il va connaître le succès commercial et critique en 2024 avec <strong>Longlegs</strong>, interprété par Malika Monroe et Nicolas Cage, qui suit Lee Harker, nouvelle recrue du FBI, qui se voit confier une affaire non-résolue sur un tueur en série surnommé Longlegs. Son enquête va se complexifier avec la découverte de preuves liées à l&rsquo;occultisme. Avec <strong>Keeper</strong> (en v.o.), Osgood est, ici, un peu en-dessous même s&rsquo;il réussit à faire monter la tension au fur et à mesure que la présence surnaturelle s’intensifie et se répand. Pour ce séjour idyllique qui vire au cauchemar, le cinéaste distille l&rsquo;inconfort et privilégie l&rsquo;atmosphère et le malaise à l&rsquo;action dans une mise en scène qui aime à jouer des ruptures de ton. Cette édition Bl-ray de <strong>L&rsquo;élue</strong> comprend deux autres films d&rsquo;Oz Perkins, en l&rsquo;occurrence <strong>Longlegs</strong> (2024) et <strong>The Monkey</strong> (2025). Quand les forces maléfiques s&rsquo;insinuent partout… (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFabriqueMonstres.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21188" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFabriqueMonstres-176x300.jpg" alt="Fabrique Monstres" width="176" height="300" /></a><strong>LA FABRIQUE DES MONSTRES</strong><br />
Dans le vieux château de Grottegroin, un savant fou fabrique, rafistole et invente sans cesse des monstres farfelus. P&rsquo;tit Cousu, sa toute première création oubliée avec le temps, sert de guide aux nouveaux monstres. Jusqu&rsquo;au jour où un cirque arrive en ville. A la recherche d&rsquo;une nouvelle attraction, son propriétaire Fulbert Montremonstre tente par tous les moyens d&rsquo;accéder à cette fabrique de monstres. P&rsquo;tit Cousu pourrait bien être la star de son futur spectacle. L&rsquo;Anglais Steve Hudson et l&rsquo;Allemand Toby Genkel signent, ici un film d&rsquo;horreur qui ne donnera pourtant pas de cauchemar aux plus jeunes spectateurs. Mais ils goûteront cependant, avec ce film d&rsquo;animation européen, quelques frissons dans les traces de l&rsquo;affable P’tit Cousu qui donne des clés pour faire face à ses peurs ou à célébrer les différences. Une jolie histoire qui fait parfois songer à l&rsquo;esthétique du cinéma de Tim Burton, avec des monstres colorés, excentriques et sympathiques. Un bon divertissement joyeusement lugubre… (Wild Side)</p>
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		<title>Le désespoir de Tony Kiritsis et les espoirs de la famille Dayan</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Apr 2026 10:33:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21136" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21136" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordeCou1-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis (Bill Skarsgård) a pris Richard Hall (Dacre Montgomery) en otage.</p></div>
<p><strong>RÊVE.-</strong> Ce matin-là, comme tous les autres, Fred Temple, la voix d&rsquo;Indianapolis sur WCYD, réveille en douceur les habitants de la capitale de l&rsquo;Indiana. Auditeur attentif de cette radio, Tony Kiritsis, en ce matin neigeux de 1977, est en colère. Sa voiture est en panne et il a rendez-vous avec M.L. Hall, le grand patron de Meridian Mortgage, une société de courtage hypothécaire, à laquelle il reproche de l&rsquo;avoir ruiné. Lorsque Kiritsis débarque, avec un long carton sous le bras, dans le hall du bâtiment de la compagnie, il apprend que M.L. Hall passe des vacances au soleil. Raison de plus d&rsquo;être furax. Ce sera Richard, le fils du patron, qui se charge de le recevoir. Dans le bureau du boss, soudain, Kiritsis déballe un fusil et menace Richard Hall. Bientôt ce dernier se retrouve avec le canon du fusil sur sa nuque, l&rsquo;arme fixée avec un fil de fer autour de son cou… La police est alertée. Une camionnette d&rsquo;une chaîne de télévision locale tourne dans le quartier et entend parler de la prise d&rsquo;otages. Habituée à couvrir de petits fait-divers médiocres, la jeune Linda Page est persuadée que sa chance vient de sonner. Avec son cameraman, elle se précipite sur les lieux, convaincue de tenir la bonne <em>story</em> qui fera le <em>prime time</em> de Channel 12. Pendant ce temps, Kiritsis décide de quitter à pied les locaux de Meridian Mortgage pour aller s&rsquo;enfermer dans son appartement à quelques blocs de maison de là&#8230;<br />
Silencieux depuis 2018 et l&rsquo;échec commercial de <strong>Don&rsquo;t Worry, He Won&rsquo;t Get Far on Foot</strong>, un drame biographique sur John Callahan, un jeune tétraplégique alcoolique qui va devenir un célèbre auteur de bandes dessinées, Gus van Sant fait un retour remarqué avec <strong>La corde au cou</strong> (USA – 1h44. Dans les salles le 15 avril) . Le réalisateur de <strong>My Own Private Idaho</strong> (1991), <strong>Will Hunting</strong> (1997), <strong>A la recherche de Forrester</strong> (2000) ou <strong>Elephant</strong>, Palme d&rsquo;or à Cannes en 2003, s&rsquo;empare, ici, de l&rsquo;histoire vraie de Tony Kiritsis, un Américain banal qui rêvait de construire un centre commercial pour proposer des commerces abordables au plus grand nombre. Mais la société de Hall est passée par là. Kiritsis a emprunté, n&rsquo;a pu rembourser et s&rsquo;est retrouvé ruiné. Convaincu que Meridian Mortgage l&rsquo;a sciemment piégé (notamment en détournant de potentiels acquéreurs du centre commercial vers d&rsquo;autres options) pour le dépouiller, Kiritsis kidnappe, le 8 février 1977 à Indianapolis, le fils du courtier responsable de sa situation.<br />
Il réclame 5 millions de dollars et surtout des excuses en bonne et due forme. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp.</p>
<div id="attachment_21137" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21137" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACordecou2-300x200.jpg" alt="&quot;La corde...&quot;: Tony Kiritsis donne une conférence de presse. Photos Stefania Rosini" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La corde&#8230;&nbsp;&raquo;: Tony Kiritsis<br />donne une conférence de presse.<br />Photos Stefania Rosini</p></div>
<p>Dans une écriture dépouillée qui reprend les codes classiques du thriller et notamment du sous-genre qu&rsquo;est la prise d&rsquo;otages, le cinéaste parvient avec aisance, a distillé une forte tension tant Kiritsis peut à tout moment exploser et provoquer l&rsquo;irrémédiable. Loin de sa manière abstraite, minimaliste et labyrinthique qui caractérisait, par exemple <strong>Elephant</strong>, le metteur en scène s&rsquo;inscrit dans un style pratiquement de reportage télévisuel (le mouvement saccadé des prises de vues, les images figées, les mises au point de la caméra) pour observer un personnage perdu qui se demande quel sens donner encore à son existence alors qu&rsquo;il considère avoir tout perdu. Métaphoriquement, c&rsquo;est bien lui qui a la corde au cou. Mais Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ? Un marginal qui voit s&rsquo;évanouir son rêve américain ?<br />
Van Sant qui vivait en 1977 à Los Angeles, n&rsquo;avait pas de téléviseur à cette époque. <em>« S’il y a eu,</em> dit-il, <em>des choses diffusées en direct, je les ai ratées. Quand je l’ai découverte, l’histoire de Tony Kiritsis m’a touchée. Dès qu’il s’agit d’un homme qui ose se dresser contre le système, je me sens concerné, émotionnellement. »</em><br />
Entre agitation policière et médiatique, on songe évidemment à Sidney Lumet et à son excellent <strong>Après-midi de chien</strong> (1975) d&rsquo;autant qu&rsquo;Al Pacino fait une courte apparition, ici, dans le rôle du cynique M.L. Hall. Vu naguère en vampire dans le <strong>Nosferatu</strong> (2024) de Robert Eggers, l&rsquo;acteur suédois Bill Skarsgård compose brillamment un personnage éruptif et inquiétant emporté dans une action criminelle qui pulvérise soudain sa triste routine avant de se prendre pour un « héros national », d&rsquo;appeler Fred Temple à la rescousse et d&rsquo;exiger, devant les caméras, une lettre d&rsquo;immunité&#8230;<br />
Que reste-t-il du rêve américain ? La question que pose, in fine, Gus van Sant, prend une résonance qui dépasse de beaucoup l&rsquo;obscurité de la salle de cinéma.</p>
<div id="attachment_21133" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21133" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion1-300x225.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine ou la famille Dayan." width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: Vincent, Yves, Arnaud et Sandrine<br />ou la famille Dayan.</p></div>
<p><strong>EIGHTIES.-</strong> Vincent et Arnaud se châtaignent comme deux frères un peu à l&rsquo;étroit dans la même chambre. L&rsquo;aîné ne jure que par le rock, le plus jeune est plus funky… Nous sommes en 1985, dans la banlieue parisienne. Et si Vincent, bientôt 13 ans, ne veut pas s&rsquo;en laisser conter par son grand bricoleur de frère, ce n&rsquo;est pas mieux du côté des parents qui se prennent la tête sans arrêt. Sandrine n&rsquo;en peut plus de servir le café dans des réunions de patrons cravatés tandis qu&rsquo;Yves donne le change. Il part tous les matins au boulot avec son attaché-case. Mais Vincent est pourtant surpris de le voir, en pleine matinée, boire, l&rsquo;air bien sombre, un café dans un bistrot. Vincent a beau être cadre, il est bien au chômage. Et il tire le diable par la queue en allant jusqu&rsquo;à emprunter de l&rsquo;argent à Arnaud qui s&rsquo;est fait un joli petit business en dealant autour de lui des compilations de rock. Vincent, qui prépare, sans grand enthousiasme, sa bar-mitsvah, est complètement sous le charme d&rsquo;Anne-Karine, une collégienne de sa classe. Alors quand il doit faire un exposé avec cette dernière, il entrevoit la possibilité d&rsquo;un grande histoire d&rsquo;amour qui lui met la tête et le coeur à l&rsquo;envers… Mais Anne-Karine semble bien insensible au charme de ce gamin qui n’est « déjà plus » un enfant et qui n’est « pas encore » un adulte&#8230;<br />
Inspiré clairement de la jeunesse, des souvenirs d&rsquo;enfance, des parents d&rsquo;Eric Toledano et Olivier Nakache, <strong>Juste une illusion</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 15 avril) est une plongée chaleureuse et nostalgique dans les aventures quotidiennes de la famille Dayan sur fond de questions et de doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.<br />
Avec beaucoup de fluidité dans la manière de distiller du bon cinéma populaire, les deux cinéastes embarquent le spectateur dans cette famille « explosive » où ça gueule sans arrêt mais où l&rsquo;on s&rsquo;aime aussi avec la même puissance.</p>
<div id="attachment_21134" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21134" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusteUneIllusion2-300x200.jpg" alt="&quot;Juste...&quot;: la périlleuse location d'une cassette X. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Juste&#8230;&nbsp;&raquo;: la périlleuse location d&rsquo;une cassette X.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Film d&rsquo;époque, <strong>Juste une illusion</strong> évoque clairement des problématiques sociales avec, par exemple la référence à SOS Racisme, véritable marqueur des années 80. <em>«  Bien qu’il se déroule il y a plus de quarante ans,</em> note Eric Toledano, <em>le film porte effectivement un regard sur l’époque dans laquelle nous vivons. Ce choix est une critique en creux de la logique du repli, du « chacun pour soi » voire du « contre les autres ». Nous sommes dans une société qui exalte beaucoup les différences. Alors une fois de plus on va relire le testament de Billy Wilder qui nous semble être dans le vrai quand il lance « Quand ça va mal, faites une comédie ! »</em> De fait, dans les <em>eighties</em>, toutes les menaces étaient déjà là : la crise économique, les guerres, les attentats, la menace nucléaire, le sida&#8230;<br />
En centrant leur récit sur Vincent (remarquable Simon Boublil, choisi dans un casting de 2000 jeunes!) qui s&rsquo;apprête à vivre une série de première fois, les réalisateurs d&rsquo;<strong>Intouchables</strong> (19,4 millions de spectateurs dans les salles en 2011) livrent une chronique intime qui parlera assurément à ceux qui étaient jeunes au mitan des années 80. On y retrouve les sons de Imagination, Joy Division, The Cure, Fabrice et la valise RTL, des clins d&rsquo;oeil à <strong>Un homme et une femme</strong>, une cassette VHS baladeuse de <strong>La ruée vers Laure</strong>, <em>Touche pas à mon pote</em> et Harlem Désir et Thierry Le Luron jouant Alice Sapritch…<br />
Enfin Louis Garrel et Camille Cottin, les parents Dayan, forment un joyeux duo comique (soutenu par le numéro de Berger, le concierge par l&rsquo;épatant Pierre Lottin) et leurs échanges sur le retour d&rsquo;Afrique du Nord sont savoureux tout comme l&rsquo;idée de l&rsquo;exposé consacré à Mitterrand et Kohl se tenant la main à Verdun en 1984, qui devient la première… romance politico-homosexuelle !</p>
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		<title>DEUX FEMMES VERS UN AILLEURS LIBÉRATEUR ET UNE LUMINEUSE CHRONIQUE SÉTOISE</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 19:34:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[LA CONDITION Nous sommes en avril 1908, dans la grande maison de Me André de Boisvaillant, notaire dans le Cher. L’homme est entouré de femmes. La sienne, Victoire, jeune bourgeoise que « rien ne fatigue vraiment ». Sa mère, Mathilde, une femme acariâtre, clouée dans son lit depuis deux accidents vasculaires successifs. Enfin Huguette, l’aînée et Céleste, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaCondition.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21101" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaCondition-174x300.jpg" alt="La Condition" width="174" height="300" /></a>LA CONDITION</strong><br />
Nous sommes en avril 1908, dans la grande maison de Me André de Boisvaillant, notaire dans le Cher. L’homme est entouré de femmes. La sienne, Victoire, jeune bourgeoise que <em>« rien ne fatigue vraiment »</em>. Sa mère, Mathilde, une femme acariâtre, clouée dans son lit depuis deux accidents vasculaires successifs. Enfin Huguette, l’aînée et Céleste, les deux bonnes chargées de la maisonnée. Huitième long-métrage de Jérôme Bonnell, <strong>La condition</strong> est adapté du roman <em>Amours</em>, paru en 2015. Léonor de Récondo y brosse un éveil à la sensualité sur fond de douleurs contenues chez deux femmes de classes sociales différentes mais réunies dans une quête de maternité. Bonnell plonge dans un début de 20e siècle avec un récit qui ressemble d’abord à une chronique des mœurs bourgeoises. André est un homme de son époque et sa pratique des femmes fait de lui un macho avant l’heure… Comme Victoire se refuse à lui ou accepte vaguement (<em>« J’aime mieux quand ça ne dure pas trop longtemps »</em>) André a pris l’habitude de trousser une Céleste qui n’a d’autre choix, pour garder son emploi, que de se laisser faire, le regard dans le vague. Las, un jour, en se regardant dans un miroir, la petite bonne comprend son infortune. Son ventre s’est arrondi et Madame, bouleversée, considère que cette grossesse déshonore la maison. Alors que c’est la porte qui guette pour la bonne, André et Victoire décident de garder le bébé pour eux. A condition, dit Victoire, <em>« que tu ne t’approches plus jamais de mon lit »</em>… Comme Céleste reste finalement à leur service, le film va glisser d’une étude d’amours ancillaires, qui aurait pu être de peu d’interêt, à une belle aventure qu’on ose qualifier de féministe ! Tandis qu’André s’enfonce dans un mal-être augmenté par la solitude et l’alcool, Victoire et Céleste vont aller l’une vers l’autre, autour de leur petit Félix. Tous les soirs, porte close, les deux femmes se retrouvent dans le même lit, savourent un bonheur simple et se livrent sans fard. En travaillant de beaux éclairages, le cinéaste sillonne des intérieurs étouffants dans les pas de ses personnages. Voilà des couloirs, des portes, une cuisine, des chambres, des passages que traversent des bonnes furtives, un André qui professe que <em>« l’harmonie, c’est mieux que le bonheur »</em> ou une Victoire oisive qui se sent, à 24 ans, déjà vieille… Swann Arlaud est un André, membre du sexe fort, d’abord sûr de lui puis fiévreux et brisé. Louise Chevillotte est une Victoire fragile, engoncée dans ses robes et qui va connaître un éveil sensuel avec Céleste à laquelle Galatéa Bellugi apporte son charme douloureux. Enfin Emmanuelle Devos est une mère aussi méchante que pathétique. Se retrouvant sur une certaine forme de solitude et d’innocence, Victoire et Céleste vont faire craquer des vies corsetées pour s’imaginer un ailleurs libérateur. Dans les suppléments, on trouve un entretien avec le réalisateur et ses comédiennes ainsi que des scènes coupées commentées par Jérôme Bonnell. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMektoubMyLove.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21104" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMektoubMyLove-190x300.jpg" alt="Mektoub My Love" width="190" height="300" /></a><strong>MEKTOUB, MY LOVE – CANTO DUE</strong><br />
Très actif dans les années 2000, Abdelattif Kechiche donna <strong>La faute à Voltaire</strong> (2000), <strong>L’esquive</strong> (2004), <strong>La graine et le mulet</strong> (2007) qui lui fit rencontrer le grand public. Suivront <strong>Vénus noire</strong> (2010) et <strong>La vie d’Adèle</strong> (2013) couronné de la Palme d&rsquo;or cannoise Le temps passa. Quatre années entre <strong>La vie d’Adèle</strong> et <strong>Mektoub, my Love : canto uno</strong>, premier volet de ce qui allait devenir la trilogie sétoise. Le dernier volet de cette trilogie nous ramène à Sète en septembre 1994. Amin a mis un terme à ses études de médecine. Il est décidé à se lancer dans le cinéma. Un soir, débarquant d’une Ferrari rouge, un couple d’Américains se présente à la porte du restaurant tenu par la mère d’Amin. La porte est close, le service est terminé mais le couple insiste pour dîner. Ils sont déjà venus et ils apprécient l’excellent couscous au poisson, spécialité du lieu. Jack est producteur à Hollywood et son épouse Jessica est comédienne. Ils sont dans le coin à cause du tournage d’une série. La famille accepte finalement de les servir, à la condition que Jack lise le dernier scénario d’Amin. Comme Jessica veut absolument manger, Jack se laisse convaincre. Avec ce <strong>Canto due</strong>, on est en pays de connaissance. On reprend l’histoire d’Amin, d’Ophélie, de Tony et de leurs ami(e)s là où on les avait laissés. En pays de connaissance donc, parce qu’il y la belle lumière du Midi, les pique-nique sur le plage et l’insouciance quasiment intacte des protagonistes de cette chronique sétoise. Bien sûr, le destin (mektoub en arabe) a fait son œuvre. Amin (Shaïn Boumedine) va se frotter aux pratiques managériales d’Hollywood. Car Jack aime beaucoup le scénario d’Amin intitulé <strong>Les principes essentiels de l’existence universelle</strong> mais il a des exigences. Dans ce solaire <strong>Mektoub, my Love</strong>, il y a une certaine mélancolie à l’oeuvre comme si le récit se tordait pour laisser s’infiltrer le réel, comme si l’innocence s’évanouissait lentement. Alors la tension affleure pour ouvrir des brèches de liberté. Ce dernier <strong>Mektoub</strong> n’est pas une œuvre apaisée mais Kechiche, souvent accusé de réduire les femmes à des objets de désir, y a mis moins d’ébats sexuels, moins de corps voluptueux et désormais ce sont les femmes, de Jessica, l’actrice volontiers capricieuse et presque boulimique à la belle Ophélie, qui mènent le jeu. Kechiche laisse même pointer un brin d’humour. Le repas chez le producteur est un jeu de pouvoir mâtiné d’imitations truculentes de Joe Pesci et De Niro dans <strong>Raging Bull</strong> ou… d’Aldo Maccione sautant dans la piscine. Le film s’achève sur une longue et savoureusement taquine séquence dans une clinique sétoise où Tony et Amin ont conduit le producteur blessé au bas-ventre par un coup de feu malheureux. Jessica est en pleine crise de nerfs et permet aux patients du lieu de s’en donner à coeur-joie sur les mœurs du show-biz. Pendant ce temps, Amin est reparti en ville. Sa voiture est en panne. Personne ne répond au téléphone. Alors il se met à courir dans la nuit. Comme Slimane dans<strong> La graine et le mulet</strong>. Fondu au noir. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFuori.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21098" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFuori-162x300.jpg" alt="Fuori" width="162" height="300" /></a><strong>FUORI</strong><br />
Née à Catane en 1924, Goliarda Sapienza grandit dans une famille socialiste anarchiste sicilienne recomposée et comptant de nombreux enfants. Figure importante du socialisme sicilien jusqu&rsquo;à l&rsquo;arrivée au pouvoir des fascistes, son père, l&rsquo;avocat Giuseppe Sapienza, et sa mère Maria, également une personnalité de la gauche italienne, tiennent à la garder éloignée des écoles fascistes et elle reçoit une éducation originale, athée et socialiste. Actrice de théâtre dans ses jeunes années puis au cinéma, compagne, pendant 17 ans, du cinéaste Francesco Maselli, résistante partisane pendant la guerre, Goliarda Sapienza se consacre, à la fin des années soixante, à la littérature. Son grand œuvre, <em>L&rsquo;art de la joie</em>, écrit entre 1967 et 1976, récit des grands événements qui touchent l&rsquo;Italie au 20<sup>e</sup> siècle, sera rejeté par tous les éditeurs. Il faut attendre 1998 et la parution… à compte d&rsquo;auteur (par son mari) pour que le livre devienne un best-seller… Dans <strong>Fuori</strong>, présenté en compétition officielle à Cannes 2025, Mario Martone (<strong>Mort d&rsquo;un mathématicien napolitain</strong> en 1992 ou<strong> Nostalgia</strong> en 2022) évoque un épisode de la vie de l&rsquo;écrivaine. Désespérée par le refus des éditeurs de publier <em>L&rsquo;art de la joie</em> et à bout de ressources, Sapienza commet, dans une soirée mondaine, un vol de bijoux qui lui coûte sa réputation et sa position sociale. Incarcérée à Rebibbia, la plus grande prison pour femmes d&rsquo;Italie, elle y rencontre des voleuses, des droguées, des prostituées mais aussi des politiques et racontera son expérience dans <strong>L&rsquo;université de Rebibbia</strong> publié en 1983. Alternant entre les séquences de prison et des moments où elle se repose dans son appartement, <strong>Fuori</strong> décrit une manière d&rsquo;errance romaine où Goliarda se promène dans la ville avec Roberta et Barbara, ses compagnes de prison, avec lesquelles elle retrouve un désir de vivre et d&rsquo;écrire. Fortes de ce qu&rsquo;elles ont vécu derrière les barreaux, ces femmes amies, voire amoureuses, dévorent la vie à pleines dents. Valeria Golino, remarquable de douleur, de fragilité mais aussi avec des moments de forte résistance, campe une écrivaine qui souffre de l&rsquo;incompréhension des milieux intellectuels qu&rsquo;elle fréquente. Raison pour laquelle elle va, en toute&#8230; liberté, vers ses ex-codétenues. <em>« Avec ces femmes,</em> dit-elle, <em>c&rsquo;était d&rsquo;une liberté folle ! »</em> <strong>Fuori</strong> a un côté frais et enivrant avec ces femmes qui n&rsquo;entendent pas baisser les bras mais la mélancolie est quand même toujours tapie là. Car Goliarda Sapienza, modèle d&rsquo;émancipation féministe, demeure, pour toujours, une femme blessée. Qui se demande si c&rsquo;est mieux dedans ou mieux dehors… (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMetroRomance.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21105" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMetroRomance-187x300.jpg" alt="Metro Romance" width="187" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeunesReveurs.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21100" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeunesReveurs-187x300.jpg" alt="Jeunes Reveurs" width="187" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeuneFilleDragon.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21099" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJeuneFilleDragon-187x300.jpg" alt="Jeune Fille Dragon" width="187" height="300" /></a><strong>TROIS FILMS AVEC LESLIE CHEUNG</strong><br />
Né en septembre 1956 à Kowloon, comme dixième et dernier enfant d&rsquo;un père tailleur spécialisé dans les costumes qui comptait dans sa clientèle des personnalités comme Alfred Hitchcock ou Marlon Brando, Leslie Cheung, disparu en 2003, s&rsquo;imposa comme l&rsquo;un des grands acteurs et chanteurs de Hong Kong. D&rsquo;abord connu en Asie, il fut remarqué dans le monde entier avec des films remarquables comme<strong> Nos années sauvages</strong> (1990), <strong>Happy Together</strong> (1997), tous deux de Wong Kar-wai ou <strong>Adieu ma concubine</strong> (1993) de Chen Kaige, premier film chinois à obtenir la Palme d&rsquo;or à Cannes, dans lequel il incarne un chanteur d&rsquo;opéra de Pékin travesti. En parallèle avec le grand écran, ce pionnier de la Cantopop, signa plus de quarante albums de musique… Toujours attentif aux cinémas d&rsquo;Asie, Carlotta Films sort, pour la première fois en Blu-ray et dans des restaurations HD, trois films des débuts de Leslie Cheung. On découvre ainsi <strong>Jeunes rêveurs</strong> (1982), histoire de quatre élèves de seconde qui rejoignent la troupe de théâtre du lycée pour une production de <em>Roméo et Juliette</em>. Portrait délicat d&rsquo;une génération contemplative et soudée, le film de Clifford Choi marque le passage progressif des films de kung-fu et des mélodrames classiques à des récits plus contemporains, ancrés dans la vie quotidienne urbaine. Histoire d&rsquo;un jeune mendiant formé au kung-fu mais persécuté par son maître et d&rsquo;autres élèves avant d&rsquo;être secouru par la gardienne du Tombeau antique, la séduisante Dragon Girl, <strong>La jeune fille au dragon</strong> (1982) s&rsquo;inscrit dans le meilleur du <em>wuxia</em> traditionnel et moderne où les vétérans du kung-fu Chen Kuan-tai et Lo Lieh côtoient la star montante du cinéma hongkongais… Enfin <strong>Métro romance</strong> (1984) raconte l&rsquo;histoire de Paul qui, en se rendant à un entretien d&rsquo;embauche, croise une séduisante inconnue dans les couloirs du métro. Lorsqu’il tombe à nouveau sur elle sur le chemin du retour, le jeune homme se résout à l’aborder. Empêtrée dans une liaison avec son ancien patron, courtisée par son nouveau collègue, Monica ne sait pas vraiment quel avenir envisager avec Paul. Trois ans avant leur performance inoubliable dans <strong>Rouge</strong> de Stanley Kwan, c&rsquo;est la première collaboration à l’écran entre les stars de la Cantopop Leslie Cheung et Anita Mui, rejoints ici par la débutante Maggie Cheung. Un triangle amoureux fondé sur le hasard et le destin en forme de charmant conte de fées moderne. Dans les suppléments, Clarence Tsui, critique, professeur et programmateur de festival basé à Hong Kong, évoque les débuts de Leslie Cheung, la place de <strong>La jeune fille dragon</strong> comme œuvre-pivot dans la carrière de l&rsquo;acteur ou <strong>Métro romance</strong> comme une capsule temporelle de la mégalopole au début des années 1980, à une époque où Leslie Cheung consolide son statut d’icône générationnelle. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPetiteCuisineMedhi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21106" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPetiteCuisineMedhi-202x300.jpg" alt="Petite Cuisine Medhi" width="202" height="300" /></a><strong>LA PETITE CUISINE DE MEDHI</strong><br />
Cuisinier au restaurant Baratin, Medhi et Léa, serveuse dans ce même établissement, sont collègues et amants. Ils vivent ensemble et songent à prendre ensemble la succession du patron bientôt à la retraite. Les parents de Léa sont prêts à leur donner un coup de main. Mais Léa voudrait rencontrer Fatima, la mère de Mehdi. Voilà Medhi dans une redoutable impasse. Soit il dit la vérité à sa mère et il la tue, soit il dit la vérité à Léa et il la perd… Paniquant en effet à l&rsquo;idée de la réaction de sa mère à la découverte de la fiancée qu&rsquo;il lui avait cachée, Medhi envisage un plan complètement barré : demander à son amie Souhila de feindre d&rsquo;être sa mère. Les ennuis ne vont pas tarder à s&rsquo;accumuler sur la tête du malheureux Medhi. D&rsquo;autant que Souhila se révèle rapidement imprévisible. En s&rsquo;inspirant librement d&rsquo;un épisode de sa vie, le réalisateur Amine Adjina (il avait dissimulé l&rsquo;existence de sa petite amie à sa mère par crainte de sa réaction) a imaginé cette comédie qui, s&rsquo;appuyant donc sur une expérience intime, met en scène les complexités de la double culture franco-algérienne. Tourné à Lyon, l&rsquo;une des capitales de la gastronomie française, <strong>La petite cuisine…</strong> permet au réalisateur de retrouver un univers familier. Avec un père bistrotier, Amine Adjina a grandi entre les cuisines et les comptoirs. Le personnage de Bernard, incarné par le <em>Grolandais</em> Gustave Kervern, est d&rsquo;ailleurs inspiré de cette figure paternelle. Pour interpréter Medhi, jeune homme tiraillé entre deux cultures, le cinéaste a choisi Younès Boucif, acteur, réalisateur et rappeur connu pour la série <strong>Drôle</strong> sur Netflix et il explique : <em>« Pour le rôle de Mehdi, je voulais un acteur capable de susciter une immédiate empathie. Il fallait qu’on puisse entrer dans son mensonge et avoir peur pour lui&#8230; »</em> Par ailleurs, l&rsquo;alchimie fonctionne aussi entre Younès Boucif et Claire Bretheau (Léa). Mais c&rsquo;est assurément Hiam Abbas qui compose, avec Souhila, le personnage le plus haut en couleurs. La comédienne franco-palestinienne, brillante dans des œuvres dramatiques comme <strong>Satin rouge</strong>, <strong>La fiancée syrienne</strong>, <strong>Free zone</strong> ou <strong>Les citronniers</strong>, s&rsquo;amuse, ici, à camper une fausse mère délirante qui amuse tout en questionnant des sujets graves… Un divertissement chaleureux porté par une bonne bande originale élaborée pour <em>« évoquer un ressac mémoriel »</em> et faire ressentir tout ce que Mehdi n&rsquo;arrive pas à exprimer. Quand la cuisine devient un langage social et un moyen d&rsquo;affirmer son identité. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrenteMinutesSursis.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21113" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrenteMinutesSursis-214x300.jpg" alt=" Trente Minutes Sursis" width="214" height="300" /></a><strong>TRENTE MINUTES DE SURSIS</strong><br />
Étudiant en psychologie, Alan Newell est bénévole dans un centre d’appels d’urgence à Seattle. Ce jour-là, au bout du fil, il y a Inga Dyson, une femme désespérée qui vient de prendre une dose mortelle de comprimés et souhaite parler à quelqu’un avant de mourir. Aidé d’un psychiatre et d’un inspecteur de police, Alan n’a que peu de temps pour localiser et sauver sa correspondante. Au milieu des années cinquante, Sydney Pollack est déjà un réalisateur de télévision reconnu qui a fait ses armes avec une série comme <strong>Shotgun Slade</strong>. Plus tard, il obtiendra un Emmy Award pour pour <strong>The Game</strong>. Nous sommes en 1965 et Pollack va passer au grand écran avec <strong>The Slender Thread</strong> (en v.o.) inspiré d&rsquo;une histoire vraie relatée par Shana Alexander dans un article de <em>Life Magazine</em>. Parfois, la vie ne tient qu’à un fil. L&rsquo;expression prend tout son sens avec le premier long métrage du réalisateur de <strong>On achève bien les chevaux</strong> (1969), <strong>Jeremiah Johnson</strong> (1972), <strong>Les trois jours du Condor</strong> (1975), <strong>Tootsie</strong> (1982) ou <strong>Out of Africa</strong> (1985) où une simple conversation téléphonique devient une course contre la montre aussi tendue que bouleversante. D’un point de départ très simple basé sur un fait divers, Sydney Pollack (1934-2008) déploie un suspense sous haute tension, où chaque seconde compte et où la parole devient une question de vie ou de mort. Dans ce huit clos à distance, le réalisateur installe l’urgence et impose, dès son premier film, un sens du rythme et une grande précision de la mise en scène. <strong>Trente minutes…</strong> obtiendra deux Oscars pour la meilleure direction artistique et les meilleurs costumes d&rsquo;un film en noir et blanc ainsi qu&rsquo;un Golden Globe pour le scénario de Stirling Silliphant. C&rsquo;est aussi le duo d’acteurs qui donne au film toute son intensité. Sidney Poitier (oscarisé en 1964 pour <strong>Le lys des champs</strong>) incarne une présence rassurante et déterminée tandis qu&rsquo;Anne Bancroft (Oscar de la meilleure actrice en 1963 pour <strong>Miracle en Alabama</strong>) livre une performance saisissante, portée par les fragments d’un passé qui se dévoile peu à peu. De leur confrontation émerge une alchimie rare, à la lisière de la romance, portée aussi par la musique de Quincy Jones. Inédit en vidéo en France, ce thriller est accompagné d’un entretien avec Nathalie Bittinger, maître de conférences en cinéma. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALumierePaleCollines.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21103" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALumierePaleCollines-216x300.jpg" alt="Lumiere Pale Collines" width="216" height="300" /></a><strong>LUMIÈRE PÂLE SUR LES COLLINES</strong><br />
Royaume-Uni, 1982. Une jeune Anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… Les fantômes de son passé semblent toujours là, silencieux, mais tenaces. Adaptant le roman éponyme de Kazuo Ishiguro, écrit en 1982, le cinéaste japonais Kei Ishikawa se penche sur les souvenirs d&rsquo;une veuve s&rsquo;effilochent entre le Japon des années 1950 et l&rsquo;Angleterre des années 1980. Présenté en avant-première mondiale au Festival de Cannes 2025 dans la section Un certain regard, <strong>Lumière pâle…</strong> alterne entre deux époques : la Grande-Bretagne des<em> eighties</em> où la jeune Nikki cherche à écrire la biographie de sa mère Etsuko, et les années 1950 à Nagasaki, où celle-ci raconte ses souvenirs d’après‑guerre. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Ishikawa, tout en jouant sur la lumière et la composition pour distinguer les deux temps (des jeux de lumière magnifiques dans les scènes japonaises, des teintes plus ternes et sombres dans le Royaume‑Uni), de mettre en place un récit labyrinthique où le spectateur est invité à reconstituer les pièces du puzzle. On admire une photographie superbe et vibrante dans une histoire sur  la cassure et l’incommunicabilité entre générations, un thème récurrent dans l’œuvre du romancier adapté par Ishikawa. Adoptant un rythme lent, presque contemplatif, le film met en valeur des actrices (Suzu Hirose dans le rôle d’Etsuko jeune, Fumi Nikaido en tant que Sachiko, Camilla Aiko comme Nikki et Yoh Yoshida en tant qu’Etsuko âgée) qui permettent, avec grâce, d&rsquo;entrer dans la complexité des personnages.  Une œuvre très esthétique sur le trauma post‑guerre, sur le passé, la mémoire et l&rsquo;identité. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPourEternité.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21107" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPourEternité-216x300.jpg" alt="Pour Eternité" width="216" height="300" /></a><strong>POUR L&rsquo;ÉTERNITÉ</strong><br />
Larry et Joan se rendent à une fête chez leur fille. Sur place, Larry s&rsquo;étouffe et se retrouve propulsé dans un endroit étrange. Il apprend qu&rsquo;il est mort et qu&rsquo;il se trouve dans un lieu de transition, entre la vie et l&rsquo;éternité… Après la mort, chacun dispose d&rsquo;une semaine pour choisir où passer l&rsquo;éternité. Pour Joan qui se réveille dans le cadre étrange de La Jonction, mélange de gare monumentale et d’hôtel des années cinquante, la véritable question est de savoir avec qui la passer. Joan doit choisir entre Larry, l&rsquo;homme avec lequel elle a construit sa vie ou Luke, son premier amour, mort à la guerre et qui l&rsquo;attend depuis des décennies… Connu pour des films comme l&rsquo;horrifique <strong>The  Cured</strong> (2017) ou <strong>Dating  Amber</strong> (2020), une comédie dramatique dans l&rsquo;Irlande des années 1990, le Dublinois David Freyne dirige, ici, une comédie romantique qui ose traiter de la mort avec humour et sensibilité. <strong>Eternity</strong> (en v.o.) explore les regrets et la mémoire comme outils de décision. En se plongeant dans des archives, Joan revient sur les temps forts de son existence, observant que le passé peut être à la fois doux et paralysant. En faisant parfois songer aux comédies romantiques américaines des années 40 et 50, <strong>Pour l&rsquo;éternité</strong> fait osciller ses personnages entre l&rsquo;« amour toujours » et le coup de coeur du premier rendez-vous. Où comment la mort peut être un dilemme amoureux. Entre absurdité et émotion, le scénario fonctionne agréablement et les « coordinateurs de l&rsquo;au-delà » y apportent des répliques souvent drolatiques. Enfin Elizabeth Olsen (connue pour son rôle de Wanda Maximoff/La Sorcière rouge dans l&rsquo;univers cinématographique Marvel) donne une vraie présence à Joan, bien entourée par Miles Teller (Larry, jeune) et Callum Turner (Luke). (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASixJoursCePrintemps.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21111" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASixJoursCePrintemps-175x300.jpg" alt="Six Jours Ce Printemps" width="175" height="300" /></a><strong>SIX JOURS, CE PRINTEMPS-LÀ</strong><br />
Sana enchaine les boulots, toujours en mouvement, devant un ordinateur le jour, derrière un comptoir le soir, quand elle n’est pas dans sa cuisine pour assurer la logistique ménagère de son foyer de mère célibataire. Quand Jules, son nouvel amoureux, lui suggère de le rejoindre avec ses jeunes jumeaux pour les vacances, elle accepte. Mais la proposition du jeune homme tombe à l’eau à la dernière minute. Désolée à l’idée de priver ses fils de vacances, elle se laisse convaincre par leur idée, aussi fragile soit-elle : s’installer dans la résidence secondaire de leurs grands-parents paternels sur la Côte d’Azur et cela à leur insu. L’alarme qui résonne quand ils entrent dans la maison ne sera que le premier coup de semonce d’une semaine placée sous tension… Découvert avec <strong>Ca rend heureux</strong> (2007) et remarqué avec des films comme <strong>Folie privée</strong> (2004), <strong>Nue propriété</strong> (2006) et <strong>Elève libre</strong> (2008) qui questionnent la sphère privée et ses limites, le cinéaste belge Joachim Lafosse a aussi signé <strong>A perdre la raison</strong> (2012) qui valut à Émilie Dequenne le prix d&rsquo;interprétation féminine à Cannes dans la section Un certain regard. Ici, il réalise un drame délicat qui questionne le retour à la case départ de l’assignation à la classe sociale (la jeune femme a la sensation constante d&rsquo;être une intruse) quand l’amour prend fin… Le cinéaste peut déployer des thèmes qui lui sont chers comme la cellule familiale comme lieu possible d’aliénation, les rapports de domination au sein du couple. Il montre aussi son goût aussi les scènes de voiture, lieu clos propice aux épanchements… Sans jamais jouer la carte de la crise qui va exploser,<strong> Six jours, ce printemps-là</strong> est cependant un film sous tension. <em>« On n’a pas le droit d’être là »</em> insiste Sana, qui voudrait interdire l’usage de l’électricité ou de l’eau courante, les sorties à la plage ou encore les tours en Mehari. Mais il est bien difficile de cacher des enfants de dix ans, plein de fougue et d’entrain. Prochaine maîtresse de cérémonie de la 79<sup>e</sup> édition du Festival de Cannes, Eye Haïdara (nommée au César du meilleur espoir féminin pour <strong>Le sens de la fête</strong> en 2017) est une remarquable Sana. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATKT.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21112" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATKT-173x300.jpg" alt="TKT" width="173" height="300" /></a><strong>TKT</strong><br />
Tout commence lorsque Emma, jusqu’alors épanouie et bien dans sa peau, est admise en urgence à l’unité de soins intensifs d’un hôpital. Ses parents, Meredith et Fred, attendent avec angoisse des nouvelles des médecins. Alors qu’ils repensent aux nombreux <em>« T’inquiète »</em> par lesquels leur fille minimisait ses difficultés, ils réalisent trop tard qu’ils auraient dû s’alarmer. A travers une narration originale, la cinéaste belge Solange Cicurel retrace le calvaire d’Emma (Lanna de Palmaert). D’abord discrètes, les moqueries et les humiliations deviennent peu à peu insupportables. Les amitiés se transforment en pièges, l’isolement s’installe, et les messages haineux s’accumulent. Incapable de parler de ce qu’elle subit, la jeune fille de 16 ans s’enfonce dans une spirale de souffrance et de silence. Le harcèlement, d’abord insidieux, prend une ampleur dévastatrice, poussant l’adolescente au bord du gouffre. Le récit (qui s&rsquo;inspire du livre<em> Tout ira bien</em> d&rsquo;Elena Tenace) bascule lorsque, après un drame, Emma apparaît sous la forme d’un fantôme, capable de revivre et d’analyser les événements qui l’ont conduite à cette situation extrême. Cette perspective permet de révéler la mécanique implacable du harcèlement, la solitude des victimes, et l’aveuglement parfois involontaire des adultes. Le film explore aussi le rôle des témoins, souvent silencieux, et l’impact des réseaux sociaux dans l’amplification de la violence. Pour son troisième long-métrage après <strong>Faut pas lui dire</strong> (2017) et <strong>Adorables</strong> (2020), Solange Cicurel dirige Stéphane De Groodt dans le rôle du père d&rsquo;Emma et, dans celui de la mère, Emilie Dequenne, décédée en mars 2025, dans ce qui sera sa dernière apparition au cinéma. Une approche poignante des conséquences du harcèlement scolaire et cyber pour aider à réfléchir et agir… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALouise.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21102" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALouise-173x300.jpg" alt="Louise" width="173" height="300" /></a><strong>LOUISE</strong><br />
Fuyant un drame familial, Marion a adopté une nouvelle identité. L&rsquo;adolescente est devenue Louise. Quinze ans plus tard, elle retrouve sa sœur cadette Jeanne et sa mère Catherine, tout en luttant pour savoir si elle doit rester sous son alias ou redevenir Marion&#8230;  Premier long‑métrage de Nicolas Keitel, <strong>Louise</strong> plonge dans les traumatismes de l’enfance avec un récit qui explore les conséquences de la violence conjugale sur les enfants, en se concentrant sur la perspective de l’enfant plutôt que sur la victime adulte. Dans cette quête d’identité, le dilemme central est de savoir si l’on peut ou doit se réinventer après un traumatisme. Le cinéaste s&rsquo;applique à éviter le côté « film social » pour privilégier un mélodrame intime, tout en utilisant des éléments de suspense et en alternant le présent et des flashbacks pour reconstituer progressivement le puzzle de la vie de Louise. En jouant sur les couleurs vives de l&rsquo;enfance qui finissent par se ternir à l&rsquo;âge adulte, Nicolas Keitel s&rsquo;inscrit dans une veine romanesque qui n&rsquo;est pas sans faire penser parfois aux grands mélodrames de l&rsquo;incontournable Douglas Sirk. Le scénario comme les dialogues de <strong>Louise</strong> fonctionnent bien et le metteur en scène peut compter sur de jeunes comédiennes comme Diane Rouxel (vue dans <strong>La terre des hommes</strong> en 2020) qui tient le double rôle de Louise et Marion, Salomé Dewaels (vue dans <strong>Illusions perdues</strong> en 2021) qui incarne Jeanne ou encore Cécile de France en mère à la fois robuste et troublée. Primé par la fondation Barrière pour le cinéma, voici un récit sensible et nuancé sur les violences familiales… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASeptJoursJuin.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21108" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAASeptJoursJuin-181x300.jpg" alt="Sept Jours Juin" width="181" height="300" /></a><strong>SEPT JOURS EN JUIN</strong><br />
6 Juin 1944. Dans le cadre de l&rsquo;opération Overlord, les parachutistes américains sont largués en Normandie. Bon nombre d’entre eux vont atterrir très loin de leur cible. C’est le cas pour plusieurs soldats de la 82e division aéroportée, qui se retrouvent aux abords du petit village de Graignes, situé à trente kilomètres de la zone prévue pour leur aterrissage. Aidés par la population locale, ils décident d’y établir une position de défense. Ils sont bientôt assiégés par une division de SS. La situation est rapidement désespérée. Inspiré de faits réels longtemps restés dans l’ombre, <strong>Sept jours en juin</strong> exhume un moment méconnu mais saisissant de la Seconde Guerre mondiale. Désignée comme « le petit Fort Alamo normand », cette histoire raconte comment une poignée de soldats et de civils ont opposé une résistance héroïque face à une division SS, faisant front pendant plusieurs jours et tenant dans des conditions désespérées. Porté par une volonté de réalisme et de transmission, le réalisateur indépendant David Aboucaya fait revivre la bataille de Graignes, où civils et militaires unissent leurs forces face à l’avancée allemande, dans un combat aussi héroïque que tragique, et dont la violence comme le courage marquent durablement les mémoires. Véritable artisan du 7e Art ayant signé réalisation, scénario, musique et montage de ses six films (dont <strong>Winter War</strong> qui, en 2017, mettait en scène les combats de Jebsheim, village-clé pour la libération de la poche de Colmar en 1945), David Aboucaya insuffle à son film justesse et sincérité. Loin des grandes fresques du Débarquement, il privilégie une approche immersive et humaine, au plus près des hommes et des femmes engagés pour les combats de Normandie. Pour sa sortie en DVD/Blu-ray, <strong>Sept jours…</strong> est accompagné d’un making of de plus d’une heure. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShadowsEdge.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21109" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShadowsEdge-212x300.jpg" alt="Shadows Edge" width="212" height="300" /></a><strong>THE SHADOW&rsquo;S EDGE</strong><br />
Manipulant et ridiculisant la police de Macao en piratant le système de surveillance ultramoderne de la ville, un mystérieux mafieux surnommé <em>The Shadow</em> et ses sept fils adoptifs ont le projet de récupérer une fortune en crypto-monnaie. Devenue impuissante face à cette menace, la police doit faire appel à Wong Tak-chong, un ancien officier à la retraite. Cet expert en pistage va s’associer avec une jeune policière à laquelle il est lié par un secret qu’elle ignore. Une partie d’échec commence alors, où les cerveaux et la loyauté seront mis à l’épreuve… Cyber-thriller nerveux et spectaculaire, <strong>The Shadow&rsquo;s Edge</strong> marque le retour sur le grand écran du légendaire Jackie Chan dans un rôle à sa mesure. La superstar internationale incarne un vétéran de l’espionnage confronté à des criminels utilisant l’intelligence artificielle. Remake du film <strong>Filatures</strong> (2007), ce polar se distingue par des scènes d’action impressionnantes, des filatures palpitantes et des combats puissants aux chorégraphies millimétrées, qui prouvent qu’à 71 ans, Jackie Chan -qui a réalisé ses cascades sans doublure- peut toujours assurer le spectacle ! Renouant avec le genre flamboyant du cinéma d’action hongkongais, <strong>The Shadow&rsquo;s Edge</strong> est considéré comme son meilleur film depuis vingt ans. Pour affronter Jackie Chan, il fallait un acteur à la hauteur pour jouer le caïd de la pègre. C&rsquo;est Tony Leung Ka Fai, monstre sacré du cinéma hong-kongais, quatre fois récompensé du Hong Kong Film Award du meilleur acteur. On se souvient que c&rsquo;est lui qui jouait le rôle de l&rsquo;amant chinois dans <strong>L&rsquo;amant</strong> (1991) de Jean-Jacques Annaud d&rsquo;après Marguerite Duras. Avec un scénario original et captivant, opposant méthodes traditionnelles et menaces technologies, le film tient, avec sa narration rapide et fébrile, en haleine du premier affrontement jusqu’à la confrontation finale. Véritable triomphe au box-office chinois, ce thriller d&rsquo;action musclé est une déluge d’adrénaline Et l&rsquo;occasion pour les fans de retrouver Jackie Chan. (Arcadès)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAfterburn.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21097" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAfterburn-216x300.jpg" alt="Afterburn" width="216" height="300" /></a><strong>AFTERBURN</strong><br />
Dans un monde ravagé, une éruption solaire a détruit toutes les formes de technologie dix ans plus tôt. Ancien soldat devenu chasseur de trésor, Jake cherche, pour le compte de clients riches et puissants, des objets datant d&rsquo;avant l&rsquo;éruption. Il fait équipe avec Drea, une combattante de la liberté, afin de mettre la main sur la fameuse Joconde, également convoitée par un seigneur de guerre… En se basant sur la série éponyme de comics écrite par Scott Chitwood, Paul Ens et Wayne Nichols, J.J. Perry signe (dans des décors industriels trouvés en Slovaquie) un film post-apocalyptique qui se distingue par ses scènes d&rsquo;action bien chorégraphiées et son approche originale de la survie, centrée plutôt sur la quête d&rsquo;artefacts culturels que sur des batailles pour des ressources de base. C&rsquo;est l&rsquo;ancien champion américain de catch Dave Bautista qui se glisse dans le personnage du massif Jake. A ses côtés, on remarque la belle Olga Kurylenko (vue en Bond-girl dans<strong> Quantum of Solace</strong> en 2008) dans le rôle de Dréa et le vétéran Samuel  L. Jackson en roi August Valentine. Si le scénario ne brille pas par son originalité et si on a vu mieux en matière d&rsquo;effets spéciaux, cet<strong> Afterbur</strong>n, sorte d&rsquo;<em>escape game</em> géant, reste un divertissement qui fait la part belle aux scènes d&rsquo;action. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShelbyOaks.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21110" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAShelbyOaks-216x300.jpg" alt="Shelby Oaks" width="216" height="300" /></a><strong>SHELBY OAKS</strong><br />
Obsédée par la disparition de sa sœur douze ans plus tôt alors qu&rsquo;elle se trouvait en compagnie d&rsquo;étranges enquêteurs, Mia (la comédienne canadienne Camille Sullivan) mène une enquête qui va l&rsquo;amener à découvrir un mal insaisissable… Pour son premier passage derrière la caméra comme réalisateur, l&rsquo;Américain Chris Stuckmann, qui fut critique cinéma et vidéaste, donne un thriller horrifique qui s&rsquo;inspire d&rsquo;une campagne de marketing en ligne sur une équipe fictive d&rsquo;enquêteurs paranormaux appelée The Paranormal Paranoids. Se présentant comme un faux documentaire façon <em>found footage</em>, le film mêle thriller, fantastique surnaturel et références à la culture YouTube autour de la perte, du deuil et de la quête de vérité. Le film a connu deux phases de production, le distributeur Neon ayant injecté des fonds supplémentaires pour compléter des scènes abandonnées, ajouter du gore et modifier la fin afin de la rendre plus spectaculaire. Malgré son côté « patchwork horrifique »,<strong> Shelby Oaks</strong> distille souvent une bonne tension et une atmosphère flippante. (Metropolitan)</p>
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		<title>La lente libération de Marianne</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Apr 2026 21:14:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21086" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21086" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE1-300x179.jpg" alt="Marianne (Mélanie Thierry), une femme qui étouffe..." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne (Mélanie Thierry),<br />une femme qui étouffe&#8230;</p></div>
<p>Il y a quelque chose d&rsquo;hiératique et d&rsquo;intemporel, presque d&rsquo;éternel, dans la vaste demeure de la famille Casella. Quelque part dans la campagne angevine, au coeur d&rsquo;un parc boisé qu&rsquo;on imagine immense, c&rsquo;est la résidence d&rsquo;une dynastie industrielle provinciale. Un lieu qui semble échapper au poids et au mouvement du temps.<br />
Dans cette maison à la décoration élégante qui incarne une richesse qui n’a cessé de croître de générations en générations, une richesse sûre d’elle, discrètement arrogante, officie Marianne, l&rsquo;épouse d&rsquo;Antoine qui vient de reprendre la direction de l&rsquo;entreprise. Marianne est aujourd’hui, la femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même.<br />
Mais la disparition de l&rsquo;épouse d&rsquo;André va faire s&rsquo;effriter le calme apparent du cocon familial. Désormais, André, trop affaibli et réduit à demeurer dans son lit ou à bouger difficilement, a passé la main à Antoine, son fils aîné. Au cours d&rsquo;une réunion de famille qui va rapidement prendre un tour houleux, Antoine distribue de conséquents chèques à ses frères et sœurs. Tout a été estimé et réglé chez le notaire. Bob accepte. Traitant son frère de lamentable pantin et de fils à papa, Lili sa soeur, se rebelle : <em>« Ai le courage de dire que tu nous enfumes ! »</em> Lorsque les membres de la famille voudront venir dans la grande bâtisse, il leur faudra payer des nuitées…</p>
<div id="attachment_21087" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21087" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE2-300x180.jpg" alt="Antoine Casella (Eric Caravaca), le nouveau chef de famille." width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">Antoine Casella (Eric Caravaca),<br />le nouveau chef de famille.</p></div>
<p>Pour Antoine, pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute. Même si son père occupe toujours sa chambre, il est bien, ici, chez lui. <em>« On devrait s&rsquo;installer, ici ! »</em> glisse-t-il à Marianne. Certes, il faudrait refaire le décor, dégager les vieux bibelots mais, pour Antoine, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre solution. <em>« Sinon, tout va partir en couilles et la famille avec&#8230; »</em> Mais Marianne, l&rsquo;épouse parfaite dit : <em>« Je ne veux pas »</em>.<br />
Après avoir été journaliste de théâtre pendant quinze ans, David Roux a approché, parallèlement, le cinéma d’abord comme assistant réalisateur et conseiller littéraire puis en signant deux courts-métrages. En 2019, il est passé au « long » avec <strong>L&rsquo;ordre des médecins</strong>, projeté en première mondiale au Festival de Locarno 2018 et sélectionné dans de nombreux festivals internationaux.<br />
Avec <strong>La femme de</strong>, Roux donne son deuxième long-métrage en s&rsquo;appuyant sur le roman d&rsquo;Hélène Lenoir <em>Son nom d&rsquo;avant</em> paru en 1998 (et nommé au prix du livre Inter) que sa productrice lui fait découvrir alors qu&rsquo;il vient d&rsquo;achever son premier film. <em>« C’est une plongée,</em> dit le cinéaste, <em>dans la psyché d’une femme empêchée, dans une famille de la bourgeoisie industrielle catholique de province. C’était d’emblée un défi d’adaptation très excitant. Et j’ai tout de suite vu dans son personnage principal une potentielle héroïne de cinéma, comme pouvaient en proposer les films américains des années 50, qui ont forgé ma cinéphilie. »</em><br />
De fait si <strong>La femme de</strong> peut parfois faire penser au <strong>Rebecca</strong> (1940) de Hitchcock avec ces moments où Marianne semble se réfugier dans le seul espace qui lui appartient, en l&rsquo;occurrence un <em>bow-window</em> s&rsquo;ouvrant sur une campagne paisible, on songe souvent, ici, à Claude Chabrol, illustre peintre des drames, des mesquineries et des névroses de la bourgeoisie française de province.</p>
<div id="attachment_21088" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21088" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE3-300x179.jpg" alt="Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier)." width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Marianne et Johann Sameck (Jérémie Renier).</p></div>
<p>A l&rsquo;instar du réalisateur de <strong>Noces rouges</strong> (1973) ou de <strong>La cérémonie</strong> (1995), David Roux révèle ce qui se trame dans la maison Casella. Et, de préférence, de manière insidieuse, quotidienne, silencieuse. Car, dans cette famille « exemplaire » où André se conduit comme un vieillard tyrannique, il y a du scandale comme de la transgression. Ainsi lorsqu&rsquo;on découvre la liaison de Marianne avec son beau-frère où, étrangement, Marianne n&rsquo;est plus une petite chose fragile et pure. C&rsquo;est elle qui embrasse Bob comme si, au moment où Antoine s&rsquo;apprête à la boucler dans une maison dont elle ne veut pas, elle mettait un prix en face de cette trahison&#8230;<br />
Excellant à raconter le fonctionnement ordinaire d&rsquo;une grande famille bourgeoise (ah, les séquences dans le pensionnat religieux que fréquentent les deux enfants d&rsquo;Antoine et Marianne), le réalisateur de <strong>La femme de</strong> donne, évidemment, un très beau portrait de femme. Dans ces décors superbes mais étouffants souvent filmés avec des cadres dans le cadre, Marianne ressemble à un moineau qui manque singulièrement d&rsquo;air. Alors quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Antoine a demandé à Johann Sameck, un artiste réputé, de venir réaliser des photos dans la propriété. Lorsque le regard de Johann croise celui de Marianne, c&rsquo;est un pan entier de sa jeune vie qui lui revient en pleine figure. Et qui éclaire alors l&rsquo;énigmatique séquence d&rsquo;ouverture du film… Pour Marianne, Johann apparaît instantanément comme un homme aux antipodes des hommes de la famille Casella. Comme s’il ne vivait pas au même rythme qu’eux. Sa simple présence la trouble. Il est là et, contrairement aux siens, il la regarde et l’écoute. Soudain ça change tout : puisqu’elle est écoutée, Marianne s’autorise à parler et, probablement, elle se formule à elle-même des choses qu’elle n’osait pas admettre.</p>
<div id="attachment_21089" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21089" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALAFEMMEDE4-300x179.jpg" alt="Réunion de famille chez les Casella. Photos ElianeAntoinette" width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Réunion de famille chez les Casella.<br />Photos ElianeAntoinette</p></div>
<p>A cause de Johann, Marianne, révélée à à elle-même, se demande si une autre vie elle possible. Et à quel prix ?<br />
Grâce à un beau casting (Eric Caravaca en Antoine, Jérémie Renier en photographe, Arnaud Valois en Bob ou Jérôme Deschamps dans le personnage d&rsquo;André) mené par Mélanie Thierry, épatante en femme qui fait face à son impuissance mais qui cherche quand même obstinément à changer le cours implacable des choses, <strong>La femme de</strong> est un récit féministe qui parle de survie.<br />
Au dernier plan du film, Marianne est seule dans sa voiture. Avec l&rsquo;esquisse d&rsquo;un sourire sur ses traits, elle roule. Elle avance au son de <em>Ain&rsquo;t Got no, I got life</em> chanté par Rosemary Standley. J&rsquo;ai pas de, j&rsquo;ai la vie…</p>
<p><strong>LA FEMME DE</strong> Drame (France – 1h33) de David Roux avec Mélanie Thierry, Eric caravaca, Arnaud Valois, Jérôme Deschamps, Jérémie Renier, Sarah Le Picard, Jeanne Rosa, Lila Gueneau, Jules Mariot, Nathalie Bécue, Alexandra Stewart. Dans les salles le 8 avril.</p>
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		<title>Les terribles secrets de Ray Stocker</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2026 09:46:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est une campagne vert sombre sur laquelle passent des nuages lourds et souffle un vent fort. Un paysage à perte de vue que la caméra balaye pour plonger, à travers la cime des arbres, sur un homme qui coupe du bois à deux pas de sa petite maison en pierre. Ailleurs, dans une petite ville, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21072" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21072" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone4-300x124.jpg" alt="Jay Stocker (Daniel Day-Lewis) ou la souffrance d'un soldat perdu. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay Stocker (Daniel Day-Lewis)<br />ou la souffrance d&rsquo;un soldat perdu. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une campagne vert sombre sur laquelle passent des nuages lourds et souffle un vent fort. Un paysage à perte de vue que la caméra balaye pour plonger, à travers la cime des arbres, sur un homme qui coupe du bois à deux pas de sa petite maison en pierre. Ailleurs, dans une petite ville, un autre homme va se mettre en route. <em>« Je pars quelques jours »</em> dit-il à son fils tandis que son épouse, dans une robe de chambre rose, le regarde, sombrement, enfourcher sa moto. L&rsquo;homme fonce sur la route à travers la lande avant d&rsquo;entrer dans des chemins boueux au bout desquels il camouflera son engin sous des branchages. Sur un bout de papier, dans sa poche, il a une longitude et une latitude. Le motard va rejoindre le petit cabanon où Ray Stocker mange des sardines à même la boîte. Ray a empoigné une hachette mais, aux accents du <em>Solitude</em> de Black Sabbath, il va faire du thé pour ce visiteur qu&rsquo;il ne connaît que trop bien.<br />
Car voilà dix ans que Ray Stocker s&rsquo;est exilé au coeur d&rsquo;une forêt reculée d&rsquo;Angleterre, coupé du monde et de sa famille. Jem Stocker est venu renouer le contact. Pour Ray, après une décennie de silence, c&rsquo;est l&rsquo;heure de se confronter à son drame, à ses traumatismes, à ses secrets&#8230;<br />
Titulaire de pas moins de trois Oscar du meilleur acteur (pour ses interprétations de Christy Brown dans <strong>My Left Foot</strong> en 1989, de Daniel Plainview dans <strong>There Will Be Blood</strong> en 2007 et d&rsquo;Abraham Lincoln dans <strong>Lincoln</strong> en 2012), Daniel Day-Lewis est reconnu pour l&rsquo;intensité dramatique de son jeu. Le comédien britannique de 68 ans n&rsquo;était plus apparu sur le grand écran depuis 2017 et sa performance en couturier de luxe plutôt torturé dans le <strong>Phantom Thread</strong> de Paul Thomas Anderson. A l&rsquo;époque, l&rsquo;acteur avait annoncé qu&rsquo;il se retirait du monde du cinéma.</p>
<div id="attachment_21069" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21069" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone1-300x124.jpg" alt="Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent longtemps après... DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay et Jem (Sean Bean) se retrouvent<br />longtemps après&#8230; DR</p></div>
<p><strong>Anémone – Les racines du mensonge</strong> marque donc son retour dans un drame sombre et intrigant qui est (doublement, sur l&rsquo;écran et dans la vie) une affaire de famille. C&rsquo;est en effet Ronan Day-Lewis qui signe, ici, son premier long-métrage de cinéma en offrant à son père le rôle de Ray, le soldat perdu. <em>« Pour lui,</em> dit le cinéaste, <em>disparaître est la seule façon de surmonter son traumatisme. Il s’est infligé une vie difficile, une vie d’ascète, en se fondant presque dans la nature. Il se réfugie dans cette nature sans artifice, dans la survie pure, ainsi que dans les contraintes physiques extrêmes qu’il s’impose chaque jour…. »</em><br />
Quand, dans sa masure, on découvre Ray, l&rsquo;homme semble s&rsquo;être imposé une sorte de mort spirituelle. Ce type est un reclus en pleine nature, surveillant, probablement la tête dans ses souvenirs, les anémones de son jardin. Avec beaucoup de difficulté d&rsquo;abord, avec même une véritable hostilité de la part de Ray, Jem va amener son aîné à mettre des mots sur ses souffrances. Avec surprise, consternation et enfin rage, Jem mesurera le calvaire de Ray.<br />
Le film repose sur la révélation des drames vécus par ce soldat traumatisé de la guerre en Irlande du Nord mais aussi sur les sévices subis auprès d&rsquo;un prêtre. Pour livrer ces moments tragiques ou absolument sordides (y compris dans la manière terrible dont Ray se vengera du religieux), le cinéaste a choisi de confier les longs monologues de Ray à un Daniel Day-Lewis dont la caméra scrute au plus près les traits.</p>
<div id="attachment_21070" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21070" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone2-300x124.jpg" alt="Nessa (Samantha Morton) s'inquiète pour Brian. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Nessa (Samantha Morton)<br />s&rsquo;inquiète pour Brian. DR</p></div>
<p>Capable de tout jouer, de l&rsquo;aristocrate au voyou, le comédien excelle dans ces récits&#8230; Et on comprend bien que ce retour au grand écran était dû à la présence de son fils derrière la caméra mais aussi à la qualité de ce que l&rsquo;acteur pouvait défendre.<br />
Artiste peintre largement exposé à l&rsquo;international, Ronan Day-Lewis a signé des courts-métrages et des clips, réalisant notamment une trilogie vidéo pour <em>Les enfants terribles</em> de Philip Glass, interprétées par Katia et Marielle Labèque. Ici, il s&rsquo;attache au thème de la fratrie pour en explorer la complexité, la versatilité, l&rsquo;intimité, montrer comment ces relations peuvent basculer de l&rsquo;amour à la fureur en quelques instants.<br />
S&rsquo;il fait du cinéma, dit le cinéaste, c&rsquo;est pour ouvrir des portails vers d&rsquo;autres mondes. <strong>Anémone</strong> distille aussi des atmosphères fantastiques et très picturales. Le directeur de la photo Ben Fordesman s&rsquo;est appuyé sur le passé de peintre de Ronan Day-Lewis et son usage récurrent du bleu, tournant fréquemment durant « l’heure bleue » crépusculaire, entre le jour et la nuit pour réussir des scènes au clair de lune qui prolongent les errances nocturnes de Ray et Jem. Passent ainsi une forme humaine en glace luminescente ou encore un gigantesque poisson mort glissant dans une rivière&#8230;</p>
<div id="attachment_21071" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21071" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAnemone3-300x124.jpg" alt="Jay dans son jardin. DR" width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Jay dans son jardin. DR</p></div>
<p><strong>Anémone</strong> est un film exigeant qui demande au spectateur une particulière disponibilité. A ce prix, on peut cheminer dans les pas de ces types pathétiques et paumés, vétérans de sales guerres, bien incarnés par Daniel Day-Lewis toujours habité et par Sean Bean en taiseux Jem.<br />
Dans quelques scènes qui emportent le spectateur loin de la masure ou des vastes espaces de nature et de plages dans lesquels les deux frères évoluent, on retrouve une petite cité comme on en voit dans les films de Stephen Frears ou de Ken Loach. C&rsquo;est là que vit Nessa (Samantha Morton, vue dans<strong> In America</strong> en 2003, <strong>The Whale</strong> en 2023 et bientôt dans<strong> The Odyssey</strong> de Christopher Nolan), la femme de Jem et la mère de Brian (Samuel Bottomley), un jeune adulte complètement perturbé par le fait de ne plus savoir qui est son père. Sur une moto, Ray reviendra vers les siens. Réussira-t-il à renouer les liens ?</p>
<p><strong>ANEMONE – LES RACINES DU MENSONGE</strong> Drame (Grande-Bretagne – 2h06) de Ronan Day-Lewis avec Daniel Day-Lewis, Sean Bean, Samantha Morton, Samuel Bottomley, Safia Oakley Green. Dans les salles le 25 mars.</p>
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		<title>UNE PLONGÉE DANS LES IMAGES ET L&#8217;ARCHITECTE DE MITTERRAND</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 22:20:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[DOSSIER 137 Dans un bureau anonyme, un homme, le visage fermé, regarde un écran avec des images de manifestation à Paris. Mouvement de foule et intervention des forces de l’ordre. En décembre 2018, le mouvement des gilets jaunes a pris une ampleur considérable. Sur les images, un CRS casqué. On voit bien son visage. « [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADossier137.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21025" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAADossier137-195x300.jpg" alt="Dossier 137" width="195" height="300" /></a>DOSSIER 137</strong><br />
Dans un bureau anonyme, un homme, le visage fermé, regarde un écran avec des images de manifestation à Paris. Mouvement de foule et intervention des forces de l’ordre. En décembre 2018, le mouvement des gilets jaunes a pris une ampleur considérable. Sur les images, un CRS casqué. On voit bien son visage. <em>« Vous vous reconnaissez ? »</em> demande le commandant Stéphanie Bertrand, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices… Après <strong>La nuit du 12</strong> (2022), évocation d’un féminicide épouvantable et non résolu, Dominik Moll se penche sur une facette plutôt méconnue de la police avec l&rsquo;Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui regroupe des policiers enquêtant sur d’autres policiers. Le cinéaste s’intéresse donc aux tensions autour de ces hommes et ces femmes dans une position inconfortable, mal vus, souvent méprisés et parfois détestés par leurs collègues, tout en étant critiqués par certains médias qui leur reprochent d’être juge et partie. Ce sont encore des images, filmées par des smartphones, par des médias, par des caméras de surveillance qui vont servir de base à une nouvelle enquête ouverte à l’IGPN. Un jeune type de 20 ans a été grièvement blessé par un tir de LBD, un lanceur de balles de défense. Dominik Moll a imaginé une fiction nourrie de plusieurs affaires réelles. Notamment celle d’une famille venue de la Sarthe pour la défense des services publics et dont le plus jeune fils a eu la main mutilée par une grenade de désencerclement. Le commandant Bertrand va plonger dans ces images qui sont souvent la seule manière de faire progresser l’enquête, de retrouver des témoins des faits, d&rsquo;entendre des policiers, forcément rétifs à reconnaître leurs responsabilités et plaidant l’épuisement tout comme la pression du gouvernement et des autorités, face à un chaos, un chienlit inacceptables. <strong>Dossier 137</strong> fonctionne comme un vrai thriller mais c’est presque aussi un « documentaire » avec, par exemple, le poids de la procédure, la rédaction des procès-verbaux, les réquisitions… En rassemblant les pièces du dossier, en confrontant des versions, Stéphanie et son équipe cherchent à découvrir ce qui s’est réellement passé, un soir, à quelques pas des Champs-Élysées. Dans un monde très polarisé et souvent qualifié d’irréconciliable, <strong>Dossier 137</strong> pose la question du point de vue. Et interroge la nécessité de se mettre à la place de l’autre, d’envisager son point de vue! Primé du César de la meilleure actrice, Léa Drucker est indiscutablement le remarquable personnage pivot du film. Il faut plonger sans délai dans ce dossier ! (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInconnuGrandeArche.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21027" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInconnuGrandeArche-203x300.jpg" alt="Inconnu Grande Arche" width="203" height="300" /></a><strong>L&rsquo;HOMME DE LA GRANDE ARCHE</strong><br />
En 1982, François Mitterrand lance un concours d’architecture anonyme sans précédent pour la construction, du côté de la Défense, d’un édifice emblématique dans l’axe du Louvre et de l’Arc de Triomphe… A l’Elysée, on lui présente une maquette et le président observe : <em>« C’est très beau !»</em> Lorsque les résultats du concours sont annoncés, la stupéfaction est générale. Mais qui est donc cet architecte danois de 53 ans nommé Johan Otto von Spreckelsen ? C’est ce Spreckelsen, accompagné de son épouse, qui débarque dans la capitale pour s’atteler au plus grand chantier de l’époque. L’architecte entend bien bâtir sa grande arche, qu’il nomme Le cube, telle qu’il l’a imaginée mais ses idées et sa radicalité vont très vite se heurter à la complexité du réel et aux aléas de la politique. <strong>L’inconnu de la grande arche</strong> raconte une page des années Mitterrand. En adaptant le roman <em>La grande arche</em> de Laurence Cosse, paru en 2016 chez Gallimard, Stéphane Demoustier invite le spectateur à se glisser dans les arcanes d’un chantier pharaonique. Mais il montre surtout un Spreckelsen confronté, à travers Mitterrand, même lorsqu’il est invisible, à un fonctionnement politique et technocratique. De là dire comme l’architecte, qu’il se sent cerné par les gangsters et les menteurs… En s’appuyant sur le décalage de plus en plus grand qui s’instaure entre l’architecte danois et le monde qui l’entoure, depuis Subilon, le haut fonctionnaire en charge du dossier, à l’architecte français Paul Andreu, maître d’oeuvre de réalisation, le cinéaste construit une fable moderne parfois cinglante, parfois ubuesque, toujours palpitante et qui nous maintient agréablement en haleine. Et lorsque la cohabitation s’en mêle (avec le délicieux Juppé en ministre du budget), Spreckelsen finit par rendre son tablier… Devenu enseignant, l’architecte soupire, las, à une étudiante : <em>« Ce n’est plus mon cube… »</em> <strong>L’inconnu de la grande arche</strong> est aussi réussi sous l’angle de la reconstitution historique des années 80. Par sa démesure, l’arche finit par écraser Spreckelsen. Le film a recours à des effets spéciaux qui ont permis d’animer des photographies et, en somme, à faire rentrer le film dans les images d’archives. Michel Fau est un étonnant Mitterrand volontiers marmoréen. Xavier Dolan est Subilon et Swann Arlaud incarne Andreu. Enfin Sidse Babett Knudsen (la fameuse série <strong>Borgen</strong>) et Claes Bang (vu dans <strong>The square</strong> de Ruben Ostlund) forment le couple danois. Quant à la fin, dans un cimetière sous la pluie, elle est émouvante ! (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChevauxFeu.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21023" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAChevauxFeu-191x300.jpg" alt="Chevaux Feu" width="191" height="300" /></a><strong>LES CHEVAUX DE FEU</strong><br />
Dans un village houtsoule des Carpates ukrainiennes, dans la seconde moitié du 19e siècle, le père du jeune Ivan se bat, après la messe, avec un homme qui le tue. Ivan se lie avec Maritchka, la fille de l&rsquo;homme qui a tué son père. Devenus adultes, les deux amoureux décident de se marier malgré la haine des deux familles. Mais Ivan doit d&rsquo;abord aller travailler à l&rsquo;alpage et demande à Maritchka de l&rsquo;attendre. Un jour, celle-ci, qui garde des moutons, tente de sauver un agneau. Malheureusement, elle tombe dans un torrent et se noie. Ivan devient très solitaire, bourru et malade. Il décide, après une longue période, de recommencer sa vie en se mariant avec Palagna. Bonheur de courte durée, car Ivan continue à rester obsédé par le souvenir de Maritchka, et Palagna, après avoir prié pour sauver leur mariage et avoir un enfant, se console avec Youra, le sorcier du village. Dans une taverne, les rivaux se rencontrent et se battent, Ivan reçoit un coup de couteau. Il déambule jusque dans la forêt, où il ressent la présence de l&rsquo;esprit de Maritchka. Il voit son image pâlie, elle touche sa main, et Ivan meurt. Le village lui consacre alors des obsèques traditionnelles. A contre-courant du cinéma soviétique officiel de l&rsquo;époque, Sergueï Paradjanov signe, en 1965, en adaptant une nouvelle de l&rsquo;écrivain ukrainien Mykhaïlo Kotsioubynsky, l&rsquo;une des œuvres cinématographiques majeures du 20e siècle qui s&rsquo;imprègne du folklore des Carpates et stupéfie toujours par sa modernité. Ce qui fait en effet la force de ce film, ce sont ses mouvements de caméra déjantés, tordus en tous sens, s&rsquo;enchaînant avec une rapidité folle. Un épatant travail sur l&rsquo;image à mettre au crédit du chef opérateur Youriï Illienko. Disponible pour la première fois en Blu-ray et présenté dans une nouvelle restauration 4K, voici une sublime variation au lyrisme échevelé sur Roméo et Juliette tournée en Ukraine en langue houtsoule, Le film marque l’avènement d’un cinéma soviétique ouvertement poétique et formaliste, révélant au monde un immense réalisateur en la personne de Sergueï Paradjanov. Sa caméra virevoltante, ses tableaux aux couleurs vives, puisant dans la tradition picturale ukrainienne, font des <strong>Chevaux de feu</strong> une célébration vivante de la beauté du monde et de l’art. Dans les suppléments, on trouve <strong>Caméra émotion</strong> (33 mn), un entretien inédit avec Daniel Bird, écrivain, réalisateur et spécialiste du cinéma d’Europe de l’Est qui note : <em>« La caméra émotion est dynamique. Elle bouge, elle occupe des positions qui sont humainement impossibles. Elle est, comme son nom l’indique, expressive. »</em>. <strong>Paradjanov, le dernier collage</strong> (1995 &#8211; 68 mn) est un hommage réalisé par Rouben Kevorkiantz et Krikor Hamel au cinéaste plasticien à travers les réminiscences d’un parcours difficile. L’amour, la mort, l’exil, les amis et les villes où il vécut (Tbilissi, anciennement Tiflis, Kiev, Erevan) constituent sept récits de la vie tumultueuse de Paradjanov, qui lèvent le voile sur de nombreux fragments inédits de son œuvre. Enfin <strong>Les mains d&rsquo;or</strong> (1960 &#8211; 36 mn), réalisé par Sergueï Paradjanov, Oleksandr Nikolenko et Oleksii Pankratiev évoque les activités des artisans folkloriques ukrainiens, qui créent de véritables chefs-d’œuvre de l’art. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMauvaisCoups.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21032" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMauvaisCoups-204x300.jpg" alt="Mauvais Coups" width="204" height="300" /></a><strong>LES MAUVAIS COUPS</strong><br />
Milan et Roberte sont mariés depuis dix ans. Depuis que Milan s’est retiré de l&rsquo;univers de la course automobile à la suite du décès de son meilleur ami, rien ne va plus entre eux. Réfugié dans un domaine enfoui dans la campagne bourguignonne, ce couple fusionnel, après avoir vécu sous les feux de la notoriété, s&rsquo;abîme désormais dans la solitude. Roberte, qui fut la muse dévouée et admirative mais insatiable de reconnaissance de son mari, se noie dans l’alcool pendant que Milan va chasser dans la campagne environnante. Le face-à-face est entré dans un processus de destruction réciproque. Un jour, Hélène, une jeune et jolie institutrice, arrive dans le village. La belle jeune femme va accentuer, malgré elle, le désordre du couple. Elle se lie d&rsquo;amitié avec Roberte, en exacerbant les sentiments de Milan… Révélé en 1956 à l’écran comme acteur dans <strong>Un condamné à mort s’est échappé</strong> de Robert Bresson, François Leterrier passe à la réalisation en 1961. Pour son premier film, il adapte le roman éponyme de Roger Vailland qu’il co-scénarise avec l’auteur. L’histoire est largement inspirée de la vie conjugale de l’auteur avec sa première épouse. L’amour décrit par Roger Vailland est une passion dévastatrice où la femme qu’il a aimée devient un oiseau de proie redoutable au point de ressentir de la répulsion à son égard. Elle incarne, dans le livre puis dans le film, ce corbeau tué par Milan lors d’une partie de chasse. Lorsque ce dernier le ramène à Roberte, celle-ci comprend, à travers l’image de cet animal de mauvais augure, que c’est elle qu’il a tuée à travers lui. Le changement majeur de l’adaptation vient du choix du personnage principal. Le roman était l’histoire d’un homme. Avec Signoret, le film devient le drame d’une femme. Marquée par l&rsquo;influence de Bresson, cette histoire de décomposition d&rsquo;un couple en forme de drame hivernale (les paysages brumeux en noir et blanc sont magnifiques) est portée par un trio tragique. Si l&rsquo;Américain Reginald Kernan (Milan) comme la jeune Alexandra Stewart (Hélène) sont des inconnus, Simone Signoret, lauréate de l’Oscar de la meilleure actrice en 1960 pour <strong>Les chemins de la haute ville</strong>, domine la distribution et incarne à la perfection cette femme de quarante ans qui sait que sa jeunesse est partie mais qui continue de vivre intensément. Comme le dira Milan : <em>« Roberte est une flamme. Elle flambe. »</em> A la sortie des <strong>Mauvais coups</strong> (présenté dans une belle édition dvd/Blu-ray restaurée), la critique unanime loua la prestation de Simone Signoret. <em>Les Lettres françaises</em> écrivent : <em>« Sarcastique, ivre, déchirée, elle trouve ici son meilleur rôle depuis bien longtemps. »</em> A (re)découvrir, ne serait-ce que pour Simone Signoret. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAAubergePeché.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21021" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAAubergePeché-204x300.jpg" alt="Auberge Peché" width="204" height="300" /></a><strong>L&rsquo;AUBERGE DU PECHÉ</strong><br />
Serveuse au café Rallier, une auberge tenue par un couple de vieux acariâtres, Gilberte rêve d’une autre vie. Lorsqu&rsquo;un soir d&rsquo;orage, un mystérieux voyageur pousse la porte du café (surnommé L&rsquo;auberge du péché), et lui confie un sac bourré de billets de banque avant de filer et d’être assassiné devant l&rsquo;établissement, Gilberte n’hésite pas à cacher son magot. Mais des types aux mines patibulaires font leur apparition. Le danger se rapproche et les choses se passent mal pour la pauvre Gilberte. Un policier en vacances, Briquet, décide d’enquêter sur l’affaire lorsque surgit Laura, la sœur jumelle de Gilberte… Sorti en 1949 et méconnu du grand public, <strong>L’auberge du péché</strong> est le dernier film de Jean de Marguenat (1893-1956) et le seul polar d&rsquo;un cinéaste, jusqu’alors spécialisé dans les drames et les comédies. <strong>L’auberge du péché</strong>, qui ressort dans une belle édition dvd/Blu-ray restaurée, est une adaptation du roman policier <em>Café noir</em> (1947) écrit par Georges André-Cuel. Le romancier a collaboré aux dialogues du film mais de grandes différences existent entre le livre et le film. Certains personnages apparaissent tandis que d’autres disparaissent. De Marguenat a tenu à apporter une vraie touche d’originalité à chaque caractère, peignant ainsi une véritable galerie de personnages. L’inspecteur Briquet (Jean-Pierre Kérien), sérieux dans le roman, est ici moqueur et futé. Les sœurs jumelles, Gilberte et Laura, interprétées par Ginette Leclerc, l&rsquo;inoubliable interprète du <strong>Corbeau</strong> de Clouzot et de <strong>La femme du boulanger</strong> de Pagnol, sont des personnages totalement effacés dans le roman. Dans le film de Marguenat, elles sont, au contraire, des femmes fortes et combatives qui décident pour elles-mêmes. Au détour d’une distribution d’une grande qualité, on y rencontre des personnages pittoresques : un juge poète et lunaire, un inspecteur énervé et jaloux, un commissaire sournois et méfiant, un notaire détective et gaffeur qui échafaude des solutions plus abracadabrantes les unes que les autres, une patronne d’hôtel truculente&#8230; Tous apportent de la légèreté au film permettant ainsi de le faire naviguer d’un genre à l’autre. À sa sortie, le film connait un beau succès public et critique. Injustement tombée dans l’oubli, <strong>L&rsquo;auberge…</strong> mérite une redécouverte. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInteretdAdam.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21029" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInteretdAdam-234x300.jpg" alt="Dans Interet d'Adam" width="234" height="300" /></a><strong>DANS L&rsquo;INTERÊT D&rsquo;ADAM</strong><br />
Dans le service de pédiatrie d’un hôpital public, une blouse blanche s’applique à retirer, le plus délicatement possible, une sonde gastrique à un enfant de quatre ans. Rebecca, sa mère, est à ses côtés mais elle ne peut pas rester. En effet, une ordonnance d’un magistrat ne l’autorise qu’à venir deux fois par jour auprès de son fils, le temps de lui donner à manger. Car il faut qu’Adam se nourrisse au risque de voir son état de santé sérieusement se dégrader. La blouse blanche, c’est Lucie, l’infirmière en chef du service. Elle apaise Adam et s’occupe autant de Rebecca qui dit et répète qu’elle veut rester auprès de son fils, passer la nuit auprès de lui. Autour de Lucie, on estime que Rebecca doit quitter les lieux mais Lucie tente de calmer le jeu. Dans l’intérêt d’Adam. Lorsque Rebecca décide d’enlever Adam et de s’enfuir, dans la nuit avec lui, les choses tournent mal. On avait remarqué la réalisatrice bruxellloise Laura Wandel en 2021 à Cannes avec <strong>Un monde</strong>, son premier long-métrage, qui se penchait sur le harcèlement scolaire à travers le parcours de deux enfants. Avec <strong>Dans l’intérêt d’Adam</strong>, elle immerge cette fois le spectateur dans l’univers hospitalier à travers l’existence d’une infirmière qui s’implique, sans doute au-delà de la normale, dans le « sauvetage » d’un gamin. En cela, Lucie va se heurter à sa hiérarchie. Tout bonnement parce qu’elle ne supporte pas de voir la détresse autant d’un gamin dénutri que d’une mère à la fois inquiétante et vulnérable, persuadée qu’on va lui retirer la garde de son petit Adam. Durant quelques heures, on reste au plus près du quotidien de cette infirmière qui voit passer dans son service une fratrie de quatre gamins sous le coup d’une ordonnance de placement ou encore une grande adolescente voilée qui a avorté. Avec une caméra portée, tout en mouvement, le film donne remarquablement à voir le rythme effréné du personnel soignant. Ainsi, on suit les déambulations incessantes d’une Lucie, presque en apnée, superbement incarnée par Léa Drucker dont le visage fatiguée impressionne. A ses côtés, Anamaria Vartolomei, découverte dans <strong>L’événement</strong> (2021), est Rebecca, une jeune mère à la dérive. (Memento films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACoffretAnnHui.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21024" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACoffretAnnHui-205x300.jpg" alt="Coffret Ann Hui" width="205" height="300" /></a><strong>COFFRET ANN HUI</strong><br />
Avec plus de trente longs-métrages à son actif, Ann Hui, née en 1947, est l’une des légendes vivantes du cinéma asiatique. D’une grande diversité de genres, son œuvre porte une attention soutenue à la question de l’exil, à l’histoire et à l’identité hongkongaises, comme en témoignent les trois films réunis pour la première fois dans un beau coffret deux Blu-ray. Si Ann Hui signe un cinéma souvent formellement audacieux, elle apporte une attention particulière aux questions sociales et politiques que l&rsquo;on retrouve dans presque tous ses films. Le coffret réunit trois œuvres fortes de la plus grande réalisatrice hongkongaise, ainsi son coup d’essai <strong>The Secret</strong> (1979), un polar mystique à la narration éclatée, ensuite son grand succès <strong>Boat People</strong> (1982), un drame politique présenté hors compétition au Festival de Cannes 1983 et enfin le romanesque <strong>Love in a Fallen City</strong> (1984) qui relate un pan méconnu du passé de Hong Kong avec une rare justesse. <strong>Boat People</strong> raconte, en 1978, l&rsquo;histoire du photographe japonais Akutagawa qui vient faire un reportage dans la jeune République socialiste du Vietnam. Très vite, il se met à douter de ce qu’il voit : derrière l’enthousiasme de façade se cache en réalité la misère, la famine et la répression policière… Premier long-métrage d&rsquo;Ann Hui, <strong>The Secret</strong> se passe dans le Hong Kong de 1970. Les corps mutilés d’un homme et d’une femme sont retrouvés dans une forêt. Les policiers mettent rapidement la main sur un suspect, atteint de déficience mentale. Pendant ce temps, Ah Ming, une amie des disparus, cherche à en savoir plus sur cette tragédie et découvre l’existence d’une mystérieuse femme liée au couple… <strong>Love in a Fallen City</strong> se déroule à Shanghai en 1941. Divorcée depuis des années, Pai Liu-su part pour Hong Kong où elle se met à fréquenter la haute société de la colonie britannique. Elle fait alors la connaissance du riche et séduisant Fan Liu-yuan… En exclusivité mondiale, le coffret présente le dernier film d&rsquo;Ann Hui, totalement inédit en France et jamais édité dans le monde. Dans <strong>Elégies</strong> (2023), la cinéaste revient à ses premières amours avec ce film sur la poésie qui examine l’héritage de la scène littéraire hongkongaise. Les voix de deux poètes aux idéaux et styles de vie très distincts se répondent comme les deux pôles opposés d’une même réalité. Dans les suppléments, on trouve une conversation (27 mn) autour de Boat People entre Ann Hui et Stanley Kwan ainsi qu&rsquo;un document (8 mn) sur la restauration de The Secret. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJeanValjean.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21030" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAJeanValjean-221x300.jpg" alt="Jean Valjean" width="221" height="300" /></a><strong>JEAN VALJEAN</strong><br />
Un homme voûté, fatigué, épuisé même, traverse, seul, de vastes espaces de nature. Tiraillé par la faim, il frappe aux portes qui, toutes, se referment. Nous sommes en 1815. Jean Valjean vient de sortir du bagne de Toulon, après 19 ans de travaux forcés. Un homme sans problème dont la vie a été saccagée parce qu’il a volé une miche de pain pour nourrir de pauvres gamins affamés. Dans un bourg perdu, il trouve refuge chez un homme d’Église. Face à Mgr Myriel, surnommé Monseigneur Bienvenu, la sourde et profonde colère du forçat s’effrite lentement. Comment cet homme en soutane peut-il l’appeler Monsieur et l’inviter à partager sa table avant de lui offrir l’hospitalité d’un lit aux draps blancs, lui le bagnard qui <em>« jugea la société et la condamna à sa haine »</em>… C’est donc à une manière d’avant-Jean Valjean qu&rsquo;Eric Besnard invite le spectateur. En s’inspirant librement de Victor Hugo, le cinéaste signe une monographie du Valjean originel à travers un face-à-face entre deux hommes auxquels la vie n’a pas fait de cadeau. Dans une mise en scène des plus classiques, le cinéaste orchestre un dialogue entre deux âmes blessées. Bienvenu et Valjean vont ainsi faire, à pas comptés, le chemin, l’un vers l’autre. Lorsque, parti dans la nuit avec les fameux couverts en argent, Valjean est ramené par les gendarmes, Mgr Bienvenu le dédouane et, mieux, lui offre deux chandeliers. Traité dans des teintes « ténébreuses » avant que les images ne s’éclairent finalement avec un Valjean qui lève les yeux au ciel, le film fait la part belle à un Gregory Gadebois en massif mais douloureux Jean Valjean. Il marche ainsi dans les pas de nombreux prédécesseurs comme Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura, Liam Neeson, Jean-Paul Belmondo ou Hugh Jackman. Face à lui, Bernard Campan est remarquable aussi en Myriel. Alexandra Lamy incarne Madame Magloire et Isabelle Carré, la souffreteuse et tragique Baptistine. Lorsque le film s’achève, commence l’autre histoire de Valjean, celui qui incarne la rédemption, la résistance morale et la lutte contre l’injustice sociale. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVoixHindRajab.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21040" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVoixHindRajab-220x300.jpg" alt="Voix Hind Rajab" width="220" height="300" /></a><strong>LA VOIX D&rsquo;HIND RAJAB</strong><br />
Le 29 janvier 2024, Hind Rajab a fui la ville de Gaza en voiture avec son oncle, sa tante et leurs enfants. La voiture est prise pour cible par Tsahal. Seule la fillette de six ans survit. Pendant des heures, elle reste coincée dans le véhicule immobilisé et garde le contact par téléphone avec les employés du Croissant-Rouge palestinien, qui tentent de calmer l&rsquo;enfant effrayée. Des ambulanciers se mettent alors en route pour la sauver, avant de se faire eux-mêmes attaquer et tuer. Après le retrait de l&rsquo;armée israélienne, les corps de Rajab, des membres de sa famille et des ambulanciers, sont découverts le 10 février. Kaouther Ben Hania, réalisatrice tunisienne largement remarquée pour sa docufiction <strong>Les Filles d&rsquo;Olfa</strong> (2023), nommé aux Oscars, est en tournée promotionnelle aux Etats-Unis lorsqu&rsquo;elle apprend par les médias, le sort de Hind Rajab. Elle écoute les enregistrements audio accessibles au public et, bouleversée, ne peut poursuivre son voyage. Elle contacte le Croissant-Rouge palestinien, qui lui fournit un enregistrement de 70 minutes de la conversation téléphonique. Ben Hania décide alors de traiter cet événement dans un film, alors qu&rsquo;elle est sur le point de commencer la pré-production d&rsquo;un autre projet cinématographique préparé depuis plusieurs années. Pour préparer ce qui sera son septième long métrage, la cinéaste a de longues conversations avec la mère de Rajab ainsi qu&rsquo;avec des personnes avec lesquelles la jeune fille a été en contact téléphonique peu avant sa mort et qui ont tenté de l&rsquo;aider. Le film se déroule en huis clos dans le centre d’appel du Croissant-Rouge palestinien de Ramallah. La violence n&rsquo;est perceptible pour le spectateur que par la bande sonore. <em>« Je voulais me concentrer,</em> dit la réalisatrice,<em> sur l&rsquo;invisible : l&rsquo;attente, la peur, le bruit insupportable du silence quand aucune aide n&rsquo;arrive. Parfois, ce que l&rsquo;on ne voit pas est plus dévastateur que ce que l&rsquo;on voit »</em>. Pour Ben Hania, la fiction (surtout lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;appuie sur des événements vérifiés, douloureux et réels) est <em>« l&rsquo;outil le plus puissant du cinéma »</em>. (jour2fête)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATorso.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21038" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATorso-200x300.jpg" alt="Torso" width="200" height="300" /></a><strong>TORSO</strong><br />
Un redoutable psychopathe secoue la ville universitaire italienne de Pérouse en étranglant et en assassinant de préférence de jeunes et séduisantes étudiantes en histoire de l&rsquo;art avec un foulard noir et rouge. Le tueur inconnu découpe ensuite ses victimes à la scie. La police est dans le noir. Daniela soupçonne bientôt son fervent admirateur Stefano, un étrange camarade d&rsquo;université, d&rsquo;être le coupable. Sur les conseils de son oncle, elle déménage avec Jane et deux autres étudiantes étrangères de la faculté dans une villa isolée à la campagne. Elles s&rsquo;installent ainsi à Tagliacozzo, un petit village des Abruzzes. La grande demeure est sur une falaise surplombant le bourg. Les quatre amies pensent désormais être à l&rsquo;abri… Un jour, Jane se foule la cheville en tombant dans l&rsquo;escalier. Un médecin lui prescrit des somnifères pour passer la nuit sans souffrir. Mais lorsqu&rsquo;elle se réveille le lendemain matin, elle cherche ses amies qui, sans qu&rsquo;elle s&rsquo;en aperçoive, ont été victimes du tueur sanguinaire pendant la nuit. Pour Jane, il s&rsquo;agit désormais de survie… Réalisateur, scénariste et producteur, Sergio Martino, 87 ans, a connu, dans les années 70, une période où il signa une demi-douzaine de <em>giallo</em> comme <strong>Toutes les couleurs du vice</strong> (1972) ou <strong>Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé</strong> (1972) et donc ce <strong>I corpi presentano tracce di violenza carnale</strong> (en v.o.) en 1973, disponible pour la première fois Blu-ray 4K UHD dans un beau coffret avec des memorabilia. Martino réalise, ici, son film le plus macabre et le plus stylisé. Savoureux mélange de suspense, d’érotisme et de violence graphique,<strong> Torso</strong>, acclamé par Tarantino ou Eli Roth, est considéré comme l’un des premiers ponts vers le cinéma d’horreur moderne. On estime aussi que ce <em>giallo</em> est l&rsquo;un des premiers exemples de<em> slasher</em>, notamment à cause du jeu du chat et de la souris entre le tueur et la dernière survivante qui marque les trente dernières minutes du film. Le film est accompagné d&rsquo;une série de suppléments. Dans <strong>Le premier slasher</strong> (25 mn), Sergio Martino se remémore le tournage du film dans un entretien inédit en France. Avec <strong>Giallo mon amour</strong> (16 mn), le coscénariste Ernesto Gastaldi évoque la grande époque du <em>giallo</em> et ses spécificités en termes d’écriture. Dans <strong>Un Français en Italie</strong> (34 mn), le comédien Luc Merenda revient sur sa carrière en Italie et sur ses rencontres avec les gens du milieu. Dans <strong>Torso 17</strong> (20 mn), la cinéaste Federica Martino, fille de Sergio Martino, songe à un remake de <strong>Torso</strong>. Enfin <strong>Une violence charnelle entre refoulement et débauche</strong> (28 mn) est un entretien avec Jean-François Rauger, critique de cinéma et directeur de la programmation à la Cinémathèque française. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMonsieurTaxi.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21033" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMonsieurTaxi-204x300.jpg" alt="Monsieur Taxi" width="204" height="300" /></a><strong>MONSIEUR TAXI</strong><br />
Jovial chauffeur de taxi toujours flanqué de son chien, Pierre Verger est chamboulé lorsqu&rsquo;il retrouve un sac rempli de billets oublié dans son véhicule par une riche étrangère. Peinant déjà à joindre les deux bouts, Pierre hésite à garder l’argent pour aider sa famille&#8230; Mais pourrait-il se pardonner d’avoir volé une inconnue ? Plutôt que de conserver le magot, Pierre, par honnêteté, décide de retrouver la propriétaire de cet argent. Invisible depuis longtemps et désormais restauré dans une belle édition dvd/Blu-ray, <strong>Monsieur Taxi</strong> réalisé par André Hunebelle en 1952, est une comédie familiale filmée en décors naturels qui emporte, sur les traces d&rsquo;un taxi bourru mais au cœur d’or, le spectateur dans le Paris populaire des années cinquante, dans les rues du 18e et du 19e arrondissements de Paris, du quartier Montmartre ou de la place du Tertre&#8230; Le chauffeur de taxi parisien a souvent inspiré les cinéastes, ainsi avec Harry Baur dans <strong>Paris</strong> (1937) de Jean Choux ou Bernard Blier dans <strong>Sans laisser d’adresse</strong> (1951) de Jean-Paul Le Chanois. Ici, c&rsquo;est Michel Simon qui déploie tout son art avec un bonhomme tendre et aimant, tout en se questionnant sur sa propre honnêteté. Le comédien s’approprie le texte, improvise, ajoute du dialogue, l’intervertit, le modifie, pousse la chansonnette et assène des vérités bien comprises : <em>« Gardez vos bons sentiments. C’est de la monnaie qui n’a plus cours, mais qui ne change pas de valeur. »</em>. Autour de lui, on trouve une une pléiade de seconds rôles : Jean Brochard, Jane Marken, Pauline Carton, Jeanne Fusier-Gir, André Valmy mais aussi des nouveaux venus comme Louis de Funès ou Jean Carmet. <strong>Monsieur Taxi</strong> offre une véritable vision de la France populaire des années cinquante avec ses bistrots de quartier, ses cabarets, ses repas de famille dominicaux. Le film met en lumière les petits métiers, les préoccupations du peuple et les gens ordinaires. Le cinéaste nous plonge ainsi dans ce milieu simple, auprès de personnages que l’on voit tous les jours. Le film sera un gros succès, réunissant plus de deux millions de spectateurs dans les salles. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAManthan.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21031" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAManthan-187x300.jpg" alt="Manthan" width="187" height="300" /></a><strong>MANTHAN</strong><br />
Vétérinaire idéaliste, le docteur Manohar Rao vient fonder une coopérative laitière dans un village où les producteurs de lait sont en majorité des dalits, c&rsquo;est-à-dire des intouchables. Il doit faire face à Mishraji, qui achète à bas prix le lait de tous les villageois, mais aussi au chef du village qui souhaite utiliser la coopérative naissante pour renforcer son pouvoir. Rao s&rsquo;aperçoit vite qu&rsquo;il a besoin du soutien de la population dalit pour réussir son entreprise. Bindu, une femme de caractère appartenant à cette communauté, sympathise avec lui et accepte d&rsquo;y participer, entrainant avec elle les autres femmes. Mais Bhola, dont la forte personnalité fait de lui le leader de la communauté, reste sur ses gardes. Sa méfiance s&rsquo;aggrave lorsqu&rsquo;il découvre qu&rsquo;un des associés de Rao a une aventure avec une femme de sa caste. Lorsque Rao finit par convaincre Bhola, l&rsquo;ensemble du village se rallie à sa cause et des élections sont organisées pour désigner le président de la coopérative. Le vainqueur est un dalit. Mais le chef du village n&rsquo;accepte pas cette remise en cause de son pouvoir. Il trouve un allié en la personne de Mishraji dont l&rsquo;entreprise est menacée par le développement de la coopérative. Mishraji parvient à convaincre Bindu, en grande difficulté financière, de prétendre que Rao l&rsquo;a séduite. Rao et son équipe doivent quitter le village, mais la coopérative ne périclite pas pour autant : les producteurs de lait continuent son œuvre. Inspiré par Verghese Kurien, qui a développé la production de lait dans le pays en s&rsquo;opposant aux multinationales, <strong>Manthan</strong> (pour la première fois en Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K) doit son existence à la formidable mobilisation de 500 000 fermiers de la région du Gujarat, lesquels, à hauteur de deux roupies par personne, ont permis de financer le film. Réalisé en 1976 par Shyam Benegal, pionnier du cinéma « parallèle » indien situé à mi-chemin entre films d’auteur et productions commerciales, <strong>Manthan</strong> jouit d’une popularité inégalée depuis cinquante ans, hautement justifiée par l’incroyable performance de ses acteurs comme par l’impact social qu’il laissa sur son pays. Dans les suppléments, on trouve un retour (10 mn) sur la restauration exceptionnelle, confiée à la Film Heritage Foundation, qui a abouti à la projection du film à Cannes Classics 2024 et à sa ressortie en Inde dans des salles combles. Par ailleurs, une discussion (25 mn) entre l’acteur du film Naseeruddin Shah et Shivendra Singh Dungarpur, directeur de la Film Heritage Foundation, menée par Anupama Chopra pour Film Companion à Cannes 2024. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnlAppelleTrinita.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21035" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnlAppelleTrinita-193x300.jpg" alt="On lAppelle Trinita" width="193" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnContinue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21034" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAOnContinue-193x300.jpg" alt="On Continue" width="193" height="300" /></a><strong>ON L&rsquo;APPELLE TRINITA – ON CONTINUE À L&rsquo;APPELER TRINITA</strong><br />
L’un est vif, espiègle et séducteur, cherchant souvent la bagarre, l’autre est trapu et bourru, capable d’assommer ses adversaires avec une facilité déconcertante. Qui ne se souvient pas avec nostalgie de ce duo comique culte, formé par Terence Hill et Bud Spencer ? Avec leur approche burlesque de la violence, et des personnages résolument bavards, <strong>On l&rsquo;appelle Trinita</strong> (1970) et <strong>On cotinue à l&rsquo;appeler Trinita</strong> (1971) ont profondément transformé le western italien de l’époque. L’alchimie naturelle entre les deux acteurs, combinée au jeu nonchalant et ironique de Terence Hill ont injecté une bonne dose d’humour à ces films. Mêlant baston bon enfant à dose de grosses claques, engueulades loufoques et répliques cinglantes entre les deux personnages, le duo est souvent comparé à Laurel et Hardy ou évoque Astérix et Obélix. Tous deux réalisés par Enzo Barboni, les films connurent à leur sortie un succès phénoménal en salles dans de nombreux pays, notamment en Italie où le premier opus fut le plus grand succès du cinéma italien. S&rsquo;ils avaient déjà partagé l&rsquo;affiche de quatre films, dont l&rsquo;un sans se croiser, Terrence Hill, né Mario Girotti en 1939 et Carlo Pedersoli (1929-2016) dit Bud Spencer forment dès lors un duo qui tiendra la vedette de dix-sept autres films. Dans le premier film, Trinita, cow-boy crasseux mais fine gâchette, se dirige vers la ville dont son frère Bambino, voleur de chevaux, est devenu shérif. Au même moment un homme d’affaires malhonnête et sa bande s’emparent de terres appartenant à une communauté de mormons… Dans le second, Trinita et Bambino font une promesse à leur père sur le point de mourir : ils deviendront de vrais bandits et leurs têtes seront mises à prix. Mais ce n’est pas si simple : leur bonne nature va les amener à prendre la défense de moines menacés par des hors-la-loi. Le succès est tel que des distributeurs ressortirent les anciens films du duo en modifiant le titre pour y intégrer le nom Trinita&#8230; Pour la première fois, les deux films à l’origine du mythe sortent en version remasterisée HD sous forme de combo Blu-Ray/dvd, incluant des photos des films, ainsi que de nombreux bonus vidéo pour chaque film. Du nanan pour les fans de westerns italiens… (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACervantesDonQuichotte.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21022" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACervantesDonQuichotte-173x300.jpg" alt="Cervantes avant Don Quichotte" width="173" height="300" /></a><strong>CERVANTÈS AVANT DON QUICHOTTE</strong><br />
Blessé au bras à la bataille de Lépante, puis capturé en haute mer après l&rsquo;attaque du navire sur lequel il voyageait par des corsaires barbaresques, le jeune soldat Miguel de Cervantes est enlevé et enfermé au bagne d&rsquo;Alger en 1575 pour servir d&rsquo;otage. Il va faire plusieurs tentatives d&rsquo;évasion mais sera repris. Conscient qu’une mort cruelle l’attend si sa famille ne paie pas rapidement sa rançon, il va devenir un conteur, inventer des histoires et en lire d&rsquo;autres au pacha qui les détient prisonniers, lui et ses compagnons. Et puis Cervantès va rédiger les premiers brouillons de ce qui deviendra plus tard son chef‑d’œuvre… Réalisateur, scénariste, écrivain, monteur, acteur, producteur et compositeur hispano-chilien, Alejandro Amenabar a été remarqué dès son premier film <strong>Tesis</strong> (1996) qui avait pour toile de fond l&rsquo;univers des <em>snuff-movies</em>. Il enchaînera avec <strong>Ouvre les yeux</strong> (1997), <strong>Les autres</strong> (2001) avec Nicole Kidman, <strong>Mar adentro</strong> (2004) et l&rsquo;ambitieux <strong>Agora</strong> (2009), drame historique sur la vie de la mathématicienne et philosophe grecque Hypatie… L&rsquo;histoire et plus spécialement, ici, le Siècle d&rsquo;or espagnol, cette période de rayonnement culturel du 16<sup>e</sup> au 17<sup>e</sup> siècle qui vit une floraison artistique et littéraire avec des auteurs comme Cervantès et Lope de Vega, est au coeur de <strong>El cautivo</strong> (en v.o.) qui prend soin de s&rsquo;appuyer sur des événements réels de la vie de l&rsquo;auteur de <strong>Don Quichotte</strong>. S&rsquo;appuyant sur le récit des années de captivité de Cervantès à Alger (de 1575 à 1580), écrit par Antonio de Sosa, Amenabar met en scène avec grâce et fantaisie une aventure pleine de rebondissements qui parle de rapport de pouvoir, d&rsquo;autorité mais aussi de relations humaines, de fraternité, d’amitié, d&rsquo;amour, de trahisons, d&rsquo;humanité en somme… La reconstitution de la citadelle d&rsquo;Alger est une réussite tout comme les relations que Cervantès (Julio Peña Fernández) entretient avec le pacha d&rsquo;Alger (Alessandro Borghi). Une belle ode à la culture, l&rsquo;imagination, l&rsquo;art de conter, la littérature et la liberté. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAArco.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21020" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAArco-193x300.jpg" alt="Arco" width="193" height="300" /></a><strong>ARCO</strong><br />
C&rsquo;est pendant l&rsquo;épidémie de Covid et donc dans un contexte anxiogène, que germe l&rsquo;idée d&rsquo;<strong>Arco</strong>. Le cinéaste Ugo Bienvenu éprouve un <em>« besoin de légèreté, d’optimisme »</em> qui l&rsquo;incite à penser un projet pour enfants tourné vers une forme d&rsquo;espoir : <em>« Je me suis dit que si l’on voulait que le meilleur puisse se produire, il fallait déjà l’imaginer »</em>. Dans ses carnets, le réalisateur esquisse le dessin d&rsquo;un arc-en-ciel qui se transforme en personnage. C&rsquo;est le déclic. C&rsquo;est quand Ugo Bienvenu, nourri de <strong>Jumanji</strong>, <strong>Casper</strong>, <strong>Bambi</strong> ou des films de Miyazaki, expose son idée à Félix de Givry, son associé au sein du studio Remembers, que ce dernier lui fait remarquer qu&rsquo;arc-en-ciel se dit <em>arcoíris</em> en espagnol (une langue qu&rsquo;Ugo Bienvenu parle, puisqu&rsquo;il a grandi au Mexique et au Guatemala). C&rsquo;est de ce mot que naissent les noms des deux personnages principaux : Arco et Iris. Arco, dix ans, qui vit en l&rsquo;an 2932, utilise une cape couleur arc-en-ciel pour voyager accidentellement dans le temps jusqu&rsquo;en l&rsquo;an 2075, où il rencontre Iris. Arco est un <em>« adolescent aux yeux gris d’avenante physionomie, cheveux noirs et teint mat, vêtu d’une cape arc-en-ciel, d’un bonnet d’aviateur rose poudré incrusté d’une pierre précieuse. Son monde est celui de l’utopie harmonieuse, du respect du vivant, de l’heureuse combinaison entre les êtres et les choses de la nature. »</em> Pour sa part, Iris est une <em>« fillette brune, coupe carrée, traits asiatiques, vivant dans une maison-champignon techno, en compagnie de parents hologrammatiques trop requis par leur travail, et d’un robot à tout faire »</em>. Iris va s&rsquo;employer à faciliter le retour d&rsquo;Arco à son époque. Premier long-métrage d&rsquo;animation d&rsquo;Ugo Bienvenu, <strong>Arco</strong> a été présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section « Séances spéciales ». Il remporte ensuite le Cristal du long métrage au festival international du film d&rsquo;animation d&rsquo;Annecy 2025 et est nommé à l&rsquo;Oscar du meilleur film d&rsquo;animation. <strong>Arco</strong> s’interroge sur la capacité à voir l’autre, de s’ouvrir à la beauté du monde et d&rsquo;explorer les futurs distincts de 2075 et 2932. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATheKiller.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21036" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATheKiller-206x300.jpg" alt="The Killer" width="206" height="300" /></a><strong>THE KILLER</strong><br />
Jeff est un tueur à gages. Lors d&rsquo;un contrat, il rend accidentellement aveugle Jennie, une chanteuse de bar. Hanté par le remords, il décide d&rsquo;aider Jennie&#8230; et tombe progressivement amoureux d&rsquo;elle. Alors qu&rsquo;il décide d&rsquo;accepter un dernier contrat, dont l&rsquo;argent doit servir à opérer Jennie, il se fait repérer par l&rsquo;inspecteur Li. Les commanditaires de Jeff décident alors de se retourner contre lui et tentent de l&rsquo;assassiner. Coincé entre l&rsquo;inspecteur Li, flic acharné prêt à tout pour l&rsquo;arrêter, et son ancien boss, Jeff n&rsquo;a pas d&rsquo;autre choix que de reprendre les armes. Alors que les amitiés sont trahies, aucun personnage n&rsquo;apparaît ni tout blanc ni tout noir… Ecrit et réalisé par John Woo et sorti en 1989 à Hong Kong, <strong>The Killer</strong>, né à la suite de l&rsquo;énorme succès du <strong>Syndicat du crime</strong> (1986), repose sur des influences telles que <strong>Le samouraï</strong> de Melville ou <strong>Mean Streets</strong> de Scorsese. Si <strong>The Killer</strong> (présenté en Blu-ray série limitée Ultra HD 4K) n&rsquo;est pas un succès immédiat à Hong Kong, il est salué par la critique occidentale pour ses remarquables scènes d&rsquo;action et son style très explosif. Le talent de Woo éclate alors aux yeux du monde avec ce qui sera plus tard considéré, y compris par lui-même, comme son chef-d&rsquo;œuvre. John Woo désire faire un film sur l&rsquo;honneur, la loyauté, l&rsquo;amitié impossible et les relations entre deux personnes apparemment opposées alors que son tueur professionnel (Chow Yun-fat) se découvre une forme d’humanité inattendue après avoir accidentellement blessé une chanteuse innocente (Sally Yeh). Dans <strong>The Killer</strong>, si l&rsquo;on remarque la qualité avec laquelle le cinéaste peaufinent les relations entre ses personnages, on observe aussi que chaque scène de violence chorégraphiée devient un flamboyant ballet tandis que les balles giclent dans tous les coins. Indiscutablement lyrique, le film est du pur spectacle ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATirAVue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21037" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAATirAVue-212x300.jpg" alt="Tir A Vue" width="212" height="300" /></a><strong>TIR À VUE</strong><br />
Depuis que son frère a été tué à La Courneuve sans que la police ne daigne intervenir, Richard a décidé de se venger et de cracher sa haine à la face de la société. Il dévalise une armurerie et se constitue ainsi tout un arsenal. Il vole ensuite une moto et agresse un pompiste. Alors que Richard s’apprête à agresser un touriste dans le métro, il fait la connaissance de Marilyn, post-adolescente qui s’amuse à prendre des photos de charme dans un photomaton. Ensemble, ils vont escalader l’échelle de la violence tandis que les inspecteurs Casti et Galo sont à leurs trousses et persécutent le seul témoin, un vieux maghrébin connu de leur service. Sorti en 1984 dans une France où le climat politique est tendu, <strong>Tir à vue</strong> s’inscrit dans la veine des films noirs français des années 1980, où tension urbaine et désillusion sociale deviennent un véritable décor narratif, reflet d’un pessimisme ambiant à l’opposé des films policiers américains. Autour de petits Bonnie and Clyde à la française, emmené avec fougue par le duo composé de la toute jeune Sandrine Bonnaire (découverte dans <strong>A nos amours</strong> de Pialat) et de Laurent Malet, le film explore la question de ces jeunes paumés qui trouvent dans la violence contre la société une solution à leur mal-être. Pour sa première incursion au cinéma avant une longue carrière à la télévision, Marc Angelo réalise un film à la mise en scène violente et réaliste, qui privilégie les regards et les silences aux dialogues. La musique de Gabriel Yared donne une tonalité urbaine avec une photographie qui montre un Paris glauque, gris et pluvieux dans lequel se débattent des personnages vite englués dans une spirale d’autodestruction. Un film noir intense. (Arcadès éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAImago.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21026" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAImago-178x300.jpg" alt="Imago" width="178" height="300" /></a><strong>IMAGO</strong><br />
Cinéaste vivant en exil entre Bruxelles et Paris, Déni, originaire de Tchétchénie, part en Géorgie, dans la région de Pankissi, invité par son cousin, dans une vallée isolée peuplée de Tchétchènes et proche de la frontière avec la Tchétchénie. Sa mère y a acheté un lopin de terre, pour qu&rsquo;il y construise une maison. Sur place, son entourage n&rsquo;a qu&rsquo;une idée en tête : le marier ! Dans ce film documentaire, le réalisateur d&rsquo;origine tchétchène Déni Oumar Pitsaev filme son propre voyage en Géorgie, retrouvant sa famille tchétchène, ses amis et rêvant de construire la maison sur pilotis de ses rêves. Avec un ton souvent poignant, le cinéaste raconte le poids de l&rsquo;exil et le traumatisme de la guerre sur les relations humaines. Au coeur de sa petite communauté, l&rsquo;auteur montre aussi le poids de la religion et des contraintes sociales, notamment pour le mariage et les enfants. A propos de son film, Pitsaev dit : <em>« C’était un rêve d’enfant. Je n’ai pas eu de maison quand j’étais petit, donc je m’étais promis qu’un jour, j’en construirais une. Et pas n’importe laquelle : une maison qui flotte, construite en verre. Plus jeune, je n’ai pas beaucoup vu le soleil car les bombardements m’obligeaient à descendre régulièrement dans les caves des immeubles pour me protéger. Je voulais donc une maison sans cave, qui laisse entrer la lumière. C’était un moyen pour moi de faire fuir la guerre. »</em> Cette histoire d&rsquo;un documentaire qui se « fabrique » sous les yeux du spectateur (<em>« Briser le quatrième mur,</em> dit Pitsaev, <em>me permettait d’être transparent vis-à-vis de ceux que je filme et de ceux qui regardent »</em>), contient nombre de moments forts. Ici, une assemblée de femmes échangeant sur la religion et la liberté, là, de douces discussions avec sa mère ou encore une amère mise au point avec son père au fil d&rsquo;une sortie en forêt. Deni Oumar Pitsaev livre une radiographie sans concession d&rsquo;une petite communauté dans laquelle il semble avoir du mal à retrouver une place. Présenté lors de la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2025, <strong>Imago</strong> a valu à son auteur l&rsquo;Œil d&rsquo;or du meilleur documentaire. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInsaissisables3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21028" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAInsaissisables3-178x300.jpg" alt="Insaissisables 3" width="178" height="300" /></a><strong>INSAISISSABLES 3</strong><br />
Pour réaliser le braquage le plus impressionnant jamais imaginé, Daniel Atlas recrute un trio de jeunes et talentueux illusionnistes. Il est vrai qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre au point le plus spectaculaire des tours de magie : dérober le Diamant-Coeur, joyau le plus précieux au monde qui appartient à une redoutable organisation criminelle, revendeuse d&rsquo;armes. Les quatre Cavaliers sont de retour dans le troisième volet d&rsquo;une franchise qui s&rsquo;est ouverte avec <strong>Insaisissables</strong> (2013) de Louis Leterrier puis<strong> Insaisissables 2</strong> (2016) de Jon Chu. Cette fois, c&rsquo;est Ruben Fleischer (auteur de <strong>Retour à Zombieland</strong> ou<strong>Venom</strong>) qui est aux manettes d&rsquo;un n°3 qui tient ses promesses. Accompagnés d’un groupe de jeunes magiciens qui espèrent suivre leur trace, le quatuor va devoir repousser les limites de l’illusion face à des affreux dirigés par la suave et redoutable Veronika Vanderberg. On retrouve, ici Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Lizzy Caplan, Morgan Freeman, Isla Fischer désormais secondés par des petits nouveaux (Dominic Sessa, Justice Smith et Ariana Greenblatt). Sans oublier l&rsquo;excellente Rosamund Pike en parfaite méchante. Le choc des générations, les effets spéciaux à gogo et la magie mêlée à l&rsquo;action font de ce n°3 un spectacle jubilatoire. <em>« On n&rsquo;arrête pas le diable en lui coupant les mains mais en lui volant son porte-feuille »</em> ! (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAUrgence.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21039" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAUrgence-210x300.jpg" alt="Urgence" width="210" height="300" /></a><strong>URGENCE</strong><br />
A Paris, en 1985, Max Forestier, jeune journaliste infiltré depuis plusieurs mois, dans un groupe terroriste néo-nazi, est surpris par l’un d’eux, Lucas Schroeder, en train de filmer la mise en place d’un attentat raciste. Mortellement blessé, il a juste le temps de remettre à sa sœur, Lysa, un étrange message. D’abord prise en chasse par les poursuivants de Max, Lysa parvient à s’enfuir et arrive jusqu’à l’agence de presse Omega, pour laquelle son frère travaillait dans l’ombre du journaliste Villard. Elle y rencontre Jean-Pierre Mougin, un jeune chroniqueur sportif qui, malgré lui, se trouve embarqué dans une enquête marathon de trente-six heures, pour comprendre où et quand aura lieu cet attentat. En 1985, Gilles Béhat retranscrit les inquiétudes de son époque, liée notamment à la montée de l’extrême droite en France. Entre course-poursuite haletante, atmosphère conspirationniste et groupe néo-nazi, le film plonge dans les zones grises d’une société en proie à l’angoisse et à la peur. Le cinéaste qui avait signé <strong>Rue barbare</strong> (1983), un solide polar tiré d&rsquo;un roman de David Goodis, joue à nouveau avec les codes du genre et entraîne le spectateur dans une aventure palpitante : rythme soutenu, violence graphique et course-poursuites dans un Paris nocturne. Si les comédiens Richard Berry, Fanny Bastien, Bernard-Pierre Donnadieu ou Jean-François Balmer constituent un casting de choix, ce film policier engagé (qui sort dans une édition Blu-ray) peine, surtout dans son final, à trouver le ton juste… Cependant, par son propos, <strong>Urgence</strong> résonne d&rsquo;une manière très actuelle. (Arcadès éditions)</p>
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		<title>Luchaire, père et fille, dans la boue de la collaboration</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:48:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21008" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21008" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres2-300x125.jpg" alt="Jean Luchaire (Jean Dujardin) et sa fille Corinne (Nastya Golubeva). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Luchaire (Jean Dujardin)<br />et sa fille Corinne (Nastya Golubeva). DR</p></div>
<p>Une jeune femme à la mine souffreteuse couvre sa tête d&rsquo;un foulard et chausse des lunettes sombres. Nous sommes à Paris en 1948 et cette mère d&rsquo;une petite Brigitte sort de son immeuble pour rejoindre un parc où sa fillette joue dans un bac à sable. Deux hommes qui la guettaient, la suivent et la molestent, la jetant à terre tout en l&rsquo;insultant. Elle n&rsquo;aura la vie sauve que grâce à l&rsquo;intervention d&rsquo;une voisine et d&rsquo;un agent de police. <em>« Il faut aller porter plainte ! </em>» Mais la jeune femme ne veut pas entendre parler de la police… Sa voisine, récemment émigrée du Chili avec son mari, lui confie le magnétophone dont elle se sert pour ses consultations d&rsquo;orthophoniste.<br />
Dans une certaine confusion de sa mémoire, Corinne Luchaire va alors tenter, dans une suite de flash-backs, de retrouver le fil des événements d&rsquo;une sinistre odyssée vécue, dans la France occupée, au côté de son père&#8230;<br />
Si le cinéma français s&rsquo;est souvent penché sur la période de l&rsquo;Occupation et largement sur la place de la Résistance, il s&rsquo;est beaucoup moins attaché à la collaboration. Il faut ainsi remonter à 1974 et à <strong>Lacombe Lucien</strong> pour avoir une œuvre forte sur le sujet. Le film fit du bruit. En questionnant l&rsquo;héroïsme de l&rsquo;engagement au regard du hasard des circonstances, Louis Malle provoqua une imposante polémique qui l&rsquo;amena, d&rsquo;ailleurs, à quitter la France pour aller travailler, dix ans durant, à Hollywood.<br />
Réalisateur de productions populaires comme <strong>Quand j&rsquo;étais chanteur</strong> (2006) ou <strong>Marguerite</strong> (2015) mais aussi de films d&rsquo;auteur comme <strong>A l&rsquo;origine</strong> (2009) ou <strong>L&rsquo;apparition</strong> (2018), Xavier Giannoli a signé, en 2021, avec <strong>Illusions perdues</strong>, une belle adaptation de Balzac. On y croisait l&rsquo;ambitieux Lucien de Rubempré qui constate que <em>« tout s’achète et se vend, la littérature comme la presse, la politique comme les sentiments, les réputations comme les âmes&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21007" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21007" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres1-300x125.jpg" alt="Jean Luchaire dans la salle de rédaction des Nouveaux temps. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Jean Luchaire dans la salle de rédaction<br />des Nouveaux temps. DR</p></div>
<p>Avec cette fresque historique dans la France sous la botte allemande qu&rsquo;est <strong>Les rayons et les ombres</strong> (le titre fait référence au recueil éponyme de poèmes de Victor Hugo), le cinéaste pourrait aisément reprendre certains traits de Rubempré pour les appliquer à Jean Luchaire. Giannoli a fait le choix de raconter l&rsquo;aventure de Jean Luchaire à travers le regard et les souvenirs de sa fille Corinne.<br />
Né en 1901 dans une famille bourgeoise, Jean Luchaire se consacre, après avoir assisté à la montée du fascisme en Italie, au journalisme en France. Il s&rsquo;oppose au traité de Versailles qu&rsquo;il juge injuste pour l&rsquo;Allemagne. Humaniste et homme de gauche, Luchaire se fait, dès les années 1920, le promoteur d&rsquo;un rapprochement entre la France et l&rsquo;Allemagne. C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;il soutient la politique extérieure de pacification européenne d&rsquo;Aristide Briand. A cette époque, Luchaire, devenu ami avec l&rsquo;Allemand Otto Abetz, oeuvre pour l&rsquo;amitié franco-allemande. Aucun d&rsquo;eux n&rsquo;a alors d&rsquo;attirance pour le nazisme. Mais l&rsquo;arrivée au pouvoir d&rsquo;Hitler en Allemagne en 1933 va progressivement faire d&rsquo;eux des complices objectifs du nouveau régime.<br />
Luchaire est convaincu que l’établissement d’une paix définitive passe par une politique de conciliation entre les deux pays. En mars 1933 : il écrit <em>« Européens, nous devons traiter avec les gouvernements européens quels qu&rsquo;ils soient. (…) Stresemann nous était plus sympathique qu&rsquo;Hitler mais Hitler, c&rsquo;est l&rsquo;Allemagne. (…) Au surplus, ce qui compte essentiellement à nos yeux, c&rsquo;est la paix. La liberté n&rsquo;est le plus précieux des biens qu&rsquo;à condition de vivre. »</em></p>
<div id="attachment_21009" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21009" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres3-300x125.jpg" alt="Otto Abetz (August Diehl), du pacifiste au dignitaire nazi. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Otto Abetz (August Diehl),<br />du pacifiste au dignitaire nazi. DR</p></div>
<p>En 1937, Otto Abetz est expulsé de France. Il va réapparaitre, sous l&rsquo;uniforme nazi, comme ambassadeur d&rsquo;Allemagne à Paris (alors que le gouvernement français se trouve à Vichy), chargé d&rsquo;une politique de collaboration entre le Troisième Reich et la France vaincue. Jean Luchaire fonde alors <em>Les Nouveaux temps</em>, organe de presse visant à soutenir la politique d&rsquo;Abetz.<br />
De son côté, Corinne, la fille aînée de Jean Luchaire, va faire parler d&rsquo;elle sur la scène artistique. Remarquée au théâtre en 1937 dans <em>Altitude 3200</em>, une pièce écrite par son grand-père, elle est engagée à 17 ans par le réalisateur Léonide Moguy qui lui offre le premier rôle de <strong>Prison sans barreaux</strong> (1938). Fascinée par les ors du spectacle (elle admire Greta Garbo), elle tourne six films en deux ans, notamment avec Pierre Chenal ou Raymond Bernard. Mais la tuberculose, probablement héritée de son père, va mettre un terme à sa carrière.<br />
A ce couple parfois étrange dans sa proximité, s&rsquo;ajoute donc le personnage d&rsquo;Otto Abetz, l&rsquo;ami allemand et francophile de Luchaire aux heures exaltantes du pacifisme européen. Abetz rejoindra le NSDAP. Nommé à Paris, Abetz accolera son prénom à la <em>Liste Otto</em> des ouvrages interdits par la censure allemande. Il organise aussi l&rsquo;expropriation des biens privés appartenant à des familles juives et fait main basse sur de prestigieuses collections d&rsquo;art appartenant à de fortunés amateurs juifs…<br />
Avec aisance (on ne voit pas passer les 195 minutes du film), Xavier Giannoli nous embarque dans l&rsquo;histoire d&rsquo;un duo fusionnel père-fille qui plonge dans la boue noire de la collaboration. Tandis que les nazis oeuvrent méthodiquement à leur projet, qu&rsquo;une élite parisienne fréquente les fêtes gourmandes de l&rsquo;ambassade allemande et que Céline se livre à ses délires, on suit ainsi Luchaire à la tête de son journal <em>Les Nouveaux temps</em>, jonglant avec les prises de position collaborationnistes et les problèmes d&rsquo;argent. Flambeur, Luchaire est un séducteur, amateur de fêtes et collectionneur de femmes (on lui prête des liaisons avec de nombreuses comédiennes comme Marie Bell ou Mireille Balin) qui va aller au bout d&rsquo;une trajectoire sordide qui lui vaudra d&rsquo;être fusillé en février 1946 au fort de Châtillon.<br />
Avec une image qui donne la prime aux couleurs froides sauf dans les lieux de débauche où Luchaire et Corinne se divertissent entre sexe, alcool et drogues, <strong>Les rayons et les ombres</strong> raconte une France nauséabonde, longtemps majoritairement acquises à l’État français de Pétain, ne l&rsquo;oublions pas, où ces ignobles tristes sires semblent complètement hors-sol (même si Luchaire rend « de petits services » à de malheureuses familles juives) par rapport à une Occupation brutale et antisémite tandis que la tragique ombre de la Shoah s&rsquo;élève sur l&rsquo;Europe.</p>
<div id="attachment_21010" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21010" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAARayonsOmbres4-300x125.jpg" alt="Corinne Luchaire, éphémère vedette du cinéma français des années trente et quarantaine. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Corinne Luchaire, éphémère vedette du cinéma français des années trente et quarantaine. DR</p></div>
<p>A la fin de la guerre, Luchaire et sa fille fileront vers Sigmaringen, côtoyant une ultime fois Pétain ou Céline avant d&rsquo;être arrêtés sur une route de Forêt-Noire en mai 1945. La malheureuse Corinne, elle, aura eu l&rsquo;occasion de passer par un sanatorium où l&rsquo;on lui inflige de douloureux pneumo-thorax avant d&rsquo;être condamnée à dix ans d&rsquo;indignité nationale.<br />
<strong>Les rayons et les ombres</strong> dresse le terrible tableau de Français qui ont choisi, en toute connaissance de cause, le mauvais camp et qui s&rsquo;y sont complu, se vautrant autant dans le stupre que dans la corruption. Mais Luchaire représente, lui, une forme d&rsquo;élite intellectuelle, plus condamnable encore que les lamentables margoulins du marché noir. On entend le procureur au procès du journaliste affirmer <em>« que les mots des salauds arment le bras des imbéciles »</em>. Un propos qui a quelque chose de singulièrement contemporain !<br />
Incarnant un Luchaire charmeur, matois et inquiétant, Jean Dujardin est remarquable. Tout comme le comédien allemand August Diehl, vu récemment dans <strong>La disparition de Josef Mengele</strong>, dans le rôle d&rsquo;Abetz. La révélation du film, c&rsquo;est Nastya Golubeva, 22 ans, la fille de Léos Carax, qui fait de Corinne Luchaire une femme-enfant comme en lévitation dans le chaos de l&rsquo;Occupation.<br />
Dans le Paris d&rsquo;après-guerre, évidemment en butte à l&rsquo;hostilité générale, la recluse Corinne (elle mourra en 1950 à 28 ans) voit un jour Léonide Moguy frapper à sa porte. Le cinéaste juif originaire d&rsquo;Ukraine, lui dit : <em>« Je ne te condamne pas, mais est-ce que tu as cherché à savoir ? »</em> Devant le silence de Corinne, il ajoutera un très romanesque <em>« Il nous reste le cinéma&#8230; »</em></p>
<p><strong>LES RAYONS ET LES OMBRES</strong> Drame (France – 3h15) de Xavier Giannoli avec Jean Dujardin, Auguste Diehl, Nastya Golubeva, André Marcon, Chloé Astor, Lucie Vignolle, Olivier Chantreau, Anna Prochniak, Valeriu Andriuta, Philippe Torreton, Vincent Colombe, Maria Cavalier-Bazan, François de Brauer, Meherio Patoux, Elina Löwensohn. Dans les salles le 18 mars.</p>
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		<title>Des yaourts bio et des flics bas du front</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 17:50:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_20996" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20996" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix1-300x125.jpg" alt="&quot;La guerre...&quot;: Audrey (Ana Girardot) et Bruno (Olivier Gourmet) en négociation. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La guerre&#8230;&nbsp;&raquo;: Audrey (Ana Girardot)<br />et Bruno (Olivier Gourmet) en négociation. DR</p></div>
<p><strong>NÉGOCIATION.-</strong> <em>« Trente minutes, les gars ! »</em> Chez Derval, un centre commercial de province, c&rsquo;est l&rsquo;heure matinale où le personnel achève de charger les rayonnages. Audrey Dumont, cheffe de rayon, travaille aux yaourts… Elle suit aussi de près le travail de son frère Ronan qui, avec les 72 vaches de sa ferme, produit des yaourts bio… Et voilà qu&rsquo;Audrey se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec Bruno Fournier, un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey, forte de ses convictions et prête à se battre pour elles, découvre un système impitoyable.<br />
Assurément, Anthony Déchaux, dont <strong>La guerre des prix</strong> (France – 1h36. Dans les salles le 18 mars) est le premier long-métrage, apprécie le cinéma de Stéphane Brizé, le réalisateur de la « trilogie » <strong>La loi du marché</strong> (2015), <strong>En guerre</strong> (2018) et <strong>Un autre monde</strong> (2021). Et sans doute aussi, y a-t-il une source d&rsquo;inspiration du côté d&rsquo;un film comme <strong>Petit paysan</strong> (2017)… Car voici un film qui mêle, dans une veine très réaliste, les enjeux contemporains de la paysannerie française et, ceux, aussi méconnus que complexes, des grands groupes de l&rsquo;agro-alimentaire.<br />
Evoquant la naissance de son projet, le cinéaste se souvient : <em>« En tant que comédien, je fais régulièrement des interventions de théâtre en entreprise pour y jouer des saynètes et animer des débats avec les salariés. Un jour, je me suis retrouvé à participer au séminaire annuel des acheteurs d’une enseigne de grande distribution. J’ai encore mot pour mot la formule d’introduction du directeur : « si on est réunis aujourd’hui dans cette salle, c’est pour savoir qui sont les requins et qui sont les requins-tueurs. Et nous, les requins, on n’en veut pas, ce qu’on cherche, ce sont les requins-tueurs ». Les interventions se sont enchainées tout au long de la journée dans la même veine. J’étais abasourdi par ce ton aussi décomplexé : « on veut du sang » ; « si un fournisseur sort content de sa négo, c’est que vous n’avez pas fait votre boulot » ; « le win-win, ça n’existe pas » &#8230; Il y avait là des centaines de personnes, et personne ne réagissait. Je suis sorti en me demandant ce que pouvaient bien penser tous ces gens : est-ce qu’ils sont tous ok avec cette logique, est-ce qu’ils ont le choix, est-ce que ça fait partie du folklore ? Le monde de l’entreprise, je le connais, j’ai évolué dedans pendant un temps, je sais qu’il peut être dur et violent. Mais là, c’était tout autre chose, je n’avais jamais entendu de tels discours&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20997" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20997" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAGuerrePrix2-300x125.jpg" alt="&quot;La guerre...&quot; Ronan (Julien Frison), un fermier qui produit des yaourts bio. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La guerre&#8230;&nbsp;&raquo; Ronan (Julien Frison),<br />un fermier qui produit des yaourts bio. DR</p></div>
<p>En s&rsquo;appuyant sur les codes du thriller, ce sont donc ces méthodes que raconte <strong>La guerre des prix</strong>. Avec, au coeur du propos, cette fille d&rsquo;agriculteurs passée dans la grande distribution parce qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas envie de vivre ce qu&rsquo;avaient enduré ses parents. Et que son frère vit encore. Mais l&rsquo;univers de la centrale parisienne n&rsquo;a rien, non plus, d&rsquo;un long fleuve tranquille… Loin s&rsquo;en faut.<br />
Anthony Déchaux dit que son film n&rsquo;est pas <em>« un documentaire mais une fiction documentée »</em>. De fait, même si on saisit pas tout dans ces négociations entre distributeur et fournisseurs, on mesure aisément que tous les coups sont permis. Et qu&rsquo;il s&rsquo;agit de frapper fort. Pour dire le vrai, on a parfois l&rsquo;impression de voir s&rsquo;affronter des mafieux de la meilleure eau. Quant à la box étanche dans laquelle se mènent les tractations, elle a tout des salles d&rsquo;interrogatoire du FBI. Mais sans la glace sans tain. Quant au « code noir » (la menace de déréférencement complet), il a de singulières allures de racket.<br />
Avec une belle énergie même si son personnage finit par douter, Ana Girardot se glisse avec aisance dans la peau d&rsquo;Audrey Dumont. A ses côtés, l&rsquo;excellent Olivier Gourmet compose, avec Bruno Fournier, un négociateur sans états d&rsquo;âme qui lâche un <em>« A la fin, c&rsquo;est toujours une question d&rsquo;argent »</em> qui résume le fond du problème. En sortant de la salle, on a des frissons à l&rsquo;idée d&rsquo;aller dans une grande surface&#8230; A voir !</p>
<div id="attachment_20998" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20998" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_1-300x168.jpg" alt="&quot;Police Flash...&quot;: Yvon Kastendeuch (François Damiens&quot;, un flic à l'ancienne. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Police Flash&#8230;&nbsp;&raquo;: Yvon Kastendeuch<br />(François Damiens&nbsp;&raquo;, un flic à l&rsquo;ancienne. DR</p></div>
<p><strong>EIGHTIES.-</strong> Johnny Lansky est tombé. Mais ce n&rsquo;est pas au champ d&rsquo;honneur de la police nationale. Flic, Lansky l&rsquo;était assurément mais c&rsquo;était aussi une parfaite crapule qui en croquait allègrement avec les dealers qu&rsquo;il devait traquer. Mais voilà, le mythique Lansky à force de pousser le bouchon trop loin, s&rsquo;est fait fumer. Fin de parcours sur le marbre d&rsquo;une morgue. Où son fidèle copain Yvon Kastendeuch pleure toutes les larmes de son corps. Tout en décidant de faire payer les auteurs du crime. Car Lansky, comme il est dit dans son oraison funèbre, était un vrai flic. Il buvait, fumait et roulait vite&#8230;<br />
Cependant, pour contrer les méthodes « à l&rsquo;ancienne » d&rsquo;Yvon, son supérieur le propulse à la tête de Police Flash 80, une « unité d&rsquo;élite » où il devra faire équipe avec Guilaine Roblot-Bernard, major de sa promo à l&rsquo;école de police et… mère surmenée, Marfoud, un geek du minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue qui se cache derrière les activités culturelles d&rsquo;une MJC dirigée par le sémillant mais un peu trop charmant Luc Le Timal&#8230;<br />
Avec <strong>Police Flash 80</strong> (France – 1h21. Dans les salles le 18 mars), Jean-Baptiste Saurel signe une comédie policière vintage qui se déroule au mitan des années 80 alors que le trafic de drogue prend une réelle ampleur dans la capitale. Il lorgne pour cela du côté des films que Belmondo et Delon tournaient à cette époque-là. Un temps où les poulets avaient le calibre bien coincé dans la ceinture du jeans…<br />
En racontant les aventures d&rsquo;une brigade très improbable, le cinéaste s&rsquo;amuse évidemment à faire des digressions sur notre époque. <em>« Vous verrez,</em> dit un flic, <em>un jour, il y aura des guetteurs sur le toit des barres pour prévenir les dealers au bas des immeubles de l&rsquo;arrivée de la police&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20999" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20999" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAPoliceFlash80_2-300x168.jpg" alt="&quot;Police Flash...&quot; : Luc Le Timal (Thomas Ngijol) et Guilaine (Audrey Lamy). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Police Flash&#8230;&nbsp;&raquo; : Luc Le Timal (Thomas Ngijol) et Guilaine (Audrey Lamy). DR</p></div>
<p>Tout cela supposait un gros travail de reconstitution. Les décorateurs, les costumiers, les accessoiristes, le maquillage, les coiffeurs avaient du pain sur la planche et ils s&rsquo;en sortent à leur avantage. Evidemment, la bande-son du film est au diapason avec <em>Nuit sauvage</em> (<em>« La nuit est chaude&#8230; »</em>) des Avions, <em>Paris Latino</em> de Bandolero, <em>Kolé Séré</em> de Philippe Lavil, <em>Etienne Etienne</em> de Guesch Patti, <em>Pas toi</em> de Jean-Jacques Goldman ou <em>Le lac du Connemara</em> de Michel Sardou, le chanteur préféré d&rsquo;Yvon Kastendeuch&#8230;<br />
A propos de ce film allègre et marrant, Thomas Ngijol, père de l&rsquo;idée originale, co-scénariste et interprète de Luc Le Timal, explique : <em>« Ce projet, c’est une espèce de fantasme de jeunesse. J’ai toujours voulu créer un film de flics qui chassent un grand méchant et veulent éradiquer le fléau de la drogue. C’était le grand sujet des années 80, les intrigues terroristes n’existaient pas. »</em><br />
Le grand plaisir de ce film jubilatoirement rétro, c&rsquo;est évidemment de voir le brillantissime François Damiens en beauf complet, flic pourri et inconscient qui, à propos de son usage du code de déontologie, affirme qu&rsquo;il <em>« se torche avec&#8230; »</em> Au grand dam de Guilaine (Audrey Lamy), Roberto (Xavier Lacaille) et Mafoud (Brahim Bouhlel) sans oublier Philippe Rebbot en commissaire bien ripou&#8230; Joyeusement ringard et pas mal nostalgique !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Victor Hugo, Alfred Hitchcock et aussi des balles jaunes et orange</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 12:22:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[PERE.- Robert Zucchini a tout d&#8217;un homme ordinaire. D&#8217;ailleurs, il va, tous les matins, à la boulangerie de son quartier parisien pour s&#8217;acheter son petit pain. Mieux, il bavarde avec la boulangère et sa jeune stagiaire. Mais quand Zucchini franchit les portes du théâtre, c&#8217;est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l&#8217;oeuvre [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_20984" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20984" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor1-300x176.jpg" alt="&quot;Victor...&quot;: Robert Zucchini (Fabrice Lucchini) en scène. DR" width="300" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Victor&#8230;&nbsp;&raquo;: Robert Zucchini (Fabrice Lucchini)<br />en scène. DR</p></div>
<p><strong>PERE.-</strong> Robert Zucchini a tout d&rsquo;un homme ordinaire. D&rsquo;ailleurs, il va, tous les matins, à la boulangerie de son quartier parisien pour s&rsquo;acheter son petit pain. Mieux, il bavarde avec la boulangère et sa jeune stagiaire. Mais quand Zucchini franchit les portes du théâtre, c&rsquo;est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l&rsquo;oeuvre de Victor Hugo. Chaque soir, il remplit la salle et comble les spectateurs en leur transmettant son amour des mots. Parlant de la perte de Léopoldine, la fille de 19 ans ou évoquant avec fougue <em>Booz endorm</em>i… <em>« Ruth songeait et Booz dormait ; l&rsquo;herbe était noire ;</em><br />
<em> Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;</em><br />
<em> Une immense bonté tombait du firmament ;</em><br />
<em> C&rsquo;était l&rsquo;heure tranquille où les lions vont boire. »</em><br />
Pourtant l&rsquo;acteur semble aussi traîner une douce mélancolie lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas en scène. Un jour, il apprend la disparition de celle qui fut autrefois sa femme et la mère de Lisbeth, cette fille qu&rsquo;il a complètement perdu de vue. Et si c&rsquo;était enfin le moment de renouer le lien ? Et si, pour une fois, aimer valait mieux qu&rsquo;admirer ?<br />
<strong>Victor comme tout le monde</strong> (France – 1h28. Dans les salles le 11 mars), c&rsquo;est de l&rsquo;absolu sur-mesure pour Fabrice Luchini, présent constamment à l&rsquo;image. Du personnage de Robert Zucchini, le réalisateur Pascal Bonitzer dit : <em>« Ce n&rsquo;est pas Fabrice. C’est un personnage issu d&rsquo;un monde parallèle. À la fois complètement lui et pas du tout. Il faut d&rsquo;ailleurs dire un mot sur le spectacle qu’interprète Zucchini. Parce que l’on pourrait croire que le scénario a été écrit à partir du spectacle que Fabrice fait sur Hugo. Alors que c&rsquo;est le contraire. Au moment de l’écriture du scénario, ce spectacle d’ailleurs prodigieux n’existait pas encore…. »</em> Mais, et ce serait dommage, le film ne se prive pas de se servir des représentations de Fabrice Lucchini au Théâtre de la Porte Saint-Martin. Différentes soirées ont été enregistrées. Des moments spécifiques du spectacle, plus ou moins en rapport avec la fiction, ont été mêlés à des scènes écrites dans le scénario comme celle où Zucchini paraît sur le point de perdre la maîtrise de sa représentation, notamment à cause d’incidents comme la survenue de Lisbeth parmi les spectateurs.</p>
<div id="attachment_20985" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20985" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAVictor2-300x176.jpg" alt="&quot;Victor...&quot;: Zucchini et sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) à Guernesey. DR" width="300" height="176" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Victor&#8230;&nbsp;&raquo;: Zucchini et sa fille Lisbeth<br />(Marie Narbonne) à Guernesey. DR</p></div>
<p>Dans cette histoire écrite par Sophie Fillières avant sa disparition prématurée en 2023, Robert Zucchini est à la fois un petit peu Fabrice Lucchini et en même temps pas du tout lui puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une fiction. C&rsquo;est justement ce jeu qui donne tout son charme à <strong>Victor comme tout le monde</strong>. Les fans de Fabrice Lucchini trouveront, ici, de quoi satisfaire leur passion et il en va probablement de même pour les amateurs de Victor Hugo. Auquel Zucchini/Lucchini rend un bel hommage quasiment lyrique.<br />
Au final, voici un film en trompe-l’œil, un feuilleté temporel et imaginaire où les fictions s&rsquo;interpénètrent. Entre Hugo et Zucchini, passé et présent, fantasmes et réalité, deux hommes perdus, chacun à leur manière, apparaissent drôles et mélancoliques, tendres et âpres. Et c&rsquo;est touchant à souhait.</p>
<div id="attachment_20978" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20978" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage1-300x125.jpg" alt="&quot;Le crime...&quot;: Colette (Laetitia Casta) et François (Gilles Lellouche). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le crime&#8230;&nbsp;&raquo;: Colette (Laetitia Casta)<br />et François (Gilles Lellouche). DR</p></div>
<p><strong>SUSPENSE.-</strong> François Tarnowski est écrivain et, dans son bel appartement parisien, il sort de son pyjama pour endosser les moustaches et les tenues 19<sup>e</sup> siècle de son personnage principal, le marquis de la Rose, qui croise le fer avec de sombres individus. Sa compagne, Colette Courreau, enseigne le cinéma à la Sorbonne et s&rsquo;est imposée comme une spécialiste de l&rsquo;oeuvre d&rsquo;Alfred Hitchcock. Un jour, un nouveau voisin s&rsquo;installe en face de chez eux, un étage en-dessous. Yann Kerbec est un acteur qui joue Shakespeare dans un théâtre du 13<sup>e</sup> arrondissement. Ils invitent ses nouveaux voisins à une représentation de son <em>Hamlet</em>. Colette est ravie. François ronchonne. Les choses vont prendre une inquiétante tournure lorsqu&rsquo;à sa fenêtre sur cour, Colette voit Kerbec menacer et frapper sa femme&#8230;<br />
Evidente déclaration d&rsquo;amour au cinéma, <strong>Le crime du 3<sup>e</sup> étage</strong> (France – 1h44. Dans les salles le 11 mars) est un joyeux exercice de style. Avec ses fulgurances bienvenues et, évidemment, ses limites.<br />
<em>« Comme dans tous les films qui mélangent plusieurs genres,</em> dit le cinéaste, <em>la complexité de ce projet a été surtout de bien doser l’humour, le suspense et la comédie romantique, ne pas privilégier un genre plus qu’un autre et trouver les bonnes transitions. Je me suis toujours senti plutôt à l’aise dans la tragi-comédie, j’aime désamorcer le drame par l’humour, passer du chaud au froid, mais là, la difficulté était d’y ajouter en plus une dose de suspense à la Hitchcock. »</em></p>
<div id="attachment_20979" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20979" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAACrime3eetage2-300x125.jpg" alt="&quot;Le crime...&quot;: Yann Kerbec (Guillaume Gallienne). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le crime&#8230;&nbsp;&raquo;: Yann Kerbec<br />(Guillaume Gallienne). DR</p></div>
<p>De fait, le huitième long-métrage de Rémi Bezançon après de jolis moments de cinéma (<strong>Ma vie en l&rsquo;air</strong> en 2005, <strong>Le premier jour du reste de ma vie</strong> en 2008 ou <strong>Le mystère Henri Pick</strong> en 2019), se veut un jeu de piste qui repose sur le fameux <strong>Fenêtre sur cour</strong> (1954). Un film-culte dans lequel Sir Alfred (on le voit passer dans le film comme dans ses propres rituelles apparitions) décide de ne jamais déplacer la caméra hors de l’appartement de Jeff (James Stewart), un reporter-photographe immobilisé dans un fauteuil roulant à la suite d&rsquo;un accident. Tout comme Colette Courreau, Jeff voit ou croit voir un meurtre commis dans un appartement de l&rsquo;autre côté de la cour. <strong>Le crime…</strong> est donc l&rsquo;occasion de multiples hommages et clins d&rsquo;oeil à Hitch.<br />
Gilles Lellouche en écrivain quelque part entre Vidocq et Agatha Christie et Laetitia Casta en enquêtrice amateure se font manifestement plaisir. Hitch disait qu&rsquo;il fallait filmer les scènes d&rsquo;amour comme des scènes de meurtre et inversement. Ici, l&rsquo;enquête menée par François et Colette va leur permettre de sortir de leur routine quotidienne et de donner un nouvel élan à leur couple.<br />
Hitch, toujours lui, affirmait que plus le méchant est réussi, plus le film est bon. Guillaume Gallienne se charge donc de faire de son Kerbec un type suffisamment inquiétant. Quant au moment où François s&rsquo;en va visiter l&rsquo;appartement de Kerbec, c&rsquo;est une séquence palpitante en forme de précis sur la manière dont Hitchcock considérait le suspense… Sympa.</p>
<div id="attachment_20980" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20980" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro1-300x200.jpg" alt="&quot;Il maestro&quot;: Raul Gatti (Pierfrancesco Favino). DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Il maestro&nbsp;&raquo;: Raul Gatti<br />(Pierfrancesco Favino). DR</p></div>
<p><strong>PERIPLE.-</strong> A treize ans, Felice Milella, est un gamin qui tape durement dans la balle de tennis. Mieux (ou pire…), il porte aussi sur ses épaules les espoirs de Pietro, son père, ingénieur des télécoms, qui a tout imaginé pour que son fils devienne une star de la terre battue. Après des années d’entraînement intensif et de discipline stricte, l’heure est venue pour Felice de participer à des tournois nationaux de tennis. Pour maximiser les chances du gamin, son père le confie à Raul Gatti, qui se présente comme un ancien champion qui a tutoyé autrefois les sommets des compétitions nationales.<br />
Nous sommes à la fin des années 80 (la b.o. aligne des titres <em>eighties</em>), c&rsquo;est l&rsquo;été et le temps des tournois. Quittant le cocon familial, « Feli » part sur les routes avec son nouveau coach. Pietro Milella, qui a mis tous ses moyens dans la rétribution de Gatti, tambourinait toujours : <em>« Pas de risque, du jeu simple »</em> tout en alignant les codes pour toutes les situations de jeu. <em>« Les gosses de riches, c&rsquo;est joli. Nous, c&rsquo;est efficace&#8230; »</em> Raul Gatti, lui, voit les choses de manière beaucoup plus libre. <em>« Tu t&rsquo;éclates comme ça ? »</em> demande-t-il à un Felice très appliqué. Et puis si, avant de jouer au tennis, le gamin devait d&rsquo;abord goûter aux bonnes choses de l&rsquo;existence ? Raul ne répète-t-il pas : <em>« La vie nous sourit »</em>.<br />
Avec <strong>Il maestro</strong> (Italie – 2h05. Dans les salles le 11 mars), le réalisateur Andrea Di Stefano voulait, dit-il, <em>« célébrer les mentors imparfaits, des figures marquées par des passés douloureux, mais avec un grand cœur, capables de nous ouvrir les yeux et de changer nos vies&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_20981" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20981" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAMaestro2-300x199.jpg" alt="&quot;Il maestro&quot;: Felice (Tiziano Menicelli). DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Il maestro&nbsp;&raquo;: Felice (Tiziano Menicelli). DR</p></div>
<p>A la suite de « Feli » et de Gatti, le cinéaste italien, pour sa quatrième réalisation (après <strong>Paradise Lost</strong> en 2014, <strong>The Informer</strong> en 2019 et <strong>Dernière nuit à Milan</strong> en 2023) a donc imaginé une comédie « à l&rsquo;italienne » dans la mesure où elle fait parfois songer aux <strong>Vitelloni</strong> felliniens (1953) ou plus évidemment encore au<strong> Fanfaron</strong> (1962) de Dino Risi. De fait, Raul Gatti, hâbleur aussi paumé que dépressif, a parfois les traits du Cortona incarné par Vittorio Gassman. Comme lui, Gatti est un dragueur joli coeur qui a tout raté. Pierfrancesco Favino, vu dans <strong>Romanzo criminale</strong> mais aussi dans <strong>Le comte de Monte Cristo</strong>, lui apporte une fragilité pathétique bienvenue.<br />
Cependant <strong>Il maestro</strong> oscille entre le film de sport avec les sacrifices et la difficile ascension d&rsquo;un jeune talent (Tiziano Menichelli) et le portrait d&rsquo;un individu quasiment au bout du rouleau qui va croiser, sur son chemin, des personnages, et notamment des femmes (son ex-entraîneure, ses ex-compagnes), qu&rsquo;il a clairement déçues… Même s&rsquo;il y a de jolis moments dans ce périple, on reste pourtant sur notre faim.</p>
<div id="attachment_20982" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain1.jpg"><img class="size-medium wp-image-20982" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain1-300x200.jpg" alt="&quot;Le rêve...&quot;: Jéremy (Raphael Quenard) et Bouna (Jean-Pascal Zadi) à New-York." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le rêve&#8230;&nbsp;&raquo;: Jéremy (Raphael Quenard)<br />et Bouna (Jean-Pascal Zadi) à New-York.</p></div>
<p><strong>BASKET.-</strong> Personne n&rsquo;aurait parié sur Jérémy Medjana, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna Ndiaye, lorsqu&rsquo;il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d&rsquo;anglais plutôt approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent dans la NBA, la prestigieuse ligue américaine de basket-ball professionnel. Et pourtant ! Les deux amis croient à leur bonne étoile et plus encore à leur rêve américain. Malgré les obstacles, multiples et de taille, ces deux-là s&rsquo;accrochent. Bien sûr, personne ne les attend outre-Atlantique. Et les agents de joueurs du cru sont plus enclins à les arnaquer qu&rsquo;à leur faciliter la tâche. Mais le tandem a des atouts dans ses manches, y compris des joueurs français de talent. Reste maintenant à leur faire passer les fameuses « Drafts », ces moments annuels tant attendus où les franchises NBA sélectionnent des jeunes joueurs universitaires ou étrangers pour renforcer leurs effectifs&#8230;<br />
<strong>Le rêve américain</strong> (France – 2h01. Dans les salles le 18 février) raconte une histoire vraie, celle de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux agents de basket partis de rien et devenus en une quinzaine d’années, avec leur société Comsport, les premiers pourvoyeurs de talents français pour la NBA.<br />
Connu pour des films comme <strong>Les gamins</strong> (2013), <strong>Robin des Bois, la véritable histoire</strong> (2015) et <strong>Play</strong> (2019), Anthony Marciano s&rsquo;est donc emparé de cette belle histoire de réussite pour donner ce qui est, de toute évidence, un pur <em>feel good movie</em> doublé d&rsquo;un joyeux <em>buddie-movie</em>. Le film fait en effet la part belle à deux personnages qui passent par tous les stades de la dépression (ils installent leur « bureau » à l&rsquo;arrière d&rsquo;un pressing chinois) comme de l&rsquo;optimisme dans la poursuite d&rsquo;un plan qui consiste tout bonnement à « exister » dans l&rsquo;univers et le business (qu&rsquo;on sent féroce) de la NBA.</p>
<div id="attachment_20983" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain2.jpg"><img class="size-medium wp-image-20983" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/03/AAAReveAmericain2-300x200.jpg" alt="&quot;Le rêve...&quot;: dans l'attente des résultats de la Draft. Photos Mika Cotellon" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le rêve&#8230;&nbsp;&raquo;: dans l&rsquo;attente<br />des résultats de la Draft.<br />Photos Mika Cotellon</p></div>
<p>Pour cela, le cinéaste peut s&rsquo;appuyer sur deux comédiens qui se donnent comme… des basketteurs sur un plateau de NBA. On a nommé Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard qui portent Bouna et Jérémy avec verve tant dans leurs moments de grande naïveté que de belle exaltation. Les films sur ou autour du sport ne sont pas toujours de longs fleuves tranquilles. Si <strong>Marty Supreme</strong> est un succès, le <strong>Mercato</strong> avec Jamel Debbouze fut un rude échec&#8230;<br />
On prend plaisir à suivre cette histoire dans laquelle on croise Nicolas Batum ou Rudy Gobert (enfin, les acteurs qui les incarnent) et où l&rsquo;on aperçoit in fine l&rsquo;ombre d&rsquo;une star surnommée Wendy. Un success-story française ! Parce que <em>«le bambou qui flanche est plus fort que le chêne qui résiste»</em>, non ?</p>
<p>&nbsp;</p>
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