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		<title>L&#8217;abandon de Gabrielle, la question du colonel Stagg et le voyage de Babi</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 13:58:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21614" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21614" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1-300x200.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Gabrielle Conti (Léa Drucker) à l'hôpital. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Gabrielle Conti (Léa Drucker)<br />à l&rsquo;hôpital. DR</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Chirurgienne spécialisée dans le domaine des greffes, notamment maxillo-faciales et cheffe de service dans un hôpital public, Gabrielle Conti est une femme active qui se dévoue corps et âme à son métier et qui court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Alors, quand le soir venu, elle rentre à la maison, il lui arrive de craquer devant la désinvolture des grands enfants de son mari. Lasse, dit-elle de la tension qui parasite son couple avec Henri, elle se demande si elle ne va pas retourner vivre dans son appartement d&rsquo;avant.<br />
Un jour, une romancière demande à venir quelques semaines dans le service du docteur Conti pour les besoins d’un livre. Gabrielle Conti apprécie le contact de cette Frida qui lui envoie un gros bouquet de fleurs et lui dira : <em>« J&rsquo;aimerais vous revoir »</em>. Elle accepte aussi d&rsquo;aller assister à un spectacle de danse en appartement avec Frida. Dans l&rsquo;obscurité, Frida lui glisse qu&rsquo;elle lui plaît, qu&rsquo;elle a envie de l&rsquo;embrasser. Mais Gabrielle dit non. Pourtant son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?<br />
C&rsquo;est par de lumineuses et d&rsquo;abord indéchiffrables images d&rsquo;étreinte physique filmées en très gros plan que s&rsquo;ouvre <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> (France – 1h38. Dans les salles le 9 septembre), le deuxième long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet après <strong>Les amours d&rsquo;Anaïs</strong> (2021) qui mettait déjà aux prises deux femmes (Anaïs Demoustier et Valeria Bruni-Tedeschi) autour d&rsquo;un sentiment amoureux.<br />
Faisons fi d&rsquo;entrée des accusations de stéréotypes bourgeois que le film a provoqué, pour dire que voilà un beau portrait de femme. C&rsquo;est à la fois sensible, dense, tonique et bouleversant dans le sens où l&rsquo;on assiste à une rupture, un abandon même, dans le parcours d&rsquo;une femme toujours sur la brèche, toujours à l&rsquo;écoute des autres et qui, soudainement, va un peu plus fortement penser à elle-même.<br />
<em>« Il était très important,</em> dit la cinéaste, <em>qu’émane de Gabrielle quelque chose d’exaltant pour les spectatrices et les spectateurs. À son âge, elle n’est pas « sur la pente descendante », bien au contraire : elle est épanouie, active, en mouvement, capable d&rsquo;aller vers son plaisir comme d’affronter l&rsquo;adversité. C’est une femme libre, qui a choisi sa vie et ne se pose jamais en victime. »</em></p>
<div id="attachment_21615" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21615" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2-300x180.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Frida (Mélanie Thierry) et Gabrielle. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Frida (Mélanie Thierry)<br />et Gabrielle. DR</p></div>
<p>Dans un récit construit en chapitres (Je veux tout, Alter ego, Reconstruction, D&rsquo;où l&rsquo;on vient, Non, La pitié, Encore, Dérapages, La fin d&rsquo;un couple, L&rsquo;abandon, Colloque sentimental), Charline Bourgeois-Tacquet articule, avec des respirations différentes, des temps dans la vie de Gabrielle. Il en va ainsi de son travail à l&rsquo;hôpital et de sa dimension quasi-documentaire (le dialogue du médecin avec un patient souffrant d&rsquo;une tumeur à la langue est impressionnant de souffrance tue et d&rsquo;empathie) mais aussi des relations avec sa mère (Marie-Christine Barrault, émouvante) atteinte de la maladie d&rsquo;Alzheimer. <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> prend un tour plus romanesque et sentimental lorsque la réalisatrice scrute les moments privés en compagnie de Frida que Mélanie Thierry porte avec douceur et même une pointe de virilité.<br />
Le récit est traversé, en son centre, par une sortie en montagne où Gabrielle se retrouve dans la nature, dans un décor exceptionnel (avec Erri De Luca en écrivain ermite dans le chalet où elle séjourne), totalement en rupture avec son environnement habituel très urbain, très enfermé. C&rsquo;est là que, pour la première fois, avec Frida, elle se retrouve dans une situation où elle ne maîtrise rien.<br />
Traitée tour à tour de Robocop, de guerrière (Gabrielle évolue dans un univers hospitalier en tension dont le film se fait le rude écho) ou de moine-soldat, l&rsquo;héroïne de <strong>La vie…</strong> est une femme accomplie, qui s’est déployée sans renoncer à rien et sans rien devoir à personne.<br />
Avec une puissante sensualité et une grâce permanente, Léa Drucker en impose, une fois de plus, dans un personnage très touchant qui affirme <em>« Je ne suis pas une victime parce que je suis une femme »</em>.</p>
<div id="attachment_21612" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21612" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1-300x199.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: le colonel Stagg (Andrew Scott) et Kay Summersby (Kerry Condon). DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: le colonel Stagg (Andrew Scott)<br />et Kay Summersby (Kerry Condon). DR</p></div>
<p><strong>MÉTÉO.-</strong> Dans une mer couleur de sang, un soldat flotte, les yeux dans le vide… Nous sommes en avril 1944 et l&rsquo;<em>Opération Tigre</em>, dernière répétition (ultra-secrète) dans le sud de l&rsquo;Angleterre avant le débarquement de Normandie, est un fiasco. Le général Dwight D. Eisenhower, chef du <em>Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force</em>, en gardera toujours un goût amer dans la bouche. A cause de nombreuses erreurs, défaillances et accidents et d&rsquo;une attaque surprise de vedettes lance-torpilles allemandes, 749 soldats américains seront tués…<br />
Afin de mettre toutes les chances de son côté dans ce qui sera le plus grand débarquement de tous les temps, le haut commandement allié exige d&rsquo;avoir les informations météorologiques les plus précises. Chef météorologue de la Royal Air Force, le <em>group captain</em> James Stagg est convoqué auprès d&rsquo;Ike Eisenhower. A l&rsquo;heure du petit déjeuner, il quitte sa femme enceinte, proche de l&rsquo;accouchement. Immédiatement, dans une atmosphère loin d&rsquo;être sereine, commencent des heures difficiles. La météo n&rsquo;est pas une science exacte et Stagg se retrouve confronté à son homologue américain Irving Kirk dont il estime que les méthodes de travail sont obsolètes.<br />
Quant à Ike, il se moque de la rivalité entre l&rsquo;Anglais et l&rsquo;Américain. Il met Stagg face à un choix impossible : attaquer malgré l&rsquo;incertitude liée à une météo très mauvaise ou risquer de perdre la guerre.<br />
<strong>Pressure</strong> (USA – 1h40. Dans les salles le 9 septembre), c&rsquo;est une sorte de préambule, version météo, au<strong> Jour le plus long</strong> (1962). Connu pour <strong>Attaque à Mumbaï</strong> (2018) sur les attaques terroristes de novembre 2008 en Inde, le cinéaste australien Anthony Maras a trouvé le point de départ de son film dans une pièce de théâtre écrite, en 2012, par David Haig pour le Lyceum Theatre d&rsquo;Edimbourg autour d’un véritable héros écossais pourtant inconnu du grand public.</p>
<div id="attachment_21613" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21613" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2-300x200.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: Le général Eisenhower (Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: Le général Eisenhower<br />(Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR</p></div>
<p>Eminent météorologue connu des seuls spécialistes, James Stagg eut la lourde tâche de décider de la date du Débarquement. Tandis qu&rsquo;Eisenhower avait choisi le 4 juin pour l&rsquo;attaque en Normandie, Stagg, seul contre tous, refusa cette date, considérant que la météo du jour vouait l&rsquo;opération à la catastrophe. Pourtant le 4 juin au matin, il fait un superbe soleil sur le sud de l&rsquo;Angleterre…<br />
Malgré son titre original un peu abscons (pour le coup, le film aurait mérité un titre français), <strong>Pressure</strong> est un bon moment de cinéma qui sait utiliser aussi bien les éléments historiques réels que mettre en scène les questionnements et les troubles de personnages pris dans une tempête… A la manière du cinéma classique hollywoodien (on pense au principal personnage féminin, celui de Kay Summersby, la proche assistante d&rsquo;Eisenhower, femme discrète et indispensable incarnée par Kerry Condon), <strong>Pressure</strong> (on a saisi évidemment la symbolique de la pression) réussit à nous embarquer dans une histoire qui devient palpitante sur fond de nuages, de vent et de pluie !<br />
Les comédiens sont au diapason avec un Stagg (Andrew Scott), taiseux mais bouillonnant à l&rsquo;intérieur, un Kirk (Chris Messina) ironique et très sûr de lui et un Eisenhower (Brendan Fraser) massif et seul face à des décisions cruciales.<br />
Grâce à Stagg, le <em>D-Day</em> aura lieu le 6 juin 1944. Ike dira : <em>« Nous n&rsquo;accepterons rien de moi que la victoire totale »</em>. Plus sobre, le météorologue constatera : <em>«  Le temps ne sera pas parfait mais ça suffira. </em>» Ensuite, il fallut aller sur les plages de Sword, Utah, Juno, Gold et Omaha.</p>
<div id="attachment_21611" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21611" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1-300x200.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Babi (Kad Merad) et Lucie (Marie Gillain) dans le bus." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Babi (Kad Merad)<br />et Lucie (Marie Gillain) dans le bus.</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Sur son lit parisien, dans les années 70, un vieil homme entouré des siens, se souvient des années où la France cessait, sous la double menace de Pétain et des nazis, d&rsquo;être la terre des libertés. Dans le Paris de 1939, cet homme, Babi Maklouf Benhamou, exerce le plus beau métier du monde. Amoureux des arts, il est gardien de nuit au musée du Louvre. Cela lui permet de dialoguer à loisir avec Napoléon et Joséphine lorsqu&rsquo;ils sortent du tableau de David ou de saluer avec respect Diane chasseresse.<br />
Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et les Allemands avancent sur Paris. Jacques Jaujard, le conservateur du musée, décide d&rsquo;organiser le sauvetage secret des œuvres d’art pour éviter qu&rsquo;elles ne tombent aux mains des nazis. Babi se voit confier un vieil autobus dans lequel il charge des œuvres d&rsquo;art et notamment la très fameuse <em>Joconde</em> mais aussi toute sa bruyante tribu qu&rsquo;il n&rsquo;entend pas un instant laisser derrière lui. Et voilà Babi, derrière son volant, sur les routes de l&rsquo;exode. Mission : emporter les œuvres très loin, du côté de Pau, pour les y mettre à l&rsquo;abri…<br />
C&rsquo;est en songeant à Babi, son grand-père qu&rsquo;Elie Chouraqui a mis en chantier <strong>Les héros du Louvre</strong> (France – 1h44. Dans les salles le 9 septembre) pour raconter une aventure familiale épique et dangereuse à travers la France occupée.<br />
<em>« Il y a quelques années,</em> dit le cinéaste, <em>j’ai écrit un abécédaire pour Calmann-Lévy dans la collection Le dictionnaire de ma vie. À la lettre H, le mot héros s’est imposé à moi. J’ai immédiatement pensé à Babi, mon grand-père. Parce qu’il incarne le genre de héros qui me fascine le plus : celui qui accomplit son devoir dans l’ombre et dans l’anonymat, au moment où il estime qu’il est indispensable de le faire, même s’il doit mettre sa vie et celle de ses proches en danger&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21610" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21610" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2-300x150.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Une famille dans la tourmente. Photos Stéphanie Branchu" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Une famille dans la tourmente.<br />Photos Stéphanie Branchu</p></div>
<p><strong>Les héros…</strong> raconte donc une odyssée placée sous le signe du courage, de l&rsquo;amour de l&rsquo;art et… des siens, de la générosité mais aussi d&rsquo;une peur incommensurable qui fut celle des Juifs dans la France de 39-45. Dans la nuit, sur des routes sans lumière, Babi et sa famille chantent <em>Frou-frou</em> pour ne pas sombrer.<br />
En s&rsquo;appuyant sur une grosse distribution avec Kad Merad et Marie Gillain en tête d&rsquo;affiche, <strong>Les héros du Louvre</strong> est une plongée dans la France de l&rsquo;Occupation. On y trouve des séquences savoureuses comme la fausse délirante colère de Madame Benhamou contre son mari pour tenter d’échapper au contrôle nazi au passage de la Zone libre, d&rsquo;autres tragiques comme celle des enfants obligés de se recroqueviller sans bruit derrière un lit pour ne pas se faire repérer ou encore ahurissante comme la jeune fille, obligée de se soumettre à un examen médical pour prouver sa virginité à ceux qui la soupçonnaient, à tort, d’avoir couché avec un Boche.<br />
Las, au final, <strong>Les héros du Louvre</strong> a des allures de téléfilm avec toujours un peu quelque chose d&rsquo;un peu trop appuyé, à l&rsquo;instar de Kad Merad qui semble forcer le trait avec son Babi&#8230;</p>
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		<title>Les vies très pleines de Marta et Judith</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 16:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[COUPLE.- Au sortir d&#8217;une fête, Antonio et Marta se prennent la tête. « Pourquoi tu as fait la tête toute la soirée ? » ou « Pourquoi tout tourne autour de ton travail ? » ou « Comment tu fais pour éviter les choses qui te soûlent ? » et un « T&#8217;es normale et moi, je suis un connard » qui achève de convaincre Antonio [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21599" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21599" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1-300x224.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: Antonio (Elio Germano) et Marta (Alba Rohrwacher). DR" width="300" height="224" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: Antonio (Elio Germano)<br />et Marta (Alba Rohrwacher). DR</p></div>
<p><strong>COUPLE.-</strong> Au sortir d&rsquo;une fête, Antonio et Marta se prennent la tête. <em>« Pourquoi tu as fait la tête toute la soirée ? »</em> ou <em>« Pourquoi tout tourne autour de ton travail ? »</em> ou <em>« Comment tu fais pour éviter les choses qui te soûlent ? »</em> et un <em>« T&rsquo;es normale et moi, je suis un connard »</em> qui achève de convaincre Antonio qu&rsquo;il est peut-être temps de faire un break dans leur couple.<br />
Antonio est restaurateur et tient un établissement nommé <em>Senzafine</em> où ce chef en pleine ascension s&rsquo;applique à revisiter la cuisine classique romaine. Forcément, il a toujours l&rsquo;oeil sur les réseaux sociaux et les avis qui vantent ou non ses plats. Marta est prof de sport dans un lycée de la ville. Tandis que ses élèves s&rsquo;en vont après un match de volley, elle craque et balance, de colère, des ballons à travers le gymnase.<br />
Alors qu&rsquo;Antonio se réfugie derrière ses fourneaux, Marta, d&rsquo;abord rétive aux autres, va tenter de s&rsquo;ouvrir à sa sœur Elisa, actrice ratée, qui tente de se faire une place dans la gestion d&rsquo;un Rb&amp;B mais elle craque : <em>« Ne viens pas me dire comment vivre ma vie ! »</em> Finalement, c&rsquo;est à une effigie en carton ramassée à côté d&rsquo;une poubelle, qu&rsquo;elle parle le plus. Et Jicko, l&rsquo;un des rois de la k-pop coréenne, lui sourit en permanence.<br />
Peut-être parce qu&rsquo;elle se nourrit mal, Marta vomit régulièrement et souffre de troubles gastro-intestinaux. Des examens médicaux montrent qu&rsquo;elle est atteinte d&rsquo;un mal incurable. Mais Marta pense qu&rsquo;il lui reste du temps, de la marge, pour savourer encore, et de plus en plus, l&rsquo;existence. Parce qu&rsquo;il entend vivre la vie qu&rsquo;elle a envie de vivre.<br />
Seizième long-métrage d&rsquo;Isabel Coixet, <strong>Trois adieux</strong> (Italie/Espagne – 2h. Dans les salles le 2 septembre) s&rsquo;ouvre et s&rsquo;achève sur la murmuration des étourneaux. Pour ce vol magique des oiseaux, Marta connaît la théorie courante. Ils volent ainsi en nuée pour se protéger des prédateurs. Mais Marta croit que c&rsquo;est plutôt parce que, tout simplement, ils aiment danser et vivre.<br />
La cinéaste barcelonaise adapte, ici, <em>Tre ciotole</em>, le roman, paru en 2023, de l&rsquo;écrivaine sarde Michela Murgia (1972-2023), figure iconique de la culture italienne, capable de trouver de la beauté dans le quotidien et dans la vulnérabilité.</p>
<div id="attachment_21600" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21600" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2-300x225.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: le bonheur d'une glace. DR" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: le bonheur d&rsquo;une glace. DR</p></div>
<p><em>« Le film,</em> dit sa réalisatrice, <em>parle de l’être humain et de notre difficulté à communiquer, de l’amour et de la mort, de la douleur et de notre obsession à vouloir l’effacer quand, en réalité, on ne peut pas l’éliminer, seulement apprendre à vivre avec. Nous vivons dans une société centrée sur le matériel, où l’immatériel semble n’avoir aucune valeur jusqu’à ce que la souffrance, la maladie ou la séparation déchirent le décor. »</em><br />
A travers les parcours de Marta et d&rsquo;Antonio, qu&rsquo;Isabel Coixet croise régulièrement en usant d&rsquo;images anciennes de leur couple, c&rsquo;est un film plein de vitalité qui s&rsquo;impose sous nos yeux. Après une rupture qui l&rsquo;a plongée dans la souffrance, Marta se met à apprécier la vie autrement et comprend qu&rsquo;elle est courte et qu’elle ne mérite pas d’être perdue en angoisses inutiles. Qu&rsquo;il ne faut pas mourir avant l’heure mais bien vivre jusqu’au bout.<br />
Isabel Coixet fait de Rome (le film a été tourné pour l&rsquo;essentiel dans le quartier du Pigneto qui servit de décor à deux films de Pasolini) un vrai personnage et une cité fascinante et humaine mais elle met aussi, au coeur de son propos, la… gastronomie. Agostini, le collègue amoureux transi de Marta, cite le philosophe Feuerbach : <em>« Nous sommes ce que nous mangeons ».</em> Or Marta mange mal. La cuisine apparaît comme un fil invisible qui traverse tout et dit qui nous sommes. Manger peut être une façon de prendre soin de soi, mais aussi de se faire du mal. Et l&rsquo;une des plus belles scènes du film nous montre Marta dégustant une glace chocolat noir-fraise et vivant, enfin !, un pur plaisir quotidien. Comme si c&rsquo;était la première glace de sa vie. Ou la dernière. Entourée d&rsquo;Elio Germano (Antonio), Galatéa Bellugi (Silvia) ou Francesco Carril (Agostini), l&rsquo;actrice italienne Alba Rohrwacher, vue récemment dans <strong>Hors-saison</strong> de Stéphane Brisé, est une Marta bouleversante qui s&rsquo;en va, presque sur la pointe des pieds tandis que Nina Simone chante <em>I Get Along Without You Very Well</em> où un coeur se brise en deux&#8230;</p>
<div id="attachment_21597" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21597" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1-300x125.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Judith (Anouk Grinberg). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;:<br />Judith (Anouk Grinberg). DR</p></div>
<p><strong>QUOTIDIEN.-</strong> Dans une lumière triste, la brume matinale s&rsquo;étire sur une grande barre d&rsquo;immeubles du côté de Nancy. Judith Schneider se lève, enfile un pull, va à la fenêtre et regarde un paysage qu&rsquo;elle connaît depuis fort longtemps. Judith range des dossiers lorsqu&rsquo;on sonne à l&rsquo;interphone de son cabinet médical contigu à son appartement. Une jeune femme demande de l&rsquo;aide. Elle est à son huitième mois de grossesse et elle a perdu du sang. <em>« Je peux monter ? »</em> La médecin refuse. Le cabinet est fermé et même définitivement fermé. Le docteur Schneider arrête son activité. De surcroît, elle doit quitter sous peu son appartement, promis, comme l&rsquo;immeuble, à la pelle des démolisseurs.<br />
En allant acheter des cigarettes à un « marchand » à la sauvette, Judith aperçoit la jeune mère marchant au bord de la route. Elle fait monter cette jeune Aïda à bord et la conduit jusqu&rsquo;aux urgences. <em>« Je me souviens de vous ! Vous n&rsquo;êtes pas allée voir le gynécologue ? »</em> mais le praticien ne prend plus de nouvelles clientes.<br />
A l&rsquo;hôpital, Judith ronge son frein. Ce n&rsquo;est pas possible de faire une échographie à cette jeune femme ? Pendant ce temps, Aïda s&rsquo;en va. Elle a son copain au téléphone mais il ne peut pas venir tout de suite. <em>« Je vous emmène ailleurs&#8230; »</em> Ce sera une chic clinique privée où exerce Thomas, le fils de Judith. Là encore, on l&rsquo;accueille par un <em>« Sans rendez-vous, je ne peux rien faire »</em>. Mais Thomas fera ce qu&rsquo;il faut tandis qu&rsquo;Aïda demande à Judith d&rsquo;être à ses côtés. Thomas prévient : <em>« Tu te tais&#8230; »</em> Maël, le petit ami, viendra finalement récupérer sa compagne. En quittant la clinique, Judith suit le véhicule du jeune couple et remarque qu&rsquo;ils s&rsquo;engueulent. Soudain, Aïda s&rsquo;échappe de la voiture. Judith tente de la retrouver dans la ville, au milieu d&rsquo;une manifestation syndicale. Prise d&rsquo;une crise d&rsquo;asthme, Judith manque de s&rsquo;effondrer. Aïda la retrouve et réussit à lui injecter le produit qui la soulage… Les deux femmes retournent dans l&rsquo;appartement de la médecin. <em>« Vous ne savez pas ce que vous voulez faire avec votre copain ? »</em></p>
<div id="attachment_21598" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21598" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2-300x168.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR</p></div>
<p>Avec <strong>La dernière patiente</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 2 septembre), Rémi Bassaler signe son premier long-métrage et brosse le portrait de deux femmes étrangères l&rsquo;une à l&rsquo;autre et qui vont devenir essentielles l&rsquo;une pour l&rsquo;autre. D&rsquo;un côté, un médecin de quartier qui va s&rsquo;arrêter après trente ans de carrière, de l&rsquo;autre, une jeune femme, d&rsquo;origine albanaise, en couple avec un jeune type apparemment sympathique (Félix Lefebvre) mais qui ne cesse de la malmener. Deux femmes, chacune à leur manière, au bout de quelque chose. En utilisant bien un décor de grands immeubles promis à la destruction (le film a été tourné dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy et notamment à la Tour Panoramique) qui raconte une autre forme de violence, celle de la perte d&rsquo;une mémoire collective partagée, Bassaler imagine un échange, une amitié inattendue qui vient réchauffer l&rsquo;âme de l&rsquo;une et ressusciter des désirs vitaux chez l&rsquo;autre. Pour ce faire, le réalisateur a bâti deux personnages qui échappent aux stéréotypes. Avec sa silhouette de cow-boy féminine, Judith Schneider s&rsquo;est construit, comme probablement, beaucoup de médecins de quartier, une carapace, une dureté qui la coupe des autres. Le cinéaste réussit de belles scènes avec les échanges de regards entre Judith et son fils. Quant à Aïda, elle n&rsquo;est pas une victime passive. Elle est même dans la dissimulation, aux autres et sans doute à elle-même.<br />
Sur une période de 24 heures, <strong>La dernière patiente</strong> développe d&rsquo;abord une intrigue en forme de drame social avec des services hospitaliers publics à bout de souffle avant de basculer dans le thriller avec une soignante qui, pour protéger sa patiente, va jusqu’à dépasser toutes les limites…<br />
Anouk Grinberg (Judith) est d&rsquo;une sobriété parfaite et Luana Bajrami (Aïda) mêle avec complexité quelque chose de juvénile et de mature.</p>
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		<title>LES COUPS DE FOUDRE DE SUZANNE ET DE CECILIA</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 12:11:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVenusElectrique.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21577" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVenusElectrique-201x300.jpg" alt="Venus Electrique" width="201" height="300" /></a>LA VENUS ÉLECTRIQUE</strong><br />
Entrez, entrez, Mesdames et messieurs, venez voir à l’oeuvre l’impressionnante Vénus électrificata, celle qui, lorsque vous partagez un baiser avec elle, vous fait passer de l’électricité dans tout le corps ! Titus, patron du stand forain, se charge de faire la retape en promettant des vibrations, du vertige, de l’extase. Le coup de foudre, en somme… Dans le Paris de 1928, Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort d’Irène, son épouse. Armand, son galeriste, désespère. Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il va se retrouver à parler à Suzanne qui venait de se glisser dans la roulotte de la spirite pour y voler de la nourriture. Très vite, Suzanne montre de vrais dons pour l’imposture. Antoine est bouleversé et ravi de s’entretenir avec le fantôme d’Irène. Onzième long-métrage de Pierre Salvadori. <strong>La Vénus électrique</strong>, présenté en ouverture de Cannes 2026, est une charmante comédie dont on admire d’entrée l’élégante écriture et la belle maîtrise dans la mise en scène des états d’âme du malheureux Antoine et de la maligne Suzanne qui va doucement tomber amoureuse de l’homme qu’elle manipule, tout en devenant la porte-parole de sa propre rivale ! Au-delà des péripéties qui se succèdent à un rythme soutenu, <strong>La Vénus électrique</strong> séduit par ses décors colorés et dynamiques. On passe, dans la représentation très réussie d’une époque stylisée, de la fête foraine aux séances de voyance ou de la galerie d’art d’Armand à l’atelier d’Antoine. Par moments, comme tout cela se passe dans un Paris revisité par la magie du cinéma, on songe à l’univers d’<strong>Amélie Poulain</strong>. Ensuite il suffit de se laisser porter par la beauté des dialogues qui font la part belle aux sentiments amoureux, à l’extase et à la brûlure, à la culpabilité comme un contrepoison à l’égoïsme, à la porosité́ entre les morts et les vivants, le passé et le présent… <strong>La Vénus…</strong> est un remarquable récit visuel porté par de singuliers et parfois extravagants personnages. Suzanne est lasse d’être offerte au public et aspire à une autre vie. Antoine est rongé par la culpabilité. Il n’a plus de désir. Ni de courage. Ni celui de vivre, ni celui de mourir. Il végète et il boit. C’est un vivant-mort qui incarne aussi l’innocence au cœur du récit. Armand est un marchand sentimental et un traître pas très doué. Quant à Irène, l’épouse disparue, elle déjoue tous les stéréotypes et s’avère plus pygmalion que muse… Anaïs Demoustier (Suzanne), Pio Marmaï (Antoine), Vimala Pons (Irène) et Gilles Lellouche (Armand) sont tous excellents. Comme le lance, d’entrée, Titus aux badauds de la foire de Saint-Ouen : <em>« Ici ni magie, ni illusion, point de monstre, ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations. »</em> C’est effectivement ce que propose, avec grâce, <strong>La Vénus électrique</strong>. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVivaldiEtMoi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21578" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVivaldiEtMoi-201x300.jpg" alt="Vivaldi Et Moi" width="201" height="300" /></a><strong>VIVALDI ET MOI</strong><br />
Dans la Venise de 1716, Cecilia est une jeune enfant trouvée, recueillie à l&rsquo;Ospedale della Pietà. Elle a environ 16 ou 17 ans et supporte de plus en plus mal la discipline très stricte de l&rsquo;institution, dans laquelle elle vit quasiment cloîtrée. Violoniste avertie, elle est membre de l&rsquo;orchestre de jeunes filles de l&rsquo;Ospedale. Ces dernières apprennent en effet à jouer d&rsquo;un instrument et elles donnent, le dimanche, dans l&rsquo;église de l&rsquo;institution, dans la tribune, masquées aux yeux du public, un concert devant un public composé de familles nobles de la ville. Les concerts doivent être de la meilleure qualité car il importe que les riches Vénitiens poursuivent le financement des activités de l&rsquo;Ospedale… La nuit, Cecilia écrit, en secret, des lettres à sa mère, qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas connue, dans lesquelles elle exprime son ressentiment et son désarroi face à l&rsquo;abandon dont elle a été l&rsquo;objet, et son désir que celle-ci vienne la chercher. Les jeunes filles de l&rsquo;institution sont fréquemment destinées à un mariage avec une personne de condition, mais cela implique qu&rsquo;elles abandonnent la musique, une fois mariées. Violoniste talentueuse, Cecilia est promise en mariage avec le comte de Sanfermo, qu&rsquo;elle doit épouser dès son retour de la guerre contre les Turcs de 1714-1718. Cependant, la concurrence d&rsquo;autres ensembles musicaux vénitiens se fait plus pressante. Les donations à l&rsquo;Ospedale della Pietà diminuant, l&rsquo;institution engage le maestro Antonio Vivaldi pour diriger les jeunes musiciennes. Compositeur de génie (la bande son du film fait évidemment largement appel à son œuvre, notamment <em>Les quatre saisons</em>), Vivaldi est prêtre, de santé fragile et déchu après une expérience ratée comme impresario. Dès les premières auditions, Vivaldi remarque le talent de Cecilia. <em>« Nous avons notre premier violon ! »</em> lance-t-il rapidement. A la jeune femme, le « prêtre roux » explique qu&rsquo;elle a quelque chose de plus. Elle n&rsquo;est peut-être pas la violoniste la plus douée mais, dit-il, <em>« tu ne joues pas pour les louanges ! »</em>. Metteur en scène d&rsquo;opéra acclamé, l&rsquo;Italien Damiano Michieletto aborde le cinéma pour la première fois avec ce <strong>Primavera</strong> (en v.o.) inspiré du roman de Tiziano Scarpa <em>Stabat mater</em>, (2008), dont l&rsquo;approche est centrée sur la relation intime de l&rsquo;orpheline avec la musique. Avec la chanteuse Tecla Insolia en tête d&rsquo;affiche et Michele Riondino en Vivaldi, le film, reposant sur une belle reconstitution, s&rsquo;impose comme un drame historique et musical qui scrute la relation faite d&rsquo;une confiance mutuelle mais distante, entre une jeune musicienne et un maître du baroque. Sous forme de plongée dans la Venise du 18<sup>e</sup> siècle, le film narre aussi le drame personnel de Cécilia face au brutal Sanfermo auquel elle est promise et qui ruinera son existence. Un belle évocation de Vivaldi qui oeuvra quarante années durant à l&rsquo;Ospedale della Pietà et qui disait : <em>« Là où est la musique, il n&rsquo;y a pas de place pour le Mal »</em>. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAALesFilles.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21567" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAALesFilles-187x300.jpg" alt="Les Filles" width="187" height="300" /></a><strong>LES FILLES</strong><br />
Kusum est une jeune fille issue d’une famille pauvre du Sri Lanka rural. Travailleuse et obéissante, elle passe ses vacances au service de madame Kamalawathi et de ses garçons, dans un climat d’affection mutuelle. Brillant élève, l’aîné, Nimal, l’initie aux études et Kusum entre bientôt à l’internat pour parfaire son éducation. Quelques années passent et Nimal est de retour de l’université. Lorsqu’il revoit Kusum, c’est le coup de foudre. Mais la jeune fille se promet de ne pas céder à cet amour, estimant ne pas en être socialement digne… Réalisé en 1978, <strong>Les filles</strong> marque un tournant majeur dans le cinéma sri-lankais. Il s&rsquo;agit en effet du premier film réalisé par une femme, la surdouée Sumitra Peries. Surnommée la « poétesse du cinéma cinghalais », Sumitra Gunawardena-Peries (1935-2023) sort diplômée de la London School of Film Technique en 1959 et rejoint, comme assistante-réalisatrice, l&rsquo;équipe du prolifique cinéaste Lester James Peries, l&rsquo;une des grandes figures du cinéma au Sri Lanka, sur <strong>Le message</strong>, le second film de ce dernier. Elle épousera Lester James Peries quatre ans plus tard. Coup sur coup, elle connaîtra d&rsquo;énormes succès avec <strong>Les filles</strong> et <strong>Au bord de la rivière</strong> en 1980. A la fin des années 1990, la cinéaste a occupé le poste d&rsquo;ambassadrice du Sri Lanka en France et en Espagne ainsi qu&rsquo;auprès de l&rsquo;UNESCO. Optant pour une mise en scène tout en délicatesse, au noir et blanc empreint de poésie et de sensualité, la cinéaste dresse un portrait sensible de la condition féminine dans son pays. Dans le rôle de Kusum, la débutante Wasanthi Chathurani crève l’écran de sa beauté gracile et incarne à merveille la voix réduite au silence des jeunes femmes contraintes au renoncement. <strong>Les filles</strong> sort pour la première fois en Blu-ray dans sa nouvelle restauration 4K menée par la Film Heritage Foundation. Dans les suppléments, on trouve deux entretiens avec Ajith Jinadasa, l&rsquo;interprète de Nimal, qui évoque la méthode de la réalisatrice, axée sur le naturel et la spontanéité des jeunes acteurs. Pour sa part, Wasanthi Chathurani, l&rsquo;interprète de Kusum, se dit fière de la postérité du film de Sumitra Peries, quarante-sept ans après sa sortie. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATheEye.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21576" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATheEye-221x300.jpg" alt="The Eye" width="221" height="300" /></a><strong>THE EYE 1 &amp; 2</strong><br />
Travaillant ensemble ou séparément, les frères jumeaux Oxide et Danny Pang, nés le 11 novembre 1965 à Hong Kong, signent en 1999 leur premier film en commun avec <strong>Bangkok Dangerous</strong>, un hommage aux polars hongkongais des années 1990 se déroulant à Bangkok. C&rsquo;est le producteur thaïlandais Nonzee Nimibutr, meneur de la nouvelle vague thaïlandaise, qui finance le film après avoir remarqué le travail d&rsquo;Oxide Pang sur <strong>Who is Running</strong> (1997), film que son réalisateur qualifie de divertissement expérimental. <strong>Bangkok Dangerous</strong> connaîtra un succès international. Les deux frères rencontreront à nouveau la réussite internationale avec leur second film en commun <strong>The Eye</strong>, un thriller d&rsquo;horreur hongkongais-singapourien sorti en 2002. Aveugle depuis l&rsquo;âge de deux ans, Mun retrouve la vue grâce à une transplantation de la cornée. Après un court moment de bonheur, engendré par ce sens retrouvé, Mun se rend compte que les formes qu&rsquo;elle avait du mal à distinguer et qui l&rsquo;entourent sont des morts qui hantent les vivants… Après ce premier <strong>Eye</strong>, les frères prodiges du cinéma asiatique des années 2000 récidivent, en 2004, avec <strong>The Eye 2 : Renaissances,</strong> toujours dans le registre de l&rsquo;horreur et du fantastique. Joey Cheng fait une tentative de suicide lorsque Sam, son amant, refuse de quitter son épouse pour elle. Sauvée in-extremis, la jeune femme découvre bientôt qu&rsquo;elle est enceinte. D&rsquo;étranges phénomènes commencent à survenir de plus en plus fréquemment : miroirs brisés, apparitions d&rsquo;étranges personnes et en particulier une femme. Cherchant de l&rsquo;aide auprès d&rsquo;un bonze, Joey apprend que le fait d&rsquo;avoir frôlé la mort et d&rsquo;être enceinte ont ouvert une porte vers la dimension des spectres. Mais que veulent réellement ces fantômes qui la hantent ? Ces deux pépites de l&rsquo;horreur sont disponibles pour la première fois en Blu-ray et dans une restauration 4K UHD dans un beau coffret. Loin de se limiter aux codes de l’horreur, ces longs-métrages privilégient une approche atmosphérique où l’épouvante naît autant de l’émotion que du surnaturel. <strong>The Eye</strong> et<strong> The Eye 2 : Renaissances</strong> attestent du style singulier des frères Pang, au service d’un fantastique subtil, élégant et profondément humain. Dans les suppléments, on trouve, outre deux making-of (17 et 13 mn), <strong>Réflexions sur The Eye</strong> (22 mn), un entretien avec Peter Ho-Sun Chan, le producteur du film qui revient sur sa rencontre avec les frères Pang et sur le tournage de cette production panasiatique. Enfin <strong>Voir et ressentir : la vision, l&rsquo;empathie et le récit du fantôme au féminin dans The Eye</strong> (15 mn) est un essai visuel écrit et lu par la critique et spécialiste de l’horreur, l’Américaine Heather Wixson. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASymphoniePastorale.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21575" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASymphoniePastorale-216x300.jpg" alt="Symphonie Pastorale" width="216" height="300" /></a><strong>LA SYMPHONIE PASTORALE</strong><br />
A Rossinière, village reculé des montagnes suisses, au début du 20<sup>e</sup> siècle, le pasteur Jean Martens a recueilli Gertrude, une fillette aveugle, à demi-sauvage, qui parle et marche avec difficulté. Pour lui offrir une vie remplie de musique, de poésie et de beauté, il prend en charge son instruction et l&rsquo;élève chez lui avec son fils et sa fille. Il en fait la sœur de ses enfants malgré les réactions ombrageuses d&rsquo;Amélie, son épouse. Homme pieux et bienveillant, le pasteur voit en Gertrude, qui l&rsquo;appelle « mon père », une âme pure à protéger. Grandie, Gertrude est toujours aveugle, la femme du pasteur toujours acariâtre, le pasteur toujours attentif. Jacques, son fils, aime Gertrude et veut l&rsquo;épouser. Confusément jaloux, le pasteur refuse. L&rsquo;affection qu&rsquo;il peut ressentir pour elle se rapproche de plus en plus de l&rsquo;amour. Après une opération, la jeune fille retrouve la vue mais, déchirée entre son amour pour le jeune homme et sa reconnaissance pour le pasteur, elle choisit de s&rsquo;enfuir… Lorsqu&rsquo;en 1945, Jean Delannoy (1908-2008) s&rsquo;attèle à l&rsquo;adaptation du roman éponyme d&rsquo;André Gide, écrit en 1919, il est déjà un cinéaste largement reconnu auteur de films comme <strong>Macao, l&rsquo;enfer du jeu</strong> (1942) avec Erich von Stroheim, <strong>Pontcarral, colonel d&rsquo;Empire</strong> (1942) avec Pierre Blanchar ou<strong> L&rsquo;éternel retour</strong> (1943) avec Jean Marais et Madeleine Sologne. Même si l&rsquo;oeuvre est d&rsquo;un classicisme un peu raide, <strong>La symphonie pastorale</strong> est entrée dans la légende du 7<sup>e</sup> art en devenant le film qui remporta le Grand prix (l&rsquo;équivalent, aujourd&rsquo;hui, de la Palme d&rsquo;or) du premier Festival de Cannes en 1946. Une récompense partagée avec pas moins de dix films dont <strong>Rome ville ouverte</strong> de Roberto Rossellini, <strong>Le poison</strong> de Billy Wilder ou <strong>Brève rencontre</strong> de David Lean. Pour sa part, Michèle Morgan, avec le personnage de Gertrude, obtient le premier prix d&rsquo;interprétation féminine. Elle estimera plus tard que <strong>La symphonie…</strong> fut l&rsquo;un des nombreux films centrés sur son regard si particulier, souligné, dès 1938, par la réplique de Jean Gabin dans <strong>Quai des brumes</strong>. Autour de la question : peut-on aimer sans posséder ?, Delannoy a construit un film volontiers poétique et envoûtant qui sort en Blu-ray dans une version restaurée 4K Ultra HD. Autour de Michèle Morgan (Gertrude) et de Pierre Blanchar, un habitué du cinéma de Delannoy (il venait d&rsquo;être Lagardère dans <strong>Le bossu</strong>) qui incarne le pasteur Martens, on trouve Lino Noro (Amélie) et le jeune Jean Dessailly dans le rôle de Jacques, le fils du pasteur. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAArnaqueuse.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21562" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAArnaqueuse-176x300.jpg" alt="L'Arnaqueuse" width="176" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ARNAQUEUSE</strong><br />
Tout juste enceinte, Fanny, trentenaire, n’en peut plus de vivre avec son petit ami Virgil dans l’appartement surpeuplé de sa famille. Et elle se voit mal élever son futur enfant dans cet appartement. Bref, elle veut un appartement à eux, et plutôt à Paris que dans leur banlieue. Après quelques temps de galère, elle découvre le principe du viager, et après deux visites, tombe sur une vieille dame atteinte d’un cancer en phase 4 et hospitalisée à domicile, avec perfusions et respirateur. C&rsquo;est, pense-t-elle, la bonne affaire d&rsquo;autant que l&rsquo;appartement, avec ses parquets et ses moulures, a beaucoup de charme. Elle décide alors de signer rapidement, persuadée que la vieille dame va bientôt mourir et qu’ils pourront rapidement profiter de l’appartement. Las, Fanny et Virgil découvrent qu&rsquo;en réalité l&rsquo;élégante Madame Masséna est non seulement en pleine forme mais aussi pleine aux as. Pour le jeune couple, il va falloir s&rsquo;extirper d&rsquo;un solide piège… Co-réalisateur en 2022 avec Olivier Ducray, de la comédie <strong>Jumeaux mais pas trop</strong>, Wilfried Méance s&rsquo;empare, ici, d&rsquo;un sujet qui avait été traité, en 1972, par Pierre Tchernia derrière la caméra et Michel Serrault en tête d&rsquo;affiche sous le titre <strong>Le viager</strong>. Ici, nous avons aux prises un jeune couple avec Fanny, une femme dynamique (l&rsquo;humoriste Fadily Camara) et Virgil, un compagnon plutôt velléitaire (Jean-Pascal Zadi, également co-scénariste du film) face à une arnaqueuse de haut vol, personnage qui permet à Josiane Balasko de donner toute la mesure de son énergie et de son talent. Même si le film a quelques chutes de rythme, ce divertissement tient agréablement la route. Après l&rsquo;avoir vu, on fait plus attention quand on lit les petites annonces immobilières&#8230; (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADieMyLove.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21565" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADieMyLove-210x300.jpg" alt="Die My Love" width="210" height="300" /></a><strong>DIE MY LOVE</strong><br />
Au plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s’installent dans une maison en plutôt mauvais état. L’endroit a le mérite d’être calme. Il y a même un bureau qui permettra à Grace d’enfin écrire son grand roman américain. Alors, dans ce no man’s land aussi réel que rêvé, Grace et Jackson ont tout le temps de danser sur une musique à fond et aussi de copuler tout leur saoul. Dans le pré alentour, Jackson a installé un téléscope. <em>« Les étoiles,</em> considère-t-il, <em>me donnent l’impression de n’être rien »</em>. A quoi, Grace répond : <em>« L’univers, on s’en tape… »</em> Clairement, Grace ne va pas bien. Elle traverse son salon à quatre pattes, joue de l’harmonica, grogne, lèche la vitre d’une fenêtre et, assise dans le frigo, crache de l’eau alentour. Avant de s’allonger sur son lit et de se masturber longuement… <strong>Die my Love</strong> est le cinquième long-métrage de la cinéaste britannique Lynne Ramsay, aujourd’hui considérée comme l’une des réalisatrices majeures du cinéma d’auteur contemporain. Elle adapte, ici, <em>Crève, mon amour</em>, le premier roman de l’écrivaine argentine Ariana Harwicz, paru en 2012, et qui évoquait, dans un long monologue intime, les affres et les douleurs de la maternité vécus par une jeune mère en plein doute. <em>« Ce qui m’intéresse surtout,</em> dit la cinéaste, <em>c’est ce que la maternité vient changer dans la vie de ces femmes, justement. Grace est créative, c’est une écrivaine. Mais après avoir accouché, elle souffre du syndrome de la page blanche. Son compagnon est absent. Elle se sent coincée et très seule. Elle s’ennuie beaucoup, aussi. À partir de là, son esprit commence à se détraquer. »</em> <strong>Die my Love</strong> prend fréquemment des allures de conte fantastique en suivant au plus près cette Grace presque animale qui fonctionne à l’impulsion, dit des choses déplacées, se promène en sous-vêtements, tout cela pour tenter de ressentir quelque chose et se débarrasser d’une insupportable sensation d’engourdissement liée à l’isolement. Tout passe, ici, par la perception. <strong>Die my Love</strong> est une œuvre très musicale dans laquelle on entend , in fine, <em>Love Will Tear us Apart</em> qui suggère que l’amour existe encore, mais qu’il est devenu toxique, presque impossible. Pour incarner son couple bouleversé, la cinéaste met en scène deux stars. Robert Pattinson est un Jackson paumé qui ira jusqu’à placer sa femme dans une institution spécialisée. Jennifer Lawrence est une Grace anarchiste dans un maelstrom permanent d’isolement, de destruction, de perte, de douleur et de désir. Inconfortable mais fascinant. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPlusBelleToutes.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21570" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPlusBelleToutes-191x300.jpg" alt="Plus Belle Toutes" width="191" height="300" /></a><strong>HSI SHIH : LA PLUS BELLE DE TOUTES</strong><br />
Depuis la défaite de son pays face au royaume de Wu, Goujian, le roi de Yue, prépare sa vengeance. Il décide de confier une mission bien particulière à Hsi Shih. La belle jeune femme est envoyée à la cour ennemie dans le but de séduire Fucha, le roi de Wu, et devenir sa concubine. Grâce à son charme et sa ruse, Hsi Shih (la belle Chiang Ching) parvient à détourner l’attention du monarque. Pendant ce temps, le roi Goujian convoque secrètement ses alliés et son peuple afin de reconquérir ses terres… Mêlant intrigue politique, romance tragique et spectacle visuel, <strong>Hsi Shih : La plus belle de toutes</strong> illustre le talent du réalisateur hongkongais Li Han-hsiang (1926-1996) pour les reconstitutions historiques d’envergure. Portée par des décors somptueux, des costumes raffinés et une mise en scène ambitieuse, cette œuvre emblématique du cinéma taïwanais, lauréate de cinq Golden Horse Awards en 1965, interroge les rapports entre beauté, pouvoir et sacrifice, tout en donnant vie à l’une des figures les plus célèbres de l’imaginaire historique chinois. Signée d&rsquo;un des plus importants réalisateurs du cinéma de Hong Kong, cette grande fresque, véritable superproduction du cinéma taïwanais, sort pour la première fois en blu-ray dans une belle restauration 4K. Dans les suppléments, avec <strong>Li Han-hsiang, cinéaste retrouvé</strong> (35 mn), le documentariste et spécialiste du cinéma asiatique Frédéric Ambroisine revient sur la carrière de Li Han-hsiang, grand maître oublié dont la superproduction <strong>Hsi Shih : La plus belle de toutes</strong> transmet la fascination de son réalisateur pour la culture chinoise classique. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAABritanniaHospital.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21563" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAABritanniaHospital-201x300.jpg" alt="Britannia Hospital" width="201" height="300" /></a><strong>BRITANNIA HOSPITAL</strong><br />
Une nouvelle aile de l&rsquo;hôpital Britannia doit être ouverte par la reine lors d&rsquo;une visite officielle. Malheureusement, Potter, l&rsquo;administrateur de l&rsquo;hôpital, est confronté à une série de problèmes. Des manifestants protestent contre la présence d&rsquo;un dictateur africain, venu comme patient VIP, des auxiliaires en grève s&rsquo;opposent aux exigences gastronomiques exotiques des patients privés de l&rsquo;hôpital sans parler des exigences protocolaires de l&rsquo;entourage royal et du peu coopératif professeur Millar, le chef de la nouvelle aile. Plutôt que d&rsquo;annuler la visite royale, Potter décide de discuter avec les manifestants et il conclut un accord avec le leader de la manifestation. Les patients privés de l&rsquo;hôpital Britannia ainsi que le dictateur doivent être expulsés et, en retour, les manifestants autorisent l&rsquo;entrée d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;ambulances dans l&rsquo;hôpital. Cependant, à l&rsquo;insu des manifestants, ces ambulances transportent en fait la souveraine et son entourage. Pendant ce temps, le journaliste Mick Travis s&rsquo;infiltre discrètement dans l&rsquo;hôpital pour tourner un documentaire clandestin sur la nouvelle aile et ses pratiques douteuses. Il parvient à pénétrer à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un laboratoire avec la complicité d&rsquo;une jeune infirmière sympathique et commence à enquêter sur une sinistre expérimentation scientifique de Millar. Ce dernier présente son projet <em>Genesis</em> et prétendant avoir perfectionné le genre humain, il révèle au public ce qu&rsquo;est <em>Genesis</em>, une Intelligence artificielle qui ressemble à un cerveau spongieux baignant dans du formol et câblé à des machines. Sorti sur les écrans en 1982, <strong>Britannia Hospital</strong>, réalisé par Lindsay Anderson, est le film dernier d&rsquo;une trilogie ayant pour protagoniste Michael Travis, interprété par Malcolm McDowell, et qui se compose de<strong> If…</strong> (1968) puis du <strong>Meilleur des mondes possible</strong> (1973). Grand animateur du mouvement Free Cinema, le cinéaste britannique (1923-1994) plante son décor dans une Angleterre en plein conflit social et économique avec des émeutes et des attentats sanglants et signe une comédie noire en forme de satire sociale teintée de cynisme sur fond d&rsquo;absurdité bureaucratique et de critique du système de santé britannique. Dans la collection Studiocanal Classics, <strong>Britannia Hospital</strong> est l&rsquo;un des premiers titres de la nouvelle collection blu-ray dans laquelle Studiocanal s&rsquo;associe avec le magazine Première. Dans les bonus, on trouve une analyse du film et un livret de 12 pages signé par la rédaction de Première. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASauvonsMeubles1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21572" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASauvonsMeubles1-173x300.jpg" alt="Sauvons Meubles" width="173" height="300" /></a><strong>SAUVONS LES MEUBLES</strong><br />
Photographe professionnelle indépendante et reconnue, Lucile Langlois va de shooting en shooting. Elle réalise un portrait de Benoît Hamon, avant de partir rendre visite à ses parents dans la maison de son enfance où elle retrouve également son frère Paul. Lucile croise Nadège, l&rsquo;infirmière à domicile et comprend que Colette, sa mère, est en bien plus mauvaise santé que ne le lui laissaient entendre les propos lénifiants d&rsquo;un père discret, lunaire et résigné. Elle découvre aussi que sa mère n&rsquo;a pas que des problèmes de santé. Autrefois dynamique et entrepreneuse, leur mère a caché à ses enfants de secrets lourds: non seulement sa santé décline, mais elle a aussi usurpé l’identité de Lucile pour s’endetter massivement. Dans l’urgence de ses derniers jours, la fratrie doit affronter cette réalité et tenter de sauver bien plus que des meubles, leur famille, leur dignité et leur propre avenir. Cheffe décoratrice, cheffe costumière et scénariste belge, Catherine Cosme a obtenu le César du meilleur décor en 2025 pour <strong>L&rsquo;inconnu de la Grande arche</strong> de Stéphane Demoustier. Avec <strong>Sauvons les meubles</strong>, elle réalise son premier long-métrage pour lequel elle a puisé dans des souvenirs personnels. En s&rsquo;appuyant sur une belle distribution, la cinéaste explore, entre drames familiaux et moments de tendresse, les non-dits, les héritages toxiques et la complexité des liens mère-enfant. D&rsquo;abord submergée par la colère et la trahison, Lucile doit cheminer vers le pardon pour sauver ce qui peut encore l’être. Mêlant drôlerie, nostalgie et tendresse, <strong>Sauvons les meubles</strong> est une forte chronique familiale autour d&rsquo;un thème rarement abordé dans le cinéma : le surendettement. Vue récemment dans <strong>La Vénus électrique</strong> (voir ci-dessus), Vimala Pons incarne une Lucile pugnace mais fragile face à Guilaine Londez, une Colette au bout de son parcours. Autour d&rsquo;elles, on remarque Yoann Zimmer (Paul) ou encore, dans des apparitions, Ophélie Bau, Bruno Podalydès ou Dominique Reymond. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAALesImmortelles.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21568" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAALesImmortelles-177x300.jpg" alt="Les Immortelles" width="177" height="300" /></a><strong>LES IMMORTELLES</strong><br />
1992. Sud de la France. Charlotte et Liza, 17 ans, sont inséparables depuis l’enfance. Elles partagent leur adolescence rebelle, leur passion pour la musique pop, particulièrement Rita Mitsouko, et leur désir de vivre à Paris pour y réaliser leurs ambitions artistiques. Elles composent des chansons, rêvent de gloire et se promettent de ne jamais se quitter. Leur complicité semble indestructible, comme si elles formaient une seule entité, presque immortelle. Mais un drame soudain vient briser cette harmonie. Charlotte se retrouve seule, un pied tendu vers la vie adulte, portant des rêves pour deux, contrainte de faire face à l’avenir sans sa meilleure amie&#8230; Après une série de courts-métrages, Caroline Deruas passe, en 2016, au « long » avec <strong>L&rsquo;indomptée</strong>, un drame qui se déroule dans le cadre de la villa Médicis à Rome, un lieu que la cinéaste connaît bien puisqu&rsquo;elle y séjourna en 2016 et qui lui inspira ce premier long-métrage. Avec <strong>Les immortelles</strong>, ode à l&rsquo;amitié féminine, la réalisatrice puise à nouveau dans son histoire personnelle et avoue qu&rsquo;elle a été influencée par sa propre fille Léna Garrel, déjà présente dans <strong>Les indomptés</strong> et qui incarne, ici le personnage de Charlotte. Explorant le deuil de Charlotte, son impossibilité d’accepter cette perte, et sa difficulté à avancer, le film repose sur un récit qui mêle mélancolie et nostalgie pour dépeindre l’adolescence comme une période de rêves immenses, mais aussi de vulnérabilité face aux épreuves de la vie. L&rsquo;action se situe au début des années 90 sur fond de montée du Front national et le personnage de Michèle, la mère de Charlotte, incarnée par Emmanuelle Béart, ne se prive pas de critiquer Le Pen. Du point de vue de l&rsquo;écriture, le film (présenté en compétition à la Mostra de Venise en 2025) joue, de manière parfois déroutante, entre réalisme (les tensions familiales, les conflits adolescents) et onirisme avec des moments où Charlotte dialogue avec Liza (Louiza Aura), comme si elle était encore là… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADeadToRights.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21564" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADeadToRights-174x300.jpg" alt="Dead To Rights" width="174" height="300" /></a><strong>DEAD TO RIGHTS</strong><br />
Jeune apprenti facteur de 15 ans, Chang se réfugie, en 1937, au milieu du chaos de la guerre, dans un studio photo abandonné. Menacé par Wang Guanghai, interprète des forces d&rsquo;invasion japonaises, il prétend, pour survivre, savoir développer des photos. Il est contraint de développer des photographies pour le photographe militaire japonais Ito, notamment des « photos d&rsquo;amitié » mises en scène, obtenues de force auprès de civils chinois. Le jeune homme va découvrir que ces pellicules contiennent des preuves des exactions commises par les soldats japonais. Avec l’aide du propriétaire du studio et d’autres civils cachés, il risque sa vie pour sauver des familles et documenter les crimes, transformant ainsi le studio en un lieu de résistance et de mémoire. Le cinéaste chinois Shen Ao, en explorant les tensions politiques et l’horreur de l’occupation japonaise, montre la photographie comme outil de résistance, les images devenant un moyen de témoigner et de lutter contre l’oubli. S&rsquo;appuyant sur des épreuves photographiques authentiques des crimes de guerre japonais, <strong>Le studio photo de Nankin</strong> (<strong>Dead to Rights</strong> en version anglaise), se déroule pendant le massacre de Nankin (décembre 1937), un épisode tragique de la Seconde Guerre sino-japonaise où l’armée impériale japonaise a perpétré des atrocités contre la population civile, faisant près de 300 000 morts. Le massacre a renforcé la résistance chinoise, unifiant temporairement les factions rivales (nationalistes de Tchiang Kaï-chek et communistes de Mao) contre l’envahisseur japonais. En Chine, le massacre est un symbole de la souffrance nationale et un élément central de l’identité historique moderne. Au Japon, le sujet demeure controversé. Certains négationnistes ont minimisé les faits, les qualifiant de rumeurs ou de « comportements isolés » de soldats indisciplinés. Les manuels scolaires japonais ont longtemps omis ou édulcoré ces événements. Depuis les années 1990, des excuses officielles et des reconnaissances progressives ont eu lieu, mais les tensions persistent, notamment avec la Chine. En interrogeant le rôle de l’art et de la documentation dans la préservation de la vérité face à l’oppression, Ao Shen mêle des scènes intimistes à des moments de tension historique, avec une attention particulière portée à l’esthétique visuelle, en écho au travail des photographes de l’époque. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPlanetes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21569" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPlanetes-174x300.jpg" alt="Planetes" width="174" height="300" /></a><strong>PLANÈTES</strong><br />
Une comète s’écrase sur Terre, déclenchant des explosions nucléaires qui détruisent tout sur leur passage. Dendelion, Baraban, Léonto et Taraxa, quatre akènes de pissenlit rescapés des explosions, se trouvent projetés dans le cosmos avant de s&rsquo;échouer sur une planète inconnue, glacée et hostile, couverte de forêts, de lacs et de montagnes. Bien que stérile à première vue, la planète abrite une faune et une flore microscopiques qui, à l&rsquo;échelle de Dendelion et de ses amis, deviennent des géants ou des monstres terrifiants. Ils partent à la quête d’un sol propice à la survie de leur espèce. Mais les éléments, la faune, la flore, le climat, sont autant d’embûches qu’ils devront surmonter. En adaptant le manga éponyme de Makoto Yukimura, la cinéaste japonaise Momoko Seto raconte les aventures d&rsquo;une équipe de <em>« débris collectors »</em>, des éboueurs de l&rsquo;espace chargés de le débarrasser des débris spatiaux qui constituent une menace majeure pour les satellites et les stations spatiales. Car ces débris, en orbite autour de la Terre, peuvent entrer en collision avec des engins spatiaux et causer des catastrophes. La cinéaste aborde des thèmes comme la gestion des déchets spatiaux, une problématique réelle et croissante dans l&rsquo;industrie spatiale mais aussi l&rsquo;éthique et la responsabilité. Jusqu&rsquo;où l&rsquo;humanité peut-elle aller dans l&rsquo;exploitation de l&rsquo;espace ? Le film met aussi en lumière les enjeux géopolitiques et la collaboration entre pays pour résoudre les problèmes spatiaux. Née au Japon où elle a passé son enfance et sa jeunesse, Momoko Seto s&rsquo;installe, à 19 ans, en France et fait des études artistiques, notamment au Fresnoy avant de rejoindre le CNRS comme ingénieure d&rsquo;étude et réalisatrice scientifique. Elle a tourné une dizaine de courts-métrages qui explorent notamment des mondes invisibles, trois documentaires. <strong>Planètes</strong>, coécrit avec Alain Layrac, est son premier long-métrage qui a été présenté à la Semaine de la critique de Cannes 2025. Mêlant des images réelles (animaux et paysages filmés en <em>time-lapse</em>) et d’animation (pour les akènes), <strong>Planètes</strong> se distingue, outre son caractère poétique, par son réalisme scientifique, son attention aux détails techniques et son approche mature des enjeux spatiaux. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAGoodLuckHaveFun.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21566" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAGoodLuckHaveFun-193x300.jpg" alt="Good Luck Have Fun" width="193" height="300" /></a><strong>GOOD LUCK HAVE FUN DON&rsquo;T DIE</strong><br />
Un homme étrange et débraillé, affirmant venir du futur, fait irruption dans un diner minable de Los Angeles avec un détonateur à la main. Il explique qu’il a déjà tenté 117 fois de remonter le temps pour empêcher l’apocalypse causée par une intelligence artificielle malveillante qui a asservi l’humanité, lobotomisée par les écrans. Sa dernière chance ? Recruter les clients du restaurant Norm&rsquo;s, un groupe improbable et mal préparé, pour former une équipe capable de sauver le monde. Si cette mission échoue, l’humanité n’aura plus d’espoir. Principalement connu pour avoir réalisé les trois premiers films de la saga <strong>Pirates des Caraïbe</strong>s, qui constituent un véritable triomphe critique et commercial durant les années 2000, l&rsquo;Américain Gore Verbinski connut ensuite un gros passage à vide, jalonné de projets non aboutis et d&rsquo;échecs commerciaux. Il reste ainsi huit ans sans tourner entre <strong>A Cure for Life</strong> (2017), un film d&rsquo;horreur psychologique sur fond de promesse de vie éternelle, et <strong>Good Luck</strong>, sorti en 2025. Le cinéaste américain mêle, ici, la science-fiction, la comédie, l&rsquo;action et l&rsquo;aventure autour d&rsquo;un voyage dans le temps avec l&rsquo;intelligence artificielle comme menace principale. Lorgnant du côté de <strong>Terminator</strong> comme des films de zombies, il signe une comédie inventive et volontiers déjantée maniant l&rsquo;humour absurde. Verbinski peut se reposer sur une jolie distribution avec Sam Rockwell, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz et Juno Temple. Une satire des réseaux sociaux et de l’IA, où l’apocalypse est moins une question de machines que de dépendance technologique. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASlugs1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21574" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASlugs1-189x300.jpg" alt="Slugs" width="189" height="300" /></a><strong>SLUGS</strong><br />
Dans une petite ville des États-Unis, des habitants disparaissent de manière inquiétante. Face à ces morts pourtant plus que suspectes, Mike Brady, un responsable des services sanitaires venu épauler le shérif local, doit se battre contre le scepticisme des autorités locales afin d&rsquo;éradiquer le fléau. Mais ce qui ne devait être qu&rsquo;une enquête de routine tourne au cauchemar, les victimes ayant été partiellement dévorées. Au vu des analyses, Brady émet une hypothèse jugée farfelue: les victimes auraient été tuées par des limaces géantes et mangeuses de chair humaine… En 1988, le cinéaste espagnol Juan Piquer Simon (1935-2011) tourne <strong>Slugs</strong> qui sera distribué, en version française, sous le titre <strong>Mutations</strong>. Spécialiste du cinéma d&rsquo;exploitation, un domaine dans lequel il a oeuvré pendant plus de vingt ans, le réalisateur écrit aussi le scénario en adaptant un roman de Shawn Hutson et donne un film d&rsquo;épouvante qui ne lésine pas sur les giclées de sang. Si on aime le cinéma bis et spécialement le gore, alors on est à la fête avec ce <strong>Slugs</strong> qui fait la part belle à des limaces, bestioles qui ne viennent quand même pas en numéro un dans la listes des animaux les plus effrayants du grand écran. Comme Piquer Simon s&rsquo;est fait, dans sa carrière, une spécialité des effets&#8230; spéciaux, on est bien servi, ici, avec des masses impressionnantes de grosses limaces sombres et mutantes que le réalisateur a eu la bonne idée de faire se déplacer à une vitesse « normale », ce qui ne les empêche de dévorer des malheureux immobiles ou bloqués dans un lieu clos. Quand l&rsquo;une des créatures les plus paisibles du jardin, devient un parfait monstre tueur. Divertissant ! (Rimini éditions)</p>
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		<title>Une société de rivaux, un monde en ruines, le corps de l&#8217;autre et des dinos dans le quartier</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 16:36:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FAMILLE.- Couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu sont venus s’installer, avec leurs cinq enfants, dans un village perdu au bout d’un fjord. Tandis que les quatre grands s&#8217;apprêtent à rejoindre le collège, la famille se lie d&#8217;amitié avec leurs voisins, les Halberg. Malgré des éducations différentes, les enfants des deux familles deviennent très proches, notamment [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21542" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21542" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord1-300x125.jpg" alt="&quot;Fjord&quot;: Mihai (Sebastian Stan) et Lisbet (Renate Reinsve). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Fjord&nbsp;&raquo;: Mihai (Sebastian Stan)<br />et Lisbet (Renate Reinsve). DR</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Couple roumano-norvégien très pieux, les Gheorghiu sont venus s’installer, avec leurs cinq enfants, dans un village perdu au bout d’un fjord. Tandis que les quatre grands s&rsquo;apprêtent à rejoindre le collège, la famille se lie d&rsquo;amitié avec leurs voisins, les Halberg. Malgré des éducations différentes, les enfants des deux familles deviennent très proches, notamment Elia pour laquelle Noora Halberg éprouve une forte affection.<br />
Alors que Mihai, le père de famille, trouve un emploi d&rsquo;informaticien dans une entreprise locale, Lisbet, sa femme, donne un coup de main à l&rsquo;hôpital où elle s&rsquo;occupe notamment de préparer les défunts avant les obsèques.<br />
La tranquille vie de famille des Gheorghiu se déroule au rythme des chants et des prières et s&rsquo;il y a, ici ou là, une punition, c&rsquo;est pour le bien des enfants : <em>« Ils seront heureux, une fois adultes »</em>.<br />
Dans la petite communauté, tout se détraque lorsque des enseignants remarquent des ecchymoses sur le visage et le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu. Très rapidement, une procédure est lancée pour suspicion de châtiments corporels. L&rsquo;Aide à l&rsquo;enfance se charge d&rsquo;enquêter. Vite, la question de l’éducation traditionnelle que les jeunes Gheorghiu reçoivent de leurs parents vient au coeur des discussions&#8230;<br />
Quoi de mieux pour marquer la rentrée dans les salles obscures que de découvrir la Palme d&rsquo;or cannoise ! <strong>Fjord</strong> (Roumanie – 2h26. Dans les salles le 19 août) a permis au metteur en scène roumain Cristian Mungiu d&rsquo;entrer dans le club fermé (ils ne sont que dix) des doubles détenteurs de la récompense suprême festivalière. En 2007, sa première apparition sur la Croisette avait été tonitruante. Tant le calvaire de la malheureuse étudiante tentant de se faire avorter pendant les dernières années du pouvoir de Ceausescu, était bouleversant. La palme à <strong>Quatre mois, trois semaines, deux jours</strong> ne souffrait d&rsquo;aucun débat.<br />
Mungiu est ensuite revenu au festival avec <strong>Au-delà des collines</strong> (2012) couronné du prix du scénario et du double prix d&rsquo;interprétation pour ses comédiennes, puis, en 2016, avec <strong>Baccalauréat</strong> qui lui vaut le prix de la mise en scène et encore avec <strong>R.M.N.</strong> en 2022.</p>
<div id="attachment_21544" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21544" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFjord2-300x125.jpg" alt="&quot;Fjord&quot;: Une communauté  traditionnelle. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Fjord&nbsp;&raquo;: Une communauté traditionnelle. DR</p></div>
<p>Loin de sa Roumanie natale, Cristian Mungiu installe son récit dans une Norvège dont le froid vous transperce. Et cela doublement. Parce que la neige est omniprésente sur ce coin tapi sous une falaise dont se détache, de temps en temps, une avalanche qui menace l&rsquo;école. Parce qu&rsquo;évidemment tout dans l&rsquo;aventure de cette famille Gheorghiu a quelque chose de glaçant.<br />
A propos du thème de <strong>Fjord</strong>, le cinéaste dit : <em>« Nos sociétés sont de plus en plus polarisées, provoquant une forme de radicalisation qui divise les gens en groupes rivaux. Ces individus se méprisent, s’ignorent et, souvent, se haïssent les uns les autres. Nous sommes convaincus d’avoir raison alors que les autres, à nos yeux, sont forcément manipulés, radicalisés, stupides, endoctrinés. Nous doutons très peu, voire pas du tout. »</em><br />
Le film réussit ainsi à démonter un processus d&rsquo;enquête mais aussi de suspicions qui vont perturber cette micro-société. C&rsquo;est le temps des interrogatoires, des avocats qui interviennent, des groupes de pression aussi qui avancent que l&rsquo;affaire relève de la persécution religieuse, du procès enfin dont personne ne sortira indemne, laissant au bord du fjord où s&rsquo;éloigne le bateau du retour des Gheorghiu, une Noora éperdue, murmurant : <em>« Je t&rsquo;aime »</em>.<br />
Même s&rsquo;il repose sur une atmosphère impressionnante par sa pesanteur et sur une forte interprétation (Sebastian Stan, vu dans <strong>The Apprentice</strong> en jeune Trump et Renate Reisve, superbe dans <strong>Valeur sentimentale</strong>), <strong>Fjord</strong> est moins émotionnellement puissant que <strong>Quatre mois…</strong> mais le film, tout en s&rsquo;ingéniant à ne pas prendre partie pour un camp ou l&rsquo;autre, réussit cependant à nous questionner. Né dans une Roumanie qui savait ce qu&rsquo;oppression et dictature veulent dire, le cinéaste nous fait souvenir que les sociétés, progressistes ou non, peuvent aisément mettre à mal l&rsquo;individu.</p>
<div id="attachment_21539" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21539" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars1-300x187.jpg" alt="&quot;The Dog Stars&quot;: Hig (Jacob Elordi) et Bangley (James Brolin). DR" width="300" height="187" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Dog Stars&nbsp;&raquo;: Hig (Jacob Elordi)<br />et Bangley (James Brolin). DR</p></div>
<p><strong>FUTUR.-</strong> Aux commandes de son petit Cessna rouge et jaune, Hig survole les splendides paysages du Colorado. La nature sauvage est magnifique mais lorsque le pilote arrive au-dessus d&rsquo;Erie, c&rsquo;est un spectacle de désolation. Toute cette petite ville où il vécut autrefois avec sa jeune femme alors enceinte, ressemble à un champ de bataille, vide et en ruines, parcourue par des chiens errants. Après été passé par Denver et avoir récupéré des vivres et du kérosène dans des cachettes, Hig retourne à la base aérienne abandonnée qu&rsquo;il partage désormais avec Bangley, un ex-marine plutôt mal embouché et chatouilleux de la gâchette… Toujours flanqué de son chien Jared, Hig veille aussi sur une grande famille mennonite à laquelle il apporte régulièrement de quoi survivre… Un jour, alors qu&rsquo;il pilote son petit avion, Hig entend un grésillement dans sa radio et quelques mots presque inaudibles. Cette voix fait naître au plus profond de lui-même l&rsquo;espoir qu&rsquo;une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé… Alors Hig s&rsquo;envole à nouveau. Une avarie de moteur le contraint à se poser à proximité du ranch de Pops et de sa fille Cima. Si Pops veut le voir tourner les talons, Cima n&rsquo;est pas insensible à la présence du pilote&#8230;<br />
C&rsquo;est dans un futur proche (Hig note 2035 sur un message d&rsquo;adieu à Jared) que Ridley Scott situe l&rsquo;action de <strong>The Dog Stars</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 26 août) qu&rsquo;il adapte du roman éponyme (en français <em>La constellation du chien</em>) de l&rsquo;Américain Peter Heller paru en 2012. Le cinéaste britannique qui a aligné les blockbusters (<strong>Alien, Blade Runner, Thelma et Louise, Gladiator, Hannibal</strong> ou <strong>Napoléon</strong>) donne, ici, une aventure presque intimiste autour de quatre personnages qui sont autant de rescapés d&rsquo;un désastre qui a vu l&rsquo;humanité détruite par les maladies et les pandémies.</p>
<div id="attachment_21540" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21540" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADogStars2-300x200.jpg" alt="&quot;The Dog Stars&quot;: Hig et Cima (Margaret Qualley). DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Dog Stars&nbsp;&raquo;: Hig<br />et Cima (Margaret Qualley). DR</p></div>
<p>A mi-chemin entre le western pour les grands espaces et le <em>« survival »</em>, <strong>The Dog Stars</strong> évoque un univers post-apocalyptique à travers la lutte de quatre survivants, constamment sur leurs gardes. Le chaos est pratiquement toujours hors-champ, à l&rsquo;exception d&rsquo;un paumé hurlant à Hig <em>« Tu es mort mais tu ne le sais pas encore »</em>, du passage furtif de quelques ombres inquiétantes et d&rsquo;une attaque plus massive de « zombies » sur la base abandonnée qui vaudra à Bangley de presque laisser sa peau dans son camp retranché.<br />
Si Hig a des allures de doux rêveur, ses acolytes, même s&rsquo;ils tentent de donner le change, ont peur de lendemains infernaux. Alors Ridley Scott, qui aime l&rsquo;action, peut même se laisser aller à un cinéma (presque) contemplatif. D&rsquo;ailleurs, Hig et Cima finiront, la tête dans les étoiles&#8230;<br />
Plaisante épopée sur un monde qui a perdu ses repères, <strong>The Dog Stars</strong> repose sur les épaules de Jacob Elordi (Hig) et James Brolin (Bangley), deux potes à la virilité bourrue et à l&rsquo;interdépendance pudique. A leurs côtés, Guy Pearce est Pops et Margaret Qualley (<strong>The Substance</strong>) la douce Cima qui partage le même drame que Hig&#8230;</p>
<div id="attachment_21545" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21545" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue1-300x162.jpg" alt="&quot;L'inconnue&quot;: Eva Helsinger (Léa Seydoux). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;inconnue&nbsp;&raquo;: Eva Helsinger (Léa Seydoux). DR</p></div>
<p><strong>ÂME.-</strong> De Chaville à Courbevoie en passant par Bobigny, David Zimmermann, Nikon au poing, arpente la banlieue parisienne pour photographier comment la ville change. Chez lui, cet homme de la quarantaine, solitaire et effacé, stocke de nombreux albums qui mêlent à des cartes postales d&rsquo;époque et des photos anciennes, ses propres images. Mais personne ne sait vraiment que David est photographe car il n&rsquo;entend pas montrer ses images. <em>« Il ne donne même pas ses négatifs au laboratoire ! »</em> se moque un ami. Un soir, lors d&rsquo;une fête où le public fracasse des <em>pinatas</em> à l&rsquo;effigie de Trump, David croise le regard d&rsquo;une femme dans la foule. Il décide de la suivre, s&rsquo;enfonce dans des couloirs, descend dans une cave. Sans un mot, la femme l&rsquo;entraîne dans une sauvage copulation. Quand il reprend ses esprits, l’impensable s’est produit : David se retrouve prisonnier du corps de l’inconnue. Scrutant son visage et son corps dans des miroirs, David constate, entre effarement et peur, qu&rsquo;il a désormais les traits d&rsquo;une autre dont les papiers d&rsquo;identité disent qu&rsquo;elle est Eva Helsinger&#8230;<br />
Présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, <strong>L&rsquo;inconnue</strong> (France – 2h20. Dans les salles le 26 août) est le troisième long-métrage d&rsquo;Arthur Harari après <strong>Diamant noir</strong> (2015) et <strong>Onoda, 10 000 nuits dans la jungle</strong> (2021). Après s&rsquo;être frotté au thriller et au drame de guerre, le cinéaste français, ici, adapte librement la bande dessinée <em>Le cas David Zimmerman</em>, coécrite avec son frère Lucas et parue en 2024.</p>
<div id="attachment_21546" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21546" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAInconnue2-300x162.jpg" alt="&quot;L'inconnue&quot;: David Zimmermann (Niels Schneider). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;inconnue&nbsp;&raquo;: David Zimmermann<br />(Niels Schneider). DR</p></div>
<p>Illustrant la doctrine de la métempsychose, selon laquelle une même âme peut animer successivement plusieurs corps, le projet du film est ambitieux dans la mesure où il entend ancrer le fantastique dans le plus pur réalisme. <em>« Je voulais,</em> dit le réalisateur, <em>que ce soit par le concret le plus extrême qu’on parvienne à une forme d’abstraction, de méditation existentielle voire métaphysique&#8230; mais sans verbalisation. C’est au spectateur de faire ce chemin, avec les personnages, dans le silence. Généralement, la rareté des dialogues est associée à la contemplation, rarement à des récits complexes, au thriller ou au fantastique&#8230; »</em><br />
Harari représente quelque chose de complètement invisible mais qui constitue une expérience du déplacement, de l’altérité autour du motif de la disparition, mettant en scène une succession de situations inimaginables, rendues tangibles : habiter un autre corps, se voir de l’extérieur, faire l’amour avec soi-même, être enceinte alors qu’on est un homme, se voir mourir !<br />
<strong>L&rsquo;inconnue</strong>, qui souffre hélas d&rsquo;une durée beaucoup trop longue, offre à ses deux comédiens principaux la possibilité de jouer autour de la question du corps qui habite le film. Léa Seydoux a accouché trois mois avant le tournage et impressionne en faisant ressentir un homme qui habite le corps d&rsquo;une femme. Niels Schneider incarne un David perdu, asocial et quasiment décharné.<br />
On reste hélas sur sa faim même si, au générique de fin, Bob Dylan nous berce avec sa superbe <em>It&rsquo;s all over now Baby Blue</em>.</p>
<div id="attachment_21543" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAFinAOak2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21543" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAFinAOak2-300x120.jpg" alt="&quot;La fin...&quot;: une inquiétante lumière. DR" width="300" height="120" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La fin&#8230;&nbsp;&raquo;: une inquiétante lumière. DR</p></div>
<p><strong>LUMIERE.-</strong> Les Platt sont une famille bien sympathique. D&rsquo;ailleurs, on les aime bien, Denise, Greg, leurs deux enfants Audrey et Brian et même leur chien Starbuck, dans leur paisible rue d&rsquo;Oak Street. Ils participent volontiers aux fêtes entre voisins et donnent la main pour le barbecue. Mais les apparences sont peut-être trompeuses. Denise rêve de devenir romancière et rédige en cachette un récit semi-autobiographique sur une femme souhaitant quitter sa famille. Greg n&rsquo;a dit à personne qu&rsquo;il a perdu son boulot et affirme qu&rsquo;il livre des pizzas pour arrondir les fins de mois.<br />
Passionnée de cosmologie, Audrey est une élève surdouée tandis que Brian s&rsquo;intéresse de près à Jeannette, sa nouvelle voisine. Très proche d&rsquo;une vieille dame à qui elle confie ses secrets, Denise remarque, dans le jardin de son amie, une belle plante qui pousse vite. Elle en prend un polaroid et le montre à la bibliothécaire du quartier qui l&rsquo;identifie comme une <em>pleuromeia</em>, une espèce disparue depuis des millions d&rsquo;années…<br />
Par ailleurs, d&rsquo;énormes tas d&rsquo;excréments apparaissent dans les jardins. Et le pauvre Starbuck n&rsquo;y est pour rien. La radio fait état, elle, d&rsquo;une activité solaire intense… Durant une tempête, alors que Greg rentre d&rsquo;une livraison, une immense lumière blanche engloutit soudainement Oak Street, plongeant le quartier dans le noir. Les ennuis commencent pour les Platt et tout leur quartier.<br />
Passionné depuis l&rsquo;enfance par les dinosaures, le cinéaste américain David Robert Mitchell, connu pour son film film d&rsquo;horreur <strong>It Follows</strong> (2014), a accompli son rêve en tournant <strong>La fin d&rsquo;Oak Street</strong> (USA – 1h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 12 août), une aventure dans la lignée du cinéma populaire des années 70 et 80</p>
<div id="attachment_21541" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFinOak1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21541" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAFinOak1-300x136.jpg" alt="&quot;La fin...&quot;: Les dinosaures dans le quartier... DR" width="300" height="136" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La fin&#8230;&nbsp;&raquo;: Les dinosaures dans le quartier&#8230; DR</p></div>
<p><em>« On tournait,</em> dit le réalisateur, <em>des films axés sur des personnages très forts dans lesquels on se projetait facilement et qui touchaient le spectateur. Il s’agissait ensuite de plonger ces personnages dans des situations aussi périlleuses que captivantes, et de faire en sorte qu’ils trouvent le moyen de s’en sortir&#8230; »</em><br />
Ici, on plonge allègrement et avec un plaisir presque enfantin dans cette histoire, bien improbable, légèrement « écolo » et qui renvoie évidemment aux grosses bêtes de Spielberg. Dans le quartier de la famille Platt, les dinosaures sont partout et particulièrement voraces. Mais, au-delà des grosses bestioles qui sèment la terreur, le scénario s&rsquo;ingénie aussi à imaginer comment les éclairs de lumière, en l&rsquo;occurence des trous de ver, ont transporté l&rsquo;ensemble du quartier des millions d&rsquo;années en arrière. Bientôt pour les Platt, il va s&rsquo;agir d&rsquo;attendre l&rsquo;apparition d&rsquo;un nouveau trou de ver pour rentrer à leur époque.<br />
Anne Hathaway, très présente sur les écrans ces temps-ci avec <strong>Prada 2</strong>, <strong>L&rsquo;Odyssée</strong> et bientôt <strong>Verity</strong>, partage l&rsquo;écran avec Ewan McGregor en personnages humains et faillibles qui vont faire face. Car, in fine, la famille, soumise à rude épreuve, redeviendra unie comme aux premiers jours.</p>
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		<title>LA SOLITUDE D&#8217;ETHAN ET LES FANTASMES DU DOCTEUR HARFORD</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Aug 2026 20:41:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[LA PRISONNIERE DU DÉSERT Dans le Texas de 1868, la guerre de Sécession est terminée depuis quelques temps. Ancien soldat confédéré, Ethan Edwards revient dans la famille de son frère Aaron et de son épouse Martha qui vivent avec leur quatre enfants : deux filles, Lucy et Debbie, et deux fils dont un adoptif, Martin [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAPrisonniereDesert.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21502" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAPrisonniereDesert-244x300.jpg" alt=" Prisonniere Desert" width="244" height="300" /></a>LA PRISONNIERE DU DÉSERT</strong><br />
Dans le Texas de 1868, la guerre de Sécession est terminée depuis quelques temps. Ancien soldat confédéré, Ethan Edwards revient dans la famille de son frère Aaron et de son épouse Martha qui vivent avec leur quatre enfants : deux filles, Lucy et Debbie, et deux fils dont un adoptif, Martin Pawley un gaillard de 18-20 ans qui a un huitième de sang cherokee dans les veines. Le lendemain, les voisins, menés par le révérend et capitaine Samuel Clayton, viennent chercher du renfort pour retrouver du bétail volé par les Comanches. Ethan et Martin se joignent à la petite troupe menée par Clayton. Mais ce vol de bétail n&rsquo;est qu&rsquo;une manœuvre de diversion des Comanches pour éloigner les hommes de leurs fermes. Pendant qu&rsquo;ils le sont, le ranch Edwards est attaqué, les parents et leur jeune fils tués, et les deux filles enlevées. Ethan Edwards part à la recherche de ses nièces ; Martin Pawley, leur frère d&rsquo;adoption, et Brad Jorgensen, le fiancé de Lucy, l&rsquo;accompagnent. Ils retrouvent assez rapidement le cadavre de Lucy. Fou de douleur, Brad attaque seul le campement des rebelles comanches et meurt. Pour récupérer la jeune Debbie, Ethan et Martin Pawley se lancent dans une longue quête à travers l&rsquo;Ouest, qui durera plusieurs années… Pour Ethan, l&rsquo;instinct familial sera finalement plus fort que son animosité pour les Indiens . Il ne voit plus en Debbie la Comanche qu&rsquo;elle a été contrainte de devenir mais la nièce qu&rsquo;il a connue petite fille. Il va donc la ramener chez les siens avant de s&rsquo;éloigner seul vers le désert et son destin. Sorti en 1956, <strong>The Searchers</strong> (en v.o.) est généralement considéré comme le chef d&rsquo;oeuvre de John Ford qui en a pourtant fait de fameux. En 2008, l&rsquo;American Film Institute l&rsquo;a désigné comme le « plus grand western de tous les temps ». Visuellement, <strong>La prisonnière…</strong> représente l&rsquo;art de Ford à son sommet. Une immense odyssée étalée sur plusieurs années et se déroulant sous la neige ou dans le désert, dans une immense variété de paysages dont Monument Valley, véritable lieu emblématique du cinéma de Ford. Et puis cette épopée grandiose est aussi une quête portée par le personnage amer, énigmatique, violent d&rsquo;Ethan Edwards, obsédé par un désir de vengeance, avec lequel John Wayne obtient l&rsquo;un de ses plus beaux rôles. Et lui aussi en a interprété des fameux. Pour le critique Jean-Baptiste Thoret, <strong>La prisonnière du désert</strong> est l&rsquo;un des films ayant le plus marqué les réalisateurs du Nouvel Hollywood, voyant ainsi dans <strong>Taxi Driver</strong> ou dans <strong>Voyage au bout de l&rsquo;enfer</strong> des remakes officieux du western de Ford qui reprennent le thème de la quête d&rsquo;Ethan Edwards. Parmi les suppléments du Blu-ray qui sort en Steelbox 4K Ultra HD, on trouve différents documentaires sur le film, le making-of, une introduction par Patrick Wayne, le fils de John Wayne ainsi que les commentaires du réalisateur Peter Bogdanovich, auteur d&rsquo;une biographie de John Ford. Au bout de l&rsquo;horizon, une obsession plus vaste que le désert lui-même ! Le dernier plan du film appartient, lui, à l&rsquo;histoire du 7<sup>e</sup> art ! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEyesWideShut.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21495" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEyesWideShut-244x300.jpg" alt=" Eyes Wide Shut" width="244" height="300" /></a><strong>EYES WIDE SHUT</strong><br />
Couple de la haute bourgeoisie de New York, Bill Harford, médecin brillant, et sa femme Alice se rendent à une réception mondaine pour la fête de Noël donnée par Victor Ziegler, un riche patient de Bill. Celui-ci y croise un vieil ami de fac, Nick Nightingale devenu pianiste professionnel. Pendant qu&rsquo;Alice se fait draguer par un bellâtre hongrois, le docteur Harford se voit proposer un plan sexuel à trois par deux mannequins pour <em>« aller jusqu&rsquo;au bout de l&rsquo;arc-en-ciel »</em>. Mais il est interrompu par Victor. Mandy, l&rsquo;une de ses petites amies, vient de faire une overdose de speedball. Bill lui sauve la mise. Alice repousse les avances de Sandor. Le couple va faire l&rsquo;amour devant le miroir de leur chambre. Le lendemain soir, après avoir fumé de la marijuana, Alice et Bill évoquent leurs attentes, leurs tentations, leurs délires, leurs pensées infidèles, leurs fantasmes… Appelé par la fille d&rsquo;un patient qui vient de mourir, Bill est embrassé par cette Marion. Déstabilisé, il erre dans les rues, croise une prostituée et retrouve, dans un club de jazz, Nick qui lui apprend qu&rsquo;il se rend parfois dans des soirées « spéciales » dans un lieu tenu secret où il doit jouer, les yeux bandés. Intrigué, Bill trouve un mot de passe, loue une tenue de soirée, réussit à accéder à un manoir où, errant, masqué, de pièces en pièces, il découvre des orgies sexuelles… Non sans peine, le médecin réussira à quitter les lieux tandis qu&rsquo;on lui intime de ne parler à quiconque de ce qui s&rsquo;est passé… Mais le couple Harford va encore avoir bien des épreuves à traverser. Sorti en 1999, <strong>Eyes Wide Shut</strong> est l&rsquo;ultime film de Stanley Kubrick qui meurt peu après l&rsquo;achèvement du montage final. Le réalisateur d&rsquo;<strong>Orange mécanique</strong> et de <strong>Barry Lyndon</strong> a fondé son scénario sur une œuvre d&rsquo;Arthur Schnitzler publiée en 1926 : <em>Traumnovelle</em> (Double rêve). Le film, qui sort dans un beau coffret Steelbook 4K UHD, a retenu l&rsquo;attention de la critique et du public à cause de son atmosphère onirique et paranoïaque, le cinéaste explorant volontiers les obsessions, la jalousie et les désirs refoulés. Mais le côté « people » du film n&rsquo;est pas pour rien dans le succès. Têtes d&rsquo;affiche, Tom Cruise et Nicole Kidman vivaient alors une vie de couple délicate. Nicole Kidman ne supportait plus l&rsquo;omniprésence de la Scientologie dans la vie de Tom Cruise. Enfin, la musique d&rsquo;ouverture, en l&rsquo;occurrence la deuxième valse de la <em>Suite pour orchestre de variété n° 1</em> de Dmitri Chostakovitch, a aussi contribué à la célébrité du film… Un périple hypnotique et érotique dans les méandres du désir et des rituels interdits. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAGuerrePrix.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21497" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAGuerrePrix-201x300.jpg" alt=" Guerre Prix" width="201" height="300" /></a><strong>LA GUERRE DES PRIX</strong><br />
Chez Derval, un centre commercial de province, Audrey Dumont, cheffe de rayon, travaille aux yaourts… Elle suit aussi de près le travail de son frère Ronan qui, avec les 72 vaches de sa ferme, produit des yaourts bio… Et voilà qu’Audrey se retrouve propulsée à la centrale d’achat de son enseigne afin d’y défendre la filière bio et locale. Alors qu’elle fait équipe avec Bruno Fournier, un négociateur aux méthodes redoutables, Audrey, forte de ses convictions et prête à se battre pour elles, découvre un système impitoyable. Premier long-métrage d&rsquo;Anthony Déchaux, <strong>La guerre des prix</strong> fait songer à la « trilogie » <strong>La loi du marché</strong> (2015), <strong>En guerre</strong> (2018) et <strong>Un autre monde</strong> (2021) de Stéphane Brizé. Dans une veine très réaliste, le film expose les enjeux contemporains de la paysannerie française et, ceux, aussi méconnus que complexes, des grands groupes de l’agro-alimentaire. A la naissance du projet, il y a un séminaire annuel des acheteurs d’une enseigne de grande distribution. Le cinéaste, alors comédien et animateur d&rsquo;ateliers théâtre, y entend un discours décomplexé : <em>« Si un fournisseur sort content de sa négo, c’est que vous n’avez pas fait votre boulot »</em> ou <em>« Le win-win, ça n’existe pas »</em>… En s’appuyant sur les codes du thriller, ce sont donc ces méthodes que raconte <strong>La guerre des prix</strong>. Avec, au coeur du propos, cette fille d’agriculteurs passée dans la grande distribution parce qu’elle n’avait pas envie de vivre ce qu’avaient enduré ses parents. Et que son frère vit encore. Mais l’univers de la centrale parisienne n’a rien, non plus, d’un long fleuve tranquille… Loin s’en faut. Anthony Déchaux dit que son film n’est pas <em>« un documentaire mais une fiction documentée »</em>. De fait, même si on saisit pas tout dans ces négociations entre distributeur et fournisseurs, on mesure aisément que tous les coups sont permis. Et qu’il s’agit de frapper fort. Pour dire le vrai, on a parfois l’impression de voir s’affronter des mafieux de la meilleure eau. Quant à la box étanche dans laquelle se mènent les tractations, elle a tout des salles d’interrogatoire du FBI. Mais sans la glace sans tain. Quant au « code noir » (la menace de déréférencement complet), il a de singulières allures de racket. Avec une belle énergie même si son personnage finit par douter, Ana Girardot se glisse aisément dans la peau d’Audrey Dumont. A ses côtés, l’excellent Olivier Gourmet compose, avec Bruno Fournier, un négociateur sans états d’âme qui lâche un <em>« A la fin, c’est toujours une question d’argent »</em> qui résume le fond du problème. Après la vision, on a des frissons à l’idée d’aller dans une grande surface… Remarquable ! (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAMichael.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21499" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAMichael-207x300.jpg" alt=" Michael" width="207" height="300" /></a><strong>MICHAEL</strong><br />
Dans la petite cité industrielle de Gary, Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d’une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu’est l’industrie du show-biz. Joseph, son père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. A six ans, il chante avec ses frères Marlon, Jackie, Randy et Tito et commence, avec eux, une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five. Joseph Jackson clame qu’il faut <em>« être des gagnants ou rien »</em> et s’applique à faire des affaires. Sous le regard tendre de sa mère, Michael se plonge, au milieu de ses peluches, dans les aventures de Peter Pan, s’imagine déambuler dans Neverland et rêve d’être entouré d’animaux… Un jour, une productrice de musique le remarque sur scène. Berry Gordy, le fondateur du mythique label Motown Records : <em>« Il ira loin avec cette voix !»</em> Michael a 10 ans et se retrouve au sommet des charts. <em>« Je ne suis pas comme les autres enfants »</em>, dit-il à sa mère qui lui répond : <em>« Tu vas faire briller la lumière ! »</em> Antoine Fuqua (<strong>Training Day</strong>, <strong>Shooter, tireur d’élite</strong>, <strong>Equalizer</strong>) passe, à son tour, par la case biopic et montre bien la manière dont Michael Jackson (1958-2009) travaillait avec une énergie et une quête presque maniaque de la perfection. On mesure aussi l’extraordinaire engouement de ses fans. <strong>Michael</strong> passe en revue aussi bien les prestations scéniques que la vie privée. On évoque ainsi la dépigmentation de sa peau, son opération du nez (<em>« Je dois être parfait »</em>), ses visites fréquentes à des enfants malades et évidemment des moments prestigieux comme le clip <strong>Thriller</strong> et ses zombies ou émouvants avec l’adieu aux Jackson 5 au dernier jour du Victory Tour en 1988 à Londres. Tout cela est bien fait, parfaitement huilé, tout à fait rythmé (on entend nombre de titres célèbres) et, pour sa première apparition au grand écran, Jaafar Jackson, 29 ans, le neveu de Michael, est plus que crédible, maniant parfaitement le fameux <em>Moonwalk</em> avec un look très reconnaissable… Pour le reste, tout cela est aussi parfaitement lisse. Sur un post-it, la star a noté <em>« Tes rêves dépassent ta peur »</em>. Ici, le méchant, c&rsquo;est Joe, le père, que Michael finira par virer de son statut de manager personnel d’un simple fax. On évoque, entre les lignes, le syndrome de Peter Pan dont on peut légitimement penser que Bambi souffrait mais rien sur les accusations de pédophilie. On le comprend bien, ce n’est pas exactement ce que les fans veulent entendre en venant voir l’histoire de celui qui disait :<em> « Je dois faire briller ma lumière pour divertir et guérir… »</em> (Universal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADanielSchmid.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21490" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADanielSchmid-205x300.jpg" alt=" Daniel Schmid" width="205" height="300" /></a><strong>TROIS FILMS DE DANIEL SCHMID</strong><br />
Avec une filmographie qui comporte onze long-métrages réalisés entre 1972 et 1999 ainsi que trois téléfilms, Daniel Schmid, né à Flims dans les Grisons, s&rsquo;est imposé comme l&rsquo;un des grands du Nouveau cinéma suisse au même titre que Michel Soutter, Claude Goretta ou Alain Tanner qui disait de lui : <em>« Daniel Schmid était sans doute le plus baroque d&rsquo;entre nous »</em>. C&rsquo;est dans cet univers baroque et fascinant que l&rsquo;on plonge avec un coffret réunissant, pour la première fois en Blu-ray et dans des restaurations 2K ou 4K, trois films culte. Tourné en 1974, <strong>La Paloma</strong> (110 mn) raconte l&rsquo;histoire de Viola, chanteuse de cabaret sous le nom de La Paloma. Se sachant condamnée, elle accepte de suivre le comte Isidor Palewski, un admirateur fou d’elle. Alors que sa santé s’améliore, la jeune femme consent à devenir son épouse… Dans <strong>L&rsquo;ombre des anges</strong> (1976 &#8211; 102 mn), on suit dans une ville humide et froide, une prostituée malade du nom de Lily Brest qui peine à trouver des clients. Battue par son souteneur et amant Raoul, qui joue au jeu tout ce qu’elle gagne, elle rencontre un jour un riche promoteur qui lui propose un étrange contrat… Présenté dans sa version originale française, <strong>Notre-Dame de la Croisette</strong> (1981 &#8211; 56 mn) met en scène une femme qui se rend au Festival de Cannes de 1981 dans l’espoir de visionner des films. Dépourvue d’accréditation et de billets, elle se fait refouler de tous les événements et déchante rapidement… Le cinéma de Daniel Schmid (1941-2006) se déploie à la frontière du théâtre, du rêve et du simulacre. Avec <strong>La Paloma</strong>, <strong>L’ombre des anges</strong> (d’après une pièce de Rainer Werner Fassbinder, qui campe ici l’un des personnages principaux) et <strong>Notre-Dame de la Croisette</strong>, le Suisse compose un triptyque où dominent artifice, mélancolie et regard critique sur le monde du spectacle, dans lequel brillent deux grandes icônes des années 1970, les actrices Ingrid Caven et Bulle Ogier. Dans les suppléments, on découvre <strong>Ballet d&rsquo;ombres</strong> (19 mn), un entretien inédit avec Stéphane du Mesnildot, chroniqueur à « Mauvais genre » (France Culture) qui note : <em>« On a l’impression de voir un ballet d’ombres, des fantômes qui viennent rejouer une histoire qui s’est déjà déroulée […]. À chaque fois qu’il y aura la force de l’imagination, ces figures reviendront, elles sont des archétypes. »</em> <strong>L&rsquo;ordure, la ville et la mort</strong> (28 mn) est un autre entretien inédit avec Stéphane du Mesnildot qui dit : <em>« Tous les personnages ont ce rapport de mort, de pouvoir, mais aussi quelque chose qui est lié à leur origine, qui les a détruits dès le départ. »</em> Enfin dans <strong>Notre-Dame de la Croisette</strong> par Stéphane du Mesnildot (7 mn), on va retrouver l&rsquo;une des passions de Daniel Schmid pour les artistes déclinantes, un peu hantées […]. Une diva perdue autour de toutes les stars cannoises… (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASummertime.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21505" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASummertime-187x300.jpg" alt=" Summertime" width="187" height="300" /></a><strong>SUMMERTIME</strong><br />
Américaine célibataire et quadragénaire, Jane Hudson réalise son rêve en allant passer ses vacances à Venise et espère bien y trouver la concrétisation de tous ses idéaux romantiques. Dès son arrivée dans une belle pension avec vue imprenable sur la ville, chaque instant la voit s’extasier face à la beauté de la langue italienne et l’atmosphère magique de la Cité des Doges. Au hasard des rencontres, Jane fait la connaissance de couples de touristes. Mais sa fascination se mue lentement en douce mélancolie et le poids de la solitude grandit en elle. Un matin, en quête d&rsquo;un vase ancien, Jane entre dans le magasin d’antiquités de Renato de Rossi (Rossano Brazzi), qui lui propose de l’initier à la vie vénitienne… Dix ans après le magnifique <strong>Brève Rencontre</strong> (1945), David Lean réalise avec <strong>Summertime</strong> une romance radieuse et mélancolique. Le réalisateur londonien (1908-1991) est célèbre pour ses grandes sagas que furent <strong>Le pont de la rivière Kwai</strong> (1957), <strong>Lawrence d&rsquo;Arabie</strong> (1962), <strong>Le docteur Jivago</strong> (1965) et, à un degré moindre, <strong>La fille de Ryan</strong> (1970) et <strong>La route des Indes</strong> (1984). Mais Lean savait aussi s&rsquo;emparer de sujets plus « modestes », voire clairement « mélo » dont il tirait le meilleur parti. Tourné au plus fort de la saison estivale dans une Venise rayonnante, le film est un tableau impressionniste aux couleurs flamboyantes, empreint du bleu azur de la lagune et du reflet doré des parures vénitiennes. Mais derrière la carte postale surgit la souffrance d’une femme solitaire, à la fois captivée par le charme romantique de la ville et apeurée par son parfum de frivolité voluptueuse. Drôle et sensible, Katharine Hepburn, fofolle héroïne de <strong>L’impossible Monsieur Bébé</strong> (1938) trouve ici un rôle inoubliable, faisant de <strong>Summertime</strong> l’un des plus beaux films jamais réalisés sur les tumultes de l’amour. Un chef d&rsquo;oeuvre du mélo disponible pour la première fois en Blu-ray dans une belle restauration 4K. Dans les suppléments, l&rsquo;historien du cinéma Pierre Berthomieu revient sur la genèse et la place du film dans l&rsquo;oeuvre de David Lean. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAGrandDuel.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21496" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAGrandDuel-187x300.jpg" alt=" Grand Duel" width="187" height="300" /></a><strong>LE GRAND DUEL</strong><br />
Philip Wermeer est accusé à tort d&rsquo;avoir tué Saxon, le patriarche d&rsquo;un clan puissant de Tucson, un homme craint et haï par tous les habitants de l&rsquo;Arizona. Wermeer est poursuivi par les trois fils de Saxon, qui n&rsquo;hésitent pas à envoyer des tueurs à sa recherche. Alors qu&rsquo;il est en danger, surgit Clayton, un shérif mystérieusement déchu, qui vient lui prêter main-forte. Ses raisons restent obscures mais celui-ci semble vouloir le contraindre à subir un procès en bonne et due forme face au clan Saxon, en même temps qu&rsquo;il semble être le seul à connaître la vérité sur le meurtre de l&rsquo;ex-tyran. Le Romain Giancarlo Santi (1939-2021) commence sa carrière en tant qu&rsquo;assistant de production avant de devenir assistant réalisateur de Marco Ferreri (<strong>Le Lit conjugal,</strong> <strong>Le Mari de la femme à barbe</strong>, <strong>Controsesso</strong>, <strong>Marcia nuziale</strong>). Santi collabore avec Sergio Leone dans <strong>Le Bon, la Brute et le Truand</strong> et <strong>Il était une fois dans l&rsquo;Ouest</strong>. Leone le choisit pour diriger <strong>Il était une fois la révolution</strong> après que Peter Bogdanovich a été licencié, mais la production américaine rejette cette décision et Leone est obligé de réaliser le film, Santi devenant réalisateur seconde équipe. C&rsquo;est finalement en 1972 que le cinéaste fait ses débuts de réalisateur avec <strong>Le grand duel,</strong> l’un des westerns italiens les plus élégants et crépusculaires du début des années 1970, brillamment scénarisé par l’un des grands auteurs de <em>giallo</em>, Ernesto Gastaldi (<strong>Torso</strong>). Porté par la musique envoûtante de Luis Bacalov (<strong>Django</strong>) et une mise en scène ample et maîtrisée, le film revisite les thèmes classiques du genre – la justice, la vengeance et la corruption – à travers une traque haletante, où s’impose l’immense Lee Van Cleef (<strong>Le Bon, la Brute et le Truand</strong>) dans le rôle du shérif Clayton. Cette œuvre incontournable sort pour la première fois en Blu-ray dans une nouvelle restauration 4K. Quentin Tarantino a classé le film 15e dans sa liste des 20 meilleurs westerns spaghetti. Il en utilise la bande originale dans <strong>Kill Bill Vol.1</strong>, dans la scène décrivant O-Ren Ishii. Dans les suppléments, on trouve <strong>Un western atypique</strong> (32 mn), un entretien inédit avec le réalisateur Giancarlo Santi, <strong>Le dernier des grands westerns</strong> (26 mn), un entretien inédit avec le scénariste Ernesto Gastaldi et enfin <strong>Sortir des sentiers battus</strong> (29 mn), un entretien inédit avec le producteur Ettore Rosboch. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAANousOrchestre.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21500" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAANousOrchestre-168x300.jpg" alt=" Nous Orchestre" width="168" height="300" /></a><strong>NOUS L&rsquo;ORCHESTRE</strong><br />
Une « musique de film », c’est généralement fabriqué après le film, pour soutenir un discours, un scénario, une dramaturgie, pour l’accompagner, l’illustrer. Dans le cas de <strong>Nous l&rsquo;orchestre</strong>, c’est la musique qui parle en premier. La dramaturgie de base, c’est celle du discours musical, c’est celle du passage de Mahler ou de Bartók qui est joué, c’est l’émotion ou l’aventure de ce passage en lui-même. Philippe Béziat invite à une immersion dans la vie quotidienne et les répétitions des cent-vingt musiciens de l&rsquo;Orchestre de Paris, sous la baguette de leur jeune chef prodige Klaus Mäkelä et de chefs invités tels que le presque centenaire Herbert Blomstedt. Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent, dans le cadre de la Philharmonie, parmi les musiciens de l’Orchestre de Paris. A propos de ce film immersif au cœur de la musique en train de se faire, le réalisateur observe : <em>« Mes films étaient pour la plupart construits autour d’opéras, Traviata et nous, Indes Galantes, Pelléas et Mélisande. J’avais presque toujours deux histoires à raconter : celle du livret d’abord, avec la progression de l’intrigue, les dialogues entre les personnages, les situations dramatiques qui faisaient avancer l’action. Et puis celle de la production du spectacle lui-même, que je suivais des premières répétitions aux premières représentations. Il y avait donc un double récit assez naturel, qui soutenait le film. Cela donnait des longs-métrages que j’appelle des documentaires-opéras.»</em> Philippe Béziat s&rsquo;aventure, cette fois, ailleurs, avec le matériau plus abstrait de la symphonie, de la polyphonie orchestrale, qui ne raconte pas de livret, pas d’histoire pour essayer de faire une sorte de « documentaire-symphonie ». <em>« La vie d’un orchestre,</em> dit le cinéaste, <em>c’est de travailler pendant une semaine une œuvre, et puis la semaine suivante une autre. Il a fallu resserrer sur la dramaturgie de la musique elle-même. C’était un défi, mais c’était aussi une libération. Pour la première fois j’avais l’impression de n’avoir plus besoin d’alibi, je pouvais simplement articuler musique et cinéma. »</em> (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADerrierePalmiers.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21491" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADerrierePalmiers-202x300.jpg" alt=" Derriere Palmiers" width="202" height="300" /></a><strong>DERRIÈRE LES PALMIERS</strong><br />
Mehdi a fait des études d&rsquo;architecte mais, faute de débouchés à Tanger, il doit se contenter d&rsquo;aider son père sur les chantiers. Il voit son amie Selma discrètement, officiellement seulement pour prendre un café de temps à autre. Sa relation avec Selma sera bouleversée lorsqu’il croise le regard, et plus si affinités, de Marie, une riche Française décomplexée dont les parents ont acheté une luxueuse villa dans la casbah. Attiré par sa vie mondaine, il délaisse Selma, feignant d’ignorer que ses choix le rattraperont. Avec <strong>Derrière les palmiers</strong>, la cinéaste marocaine Meryem Benm&rsquo;Barek signe son second long-métrage après <strong>Sofia</strong> (2018), une œuvre présentée dans la section Un certain regard (où il avait obtenu le prix du meilleur scénario) à Cannes 2018 et qui racontait les difficultés d&rsquo;une jeune femme, enceinte, hors mariage, dans son pays, le Maroc, où les relations sexuelles hors mariage sont interdites par la loi. <em>« Derrière les palmiers,</em> dit la réalisatrice,<em> trouve sa source dans quelque chose de profondément intime : le film est la somme de mes expériences amoureuses, où j’ai pu tour à tour être Selma, Mehdi et Marie. Ces histoires ont façonné mon regard sur le monde et ont donné naissance au récit que je voulais raconter. Mais ce film dépasse le seul plan personnel : il explore comment l’amour révèle les forces sociales, culturelles et historiques qui structurent nos vies. Là où Sofia dressait un constat acide sur la manière dont la fracture sociale gangrène les trajectoires humaines, ce nouveau film cherche un terrain plus romanesque, et tente de faire apparaître les dynamiques invisibles qui orientent nos désirs. À travers ce récit, l’intimité devient un espace politique, un moyen de questionner le monde et de montrer que ce qui semble personnel est toujours traversé par le collectif. »</em> A mi-chemin entre le drame social et le contre cruel, <strong>Derrière les palmiers</strong>, teinté de mélancolie, montre que le désir de Marie révèle en réalité un mépris immense pour ce que Medhi est réellement. Aveuglé par les attentes sociales de Marie et de sa famille, le jeune amoureux précipite ainsi sa propre chute. La cinéaste peut enfin compter sur une solide distribution avec Driss Ramdi dans le rôle de Medhi, Sara Giraudeau dans celui de la bohême Marie et enfin Carole Bouquet et Dominique Rabourdin en parents de Marie. Une œuvre forte où Meryem Benm’Barek explore les silences et les tensions des sociétés maghrébines, avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes générations. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASyndicatCrime.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21506" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASyndicatCrime-223x300.jpg" alt=" Syndicat Crime" width="223" height="300" /></a><strong>LE SYNDICAT DU CRIME</strong><br />
Ho et Mark sont truands, et Kit, le petit frère de Ho, est policier. Ce dernier ne sait pas que son frère fait partie de la pègre, et quand celui-ci se fait arrêter et que son père est assassiné, c&rsquo;est un choc pour lui, qui l&rsquo;empêchera d&rsquo;avoir une promotion. Quand, trois ans plus tard, Ho sort de prison, il retrouve Mark devenu infirme et vivant chichement, son frère qui ne veut plus entendre parler de lui, et son ancien assistant -devenu le nouveau chef de la pègre- qui veut le faire replonger. Film d&rsquo;action hongkongais co-écrit et réalisé par John Woo et sorti en 1986, <strong>Le syndicat du crime</strong> est considéré comme avoir donné naissance au genre <em>heroic bloodshed</em>, qui a eu une influence considérable dans le cinéma hongkongais et ensuite à Hollywood. Littéralement « carnage héroïque » en français, l&rsquo;<em>heroic bloodshed</em> tourne autour de scènes d&rsquo;action stylisées et de thèmes dramatiques tels que la fraternité, l&rsquo;honneur, le devoir, la rédemption et la violence. Le terme a été inventé par l&rsquo;éditeur Rick Baker dans le magazine <em>Eastern Heroes</em> à la fin des années 1980, en se référant spécialement aux réalisateurs John Woo ou Ringo Lam. Baker a défini le genre comme étant <em>« un film d&rsquo;action hongkongais présentant un grand nombre de combats à l&rsquo;arme à feu et de gangsters plutôt que de kung fu. Beaucoup de sang. Beaucoup d&rsquo;action »</em>. <strong>Le syndicat du crime</strong> a grandement popularisé le genre. Woo a ensuite gardé une influence importante sur l&rsquo;<em>heroic bloodshed</em>, du fait de sa popularité et de l&rsquo;évolution de ses travaux suivants comme <strong>Le syndicat du crime 2</strong>, <strong>The Killer</strong> et <strong>À toute épreuve</strong>. La violence du genre força le gouvernement de Hong Kong à mettre en place une classification des œuvres cinématographiques, effective dès 1988. Bien que produit avec un budget limité et malgré une absence de promotion pour sa sortie, le film devient le plus grand succès de tous les temps au box-office hongkongais. Sorti sur tous les écrans en Asie, il figure à la seconde place du classement des 100 meilleurs films chinois établi par les Hong Kong Film Awards. Son succès amènera la sortie de deux suites : <strong>Le syndicat du crime 2</strong>, également réalisé par Woo, et <strong>Le syndicat du crime 3</strong>, une préquelle réalisée par Tsui Hark. Bien que Ti Lung soit l&rsquo;acteur principal du film, c&rsquo;est surtout la performance de Chow Yun-fat qui est restée dans les mémoires, confirmant ainsi son statut de l&rsquo;un des plus grands acteurs de l&rsquo;industrie cinématographique de Hong Kong. Son personnage, Mark Gor, est imité par de nombreux amateurs, des décennies même après la sortie du film. <strong>Le syndicat du crime</strong> est présenté dans un superbe coffret en édition limitée avec cinq disques et onze heures de bonus. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADustAngels1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21493" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAADustAngels1-187x300.jpg" alt=" Dust Angels" width="187" height="300" /></a><strong>DUST OF ANGELS</strong><br />
Adolescents rebelles en perte de repères, Guo et Doa traînent leur rage de vivre dans la petite ville de Peikang. Ils tentent d’échapper à leur existence monotone en consommant des amphétamines et soulagent leur mal-être en s’adonnant à des actes de violence contre des bandes rivales. Les deux petites frappes se sont liées d’amitié avec un homme plus âgé qu’eux, devenu leur mentor. Lorsque celui-ci décide de venger son honneur, bafoué suite à son exclusion d’un groupe de gangsters, Guo et Doa vont être entraînés dans une spirale de violence qui les mènera à la capitale, Taipei… Premier long-métrage du cinéaste Hsu Hsiao-ming réalisé en 1992 et produit par le célèbre réalisateur Hou Hsiao-hsien (voir <strong>Un été chez Grand-père</strong> dans cette rubrique), <strong>Dust of Angels</strong> use d’une approche à la fois réaliste et stylisée pour décrire la montée de la violence juvénile dans une société taïwanaise en plein boom économique. Entre chronique sociale et film de gangsters, cette œuvre hypnotique et sombre s’inscrit dans la continuité du Nouveau Cinéma taïwanais, tout en adoptant un ton plus brut et contemporain qui la rapproche du néo-polar américain. Présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 1992, <strong>Dust of Angels</strong> est disponible pour la première fois en Blu-ray dans une restauration 4K. Dans les suppléments, on trouve <strong>Les anges aux figures sales</strong> (24 mn), un entretien inédit avec Jean-Michel Frodon, journaliste, critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po qui note : <em>« Le titre international Dust of Angels évoque quelque chose d’aérien, comme de la poussière : les héros sont des anges aux figures sales, aux mains sales et aux ailes brisées. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASecondeMort.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21503" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASecondeMort-203x300.jpg" alt=" Seconde Mort Harold Pelham" width="203" height="300" /></a><strong>LA SECONDE MORT D&rsquo;HAROLD PELHAM</strong><br />
Gentleman de la City à l&rsquo;apparence irréprochable, Harold Pelham est marié et père de famille. Un soir, en sortant de son bureau au volant de sa Rover P5B, il est soudain pris d&rsquo;une frénésie de vitesse. Il perd le contrôle de son véhicule sur l&rsquo;autoroute et est victime d&rsquo;un grave accident. Sur la table d&rsquo;opération, il semble en état de mort clinique. Soudain, deux rythmes cardiaques apparaissent sur le moniteur à la stupeur des médecins. À son réveil, toute sa vie semble avoir été bouleversée. Il se découvre une maîtresse, semble avoir été dans des lieux où lui prétend ne jamais s&rsquo;être rendu. Une mystérieuse voiture grise le suit en permanence. Puis, il se trouve confronté à un double de lui-même se demandant s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un <em>doppelgänger</em> ou s&rsquo;il est devenu fou. Venu au cinéma au sein des fameux studios Ealing, le cinéaste britannique Basil Dearden (1911-1971) figure, en 1945, parmi les auteurs du classique du cinéma d&rsquo;épouvante <strong>Au cœur de la nuit</strong>. Après sa période Ealing, il dirige, avec l&rsquo;écrivain et producteur Michael Relph, des films aux sujets rarement abordés au début des années 1960, ainsi l&rsquo;homosexualité (<strong>La victime</strong>,1961) ou les relations interraciales (<strong>Opération Scotland Yard</strong>, 1959). <strong>The Man Who Haunted Himself</strong> (en v.o.), son dernier film, donne la vedette à Roger Moore qui avait été remarqué en Simon Templar dans <strong>Le Saint</strong> (1962-69) et qui allait incarner James Bond à six reprises entre 1973 à 1985. Ce thriller, qui sort dans l&rsquo;excellente collection <em>Make my Day</em> de Jean-Baptiste Thoret, est complètement passé inaperçu à sa sortie. Dans son autobiographie, Moore considère pourtant qu&rsquo;il s&rsquo;agit du meilleur rôle de sa carrière.A découvrir !  (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAATheDrama.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21507" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAATheDrama-190x300.jpg" alt=" The Drama" width="190" height="300" /></a><strong>THE DRAMA</strong><br />
Dans un café à Boston, dans le Massachusetts, Charlie Thompson, un conservateur de musée britannique, aborde Emma Harwood, une libraire, en prétextant avoir lu le même livre qu&rsquo;elle. Emma semble l&rsquo;ignorer et Charlie se rassoit avant de s&rsquo;excuser. Emma finit par le remarquer et lui explique qu&rsquo;elle est sourde de l&rsquo;oreille droite, ce qui explique qu&rsquo;elle ne l&rsquo;ait pas entendu. Elle l&rsquo;invite à retenter son approche et ils se donnent rendez-vous. Deux ans plus tard, Emma et Charlie préparent leur mariage, qui a lieu une semaine plus tard. Une nuit, ils surprennent Pauline, la DJ qu&rsquo;ils ont engagée, en train de consommer de l&rsquo;héroïne dans un parc. Ils décident d&rsquo;en parler avec Mike et sa femme Rachel, respectivement leur garçon d&rsquo;honneur et leur demoiselle d&rsquo;honneur. Alors qu&rsquo;ils débattent de virer Pauline, Emma la défend en disant que tout le monde a déjà fait une chose mauvaise. Le groupe raconte alors à leur tour la pire chose qu&rsquo;ils aient faite : Mike a utilisé son ex-petite amie comme bouclier lors d&rsquo;une attaque de chien, Rachel a enfermé un voisin dans un camping-car abandonné et Charlie a cyberharcelé un camarade de classe jusqu&rsquo;au déménagement de ce dernier. Emma révèle ensuite avec hésitation qu&rsquo;à l&rsquo;âge de 15 ans, elle avait prévu de commettre une fusillade dans son école ; sa surdité partielle lui vient de son entraînement avec le fusil de son père. La révélation choque tout le groupe et énerve particulièrement Rachel, dont la cousine s&rsquo;est retrouvée paralysée suite à une fusillade. Cette révélation, faite dans un contexte de jeu et d’alcool, provoque un séisme dans le couple. Charlie, déjà en proie au doute, se demande s’il peut vraiment connaître la personne avec qui il s’apprête à s’engager pour la vie… Comédie romantique basculant dans le thriller psychologique, <strong>The Drama</strong>, réalisé par le Norvégien Kristoffer Borgli, explore les tensions d’un couple à quelques jours de leur mariage, lorsque la révélation d’un secret inavouable bouleverse leur relation et remet en cause leur engagement. Porté par Zendaya (Emma Harwood) et Robert Pattinson (Charlie Thompson), <strong>The Drama</strong> interroge la possibilité de connaître vraiment l’autre avant un engagement à vie, le jeu des apparences et la performance sociale, enfin la violence latente dans la société américaine et ses répercussions sur les relations personnelles. Salué pour son audace et son humour noir, le film a été un vrai succès au box-office. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEtéGrandPere.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21494" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEtéGrandPere-187x300.jpg" alt="Eté Grand Pere" width="187" height="300" /></a><strong>UN ÉTÉ CHEZ GRAND-PÈRE</strong><br />
Les grandes vacances ont enfin sonné pour le jeune Tung-tung, qui vient de terminer l’école primaire. Sa petite sœur Ting-ting et lui ont prévu de quitter la capitale Taipei pour passer l’été chez leurs grands-parents, dans la campagne taïwanaise. Sur le chemin de la gare, les enfants passent dire au revoir à leur mère à l’hôpital, avant que celle-ci ne subisse une opération. À leur arrivée au village, Tung-tung se lie rapidement d’amitié avec les enfants des environs. Les relations entre adultes, orchestrées autour de la figure autoritaire du grand-père, sont plus compliquées… Chef de file du cinéma d&rsquo;auteur taïwanais, Hou Hsiao-hsien, né en 1947 en Chine, est une haute figure du cinéma asiatique qui raconte ses histoires de manière oblique, réduit l&rsquo;intrigue au strict minimum et privilégie la suspension du temps. Son style se compose de très longs plan-séquences avec peu de mouvements de caméra mais une chorégraphie complexe des acteurs dans l&rsquo;espace. Il improvise beaucoup pour arriver à la forme finale de ses scènes avec le jeu dépouillé et naturel de ses acteurs. Il n&rsquo;effectue généralement qu&rsquo;une seule prise des séquences qu&rsquo;il tourne, ne procède pas à des répétitions avec les acteurs. Il déclare : <em>« Je fonctionne à l’instant. Si je sens que ça ne prend pas, on arrête assez vite. Si je sens que ça prend, là&#8230; Après, des contraintes influent. »</em> HHH a été sélectionné à sept reprises en compétition au Festival de Cannes où il a reçu le prix du jury en 1993 pour <strong>Le maître de marionnettes</strong> et le prix de la mise en scène en 2015 pour <strong>The Assassin</strong>. Tourné un an après <strong>Les garçons de Fengkuei</strong> (1983), inoubliable portrait d’une jeunesse désœuvrée, considéré comme le premier film majeur du cinéaste, <strong>Un été chez grand-père</strong> confirme l’orientation de Hou Hsiao-hsien vers un cinéma d’auteur, personnel et poétique. Inspiré par ses propres souvenirs, mêlés à ceux de sa coscénariste Chu Tien-wen, le film adopte le point de vue de ses deux jeunes héros et porte un regard d’enfant empreint de pudeur sur la fragilité du monde adulte. Source d’inspiration majeure pour Hayao Miyazaki et son célèbre <strong>Mon voisin Totoro</strong>, ce splendide récit d’apprentissage est disponible pour la première fois dans sa restauration 2K. Dans les suppléments, on trouve <strong>Un monde sans douceur</strong> (23 mn), un entretien inédit avec Jean-Michel Frodon, journaliste, critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po qui observe : <em>« Il y a cette brusquerie des rapports humains qui trouve un écho dans la brusquerie des enchaînements des scènes ou des situations [&#8230;], comme une mémoire qui fonctionnerait par flash ou événement. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEnfantDesert.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21508" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAEnfantDesert-203x300.jpg" alt="AAAEnfantDesert" width="203" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ENFANT DU DESERT</strong><br />
Jeune fille de 12 ans, Sun découvre que l’histoire que lui raconte son grand-père depuis toujours — celle d’un enfant perdu dans le désert et élevé par des autruches — n’est pas un simple conte, mais une histoire vraie. Troublée par cette révélation, elle part en quête de vérité dans le Sahara pour comprendre l’origine de ce récit et qui était vraiment son grand-père. Elle y découvre l’incroyable destin d’Hadara, un enfant nomade perdu par sa famille à deux ans lors d’une tempête de sable et recueilli par des autruches, qui lui permettent de survivre pendant près de dix ans dans le désert. Lorsque Sun est invitée à visiter le Sahara, elle se rend compte qu&rsquo;Hadara est peut-être plus qu&rsquo;une simple histoire pour s&rsquo;endormir. On connaît Gilles de Maistre, journaliste, réalisateur, auteur, documentariste et producteur de cinéma français, pour <strong>Mia et le lion blanc</strong> (2018), une fiction qui raconte l&rsquo;amitié entre une petite fille et un lion. Mia va jusqu&rsquo;à s&rsquo;enfuir avec lui et traverser l&rsquo;Afrique du Sud pour le sauver des chasseurs. Ce film international en anglais, a nécessité trois ans de tournage sans trucages pour s&rsquo;appuyer sur la vraie relation entre l&rsquo;actrice et le fauve. Le film a réalisé un million et demi d&rsquo;entrées en France, et est devenu le plus gros succès français à l&rsquo;étranger de 2019 avec plus de 6 millions d&rsquo;entrées. Le cinéaste français connaîtra encore un beau succès avec <strong>Le lion et le jaguar</strong> (2024), vu par un million de spectateurs dans les salles françaises. Ici, il adapte le roman <em>Hadara, l’enfant autruche</em> de Monica Zak, lui-même inspiré d&rsquo;une histoire vraie pour signer une aventure mêlant émotion et réflexion sur la transmission, la mémoire et la frontière entre mythe et réalité. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACeuxQuiComptent.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21487" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACeuxQuiComptent-174x300.jpg" alt="Ceux Qui Comptent" width="174" height="300" /></a><strong>CEUX QUI COMPTENT</strong><br />
Rose, pleine de vie et optimiste, vit avec ses trois enfants dans un hôtel familial qu’ils ne possèdent plus. Jean, solitaire et réservé, entre malgré lui dans leur vie. Ensemble, ils vont découvrir que tout devient possible, malgré leurs différences. Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Veuve, elle campe, dans la banlieue parisienne, avec ses trois enfants à l’étage de l’hôtel qui fut à eux. Ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés… mais c’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Il va très vite devenir indispensable. Le film s&rsquo;ouvre dans un supermarché où Rose fait ses courses. Avec l&rsquo;objectif avéré de ne pas passer en caisse. Si sa technique semble au point, elle va quand même se faire prendre par les surveillants. Elle proteste à grands cris et la situation va se retourner grâce à Jean qui passait par là. C&rsquo;est le genre de type auquel il ne faut pas chercher noise, sous peine de se faire très mal. Jean veut juste qu&rsquo;on le laisse en paix, quitte à vivre dans un camping-car en bordure d’autoroute et à se nourrir de raviolis en boîte. Venu du monde de la publicité, Jean-Baptiste Leonetti signe, ici, son premier long-métrage et s&rsquo;empare, d&rsquo;abord sur le ton de la comédie puis avec une certaine gravité dans la chronique sociale, de deux personnages que tout semble opposer. Mais ce qui les oppose est finalement beaucoup moins important que ce qui les rapproche, en l&rsquo;occurrence une manière de vivre en marge de la société. Sandrine Kiberlain est une Rose magnifique et Pierre Lottin -qui devient de plus en plus incontournable dans le cinéma français- un homme qui dissimule autant qu&rsquo;il peut, sa nature généreuse. Le duo des deux comédiens fonctionne bien et emporte l&rsquo;adhésion du spectateur. (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACriGardes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21489" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACriGardes-180x300.jpg" alt=" Cri Gardes" width="180" height="300" /></a><strong>LE CRI DES GARDES</strong><br />
En Afrique de l&rsquo;ouest, un vaste chantier de travaux publics est dirigé par deux expatriés : Horn, le patron, et Cal, un jeune ingénieur. Les deux hommes partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l&rsquo;enceinte qui est réservée aux Blancs. Leonie, la future épouse de Horn, arrive d&rsquo;Europe. Un soir, un homme nommé Alboury s&rsquo;introduit par effraction et exige qu&rsquo;on lui rende le corps de son frère, mort sur le chantier… Née à Paris parce que sa mère voulait accoucher en France, Claire Denis, aujourd&rsquo;hui âgée de 80 ans, retourne à l&rsquo;âge de deux mois en Afrique. Elle y grandit et fait sa scolarité primaire dans les écoles mixtes, notamment au Cameroun, en Somalie, en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), et à Djibouti. Son père, administrateur civil travaillant dans les colonies françaises d&rsquo;Afrique, présentait à ses enfants l&rsquo;indépendance comme une chose positive pour les pays africains. L&rsquo;Afrique a souvent été au centre du cinéma de Claire Denis. Encouragée par Wim Wenders, elle signe ainsi, en 1988, <strong>Chocolat</strong>, son premier long-métrage, œuvre autobiographique et marquée notamment par son enfance au Cameroun. Viendront encore <strong>Beau travail</strong> ou <strong>White Material</strong>. Pour son retour en Afrique, Claire Denis a fondé son scénario sur la pièce de théâtre <em>Combat de nègre et de chiens</em> de Bernard-Marie Koltès, histoire d’une vengeance et d’une cérémonie sacrificielle, qui emprunte beaucoup à la tragédie classique. <em>« Alboury est le moteur de la tragédie </em>, dit la cinéaste. <em>En venant réclamer le corps de son frère comme dans la tragédie grecque, il remet en question les relations des trois Blancs de l’autre côté de la barrière. Pas parce qu’il est noir, mais parce qu’il réclame justice. Je savais que c’était une tragédie et l’important pour moi était de trouver une base abandonnée pour inventer un chantier, y construire une forteresse de grillages et de barbelés. Je savais qu’il fallait absolument que ce dispositif soit respecté, comme il l’est au théâtre. Il fallait que je m’impose les limites d’un espace clos. »</em> Une œuvre d&rsquo;une grande sobriété esthétique à travers l&rsquo;épure des décors ou le travail sur la lumière ou l&rsquo;absence de lumière, dans laquelle on remarque d&rsquo;excellents comédiens comme Matt Dillon (Horn), Tom Blyth (Cal), Mia McKenna-Bruce (Léonie) et Isaach de Bankolé, l&rsquo;ami et le frère de Koltès, dans le rôle d&rsquo;Alboury. Un film sur la rencontre faite de désir, de haine et de frustration entre des hommes et une femme que tout oppose. Le film est construit autour de cette ligne de partage, cette petite zone de combat coupée en deux où se joue une tragédie millénaire. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAMiAmor.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21498" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAMiAmor-162x300.jpg" alt=" Mi Amor" width="162" height="300" /></a><strong>MI AMOR</strong><br />
Romy, une DJ, se rend aux îles Canaries pour mixer dans une boîte locale, accompagné de son amie Chloé. Le lendemain de la soirée, elle découvre que son amie n&rsquo;est pas rentrée et ne répond pas au téléphone. Aidée de Vincent, le patron de la boîte de nuit, Romy se lance à sa recherche. Mais l&rsquo;existence de Romy va virer au cauchemar. Sa solitude forcée s&rsquo;intensifie au fil des minutes, cherchant sans relâche sa meilleure amie évaporée dans la nuit… C’est en visitant le <em>Cocodrilo Park</em> sur l&rsquo;île espagnole de Gran Canaria et en découvrant les fosses à crocodiles que le cinéaste français Guillaume Nicloux a eu l&rsquo;idée de son 18<sup>e</sup> long-métrage, affirmant que <strong>Le crocodile de la mort</strong> réalisé en 1977 par Tobe Hooper a rejailli d’un coup dans ses souvenirs… Touche-à-tout du cinéma (<strong>Le poulpe</strong>, comédie très décalée, <strong>Une affaire privée, Cette femme-là et La clef</strong> (2007), une trilogie noire, <strong>La religieuse</strong> d&rsquo;après Diderot, <strong>L&rsquo;Enlèvement de Michel Houellebecq</strong>, <strong>Valley of Love</strong> et <strong>The End</strong> autour de Depardieu ou <strong>Sarah Bernhardt, La divine</strong> sur la grande dame du théâtre), Guillaume Nicloux donne, entre angoisse et malaise, un thriller riche en émotions et en sons. <em>« Tout héros doit à un moment prendre la ou les mauvaises décisions,</em> dit Nicloux. <em>Romy ne devrait pas aller dans cette direction pourtant elle s’y engage sans faillir. J’ai toujours été frappé par les personnages des romans de Patricia Highsmith, cette volonté chez eux de vouloir s’en sortir en se jetant dans les abysses. »</em> Au coeur de l&rsquo;enfer, Pom Klementieff, découverte en 2012 dans <strong>Les Kaïra</strong> de Franck Gastambide et vue dans <strong>Old Boy</strong>, le remake du film coréen du même nom par Spike Lee, est convaincante en Romy. A ses côté, Benoît Magimel est un Vincent ambigu. Une fable délicieusement tordue ! (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAPourMeilleur.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21501" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAPourMeilleur-162x300.jpg" alt=" Pour Meilleur" width="162" height="300" /></a><strong>POUR LE MEILLEUR</strong><br />
Une incroyable histoire d&rsquo;amour entre Philippe Croizon, un homme privé de ses quatre membres (à la suite d&rsquo;un accident d&rsquo;électrocution), et Suzana, une femme qui va lui redonner l&rsquo;énergie et la possibilité d&rsquo;avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage, ce qui sera chose faite le 18 septembre 2010&#8230; Remarqué avec des films comme<strong> Les héritiers</strong> (2014), <strong>Le ciel attendra</strong> (2016) sur la radicalisation des jeunes, <strong>A Good Man</strong> (2019) ou encore <strong>Divertimento</strong> (2021) sur la jeunesse et la formation de la chef d&rsquo;orchestre Zahia Ziouani qui, avec sa sœur jumelle Fettouma, vivant en Seine Saint-Denis, rêvaient de faire de la musique classique leur métier, Marie-Castille Mention-Schaar s&rsquo;attache, ici, à l&rsquo;histoire vraie de Philippe Croizon, une aventure sur le le dépassement de soi. Car cet homme s’apprête donc à traverser la Manche à la nage alors qu’il n’a ni bras ni jambes. En s&rsquo;appuyant sur Pierre Rabine dans le rôle de Philippe Croizon et sur la chanteuse Lilly-Fleur Pointeaux (Suzana), la réalisatrice livre une œuvre pleine de tension physique, d&rsquo;endurance mentale où la Manche n&rsquo;est pas un décor mais une force maritime à dompter et à vaincre. Comme la cinéaste évite les clichés et les pudeurs, le film prend un tour sobre et touchant à la fois. Autour des deux protagonistes principaux, on remarque nombre de visages connus dans le cinéma français comme Sandrine Bonnaire, Corine Masiero, Pierre Deladonchamps, Lolita Chammah ou Zinedine Soualem. Une sacrée traversée ! (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASukkwanIsland.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21504" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAASukkwanIsland-174x300.jpg" alt="Sukkwan Island" width="174" height="300" /></a><strong>SUKKWAN ISLAND</strong><br />
Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve… En adaptant le roman éponyme de l&rsquo;Américain David Vann, récompensé du prix Médicis étranger en 2010, Vladimir de Fontenay signe son second long-métrage après <strong>Mobil Homes</strong>, présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2017. <em>« J’ai vu,</em> dit le cinéaste,<em> une promesse de récit propice au cinéma dans cette tragédie familiale qui prend place au cœur de grands espaces, sous les aurores boréales. Il y a comme une contradiction entre ces lignes d’horizon presque infinies et, en même temps, ce combat psychologique qui finit par enfermer les personnages. Je crois que j’ai été très sensible à cette idée de la recherche d’un nouveau territoire pour reconstruire une relation père-fils, pour tenter de refaire famille. »</em> Dans cette chronique d&rsquo;une année passée sur une île isolée de l&rsquo;Alaska, le cinéaste fait apparaître le déracinement, la quête d’identité, les relations de parentalité. Il évoque aussi quelque chose de l’ordre de l’ « inadaptation » du parent face à son propre enfant, et l’idée d’une deuxième chance, aussi. Le père veut bien faire, mais il n’y parvient pas, il finit par faire peser quelque chose de très malsain sur son fils, qui doit trouver son propre chemin pour survivre. Et de poser la question : Est-ce qu’on peut réparer ses propres parents, avec quelles dettes naissons-nous, jusqu’où peut-on pardonner, de quoi doit-on s’émanciper pour construire sa propre histoire ? Le film est porté, au côté de Woddy Norman dans le rôle du jeune fils, par un Swann Arlaud au meilleur de son art en père qui ne sait pas comment aimer son fils simplement. Sur la maladresse des sentiments, entre tendresse naïve et chantage affectif. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAABagarre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21486" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAABagarre-202x300.jpg" alt="Bagarre" width="202" height="300" /></a><strong>BAGARRE</strong><br />
Gaillard doté d’un physique hors norme, Naim est cependant un homme pacifique et très doux dans la vraie vie. Lorsque Chipie, sa chienne, tombe malade et qu’il se retrouve incapable de payer les frais de vétérinaire, il décide de rejoindre « Allô bagarre », un service de combattants de rue qui règlent les embrouilles à coups de poings. Pourtant , au fur et à mesure des missions, Naim commence à vouloir une vie plus paisible.. Au-delà du fait qu&rsquo;il est le fils de François Hollande et de Ségolène Royal, Julien Royal est diplômé de l&rsquo;Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle de Paris. Il a commencé sa carrière avec le court métrage <strong>Nuit</strong> (2008) avant de créer la websérie <strong>En passant pécho</strong> (2012-2015) qui sera adaptée en long métrage et diffusée sur Netflix. Avant de tourner <strong>Bagarre</strong>, il signe, en 2023, la comédie d&rsquo;action <strong>Nouveaux riches</strong>. Avec <strong>Bagarre</strong>, dont le coscénariste est Nassim Lyes, également interprète de Naim et champion de kick-boxing dans ses jeunes années, Julien Royal donne une comédie mêlant humour et action, avec une touche de satire sociale, qui explore les thèmes de la débrouillardise, de la solidarité et des limites de la violence. Avec de beaux combats stylisées… (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACocorico2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21488" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAACocorico2-175x300.jpg" alt=" Cocorico2" width="175" height="300" /></a><strong>COCORICO 2</strong><br />
Les familles Bouvier-Sauvage et Martin pensent enfin pouvoir tourner la page après les révélations apportées par leurs tests ADN. Convaincues d’avoir découvert leurs véritables origines, elles mettent fin à leurs conflits et commencent les préparatifs du mariage de leurs enfants. Mais leur tranquillité est de courte durée. L’apparition d’un cousin de Frédéric, retrouvé grâce à une nouvelle analyse, remet tout en question en prouvant que les premiers résultats étaient inexacts. Les deux familles se retrouvent alors face à une histoire familiale bien plus compliquée qu’elles ne l’imaginaient, avec encore de nombreux secrets à découvrir… Deux ans après un premier <strong>Cocorico</strong> qui avait réuni près de deux millions de spectateurs dans les salles françaises, Julien Hervé remet donc le couvert et retrouve l&rsquo;essentiel du casting du premier film avec, en tête, le tandem Christian Clavier (Bouvier-Sauvage) et Didier Bourdon (Martin) qui va avoir l&rsquo;occasion de se balancer des vannes. Une comédie populaire qui joue la carte d&rsquo;un cynisme léger tout en trouvant un rythme humoristique plus enlevé que dans le premier film. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAStuff.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21536" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/08/AAAStuff-182x300.jpg" alt="The Stuff" width="182" height="300" /></a><strong>THE STUFF</strong><br />
Un nouveau produit fait fureur dans les familles américaines : The Stuff, une sorte de yaourt dont le succès touche tout le pays. Mais cette substance, à l’origine inconnue, provoque chez ceux qui la consomment une violente addiction. Un enquêteur, mandaté par des industriels de l’alimentation, va tenter d’en savoir plus. <em>« Une des origines du film,</em> explique le cinéaste Larry Cohen, <em>est le volume considérable de malbouffe que nous consommons chaque jour. Nous continuons à consommer ces aliments malgré le fait que certains d’entre eux sont en train de nous tuer. »</em> Plus de quarante ans après sa sortie, le point de départ de <strong>The Stuff</strong> n&rsquo;a rien perdu de son actualité. Fidèle à son goût pour les récits fantastiques ancrés dans les dérives de la société américaine, le cinéaste imagine une substance irrésistiblement addictive. Derrière cette idée aussi absurde que géniale se cache une satire mordante du consumérisme, de la publicité, des fast-foods. Figure incontournable du cinéma de genre américain, le réalisateur s&rsquo;est toujours distingué par son audace et sa capacité à détourner les codes du fantastique pour porter un regard critique sur son époque. Avec humour, il revisite ici, autour d&rsquo;un banal pot de yaourt, <strong>L’Invasion des profanateurs de sépulture</strong> et signe une œuvre inclassable, où l&rsquo;horreur côtoie en permanence la comédie. Devenu culte, le film n&rsquo;était jamais sorti en HD en France. Voici une édition Combo Blu-ray + DVD accompagnée d&rsquo;un livret inédit avec plus d&rsquo;une heure de suppléments vidéo. Une sorte de Blob sucré à déguster ! (Rimini éditions)</p>
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		<title>Dans les coulisses du Français et dans les pas de Micha</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[BERLIN.- Dans le quartier (alternatif) de Prenzlauer Berg à Berlin, Micha Hartung est le propriétaire du Last Tycoon, un vidéoclub qui n&#8217;attire plus guère de clients. Autant dire que Micha tire clairement le diable par la queue. Bien sûr, sa fille Nathalie garde un œil sur lui mais quand elle a besoin d&#8217;un coup de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21475" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21475" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Landmann (Léon Ullrich) et Micha Hartung (Charly Hübner)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Landmann (Léon Ullrich)<br />et Micha Hartung (Charly Hübner).</p></div>
<p><strong>BERLIN.-</strong> Dans le quartier (alternatif) de Prenzlauer Berg à Berlin, Micha Hartung est le propriétaire du <em>Last Tycoon</em>, un vidéoclub qui n&rsquo;attire plus guère de clients. Autant dire que Micha tire clairement le diable par la queue. Bien sûr, sa fille Nathalie garde un œil sur lui mais quand elle a besoin d&rsquo;un coup de main pour garder ses enfants, Micha fait défaut.<br />
La vie de Micha bascule à l&rsquo;occasion du 30<sup>e</sup> anniversaire de la chute du Mur. Alexander Landmann, modeste reporter au magazine <em>Fakt</em>, déboule dans le vidéoclub. Le 22 juin 1984, à la gare de Friederichstrasse, le seul point de passage (ferroviaire) entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, un train de banlieue transportant quelque 127 passagers, est passé de la RDA à l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Ouest. Tout cela à cause d&rsquo;un aiguillage qui n&rsquo;était pas placé dans le bon sens.<br />
Or c&rsquo;était bien Micha Hartung qui, ce soir-là, travaillait à la gare. Landmann, qui a plongé dans les archives de la Stasi, est persuadé de tenir sa grande story. Il offre une poignée de gros billets à Micha afin que celui-ci entre dans son jeu. Mais oui, c&rsquo;est certain, Micha Hartung est un héros. Le cerveau d’une évasion massive historique de la RDA.<br />
Devenu un héros malgré lui, Micha va vite comprendre qu&rsquo;il est perdu. Autour de lui, s&rsquo;organise un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés. On l&rsquo;invite dans un talk-show à la télévision où il est contraint de broder sur son « fait d&rsquo;armes » en parlant d&rsquo;un irrépressible besoin de liberté. Pire, le président allemand sollicite Micha pour tenir un discours au Bundestag. Marre des vieilles barbes spécialistes de la résistance en RDA, vive un vrai Berlinois, un citoyen sorti de nulle part et qui va porter un message de vérité sur cette période sombre de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Allemagne, un individu courageux capable de surmonter des obstacles qui semblent insurmontables&#8230;</p>
<div id="attachment_21476" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21476" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Paula (Christiane Paul) et Micha Hartung. Photos Frédéric Batier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Paula (Christiane Paul)<br />et Micha Hartung.<br />Photos Frédéric Batier</p></div>
<p>Lauréat en 1988, avec <strong>Schmetterlinge</strong>, son film de fin d&rsquo;études à l&rsquo;Académie allemande du film et de la télévision de Berlin, de l&rsquo;Oscar du meilleur film d&rsquo;étudiant à Hollywood, le cinéaste allemand Wolfgang Becker n&rsquo;a tourné qu&rsquo;une toute petite poignée de longs-métrages dans sa carrière. Cependant il a très largement attiré tous les regards sur lui lorsqu&rsquo;il donne, en 2003, le fameux <strong>Good Bye Lenin !</strong>, immense succès et « film de l&rsquo;année » en Allemagne.<br />
Disparu en décembre 2024 alors qu&rsquo;il venait de superviser le premier montage de son film (sorti en salles en Allemagne en décembre 2025), Wolfgang Becker renoue donc avec les références à l&rsquo;histoire est-allemande à travers un soi-disant héros et une épopée fabriquée pour devenir un phénomène médiatique.<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Good Byle Lenin !</strong>, Becker citait le fameux trait d’esprit : <em>« Un film n’est rien d’autre qu’un enchainement de 24 mensonges par seconde »</em>. Et, de fait, <strong>Le héros de Berlin</strong> (Allemagne – 1h53. Dans les salles le 15 juillet) fonctionne également autour de la thématique du mensonge. Lorsque Micha est poussé dans ses retranchements, il se défend en expliquant que personne, en réalité, n&rsquo;a vraiment envie d&rsquo;entendre la vérité&#8230;<br />
Si <strong>Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße</strong> (en v.o.) s&rsquo;offre une love story avec la rencontre de Micha et de Paula, une passagère du fameux train devenue procureure, le film, agréable sans être emballant, vaut essentiellement pour la manière dont Becker développe un thème qui lui est cher : le combat d’un perdant, d’un type tout à fait ordinaire et malchanceux, contre la folie du monde.<br />
Avec son côté « paumé », Charly Hübner incarne parfaitement Micha Hartung, citoyen lambda, qui a eu la bêtise de mettre le doigt dans un engrenage infernal. Commence alors un grand barnum qui ne s&rsquo;arrêtera que lorsque les projecteurs se tourneront rapidement vers une prochaine victime&#8230;</p>
<div id="attachment_21477" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21477" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1-300x168.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Nina (Pauline Clément). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Nina (Pauline Clément). DR</p></div>
<p><strong>THEATRE.-</strong> Nina Cardi est en retard. Et ce n&rsquo;est pas le moment de l&rsquo;être. Car le soir même, c&rsquo;est la première du <em>Macbeth</em> de Shakespeare, sa première mise en scène sur la prestigieuse scène de la Comédie française. Pire, alors qu&rsquo;il lui reste quatre ou cinq heures pour peaufiner tous les détails, Nina a oublié son badge d&rsquo;accès à l&rsquo;illustre maison de Molière. Et Stéphane, le préposé à l&rsquo;accueil, est intraitable. Pas de badge, pas d&rsquo;entrée dans les lieux. <em>« Et si tu commettais un attentat, hein ! »</em><br />
Heureusement Nina retrouve son badge au fond de sa poche. Poussant son vélo, elle peut enfin entrer dans les lieux. Mais elle n&rsquo;est pas au bout de ses peines. Prise entre les exigences techniques de Jacques, le régisseur, qui lui explique en détail le fonctionnement des projecteurs et les états d&rsquo;âme de ses partenaires, Nina a le sentiment que son Shakespeare va être une catastrophe. C&rsquo;est le moment que choisit l&rsquo;administrateur général de la vénérable institution pour annoncer à Nina que la ministre de la Culture sera dans la salle… Mais Nina a encore d&rsquo;autres soucis encore. Son ex s&rsquo;apprête à partir dans une lointaine tournée musicale et, alors qu&rsquo;il devait s&rsquo;occuper de lui, lui laisse leur bébé sur les bras&#8230;<br />
En évoquant la genèse du film qu&rsquo;il a co-réalisé avec Bertrand Usclat, Martin Darondeau précise : <em>« Il y avait une vraie envie d’ouvrir les portes d’une institution qui peut apparaître secrète pour les gens, et casser cette image sérieuse que peut avoir la Comédie-Française. Car si cette maison a une vraie mission de conservation et de rayonnement de la culture théâtrale française, ceux qui la représentent n’en restent pas moins des hommes et des femmes d’aujourd’hui, avec leurs soucis, leurs joies, leurs problèmes. C’est un axe de comédie extrêmement efficace surtout si on l’applique à une jeune maman qui a des difficultés à allier sa vie privée et son travail&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21478" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21478" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2-300x160.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Pauline Clément, Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d'Hermy et Marina Hands. DR" width="300" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Pauline Clément,<br />Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d&rsquo;Hermy<br />et Marina Hands. DR</p></div>
<p>Spécialistes des programmes courts (comme la shortcom <strong>Broute</strong>) , les deux réalisateurs de <strong>De la Comédie française</strong> (France – 1h15. Dans les salles le 22 juillet) avaient d&rsquo;abord eu un projet de format court autour de la « maison de Molière » avant de modifier leur scénario et de se tourner vers le grand écran. Et c&rsquo;est ainsi que, sous la forme d&rsquo;une amusante chronique fantaisiste, on plonge dans les coulisses d&rsquo;un illustre théâtre, fondé en 1680, à l&rsquo;heure d&rsquo;une première plutôt mal partie. Alors, le film aligne de savoureuses vignettes autour du régisseur, de l&rsquo;habilleuse, de la maquilleuse (de télévision) venue pour remplacer une amie et bien entendu de tous les acteurs de ce <em>Macbeth</em> qui, disons-le sans spolier, ira à son terme. Mais au prix de quelques péripéties! L&rsquo;idée des deux cinéastes est, ici, de dire que, quelque soient les problèmes (tromperie conjugale, lendemain de cuite ou pétard un peu trop costaud), il faut jouer. Le tout dans une microsociété d&rsquo;artistes où s&rsquo;exacerbent égos, faiblesses, peurs, désirs, jalousies ou superstitions…<br />
Enfin <strong>De la Comédie française</strong> offre aussi le plaisir de voir nombre de membres de la troupe du Français faire le job sous nos yeux ravis. Autour de Pauline Clément (Nina), on remarque Laurent Stocker, Marina Hands, Julien Frison, Danièle Lebrun, Christian Heck, Guillaume Galienne et même Molière lui-même (Benjamin Laverhne) vouant le grand Will aux gémonies !</p>
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		<title>Un adolescent sur la plage et un jeune roi chez Molière</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 13:03:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[ÉTÉ.- Dans les vagues qui reviennent sans cesse, des adolescents se baignent et rigolent. C&#8217;est l&#8217;été dans les Landes. Il fait chaud sur la plage. Parmi ces grands gamins qui rient et crient, Marouane, 17 ans, semble toujours sur la réserve. D&#8217;ailleurs, il ne retire jamais son tee-shirt. Son copain Noé, un gaillard rond et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21463" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21463" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Marouane (Hadrien Hussein) sur le sable. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Marouane (Hadrien Hussein)<br />sur le sable. DR</p></div>
<p><strong>ÉTÉ.-</strong> Dans les vagues qui reviennent sans cesse, des adolescents se baignent et rigolent. C&rsquo;est l&rsquo;été dans les Landes. Il fait chaud sur la plage. Parmi ces grands gamins qui rient et crient, Marouane, 17 ans, semble toujours sur la réserve. D&rsquo;ailleurs, il ne retire jamais son tee-shirt. Son copain Noé, un gaillard rond et joufflu, lui rebat les oreilles de ses envies de sexe et de surf, pratique idéale pour « sauter les meufs ». Mais, en attendant, Noé n&rsquo;a encore rien « serré ». Marouane, lui, s&rsquo;applique à éluder les questions. Et il se cabre quand ses parents lui parlent de petite amie.<br />
Après la plage, en cette nuit la plus chaude de l&rsquo;année, direction la piscine où les filles en bikini se jettent à l&rsquo;eau sous le regard plutôt envieux des garçons. Marouane décide de retourner au camping. Sous sa tente, il se masturbe en regardant des images sur son téléphone. Le départ de la famille est prévu pour le lendemain. Marouane retourne vers la piscine. Dans les coursives désertes, il croise Oscar qui lui emprunte sa puff parfum myrtille et s&rsquo;amuse à ne pas la lui rendre. Les deux s&rsquo;embrouillent et Oscar fait une chute accidentelle et mortelle. Marouane traîne le corps jusqu&rsquo;à la plage et l&rsquo;ensevelit dans le sable… Par ailleurs, il se demande s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.<br />
<strong>La chaleur</strong> (France – 1h33. Dans les salles le 8 juillet) est le sixième long-métrage de Stéphane Demoustier. Une fois de plus, le cinéaste nous déroute. Après <strong>La fille au bracelet</strong> (2019), un film de procès puis <strong>Borgo</strong> (2023), un film de prison et enfin <strong>L&rsquo;inconnu de la Grande arche</strong> (2025), biopic de Johann Otto von Spreckelsen, l&rsquo;architecte de la Grande arche parisienne, voici un film qui a des allures de chronique adolescente sur fond de camping. On songe d&rsquo;emblée à l&rsquo;univers de François Ozon et, pour l&rsquo;effervescence des scènes d&rsquo;ouverture, au Kechiche de <strong>Mektoub, my Love</strong>. Mais ces références s&rsquo;estompent assez rapidement pour laisser la place à une œuvre stylisée, jouant d’éléments sensoriels qui expriment un état second et mental, celui de Marouane qui vit 36 heures presque irréelles.</p>
<div id="attachment_21464" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21464" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Giulia (Martina La Manna). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Giulia (Martina La Manna). DR</p></div>
<p>Demoustier (qui adapte, ici, le roman éponyme de Victor Jestin paru chez Flammarion en 2019) pourrait faire sienne la citation de Paul Nizan, <em>« J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge »</em> dans la mesure où <strong>La chaleur</strong> réussit, sans tourner le dos au film de genre et au suspense (partout, on cherche Oscar), à montrer l&rsquo;angoisse de devoir rentrer dans l&rsquo;âge adulte ou à devoir s’arracher définitivement à l’enfance. Surtout dans une époque anxiogène où ces adolescents n&rsquo;ont plus le même droit à l&rsquo;insouciance que leurs prédécesseurs.<br />
De la même manière que, métaphoriquement, les adolescents se jettent à l&rsquo;eau et courent au-devant de vagues inhospitalières et brutales, Marouane (le nouveau-venu Hadrien Hussein) va se heurter à sa famille comme à la saturation de représentation sexuée des corps. Replié sur lui-même, il aspire à une forme de douceur et de sincérité. Il faudra que Giulia (Martina La Manna) pose le regard sur lui pour qu&rsquo;il s&rsquo;ouvre enfin. Il tombe le tee-shirt, fait écouter à la mince Italienne le prélude de <em>Lohengrin</em> de Wagner et passera la nuit avec elle dans une cabane…<br />
La fin -comme une sorte de rédemption- est forte car Marouane, lorsque sa culpabilité n’est plus en mesure d’être établie, prend la mesure du fait qu’il ne pourra pas vivre avec le poids de son secret.</p>
<div id="attachment_21462" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21462" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2-300x184.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen)." width="300" height="184" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen).</p></div>
<p><strong>CAPE ET EPEE.-</strong> Louis, futur roi de France, n&rsquo;a que 13 ans mais la vie de ce gamin est pourtant en grand danger. Des frondeurs entendent bien le faire passer de vie à trépas. Sa mère, Anne d&rsquo;Autriche, est consciente qu&rsquo;il faut le mettre à l&rsquo;abri. Elle en appelle à D&rsquo;Artagnan qui va confier le jeune Louis à l&rsquo;un de ses amis, le robuste Savinien de Cyrano de Bergerac. <em>« Tu peux tout me demander,</em> précise Savinien, <em>sauf m&rsquo;occuper d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;un roi&#8230; »</em> Mais Cyrano est un homme de devoir. Faisant passer le futur roi pour son fils, il va le cacher dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et de Jean-Baptiste Poquelin. Si Louis se montre bien capricieux (il n&rsquo;entend pas dormir sur le sol) ou bien insolent vis-à-vis de son protecteur au nez proéminent (<em>« Je ne suis pas habitué à tant de laideur ! »</em>), il finira par goûter la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil.<br />
En tournant <strong>Les caprices de l&rsquo;enfant roi</strong> (France – 1h55. Dans les salles le 24 juin), Michel Leclerc a probablement réalisé un rêve d&rsquo;enfant, mettre en scène un film de cape et d&rsquo;épée. Le cinéaste avoue : <em>« C’est un vieux fantasme, j’ai toujours adoré les films de Jean-Paul Rappeneau : Les Mariés de l’an 2, Cyrano de Bergerac, ceux de De Broca, La folie des grandeurs de Gérard Oury, qui mêlent Histoire et fantaisie, des films « enlevés » comme on disait alors. »</em><br />
Disons-le d&rsquo;emblée, cette fantaisie (qui repose sur un scénario original de Michel Leclerc en collaboration avec sa complice Baya Kasmi) tourne le dos aux films historiques récents frappés d&rsquo;un certain esprit de sérieux pour choisir la veine de la comédie rebondissante d’aventures.</p>
<div id="attachment_21461" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21461" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1-300x191.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot; D'Artagnan (Franck Dubosc), la reine (Doria Tillier) et le jeune roi. Photos Michel Crotto" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo; D&rsquo;Artagnan (Franck Dubosc),<br />la reine (Doria Tillier) et le jeune roi.<br />Photos Michel Crotto</p></div>
<p>Il ne reste alors qu&rsquo;à se laisser séduire par Louis et Savinien emportés dans le tourbillon d&rsquo;une troupe de théâtre en tournée à travers la province française. On y voit le jeune Molière tourner le dos aux masques de la commedia dell&rsquo;arte et se trouver une passion amoureuse pour Madeleine. Sous le regard d&rsquo;un Savinien qui vante le panache : <em>« C&rsquo;est la médaille du perdant. Ca ne sert à rien. C&rsquo;est cela qui est beau »</em>. Mais Savinien est aussi un être blessé. Quand Molière lui lance <em>« Ton sujet, c&rsquo;est l&rsquo;amour »</em>, il répond, à mi-voix, <em>« le manque surtout&#8230; »</em><br />
<strong>Les caprices…</strong> va donc à un bon train tandis que se montent des machinations et un complot mené par La grande demoiselle. Les protagonistes trouvent toujours le moyen de croiser le fer. Michel Leclerc (qui nous avait régalé en 2010 avec <strong>Le nom des gens</strong>) ne se prive pas de quelques mots d&rsquo;esprit : <em>« Un bon petit avec une couronne sur la tête, ça peut devenir un monstre »</em> ou cet autre, à propos de l&rsquo;amour que Louis éprouve pour Madeleine : <em>« Un petit roi épouser sa prof de théâtre de 20 ans de plus que lui&#8230; »</em> Non vraiment.<br />
Comme Artus est très crédible en Cyrano, comme Frank Dubosc est un D&rsquo;Artagnan aux prises avec sa légende et comme le jeune et joufflu Niels Hamel Brochen est un petit roi de caractère qui avouera in fine : <em>« Je ne suis pas ton fils, Savinien, mais j’aurai tant aimé ! »,</em> on sort de là avec un bon sourire aux lèvres.</p>
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		<title>TROIS PAPAS POULES, UNE INFIRMIERE IRANIENNE ET UN FLIC DÉTRAQUÉ</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 11:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[3 HOMMES ET UN COUFFIN Jacques, Pierre et Michel, trois célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, Jacques, steward de profession, accepte de servir de transitaire à un paquet qu&#8217;un ami va lui livrer le lendemain. Ayant à peine eu le temps de prévenir ses amis, il part [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATroisHommesCouffin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21432" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATroisHommesCouffin-204x300.jpg" alt="Trois Hommes Couffin" width="204" height="300" /></a>3 HOMMES ET UN COUFFIN</strong><br />
Jacques, Pierre et Michel, trois célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, Jacques, steward de profession, accepte de servir de transitaire à un paquet qu&rsquo;un ami va lui livrer le lendemain. Ayant à peine eu le temps de prévenir ses amis, il part en Extrême-Orient pour plusieurs semaines. Quand arrive le « paquet », il se trouve que c&rsquo;est un bébé, apparemment la fille de Jacques, que sa mère, Sylvia, lui envoie sous prétexte que son travail l&rsquo;empêche de s&rsquo;occuper d&rsquo;elle. Les deux amis, très attachés à leur vie de célibataires sans enfants, se trouvent contraints de s&rsquo;en occuper avec beaucoup de réticence. Totalement inexpérimentés, ils se retrouvent vite débordés par le travail que nécessite un nourrisson, avec son lot de biberons, de couches et de nuits d&rsquo;insomnie. Un matin, deux individus viennent réclamer le « paquet ». Soulagés, ils leur remettent le couffin, mais se rendent immédiatement compte que le « paquet » que les deux hommes attendaient était un colis de drogue. Pierre et Michel récupèrent in extremis la petite Marie mais doivent désormais rendre au plus vite la drogue à des trafiquants menaçants. Jacques finit par rentrer de voyage. Le bébé est rendu à sa mère et ne tarde pas, à leur propre surprise, à leur manquer cruellement. Finalement la mère de l&rsquo;enfant le ramène aux colocataires. Ainsi commence à s&rsquo;organiser la vie nouvelle des trois hommes avec le bébé. Plus de quarante ans après sa sortie, <strong>3 hommes et un couffin</strong> conserve toute son efficacité et sa modernité. Immense succès populaire avec plus de dix millions d&rsquo;entrées en France et près de 37 millions de spectateurs à travers le monde, la comédie de Coline Serreau s&rsquo;est imposée comme un véritable phénomène de société. Un triomphe qui s&rsquo;est prolongé bien au-delà des salles obscures, au fil de ses innombrables diffusions télévisées, faisant entrer ses répliques et ses personnages dans le patrimoine de plusieurs générations de spectateurs. Réalisatrice et scénaristes, Coline Serreau signe ici l&rsquo;un de ses plus grands succès, porté par un trio: André Dussollier (Jacques), Roland Giraud (Pierre) et Michel Boujenah (Michel), dont la complicité irrésistible fait toujours mouche. À leurs côtés, Philippine Leroy-Beaulieu, Dominique Lavanant et Marthe Villalonga contribuent également à la réussite de ce film culte. Si le film est avant tout une efficace comédie aux situations savoureuses, il se distingue aussi par sa remarquable modernité. En plaçant trois célibataires face aux responsabilités de la paternité, la cinéaste détourne avec malice les stéréotypes de genre et esquisse, dès le milieu des années 1980, une réflexion sur la répartition des rôles au sein du foyer, ainsi que sur les modèles familiaux qui s&rsquo;éloignent des schémas traditionnels. Sous le rire, se dessine ainsi un regard tendre et étonnamment précurseur sur l&rsquo;évolution de la société. Entre humour, émotion et observation sociale, <strong>3 hommes…</strong> (qui sort dans une édition limitée combo Blu-ray/DVD) demeure un film intemporel, frais et pertinent. Pour résumer son film, la cinéaste lancera : <em>« C&rsquo;est l&rsquo;histoire de trois crétins qui deviennent intelligents, voilà »</em>. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAWomanChild.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21435" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAWomanChild-174x300.jpg" alt="Woman Child" width="174" height="300" /></a><strong>WOMAN AND CHILD</strong><br />
Mahnaz est une infirmière veuve, de la quarantaine, qui élève, seule, ses deux enfants et se bat avec Aliyar, 13 ans, adolescent en difficulté. Alors qu&rsquo;elle s&rsquo;apprête à épouser Hamid, son fiancé, Aliyar est renvoyé de l&rsquo;école pour avoir coincé une allumette dans le cadenas du portail&#8230; Lorsqu&rsquo;un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation… Le film s’ouvre sur Mahnaz, qui s’apprête à officialiser sa relation avec Hamid, un infirmier divorcé. Pour que le mariage soit accepté par la famille de Hamid, Mahnaz consent à cacher l’existence de ses enfants pendant les présentations familiales. Elle les confie temporairement à son ex-beau-père, le grand-père d’Aliyar, figure autoritaire et irresponsable. Celui-ci enferme le gamin dans une chambre. Croyant que sa mère est en train de jeter ses affaires, il tente de s’échapper par la fenêtre et fait une chute mortelle. Découvert en 2016 avec son premier long-métrage, <strong>Life and a Day,</strong> Saeed Roustayi a connu le succès public et critique avec <strong>La loi de Téhéran</strong> (2019), un thriller social sur la lutte anti-drogue, nommé au César du meilleur film étranger en 2022. Son troisième film, <strong>Leila et ses frères</strong> est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2022. L&rsquo;année suivante, le cinéaste iranien et son producteur sont condamnés à six mois de prison par un tribunal de Téhéran qui les reconnaît coupables de <em>« contribuer à la propagande de l&rsquo;opposition contre le système islamique »</em> à la suite de la projection du film à Cannes. Roustayi est de retour sur la Croisette en 2025 avec son quatrième « long », <strong>Woman and Child</strong>. Il est alors critiqué par une association de cinéastes iraniens pour avoir demandé une autorisation de tournage officielle au régime iranien. Avec <strong>Woman and Child</strong>, le réalisateur de 36 ans propose le portrait poignant et sans concession d&rsquo;une femme affrontant un système judiciaire injuste envers les femmes, où les pères, les maris, les grands-pères détiennent tous les droits, y compris celui de garde des enfants, et se placent comme des complices actifs de l’oppression. On suit ainsi au plus près l&rsquo;effondrement psychologique de Mahnaz (interprétée par la bouleversante Parinaz Izadyar, déjà présente dans <strong>La loi de Téhéran</strong>) face à un patriarcat omniprésent, manipulateur et égoïste. Marginalisée et progressivement dépossédée de ses biens, de ses souvenirs, de son rôle de mère, Mahnaz doit même affronter la trahison de Mehri, sa sœur cadette enceinte et piégée dans une relation toxique avec Hamid. Mélodrame intense et oppressant sur le patriarcat et ses mécanismes, <strong>Woman and Child</strong>, sans manichéisme, interroge : Peut-on obtenir réparation dans une société où les règles sont écrites par et pour les hommes ? Mahnaz va trouver la force de se rebeller et de se reconstruire malgré les épreuves. Une marche ardue vers une forme de libération… (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheOffence.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21431" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheOffence-192x300.jpg" alt="The Offence" width="192" height="300" /></a><strong>THE OFFENCE</strong><br />
Policier expérimenté à l&rsquo;oeuvre depuis longtemps dans une banlieue anglaise triste, voire sinistre, le sergent Stephen Johnson est las, après des années de service, et surtout profondément marqué par les crimes violents et les abus qu&rsquo;il a vus au cours de sa carrière. Une nouvelle fois, un drame s&rsquo;est déroulé dans cette grise banlieue. Une jeune fille a disparu. Une ménagère, revenant de ses courses, a remarqué un homme au loin, s&rsquo;éloignant avec une fillette. Pour Johnson, sur qui se posent des regards navrés ou hostiles, c&rsquo;est une fois de plus, une épouvantable routine. Alors, lorsqu&rsquo;un homme éméché est arrêté et conduit au poste de police, le sergent va, peu à peu, perdre son sang froid. Convaincu que ce Kenneth Baxter est bien impliqué dans une série d&rsquo;agressions sexuelles sur des jeunes filles, le flic va mener un interrogatoire musclé qui tourne mal. En 1973, Sidney Lumet est déjà un cinéaste très expérimenté. Après des années au théâtre et surtout à la télévision, il connaît d&rsquo;emblée le succès public et critique avec <strong>Douze hommes en colère</strong> (1957). Suivront<strong> Le prêteur sur gages</strong> (1964) ou<strong> La colline des hommes perdus</strong> (1965) dans lequel il dirige pour la première fois Sean Connery. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;acteur écossais, séduit par ce personnage de flic usé par la violence, qui mit tout son poids dans l&rsquo;aventure pour permettre au film de se faire. Sean Connery négocie avec United Artists et s&rsquo;engage à tourner son dernier James Bond si le studio finance <strong>The Offence</strong>. Mais le film sera mal distribué et restera longtemps inédit pour préserver l&rsquo;image de 007. Pour rendre les états d&rsquo;âme du sergent Johnson et sa folie grandissante, le cinéaste américain recourt à des effets psychédéliques, à des distorsions de l&rsquo;image et du son, ainsi qu&rsquo;à des moments de caméra subjective. Ce huis-clos réaliste et oppressant prend alors d&rsquo;étranges tours fantastiques. Dans ce film plutôt atypique pour lui et fondé sur une pièce de théâtre, Lumet (1924-2011) joue sur plusieurs tableaux, mêlant les événements qui ont conduit à l&rsquo;interrogatoire fatal, l&rsquo;interrogatoire lui-même et la confrontation entre Johnson et Baxter, ainsi que les conséquences immédiates de l&rsquo;acte de Johnson, y compris son propre interrogatoire par un supérieur… En creusant l&rsquo;esprit tourmenté du sergent et en explorant la manière dont sa santé mentale vacille, le cinéaste aborde des sujets controversés pour l&rsquo;époque, notamment la brutalité policière et les abus sexuels sur mineurs. Il interroge aussi sur la nature de la culpabilité et les effets à long terme de l&rsquo;exposition à la violence sur ceux chargés de faire respecter la loi. Bien accueilli par la critique mais négligé par les spectateurs, <strong>The Offence</strong>, inédit en France, sort dans une belle édition collector Blu-ray/DVD. Dans les suppléments, on trouve notamment un remarquable documentaire (<strong>The Offence dans le cinéma policier des années 70</strong>) qui fait des ponts entre l&rsquo;oeuvre de Lumet et des films comme <strong>Dirty Harry</strong> avec Clint Eastwood ou <strong>French connection</strong>, tous deux sortis en 1971, et mettant en scène des flics hantés par toutes les horreurs qu&rsquo;ils avaient pu voir… (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANouvelleVagueCinemaIndien.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21425" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANouvelleVagueCinemaIndien-215x300.jpg" alt="Nouvelle Vague Cinema Indien" width="215" height="300" /></a><strong>NOUVELLE VAGUE DU CINEMA INDIEN</strong><br />
Loin de se réduire au faste de Bollywood, le cinéma indien possède une riche tradition de films d’auteur, profondément ancrés dans les réalités sociales, culturelles et spirituelles de cet immense pays. Issus de différentes régions de l’Inde – du Karnataka au Manipur en passant par le Kerala , les cinq longs-métrages à découvrir pour la première fois en Blu-ray, réunis dans ce coffret 3 disques, illustrent la pluralité et la profondeur de ce cinéma dit « parallèle », et témoignent de décennies d’intense effervescence formelle et politique. Splendidement restaurés à l’initiative de la <em>Film Heritage Foundation</em>, voici une célébration de la mémoire du cinéma indien à travers cinq pépites majeures. <strong>Le rituel</strong> (Ghatashraddha, 1977 &#8211; 115 mn) de Girish Kasaravalli raconte l&rsquo;histoire du jeune Nani qui fait son entrée dans une école védique dirigée par Udupa. Harcelé par d&rsquo;autres élèves, il trouve du réconfort auprès de Yamuna, la fille du professeur, mais celle-ci cache un lourd secret… <strong>Thampu</strong> (Thamp̄, 1978 &#8211; 130 mn) de Govindan Aravindan met en scène une troupe de cirque ambulante qui fait étape dans un village côtier du Kerala. Notables et paysans, tous les habitants sont conviés à assister à leurs représentations… La présence de ces artistes va bouleverser la vie de certains habitants, le temps du spectacle ou le temps d&rsquo;une vie… <strong>Kummatty</strong> (1979 &#8211; 89 mn) de Govindan Aravindan est un personnage issu du folklore malabar qui parcourt les routes de la campagne indienne en chantant et en dansant. Le jeune Chinda et ses amis sont fascinés par ce vieil homme extravagant aux pouvoirs magiques… Un jour, Kummatty jette un sort aux enfants et les transforme en animaux. <strong>Le mirage</strong> (Maya Miriga, 1984 &#8211; 114 mn) de Nirad Mohapatra montre trois générations de la famille Choudhary, appartenant à la classe moyenne, vivant sous le même toit. Une succession d’événements va venir fissurer l’unité et l’harmonie de la maisonnée… <strong>Ishanou</strong> (1990 &#8211; 94 mn) de Aribam Syam Sharma raconte comment Tampha mène une vie heureuse auprès de sa mère, de son mari et de sa petite fille. Sa vie bascule lorsque la jeune femme se voit choisie par la divinité pour devenir prêtresse maibi… Dans les suppléments, on trouve un entretien avec Girish Kasaravalli (15 mn) à propos du<strong> Rituel</strong>, la restauration de <strong>Thampu</strong> et un entretien ( 8 mn) avec Ramu Aravindan, un entretien (28 mn) avec Jalaja et Shivendra Singh Dungarpur mené par Anupama Chopra, une présentation (6 mn) de<strong> Kummatty</strong> par Ramu Aravindan, la restauration du <strong>Mirage</strong> et, à propos de <strong>Ishanou</strong>, un entretien (19 mn) avec le réalisateur Aribam Syam Sharma, un entretien (12 mn) avec Kangabam Tomba et Shivendra Singh Dungarpur mené par Anupama Chopra. Enfin, à travers des analyses aussi captivantes qu’érudites, Jérôme Baron, directeur artistique du Festival des Trois Continents, invite à la (re)découverte du merveilleux travail de quatre cinéastes audacieux et visionnaires à travers le livret (44 pages) <em>Les parallèles du cinéma indien : Lumières retrouvées</em>.. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheBride.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21429" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheBride-207x300.jpg" alt="The Bride" width="207" height="300" /></a><strong>THE BRIDE !</strong><br />
C’est dans le Chicago des années trente, au fond d’un bar, que l’on fait la connaissance de la blonde et tonitruante Ida qui se montre menaçante envers un gros type en costumé rayé. Malheureusement, Lupino est un ponte de la mafia. La blonde finira au bas d’un escalier, la nuque et le corps cassés de partout. C’est aussi à Chicago que surgit un certain Frank, robuste gaillard qui cache son visage sous un large chapeau et une écharpe noire. Rongé par la solitude mais aussi un désir puissant pour une hypothétique compagne, cet homme sollicite le docteur Euphronious, une scientifique visionnaire afin qu&rsquo;elle lui « fabrique » une compagne. Dans un cimetière, ils récupèrent le corps martyrisé d’Ida et le docteur Euphronious, par un mélange de connections électriques, va ressusciter la jeune femme. Revenue, sans le savoir, d’entre les morts, la fiancée de Frank va goûter une nouvelle existence. Cette seconde vie va la propulser dans un maelström d’événements qui dépassent tout ce que le jeune couple aurait pu imaginer… Maggie Gyllenhaal met ici les petits plats dans les grands. Sur fond de meurtres et d’incessantes cavales façon <strong>Bonnie and Clyde</strong>, un couple hors-la-loi tente de vivre une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse alors que tout s’oppose à leur idylle, y compris la détermination de la fiancée à faire tomber un mafieux qui a largement abusé (et tué) d’innocentes proies féminines. La cinéaste propose une relecture d’un grand mythe de la littérature puis du grand écran en ciblant plus précisément <strong>La fiancée de Frankenstein</strong> (1935) de James Whale. Ici, c&rsquo;est bien la fiancée qui tient le haut du pavé et de… l&rsquo;affiche. Elle mène le bal et devient l’égérie d’un mouvement social aussi radical que débridé, dans lequel, au cri de <em>« Attaque cérébrale »</em>, les femmes se font sa tête. Crinière blonde, sourcils décolorés, teint pâle, lèvres noires et tatouage sombre au coin de la bouche. Miss Gyllenhaal signe une œuvre très foisonnante qui a le mérite de ne jamais ralentir. L’histoire fait la part belle au cinéma d’antan et au musical siglé Busby Berkeley, avec des clins d’oeil aussi à <strong>Cabaret</strong> ou à <strong>L’ange bleu</strong>, la fiancée donnant une version personnelle de<em> Falling in Love Again</em>. L’interprétation emporte l’adhésion. Christian Bale est un Frankenstein torturé et couturé de toutes parts, Peter Sarsgaard, un flic paumé et Jake Gyllenhaal apparaît comme un lointain cousin de Fred Astaire. Enfin Maggie Gyllenhaal apporte un soin tout particulier à trois personnages féminins majeurs. Il en va ainsi du docteur Euphronious (Annette Benning) qui rend la vie à la fiancée, de l’inspecteur Myrna Mallow (Penelope Cruz) qui joue une carte très perso dans le dénouement et évidemment de la volcanique fiancée portée par la tonique Jessie Buckley. <em>« Je t’aime jusqu’à la fin des temps,</em> se disent les amants. <em>Parce que nous sommes morts depuis le début »</em>. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaigretMortAmoureux.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21423" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaigretMortAmoureux-203x300.jpg" alt="Maigret Mort Amoureux" width="203" height="300" /></a><strong>MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX</strong><br />
Placide, Jules Maigret cure soigneusement sa pipe. Janvier, son adjoint s’inquiète : <em>« Qu’est-ce qui se passe? Je n’aime pas ce faux rythme… »</em> Il n’aura pas le temps de s’inquiéter longtemps. Le Quai d’Orsay réclame une « personne habilitée » pour une affaire sensible. L’ancien ambassadeur Berthier-Lagès a été retrouvé à son domicile parisien avec une balle dans la tête et quatre dans le corps. Mlle Larrieux, dite Jacotte, la domestique du diplomate, n’ est pas du genre causant. Elle va vite agacer Maigret en répondant à ses questions par des questions. Et elle se cabre lorsqu’on relève ses empreintes. Est-elle suspecte ? <em>« Personne n’est suspect. Tout le monde l’est »</em> lâche le commissaire. Et puis une armoire pleine de liasses de lettres achève de donner à cette enquête criminelle un tour étrange. Pascal Bonitzer s’attache, à son tour, au fameux policier imaginé par Georges Simenon et adapte, ici <em>Maigret et les vieillards</em> publié en 1960 au sortir d’une crise existentielle, le livre l’aidant à exorciser la question de l’âge. A son tour, le cinéaste se penche sur des personnages âgés et cependant pleins d’énergie… Denis Polydalès incarne un commissaire attachant aux prises avec les débuts d’internet et du téléphone portable… qu’il s’applique à ne pas n’utiliser. Un type qui mijote, pour sa femme et lui, de bons petits plats et les accompagne d’un Saint-Julien de chez Guigal, ne peut pas être mauvais. Si, comme il le dit au procureur, il va à son rythme, Maigret ne lâche jamais son os. Et il « traque » cette Jacotte qui semble cependant lui échapper. Chapeau, pipe et imperméable, Denis Podalydès, en jouant sur l’intériorité du policier, s’inscrit dans la bonne tradition de Maigret. A ses côtés, on retrouve avec bonheur, dans le rôle de l’énigmatique Jacotte, la magnifique Anne Alvaro. On se souvient toujours de sa prestation en tragédienne/prof d’anglais, en 2000, dans <strong>Le goût des autres</strong> au côté de Jean-Pierre Bacri ! Autour d’eux, on remarque Dominique Reymond (Izi de Vuynes), Laurent Poitrenaud, Micha Lescot, Julia Faure, Hugues Quester ou Noël Simsolo… Si le film parle beaucoup, ce <strong>Maigret et le mort amoureux</strong>, certes conventionnel, est pourtant souvent savoureux et se regarde agréablement. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVictorToutMonde.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21433" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVictorToutMonde-180x300.jpg" alt="Victor Tout Monde" width="180" height="300" /></a><strong>VICTOR COMME TOUT LE MONDE</strong><br />
Robert Zucchini a tout d’un homme ordinaire. Mais quand il franchit les portes du théâtre, c’est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l’oeuvre de Victor Hugo. Chaque soir (des séquences ont été tournées lors des représentations de Fabrice Lucchini au Théâtre de la Porte Saint-Martin), il remplit la salle et comble les spectateurs en leur transmettant son amour des mots. Parlant de la perte de Léopoldine, la fille de 19 ans ou évoquant avec fougue <em>Booz endormi</em> et «<em> l&rsquo;heure tranquille où les lions vont boire. »</em> Pourtant l’acteur semble aussi traîner une douce mélancolie. Un jour, il apprend la disparition de celle qui fut autrefois sa femme et la mère de Lisbeth, cette fille qu’il a complètement perdu de vue. Et si c’était enfin le moment de renouer le lien ? Et si, pour une fois, aimer valait mieux qu’admirer ? <strong>Victor comme tout le monde</strong>, c’est de l’absolu sur-mesure pour Fabrice Luchini, présent constamment à l’image. Du personnage de Robert Zucchini, le réalisateur Pascal Bonitzer dit : <em>« Ce n’est pas Fabrice. C’est un personnage issu d’un monde parallèle. À la fois complètement lui et pas du tout. »</em> Avec cette histoire écrite par Sophie Fillières avant sa disparition prématurée en 2023, on se glisse dans une agréable fiction. Luchini ou pas Luchini, c’est justement ce jeu qui donne tout son charme à <strong>Victor comme tout le monde</strong>. Les fans de Fabrice Lucchini trouveront, ici, de quoi satisfaire leur passion et il en va probablement de même pour les amateurs de Victor Hugo. Auquel Zucchini/Lucchini rend un bel hommage quasiment lyrique. Au final, voici un film en trompe-l’œil, un feuilleté temporel et imaginaire où les fictions s’interpénètrent. Entre Hugo et Zucchini, passé et présent, fantasmes et réalité, deux hommes perdus, chacun à leur manière, apparaissent drôles et mélancoliques, tendres et âpres. C’est touchant à souhait. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACrime3eEtage.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21420" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACrime3eEtage-177x300.jpg" alt="Crime 3e Etage" width="177" height="300" /></a><strong>LE CRIME DU 3E ÉTAGE</strong><br />
François Tarnowski est écrivain et, dans son bel appartement parisien, il sort de son pyjama pour endosser les moustaches et les tenues 19e siècle de son personnage principal, le marquis de la Rose, qui croise le fer avec de sombres individus. Sa compagne, Colette Courreau, enseigne le cinéma à la Sorbonne et s’est imposée comme une spécialiste de l’oeuvre d’Alfred Hitchcock. Un jour, un nouveau voisin s’installe en face de chez eux, un étage en-dessous. Yann Kerbec est un acteur qui joue Shakespeare dans un théâtre du 13e arrondissement. Ils invitent ses nouveaux voisins à une représentation de son <em>Hamlet</em>. Colette est ravie. François ronchonne. Les choses vont prendre une inquiétante tournure lorsqu’à sa fenêtre sur cour, Colette voit Kerbec menacer et frapper sa femme… Déclaration d’amour au cinéma, <strong>Le crime du 3e étage</strong> est un joyeux exercice de style. Avec ses fulgurances bienvenues et, évidemment, ses limites. De fait, le huitième long-métrage de Rémi Bezançon après de jolis moments de cinéma (<strong>Ma vie en l’air</strong> en 2005, <strong>Le premier jour du reste de ma vie</strong> en 2008 ou <strong>Le mystère Henri Pick</strong> en 2019), se veut un jeu de piste qui repose sur le fameux <strong>Fenêtre sur cour</strong> (1954). Un film-culte dans lequel Sir Alfred (on le voit passer dans le film comme dans ses propres rituelles apparitions) décide de ne jamais déplacer la caméra hors de l’appartement de Jeff (James Stewart), un reporter-photographe immobilisé dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident. Tout comme Colette Courreau, Jeff voit ou croit voir un meurtre commis dans un appartement de l’autre côté de la cour. <strong>Le crime…</strong> est donc l’occasion de multiples hommages et clins d’oeil à Hitch. Gilles Lellouche en écrivain quelque part entre Vidocq et Agatha Christie et Laetitia Casta en enquêtrice amateure se font manifestement plaisir. Hitch disait qu’il fallait filmer les scènes d’amour comme des scènes de meurtre et inversement. Ici, l’enquête menée par François et Colette va leur permettre de sortir de leur routine quotidienne et de donner un nouvel élan à leur couple. Hitch, toujours lui, affirmait que plus le méchant est réussi, plus le film est bon. Guillaume Gallienne se charge donc de faire de son Kerbec un type suffisamment inquiétant. Quant au moment où François s’en va visiter l’appartement de Kerbec, c’est une séquence palpitante en forme de précis sur la manière dont Hitchcock considérait le suspense… Sympa. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaisonFemmes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21424" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaisonFemmes-190x300.jpg" alt="Maison Femmes" width="190" height="300" /></a><strong>LA MAISON DES FEMMES</strong><br />
Jeune interne, Inès débute son stage à la Maison des femmes, au grand dam de sa mère, qui aurait préféré pour elle une place de stage plus prestigieuse. Ce n&rsquo;est que temporaire, Inès a déjà un poste qui l&rsquo;attend dans une clinique privée du 16e arrondissement de Paris. A la Maison des femmes, Inès est vite confrontée au quotidien d&rsquo;un service qui se bat pour survivre: des patientes nombreuses, des moyens limités, la faillite menace. En plus, des inspecteurs de l&rsquo;IGAS débarquent pour auditer la structure et critiquent la gestion administrative du service. Outre les soins médicaux, notamment la reconstruction de clitoris pour les femmes excisées, la Maison des femmes propose également un accompagnement psychologique et des ateliers (maquillage, photographie, fabrication de bijoux, karaté&#8230;) destinés à aider les patientes à reprendre confiance en elles. Ces ateliers ne vont-ils pas être considérés comme superflus par les inspecteurs de l&rsquo;IGAS ? Pour sauver le service, Diane décide de partir à la chasse aux financements et s&rsquo;efforce d&rsquo;obtenir de la visibilité dans les médias: elle courtise des responsables de grandes entreprises, organise des spectacles de soutien, lance la vente de tee-shirts portant la mention <em>&laquo;&nbsp;merci Simone&nbsp;&raquo;</em> au profit de sa structure. Elle décide d&rsquo;étendre la structure et de créer d&rsquo;autres Maisons des femmes ailleurs en France. Quant à Manon, c&rsquo;est une jeune mère qui lutte pour sauver son couple et partager équitablement sa charge mentale avec son compagnon. Le confinement dû à la pandémie de Covid-19 de 2020 arrive, perturbant fondamentalement les activités du service et mettant en danger vital les patientes, cloitrées au domicile familial avec leur agresseur. Par téléphone, Diane, Manon, Inès et Awa s&rsquo;efforcent de continuer à les soutenir. Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet met en lumière La Maison des femmes, structure associative pluridisciplinaire venant en aide aux femmes victimes de violences sexuelles créée en 2016 par la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer et qui compte désormais une trentaine de Maisons à travers la France. La réalisatrice y filme avec beaucoup de justesse les femmes accueillies et les équipes qui les reçoivent. Elle peut se reposer sur un casting étincelant avec Karin Viard (Diane), Laetitia Dosch (Manon), Oulaya Amamra (Inès), Eye Haïdira (Awa), Juliette Armanet (Lucie) ou Aure Atika (la mère d&rsquo;Inès). Autour de la question du soin, de l&rsquo;écoute et de la solidarité, une œuvre importante, aussi poignante que lumineuse. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChristy.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21418" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChristy-189x300.jpg" alt="Christy" width="189" height="300" /></a><strong>CHRISTY</strong><br />
De tous les sports, la boxe est assurément le plus cinégénique ! Le noble art a donné naissance à de bien beaux films. Que l&rsquo;on songe à des pépites comme <strong>Raging Bull</strong> (1980), <strong>Plus dure sera la chute</strong> (1956), <strong>Gentleman Jim</strong> (1948), <strong>Nous avons gagné ce soir</strong> (1949) et, évidemment la saga <strong>Rocky</strong> (1976). Dans leurs films, Charlie Chaplin et Buster Keaton ont aussi rendu hommage à la boxe mais, ici, c&rsquo;est plutôt au <strong>Million Dollar Baby</strong> (2005) de Clint Eastwood que l&rsquo;on songe. En effet, le film de l&rsquo;Australien David Michôd, sorti en 2025, est un <em>biopic</em> sur la boxeuse Christy Martin. Née en 1968 en Virginie-Occidentale, surnommée <em>The Coal Miner&rsquo;s Daughter</em> (la fille du mineur de charbon), elle fut active sur le ring de 1989 à 2012, détenant le titre WBC féminin des super mi-moyens en 2009. Christy Martin n&rsquo;avait jamais imaginé une vie au-delà de sa petite ville natale et minière, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle découvre son talent pour mettre ses adversaires KO. Animée par son courage, sa détermination sans faille et son désir inébranlable de gagner, elle se lance dans le monde de la boxe sous la houlette de Jim, son entraîneur et manager devenu son mari. Mais si Christy affiche une personnalité déchaînée sur le ring, ses combats les plus difficiles (où elle est prise en charge par le fameux Don King, le promoteur de Cassius Clay) se déroulent en dehors : face à sa famille, à son identité sexuelle et à une relation toxique avec un mari violent qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort. Basée sur des faits réels, l&rsquo;histoire de Christy Martin est celle de la résilience, du courage et de la lutte pour reprendre le contrôle de sa vie. Au début, Christy apparaît un peu gauche, mal dégrossie, silhouette encore incertaine dans sa tenue rose bonbon. Mais la gamine au gentil sourire, façonnée par la rudesse de la vie et par l&rsquo;absence de tendresse, est une redoutable puncheuse qui se fiche d&rsquo;être la première grande figure de la boxe féminine. Elle frappe fort pour gagner suffisamment d&rsquo;argent afin de pouvoir quitter son bled et être un jour reconnue, respectée, voire trouver sa voie. Vue dans <strong>Reality</strong> (2023) ou <strong>La femme de ménage</strong> (2025), Sydney Sweeney donne une belle interprétation de cette battante que sait que rien ne lui sera offert sur un plateau. Et qui devra même se battre doublement sur le ring et dans sa vie privée pour survivre. De la boxe comme métaphore de la lutte pour l’égalité et la reconnaissance. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheDescent.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21430" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheDescent-218x300.jpg" alt="The Descent" width="218" height="300" /></a><strong>THE DESCENT</strong><br />
En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Soudain, un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu&rsquo;elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu&rsquo;elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles&#8230; Quelque chose de terriblement dangereux décidé à les traquer une à une… Film d’horreur culte (au même titre que <strong>L&rsquo;exorciste</strong> ou<strong> Les dents de la mer</strong>) réalisé en 2005 par le cinéaste britannique Neil Marshall, <strong>The Descent</strong> est aujourd’hui considéré comme un véritable chef-d’œuvre de la terreur absolue, qui a redéfini le genre du <em>survival</em>. Voici donc six amies piégées au milieu de grottes inexplorées. Alors que les tensions montent et que les issues se referment, elles réalisent rapidement que quelque chose d&rsquo;inhumain chasse dans l&rsquo;obscurité. Avec <strong>The Descent</strong>, interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salles, le réalisateur, fasciné par l&rsquo;univers des monstres mais aussi par les films de bandes, délivre une vraie vision d’horreur primitive qui aura marqué des générations de spectateurs terrorisés. Marshall joue sur les codes inhérents du genre et sur les références sans jamais copier ses maîtres. <strong>Alien</strong>, <strong>The Thing</strong>, <strong>Carrie</strong>, <strong>Delivrance</strong> ou encore <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong>, l’histoire du cinéma d’épouvante est présente dans <strong>The Descent</strong> mais le réalisateur y ajoute audace et nouveauté. Peur du noir, du vide et de l’enfermement, les visions de l’horreur primitives sont bien là, accompagnées par la bande-son féroce de David Juylan. Restauré en 2025 par Pathé, <strong>The Descent</strong> sort dans une édition Steelbook collector limitée sur support 4K UHD et Blu-ray. Voici, dans une mise en scène nerveuse et oppressante, un film qui joue habilement sur la claustrophobie, la paranoïa et la psychologie de ses personnages. Le résultat est si surprenant qu’on en arrive à avoir du mal à respirer. Une expérience sensorielle terrifiante.… (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAPoliceFlash80.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21426" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAPoliceFlash80-165x300.jpg" alt="Police Flash 80" width="165" height="300" /></a><strong>POLICE FLASH 80</strong><br />
Johnny Lansky est tombé. Mais ce n’est pas au champ d’honneur de la police nationale. Flic, Lansky l’était assurément mais c’était aussi une parfaite crapule qui en croquait allègrement avec les dealers qu’il devait traquer. Son fidèle copain Yvon Kastendeuch décide de faire payer les auteurs du crime. Car Lansky, comme il est dit dans son oraison funèbre, était un vrai flic. Il buvait, fumait et roulait vite… Pour contrer les méthodes « à l’ancienne » d’Yvon, son supérieur le propulse à la tête de Police Flash 80, une « unité d’élite » où il devra faire équipe avec Guilaine Roblot-Bernard, major de sa promo à l’école de police et… mère surmenée (Audrey Lamy). Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue qui se cache derrière les activités culturelles d’une MJC dirigée par le sémillant mais un peu trop charmant Luc Le Timal… Avec <strong>Police Flash 80</strong>, Jean-Baptiste Saurel signe une comédie policière vintage qui se déroule au mitan des années 80 alors que le trafic de drogue prend une réelle ampleur dans la capitale. Les aventures cette improbable brigade permettent des digressions sur notre époque. <em>« Vous verrez,</em> dit un flic, un jour,<em> il y aura des guetteurs sur le toit des barres pour prévenir les dealers au bas des immeubles de l’arrivée de la police… »</em> Tout cela supposait un gros travail de reconstitution. Les décorateurs, les costumiers, les accessoiristes, le maquillage, les coiffeurs s’en sortent à leur avantage. Evidemment, la bande-son du film est au diapason avec Nuit sauvage (<em>« La nuit est chaude… »</em>) des Avions, <em>Paris Latino</em> de Bandolero, <em>Kolé Séré</em> de Philippe Lavil, <em>Etienne Etienne</em> de Guesch Patti, <em>Pas toi</em> de Jean-Jacques Goldman ou <em>Le lac du Connemara</em> de Michel Sardou, le chanteur préféré d’Yvon Kastendeuch… Le grand plaisir de ce film jubilatoirement rétro, c’est évidemment de voir le brillantissime François Damiens en beauf complet, flic pourri et inconscient qui, à propos de son usage du code de déontologie, affirme qu’il <em>« se torche avec… »</em> Joyeusement ringard et pas mal nostalgique ! (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAReviensJimmyDeanReviens.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21427" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAReviensJimmyDeanReviens-203x300.jpg" alt="Reviens Jimmy Dean Reviens" width="203" height="300" /></a><strong>REVIENS JIMMY DEAN REVIENS</strong><br />
Vingt ans après la mort accidentelle du comédien James Dean (1931-1955), cinq admiratrices se retrouvent dans le bazar d’une petite ville du Texas, non loin de l&rsquo;endroit où a été tourné son film <strong>Géant</strong>. Dans ce magasin de souvenirs, c&rsquo;est l&rsquo;occasion pour chacune d’entre elles de faire le bilan des années passées, des rêves perdus et des désillusions. <strong>Reviens Jimmy Dean Reviens</strong>, sorti en 1982, marque une étape singulière dans la carrière de Robert Altman (1925-2006). Au début des années 1980, après plusieurs échecs commerciaux, notamment <strong>Popeye</strong> (1980) , le réalisateur de <strong>M.A.S.H.</strong> se tourne vers le théâtre. Fasciné par la pièce d’Ed Graczyk, qu’il met lui-même en scène à Broadway avant de l’adapter au cinéma, le cinéaste américain signe avec ce film une œuvre intime et mélancolique, considéré comme une pépite oubliée de sa filmographie. Sous ses airs de chronique nostalgique autour du mythe James Dean, <strong>Reviens&#8230;</strong> se transforme en un huis clos doux-amer sur la mémoire, les désillusions et l’Amérique des rêves perdus. À travers les confidences, les silences et les faux-semblants de ses personnages, Robert Altman compose, avec une infinie tendresse, un bouleversant portrait de femmes marqué par le passage du temps, la maladie, le changement de sexe et la nostalgie d’une époque révolue. Porté par une mise en scène d’une grande inventivité, jouant avec les miroirs, les reflets et les glissements temporels, le film confirme aussi le talent unique d&rsquo;Altman pour filmer les femmes. Le cinéaste offre à ses comédiennes quelques-uns de leurs plus beaux rôles, réunissant un casting exceptionnel composé de Sandy Dennis (<strong>Qui a peur de Virginia Woolf ?</strong>), Karen Black (<strong>Easy Rider</strong>), Kathy Bates (<strong>Misery</strong>) et la chanteuse Cher, alors au début de sa carrière d’actrice dramatique. Toutes livrent des performances d’une grande fragilité émotionnelle dans ce récit doux-amer entre nostalgie et humour. Récompensé en 1982 du prix du Meilleur lilm au Festival International de Chicago, <strong>Reviens Jimmy Dean Reviens</strong> était resté inédit en vidéo en France. Aujourd’hui, le film bénéficie enfin d’une édition en Blu-ray et en DVD permettant de redécouvrir cette œuvre magnifique, avec plus d’1 heure de suppléments sur l’édition Blu-ray. De beaux portraits de femmes ! (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVoyagesTereza.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21434" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVoyagesTereza-174x300.jpg" alt="Voyages Tereza" width="174" height="300" /></a><strong>LES VOYAGES DE TEREZA</strong><br />
Dans le but de stimuler l&rsquo;économie, le gouvernement crée des colonies lointaines pour les personnes âgées. Teresa, une femme de 77 ans, qui a toujours vécu dans une petite ville industrielle d&rsquo;Amazonie, se retrouve soudainement incluse dans ce programme en raison d&rsquo;un abaissement du seuil d&rsquo;âge. A quelques jours seulement de son déménagement, elle décide de défier son destin et se lance dans un voyage à travers l&rsquo;Amazonie pour réaliser un dernier souhait : prendre l&rsquo;avion pour la première fois. Comme elle n&rsquo;obtient pas l&rsquo;autorisation, elle embarque secrètement sur un bateau en tant que passagère clandestine et fait de nombreuses rencontres en cours de route. Malgré les revers et les échecs qui menacent de faire échouer son projet, elle parvient à utiliser les économies de toute une vie pour trouver le bonheur. En 2025, le cinéaste brésilien Gabriel Mascaro mêle road-movie, drame et réflexion sociale, avec une touche d’aventure et de rencontres transformatrices pour une oeuvre de science-fiction dans laquelle, au coeur d&rsquo;une Amazonie déglinguée, une société se débarrasse du troisième âge, envoyé dans des camps afin de libérer le marché du travail et la disponibilité des proches à sa charge.. Avec une belle photographie et un ton à la fois poétique et critique, <strong>Les voyages de Tereza</strong> (qui a été couronné de l&rsquo;Ours d&rsquo;argent à la Berline 2025)… aborde des thèmes comme le vieillissement, la rébellion face à un système oppressif ou encore la quête de sens à un âge avancé. Cinéaste engagé, Mascaro traite de la vieillesse sans stéréotypes et livre une sobre dystopie dans une Amazonie reculée où les vieux, privés de tout droit, finissent dans des cages. Cette fable de la désobéissance prend un tour combatif lorsque les personnes âgées entonnent, à pleins poumons, des chants anarchistes. Peu à peu libérée de ses entraves psychiques et physiques, Tereza (Denise Weinberg) se lance dans une cavale à travers la jungle (on songe parfois au <strong>Fitzcarraldo</strong> de Herzog) qui prend des allures de voyage initiatique et qui va lui ouvrir de nouveaux horizons… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAColossal.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21419" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAColossal-183x300.jpg" alt="Colossal" width="183" height="300" /></a><strong>COLOSSAL</strong><br />
Gloria n’a plus de travail, plus de fiancé et abuse des soirées trop arrosées. Contrainte de quitter New York, elle retourne dans sa ville natale, où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. En regardant des reportages télé sur un lézard géant qui terrorise et détruit Séoul, elle découvre que, grâce à la puissance de son esprit, elle est reliée mentalement à lui. Pour empêcher d&rsquo;autres catastrophes provoquées par le gigantesque monstre dans d&rsquo;autres villes, elle devra comprendre pourquoi sa propre existence, à l&rsquo;apparence insignifiante et banale, a autant de répercussions colossales sur le monde et son avenir. À la croisée du film de <em>kaijū</em> (les films de monstres nippons), de la comédie romantique et du drame psychologique, <strong>Colossal</strong> est une œuvre inclassable qui déjoue constamment les attentes. Réalisé par l&rsquo;Espagnol Nacho Vigalando (<strong>Timecrimes</strong> en 2007), cinéaste reconnu pour son goût des récits audacieux et des concepts singuliers, le film s&rsquo;impose comme une véritable curiosité de cinéma, mêlant fantastique et quotidien avec une étonnante maîtrise. Sous les apparences d&rsquo;un récit fantastique peuplé de créatures gigantesques, cette pépite hors normes explore avec finesse des sujets profondément humains. Derrière son postulat insolite se dessine le portrait d&rsquo;une héroïne confrontée à ses addictions, à ses blessures et à des rapports de domination toxiques, dans une réflexion aussi surprenante que pertinente sur la reconstruction de soi et l&rsquo;emprise psychologique. Dans le rôle de Gloria, Anne Hathaway (vue récemment dans<strong> Le diable s&rsquo;habille en Prada 2</strong>) livre une prestation tout en nuances dans un rôle atypique. Jamais exploité dans les salles françaises, <strong>Colossal</strong> sort dans une nouvelle édition Blu-ray/DVD. Dans les suppléments, on trouve un entretien inédit (30 mn) avec Natacha Vas-Deyres, spécialiste de la science-fiction littéraire et cinématographique ainsi que le making of (20 mn) du film. Drôle, déstabilisante et émouvante, une œuvre qui sort résolument des sentiers battus. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChersParents.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21417" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChersParents-181x300.jpg" alt="Chers Parents" width="181" height="300" /></a><strong>CHERS PARENTS</strong><br />
Pierre, Louise et Jules Gauthier, trois frères et sœur soudés, arrivent ensemble dans la maison de leurs parents au pied des Alpilles après avoir reçu un message inquiétant de leurs géniteurs. Jeanne et Vincent dissipent vite le quiproquo et leur annoncent avoir gagné une très grosse somme à une loterie. Le sourire sur le visage des enfants s&rsquo;efface vite lorsque leurs parents annoncent qu&rsquo;ils ont l&rsquo;intention de tout garder pour s&rsquo;installer au Cambodge et y ouvrir un orphelinat&#8230; <strong>Chers parents</strong> est d&rsquo;abord une pièce de théâtre éponyme signée d&rsquo;Emmanuel et Armelle Patron qui a connu, quatre années durant, entre 2021 et 2025, le succès sur les planches avec 450 000 spectateurs et 900 représentations, avant une nouvelle tournée en 2026. Qu&rsquo;Emmanuel Patron en fasse, ici, une adaptation au grand écran n&rsquo;a donc rien de franchement surprenant. Le film qui fit l&rsquo;ouverture du 29e Festival international du film de comédie de l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, montre comment vole en éclats une belle unité familiale et comment la place de chacun va en être bouleversée. Autour de l&rsquo;argent ludiquement gagné, l&rsquo;idéale famille Gauthier va se retrouver au bord de l&rsquo;implosion. Si le film, faute d&rsquo;être subtil, est distrayant, c&rsquo;est beaucoup dû à l&rsquo;efficacité d&rsquo;une bonne distribution avec Miou Miou (Jeanne), André Dussollier (Vincent), Arnaud Ducret (Pierre), Pauline Clément (Louise) et Thomas Solivérès (Jules). (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEraser.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21421" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEraser-244x300.jpg" alt="Eraser" width="244" height="300" /></a><strong>ERASER</strong><br />
US Marshal travaillant dans le programme de protection des témoins, John Kruger est désigné pour protéger Lee Cullen qui travaille pour l&rsquo;entreprise Cyrez, un fabricant d&rsquo;armes secrètes et fournisseur du département de la Défense des États-Unis. Le travail de Kruger commence lorsque Cullen découvre une preuve d&rsquo;un trafic d&rsquo;armes illégal du FBI. Cyrez veut cacher la création d&rsquo;un canon électrique secret, qui sera vendu au marché noir. Kruger doit alors protéger la jeune femme en effaçant toutes les traces de son identité et en neutralisant toutes menaces contre elle. C&rsquo;est au coeur d&rsquo;une production plutôt secouée que Chuck Russell tourne, en 1996, ce film qui sera distribué en France sous le titre <strong>L&rsquo;effaceur</strong>. Le rôle de Kruger devait d&rsquo;abord être tenu par Sylvester Stallone avant de revenir à Arnold Schwarzenegger qui demanda au réalisateur John Milius (qui l&rsquo;avait dirigé dans <strong>Conan le barbare</strong>) de venir jouer les <em>script doctors</em>… Au total, <strong>Eraser</strong> est un bon film d&rsquo;action typique des années 90. Le scénario, évidemment, est mince mais on se régale toujours de voir ce bon vieux Schwarzy (entouré de gueules comme James Caan ou James Coburn) passer à l&rsquo;action et réduire les affreux à la portion congrue. Il y a de l&rsquo;action, des rebondissements, des courses poursuites, des explosions, des tirs à l&rsquo;arme futuriste et même des crocodiles voraces ! <strong>Eraser</strong> ne trompe pas le client sur la marchandise. Chuck Russell (qui venait, deux années auparavant, de lancer la carrière de Jim Carrey avec <strong>The Mask</strong>) assure le spectacle. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAASpeedRacer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21428" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAASpeedRacer-229x300.jpg" alt="Speed Racer" width="229" height="300" /></a><strong>SPEED RACER</strong><br />
Jeune prodige de la course automobile, né pour la course au sein d&rsquo;une famille de pilotes, Speed Racer est un fonceur instinctif et intrépide. Lorsqu&rsquo;il défie M. Royalton, président-directeur général corrompu des Industries Royalton, le jeune homme va découvrir que tout n&rsquo;est pas rose dans le sport qu&rsquo;il adore. Peu de temps après, la famille Racer est contactée par l&rsquo;Inspecteur Détecteur et l&rsquo;énigmatique pilote masqué Racer X, qui demandent que Speed collabore avec les autorités afin de piéger Royalton et mettre au jour la corruption du monde automobile. Leur proposition : participer au Crucible, dangereux rallye automobile qui a par ailleurs coûté la vie à Rex, le légendaire frère aîné de Speed… Pur film d&rsquo;action, adapté du manga homonyme de Tatsuo Yoshida paru dans les années 1960, <strong>Speed Racer</strong> (qui sort dans une nouvelle restauration 4K UHD) a été tourné en soixante jours, en 2008, principalement aux studios de Babelsberg à Potsdam ainsi que dans le quartier de Berlin-Kreuzberg. Malgré son échec au box-office et l&rsquo;accueil critique mitigé, Julien Abadie qui a signé, en 2021, <strong>Speed Racer : les Wachowski à la lumière de la vitesse</strong>, le considère comme le <em>« film charnière »</em> dans l’œuvre du duo de cinéastes. Avec ses courses défiant les lois de la vitesse, de la gravité et du spectacle, <strong>Speed Racer</strong> s&rsquo;inscrit dans un univers visuel flamboyant pour célébrer l&rsquo;action et le divertissement. Avec, aussi, un beau casting : Emile Hirsch, John Goodman, Susan Sarandon et Christina Ricci. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALeSifflet.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21422" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALeSifflet-191x300.jpg" alt="Le Sifflet" width="191" height="300" /></a><strong>LE SIFFLET</strong><br />
Alors qu&rsquo;elle effectue ses premiers pas dans le lycée de la petite ville où elle vient tout juste d&rsquo;emménager avec son cousin, Chris découvre un mystérieux objet dans le casier qu&rsquo;on lui a attribué… C&rsquo;est une espèce de sifflet aztèque qui avait entraîné la mort violente de son ancien propriétaire. Il n&rsquo;en faut pas plus pour que toute la bande de lycéens autour de Chris, décide d&rsquo;essayer le mystérieux objet et son sifflement terrifiant qui invoque leurs morts futures pour les traquer. Les choses tournent au vinaigre, les morts se multiplient et les lycéens vont tenter, tant bien que mal, d&rsquo;arrêter le déferlement d&rsquo;événements tragiques… Le cinéma d&rsquo;épouvante fait souvent la part belle à des objets, au demeurant quelconques, mais qui deviennent épouvantables et source de terreur et d&rsquo;effroi. Le scénario n&rsquo;est pas follement original (ah, la romance!) mais les amateurs du genre se laisseront aller à goûter la peur distillée par ce divertissement d&rsquo;horreur. Autour du thème du mal-être de l&rsquo;adolescence, le Britannique Corin Hardy (qui avait signé <strong>Le sanctuaire</strong> en 2015) fait monter la tension et joue sur la noirceur d&rsquo;une petite ville industrielle en perdition avec son aciérie locale qui semble broyer tous les espoirs des lycéens… (Metropolitan)</p>
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		<title>De Gaulle, Robin des Bois, Ahmed le pianiste cairote, Selma la Syrienne et Corry au Japon</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 14:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FRANCE.- Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&#8217;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&#8217;Aisne. Ce fait d&#8217;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&#8217;est pourtant cet [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21399" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21399" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3-300x162.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian) à la Maison Blanche. DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian)<br />à la Maison Blanche. DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&rsquo;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&rsquo;Aisne. Ce fait d&rsquo;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&rsquo;est pourtant cet homme de haute stature qui, en rejoignant Londres, incarnera la France libre et résistante… En juin 1940, seul contre tous, De Gaulle veut sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
C&rsquo;est une grande production, une sacrée aventure et un film plein de souffle épique que constituent les deux volets du diptyque <strong>La bataille de Gaulle : L’âge de fer</strong>, sorti sur les écrans le 3 juin dernier (la critique sur ce site) et <strong>La bataille de Gaulle : J&rsquo;écris ton nom</strong> (France – 2h40. Dans les salles le 26 juin). Dans ce second volet qui fait référence au fameux poème de Paul Eluard, écrit en 1942, et qui s&rsquo;achève sur le mot Liberté, le réalisateur Antonin Baudry se penche sur les années 1943 et 1944.<br />
Désormais, la France Libre n’est plus contestée, mais De Gaulle doit encore convaincre les Alliés, notamment les États-Unis du président Roosevelt. De Gaulle se révèle un négociateur avisé, voire roué, un fin stratège dans ses relations régulièrement tendues avec les Américains mais aussi avec Winston Churchill et les Britanniques pour faire reconnaître la France comme une puissance majeure dans la victoire alliée.</p>
<div id="attachment_21398" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21398" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2-300x139.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: Leclerc (Niels Schnider) en Afrique. DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: Leclerc (Niels Schnider)<br />en Afrique. DR</p></div>
<p>En s&rsquo;appuyant pour ce drame biographique et historique sur l&rsquo;ouvrage <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em> de l&rsquo;Américain Julian T. Jackson, le cinéaste fait évidemment la part belle à De Gaulle mais il met aussi en lumière le rôle clé de Jean Moulin dans l’unification des mouvements de Résistance, y compris en « manipulant » (pour la bonne cause !) les gaullistes et communistes. Tandis que Jean Moulin tombe sous les coups de Barbie, De Gaulle va réussir à imposer la France comme un acteur incontournable de la Libération.<br />
Si on découvre, ici, le rôle tenu par le général Giraud (étonnant Thierry Lhermitte), on est épaté par ce chef de guerre que fut Leclerc (Niels Schneider), courageux et téméraire général <em>« jamais vaincu par les boches »</em>. Enfin, Simon Abkarian est un fameux De Gaulle. Dans le premier volet, il était presque burlesque dans sa raideur londonienne. Dans le second, il s&rsquo;affirme comme une magnifique incarnation d&rsquo;une France debout.</p>
<div id="attachment_21407" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21407" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Robin (Hugh Jackman), un homme au bout de sa vie. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Robin (Hugh Jackman),<br />un homme au bout de sa vie. DR</p></div>
<p><strong>LEGENDE.-</strong> En l&rsquo;an de grâce 1247, dans une froide tourmente qui balaye une lande inhospitalière, une jeune fille se nourrit de rares baies recueilles sur des ronces. Au loin, elle aperçoit un feu et s&rsquo;approche d&rsquo;un homme hirsute auquel elle demande de quoi se nourrir. Il en coûtera sa vie à cette presque gamine… Cet homme au regard las affirme qu&rsquo;il n&rsquo;a rien d&rsquo;un héros et que nul ne protège les humbles. Tout n&rsquo;est que mensonges sur l&rsquo;héroïsme et la bonté de Robin des Bois. Il a perdu tous ses amis et Marianne n&rsquo;est qu&rsquo;un lointain souvenir effacé d&rsquo;un revers de la main. Une dernière fois, Robin va se lancer dans un combat, aspirant à une mort juste. L&rsquo;assaut est d&rsquo;une folle violence. Robin en sort mal en point. Il aura la chance de rejoindre, sur une île au large, le prieuré de Saint-Clément où sœur Brigid, au prix de régulières saignées, tentera de le remettre sur pied&#8230;<br />
En plongeant dans <strong>On l&rsquo;appelait Robin des Bois</strong> (USA – 2h01. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet), il ne faut guère de temps pour oublier le flamboyant Errol Flynn, épée au poing dans les très cultes aventures en technicolor filmées en 1938 par Michael Curtiz. Exit aussi le sage et chenu Robin incarné par Sean Connery dans <strong>La rose et la flèche</strong> (1976) de Richard Lester… Le Robin imaginé par le cinéaste américain Michael Sarnoski est un être à la dérive, un homme amer qui rumine sur un passé où, dit-il, il tuait et volait pour le plaisir. Se faisant passer pour un autre, Robin des Bois va tenter de trouver une forme de repos de l&rsquo;âme, bien hypothétique tant ses noires frasques de hors-la-loi viennent constamment le hanter.</p>
<div id="attachment_21406" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21406" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR</p></div>
<p>Loin de la vision sucrée du Robin des Bois selon Walt Disney, il apparaît que le Robin historique et populaire était capable d&rsquo;une grande violence. Après avoir affronté Guy de Gisborne, par exemple, Robin le décapite, plante sa tête au bout de son bâton d&rsquo;arc et mutile son visage afin que personne ne puisse l&rsquo;identifier. C&rsquo;est ce personnage qu&rsquo;a choisi de raconter Sarnoski : <em>« On a tous en tête l’image d’un Robin des Bois dansant dans la forêt avec ses joyeux compagnons, mais sa vie n’avait rien à voir avec ça. Les paysans s’entretuaient à coup de pelle. Je me suis demandé comment raconter une version de l’histoire du personnage qui soit plus fidèle à la dureté de la vie au 13e siècle. »</em><br />
<strong>The Death of Robin Hood</strong> (en v.o.) est une relecture iconoclaste du héros de la forêt de Sherwood qu&rsquo;on regarde avec une certaine curiosité. Comment Robin peut-il se pardonner les fautes qu’il a commises autrefois et regarder en face les mythes trompeurs qu’il a lui-même bâtis ?<br />
Sur les notes folk sombres et lancinantes de <em>The Lamentations of Round Oak Waters</em> chanté par Jim Ghedi, Sarnoski a composé une fresque fantastique et funèbre mais aussi très dépouillée où une sauvagerie absurde surgit fréquemment.<br />
Au côté de Jodie Comer (Brigid) et dans des paysages aux teintes grises, Hugh Jackman, le fameux Wolverine de la saga <strong>X-men</strong>, campe un dangereux ermite, qui prend parfois des allures christiques et regrette ses crimes passés autant que les mensonges racontés <em>« pour que des fous me suivent dans les ténèbres&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21404" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21404" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1-300x168.jpg" alt="&quot;Notre histoire...: Ahmed (Amir El-Masry, au centre) et sa famille devant la télé. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;: Ahmed (Amir El-Masry,<br />au centre) et sa famille devant la télé. DR</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Dans l&rsquo;Egypte de 1967, le raïs Gamal Abdel Nasser chante la Grande nation arabe mais, dans l&rsquo;appartement encombré de sa famille cairote, Ahmed Ragheb, pianiste obstiné, ne rêve que de grande musique. Mais difficile de s&rsquo;imposer entre un père, des parents, des voisins qui ne jurent que par le football et qui se désolent de voir leur club favori de Zamalek passer à côté de tous ses matches. Alors qu&rsquo;Hassan, son frère jumeau, s&rsquo;apprête à partir faire son service militaire, Ahmed reçoit une lettre en provenance d&rsquo;Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. Autour de lui, Farouz, sa mère en tête, lui conseille de se méfier de cette… espionne. Mais Ahmed n&rsquo;en a cure. Son rêve, maintenant, c&rsquo;est de partir en Autriche pour rencontrer cette correspondante et découvrir Vienne, la capitale de la musique classique. Qui sait, le pianiste du Caire pourrait bien y faire carrière.<br />
Troisième long-métrage du réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky, <strong>Notre histoire – Chroniques du Caire</strong> (Egypte/France/Autriche – 2h. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet) est une allègre tragi-comédie qui plonge dans l&rsquo;Egypte de Nasser au moment de la Guerre des six jours (qui connut une victoire éclatante d&rsquo;Israël) pour se poursuivre à l&rsquo;ère d&rsquo;Anouar el-Sadate, père de la Nouvelle nation et s&rsquo;achever au temps de Moubarak. Le tout à travers le prisme d&rsquo;une trépidante famille au coeur de laquelle Ahmed soupire et rêve d&rsquo;être <em>« juste une fois du côté des gagnants »</em>.</p>
<div id="attachment_21405" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21405" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2-300x150.jpg" alt="&quot;Notre histoire...&quot;: dans un quartier du Caire. DR" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;&nbsp;&raquo;: dans un quartier du Caire. DR</p></div>
<p>Même si le cinéaste s&rsquo;amuse à grossir parfois le trait, on prend plaisir à côtoyer ces gens qui gueulent, s&rsquo;engueulent mais s&rsquo;aiment plus que tout. Loin des vacances <em>all inclusive</em> à Hurghada, voici une évocation sensible et chaleureuse de la société égyptienne. On y mesure les rêves contrariés, les conflits, la passion dévorante du football, le chaos familial et les petites victoires arrachées au destin. Pour inscrire son film dans l&rsquo;Histoire, le cinéaste, qui a puisé dans des souvenirs familiaux, utilise nombre d&rsquo;images d&rsquo;archives de télévision et de radio, ainsi l&rsquo;assassinat de Sadate.<br />
<em>« Il existe,</em> dit Shawky, <em>un décalage entre les fortunes de cette famille. Lorsqu’un événement heureux se produit dans le pays, une tragédie frappe la famille, et inversement. Ils sont constamment confrontés à cette situation et tentent d’aligner leur destin sur celui du pays. »</em><br />
Aux accents d&rsquo;Oum Kalthoum (qui chantait <em>« Prends ma vie entière mais aujourd’hui laisse-moi vivre »</em>) ou du chant patriotique <em>el Watan el Akbar</em> composé par Mohamed Abdel Wahab, <strong>Notre histoire</strong> déroule un flux constant de vie et de joyeux chaos, bien rendu par le mouvement incessant de la caméra. Dans un look qui renvoie au cinéma populaire égyptien des années 50/60, l&rsquo;utilisation des gros plans permet de montrer l’exiguïté des lieux et le nombre des personnages qui s&rsquo;y tiennent.<br />
Dans le chaos, les cris, les voix fortes, l&rsquo;énergie débordante, Liz et Ahmed construiront leur vie. Et ce dernier pourra dire : <em>« Tout s’est bien passé finalement »</em>.</p>
<div id="attachment_21400" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21400" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma (Zar Amir). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma (Zar Amir). DR</p></div>
<p><strong>EXIL.-</strong> A l&rsquo;arrière d&rsquo;une brasserie de Bordeaux, Selma s&rsquo;active dans une cuisine étroite et encombrée. Tout en faisant la plonge, elle décharge de ses verres un lave-vaisselle brûlant. Selma a constamment l&rsquo;air sur ses gardes. Et lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;aventure en terrasse, son patron a vite fait de lui ordonner de retourner là où on ne peut la voir. Selma Nassar a fui la Syrie, laissant derrière elle Rami, un fils de six ans auquel elle parle régulièrement au téléphone et un mari disparu dans les geôles du régime de Bachar dont elle est sans nouvelles.<br />
Surveillée (ou « protégée ») par un vague cousin, elle vit dans un appartement exigu qu&rsquo;elle partage avec une amie. Selma enchaîne les heures de travail au noir avec l&rsquo;espoir de pouvoir obtenir le droit d&rsquo;asile en France et de faire venir son fils. Un jour, elle fait la connaissance de Jérôme Delaunay, un avocat, client du café et dont le cabinet est juste de l&rsquo;autre côté de la rue. Selma lui demande de l&rsquo;aider dans ses démarches. Avocat d&rsquo;affaires, Jérôme explique qu&rsquo;il ne connaît rien au droit des migrants. Bientôt une relation amoureuse réunit Selma et Jérôme.<br />
Avec <strong>L&rsquo;étrangère</strong> (France &#8211; 1h41. Dans les salles le 24 juin), la cinéaste franco-syrienne Gaya Jiji réalise son quatrième long-métrage après avoir été révélée, en 2016, avec <strong>Une histoire syrienne</strong> qui racontait le parcours d&rsquo;une famille syrienne en France. Ici, c&rsquo;est une femme seule qui se lance dans un long et difficile combat pour tenter d&rsquo;accéder à une vie meilleure. Selma a connu un long périple à travers l&rsquo;Europe et elle a abouti à Bordeaux, une ville où son exil et sa solitude lui paraissent de plus en plus pesant.</p>
<div id="attachment_21401" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21401" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma et Jérôme (Alexis Manenti). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma<br />et Jérôme (Alexis Manenti). DR</p></div>
<p>En s&rsquo;inspirant de sa propre histoire d&rsquo;exil, Gaya Jiji a écrit une récit intime qui s&rsquo;éloigne, agréablement, des films « sociaux » sur les migrants en France. Car, tout en montrant les problèmes liés à la « loi Dublin » (qui oblige les migrants à faire leur demande d&rsquo;asile dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés) ou les longues démarches auprès de l&rsquo;OFPRA pour faire avancer son dossier, la cinéaste développe aussi une romance amoureuse dans laquelle deux solitudes vont se croiser. L&rsquo;amour vient bouleverser un homme malheureux dans son couple et Selma, une femme qui a d&rsquo;autres urgences.<br />
Alors, on se laisse entraîner dans cette aventure sentimentale dans laquelle le statut migratoire est cependant toujours présent. C&rsquo;est beau de voir Selma, dont le visage est toujours grave, se laisser aller à des émotions qu&rsquo;elle avait « oubliées ».<br />
Le film doit beaucoup, dans le rôle de l&rsquo;avocat, à Alexis Manenti, César du meilleur espoir 2020 pour <strong>Les misérables</strong> et à la comédienne franco-iranienne Zar Amir, vue dans <strong>Lire Lolita à Téhéran</strong> (2024),<strong> Tatami</strong> (2023) et évidemment aux <strong>Nuits de Mashhad</strong> (2022) qui lui valut le prix d&rsquo;interprétation à Cannes. Intense et touchant.</p>
<div id="attachment_21402" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21402" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1-300x180.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry (Vicky Krieps) et un jeune patient. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry (Vicky Krieps)<br />et un jeune patient. DR</p></div>
<p><strong>GREFFES.-</strong> Corry est française et vit au Japon. Médecin spécialiste des transplantations cardiaques pédiatriques, elle partage sa vie avec Jin et suit des enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe d&rsquo;un de ses jeunes patients, âgé de douze ans, aboutisse.…<br />
Avec <strong>L&rsquo;illusion de Yakushima</strong> (Japon/France – 1h52. Dans les salles le 17 juin), on retrouve avec plaisir Naomi Kawase, l&rsquo;une des plus intéressantes réalisatrices japonaises contemporaines. Sa recherche d’une « réalité » qui transcende les frontières entre documentaire et fiction lui a valut une reconnaissance internationale. En 1997, elle fait ses débuts au cinéma avec <strong>Suzaku</strong>, qui remporte la Caméra d’or au Festival de Cannes, faisant d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire.<br />
La cinéaste reviendra souvent sur la Croisette, ainsi en 2007 où <strong>La forêt de Mogari</strong> reçoit le Grand Prix. A Cannes, on verra d&rsquo;elle <strong>Hanezu, l&rsquo;esprit des montagnes</strong> (2011), <strong>Still the Water</strong> (2014), <strong>Les délices de Tokyo</strong> (2015), <strong>Vers la lumière</strong> (2017) ou<strong> True Mothers</strong> (2020).<br />
Dans <strong>L&rsquo;illusion…,</strong> Naomi Kawase développe deux intrigues au centre desquelles on trouve le personnage de Cory. D&rsquo;une part, il y a l&rsquo;aspect professionnel avec la présence au Japon de cette spécialiste des greffes, de l&rsquo;autre, c&rsquo;est l&rsquo;aspect privé avec la quête que mène la jeune femme pour trouver son compagnon, mystérieusement disparu.</p>
<div id="attachment_21403" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21403" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2-300x181.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR" width="300" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR</p></div>
<p>Tandis que les deux intrigues s&rsquo;entre-mêlent, c&rsquo;est celle de l&rsquo;hôpital qui retient le plus l&rsquo;attention puisqu&rsquo;il en va, avec la question des greffes, d&rsquo;un sujet tabou. Si en France, la greffe est perçue comme une transmission de la vie. C&rsquo;est tout le contraire au Japon… Alors Corry doit se battre pour tenter de faire avancer les choses.<br />
Autour des thèmes de la renaissance et de la passation mais aussi du choc des cultures, la cinéaste nippone distille une œuvre souvent tendre et attachante mais aussi particulièrement bavarde. Si la recherche de Jin permet de belles et oniriques séquences de nature, au total ce mélodrame finit par devenir pesant. Vicky Krieps (vue dans <strong>Phantom Thread</strong> ou en Anne d&rsquo;Autriche dans <strong>Les trois mousquetaires</strong>) donne toute la mesure de son talent pour nous faire entrer dans les pas de Corry. Mais on reste sur sa faim.</p>
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		<title>L&#8217;AMÉRIQUE DU CAPITAINE LOCKJAW ET DE MARTY SUPREME</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 08:46:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[UNE BATAILLE APRÈS L&#8217;AUTRE En Californie, les French 75, un groupe révolutionnaire d’extrême gauche, libèrent des migrants retenus dans un centre de détention. Pendant l’action violente, la sculpturale Perfidia, responsable de l&#8217;opération, humilie le capitaine Lockjaw, le responsable du camp. Perfidia et son complice Pat Calhoun multiplient les actions mais, en face, la police ne [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAABatailleAAutre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21363" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAABatailleAAutre-212x300.jpg" alt="Bataille Après Autre" width="212" height="300" /></a>UNE BATAILLE APRÈS L&rsquo;AUTRE</strong><br />
En Californie, les French 75, un groupe révolutionnaire d’extrême gauche, libèrent des migrants retenus dans un centre de détention. Pendant l’action violente, la sculpturale Perfidia, responsable de l&rsquo;opération, humilie le capitaine Lockjaw, le responsable du camp. Perfidia et son complice Pat Calhoun multiplient les actions mais, en face, la police ne demeure pas les bras croisés. Paul Thomas Anderson ne craint pas de se confronter au cinéma de genre. C’est à nouveau le cas avec <strong>One Battle After Another</strong> qu’il adapte librement de <em>Vineland</em> de l’Américain Thomas Pynchon, publié en 1990 au Etats-Unis. L’écrivain y contait la relation d’un agent du FBI, impliqué dans le projet COINTELPRO et d’une cinéaste radicale, experte en arts martiaux, le tout pour illustrer, entre humour et mélancolie, l’opposition entre résistance et réaction. Anderson ne cite pas ce projet (illégal) du FBI mais son dixième long-métrage évoque bien une « guerre » entre des révolutionnaires d’extrême gauche et une police déterminée à perturber, discréditer les activités des mouvements dissidents, y compris à « neutraliser » leurs meneurs. Le film, qui se déroule entre les années soixante et les années quatre-vingts, mêle l’uchronie, l’utopie, la satire politique, le polar, voire le western, avec en toile de fond, la lutte entre le bien et le mal. C’est l’image d’une Amérique étrange et « malade » que présente <strong>Une bataille…</strong> Un pays en perte de repères devenu un champ de bataille où tous les coups sont permis entre les petits frères de la lointaine Bande à Baader et une armée qui a les coudées franches pour mettre à mal un ennemi qui la tétanise. Film-fleuve qui n’a du blockbuster que l’apparence, <strong>Une bataille après l’autre</strong>, avec un impressionnant brio dans l’écriture comme dans la mise en scène, va développer un matériau foisonnant. Paul Thomas Anderson (<strong>Boogie Nights</strong>, <strong>Magnolia</strong>, <strong>There Will Be Blood</strong>) orchestre cette aventure sans laisser souffler le spectateur. Mieux, il lui offre d’intenses moments de bravoure comme une course-poursuite sur de longues routes droites en montées et en descentes. Enfin, <strong>Une bataille…</strong> réunit de remarquables comédiens avec Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro, Teyana Taylor et le formidable Sean Penn en angoissant Lockjaw. Une fable politique qui a l’énergie d&rsquo;un cartoon ! Du sacré cinéma couronné par l&rsquo;Oscar du meilleur film et l&rsquo;Oscar du meilleur réalisateur! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMartySupreme.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21371" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMartySupreme-197x300.jpg" alt="Marty Supreme" width="197" height="300" /></a><strong>MARTY SUPREME</strong><br />
En 1952, Marty Mauser vend des chaussures dans la boutique new-yorkaise de son oncle dans le Lower East Side. Vendeur habile, il n’a aucune intention de végéter au milieu des cartons. Car Marty Mauser a un rêve, notamment incarner le tennis de table aux Etats-Unis. A Londres, il dispute un championnat international, passe les tours avec aisance avant de tomber sur un gros bec nommé Koto Endo, une pointure japonaise… Mais ce n’est là que le début des aventures, parfois ubuesques, d’un grand frimeur doublé d’une jolie fripouille. Très tôt passionné par le tennis de table, Josh Safdie a lu un ouvrage écrit par un certain Marty Reisman, prodige du tennis de table juif new-yorkais et découvert un univers étrange et exaltant. De fait, dans le New York des années 1950, le tennis de table a fait naître une véritable sous-culture peuplée de magouilleurs, de génies, de marginaux et de types sans scrupules. Reposant sur une mise en images inventive, nerveuse, spectaculaire et efficace qui laisse, au bout de 2h30, le spectateur complètement épuisé (mais ravi!), <strong>Marty Supreme</strong> réussit, tout à la fois, à rendre compte de l’air du temps et d’une réalité sociale tout en brossant le portrait enlevé d’un sacré loustic. Ce qui impressionne dans <strong>Marty Supreme</strong>, c’est l’abondance des histoires qui s’entremêlent et le nombre de personnages qui s’y croisent. Timothée Chalamet tient, ici, un personnage en or qu’il habite avec une fièvre permanente. On se promène d’une salle enfumée new-yorkaise à un match-exhibition de ping-pong au Japon en passant par l’appartement modeste de la bruyante famille de Marty, Auschwitz (une séquence du miel inattendue), les suites royales d’hôtels de luxe ou la salle de bain instable d’un hôtel pourri, les tractations commerciales d’un patron d’une entreprise de stylos sans oublier des démêlés avec un mafieux qui a perdu Moïse, son chien… Toujours fauché, Marty est prêt à partir à la recherche du chien, moyennant une poignée de dollars ou encore à barboter un collier à la star Kay Stone (Gwyneth Paltrow). La recherche du chien finit par un bain de sang chez un fermier… Il faut ensuite à Marty amener d’urgence Rachel Mizler à la maternité avant de s’envoler pour le pays du Soleil levant où l’attend Koto Endo… Comme le lui a soufflé Ezra Mishkin, le propriétaire de Moïse : <em>« T’es un Mensch, fils ! »</em> Malgré tous ses défauts, Marty va peut-être arriver à être ce Mensch. Brillant! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACoutures.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21365" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACoutures-165x300.jpg" alt="Coutures" width="165" height="300" /></a><strong>COUTURES</strong><br />
A l’heure de la Fashion Week, Maxine Walker, réalisatrice américaine indépendante, débarque à Paris. On l’attend pour mettre en scène un spectacle vidéo, sur fond de femme vampire, qui sera diffusé lors de l’ouverture d’un défilé. La cinéaste reçoit l’appel de son médecin qui l’informe que les résultats de sa biopsie ne sont pas bons et lui demande de passer rapidement à son cabinet. Maxine étant à Paris, le praticien lui trouve d’urgence un rendez-vous chez un confrère parisien. Mais Maxine tient à se concentrer sur son film d’autant que le directeur d’image de la maison de couture trouve qu’il y a beaucoup de sang, que les dents de la femme sont trop pointues et que le cri final est un peu trop violent. Maxine va croiser le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant, à travers l’écriture, à une autre vie. Avec <strong>Coutures</strong>, Alice Winocour suit les trajectoires de trois femmes aux horizons bien différents entre lesquelles va se tisser une solidarité insoupçonnée. Car, sous le vernis très glamour de la Fashion Week, Maxine, Ada et Angèle portent, toutes les trois, une révolte silencieuse, celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire. Autour du thème de la solidarité féminine, la cinéaste mêle les histoires de Maxine, d’Ada, jeune mannequin débutante, qui entre dans ce métier parce qu’elle est une <em>« Risk-taker »</em>, d’Angèle, maquilleuse et précaire intermittente du spectacle qui prend des notes sur son vécu pour écrire un livre… Mais Alice Winocour, découverte avec <strong>Augustine</strong> (2012) suit, quand même, le plus souvent, la réalisatrice américaine contrainte de revoir sa vie de fond en comble. Car le professeur Hansen, convaincu qu’il peut la sauver de son cancer du sein, lui demande de mettre sa vie professionnelle de côté pour se concentre sur elle-même. Bouleversée et loin de ses bases, Maxine va devoir trouver les ressources pour faire face à sa maladie et trouver aussi la force d’en parler. Allant avec aisance d’un plateau de cinéma à un atelier de couture en passant par des couloirs d&rsquo;hôtel, <strong>Coutures</strong> raconte une effervescence qui contraste singulièrement avec les doutes et les angoisses de trois femmes qui tentent de survivre dans une tourmente intime. La cinéaste peut compter sur des comédiens de talent comme Anyer Anei (Ada), Ella Rumpf (Angèle), Garance Marillier (Christine), Vincent Lindon (Hansen), Louis Garrel (Anton) et évidemment Angelina Jolie qui a trouvé un lien fort avec <strong>Coutures</strong> puisqu’elle-même avait connu cette histoire dans sa chair. Une belle séquence de tornade clôt <strong>Coutures</strong>. Une mini-apocalypse qui bouscule l’ordre établi, une destruction finale qui évoque la mutation vers une vie nouvelle. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAReveAméricain.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21394" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAReveAméricain-196x300.jpg" alt="Reve Américain" width="196" height="300" /></a><strong>LE RÊVE AMÉRICAIN</strong><br />
Personne n’aurait parié un sou sur Jérémy Medjana, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna Ndiaye, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plutôt approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent dans la NBA, la prestigieuse ligue américaine de basket-ball professionnel. Et pourtant ! Les deux amis croient à leur bonne étoile et plus encore à leur rêve américain. Malgré les obstacles, multiples et de taille, ces deux-là s’accrochent. Bien sûr, personne ne les attend outre-Atlantique. Et les agents de joueurs du cru sont plus enclins à les arnaquer qu’à leur faciliter la tâche. Mais le tandem a des atouts dans ses manches, y compris des joueurs français de talent. Reste maintenant à leur faire passer les fameuses « Drafts », ces moments annuels tant attendus où les franchises NBA sélectionnent des jeunes joueurs universitaires ou étrangers pour renforcer leurs effectifs… <strong>Le rêve américain</strong> raconte une histoire vraie, celle de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux agents de basket partis de rien et devenus en une quinzaine d’années, avec leur société <em>Comsport</em>, les premiers pourvoyeurs de talents français pour la NBA. Anthony Marciano s’est emparé de cette belle histoire de réussite pour donner ce qui est, de toute évidence, un pur<em> feel good movie</em> doublé d’un joyeux <em>buddie movie</em>. Le film fait en effet la part belle à deux personnages qui passent par tous les stades de la dépression (ils installent leur « bureau » à l’arrière d’un pressing chinois) comme de l’optimisme dans la poursuite d’un plan qui consiste tout bonnement à « exister » dans le business de la NBA. Pour cela, le cinéaste s’appuie sur deux comédiens qui se donnent comme… des basketteurs sur un plateau de NBA : Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard portent Bouna et Jérémy avec verve tant dans leurs moments de grande naïveté que de belle exaltation. Les films sur ou autour du sport ne sont pas toujours de longs fleuves tranquilles. On prend plaisir à suivre cette histoire dans laquelle on croise Nicolas Batum ou Rudy Gobert (enfin, les acteurs qui les incarnent) et où l’on aperçoit in fine l’ombre d’une star surnommée Wenby passée récemment à un doigt du titre NBA avec les Spurs de San Antonio. Un <em>success-story</em> française ! (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACollineYeux.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21364" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACollineYeux-217x300.jpg" alt="Colline Yeux" width="217" height="300" /></a><strong>LA COLLINE A DES YEUX 1 &#8211; 2</strong><br />
Famille d&rsquo;Américains moyens, les Carter décident de partir en voyage en Californie afin de pouvoir mieux resserrer les liens. Le père, Big Bob, est un ancien policier de Cleveland qui a été mis à la retraite pour des problèmes de cœur. Sa famille est composée d&rsquo;Ethel, son épouse, de Lynn, leur fille aînée, du mari de celle-ci, Doug, de leur bébé, Catherine et aussi de Brenda, la seconde fille de Bob, enfin de Bobby, le fils de Bob. Alors qu&rsquo;ils cherchent un raccourci sur une route du désert du Nouveau-Mexique (une zone d&rsquo;essais nucléaires dans les années 1950 reconvertie en base pour l’aviation) et que Big Bob insiste pour visiter une mine de fer abandonnée, ils ont un accident dans lequel les pneus sont crevés. C&rsquo;est le début d&rsquo;une longue descente aux enfers puisque la famille devient la proie d&rsquo;un groupe de cannibales vivant cachés dans les collines voisines. Huit ans après le massacre de sa famille, Bobby Carter est toujours traumatisé. <strong>La colline n°2</strong> montre qu&rsquo;il a cependant réussi à s&rsquo;en sortir en créant un groupe de motards avec Ruby, la fille de Jupiter, qui se fait désormais appeler Rachel. Le groupe souhaite alors participer à une course dans le désert, non loin de l&rsquo;endroit où les Carter ont eu leur accident. Bobby a alors un très mauvais pressentiment et malgré le conseil de son psychiatre, refuse d&rsquo;y aller. Ruby s&rsquo;y rend alors avec Cass, Roy, Harry, Hulk, Foster, Sue et Jane. En retard, la bande décide de prendre un raccourci par le désert, mais leur bus tombe en panne en plein milieu du désert. Les cannibales défigurés refont surface… Considéré, avec John Carpenter, comme l&rsquo;un des « maîtres de l&rsquo;horreur », Wes Craven (1939-2015) est l&rsquo;homme des <strong>Griffes de la nuit</strong> (1984) et des quatre premiers volets de la saga <strong>Scream</strong> (1997-2011). Avec son mélange unique de terreur et d’humour noir, le cinéaste américain a révolutionné le cinéma d’épouvante. Bien plus qu’un simple <em>survival</em>, son diptyque <strong>La colline a des yeux</strong> (réalisé en 1977 puis en 1985) est une fable sauvage où le vernis de l’Amérique civilisée est dynamité. <strong>La colline a des yeux 1 et 2</strong> livrent une réflexion saisissante sur l’instinct de survie et la métamorphose d’individus ordinaires confrontés à l’horreur. Cette saga cultissime de l&rsquo;horreur selon Wes Craven est disponible pour la première fois dans de nouvelles restaurations en 4K UHD (pour le n°1) et en 2K (pour le n°2) et présentée dans une belle édition Prestige Limitée Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve une série de commentaires audio (VOSTF) de Wes Craven et Peter Locke, de Michael Berryman, Janus Blythe, Susan Lanier et Martin Speer, enfin de Mikel J. Koven. <strong>Une histoire de famille</strong> (16 mn) est un entretien mené en 2016 avec l’acteur Martin Speer. <strong>Sessions dans le désert</strong> (11 mn) est un entretien mené en 2016 avec le compositeur Don Peake. <strong>Du sang, du sable et du feu</strong> (31 mn) est un documentaire réalisé en 2019 en forme de making-of de la <strong>La colline 2</strong>. Pour sa part, Stéphane de Mesnildot analyse les films (17 mn). Enfin, on découvre une fin alternative (13 mn), un bêtisier et les coulisses du tournage (19 mn). Le coffret contient de nombreux memorabilia et l&rsquo;ouvrage (100 pages) de Marc Toullec, <em>Wes Craven, le droit à l&rsquo;horreur.</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAToraSan.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21374" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAToraSan-300x300.jpg" alt="Tora San" width="300" height="300" /></a><strong>TORA SAN</strong><br />
Attachant marchand ambulant, Tora-san ne tient pas en place. Avec son chapeau en feutre et son costume à carreaux marron, Tora parcourt le Japon au fil des années. Mieux, il rencontre, dans ses pérégrinations, de nombreuses personnes dont il changera le destin. Cela fait bientôt soixante ans que les Japonais sont tombés amoureux d’un vagabond du nom de Torajiro, dit «Tora-san». Un personnage touchant, incarné par le comédien Kiyoshi Atsumi, qui sera présent sur les grands écrans nippons japonais pendant plusieurs décennies grâce à la production d&rsquo;une série de cinquante films, sous le titre générique<strong> C&rsquo;est dur d&rsquo;être un homme</strong>, faisant de cette saga la plus longue série cinématographique du monde, inscrite dans le Guinness des records ! A l’exception de deux d’entre eux, ces films seront réalisés par Yoji Yamada, aujourd&rsquo;hui âgé de 94 ans, connu aussi pour une trilogie <strong>Samouraï</strong> mise en scène au début des années 2000. Au Pays du soleil levant, l&rsquo;empreinte de Tora-san reste toujours forte avec des rediffusions des films sur le petit écran toutes les semaines et aussi un «Tora-san summit» qui a lieu tous les ans à Shibamata. Si Tora-san est donc une star au Japon, le public français a pu le découvrir, en 2022, dans le cadre de la Maison de la Culture du Japon à Paris lors du cycle « Un an avec Tora-san ». Près de soixante ans après le film fondateur, voici un coffret collector (3 Blu-ray ou cinq DVD), qui présente les cinq premiers de la série, en l&rsquo;occurrence <strong>C&rsquo;est dur d&rsquo;être un homme</strong>, <strong>Maman chérie</strong>, <strong>Le grand amour</strong>, <strong>Le millionnaire</strong> et <strong>La nostalgie</strong>, tous datés de 1969. Entre humour, quiproquos et mélancolie, chaque film est marqué par une romance impossible et donne l&rsquo;occasion de découvrir une nouvelle ville de l&rsquo;archipel. Le coffret contient de nombreux bonus élaborés par Claude Leblanc, expert et amoureux de Tora-san, dont une interview du cinéaste et le livret (48 pages) <em>Il était une fois Tora-san</em>. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesDimanches.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21395" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesDimanches-162x300.jpg" alt="Les Dimanches" width="162" height="300" /></a><strong>LES DIMANCHES</strong><br />
Dans une chambre plongée dans une semi-obscurité, des jeunes filles jouent, bavardent et rient en se racontant des vannes sur l’une de leurs enseignantes, une religieuse tellement aigrie qu’elle a un besoin impérieux de faire l’amour… Parmi ces grandes adolescentes, se trouve Ainara qui pouffe, elle aussi. Elève dans un lycée catholique, elle a 17 ans, s’apprête à passer son bac et s’interroge sur son futur parcours universitaire. On la retrouve dans un cloître où elle assiste, derrière une clôture, à un office où des sœurs prient et chantent. L’une d’elles adresse un petit sourire à Ainara. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Inaki, le père d’Ainara, est surpris mais semble vouloir se laisser convaincre par les aspirations de son aînée. Par contre, Maité, la tante de la jeune fille, s’insurge contre cette vocation inattendue. Lors d’un déjeuner en famille après la communion solennelle de sa petite sœur, Ainara montre à Maité, la médaille qu’elle porte au cou. Elle lui a été offerte par sa mère trop tôt disparue qui lui expliqua que la Vierge lui tiendrait ainsi toujours compagnie… Avec <strong>Les dimanches</strong>, la réalisatrice basque espagnole Alauda Ruiz de Azua s’appuie sur l’histoire d’une jeune fille qui voulait entrer dans les ordres, entendue lorsqu’elle avait l’âge de son personnage. La cinéaste interroge le rôle de l’humain dans la construction d’une vocation, que ce soit la famille, l’éducation, les figures de référence, l’adolescence… Car, si la vocation d’Ainara est le point de départ du récit, le film se concentre sur la parcours de la famille et sur la fragilité de cette institution. Ou comment prendre en compte des manques affectifs, de la négligence, un manque de communication, la vulnérabilité aussi de l’adolescente qui peut ainsi être poussée vers un endroit aussi extrême qu’un couvent… Mais Ainara, sans être illuminée, dit : <em>« Au couvent, je suis heureuse »</em>. <strong>Les dimanches</strong> observe, avec acuité, sobriété et une retenue bienvenue, la manière dont une famille va réagir à une vocation précoce en tentant d’imposer à Ainara (Blanca Soroa) leurs propres opinions. Qui vont, chez son père, d’un respect (hypocrite?) de son libre arbitre aux mises en garde, par sa tante, contre une éventuelle manipulation par un mielleux directeur spirituel ou une sœur supérieure qui lui suggère de <em>« ne plus être contente de soi mais de contenter Dieu »</em>. Foi ou endoctrinement ? (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrphelin.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21372" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrphelin-161x300.jpg" alt="Orphelin" width="161" height="300" /></a><strong>ORPHELIN</strong><br />
Apparu sur le devant de la scène internationale en 2015 avec son premier long-métrage <strong>Le fils de Saul</strong> qui raconte deux jours dans la vie, au début d&rsquo;octobre 1944, de Saul Ausländer, prisonnier juif hongrois à Auschwitz, le cinéaste hongrois Lazlo Nemes a successivement obtenu pour ce drame, le Grand prix de Cannes 2015 puis l&rsquo;Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016. Après <strong>Sunset</strong> (2018), un drame virtuose et formaliste dans le Budapest de la Belle époque, le cinéaste, né à Budapest en 1977 mais qui a fait ses études à Sciences Po Paris, a réalisé <strong>Orphelin</strong>. A Budapest, en 1957, encore sous le choc de la répression de l&rsquo;insurrection de 1956, un adolescent juif découvre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le fils de son père disparu, présumé mort dans un camp d&rsquo;extermination, mais celui d&rsquo;un <em>goy</em> qui avait caché sa mère pendant l&rsquo;Holocauste. En s&rsquo;inspirant librement de fragments de son histoire personnelle, Nemes explore les conséquences d&rsquo;une révélation bouleversante sur plusieurs générations dans un récit qui alterne entre le passé et le présent, révélant peu à peu les secrets enfouis d&rsquo;une famille juive hongroise. Des révélations qui plongent les personnages dans une quête identitaire et familiale, remontant aux traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah en Hongrie. A nouveau, le cinéaste utilise le plan-séquence et une mise en scène immersive pour plonger le spectateur dans l&rsquo;intimité des personnages en abordant les questions de l&rsquo;identité et de la filiation mais aussi de la mémoire et de l&rsquo;Histoire. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHommeInvisible.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21368" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHommeInvisible-219x300.jpg" alt="Homme Invisible" width="219" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGuerreGangsOkinawa.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21367" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGuerreGangsOkinawa-221x300.jpg" alt="Guerre Gangs Okinawa" width="221" height="300" /></a><strong>L&rsquo;HOMME INVISIBLE : LES FILMS DAEI – GUERRE DES GANGS A OKINAWA</strong><br />
En 1897, H.G. Wells publie <em>The Invisible Man</em> (en v.o.), un roman de science-fiction, œuvre fondatrice du genre, explorant des thèmes comme la science, l’éthique, l’isolement et les dérives du pouvoir. L’histoire suit Griffin, un scientifique brillant mais asocial, qui découvre comment rendre invisible un corps humain grâce à une formule chimique et à des manipulations de la lumière. Après avoir testé sa découverte sur lui-même, il devient invisible, mais se heurte à des problèmes insurmontables : son invisibilité le coupe du monde, il ne peut pas manger, dormir ou interagir normalement sans être vu et sa santé mentale se dégrade, le poussant vers la paranoïa et la violence. Fable morale sur les dangers de la science sans limites et exploration de la folie et de l’isolement, <em>L&rsquo;homme invisible</em> donnera lieu à de multiples adaptations au cinéma. Dès 1909, Ferdinand Zecca ouvre le bal avec un <strong>Voleur invisible</strong>. James Whale, le cinéaste de <strong>Frankenstein</strong>, signera un fameux <strong>Homme invisible</strong> en 1933. En 1960, Edgar G. Ulmer donnera un<strong> Incroyable homme invisible</strong>. John Carpenter en 1992 et Paul Verhoeven en 2000 (avec <strong>Hollow Man</strong>) s&rsquo;ajoutent à cette imposante liste. Une liste qui s&rsquo;enrichit de deux œuvres japonaises avec, en 1949, <strong>L&rsquo;homme invisible apparaît</strong> de Nobuo Adachi dans lequel un voleur de bijoux apprend qu&rsquo;un scientifique travaille sur une formule d&rsquo;invisibilité qui l&rsquo;aiderait dans ses méfaits. En 1957, c&rsquo;est Eiji Tsuburaya qui réalise <strong>L&rsquo;homme invisible contre la mouche humaine</strong>. Cette fois, un policier enquête sur une série de meurtres inexpliqués : les victimes sont poignardées dans des pièces closes, sans trace de l’agresseur. Seul un bourdonnement de mouche est entendu avant chaque crime. L’enquête révèle que les victimes ont un lien avec des expériences militaires visant à miniaturiser un humain à la taille d’une mouche… Edités pour la première fois en France, ces deux films, produits par les studios Daiei, présentent des effets spéciaux intéressants pour leur époque, supervisés par Eiji Tsuburaya qui plus tard donnera vie à <strong>Godzilla</strong>. Chez le même éditeur, on trouve, dans le domaine des films de yakuzas, <strong>Guerre des gangs à Okinawa</strong> mis en scène, en 1971 par Kinji Fukasaku, l&rsquo;un des spécialistes du genre<em> jitsuroku eiga</em>, des films de gangsters japonais réalistes, souvent anarchisants et portés sur la violence spectaculaire. Ici, le cinéaste, qui connaîtra la célébrité avec <strong>Battle Royale</strong> en 2000, raconte comment Gunji Sadao, membre du clan Hamamura sort de prison après dix ans de détention. Avec Ozaki, son ancien bras droit, et Samejima, les seuls rescapés de son clan, Gunji décide de quitter la ville de Yokohama et de refonder son clan sur l&rsquo;île d&rsquo;Okinawa mais pour cela il va devoir affronter les gangs déjà en place, soutenus par les Américains. Le Blu-ray est présenté dans un joli coffret avec, dans les bonus, un livret de 40 pages et un échange entre Stéphane du Mesnildot, historien spécialiste du cinéma asiatique et Fausto Fasulo, directeur artistique adjoint du Festival d&rsquo;Angoulême, en charge de la programmation Asie. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesTitans.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21370" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesTitans-196x300.jpg" alt="Les Titans" width="196" height="300" /></a><strong>LES TITANS</strong><br />
Dans la Grèce antique, Cadmus, roi de Crète, s&rsquo;autoproclame dieu. Crios, le plus agile et intelligent des Titans, est délégué pour faire justice et, en contrepartie, doit obtenir la libération de ses frères emprisonnés dans les Enfers. Capturé par l&rsquo;armée de Cadmus, Crios gagne sa clémence après avoir vaincu l&rsquo;imposant Rator lors de leur combat que le roi et son épouse Hermione avaient organisé pour leur bon plaisir. Mais Crios refuse de mettre à mort Rator comme le roi le lui ordonne. De nouveau emprisonné, Crios tombe amoureux d&rsquo;Antiope, fille de Cadmus, qu&rsquo;il aperçoit depuis son cachot au moment où celle-ci est bannie par son père. Après avoir été délivré, et grâce au casque de Pluton qui rend invisible et qu&rsquo;il a dérobé, Crios délivre Antiope en tuant sa terrible gardienne, la Gorgone Méduse. Alors qu&rsquo;il est sur le point d&rsquo;être capturé par les soldats de Cadmus, ses frères Titans, qui ont été libérés, viennent à son secours en semant la panique chez les soldats… Dans la grande tradition du péplum italien des années 1960,<strong> Les titans</strong> s’impose comme une aventure mythologique spectaculaire mêlant combats, humour, créatures fantastiques et décors grandioses. Entre fresque antique et film d’aventure décomplexé, l&rsquo;italien Duccio Tessari détourne avec malice les codes du genre tout en conservant le souffle épique et le sens du spectacle propres aux grandes productions italiennes de l’époque. Premier long métrage réalisé en 1962 par Tessari, futur grand nom du cinéma de genre italien tant dans le western que le <em>poliziottesco</em>, <strong>Les titans</strong> révèle déjà le style dynamique du cinéaste, son goût pour l’action et les récits rythmés. Porté par un casting prestigieux du cinéma italien, avec en première ligne l’incontournable Giuliano Gemma, figure majeure du western italien, le film mêle héroïsme, rivalités mythologiques et aventures mouvementées dans un tourbillon d’action et de fantaisie. Tourné dans des décors naturels impressionnants, le film, soutenu par la musique de Carlo Rustichelli, privilégie le mouvement et le divertissement, donnant naissance à un péplum atypique et foisonnant qui conserve aujourd’hui tout son charme. Le film sort, pour la première fois dans une édition Combo Blu-ray + DVD accompagnée de plus d’une heure de bonus consacrés au film et à son histoire. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrwell.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21373" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrwell-170x300.jpg" alt="Orwell" width="170" height="300" /></a><strong>ORWELL 2+2= 5</strong><br />
Nommé en 2017 pour l&rsquo;Oscar du meilleur documentaire pour <strong>I Am Not Your Negro</strong>, Raoul Peck a notamment réalisé <strong>Lumumba</strong>, un film inspiré de l&rsquo;histoire de Patrice Lumumba et son rôle dans l&rsquo;indépendance de la république démocratique du Congo ou encore, dans le domaine de la fiction, <strong>Le jeune Karl Marx</strong> (2017), un film retraçant la jeunesse de Karl Marx et Friedrich Engels en Allemagne, à Paris et à Londres. Ministre de la Culture de la république d&rsquo;Haïti de 1995 à 1997, le cinéaste a été président de la Fémis de janvier 2010 à janvier 2019. Après avoir consacré avec <strong>Ernest Cole, photographe</strong> (2024), un documentaire au photographe sud-africain (1940-1990) qui a fait connaître l&rsquo;horreur de l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud et à l&rsquo;étranger, Peck se penche, ici, sur l&rsquo;oeuvre la plus célèbre de George Orwell, le fameux<em> 1984</em> publié en juin 1949, neuvième et dernier livre d&rsquo;Orwell paru de son vivant. <em>1984</em> se concentre sur les conséquences du totalitarisme, de la surveillance de masse, et de l&rsquo;enrégimentement répressif des personnes et des comportements au sein de la société. Fervent partisan du socialisme démocratique et membre de la gauche antistalinienne, Orwell décrit dans son roman une Grande-Bretagne, trente ans après une guerre nucléaire entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, et où s&rsquo;est instauré un régime totalitaire fortement inspiré à la fois de certains éléments du stalinisme et du nazisme. Plus largement, le roman examine le rôle de la vérité et des faits au sein des sociétés et les manières dont ils peuvent être manipulés. Le documentaire explore la vie et la carrière d&rsquo;un écrivain britannique plus visionnaire que dystopique. Il utilise les textes d’Orwell (1903-1950), lettres et romans dont tout particulièrement <em>1984</em> et ses version adaptées au cinéma, pour tisser un parallèle entre des événements des cinquante dernières années (en mettant l’accent sur les années récentes) et un monde de dictature où la <em>novlangue</em> est reine. Dans une œuvre aussi fluide que complexe, documenté mais didactique, Peck nous amène à regarder le monde en face. Et il est glaçant. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGoat.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21366" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGoat-179x300.jpg" alt="Goat" width="179" height="300" /></a><strong>GOAT &#8211; RÊVER PLUS HAUT</strong><br />
Dans un monde d&rsquo;animaux anthropomorphes dans la ville de Vineland, le jeune bouc Will Harris est accompagné par sa mère à son premier match de roarball, une variante du basket où les animaux les plus grands et les plus féroces s&rsquo;affrontent sur des terrains extrêmes comme une tempête de sable ou un précipice… Will aspire à être comme son idole, la Panthère Jett Fillmore, une joueuse des Vineland Thorns. Dix ans plus tard, Will pratique le roarball dans ses temps libres et travaille comme livreur dans le restaurant où sa mère travaillait avec un salaire maigre qui l’empêche de payer son loyer. Après avoir vendu une paire de baskets rares, Will défie Mane Attraction, le joueur principal des magmas de l&rsquo;Inferno Lava Coast, en pariant l’argent qu’il vient d’empocher dans un défi à trois points gagnants. Mane le bat et s’empare de son argent. Du coup, Will perd son appartement, ce qui l&rsquo;amène à cohabiter avec ses amis Hannah et Daryl. La vidéo que publie Hannah montrant Will dribblant Mane de manière hilarante, devient virale. Lorsque Will arrive au restaurant, il est surpris de rencontrer Flo, qui a vu la vidéo et lui propose de rejoindre les Thorns toujours en mauvaise posture. Si Jett Fillmore le tourne en ridicule, Will est cependant présenté à coach Dennis ainsi qu&rsquo;aux joueurs : Archie Everhardt, un rhinocéros indien père de deux jumelles ; Lenny Williamson, une girafe fan de rap ; Modo Olachenko, un dragon de Komodo à l’esprit dérangé et Olivia Burke, une autruche influenceuse très sensible. Dans les premiers matchs, Will reste sur le banc. Mais, dans une rencontre contre les Shadow, Will, à la suite d&rsquo;une faute technique sifflée contre Jett, va entrer en jeu, marquer le point qui permet aux Thorns de renouer avec la victoire. Les relations entre Will et Jett sont orageuses mais les deux vont finir par s&rsquo;allier pour le plus grand bonheur de l&rsquo;équipe. Mêlant humour et action autour d&rsquo;une intrigue sportive centrée sur la confiance en soi et la persévérance, <strong>Goat</strong>, réalisé par Tyree Dillihay, est un film d&rsquo;animation qui se déroule dans un monde entièrement peuplé d&rsquo;animaux anthropomorphes, où les humains n&rsquo;existent pas. Le titre du film joue sur l&rsquo;homonymie entre le mot anglais pour &laquo;&nbsp;chèvre&nbsp;&raquo; (goat) et l&rsquo;acronyme GOAT (Greatest Of All Time, « le meilleur de tous les temps »), reflétant l&rsquo;ambition du personnage principal. (ESCD)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHurlevent.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21369" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHurlevent-211x300.jpg" alt="Hurlevent" width="211" height="300" /></a><strong>HURLEVENT</strong><br />
Dans l&rsquo;Angleterre du 18e siècle, une pendaison publique attire une foule agitée et exaltée. Dans le public, se trouve notamment Catherine Earnshaw… Peu après, M. Earnshaw, propriétaire du domaine gothique de Hurlevent, situé sur les landes du Yorkshire, revient d&rsquo;un voyage à Liverpool avec un jeune garçon trouvé dans la rue. Il déclare que l&rsquo;enfant restera au domaine et servira de compagnon à sa fille Catherine. Celle-ci s&rsquo;attache immédiatement à lui et le baptise « Heathcliff », en mémoire de son frère défunt. Les deux enfants deviennent inséparables. Un soir, après être rentrés tard et trempés le jour de l&rsquo;anniversaire de M. Earnshaw, Heathcliff prend sur lui la faute et subit une violente flagellation qui lui laisse des cicatrices permanentes dans le dos. Avec les années, Hurlevent se détériore à mesure que M. Earnshaw sombre davantage dans l&rsquo;alcoolisme et les dettes de jeu. Heathcliff, devenu domestique, adopte une apparence négligée, les cheveux longs et la barbe fournie. Catherine, désireuse d&rsquo;échapper à la misère du domaine et d&rsquo;améliorer indirectement la condition de Heathcliff, envisage de séduire leur riche voisin, Edgar Linton, un prospère marchand. Heathcliff, jaloux, désapprouve ce projet. Leur lien se transforme en une passion destructrice, nourrie par l’interdit, la vengeance et un désir brut. Leur amour, à la fois enivrant et toxique, les pousse à défier les conventions sociales et à s’enliser dans une spirale de souffrance, de trahisons et de violence émotionnelle. <em>Wuthering Heights</em> est l&rsquo;unique roman de la femme de lettres anglaise Emily Brontë, publié pour la première fois en 1847 sous le pseudonyme d’Ellis Bell. Il est souvent cité parmi les dix plus grands romans britanniques. Récit à la fois insolite et atroce, <em>Les hauts de Hurlevent</em> s&rsquo;impose comme un roman aux personnages cruels dans lequel la mort est obsédante. Le roman a eu de nombreuses adaptations au grand écran et on se souvient de la version de 1939 signée William Wyler avec Laurence Olivier (Heathcliff), Merle Oberon (Cathie), David Niven (Edgar Linton). On connaît des adaptations de Luis Bunuel (1954) ou de Jacques Rivette (1986) dont l&rsquo;action est transposée en Haute-Provence pendant les années 1930 dans cette adaptation libre dont la sortie fut confidentielle. Avec son <strong>Hurlevent</strong>, la réalisatrice et comédienne anglaise Emerald Fennell s&rsquo;inspire librement du roman et propose une relecture moderne, sombre et sensuelle, centrée sur la relation toxique et passionnée entre Catherine Earnshaw (interprétée par Margot Robbie) et Heathcliff (Jacob Elordi). La cinéaste rajoute des scènes intimes qui n&rsquo;existent pas dans le roman, tirant ce récit vers une <em>dark romance</em>. De quoi faire grincer les dents des amateurs d&rsquo;Emily Brontë ? (Warner)</p>
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