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		<title>KUROSAWA L&#8217;HUMANISTE ET LE GÉNIE D&#8217;EISENSTEIN</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Oct 2026 13:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[VIVRE Fonctionnaire veuf, vieillissant et apathique, Kanji Watanabe apprend qu&#8217;il est atteint d&#8217;un cancer de l&#8217;estomac en phase terminale. Cet homme en fin de carrière est responsable du service municipal des Affaires publiques dans un arrondissement de Tokyo. Sa fonction se résume à écrire ou tamponner des formulaires, sans la moindre utilité concrète. Watanabe a [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAVivre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21781" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAVivre-186x300.jpg" alt="Vivre" width="186" height="300" /></a>VIVRE</strong><br />
Fonctionnaire veuf, vieillissant et apathique, Kanji Watanabe apprend qu&rsquo;il est atteint d&rsquo;un cancer de l&rsquo;estomac en phase terminale. Cet homme en fin de carrière est responsable du service municipal des Affaires publiques dans un arrondissement de Tokyo. Sa fonction se résume à écrire ou tamponner des formulaires, sans la moindre utilité concrète. Watanabe a abandonné depuis longtemps toute initiative. Un jour, un comité de mères de famille vient déposer une requête auprès du service concernant un problème d&rsquo;eau polluée sur un terrain vague où vont jouer leurs enfants. Comme la santé des gamins est en danger, elles demandent que la zone soit assainie, et suggèrent que celle-ci serait idéale pour la construction d&rsquo;un parc de jeux. Mais M. Watanabe ne prend même pas la peine d&rsquo;étudier leur requête, par habitude de la lourdeur de toute démarche au sein de l&rsquo;administration, et rechignant à s&rsquo;impliquer davantage en prenant une quelconque responsabilité. Les mères sont donc renvoyées au bureau des Travaux publics, où on les renvoie pareillement au bureau des Parcs, puis à la Santé publique, puis à la Planification urbaine, puis à l&rsquo;Instruction publique, et ainsi de suite&#8230; Excédées, elles se mettent à fulminer contre ces « tueurs de temps » que sont les fonctionnaires municipaux. Pris au piège d&rsquo;une routine morne et sans but, Watanabe décide de consacrer ses derniers mois à un projet communautaire : la construction d&rsquo;un parc pour enfants, dans l&rsquo;espoir de laisser une trace positive avant de mourir. Avec <strong>Vivre</strong> qu&rsquo;il réalise en 1952, Akira Kurosawa (1910-1998) délaisse le film noir et la grande fresque historique pour revenir à l’un de ses genres de prédilection : le mélodrame social à la Frank Capra. Dans cette fable profondément humaniste, le cinéaste japonais dresse le portrait bouleversant d’un homme qui s’ouvre au monde une fois confronté à sa mort imminente, auquel l’immense comédien Takashi Shimura vient prêter ses traits. D’une grande virtuosité narrative et visuelle avec sa structure découpée en deux parties (la première suit la transformation intérieure de Watanabe, tandis que la seconde montre l&rsquo;impact de son acte sur ceux qui l&rsquo;entourent, notamment ses collègues de travail et sa famille, après sa mort), <strong>Vivre</strong> est une réflexion profonde sur la mort et le sens à donner à la vie. Disponible pour la première fois en Blu-ray et dans une restauration 4K UHD, ce chef-d&rsquo;œuvre humaniste est accompagné de deux intéressants suppléments. <strong>Un homme avec 75 jours à vivre</strong> (42 mn) réunit des souvenirs du tournage de <strong>Vivre</strong> par les membres de l’équipe du film, illustrés de nombreuses archives. Enfin, en 2016, le critique et historien du cinéma Charles Tesson livrait une analyse (36 mn) de <strong>Vivre</strong>, qu’il considère comme l’aboutissement du Kurosawa d’après-guerre, mêlant brillamment différents genres cinématographiques. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACuirasséPotemkine.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21767" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACuirasséPotemkine-196x300.jpg" alt="Cuirassé Potemkine" width="196" height="300" /></a><strong>LE CUIRASSÉ POTEMKINE</strong><br />
<em>« Pour les historiens et la plupart des cinéphiles,</em> note Jacques Lourcelles dans son <em>Dictionnaire du cinéma</em> chez Robert Laffont, 1992, <em>c&rsquo;est le film le plus célèbre du monde, toujours cité et souvent en première place dans les palmarès internationaux des meilleurs films de l&rsquo;histoire du cinéma. »</em> Cette <em>« tragédie en cinq actes »</em>, selon les propres termes d&rsquo;Eisenstein, fut à l&rsquo;origine une commande destinée à commémorer le 20<sup>e</sup> anniversaire de la révolution en relatant un grand nombre d&rsquo;événements de l&rsquo;année 1905. Mais l&rsquo;épisode de la mutinerie du Potemkine sera seul conservé comme base du scénario. Le film se compose de cinq parties. « Les hommes et les vers »: les marins du cuirassé russe protestent contre le fait de manger de la viande pourrie ; « Drame dans la baie »: les marins et leur chef Vakoulintchouk se révoltent, ce dernier meurt assassiné, abattu par un officier ; « La mort demande justice » : le corps de Vakoulintchouk est porté par le peuple d&rsquo;Odessa venue acclamer les marins comme des héros ; « L&rsquo;escalier d&rsquo;Odessa »: les soldats de la garde impériale massacrent la population d&rsquo;Odessa dans un escalier qui semble interminable ; « La rencontre avec l&rsquo;escadre »: l&rsquo;escadron qui a pour tâche d&rsquo;arrêter la révolte du Potemkine refuse les ordres et se rallie aux mutins. Cette évocation de la révolte de l&rsquo;équipage du cuirassé au mouillage devant le port d’Odessa en 1905, de l’insurrection et de la répression qui s’ensuivirent dans la ville, fut très longtemps interdit dans de nombreux pays occidentaux pour cause de <em>« propagande bolchevique »</em> et <em>« incitation à la violence de classe »</em>. Cette insurrection est présentée comme précurseur de la révolution d&rsquo;Octobre (1917) et le cuirassé reproduit, dans le microcosme de son équipage, les clivages de la société russe et ses inégalités. La scène la plus célèbre du film est le massacre de civils sur les marches de l’escalier monumental d’Odessa. Le plan d&rsquo;une mère, qui meurt sur le sol, lâchant un landau qui dévale les marches, utilise un travelling avant en plongée, façon de filmer révolutionnaire pour l’époque. Cette édition anniversaire pour les 100 ans du film contient le Blu-ray et le DVD du film dans une version restaurée ainsi que la bande-son originale réorchestré de Edmund Meisel, deux bandes sons modernes : Del Rey &amp; The Sun king et Zombie Zombie.<strong> Le cuirassé Potemkine</strong> version sonore allemande de 1930 (49 mn), <strong>L&rsquo;utopie des images de la révolution russe</strong> (88 mn), <strong>Sur les traces du Cuirassé Potemkine</strong> (42 mn), un documentaire à propos de l&rsquo;histoire du film et sa restauration, <strong>Naissance d&rsquo;un cinéma révolutionnair</strong>e (19 mn), un documentaire de Luc Lagier, <strong>Survivances et antécédents du Cuirassé Potemkine</strong> (10 mn) enfin un entretien avec François Albera, professeur d&rsquo;histoire et esthétique du cinéma (56 mn). (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAAnglaiseDuc.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21763" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAAnglaiseDuc-185x300.jpg" alt="Anglaise Duc" width="185" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ANGLAISE ET LE DUC</strong><br />
Pendant la Révolution française à Paris, Grace Elliott (1760-1823), une jeune comtesse écossaise vit les évènements sous la protection de son ancien amant, le duc d&rsquo;Orléans, cousin du roi et révolutionnaire influent. Adapté des <em>Mémoires de Grace Elliot</em>, <strong>L’Anglaise et le Duc</strong> retrace son parcours au cœur des heures les plus sombres de la Terreur consignées dans son journal. Né du désir d’Eric Rohmer de renouer avec le film historique en costumes, <strong>L’Anglaise et le Duc</strong> est une œuvre audacieuse et pionnière à la croisée de l&rsquo;innovation numérique et d&rsquo;une exigence de reconstitution historique inédite. En suivant le destin de deux figures singulières, Rohmer explore la grande Histoire à travers l’intime et signe une oeuvre d’une beauté plastique remarquable. Contrairement à la plupart des mémorialistes, Grace Elliott (Lucy Russell) se met en scène avec une pudeur singulière, restant en retrait tout en laissant vivre pleinement les autres protagonistes, comme le duc d&rsquo;Orléans (Jean-Claude Dreyfus), dont on possède assez peu de témoignages directs. Pour retranscrire ce Paris disparu, Rohmer s&rsquo;est heurté à un obstacle de taille : la capitale révolutionnaire n&rsquo;existait plus à l’état pré-haussmannien. Il a donc fait appel au peintre Jean-Baptiste Marot pour reconstituer, à partir de tableaux, de gravures et de plans d&rsquo;époque, trente-sept décors fidèles à la topographie du 18e siècle, dans lesquels les comédiens seraient ensuite incrustés en post-production. Sur le plateau, les comédiens évoluaient sur fond vert, leurs déplacements guidés par des repères matérialisant au sol, grâce à un rayon laser, l&rsquo;espace même des tableaux avant que ne soient tournées séparément les scènes en intérieur. Menée en étroite collaboration avec Diane Baratier, directrice de la photographie du film, la restauration 4K de <strong>L’Anglaise et le Duc</strong> répondait avant tout à une urgence d’ordre patrimonial : les éléments originaux du film, datant de 2000, correspondaient à des technologies numériques devenues obsolètes, et nombre de laboratoires ne disposent plus aujourd’hui des machines nécessaires à leur utilisation. A sa sortie en salles, le film a suscité une polémique inattendue, certains lui reprochant une orientation réactionnaire. Or, avec ce film, le cinéaste ne s’interroge-t-il pas plutôt sur notre mémoire de la Révolution, en proposant une perspective renouvelée sur ces événements ? Fidèle en cela à l&rsquo;héritage de la Nouvelle Vague, dont il fut l&rsquo;une des figures majeures, Eric Rohmer (1920-2010) n&rsquo;a cessé de défendre une conception du cinéma comme transposition fidèle du réel. Une exigence dont <strong>L&rsquo;Anglaise et le Duc</strong> (qui sort dans une belle édition accompagnée d&rsquo;un livret exclusif de 64 p.) demeure l&rsquo;une des expressions les plus abouties et les plus singulières. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACapricesRoi.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21766" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACapricesRoi-203x300.jpg" alt="Caprices enfant Roi" width="203" height="300" /></a><strong>LES CAPRICES DE L&rsquo;ENFANT ROI</strong><br />
Louis, futur roi de France, n’a que 13 ans mais la vie de ce gamin est pourtant en grand danger. Des frondeurs entendent bien le faire passer de vie à trépas. Consciente qu’il faut le mettre à l’abri, sa mère, Anne d&rsquo;Autriche en appelle à D’Artagnan qui va confier le jeune Louis à l’un de ses amis, le robuste Savinien de Cyrano de Bergerac. <em>« Tu peux tout me demander,</em> précise Savinien, <em>sauf m’occuper d’un enfant ou d’un roi… »</em> Mais Cyrano est un homme de devoir. Faisant passer le futur roi pour son fils, il va le cacher dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et de Jean-Baptiste Poquelin. Si Louis se montre bien capricieux ou bien insolent, il finira par goûter la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil. En tournant <strong>Les caprices de l’enfant roi</strong>, Michel Leclerc a probablement réalisé un rêve d’enfant, mettre en scène un film de cape et d’épée. Disons-le d’emblée, cette fantaisie (qui repose sur un scénario original de Michel Leclerc en collaboration avec sa complice Baya Kasmi) tourne le dos aux films historiques récents frappés d’un certain esprit de sérieux pour choisir la veine de la comédie rebondissante d’aventures. Il est très simple de se laisser séduire par Louis et Savinien emportés dans le tourbillon d’une troupe de théâtre en tournée à travers la province française. On y voit le jeune Molière tourner le dos aux masques de la <em>commedia dell’arte</em> et se trouver une passion amoureuse pour Madeleine. Sous le regard d’un Savinien qui vante le panache : <em>« C’est la médaille du perdant. Ca ne sert à rien. C’est cela qui est beau »</em>. Mais Savinien est aussi un être blessé. Quand Molière lui lance <em>« Ton sujet, c’est l’amour »</em>, il répond, à mi-voix, <em>« le manque surtout… »</em> <strong>Les caprices…</strong> va à un bon train tandis que se montent des machinations et un complot mené par La grande demoiselle. Les protagonistes trouvent toujours le moyen de croiser le fer. Michel Leclerc (<strong>Le nom des gens</strong> en 2010) ne se prive pas de quelques mots d’esprit : <em>« Un bon petit avec une couronne sur la tête, ça peut devenir un monstre »</em> ou cet autre, à propos de l’amour que Louis éprouve pour Madeleine : <em>« Un petit roi épouser sa prof de théâtre de 20 ans de plus que lui… »</em> Non vraiment. Comme Artus est très crédible en Cyrano, comme Frank Dubosc est un D’Artagnan aux prises avec sa légende et comme le jeune et joufflu Niels Hamel Brochen est un petit roi de caractère qui avouera in fine : <em>« Je ne suis pas ton fils, Savinien, mais j’aurai tant aimé ! »</em>, on achève ce voyage dans l&rsquo;Histoire avec un bon sourire aux lèvres. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAHommeFemme.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21769" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAHommeFemme-223x300.jpg" alt="Homme Femme" width="223" height="300" /></a><strong>UN HOMME ET UNE FEMME</strong><br />
C’est à Deauville, où leurs enfants sont pensionnaires, qu&rsquo;Anne Gauthier et Jean-Louis Duroc se rencontrent. Veufs inconsolables l’un comme l’autre, ils se rapprochent peu à peu et découvrent, entre tendresse et hésitations, la possibilité d’un nouvel amour fulgurant et passionné. Alors qu&rsquo;il commence sa carrière au début de la Nouvelle Vague et s&rsquo;il en épouse certains principes (tournages légers, improvisation, recherche d&rsquo;une certaine véracité), le nom de Claude Lelouch reste rarement associé à ce mouvement. Après plusieurs films passés plutôt inaperçus, il rencontre le succès en 1965 avec <strong>Une fille et des fusils</strong>, puis enchaîne l&rsquo;année suivante avec <strong>Un homme et une femme</strong>, qui lui apporte la reconnaissance tant en France qu&rsquo;à l&rsquo;étranger. Au Festival de Cannes 1966, il obtient la Palme d&rsquo;or ex-æquo avec <strong>Ces messieurs dames</strong> de Pietro Germi. A Hollywood, il décroche l&rsquo;Oscar du meilleur film étranger en 1967 et l&rsquo;Oscar du meilleur scénario original en compagnie du scénariste Pierre Uytterhoeven. <em>« Chabadabada&#8230; »</em> ! Le thème musical de Francis Lai revient comme un motif amoureux. Il suffit souvent de ces notes pour évoquer ce film devenu culte parce qu’il a donné à une histoire d’amour très simple une forme immédiatement reconnaissable et une grande force émotionnelle. Pour cette romance adulte, faite de retenue, Lelouch a imaginé, avec un budget modeste, une petite équipe et un tournage en trois semaines, une mise en scène qui épouse les émotions, mêlant couleurs et noir et blanc, images prises sur le vif, montage souple et scènes parfois improvisées. Le rapprochement d&rsquo;Anne et de Jean-Louis se construit par petites touches — silences, hésitations, souvenirs — plutôt que par de grandes déclarations. Cette pudeur rend leur histoire à la fois mélancolique et crédible tandis qu&rsquo;Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant jouent beaucoup dans les regards et les silences. Au-delà du fait que Lelouch laisse une grande marge de manœuvre à ses acteurs, l&rsquo;alchimie entre eux fonctionne magnifiquement. Dans ce film d&rsquo;atmosphère, le cinéaste, amateur de voitures, a aussi inclus des scènes de rallye, filmées à Monte-Carlo en janvier 1966 pendant le déroulement de l&rsquo;épreuve. Jean-Louis Trintignant et Henri Chemin étaient vraiment engagés dans la compétition avec la Ford Mustang n° 145. A l&rsquo;occasion du 60<sup>e</sup> anniversaire du film, sort une édition supervisée par Claude Lelouch, pour la première fois en version restaurée 4K. Dans les suppléments, on trouve notamment le making of d&rsquo;époque, <strong>Portrait d&rsquo;un lauréat</strong>, un reportage sur le cinéaste à Cannes en 1966, une rencontre entre Claude Lelouch, Olivier Nakache et Eric Toledano ainsi qu&rsquo;un court-métrage inédit : <strong>24 heures d&rsquo;amants</strong> (1964). (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANadja.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21774" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANadja-187x300.jpg" alt="Nadja" width="187" height="300" /></a><strong>NADJA</strong><br />
Après que le comte Dracula ait été tué d&rsquo;un pieu dans le cœur, sa fille Nadja récupère et incinère son corps, espérant ainsi se libérer de son emprise. Avant de partir pour Brooklyn rendre visite à Edgar, son frère jumeau malade, elle séduit Lucy, une jeune femme perdue et mélancolique… Pendant ce temps, le meurtrier de Dracula, Van Helsing, est libéré sous caution par son neveu Jim, qui s&rsquo;avère être le mari de Lucy. Découvrant que le corps du vampire a disparu de la morgue, Van Helsing persuade Jim de l&rsquo;aider à le retrouver pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;il ne revienne jamais. De son côté, Nadja persuade Cassandra, l&rsquo;infirmière et compagne d&rsquo;Edgar, de le transférer dans son appartement. Sur place, Nadja revitalise son frère grâce à son propre sang et à des transfusions expérimentales. Totalement sous l&rsquo;emprise de Nadja, Lucy conduit Jim et Van Helsing jusqu&rsquo;à la cachette de la vampire. Edgar parvient à avertir Cassandra du danger qu&rsquo;elle court. Une course-poursuite chaotique s&rsquo;engage et s&rsquo;achève dans une station-service, où Nadja tue un mécanicien avant d&rsquo;être grièvement blessée par balle par un policier. Désormais rétabli, Edgar s&rsquo;allie aux Van Helsing pour arrêter sa sœur. Nadja fuit vers la Transylvanie en kidnappant Cassandra. Alors que la vampire tente de transférer son esprit dans le corps de sa captive endormie, Edgar et Van Helsing la rattrapent et lui plantent un pieu dans le cœur… Produit et financé par David Lynch, <strong>Nadja</strong>, mis en scène par Michael Almereyda, transcende le récit vampirique en mêlant surréalisme dandy et clins d’œil horrifiques. Réunissant Elina Löwensohn et Peter Fonda, le film s’impose comme un jalon du cinéma indépendant des années 1990, préfigurant <strong>The Addiction</strong> d’Abel Ferrara ou <strong>Only Lovers Left Alive</strong> de Jim Jarmusch. Présenté en versions Director’s Cut (1994) et Cinéma (1995), <strong>Nadja</strong>, disponible pour la première fois en Blu-ray restauré 4K, offre une expérience sensitive et émotionnelle unique. Le film est accompagné de multiples suppléments dont une série d&rsquo;entretiens avec l’actrice Elina Löwensohn dans <strong>L&rsquo;ultime possession</strong> (43 mn), avec la productrice Mary Sweeney dans <strong>Entrer dans une zone d&rsquo;ombre</strong> (10 mn), avec la productrice Amy Hobby dans <strong>Un groupe d&rsquo;outsiders</strong> (28 mn), avec le directeur de la photographie Jim Denault dans <strong>La plus belle image</strong> (23 mn), avec le compositeur Simon Fisher Turner dans <strong>Sous la peau</strong> (24 mn) et avec le réalisateur et scénariste Bertrand Mandico (<strong>Les Garçons sauvages</strong>, <strong>Roma Elastica</strong>) dans <strong>Expérimentation</strong> (25 mn). Enfin on découvre <strong>Another Girl Another Planet</strong> (1992 – 55 mn), <strong>Aliens</strong> (1993 – 13 mn), <strong>The Rocking Horse Winner</strong> (1997 – 22 mn) et <strong>What is Cinema?</strong> (2012 – 5 mn), quatre films de Michael Almereyda en Pixelvision. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANaked.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21775" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANaked-185x300.jpg" alt="Naked" width="185" height="300" /></a><strong>NAKED</strong><br />
Dans une ruelle de Manchester, Johnny Fletcher agresse sexuellement une femme. La famille de celle-ci arrive et le chasse. Il vole alors une voiture et part pour Londres. Il se réfugie chez son ex petite-amie Louise. Elle l’accueille sans joie dans son appartement, qu’elle partage avec Sophie, une jeune femme désœuvrée. Rapidement Johnny séduit Sophie, tout en restant froid et agressif envers Louise. Mais il ne s’attache pas pour autant à Sophie. Quittant bientôt l’appartement, il erre, de nuit, dans Londres. Il parle sans cesse à des inconnus, développe des théories sur la fin du monde et provoque ceux qu’il rencontre. Dans un immeuble de bureaux, il discute avec Brian, un veilleur de nuit qui rêve d’une vie plus paisible. Johnny raille ses espoirs, mais leurs échanges révèlent aussi sa solitude et son désarroi. Au fil de sa déambulation, Johnny s’approche de plusieurs personnes, souvent pour les dominer ou les blesser par ses paroles. Une jeune employée de café le laisse la suivre chez elle, puis le met à la porte lorsqu’il devient inquiétant. Plus tard, un homme qui colle des affiches, excédé par ses provocations, le frappe et lui vole son sac. Johnny est ensuite tabassé pour le plaisir par un groupe de jeunes. Blessé et épuisé, il revient finalement chez Louise. Pendant son absence, l’appartement a été le théâtre d’un autre abus de pouvoir. Jeremy, le riche et arrogant compagnon de Sandra, l’autre colocataire, partie à l’étranger, s’est introduit chez les femmes. Il a violé Sophie, puis lui a jeté de l’argent. Louise tente de la soutenir et de faire partir Jeremy, mais celui-ci se comporte en maître des lieux… En 1993, Mike Leigh signe, avec <strong>Naked</strong>, l&rsquo;une de ses œuvres les plus âpres. Loin du cinéma social anglais dont il est l&rsquo;un des grands représentants, Leigh suit une errance d&rsquo;une sorte de clochard zombie doublé d&rsquo;un prophète imprécateur dans une capitale anglaise très <em>no future</em> où il sent comme un permanent laissé-pour-compte. Avec cette peinture sombre et désabusé d&rsquo;un absolu antihéros, Mike Leigh obtient sa première reconnaissance publique. Le Festival de Cannes lui attribue le prix de la mise en scène et David Thewlis est récompensé du prix d&rsquo;interprétation masculine. Pour le comédien britannique, s&rsquo;ouvre alors une carrière internationale. Il est vrai que sa composition dans <strong>Naked</strong> est absolument impressionnante. Solitaire, désemparé et violent, son Johnny est un zonard céleste perdu dans une société tchatchérienne qui fout le camp. Bien plus tard, David Thewlis se fera plaisir en incarnant, dans la saga <strong>Harry Potter</strong>, Remus Lupin, le professeur de défense contre les forces du mal… (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASecretsMensonges.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21777" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASecretsMensonges-199x300.jpg" alt="Secrets Mensonges" width="199" height="300" /></a><strong>SECRETS EN MENSONGES</strong><br />
A la mort de sa mère adoptive, Hortense, une jeune femme noire, part à la recherche de sa mère biologique. Elle est bouleversée lorsqu’elle découvre qu’il s’agit de Cynthia, une femme blanche qui vit seule avec sa fille Roxanne dans un quartier modeste de Londres. Tandis que Cynthia et Hortense doivent apprendre à se connaître, dans cette famille déjà fragilisée par le passé, cette découverte fait remonter à la surface des secrets longtemps enfouis… Réalisé trois ans après le très sombre <strong>Naked</strong> (voir c-dessus), <strong>Secrets et mensonges</strong> remporte la Palme d’or cannoise en 1996 et reste aujourd’hui le film le plus connu du Britannique Mike Leigh. Porté par les performances remarquables de Brenda Blethyn (Prix d’interprétation féminine à Cannes) dans le rôle de Cynthia et de Marianne Jean-Baptiste (Hortense), ce condensé d’émotions et d’authenticité montre une fois encore la diversité du monde cinématographique créé par le cinéaste, où se dessinent des personnages déchirés en quête de liens, même les plus ténus. Entre humour et gravité, le cinéma de Mike Leigh s&rsquo;attache à mettre en scène les drames intimes de personnes ordinaires, issues, ici, de la classe moyenne. De fait, le cinéaste s&rsquo;ancre dans la tradition britannique du <em>Free cinema</em> dans la manière d&rsquo;explorer le quotidien sans fard de la classe ouvrière ou de gens simples, gardant avec eux une distance certaine en dépit des situations souvent difficiles qu&rsquo;ils traversent. Avec son compatriote Ken Loach, Leigh est considéré comme celui qui a renouvelé, sur le plan thématique, narratif et esthétique, le cinéma social européen dans les années 1990. <em>« Secrets et mensonges,</em> dit Mike Leigh,<em> parle de racines et d’identité, des images, changeantes à l’infini que l’on a de nous-mêmes et des autres et de notre besoin irrépressible de constamment réaffirmer qui nous sommes, ce que nous sommes et d’où nous venons. Il y est question d’amour et d’affection, d’aspirations profondes et de l’inexorabilité angoissante du passage du temps. »</em> Une œuvre lucide et pleine de tendresse mais aussi d&rsquo;humour sur la famille, les tensions entre les proches, la question de l&rsquo;identité, les blessures et les non-dits. (Potemkine)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAAnnaEnfants.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21764" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAAnnaEnfants-216x300.jpg" alt="Anna Enfants" width="216" height="300" /></a><strong>ANNA ET LES ENFANTS</strong><br />
En prenant un vélo en libre-service, Anna Blanchet croise Alexandre Menin, zoologue de son état, qu’elle avait quitté il y a des années. Elle ne voulait pas de progéniture, ayant une peur bleue de tous les enfants depuis la naissance de sa nièce. Betty, sa mère, l’incite à renouer avec Alexandre quand il l’invite à dîner. Les retrouvailles sont romantiques, d’autant qu’il est de nouveau célibataire. Tout va pour le mieux, elle s’installe chez lui et alors qu’il est parti étudier les singes en oubliant son planning de garde alternée, ses deux enfants, Margaux et le petit Léo, débarquent avec leur mère qui doit prendre l’avion. Anna n’a pas le choix ! Elle est contrainte de les garder. Une pure horreur pour elle. Avec Margaux et Léo, elle exige une distance de sécurité de trois mètres. Elle les conduit à l’école en deux taxis et leur raconte une histoire de pirates le soir par smartphone. Mais Betty ne cesse de l’encourager. C&rsquo;est l’occasion parfaite de surmonter sa phobie des enfants en se confrontant à ses peurs. Scénariste de séries télévisées comme <strong>Fais pas ci, fais pas ça</strong>, <strong>Drôle de famille</strong>, <strong>Merci les enfants vont bien</strong> ou <strong>Joséphine, ange gardien</strong>, Diane Clavier signe, ici, son premier long-métrage en brossant l&rsquo;amusant portrait d&rsquo;une femme souffrant de pédophobie, la peur maladive des enfants. Ainsi Anna préfère le vélo au métro, afin d&rsquo;éviter de croiser les têtes blondes qui la paniquent, et peine à trouver un emploi stable. Elle retombe dans les bras de son amour d&rsquo;antan avant de réaliser qu&rsquo;il est désormais père de deux enfants. Au côté d&rsquo;Alban Lenoir (Alexandre), Olivia Côte, Mariama Gueye, Fred Testot et Estéban, Camille Chamoux, découverte au cinéma dans <strong>Larguées</strong> (2018) d&rsquo;Eloïse Lang, incarne cette Anna qui a si peur des enfants qu&rsquo;ils apparaissent parfois comme des créatures de film d’horreur. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAOSS117.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21776" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAOSS117-204x300.jpg" alt="OSS 117" width="204" height="300" /></a><strong>COFFRET OSS 117</strong><br />
Avantageux agent secret par son physique comme par son pouvoir de séduction, Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117, est né en 1949 sous la plume de Jean Bruce. Il est apparu dans l&rsquo;ensemble de la saga littéraire du même nom avant de connaître différentes adaptations en films, bandes dessinées, pièce de théâtre ou feuilleton radiophonique… Sur le grand écran, OSS 117 a été incarné, notamment, par Ivan Desny, Michel Piccoli, Frederick Stafford, Kerwin Mathews ou John Gavin. C&rsquo;est en 2006 que l&rsquo;agent secret de l&rsquo;OSS puis de la CIA connut une nouvelle jeunesse. Hubert rejoignit en effet les services secrets français des présidents René Coty, Charles de Gaulle et Valéry Giscard d&rsquo;Estaing. Ceci devant la caméra de Michel Hazanavicius et avec Jean Dujardin dans le rôle-titre… Le réalisateur célébré de <strong>The Artist</strong> (2010) qui lui vaudra l&rsquo;Oscar de la meilleure réalisation et plus tard du magnifique film d&rsquo;animation <strong>La plus précieuse des marchandises</strong> (2024) est contacté en 2005 par les frères producteurs Altmayer pour la réalisation du diptyque OSS 117. Avec <strong>OSS 117 : Le Caire, nid d&rsquo;espions</strong> (2006), le réalisateur obtient un immense succès critique et public (plus de deux millions d&rsquo;entrées). Le deuxième long métrage, <strong>OSS 117 : Rio ne répond plus</strong> (2009) totalise deux millions et demi d&rsquo;entrées. En s&rsquo;inspirant librement du célèbre personnage des romans de Jean Bruce et en pastichant notamment les premiers James Bond, avec Sean Connery (OSS 117 a été créé quatre ans avant 007), Michel Hazanavicius réussit un délicieux film humoristique, tournant en dérision le personnage principal qui se révèle orgueilleux, prétentieux et surtout bourré de préjugés machistes, homophobes, coloniaux, racistes et xénophobes. Jean Dujardin s&rsquo;empare goulument de ce rôle de parodie et promène, dans des situations loufoques, un personnage attendrissant mais plein de failles. En un mot comme en mille, cet OSS 117 est un fameux crétin ! <strong>OSS 117 : Le Caire, nid d&rsquo;espions</strong> et <strong>OSS 117 : Rio ne répond plus</strong> sont présentés dans un joli coffret avec deux Blu-ray en version 4K Ultra HD et en édition limitée. Et aussi plus de quatre heures de suppléments dont un documentaire inédit (58 mn) avec Michel Hazanavicius, le scénariste Jean-François Halin et le producteur Nicolas Altmayer. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAATheChristophers.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21779" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAATheChristophers-196x300.jpg" alt="The Christophers" width="196" height="300" /></a><strong>THE CHRISTOPHERS</strong><br />
Vieil artiste peintre bi-sexuel, Julian Sklar a connu le succès dans les années 1960-1970 et il était alors une figure emblématique du pop art à Londres. Mais aujourd’hui, Julian ne peint plus du tout. L&rsquo;homme est ruiné et vit dans ses souvenirs. Pour vivre, il participe à des émissions de téléréalité où il se comporte en juré sarcastique et méprisant. Sklar est par ailleurs en froid avec ses deux enfants, Barnaby et Sallie, qui espèrent tout de même toucher un confortable héritage. Barnaby et Sallie font alors appel à Lori Butler, une restauratrice d&rsquo;art, ancienne faussaire et ex-candidate malheureuse du show-télé, éliminée et humiliée par Julian. Ils veulent qu&rsquo;elle se fasse passer pour une assistante auprès de leur père vieillissant et misanthrope. Leur but est de retrouver et achever les huit toiles que Julian n&rsquo;a jamais terminé et qui représentent Christopher, son amant et assistant décédé. L&rsquo;idée des deux enfants est ensuite de faire croire, après la mort de leur père, que les œuvres ont été « retrouvées » pour les vendre à prix d&rsquo;or. Réalisateur prolifique et éclectique, l&rsquo;Américain Steven Soderbergh a tourné une variété de films qui alternent les thèmes et des genres ainsi que les projets commerciaux ou plus intimistes. En 1989, il devient, à 25 ans, le deuxième plus jeune réalisateur, après Louis Malle, à recevoir la Palme d&rsquo;or, pour <strong>Sexe, mensonges et vidéo</strong>. Il obtiendra aussi l’Oscar du meilleur réalisateur pour <strong>Traffic</strong> (2001). Ici, il met en scène une plaisante (bien que bavarde) comédie noire en orchestrant le duel entre Sklar, peintre grincheux et vulnérable, et une restauratrice d&rsquo;art (Michaela Coel) plus réservée mais tout aussi mordante. Leurs échanges sont drôles, tendus et pleins de sous-entendus. Sous l’intrigue de faux tableaux, Soderbergh explore aussi des questions intéressantes sur l’art, l’authenticité et l’héritage. Entouré de James Corden et Jessica Gunning qui incarnent ses enfants, Ian McKellen, 86 ans, est excellent. Connu du grand public pour les rôles de Gandalf dans les trilogies <strong>Le Seigneur des anneaux</strong> et <strong>Le Hobbit</strong> et de Magnéto dans la franchise<strong> X-Men,</strong> il est, avec son Julian Sklar, plus proche de l&rsquo;acteur shakespearien qu&rsquo;il a toujours été. Dans les suppléments, on trouve deux entretiens, l&rsquo;un avec l&rsquo;historien d&rsquo;art Fabrice Conan, l&rsquo;autre avec Frédéric Mercier, spécialiste du cinéma de Steven Soderbergh. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAGigolo.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21768" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAGigolo-204x300.jpg" alt="Gigolo" width="204" height="300" /></a><strong>LE GIGOLO</strong><br />
Riche veuve quadragénaire, Agathe entretient depuis plusieurs années une passion ardente avec Jacky, jeune peintre de vingt ans au talent prometteur. Peu à peu gagnée par la lassitude, elle s’éloigne, brisant la fougue du jeune homme après de multiples disputes. Désespéré et aveuglé par la jalousie, Jacky disparaît un temps avant de refaire surface, impliqué dans une affaire criminelle… Jacques Deray s&rsquo;en était fait la promesse : <em>« À trente ans, je ferai mon premier film ! »</em> Assistant-réalisateur de Gilles Grangier, il travaille aussi avec Henri Verneuil, Luis Buñuel et Jules Dassin. Le jour de ses 30 ans, il envoie ce télégramme resté célèbre : <em>« Ai trente ans. Stop. Je termine mon premier film. Stop. Titre : Le Gigolo. Baisers ironiques. Deray. »</em> <strong>Le gigolo</strong> est l&rsquo;adaptation d&rsquo;un roman de Jacques Robert mais Deray, convaincu qu&rsquo;un regard féminin sur le film et ses personnages est indispensable, fait aussi appel à la romancière Françoise Mallet-Jorris pour l&rsquo;écriture des dialogues. D&rsquo;emblée, Jacques Deray affirme une manière singulière de filmer. Certains le considèrent comme un artiste de la « monstration » qui refuse toute psychologie appuyée, laissant les motivations des personnages se révéler dans leurs actes plutôt que dans leurs paroles. Discrète, sa caméra se contente d’observer la vie des personnages, leurs combats, leurs triomphes ou leur chute. Dans sa petite ville, on surnomme Jacky « le gigolo » parce qu&rsquo;il vit avec une femme plus riche et plus âgée que lui alors qu’il l&rsquo;aime sincèrement. Au-delà du triangle amoureux, ce sont les sentiments des personnages, et leurs relations à leur milieu social, qui intéressent Deray. C&rsquo;est après l&rsquo;avoir découvert dans <strong>Les cousins</strong> (1959) de Chabrol que Deray choisit Jean-Claude Brialy pour incarner Jacky, jeune type en apparence passionné et capricieux, mais aussi introspectif et songeur, gagnant peu à peu en gravité. Face à lui, Alida Valli incarne Agathe, la veuve quadragénaire à l&rsquo;apparence austère mais à la froide incandescence, tout en passion contenue. Une passion à laquelle elle décide de renoncer, la raison la poussant à trouver la tranquillité auprès d&rsquo;un respectable médecin. Sorti au moment où La Nouvelle Vague entre dans sa période la plus florissante, <strong>Le gigolo</strong> reste empreint d&rsquo;une certaine modernité qui rappelle la nostalgie du cinéma de Visconti. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAALEtreAime.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21772" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAALEtreAime-174x300.jpg" alt="L'Etre Aime" width="174" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ÊTRE AIMÉ</strong><br />
Esteban Martínez est un réalisateur de cinéma renommé, connu tant pour ses œuvres que pour son passé marqué par la violence et les excès. Il revient en Espagne pour tourner son nouveau film, en l&rsquo;occurrence un drame romantique situé au Sahara occidental dans les années 1930, intitulé <strong>Desierto</strong> et qui sera tourné aux îles Canaries. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue : sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette incroyable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures. Déjà dans des films comme <strong>Stockholm</strong>, <strong>El Reino</strong>, <strong>Que dios nos perdone</strong> ou <strong>As Bestas</strong>, le cinéaste espagnol Rodrigo Sorigoyen abordait la question de la masculinité. Et <strong>L’être aimé</strong> s&rsquo;y inscrit aussi même si le cinéaste a voulu, à travers l’histoire d’un père et de sa fille, parler de rapports de pouvoir, de hiérarchie, du monde du cinéma, mais aussi de comment les temps changent. Ce qui était accepté dans certains comportements, ne l’est plus, heureusement, aujourd’hui. Par ailleurs, le réalisateur voulait que son histoire se passe dans le monde du cinéma. <em>« Pour autant,</em> dit-il, <em>on s’est longtemps interrogé. Après tout, ces personnages pourraient être des architectes, ça n’aurait rien changé à leur relation.(&#8230;) Le déclic a été de se rendre compte qu’être réalisateur ou scénariste, ça consiste à créer des histoires en en faisant son métier. Mais en fait, dans la vie tout le monde s’en invente et se fait une idée de sa propre vie. Superposer des personnes comme Esteban et Emilia qui se sont construits sur les histoires qu’ils se sont racontés à chacun. En effet, nous avons tous notre propre vérité sur ce que l’on vit ; ce que se raconte inconsciemment Esteban, ne rejoint pas la réalité d’Emilia et vice versa. Un univers professionnel où l’on doit faire croire à de la fiction était le prétexte parfait pour amener le cinéma dans cette histoire. »</em> Septième long métrage de Sorogoyen et sa plus grande production à ce jour, <strong>L&rsquo;être aimé</strong> réunit dans un duo père-fille en rupture, Javier Bardem et Victoria Luengo. Pour Bardem, c&rsquo;est sa première apparition chez Sorogoyen. Il est entouré de comédiens déjà vus chez le cinéaste espagnol comme Marina Foïs, Raul Prieto, Melina Matthews ou Núria Prims. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAShana.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21778" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAShana-176x300.jpg" alt="Shana" width="176" height="300" /></a><strong>SHANA</strong><br />
Jeune trentenaire précaire, Shana traverse les galères du quotidien avec une énergie débordante et le soutien de sa bande de copines. Lorsque sa grand-mère juive marocaine décède, elle hérite d’une bague censée protéger du mauvais œil. Shana a bien besoin de ce coup de pouce. D’autant qu’avec la sortie de prison de son compagnon toxique, les mésaventures s’accumulent ! Réalisatrice et scénariste française, Lila Pinell a fait des études de philosophie avant d’intégrer le Master de réalisation documentaire de Lussas. Son premier documentaire, <strong>Nous arrivons</strong> (2009) abordait le quotidien d’une communauté d’enfants dans une colonie de vacances autogérée. C’est sur ce tournage que Lina Pinell rencontre Eva Huault. La cinéaste se souvient : <em>« Eva avait dix ans et demi. Je filmais tous les enfants, mais elle et ses deux copines, Emma et Salomé, formaient une bande que je ne pouvais pas lâcher. (&#8230;) Ensuite, on a continué à se voir toutes les quatre dans le cadre d’un projet un peu informel : elles venaient chez moi, je les filmais en train de cuisiner, de faire comme si elles vivaient seules dans mon appartement. Je n’en ai rien fait hélas, mais elles dégageaient une vitalité dingue que j’adorais&#8230; »</em> La réalisatrice et la comédienne se sont ensuite un peu perdues de vue… Les deux se retrouveront pour <strong>Shana</strong> dans lequel Eva Huault incarne une jeune femme qui met tout en mouvement autour d’elle et empêche d’une certaine façon que ces mondes restent fermés sur eux-mêmes. Elle met des pieds dans les portes, elle déteste les clôtures. Le personnage de Shana était née dans <strong>Le roi David</strong>, un moyen-métrage réalisé en 2021 par Lila Pinell. Ici, la cinéaste approfondit ce personnage, sa place compliquée au sein de sa famille, juive non pratiquante, mais qui respecte certaines traditions. Lila Pinell interroge sur la place que Shana veut vraiment occuper. Elle est fille de, sœur de, compagne de, etc., mais aucun rôle ne lui convient vraiment. En se penchant sur la manière dont la transmission dans une famille se fait toujours de façon tordue, <strong>Shana</strong> dessine une transmission qui fonctionne à l’envers : on hérite non pas d’une identité mais d’une façon de la fuir. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAVirtuose.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21780" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAVirtuose-216x300.jpg" alt="Virtuose" width="216" height="300" /></a><strong>LE VIRTUOSE</strong><br />
Si le jeune Stetson Tate, dit Stet, est un enfant spécialement colérique, il est aussi extrêmement doué pour le chant. Ce gamin de 12 ans vit avec sa mère alcoolique dans une petite ville du Texas. Lorsque celle-ci meurt dans un accident de la circulation, son père qui ne l&rsquo;a pas reconnu l&rsquo;envoie dans une école d&rsquo;élite de musique chorale, la <em>National Boychoir Academy</em> (de son vrai nom l&rsquo;<em>American Boychoir School</em>), installée à New York et réputée dans tous les Etats-Unis et dans le monde. Hors de son milieu, le petit Stet a du mal à trouver ses repères avec un maître de chœur exigeant, des condisciples intrigants et son naturel tempétueux. Il y a un petit côté <strong>Les choristes</strong> dans ce <strong>Boychoir</strong> (en v.o.) mais ce n&rsquo;est pas le Français Barratier qui est à la manœuvre mais bien le Québécois François Girard qui est de retour derrière la caméra seize après <strong>Le violon rouge</strong>, son plus gros succès, récompensé par un Oscar de la meilleure musique de film décernée au compositeur américain John Corigliano. Artiste accompli qui voyage aisément entre l&rsquo;opéra, les arts visuels, le théâtre et le cinéma, Girard se penche, ici, sur le parcours d’un enfant en difficulté à peine rebelle mais jamais apprivoisé, malgré les efforts d’une professeur qui remarque ses talents vocaux. L&rsquo;arrivée de Stet dans la plus prestigieuse école de chant d&rsquo;Amérique n&rsquo;a rien d’idyllique car ce gamin qui ne fait rien pour s&rsquo;intégrer, traîne une sacrée solitude et il ne correspond pas à l&rsquo;image du prestigieux établissement, ce que les autres choristes, autour de lui, ne se privent pas de lui faire sentir. Mais Stet (Garett Wareing, découvert à 13 ans, dans ce personnage) parviendra à se grandir grâce à la muette bienveillance d&rsquo;Anton Carvelle, le chef des choeurs. Dans la b.o., on entend Britten, Wagner, Haendel, Howe, Tallis ou encore Fauré et son émouvant Pie Jesu. Autour de Dustin Hoffman, totalement en retenue dans le rôle de Carvelle, on remarque deux autres figures de l&rsquo;écran américain, Kathy Bates et Debra Winger… (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAALesParfaits.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21770" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAALesParfaits-168x300.jpg" alt="Les Parfaits" width="168" height="300" /></a><strong>LES PARFAIT(S) : ARNAQUES EN FAMILLE</strong><br />
Dans la famille Toussaint, du grand-père au petit dernier, tout le monde pratique l&rsquo;escroquerie. Si l’arnaque est un art qui rapporte, elle comporte néanmoins des risques. Poursuivis, les membres de cette famille loufoque doivent fuir. Ils se retrouvent en Ecosse. Ils endossent alors de nouvelles identités en empruntant celles d’une famille sans histoire, les Parfait. Pourtant, entre des collègues trop curieux et une mystérieuse voisine, leur double vie se complique et les faux Parfait se retrouvent face au coup d’une vie. Plans démentiels, déguisements fous, gadgets étonnants… Pour réussir, cette famille pas comme les autres devra prouver qu’elle est plus que parfaite. Longtemps assistant réalisateur de Luc Besson ou Barry Sonnenfeld, Ludovic Bernard est passé à la réalisation en 2017 avec <strong>L&rsquo;ascension</strong>, un road movie d&rsquo;escalade qui dépassa le million d&rsquo;entrées en France. Le cinéaste s&rsquo;imposa ensuite dans le registre de la comédie populaire feel-good avec <strong>10 jours sans maman</strong> (2020) puis <strong>10 jours encore sans maman</strong> (2023) avec Franck Dubosc et Aure Atika. Ici, il signe une comédie familiale qui joue à loisir sur les situations improbables, les déguisements extravagants et les escroqueries rocambolesques, le tout servi par un duo inattendu (et inédit) composé d&rsquo;Audrey Fleurot et Ramzy Bedia dans le rôle des parents Toussaint. Découverte en secrétaire pète-sec dans <strong>Intouchables</strong> (2011), Audrey Fleurot est devenue une star de TF1 en incarnant Morgane Alvaro, la femme de ménage à très haut potentiel intellectuel recrutée par la DIPJ de Lille, dans la série <strong>HPI</strong>. Remarqué naguère dans un registre dramatique au cinéma avec <strong>Les tourmentés</strong> de Lucas Belvaux, Ramzy Bedia a, lui aussi, acquis la célébrité avec la télévision, sur M6, en compagnie d&rsquo;Eric Judor, dans <strong>Les mots d&rsquo;Eric et Ramzy</strong> puis, sur Canal, avec la série « hospitalière » <strong>H</strong>. Une comédie énergique et sympathique. (UGC)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAABackrooms.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21765" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAABackrooms-216x300.jpg" alt="Backrooms" width="216" height="300" /></a><strong>BACKROOMS</strong><br />
En 1990, des chercheurs de l&rsquo;institut Async visionnent une cassette VHS filmée par Naren Warne, un membre d&rsquo;une expédition s&rsquo;étant perdu dans les Backrooms, une dimension labyrinthique composée entièrement d&rsquo;espaces liminaires agencés de manière aléatoire. Séparé de son groupe, Warne tente désespérément de retrouver une issue, mais il est traqué puis tué par une mystérieuse créature humanoïde. A San José en Californie, Clark est un architecte raté, récemment divorcé et alcoolique, qui lutte pour maintenir à flot son magasin de meubles au bord de la faillite. Il consulte régulièrement sa psychologue, Mary Kline, elle-même marquée par des traumatismes d&rsquo;enfance liés à l&rsquo;agoraphobie de sa mère et à la destruction de sa maison familiale. Alors que Clark enquête sur des coupures de courant répétées et une facture d&rsquo;électricité anormalement élevée, son électricien découvre trois disjoncteurs sur le tableau électrique dont la fonction demeure inconnue. Installé temporairement dans son magasin, Clark est témoin de phénomènes électriques inhabituels qui le conduisent au sous-sol. Il y découvre une étrange fissure dans un mur et, en le traversant, se retrouve dans les Backrooms. Au cours de son exploration, il retrouve les effets personnels de Warne avant de prendre la fuite en entendant les déplacements d&rsquo;une présence dans les environs. En janvier 2022, l&rsquo;Américain Kane Parsons publie la vidéo The Backrooms sur sa chaîne YouTube. Ce court-métrage horrifique de type found footage est devenu viral. La vidéo a, par la suite, donné naissance à la web-série éponyme The Backrooms. Enfin le cinéaste en a tiré son premier long-métrage en s&rsquo;appuyant sur une légende urbaine née sur internet : l’idée qu’on pourrait « sortir » du monde réel par accident et tomber dans des espaces ordinaires, mais vides, répétitifs et angoissants. Le film a été un imposant succès, amenant, à seulement 20 ans, Kane Parsons à devenir le plus jeune réalisateur à atteindre la première place du box-office américain. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMadS.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21771" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMadS-202x300.jpg" alt="MadS" width="202" height="300" /></a><strong>MADS</strong><br />
Le jour de son 18<sup>e</sup> anniversaire, Romain, jeune homme plein de vie, sniffe une substance rouge inconnue que son dealer lui a fourni. La soirée d&rsquo;anniversaire est censée être aussi une célébration du récent diplôme de Romain mais sur le chemin du retour, il jette une cigarette allumée dans la voiture de son père et se gare sur le bas-côté. Une femme au visage lourdement bandé apparaît soudainement et tente de voler la voiture, mais Romain la calme et propose de l&rsquo;emmener à l&rsquo;hôpital, préférant ne pas appeler la police à cause de son état. La femme diffuse un enregistrement audio où un médecin explique qu&rsquo;elle est porteuse d&rsquo;une maladie infectieuse et qu&rsquo;on lui a retiré les dents et la langue, puis elle se poignarde à plusieurs reprises au cou. Croyant faire un mauvais trip, Romain (Milton Riche, vu dans <strong>Others</strong>, 2025, également de David Moreau) rentre chez lui avec le corps de la femme sur le siège passager. Après avoir pris une douche, il est pris de convulsions incontrôlables et constate lorsqu&rsquo;il retourne au garage que la femme a disparu… Le cinéaste français David Moreau a réalisé, en 2006, son premier long-métrage <strong>Ils</strong>, un thriller d&rsquo;horreur interprété par Olivia Bonanmy et Michaël Cohen. En 2008, il met en scène <strong>The Eye</strong>, remake du film hongkongais éponyme, sorti en 2002. Ici, il embarque le spectateur dans un cauchemar qui avance à un rythme éffrené. Le personnage de Romain, de plus en plus excité par les lumières et la musique forte, dévoré par des tics de plus en plus fréquents, dégringole dans la folie. Surréaliste ! (Blaq Out)</p>
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		<title>La Russie d&#8217;un père de famille a la dérive</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 15:57:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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<p>Dans une belle forêt, non loin d&rsquo;un immense lac, à l&rsquo;écart d&rsquo;une ville de province russe moyenne nommée Krasnoborsk, une superbe villa tout en bois et vitrages abrite la famille de Gleb Alexandrovitch Morozov, un chef d&rsquo;entreprise pour qui l&rsquo;existence semble clairement agréable. Il y a là Galina, sa belle épouse, Serioja, son jeune adolescent de fils et même la mère de Gleb qui vient s&rsquo;enquérir de la santé de son fils. Tout semble donc aller pour le mieux même si Gleb doit veiller à la bonne marche de sa société. Car il constate, très soucieux, que, depuis quelque temps, un certain nombre de ses collaborateurs ont filé ou envisagent de filer à l&rsquo;étranger. Mais ce qui « bouffe » vraiment Gleb, c&rsquo;est le doute qui lui tord le ventre. Car il est convaincu que Galina le trompe&#8230;<br />
C&rsquo;est en confiant à un ami son envie de s&rsquo;essayer à une adaptation que le cinéaste russe s&rsquo;est intéressé, dans une grande liste de films français importants des années 60 et 70, à <strong>La femme infidèle</strong> que Claude Chabrol tourna, en 1969, avec Stéphane Audran et Michel Bouquet dans les rôles principaux. Un film français dont le ressort principal est un meurtre. Dès la toute première scène, on voit l&rsquo;assureur Desvallées se douter, avec raison, qu&rsquo;Hélène, sa femme est infidèle. Observer le comportement de celle-ci, surveiller ses réactions devient une obsession qui l&rsquo;amènera au drame…<br />
Quasiment revenu d&rsquo;entre les morts après la pandémie de covid qui l&rsquo;a laissé carrément sans capacités respiratoires, le réalisateur russe de 62 ans, s&rsquo;est installé, après une longue escale en Allemagne, en France. C&rsquo;est là qu&rsquo;il est retourné derrière une caméra pour retrouver une thématique forte de son cinéma, en l&rsquo;occurrence la famille et un personnage de père, fort (<strong>Léviathan</strong>, 2014) ou faible (<strong>Le bannissement</strong>, 2008, <strong>Elena</strong>, 2011, <strong>Faute d&rsquo;amour</strong>, 2017), présent ou absent (<strong>Le retour</strong>, 2003), mais toujours au centre de son œuvre.</p>
<div id="attachment_21750" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21750" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure3-300x168.jpg" alt="Gleb Morozov (Dimitri Mazourov), un chef d'entreprise qui doute." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Gleb Morozov (Dimitri Mazourov),un chef d&rsquo;entreprise qui doute.</p></div>
<p>Près de dix ans après son dernier film, Andreï Zviaguintsev était de retour, en mai dernier, sur la Croisette. Habitué du Festival de Cannes, où il a montré l&rsquo;essentiel de son travail et où il a souvent été récompensé, il a décroché cette fois, avec <strong>Minotaure</strong>, un Grand prix pleinement mérité.<br />
Si jusque là la société russe était inévitablement présente dans ses films, cette fois, Andreï Zviaguintsev signe un film franchement politique. Tout en inscrivant encore son propos dans une intrigue familiale. De fait, on est toujours au plus près de ce Gleb qui se demande pourquoi il a le sentiment -fondé- que tout fiche le camp autour de lui.<br />
Dans <strong>Minotaure</strong> (tourné en Lettonie), la famille apparaît clairement comme une métaphore de la société russe. <em>« La famille,</em> dit le réalisateur, <em>est le rapport au monde le plus proche qui soit : le père, la mère, les autres membres de la famille, les enfants&#8230; C’est la sphère sociale dans laquelle nous sommes les plus proches de notre vrai « moi ». En société, nous pouvons porter des masques. En famille, nous endossons également, bien sûr, des rôles : celui du père, de l’épouse, de la mère&#8230; Néanmoins, c’est au sein même de la famille que nous sommes complètement nus. La famille est le lieu du combat que l’on mène contre nous-mêmes et contre ceux qui nous entourent. C’est là que l’on voit clairement ce qui nous meut. C’est donc le meilleur champ d’investigation sur lequel on peut s’arrêter pour plonger dans une introspection des relations entre ses membres&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21749" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21749" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure2-300x200.jpg" alt="Galina (Iris Lebedeva), une épouse insatisfaite." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Galina (Iris Lebedeva), une épouse insatisfaite.</p></div>
<p>Car cette famille et son <em>pater familias</em> vivent, depuis l’automne 2022, dans un pays où la mobilisation a été décrétée. Un événement qui a fondamentalement changé la vie des Russes amenant notamment un exode massif des jeunes hommes. Déjà bouleversé par son infortune conjugale, Glen Morozov va devoir faire des choix qui l&rsquo;angoisse. Car, après avoir vu ses collaborateurs partir, le chef d&rsquo;entreprise est, cette fois, instamment prié de donner une liste de quatorze employés qui endosseront l&rsquo;uniforme pour les besoins de l&rsquo;Opération militaire spéciale, autrement dit la guerre en Ukraine. D&rsquo;ailleurs, au fur et à mesure que le film avance, le cinéaste glisse des séquences où l&rsquo;on voit, ici, un convoi de transport de chars, là, des soldats montant dans des bus aux accents martiaux d&rsquo;un hymne diffusé par des haut-parleurs alors que des familles cèdent à des adieux déchirants.<br />
Fidèle à son style, Zviaguintsev signe un œuvre très dépouillée et limpide, presque toujours grave, parfois lente, traversée par des images de nature qui rappellent l&rsquo;influence d&rsquo;Andreï Tarkovski sur son travail. Sa mise en scène privilégie le plan-séquence, apportant une singulière respiration à son récit. La séquence de la rencontre entre le mari et le photographe, amant de Galina est emblématique de cette rigueur dans l&rsquo;écriture.<br />
Citant parfois Pic de la Mirandole qui dit qu&rsquo;intrinsèquement, l’humain n’est ni bon ni mauvais, qu’il est en perpétuelle évolution et qu’il doit faire des choix, le metteur en scène suit un Gleb pris dans un double dilemme. Il choisit de faire face à son drame personnel mais demeure démuni face à la question politique. L&rsquo;univers des films de Zviaguintsev est sombre et ne laisse pas de place à l&rsquo;espérance.</p>
<div id="attachment_21751" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21751" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMinotaure4-300x168.jpg" alt="Un père et son fils (Boris Koudrine). Photos Anna Matveeva" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Un père et son fils (Boris Koudrine).<br />Photos Anna Matveeva</p></div>
<p>Même s&rsquo;il est cynique (il active ses réseaux pour faire taire l&rsquo;enquête de police), Gleb Morozov semble constamment malheureux et perdu… <em>« Les gens en Russie aujourd’hui,</em> dit encore Zviaguintsev, <em>sont apathiques, sous le joug de la censure ; ils ont peur, sont désorientés, les réseaux sociaux fonctionnent de moins en moins bien : la lutte contre le progrès bat son plein, tout comme la machine de propagande. Tout le monde essaie de fermer les yeux, car chaque jour qui passe ne fait qu’augmenter la dette envers la vérité et la regarder dans les yeux effraie de plus en plus, elle ressemble aujourd’hui à un monstre. »</em> Ce monstre qui donne son titre au film.<br />
Dans les derniers plans, Gleb et sa famille volent vers la Crête. Avec son portable, Serioja photographie les nuages sous l&rsquo;avion. Des nuages qui s&rsquo;amoncellent et ferment <strong>Minotaure</strong>.</p>
<p><strong>MINOTAURE</strong> Drame (France/Allemagne/Lettonie – 2h20) d&rsquo;Andreï Zviagunintsev avec Dimitri Mazourov, Iris Lebedeva, Boris Koudrine, Yury Zavalnyouk, Varvara Chmykova, Vladimir Friedman, Elena Bogdanovitch-Goloubeva, Mikhaïl Samodakhov, Anatoli Weissman, Artur Smolianinov, Kristina Zakharova, Stacy Tolstoy, Anatasia Mischenko, Igoris Abramovicius. Dans les salles le 14 octobre.</p>
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		<title>Les gros sangliers, la figurante pugnace et les ombres de Facebook</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 15:07:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[PUNK.- Quelque part, dans la Meuse, les agriculteurs et les chasseurs se font la guerre. Le maire d&#8217;un village manque de se faire casser la figure par des paysans en colère. Les sangliers sont trop gros, trop nombreux et ils ravagent les cultures. Pour les chasseurs, ce sont des gibiers très appréciés et qui ont [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21730" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAEspeceExplosive1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21730" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAEspeceExplosive1-300x168.jpg" alt="&quot;L'espèce...&quot;: Stéphane (Ella Rumpf) et Fulda (Alexis Manenti). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;espèce&#8230;&nbsp;&raquo;: Stéphane (Ella Rumpf)<br />et Fulda (Alexis Manenti). DR</p></div>
<p><strong>PUNK.-</strong> Quelque part, dans la Meuse, les agriculteurs et les chasseurs se font la guerre. Le maire d&rsquo;un village manque de se faire casser la figure par des paysans en colère. Les sangliers sont trop gros, trop nombreux et ils ravagent les cultures. Pour les chasseurs, ce sont des gibiers très appréciés et qui ont le don de régaler les (riches) viandards souvent venus de la capitale. Des chasseurs qui profitent de ces chasses pour faire aussi des affaires. Brun, un céréalier au bord du gouffre, décide de recourir à la manière forte. En balançant des sangliers morts dans les belles propriétés, en passant carrément, fusil au poing, à l&rsquo;acte avant de disparaître sans laisser de traces…<br />
Un an plus tard, le maréchal des logis-chef Orsini, un nouveau gendarme venu de Corse rejoint la brigade qui s&rsquo;occupe du dossier Brun. C&rsquo;est le moment que choisit la direction de la Gendarmerie nationale pour envoyer Stéphane Danjir, une psy, à la brigade. On case la toubib dans un placard à balais mais cela ne l&rsquo;empêche pas de faire son boulot et notamment de « confesser » Orsini surnommé Fulda. Car ce type est, lui aussi, au boulot du rouleau. Il ne se remet pas d&rsquo;avoir été quitté par sa femme et avoue : <em>« On peut compter sur un chien. Pas sur une femme. »</em> Si Orsini a été rétrogradé et muté dans la Meuse, c&rsquo;est aussi parce qu&rsquo;il avait bien dérapé en Corse. Pourtant, entre Fulda et Stéphane, quelque chose passe. Peut-être parce qu&rsquo;ils sont, tous les deux, des enquêteurs avisés et opiniâtres. Sans doute aussi parce que ce qui naît entre eux est d&rsquo;une folle intensité.<br />
Avec <strong>L&rsquo;espèce explosive</strong> (France – 1h35. Dans les salles le 7 octobre), la cinéaste italo-suisse Sarah Arnold signe son premier long-métrage et donne une comédie bien déjantée. <em>« J’ai eu envie,</em> dit la réalisatrice,<em> de partir d’un contexte local pour évoquer une problématique plus globale, qui serait celle du profit d’une minorité privilégiée, au détriment d’une majorité plus modeste. Le projet n’était donc pas de faire un film sur la chasse, mais d’évoquer les mécaniques de pouvoir et de prédation économique qui sous-tendent nos sociétés contemporaines. »</em></p>
<div id="attachment_21731" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAEspeceExplosive2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21731" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAEspeceExplosive2-300x168.jpg" alt="&quot;L'espèce...&quot;: Marchal (Bertrand Belin) et Victor (Vincent Dedienne). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;espèce&#8230;&nbsp;&raquo;: Marchal (Bertrand Belin)<br />et Victor (Vincent Dedienne). DR</p></div>
<p>En installant son intrigue au coeur d&rsquo;une communauté villageoise fracturée et dominée par les hommes, Sarah Arnold embarque le spectateur dans une aventure aussi barrée que burlesque qui questionne la masculinité. Lara, la voisine de Brun est amoureuse de lui, mais Brun aime Alain, son ami agriculteur. Fulda, lui, finit avec des paillettes sur le visage. Stéphane, la psy, porte un nom d’homme, a les cheveux courts et est une jeune femme fragile et forte à la fois, qui s’éloigne du stéréotype de l’homme blanc, âgé, mesuré, voire mutique&#8230;<br />
Tour à tour (et tout à la fois) enquête policière, film animalier (ah, le Sus scrofa Attila, gros comme une vache), plongée dans l&rsquo;inconscient de Fulda, Stéphane et les autres et délire punk, <strong>L&rsquo;espèce explosive</strong>, du tragique au grotesque, emballe avec un gendarme poético-trash qui ne supporte pas l&rsquo;injustice et qui débloque grave, entraînant tous les autres dans son sillage.<br />
Alexis Manenti est épatant en Fulda et Ella Rumpf est la psy qui part en vrille sous l&rsquo;effet d&rsquo;une préparation toxique. Autour d&rsquo;eux, Vincent Dedienne, Jean-Louis Coulloc&rsquo;h ou Bertrand Belin se mêlent à la fête.<br />
Pour reprendre l&rsquo;un des dialogues (largement truffés de jeux de mots lacaniens) de <strong>L&rsquo;espèce explosive</strong>, on dira que ce film est <em>« beau comme une fissure dans un barrage&#8230; »</em> Foutraque et drolatique.</p>
<div id="attachment_21732" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANiVueNiConnue1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21732" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANiVueNiConnue1-300x199.jpg" alt="&quot;Ni vue...&quot;: Corinne Maclou (Isabelle Huppert) rêve..." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Ni vue&#8230;&nbsp;&raquo;: Corinne Maclou<br />(Isabelle Huppert) rêve&#8230;</p></div>
<p><strong>CINEMA.-</strong> Partant de la photocopieuse au fond d&rsquo;un bureau d&rsquo;avocats, une femme s&rsquo;avance avec un dossier à la main. Elle croise Sandrine Kiberlain et sort du champ. Nous sommes sur un plateau de cinéma et la femme au dossier est une figurante parmi beaucoup d&rsquo;autres. Mais Corinne Maclou aime son métier et elle rêve de sortir de ce statut de modeste figurante. Elle enchaîne les tournages et est persuadée de pouvoir faire beaucoup mieux, de tenir un vrai rôle. D&rsquo;ailleurs, elle l&rsquo;a bien prouvé au théâtre en incarnant le personnage principal d&rsquo;une pièce sud-américaine. Certes, peu de spectateurs l&rsquo;ont vu en scène mais elle conserve au moins une captation.<br />
Profitant d&rsquo;une pause sur le tournage, Corinne entreprend Sandrine Kiberlain. Elles sont rousses toutes les deux ! Elles pourraient aisément jouer une mère et sa fille, voire deux sœurs ! Sandrine Kiberlain l&rsquo;écoute à peine mais accepte de prendre le CV de Corinne ainsi que le lien pour la captation. Quelques mois plus tard, Corinne tombe des nues en découvrant que Sandrine Kiberlain tient, sur la scène de l&rsquo;Odéon, le rôle principal de la pièce sud-américaine… Partie furieuse pour dire son fait à la célèbre actrice, Corinne est émue par le jeu de Sandrine Kiberlain. Cette dernière lui avoue que, si elle a voulu faire cette pièce, c&rsquo;est parce que Corinne l&rsquo;avait bouleversée sur la captation&#8230;<br />
Cinéma, ton univers impitoyable ! Ce pourrait être le sous-titre de <strong>Ni vue, ni connue</strong> (France – 1h55. Dans les salles le 7 octobre), le huitième film de Marc Fitoussi qui retrouve, ici, deux comédiennes qu&rsquo;il avait déjà dirigé dans ses films : Isabelle Huppert dans <strong>Copacabana</strong> (2010) et <strong>La ritournelle</strong> (2014) et Sandrine Kiberlain dans <strong>La vie d&rsquo;artiste</strong> (2006) et <strong>Pauline détective</strong> (2012).</p>
<div id="attachment_21733" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANiVueNiConnue2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21733" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANiVueNiConnue2-300x200.jpg" alt="&quot;Ni vue...&quot;: Sandrine Kiberlain en Sandrine Kiberlain. Photos Jérôme Prebois" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Ni vue&#8230;&nbsp;&raquo;: Sandrine Kiberlain<br />en Sandrine Kiberlain.<br />Photos Jérôme Prebois</p></div>
<p>Le cinéaste s&rsquo;empare, ici, d&rsquo;un personnage de pure anti-héroïne d’autant plus touchante qu’elle ne semble ni amère ni même désespérée en dépit des années qui passent… <em>« C&rsquo;est une silhouette,</em> dit Fitoussi, <em>qui traverse l&rsquo;écran, une passante parmi tant d’autres&#8230; (&#8230;) Il y a parfois du découragement en elle, mais aussi beaucoup d&rsquo;espoir, de passion et de rêve. Car elle en est certaine : tout est encore possible. J’aime beaucoup ces personnages adultes qui fonctionnent encore comme des adolescents, qui sont dans le fantasme.. »</em><br />
De<strong> Sunset Boulevard</strong> (1950) de Billy Wilder à <strong>La nuit américaine</strong> (1973) de François Truffaut, le « cinéma sur le cinéma » est devenu un sous-genre du 7<sup>e</sup> art. Marc Fitoussi s&rsquo;y inscrit en brossant une comédie douce-amère autour d&rsquo;une sans-grade malicieusement incarné par une star française. Isabelle Huppert se régale de sa Corinne d&rsquo;autant qu&rsquo;à partir du moment où on la voit jouer (une jolie séquence avec Emmanuelle Bercot en réalisatrice), on se rend compte qu’elle a du talent. Aux côtés d&rsquo;Isabelle Hupert, Sandrine Kiberlain est dans son propre rôle en créature forcément un peu déconnectée de la réalité ! Même si le film souffre un peu de chutes de régime, cette histoire de ténacité, de persévérance et d’injustice à réparer est quand même tout à fait plaisante&#8230;</p>
<div id="attachment_21734" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASocialReckoning1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21734" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASocialReckoning1-300x168.jpg" alt="&quot;The Social...&quot;: Jeff Horvitz (Jeremy Allen White) et Frances Haugen (Mikey Madison). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Social&#8230;&nbsp;&raquo;: Jeff Horvitz (Jeremy Allen White) et Frances Haugen (Mikey Madison). DR</p></div>
<p><strong>MEDIAS.-</strong> Au bord d&rsquo;une route dans la nuit, une jeune femme blonde attend à côté de sa voiture en panne. Des policiers arrivent et commencent à la contrôler… Très vite, le ton monte. La jeune femme proteste contre l&rsquo;intrusion policière, traite rapidement les flics de <em>« connards »</em> et se révolte de voir comment un duo de policiers, l&rsquo;une chicanos, l&rsquo;autre noir, la traitent : <em>« Voilà, arrêtée pour être américaine en Amérique ! »</em> Rapidement aussi, Haylee, la jeune femme, a dégainé son téléphone portable pour filmer la scène en continu… Tout aussi rapidement, la vidéo se retrouve sur les réseaux sociaux. Employée de Facebook, la jeune Frances Haugen a reconnu sur la vidéo la jeune blonde. Elle l&rsquo;a côtoyé autrefois et elle se souvient d&rsquo;une fille normale et paisible. Rien à voir avec cette furie. En fouillant un peu, Frances Haugen observe que Haylee s&rsquo;est radicalisée en intégrant, sur Facebook, trois groupes de discussion extrémistes… Consternée, l&rsquo;employée de la firme de Mark Zuckerberg décide d&rsquo;alerter Jeff Horwitz, journaliste d&rsquo;investigation au <em>Wall Street Journal</em>. Commence alors une difficile enquête qui va mettre au grand jour quelques-uns des secrets les mieux gardés de l&rsquo;entreprise&#8230;<br />
Forcément, en regardant <strong>The Social Recockning</strong> (USA – 1h52. Dans les salles le 7 octobre), on songe à <strong>The Social Network</strong>, le film de David Fincher consacré en 2010 à la conception de Facebook et à l&rsquo;irrésistible ascension de Mark Zuckerberg, son créateur. Sans être réellement une suite du film de Fincher (qui a suivi le projet de prêt), le thriller journalistique mis en scène par Aaron Sorkin, déjà auteur du scénario de <strong>The Social Network</strong>, se concentre sur la révélation en 2021 de documents sur Facebook par la lanceuse d&rsquo;alerte Frances Haugen, rapportée par la longue série d&rsquo;articles nommée <em>The Facebook Files</em> signés par Jeff Horwitz.</p>
<div id="attachment_21735" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASocialRecockning2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21735" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASocialRecockning2-300x157.jpg" alt="&quot;The Social...&quot;: Mark Zuckerberg (Jeremy Strong). DR" width="300" height="157" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;The Social&#8230;&nbsp;&raquo;: Mark Zuckerberg<br />(Jeremy Strong). DR</p></div>
<p>Même si le film est parfois bien bavard, on entre avec curiosité dans cette histoire qui met aux prises deux personnages décidés mais souvent assaillis par le doute et un énorme système tentaculaire aux méthodes aussi obscures qu&rsquo;inquiétantes. Avec la jeune Frances, « gamine » coincée et intolérante au gluten et le journaliste Horwitz, on songe évidemment au duo Woodward/Bernstein (Redford/Hoffman) dans <strong>Les hommes du président</strong> (1976) faisant chuter le Nixon du Watergate ou encore à <strong>Pentagon Papers</strong> (2017), grand film sur la liberté de la presse autour de l&rsquo;étude secrète du ministère américain de la Défense sur l’implication des États-Unis au Vietnam entre 1945 et 1967.<br />
Ici, dans les pas de la lanceuse d&rsquo;alerte (Mikey Madison, découverte dans <strong>Anora</strong> en 2024) et de Jeff Horwitz (Jeremy Allen White), on se glisse dans les coulisses de Facebook, boîte dominée par un gourou impassible et cassant (Jeremy Strong, épatant) où il évidemment question de pouvoir, de liberté des médias (<em>« Les journalistes sont des mégalos déguisés en donneurs de leçon »</em>), de censure, de « place publique », d&rsquo;Instagram et de santé mentale des jeunes, de marchandisation de la crédibilité et de contenus haineux qui sont les plus partagés. De quoi donner le frisson et de se demander s&rsquo;il est bien raisonnable d&rsquo;ouvrir son Instagram&#8230;</p>
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		<title>LES « IMAGES INTERDITES » DE SPIELBERG ET LA SORTIE DE BOURVIL</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 17:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[DISCLOSURE DAY Dans les travées d&#8217;un combat de catch, on se bat pour un sac à dos qui contient un gros paquet de clés informatiques. Des cartes qui mettent manifestement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale ! Disclosure Day, 36e long-métrage de Steven Spielberg marque son retour au cinéma, près de quatre ans après The [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>DISCLOSURE DAY</strong><br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAADisclosureDay.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21702" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAADisclosureDay-230x300.jpg" alt="Disclosure Day" width="230" height="300" /></a>Dans les travées d&rsquo;un combat de catch, on se bat pour un sac à dos qui contient un gros paquet de clés informatiques. Des cartes qui mettent manifestement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale ! <strong>Disclosure Da</strong>y, 36e long-métrage de Steven Spielberg marque son retour au cinéma, près de quatre ans après <strong>The Fabelmans</strong> (2022). Steven Spielberg est indéniablement un maître du divertissement cinématographique, Spielberg retrouve, ici, la mémoire de E.T. et de Rencontres du troisième type. Le cinéaste de 79 ans revient à la science-fiction et ce n’est pas sans une certaine émotion que l’on voit, presque furtivement, de longs et fins doigts bruns aux articulations bien marquées venir caresser des visages humains. En 1977, le cinéaste de <strong>Rencontres du troisième type</strong> s’emparait de l’imaginaire collectif en insufflant de l’émerveillement dans ce qu’un contact avec une forme de vie extraterrestre pourrait engendrer. C’est une manière de pendant plutôt inquiétant que propose <strong>Disclosure Day</strong> en questionnant les mystères qui entourent notre existence mais aussi le prix que l’humanité pourrait avoir à payer si les clés de tels mystères ne nous étaient pas révélées. Eh oui, et s’il y avait quelque part, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous? On part donc dans les pas de Daniel Kellner, une pointure en cybersécurité qui travaillait pour Wardex, une agence opaque au sein d’un complexe militaro-industriel qui dissimule les indices sur la venue d’extraterrestres sur Terre depuis l’affaire Roswell de 1947. Kellner a craqué, filant avec les preuves en images, convaincu que les images dérobées <em>« appartiennent au monde entier »</em>… De son côté, Margaret Fairchild, présentatrice de la météo sur une chaîne de télé locale de Kansas City, voit un petit oiseau rouge venir se poser sur la table de sa salle de séjour. Elle reconnaît un cardinal. Peu de temps après, en direct, Margaret se met à parler une langue incompréhensible. Sauf pour Daniel Kellner qui y comprend un message composé d’éléments mathématiques… On devine assez vite que Margaret et Daniel ont, dans leur enfance, vécu une rencontre. Ce qui vaut à ces « passagers » entre deux mondes, d’être désormais traqués par la Wardex, décidée à laisser l’humanité dans l’ignorance de cette autre réalité, le tout sur fond de crise géopolitique, de débat entre transparence et dissimulation, d’autocratie et de démocratie, d’idéologies et d’empathie, de religion et de science… <strong>Disclosure Day</strong> est un film mené tambour battant avec de beaux moments de bravoure comme la séquence de la voiture accrochée à un train lancé à vive allure. Margaret, quasiment « extralucide », embarque le spectateur dans l’ aventure tout en prévenant <em>« Je ne veux être la religion de personne »</em> mais elle pose bien la question : <em>« Et si nous n’étions pas seuls ? »</em> C’est dans l’univers des médias que s&rsquo;achève cette histoire. Margaret et Daniel en sont convaincus : <em>« On a tous besoin de croire et d’être crus »</em>. Et aussi de savoir. Alors le duo (les Britanniques Josh O’Connor et Emily Blunt, très convaincants) se fait lanceurs d’alerte en diffusant des images « interdites ». Le pouvoir des images, toujours et encore. Le dernier mot appartient à Margaret : <em>« Ecoutez ! »</em> Plus une invitation qu’un avertissement. (Universal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMurAtlantique.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21704" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMurAtlantique-201x300.jpg" alt="Mur Atlantique" width="201" height="300" /></a><strong>LE MUR DE L&rsquo;ATLANTIQUE</strong><br />
Durant la Seconde Guerre mondiale, sous l&rsquo;Occupation, en 1944, peu avant la bataille de Normandie, Léon Duchemin, un paisible restaurateur que sa femme a quitté vingt ans auparavant, vit en compagnie de Maria, sa sœur farfelue, et de sa fille Juliette, devenue une jeune femme. Les clients du bistrot représentent toute la société du village, allant du lieutenant allemand Friedrich, le propre chauffeur du maréchal Rommel, aux résistants et aux trafiquants du marché noir. Un soir, durant un raid aérien, Jeff, un aviateur britannique (Peter McEnery) dont l’avion a été abattu dans le ciel normand, tombe quasiment dans la chambre de Juliette. Le lendemain, Léon est pris pour le peintre Charlus et emmené à la <em>Kommandantur</em> pour un travail de peinture. Il emporte par inadvertance un plan secret concernant les fortifications du Mur de l&rsquo;Atlantique. Jeff comprend l’intérêt de la découverte faite par Léon et les deux hommes passent en Angleterre. Léon se retrouve alors dans un camp d&rsquo;entraînement de l&rsquo;armée britannique, sous les ordres de Jeff lui-même. Tandis qu&rsquo;il en bave avec la formation militaire, il ne sait pas encore que sa fille Juliette est enceinte et que l’aviateur va devenir son gendre… <strong>Le Mur de l&rsquo;Atlantique</strong> est entré dans l&rsquo;histoire du cinéma français parce que c&rsquo;est le dernier film tourné par Bourvil. On sait que le comédien était, et demeure même, l&rsquo;un des acteurs préférés des amateurs de cinéma. Il est vrai que la tendre bonhomie du personnage y est pour beaucoup, sans doute autant que ses triomphes que furent <strong>Le corniaud</strong> (1965) ou <strong>La grande vadrouille</strong> (1066). Connu pour avoir gagné la Palme d&rsquo;or cannoise en 1959 avec <strong>Orfeu Negro</strong>, film qui remporta aussi en 1960, l&rsquo;Oscar du meilleur film en langue étrangère, Marcel Camus dirige, ici, un Bourvil complètement dans son élément avec cette aventure normando-guerrière inspirée d&rsquo;une idée du colonel Rémy (l&rsquo;histoire du plan secret concernant les fameux V1 est véridique) et adaptée par Marcel Jullian. Avec Melville, entre janvier et avril 1970, Bourvil tourne<strong> Le cercle rouge</strong> puis il enchaîne, début juin, avec <strong>Le Mur…</strong> Le tournage est éprouvant. L&rsquo;acteur souffre énormément et le réalisateur fait tout pour le ménager, notamment en le faisant jouer le plus souvent assis. Il est entouré, ici, de nombreuses figures connues du cinéma français comme Jean Poiret, Sophie Desmarets, Jacques Balutin ou Roland Lesaffre sans oublier Terry-Thomas, le « Big moustache » de <strong>La grande vadrouille</strong>. Bourvil meurt le 23 septembre 1970 juste avant les sorties en salles du <strong>Cercle rouge</strong> (20 octobre) et du <strong>Mur de l&rsquo;Atlantique</strong> (14 octobre). Le film sort dans une belle version restaurée 4K Ultra HD avec, dans les suppléments, une série (16 mn) d&rsquo;interviews issues d&rsquo;archives inédites de l&rsquo;INA. Enfin, sur un Blu-ray supplémentaire, on trouve une pépite, en l&rsquo;occurrence la rare version intégrale et anglophone et quasiment inédite (il y a eu quelques rares projections au moment de la sortie du film) retrouvée dans des archives. Cette version a été tournée en anglais au moment du tournage de la version française. Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;un doublage réalisé après coup. Bourvil y interprète lui-même Duchemin en anglais, donnant à découvrir une facette méconnue de son jeu. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASangreDelToro.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21708" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASangreDelToro-200x300.jpg" alt="Sangre Del Toro" width="200" height="300" /></a><strong>SANGRE DEL TORO</strong><br />
Né à Guadalajara au Mexique en octobre 1964, Guillermo del Toro emprunte, à l&rsquo;âge de 8 ans, la caméra Super 8 de son père et réalise ses premiers courts-métrages en mettant en scène ses jouets de <strong>La planète des singes</strong>… Au terme de ses études, il devient l&rsquo;élève de Dick Smith, créateur des maquillages de <strong>Little Big Man</strong> et <strong>L&rsquo;exorciste</strong> notamment. Il travaille comme maquilleur et spécialiste en effets spéciaux pendant environ dix ans. En 1993, il sort son premier long-métrage comme réalisateur, <strong>Cronos</strong>, un film d&rsquo;horreur avec Ron Perlman qui remporte de nombreux prix, notamment au Festival de Cannes 1993. C&rsquo;est le début d&rsquo;une carrière qui passera par Hollywood (il est parti vivre aux Etats-Unis après l&rsquo;enlèvement de son père au Mexique en 1997) et par l&rsquo;Espagne. Dans un univers très reconnaissable, Del Toro mêle souvent fantastique, horreur, contes et récits historiques en donnant souvent une place centrale aux créatures, aux monstres et aux personnages marginalisés. Chez Del Toro, les monstres ne sont pas toujours les véritables méchants : ils peuvent être vulnérables, incompris ou plus humains que les personnages qui les craignent. Guillermo del Toro s&rsquo;est imposé avec des films comme <strong>L’échine du diable</strong> (2001), <strong>Hellboy</strong> (2004) et <strong>Hellboy II : Les Légions d’or maudites</strong> (2008), <strong>Le labyrinthe de Pan</strong> (2006), <strong>Pacific Rim</strong> (2013), <strong>La forme de l’eau</strong> (2017), superbe romance fantastique qui lui a valu les Oscars du meilleur film et de la meilleure réalisation ou encore <strong>Pinocchio</strong> (2022), film d’animation en stop motion. En 2019, Guillermo del Toro a fait l’objet d’une exposition dans sa ville natale, dévoilant une impressionnante collection d’œuvres et de pièces uniques, emblématiques de son univers. C&rsquo;est le point de départ de <strong>Sangre del Toro</strong>, étonnant film documentaire tourné entre sa <em>« casa de monstruos »</em> mexicaine et un Paris muséal insolite, où le cinéaste aux allures de minotaure arpente un labyrinthe peuplé de souvenirs d’enfance, de mythes culturels et de monstres pour dévoiler les origines de ses films visionnaires qui marquèrent l’imaginaire de générations de spectateurs. Réalisateur de nombreux films documentaires sur le cinéma (<strong>The 1000 Eyes of Dr. Maddin</strong>, <strong>Citizen Kitano</strong>), Yves Montmayeur plonge avec brio dans la psyché d’un des artistes les plus singuliers du XXIe siècle. Présenté dans une édition prestige limitée et inédite en Blu-ray, <strong>Sangre del Toro</strong> (86 mn) est complété par de nombreux suppléments comme <strong>Filming Guillermo</strong> (19 mn). Rencontré en 1993 à Cannes pour la projection de <strong>Cronos</strong>, Guillermo del Toro a régulièrement été interviewé par Yves Montmayeur durant sa carrière de journaliste, jusqu’à ce que ce dernier décide de consacrer un film au cinéaste mexicain. Retour sur une rencontre décisive. Dans <strong>ChatGDT</strong> (18 mn), le cinéaste décrypte cinq thématiques de son œuvre : les automates, les couleurs, le surréalisme artificiel, le tarot et le paganisme. Avec, en bonus, son commentaire sur la création de l’affiche de la Semaine de la Critique de 1995 ! <strong>Sangre del Toro à la Mostra de Venise 2025</strong> (4 mn – HD) est un extrait de l’émission <em>L’Hebd’Hollywood Cinéma</em> diffusée sur Canal +. <strong>Viva la muerte ! Autopsie du cinéma fantastique espagnol</strong> (56 mn) est un documentaire de Yves Montmayeur. Avec ses prestigieux festivals de cinéma fantastique, associés à l&rsquo;émergence d&rsquo;une nouvelle vague de réalisateurs, l’Espagne est devenue, au tournant des années 2000, le nouvel eldorado pour les aficionados du genre. Retour sur un succès planétaire. Enfin, ce beau coffret contient des memorabilia ! Un jeu de huit cartes collector, une carte phosphorescente, l&rsquo;affiche de la Semaine de la critique 1995 conçue par le cinéaste et l&rsquo;affiche de <strong>Sangre del Toro</strong>. Un superbe et fascinant portrait de Guillermo del Toro ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAThePlague.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21710" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAThePlague-216x300.jpg" alt="The Plague" width="216" height="300" /></a><strong>THE PLAGUE</strong><br />
A l&rsquo;été 2003, Ben rejoint le camp de water-polo Tom Lerner à San Diego dirigé par l’entraîneur Daddy Wags où il fait la connaissance de Jake, un garçon populaire et de son groupe d’amis ainsi que d&rsquo;Eli, un marginal. Soucieux de s’intégrer au groupe, Ben tente de se lier d’amitié avec Jake et participe volontairement à l’intimidation et à l&rsquo;exclusion d&rsquo;Eli, qui souffre d’un eczéma sévère, que les autres affirment être la peste. Lorsqu&rsquo;un des garçons entre en contact par accident avec Eli, il doit impérativement se nettoyer la partie touchée sous peine soi-disant d&rsquo;être à jamais infecté. Jake explique ainsi à Ben que ce n&rsquo;est pas un jeu mais bien la réalité, que cela affecte d&rsquo;abord les fonctions mentales puis motrices du porteur de cette maladie. Pendant une escapade nocturne, les garçons se rendent dans une rue qu&rsquo;ils saccagent en faisant la fête et Eli commence à danser de façon hystérique sous les yeux du groupe qui se moque de lui. Au fil du temps, se sentant de plus en plus coupable d&rsquo;avoir maltraité et de ne même pas avoir pris sa défense, Ben finit par se rapprocher d&rsquo;Eli en privé, l&rsquo;aidant notamment à étaler sa crème médicale sur son dos… D&rsquo;abord remarqué sur le circuit des festivals avec <strong>Fuck Me, Richard</strong> (2023), un court métrage de comédie noire co-réalisé avec Lucy McKendrick, le cinéaste américain Charlie Polinger connaît la consécration avec son premier long-métrage. Au Festival de Cannes 2025, <strong>The Plague</strong> est présenté dans la catégorie Un Certain Regard et concourt pour la Caméra d&rsquo;or. Pour ce thriller psychologique qui tourne autour d&rsquo;une rumeur selon laquelle un garçon aurait une maladie contagieuse, le réalisateur explique qu&rsquo;il voulait <em>« capturer une peur sociale et une vulnérabilité de votre corps et quelque chose que vous ne voyez pas autant chez les garçons parce qu&rsquo;il faut une certaine vulnérabilité pour être un objet de terreur de cette manière. »</em> Ici, la « peste » sert de prétexte à l’exclusion et au harcèlement. Conte horrifique et initiatique, <strong>The Plague</strong> (porté par les jeunes comédiens Everett Blunck, Kayo Martin et Kenny Rasmussen) emprunte au cinéma d&rsquo;horreur son ambiance angoissante pour parler du mal-être adolescent et de la cruauté au sein d&rsquo;un groupe. Un portrait cauchemardesque de la pré-adolescence. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASailorSuitMachineGun.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21707" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASailorSuitMachineGun-247x300.jpg" alt="Sailor Suit Machine Gun" width="247" height="300" /></a><strong>SAILOR SUIT AND MACHINE GUN</strong><br />
A la mort de son père, Izumi Hoshi hérite de la direction du clan Medaka, comptant quatre yakuzas aussi fantasques qu’attachants. Contrainte d’abandonner le lycée, l’adolescente découvre alors un univers bien éloigné de sa vie de jeune fille, où la violence et le respect du code d’honneur règnent désormais en maîtres. D’abord décontenancée par cette prise de responsabilités soudaine, Izumi commence à apprécier sa nouvelle vie de cheffe de gang… Venu des studio Nikkatsu avant de travailler comme assistant, Shinji Somai (1948-2001) passe à la réalisation en 1980 en tant que réalisateur indépendant. Caractérisé par l&rsquo;emploi fréquent du plan-séquence, son style est parfois comparé à celui de Kenji Mizoguchi que ce soit au Japon ou en Occident. Il est surtout connu du grand public japonais pour <strong>Sailor Suit and Machine Gun</strong>, meilleure recette au box office d&rsquo;un film japonais en 1982. Emmené par le charme juvénile de son héroïne, la charismatique Hiroko Yakushimaru, <strong>Sailor Suit and Machine Gun</strong> est en effet l’un des plus grands succès du Japonais Shinji Somai, remarquable portraitiste de la jeunesse et auteur des emblématiques <strong>Typhoon Club</strong> (1985) et <strong>Déménagement</strong> (1993). Considéré par le magazine<em> Kinema Junpō</em> comme le cinéaste japonais numéro un des années 1980, Somai transforme ici le film de gangsters en un récit d’apprentissage mélancolique, où l’adolescence se heurte de plein fouet aux violences et aux désillusions du monde adulte. Disponible pour la première fois en France, <strong>Sailor Suit and Machine Gun</strong> est proposé dans ses deux versions restaurées en 4K. La version cinéma (112 mn) en 4K UHD ou Blu-ray et la version intégrale (130 mn) uniquement en Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve <strong>Alice au pays des yakuzas</strong> (27 mn), entretien inédit avec Stéphane du Mesnildot, chroniqueur à <em>« Mauvais genre »</em> sur <em>France Culture</em> qui note : <em>« Il y a une vision féministe du film. Shinji Somai va prendre cette figure façonnée par les hommes, et cette initiation va être sociale, politique, et certainement émancipatrice »</em>. Dans <strong>Des filles, des armes et des gangsters</strong> (51 mn), d&rsquo;anciens collaborateurs et des spécialistes de Shinji Somai reviennent sur la carrière du cinéaste et sur son film culte qui marqua le Japon des années 1980. Une satire déjantée du film de yakuzas ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACoffretDominikMoll.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21700" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACoffretDominikMoll-232x300.jpg" alt="Coffret Dominik Moll" width="232" height="300" /></a><strong>COFFRET DOMINIK MOLL</strong><br />
Découvert en 2000 avec <strong>Harry, un ami qui vous veut du bien</strong>, Dominik Moll s&rsquo;est imposé comme l&rsquo;un des cinéastes français les plus originaux. Voici dans un joli coffret, ses trois derniers films à ce jour. Adaptation du roman noir éponyme de Colin Niel, publié en 2017 aux éditions du Rouergue, <strong>Seules les bêtes</strong> (2019) est un thriller en forme de labyrinthe autour de différents personnages dont les destins et les secrets vont s&rsquo;entrecroiser entre Abidjan, le Massif central sous la neige ou Sète. Avec un casting royal (Laure Calamy, Denis Ménochet, Damien Bonnard, Nadia Tereszkiewicz, Bastien Bouillon et Valeria Bruni-Tedseschi), voici un thriller brillant et violent, captivant et jubilatoire. <strong>La Nuit du 12</strong> (2022) suit Yohan Vivès, policier de la Police judiciaire de Grenoble qui est obsédé par l&rsquo;assassinat de Clara Royer, une jeune femme de 21 ans, brûlée vive une nuit alors qu&rsquo;elle revenait d&rsquo;une fête entre amies. Présenté dans la catégorie « Cannes Premières » au Festival de Cannes 2022, le film obtiendra, l&rsquo;année suivante, sept César, dont celui du meilleur film. Avec Bastien Bouillon (Yohan) et Bouli Lanners dans le rôle de Marceau, son collègue policier, <strong>La nuit du 12</strong> est un thriller policier très âpre mais pas un film d&rsquo;action classique. Le cinéaste s’intéresse autant au travail quotidien des enquêteurs et à l’impasse de l’enquête qu’au crime lui-même. Le film aborde aussi les violences faites aux femmes sans se limiter à la recherche d’un coupable… <strong>Dossier 137</strong> (2025) raconte une enquête menée par l&rsquo;IGPN après la grave blessure d&rsquo;un homme par un tir de flash-ball lors des manifestations liées au mouvement des Gilets jaunes. Stéphanie Bertrand, fonctionnaire à l&rsquo;Inspection générale de la Police nationale (IGPN), est chargée d&rsquo;en déterminer les responsabilités. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, le film est passionnant alors même qu&rsquo;il plonge dans les procès-verbaux, dans les détails des procédures ou dans la rigueur des interrogatoires. Mais, à travers l&rsquo;enquête, on touche aussi du doigt la doctrine du maintien de l&rsquo;ordre, la question des images (l&rsquo;enquête s&rsquo;appuie largement sur des images de vidéo-surveillance) et les relations entre les citoyens et la police&#8230; Déjà César 2019 de la meilleure actrice pour le film <strong>Jusqu&rsquo;à la garde</strong>, l&rsquo;excellente Léa Drucker double, ici, la mise avec le César de la meilleure actrice pour son personnage de Stéphanie Bertrand. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASeuleContreMafia.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21709" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAASeuleContreMafia-195x300.jpg" alt="Seule Contre Mafia" width="195" height="300" /></a><strong>SEULE CONTRE LA MAFIA</strong><br />
Dans les années 1960 en Sicile, Don Antonino, chef de la mafia locale, doit purger une peine de prison. Il laisse la gestion de ses affaires à son successeur potentiel, Vito Juvara. Il lui conseille d&rsquo;épouser une jeune fille vertueuse et issue d&rsquo;une famille pauvre. Le choix de Vito se porte sur Francesca, seulement 15 ans, dont il tombe amoureux. D’abord flattée par la demande, Francesca se rend compte qu’elle n’est que le jouet de l’ambition de Vito. La jeune fille le rejette et refuse de se marier avec lui. Humilié par son refus, il la kidnappe et la viole. Il lui demande de devenir sa femme mais elle refuse toujours. Son comportement se heurte aux conventions traditionnelles du pays selon lesquelles une femme perd son honneur si elle n&rsquo;épouse pas l&rsquo;homme avec lequel elle a perdu sa virginité. Francesca dépose plainte contre lui mais ses parents et ses frères ne veulent pas la soutenir face à son bourreau. Un véritable bras de fer commence entre elle et Vito. Seule contre la mafia, elle est prête à tout pour combattre Vito. Réalisateur de près de quarante films, Damiano Damiani (1922-2013) demeure le cinéaste qui a su œuvrer dans les genres populaires auxquels il donna leurs lettres de noblesse tout en conservant sa notoriété d’auteur. Il tourne ainsi des western (<strong>Un génie, deux associés, une cloche</strong>, 1975), des thrillers (<strong>Nous sommes tous en liberté provisoire</strong>, 1970), des polars (<strong>Confession d&rsquo;un commissaire de police au procureur de la République</strong>, 1971) et, bien sûr, des films sur la mafia comme <strong>La mafia fait la loi</strong> (1968) qui précède <strong>La moglie più bella</strong> (titre original) présenté, ici, en version intégrale dans un combo digipack – BluRay/DVD en master 2K restauré. <strong>Seule contre la mafia</strong> marque les débuts au cinéma d&rsquo;Ornella Muti, âgée de 14 ans, en 1969, lorsqu&rsquo;elle est choisie par Damiano Damiani pour incarner un personnage inspiré de celui de Franca Viola, originaire d&rsquo;Alcamo en Sicile, qui, en 1965, à 17 ans, fut la première femme italienne à refuser un mariage forcé. C&rsquo;est le cinéaste qui amena la jeune actrice, née Francesca Rivelli, à utiliser Ornella Muti, qui allait devenir son nom de scène tout au long de sa carrière. Sur le tournage, Ornella Muti croise Alessio Orano qui incarne le mafieux Vito et tient aussi son premier rôle au cinéma. Les deux comédiens se marieront et resteront en couple pendant sept ans. La renommée soudaine que lui vaut ce premier film amènera Ornella Muti à jouer dans de nombreux films en Italie et à l&rsquo;étranger comme <strong>Le soleil dans la peau</strong> (1971), <strong>Meurtre par intérim</strong> (1971), <strong>Léonor</strong> (1975), <strong>La dernière femme</strong> (1976), <strong>La chambre de l&rsquo;évêque</strong> (1977), <strong>Mort d&rsquo;un pourri</strong> (1977), <strong>Dernier amour</strong> (1978), <strong>Conte de la folie ordinaire</strong> (1981) etc. Dans les suppléments, on trouve une présentation du film par Olivier Père, directeur d&rsquo;Arte France Cinéma et un entretien avec Antonio Siciliano, le monteur du film. (Artus Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMartyrs.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21703" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAMartyrs-205x300.jpg" alt="Martyrs" width="205" height="300" /></a><strong>MARTYRS</strong><br />
Au début des années 1970 en France, Lucie, une fillette de dix ans est retrouvée seule sur une route de campagne après avoir disparu pendant plusieurs mois. A l’hôpital, elle se lie d’amitié avec Anna, une fillette de son âge. Quinze ans plus tard, dans la maison d’une famille ordinaire, quelqu’un sonne à la porte. C’est Lucie, armée d’un fusil de chasse. Elle est persuadée d&rsquo;avoir retrouvé les bourreaux qui l’ont enlevée, séquestrée et maltraitée. Elle veut se venger. Anna la rejoint, mais les événements prennent une tournure de plus en plus inquiétante. Est-ce la fin du calvaire, ou le début d’un autre… Piliers des <em>« French Frayeurs »</em>, longtemps considéré comme un film traumatisant, voire insoutenable, <strong>Martyrs</strong> s&rsquo;est imposé au fil du temps comme l&rsquo;un des sommets du cinéma d&rsquo;horreur contemporain avec une violence extrême et ultra-réaliste. Film de beauté et de souffrance, convoquant aussi bien l&rsquo;héritage du genre que des réflexions philosophiques sur le corps après la mort, le second long-métrage de Pascal Laugier, réalisé en 2008, parvient à trouver de la mélancolie et de la poésie au milieu de la noirceur qu&rsquo;il dépeint. Le cinéma d&rsquo;horreur ne s&rsquo;en est toujours pas remis et la radicalité de cette proposition reste inégalée dans le paysage audiovisuel français. Présenté dans une belle restauration 4K UHD, <strong>Martyrs</strong> sort dans une double édition collector limitée, illustrée par un dessin original d&rsquo;Andrea Matei du studio Les Aliens. Avec Morjana Alaoui (Anna) et Mylène Jampanoï (Lucie) en tête de distribution, le film s&rsquo;ouvre comme un récit de vengeance avant de basculer dans une horreur plus psychologique, éprouvante et dérangeante (les scènes de violence sont très dures) en abordant le traumatisme, la souffrance et la quête de sens. Si l&rsquo;hémoglobine est (largement) au rendez-vous, <strong>Martyrs</strong> glisse ensuite vers le <em>gore</em> et le malaise venu d&rsquo;une brutalité sourde et d&rsquo;une rare crudité. <em>« Choquer,</em> dit le cinéaste, <em>ne m&rsquo;intéresse pas en soi mais il fallait vraiment qu&rsquo;on ait une sensation physique, organique de la douleur infligée, sinon on aurait perdu toute idée de gravité de cette violence, ça l&rsquo;aurait rendue &nbsp;&raquo;gadget&nbsp;&raquo; et faisait du film un objet passablement douteux. »</em> Plus de six heures de bonus accompagnent cette édition collector 4K UHD qui a violemment divisé la critique française. On y trouve notamment <strong>La chair et la peau</strong>, une analyse filmique inédite (30 mn) du film par Frédéric Astruc, auteur de l&rsquo;ouvrage <em>Martyrs de Pascal Laugier : Mélancolie du chaos</em>, <strong>Nos plaies à vif</strong> (42 mn), un entretien avec les deux actrices principales ou encore <strong>Au gré du chaos</strong>, un entretien en version longue inédite (54 mn) avec Pascal Laugier, réalisé en 2008. Un film qui hante longtemps… (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAObsession.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21705" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAObsession-202x300.jpg" alt="Obsession" width="202" height="300" /></a><strong>OBSESSION</strong><br />
Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou? Bear, un jeune homme introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Nikki, son amour secret et son <em>crush</em> de toujours, tombe alors raide dingue de lui&#8230; jusqu’à l’obsession la plus totale. C&rsquo;est à travers internet (<em>« Notre école de cinéma en dehors de l&rsquo;école de cinéma »</em> dit-il) que Curry Barker, le réalisateur d&rsquo;<strong>Obsession</strong>, se fait d&rsquo;abord connaître. Avec Cooper Tomlinson, l’un des acteurs d’<strong>Obsession</strong>, il forme un tandem comique. Sous le nom <strong>« That’s a Bad Idea »</strong> («  c’est une mauvaise idée »), le duo séduit un public fidèle avec ses sketchs diffusés sur YouTube. Barker tourne ensuite le court métrage <strong>The Chair</strong> qui cumule plus de neuf millions de vues sur YouTube avant de mettre en scène, en <em>found footage</em>, son premier long-métrage, le thriller d&rsquo;horreur <strong>Milk &amp; Serial</strong> (2024). Devenu un phénomène viral, le film fait forte impression à Hollywood, permettant à Barker, 27 ans, de monter son premier long métrage destiné aux salles obscures. <em>« Je voulais raconter,</em> dit le cinéaste, <em>une histoire dans laquelle un personnage fait une fixation sur un autre pour voir jusqu’à quelles extrémités peut conduire une telle obsession. À quel moment ce qu’on considère habituellement comme de l’amour cesse-t-il de l’être ? Et au fond, quel est le sens du mot amour ? »</em> Encore bouleversé par la mort brutale de son chat, Bear cherche à se reprendre en main. Il se dit qu&rsquo;il va enfin avouer ses sentiments à Nikki. Las, au moment décisif, le courage lui manque et il renonce. Tout bascule : Nikki (Inde Navarrette) se met à se comporter de manière étrange et c’est elle, désormais, qui manifeste son attirance irrépressible pour lui. Si, au départ, il s’agissait d’un fantasme qui se concrétisait, la situation ne tarde pas à dégénérer et à prendre une tournure sombre et profondément troublante. Autour de l&rsquo;idée d’un vœu qui se voit exaucé, Curry Barker place des personnages courants dans des situations extraordinaires. Bear (Michael Johnston) est un type bien mais il est aussi faillible, complexe, tour à tour vulnérable et cruel.<em> « J’aimerais,</em> dit encore le réalisateur, <em>que les gens, en quittant la projection, continuent de parler du film, qu’ils expriment ce qu’ils en ont pensé, comment ils auraient réagi à la place du protagoniste, et si les sentiments de Nikki relèvent de l’amour ou de l’obsession&#8230; »</em> Faites attention à ce que vous souhaitez ! (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACocotte.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21699" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAACocotte-177x300.jpg" alt="Cocotte" width="177" height="300" /></a><strong>COCOTTE</strong><br />
Née dans un élevage industriel, une poule noire Leghorn est mise de côté par un employé qui estime que son patron ne la voudra pas à cause de son apparence non conforme… Avec, derrière la tête, l&rsquo;idée de mettre cette poule au pot dans la cuisine familiale. Mais la poule parvient à s&rsquo;échapper. Elle erre jusqu&rsquo;à trouver refuge dans le poulailler d&rsquo;un petit restaurant familial quasiment en faillite où les propriétaires tentent de sauver les meubles et de survivre, y compris en faisant du trafic de migrants. La poule va découvrir, là, l’amour mais aussi la nécessité de se battre pour protéger ses œufs. Tourné en Grèce par le réalisateur hongrois György Pálfi, <strong>Cocotte</strong>, filmé à hauteur de poule, est un film original à cause de son point de vue. L&rsquo;histoire détaille une quête, tendre et ironique, de liberté qui résonne avec les combats silencieux et les petits arrangements de la vie humaine. Voici une odyssée aviaire qui mêle aventure, humour, ironie et drame. Le cinéaste évite d’en faire une simple fable moralisatrice. A travers le regard de la poule, on observe autrement les comportements humains. Plutôt que de créer une poule en images de synthèse, György Pálfi a choisi une petite dizaine de vraies poules (on ne sait si elles ont été élevées en plein air, voire en plein Gers) pour incarner ce « personnage » qui pose sur le monde des humains un regard des plus lucides. On connaissait les ânes de Robert Bresson (<strong>Au hasard, Balthazar</strong>, 1966) et de Jerzy Skolimowski (<strong>Eo</strong>, 2022), voici donc <strong>Cocotte</strong> aux prises avec la condition humaine. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAPinocchioDechainé.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21706" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAAPinocchioDechainé-181x300.jpg" alt="Pinocchio Dechainé" width="181" height="300" /></a><strong>PINOCCHIO DÉCHAINÉ</strong><br />
Adolescent orphelin, James vient de perdre son meilleur ami. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père Gepetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait nuire au jeune garçon, et se procurer les parties du corps dont il a besoin pour devenir humain. Encouragé dans cette quête par le diabolique Cricket, Pinocchio se retrouve entraîné dans une véritable frénésie meurtrière ! <em>« Il s’agit d’une histoire de passage à l’âge adulte tordue racontée du point de vue de la marionnette : une création qui lutte pour son autonomie tout en étant manipulée par les forces sinistres qui l’entourent. »</em> Le réalisateur Rhys Frake-Waterfield décrit ainsi son film, nouvel opus du <em>Twisted Childhood Universe</em> ou « univers de l’enfance déformée », la franchise britannique de films d&rsquo;horreur reprenant des personnages emblématiques de l’enfance pour les transformer en monstres sanguinaires comme Winnie l’Ourson, Peter Pan, Bambi et désormais Pinocchio. Dans cette relecture horrifique du célèbre conte de Carlo Collodi, le pantin de bois n’a plus rien de l’innocente créature que l’on connaît. C&rsquo;est une machine à tuer aussi inquiétante que fascinante, au cœur d’un cauchemar où l’enfance se teinte de sang. Pour donner vie à son personnage, le réalisateur a fait construire une marionnette animatronique entièrement fonctionnelle. Un choix qui confère à Pinocchio une présence particulièrement troublante à l’écran, renforcée par des effets gore aussi inventifs que généreux : le célèbre nez devient ainsi une arme redoutable ! Le film marque une nouvelle montée en puissance dans l&rsquo;univers des contes horrifiques avec des effets spéciaux très réussis. Ne se résumant pas à un déferlement d’hémoglobine, <strong>Pinocchio déchaîné</strong> s’intéresse à la quête d’autonomie de sa créature, et à son désir de devenir humaine. Une dimension psychologique qui nourrit une atmosphère de plus en plus oppressante, notamment à travers la relation avec un Gepetto obsessionnel, bien éloigné de la figure paternelle rassurante du conte original. Pour donner corps à cette vision particulièrement sombre, le réalisateur s’est offert un casting impressionnant pour une production de cette envergure, avec deux figures emblématiques du cinéma de genre : Richard Brake est un Gepetto inquiétant, tandis que Robert Englund (<strong>Les griffes de la nuit</strong>) prête sa voix au sinistre Jiminy Cricket. Disponible en DVD ainsi qu’en Combo Blu-ray + Blu-ray 4K, le film propose plusieurs bonus consacrés notamment à la conception de Pinocchio et de Cricket, permettant de découvrir les coulisses de cette relecture horrifique. (Arcadès éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAADeuxMalesAlexa.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21701" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAADeuxMalesAlexa-195x300.jpg" alt="Deux Males Alexa" width="195" height="300" /></a><strong>DEUX MÂLES POUR ALEXA</strong><br />
Jeune Parisienne, Alexa est mariée avec Ronald, un homme très riche mais beaucoup plus âgé qu&rsquo;elle. Alexa le trompe avec Peter et passe son temps libre avec lui dans une villa normande surplombant la mer. Alors qu&rsquo;ils sont au lit, Ronald débarque. Il n&rsquo;était pas en Suède pour un voyage d&rsquo;affaires comme il l&rsquo;avait dit. Arme au poing, il se tue sous les yeux des deux amants. Secoués par ce qui s&rsquo;est passé, ils tentent d&rsquo;appeler la police, mais se retrouvent dans l&rsquo;impossibilité de sortir de la chambre quand soudain des volets en fer claquent aux fenêtres et à la porte. Alexa et Peter se retrouvent piégés, et seuls le corps sans vie de Ronald et sa voix enregistrée leur tiennent compagnie. Il a décidé de condamner à mort sa femme et son amant en les emprisonnant dans le manoir en guise de pénitence pour l&rsquo;avoir humilié par leurs trahisons. Par naïveté et par désespoir, Peter tente tout pour trouver une issue, tirer sur les volets avec l&rsquo;arme que Ronald a utilisée pour se suicider, mettre le feu ou écrire des messages d&rsquo;appel à l&rsquo;aide sur des billets de banque en les laissant tomber par la fenêtre, mais en vain car la chambre est pratiquement blindée et la villa trop isolée. Dès le début, Alexa accepte sa mort imminente avec résignation, et sa mémoire la ramène aux événements qui l&rsquo;ont conduite à cet épilogue tragique : elle était étudiante à l&rsquo;université, encline à abandonner ses études au profit d&rsquo;une vie de plaisirs faciles, d&rsquo;argent et de mondanités… Genre inventé par le cinéaste italien Mario Bava en 1963 avec<strong> La fille qui en savait trop</strong>, le <em>giallo</em> a explosé dans les années 70. Mélange de thriller, de polar et d&rsquo;érotisme, le <em>giallo</em>, avec une mise en scène stylisée magnifiée par la musique, montre des meurtres sanglants perpétrés par des tueurs bien souvent masqués ou gantés, les victimes étant des jeunes femmes très peu vêtues. Enquêtes, machinations, rebondissements… <em>Giallo</em> italo-espagnol réalisé en 1971 par Juan Logar, <strong>Deux mâles pour Alexa</strong> s&rsquo;inscrit pleinement dans le genre avec cette ravissante Alexa (Rosalba Neri) qui accepte du vieillissant Ronald (Curd Jürgens), un pacte tacite : il entretient son oisiveté et elle le laisse profiter de sa jeunesse. Dans les suppléments, on trouve une présentation du film par Emmanuel le Gagne et Sébastien Gayraud. (Artus éditions)</p>
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		<title>Un rond-de-cuir pétainiste en quête d&#8217;efficacité</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 16:25:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21687" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21687" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut1-300x168.jpg" alt="Henri Marre (Swann Arlaud), un petit fonctionnaire de Vichy. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Henri Marre (Swann Arlaud),<br />un petit fonctionnaire de Vichy. DR</p></div>
<p><em>« Qu’est-ce ce que vous faites à Vichy ? »</em> Dans le brouhaha d&rsquo;une soirée animée mais à l&rsquo;atmosphère délétère, on a posé la question à Henri Marre. Sans attendre la réponse. Qui n &lsquo;intéresse personne. Paumé, il tourne dans les pièces. A l’écart des conversations qu&rsquo;il écoute et auxquelles il voudrait se joindre. En vain. Ici, un chef de cabinet parle d&rsquo;idéal à repenser. Un autre parle de Pétain comme d&rsquo;un vieil homme. Marre se crispe et dit sa ferveur pour le maréchal providentiel. Dans la chaleur de la soirée, d&rsquo;aucuns chantent <em>Carmen</em> et son <em>« Si tue n&rsquo;aimes pas, prends garde à toi&#8230; »</em> Tout en embarquant, discrètement, quelques victuailles au buffet, Marre affirme que le nazisme est grossier et qu&rsquo;il y a une <em>« voie française pour retrouver notre grandeur »</em>. Tandis qu&rsquo;on le traite de <em>« patriote du management »</em>, un nommé Henriot lui fait les lignes de la main pour conclure : <em>« Vous êtes à l’abri ! Il ne va rien vous arriver d’exceptionnel. »</em><br />
De fait, Henri Marre est un anonyme. En forme de petit fonctionnaire. Dont il a les atours. Le petit costume étriqué, le petit chapeau, la serviette en cuir. L &lsquo;homme est amer car il est convaincu qu&rsquo;on ne le prend pas au sérieux. Bien sûr, on pourrait oublier rapidement ce personnage sans goût, ni grâce. A ceci près que nous sommes en 1940, que Pétain est au pouvoir d&rsquo;une France qui s&rsquo;est baissée devant l&rsquo;Allemagne nazie. Et qu&rsquo;Henri Marre, après avoir bien galéré dans les couloirs encombrés de l&rsquo;hôtel du Parc a réussi, en clamant qu&rsquo;il voulait être utile, à décrocher un poste d&rsquo;inspecteur provincial au bureau de Limoges du Commissariat à la lutte contre le chômage.<br />
<em>« J’ai une tante férue de généalogie,</em> raconte le cinéaste, <em>qui m’a montré un carton avec les lettres de mes arrière-grands-parents. Je savais que mon arrière-grand-père avait été partie prenante du régime de Vichy, qu’il avait écrit ce livre Notre Salut, un traité politique pétainiste, qu’on voit dans le film. Dans ma famille, on n’a jamais parlé de lui comme une personne ayant participé à des choses horribles, mais plutôt comme un individu à côté de la plaque. On lui aurait presque reproché d’avoir raté sa carrière administrative plutôt que ce dans quoi il s’était engagé. (&#8230;) J’ai commencé à lire les lettres qui allaient de 1937 à 1946 et je me suis tenu à la période de l’occupation. En faisant des recherches dans les archives, j’ai découvert que des personnes comme lui, il y en a eu plein&#8230; C’est pourquoi, le film n’est pas un biopic d’Henri Marre, mais une interprétation libre de la matière de sa correspondance. »</em></p>
<div id="attachment_21688" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21688" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut2-300x168.jpg" alt="Réunion de travail au Commissariat à la lutte contre le chômage. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Réunion de travail au Commissariat<br />à la lutte contre le chômage. DR</p></div>
<p>En écrivant <strong>Notre Salut</strong>, qui a obtenu le prix du scénario à Cannes et une immense ovation à la projection de gala, le réalisateur va, à partir de ces lettres, s&rsquo;intéresser à un moment de confusion entre un échec intime et un échec national, l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme qui a confondu son sort personnel avec celui du pays.<br />
En octobre 1940, le mois où commence l&rsquo;action de <strong>Notre Salut</strong>, la dictature pétainiste prend deux décisions lourdes de conséquences. Le 3, est signée la loi excluant les Juifs de la vie publique, intellectuelle et financière. Le 24 à Montoire, symbole de la politique de collaboration, Pétain rencontre Hitler et s&rsquo;efforce de montrer qu&rsquo;une nouvelle ère s&rsquo;ouvre pour la France : de nation vaincue, elle devait, selon lui, accéder à un statut respectable en devenant le partenaire du vainqueur, dans le cadre du nouvel ordre européen dicté par l&rsquo;Allemagne nazie.<br />
C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;Emmanuel Marre, connu pour le décapant <strong>Rien à foutre</strong> (2021) inscrit l&rsquo;aventure d&rsquo;Henri Marre, 49 ans, qui débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Ce petit homme gris voit dans la nouvelle administration une belle opportunité pour sortir de l&rsquo;ombre. Dans sa valise, il a emporté une petite pile de <em>Notre Salut</em>, son traité politique édité à compte d’auteur. Marre y défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : <em>« gagner en efficacité »</em> pour relever la France de la débâcle.<br />
Rond-de-cuir à Vichy, Marre imagine pouvoir « redresser » quelque chose à l’échelle de la France et probablement aussi en lui-même. Car on apprend qu&rsquo;il a un casier judiciaire, qu&rsquo;il a commis des malversations, dilapidant les biens de sa famille… Alors, il est venu à Vichy pour trouver une occupation à la hauteur des talents qu’il estime avoir.</p>
<div id="attachment_21689" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21689" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut3-300x179.jpg" alt="Henri Marre avec Paulette, son épouse (Sandrine Blancke). DR" width="300" height="179" /></a><p class="wp-caption-text">Henri Marre avec Paulette,<br />son épouse (Sandrine Blancke). DR</p></div>
<p>Le choix de <strong>Notre Salut</strong>, c&rsquo;est de toujours laisser Pétain (sinon un plan de dos), Vichy, la collaboration, la grande Histoire, les Allemands même (hormis une courte séquence) hors champ. En jouant très régulièrement sur les échanges en voix off entre Marre et son épouse restée loin de Vichy, Emmanuel Marre centre son propos sur un temps très troublé vécu au quotidien. Au niveau de ce bureaucrate sinistre emporté dans un engrenage mortifère qu&rsquo;il feint de ne pas mesurer. Ou comment un régime autoritaire vient contaminer (et abolir) la vie des gens.<br />
Car cet homme est une parfaite et terrible illustration de la fameuse banalité du Mal décrite par Hannah Arendt. Un salaud zélé et méthodique qui fait son job, un point c&rsquo;est tout. Qui cherche le mot « juste » entre ramassage des Juifs, regroupement ou rassemblement. Ce qui est essentiel, dit-il, c&rsquo;est de tenir les délais. Et qu&rsquo;importe si le travail consiste à envoyer des Juifs à la mort.<br />
Au fil du récit, le film prend un tour de plus en plus âpre comme lorsqu&rsquo;un employé du service évoque la place disponible dans les wagons à bestiaux et observe que ça pourrait aller si les enfants, étant plus petits que les adultes, se <em>« serrent un peu… »<br />
</em>Avec une caméra portée, fluide et très mobile, <strong>Notre Salut</strong> joue la carte du faux documentaire. On colle ainsi à Marre, à son boulot, à ses brefs instants de détente avec sa famille, à ses sorties à des rassemblements pétainistes où il fait le salut nazi. Au coeur d&rsquo;une distribution sans visages connus, c&rsquo;est l&rsquo;excellent Swann Arlaud qui campe le pathétique et lamentable Henri Marre.</p>
<div id="attachment_21690" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21690" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/10/AAANotreSalut4-300x168.jpg" alt="&quot;L'essentiel, c'est de tenir les délais...&quot; DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est de tenir les délais&#8230;&nbsp;&raquo; DR</p></div>
<p>L&rsquo;une des trouvailles de cette œuvre absolument remarquable, c&rsquo;est l&rsquo;audace de l&rsquo;anachronisme qui apporte quelque chose de désinvolte et de vivant à un récit historique. Un « décalage » dans des dialogues qui sonnent de manière contemporaine mais surtout dans le choix de b.o. comme <em>Sounds Like a Melody</em> d&rsquo;Alphaville sur la soirée d&rsquo;ouverture, <em>Popcorn</em> de Gershon Kingsley pour un dîner s&rsquo;achevant par une danse à la préfecture de Limoges ou encore <em>Live is life</em> d’Opus sur les images d’archives de la foule en liesse accueillant le maréchal à Limoges, en juin 1941.<br />
Un anachronisme qui rappelle sans doute aussi que si <strong>Notre Salut</strong> est un film historique, il dit bien des choses sur le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et la société française de ce temps.<br />
Lorsqu&rsquo;enfin viendra le temps de la débâcle et de la fuite, Marre sera toujours ce pauvre type qui regarde un enfant s&rsquo;éloigner dans la lumière. Un gamin qui lui demande son âge avant de lui dire : <em>« T’as encore beaucoup de temps à vivre devant toi&#8230; »</em> Pour expier sa faute ?</p>
<p><strong>NOTRE SALUT</strong> Drame (France – 2h33 d&rsquo;Emmanuel Marre avec Swann Arlaud, Sandrine Blancke, Mathieu Perotto, Harpo Guit, Mathilde Abd-El-Kader, Jean-Baptiste Marre, Emmanuel Salinger, Laurent Poitrenaux, Thierry de Peretti, Raphaël Thiéry. Dans les salles le 30 septembre.</p>
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		<title>Justin, paysan en terre inconnue</title>
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		<pubDate>Sat, 26 Sep 2026 10:45:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ah dieu que la guerre est jolie ! L&#8217;antiphrase est grinçante mais dans le cas de Justin Le Juste, misérable paysan dans la France rurale de février 1915, elle ne résonne absolument pas. Car cet homme simple ne sait tout bonnement pas ce qu&#8217;est la guerre. Quand le curé de son village, entouré de deux gendarmes, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21675" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21675" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste1-300x124.jpg" alt="Justin (Alban Ivanov), un paysan lancé dans la tourmente guerrière." width="300" height="124" /></a><p class="wp-caption-text">Justin (Alban Ivanov), un paysan<br />lancé dans la tourmente guerrière.</p></div>
<p>Ah dieu que la guerre est jolie ! L&rsquo;antiphrase est grinçante mais dans le cas de Justin Le Juste, misérable paysan dans la France rurale de février 1915, elle ne résonne absolument pas. Car cet homme simple ne sait tout bonnement pas ce qu&rsquo;est la guerre. Quand le curé de son village, entouré de deux gendarmes, vient lui apprendre qu&rsquo;il est temps de défendre la mère patrie contre le boche, il ne comprend clairement pas de quoi il est question. Ce qui lui vaudra de prendre des coups, de se retrouver à terre le nez en sang et de partir, menotté et accroché à une carriole, au combat pour aller défendre la France. Lui qui ne connaît que son dur labeur et l&rsquo;existence des villages alentour qu&rsquo;en entendant le son lointain des cloches.<br />
Dès l&rsquo;ouverture du film, c&rsquo;est cette triste existence que le paysan, désormais sous la capote bleu horizon, raconte par le menu à Marie Baratier, journaliste au <em>Canard enchaîné</em>. Mais 14-18 est passé par là et le paysan paumé a vu l&rsquo;horreur, la misère et la mort en face : <em>« C&rsquo;est avec les mots que les riches font crever les pauvres, que les curés et les gendarmes envoient les paysans à la boucherie. »<br />
</em>En s&rsquo;appuyant librement sur <em>Justin le Juste ou La charrette</em>, l&rsquo;unique roman de Jean-Marc Pompougnac (1929-2001) publié en 1967 aux éditions de la Table ronde, qu&rsquo;Eric Barbier a imaginé son huitième film pour le grand écran après notamment <strong>La promesse de l&rsquo;aube</strong> (2017) et <strong>Petit pays</strong> (2020).<br />
<em>« J&rsquo;ai découvert,</em> dit le cinéaste, <em>l&rsquo;histoire de Justin, ce paysan qui se retrouve au front, qui ne comprend rien, confond les Allemands et les Français, mélange les grades de ses supérieurs, pense que les tirailleurs sénégalais sont les ennemis parce qu&rsquo;ils sont noirs, déserte sans aucun état d&rsquo;âme. Pompougnac prenait à rebours toutes les situations sur la guerre en les traitant par l&rsquo;absurde. Jamais je n&rsquo;avais lu de livre qui abordait la grande guerre sous un angle aussi satirique et antimilitariste. »<br />
</em></p>
<div id="attachment_21676" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21676" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste2-300x168.jpg" alt="Justin vient au secours d'un aviateur allemand." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Justin vient au secours d&rsquo;un aviateur allemand.</p></div>
<p>Dans son travail de documentation, Barbier a aussi plongé dans <em>Les carnets de guerre de Louis Barthas, tonnelier</em>, un récit qui n&rsquo;a pas été écrit après la guerre mais au jour le jour pendant le conflit et où l&rsquo;on voit, à travers ces écrits, toute la folie du commandement.<br />
La guerre de 14-18 a fourni au cinéma la matière d&rsquo;oeuvres majeures. On songe évidemment à <strong>La grande illusion</strong> (1937) de Jean Renoir, <strong>A l&rsquo;Ouest, rien de nouveau</strong> (1930) de Lewis Milestone, <strong>Johnny s&rsquo;en va-t-en guerre</strong> (1971) de Dalton Trumbo, <strong>La vie et rien d&rsquo;autre</strong> (1989) et <strong>Capitaine Conan</strong> (1996), tous deux de Bertrand Tavernier et on en oublie certainement…<br />
Mais Eric Barbier, lui, donne un film singulier. D&rsquo;abord parce que son personnage est un immense « naïf ». Un homme rude, qui connaît les difficultés du travail de la terre, qui sait combien une bonne charrette est indispensable pour ne pas crever à la tâche. Ensuite parce que ce Justin, qui n&rsquo;a rien demandé à personne, va se retrouver du côté des laissés pour compte, de la « chair à canon », des anonymes jetés dans les tranchées et dont le nom n&rsquo;existera plus que sur les monuments aux morts. Mais s&rsquo;il n&rsquo;est pas au fait des choses de la guerre, Justin est un homme droit qui va se retrouver, presque malgré lui mais ensuite en pleine conscience, du côté d&rsquo;une poignée de trouffions qui se révoltent contre la hiérarchie militaire et les patriotes de salon qui exhortent l&rsquo;héroïsme des soldats.</p>
<div id="attachment_21678" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21678" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste4-300x168.jpg" alt="Basile, le tirailleur (Birane Ba) qui apprend le monde à Justin." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Basile, le tirailleur (Birane Ba)<br />qui apprend le monde à Justin.</p></div>
<p>En gardant un temps un regard d&rsquo;enfant avant que ses yeux ne se décillent, Justin traverse des mondes où se révèlent les inégalités sociales, les rapports de force et de pouvoir. Il va côtoyer la lâcheté de certains, qu&rsquo;ils soient puissants (le colonel Joyard) ou misérables (les soldats prêts à tirer sur leurs amis), se confronter à des figures de l&rsquo;autorité, du propriétaire terrien qui l&rsquo;exploite comme un serf aux gradés de tous poils qui ne valent pas mieux les uns que les autres&#8230;<br />
Dans les pas de Justin, c&rsquo;est un vrai récit picaresque que donne Eric Barbier. Avec son « héros » qui va se retrouver dans les situations les plus périlleuses ou les plus ubuesques et dont il se sortira parce qu&rsquo;il est malin et intelligent.<br />
La mise en scène est des plus classiques et d&rsquo;ailleurs on n&rsquo;attend pas d&rsquo;Eric Barbier qu&rsquo;il fasse spécialement les pieds au mur. Il y a trois séquences de combat et lorsque les hommes, exténués et excédés, refusent de sortir des tranchées et d&rsquo;aller à la boucherie, on songe évidemment à Stanley Kubrick et ses <strong>Sentiers de la gloire</strong> (1957). Dans les deux films, il est question des fusillés pour l&rsquo;exemple condamnés en deux minutes par des tribunaux militaires pour avoir refusé de monter au front.<br />
Mais les séquences les plus cocasses sont celles où Justin est fêté comme un héros (il a sauvé de la mort un aviateur abattu) par les troupes allemandes pour un <em>« acte de haute portée humaine »</em>, avant de se retrouver accusé d&rsquo;être un espion du Deuxième bureau !</p>
<div id="attachment_21677" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21677" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAJustinJuste3-300x168.jpg" alt="Marie Baratier (Alexandra Lamy), une journaliste du Canard enchaîné. Photos Julien Panie" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">Marie Baratier (Alexandra Lamy),<br />une journaliste du Canard enchaîné.<br />Photos Julien Panie</p></div>
<p>Dans ses pérégrinations, Justin fera deux rencontres capitales : Marie, la journaliste du <em>Canard enchaîné</em>, animée par sa volonté d&rsquo;informer le public des exactions commises par l&rsquo;armée et de dénoncer le « bourrage de crâne » et Basile, le tirailleur africain, instituteur dans son pays, patriote, amoureux de la France et révolté par l&rsquo;injustice de la hiérarchie militaire.<br />
Ce film qui parle aussi de fraternisation, est porté par des comédiens qui se glissent avec aisance dans leurs personnages. Alexandra Lamy est Marie, la journaliste du <em>Canard</em>, Birane Ba, pensionnaire de la Comédie française, est Basile, le tirailleur lettré et l&rsquo;humoriste Alban Ivanov Justin le soldat perdu puis révolté. Enfin on est ravi de retrouver, ici, dans un petit rôle d&rsquo;espion allemand, l&rsquo;excellent David Bennent qui fut, en 1979, Oskar le tambour du film de Schlöndorff.<br />
<em>« Mais qu&rsquo;est-ce que je foutais dans ce merdier ! »</em> Justin se l&rsquo;est demandé très longtemps.</p>
<p><strong>JUSTIN LE JUSTE</strong> Drame (France – 1h54) d&rsquo;Eric Barbier avec Alban Ivanov, Alexandra Lamy, Birane Ba, Thierry Hancisse, Nicolas Avinée, David Bennett, Andreas Schröders, Ferdinand Dörfler, Jean-Edouard Bodziak, Yann Lesvenan. Dans les salles le 23 septembre.</p>
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		<title>Le secret de Rose et l&#8217;autre vie de Nora</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2026 15:43:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[LIBERTÉ.- Le vent souffle fort sur des terres grises, soulevant des fumeroles blanches. Des crânes fracassés et des ossements gisent sur le sol… Rose, un soldat revient des violents combats de la guerre de Trente Ans. Il porte sur la joue une grande balafre ramenée du Brabant. D&#8217;ailleurs, autour de son cou, il porte la [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21664" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21664" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose1-300x162.jpg" alt="&quot;Rose&quot;: Rose (Sandra Hüller). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Rose&nbsp;&raquo;: Rose (Sandra Hüller). DR</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Le vent souffle fort sur des terres grises, soulevant des fumeroles blanches. Des crânes fracassés et des ossements gisent sur le sol… Rose, un soldat revient des violents combats de la guerre de Trente Ans. Il porte sur la joue une grande balafre ramenée du Brabant. D&rsquo;ailleurs, autour de son cou, il porte la balle qui l&rsquo;a défiguré et qu&rsquo;il prend de temps en temps dans sa bouche. Cet homme est venu réclamer son héritage dans un village isolé d’Allemagne. Si ce mystérieux personnage inquiète la communauté villageoise protestante, on lui montre pourtant une grande masure bien décrépie. Comme pour se débarrasser de cet intrus, un propriétaire lui propose de racheter ce bien. Mais l&rsquo;homme entend bien oublier ici les affres de la guerre en redonnant vie à sa ferme. Et il a tous les documents qui attestent qu&rsquo;il a bien hérité de cette ferme.<br />
A force de labeur et de services rendus, Rose va gagner la confiance des habitants, pensant par là-même enterrer son secret. Un fermier influent lui propose alors d&rsquo;épouser l&rsquo;aînée de ses filles. Suzanna est une robuste jeune femme et Rose accepte le mariage, quitte à se tenir à distance de sa jeune épouse. <em>« Par égard,</em> dit-il,<em> pour sa pureté et pour la préserver longtemps »</em>. Piqué par des abeilles, Rose fait un malaise. On s&rsquo;empresse de lui retirer ses vêtements pour enlever les dards. Dans l&rsquo;intimité, Suzanna va découvrir le secret de Rose. Alors même que les villageois commencent à considérer Rose comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de son genre sexuel.<br />
L&rsquo;Autrichien Markus Schleinzer, 54 ans, est un cinéaste rare (il a réalisé trois films en quinze ans) mais qu&rsquo;on remarque ! <strong>Michael</strong>, son premier long-métrage en 2011, avait pétrifié le festival de Cannes en brossant de façon très clinique le portrait d&rsquo;un pédophile de trente-cinq ans qui tient séquestré un enfant de dix ans dans sa cave…<br />
Pour réaliser <strong>Rose</strong> (Allemagne – 1h34. Dans les salles le 9 septembre), couronné de l&rsquo;Ours d&rsquo;argent à la dernière Berlinale, le réalisateur s&rsquo;est appuyé sur le récit d&rsquo;une amie historienne qui lui souhaita son anniversaire en lui rapportant une affaire judiciaire allemande. 250 ans, jour pour jour, avant la naissance de Schleinzer, une femme avait été exécutée à Halberstadt pour s’être fait passer pour un homme et avoir été reconnue coupable de sodomie. <em>« Elle est aujourd’hui,</em> dit le metteur en scène, <em>considérée comme la dernière femme à avoir été condamnée à mort pour ce crime, qui englobait alors les relations entre hommes, la bestialité et certains actes de pénétration. »</em></p>
<div id="attachment_21665" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21665" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARose2-300x162.jpg" alt="&quot;Rose&quot;: Rose et Suzanna (Caro Braun) au coeur de la communauté villageoise. DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Rose&nbsp;&raquo;: Rose et Suzanna (Caro Braun) au coeur de la communauté villageoise. DR</p></div>
<p>Autour du personnage de Rose, que les villageois désignent, tour à tour comme le soldat, l’original ou l&rsquo;étrange héritier, le cinéaste a imaginé le récit, raconté par une voix off, d&rsquo;une quête de soi. Pour Rose, le désir de vivre en tant qu’homme naît de la liberté concrète que cette position lui offre. En décidant d&rsquo;écrire sa propre histoire, en étant contrainte au mensonge et donc à une constante vigilance, Rose se heurte aux normes rigides de son époque. Sans être pour autant une révolutionnaire, Rose est une femme qui choisit sa voie, refusant le destin social qui lui est assigné. Et qui, évidemment, lui coûtera extrêmement cher.<br />
Dans un noir et blanc grumeleux qui fait penser à l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un Bela Tarr, <strong>Rose</strong> s&rsquo;impose comme un conte fantastique autour d&rsquo;un personnage profondément ambivalent, à la fois fragile et problématique qui décide de franchir les barrières de sa condition, quitte à en payer les conséquences.<br />
En se souvenant de la peinture hollandaise du 16<sup>e</sup> au 18<sup>e</sup> siècles mais probablement aussi de la <strong>Passion de Jeanne d&rsquo;Arc</strong> (1927) de Dreyer, Schleinzer et son directeur de la photo Gerald Kerkletz réussissent une œuvre aussi contemplative que contemporaine qui fait de Rose une anti-héroïne queer.<br />
Avec un masque marmoréen traversé parfois de fulgurances angoissées, Sandra Hüller est remarquable en femme quêtant une impossible liberté. L&rsquo;interprète d&rsquo;<strong>Anatomie d&rsquo;une chute</strong> (2023) qu&rsquo;on verra, début décembre, en fille de Thomas Mann dans l&rsquo;excellent <strong>Fatherland</strong> de Pawel Pawlikowski incarne cette Rose qui dira, in fine, <em>« Je suis arrivée jusqu’ici et j’ai fait comme j’ai pu. »</em></p>
<div id="attachment_21662" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21662" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit1-300x162.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Nora (Hafsia Herzi). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Nora (Hafsia Herzi). DR</p></div>
<p><strong>HUIS-CLOS.-</strong> L&rsquo;air triste, Cristina, une artiste italienne, regarde des hommes emballer ses toiles dans de grande caisses. Dans son vaste atelier, reste un grand tableau abstrait qu&rsquo;elle n&rsquo;arrive pas à achever. Sortant de son école, Ida, une gamine pétillante au regard noir, passe voir sa grande amie.<br />
Elle est accueillie par Radia, une chienne malinoise que la fillette câline joyeusement avant de rentrer chez elle, juste en face, dans la ferme de ses parents. Elle traverse une grande étable où Tom Bergogne, son père, s&rsquo;occupe d&rsquo;un imposant troupeau de bovins…<br />
Plus tard dans la soirée, Nora, la maman, revient elle aussi à la maison. Pour son boulot, elle a passé un entretien dont elle n&rsquo;est pas satisfaite. Elle s&rsquo;emporte en voyant Ida jouer avec son téléphone et regarder une vidéo où la fillette danse avec ses parents.<em> « Supprime ça tout de suite !</em> dit Nora. <em>Je ne veux pas être sur les réseaux&#8230; »</em> Ida râle : <em>« Des fois, je voudrais être comme toi. Orpheline ! »</em> Le lendemain, Nora doit fêter son anniversaire. Tom lui prépare une surprise. Au petit jour, Tom emmène ses vaches au pré. Il passe chez Cristina qui lui demande ce qu&rsquo;il va offrir à Nora. Un voyage ? Cristina : <em>« Elle ne te mérite pas&#8230; »</em><br />
Une voiture sombre s&rsquo;arrête dans la ferme isolée. Cristina s&rsquo;inquiète : <em>« Qu&rsquo;est-ce que vous voulez ? »</em> Le type s&rsquo;incruste. Rejoint par son frère, ils font Cristina et Ida prisonnières. Plus tard, Franck, le frère aîné débarque à son tour. Suave, il s&rsquo;adresse à la fillette :<em> « Tu dois être Ida ! »</em> et lorsque Nora, à son tour, retrouve la ferme, Franck, qui a vu la vidéo sur les réseaux, la salue en l&rsquo;appelant Leila. <em>« Vous vous trompez ! Je vous dis que c’est pas moi&#8230; »</em><br />
Troisième long-métrage de Léa Mysius après <strong>Ava</strong> (2017) et<strong> Les cinq diables</strong> (2026), <strong>Histoires de la nuit</strong> (France – 1h54. Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement. Dans les salles le 16 septembre) est une adaptation du roman éponyme de Laurent Mauvignier paru en 2020 aux Editions de minuit. La réalisatrice a imaginé cette adaptation comme une version féministe de <strong>A History of Violence </strong>de David Cronenberg  dans la campagne française.</p>
<div id="attachment_21663" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21663" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHistoiresNuit2-300x162.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Cristina (Monica Bellucci) et Ida (Tawba El Gharchi). DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Cristina (Monica Bellucci)<br />et Ida (Tawba El Gharchi). DR</p></div>
<p>Présenté en compétition et en sélection officielle à Cannes en mai dernier, <strong>Histoires…</strong> se présente comme une sorte de <em>home invasion movie</em> dont l&rsquo;archétype reste le fameux <strong>Funny Games</strong> (1997) de Michael Haneke.<br />
Tout en allant d&rsquo;un espace à l&rsquo;autre (la maison-atelier de Cristina et la salle à manger des Bergogne), la cinéaste installe sobrement un huis-clos sous haute tension où le spectateur est invité à débusquer le mystère des personnages dans les interstices et les silences. Car ce qui retient, ici, l&rsquo;attention, plus qu&rsquo;une action qui se dilate lentement, ce sont les secrets des adultes et le vertige qui s&rsquo;empare d&rsquo;une presqu&rsquo;adolescente dont les repères s&rsquo;évanouissent. Qui est Cristina, cette peintre qui ne vend plus de toiles depuis longtemps ? Pourquoi Tom tourne-t-il du côté des prostituées qui tapinent à côté de leurs camping-cars ? Et surtout qu&rsquo;a donc à dissimuler Nora ? En débarquant, avec ses deux frères, dans la paisible ferme, Franck va faire surgir un passé bien glauque.<br />
Ici, ce sont trois femmes qui sont au coeur de l&rsquo;intrigue. Dans son strict tailleur-pantalon, Nora, qui vient d&rsquo;être nommée responsable de pôle, donne le change en s&rsquo;étant construit une autre existence. Constamment surveillée par Bègue, un garçon fragile et inquiétant qui parle du soir où il est devenu fou, Cristina va se lancer dans une dangereuse tentative de manipulation. Quant à Ida, elle est bouleversée par la « douceur » de Franck qui voudrait qu&rsquo;elle vienne vivre avec lui.<br />
Un temps, on se dit que tout cela pourrait bien finir. Mais est-ce seulement possible… Monica Bellucci (Cristina), Hafsia Herzi (Nora/Leila) et la brillante Tawba El Gharchi (Ida) donnent la réplique à Benoît Magimel (Franck), Bastien Bouillon (Tom), Paul Hamy (Flo) et Alane Delhaye (Bègue). Une belle affiche !</p>
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		<title>LES ESPIONS DE ROBERT DE NIRO ET LES CHANTEUSES D&#8217;AGNÈS JAOUI</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Sep 2026 12:44:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[RAISONS D&#8217;ETAT Pour Edward Wilson, témoin du suicide de son père et membre des Skull and Bones, confrérie d&#8217;élite de l&#8217;université Yale, l&#8217;honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. L&#8217;attachement à ces valeurs conduit ce personnage discret et brillant à participer à des activités d&#8217;espionnage pendant la guerre, puis à entrer au début de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARaisonsEtat.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21636" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAARaisonsEtat-200x300.jpg" alt="Raisons Etat" width="200" height="300" /></a>RAISONS D&rsquo;ETAT</strong><br />
Pour Edward Wilson, témoin du suicide de son père et membre des <em>Skull and Bones</em>, confrérie d&rsquo;élite de l&rsquo;université Yale, l&rsquo;honneur et la discrétion sont des valeurs primordiales. L&rsquo;attachement à ces valeurs conduit ce personnage discret et brillant à participer à des activités d&rsquo;espionnage pendant la guerre, puis à entrer au début de la guerre froide à la CIA, l&rsquo;agence gouvernementale créée en 1947. Influencé par l&rsquo;ambiance suspicieuse que provoque la guerre froide dans toute l&rsquo;agence, Wilson se montre de plus en plus méfiant et sur ses gardes. Son pouvoir grandit, mais il a de moins en moins confiance en ceux qui l&rsquo;entourent. Lorsque son fils, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas vu grandir, lui annonce qu’il marchera dans ses pas, il prend conscience des sacrifices qu’il a faits pour sa carrière au moment même où son nom est sur le point d&rsquo;être éclaboussé par le scandale entourant l&rsquo;échec du débarquement de la baie des Cochons à Cuba. Dans cet univers dominé par la paranoïa et le secret, Edward se coupe peu à peu de ses proches… Après l&rsquo;acclamé <strong>Il était une fois le Bronx</strong> (1993), Robert De Niro confirme son talent de metteur en scène avec <strong>The Good Sheperd</strong> (en v.o.), son second (et dernier à ce jour) long-métrage qui se révèle être bien plus qu&rsquo;un thriller d&rsquo;espionnage. À travers l&rsquo;ascension d&rsquo;un agent recruté aux premiers jours de la CIA, le cinéaste livre une plongée vertigineuse dans les coulisses du pouvoir américain, retraçant plusieurs décennies d&rsquo;histoire politique, des années 40 aux années 60. Entre secrets d&rsquo;État, manipulations et paranoïa, le cinéaste compose une grande fresque historique, où la quête de vérité se heurte sans cesse à la raison d&rsquo;État. Servi par une reconstitution historique d&rsquo;une remarquable précision, le film déploie une atmosphère feutrée, froide et profondément paranoïaque. Soutenu par l&rsquo;élégante photographie de Robert Richardson (<strong>Il était une fois à Hollywood</strong>, <strong>The Aviator</strong>), et une mise en scène d&rsquo;une grande maîtrise, <strong>Raisons d&rsquo;Etat</strong> plonge le spectateur dans un univers d&rsquo;ombres et de faux-semblants, où la méfiance est permanente et le secret une raison de vivre, et où chaque décision peut avoir des répercussions à l&rsquo;échelle mondiale. Fidèle à son ambition, Robert De Niro réunit devant sa caméra de grands noms du cinéma américain. Matt Damon, dans le rôle d&rsquo;Edward Wilson, impressionne par la retenue de son interprétation, tandis qu&rsquo;Angelina Jolie apporte une profondeur émotionnelle au personnage de l&rsquo;épouse de Wilson. Avec son charisme naturel, De Niro incarne Bill Sullivan, directeur de l&rsquo;OSS, fondateur de la CIA. A leurs côtés, le reste du casting est impressionnant : Alec Baldwin, Joe Pesci, William Hurt, John Turturro, Michael Gambon ou encore Billy Crudup. Plus de vingt ans après sa sortie, <strong>Raisons d&rsquo;Etat</strong> reste encore aujourd’hui l&rsquo;une des représentations les plus ambitieuses et crédibles du monde du renseignement au cinéma. Dans les suppléments, on trouve un entretien inédit (35 mn) avec Nathalie Bittinger, maîtresse de conférences en cinéma, qui revient sur la richesse thématique et la portée historique du film. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAObjetDelit1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21635" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAObjetDelit1-190x300.jpg" alt="Objet Delit" width="190" height="300" /></a><strong>L&rsquo;OBJET DU DELIT</strong><br />
<em>« Ça dure trois heures ! »</em> dit l’un. <em>« Ben oui, c’est un opéra ! »</em> dit l’autre… Une équipe artistique et technique s’apprête à monter <em>Les noces de Figaro</em> qui doivent être bientôt données dans les ruines majestueuses du château de Lacoste, dans le Vaucluse. Igor, le chef d’orchestre, est ravi de retrouver la baguette pour diriger cet <em>opera buffa</em> et tout heureux de savoir que le rôle de la comtesse sera tenu par Hannah Liebmann, la célèbre cantatrice qui partagea autrefois, un temps, sa vie. Mme Liebmann, de retour en France après des contrats à l’étranger, apprend par son frère, que leur père est en train de perdre la tête. La mise en scène a été confiée par le producteur Nicolas Poirier, un roi des nuits parisiennes, à la gracile Mirabelle, une icône de la mode, qui s’excuse constamment de tout et de rien auprès de son équipe. Quant au mécène Pastourel, il n’a pas hésité à mettre une grosse somme dans la production… à condition que sa fille chante le rôle de Suzanne. Alors que Mirabelle réclame d’immenses phallus dans le décor pour dire combien <em>Les noces…</em> donnent une image forte du patriarcat, Sophie se plaint d&rsquo;une agression sexuelle commise pendant une répétition sur sa personne par le baryton italien Piazzoni, l’interprète du comte Almaviva. Très vite, portée par Cora, qui chante Chérubin, le ton monte et provoque des tensions dans l’équipe. On apprend aussi que, sur les réseaux sociaux, une fameuse chanteuse d’opéra va publier une liste de personnalités ayant eu des comportements inopportuns. Igor commence à s’inquiéter sérieusement. La vague #MeToo va-t-elle s’abattre sur le monde de l’opéra ? Présenté hors compétition à Cannes en mai dernier, <strong>L’objet du délit</strong> marque le retour à la réalisation d’Agnès Jaoui après la disparition, en 2021, de Jean-Pierre Bacri, son compagnon et co-scénariste, auquel le film est dédié. L’intrigue est née du désir de la réalisatrice de partager son amour de l’opéra avec le public mais aussi d’évoquer <em>« ses expériences en tant qu’actrice et réalisatrice dans une industrie dominée par les hommes ».</em> <strong>L’objet du délit</strong> fait entrer le spectateur dans les coulisses d’une ambitieuse production d’opéra. C’est l’occasion de découvrir l’envers du décor à travers des personnages tour à tour savoureux, naïfs, crispants, touchants comme Samir, le nouveau régisseur qui n’a jamais mis les pieds sur un plateau d’opéra ou graves à l’image de Hannah Liebmann qui souffre de presbyphonie, le vieillissement naturel de la voix. Indéniablement, les tensions nées de l’accusation d’agression sexuelle de Piazzoni, en mettant en péril la production et en forçant chacun à prendre position, installe une forme de suspense. D’autant que, comme il est dit, aux premières images du film, <em>« quand chacun a sa conscience de la justesse, arrive la cacophonie »</em>. Mais porté par les sublimes airs de Mozart, <strong>L’objet du délit</strong> acquiert à ce titre une forme de grâce qui fait de cette aventure artistique un beau moment de cinéma. Car, in fine, <em>Les noces de Figaro</em> se joueront avec succès dans la nuit provençale. Mais, dans la coulisse, Piazzoni peut se faire bien du souci pour la suite de sa carrière. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAccident.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21626" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAccident-216x300.jpg" alt="Accident" width="216" height="300" /></a><strong>ACCIDENT</strong><br />
Anna et William, deux étudiants, sont victimes d&rsquo;un accident de la route à proximité du domicile de Stephen, leur professeur de philosophie à Oxford chez qui ils se rendaient. Alerté par le bruit, Stephen accourt sur les lieux. Il découvre William mort et extrait Anna du véhicule accidenté pour la recueillir chez lui. Il pense que c&rsquo;est elle qui conduisait et cache sa présence à la police pour lui éviter d&rsquo;avoir des ennuis. Alors qu&rsquo;elle est semi-endormie chez lui, encore choquée par l&rsquo;accident, Stephen se remémore les mois passés, marqués par le désir et la frustration que crée l&rsquo;arrivée de la belle Anna, énigmatique étudiante venue d&rsquo;Autriche. Après <strong>The Servant</strong> (1963) et avant <strong>Le messager</strong> (1971), <strong>Accident,</strong> sorti en 1967, est le « centre » de la trilogie que Joseph Losey a imaginé avec le dramaturge Harold Pinter en tant que scénariste. Les deux artistes devaient aussi mettre en œuvre une adaptation de l&rsquo;œuvre de Marcel Proust <em>À la recherche du temps perdu</em> mais elle ne verra pas le jour. Dans un récit construit en flash back et en jouant sur des plans longs, des échanges elliptiques, des silences et une photographie soignée (Losey collabore pour la première fois avec Gerry Fisher), <strong>Accident</strong> produit une atmosphère oppressante et réaliste. Dans l’univers feutré et intellectuel d’Oxford, où des universitaires et des étudiants mènent une vie apparemment paisible mais marquée par l’ennui, les conventions sociales sont mises à mal tandis que les tensions et les non-dits règnent autour de la présence d&rsquo;une Anna qui provoque des passions primitives et libère les instincts, les antagonismes et les désespoirs… <strong>Accident</strong> qui remporta le Prix du jury au festival de Cannes 1967, repose sur quatre personnages avec Stephen (Dirk Bogarde), professeur d’université marié, dont la vie routinière est bouleversée par l’arrivée d&rsquo;Anna (Jacqueline Sassard), jeune étudiante énigmatique et sensuelle, Charley (Stanley Baker), collègue de Stephen, plus direct et provocateur, dont la relation avec Anna devient un catalyseur de conflits, enfin William (Michael York), étudiant idéaliste et naïf, dont l’innocence contraste avec les manipulations des adultes. Grands admirateurs d&rsquo;Alain Resnais, Losey et Pinter lui rendent un évident hommage dans <strong>Accident</strong>, dans une séquence inspirée de <strong>Muriel, ou le temps d&rsquo;un retour</strong> et interprétée par la même actrice : Delphine Seyrig. Présenté dans un coffret 4K UHD et accompagné de nombreux suppléments, <strong>Accident</strong> parle, avec brio, des dynamiques de pouvoir et des relations toxiques. Intellectuel et sensuel ! (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAANeonPeople.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21633" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAANeonPeople-187x300.jpg" alt="Neon People" width="187" height="300" /></a><strong>THE NEON PEOPLE</strong><br />
La vie de sans-abris qui vivent dans les tunnels de drainage sous Las Vegas. Le film présente une galerie de personnages au fil des rencontres du réalisateur avec les personnes qui habitent dans ces tunnels étroits, sombres, insalubres et inhabitables. Leur vie consiste à maintenir une existence précaire, une hygiène, un chez-soi. Le contraste est saisissant avec les néons des casinos de Las Vegas présentés dans les premiers plans du film. S&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un documentaire, Jean-Baptiste Thoret mentionne un hommage au cinéma de John Carpenter, choisissant des effets de lumière et de couleur très nets, dans les bleutés ou les orangés. Le réalisateur a eu l&rsquo;idée du documentaire après sa rencontre avec un sans-abri à Las Vegas, l&rsquo;informant de l&rsquo;existence de ces tunnels d&rsquo;évacuation de l&rsquo;eau dont l&rsquo;entrée est formellement interdite. C’est une réalité que peu de gens connaissent : la ville de Las Vegas est doublée d’un immense réseau de souterrains, labyrinthe obscur et souvent dangereux où des milliers de sans-abri trouvent refuge. Filmé en CinemaScope, <strong>The Neon People</strong> veut mettre la lumière sur ce peuple des invisibles, en leur donnant la parole. Qui sont-ils ? Comment vivent-ils au jour le jour ? Quels sont leurs espoirs ? C’est une odyssée paradoxale dans le ventre honteux de l’une des villes les plus riches du monde, un plongeon à l’intérieur de l’envers monstrueux et fascinant de nos sociétés de consommation. Après <strong>We Blew It</strong> (2017) et <strong>Michael Cimino, un mirage américain</strong> (2021), <strong>The Neon People</strong>, inédit en Blu-ray, est le troisième film que le réalisateur et historien du cinéma Jean-Baptiste Thoret consacre à une certaine vision de l’Amérique. Dans les suppléments, on trouve <strong>Les tunnels s&rsquo;éveillent</strong> (37 mn), un entretien avec le réalisateur Jean-Baptiste Thoret qui explique : <em>« Au moment de trouver des financements pour The Neon People, je m’amusais à dire : &laquo;&nbsp;On va faire un film de Frederick Wiseman filmé par John Carpenter&nbsp;&raquo; »</em>. Avec <strong>Dans ls ténèbres</strong> (29 mn), le chef opérateur Colin Lévêque et l’ingénieur du son Julien Brossier commentent quelques scènes clés du film. A voir également six scènes coupées et une fin alternative, dont certaines présentées par le cinéaste. A entendre : onze pistes musicales de la b.o. composées par Jean-Baptiste Thoret. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATesis.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21638" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATesis-203x300.jpg" alt="Tesis" width="203" height="300" /></a><strong>TESIS</strong><br />
Etudiante en cinéma dans une université madrilène, Angela prépare une thèse sur la violence dans les médias audiovisuels et cherche à analyser l&rsquo;impact des images violentes sur les spectateurs. Curieuse mais inexpérimentée, elle demande l&rsquo;aide de Figueroa, son professeur, pour trouver des exemples concrets de contenus violents. Un jour, Figueroa lui dit qu&rsquo;il va chercher une cassette dans la vidéothèque de l&rsquo;université, mais il est retrouvé mort peu après dans une salle de projection, victime d&rsquo;une crise cardiaque. Près de son cadavre, Angela trouve une cassette VHS qu&rsquo;elle décide d&rsquo;emporter. Lorsqu&rsquo;elle la visionne chez son ami Chema, un étudiant passionné de films d&rsquo;horreur et de gore, ils découvrent avec horreur qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un<em> snuff movie</em> montrant l&rsquo;exécution réelle d&rsquo;une femme torturée et tuée. Angela et Chema se lancent alors dans une enquête pour comprendre l&rsquo;origine de cette vidéo. Il remarque vite que la jeune femme du film était une ancienne étudiante de leur université, disparue mystérieusement. Leur investigation les mène à Bosco, un étudiant séduisant, mais au comportement étrange. Troublée par Bosco, Angela (Ana Torrent, découverte en 1976 dans <strong>Cria cuervos</strong>) se rapproche de lui tout en continuant ses recherches. Pendant ce temps, Chema se méfie énormément de Bosco, qu&rsquo;il considère comme dangereux. Angela découvre que Bosco possède une caméra et du matériel de tournage, ce qui renforce les soupçons. Elle commence à être suivie et harcelée par une présence mystérieuse. Quelqu&rsquo;un semble vouloir l&rsquo;empêcher de poursuivre son enquête. Elle découvre aussi que son professeur a été tué juste après avoir visionné la cassette… Alejandro Amenabar a 23 ans lorsqu&rsquo;il réalise, avec le scénariste Mateo Gil, ce thriller psychologique et horrifique espagnol qui explore le voyeurisme et la fascination malsaine pour la violence, la frontière entre fiction et réalité dans les images, la complicité passive du spectateur face à des contenus extrêmes ou la manipulation médiatique et la responsabilité des créateurs d’images. Inspiré par des films comme <strong>Le voyeur</strong> (1960) de Michael Powell ou <strong>Blow up</strong> (1966) d&rsquo;Antonioni, le cinéaste hispano-chilien imagine, avec une forte tension dramatique, un univers sombre et angoissant qui évite le gore explicite mais suggère l’horreur à travers des sons, des silences et des images ambiguës. Présentée dans la collection <em>Make my Day</em> de Jean-Baptiste Thoret, l&rsquo;édition comprend, dans ses suppléments, une préface (7 mn) de J.B. Thoret, un making of (22 mn), quatre scènes coupées (7 mn) et deux documents : <strong>Tesis revue par Fausto Fasulo</strong> (45 mn) et <strong>La mort à portée de main : Alejandro Amenabar à propos de Tesis</strong>. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAutofiction.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21629" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAutofiction-165x300.jpg" alt="Autofiction" width="165" height="300" /></a><strong>AUTOFICTION</strong><br />
Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d’un terrible mal de tête. Elle s’allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n’y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux urgences. On dirige Elsa vers une chambre mais elle demande si on ne peut pas plutôt l’hospitaliser dans la chambre d’en face. Surprise mais complaisante, l’infirmière accepte. Plus tard, la médecin de garde lui posera quand même la question. <em>« Pourquoi avez-vous demandé à changer de chambre ?</em> » Elsa explique qu’il y a longtemps déjà, elle était venue dans cet hôpital pour tourner l’un des deux films qu’elle a réalisés pour le grand écran. Même si ses deux œuvres sont devenues culte (<em>« ce qui veut dire qu’elles n’intéressent personne et que très peu de spectateurs les ont vues »</em>), Elsa Rosado s’est aujourd’hui tournée vers la publicité <em>« parce que ça rapporte plus »</em>. Et puis le docteur Garcia se demande aussi où elle a déjà croisé Bonifacio. De fait, dans un night-club où Bonifacio, sapeur-pompier professionnel dans le civil, devient Beau, strip-teaseur pour enterrements de vie de futures mariées… Avec <strong>Autofiction</strong> (qui a marqué son retour en compétition à Cannes), Pedro Almodovar inventorie une nouvelle fois les affres de la création. Dévorée par les crises d’angoisse, Elsa ne sent plus bonne à rien et surtout pas à écrire. Elle décide donc d’aller passer le long week-end de la fête de la Constitution de 2004 à Lanzarote avec son amie Natalia (Milena Smit), jolie mannequin mais complètement dépressive depuis la mort accidentelle de son enfant. Pour se remettre au travail, Elsa (Barbara Lennie) s’inspire des malheurs personnels de ses amis proches. Ce que fait également Raul Duran. Le cinéaste, évident alter-ego d’Almodovar, écrit un scénario qui s’avère être l’histoire d’Elsa. Pour surmonter sa panne d’inspiration, Raul plonge dans les événements de sa propre vie, de son petit ami Santi ou encore de Monica (Aitana Sanchez-Gijon), son assistante et agent, qui craque et menace Raul tout en lui tournant désormais le dos pour aller s’occuper de son amie Elena. Dans une mise en scène qui fait toujours la part belle à cette véritable signature que sont les intérieurs très colorés, Almodovar organise un jeu où se mêlent constamment la réalité et la fiction en livrant un autoportrait passablement nostalgique. <em>« Tu as déjà fait tes meilleurs films. Tu peux vivre sur ton prestige »</em> lui dit-on. Et d’affirmer que la fiction n’a pas le pouvoir de sauver quelqu’un. Pire : <em>« Tu nous as vampirisé et ça ne donne même pas un bon scénario ! »</em> On peut s’amuser à débusquer, ici, ce qui « appartient » à Almodovar, ainsi les problèmes de sommeil de ses personnages, l’abondant usage de médicaments ou encore ce cauchemar d’une vieille dame qui, sur son lit d’hôpital, imagine un impressionnant orage alors qu’il fait dehors un soleil radieux. L&rsquo;univers almodovarien est bien là mais il ne nous surprend plus comme autrefois. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAliceGuy.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21627" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAliceGuy-192x300.jpg" alt="Alice Guy" width="192" height="300" /></a><strong>ALICE GUY – UNE PIONNIÈRE DU CINÉMA</strong><br />
D&rsquo;abord secrétaire de l&rsquo;ingénieur Léon Gaumont, qui vendait des appareils photographiques, Alice Guy assiste toute jeune à l&rsquo;invention du cinématographe en 1895, puis écrit et réalise des centaines de films pour l&rsquo;entreprise de son patron, qui va lui confier la direction de son studio. À l&rsquo;époque, les cinéastes travaillent dans l&rsquo;anonymat. Pendant longtemps, le nom d&rsquo;Alice Guy sera oublié, comparé aux hommes de la même époque (les frères Lumière, Georges Méliès). Plus tard, la première femme réalisatrice de l&rsquo;histoire du 7<sup>e</sup> art fit carrière aux États-Unis en montant sa propre compagnie. Quand Alice Guy débute, les salles de cinéma n&rsquo;existent pas. Les films sont considérés comme des curiosités, des attractions visibles dans les fêtes foraines et les music-halls, et non de l&rsquo;art. On s&rsquo;émerveille surtout de voir des personnes réelles bouger sur un écran. C&rsquo;est pour ce public en quête de distraction qu&rsquo;Alice Guy écrit et réalise ses films, qu&rsquo;on appelait alors des « vues ». Ils sont faits pour créer la surprise, le rire, l&rsquo;étonnement. Voilà pourquoi on y voit surtout des apparitions magiques, des clowns et des animaux savants, des danseuses, des histoires comiques&#8230; Si ces films sont aussi simples, c’est parce qu’ils doivent plaire à tout le monde, enfants et adultes, classes populaires ou plus aisées. Si les frères Lumière montraient surtout des scènes de la vie réelle, Alice Guy est l&rsquo;une des premières à se servir d&rsquo;une caméra pour raconter des histoires tirées de son imagination, des romans et des récits qu&rsquo;elle aimait. Pour ce faire, elle reprend d&rsquo;abord les codes du théâtre : les comédiens sont filmés face à la caméra, comme sur une scène. On parle alors de « tableaux » : chaque scène correspond à un tableau, et tout se passe à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un cadre fixe, qui reflète le point de vue du spectateur dans la salle. Petit à petit, les histoires s&rsquo;allongent et installent un véritable suspense dramatique (<strong>Le matelas alcoolique</strong>, <strong>Le fils du garde-chasse</strong>, <strong>Sur la barricade</strong>). Dans ces films, les personnages parcourent l&rsquo;espace sur de longues distances, souvent dans des décors réels (des rues, une forêt&#8230;). Alice Guy crée alors des relations logiques entre les différents plans : ce sont les débuts du montage. On peut découvrir Alice Guy à travers un programme conçu à l’initiative de <em>Collège au Cinéma</em>, composé de 17 titres de 1899 à 1910: six réalisés par Alice Guy, huit attribués à Alice Guy, deux anonymes et un film d&rsquo;Emile Cohl (<strong>Le bonsoir final</strong>). Au programme : <strong>Faust et Méphistophélès</strong> (1903 &#8211; 2 min), <strong>Danse serpentine par Bob Walter</strong> (1899 &#8211; 1 min 30), <strong>Le matelas alcoolique</strong> (1906 &#8211; 10 min 30) dans lequel un ivrogne se cache dans le matelas d&rsquo;une matelassière partie au café. Le matelas devient incontrôlable, puis sème l&rsquo;effroi chez les clients avant que le trouble-fête ne soit emmené par un gendarme, <strong>La marâtre</strong> (1906 &#8211; 8 min), <strong>Questions indiscrètes</strong> (vers 1906 &#8211; 3 min 30), <strong>Le fils du garde-chasse</strong> (1906- 5 mn), <strong>Chirurgie fin de siècle</strong> (1900 &#8211; 2 min 10), <strong>La fée aux choux ou la naissance des enfants</strong> (1900 – 1 mn), <strong>Sur la barricade</strong> (1907 &#8211; 4 min 30) dans lequel un jeune garçon, confondu avec un insurgé pendant la Commune alors qu&rsquo;il allait chercher du lait, échappe au peloton grâce au courage de sa mère et à la pitié du capitaine, <strong>L&rsquo;hiver : danse de la neige</strong> (1900 – 1 mn), <strong>Coucher d&rsquo;une Parisienne</strong> (1900 – 1 mn), <strong>Les chiens savants</strong> (1902 – 3 mn 30), <strong>Chien jouant à la balle</strong> (1905 – 1 mn), <strong>Chapellerie et charcuterie mécaniques</strong> (1900 – 1 mn), <strong>Chez le photographe</strong> (1900 – 1 mn), <strong>Alice Guy tourne une phonoscène dans les studios des Buttes-Chaumont</strong> (1907 – 2 mn). (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAEntretienVampire.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21631" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAEntretienVampire-230x300.jpg" alt="Entretien Vampire" width="230" height="300" /></a><strong>ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE</strong><br />
De nos jours, dans une chambre d&rsquo;hôtel de San Francisco, Daniel Malloy, un journaliste, enregistre sur son magnétophone le récit d&rsquo;un vampire âgé de plusieurs siècles, un homme élégant, à l&rsquo;allure aristocratique et au visage blafard. En 1791, Louis de Pointe du Lac était le jeune propriétaire de la Pointe-du-lac, un domaine agricole près de La Nouvelle-Orléans. Après le décès de son enfant et de sa femme, morte en couches, il rencontre un vampire, nommé Lestat de Lioncourt, qui lui offre l&rsquo;immortalité en échange d&rsquo;une vie luxueuse de colon français. Louis profite alors de son dernier coucher de soleil, puis il est presque vidé de son sang par Lestat, qui lui fait boire ensuite sa propre substance de vampire. La vie de mortel de Louis est ainsi terminée. Ses sens sont décuplés, il découvre un monde aux senteurs et aux sons inédits, mais cette existence se fonde sur la mort des autres : ceux qui fournissent leur sang contre leur gré. Les deux vampires ne vivent pas leur état de la même manière. Louis pose inlassablement des questions sur cet état, leurs origines, leurs pouvoirs, etc. Et Lestat fait la sourde oreille. Louis éprouve aussi du dégoût pour leur manière de se nourrir, car il ne veut pas tuer d&rsquo;humain et préfère boire le sang des animaux pour subvenir à ses besoins. Lestat estime que les troubles de Louis sont absurdes et il le provoque souvent sur ce sujet, tuant de son côté au moins un humain par soir… En 1994, Neil Jordan, déjà réalisateur de <strong>La compagnie des loups</strong> (1984), <strong>Mona Lisa</strong> (1986) ou <strong>The Crying Game</strong> (1992), signe <strong>Entretien avec un vampire</strong>, adaptation du roman éponyme d&rsquo;Anne Rice, publié en 1976, qui sera un gros succès sur les écrans américains (en France, le film réunit 1,6 million de spectateurs), notamment à cause de la présence au casting de Brad Pitt dans le rôle de Louis et de Tom Cruise dans celui du charismatique et cruel Lestat de Lioncourt. Autour de ce duo, on remarque Kirsten Dunst, alors âgée de 11ans, Antonio Banderas ou Christian Slater qui reprend le rôle dévolu à River Phoenix, mort peu avant le début du tournage. Présenté dans un steelbook 4K UHD+ Blu-ray, <strong>Entretien…</strong> explore le thème de l&rsquo;humanité du monstre à travers le personnage de Louis. Son conflit moral, son attachement émotionnel, sa quête de sens et d&rsquo;identité, sa résistance à la transformation totale et la préservation de sa vulnérabilité soulignent une humanité persistante en dépit de sa nature vampirique. Louis incarne ainsi un monstre complexe, reflétant la dualité entre sa condition de vampire et les éléments fondamentaux de son humanité. Louis ou le plus humain des vampires ! Même s&rsquo;il va accepter son immortalité et sa condition de vampire&#8230; Le coffret est accompagné de nombreux suppléments dont une introduction par Anne Rice, Neil Jordan et Antonio Banderas, des documents sur la création de l&rsquo;univers du film ou <strong>Lestat, Louis et le phénomène du vampire</strong>. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASteak.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21637" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAASteak-212x300.jpg" alt="Steak" width="212" height="300" /></a><strong>STEAK</strong><br />
Souffre-douleur de ses camarades de classe, Georges craque, un jour, et les mitraille. Blaise, son meilleur et seul ami est accusé à sa place et condamné à sept ans d&rsquo;internement dans un hôpital psychiatrique. Le jour de sa sortie, en 2016, Blaise n&rsquo;a plus qu&rsquo;une famille : son meilleur ami Georges. Mais ce dernier ne veut plus entendre parler de son ami d&rsquo;enfance, car il essaie de s&rsquo;intégrer aux Chivers, une bande aux pratiques très codifiées : ses membres portent un blouson Teddy rouge et des bottines, boivent du lait, roulent en sport-truck, et jouent à un jeu incompréhensible qui mélange cricket et calcul mental. Afin d&rsquo;être définitivement admis par les Chivers, Georges doit cacher son tabagisme et se faire modifier le visage, car la chirurgie esthétique, qui fait des ravages parmi les jeunes, est un rite de passage obligé. Georges est enfin admis chez les Chivers, cependant Blaise tente de s&rsquo;adapter aux nouvelles normes, notamment en modifiant son visage avec une agrafeuse. Cette opération radicale suscite l&rsquo;admiration du meneur Chivers, qui renomme Blaise « Chuck » et l&rsquo;intègre à la bande. En revanche, le tabagisme de Georges provoque son rejet. Ce dernier craque une nouvelle fois, et attaque la bande à la tronçonneuse. Blaise, en essayant d&rsquo;aider ses nouveaux camarades, en tue un. Georges et Blaise fuient ensemble et sont finalement arrêtés par la police. Dire que le cinéma de Quentin Dupieux est déroutant et décalé est un euphémisme ! En 2007, le cinéaste (connu sous le pseudonyme de Mr. Oizo pour son œuvre musicale) signe son premier long-métrage avec, en tête d&rsquo;affiche, Eric Judor et Ramzi Bedia. Le film divisa la critique et décontenança le public habituel du duo comique. Porté par une bande-son originale signée du cinéaste mais aussi de Sébastien Tellier et SebastiAn, le film, avec des références au cinéma de Cronenberg ou à <strong>Orange mécanique</strong> de Kubrick, est une satire de la mode et du conformisme, du besoin d&rsquo;appartenir à un groupe au risque de sacrifier son identité. Un ovni de l&rsquo;absurde. (Studiocanal)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAudiardInedits.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21628" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAAudiardInedits-240x300.jpg" alt="Audiard Inedits" width="240" height="300" /></a><strong>MICHEL AUDIARD – LES INEDITS</strong><br />
Scénariste, acteur, réalisateur et écrivain, Michel Audiard (1920-1985) est l&rsquo;une des plus grandes figures des dialogues du cinéma français des années 1960 à 1980. Puisant dans l&rsquo;argot, le parler parisien et l&rsquo;ironie, ses mots percutants et drolatiques sonnent immédiatement dans l&rsquo;oreille des spectateurs. Comment ne pas songer à <em>« Les cons, ça ose tout. C&rsquo;est même à cela qu&rsquo;on les reconnait ! »</em>. Dans sa collection Découverte Blu-ray, Gaumont donne une édition collector avec quatre inédits, peut-être restés dans l&rsquo;ombre des <strong>Tontons flingueurs</strong> ou de <strong>Garde à vue</strong>. En 1968, Serge Korber réalise <strong>La petite vertu</strong> dont Audiard signe le scénario (en compagnie de Claude Sautet et à partir d&rsquo;un roman de James Hadley Chase) et qui raconte les aventures de Ferdinand dit Fred (Jacques Perrin) avec la jolie Janine tandis qu&rsquo;une délicieuse voleuse, prostituée à l&rsquo;occasion (Danny Carrel) pointe son nez. L&rsquo;année précédente, Audiard signait les dialogues de <strong>Toutes folles de lui</strong>, mis en scène par Norbert Carbonnaux. Naïf libraire parisien et gentil adepte du yoga, Mathieu Gossin (Robert Hirsch) hérite, à la mort de sa tante, de son affaire de blanchisserie. Celle-ci sert de couverture à un important réseau de prostitution que Mathieu découvre à l&rsquo;issue de ses inspections aux « succursales » de Rome et Berlin. En 1959, il écrit les dialogues des <strong>Yeux de l&rsquo;amour</strong> de Denys de La Patellière qui raconte, sous l’occupation allemande, l&rsquo;histoire de Jeanne, jolie mais complexée (Danielle Darrieux), qui doit supporter sa mère, vieille acariâtre, qui lui répète sans cesse qu’elle est laide. Les deux femmes recueillent chez elles Pierre Ségur (Jean-Claude Brialy) qui fuit les Allemands… La vie de Jeanne en sera bouleversée. Enfin, en 1953, Audiard collabore à <strong>L’ennemi public n°1</strong> d&rsquo; Henri Verneuil. Joé Calvet, un Américain moyen affligé d&rsquo;une effrayante myopie, emporte par erreur le pardessus d&rsquo;un gangster dans un cinéma. À partir de cet instant, il est pris pour l&rsquo;ennemi public numéro 1 et se trouve entraîné dans un concert d&rsquo;aventures rocambolesques. A cause de Fernandel qui incarne Joe Calvet, le film sera un gros succès avec 3,7 millions de spectateurs dans les salles. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieParisienne.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21640" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieParisienne-192x300.jpg" alt="Vie Parisienne" width="192" height="300" /></a><strong>LA VIE PARISIENNE</strong><br />
Né à Dresde en août 1900 dans une famille juive, Robert Siodmak travaille d&rsquo;abord dans la banque avant de tenter une expérience comme comédien de théâtre puis de partir à Berlin où il devient, en 1925, assistant pour le réalisateur Curtis Bernhardt. Quatre ans plus tard, il réalise son premier film muet, <strong>Les hommes le dimanche</strong>, avec l&rsquo;aide au scénario de son frère Curt et de deux débutants, célèbres par la suite, Billy Wilder et Fred Zinnemann. L&rsquo;arrivée au pouvoir des nazis le pousse à l&rsquo;exil. Il passe par Paris avant de s&rsquo;envoler pour Hollywood. Dans les années quarante, il signe un contrat avec les studios Universal qui va lui permettre d&rsquo;imposer son style, très influencé par l&rsquo;expressionnisme allemand, puis par le cinéma d&rsquo;Orson Welles et de signer quelques-uns des films noirs les plus marquants de l&rsquo;époque dont <strong>Les tueurs</strong> (1946) avec Burt Lancaster et Ava Gardner ou<strong> Le suspect</strong> (1944) avec Charles Laughton. Pendant sa courte période parisienne (1933-1939), Siodmak réalisa une petite dizaine de films dont le plus connu est sans doute <strong>Mollenard</strong> (1938) dans lequel Harry Baur incarne un commandant de navire aux prises avec des trafiquants d&rsquo;armes. Réalisé en 1936 sur un scénario d&rsquo;Emeric Pressburger d&rsquo;après l&rsquo;opérette d&rsquo;Halévy et Meilhac, <strong>La vie parisienne</strong> est une transposition au grand écran de l&rsquo;oeuvre de Jacques Offenbach présentée en 1866. Riche Brésilien qui a connu Paris en 1900, où il a eu une aventure amoureuse avec la vedette de <em>La vie parisienne</em>, la toute nouvelle opéra-bouffe d&rsquo;Offenbach, Jacques Mendoza (Georges Rigaud), revient trente-cinq ans après dans la capitale, avec son fils Ramiro (Max Dearly) et sa petite fille Helenita (Conchita Montenegro). Il veut leur faire découvrir le lieu de ses premières amours et les initier à une vie qu&rsquo;il a beaucoup appréciée en son jeune temps. La jeune fille fait la connaissance d&rsquo;un employé de banque, et c&rsquo;est le coup de foudre… Loin de l&rsquo;univers de ses films noirs, Siodmak donne une comédie musicale légère qui se déroule dans les salons et les bals parisiens, riches décors typiques des opérettes de l’époque. Le cinéaste apporte une touche visuelle dynamique tout en respectant l’esprit léger et satirique de l’œuvre originale. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADistrict9.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21630" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADistrict9-189x300.jpg" alt="District 9" width="189" height="300" /></a><strong>DISTRICT 9</strong><br />
En 1982, un vaisseau spatial extraterrestre en détresse arrive au-dessus de Johannesburg, en Afrique du Sud. À bord se trouvent des extraterrestres, surnommés « crevettes » en raison de leur apparence, affamés et malades. Le gouvernement sud-africain, sous le régime de l’apartheid, les parque dans un camp de fortune appelé District 9, un bidonville surpeuplé et insalubre, entouré de barbelés et de milices armées. Les « crevettes », considérées comme des sous-citoyens, sont exploitées par des entreprises comme <em>Multi-National United</em> (MNU), qui récupère leur technologie avancée pour en faire des armes. Employé maladroit de MNU, Wikus van der Merwe est chargé de superviser le déménagement forcé des « crevettes » vers un nouveau camp, District 10. Lors d’une opération de relogement, Wikus et son équipe sont attaqués par un groupe de « crevettes ». Pendant la confrontation, Wikus est accidentellement exposé à un fluide biologique noir contenu dans une capsule artisanale. Ce fluide, produit par les « crevettes », est une substance hautement toxique pour les humains, mais aussi une source d’énergie et de technologie pour eux. Wikus commence à développer des mutations physiques : son bras droit se transforme progressivement en une appendice extraterrestre, similaire à celles des « crevettes ». MNU, qui voit en lui un cobaye potentiel pour exploiter la technologie alien, le capture et tente de l’utiliser pour activer une arme extraterrestre. Wikus, désespéré, s’échappe et se réfugie dans District 9, où il est désormais considéré comme un paria par les humains et un allié potentiel par les « crevettes ». Qui s&rsquo;avèrent ne pas être des envahisseurs mais des réfugiés fuyant une planète en voie de destruction. Tourné comme un reportage, avec des interviews et des images d’archives fictives, <strong>District 9</strong>, produit par Peter Jackson et réalisé en 2009 par le cinéaste sud-afro-canadien Neill Blomkamp, est considéré comme l&rsquo;un des meilleurs films de science-fiction des années 2000. Tout en traitant de la question de l&rsquo;apartheid et de la ségrégation en Afrique du Sud, <strong>District 9</strong> est aussi remarquable par ses effets spéciaux (il remporta l’Oscar des meilleurs effets visuels en 2010) que par sa bande-son composée par Clint Mansell qui mêle sons électroniques et instruments africains pour évoquer à la fois la technologie et la culture locale. Une référence du genre. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATheCriminals.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21639" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATheCriminals-194x300.jpg" alt="The Criminals" width="194" height="300" /></a><strong>THE CRIMINALS</strong><br />
Branle-bas de combat à Londres ! Sur un chantier de construction dans le centre-ville, une pelleteuse vient de mettre à jour une bombe non explosée, datant apparemment de la Seconde Guerre mondiale. Déboulant de tous les côtés, la police fait évacuer les lieux tandis qu&rsquo;une équipe de démineurs de l&rsquo;armée installe sa base à proximité de l&rsquo;implantation de la bombe. Alors que tout le secteur est complètement désertée, un petite équipe de braqueurs perce des murs dans un bâtiment pour accéder à la salle des coffres d&rsquo;une banque. Pendant que le cambriolage se déroule sans problème, l&rsquo;un des démineurs s&rsquo;inquiète. La bombe date-t-elle bien des années de guerre ? Voici un thriller bien astucieux ! Remarqué avec <strong>Les poings contre les murs</strong> (2013) puis <strong>Comancheria</strong> (2016) présenté à Un Certain regard à Cannes et qui racontait déjà un braquage en mêlant le western, le thriller et le film de casse, le Britannique David Mackenzie se repose, ici, sur un scénario bien fichu qui promène rapidement le spectateur par le bout du nez. Spectateur ravi au demeurant dans ce ludique mélange de tension et d’ingéniosité. Autant dire qu&rsquo;il convient de ne rien révéler des manœuvres (et du passé!) des protagonistes. Mais juste se laisser porter par une mise en scène limpide au service d&rsquo;une histoire tordue mais solide. Enfin, <strong>Fuze</strong> (en v.o.) peut s&rsquo;appuyer sur des comédiens britanniques qui jouent le jeu avec un malin plaisir. Il en va ainsi d&rsquo;Aaron Taylor-Johnson, de Theo James et de Sam Worthington mais aussi de Gugu Mbatha-Raw en patronne de la police londonienne… (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAMarama.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21632" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAMarama-174x300.jpg" alt="Marama" width="174" height="300" /></a><strong>MARAMA</strong><br />
En 1859, Mary Stevens, une jeune enseignante maorie, quitte la Nouvelle-Zélande pour le Yorkshire du Nord, attirée par la promesse de découvrir l’histoire de sa famille. À son arrivée, elle est accueillie par Sir Nathaniel Cole, un ancien baleinier passionné par la culture maorie. En devenant gouvernante dans le manoir de Cole, elle commence à vivre des visions liées à son passé et découvre que la demeure cache des secrets bien plus sombres, notamment des objets maoris volés et des traces de violences coloniales. Né en Nouvelle-Zélande, Taratoa Stappard a une mère maorie et un son père anglais. Le cinéaste signe, en 2025, son premier long métrage avec ce film d&rsquo;horreur gothique sur fond de drame historique dans l&rsquo;Angleterre victorienne. Présenté et primé dans différents festivals (Seattle, Zurich, Toronto), <strong>Marama</strong> aborde les violences coloniales subies par le peuple maori avec une approche à la fois anticoloniale et féministe. Tout en respectant les codes du cinéma d&rsquo;épouvante, <strong>Marama</strong> permet, en effet, d&rsquo;évoquer le peuple maori et son passé douloureux en Nouvelle-Zélande. Bien sûr, le récit prend d&rsquo;abord racine dans un manoir peu engageant de la campagne du Yorkshire mais, au fil des découvertes de la jeune Mary Stevens, le film va entrer dans le vif du sujet. Avec une identité visuelle qui ne lésine pas sur les moyens (épatants ou parfois grotesques), <strong>Marama</strong> devrait captiver les amateurs d&rsquo;épouvante car la jeune héroïne (Ariana Osborne) sera soumise à bien des épreuves… (Blaq Out)</p>
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		<title>L&#8217;abandon de Gabrielle, la question du colonel Stagg et le voyage de Babi</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 13:58:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[LIBERTÉ.- Chirurgienne spécialisée dans le domaine des greffes, notamment maxillo-faciales et cheffe de service dans un hôpital public, Gabrielle Conti est une femme active qui se dévoue corps et âme à son métier et qui court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Alors, quand le soir venu, elle rentre à la maison, il lui arrive [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21614" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21614" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme1-300x200.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Gabrielle Conti (Léa Drucker) à l'hôpital. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Gabrielle Conti (Léa Drucker)<br />à l&rsquo;hôpital. DR</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Chirurgienne spécialisée dans le domaine des greffes, notamment maxillo-faciales et cheffe de service dans un hôpital public, Gabrielle Conti est une femme active qui se dévoue corps et âme à son métier et qui court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Alors, quand le soir venu, elle rentre à la maison, il lui arrive de craquer devant la désinvolture des grands enfants de son mari. Lasse, dit-elle de la tension qui parasite son couple avec Henri, elle se demande si elle ne va pas retourner vivre dans son appartement d&rsquo;avant.<br />
Un jour, une romancière demande à venir quelques semaines dans le service du docteur Conti pour les besoins d’un livre. Gabrielle Conti apprécie le contact de cette Frida qui lui envoie un gros bouquet de fleurs et lui dira : <em>« J&rsquo;aimerais vous revoir »</em>. Elle accepte aussi d&rsquo;aller assister à un spectacle de danse en appartement avec Frida. Dans l&rsquo;obscurité, Frida lui glisse qu&rsquo;elle lui plaît, qu&rsquo;elle a envie de l&rsquo;embrasser. Mais Gabrielle dit non. Pourtant son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?<br />
C&rsquo;est par de lumineuses et d&rsquo;abord indéchiffrables images d&rsquo;étreinte physique filmées en très gros plan que s&rsquo;ouvre <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> (France – 1h38. Dans les salles le 9 septembre), le deuxième long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet après <strong>Les amours d&rsquo;Anaïs</strong> (2021) qui mettait déjà aux prises deux femmes (Anaïs Demoustier et Valeria Bruni-Tedeschi) autour d&rsquo;un sentiment amoureux.<br />
Faisons fi d&rsquo;entrée des accusations de stéréotypes bourgeois que le film a provoqué, pour dire que voilà un beau portrait de femme. C&rsquo;est à la fois sensible, dense, tonique et bouleversant dans le sens où l&rsquo;on assiste à une rupture, un abandon même, dans le parcours d&rsquo;une femme toujours sur la brèche, toujours à l&rsquo;écoute des autres et qui, soudainement, va un peu plus fortement penser à elle-même.<br />
<em>« Il était très important,</em> dit la cinéaste, <em>qu’émane de Gabrielle quelque chose d’exaltant pour les spectatrices et les spectateurs. À son âge, elle n’est pas « sur la pente descendante », bien au contraire : elle est épanouie, active, en mouvement, capable d&rsquo;aller vers son plaisir comme d’affronter l&rsquo;adversité. C’est une femme libre, qui a choisi sa vie et ne se pose jamais en victime. »</em></p>
<div id="attachment_21615" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21615" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAVieFemme2-300x180.jpg" alt="&quot;La vie...&quot;: Frida (Mélanie Thierry) et Gabrielle. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La vie&#8230;&nbsp;&raquo;: Frida (Mélanie Thierry)<br />et Gabrielle. DR</p></div>
<p>Dans un récit construit en chapitres (Je veux tout, Alter ego, Reconstruction, D&rsquo;où l&rsquo;on vient, Non, La pitié, Encore, Dérapages, La fin d&rsquo;un couple, L&rsquo;abandon, Colloque sentimental), Charline Bourgeois-Tacquet articule, avec des respirations différentes, des temps dans la vie de Gabrielle. Il en va ainsi de son travail à l&rsquo;hôpital et de sa dimension quasi-documentaire (le dialogue du médecin avec un patient souffrant d&rsquo;une tumeur à la langue est impressionnant de souffrance tue et d&rsquo;empathie) mais aussi des relations avec sa mère (Marie-Christine Barrault, émouvante) atteinte de la maladie d&rsquo;Alzheimer. <strong>La vie d&rsquo;une femme</strong> prend un tour plus romanesque et sentimental lorsque la réalisatrice scrute les moments privés en compagnie de Frida que Mélanie Thierry porte avec douceur et même une pointe de virilité.<br />
Le récit est traversé, en son centre, par une sortie en montagne où Gabrielle se retrouve dans la nature, dans un décor exceptionnel (avec Erri De Luca en écrivain ermite dans le chalet où elle séjourne), totalement en rupture avec son environnement habituel très urbain, très enfermé. C&rsquo;est là que, pour la première fois, avec Frida, elle se retrouve dans une situation où elle ne maîtrise rien.<br />
Traitée tour à tour de Robocop, de guerrière (Gabrielle évolue dans un univers hospitalier en tension dont le film se fait le rude écho) ou de moine-soldat, l&rsquo;héroïne de <strong>La vie…</strong> est une femme accomplie, qui s’est déployée sans renoncer à rien et sans rien devoir à personne.<br />
Avec une puissante sensualité et une grâce permanente, Léa Drucker en impose, une fois de plus, dans un personnage très touchant qui affirme <em>« Je ne suis pas une victime parce que je suis une femme »</em>.</p>
<div id="attachment_21612" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21612" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure1-300x199.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: le colonel Stagg (Andrew Scott) et Kay Summersby (Kerry Condon). DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: le colonel Stagg (Andrew Scott)<br />et Kay Summersby (Kerry Condon). DR</p></div>
<p><strong>MÉTÉO.-</strong> Dans une mer couleur de sang, un soldat flotte, les yeux dans le vide… Nous sommes en avril 1944 et l&rsquo;<em>Opération Tigre</em>, dernière répétition (ultra-secrète) dans le sud de l&rsquo;Angleterre avant le débarquement de Normandie, est un fiasco. Le général Dwight D. Eisenhower, chef du <em>Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force</em>, en gardera toujours un goût amer dans la bouche. A cause de nombreuses erreurs, défaillances et accidents et d&rsquo;une attaque surprise de vedettes lance-torpilles allemandes, 749 soldats américains seront tués…<br />
Afin de mettre toutes les chances de son côté dans ce qui sera le plus grand débarquement de tous les temps, le haut commandement allié exige d&rsquo;avoir les informations météorologiques les plus précises. Chef météorologue de la Royal Air Force, le <em>group captain</em> James Stagg est convoqué auprès d&rsquo;Ike Eisenhower. A l&rsquo;heure du petit déjeuner, il quitte sa femme enceinte, proche de l&rsquo;accouchement. Immédiatement, dans une atmosphère loin d&rsquo;être sereine, commencent des heures difficiles. La météo n&rsquo;est pas une science exacte et Stagg se retrouve confronté à son homologue américain Irving Kirk dont il estime que les méthodes de travail sont obsolètes.<br />
Quant à Ike, il se moque de la rivalité entre l&rsquo;Anglais et l&rsquo;Américain. Il met Stagg face à un choix impossible : attaquer malgré l&rsquo;incertitude liée à une météo très mauvaise ou risquer de perdre la guerre.<br />
<strong>Pressure</strong> (USA – 1h40. Dans les salles le 9 septembre), c&rsquo;est une sorte de préambule, version météo, au<strong> Jour le plus long</strong> (1962). Connu pour <strong>Attaque à Mumbaï</strong> (2018) sur les attaques terroristes de novembre 2008 en Inde, le cinéaste australien Anthony Maras a trouvé le point de départ de son film dans une pièce de théâtre écrite, en 2012, par David Haig pour le Lyceum Theatre d&rsquo;Edimbourg autour d’un véritable héros écossais pourtant inconnu du grand public.</p>
<div id="attachment_21613" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21613" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAPressure2-300x200.jpg" alt="&quot;Pressure&quot;: Le général Eisenhower (Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Pressure&nbsp;&raquo;: Le général Eisenhower<br />(Brendan Fraser) prépare le D-Day. DR</p></div>
<p>Eminent météorologue connu des seuls spécialistes, James Stagg eut la lourde tâche de décider de la date du Débarquement. Tandis qu&rsquo;Eisenhower avait choisi le 4 juin pour l&rsquo;attaque en Normandie, Stagg, seul contre tous, refusa cette date, considérant que la météo du jour vouait l&rsquo;opération à la catastrophe. Pourtant le 4 juin au matin, il fait un superbe soleil sur le sud de l&rsquo;Angleterre…<br />
Malgré son titre original un peu abscons (pour le coup, le film aurait mérité un titre français), <strong>Pressure</strong> est un bon moment de cinéma qui sait utiliser aussi bien les éléments historiques réels que mettre en scène les questionnements et les troubles de personnages pris dans une tempête… A la manière du cinéma classique hollywoodien (on pense au principal personnage féminin, celui de Kay Summersby, la proche assistante d&rsquo;Eisenhower, femme discrète et indispensable incarnée par Kerry Condon), <strong>Pressure</strong> (on a saisi évidemment la symbolique de la pression) réussit à nous embarquer dans une histoire qui devient palpitante sur fond de nuages, de vent et de pluie !<br />
Les comédiens sont au diapason avec un Stagg (Andrew Scott), taiseux mais bouillonnant à l&rsquo;intérieur, un Kirk (Chris Messina) ironique et très sûr de lui et un Eisenhower (Brendan Fraser) massif et seul face à des décisions cruciales.<br />
Grâce à Stagg, le <em>D-Day</em> aura lieu le 6 juin 1944. Ike dira : <em>« Nous n&rsquo;accepterons rien de moi que la victoire totale »</em>. Plus sobre, le météorologue constatera : <em>«  Le temps ne sera pas parfait mais ça suffira. </em>» Ensuite, il fallut aller sur les plages de Sword, Utah, Juno, Gold et Omaha.</p>
<div id="attachment_21611" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21611" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosLouvre1-300x200.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Babi (Kad Merad) et Lucie (Marie Gillain) dans le bus." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Babi (Kad Merad)<br />et Lucie (Marie Gillain) dans le bus.</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Sur son lit parisien, dans les années 70, un vieil homme entouré des siens, se souvient des années où la France cessait, sous la double menace de Pétain et des nazis, d&rsquo;être la terre des libertés. Dans le Paris de 1939, cet homme, Babi Maklouf Benhamou, exerce le plus beau métier du monde. Amoureux des arts, il est gardien de nuit au musée du Louvre. Cela lui permet de dialoguer à loisir avec Napoléon et Joséphine lorsqu&rsquo;ils sortent du tableau de David ou de saluer avec respect Diane chasseresse.<br />
Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et les Allemands avancent sur Paris. Jacques Jaujard, le conservateur du musée, décide d&rsquo;organiser le sauvetage secret des œuvres d’art pour éviter qu&rsquo;elles ne tombent aux mains des nazis. Babi se voit confier un vieil autobus dans lequel il charge des œuvres d&rsquo;art et notamment la très fameuse <em>Joconde</em> mais aussi toute sa bruyante tribu qu&rsquo;il n&rsquo;entend pas un instant laisser derrière lui. Et voilà Babi, derrière son volant, sur les routes de l&rsquo;exode. Mission : emporter les œuvres très loin, du côté de Pau, pour les y mettre à l&rsquo;abri…<br />
C&rsquo;est en songeant à Babi, son grand-père qu&rsquo;Elie Chouraqui a mis en chantier <strong>Les héros du Louvre</strong> (France – 1h44. Dans les salles le 9 septembre) pour raconter une aventure familiale épique et dangereuse à travers la France occupée.<br />
<em>« Il y a quelques années,</em> dit le cinéaste, <em>j’ai écrit un abécédaire pour Calmann-Lévy dans la collection Le dictionnaire de ma vie. À la lettre H, le mot héros s’est imposé à moi. J’ai immédiatement pensé à Babi, mon grand-père. Parce qu’il incarne le genre de héros qui me fascine le plus : celui qui accomplit son devoir dans l’ombre et dans l’anonymat, au moment où il estime qu’il est indispensable de le faire, même s’il doit mettre sa vie et celle de ses proches en danger&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21610" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21610" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAAHerosDuLouvre2-300x150.jpg" alt="&quot;Les héros...&quot;: Une famille dans la tourmente. Photos Stéphanie Branchu" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Une famille dans la tourmente.<br />Photos Stéphanie Branchu</p></div>
<p><strong>Les héros…</strong> raconte donc une odyssée placée sous le signe du courage, de l&rsquo;amour de l&rsquo;art et… des siens, de la générosité mais aussi d&rsquo;une peur incommensurable qui fut celle des Juifs dans la France de 39-45. Dans la nuit, sur des routes sans lumière, Babi et sa famille chantent <em>Frou-frou</em> pour ne pas sombrer.<br />
En s&rsquo;appuyant sur une grosse distribution avec Kad Merad et Marie Gillain en tête d&rsquo;affiche, <strong>Les héros du Louvre</strong> est une plongée dans la France de l&rsquo;Occupation. On y trouve des séquences savoureuses comme la fausse délirante colère de Madame Benhamou contre son mari pour tenter d’échapper au contrôle nazi au passage de la Zone libre, d&rsquo;autres tragiques comme celle des enfants obligés de se recroqueviller sans bruit derrière un lit pour ne pas se faire repérer ou encore ahurissante comme la jeune fille, obligée de se soumettre à un examen médical pour prouver sa virginité à ceux qui la soupçonnaient, à tort, d’avoir couché avec un Boche.<br />
Las, au final, <strong>Les héros du Louvre</strong> a des allures de téléfilm avec toujours un peu quelque chose d&rsquo;un peu trop appuyé, à l&rsquo;instar de Kad Merad qui semble forcer le trait avec son Babi&#8230;</p>
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		<title>Les vies très pleines de Marta et Judith</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 16:08:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21599" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21599" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux1-300x224.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: Antonio (Elio Germano) et Marta (Alba Rohrwacher). DR" width="300" height="224" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: Antonio (Elio Germano)<br />et Marta (Alba Rohrwacher). DR</p></div>
<p><strong>COUPLE.-</strong> Au sortir d&rsquo;une fête, Antonio et Marta se prennent la tête. <em>« Pourquoi tu as fait la tête toute la soirée ? »</em> ou <em>« Pourquoi tout tourne autour de ton travail ? »</em> ou <em>« Comment tu fais pour éviter les choses qui te soûlent ? »</em> et un <em>« T&rsquo;es normale et moi, je suis un connard »</em> qui achève de convaincre Antonio qu&rsquo;il est peut-être temps de faire un break dans leur couple.<br />
Antonio est restaurateur et tient un établissement nommé <em>Senzafine</em> où ce chef en pleine ascension s&rsquo;applique à revisiter la cuisine classique romaine. Forcément, il a toujours l&rsquo;oeil sur les réseaux sociaux et les avis qui vantent ou non ses plats. Marta est prof de sport dans un lycée de la ville. Tandis que ses élèves s&rsquo;en vont après un match de volley, elle craque et balance, de colère, des ballons à travers le gymnase.<br />
Alors qu&rsquo;Antonio se réfugie derrière ses fourneaux, Marta, d&rsquo;abord rétive aux autres, va tenter de s&rsquo;ouvrir à sa sœur Elisa, actrice ratée, qui tente de se faire une place dans la gestion d&rsquo;un Rb&amp;B mais elle craque : <em>« Ne viens pas me dire comment vivre ma vie ! »</em> Finalement, c&rsquo;est à une effigie en carton ramassée à côté d&rsquo;une poubelle, qu&rsquo;elle parle le plus. Et Jicko, l&rsquo;un des rois de la k-pop coréenne, lui sourit en permanence.<br />
Peut-être parce qu&rsquo;elle se nourrit mal, Marta vomit régulièrement et souffre de troubles gastro-intestinaux. Des examens médicaux montrent qu&rsquo;elle est atteinte d&rsquo;un mal incurable. Mais Marta pense qu&rsquo;il lui reste du temps, de la marge, pour savourer encore, et de plus en plus, l&rsquo;existence. Parce qu&rsquo;il entend vivre la vie qu&rsquo;elle a envie de vivre.<br />
Seizième long-métrage d&rsquo;Isabel Coixet, <strong>Trois adieux</strong> (Italie/Espagne – 2h. Dans les salles le 2 septembre) s&rsquo;ouvre et s&rsquo;achève sur la murmuration des étourneaux. Pour ce vol magique des oiseaux, Marta connaît la théorie courante. Ils volent ainsi en nuée pour se protéger des prédateurs. Mais Marta croit que c&rsquo;est plutôt parce que, tout simplement, ils aiment danser et vivre.<br />
La cinéaste barcelonaise adapte, ici, <em>Tre ciotole</em>, le roman, paru en 2023, de l&rsquo;écrivaine sarde Michela Murgia (1972-2023), figure iconique de la culture italienne, capable de trouver de la beauté dans le quotidien et dans la vulnérabilité.</p>
<div id="attachment_21600" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21600" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAATroisAdieux2-300x225.jpg" alt="&quot;Trois adieux&quot;: le bonheur d'une glace. DR" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Trois adieux&nbsp;&raquo;: le bonheur d&rsquo;une glace. DR</p></div>
<p><em>« Le film,</em> dit sa réalisatrice, <em>parle de l’être humain et de notre difficulté à communiquer, de l’amour et de la mort, de la douleur et de notre obsession à vouloir l’effacer quand, en réalité, on ne peut pas l’éliminer, seulement apprendre à vivre avec. Nous vivons dans une société centrée sur le matériel, où l’immatériel semble n’avoir aucune valeur jusqu’à ce que la souffrance, la maladie ou la séparation déchirent le décor. »</em><br />
A travers les parcours de Marta et d&rsquo;Antonio, qu&rsquo;Isabel Coixet croise régulièrement en usant d&rsquo;images anciennes de leur couple, c&rsquo;est un film plein de vitalité qui s&rsquo;impose sous nos yeux. Après une rupture qui l&rsquo;a plongée dans la souffrance, Marta se met à apprécier la vie autrement et comprend qu&rsquo;elle est courte et qu’elle ne mérite pas d’être perdue en angoisses inutiles. Qu&rsquo;il ne faut pas mourir avant l’heure mais bien vivre jusqu’au bout.<br />
Isabel Coixet fait de Rome (le film a été tourné pour l&rsquo;essentiel dans le quartier du Pigneto qui servit de décor à deux films de Pasolini) un vrai personnage et une cité fascinante et humaine mais elle met aussi, au coeur de son propos, la… gastronomie. Agostini, le collègue amoureux transi de Marta, cite le philosophe Feuerbach : <em>« Nous sommes ce que nous mangeons ».</em> Or Marta mange mal. La cuisine apparaît comme un fil invisible qui traverse tout et dit qui nous sommes. Manger peut être une façon de prendre soin de soi, mais aussi de se faire du mal. Et l&rsquo;une des plus belles scènes du film nous montre Marta dégustant une glace chocolat noir-fraise et vivant, enfin !, un pur plaisir quotidien. Comme si c&rsquo;était la première glace de sa vie. Ou la dernière. Entourée d&rsquo;Elio Germano (Antonio), Galatéa Bellugi (Silvia) ou Francesco Carril (Agostini), l&rsquo;actrice italienne Alba Rohrwacher, vue récemment dans <strong>Hors-saison</strong> de Stéphane Brisé, est une Marta bouleversante qui s&rsquo;en va, presque sur la pointe des pieds tandis que Nina Simone chante <em>I Get Along Without You Very Well</em> où un coeur se brise en deux&#8230;</p>
<div id="attachment_21597" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21597" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente1-300x125.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Judith (Anouk Grinberg). DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;:<br />Judith (Anouk Grinberg). DR</p></div>
<p><strong>QUOTIDIEN.-</strong> Dans une lumière triste, la brume matinale s&rsquo;étire sur une grande barre d&rsquo;immeubles du côté de Nancy. Judith Schneider se lève, enfile un pull, va à la fenêtre et regarde un paysage qu&rsquo;elle connaît depuis fort longtemps. Judith range des dossiers lorsqu&rsquo;on sonne à l&rsquo;interphone de son cabinet médical contigu à son appartement. Une jeune femme demande de l&rsquo;aide. Elle est à son huitième mois de grossesse et elle a perdu du sang. <em>« Je peux monter ? »</em> La médecin refuse. Le cabinet est fermé et même définitivement fermé. Le docteur Schneider arrête son activité. De surcroît, elle doit quitter sous peu son appartement, promis, comme l&rsquo;immeuble, à la pelle des démolisseurs.<br />
En allant acheter des cigarettes à un « marchand » à la sauvette, Judith aperçoit la jeune mère marchant au bord de la route. Elle fait monter cette jeune Aïda à bord et la conduit jusqu&rsquo;aux urgences. <em>« Je me souviens de vous ! Vous n&rsquo;êtes pas allée voir le gynécologue ? »</em> mais le praticien ne prend plus de nouvelles clientes.<br />
A l&rsquo;hôpital, Judith ronge son frein. Ce n&rsquo;est pas possible de faire une échographie à cette jeune femme ? Pendant ce temps, Aïda s&rsquo;en va. Elle a son copain au téléphone mais il ne peut pas venir tout de suite. <em>« Je vous emmène ailleurs&#8230; »</em> Ce sera une chic clinique privée où exerce Thomas, le fils de Judith. Là encore, on l&rsquo;accueille par un <em>« Sans rendez-vous, je ne peux rien faire »</em>. Mais Thomas fera ce qu&rsquo;il faut tandis qu&rsquo;Aïda demande à Judith d&rsquo;être à ses côtés. Thomas prévient : <em>« Tu te tais&#8230; »</em> Maël, le petit ami, viendra finalement récupérer sa compagne. En quittant la clinique, Judith suit le véhicule du jeune couple et remarque qu&rsquo;ils s&rsquo;engueulent. Soudain, Aïda s&rsquo;échappe de la voiture. Judith tente de la retrouver dans la ville, au milieu d&rsquo;une manifestation syndicale. Prise d&rsquo;une crise d&rsquo;asthme, Judith manque de s&rsquo;effondrer. Aïda la retrouve et réussit à lui injecter le produit qui la soulage… Les deux femmes retournent dans l&rsquo;appartement de la médecin. <em>« Vous ne savez pas ce que vous voulez faire avec votre copain ? »</em></p>
<div id="attachment_21598" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21598" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/09/AAADernierePatiente2-300x168.jpg" alt="&quot;La dernière patiente&quot;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La dernière patiente&nbsp;&raquo;: Aïda (Luana Bajrami) aux urgences. DR</p></div>
<p>Avec <strong>La dernière patiente</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 2 septembre), Rémi Bassaler signe son premier long-métrage et brosse le portrait de deux femmes étrangères l&rsquo;une à l&rsquo;autre et qui vont devenir essentielles l&rsquo;une pour l&rsquo;autre. D&rsquo;un côté, un médecin de quartier qui va s&rsquo;arrêter après trente ans de carrière, de l&rsquo;autre, une jeune femme, d&rsquo;origine albanaise, en couple avec un jeune type apparemment sympathique (Félix Lefebvre) mais qui ne cesse de la malmener. Deux femmes, chacune à leur manière, au bout de quelque chose. En utilisant bien un décor de grands immeubles promis à la destruction (le film a été tourné dans le quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy et notamment à la Tour Panoramique) qui raconte une autre forme de violence, celle de la perte d&rsquo;une mémoire collective partagée, Bassaler imagine un échange, une amitié inattendue qui vient réchauffer l&rsquo;âme de l&rsquo;une et ressusciter des désirs vitaux chez l&rsquo;autre. Pour ce faire, le réalisateur a bâti deux personnages qui échappent aux stéréotypes. Avec sa silhouette de cow-boy féminine, Judith Schneider s&rsquo;est construit, comme probablement, beaucoup de médecins de quartier, une carapace, une dureté qui la coupe des autres. Le cinéaste réussit de belles scènes avec les échanges de regards entre Judith et son fils. Quant à Aïda, elle n&rsquo;est pas une victime passive. Elle est même dans la dissimulation, aux autres et sans doute à elle-même.<br />
Sur une période de 24 heures, <strong>La dernière patiente</strong> développe d&rsquo;abord une intrigue en forme de drame social avec des services hospitaliers publics à bout de souffle avant de basculer dans le thriller avec une soignante qui, pour protéger sa patiente, va jusqu’à dépasser toutes les limites…<br />
Anouk Grinberg (Judith) est d&rsquo;une sobriété parfaite et Luana Bajrami (Aïda) mêle avec complexité quelque chose de juvénile et de mature.</p>
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