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		<title>Spielberg orchestre le retour des extraterrestres</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 16:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21355" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5.jpg"><img class="size-medium wp-image-21355" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5-300x199.jpg" alt="Daniel Kellner (Josh O'Connor) et Margaret Fairchild (Emily Blunt&quot;, des passeurs pourchassés. DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Daniel Kellner (Josh O&rsquo;Connor)<br />et Margaret Fairchild (Emily Blunt),<br />des passeurs pourchassés. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est un incongru combat de catch qui ouvre <strong>Disclosure Day</strong> ! Mais peut-être que le père d&rsquo;<strong>E.T.</strong> est un amateur, comme le furent Peter Lorre et Billy Wilder, de ces combats de costauds qui se mettent, entre douze cordes, des pains à s&rsquo;arracher la tête… Pourtant, dans les travées, se passent des choses qui relèvent directement du thriller. Avec des armes qui se pointent dans les côtes de Daniel Kellner et surtout un sac à dos qui contient un gros paquets de clés informatiques. Manifestement ces cartes mettent complètement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale !<br />
Avec <strong>Disclosure Day</strong>, son 36<sup>e</sup> long-métrage, Steven Spielberg est de retour sur le grand écran, près de quatre ans après <strong>The Fabelmans</strong> (2022), agréable évocation autobiographique de ses jeunes années de cinéphile. Le film avait reçu un bon accueil critique mais il fut un échec au box-office pour un réalisateur réputé être le plus « rentable » sur la planète Hollywood. Il reste que <strong>The Fabelmans</strong> « fit » quand même 935.000 entrées dans les salles françaises.<br />
Steven Spielberg est indéniablement un maître du divertissement cinématographique et il l&rsquo;a prouvé tant et tant de fois avec un camion tueur, un requin très vorace, des tyrannosaures qui ne le sont pas moins, un certain Indy et, évidemment le cher E.T. ou <strong>Rencontres du troisième type</strong> dont le cinéaste de 79 ans retrouve ici la mémoire. Car Spielberg revient à la science-fiction et ce n&rsquo;est pas sans une certaine émotion que l&rsquo;on voit, presque furtivement, de longs et fins doigts bruns aux articulations bien marquées venir caresser des visages humains.<br />
En 1977, le cinéaste de <strong>Rencontres du troisième type</strong> s’emparait de l’imaginaire collectif en insufflant de l&rsquo;émerveillement dans ce qu’un contact avec une forme de vie extraterrestre pourrait engendrer. Spielberg se souvient : <em>« Durant le tournage de Rencontres du troisième type, je me disais : ne serait-ce pas formidable si tout ça nous arrivait un jour ? Presque cinquante ans plus tard, je me dis : ne serait-ce pas formidable de savoir que tout ça est déjà vrai ? »</em></p>
<div id="attachment_21354" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21354" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4-300x125.jpg" alt="Margaret et Daniel en péril... DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et Daniel en péril&#8230; DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une manière de pendant plutôt inquiétant que propose <strong>Disclosure Day</strong> (sans prétendre à être une suite de <strong>Rencontres…</strong>) en questionnant les mystères qui entourent notre existence mais aussi le prix que l’humanité pourrait avoir à payer si les clés de tels mystères ne nous étaient pas révélées. Fasciné par « les grandes énigmes du cosmos », Spielberg découvrit, gamin, une nuit d&rsquo;été, la pluie des Perséides et en fut tout retourné au point d&rsquo;y consacrer une belle partie de son travail cinématographique. Eh oui, et s&rsquo;il y avait quelque part, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous? Au passage, on notera quand même que les extraterrestres ont quand même des bouilles vaguement humaines!<br />
On part donc dans les pas de Daniel Kellner, une pointure en cybersécurité qui travaillait pour Wardex, une agence opaque au sein d’un complexe militaro-industriel qui dissimule les indices sur la venue d’extraterrestres sur Terre depuis l’affaire Roswell de 1947. Kellner a craqué, filant avec les preuves en images, convaincu que les images dérobées <em>« appartiennent au monde entier »</em>… De son côté, Margaret Fairchild, présentatrice de la météo sur une chaîne de télé locale de Kansas City, voudrait gravir les échelons du métier. Un jour, chez elle, un petit oiseau rouge vient se poser sur la table de sa salle de séjour. Elle reconnaît un cardinal. Peu de temps après, en direct, Margaret se met à parler une langue incompréhensible. Sauf pour Daniel Kellner qui y comprend un message composé d&rsquo;éléments mathématiques…<br />
On devine assez vite que Margaret et Daniel ont, dans leur enfance, vécu une rencontre. Et, pour ne pas effaroucher les enfants, les extraterrestres leur sont apparus sous la forme d&rsquo;un cerf, d&rsquo;un renard ou encore d&rsquo;un cardinal.</p>
<div id="attachment_21353" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21353" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3-300x200.jpg" alt="Scanlon (Colin Firth, au centre) et Wardex en ébullition. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Scanlon (Colin Firth, au centre)<br />et Wardex en ébullition. DR</p></div>
<p>Ce qui vaut à ces « passagers », ces<em> go-between</em> entre deux mondes, d&rsquo;être désormais traqués par Scanlon et ses nervis de la Wardex, bien décidés à laisser l&rsquo;humanité dans l&rsquo;ignorance de cette autre réalité, le tout sur fond de crise géopolitique, d&rsquo;inquiétudes, de débat entre transparence et dissimulation, d’autocratie et de démocratie, d’idéologies et d’empathie, de religion et de science&#8230;<br />
<em>« Disclosure Day est</em>, dit encore le cinéaste, <em>un film sur la désinformation et la difficulté de déterminer la vérité dans un monde et une culture où les puissants brouillent les pistes entre faits et fiction, entre le vrai et le faux, dans le seul but de protéger et servir leurs intérêts propres. »</em><br />
On sait que Spielberg n&rsquo;a pas toujours été en odeur de sainteté auprès de la critique, taxé d&rsquo;utiliser l&rsquo;usine à rêves à des fins mercantiles. Force est de constater, malgré les accusations de simplisme et de manque de profondeur, que Spielberg, volontiers vu comme un technicien virtuose plutôt qu&rsquo;un véritable créateur, s&rsquo;y entend pour proposer du spectacle ! Et tant pis si certains y verront de la mièvrerie, de l&rsquo;angélisme, de la mauvaise conscience. Après tout, on est dans l&rsquo;univers du conte.<br />
On cite volontiers Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien, lorsqu&rsquo;il remarque que Spielberg réhabilite l&rsquo;enfance du regard par une forme de naïveté produisant de la sidération.</p>
<div id="attachment_21351" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21351" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1-300x125.jpg" alt="Margaret et la &quot;commande&quot;, un clé d'accès. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et la &laquo;&nbsp;commande&nbsp;&raquo;, un clé d&rsquo;accès. DR</p></div>
<p>Et s&rsquo;il y avait néanmoins nécessité de citer des films sérieux, voire même graves dans la filmographie de notre histrion, on trouvera <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> (1998), <strong>Munich</strong> (2005), <strong>Pentagon Papers</strong> (2017) et évidemment <strong>La liste de Schindler</strong> (1993) dans lequel, non sans déclencher une virulente polémique, notamment en France, le cinéaste se confrontait à la Shoah et à la question de sa judéité.<br />
<strong>Disclosure Day</strong> est un film mené tambour battant où le réalisateur s&rsquo;offre quelques moments de bravoure comme la caserne de pompiers devenue invisible ou la séquence de la voiture accrochée à un train lancé à vive allure avec, évidemment, Daniel et Margaret en péril mais on se laisse embarquer aussi dans les interrogations sur notre capacité à remettre en cause nos croyances au vu de vérités qui viennent élargir notre compréhension de l’univers.<br />
La « commande » au poing, Margaret, quasiment « extralucide », embarque le spectateur dans l&rsquo; aventure tout en prévenant <em>« Je ne veux être la religion de personne »</em> mais elle pose bien la question : <em>« Et si nous n&rsquo;étions pas seuls ? »</em><br />
C&rsquo;est dans l&rsquo;univers des médias que s&rsquo;achève, en édition spéciale, cette histoire. Margaret et Daniel en sont convaincus : <em>« On a tous besoin de croire et d&rsquo;être crus ».</em> Et aussi de savoir. Alors le duo (les Britanniques Josh O&rsquo;Connor et Emily Blunt, très convaincants) se fait lanceurs d&rsquo;alerte en diffusant des images « interdites ». Le pouvoir des images, toujours et encore. Le dernier mot appartient à Margaret : <em>« Ecoutez ! »</em> Plus une invitation qu&rsquo;un avertissement.</p>
<p><strong>DISCLOSURE DAY</strong> Science-fiction (USA – 2h25) de Steven Spielberg avec Emily Blunt, Josh O&rsquo;Connor, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson, Wyatt Russell, Tommy Martinez, Henri Lloyd-Hughe. Dans les salles le 10 juin.</p>
<div id="attachment_21352" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21352" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2-300x139.jpg" alt="Une rencontre... DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Une rencontre&#8230; DR</p></div>
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		<title>Le général et les cantatrices</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 11:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21337" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21337" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1-300x300.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider), Darlan (Mathieu Kassovitz). DR" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider),<br />Darlan (Mathieu Kassovitz). DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&rsquo;Aisne, à la tête d&rsquo;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&rsquo;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&rsquo;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4<sup>e </sup>Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 chars détruits sur les 85 initialement engagés, tandis que la 10e Panzerdivision poursuit son avancée sans aucune perte matérielle mais avec de lourdes pertes humaines.<br />
Le principal succès de la bataille de Montcornet, qui mettra le colonel Charles de Gaulle en lumière (et qui lui vaudra d&rsquo;être promu général) est moral. Cette bataille est l&rsquo;une des rares de la campagne de France où les Français sont parvenus à repousser les troupes allemandes pendant quelques heures&#8230;<br />
Pourtant, en juin 1940 , la France s&rsquo;effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s&rsquo;échappe vers Londres pour sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
Présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes, <strong>La bataille de Gaulle – L&rsquo;âge de fer</strong> (France – 2h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 3 juin) s&rsquo;ouvre sur un maelström de sons avec <em>« Quand notre coeur fait boum »</em> de Charles Trenet, les vociférations d&rsquo;Hitler, les voix de Radio Paris ou encore le triste <em>« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat »</em> lancé à la radio le 17 juin 1940 par Pétain et annonçant l&rsquo;armistice avec les Allemands.<br />
Remarqué, sous le pseudonyme d&rsquo;Abel Lanzac, pour la bande dessinée <em>Quai d&rsquo;Orsay</em> (2010) puis, au grand écran, sous son vrai nom, avec son premier long-métrage <strong>Le chant du loup</strong> (2019), Antonin Baudry s&rsquo;est lancé dans un grand diptyque biographique et historique dont le scénario repose sur <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em>, le livre, paru en 2019 au Seuil, de l&rsquo;historien britannique Julian T. Jackson.<br />
<em>« Le personnage de de Gaulle,</em> dit le cinéaste, <em>m’intéresse depuis que je suis ado. J’ai lu Le Fil de l’épée quand j’avais 17 ans, ainsi qu’une biographie par Jean Lacouture, mais l’aspect icône du personnage m’en éloignait. Et puis je suis tombé sur la biographie de Julian Jackson qui a modifié ma perspective, peut-être parce que l’auteur était anglais et que son livre échappait au côté “monument national français”. De plus, il recelait de nombreux témoignages de première main, rédigés à l’époque, en direct, et non reconstitués après coup : par exemple, quelqu’un qui note dans son carnet : “Cet après-midi, j’ai rencontré un type étrange, qui semblait sortir du Moyen-Âge”&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21338" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21338" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2-300x159.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR" width="300" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR</p></div>
<p>On plonge sans peine et avec intérêt dans une vaste fresque qui emporte le spectateur dans le Londres des années quarante (reconstitué en studio) dans les pas d&rsquo;un général complètement seul mais totalement convaincu de son destin, en l&rsquo;occurrence d&rsquo;incarner la France de la résistance et plus encore de la liberté. Mais, à Londres, face à des Anglais hautains, voire méprisants, De Gaulle aura fort à faire pour convaincre même si Winston Churchill, avec lequel De Gaulle forme un duo tragi-comique, semble fasciné par la personnalité de cet interlocuteur français quasiment marginal…<br />
Tandis qu&rsquo;en France, quelques jeunes gens, bien seuls eux aussi, tentent de faire briller la flamme de la résistance, De Gaulle, traité de « traître » par Vichy, déchu de sa nationalité française et condamné à mort, s&rsquo;empare de l&rsquo;outil radiophonique. Sur les ondes de la BBC, même si on peut penser que peu l&rsquo;entendent, il lance des appels pour mettre l&rsquo;honneur face à l&rsquo;humiliation. Et puis cet homme droit et raide qui dit <em>« Nous sommes la France »</em>, va connaître ses premiers appuis, des pêcheurs de l&rsquo;île de Sein à Pleven, Leclerc, Koenig. Avec eux, De Gaulle veut « reprendre l&rsquo;Afrique », faire de Dakar, la capitale de la France libre. Rien ne semble pouvoir entamer la détermination de De Gaulle même si le président américain Roosevelt considère que la France libre est un conte de fées et De Gaulle un pantin…<br />
Antonin Baudry, tout en racontant l&rsquo;Histoire, de la destruction de la flotte française à Mers el Kébir à l &lsquo;héroïque bataille de Bir Hakeim (<em>« Dites à Koenig que toute la France les regarde et qu’ils seront son orgueil! »</em>) en passant par la mort de l&rsquo;amiral Darlan abattu à Alger par un jeune résistant, s&rsquo;attache autant à la figure publique du général qu&rsquo;à ses facettes intimes. <em>« De Gaulle,</em> dit Baudry, <em>a aussi connu de grands moments de doute. À Dakar, il a pensé en finir. C’était un grand mélancolique. J’aime aussi la scène où il savonne son corps dans la baignoire, ce contraste entre le gigantesque et l’intime&#8230; »</em> Pour cela, le réalisateur peut compter sur un formidable Simon Abkarian (qui passait tous les jours près de deux heures au maquillage) qui réussit le défi extraordinaire d&rsquo;exprimer l’émotion d’un personnage qui s’acharne à n’en dévoiler aucune.<br />
<strong>La bataille de Gaulle – J&rsquo;écris ton nom</strong>, second volet de cette saga française sort le 3 juillet dans les salles.</p>
<div id="attachment_21339" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21339" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Igor (Daniel Auteuil) répète &quot;Les noces...&quot; avec son orchestre. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Igor (Daniel Auteuil) répète<br />&laquo;&nbsp;Les noces&#8230;&nbsp;&raquo; avec son orchestre. DR</p></div>
<p><strong>OPERA.-</strong> <em>« Ça dure trois heures ! »</em> dit l&rsquo;un. <em>« Ben oui, c&rsquo;est un opéra ! »</em> dit l&rsquo;autre… Une équipe artistique et technique s&rsquo;apprête à monter <em>Les noces de Figaro</em> qui doivent être bientôt données dans les ruines majestueuses du château de Lacoste, dans le Vaucluse, qui fut la demeure de marquis de Sade&#8230; Igor, le chef d&rsquo;orchestre, est ravi de retrouver la baguette pour diriger cet <em>opera buffa</em> et tout heureux de savoir que le rôle de la comtesse sera tenu par Hannah Liebmann, la célèbre cantatrice qui partagea autrefois, un temps, sa vie. Mme Liebmann, de retour en France après des contrats à l&rsquo;étranger, apprend par son frère, que leur père est en train de perdre la tête. La mise en scène a été confiée par le producteur Nicolas Poirier, un roi des nuits parisiennes, à la gracile Mirabelle, une icône de la mode, qui s&rsquo;excuse constamment de tout et de rien auprès de son équipe. Quant au mécène Pastourel, il n&rsquo;a pas hésité à mettre une grosse somme dans la production… à condition que sa fille chante le rôle de Suzanne.<br />
Alors que Mirabelle réclame d&rsquo;immenses phallus dans le décor pour dire combien <em>Les noces…</em> donnent une image forte du patriarcat, Sophie se plaint que, pendant une répétition, le baryton italien Piazzoni, l&rsquo;interprète du comte Almaviva, ait commis une agression sexuelle sur sa personne. Très vite, portée par Cora, qui chante Chérubin, le ton monte et provoque des tensions dans l&rsquo;équipe. On apprend aussi que, sur les réseaux sociaux, une fameuse chanteuse d&rsquo;opéra va publier une liste de personnalités ayant eu des comportements inopportuns. Igor commence à s&rsquo;inquiéter sérieusement. La vague #MeToo va-t-elle s&rsquo;abattre sur le monde de l&rsquo;opéra ?<br />
Présenté hors compétition à Cannes en mai dernier, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> (France – 2h13. Dans les salles le 27 mai) marque le retour à la réalisation d&rsquo;Agnès Jaoui après la disparition, en 2021, de Jean-Pierre Bacri, son compagnon et co-scénariste, auquel le film est dédié.</p>
<div id="attachment_21340" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21340" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara) et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara)<br />et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR</p></div>
<p>L&rsquo;intrigue est née du désir de la réalisatrice de partager son amour de l&rsquo;opéra avec le public mais aussi d&rsquo;évoquer <em>« ses expériences en tant qu&rsquo;actrice et réalisatrice dans une industrie dominée par les hommes »</em>. De fait, la production a bénéficié d&rsquo;un programme de formation, mené par le CNC, visant à prévenir les incidents d&rsquo;agression sexuelle. Et Agnès Jaoui a décrit le tournage comme une expérience « méta » en notant: <em>« Des personnes sont venues sur le plateau pour nous sensibiliser pendant des heures. Dans le film, il y a aussi des scènes où tout le monde se réunit pour parler de ce qui s&rsquo;est passé. »</em><br />
<strong>L&rsquo;objet du délit</strong> fait entrer le spectateur, sur des airs des <em>Noces</em>, comme le fameux <em>Voi che Sapete</em>, dans les coulisses d’une ambitieuse production d’opéra. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de découvrir l&rsquo;envers du décor à travers des personnages tour à tour savoureux, naïfs, crispants, touchants comme Samir, le nouveau régisseur qui n&rsquo;a jamais mis les pieds sur un plateau d&rsquo;opéra ou graves à l&rsquo;image de Hannah Liebmann qui souffre de presbyphonie, le vieillissement naturel de la voix.<br />
Indéniablement, les tensions nées de l&rsquo;accusation d’agression sexuelle de Piazzoni, en mettant en péril la production et en forçant chacun à prendre position, installe une forme de suspense. D&rsquo;autant que, comme il est dit, aux premières images du film, <em>« quand chacun a sa conscience de la justesse, arrive la cacophonie »</em>.<br />
Mais porté par les sublimes airs de Mozart, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> acquiert à ce titre une forme de grâce qui fait de cette aventure artistique un beau moment de cinéma. Car, in fine, <em>Les noces de Figaro</em> se joueront dans la nuit de Provence. Sur scène, on assiste au mariage de Figaro et de Suzanne ainsi qu&rsquo;à la réconciliation d&rsquo;Almaviva et de la comtesse aux accents de <em>Contessa perdono&#8230; Questo giorno di tormenti</em>. Mais, dans la coulisse, Piazzoni peut se faire du souci pour la suite de sa carrière. Quant à Hannah, elle a le mot de la fin pour Igor : <em>« Tu ne comprends rien ! »</em></p>
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		<title>L&#8217;ÉCRIVAIN PRÉCAIRE ET LES POUVOIRS DU PRÉSIDENT</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 09:36:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[A PIED D&#8217;OEUVRE Gros plan sur un papier peint à fleurs qui cède, peu à peu, sous des coups de masse. Derrière le mur, Paul Marquet s’affaire. A dos d’homme, il va falloir descendre de lourds sacs de gravats. Photographe professionnel talentueux, Paul, la quarantaine, a laissé la photo pour devenir écrivain. « Mais rester [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAAPiedDoeuvre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21300" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAAPiedDoeuvre-174x300.jpg" alt="A Pied D'oeuvre" width="174" height="300" /></a>A PIED D&rsquo;OEUVRE</strong><br />
Gros plan sur un papier peint à fleurs qui cède, peu à peu, sous des coups de masse. Derrière le mur, Paul Marquet s’affaire. A dos d’homme, il va falloir descendre de lourds sacs de gravats. Photographe professionnel talentueux, Paul, la quarantaine, a laissé la photo pour devenir écrivain. <em>« Mais rester écrivain a été un autre histoire »</em>. Déjà auteur de trois livres, il s&rsquo;entend dire par son éditrice, qu&rsquo;on attend toujours son grand roman… Valérie Donzelli suit, au plus près, le parcours d’un homme qui a abandonné un métier dans lequel il excellait pour se lancer dans l’écriture avant de tomber dans la précarité. Film qui dit la dureté de notre époque, <strong>A pied d’oeuvre</strong> est une adaptation de l’autobiographie éponyme de Franck Courtès, considéré comme l’un des meilleurs livres de la rentrée littéraire en 2023. Voici donc le récit intimiste, à la première personne et en voix off -une signature du style Donzelli- d’un écrivain confronté, peu à peu, mais d’une manière qui va en s’accélérant, à la pauvreté. Déjà présent dans plusieurs films de la cinéaste, Bastien Bouillon endosse un personnage déclassé, affaibli, isolé mais qui demeure néanmoins très déterminé tout du long. Avec cet homme taiseux, qui dit qu’il n’est plus <em>« quelqu’un de précis socialement »</em>, le comédien livre une performance toute en nuances, jouant sur une démarche, une manière de rentrer les épaules, de porter un bonnet ou de petites lunettes rondes, accessoire emblématique pour un ancien photographe et un écrivain qui passe son temps à observer, prendre des notes, écrire… Sans être un vademecum de la précarité, <strong>A pied d’œuvre</strong> raconte quand même, au plus près, la réalité d’un homme, au corps mis à rude épreuve, qui va sur <em>Jobbing</em>, plateforme qui met aux enchères des petits boulots et les attribue aux moins offrants, qui enchaîne des travaux de jardin, le montage d’une armoire, le démontage d’une (lourde) mezzanine, arrache des buis, fait le taxi, heurte un chevreuil et est frappé par la souffrance de la beauté condamnée tout en disant : <em>« C’est aussi beaucoup de viande ! »</em> En s’appuyant sur des couleurs froides et des lumières plutôt sombres, Valérie Donzelli trace le portrait d’un artiste qui refuse d’être là où on lui demande d’être. À savoir être un homme blanc, père de famille, qui gagne de l’argent. En cela, Paul dérange. Avec lucidité, élégance, voire courtoisie, Paul croise les autres et va son chemin. Dans son livre, Franck Courtès dit que les écrivains sont inaccessibles au découragement. En cela, Paul Marquet est un écrivain. Précaire certes mais qui affirme, dans un ultime plan : <em>« Je ne travaille pas le matin. Le matin j’écris… »</em> (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaGrazia.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21307" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaGrazia-190x300.jpg" alt="La Grazia" width="190" height="300" /></a><strong>LA GRAZIA</strong><br />
Sur une galerie ouverte surplombant la ville éternelle, le président De Santis regarde, l’air las, les toits romains en tirant sur sa cigarette. L’homme soupire : <em>« Aurora, tu me manques… »</em> Avec <strong>La Grazia</strong>, Paolo Sorrentino livre une œuvre marquée par une certaine gravité, un film d’où la fantaisie semble absente, à l’inverse des réalisations d’avant. Mais le cinéaste napolitain parvient pourtant à bousculer l’austérité ambiante par des fulgurances aussi surprenantes que bienvenues. Il est vrai que l’univers dans lequel évolue le président n’est pas des plus trépidants. Car cet homme veuf, juriste de grande réputation, profondément catholique, n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un joyeux drille. <strong>La Grazia</strong> est donc moins une plongée dans les arcanes du pouvoir qu’une descente dans la psyché d’un homme à la bascule de sa vie publique. Car De Santis, désormais âgé, arrive au terme de son mandat. Dans six mois, ce sera fini. Le président (excellent Toni Servillo) s’en trouve-t-il bien ou l’exercice du pouvoir qu’il s’apprête à quitter lui laisse-t-il un sentiment d’abandon… Pour l’heure, sa fille Dorotea, qui œuvre en permanence dans son ombre, a posé trois dossiers sur le bureau présidentiel. Deux portent sur la grâce demandée par une femme et un homme qui ont commis des crimes dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes. Le troisième, un projet de loi sur l’euthanasie, amène De Santis à faire face à une décision cruciale qui l’oblige à affronter ses propres dilemmes moraux. Justement <strong>La Grazia</strong> va quasiment décrypter comment ce politique souffre d’avoir perdu la femme qu’il aimait, cette Aurora qui le subjugua tout jeune et dont il n’arrive toujours à surmonter la perte. Même si cet amoureux connaît le doute et la jalousie. Car il est convaincu qu’Aurora l’a trompé. Et il ne supporte toujours pas de ne pas savoir qui est responsable de son infortune. Entièrement fictif mais très réaliste, cet hôte du Quirinal va « monter au front » sur les deux dossiers de grâce et sur la loi sur l’euthanasie. Si le film se présente d’abord sous des dehors sévères, la fantaisie va se glisser dans les plis de cette aventure intime. Avec une ravissante présidente balte, un pape noir et… motocycliste ou une soirée avec des vétérans de l’armée de montagne chantant la bravoure alpine. Une réflexion sur la solitude, le doute et la nécessité de l’accepter, sur aussi la responsabilité, un devoir qui devrait définir celles et ceux qui nous gouvernent. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAStalag17.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21312" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAStalag17-200x300.jpg" alt="Stalag 17" width="200" height="300" /></a><strong>STALAG 17</strong><br />
A la fin de 1944, dans le Stalag 17, un camp de prisonniers américains en Allemagne, les hommes sont persuadés, après l&rsquo;évasion manquée de deux d&rsquo;entre eux, qu&rsquo;ils ont été trahis par l&rsquo;un des leurs. Leurs soupçons se portent sur le sergent J.J. Stefton, un individualiste combinard qui ne se cache pas de faire du troc avec les gardiens. Juste, avant le départ de ses deux camarades, Stefton avait parié sur leur échec et gagné ainsi la provision de cigarettes remise par la Croix-Rouge&#8230; Bientôt, Stefton, sérieusement malmené par ses co-détenus, comprend qu&rsquo;il n&rsquo;a plus qu&rsquo;une seule issue : démasquer lui-même le coupable. Déjà, il a découvert l&rsquo;ingénieux moyen de communication du traître : un pion de jeu d&rsquo;échecs truqué dans lequel sont glissés les messages… Adapté de la pièce à succès de Donald Bevan et Edmund Trzcinski créée à Broadway en 1951, <strong>Stalag 17</strong>, sorti en 1953, entraîne le spectateur au cœur d’un camp de prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale. Mais loin de donner une fresque héroïque, Billy Wilder a choisi une approche intime et singulière, transformant un décor clos en un fascinant terrain d’observation des comportements humains. Entre suspicion, peur et instinct de survie, les prisonniers comprennent qu’un traître met leur existence en danger. Avec le remarquable <strong>Gouffre aux chimères</strong> (1951), <strong>Stalag 17</strong> est l&rsquo;une des œuvres les plus pessimistes de Wilder. Le cinéaste de <strong>Boulevard du crépuscule</strong> livre un brutal constat d&rsquo;échec sur une société incapable de se régir autrement que dans des rapports mercantiles, égoïstes, dominateurs et meurtriers, une société symbolisée par le microcosme qu&rsquo;est l&rsquo;univers carcéral du Stalag. Mêlant tension dramatique, humour noir et regard cynique sur la nature humaine, le film déploie toute la virtuosité du cinéaste. Avec une photographie en noir et blanc d’Ernest Laszlo, la mise en scène joue sur l’enfermement, les mouvements de groupe et les jeux d’ombre pour créer une atmosphère fortement oppressante. Le film permet aussi à William Holden de composer, avec l&rsquo;ambigu Stefton, un personnage remarquable qui lui vaudra l’Oscar du Meilleur acteur. À ses côtés, le cinéaste dirige d&rsquo;excellents acteurs et l&rsquo;on remarque, dans le rôle de Von Scherbach, le commandant du camp, le metteur en scène Otto Preminger. <strong>Stalag 17</strong> sort dans une belle édition Blu-ray + DVD restaurée 4K, accompagnée de plusieurs suppléments inédits ainsi que du livret <em>A la guerre comme à la guerre</em> (24 pages) que Marc Toullec consacre à la genèse du film. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFemmeQuiCrie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21304" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFemmeQuiCrie-187x300.jpg" alt="Femme Qui Crie" width="187" height="300" /></a><strong>LA FEMME QUI CRIE</strong><br />
Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Ah-shih assiste au suicide de sa mère, accusée de vendre son corps pour un peu de nourriture. C&rsquo;est la fillette qui arrache, de ses mains, la lame qui vient d&rsquo;emporter sa mère… Devenue orpheline, la petite fille est recueillie par son oncle et sa tante. <em>« Elle aura une meilleure vie, désormais »</em> observe son entourage. Mais, à vingt ans, Ah-shih est contrainte de quitter les siens pour épouser le boucher Chiang Shui, un homme aussi fruste que violent qui abuse de sa jeune femme. La relative aisance du couple fait jaser les habitants du village et Ah-shih devient l’objet de ragots abjects… Coup d’éclat cinématographique de l’année 1984, <strong>La femme qui crie</strong> est, à l’origine, un roman de l’autrice féministe Li Ang, alors figure montante de la scène littéraire taïwanaise, qui aborde avec audace les thèmes de la violence domestique et de la domination patriarcale. Attirés par la puissance transgressive de son écriture, les plus grands talents issus du Nouveau Cinéma taïwanais – du réalisateur Tseng Chuang-hsiang (<strong>L’homme-sandwich</strong>) au scénariste Wu Nien-jen (<strong>Poussières dans le vent</strong>), en passant par l’actrice Pat Ha Man-jik (<strong>Nomad</strong>) – se sont unis pour livrer une adaptation radicale, au style brut et à la narration tout en retenue. Disponible pour la première fois dans une belle restauration 2K et inédit en Blu-ray, <strong>La femme qui crie</strong> est un film aussi intense que cruel sur la manière dont un homme misérablement mutique se comporte avec sa jeune femme. Le film aligne une suite de moments où le boucher s&rsquo;empare physiquement d&rsquo;une proie complètement soumise et pleurante et d&rsquo;autres où le boucher œuvre dans son abattoir, tue puis débite des porcs tandis que ses employés interrogent, grassement, <em>« Est-ce que ta femme a crié comme ça, hier soir ? »</em> Réduite à des tâches ménagères, régulièrement molestée, Ah-shih est considérée comme une triste potiche par un mari qui lui ordonne de le regarder dîner. Et lorsque la jeune femme s&rsquo;achète quelques canetons qu&rsquo;elle compte élever pour les vendre, le boucher les écrase sous ses talons en hurlant : <em>« Je peux t&rsquo;entretenir&#8230; »</em> Un jour, pourtant, Ah-shih cessera de baisser la tête. Tourné dans les paysages maritimes des îles Perscadores, au large de Taïwan, <strong>La femme qui crie</strong> est un film impressionnant sur le sexe comme monnaie d&rsquo;échange pour la survie. Dans les suppléments, on trouve<strong> Le cri et le silence</strong> (26 mn), un entretien inédit avec Wafa Ghermani, spécialiste du cinéma taïwanais, qui note : <em>« Le film suit les tentatives d’Ah-shih pour s’adapter et survivre, et cette violence sur le corps des femmes qui veulent prendre leur revanche peut être vue comme une métaphore politique d’un pays qui ne cesse d’être blessé. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMageKremlin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21309" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMageKremlin-196x300.jpg" alt="Mage Kremlin" width="196" height="300" /></a><strong>LE MAGE DU KREMLIN</strong><br />
<em>« La confiance d’un dirigeant n’est pas un privilège mais une condamnation… »</em> Vadim Baranov sait de quoi il parle. Lui qui, dans la Russie des années 1990, devient le conseiller officieux d’un certain Vladimir Poutine. En partant du roman éponyme de Giuliano da Empoli, paru en 2022 chez Gallimard, Olivier Assayas a mené à bien un projet coûteux (un budget de 23 millions d’euros) auquel certaines voix ont reproché de <em>« brouiller la frontière entre fiction et analyse politique »</em>. Dans un récit ponctué de multiples flash-back et utilisant des images d’archives parfois reconstituées, on se glisse sans peine dans le tumulte d’un pays en reconstruction où Vadim Baranov, artiste, metteur en scène puis producteur de télé, va, au siège de la Loubianka, approcher, par l’entremise de l’oligarque Boris Berezovsky, un ancien agent du KGB devenu lieutenant-colonel du FSB et promis à un pouvoir absolu d’abord comme premier ministre puis comme président de la Fédération de Russie. Dans l’ombre du futur « Tsar », Baranov, devenu un rouage central de la nouvelle Russie, façonne les discours, les images, les perceptions. L’Union soviétique s’est effondrée, provoquant une promesse de liberté mais aussi de chaos, générant une demande d’autorité de la part de la population. <em>« Les Russes avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché »</em>, constate Baranov. Poutine, lui, mène sa quête du pouvoir en répondant par la seconde guerre de Tchétchénie ou la gestion du naufrage du sous-marin Koursk. Mise au pas des oligarques (Berezovsky doit partir en exil avant de disparaître dans des circonstances douteuses), combat contre la révolution orange en Ukraine, annexion de la Crimée… Sans états d’âme, Baranov met son talent dans le domaine médiatique au service de l’omnipotent Poutine. Evoquant ce Berezovsky dont il fut le protégé, Baranov dit : <em>« L’intelligence ne protège de rien, même pas de la stupidité »</em>. Quant à la stratégie numérique du Kremlin à l’international, il considère : <em>« Il n’y a rien de plus sage que de miser sur la folie des hommes »</em>. Si Baranov est un personnage fictif, il est entouré de figures bien réelles comme, outre Boris Berezovsky, Igor Setchine, Boris Eltsine, le joueur d’échecs et opposant Garry Kasparov, l’idéologue Édouard Limonov ou le commandant de guerre Evgueni Prigojine. L’autre personnage fictif et unique figure féminine du film, c’est l’ insaisissable Ksenia (Alicia Vikander), possible échappée pour Baranov hors des logiques d’influence et de domination. Si on entre volontiers dans <strong>Le mage du Kremlin</strong>, c’est évidemment à cause de la vraie actualité qui, quasiment jour après jour, met Poutine sur le devant de la scène. Comme si la fiction allait nous en apprendre plus sur ce « Tsar » dont s’empare avec brio (et retenue) l’excellent Jude Law. Sans jamais jouer l’imitation, le Britannique réinvente un Poutine crédible. Quant à Paul Dano, il est un intrigant Baranov. Jouant de sa bouille ronde de bébé, l’Américain incarne un type aussi lisse que finement manipulateur. <em>« J’avais mauvaise conscience mais je finissais par m’habituer »</em>. Une définition du pouvoir ? (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATrilogieJeu.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21314" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATrilogieJeu-209x300.jpg" alt="Trilogie Jeu" width="209" height="300" /></a><strong>LA TRILOGIE DU JEU</strong><br />
Polars d&rsquo;action secs et nerveux situés dans un Japon régi par le complot, la trahison et la corruption, les trois films composant la <strong>Trilogie du jeu</strong> de Toru Murakawa mettent en vedette l’acteur nippon Yusaku Matsuda (on le voit, à la fin de sa carrière en yakusa, au côté de Michael Douglas et de son compatriote Ken Takakura dans<strong> Black Rain</strong> de Ridley Scott en 1989), impressionnant dans le rôle de Shohei Narumi, antihéros impassible à la gâchette facile. Somptueusement photographiée dans une palette de bleu aux tons froids qui fera la renommée du chef opérateur Seizo Sengen, portée par une bande originale sensuelle composée par la légende du jazz Yuji Ohno, la <strong>Trilogie du jeu</strong> sort pour la première fois en France en version restaurée dans un coffret de deux Blu-ray. La trilogie de référence du cinéma d’action japonais qui a influencé des cinéastes comme Takashi Miike ou Kiyoshi Kurosawa… Dans <strong>Le jeu le plus dangereux</strong> (1978 &#8211; 89 mn), Shohei Narumi, tueur à gages sans foi ni loi, est engagé par un puissant homme d’affaires pour sauver le gendre et collaborateur de ce dernier, victime d’un kidnapping. Il s’agirait en réalité d’un complot déguisé visant à éliminer les cadres dirigeants de l’entreprise… Dans <strong>Le jeu de la mort</strong> (1978 &#8211; 92 mn), Shohei Narumi revient à Tokyo après cinq ans d’absence. Ses retrouvailles avec la fille et la maîtresse de sa dernière victime, désormais proches des milieux yakuzas, le renvoient bientôt à son passé trouble et à ses vieux démons… Enfin dans <strong>Le jeu de l&rsquo;exécution</strong> (1979 &#8211; 100 mn), Shohei Narumi est enlevé, séquestré puis torturé. Cette opération a uniquement pour but de tester l’endurance physique et mentale du jeune homme. Son commanditaire souhaite en effet engager Narumi pour liquider un éminent tueur à gages désirant se retirer du milieu… Le coffret comprend de nombreux suppléments ! <strong>L&rsquo;aventurier</strong> (20 mn) est une entretien avec le réalisateur Toru Murakawa qui revient en détail sur sa célèbre trilogie, dont la réussite repose sur les talents conjugués et l’implication de son équipe. Dans <strong>Souvenirs de Yusaku Matsuda</strong> (18 mn), on retrouve Yutaka Oki, gérant d’un bar à jazz à Tokyo, qui avait pour client le grand acteur Yusaku Matsuda, avec lequel il noua une solide amitié jusqu’à sa disparition, en 1989. <strong>Changer la donne</strong> (22 mn) est un entretien avec le scénariste Shoichi Maruyama. Engagé pour écrire le scénario du dernier volet de la trilogie, Maruyama évoque les influences de ce film aux dialogues minimalistes. Enfin, <em>Réinventer le cinéma d&rsquo;action japonais : Mitsuru Kurosawa, Toei Central et la Trilogie du jeu</em> est un livret exclusif (64 pages) rédigé par Dimitri Ianni, chercheur indépendant et spécialiste du cinéma japonais contemporain. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAZoulou.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21315" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAZoulou-183x300.jpg" alt="Zoulou" width="183" height="300" /></a><strong>ZOULOU</strong><br />
En janvier 1879, en Afrique du Sud, dans la province du Natal, les troupes anglaises sont sévèrement vaincues, à Isandhlwana, par une armée de plus de 20.000 Zoulous. Quelques heures plus tard, près de 139 soldats britanniques (dont 35 malades ou blessés) retranchés dans la ferme de Rorke&rsquo;s Drift (faisant office de mission et d&rsquo;hôpital au révérend Jack Witt), sont attaqués par près de 4000 guerriers zoulous. Le commandant qui va organiser la défense est un officier du Génie chargé de construire un pont secondé par un jeune officier sans expérience. Les Tuniques rouges repoussent tous les assauts à la suite d&rsquo;une lutte acharnée qui dure près de douze heures. Alors qu&rsquo;ils croient la bataille perdue, ils reçoivent un hommage de leurs ennemis saluant leur courage et leur ténacité. En fait, les secours arrivaient. La bataille voit la défaite des Zoulous face aux Britanniques, causant près de 351 morts pour les premiers contre 17 pour les seconds. Elle permet au Royaume-Uni de sauver la face après Isandhlwana et de reprendre la campagne pour ensuite dominer le royaume zoulou et tout le sud de l’Afrique. La bataille de Rorke’s Drift entre dans l’Histoire comme l’un des affrontements les plus déséquilibrés de la guerre anglo-zouloue. De cet épisode bien réel, le cinéma a tiré une fresque inoubliable : <strong>Zoulou</strong>, reconstitution spectaculaire et tendue d’un combat devenu légendaire. Réalisé en 1964 par l&rsquo;Américain Cy Enfield, le film s’attache à restituer l’intensité de la bataille avec un souci de réalisme rarement atteint. La production fait ainsi appel à plus de 700 figurants zoulous, dont beaucoup sont les descendants directs des combattants ayant pris part à l’affrontement historique, conférant aux scènes de combat une authenticité saisissante. À l’origine du projet, Stanley Baker, également producteur du film, s’impose dans le rôle du lieutenant John Chard, officier méthodique propulsé à la tête d’une défense désespérée. À ses côtés, Michael Caine, dans l’un de ses premiers grands rôles, incarne un jeune officier aristocrate, apportant au film une tension supplémentaire entre hiérarchie militaire et différences de tempérament. <strong>Zoulou</strong> déploie ainsi une mise en scène ample, où la rigueur stratégique répond à la puissance organique des assauts. Mais au-delà du spectacle, le film se distingue par son approche étonnamment nuancée, refusant toute lecture manichéenne pour laisser émerger, dans la violence des combats, une forme de respect mutuel entre adversaires. Avec ses séquences devenues emblématiques et son souffle épique, <strong>Zoulou</strong> s’impose comme un grand classique du film de guerre. En 1979, Cy Endfield a scénarisé un autre film consacré aux événements qui se sont déroulés lors de la bataille d&rsquo;Isandhlwana: <strong>L&rsquo;ultime attaque</strong> avec Burt Lancaster et Peter O&rsquo;Toole. Dans les suppléments, on trouve une analyse (49&rsquo;10) du film par Florent Fourcart, spécialiste de l’Histoire du cinéma. Et, en exclusivité Blu-ray, une interview (11&rsquo;39) de Sheldon Hall, historien du cinéma, le making of de <strong>Zoulou</strong>, 1ère partie (25’47) et 2e partie (20’04), la musique de <strong>Zoulou</strong> (6’29) et enfin le livre <em>Zoulou, un récit d’aventure exaltant</em> (92 pages) par Stéphane Chevalier. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAChristyBrother.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21301" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAChristyBrother-203x300.jpg" alt="Christy Brother" width="203" height="300" /></a><strong>CHRISTY AND HIS BROTHER</strong><br />
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez Shane, son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Ce dernier vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun. Brendan Canty, le réalisateur du film, et Alan O’ Gorman, le scénariste, ont grandi dans le même quartier populaire de Cork, en Irlande. Canty est devenu photographe et réalisateur et s’est fait connaître très jeune en Irlande, grâce au clip de la chanson <em>Take Me to Church</em> de Hozier (visionné plus de 1,4 milliard de fois sur You Tube et nommé deux fois aux MTV VMA). Alan O’Gorman est devenu enseignant dans le secondaire à Manchester, en Angleterre, tout en s’adonnant à sa passion pour l’écriture de scénarios. Après <strong>For You</strong>, un court-métrage tourné à Dublin en 2016 et applaudi dans les festivals, ils décident de poursuivre leur collaboration. Brendan Canty a une idée en tête. Au début des années 2010, il s’était rendu à Knocknaheeny, une banlieue ouvrière surplombant Cork, pour y photographier une tradition locale : la <em>« Bonfire Night »</em>, événement qui consiste, chaque été, à allumer de grands feux de joie. <em>« Je me suis retrouvé à discuter,</em> dit le cinéaste, <em>avec un groupe d’adolescents autour d’un feu, et j’ai été frappé par leur gentillesse, leur sens de l’accueil et leur amabilité (…) mais j’ai également été surpris par leur manque de confiance en eux : devenir photographe leur semblait tout bonnement inimaginable. C’est ainsi qu’est née l’idée de monter un projet autour de ce quartier et de ces adolescents au grand cœur. »</em> <strong>Christy and his Brother</strong> dresse, autour du thème des familles défavorisées, un portrait touchant de la difficulté de vivre dans le quartier nord de Cork. Face à une série de choix sur son devenir, Christy (Danny Power), garçon solitaire et triste, choisit de relever la tête, s&rsquo;impose d&rsquo;aller de l&rsquo;avant et trouve le chemin de la rédemption à travers… la coiffure. Avec un petit côté Ken Loach, le film montre aussi comment les hommes, comme les deux frères, ont du mal à exprimer leurs émotions. <em>« Beaucoup de gens,</em> observe le comédien Diarmund Noyes, <em>ne disent jamais à certains membres de leur famille qu’ils les aiment. Et parfois, il est trop tard. Les hommes irlandais, en particulier, ont très peur de se montrer vulnérables. »</em> Dans les suppléments, on trouve un entretien (19 mn) avec le réalisateur Brendan Canty, le clip vidéo : <em>The Sound of the North Side</em> (3 mn) ainsi que deux courts métrages: <strong>For you</strong> (2017 – 12 mn) et <strong>Christy</strong> (2019 – 14 mn). (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFatherMotherSisterBrother.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21303" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFatherMotherSisterBrother-173x300.jpg" alt="Father Mother Sister Brother" width="173" height="300" /></a><strong>FATHER MOTHER BROTHER SISTER</strong><br />
Dans une voiture qui traverse un paysage enneigée des Etats-Unis, Jeff et Emily se demandent comment ils vont trouver leur père. Ces frère et sœur ne l’ont pas revu depuis l’enterrement de leur mère. Dans sa maison, le vieil homme hirsute plante le décor pour recevoir sa progéniture. Un plaid négligemment jeté sur un canapé, ici un incongru panier avec une pelote de laine. Les retrouvailles sont plutôt « coincées ». On parle de tout et surtout de rien et on comble les vides en se demandant si on peut trinquer avec de l’eau. Oui, on peut, concluent-ils. Emily se demande si la Rolex au poignet de son père est une vraie…. Du côté de Dublin, cette fois, une mère, romancière de son état, attend ses deux grandes filles pour leur rendez-vous annuel autour d’une tasse de thé et d’un cortège de douceurs soigneusement présentées. Là encore, du côté de Lil et de Tim, on se demande comment ce moment va se passer. Dans la maison cossue, ce sont les silences qui occupent l’espace. Enfin, du côté de Paris, Skye et Billy, deux jumeaux, se retrouvent, pour une dernière visite après la disparition accidentelle de leurs parents, dans le bel appartement haussmanien qu’ils occupèrent… Couronné du prestigieux Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, <strong>Father Mother Sister Brother</strong> s’ouvre et s’achève sur le mélancolique <em>Spooky</em> chanté par Anika puis Dusty Springfield, un titre qui donne son atmosphère au quatorzième long-métrage de Jim Jarmush. Après une curieuse variation sur les zombies (<strong>The Dead don’t Die</strong> en 2019), l’Américain distille un triptyque qui parle, à travers trois histoires différentes, des relations entre des enfants adultes et des parent(s) avec lesquels une distance -impossible, désormais, à franchir- s’est installée. Plus que de développer une intrigue autour d’un quelconque <em>« Famille, je vous hais »</em>, cette chronique de la solitude s’attache, sans poser de jugement, à une suite de personnages auxquels une large brochette de comédiens (Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Vicky Krieps, Indya Moore et Luka Sabbat) apportent une belle émotion. Touchant ! (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAJeanneArc.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21305" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAJeanneArc-196x300.jpg" alt="Jeanne Arc" width="196" height="300" /></a><strong>JEANNE D&rsquo;ARC</strong><br />
Enfant pieuse, dévote, aimée et heureuse à Domrémy en Lorraine, la jeune Jeanne assiste au pillage et à la destruction de son petit village. Alors que des soldats anglais massacre les villageaois, la sœur de Jeanne la cache dans un placard et lui fait un rempart de son corps. Jeanne est alors le témoin horrifié, impuissant et traumatisé à vie du viol et du meutre de cette sœur qu&rsquo;elle adore. Un dégoût viscéral des Anglais s&rsquo;installe alors dans son âme. Elle peine à donner un sens et à faire la part des choses entre cette épreuve traumatisante, son imagination fertile, sa conscience, ses discours intérieurs, ses pulsions de vengeance, son amour de Dieu et des hommes, les messages de la Bible et ses visions. Tout la convainc que Dieu la charge de chasser les Anglais hors de France et de faire sacrer le dauphin Charles VII roi de France en la cathédrale de Reims. Sa détermination communicative suffit à galvaniser les armées et les seigneurs vassaux du roi de France et à bouter les Anglais hors de France. La maison capétienne de Valois profite de la notoriété de Jeanne d&rsquo;Arc pour légitimer de façon divine le sacre du dauphin Charles VII, unifier la France et se débarrasser des Anglais, avant d&rsquo;abandonner cette héroïne devenue embarrassante. Elle est laissée aux Bourguignons qui la jugent hérétique puis la vendent aux Anglais. Commence alors le procès. Jeanne d’Arc est seule et doute de certains épisodes de sa vie : sont-ils des coïncidences hasardeuses qu&rsquo;elle a confondues avec des signes de Dieu ? Les Anglais la brûlent vive le 30 mai 1431 en la place publique du Vieux-Marché à Rouen. Lorsqu&rsquo;il entreprend le tournage de sa <strong>Jeanne d&rsquo;Arc</strong>, Luc Besson est le cinéaste fêté qui vient de cartonner avec <strong>Léon</strong> (1994) et ses 3,5 millions de spectateurs puis avec <strong>Le cinquième élément</strong> (1997) qui a, lui, réuni 7,7 millions de spectateurs. Après ses personnages de fiction, il s&rsquo;attaque à un légende et un personnage que le cinéma a souvent abordé. Loin de Falconetti, de Dreyer et du <strong>Procès</strong> de 1928, Besson trouve, ici, matière à une forte épopée historique, à un grand spectacle guerrier et cruel au coeur duquel se développe la destinée unique de la Pucelle d&rsquo;Orléans. Le cinéaste du <strong>Grand bleu</strong> en profite pour donner le portrait d&rsquo;une adolescente fragile et bouleversée qui se transforme en femme forte, bien décidée à changer le cours du monde dans lequel elle vit. Présenté dans une édition limitée 4K Ultra HD, <strong>Jeanne d&rsquo;Arc</strong> fait la part belle tant au questionnement sur le religieux et le divin qu&rsquo;aux batailles très violentes dans lesquelles Jeanne passe comme un être halluciné. Besson a confié le rôle à Milla Jovovich et la comédienne de 24 ans apparaît complètement habitée par sa Jeanne. Autour d&rsquo;elle, sur une musique de l&rsquo;incontournable Eric Serra, gravitent la crème du cinéma international avec John Malkovich (Charles VII), Faye Dunaway (Yolande d&rsquo;Aragon) ou Dustin Hoffman (la conscience de Jeanne) mais aussi de bons comédiens français comme Tchéky Karyo (Dunois), Vincent Cassel (Gilles de Rais) ou Pascal Greggory (le duc d&rsquo;Alençon). Dans les suppléments, on trouve <strong>Sur les traces de Jeanne</strong>, le making of (86 mn) réalisé par Laurent Lufroy et Luc Besson ainsi que des entretiens avec Gérard Krawczyk, directeur de la seconde équipe (25 mn), Thierry Arbogast, directeur de la photographie (8 mn), Sylvie Landra, chef monteuse (16 mn), Catherine Leterrier, chef costumière (28 mn), Hugues Tissandier, chef décorateur (33 mn), Bruno Tarrière, ingénieur son (35 mn) et André Labbouz, directeur technique (5 mn). (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMarsupilami.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21310" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMarsupilami-183x300.jpg" alt="Marsupilami" width="183" height="300" /></a><strong>MARSUPILAMI</strong><br />
Pour sauver son emploi, David Ticoule accepte de ramener un mystérieux colis d&rsquo;Amérique du Sud pour le compte de son patron Jeffrey Malone. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex-petite amie Tess, leur fils Léo (qui a souffert de la rupture de ses parents) et son collègue Stéphane Buisson, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Entre la récupération du colis et le début de la croisière, l&rsquo;équipe rencontre Ricky Salsa, ex-membre d&rsquo;un duo de boys band devenu un chanteur solo has-been, et se retrouve suivie par Pablito Camaron, qui semble vouloir s&rsquo;approprier le colis. Tout dérape lorsque Stéphane l’ouvre accidentellement… Un bébé marsupilami apparaît ! David cherchera à tout faire pour préserver le secret du colis, mais cela est-il seulement possible lorsque le voyage vire au chaos ? L&rsquo;animal imaginaire inventé par Franquin en 1952 et devenu une vedette de la bande dessinée franco-belge, avait connu une première adaptation en 2012 avec <strong>Sur la piste du Marsupilami</strong>. Alain Chabat était à l&rsquo;écriture, à la production, à la mise en scène sans oublier le jeu puisqu&rsquo;il incarna le journaliste-reporter Dan Geraldo, ex-vedette de la télévision sur le point d&rsquo;être licencié… Cette fois, c&rsquo;est Philippe Lacheau qui est, notamment, à l&rsquo;écriture du scénario et à la réalisation, tout en jouant également dans ce <strong>Marsupilami</strong> puisqu&rsquo;il interprète David Ticoule. C&rsquo;est Pathé, déjà producteur de <strong>Sur la piste…</strong>, qui a proposé à Lacheau de reprendre le personnage. Le réalisateur-comédien qui sortait du succès d&rsquo;<strong>Alibi.com 2</strong>, a donc embarqué la « bande à Fifi » dans l&rsquo;aventure. Si on peut préférer la manière dont Chabat a traité le sujet, il faut reconnaître que le style rentre-dedans de cette nouvelle équipe fonctionne plutôt bien. On joue volontiers sur les clins d&rsquo;oeil, les références (ah, <strong>E.T.</strong> et Spielberg!) et un côté « comédie débile » qui est la signature de la « bande à Fifi ». Pour faire le lien entre les deux films, on retrouve, ici, Jamel Debbouze qui reprend le personnage de Pablito Camaron. Autour de lui, la « bande à Fifi » est à l&rsquo;oeuvre avec Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Élodie Fontan, Julien Arruti, Alban Ivanov, Reem Kherici… Pour sa sortie en salles, <strong>Marsupilami</strong> a rassemblé 6,2 millions de spectateurs. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaCriseEstFinie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21306" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaCriseEstFinie-170x300.jpg" alt="La Crise Est Finie" width="170" height="300" /></a><strong>LA CRISE EST FINIE</strong><br />
Une troupe théâtrale rôde en province sa nouvelle revue, <em>Mille jambes nues</em>, mais se retrouve en panne à Périgueux, victime des caprices de la vedette, Lola Garcin, puis abandonnée par le producteur. Marcel, le musicien; Nicole, la débutante-doublure de Lola et Olga, une star sur le retour, prennent les choses en main. Le groupe monte à Paris dans l&rsquo;espoir de s&rsquo;y produire, attend tout de la capitale et le chante (<em>« On ne voit ça qu&rsquo;à Paris »</em>). C&rsquo;est pourtant la désillusion : l&rsquo;argent et l&rsquo;enthousiasme manquent. La crise est générale et il faut avoir recours à diverses combines à la limite de la malhonnêteté. Grâce à Olga et à la complaisance d&rsquo;une concierge qui se souvient d&rsquo;elle, on peut vivre dans un théâtre vide et répéter… sans piano. Vendeur d&rsquo;instruments de musique, M. Bernoullin serait prêt à en céder un si Nicole acceptait de passer une soirée avec lui. Mais Marcel met le holà et Olga achète un instrument avec ses économies. Bernoullin veut se venger et la troupe est obligée de le séquestrer afin de poursuivre, dans la fébrilité, les répétitions de sa nouvelle revue, <em>La crise est finie !</em>, cri de défi lancé à la morosité ambiante. Heureusement, l&rsquo;obstination et la chance paient. Le public vient en masse à la première. Marcel, Nicole et leurs amis pourront savourer leur succès. Né à Memphis, Tennessee en août 1900 dans une famille juive originaire de Pologne, Robert Siodmak retourne, à l&rsquo;âge d&rsquo;un an, vivre en Allemagne avec ses parents. Il y travaille comme metteur en scène et banquier avant de devenir scénariste pour le réalisateur Curtis Bernhardt en 1925. Quatre ans plus tard, il réalise son premier film muet, <strong>Les hommes le dimanche</strong>, avec l&rsquo;aide au scénario de son frère Curt et de deux débutants, célèbres par la suite, Billy Wilder et Fred Zinnemann. L&rsquo;arrivée au pouvoir des nazis en 1933 pousse Siodmak à l&rsquo;exil. Il se rend tout d&rsquo;abord à Paris, où il réalise plusieurs films dont <strong>La crise est finie</strong> (1934) et <strong>La vie parisienne</strong> (1936), avant de s&rsquo;envoler vers Hollywood. Où il fera une belle carrière, signant ainsi, en 1946, <strong>Les tueurs</strong> avec Burt Lancaster et Ava Gardner, considéré comme l&rsquo;un des fleurons du film noir américain. Avec une belle photographie d&rsquo;Eugen Schüfftan, le chef-op du <strong>Metropolis</strong> de Lang, Siodmak signe une comédie musicale « à la française » (musique et chansons de Jean Lenoir et Franz Waxman, le musicien de <strong>Rebecca</strong> de Hitchcock et de <strong>Boulevard du crépuscule</strong> de Wilder) qui fait la part belle au duo Danielle Darrieux – Albert Préjean. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADreams.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21302" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADreams-196x300.jpg" alt="Dreams" width="196" height="300" /></a><strong>DREAMS</strong><br />
Quelque part aux Etats-Unis, un semi-remorque est arrêté au bord d’une route. La nuit tombe et on entend de faibles cris. <em>« Laissez-nous sortir ! »</em> Un type fuit dans la campagne. En stop, ce jeune homme rejoint San Francisco. Il trouve les clés d&rsquo;une belle demeure, entre, ouvre le frigo, dévore quelques myrtilles alors que la porte s’ouvre. Une belle jeune femme interroge : <em>« T’es venu comment ? »</em> avant de partager une forte étreinte avec lui… Jennifer McCarthy est décidée à soutenir son jeune amant. Talentueux danseur de ballet originaire du Mexique, Fernando Rodriguez rêve de reconnaissance internationale et aussi d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il a quitté clandestinement son pays. Avec <strong>Dreams</strong>, son dixième film, le cinéaste mexicain Michel Franco souhaitait proposer une réflexion sur le pouvoir, la violence et la cruauté. Un sujet d’une vibrante actualité dans l’Amérique d’aujourd’hui. Mais <strong>Dreams</strong> prend la forme d’un drame familial où s’affrontent Fernando et Jennifer. L’arrivée du jeune danseur bouleverse le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite. Quant à Fernando, il veut gravir les marches de la notoriété et à sortir de l’ombre dans laquelle Jennifer voudrait le garder… En développant les conflits intérieurs qui agitent ses deux personnages centraux, Michel Franco semble diluer son propos sur les inégalités sociales et le drame d’un immigrant même si, in fine, par un rebondissement qu’on se gardera de révéler ici, le couple sera terriblement secoué… Avec énergie, Jessica Chastain incarne cette Jennifer à laquelle son père lance : <em>« Que tu aides des immigrés, entendu mais il y a des limites ! » </em>Face à la rousse star américaine, c’est le danseur de ballet mexicain, actuellement à l’American Ballet Theatre de New York, Isaac Hernandez qui joue Fernando dont l’existence passe par des motels où il fait le ménage et les scènes où il montre ses talents de soliste dans <em>Le lac des cygnes</em> de Tchaïkovski ou <em>Roméo et Juliette</em> de Prokofiev. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALitAColonne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21308" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALitAColonne-170x300.jpg" alt="Lit A Colonne" width="170" height="300" /></a><strong>LA LIT A COLONNES</strong><br />
Dans les années 1880, dans la province française, Clément Porey-Cave règne sur la maison d’arrêt de Meu. C’est un homme terne et aigri, déplaisant et funèbre. Chez lui, Madeleine sa femme, soumise à son autorité, baisse la tête. C’est une femme désabusée qui ne s’occupe que de ses plantes et de sa fille, Marie-Dorée. Celle-ci craint son père, bien qu’elle trouve grâce à ses yeux. Pour passer le temps et l’ennui, elle joue du piano, ce qui agace son père et tricote des écharpes pour les prisonniers en particulier pour « un jeune homme » qu’elle entend chanter. Par désœuvrement et pour rompre un peu la monotonie de la vie de province, Porey-Cave fréquente mademoiselle Yada, celle qu’il appelle son « aventure » et qui habite la ville voisine dans un appartement de deux pièces meublées en style tunisien. Pour ne pas divulguer son intrigue, il a pris la précaution de se faire appeler monsieur Alfred. Au Grand Café, où se réunissent les notables, et où la belle et insolente Yada passe son temps, Porey-Cave compte un jeune rival : Jacquot, le violoniste chef d’orchestre très apprécié des femmes et dont Yada est amoureuse parce que, lui, est un artiste. Vieux jaloux, Porey-Cave ne cesse de se lamenter de son triste sort, alors qu’il voudrait être aimé et admiré à l’égal de Jacquot : un musicien ! Le directeur convoque Rémi Bonvent, un jeune paysan emprisonné pour vingt ans, pour avoir tué accidentellement un garde-chasse une nuit de braconnage. Porey-Cave l’autorise à s&rsquo;adonner à son activité favorite, la chanson mais aussi à composer des airs qu&rsquo;il lui promet de conserver jusqu&rsquo;à sa sortie de prison, afin, prétend-il, de lui assurer un avenir une fois la liberté retrouvée. De fait, le directeur va s&rsquo;approprier la musique de Bonvent qui rencontre un vif succès. Sur un scénario de Charles Spaak d&rsquo;après un roman de Louise de Volmorin, Roland Tual, le producteur de <strong>La bête humaine</strong> de Renoir et de <strong>Remorques</strong> de Grémillon, passe à la réalisation en 1942, dans la France de Vichy qui déréalise le cinéma pour privilégier le divertissement. Ici, Tual donne un film assez kitsch qui repose sur une sacrée affiche avec Fernand Ledoux, le directeur de prison voleur de succès musical, entouré d&rsquo;Odette Joyeux, Jean Marais, Jean Tissier, Pierre Larquey ou Mila Parély… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATafiti.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21313" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATafiti-174x300.jpg" alt="Tafiti" width="174" height="300" /></a><strong>TAFITI</strong><br />
Jeune suricate, Tafiti a été élevé dans le respect strict des règles de survie de son clan : ne jamais se lier d’amitié avec des étrangers, car le désert est un environnement dangereux. Pourtant, sa rencontre avec Poilou, un cochon sauvage aussi sympathique qu&rsquo;attachant, va bouleverser ses certitudes. Quand son grand-père est mordu par un serpent venimeux, Tafiti doit partir seul à la recherche d’une fleur légendaire aux pouvoirs miraculeux, qui pousse au-delà des terres arides qu’il connaît. Cette quête périlleuse l’oblige à quitter son foyer et à affronter un monde inconnu, peuplé de dangers et de rencontres imprévues. Malgré sa détermination, Poilou le suit discrètement et devient son compagnon d’aventure, malgré lui. Première adaptation cinématographique d&rsquo;une série de livres pour enfants très populaire en Allemagne, <strong>Tafiti</strong>, réalisé par Nina Wels, aborde des thèmes comme l&rsquo;amitié et la remise en question des préjugés, le courage et la confiance en soi, l&rsquo;entraide et la famille ou encore la découverte de l’inconnu et de la diversité des espèces animales. S&rsquo;adressant à un public familial avec de jeunes enfants (à partir de 3 ans), le film, avec un ton doux et accessible et une animation colorée et fluide, respecte les codes du cinéma d’aventure et distille un message universel sur l&rsquo;ouverture à l&rsquo;autre&#8230; (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAARetourSilentHill.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21311" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAARetourSilentHill-197x300.jpg" alt="Retour Silent Hill" width="197" height="300" /></a><strong>RETOUR À SILENT HILL</strong><br />
Homme brisé par la perte de Mary, son grand amour, James Sunderland reçoit une mystérieuse lettre de sa part. Cette lettre l&rsquo;attire vers Silent Hill, une ville autrefois familière mais désormais plongée dans les ténèbres. En cherchant Mary, James affronte des créatures cauchemardesques et découvre une vérité terrifiante qui le pousse au bord de la folie. En 2006, Christophe Gans réalisait <strong>Silent Hill</strong>, une adaptation du jeu vidéo éponyme, réputé pour avoir révolutionné le jeu d&rsquo;horreur par son approche psychologique de la peur. Le réalisateur fêté du <strong>Pacte des loups</strong> (2001) est revenu au <em>survival horror</em> avec une adaptation du jeu vidéo <em>Silent Hill 2</em>, considéré comme l&rsquo;un des épisodes les plus marquants de la saga. Avec Jeremy Irvine et Hannah Emily Anderson dans les rôles principaux, le film mêle horreur psychologique, cauchemars et atmosphère oppressante, avec des références aux éléments cultes de la saga, comme <em>Pyramid Head</em>. (Metropolitan)</p>
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		<title>Les affres de Raul et la lunette de Sylvie</title>
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		<pubDate>Sun, 24 May 2026 08:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[CREATION.- Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&#8217;un terrible mal de tête. Elle s&#8217;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&#8217;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21287" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21287" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Elsa (Barbara Lennie) et Patricia (Victoria Luengo)." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Elsa (Barbara Lennie)<br />et Patricia (Victoria Luengo).</p></div>
<p><strong>CREATION.-</strong> Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&rsquo;un terrible mal de tête. Elle s&rsquo;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&rsquo;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux urgences. On dirige Elsa vers une chambre mais elle demande si on ne peut pas plutôt l&rsquo;hospitaliser dans la chambre d&rsquo;en face. Surprise mais complaisante, l&rsquo;infirmière accepte. Plus tard, la médecin de garde lui posera quand même la question. <em>« Pourquoi avez-vous demandé à changer de chambre ? »</em> Elsa explique qu&rsquo;il y a longtemps déjà, elle était venue dans cet hôpital pour tourner l&rsquo;un des deux films qu&rsquo;elle a réalisés pour le grand écran. Même si ses deux œuvres sont devenues culte (<em>« ce qui veut dire qu&rsquo;elles n&rsquo;intéressent personne et que très peu de spectateurs les ont vues »</em>), Elsa Rosado s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui tournée vers la publicité <em>« parce que ça rapporte plus »</em>. Et puis le docteur Garcia se demande aussi où elle a déjà croisé Bonifacio. De fait, dans un night-club où Bonifacio, sapeur-pompier professionnel dans le civil, devient Beau, strip-teaseur pour enterrements de vie de futures mariées&#8230;<br />
<strong>Autofiction</strong> (Espagne – 1h51. Dans les salles le 20 mai) marque le retour du plus célèbre cinéaste de la Movida à Cannes. Où, après pas moins de sept films présentés en compétition, il attend toujours de décrocher une Palme d&rsquo;or. Mais reconnaissons néanmoins au réalisateur de 76 ans le mérite de ne pas baisser les bras et, dans le même temps, de célébrer l&rsquo;importance du Festival.<br />
Avec <strong>Amarga navidad</strong> (en v.o.), dont le titre apparaît en caractères de machine à écrire au générique, Almodovar inventorie une nouvelle fois les affres de la création. Dévorée par les crises d&rsquo;angoisse, Elsa ne sent plus bonne à rien et surtout pas à écrire. Elle décide donc d&rsquo;aller passer le long week-end de la fête de la Constitution de 2004 à Lanzarote avec son amie Natalia, jolie mannequin mais complètement dépressive depuis la mort accidentelle de son enfant.</p>
<div id="attachment_21288" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21288" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia). Photos Iglesias Mas" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia).<br />Photos Iglesias Mas</p></div>
<p>Pour se remettre au travail, Elsa s’inspire des malheurs personnels de ses amis proches. Ce que fait également -dans une trame temporelle se déroulant en 2025- Raul Duran (l&rsquo;Argentin Leonardo Sbaraglia). Le cinéaste, évident alter-ego d&rsquo;Almodovar, écrit un scénario qui s&rsquo;avère être l&rsquo;histoire d&rsquo;Elsa. Pour surmonter sa panne d&rsquo;inspiration, Raul plonge dans les événements de sa propre vie, de son petit ami Santi ou encore de Monica, son assistante et agent, qui craque et menace Raul (<em>« J&rsquo;ai le moyen de te rendre la vie insupportable »</em>) tout en lui tournant désormais le dos pour aller s&rsquo;occuper de son amie Elena.<br />
Dans une mise en scène qui fait toujours la part belle à cette véritable signature que sont les intérieurs très colorés et qui enchâsse deux récits distants d&rsquo;une vingtaines d&rsquo;années, Almodovar organise un jeu où se mêlent constamment la réalité et la fiction. Comme dans <strong>Douleur et gloire</strong> (2019) où il apparaissait sous les traits d&rsquo;Antonio Banderas, le cinéaste espagnol livre un autoportrait passablement nostalgique. <em>« Tu as déjà fait tes meilleurs films. Tu peux vivre sur ton prestige »</em> lui dit-on. Et d&rsquo;affirmer que la fiction n’a pas le pouvoir de sauver quelqu&rsquo;un. Pire : <em>« Tu nous as vampirisé et ça ne donne même pas un bon scénario ! »</em><br />
On peut s&rsquo;amuser à débusquer, dans <strong>Autofiction</strong>, ce qui « appartient » à Almodovar, ainsi les problèmes de sommeil de ses personnages ou encore l&rsquo;abondant usage de médicaments, ici des comprimés d&rsquo;alprazolam, un médicament prescrit pour traiter l&rsquo;anxiété chronique ou gérer les crises de panique… Ou encore ce cauchemar d&rsquo;une vieille dame qui, sur son lit d&rsquo;hôpital, imagine un impressionnant orage alors qu&rsquo;il fait dehors un soleil radieux. Sans oublier l&rsquo;hommage, avec la chanson <em>La Llorana</em>, à son amie chanteuse Chavela Vargas&#8230;<br />
Comme très fréquemment chez Almodovar, ce sont les personnages féminins qui tiennent, ici, le haut du pavé. Avec, en tête, Barbara Lennie (Elsa), Aitana Sanchez-Gijon (Monica), Victoria Luengo (Patricia), Milena Smit (Natalia) sans oublier la muse Rossy de Palma dans une unique séquence…<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Volver</strong>, le cinéaste avait déclaré : <em>« Au début de ma carrière, les critiques ont été déconcertés face à mes films : fallait-il les prendre au premier degré ? Comment les définir ? Au bout de seize longs-métrages, ils se sont habitués »</em>. C&rsquo;est bien vrai.</p>
<div id="attachment_21289" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21289" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires&quot;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&nbsp;&raquo;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse.</p></div>
<p><strong>SONS.-</strong> Dans un centre pour sans-abris de Paris, un employé passe en annonçant : <em>« Dans dix minutes, il faudra quitter les lieux ! »</em> Adam retrouve la rue parisienne. Dans le métro, il fraude en sautant par-dessus la barrière automatique sous le regard de Céline. Dans la rame, Céline se fait voler son porte-feuille par une jeune pickpockette. Adam course la voleuse, la coince et récupère l&rsquo;objet volé pour le rendre à Céline… Celle-ci lui sauve la mise quand des policiers contrôlent Adam. Céline met alors Adam en contact avec Sylvie, sa tante, qui a besoin d&rsquo;aide pour vider son appartement. Sylvie est romancière. En quête d’inspiration pour son nouveau roman, elle espionne, avec une lunette, ses voisins d’en face&#8230;<br />
Avec <strong>Histoires parallèles</strong> (Iran/France – 2h19. Dans les salles le 14 mai), présenté en compétition officielle, le cinéaste iranien Asghar Farhadi était de retour sur la Croisette. Véritable « fils de Cannes », Farhadi y a présenté, en 2013, <strong>Le passé</strong> qui remporta le prix oecuménique et valut à Bérénice Béjo le prix d&rsquo;interprétation féminine puis, en 2016, <strong>Le client</strong> qui trusta le prix du scénario et le prix d&rsquo;interprétation masculine pour Shahab Hosseini sans oublier un Oscar 2017 du meilleur film étranger à Hollwyood. Le réalisateur iranien fait, en 2018, l&rsquo;ouverture de la compétition avec <strong>Everybody kowns</strong>. Enfin, en 2021, Farhadi obtient le Grand prix pour <strong>Un héros</strong>. Et on ne parle même pas des trophées remportés à la Berlinale…<br />
Autant dire qu&rsquo;on s&rsquo;intéresse forcément à la nouvelle production du cinéaste de 54 ans d&rsquo;autant que son dernier film a encore un autre côté cannois puisqu&rsquo;il est le remake de <strong>Brève histoire d&rsquo;amour</strong>, sixième volet du <strong>Décalogue</strong> de Krzysztof Kieslowski, autre brillant « fils de Cannes ».</p>
<div id="attachment_21290" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21290" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Adam (Adam Bessa) et Nita (Virginie Efira). Photos Carole Bethuel" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Adam (Adam Bessa)<br />et Nita (Virginie Efira).<br />Photos Carole Bethuel</p></div>
<p>Tournerais-je autour du pot ? Oui, <strong>Histoires parallèles</strong>, second film français de Farhadi, est une œuvre virtuose mais c&rsquo;est aussi un film dans lequel on finit peu à peu par perdre le fil! Nourri du cinéma de Wajda, Angelopoulos, Paradjanov, Ozu, Kurosawa, Ray ou Monicelli et Bresson, le cinéaste passe, ici, de l&rsquo;obsession du personnage de Kieslowski pour l&rsquo;image à la question du son comme enjeu déterminant. <em>« Je me suis demandé, dit-il, ce qu’il en était du son de l’autre côté, celui de la personne espionnée. C’est ainsi que m’est venue l’idée de faire de ces personnes observées des créateurs de sons, des bruiteurs&#8230; »</em><br />
<strong>Histoires parallèles</strong>, comme son titre l&rsquo;indique en effet, passe d&rsquo;un côté à l&rsquo;autre de… l&rsquo;histoire ou de l&rsquo;intrigue. Tantôt, on est avec Sylvie, romancière volontiers mal embouchée (petite prise de tête avec son éditrice dans une courte séquence qui permet une apparition de Catherine Deneuve) et plutôt mal dans sa peau d&rsquo;écrivaine chancelante. Tantôt, on suit Nita, collaboratrice dans un studio d&rsquo;enregistrement et de montage son installé dans l&rsquo;appartement en face de celui de Sylvie. Une Nita qui ressemble étrangement à Anna, un personnage qui a compté dans l&rsquo;existence de Sylvie. Tout comme Pierre et Christophe, frères et responsables du studio. Enfin, entre ces deux Sylvie et Nita, Adam fait une sorte de <em>go-between</em>…<br />
A travers les sons que fabrique le studio, Asghar Farhadi réfléchit au réel, au réel fabriqué, à l’effet de réel à travers le son, mais aussi à travers la façon dont les personnages réels, qui appartiennent eux-mêmes à une fiction, se distinguent des personnages de la fiction dans la fiction !<br />
Isabelle Huppert (Sylvie), Virginie Efira (Nita/Anna), Adam Bessa (Adam), Vincent Cassel (Pierre/Nicolas), Pierre Niney (Christophe/Théo) et India Haïr (Céline) défendent bien un projet que, malheureusement, on a perdu en route.</p>
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		<title>UN FAUSSAIRE DE GENIE ET LES SUPERBES SONS DES VOSGES</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2026 21:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;AFFAIRE BOJARSKI Connaissez-vous Czesław Bojarski, contrefacteur de billets de banque surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie » ? De fait, cet homme discret était un illustre inconnu pour la plupart des spectateurs de L’affaire Bojarski ! Il y a pourtant, dans la vie de ce faussaire de génie, de quoi alimenter le scénario d’une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAffaireBojarski.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21247" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAffaireBojarski-201x300.jpg" alt="Affaire Bojarski" width="201" height="300" /></a>L&rsquo;AFFAIRE BOJARSKI</strong><br />
Connaissez-vous Czesław Bojarski, contrefacteur de billets de banque surnommé le <em>« Cézanne de la fausse monnaie »</em> ? De fait, cet homme discret était un illustre inconnu pour la plupart des spectateurs de <strong>L’affaire Bojarski</strong> ! Il y a pourtant, dans la vie de ce faussaire de génie, de quoi alimenter le scénario d’une belle reconstitution d’époque sur la beauté de l’art du faux. Jean-Paul Salomé nous embarque donc dans l’existence d’un type couleur de muraille qui, brillant faussaire, donna, des années durant, la migraine aux responsables de la Banque de France. La vie du singulier Bojarski ne fut pas un long fleuve tranquille même s’il s’appliqua à toujours passer pour un brave père de famille vivant, chichement, dans la région parisienne avec sa femme Suzanne et ses deux enfants. Dans une aventure dense et souvent palpitante, Bojarski va jouer au chat et à la souris avec les autorités, notamment le commissaire Mattei, un flic volontiers « médiatique », pour lequel la traque du faussaire va devenir une redoutable obsession. En suivant les pérégrinations de Bojarski à travers la France où il va, de buraliste en buraliste, acheter le papier à cigarettes OCB indispensable à ses « créations », le cinéaste installe une atmosphère à la Simenon. Le tout en jouant avec les codes du film noir, à l’instar de cette séquence nocturne à Vichy où Bojarski, sans doute poussé par une soif de reconnaissance, va, pendant une conversation au bar d’un hôtel, « défier » le policier qui le traque depuis des mois et des années… <strong>L’affaire Bojarski</strong> nous entraîne dans une aventure originale autour d’un artiste talentueux taraudé par le désir de voir reconnaître son génie. Au risque évident de se mettre en danger. Bojarski marquait sciemment ses faux billets grâce à de minuscules différences qui sont autant de signatures. Tout en donnant à voir avec précision les étapes du travail de faussaire avec son atelier caché dans un cabanon au fond de son jardin, ses plaques gravées, ses presses, son papier, ses encres, le film s’attache tout autant à la personnalité d’un artiste que l’excellent Reda Kateb fait vibrer avec brio dans ses creux, ses doutes, ses silences et évidemment dans l’immense solitude qui habitait Bojarski. Venu en France pendant la Seconde Guerre mondiale où il aida des Juifs en fabriquant de faux papiers, Bojarski connut le rejet et le mépris. Ce qui explique aussi comment il s’appliqua à « recycler » son génie. <em>« La France ne voulait pas de nous,</em> rigole son ami Dow, <em>alors tu t’en es pris à son pognon ! »</em> Enfin, cette histoire authentique mais au fort potentiel romanesque, repose sur deux couples. Celui, amoureux, de Bojarski et de sa femme Suzanne (Sara Giraudeau) qui tremble toujours à l’idée que son mari puisse se faire prendre et sur celui constitué par le faussaire et le flic qui le traque. Bojarski trouve, dans le « melvillien » Mattei (Bastien Bouillon épatant avec sa diction à la Paul Meurisse), l’écho d’une fascination qui l’inquiète tout en le confortant dans la reconnaissance de son art. Les ultimes minutes du film montrent le vrai Bojarski au travail. On voit un petit homme maigre travailler avec minutie à son grand œuvre. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAChantForets.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21249" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAChantForets-173x300.jpg" alt="Chant Forets" width="173" height="300" /></a><strong>LE CHANT DES FORÊTS</strong><br />
La brume s&rsquo;accroche, comme des voiles blancs, aux sombres sapins de la forêt vosgienne. Simon Munier, 12 ans, le fils de Vincent, le réalisateur du <strong>Chant…</strong>, est à l&rsquo;affût, les, les yeux et les oreilles aux aguets, les sens en éveil pour voir furtivement passer un écureuil ou un cerf. Plus tard, dans une cabane qui ressemble à celles des contes de fées, Simon écoute son grand-père Michel parler d&rsquo;un monde sauvage et invisible mais qui laisse des traces. Michel Munier se souvient avec émotion de la fin des années soixante quand il avait observé, dans les hautes neiges des Vosges, l&rsquo;apparition furtive d&rsquo;un grand tétras.<em> « Mais t&rsquo;as rêvé ! »</em> L&rsquo;image de cet oiseau fantôme, désormais disparu des Vosges à cause des changements climatiques, est devenue une obsession : <em>« Me rendre plus invisible, plus fantôme que lui »</em>, dit encore le vieil homme barbu. Et d&rsquo;évoquer ce poète russe qui disait du cri guttural du grand tétras que c&rsquo;était <em>« l&rsquo;esprit de la nuit qui appelle le jour »</em>. Second long-métrage de Vincent Munier après <strong>La panthère des neiges</strong> (2022) qui lui valut un César du meilleur documentaire, L<strong>e chant des forêts</strong> est un magnifique poème visuel et sonore. Car, si les images sont superbes (ah, les deux biches et le cerf se croisant dans un étang embrumé!), les sons sont remarquables parce qu&rsquo;ils laissent une grande place à l&rsquo;imaginaire. A l&rsquo;âge de son fils Simon, le Spinalien Vincent Munier avait suivi son naturaliste de père dans les affûts et pris le virus de la nature sauvage dont il est dit, au générique de fin, qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas qu&rsquo;un spectacle mais avant tout une vie partagée. De fait, ce documentaire immersif qui capte, avec une fulgurante beauté, la vie animale et végétale dans les forêts du massif des Vosges, est aussi une affaire de transmission. Michel, Vincent et Simon Munier observent et célèbrent la nature mais ils attirent aussi, avec force, l&rsquo;attention sur sa fragilité. Vu par près de 1,3 million de spectateurs dans les salles françaises et également couronné d&rsquo;un César du meilleur film documentaire et d&rsquo;un César du meilleur son, <strong>Le chant des forêts</strong> permet d&rsquo;approcher, jusqu&rsquo;au très gros plan, des cerfs en plein brame, des chouettes, des hiboux, des chamois, des rapaces, des oiseaux chanteurs, des renards ou encore un lynx emportant sa proie. Alors, il s&rsquo;agit de rester là, d&rsquo;écouter et de voir… peut-être. Et parce que le grand tétras est devenu un animal quasiment mythique, le trio Munier décida d&rsquo;un voyage en Norvège pour, peut-être l&rsquo;approcher. Dans les vastes espaces forestiers scandinaves, Simon trouva d&rsquo;abord une plume de queue. Et puis le légendaire oiseau entra en scène ! Magnifique et puissant bec blanc, œil orange, plumage noir marqué de rouge et grande queue en éventail ! Film animalier et… pictural aux images merveilleuses certes, <strong>Le chant des forêts</strong> est plus que cela. C&rsquo;est une célébration humaniste et contemplative d&rsquo;une nature qui peut se révéler magique pour peu qu&rsquo;on l&rsquo;aime et qu&rsquo;on la respecte. Dans les suppléments du dvd, on trouve un entretien (28 mn) avec Vincent Munier et quinze minutes de scènes inédites. Sur le Blu-ray, s&rsquo;ajoutent un livret de 24 pages et cinq cartes postales. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMarcelMonsieurPagnol.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21258" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMarcelMonsieurPagnol-185x300.jpg" alt="Marcel Monsieur Pagnol" width="185" height="300" /></a><strong>MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL</strong><br />
Marcel Pagnol n’est pas heureux. Pire, il se sent vieux. Alors, enfermé dans son bureau, l’académicien bricole une machine au mouvement perpétuel et ronchonne :<em> « Ici, au moins, les lettres françaises me foutront la paix ! »</em> Un jour de 1956, il rencontre Pierre Lazareff. Le mythique patron de <em>France-Soir</em> est accompagné de son épouse Hélène qui dirige <em>Elle</em> et qui lui propose d’écrire un feuilleton littéraire pour son magazine. Pour raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours. En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, en version plus jeune de lui, apparaît soudain à ses côtés. Marcel Pagnol est alors au faîte de sa gloire et il va s’immerger dans ses riches souvenirs… Depuis le beau succès des <strong>Triplettes de Belleville</strong> (2003), on connaît le cinéma de Sylvain Chomet. Avec <strong>Marcel et Monsieur Pagnol</strong>, le cinéaste fait la part belle au plus grand conteur de tous les temps en lui offrant de devenir le héros de sa propre histoire. Cette aventure-là, c’est celle de la littérature, du théâtre et enfin du cinéma. Pour le petit Marcel, le vieil homme va se mettre à explorer sa vie et à revivre les plus belles rencontres et les plus beaux souvenirs. Reviennent ainsi la table familiale, un père pauvre mais honnête, une mère trop tôt disparue et un gamin en colère à qui la pratique de la boxe vaudra un nez cabossé. Voilà Pagnol prof d’anglais muté à Paris, vivant dans un hôtel de passe avec le moral dans les chaussettes. Un ami l’entraînera à une soirée où Pagnol rencontre Orane Demazis et tombe sous son charme… Contacté par deux producteurs pour confectionner quelques parties animées dans un documentaire sur Pagnol, Chomet a constaté que seules les séquences animées suscitaient l’intérêt. De là à écrire un <em>biopic</em> entièrement animé, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas… Réalisée pour la première fois en numérique, voici une aventure humaine dans laquelle on plonge avec un vrai plaisir tant le dessin est plaisant et l’animation élégante. Ensuite, il suffit de se laisser emporter, au gré des pièces de théâtre, des amours du maître ou de l’invention du cinéma parlant dans le sillage de personnages (forcément) truculents. On aime entendre le grondement de Raimu quand il déclare : <em>« Je vais te le faire ton boulanger cocu ! »</em> ou encore qu’avec le Marius de Pierre Fresnay, <em>« un Alsacien peut faire un bon Marseillais… »</em> On aime écouter aussi, avec l’accent, Pagnol (avec la voix de Laurent Lafitte) dire : <em>« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers… »</em> Voilà du cinéma qui fleure bon le soleil de la garrigue ! (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACielEnfer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21250" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACielEnfer-201x300.jpg" alt="Ciel Enfer" width="201" height="300" /></a><strong>ENTRE LE CIEL ET L&rsquo;ENFER</strong><br />
Industriel au sein d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo décide de rassembler tous ses biens afin de racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. Il apprend alors que son fils Jun a été enlevé et qu’une rançon est exigée. Se produit alors un véritable coup de théâtre: ce n’est pas Jun mais Shinichi, le fils de son chauffeur, qui a été kidnappé. Gondo est désormais face à un dilemme : doit-il dépenser toute sa fortune pour sauver l’enfant d’un autre ? S&rsquo;ouvrant dans un huis-clos dans une luxueuse villa qui domine Yokohama, le film s&rsquo;attarde auprès d&rsquo;un homme d&rsquo;affaire qui s&rsquo;interroge. Et puis l&rsquo;action se met en branle avec une enquête policière qui parcourt une ville glaçante… Considéré comme l&rsquo;un des cinéastes les plus célèbres et influents de l&rsquo;histoire du cinéma, le Japonais Akira Kurosawa (1910-1998) a tourné, en 57 ans de carrière, plus d&rsquo;une trentaine de films. Essentiellement connu pour ses grandes fresques féodales (<strong>Rashômon</strong> en 1950, <strong>Les sept samouraïs</strong> en 1954 ou <strong>Kagemusha</strong> en 1980 qui lui vaudra la Palme d&rsquo;or à Cannes), Kurosawa est également l’auteur d’une série de remarquables films noirs, ancrés dans le Japon contemporain. Interprété par les stars Toshiro Mifune (qui sera aussi, en 1965, le héros du <strong>Barberousse</strong> de Kurosawa) et Tatsuya Nakadai, <strong>Entre le ciel et l’enfer</strong>, disponible pour la première fois en Blu-ray 4K Ultra HD, est une brillante réflexion sur la morale et le capitalisme, très librement adapté du roman <em>Rançon sur un thème mineur</em> de l&rsquo;Américain Ed McBain. Dans les suppléments, on trouve <strong>Le suspense selon Kurosawa</strong> (37 mn) qui présente des souvenirs du tournage d’<strong>Entre le ciel et l’enfer</strong> par les membres de l’équipe du film, illustrés de nombreuses archives. <strong>Entre le ciel et l&rsquo;enfer selon Jean Douchet</strong> (15 mn) permet en 2006, au fameux critique et historien du cinéma (1929-2019) de livrer une analyse du chef-d’œuvre de Kurosawa, l’un des plus beaux polars au monde selon lui. Enfin <strong>Tension et grâce</strong> (10 mn) est un essai vidéo du film par Nicolas Saada, réalisateur et scénariste (<strong>Taj Mahal</strong>, <strong>Thanksgiving</strong>) qui observe : <em>« Entre le ciel et l’enfer est une leçon de cinéma. […] Il y a cet équilibre entre grâce et gravité, entre beauté et noirceur. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEchosDuPassé.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21252" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEchosDuPassé-187x300.jpg" alt="Echos Du Passé" width="187" height="300" /></a><strong>LES ECHOS DU PASSÉ</strong><br />
Alma grandit dans une famille de propriétaires terriens peu avant la Première Guerre mondiale dans l&rsquo;Empire allemand. Les parents de la fillette de sept ans sont taciturnes et le quotidien de la famille marqué par la religiosité et les superstitions. Un jour, Alma découvre grâce à une photographie post-mortem qu&rsquo;elle a été nommée d&rsquo;après sa sœur décédée. La famille a mis en scène un « accident du travail » pour éviter que Fritz, le frère aîné d&rsquo;Alma, ne soit envoyé à la guerre. La domestique Trudi, qui, comme beaucoup d&rsquo;autres servantes, a été stérilisée de force par son employeur, s&rsquo;occupe avec dévouement de Fritz, qui a été amputé d&rsquo;une jambe à la suite de l&rsquo;« accident ». Erika vit à la ferme dans les années 1940 alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage. Elle se perd dans une curiosité et une fascination érotiques pour son oncle Fritz, « invalide de guerre ». Elle réalise d&rsquo;innombrables dessins de cet homme alité et simule elle-même une amputation. Angelika, avide de vivre, vit à la ferme à l&rsquo;époque de la RDA dans les années 1980 et est prisonnière d&rsquo;une excentrique famille d&rsquo;agriculteurs. Elle est la fille d&rsquo;Irm, la sœur blonde d&rsquo;Erika. La sexualité naissante d&rsquo;Angelika attire l&rsquo;attention de son oncle Uwe. Mais Rainer, fils d&rsquo;Uwe et cousin d&rsquo;Angelika, éprouve également des sentiments pour elle. Dans les années 2020, Nelly, originaire de Berlin, arrive avec sa sœur aînée Lenka et ses parents dans la ferme à présent délabrée et presque vide, que les parents souhaitent rénover eux-mêmes. Lenka se lie d&rsquo;amitié avec Kaya, une fille du quartier. Un jour, un événement tragique se répète dans la ferme. Les frontières entre le passé et le présent vont s&rsquo;estompent complètement… Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2025, <strong>In die Sonne schauen</strong> (en v.o.) a remporté le prix du jury, ex æquo avec <strong>Sirāt</strong> d&rsquo;Óliver Laxe. Masha Schilinski signe un puissant drame historique qui suit les destinées de quatre jeunes filles (Alma, Erika, Angelika et Lenka) qui vivent à des époques différentes sur la même ferme isolée dans l&rsquo;Altmark, dans l&rsquo;Allemagne du Nord. Alors que les générations s’enchaînent, la ferme conserve la mémoire des drames silencieux, des non-dits familiaux et des cicatrices du passé. Dans un cinéma à la fois miroir et portail vers un large univers de sentiments, la cinéaste franco-allemande distille un univers poétique tout en retenue formelle. Sur plus d&rsquo;un siècle et jusqu&rsquo;à nous, se développe un récit comme hanté autour d&rsquo;Alma (Hanna Heckt), Angelika (Lena Urzendowsky), Lenka (Laeni Geiseler) et Erika (Lea Drinda) investissant, tour à tour, une vaste demeure et une terre qui les relie à travers le temps. La cinéaste compose des images quasiment spectrales au service de thèmes comme la douleur fantôme ou le corps des femmes, jeunes ou vieilles. Une œuvre à la fois irréelle, inquiétante et donc fascinante. Dans les suppléments, un entretien avec la réalisatrice Masha Schilinski. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMachoDancer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21257" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMachoDancer-187x300.jpg" alt="Macho Dancer" width="187" height="300" /></a><strong>MACHO DANCER</strong><br />
Après le départ de son riche amant américain, le jeune Pol décide de suivre son ami Greg à Manille, afin de subvenir aux besoins de sa famille. Là-bas, il fait rapidement la connaissance de Noel, un call-boy, adepte du <em>« macho dancing »</em>, qui le prend sous son aile et lui trouve une place dans un club gay de la capitale. Alors qu’il découvre le monde interlope du striptease masculin, entre trafic sexuel, drogue et corruption policière, Pol fait la rencontre de Bambi, une prostituée proche de la bande des <em>« macho dancers »</em>… Voici une exclusivité mondiale que l&rsquo;on doit à Carlotta Films qui s&rsquo;est fait, entre autres, une spécialité du cinéma asiatique et, pour l&rsquo;occasion du cinéma philippin. Cela à travers de l&rsquo;une de ses plus illustres figures. Disparu à l&rsquo;âge de 52 ans dans un accident de voiture, Lino Brocka (1939-1991) a tourné une soixantaine de longs-métrages dont certains comme <strong>Manille</strong> (1975) ont eu une sortie internationale. Grâce au Festival de Cannes, on découvrit aussi, en 1978, <strong>Insiang</strong>, premier film philippin sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs. En 1980,<strong> Jaguar</strong> fut présenté en sélection officielle puis <strong>Bona</strong> (1980) à la Quinzaine des réalisateurs 1981. Réalisé en 1988 et invisible depuis sa sortie, <strong>Macho Dancer</strong> (inédit en Blu-ray, dans une version non censurée et présenté dans une nouvelle restauration 4K) est un mélodrame social doublé d’un authentique acte de résistance politique pour ce cinéaste engagé, clamant ouvertement son homosexualité dans une société conservatrice. <strong>Macho Dancer</strong> s’affirme comme l’un des longs-métrages les plus audacieux et controversés de Lino Brocka qui signe un témoignage brut, qui évoque par moments les premiers films de Martin Scorsese, et demeure un jalon du cinéma queer asiatique. Dans les suppléments, on trouve, avec <strong>Corps politiques</strong> (35 mn), un entretien inédit avec Nick Deocampo, cinéaste, producteur, historien, écrivain et enseignant à l’Université des Philippines. <em>« Le bar gay,</em> dit-il, <em>n’est pas différent d’une usine. Mais le bien de consommation, c’est le corps humain et non la machine. »</em> Enfin, <strong>Oliver</strong> (1983, 40 mn) est un film de Nick Deocampo sur le quotidien d’un jeune homme qui subvient aux besoins de sa famille en se travestissant dans les bars gays de Manille. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALosTigres.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21256" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALosTigres-194x300.jpg" alt="Los Tigres" width="194" height="300" /></a><strong>LOS TIGRES</strong><br />
Plongeur professionnel, surnommé &laquo;&nbsp;le Tigre&nbsp;&raquo;, Antonio travaille principalement au port de Huelva, en Andalousie, dont une grande partie de l&rsquo;activité est liée à l&rsquo;industrie pétrolière. Il vit avec sa sœur cadette Estrella qui, bien qu&rsquo;elle éprouve beaucoup d&rsquo;affection pour lui, lui en veut également depuis l&rsquo;enfance de s&rsquo;être fait passer comme meilleur plongeur qu&rsquo;elle, suite à un défi lancé par leur père. Estrella, qui a une formation en biologie marine, et bien qu&rsquo;elle assiste quotidiennement son frère dans son travail, envisage secrètement de postuler pour un emploi à la réserve naturelle de Vigo. Lors d&rsquo;une plongée sous le pétrolier <em>Delphos</em>, Antonio découvre dans l&rsquo;un des conduits d&rsquo;aération du bâtiment, un petit chargement de cocaïne, information que son supérieur lui demande de passer sous silence. Toutefois, Antonio y voit une opportunité d&rsquo;améliorer son sort : en effet, il est en grande difficulté dans sa vie personnelle depuis son divorce, son ex-épouse lui reprochant de ne lui verser aucune pension alimentaire pour s&rsquo;occuper de leurs deux filles. Antonio envisage alors de voler une partie de la drogue découverte et de la revendre afin de reverser une partie de l&rsquo;argent à ses filles et de garder le reste pour ouvrir une école de plongée. Mise au courant de cette idée, Estrella la rejette dans un premier temps, avant de l&rsquo;accepter en l&rsquo;amendant : pour éviter que le vol ne soit découvert, Antonio devra prélever à l&rsquo;aide d&rsquo;un dispositif spécial une petite partie de la drogue lors de plusieurs plongées, en veillant à éteindre sa caméra le moment venu afin que son supérieur ne se doute de rien… Révélé à l&rsquo;international avec <strong>La Isla minima</strong> (2014), palpitant et remarquable thriller dans l&rsquo;Espagne post-franquiste, le cinéaste sévillan Roberto Rodriguez plante le décor de son nouveau film policier dans l&rsquo;impressionnant univers industriel d&rsquo;Huelva. Avec un petit côté braquage… sous-marin, <strong>Los Tigres</strong> met en scène un frère et une sœur qui s&rsquo;aiment autant qu&rsquo;ils se détestent, autrement dit deux personnages tourmentés aux prises avec leurs traumatismes du passé. D&rsquo;ailleurs, le film, qui contient cependant nombre de séquences très spectaculaires, s&rsquo;intéresse essentiellement aux rivalités entre Antonio (l&rsquo;excellent Antonio de la Toore, déjà présent dans <strong>La Isla…</strong>) et Estrella (Barbara Lennie), deux êtres qui ont bien du mal à trouver leur place dans le monde&#8230; (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEauTiedePontRouge.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21251" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEauTiedePontRouge-212x300.jpg" alt="Eau Tiede Pont Rouge" width="212" height="300" /></a><strong>DE L&rsquo;EAU TIEDE SOUS UN PONT ROUGE</strong><br />
Avant de mourir, un vieux clochard philosophe livre son secret à Yosuke Sasano, un quadragénaire qui vient d&rsquo;être licencié de son travail. Il a caché un bouddha en or, volée dans un temple de Kyoto, dans une jarre cachée dans une maison située dans un village lointain, et il lui en fait cadeau. Récemment séparé de sa femme, Yosuke est fatigué par la vie citadine. Comme son travail ne le retient plus à Tokyo, il décide de quitter la capitale pour se rendre dans la ville portuaire de Noto et tenter de retrouver le trésor du vieux clochard. Sur place, il croise Saeko Aizawa, une jeune femme qui vit là avec sa grand-mère. Saeko a le pouvoir de faire s&rsquo;épanouir les fleurs en dehors des saisons et de faire venir les poissons par l&rsquo;eau qu&rsquo;elle fait jaillir de son corps lorsqu&rsquo;elle éprouve le plaisir charnel. Chaude lapine, la sensuelle Saeko saute sur le visiteur et le force à faire l&rsquo;amour. Au moment de l&rsquo;orgasme, un geyser jaillit d&rsquo;elle. Sous le charme de Saeko, Yosuke tombe amoureux et va découvrir peu à peu les secrets de son passé. Cinéaste d&rsquo;un certain réalisme magique, Shohei Imamura (1926-2006) s&rsquo;est souvent penché dans un cinéma qui mêle la fantaisie avec un baroque provocant, sur les déclassés de la société, les prostituées et, ici, une femme qui explose littéralement de sensualité. Titulaire de deux Palmes d&rsquo;or cannoises (<strong>La ballade de Narayama</strong> en 1983 et, ex-aequo avec <strong>Le goût de la cerise</strong> de Kiarostami, pour <strong>L&rsquo;anguille</strong> en 1997), Imamura signe, en 2001, avec <strong>De l&rsquo;eau tiède…</strong>, son ultime long-métrage. Dans une mise en scène de belle facture, l&rsquo;impertinent maître japonais donne le portrait poétique, doucement subversif, surréaliste et parodique d&rsquo;une femme fontaine aux pouvoirs miraculeux. Présenté en compétition officielle à Cannes 2001, <strong>De l&rsquo;eau tiède&#8230;</strong> est une superbe fable ! <em>« Si d&rsquo;aucuns disent que le XXIe siècle sera celui de la science et de la technologie, je pense qu&rsquo;il sera aussi celui de la femme »</em>, professe Imamura à la sortie de son dernier film. Ode malicieuse à la femme et au plaisir sexuel, cette histoire d&rsquo;eau, où l&rsquo;on croise aussi une grand-mère liseuse d&rsquo;avenir et un marathonien sénégalais parlant japonais, mêle délires poétiques, érotiques, et péripéties rocambolesques. D&rsquo;une vitalité lumineuse et insolente ! (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEnfanceAllemande.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21253" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEnfanceAllemande-196x300.jpg" alt="Enfance Allemande" width="196" height="300" /></a><strong>UNE ENFANCE ALLEMANDE : ILE D&rsquo;AMRUN, 1945</strong><br />
En 1945, durant les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale, dans un petit village de l&rsquo;île d&rsquo;Amrum, au large des côtes allemandes de la mer du Nord, Nanning Bohm, douze ans, l&rsquo;aîné de sa famille, travaille dans les champs de pommes de terre ou ramasse du bois flotté pour se chauffer et aider sa mère à nourrir les siens. Fervente nazie, elle est largement enceinte. Le gamin, sa tante Ena et ses deux jeunes frères et sœurs ont dû fuir Hambourg, ville bombardée, pour se réfugier sur l&rsquo;île. Le père de Nanning est un lieutenant-colonel de la SS et est à la guerre. Son épouse est laissée à elle-même sur Amrum, tandis que les villageois écoutent en secret du jazz interdit à la radio. Alors que la guerre touche à sa fin, Nanning doit faire face à de nouveaux défis. Depuis la naissance de sa sœur et la mort d&rsquo;Adolf Hitler, sa mère a sombré dans une profonde dépression et refuse de s&rsquo;alimenter. Nanning cherche des solutions ingénieuses pour satisfaire son envie de pain blanc beurré et tartiné de miel. Las, la guerre a plongé l&rsquo;île dans une grave pénurie de toutes sortes de ressources. Il tente, par le troc, d&rsquo;obtenir les ingrédients convoités comme le beurre et le sucre. Voyant arriver des réfugiés de l’est de l’Allemagne puis vivant la fin du conflit, Nanning commence à réaliser que tous les adultes n’ont pas les mêmes valeurs et que l’idéal nazi de ses parents ne va pas de soi. Il découvre que son oncle Théo a été contraint de rester en Amérique à cause des nazis, et que ces derniers ont assassiné sa fiancée, Ruth. Théo lui apparaît en rêve et le confronte : <em>« Tu n&rsquo;es pas coupable, mais tu es quand même impliqué »</em>. Présenté dans la section Cannes Première au Festival de Cannes 2025, <strong>Une enfance allemande…</strong> est un récit initiatique qui repose sur les souvenirs d&rsquo;enfance du comédien et scénariste Hark Bohm, disparu en novembre 2025 peu après la sortie du film. Compagnon de cinéma de Rainer Werner Fassbinder avec lequel il joua dans <strong>Le marchand de quatre saisons</strong> (1972), <strong>Tous les autres s&rsquo;appellent Ali</strong> (1974), <strong>Le droit du plus fort</strong> (1975), <strong>Le mariage de Maria Braun</strong> (1979), <strong>Lili Marleen</strong> (1981) ou <strong>Lola, une femme allemande</strong> (1981), Böhm croise, ici, la route de Fatih Akin, le réalisateur germano-turc de <strong>Head-On</strong> (2004), <strong>Soul Kitchen</strong> (2009) ou<strong> In the Fade</strong> (2017) qui valut à Diane Kruger, le prix d&rsquo;interprétation à Cannes. La comédienne fait, ici, une courte apparition en paysanne rebelle. Filmé à hauteur du regard d’un enfant au bord de l’adolescence et dans des lumières froides, cette forte mais néanmoins poétique chronique mêle la beauté rude de paysages balayés par le vent marin et le drame d&rsquo;un gamin jeté dans un monde façonné par la nécessité de se battre pour survivre et la vague promesse d&rsquo;une liberté nouvelle. Dans les bonus, un entretien (28 mn) avec Fatih Akin. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVaurien.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21260" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVaurien-300x292.jpg" alt="Vaurien" width="300" height="292" /></a><strong>LE VAURIEN &#8211; L&rsquo;INTÉGRALE</strong><br />
Après avoir passé trois années en prison, Goro, jeune yakuza respectueux d&rsquo;un code d&rsquo;honneur en désuétude, cherche à prendre un nouveau départ. Sa rencontre avec la belle Yukiko renforcera sa volonté, mais les liens avec la pègre, le crime et la violence ne se coupent pas si facilement… Pour exorciser ses actes et accéder à une forme de rédemption, il décide de les raconter dans les moindres détails. En adaptant <em>Burai: Aru bōryokudan kanbu no dokyumento</em>, le roman autobiographique, paru en 1967, de Gorō  Fujita, ex‑membre des yakuza devenu écrivain, le réalisateur Toshio Masuda donne le coup d&rsquo;envoi d&rsquo;un saga culte à l&rsquo;énergie brute dans laquelle Tetsuya Watari joue un vaurien au grand coeur en compagne de la grande Chieko Matsubara. Célèbre pour avoir co-réalisé en 1970 avec Richard Fleischer et Kinji Fukasaku <strong>Tora ! Tora ! Tora !</strong> consacré à l&rsquo;attaque japonaise contre Pearl Harbour en décembre 1941, Masuda passera ensuite la main à ses confrères Mio Ezaki et surtout Keiichi Ozawa, metteur en scène de quatre des six volets. Totalement invisible en France depuis des décennies, la franchise Burai est composée du <strong>Vaurien</strong> (1968), <strong>Le retour du vaurien</strong> (1968), <strong>Le vaurien se déchaîne</strong> (1968), <strong>Mélodie pour un vaurien</strong> (1968), <strong>La vengeance du vaurien</strong> (1968) et <strong>Tue, vaurien, tue !</strong> (1969). Cette intégrale est présentée, pour la première fois en France, en édition collector, dans un coffret trois Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve un livret avec des essais de Pauline Martyn, Mohamed Bouaouina et Stéphane du Mesnildot sur la saga ainsi que des photos d&rsquo;exploitation. Pour se plonger (ou se replonger) dans un cinéma d&rsquo;action nippon qui a largement influencé le cinéma de Quentin Tarantino (notamment pour son <strong>Kill Bill</strong>) et les films de yakuzas en général… (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALesCracks.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21255" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALesCracks-185x300.jpg" alt="Les Cracks" width="185" height="300" /></a><strong>LES CRACKS</strong><br />
Au tout début du 20e siècle en région parisienne, Jules-Auguste Duroc, artisan de formation et bricoleur à ses heures perdues, met toutes ses économies dans l&rsquo;invention d&rsquo;un vélo révolutionnaire, doté de plusieurs fonctionnalités jusqu&rsquo;alors inédites, comme la roue libre permettant de cesser de pédaler notamment dans les descentes. Malgré ses multiples efforts pour trouver un investisseur ou une banque pour financer son brevet et la production industrielle de ses cycles, il se retrouve dans une situation personnelle critique. Criblé de dettes et harcelé par un féroce huissier (Robert Hirsch) qui veut saisir son invention, Duroc n&rsquo;a plus qu&rsquo;un espoir, faire remarquer son vélo dans une compétition cycliste internationale. Il songe à la prochaine course reliant par étapes, Paris à San Remo en Italie. Son beau-frère, le trentenaire Lucien Médard, est choisi pour tester la nouvelle bicyclette. Mais sans autre issue pour fuir l&rsquo;huissier tenace, Duroc se retrouve sous la tour Eiffel, lieu du départ de l&rsquo;épreuve. Au milieu du peloton, l&rsquo;inventeur est propulsé dans la course, malgré sa cinquantaine passée. Heureusement, son invention se révèle extrêmement efficace et il commence à remporter des succès au cours de plusieurs étapes. En 1968, Alex Joffé met en scène Bourvil après l&rsquo;avoir déjà dirigé dans <strong>Les hussards</strong> (1955), <strong>Fortunat</strong> 1960), <strong>Le tracassin</strong> (1961), <strong>Les culottes rouges</strong> (1962) ou<strong> La grosse caisse</strong> (1965), des films qui furent tous, à cause de leur interprète principal, de gros succès populaires. Une fois de plus, Bourvil s&rsquo;empare ici d&rsquo;un personnage bon comme le pain qui met les rieurs de son côté. Sur le tournage, l&rsquo;acteur fut victime d&rsquo;une violente chute qui l&rsquo;obligea à subir des examens médicaux. A cette occasion, les médecins découvrirent que Bourvil souffrait de la maladie de Kahler qui allait l&rsquo;emporter en septembre 1970. Dans les suppléments, on trouve <strong>Histoire fiction ?</strong>, un documentaire sur le cyclisme en 1900. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAQueerpanorama1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21282" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAQueerpanorama1-173x300.jpg" alt="AAAQueerpanorama" width="173" height="300" /></a><strong>QUEERPANORAMA</strong><br />
Un homme enchaine les aventures d&rsquo;un soir avec des hommes. À chaque nouveau rendez-vous, il se glisse dans la peau de chacun de ses amants, s’appropriant leur personnalité au gré de ses rencontres. Ce n’est qu’en devenant un autre qu’il parvient à être pleinement lui-même… Présenté à la Berlinale 2025, le film du cinéaste hongkongais Li Jun raconte les errances d’un jeune homme homosexuel, crédité sous le simple nom de « Je », au fil de ses rencontres sexuelles et affectives dans un cité de Hong Kong en pleine mutation. Comme un miroir tendu à ce personnage flou et en quête de soi, cette métamorphose identitaire lui permet de se sentir pleinement lui‑même, tout en explorant la solitude des jeunes gays. A travers des fragments d&rsquo;aventures non chronologiques où la sexualité devient pratique exploratoire et où le désir remplace le dialogue, Li Jun (couronné du prix du meilleur réalisateur aux Golden Horse Film Awards de Taiwan) présente des instants purement physiques et anonymes alors que d&rsquo;autres sont construits comme des échanges qui raconte l&rsquo;exil, le deuil, les viols scolaires. Porté par le comédien hongkongais Jayden Cheung (vu dans <strong>Moments Fleeting</strong> en 2021 et <strong>The Moon, Sky and you</strong> en 2023), <strong>Queerpanorama</strong>, en évitant le racolage, est un drame sur l&rsquo;identité queer mais qui évoque aussi l&rsquo;impact des applications de rencontres avec ses protagonistes qui se retrouvent via des algorithmes, reflétant la réalité post‑Covid. Par ailleurs, dans une réflexion politique, le film sert d’allégorie à la situation de Hong  Kong sous la loi de sécurité nationale, illustrant la tension entre identité personnelle et contexte sociopolitique. Dans les bonus, on trouve des scènes coupées (21 mn). (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAABalleDansTete.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21248" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAABalleDansTete-206x300.jpg" alt="Balle Dans Tete" width="206" height="300" /></a><strong>UNE BALLE DANS LA TÊTE</strong><br />
A Hong Kong en 1967, Paul, Ben et Frank sont amis d&rsquo;enfance. Le jour du mariage de Ben, Frank est agressé par une bande de malfrats. Pour venger son ami, Ben attaque le chef de cette bande et le tue accidentellement. Forcés de fuir Hong Kong, ils partent au Vietnam travailler pour un parrain local. Ils y rencontrent Luke, un tueur eurasien travaillant pour ce dernier, qui leur propose d&rsquo;organiser le casse d&rsquo;une réserve d&rsquo;or que possède son patron. Pour les trois amis, va commencer une descente aux enfers dans les horreurs du crime et de la guerre du Vietnam… En 1989, après une bonne quinzaine de longs-métrages depuis 1974, John Woo va signer <strong>The Killer</strong> qui sera plus tard considéré, y compris par le cinéaste lui-même, comme son chef-d&rsquo;œuvre. Dans la foulée de ce succès international applaudi par Martin Scorsese comme Quentin Tarantino, Woo sort, en 1990, ce que beaucoup considèrent comme son chef-d&rsquo;œuvre maudit, <strong>Une balle dans la tête</strong>, film très personnel qui est un échec retentissant au box-office (on murmure qu&rsquo;une allusion au massacre de la place Tien An Men en est responsable) et un gouffre financier pour les studios. Si le film commence de manière assez surprenante, il va rapidement mêler scènes d&rsquo;action explosives avec des moments de mélancolie sur fond de chaos, d&rsquo;apocalypse guerrière, d&rsquo;exactions de gangsters, de fureur inhumaine et de destructions. Ca tire dans tous les coins, ça hurle de tous les côtés et le sang gicle à foison, les bagarres de petits voyous laissant le champ à d&rsquo;énormes batailles… <strong>Une balle dans la tête</strong> a, plus tard, été considéré par nombre d&rsquo;inconditionnels de John Woo comme son œuvre la plus aboutie et la plus violente. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAGreenLand2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21254" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAGreenLand2-176x300.jpg" alt="GreenLand 2" width="176" height="300" /></a><strong>GREENLAND : MIGRATION</strong><br />
Après avoir survécu à la collision entre une comète interstellaire et la Terre, la famille Garrity doit quitter le bunker de survivants du Groenland. John, Allison et leur fils Nathan vont alors se lancer dans un périlleux voyage à travers les terres désolées et décimées de l&rsquo;Europe, pour trouver un nouveau foyer. Sorti en 2026, <strong>Greenland : Migration</strong>, réalisé par Ric Roman Waugh, est la suite de <strong>Greenland : Le dernier refuge</strong>, du même réalisateur, sorti en 2020. Déjà, il y a Gerald Butler, révélé au grand public mondial en roi Léonidas dans <strong>300</strong> (2006) et devenu célèbre en incarnant l&rsquo;indestructible agent Mike Banning dans la trilogie d&nbsp;&raquo;action composée de <strong>La chute de la Maison Blanche</strong> (2013), <strong>La chute de Londres</strong> (2016) et <strong>La chute du Président</strong> (2019). Mais le comédien écossais a aussi un côté gros nounours (bien costaud) qui va bien pour le personnage du père de la famille Garrity. Bien sûr, le scénario est sans prétention et n&rsquo;envisage à aucun moment de revisiter le genre <em>survival</em>. Mais il tient quand même la rampe en étant tout à fait efficace. De plus, la mise en scène ne manque pas de qualité d&rsquo;écriture. Pour passer un bon moment devant son écran avec cette famille qui bataille pour survivre. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAATueurFrappe3Fois.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21259" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAATueurFrappe3Fois-180x300.jpg" alt="Tueur Frappe 3 Fois" width="180" height="300" /></a><strong>LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS</strong><br />
Patron de la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg, l’inspecteur Franz Bulon est sous la pression de sa hiérarchie. Enquêtant sur un vaste trafic de drogue, il voit tous ses témoins potentiels assassinés par un mystérieux tueur, qu’il ne parvient pas à arrêter. Mais Franz a d’autres soucis. D’une jalousie maladive, il soupçonne sa femme Lisa, une ex-voleuse, de le tromper et de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, Bulon propose un marché à Max Lindt, un tueur à gages qu&rsquo;il vient d&rsquo;arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa. À la croisée du <em>giallo</em> italien et du <em>krimi</em> allemand, <strong>La morte non ha sesso</strong> (en v.o.) occupe une place singulière dans le thriller européen de la fin des années 1960. Réalisé en 1968 par l&rsquo;Italien Massimo Dallamano, ancien directeur de la photo de Sergio Leone, alors que le <em>giallo</em> cherche encore sa forme définitive, le film mêle enquête criminelle, jalousie, manipulations et meurtres dans une atmosphère tendue et élégante. On y retrouve déjà plusieurs éléments qui feront le succès du genre : sensualité, violence, faux-semblants et suspense omniprésent. Polar noir mêlant trahisons, soupçons et machinations entre bars enfumés, ruelles désertes, jeux d’ombres, ce suspense (inédit en vidéo en France) met en scène des personnages qui semblent tous cacher quelque chose. L&rsquo;inspecteur est rongé par la jalousie et l’obsession, tandis son épouse, trouble et insaisissable, est au cœur de toutes les ambiguïtés. Les rebondissements s’enchaînent jusqu’au dernier acte, pour un film marqué par l’influence d’Alfred Hitchcock et par une tension psychologique constante. Présenté en haute définition, en combo Blu-ray + DVD, le film est accompagné d&rsquo;un livret. (Rimini éditions)</p>
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		<title>L&#8217;immense détresse de Samuel Paty et le tendre spiritisme de Suzanne</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2026 17:08:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[LIBERTÉ.- Une sonnerie lointaine semble résonner dans ce qui doit bien être une salle de classe. L&#8217;homme qui marche, filmé de dos et au ralenti, se dit qu&#8217;il n&#8217;a jamais rêvé d&#8217;être un héros. Mais que, oui, il serait heureux que ses cours d&#8217;histoire-géo éveillent des vocations. Mais il préfère rester un prof anonyme. Parce [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21233" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21233" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon1-300x199.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Samuel Paty (Antoine Reinartz) dans sa classe." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Samuel Paty (Antoine Reinartz)<br />dans sa classe.</p></div>
<p><strong>LIBERTÉ.-</strong> Une sonnerie lointaine semble résonner dans ce qui doit bien être une salle de classe. L&rsquo;homme qui marche, filmé de dos et au ralenti, se dit qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais rêvé d&rsquo;être un héros. Mais que, oui, il serait heureux que ses cours d&rsquo;histoire-géo éveillent des vocations. Mais il préfère rester un prof anonyme. Parce qu&rsquo;on ne maîtrise pas tout. Ni son destin, ni son époque.<br />
Nous sommes en octobre 2020 et Samuel Paty s&rsquo;apprête à donner un cours d&rsquo;enseignement moral et civique à des élèves de quatrième du collège de Conflans-Sainte-Honorine. Pour illustrer son propos sur la liberté de la presse et, plus largement, sur la liberté d&rsquo;expression, il a prévu, dans une étude de cas en relation avec l&rsquo;attentat meurtrier contre <em>Charlie Hebdo</em> en 2015, de montrer des caricatures de Mahomet publiées par le journal satirique. Comme ces images sont, par nature, provocatrices, le professeur propose aux élèves qui pourraient être choqués de détourner le regard ou de sortir brièvement de sa classe en compagnie d&rsquo;une auxiliaire de vie scolaire… Et Samuel Paty d&rsquo;évoquer la fragilité de la liberté de la presse, le droit de se moquer et le choix de l&rsquo;insolence pour faire réfléchir.<br />
Adolescente rebelle et élève souvent absente, Bachira raconte à son père que son prof a montré des images du prophète tout nu. <em>« C&rsquo;est tous des racistes,</em> dit-elle, <em>le prof m&rsquo;a fait peur. On était super mal ! »</em> Cet homme empoigne alors son portable et adresse un message à tous ses contacts pour dénoncer les faits et <em>« dire stop à tout ça ! »</em> Las, il s&rsquo;avère que Bachira n&rsquo;a pas assisté au cours, absente une nouvelle fois du collège. Relayé par les réseaux sociaux, le message se répand à grande vitesse. Au soutien du père de Bachira, un homme qui se dit « représentant des imams de France », en réalité un agitateur islamiste, assure qu&rsquo;il faut frapper vite et fort, virer ce « voyou » de l&rsquo;Education nationale. <em>« Si on avait été des Juifs,</em> ose-t-il,<em> jamais on ne nous aurait traité comme ça ! »</em> Dans l&rsquo;ombre, quelque part, un type qui regarde en boucle des images de décapitations commises par l’État islamique, se prépare à l&rsquo;irrémédiable. Ce sera chose faite le 16 octobre 2020 à 16h52 à la sortie du collège.<br />
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty mais peu de gens connaissent réellement son histoire. A la lumière des enquêtes et des procès, le réalisateur Vincent Garenq revient, avec <strong>L&rsquo;abandon</strong> (France – 1h40. Dans les salles le 13 mai), sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.<br />
Plutôt qu&rsquo;une forme documentaire, le cinéaste a choisi la fiction pour laisser place à l&rsquo;émotion, incarner Samuel Paty, intégrer son point de vue, s’identifier à lui, ressentir ce qu’il a pu vivre. <em>« La force du cinéma et de la fiction,</em> dit Garenq, <em>c’est de rendre la réalité de Samuel Paty sensible et concrète, de la faire éprouver à hauteur de spectateur, dans ce qu’elle a de plus humain. »</em></p>
<div id="attachment_21234" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21234" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAbandon2-300x152.jpg" alt="&quot;L'abandon&quot;: Un père (Nedjim Bouizzoul) et Bachira, sa fille (Emma Boumali). Photos Guy Ferrandis " width="300" height="152" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;abandon&nbsp;&raquo;: Un père (Nedjim Bouizzoul)<br />et Bachira, sa fille (Emma Boumali).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Bien sûr, on fera probablement le reproche à Vincent Garenq de mettre en œuvre une forme bien classique, reprenant la manière <em>seventies/eighties</em> d&rsquo;un Yves Boisset qui racontait ainsi l&rsquo;enlèvement de Ben Barka (<strong>L&rsquo;attentat</strong>, 1972) ou l&rsquo;assassinat d&rsquo;un magistrat (<strong>Le juge Fayard dit « Le shériff »</strong>, 1977) mais, cependant, l&rsquo;objectif est, ici, atteint. En l&rsquo;occurrence, montrer la dimension kafkaïenne d&rsquo;un collège assiégé avec, en son centre, un enseignant honorable et très seul (Antoine Reinartz, très convaincant) rapidement broyé dans un engrenage infernal.<br />
Vincent Garenq qui avait déjà traité de l&rsquo;affaire d&rsquo;Outreau (<strong>Présumé coupable</strong> en 2011), de l&rsquo;affaire Clearstream (<strong>L&rsquo;enquête</strong> en 2015) ou de l&rsquo;affaire Krombach (<strong>Au nom de ma fille</strong> en 2016), réussit bien, ici, à décrypter l&rsquo;écheveau des circonstances qui ont amené à la mort tragique de Samuel Paty. <strong>L&rsquo;abandon</strong>, présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes 2026, c&rsquo;est une succession de dysfonctionnements, de lâchetés ou de naïvetés. On sent la machine qui s&rsquo;emballe et s&rsquo;affole alors même qu&rsquo;on sait, très vite, que Bachira a menti. Les réseaux sociaux sont justement montrés du doigt mais aussi la stupéfiante tiédeur de l&rsquo;Education nationale, le manque de soutien de certains collègues du prof, la violence des agitateurs islamistes, le gâchis des autorités et le manque de discernement des différents services de police.<br />
La nuit est tombée, sur les murs d&rsquo;une classe vide, tourne la lumière bleue des gyrophares policiers. A des policiers anti-terrroristes, une jeune femme musulmane cite une phrase du Coran : <em>« Tuer une âme, c’est tuer toute l’humanité »</em>.</p>
<div id="attachment_21235" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21235" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique2-300x165.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Suzanne (Anaïs Demoustier) et Antoine (Pio Marmaï)." width="300" height="165" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Suzanne (Anaïs Demoustier)<br />et Antoine (Pio Marmaï).</p></div>
<p><strong>ART.-</strong> Entrez, entrez, Mesdames et messieurs, venez voir à l&rsquo;oeuvre l&rsquo;impressionnante Vénus électrificata, celle qui, lorsque vous partagez un baiser avec elle, vous fait passer de l&rsquo;électricité dans tout le corps. Titus, le patron du stand forain, se charge de faire la retape en promettant des vibrations, du vertige, de l&rsquo;extase. Le coup de foudre, en somme. Et même s&rsquo;il faut, pour cela, produire en coulisse, l&rsquo;électricité nécessaire à l&rsquo;intense numéro de la charmante Claudia, de son vrai nom Suzanne. Mais l&rsquo;intensité, la jeune femme en a soupé… Ah, si elle pouvait prendre la poudre d&rsquo;escampette. Mais Titus, qui doit bien être un peu souteneur à l&rsquo;occasion, la tient par les dettes qu&rsquo;elle a accumulées.<br />
Dans le Paris de 1928, Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort d&rsquo;Irène, son épouse. De quoi désespérer Armand, son galeriste, qui ferait tout pour avoir des petits et des grands formats. Un soir où il a de nouveau bu plus que de raison, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il va se retrouver à parler à Suzanne qui venait de se glisser dans la roulotte de la spirite pour y voler de la nourriture.<br />
Très vite, Suzanne montre de vrais dons pour l’imposture. Antoine est bouleversé et ravi de s&rsquo;entretenir avec le fantôme d&rsquo;Irène. D&rsquo;autant que les séances qui s&rsquo;enchaînent désormais, sont très crédibles, nourries qu&rsquo;elles sont par les souvenirs vécus procurés par un Armand qui voit son commerce redémarrer. Car Antoine s&rsquo;est remis à peindre…<br />
Présenté en sélection officielle et film d&rsquo;ouverture de Cannes 2026, <strong>La Vénus électrique</strong> (France – 2h02. Dans les salles le 13 mai) est déjà le onzième long-métrage de Pierre Salvadori. Le cinéaste français commença sa carrière, dans le « long », en 1993 avec <strong>Cible émouvante</strong>. Un titre qui aurait aussi pu convenir, ici ! Car Salvadori donne une charmante comédie dont on admire d&rsquo;entrée l&rsquo;élégante écriture et la belle maîtrise dans la mise en scène des états d&rsquo;âme du malheureux Antoine et de la maligne Suzanne. Mais, pour être futée et voir dans les séances de spiritisme, une bonne occasion (elle fait volontiers les poches de son client) de se sortir de la mouise, Suzanne va devoir composer avec un événement qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas prévu. Voilà qu&rsquo;elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule, tout en devenant la porte-parole de sa propre rivale !</p>
<div id="attachment_21236" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21236" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVenusElectrique3-300x222.jpg" alt="&quot;La Venus...&quot;: Irène (Vimala Pons) et Armand (Gilles Lellouche). Photos Guy Ferrandis" width="300" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La Venus&#8230;&nbsp;&raquo;: Irène (Vimala Pons)<br />et Armand (Gilles Lellouche).<br />Photos Guy Ferrandis</p></div>
<p>Au-delà des péripéties qui se succèdent à un rythme soutenu, <strong>La Vénus électrique</strong> séduit par ses décors colorés et dynamiques. On passe, dans la représentation très réussie d&rsquo;une époque stylisée, de la fête foraine aux séances de voyance ou de la galerie d&rsquo;art d&rsquo;Armand à l&rsquo;atelier d&rsquo;Antoine. Par moments, comme tout cela se passe dans un Paris revisité par la magie du cinéma, on songe à l&rsquo;univers d&rsquo;<strong>Amélie Poulain</strong>. Ensuite il suffit de se laisser porter par la beauté des dialogues qui font la part belle aux sentiments amoureux, à l&rsquo;extase et à la brûlure, à la culpabilité comme un contrepoison à l’égoïsme, à la porosité́ entre les morts et les vivants, le passé et le présent&#8230;<br />
<em>« Je crois,</em> dit Pierre Salvadori, <em>qu’au cinéma, les spectateurs attendent un ton, un langage. Une mise en scène. J’ai cette certitude qu’elle peut presque procurer un plaisir physique au spectateur, comme les films d’horreur provoquent des frissons. La mise en scène, le ton d’un film, tissent doucement comme un fil invisible entre le spectateur et l’écran. »</em> De fait, <strong>La Vénus…</strong> est un remarquable récit visuel porté par de singuliers et parfois extravagants personnages. Suzanne est lasse d&rsquo;être offerte au public et aspire à une autre vie. Antoine est rongé par la culpabilité. Il n’a plus de désir. Ni de courage. Ni celui de vivre, ni celui de mourir. Il végète et il boit. C’est un vivant-mort qui incarne aussi l’innocence au cœur du récit. Armand est un marchand sentimental et un traître pas très doué. Quant à Irène, l&rsquo;épouse disparue, elle déjoue tous les stéréotypes et s&rsquo;avère plus pygmalion que muse…<br />
Pour les incarner, Salvadori peut se reposer sur un brillant quatuor : Anaïs Demoustier (Suzanne), Pio Marmaï (Antoine), Vimala Pons (Irène) et Gilles Lellouche (Armand).<br />
Comme le lance, d&rsquo;entrée, Titus aux badauds qui déambulent dans la foire de Saint-Ouen : <em>« Ici ni magie, ni illusion, point de monstre, ni de colosse ! Ici, juste de l’émotion, juste des sensations. »</em> C&rsquo;est effectivement ce que propose, avec grâce, <strong>La Vénus électrique</strong> !</p>
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		<title>Le (re)divorce de Marguerite et l&#8217;usine d&#8217;Hossam</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2026 15:33:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21219" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21219" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour1-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Marguerite (Laure Calamy) et Fred (Vincent Macaigne)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Marguerite (Laure Calamy)<br />et Fred (Vincent Macaigne).</p></div>
<p><strong>COUPLES.-</strong> Face à sa vendeuse qui vient lui dire qu&rsquo;il se passe des choses « sexuelles » dans une cabine d&rsquo;essayage, Marguerite Hélias, la responsable du magasin de vêtements, est rassurante :<em> « Non, tout va bien. Mais dis à la cliente de prendre du 40. Elle nique tous mes 38&#8230; »</em> Car Marguerite a d&rsquo;autres chats à fouetter et notamment la difficile gestion de sa fille Raphaëlle, une adolescente toujours au taquet, qui ne se sent bien que dans les bras de Tom, son omniprésent petit copain. Mais un jour, une lettre recommandée rappelle à Marguerite son passé. Non pas celui de handballeuse de haut niveau mais celui d&rsquo;épouse divorcée de Frédéric Rimbaud.<br />
Comme Fred est tombée amoureux de la charmante Chloé et que celle-ci voudrait l&rsquo;épouser à l&rsquo;église, Marguerite apprend que ce mariage à l&rsquo;église est impossible à cause de leur divorce. Sauf à entamer une procédure d&rsquo;annulation du mariage. Sofiane, le nouveau mari de Marguerite s&rsquo;amuse : <em>« Tu vas finir sur le bûcher ! »</em> mais celle-ci accepte, pour faire plaisir à Fred, de comparaître devant un tribunal ecclésiastique à Rouen. Là, un prêtre à col romain l&rsquo;interroge : <em>« Est-ce que l&rsquo;amour était là au début ? »</em>, lui demande si elle a perdu sa virginité avec Fred ou encore si elle a des besoins sexuels impérieux.. Meurtrie et humiliée (<em>« Il a sous-entendu que j&rsquo;étais une énorme pute ! »</em>), Marguerite jure qu&rsquo;on ne l&rsquo;y reprendra plus. Pourtant, sous l&rsquo;insistance de Chloé et de Fred, Marguerite va encore se laisser fléchir&#8230;<br />
Troisième long-métrage de Fabien Gorgeat, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> (France – 1h48. Dans les salles le 6 mai) est une comédie, non point du remariage (comme l&rsquo;a souvent traité le cinéma hollywoodien) mais une comédie&#8230; du redivorce. <em>« Lorsque j’ai découvert,</em> dit le cinéaste, <em>l’existence des procès en nullité de mariage, j’ai été immédiatement animé: il y avait là une formidable base pour une comédie, qui pouvait débuter comme une comédie de remariage et cheminer vers le film choral. (…) Je voyais matière à récit dans le fait qu’un couple doive prouver que son mariage n’avait aucune raison d’être. Cette situation venait s’inscrire naturellement dans le sillage de mes autres films, tous travaillés par la problématique des liens qu’on noue ou dénoue. »</em></p>
<div id="attachment_21220" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21220" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACestQuoiAmour2-300x200.jpg" alt="&quot;C'est quoi...&quot;: Chloé (Mélanie Thierry) et Fred. Photos Manuel Moutier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;C&rsquo;est quoi&#8230;&nbsp;&raquo;: Chloé (Mélanie Thierry)<br />et Fred.<br />Photos Manuel Moutier</p></div>
<p>Avant <strong>C&rsquo;est quoi…,</strong> Gorgeat avait réalisé <strong>Diane a les épaules</strong> (2017) sur une jeune femme qui accepte de porter l&rsquo;enfant de Thomas et Jacques, un couple d&rsquo;amis, et qui va tomber amoureuse de Fabrizio, un artisan puis <strong>La vraie famille</strong> (2021) qui racontait l&rsquo;histoire d&rsquo;Anna qui vit avec son mari Driss, ses deux petits garçons, ainsi que Simon, un enfant placé dans la famille par l’assistance sociale depuis l’âge de 18 mois. Simon a désormais 6 ans et un jour, Eddy, le père biologique, exprime le désir de récupérer la garde de son fils…<br />
En s&rsquo;appuyant donc sur un sujet original et surprenant, Fabien Gorgeat propose un film enjoué dans lequel on prend vite fait et cause pour une Marguerite ballottée par les événements avant de tenter, grâce à sa tonicité, de reprendre les rênes en se convaincant que l&rsquo;amour ne s&rsquo;annule pas mais s&rsquo;accumule. Le cinéaste joue, ensemble, la carte des péripéties religieuses sur fond de <em>« grave défaut de discernement pour immaturité »</em> et celle de la chronique familiale aussi déjantée que recomposée.<br />
De Rouen, le procès en nullité sera dépaysé devant le tribunal de la Rote romaine au Vatican et cela permettra à Fred et Marguerite de croiser&#8230; le pape. Un pape décidément noir comme l&rsquo;était aussi celui de la récente <strong>La Grazia</strong> de Paolo Sorrentino ! L&rsquo;occasion pour tous les personnages de se retrouver à Rome dans une ambiance très festive mais pas dépourvue d&rsquo;une goutte de tendresse et d&rsquo;émotion.<br />
Couronné du Grand prix au Festival international du film de comédie de l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, <strong>C&rsquo;est quoi, l&rsquo;amour ?</strong> est un film sympathique mais qui ne bouleverse pas le 7<sup>e</sup> art. Si on regarde le film avec un rien de curiosité, c&rsquo;est évidemment à cause de son casting. Vincent Macaigne est un Fred qui essaye de faire les choses bien mais sans y arriver pleinement face à la toujours pétillante Laure Calamy (Marguerite) sacrée meilleure actrice à l&rsquo;Alpe. Autour d&rsquo;eux dans ce qui ressemble alors à un film chroral, on trouve Mélanie Thierry, Lyes Salem, Céleste Brunnquell, ou Saül Benchetrit. Amusant mais pas indispensable.</p>
<div id="attachment_21221" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21221" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente1-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Hossam (Adham Shukr) et Mano (Zeyad Islam). DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Hossam (Adham Shukr)<br />et Mano (Zeyad Islam). DR</p></div>
<p><strong>EMPLOI.-</strong> Dans le petit appartement étriqué qu&rsquo;ils occupent avec leur mère dans un quartier populaire d&rsquo;Alexandrie, Hossam et Mano s&rsquo;engueulent. Le gamin a même pris un gros couteau et menace de se mutiler. Il ne veut plus aller à l&rsquo;école. Il préfère travailler. Ce qui lui vaut une claque du grand frère. Pourtant les deux rejoignent ensemble, à travers les barres d&rsquo;immeuble, un arrêt de minibus. Direction l&rsquo;usine sidérurgique où travaillait leur père. Ils vident le casier paternel, jette son bleu de travail à la poubelle. <em>« Tu veux qu&rsquo;on en fasse quoi ? »</em> Mano récupère sa casquette.<br />
Hossam se retrouve dans le bureau de l&rsquo;ingénieur en chef qui lui lance, l&rsquo;air entendu, <em>« Je ne te demande pas ton casier&#8230; »</em> et ajoute : <em>« Normalement, tu n&rsquo;aurais jamais dû travailler ici&#8230; »</em> Le jeune type au regard noir et au masque toujours fermé, a bien compris qu&rsquo;il va bénéficier d&rsquo;un emploi parce que son père est mort, il y a à peine quelques semaines, lors d&rsquo;un accident du travail. Et si on lui offrait ce boulot pour éviter qu&rsquo;Hossam n&rsquo;intente un procès à l&rsquo;entreprise… Et si, se demande désormais le grand fils, son père n&rsquo;était pas mort, tué par sa machine&#8230;<br />
Avec <strong>L&rsquo;entente – La face cachée d&rsquo;Alexandrie</strong> (Egypte – 1h34. Dans les salles le 6 mai), on est bien loin de la citadelle Qaitbay et de ses créneaux sur la mer, loin de la Corniche et du pont Stanley, loin des luxuriants jardins de Montaza, loin des aériennes étagères pleines de livres de la moderne bibliothèque Alexandrina. D&rsquo;ailleurs, le sous-titre du film de Mohamed Rashad le dit bien. Nous sommes du côté d&rsquo;énormes immeubles délabrés, couverts d&rsquo;une poussière blanche. Au milieu de grosses canalisations d&rsquo;eau oubliées là, sous d&rsquo;énormes pylônes électriques, du côté de vastes autoroutes filant vers le désert.<br />
Pour Hossam et Mano, c&rsquo;est leur pain quotidien, une vie sans joie et sans charme. Avec l&rsquo;usine en toile de fond, ses ateliers, ses vieux engins made in UdSSr, sa cantine où chacun partage le repas et évoque le père disparu.</p>
<div id="attachment_21222" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21222" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALEntente2-300x158.jpg" alt="&quot;L'entente&quot;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR" width="300" height="158" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;entente&nbsp;&raquo;: Abeer (Hager Omar) et Hossam. DR</p></div>
<p>Présenté en première mondiale dans la section Perspectives à la 75<sup>e</sup> Berlinale et dans de multiples autres festivals, <strong>L&rsquo;entente</strong> est le premier film de fiction du cinéaste égyptien qui explique : <em>« L’idée du film est née lorsque j’ai rencontré par hasard un jeune homme qui m’a parlé de son père, ouvrier pour une entreprise, tragiquement décédé sur son lieu de travail. Après le décès de son père, la même entreprise lui a proposé un emploi qu’il a accepté, choisissant de travailler exactement à l’endroit où son père était mort. Cette rencontre a soulevé pour moi de nombreuses questions, sur des circonstances sociales difficiles, sur les dynamiques familiales et particulièrement sur le lien père-fils. »</em><br />
A travers les deux figures de Hossam, 23 ans, ex-adolescent turbulent et de Mano, 12 ans, et avec, en retrait, le personnage d&rsquo;une mère lasse et handicapée, Rashad brosse une chronique où le travail occupe l&rsquo;essentiel de l&rsquo;existence, ne laissant à ses deux « héros » que des miettes de vie. Mano suit son frère au plus près, donnant des coups de main dans l&rsquo;usine. Quant à Hossam, il est repris, par la force des choses, par son passé de petit dealer. Comment refuser de fournir une barrette de shit à son ingénieur ?<br />
Tel un Stéphane Brizé égyptien, Mohamed Rashad plonge, avec <strong>L&rsquo;entente</strong>, le spectateur dans de rudes espaces industriels. Encore presqu&rsquo;enfant, Mano, même s&rsquo;il se révolte parfois, observe le monde avec une certaine ingénuité. Pour Hossam, c&rsquo;est l&rsquo;épuisement et une sourde colère qui président à sa vie. Lui reste alors quelques parenthèses enchantées lorsque son téléphone sonne et qu&rsquo;une mystérieuse voix féminine lui parle… A force de coups de téléphone, Hossam n&rsquo;aura de cesse de découvrir l&rsquo;inconnue. Une collègue de l&rsquo;usine, sans doute. Une brève et tendre étreinte dans l&rsquo;atelier lui vaudra l&rsquo;un de ses très rares sourires. Pour incarner ses deux personnages, le cinéaste a eu recours à des non-professionnels : Adham Shukr (Hossam) et Zyad Islam (Mano). Âpre et prometteur.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les doutes de Grace et les vacheries de Miranda</title>
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		<pubDate>Sat, 02 May 2026 17:59:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[MATERNITE.- Quelque part, dans ce qui semble être le plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s&#8217;installent dans une maison en plutôt mauvais état. « C&#8217;est pas New York », glissent-ils et Jackson confirme : « Je n&#8217;étais pas venu depuis un bail&#8230; » L&#8217;endroit a le mérite d&#8217;être calme. Il y [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21206" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21206" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove1-300x199.jpg" alt="&quot;Die my Love&quot;: Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace (Jennifer Lawrence)<br />et Jackson (Robert Pattinson).</p></div>
<p><strong>MATERNITE.-</strong> Quelque part, dans ce qui semble être le plus profond de la campagne américaine, Jackson, sa femme Grace et leur tout jeune bébé s&rsquo;installent dans une maison en plutôt mauvais état. <em>« C&rsquo;est pas New York »,</em> glissent-ils et Jackson confirme : <em>« Je n&rsquo;étais pas venu depuis un bail&#8230; »</em> L&rsquo;endroit a le mérite d&rsquo;être calme. Il y a même un bureau qui permettra à Grace d&rsquo;enfin écrire son grand roman américain. Certes, il y a des rats et il faudra sans doute trouver un chat pour faire le ménage. Alors, dans ce no man&rsquo;s land aussi réel que rêvé, Grace et Jackson ont tout le temps de danser sur une musique à fond et aussi de copuler tout leur saoul. Le bébé pleure et se balance dans son siège dans la véranda. Au son de <em>Let&rsquo;s Twist again</em>, Jackson, en robe de chambre à fleurs, biberonne sa bière et soupire : <em>« Pourquoi on crève de chaud ! »</em><br />
Dans le pré alentour, Jackson a installé un téléscope. <em>« Les étoiles,</em> considère-t-il,<em> me donnent l&rsquo;impression de n&rsquo;être rien »</em>. A quoi, Grace répond : <em>« L&rsquo;univers, on s&rsquo;en tape&#8230; »</em><br />
Il est vrai que l&rsquo;univers de la jeune femme se limite, ici, à une maison, à des paysages, entre prés et forêts, à perte de vue, à un mystérieux motard qui passe régulièrement sur la petite route ou encore à un cheval noir dans la nuit. Clairement, Grace ne va pas bien. Au petit <em>market</em> voisin, elle envoie paître une gentille employée qui fait des risettes à son bébé. Elle traverse son salon à quatre pattes, joue de l&rsquo;harmonica, grogne, lèche la vitre d&rsquo;une fenêtre et, assise dans le frigo, crache de l&rsquo;eau alentour. Avant de s&rsquo;allonger sur son lit et de se masturber longuement&#8230;<br />
Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, <strong>Die my Love</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) est le cinquième long-métrage de la cinéaste britannique Lynne Ramsay, 57 ans, aujourd’hui considérée comme l’une des réalisatrices majeures du cinéma d’auteur contemporain. Découverte en 1999 avec <strong>Ratcatcher</strong>, un drame de l&rsquo;enfance qui se déroulait à Glasgow, sa ville natale, Lynn Ramsay adapte, ici, <em>Crève, mon amour</em>, le premier roman de l&rsquo;écrivaine argentine Ariana Harwicz, paru en 2012, et qui évoquait, dans un long monologue intime, les affres et les douleurs de la maternité vécus par une jeune mère en plein doute.<br />
<em>« C’est un roman difficile, très sombre,</em> dit Lynne Ramsay,<em> avec une temporalité éclatée. Je ne voulais pas aller exactement dans cette direction. Je m’en suis un peu détachée. Je voulais introduire de l’humour, conserver l’animalité et la sexualité du personnage, mais en faire avant tout une histoire d’amour — une histoire d’amour folle — plutôt qu’un film uniquement centré sur le post-partum. »</em> Cependant la cinéaste a conservé l&rsquo;énergie brute, directe de Grace et elle entreprend, avec ce film, de faire entrer le spectateur dans la tête de cette mère complètement déboussolée et passablement incontrôlable, y compris pour Jackson qui semble savourer les temps où il prend, pour raison de travail, de la distance avec le monde perturbé de Grace.</p>
<div id="attachment_21207" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21207" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADieMyLove2-300x225.jpg" alt="&quot;Die My Love&quot;: Grace, une mère et une femme en perdition. Photos Seamus McGavrey" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Die my Love&nbsp;&raquo;: Grace, une mère<br />et une femme en perdition.<br />Photos Seamus McGavrey</p></div>
<p>Après le personnage d&rsquo;Eva (Tilda Swinton) dans <strong>We Need to Talk about Kevin</strong> (2011), la cinéaste retrouve à nouveau un personnage de mère mais aussi de femme. <em>« Ce qui m&rsquo;intéresse surtout,</em> dit encore Lynn Ramsay, <em>c’est ce que la maternité vient changer dans la vie de ces femmes, justement. Grace est créative, c’est une écrivaine. Mais après avoir accouché, elle souffre du syndrome de la page blanche. Son compagnon est absent. Elle se sent coincée et très seule. Elle s’ennuie beaucoup, aussi. À partir de là, son esprit commence à se détraquer. »</em><br />
Physique (hormonal?) et sensoriel, <strong>Die my Love</strong> prend fréquemment des allures de conte fantastique en suivant au plus près cette Grace presque animale qui fonctionne à l&rsquo;impulsion, dit des choses déplacées, se promène en sous-vêtements, tout cela pour tenter de ressentir quelque chose. Plus encore pour se débarrasser d&rsquo;une insupportable sensation d’engourdissement liée à l’isolement.<br />
Parce que tout y passe par la perception et que le son permet d&rsquo;être dans la tête de Grace, <strong>Die my Love</strong> est une œuvre très musicale dans laquelle on entend <em>Hey Mickey</em> par Toni Basil, <em>Cold Light of Day</em> de Lewsberg, <em>Crossroads</em> de Cream, <em>Apples and Bananas</em> de Raffi, <em>Little April Shower</em> par Chorus, <em>Love me Tender</em> par Elvis, <em>In Spite of Ourselves</em> de John Prine et, in fine, <em>Love Will Tear us Apart</em> qui suggère que l’amour existe encore, mais qu’il est devenu toxique, presque impossible.<br />
Pour incarner son couple bouleversé, la cinéaste met en scène deux stars. Robert Pattinson est un Jackson paumé qui ira jusqu&rsquo;à placer sa femme dans une institution spécialisée. Jennifer Lawrence est une Grace anarchiste dans un maelstrom permanent d&rsquo;isolement, de destruction, de perte, de douleur et de désir. Inconfortable mais fascinant.</p>
<div id="attachment_21204" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21204" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_1-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot;: Miranda Priestly (Meryl Streep). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo;: Miranda Priestly<br />(Meryl Streep). DR</p></div>
<p><strong>MODE.-</strong> Pour Andy Sachs, la journée s&rsquo;achève plutôt bien. La pétulante journaliste vient de se voir décerner un prix pour ses (excellents) articles dans le <em>Vanguard</em>. Mais alors même qu&rsquo;elle s&rsquo;exprime devant ses pairs (<em>« Le journalisme compte, putain ! »</em>), tous les téléphones bippent. Andy, comme ses collègues, viennent de se faire virer. Par un simple sms. Dans le même temps, Miranda Priestly, l&rsquo;emblématique patronne du magazine de mode <em>Runway</em>, est au coeur d&rsquo;une tourmente médiatique pour une vilaine affaire de vêtements fabriqués par des ateliers clandestins. Pour contrer le <em>bad buzz</em>, Irv Ravitz, le propriétaire de <em>Runway</em>, a une idée ! Embaucher Andy Sachs pour qu&rsquo;elle redresse la barre par de vrais reportages de qualité. Vingt après, Andy pousse à nouveau les portes de <em>Runway</em>. Miranda Priestly n&rsquo;est pas plus agréable que lorsqu&rsquo;Andy, fraîchement diplômée de l&rsquo;Université Northwestern, obtenait le poste très prisé d&rsquo;assistante de la tyrannique rédactrice en chef. Pire, Miranda voit poindre une relève qui la fait enrager… Mais, avec sa réputation entachée, Miranda ne fait plus complètement la pluie et le beau temps dans l’univers de la mode. D&rsquo;ailleurs, Emily Charlton, qui débuta en même temps qu&rsquo;Andy chez Runway, décide d&rsquo;en profiter et d&rsquo;obtenir des compensations. Désormais puissante dirigeante d&rsquo;un groupe de luxe, elle contraint Miranda à lui offrir des pages dans <em>Runway</em>&#8230;<br />
Mode, ton univers impitoyable ! Vingt après, le réalisateur David Frankel est toujours aux manettes de ce second opus qui entraîne à nouveau les spectateurs dans les coulisses des défilés et des grandes fêtes de la mode. <strong>Le diable s’habille en Prada 2</strong> (USA – 1h59. Dans les salles le 29 avril) marque donc le retour de l&rsquo;odieuse et cassante Miranda Priestly. Même fragilisée, Miranda est toujours aussi vacharde. Andy Sachs, qui a pris de la bouteille dans les médias, devra ainsi batailler pour affirmer son autorité. D&rsquo;autant que la disparition brutale d&rsquo;Irv Ravitz va profondément rebattre les cartes. En effet, son fils Jay a des idées précises sur la gestion du groupe de presse. En un mot comme en mille, il va tout basculer par-dessus bord. Si le premier <strong>Diable…</strong> se résumait globalement à une histoire de management (très toxique), ce N°2 s&rsquo;intéresse au déclin de la presse papier (<em>« Votre magazine existe mais personne ne l&rsquo;achète »</em>) et à la montée des supports numériques au travers de quelques figures, pas piquées des hannetons, d&rsquo;entrepreneurs des médias. De quoi donner un peu plus de matière à un scénario qui joue quand même, rassurons les <em>fashionistas</em>, la carte du luxe même si la <em>fast-fashion</em> a fait des dégâts. Si on s&rsquo;intéresse à la chose, on peut compter le nombre de tenues qu&rsquo;arborent Miranda, Andy ou Emily. Pour notre part, c&rsquo;est plutôt le look élégant et très recherché de Nigel Kipling qui nous séduit. Mais ceci est une autre affaire.</p>
<div id="attachment_21205" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21205" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAADiablePrada2_2-300x168.jpg" alt="&quot;Le diable...&quot; Nigel Kipling (Stanley Tucci) et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le diable&#8230;&nbsp;&raquo; Nigel Kipling (Stanley Tucci)<br />et Andy Sachs (Anne Hathaway). DR</p></div>
<p>On repart donc pour un tour dans les beaux endroits de New York mais la production s&rsquo;offre aussi, pour cause de gala avec Lady Gaga en star, un peu de tourisme (haut de gamme) à Milan avec le Duomo, la galleria Vittorio Emanuele II (pour Miranda toute seule!), un dîner devant <em>La cène</em> de Vinci dans le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie et même une extension sur les rives du lac de Côme.<br />
Pour peu qu&rsquo;on ne se moque pas des choses de la mode, tout cela est doucement divertissant et on retrouve avec plaisir la venimeuse Miss Priestly, définitivement entrée dans le panthéon des « méchantes » du cinéma. Meryl Streep tient toujours très bien la rampe et on se régale de ses infimes plissements de lèvres quand elle s&rsquo;agace. Autour d&rsquo;elle Anne Hathaway (Andy), Emily Blunt (Emily) et Stanley Tucci (Nigel) sont toujours de la partie et font le job avec entrain. Du côté des hommes de ces dames, ça a un petit côté <strong>Sex in the City</strong> avec des types qui semblent toujours faire tapisserie, y compris Kenneth Branagh en nouveau mari de Miranda.<br />
Dans l&rsquo;usine à rêves, on a toujours aimé le recyclage des succès. Voilà qui est fait.</p>
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		<title>Michael danse, Rémi doute, Fred et Adam marchent</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 16:36:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21194" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21194" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael1-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Jaafar Jackson se glisse dans la peau de la star. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Jaafar Jackson<br />se glisse dans la peau de la star. DR</p></div>
<p><strong>STAR.-</strong> Quelque part, à Gary, petite cité industrielle de l&rsquo;Indiana, le jeune Michael Jackson, huitième d&rsquo;une famille de dix enfants, apprend rudement ce qu&rsquo;est l&rsquo;industrie du show-biz. Car Joseph, le père, a la manière musclée et joue volontiers du ceinturon pour faire entrer la musique dans la peau du gamin. Dès l&rsquo;âge de six ans, il chante avec ses frères Marlon, Jackie, Randy et Tito et commence, avec eux, une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five. C&rsquo;est le temps de titres à succès comme <em>I Want You Back</em> ou <em>Never Can Say Goodbye</em> et des tournées dans un Combi VW déglingué… Tandis que Joseph Jackson qui clame qu&rsquo;il faut <em>« être des gagnants ou rien »</em>, organise la vie de la famille et s&rsquo;applique à faire les meilleures affaires possibles, Michael, sous le regard tendre de sa mère, se plonge, au milieu de ses peluches, dans les aventures de Peter Pan, s&rsquo;imagine déambuler dans <em>Neverland</em> et rêve d&rsquo;être entouré d&rsquo;animaux…<br />
Un jour, Suzanne de Passe, productrice de musique, remarque Michael Jackson sur scène. Elle contacte Berry Gordy, le fondateur du mythique label Motown Records : <em>« Il ira loin avec cette voix !»</em> Michael a 10 ans. Pour la pub, on lui en donne 8. Bientôt, il enregistre et se retrouve au sommet des <em>charts</em>. Mais, chez lui, il regarde Gene Kelly danser dans les flaques de <strong>Singing in the Rain</strong> (1952) tout en s&rsquo;occupant de Louis, son lama et de Bubbles, son chimpanzé. <em>« Je ne suis pas comme les autres enfants »</em>, dit-il à sa mère qui lui répond : <em>« Tu vas faire briller la lumière ! »</em><br />
Il va travailler avec Quincy Jones, enregistrer son premier album solo et gérer sa difficile relation avec un père très inquiet de voir sa poule aux œufs d&rsquo;or lui échapper. C&rsquo;est le temps de l&rsquo;album <em>Off the Wall</em> et du titre <em>Don&rsquo;t Stop &lsquo;Til You Get Enough</em>, première chanson que Michael Jackson a écrite entièrement. N&rsquo;arrête pas tant que tu n&rsquo;en as pas eu assez ! C&rsquo;est bien alors le credo de Michael Jackson&#8230;</p>
<div id="attachment_21195" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21195" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAMichael2-300x200.jpg" alt="&quot;Michael&quot;: Le tournage du célèbre clip Thriller. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Michael&nbsp;&raquo;: Le tournage<br />du célèbre clip Thriller. DR</p></div>
<p>Connu pour ses films d&rsquo;action violents (<strong>Training Day</strong> en 2001,<strong> Shooter, tireur d&rsquo;élite</strong> en 2007 ou la série <strong>Equalizer</strong> de 2014 à 2023), l&rsquo;Américain Antoine Fuqua passe, à son tour, par la case <em>biopic</em> avec <strong>Michael</strong> (USA – 2h08. Dans les salles le 22 avril) . <em>« Lorsque Michael Jackson montait sur scène, le monde s’arrêtait,</em> dit le dossier de presse. <em>Il était directement connecté à l’âme et au rythme de son temps. L’entertainer absolu. Un chanteur qui filait la mélodie en pure émotion. Un visionnaire mariant le son avec le spectacle. Un pionnier qui brisait les barrières. Un maître de la réinvention qui nous encourageait à questionner notre propre reflet dans le miroir. »</em> De fait, le film montre bien la manière dont Michael Jackson (1958-2009) travaillait avec une énergie et une quête presque maniaque de la perfection. On mesure aussi l&rsquo;extraordinaire engouement de ses fans. <strong>Michael</strong> passe en revue aussi bien les prestations scéniques (les enregistrements vidéo ou les spectacles en scène) que la vie privée. On évoque ainsi la dépigmentation de sa peau, son opération du nez (<em>« Je dois être parfait »</em>), ses visites fréquentes à des enfants malades et évidemment des moments prestigieux comme le clip <em>Thriller</em> et ses zombies ou émouvants avec l&rsquo;adieu aux Jackson 5 au dernier jour du Victory Tour en 1988 à Londres.<br />
Tout cela est bien fait, parfaitement huilé, tout à fait rythmé (on entend nombre de titres célèbres) et, pour sa première apparition au grand écran, Jaafar Jackson, 29 ans, le neveu de Michael, est plus que crédible, maniant parfaitement le fameux <em>Moonwalk</em> avec un look très reconnaissable… Pour le reste, tout cela est aussi parfaitement lisse. Sur un post-it, la star a noté <em>« Tes rêves dépassent ta peur »</em>. Ici, le rôle du méchant incombe à Joe, le père, que Michael finira par virer de son statut de manager personnel d&rsquo;un simple fax envoyé par John Branca, son nouveau manager.<br />
A travers les multiples références à <em>Neverland</em>, on évoque, entre les lignes, le syndrome de Peter Pan dont on peut légitimement penser que Bambi souffrait. Rien non plus sur les accusations de pédophilie qui ont émaillé les années de Michael Jackson. Mais, on le comprend bien, ce n&rsquo;est pas exactement ce que les fans veulent entendre en venant voir l&rsquo;histoire de celui qui disait : <em>«  Je dois faire briller ma lumière pour divertir et guérir&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21192" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21192" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée1-300x161.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Audrey (Zoé Marchal) et Rémi (Vincent Macaigne). DR" width="300" height="161" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Audrey (Zoé Marchal)<br />et Rémi (Vincent Macaigne). DR</p></div>
<p><strong>CONTE.-</strong> Employé de la société Gazonzon, spécialisée dans le gazon synthétique, Rémi Allard n&rsquo;est pas vraiment heureux. Il n&rsquo;a jamais réussi à se remettre du départ de la femme avec laquelle il a vécu de longues années. Alors, parce que c&rsquo;est plus simple finalement, il s&rsquo;est mis en couple avec une poupée. Elle s&rsquo;appelle Audrey. Elle le regarde fixement manger sa blanquette sortie du micro-ondes et constater <em>« Je préfère les Picard »</em>. Elle est aussi à côté de lui dans le canapé quand il regarde, à la télévision, des documentaires sur De Gaulle ou Winston Churchill. Au bureau, Rémi parle souvent d&rsquo;Audrey et raconte leurs fréquentes sorties en parapente. Mais les collègues aimeraient bien quand même rencontrer cette Audrey et il en va de même pour les parents, bourgeois aisés, de Rémi. Seule Domi, la sœur de Rémi, est au courant. Un jour, pour suppléer un collègue en congé parental, débarque au bureau la pétulante Patricia. Ce jour-là, Audrey va mystérieusement prendre vie.<br />
Grandie à Lyon puis Londres et New York, Sophie Beaulieu, normalienne et agrégée de linguistique anglaise, a enseigné quelques temps avant de se consacrer à l&rsquo;écriture d&rsquo;une pièce loufoque et subversive dans laquelle elle joue puis de passer au cinéma avec trois courts-métrages. Son premier long-métrage, <strong>La poupée</strong> (France – 1h20. Dans les salles le 22 avril), joue clairement la carte du conte farfelu, voire absurde.<br />
Ce n&rsquo;est pas la première qu&rsquo;une poupée est en « vedette » dans un film. En 2002, Valérie Guignabodet signait <strong>Monique : toujours contente</strong>. On y suivait les aventures d&rsquo;Alex (Albert Dupontel), en pleine crise de la quarantaine qui, à la suite d&rsquo;une erreur, a acheté sur internet, Monique, une poupée moulée en silicone dernier cri. Avantages par rapport à une femme réelle : elle est toujours disponible, toujours heureuse, compréhensive, ne fait pas de crises, ne pleure pas. Alex est séduit. Son entourage beaucoup moins.</p>
<div id="attachment_21193" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21193" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALaPoupée2-300x164.jpg" alt="&quot;La poupée&quot;: Rémi et Patricia (Cécile de France). DR" width="300" height="164" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La poupée&nbsp;&raquo;: Rémi<br />et Patricia (Cécile de France). DR</p></div>
<p>Aussi curieux que cela puisse paraître avec une poupée gonflable évoquant facilement un univers à priori très sexualisé, le ton, ici, est bien plus joyeux et plus… féministe ! <em>« Mon sujet,</em> dit Sophie Beaulieu, <em>c’est l’émancipation d’Audrey, qui va arriver grâce à ses rencontres avec différents personnages féminins, dont celui de Patricia. Il y a un effet miroir entre les deux femmes. Contrairement à Audrey, poupée vivante, Patricia a des codes de féminité différents. Elle peut être à côté de ce qui est attendu des femmes. Mais si elle est décalée, elle est libre aussi, et cela sans renoncer à l’amour. Et ça fonctionne tout de suite avec Audrey. »</em><br />
Entre l&rsquo;atmosphère plutôt bon enfant du bureau et les paysages apaisants du lac de Vouglans dans le Jura, ce conte (doucement) satirique se déroule tandis qu&rsquo;on se demande où il va nous conduire. De fait, on est contraint, malgré une réalisation chaleureuse, de constater que ça ne va pas très loin.<br />
Heureusement, les comédiens tiennent le bateau à flots. Vincent Macaigne (Rémi), abonné aux hommes en perdition, la joue une nouvelle fois avec maîtrise . Zoé Marchal, découverte dans <strong>Lolo</strong> (2015) de Julie Delpy dans lequel elle jouait la fille de Dany Boon, est Audrey, une poupée qui se révèle être une femme à qui on ne la fait pas. Adèle Journeaux est une Domi, lesbienne très déjantée. La palme revient à Cécile de France. Sa Patricia frisée est impayable lorsqu&rsquo;elle dit, tout de go : <em>« J&rsquo;ai arrêté les hommes. Je me masturbe beaucoup ! »</em><br />
<em>« Je désamorce, je fais sourire, mais je n’élude rien »</em>, dit la cinéaste. On attend de la revoir.</p>
<div id="attachment_21191" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21191" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompstelle1-300x199.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Adam (Julien Le Berre) et Fred (Alexandra Lamy)." width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Adam (Julien Le Berre)<br />et Fred (Alexandra Lamy).</p></div>
<p><strong>CHEMIN.-</strong> Fred est dans la panade. Elle vient de se faire virer de son boulot de prof pour avoir giflé une élève. Par ailleurs, son amoureux a mis fin à leur relation et la fille de Fred part faire des études au Canada. Pour mettre de la distance entre elle et sa mère. Par l&rsquo;entremise d&rsquo;une copine, Fred va rejoindre une association qui s&rsquo;occupe de remettre sur le bon chemin des mineurs délinquants. Si on l&rsquo;accueille avec circonspection -pourquoi a-t-elle mis une gifle ?- Fred va pourtant postuler et s&rsquo;accrocher.<br />
Si bien qu&rsquo;on va lui confier un grand adolescent/jeune adulte qui vient de passer, une fois de plus, devant le juge des enfants. Cette fois, plus de nouvelle clémence. Multirécidiviste, Adam n&rsquo;a plus le droit, avant le retour derrière les barreaux, qu&rsquo;à une ultime chance. Ce sera une marche de rupture sur le chemin de Compostelle. Fred sera son accompagnatrice. Optimiste, elle affirme : <em>« Redonner une seconde chance, je saurai faire »</em>. Mais partir avec cet Adam, qui ne croit plus à rien sinon à retrouver une mère qui ne veut plus de lui, ne sera pas une mince affaire. Voilà pourtant, Fred et Adam dans la basilique du Puy-en-Velay, prêts à partir sur la <em>via podiensis</em> puis la <em>via Francès</em> vers St Jacques de Compostelle. Un voyage de quelque cinq mois à raison de 25 kilomètres par jour…<br />
En s&rsquo;inspirant librement de <em>Marche et invente ta vie</em>, le livre de Bernard Ollivier, le réalisateur Yann Samuell, découvert en 2003 avec <strong>Jeux d&rsquo;enfants</strong>, signe, avec <strong>Compostelle</strong> (France – 1h54. Dans les salles le 1<sup>er</sup> avril), une aventure qui commence, symboliquement, par une trappe s&rsquo;ouvrant dans le sol de la cathédrale comme un symbole du passage de l’ombre à la lumière. C’est à ce moment que Samuell choisit de changer de cadre comme pour élargir l’horizon. La première partie de l’histoire est filmée en 4/3, pratiquement une image carrée, pour montrer que dans leur vie d’avant, Adam autant que Fred sans doute, étaient bloqués entre des murs qu’ils s’imposent, comme dans un univers carcéral.</p>
<div id="attachment_21190" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21190" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACompsotelle2-300x200.jpg" alt="&quot;Compostelle&quot;: Sur le chemin... Photos Marie-Camille Orlando" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Compostelle&nbsp;&raquo;: Sur le chemin&#8230;<br />Photos Marie-Camille Orlando</p></div>
<p>Pour ses deux personnages qui n&rsquo;ont, à priori, pas grand-chose en commun, <strong>Compostelle</strong> va apparaître comme une quête intérieure, un chemin spirituel vers soi-même. Mais rien, ici, de lourdingue, de préchi-précha, voire de pieux même si <strong>Compostelle</strong> a certainement un fond un peu mystique. Il y a de l&rsquo;air, du soleil, de la pluie aussi parfois, dans les vastes et beaux paysages que Fred et Adam arpentent. Et même lorsqu&rsquo;ils sont reçus dans un couvent aux sombres salles, Adam apporte de la grâce en rapant sur un bel <em>Ave Maria</em> : <em>« Marie, je t’écris cet Ave Maria pour le jour où tu ne seras plus là »</em> . Tel un (jeune) Valjean d&rsquo;un autre temps, il partira -vol ou cadeau ?- avec une petite statue de la Vierge à l&rsquo;enfant qui adoucira peut-être son besoin inextinguible d&rsquo;une mère dont il recherche l’amour en vain.<br />
Au fil des multiples péripéties du voyage, d&rsquo;un chien patou montrant les dents à la courageuse Estella qui lui tape dans le coeur, Adam apprendra à se construire malgré cette absence. Fred et Adam ont, en commun, l&rsquo;abandon mais aussi la quête de la famille. Le gamin le dit : <em>« On se déteste, on s’aime, c’est ça une famille&#8230; »</em>, sous-entendu <em>« mais au moins, on est ensemble. »</em><br />
Souvent cantonnée au registre comique, Alexandra Lamy incarne une Fred tour à tour inquiète, fatiguée, traversée par le doute mais lumineuse et qui pense : <em>« Aider les autres, c&rsquo;est aussi s&rsquo;aider soi-même »</em>. Avec le personnage d&rsquo;Adam, Julien Le Berre décroche son premier rôle au cinéma. Avec sa jolie petite gueule frisée, il incarne remarquablement un adolescent délinquant explosif et même odieux auquel on a envie de mettre des baffes avant de glisser vers une (difficile) prise de conscience qui l&rsquo;amènera à se redresser&#8230;</p>
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		<title>L&#8217;EUPHORIE AU CHATEAU ET DES CAVALES JAPONAISES</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Apr 2026 08:47:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[LA VIE DE CHÂTEAU Dans la Manche, en juin 1944, Jérôme vit dans son château normand du bord de mer avec sa mère Charlotte. Marie, l&#8217;épouse de Jérôme, est la fille de Dimanche, l&#8217;ancien métayer du château. Dimanche est aussi le chef du réseau local de la Résistance. Mourant d&#8217;ennui dans sa belle demeure, Marie [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAVieChateau.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21162" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAVieChateau-193x300.jpg" alt="Vie Chateau" width="193" height="300" /></a>LA VIE DE CHÂTEAU</strong><br />
Dans la Manche, en juin 1944, Jérôme vit dans son château normand du bord de mer avec sa mère Charlotte. Marie, l&rsquo;épouse de Jérôme, est la fille de Dimanche, l&rsquo;ancien métayer du château. Dimanche est aussi le chef du réseau local de la Résistance. Mourant d&rsquo;ennui dans sa belle demeure, Marie désire ardemment découvrir Paris. Pire, la jeune femme, qui rêve de grands héros, est exaspérée par Jérôme qu&rsquo;elle trouve mou, empâté et uniquement préoccupé par la végétation environnante endormie. Un soir, Julien Pontaubert, capitaine résistant français, est parachuté d&rsquo;Angleterre sur le domaine. Il est chargé de la préparation de l&rsquo;imminent débarquement de Normandie, en délimitant des zones de largage pour les parachutistes américains. Julien fait une cour assidue à Marie, qui voit en lui le héros dont elle rêve. Les Allemands jettent leur dévolu sur le domaine. Jérôme et Marie sont contraints d&rsquo;héberger le commandant allemand Siegfried Klopstock avec ses soldats. A son tour, Klopstock tente de séduire Marie. Enfin conscient du danger, Jérôme se décide à réagir. Après avoir été assistant réalisateur et scénariste (pour Louis Malle et Philippe de Broca), Jean-Paul Rappeneau passe, pour la première fois à la réalisation, en 1965, avec <strong>La vie de château</strong>. Non sans mal d&rsquo;ailleurs, du point de vue de la production. Mais d&rsquo;emblée, la critique remarque ce cinéaste qui signera, ensuite, de grands films populaires comme <strong>Les mariés de l&rsquo;an II</strong> (1971), <strong>Le sauvage</strong> (1975), <strong>Tout feu tout flamme</strong> (1982) et, évidemment, <strong>Cyrano de Bergerac</strong> (1990), adaptation enlevée d&rsquo;Edmond Rostand dans laquelle Gérard Depardieu fut un flamboyant bretteur et l&rsquo;amoureux pathétique de Roxane… Avec <strong>La vie de château</strong> (qui ressort dans une belle version restaurée en Blu-ray), Jean-Paul Rappeneau donne une comédie à la fois savoureuse et foutraque digne des <em>screwball comedies</em> de l&rsquo;âge d&rsquo;or d&rsquo;Hollywood dont le cinéaste est un grand admirateur. Le château normand devient ainsi le théâtre d&rsquo;un (improbable) quatuor amoureux sur fond de D-Day. A la comédie romantique, s&rsquo;ajoutent donc des ingrédients classiques du film de guerre. Mais, bien sûr, au-delà des péripéties du scénario (co-signé par Rappeneau, Daniel Boulanger, Alain Cavalier et Claude Sautet), ce sont, ici, les comédiens qui s&rsquo;en donnent à coeur-joie. Rappeneau profite d&rsquo;une belle distribution avec Catherine Deneuve qui venait de connaître le succès successivement avec <strong>Les parapluies de Cherbourg</strong> (1961) de Demy et <strong>Répulsion</strong> (1965) de Polanski et Philippe Noiret, découvert chez Varda pour ses débuts dans<strong> La pointe courte</strong> (1956). Les deux acteurs qui se retrouveront dans <strong>L&rsquo;Africain</strong> (1983) et <strong>Fort Saganne</strong> (1984), forment un couple que tout oppose. Elle, merveilleusement blonde, débordante d&rsquo;énergie, s&rsquo;exprimant avec un débit impressionnant. Lui placide, casanier, quasiment morne. Autour d&rsquo;eux, Pierre Brasseur, Mary Marquet ou Henri Garcin campent de pétillantes silhouettes. Joli succès populaire (1,7 million d&rsquo;entrées), le film, euphorique et virevoltant, a été récompensé du prix Louis Delluc. C&rsquo;est aussi bon que du Wilder ou du Lubitsch. Mais c&rsquo;est du grand Rappeneau !  (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrilogieTraque.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21161" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAATrilogieTraque-218x300.jpg" alt="Trilogie Traque" width="218" height="300" /></a><strong>LA TRILOGIE DE LA TRAQUE</strong><br />
Réalisateur de <strong>Super Express 109</strong> (1975) qui racontait comment un criminel avait posé une bombe dans le train Shinkansen 109, bombe qui explosera si le train descend en dessous de 80 km/h, Junya Sato devient, à cette époque, la référence absolue dans le domaine du cinéma d’action et de suspense japonais. Dans son travail en profondeur sur le cinéma asiatique, Carlotta Films propose, pour la première fois dans de nouvelles restaurations 4K Ultra HD et en Blu-ray, un coffret <em>Trilogie de la traque</em>. Jonglant tour à tour entre le thriller nerveux et le drame existentiel, <strong>Chasse à l’homme : La rivière de la rage</strong> (1976) se déroule à Tokyo où de lourdes accusations pèsent sur le procureur Fuyuto Morioka. Arrêté par la police, celui-ci parvient à s’échapper et à quitter la capitale. Au cours de sa cavale, le magistrat découvre que les deux personnes ayant porté plainte contre lui, ont menti sur leur identité. Morioka est désormais persuadé d&rsquo;être la victime d&rsquo;un odieux complot tournant autour du suicide douteux d&rsquo;un politicien. <strong>La preuve d’un homme</strong> (1977) débute dans le quartier du Bronx. Jeune Afro-américain, Johnny Heyward s&rsquo;apprête à quitter New York pour se rendre au Japon. Dans un vaste hôtel tokyote, où se déroule un grand défilé de mode, Heyward est retrouvé, mort poignardé, dans un ascenseur. L’enquête va mener l’inspecteur Munesue jusqu’aux États-Unis, où ce dernier va devoir faire équipe avec son homologue new-yorkais, Ken Shuftan. Les deux policiers vont découvrir le lien douloureux qui unissait Heyward au Japon… Enfin <strong>Survie en pleine nature</strong> (1978) est le troisième volet de cette trilogie informelle autour de la crise de l’homme moderne aux prises avec des systèmes sociaux et politiques défaillants. Officier des Forces spéciales, Ajisawa a provoqué malgré lui la mort de deux personnes au cours d’une expédition. Pris de remords, il décide de quitter l’armée et de changer de vie, non sans avoir juré à ses supérieurs de ne jamais révéler la vérité sur cet incident… Cette trilogie aussi captivante que percutante est accompagnée de nombreux suppléments avec des entretiens inédits avec Fabien Mauro, auteur, essayiste et spécialiste du cinéma japonais et des fictions japonaises à effets spéciaux. A propos du personnage de Morioka dans <strong>Chasse à l&rsquo;homme</strong>, il note, dans<strong> Traqué</strong> (20 mn), qu&rsquo;il s’éloigne d&rsquo;un Japon très urbain <em>« pour reconnecter avec cet instinct de survie primaire, naturel. »</em> Avec <strong>Origines</strong> (26 mn), à propos de <strong>La preuve d&rsquo;un homme</strong>, l&rsquo;auteur explique :<em> « En partant d’un divertissement, d’un récit policier, Junya Sato prouve que l’on peut faire aussi un très grand film politique. »</em> Enfin, <strong>Surviva</strong>l (18 mn) montre comment <em>« Survie en pleine nature va lancer la méthode Kadokawa : des grandes stars, des récits longs et épiques, et des gros moyens. »</em> Action et suspense à volonté ! (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAmeIdeale.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21147" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAAmeIdeale-179x300.jpg" alt="Ame Ideale" width="179" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ÂME IDÉALE</strong><br />
Médecin, Elsa travaille dans un service de soins palliatifs. Elle a un don un peu particulier: elle peut voir et parler avec les morts qui, pour une raison ou pour une autre, n&rsquo;arrivent pas à rejoindre pleinement l&rsquo;au-delà. Ce don l&rsquo;a empêchée d&rsquo;avoir une relation amoureuse durable. Un soir, alors qu&rsquo;elle rentre en moto chez elle après son travail, elle percute le bus qui la précède. Elle est un peu sonnée, et le passager d&rsquo;un taxi, un certain Oscar, s&rsquo;occupe d&rsquo;elle. Oscar est musicien et il vient juste d&rsquo;obtenir de faire la première partie de Nero, un artiste qu&rsquo;il estime. Il espère que cela permettra de lancer sa carrière. D&rsquo;emblée, Oscar se sent attiré par Elsa. Le lendemain, Elsa est convoquée par la police pour témoigner à propos de l&rsquo;accident. Lors de sa conversation avec le policier, elle comprend qu&rsquo;Oscar est mort mais qu&rsquo;il ne le sait pas. Elsa ne sait pas comment le faire admettre à Oscar. Elle l&rsquo;accompagne au concert dont il devait faire la première partie, où il constate qu&rsquo;il a été remplacé par un autre artiste. L&rsquo;hommage qui lui est rendu au début du concert, ainsi que le fait que personne à part Elsa, ne lui prête la moindre attention, achève de lui faire comprendre sa situation. Evidemment, on ne peut s&rsquo;empêcher de songer au <strong>Ghost</strong> (1990) de Jerry Zucker en regardant le film d&rsquo;Alice Vial, connue comme co-scénariste des<strong> Innocentes</strong> (2016) d&rsquo;Anne Fontaine. Avec son premier long-métrage, elle réussit une attachante comédie sentimentale, romantique et… fantastique autour d&rsquo;un duo qui se rend compte que son amour, pour fort qu&rsquo;il soit, n&rsquo;a aucun avenir. Loin de ses prestations loufoques et comiques, Jonathan Cohen joue des nuances pour cet Oscar qui n&rsquo;a pas envie de mourir et ressent un sentiment d&rsquo;injustice alors que sa musique commence à être appréciée. Elsa (la charmante comédienne québécoise Magalie Lépine-Blondeau), va se démener pour qu&rsquo;Oscar obtienne la reconnaissance dont il rêvait et l&rsquo;aider ensuite à partir en paix. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAToujoursPossible.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21160" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAToujoursPossible-174x300.jpg" alt="Toujours Possible" width="174" height="300" /></a><strong>TOUJOURS POSSIBLE</strong><br />
A 55 ans, Gaby perd son emploi et décide de réaliser un rêve longtemps repoussé : avoir un enfant. Avec l’aide de sa mère Rose, fantasque et bienveillante, cette biologiste parcourt un fichier de donneurs pour trouver le « sperme parfait ». Pendant ce temps, Pierre, 56  ans, cherche à rajeunir à tout prix pour séduire, tandis que Maxime, 26 ans, fils de Gaby, est à la recherche d’un père plutôt qu’un copain. Créateur et producteur de la série <strong>Maison close</strong> sur Canal+, Jacques Ouaniche a réalisé, en 2013, son premier long-métrage, <strong>Victor Young Perez</strong>, biopic du boxeur juif et tunisien des années 1930 (incarné par Brahim Asloum, ancien champion du monde de boxe) qui a été déporté à Auschwitz, et qui est mort pendant la marche de la mort en 1945. Ici, le cinéaste réunit trois personnages qui se croisent, créant un enchevêtrement de désirs, de tabous et de faux-semblants, pour explorer les secondes chances et les relations intergénérationnelles (mère‑fille, père‑fils) à travers une comédie romantique tendre et piquante, où l’amour et la quête de sens restent toujours possibles. Les comédiens jouent parfaitement le registre de l&rsquo;émotion. Au côté d&rsquo;Amanda Lear (Rose), Patrick Ridremont (Pierre) et Jean-Baptiste Maunier (Maxime), c&rsquo;est Nadia Farès qui incarne Gaby. C&rsquo;est l&rsquo;ultime film de cette attachante comédienne disparue, le 11 avril dernier, des suites d&rsquo;un malaise cardiaque dans une piscine parisienne. Et si l’amour pouvait bien prouver que tout reste… toujours possible.. (Blaq out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFemmeMenage.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21150" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFemmeMenage-216x300.jpg" alt=" Femme Menage" width="216" height="300" /></a><strong>LA FEMME DE MÉNAGE</strong><br />
Sortant d&rsquo;un séjour en prison et désormais en liberté conditionnelle, Millie Calloway se présente chez les Winchester, une riche famille installée dans une superbe demeure de Great Neck, sur l&rsquo;île de Long Island, dans l&rsquo;Etat de New York. Elle cherche du travail et affirme qu&rsquo;elle adore être au service des gens. Nina Winchester, la mère et épouse de la famille, lui explique qu&rsquo;elle aura essentiellement à nettoyer, ranger et cuisiner. Elle lui montre sa chambre, située sous les combles. Millie découvrira que la fenêtre est condamnée et que la porte se verrouille de l&rsquo;extérieur&#8230; Par des voisins, la domestique apprend aussi que, des années auparavant, Nina aurait tenté de noyer sa fille Cecelia et de se suicider par overdose. De fait, au fil de son travail, Millie va se rendre compte que sa patronne, sous des dehors bien lisses, présente un comportement étrange et semble souffrir de déséquilibre mental. Lorsque Nina demande à Millie d&rsquo;organiser un week-end à Broadway pour elle et son mari afin d&rsquo;assister à une comédie musicale et de passer une nuit à l&rsquo;hôtel, les choses vont encore se dégrader. Millie s&rsquo;en charge mais Nina affirme ne lui avoir jamais demandé la chose. Pire, Nina étant indisponible ce week-end là, Andrew Winchester et Millie décident secrètement d&rsquo;aller voir le spectacle avant d&rsquo;entamer une liaison… Réalisateur régulier de la série <strong>The Office</strong> sur NBC, Paul Feig adapte, ici, <em>The Housemaid</em>, le premier roman de la trilogie écrite par Freida McFadden et devenue un immense succès mondial. Avec Sydney Sweeney (Millie) et Amanda Seyfried (Nina), il signe un sombre thriller psychologique qui plonge Millie dans un univers de secrets, de manipulation et de violences au sein d&rsquo;une famille de solides détraqués. Vu par 3,8 millions de spectateurs dans les salles françaises, <strong>La femme de ménage</strong> propose quelques séquences bien haletantes. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFranzK.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21187" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFranzK-173x300.jpg" alt="Franz K" width="173" height="300" /></a><strong>FRANZ K.</strong><br />
Dans la Prague du début du 20<sup>e</sup> siècle, Franz Kafka, né dans une famille juive de langue allemande, est tiraillé entre les attentes strictes de son père Hermann, un bourgeois autoritaire, son quotidien de cadre supérieur dans une compagnie d&rsquo;assurance où il est le <em>« Docteur Kafka »</em> et son besoin radical d&rsquo;écrire et d&rsquo;exprimer sa sensibilité littéraire. Ses textes finiront par attirer l&rsquo;attention, notamment lors d&rsquo;une lecture publique d&rsquo;un passage de <em>La colonie pénitentiaire</em>. Cet homme à la frêle silhouette, presque maladive, qui affirme <em>« On m&rsquo;a volé le silence »</em>, vit plusieurs relations avec des femmes qui le fascinent au plus haut point, ainsi sa fiancée Felice Bauer, puis sa maîtresse Milena Jesenska. Soutenu par Max Brod, son ami et futur éditeur, Kafka apparaît comme un personnage cherchant sa place dans le monde, entre sens du devoir, trouble intérieur et expression créative… En 1991, l&rsquo;Américain Steven Soderbergh donnait un <strong>Kafka</strong>, thriller mystérieux dans lequel l&rsquo;écrivain était incarné par le Britannique Jeremy Irons. Ici, c&rsquo;est la cinéaste franco-polonaise Agnieszka Holland qui s&rsquo;empare de l&rsquo;auteur du<em> Procès</em> pour brosser un biopic « éclaté » mêlant les thèmes et les époques pour saisir l&rsquo;essence d&rsquo;un écrivain complexe et torturé (l&rsquo;acteur tchèque Idan Weiss), vivant dans une sorte de cauchemar éveillé et qui se demande : <em>« Pourquoi personne ne comprend la valeur des mots »</em>. La réalisatrice du <strong>Complot</strong> (1988), <strong>Europa Europa</strong> (1990), <strong>L&rsquo;ombre de Staline</strong> (2019) ou <strong>Green Border</strong> (2023) qui lui valut d&rsquo;être la victime d&rsquo;une campagne de haine en ligne, construit un film patchwork qui donne des pistes sur la vie et l&rsquo;oeuvre de Kafka (1883-1924) mais évoque aussi des événements ultérieurs comme l&rsquo;exploitation touristique du personnage dans la Prague d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ou le sort de ses proches confrontés, pendant la Seconde Guerre mondiale, à l&rsquo;occupation allemande de la Bohême. Dans un interview, la cinéaste a déclaré : <em>« On sait tout de lui et on ne sait rien. J&rsquo;ai essayé de le restituer autrement, de presque le toucher, de le rendre vivant sans passer par les figures imposées. »</em> (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusticierSierra.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21153" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAJusticierSierra-188x300.jpg" alt="Justicier Sierra" width="188" height="300" /></a><strong>LE JUSTICIER DE LA SIERRA</strong><br />
Depuis qu&rsquo;il a raccroché ses armes de pistolero, John Sands se consacre à la gestion d&rsquo;un petit commerce dans un village proche du Mexique. Lorsqu&rsquo;il fait la connaissance de Jean « Dusty » Stewart, il apprend par celle-ci que son frère a été froidement abattu par un groupe de cow-boys à la solde de Matt Garson, dans la ville de Centennial. Propriétaire du saloon de la ville, Garson contrôle une grande partie de la région et y fait appliquer sa propre loi. Sands décide alors de ressortir son artillerie et de mener l&rsquo;enquête sur place. Il doit alors faire face à la « loi » de Garson et à ses trois tueurs, tout en étant dans le collimateur des autorités locales… Réalisateur de westerns de série B, Lesley Selander (1900-1979) a mis en scène, entre les années 30 et 60, de multiples films dont beaucoup sont restés inédits sur les écrans français. Tourné en 1948, <strong>Panhandle</strong> (en v.o.), présenté dans une bonne version restauré, n&rsquo;est pas un western particulièrement remarquable mais il a cependant des qualités qui méritent qu&rsquo;on s&rsquo;y arrête. Ainsi, Selander reçoit, ici, l&rsquo;aide d&rsquo;un personnage qui s&rsquo;imposera, plus tard, comme l&rsquo;auteur de <strong>Diamants sur canapé</strong> (1961), <strong>The Party</strong> (1968), <strong>Victor Victoria</strong> (1982) et de la série de la<strong> Panthère rose</strong> (1963-1993). On parle bien sûr de Blake Edwards qui participe, ici, à la production du film, à son scénario et qui présent aussi devant la caméra en incarnant Schofield, le sinistre (mais aussi fantaisiste) bras droit du méchant Garson. Si l&rsquo;action est conventionnelle, la mise en scène est rythmée et rapide et propose de bonnes séquences qui mettent en valeur l&rsquo;amitié, organisent un affrontement armé nocturne, un long et violent combat musclé et à poings nus, une course-poursuite à cheval, voire une étreinte amoureuse… Dans le rôle de Sands, on trouve l&rsquo;acteur canadien Rod Cameron, un habitué du western qui tourna dans plus de cent productions. A ses côtés, incarnant la charmante Dusty, on remarque Cathy Downs qui fut, en 1946, Clementine dans <strong>La poursuite infernale</strong> (My Darling Clementine en v.o.) de John Ford. Un agréable western ! (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAQuadrille.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21157" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAQuadrille-193x300.jpg" alt="Quadrille" width="193" height="300" /></a><strong>QUADRILLE</strong><br />
Le jeune acteur américain Carl Erikson est la sensation du moment. De passage à Paris, il est sollicité de toutes parts et donne, un peu par hasard, un autographe à Paulette Nanteuil, elle-même actrice reconnue en France, mais inconnue de lui. Charmé par la jeune femme, Carl espère la retrouver, mais elle lui a donné un faux nom, celui de son amie Claudine André, journaliste. Il se trouve que Carl Erikson a rendez-vous pour une interview avec Philippe de Morannes, rédacteur en chef de <em>Paris Soir</em> et, par ailleurs, amant de Paulette. Pour le remercier de lui avoir accordé un entretien, Philippe se fait, malgré lui, le complice du destin en offrant à Carl une place pour qu&rsquo;il assiste, le soir même, au spectacle dans lequel joue Paulette. Carl va la voir dans sa loge, et Paulette, séduite, passe une nuit avec lui. Doit-elle quitter Philippe ou rompre avec Carl ? Et Philippe succombera-t-il aux charmes de Claudine, laquelle n&rsquo;est elle-même pas insensible au charme du jeune acteur ? En 1938, Sacha Guitry adapte sa propre pièce et réussit, après <strong>Le nouveau testament</strong> et <strong>Mon père avait raison</strong>, tous deux de 1936, un nouveau fleuron (dans une nouvelle version Blu-ray) de ce qu&rsquo;il fait le mieux, à savoir le théâtre filmé. C&rsquo;est l&rsquo;occasion pour Guitry de monopoliser l&rsquo;attention, d&rsquo;étourdir par son esprit et ses bons mots. Avec son personnage de Philippe, il est sur le devant de la scène mais il fait aussi la part belle à ses comédiens comme Jacqueline Delubac ou Pauline Carton. Et, dans ce tourbillon d&rsquo;élégance, on retrouve avec plaisir, dans un rôle de garce, Gaby Morlay, vive et pétillante à l&rsquo;inverse des lourds mélos dans lesquels on la vit souvent. Sur la bataille des sexes, un feu d&rsquo;artifice ! C&rsquo;est vif, gai, spirituel, légèrement immoral et joyeusement cynique… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAADésiré.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21149" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAADésiré-193x300.jpg" alt="Désiré" width="193" height="300" /></a><strong>DÉSIRÉ</strong><br />
La belle Odette Cléry, actrice devenue la protégée d&rsquo;un ministre, engage Désiré, un valet de chambre impeccable et très stylé. La nuit, Désiré et Madame Cléry rêvent l&rsquo;un de l&rsquo;autre : situation embarrassante et inavouable. Seulement voilà, ils rêvent tout haut ! En 1937, Sacha Guitry laisse éclater toute sa verve caustique en jonglant avec les situations alors scabreuses du théâtre de boulevard. Il s&rsquo;offre avec <strong>Désiré</strong> un beau rôle et en fait de même avec son épouse Jacqueline Delubac, brillante Odette ! De son film (présenté dans une nouvelle version Blu-ray), Guitry a dit, dans une interview à <em>Paris Soir</em>: <em>« S&rsquo;il me fallait résumer Désiré en quelques lignes et d&rsquo;un seul trait, je dirais que c&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme dont le physique, l&rsquo;assurance et la profession, précisément héréditaire, ne sont pas tout à fait en accord avec ses goûts et sa mentalité. Fils, petit-fils, arrière-petit-fils de domestique, il éprouve à obéir une véritable volupté &#8211; et d&rsquo;ailleurs il le dit lui-même : « servir, c&rsquo;est quelque chose de merveilleux. C&rsquo;est avoir le droit d&rsquo;être sans volonté&#8230; » Mais, hélas! Toute médaille a son revers et il n&rsquo;a de goût réel que pour ses patronnes &#8211; et ce serait le drame de sa vie si je n&rsquo;avais pas préféré en faire une comédie qui parfois est une comédie bouffe. »</em> (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPerlesCouronne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21156" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAPerlesCouronne-193x300.jpg" alt="Perles Couronne" width="193" height="300" /></a><strong>LES PERLES DE LA COURONNE</strong><br />
L&rsquo;historien Jean Martin raconte à sa jeune épouse Françoise, l&rsquo;histoire fabuleuse d&rsquo;un collier composé de sept perles fines, jadis offert par le pape Clément VII à sa nièce Catherine de Médicis, quelques mois avant le mariage de cette dernière avec le futur Henri II. Par la suite, elle offre le collier à Mary Stuart, qui veuve de François II, retourne en Ecosse. Déposé dans un coffret, le collier est dérobé par trois voleurs. Seulement quatre perles sont remises à Élisabeth Ière après l&rsquo;exécution de Marie Stuart, et ornent désormais les arceaux de la couronne royale britannique. Les trois dernières perles ont mystérieusement disparu. Jean Martin décide alors de partir en quête des joyaux manquants, imité en cela par un officier de la maison royale anglaise et un camérier du pape. A l&rsquo;issue d&rsquo;une folle cavalcade historique, tous se retrouvent à bord du paquebot <em>Normandie</em> qui fait route vers New York. Après un dîner dans la grande salle à manger de première classe, Jean Martin récupère une perle dans une serviette de table pour un bref instant. Guitry avait décliné une offre de participation au voyage inaugural du <em>Normandie</em>, en mai-juin 1935. Le tournage du film, en 1937, marque ainsi sa rencontre avec le paquebot qui lui fait très forte impression. Pour ne pas déranger le confort des passagers, la Compagnie générale transatlantique accepta le tournage en dehors des voyages. L’ensemble des scènes finales (on y voit le grand escalier du salon fumoir) ont été tournées au Havre, lors d&rsquo;une immobilisation technique. En 1937, Sacha Guitry donne un divertissement « historique » (dans une nouvelle édition Blu-ray) dans lequel il croque avec délices têtes couronnées et séductrices décaties. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARemontonsChampsElysees.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21158" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARemontonsChampsElysees-193x300.jpg" alt="Remontons Champs Elysees" width="193" height="300" /></a><strong>REMONTONS LES CHAMPS ELYSÉES</strong><br />
De la place de la Concorde en 1617 à la place de l&rsquo;Etoile en 1938, voici l&rsquo;histoire des Champs-Élysées, racontée par un instituteur descendant à la fois de Louis XV, de Marat et de Napoléon Ier. Cet enseignant évoque ainsi l&rsquo;assassinat de Concino Concini, les circonstances qui amenèrent Louis XV, las de la marquise de Pompadour, à faire aménager le Parc-aux-Cerfs, l&rsquo;établissement des premiers théâtres de marionnettes sur les Champs-Élysées, la mort du Bien-Aimé annoncée par celle, survenue six mois auparavant, du ministre Chauvelin, et son enterrement nocturne, les noires heures de la Terreur, la rencontre, fortuite et improbable, entre Bonaparte et Napoléon, celui-ci reprochant à celui-là d&rsquo;avoir trahi ses idéaux de jeunesse, l&rsquo;assassinat nocturne de l&rsquo;inventeur du gaz d&rsquo;éclairage, les débuts parisiens de Richard Wagner, le retour des cendres de l&rsquo;Empereur en 1840, le départ de Louis-Philippe pour l&rsquo;exil, le succès des chansons de Béranger et le triomphe des valses de Métra, un bal à la cour de Napoléon III… En 1938, Sacha Guitry s&rsquo;amuse ! Le défilé d&rsquo;hommes et de femmes illustres mais aussi de parfaits anonymes dans <strong>Remontons les Champs-Elysées</strong> (dans une nouvelle édition Blu-ray) a de quoi faire froncer le sourcil à l&rsquo;historien scrupuleux. Mais ce n&rsquo;est pas le souci de Guitry qui aime à jouer à jongler avec le passé et le patrimoine, tout en faisant défiler une ribambelle de comédiens… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFreeway.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21151" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFreeway-216x300.jpg" alt="Freeway" width="216" height="300" /></a><strong>FREEWAY</strong><br />
Avec une mère, Ramona, qui se prostitue pour payer son crack et un beau-père, Larry, en liberté conditionnelle, qui la pelote, Vanessa Lutz, seize ans, adolescente analphabète, est loin d&rsquo;avoir une vie de princesse. Après l&rsquo;arrestation de ses parents, elle ligote l&rsquo;assistante sociale qui veut la placer une fois de plus dans une famille d&rsquo;accueil, dit au revoir à son ami Chopper qui lui offre son revolver et décide, tel le Petit chaperon rouge, de partir rejoindre sa grand-mère qui vit dans une caravane à quelques centaines de kilomètres. En chemin, la gamine rencontre Bob Wolverton, psychologue pour enfants le jour&#8230; mais surtout Grand méchant loup la nuit ! Au cours du trajet, Bob gagne progressivement la confiance de Vanessa, qui se confie sur sa vie chaotique et les abus sexuels qu&rsquo;elle a subis de son beau-père et dans ses foyers d&rsquo;accueil. Prétextant vouloir l&rsquo;aider au moyen d&rsquo;une thérapie expérimentale, Bob lui pose des questions de plus en plus perverses et humiliantes… En 1996, l&rsquo;Américain Matthew Bright revisite <em>Le Petit chaperon rouge</em> et propose un thriller efficace et au ton cynique et grinçant. Le récit est bien rythmé et embarque le spectateur dans les pas de Vanessa qui va passer par la case prison avant de s&rsquo;évader au cours d&rsquo;un transfert et de faire éclater la vérité sur l&rsquo;affreux Wolverton et de lui faire son affaire… Agée de 19 ans, Reese Whitherspoon est au tout début de sa carrière même si on l&rsquo;a vu, en 1991, en tête d&rsquo;affiche d&rsquo;<strong>Un été en Louisiane</strong> de Robert Mulligan et on sent qu&rsquo;elle s&rsquo;amuse résolument avec le personnage de Vanessa. Devenu célèbre avec Jack Bauer, le héros de la série <strong>24 heures chrono</strong>, Kiefer Sutherland se régale, lui aussi, de camper un gros psychopathe qui finira dans le lit de Mère-grand ! (Metropolitan).<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARoiChampsElysées.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21159" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAARoiChampsElysées-170x300.jpg" alt="Roi Champs Elysées" width="170" height="300" /></a><strong>LE ROI DES CHAMPS ELYSÉES</strong><br />
Surnommé <em>« L&rsquo;homme qui ne rit jamais »,</em> Buster Keaton (1895-1966), orfèvre absolu du gag, est l&rsquo;une des plus grandes figures du cinéma américain. Célèbre pour son flegme, il réalisa des films comme <strong>Sherlock Junior</strong> (1924), <strong>Le mécano de la « General »</strong> (1926), <strong>Cadet d&rsquo;eau douce</strong> (1928) ou <strong>L&rsquo;opérateur</strong> (1928). Du<strong> Mécano…</strong>, Orson Welles dit que c&rsquo;était <em>« la plus grande comédie jamais réalisée (&#8230;) et peut-être le plus grand film jamais réalisé »</em>. Charlie Chaplin le considérait comme son modèle tandis que le critique Roger Ebert estima qu&rsquo;il était <em>« le plus grand acteur-réalisateur de l&rsquo;histoire du cinéma »</em>. Au début des années trente, Buster Keaton vit la période la plus sombre de sa carrière. Après un divorce qui l&rsquo;abat moralement, il se dispute avec Louis B. Mayer, grand patron des studios MGM, qui le met à la porte à la fin du tournage du <strong>Roi de la bière</strong> (1933) d&rsquo;Edward Sedgwick. Keaton, qui a perdu la liberté de création dont il jouissait à l&rsquo;époque du muet, noie son chagrin dans l&rsquo;alcool et doit suivre une cure de désintoxication. Il part alors tourner deux films en Europe dont, en 1934, <strong>Le roi des Champs-Elysées</strong> mis en scène à Paris par Max Nosseck. Keaton y tient deux rôles, celui de Buster Garner, un aspirant acteur maladroit et celui de Jim le balafré, un gangster américain. Contenant très peu de dialogues (ceux de Keaton sont doublés), <strong>Le roi des Champs Elysées</strong>, dans lequel joue notamment Paulette Dubost, propose de nombreuses séquences burlesques et des gags visuels qui font clairement référence au muet. Le gag final montre Keaton le pince-sans-rire s&rsquo;épanouir dans un grand sourire après avoir été embrassé. En 1950, Billy Wilder rendit hommage à Keaton en lui offrant une belle scène dans <strong>Sunset Boulevard</strong>. Charlie Chaplin en fit de même, en 1952, dans <strong>Les feux de la rampe</strong>.  Jamais sorti en salle aux États-Unis, ce film est une curiosité à découvrir pour tous les fans de Keaton. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACityOfFire.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21148" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAACityOfFire-219x300.jpg" alt="City Of Fire" width="219" height="300" /></a><strong>CITY OF FIRE</strong><br />
A la suite d&rsquo;un assassinat en plein quartier populaire de Hong Kong, l&rsquo;inspecteur Lau charge un de ses meilleurs flics d&rsquo;infiltrer un gang de dangereux malfaiteurs. Ko Chow devient ainsi une « taupe », tout à la fois suspectée par les braqueurs et poursuivie par la police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up particulièrement sanglant, Chow se lie d&rsquo;amitié avec son chef de bande, l&rsquo;implacable mais loyal Lee Fu… Le réalisateur Ringo Lam (1955-2018) est l&rsquo;une des hautes figures du cinéma d&rsquo;action made in Hong Kong. Après ses études de cinéma à Toronto (Canada), il retourne chez lui, signe quelques comédies. Le succès commercial de <strong>Mad Mission 4</strong> (1986) va lui permettre d&rsquo;écrire le scénario, de produire et de mettre en scène <strong>City of Fire</strong> (1987). Le film obtiendra le prix du meilleur réalisateur lors des Hong Kong Film Awards 1988. Quentin Tarantino a reconnu s&rsquo;être inspiré de <strong>City of Fire</strong> pour réaliser <strong>Reservoir Dogs</strong> (1992). Sec, nerveux, rapide, le film de Lam (qui poursuivra ensuite largement dans la même veine) est devenu un classique du polar hongkongais des années 80. S&rsquo;il manie l&rsquo;action et l&rsquo;humour, l&rsquo;amour et le drame, il se distingue aussi par son intensité et sa profondeur. Le récit met en avant les dilemmes moraux du héros infiltré, pris entre sa loyauté envers la police et les liens humains, voire d&rsquo;amitié qu&rsquo;il développe avec les criminels, une ambivalence qui donne au film une vraie richesse émotionnelle et une tension constante. Enfin <strong>City of Fire</strong> est porté par une double interprétation de qualité avec Danny Lee (Lee Fu) et Chow Yun-fat (Ko Chow), deux comédiens qui partageront à nouveau l&rsquo;affiche dans un autre grand film d&rsquo;action hongkongais, <strong>The Killer</strong> (1989), cette fois de John Woo. Puissant ! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAANewYorkConnection.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21155" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAANewYorkConnection-188x300.jpg" alt="New York Connection" width="188" height="300" /></a><strong>NEW YORK CONNECTION</strong><br />
Sean Boyd est un ex-flic devenu chauffeur routier. Lorsque sa fille, Kathy est kidnappée par le truand Gus Soltic, Boyd se lance à sa poursuite à pied. Commence une course-poursuite haletante dans les ruelles mal famées du Bronx, durant laquelle Boyd devra retrouver sa fille mais aussi échapper à une bande de malfrats portoricains et à ses anciens collègues policiers, notamment un sergent qu&rsquo;il avait fait condamner pour des manquements à l&rsquo;éthique… Le réalisateur Richard Butler (1927-2023) a surtout eu une carrière à la télévision, dirigeant de nombreux épisodes de séries cultes comme <strong>Star Trek</strong>, <strong>Batman</strong>, <strong>Hill  Street  Blue</strong>s et <strong>Remington  Steele</strong>. Il était également reconnu pour sa capacité à créer une esthétique visuelle urbaine, privilégiant un rendu réaliste, parfois « poussiéreux » et « rouillé ». C&rsquo;est le cas, ici, en 1980, dans<strong> New York Connection</strong>, parfois intitulé <strong>Fort Bronx</strong> et <strong>Night of the Juggler</strong> (en v.o.) qui brosse un portrait du New York des années 1970/1980, une ville sale, inquiétante, avec des ruelles sinistres et dangereuses. L&rsquo;intrigue tient sur une feuille de papier-cigarette avec un type (James Brolin) qui constate que sa fille a été enlevée à la suite d&rsquo;un malentendu, le méchant (Cliff Gorman) l&rsquo;ayant confondu avec la fille d&rsquo;un riche magnat de l&rsquo;immobilier qu&rsquo;il tient pour responsable de la décrépitude de son quartier. Commence alors une course-poursuite à pied et en voiture dans les coins les plus pourris du Bronx mais également dans le métro et les égouts de la ville… Il reste que le cinéaste, même s&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur un certain nombre d&rsquo;incohérences, sait donner du rythme à son polar si bien qu&rsquo;on peut se laisser embarquer… Dans les suppléments, on trouve une présentation du film par Olivier Père (25 mn), <strong>47 ans plus tard</strong>, un entretien avec James Brolin (14 mn), <strong>La douce Maria</strong>, un entretien avec Julie Carmen (14 mn), <strong>Pandemonium Reflex, Sydney Furie et NY Connection</strong> (14 mn). Le coffret comprend aussi un livret (24 p.) écrit par Marc Toullec. (Sidonis Calysta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAGeraldConquérant.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21152" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAGeraldConquérant-184x300.jpg" alt="Gerald Conquérant" width="184" height="300" /></a><strong>GERALD LE CONQUERANT</strong><br />
Plutôt grande gueule, Gérald s&rsquo;est donné pour mission de redonner tout son éclat à sa région de coeur, la Normandie. Pour redorer le blason normand, il s&rsquo;est mis en tête de bâtir le plus grand parc d&rsquo;attractions du pays, à la gloire de Guillaume le conquérant, duc de Normandie puis roi d&rsquo;Angleterre du 11e siècle . Mais attention, il a envie de mettre sur pied un parc… identitaire ! <em>« Rien à voir,</em> dit-il, <em>avec Disney ! Mickey est un rat. Comme tous les Américains&#8230; »</em> Pour parvenir à ses fins, le gaillard est prêt à aller loin, très loin. Quitte à franchir toutes les limites… Humoriste, metteur en scène, acteur, scénariste et réalisateur français, Fabrice Eboué a commencé sa carrière de metteur en scène (en compagnie de Lionel Steketee et Thomas Ngijol), en 2011, avec <strong>Case départ</strong>, une comédie bien accueillie par le public. <strong>Gérald le conquérant</strong> est son cinquième film, derrière et aussi devant la caméra, puisqu&rsquo;il interprète le tonique et faussement bonhomme Gérald. Présenté comme un faux documentaire, un peu dans la veine du fameux <strong>Striptease</strong>, le film permet à l&rsquo;humoriste d&rsquo;y aller de bon coeur et d&rsquo;en mettre plein la tête aux minables, aux poseurs, aux cons et aux… Parisiens (dont il se plaît à squatter les résidences secondaires), Gérald avouant qu&rsquo;il aimerait être une mouette… <em>« pour chier sur la tête des Parisiens »</em>. On l&rsquo;a compris, Fabrice Eboué tire à l&rsquo;arme lourde dans ce rendez-vous loufoque avec l&rsquo;histoire normande. Plutôt barré, le film ne fait pas dans la dentelle mais il nous vaut quelques éclats de rire. (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALElue.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21154" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAALElue-216x300.jpg" alt="L'Elue" width="216" height="300" /></a><strong>L&rsquo;ELUE</strong><br />
Liz et Malcolm partent pour un week-end d&rsquo;anniversaire romantique dans un chalet loin du monde. Lorsque Malcolm (Rossif Sutherland, second fils du grand Donald) doit retourner précipitamment en ville pour son travail, Liz (Tatiana Maslany) se retrouve isolée dans cet endroit au fond des bois, confrontée à une présence maléfique qui révèle les terrifiants secrets du chalet. Fils du grand Anthony Perkins (Norman Bates dans le <strong>Psychose</strong> de Hitchock), Osgood Perkins s&rsquo;est fait une spécialité du <em>folk horror</em>, un sous-genre du cinéma d&rsquo;horreur qui détourne des éléments folkloriques dans un but horrifique, notamment dans <strong>Gretel et Hansel</strong> (2020). Il va connaître le succès commercial et critique en 2024 avec <strong>Longlegs</strong>, interprété par Malika Monroe et Nicolas Cage, qui suit Lee Harker, nouvelle recrue du FBI, qui se voit confier une affaire non-résolue sur un tueur en série surnommé Longlegs. Son enquête va se complexifier avec la découverte de preuves liées à l&rsquo;occultisme. Avec <strong>Keeper</strong> (en v.o.), Osgood est, ici, un peu en-dessous même s&rsquo;il réussit à faire monter la tension au fur et à mesure que la présence surnaturelle s’intensifie et se répand. Pour ce séjour idyllique qui vire au cauchemar, le cinéaste distille l&rsquo;inconfort et privilégie l&rsquo;atmosphère et le malaise à l&rsquo;action dans une mise en scène qui aime à jouer des ruptures de ton. Cette édition Bl-ray de <strong>L&rsquo;élue</strong> comprend deux autres films d&rsquo;Oz Perkins, en l&rsquo;occurrence <strong>Longlegs</strong> (2024) et <strong>The Monkey</strong> (2025). Quand les forces maléfiques s&rsquo;insinuent partout… (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFabriqueMonstres.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21188" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/04/AAAFabriqueMonstres-176x300.jpg" alt="Fabrique Monstres" width="176" height="300" /></a><strong>LA FABRIQUE DES MONSTRES</strong><br />
Dans le vieux château de Grottegroin, un savant fou fabrique, rafistole et invente sans cesse des monstres farfelus. P&rsquo;tit Cousu, sa toute première création oubliée avec le temps, sert de guide aux nouveaux monstres. Jusqu&rsquo;au jour où un cirque arrive en ville. A la recherche d&rsquo;une nouvelle attraction, son propriétaire Fulbert Montremonstre tente par tous les moyens d&rsquo;accéder à cette fabrique de monstres. P&rsquo;tit Cousu pourrait bien être la star de son futur spectacle. L&rsquo;Anglais Steve Hudson et l&rsquo;Allemand Toby Genkel signent, ici un film d&rsquo;horreur qui ne donnera pourtant pas de cauchemar aux plus jeunes spectateurs. Mais ils goûteront cependant, avec ce film d&rsquo;animation européen, quelques frissons dans les traces de l&rsquo;affable P’tit Cousu qui donne des clés pour faire face à ses peurs ou à célébrer les différences. Une jolie histoire qui fait parfois songer à l&rsquo;esthétique du cinéma de Tim Burton, avec des monstres colorés, excentriques et sympathiques. Un bon divertissement joyeusement lugubre… (Wild Side)</p>
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