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		<title>Dans les coulisses du Français et dans les pas de Micha</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jul 2026 07:32:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21475" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21475" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin1-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Landmann (Léon Ullrich) et Micha Hartung (Charly Hübner)." width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Landmann (Léon Ullrich)<br />et Micha Hartung (Charly Hübner).</p></div>
<p><strong>BERLIN.-</strong> Dans le quartier (alternatif) de Prenzlauer Berg à Berlin, Micha Hartung est le propriétaire du <em>Last Tycoon</em>, un vidéoclub qui n&rsquo;attire plus guère de clients. Autant dire que Micha tire clairement le diable par la queue. Bien sûr, sa fille Nathalie garde un œil sur lui mais quand elle a besoin d&rsquo;un coup de main pour garder ses enfants, Micha fait défaut.<br />
La vie de Micha bascule à l&rsquo;occasion du 30<sup>e</sup> anniversaire de la chute du Mur. Alexander Landmann, modeste reporter au magazine <em>Fakt</em>, déboule dans le vidéoclub. Le 22 juin 1984, à la gare de Friederichstrasse, le seul point de passage (ferroviaire) entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, un train de banlieue transportant quelque 127 passagers, est passé de la RDA à l&rsquo;Allemagne de l&rsquo;Ouest. Tout cela à cause d&rsquo;un aiguillage qui n&rsquo;était pas placé dans le bon sens.<br />
Or c&rsquo;était bien Micha Hartung qui, ce soir-là, travaillait à la gare. Landmann, qui a plongé dans les archives de la Stasi, est persuadé de tenir sa grande story. Il offre une poignée de gros billets à Micha afin que celui-ci entre dans son jeu. Mais oui, c&rsquo;est certain, Micha Hartung est un héros. Le cerveau d’une évasion massive historique de la RDA.<br />
Devenu un héros malgré lui, Micha va vite comprendre qu&rsquo;il est perdu. Autour de lui, s&rsquo;organise un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés. On l&rsquo;invite dans un talk-show à la télévision où il est contraint de broder sur son « fait d&rsquo;armes » en parlant d&rsquo;un irrépressible besoin de liberté. Pire, le président allemand sollicite Micha pour tenir un discours au Bundestag. Marre des vieilles barbes spécialistes de la résistance en RDA, vive un vrai Berlinois, un citoyen sorti de nulle part et qui va porter un message de vérité sur cette période sombre de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Allemagne, un individu courageux capable de surmonter des obstacles qui semblent insurmontables&#8230;</p>
<div id="attachment_21476" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21476" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAHerosBerlin2-300x200.jpg" alt="&quot;Le héros...&quot;: Paula (Christiane Paul) et Micha Hartung. Photos Frédéric Batier" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Le héros&#8230;&nbsp;&raquo;: Paula (Christiane Paul)<br />et Micha Hartung.<br />Photos Frédéric Batier</p></div>
<p>Lauréat en 1988, avec <strong>Schmetterlinge</strong>, son film de fin d&rsquo;études à l&rsquo;Académie allemande du film et de la télévision de Berlin, de l&rsquo;Oscar du meilleur film d&rsquo;étudiant à Hollywood, le cinéaste allemand Wolfgang Becker n&rsquo;a tourné qu&rsquo;une toute petite poignée de longs-métrages dans sa carrière. Cependant il a très largement attiré tous les regards sur lui lorsqu&rsquo;il donne, en 2003, le fameux <strong>Good Bye Lenin !</strong>, immense succès et « film de l&rsquo;année » en Allemagne.<br />
Disparu en décembre 2024 alors qu&rsquo;il venait de superviser le premier montage de son film (sorti en salles en Allemagne en décembre 2025), Wolfgang Becker renoue donc avec les références à l&rsquo;histoire est-allemande à travers un soi-disant héros et une épopée fabriquée pour devenir un phénomène médiatique.<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Good Byle Lenin !</strong>, Becker citait le fameux trait d’esprit : <em>« Un film n’est rien d’autre qu’un enchainement de 24 mensonges par seconde »</em>. Et, de fait, <strong>Le héros de Berlin</strong> (Allemagne – 1h53. Dans les salles le 15 juillet) fonctionne également autour de la thématique du mensonge. Lorsque Micha est poussé dans ses retranchements, il se défend en expliquant que personne, en réalité, n&rsquo;a vraiment envie d&rsquo;entendre la vérité&#8230;<br />
Si <strong>Der Held vom Bahnhof Friedrichstraße</strong> (en v.o.) s&rsquo;offre une love story avec la rencontre de Micha et de Paula, une passagère du fameux train devenue procureure, le film, agréable sans être emballant, vaut essentiellement pour la manière dont Becker développe un thème qui lui est cher : le combat d’un perdant, d’un type tout à fait ordinaire et malchanceux, contre la folie du monde.<br />
Avec son côté « paumé », Charly Hübner incarne parfaitement Micha Hartung, citoyen lambda, qui a eu la bêtise de mettre le doigt dans un engrenage infernal. Commence alors un grand barnum qui ne s&rsquo;arrêtera que lorsque les projecteurs se tourneront rapidement vers une prochaine victime&#8230;</p>
<div id="attachment_21477" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21477" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrancaise1-300x168.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Nina (Pauline Clément). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Nina (Pauline Clément). DR</p></div>
<p><strong>THEATRE.-</strong> Nina Cardi est en retard. Et ce n&rsquo;est pas le moment de l&rsquo;être. Car le soir même, c&rsquo;est la première du <em>Macbeth</em> de Shakespeare, sa première mise en scène sur la prestigieuse scène de la Comédie française. Pire, alors qu&rsquo;il lui reste quatre ou cinq heures pour peaufiner tous les détails, Nina a oublié son badge d&rsquo;accès à l&rsquo;illustre maison de Molière. Et Stéphane, le préposé à l&rsquo;accueil, est intraitable. Pas de badge, pas d&rsquo;entrée dans les lieux. <em>« Et si tu commettais un attentat, hein ! »</em><br />
Heureusement Nina retrouve son badge au fond de sa poche. Poussant son vélo, elle peut enfin entrer dans les lieux. Mais elle n&rsquo;est pas au bout de ses peines. Prise entre les exigences techniques de Jacques, le régisseur, qui lui explique en détail le fonctionnement des projecteurs et les états d&rsquo;âme de ses partenaires, Nina a le sentiment que son Shakespeare va être une catastrophe. C&rsquo;est le moment que choisit l&rsquo;administrateur général de la vénérable institution pour annoncer à Nina que la ministre de la Culture sera dans la salle… Mais Nina a encore d&rsquo;autres soucis encore. Son ex s&rsquo;apprête à partir dans une lointaine tournée musicale et, alors qu&rsquo;il devait s&rsquo;occuper de lui, lui laisse leur bébé sur les bras&#8230;<br />
En évoquant la genèse du film qu&rsquo;il a co-réalisé avec Bertrand Usclat, Martin Darondeau précise : <em>« Il y avait une vraie envie d’ouvrir les portes d’une institution qui peut apparaître secrète pour les gens, et casser cette image sérieuse que peut avoir la Comédie-Française. Car si cette maison a une vraie mission de conservation et de rayonnement de la culture théâtrale française, ceux qui la représentent n’en restent pas moins des hommes et des femmes d’aujourd’hui, avec leurs soucis, leurs joies, leurs problèmes. C’est un axe de comédie extrêmement efficace surtout si on l’applique à une jeune maman qui a des difficultés à allier sa vie privée et son travail&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21478" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21478" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADelaComedieFrançaise2-300x160.jpg" alt="&quot;De la Comédie...&quot;: Pauline Clément, Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d'Hermy et Marina Hands. DR" width="300" height="160" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;De la Comédie&#8230;&nbsp;&raquo;: Pauline Clément,<br />Danièle Lebrun, Julien Frison, Adeline d&rsquo;Hermy<br />et Marina Hands. DR</p></div>
<p>Spécialistes des programmes courts (comme la shortcom <strong>Broute</strong>) , les deux réalisateurs de <strong>De la Comédie française</strong> (France – 1h15. Dans les salles le 22 juillet) avaient d&rsquo;abord eu un projet de format court autour de la « maison de Molière » avant de modifier leur scénario et de se tourner vers le grand écran. Et c&rsquo;est ainsi que, sous la forme d&rsquo;une amusante chronique fantaisiste, on plonge dans les coulisses d&rsquo;un illustre théâtre, fondé en 1680, à l&rsquo;heure d&rsquo;une première plutôt mal partie. Alors, le film aligne de savoureuses vignettes autour du régisseur, de l&rsquo;habilleuse, de la maquilleuse (de télévision) venue pour remplacer une amie et bien entendu de tous les acteurs de ce <em>Macbeth</em> qui, disons-le sans spolier, ira à son terme. Mais au prix de quelques péripéties! L&rsquo;idée des deux cinéastes est, ici, de dire que, quelque soient les problèmes (tromperie conjugale, lendemain de cuite ou pétard un peu trop costaud), il faut jouer. Le tout dans une microsociété d&rsquo;artistes où s&rsquo;exacerbent égos, faiblesses, peurs, désirs, jalousies ou superstitions…<br />
Enfin <strong>De la Comédie française</strong> offre aussi le plaisir de voir nombre de membres de la troupe du Français faire le job sous nos yeux ravis. Autour de Pauline Clément (Nina), on remarque Laurent Stocker, Marina Hands, Julien Frison, Danièle Lebrun, Christian Heck, Guillaume Galienne et même Molière lui-même (Benjamin Laverhne) vouant le grand Will aux gémonies !</p>
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		<title>Un adolescent sur la plage et un jeune roi chez Molière</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Jul 2026 13:03:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21463" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21463" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur1-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Marouane (Hadrien Hussein) sur le sable. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Marouane (Hadrien Hussein)<br />sur le sable. DR</p></div>
<p><strong>ÉTÉ.-</strong> Dans les vagues qui reviennent sans cesse, des adolescents se baignent et rigolent. C&rsquo;est l&rsquo;été dans les Landes. Il fait chaud sur la plage. Parmi ces grands gamins qui rient et crient, Marouane, 17 ans, semble toujours sur la réserve. D&rsquo;ailleurs, il ne retire jamais son tee-shirt. Son copain Noé, un gaillard rond et joufflu, lui rebat les oreilles de ses envies de sexe et de surf, pratique idéale pour « sauter les meufs ». Mais, en attendant, Noé n&rsquo;a encore rien « serré ». Marouane, lui, s&rsquo;applique à éluder les questions. Et il se cabre quand ses parents lui parlent de petite amie.<br />
Après la plage, en cette nuit la plus chaude de l&rsquo;année, direction la piscine où les filles en bikini se jettent à l&rsquo;eau sous le regard plutôt envieux des garçons. Marouane décide de retourner au camping. Sous sa tente, il se masturbe en regardant des images sur son téléphone. Le départ de la famille est prévu pour le lendemain. Marouane retourne vers la piscine. Dans les coursives désertes, il croise Oscar qui lui emprunte sa puff parfum myrtille et s&rsquo;amuse à ne pas la lui rendre. Les deux s&rsquo;embrouillent et Oscar fait une chute accidentelle et mortelle. Marouane traîne le corps jusqu&rsquo;à la plage et l&rsquo;ensevelit dans le sable… Par ailleurs, il se demande s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.<br />
<strong>La chaleur</strong> (France – 1h33. Dans les salles le 8 juillet) est le sixième long-métrage de Stéphane Demoustier. Une fois de plus, le cinéaste nous déroute. Après <strong>La fille au bracelet</strong> (2019), un film de procès puis <strong>Borgo</strong> (2023), un film de prison et enfin <strong>L&rsquo;inconnu de la Grande arche</strong> (2025), biopic de Johann Otto von Spreckelsen, l&rsquo;architecte de la Grande arche parisienne, voici un film qui a des allures de chronique adolescente sur fond de camping. On songe d&rsquo;emblée à l&rsquo;univers de François Ozon et, pour l&rsquo;effervescence des scènes d&rsquo;ouverture, au Kechiche de <strong>Mektoub, my Love</strong>. Mais ces références s&rsquo;estompent assez rapidement pour laisser la place à une œuvre stylisée, jouant d’éléments sensoriels qui expriment un état second et mental, celui de Marouane qui vit 36 heures presque irréelles.</p>
<div id="attachment_21464" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21464" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALaChaleur2-300x168.jpg" alt="&quot;La chaleur&quot;: Giulia (Martina La Manna). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La chaleur&nbsp;&raquo;: Giulia (Martina La Manna). DR</p></div>
<p>Demoustier (qui adapte, ici, le roman éponyme de Victor Jestin paru chez Flammarion en 2019) pourrait faire sienne la citation de Paul Nizan, <em>« J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge »</em> dans la mesure où <strong>La chaleur</strong> réussit, sans tourner le dos au film de genre et au suspense (partout, on cherche Oscar), à montrer l&rsquo;angoisse de devoir rentrer dans l&rsquo;âge adulte ou à devoir s’arracher définitivement à l’enfance. Surtout dans une époque anxiogène où ces adolescents n&rsquo;ont plus le même droit à l&rsquo;insouciance que leurs prédécesseurs.<br />
De la même manière que, métaphoriquement, les adolescents se jettent à l&rsquo;eau et courent au-devant de vagues inhospitalières et brutales, Marouane (le nouveau-venu Hadrien Hussein) va se heurter à sa famille comme à la saturation de représentation sexuée des corps. Replié sur lui-même, il aspire à une forme de douceur et de sincérité. Il faudra que Giulia (Martina La Manna) pose le regard sur lui pour qu&rsquo;il s&rsquo;ouvre enfin. Il tombe le tee-shirt, fait écouter à la mince Italienne le prélude de <em>Lohengrin</em> de Wagner et passera la nuit avec elle dans une cabane…<br />
La fin -comme une sorte de rédemption- est forte car Marouane, lorsque sa culpabilité n’est plus en mesure d’être établie, prend la mesure du fait qu’il ne pourra pas vivre avec le poids de son secret.</p>
<div id="attachment_21462" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21462" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi2-300x184.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen)." width="300" height="184" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo;: Molière (Nemo Schiffman), Savinien (Artus) et Madeleine Béjart (Julia Piaton) avec Louis (Niels Hamel-Brochen).</p></div>
<p><strong>CAPE ET EPEE.-</strong> Louis, futur roi de France, n&rsquo;a que 13 ans mais la vie de ce gamin est pourtant en grand danger. Des frondeurs entendent bien le faire passer de vie à trépas. Sa mère, Anne d&rsquo;Autriche, est consciente qu&rsquo;il faut le mettre à l&rsquo;abri. Elle en appelle à D&rsquo;Artagnan qui va confier le jeune Louis à l&rsquo;un de ses amis, le robuste Savinien de Cyrano de Bergerac. <em>« Tu peux tout me demander,</em> précise Savinien, <em>sauf m&rsquo;occuper d&rsquo;un enfant ou d&rsquo;un roi&#8230; »</em> Mais Cyrano est un homme de devoir. Faisant passer le futur roi pour son fils, il va le cacher dans la troupe de théâtre de Madeleine Béjart et de Jean-Baptiste Poquelin. Si Louis se montre bien capricieux (il n&rsquo;entend pas dormir sur le sol) ou bien insolent vis-à-vis de son protecteur au nez proéminent (<em>« Je ne suis pas habitué à tant de laideur ! »</em>), il finira par goûter la vie et ses plaisirs, l’art et le travail, le courage et la stratégie, tout ce qui fera de lui le Roi Soleil.<br />
En tournant <strong>Les caprices de l&rsquo;enfant roi</strong> (France – 1h55. Dans les salles le 24 juin), Michel Leclerc a probablement réalisé un rêve d&rsquo;enfant, mettre en scène un film de cape et d&rsquo;épée. Le cinéaste avoue : <em>« C’est un vieux fantasme, j’ai toujours adoré les films de Jean-Paul Rappeneau : Les Mariés de l’an 2, Cyrano de Bergerac, ceux de De Broca, La folie des grandeurs de Gérard Oury, qui mêlent Histoire et fantaisie, des films « enlevés » comme on disait alors. »</em><br />
Disons-le d&rsquo;emblée, cette fantaisie (qui repose sur un scénario original de Michel Leclerc en collaboration avec sa complice Baya Kasmi) tourne le dos aux films historiques récents frappés d&rsquo;un certain esprit de sérieux pour choisir la veine de la comédie rebondissante d’aventures.</p>
<div id="attachment_21461" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21461" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACapricesEnfantRoi1-300x191.jpg" alt="&quot;Les caprices...&quot; D'Artagnan (Franck Dubosc), la reine (Doria Tillier) et le jeune roi. Photos Michel Crotto" width="300" height="191" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Les caprices&#8230;&nbsp;&raquo; D&rsquo;Artagnan (Franck Dubosc),<br />la reine (Doria Tillier) et le jeune roi.<br />Photos Michel Crotto</p></div>
<p>Il ne reste alors qu&rsquo;à se laisser séduire par Louis et Savinien emportés dans le tourbillon d&rsquo;une troupe de théâtre en tournée à travers la province française. On y voit le jeune Molière tourner le dos aux masques de la commedia dell&rsquo;arte et se trouver une passion amoureuse pour Madeleine. Sous le regard d&rsquo;un Savinien qui vante le panache : <em>« C&rsquo;est la médaille du perdant. Ca ne sert à rien. C&rsquo;est cela qui est beau »</em>. Mais Savinien est aussi un être blessé. Quand Molière lui lance <em>« Ton sujet, c&rsquo;est l&rsquo;amour »</em>, il répond, à mi-voix, <em>« le manque surtout&#8230; »</em><br />
<strong>Les caprices…</strong> va donc à un bon train tandis que se montent des machinations et un complot mené par La grande demoiselle. Les protagonistes trouvent toujours le moyen de croiser le fer. Michel Leclerc (qui nous avait régalé en 2010 avec <strong>Le nom des gens</strong>) ne se prive pas de quelques mots d&rsquo;esprit : <em>« Un bon petit avec une couronne sur la tête, ça peut devenir un monstre »</em> ou cet autre, à propos de l&rsquo;amour que Louis éprouve pour Madeleine : <em>« Un petit roi épouser sa prof de théâtre de 20 ans de plus que lui&#8230; »</em> Non vraiment.<br />
Comme Artus est très crédible en Cyrano, comme Frank Dubosc est un D&rsquo;Artagnan aux prises avec sa légende et comme le jeune et joufflu Niels Hamel Brochen est un petit roi de caractère qui avouera in fine : <em>« Je ne suis pas ton fils, Savinien, mais j’aurai tant aimé ! »,</em> on sort de là avec un bon sourire aux lèvres.</p>
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		<title>TROIS PAPAS POULES, UNE INFIRMIERE IRANIENNE ET UN FLIC DÉTRAQUÉ</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 11:45:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[3 HOMMES ET UN COUFFIN Jacques, Pierre et Michel, trois célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, Jacques, steward de profession, accepte de servir de transitaire à un paquet qu&#8217;un ami va lui livrer le lendemain. Ayant à peine eu le temps de prévenir ses amis, il part [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATroisHommesCouffin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21432" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATroisHommesCouffin-204x300.jpg" alt="Trois Hommes Couffin" width="204" height="300" /></a>3 HOMMES ET UN COUFFIN</strong><br />
Jacques, Pierre et Michel, trois célibataires, vivent ensemble dans un très grand appartement au centre de Paris. Un soir, Jacques, steward de profession, accepte de servir de transitaire à un paquet qu&rsquo;un ami va lui livrer le lendemain. Ayant à peine eu le temps de prévenir ses amis, il part en Extrême-Orient pour plusieurs semaines. Quand arrive le « paquet », il se trouve que c&rsquo;est un bébé, apparemment la fille de Jacques, que sa mère, Sylvia, lui envoie sous prétexte que son travail l&rsquo;empêche de s&rsquo;occuper d&rsquo;elle. Les deux amis, très attachés à leur vie de célibataires sans enfants, se trouvent contraints de s&rsquo;en occuper avec beaucoup de réticence. Totalement inexpérimentés, ils se retrouvent vite débordés par le travail que nécessite un nourrisson, avec son lot de biberons, de couches et de nuits d&rsquo;insomnie. Un matin, deux individus viennent réclamer le « paquet ». Soulagés, ils leur remettent le couffin, mais se rendent immédiatement compte que le « paquet » que les deux hommes attendaient était un colis de drogue. Pierre et Michel récupèrent in extremis la petite Marie mais doivent désormais rendre au plus vite la drogue à des trafiquants menaçants. Jacques finit par rentrer de voyage. Le bébé est rendu à sa mère et ne tarde pas, à leur propre surprise, à leur manquer cruellement. Finalement la mère de l&rsquo;enfant le ramène aux colocataires. Ainsi commence à s&rsquo;organiser la vie nouvelle des trois hommes avec le bébé. Plus de quarante ans après sa sortie, <strong>3 hommes et un couffin</strong> conserve toute son efficacité et sa modernité. Immense succès populaire avec plus de dix millions d&rsquo;entrées en France et près de 37 millions de spectateurs à travers le monde, la comédie de Coline Serreau s&rsquo;est imposée comme un véritable phénomène de société. Un triomphe qui s&rsquo;est prolongé bien au-delà des salles obscures, au fil de ses innombrables diffusions télévisées, faisant entrer ses répliques et ses personnages dans le patrimoine de plusieurs générations de spectateurs. Réalisatrice et scénaristes, Coline Serreau signe ici l&rsquo;un de ses plus grands succès, porté par un trio: André Dussollier (Jacques), Roland Giraud (Pierre) et Michel Boujenah (Michel), dont la complicité irrésistible fait toujours mouche. À leurs côtés, Philippine Leroy-Beaulieu, Dominique Lavanant et Marthe Villalonga contribuent également à la réussite de ce film culte. Si le film est avant tout une efficace comédie aux situations savoureuses, il se distingue aussi par sa remarquable modernité. En plaçant trois célibataires face aux responsabilités de la paternité, la cinéaste détourne avec malice les stéréotypes de genre et esquisse, dès le milieu des années 1980, une réflexion sur la répartition des rôles au sein du foyer, ainsi que sur les modèles familiaux qui s&rsquo;éloignent des schémas traditionnels. Sous le rire, se dessine ainsi un regard tendre et étonnamment précurseur sur l&rsquo;évolution de la société. Entre humour, émotion et observation sociale, <strong>3 hommes…</strong> (qui sort dans une édition limitée combo Blu-ray/DVD) demeure un film intemporel, frais et pertinent. Pour résumer son film, la cinéaste lancera : <em>« C&rsquo;est l&rsquo;histoire de trois crétins qui deviennent intelligents, voilà »</em>. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAWomanChild.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21435" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAWomanChild-174x300.jpg" alt="Woman Child" width="174" height="300" /></a><strong>WOMAN AND CHILD</strong><br />
Mahnaz est une infirmière veuve, de la quarantaine, qui élève, seule, ses deux enfants et se bat avec Aliyar, 13 ans, adolescent en difficulté. Alors qu&rsquo;elle s&rsquo;apprête à épouser Hamid, son fiancé, Aliyar est renvoyé de l&rsquo;école pour avoir coincé une allumette dans le cadenas du portail&#8230; Lorsqu&rsquo;un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation… Le film s’ouvre sur Mahnaz, qui s’apprête à officialiser sa relation avec Hamid, un infirmier divorcé. Pour que le mariage soit accepté par la famille de Hamid, Mahnaz consent à cacher l’existence de ses enfants pendant les présentations familiales. Elle les confie temporairement à son ex-beau-père, le grand-père d’Aliyar, figure autoritaire et irresponsable. Celui-ci enferme le gamin dans une chambre. Croyant que sa mère est en train de jeter ses affaires, il tente de s’échapper par la fenêtre et fait une chute mortelle. Découvert en 2016 avec son premier long-métrage, <strong>Life and a Day,</strong> Saeed Roustayi a connu le succès public et critique avec <strong>La loi de Téhéran</strong> (2019), un thriller social sur la lutte anti-drogue, nommé au César du meilleur film étranger en 2022. Son troisième film, <strong>Leila et ses frères</strong> est sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2022. L&rsquo;année suivante, le cinéaste iranien et son producteur sont condamnés à six mois de prison par un tribunal de Téhéran qui les reconnaît coupables de <em>« contribuer à la propagande de l&rsquo;opposition contre le système islamique »</em> à la suite de la projection du film à Cannes. Roustayi est de retour sur la Croisette en 2025 avec son quatrième « long », <strong>Woman and Child</strong>. Il est alors critiqué par une association de cinéastes iraniens pour avoir demandé une autorisation de tournage officielle au régime iranien. Avec <strong>Woman and Child</strong>, le réalisateur de 36 ans propose le portrait poignant et sans concession d&rsquo;une femme affrontant un système judiciaire injuste envers les femmes, où les pères, les maris, les grands-pères détiennent tous les droits, y compris celui de garde des enfants, et se placent comme des complices actifs de l’oppression. On suit ainsi au plus près l&rsquo;effondrement psychologique de Mahnaz (interprétée par la bouleversante Parinaz Izadyar, déjà présente dans <strong>La loi de Téhéran</strong>) face à un patriarcat omniprésent, manipulateur et égoïste. Marginalisée et progressivement dépossédée de ses biens, de ses souvenirs, de son rôle de mère, Mahnaz doit même affronter la trahison de Mehri, sa sœur cadette enceinte et piégée dans une relation toxique avec Hamid. Mélodrame intense et oppressant sur le patriarcat et ses mécanismes, <strong>Woman and Child</strong>, sans manichéisme, interroge : Peut-on obtenir réparation dans une société où les règles sont écrites par et pour les hommes ? Mahnaz va trouver la force de se rebeller et de se reconstruire malgré les épreuves. Une marche ardue vers une forme de libération… (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheOffence.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21431" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheOffence-192x300.jpg" alt="The Offence" width="192" height="300" /></a><strong>THE OFFENCE</strong><br />
Policier expérimenté à l&rsquo;oeuvre depuis longtemps dans une banlieue anglaise triste, voire sinistre, le sergent Stephen Johnson est las, après des années de service, et surtout profondément marqué par les crimes violents et les abus qu&rsquo;il a vus au cours de sa carrière. Une nouvelle fois, un drame s&rsquo;est déroulé dans cette grise banlieue. Une jeune fille a disparu. Une ménagère, revenant de ses courses, a remarqué un homme au loin, s&rsquo;éloignant avec une fillette. Pour Johnson, sur qui se posent des regards navrés ou hostiles, c&rsquo;est une fois de plus, une épouvantable routine. Alors, lorsqu&rsquo;un homme éméché est arrêté et conduit au poste de police, le sergent va, peu à peu, perdre son sang froid. Convaincu que ce Kenneth Baxter est bien impliqué dans une série d&rsquo;agressions sexuelles sur des jeunes filles, le flic va mener un interrogatoire musclé qui tourne mal. En 1973, Sidney Lumet est déjà un cinéaste très expérimenté. Après des années au théâtre et surtout à la télévision, il connaît d&rsquo;emblée le succès public et critique avec <strong>Douze hommes en colère</strong> (1957). Suivront<strong> Le prêteur sur gages</strong> (1964) ou<strong> La colline des hommes perdus</strong> (1965) dans lequel il dirige pour la première fois Sean Connery. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;acteur écossais, séduit par ce personnage de flic usé par la violence, qui mit tout son poids dans l&rsquo;aventure pour permettre au film de se faire. Sean Connery négocie avec United Artists et s&rsquo;engage à tourner son dernier James Bond si le studio finance <strong>The Offence</strong>. Mais le film sera mal distribué et restera longtemps inédit pour préserver l&rsquo;image de 007. Pour rendre les états d&rsquo;âme du sergent Johnson et sa folie grandissante, le cinéaste américain recourt à des effets psychédéliques, à des distorsions de l&rsquo;image et du son, ainsi qu&rsquo;à des moments de caméra subjective. Ce huis-clos réaliste et oppressant prend alors d&rsquo;étranges tours fantastiques. Dans ce film plutôt atypique pour lui et fondé sur une pièce de théâtre, Lumet (1924-2011) joue sur plusieurs tableaux, mêlant les événements qui ont conduit à l&rsquo;interrogatoire fatal, l&rsquo;interrogatoire lui-même et la confrontation entre Johnson et Baxter, ainsi que les conséquences immédiates de l&rsquo;acte de Johnson, y compris son propre interrogatoire par un supérieur… En creusant l&rsquo;esprit tourmenté du sergent et en explorant la manière dont sa santé mentale vacille, le cinéaste aborde des sujets controversés pour l&rsquo;époque, notamment la brutalité policière et les abus sexuels sur mineurs. Il interroge aussi sur la nature de la culpabilité et les effets à long terme de l&rsquo;exposition à la violence sur ceux chargés de faire respecter la loi. Bien accueilli par la critique mais négligé par les spectateurs, <strong>The Offence</strong>, inédit en France, sort dans une belle édition collector Blu-ray/DVD. Dans les suppléments, on trouve notamment un remarquable documentaire (<strong>The Offence dans le cinéma policier des années 70</strong>) qui fait des ponts entre l&rsquo;oeuvre de Lumet et des films comme <strong>Dirty Harry</strong> avec Clint Eastwood ou <strong>French connection</strong>, tous deux sortis en 1971, et mettant en scène des flics hantés par toutes les horreurs qu&rsquo;ils avaient pu voir… (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANouvelleVagueCinemaIndien.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21425" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANouvelleVagueCinemaIndien-215x300.jpg" alt="Nouvelle Vague Cinema Indien" width="215" height="300" /></a><strong>NOUVELLE VAGUE DU CINEMA INDIEN</strong><br />
Loin de se réduire au faste de Bollywood, le cinéma indien possède une riche tradition de films d’auteur, profondément ancrés dans les réalités sociales, culturelles et spirituelles de cet immense pays. Issus de différentes régions de l’Inde – du Karnataka au Manipur en passant par le Kerala , les cinq longs-métrages à découvrir pour la première fois en Blu-ray, réunis dans ce coffret 3 disques, illustrent la pluralité et la profondeur de ce cinéma dit « parallèle », et témoignent de décennies d’intense effervescence formelle et politique. Splendidement restaurés à l’initiative de la <em>Film Heritage Foundation</em>, voici une célébration de la mémoire du cinéma indien à travers cinq pépites majeures. <strong>Le rituel</strong> (Ghatashraddha, 1977 &#8211; 115 mn) de Girish Kasaravalli raconte l&rsquo;histoire du jeune Nani qui fait son entrée dans une école védique dirigée par Udupa. Harcelé par d&rsquo;autres élèves, il trouve du réconfort auprès de Yamuna, la fille du professeur, mais celle-ci cache un lourd secret… <strong>Thampu</strong> (Thamp̄, 1978 &#8211; 130 mn) de Govindan Aravindan met en scène une troupe de cirque ambulante qui fait étape dans un village côtier du Kerala. Notables et paysans, tous les habitants sont conviés à assister à leurs représentations… La présence de ces artistes va bouleverser la vie de certains habitants, le temps du spectacle ou le temps d&rsquo;une vie… <strong>Kummatty</strong> (1979 &#8211; 89 mn) de Govindan Aravindan est un personnage issu du folklore malabar qui parcourt les routes de la campagne indienne en chantant et en dansant. Le jeune Chinda et ses amis sont fascinés par ce vieil homme extravagant aux pouvoirs magiques… Un jour, Kummatty jette un sort aux enfants et les transforme en animaux. <strong>Le mirage</strong> (Maya Miriga, 1984 &#8211; 114 mn) de Nirad Mohapatra montre trois générations de la famille Choudhary, appartenant à la classe moyenne, vivant sous le même toit. Une succession d’événements va venir fissurer l’unité et l’harmonie de la maisonnée… <strong>Ishanou</strong> (1990 &#8211; 94 mn) de Aribam Syam Sharma raconte comment Tampha mène une vie heureuse auprès de sa mère, de son mari et de sa petite fille. Sa vie bascule lorsque la jeune femme se voit choisie par la divinité pour devenir prêtresse maibi… Dans les suppléments, on trouve un entretien avec Girish Kasaravalli (15 mn) à propos du<strong> Rituel</strong>, la restauration de <strong>Thampu</strong> et un entretien ( 8 mn) avec Ramu Aravindan, un entretien (28 mn) avec Jalaja et Shivendra Singh Dungarpur mené par Anupama Chopra, une présentation (6 mn) de<strong> Kummatty</strong> par Ramu Aravindan, la restauration du <strong>Mirage</strong> et, à propos de <strong>Ishanou</strong>, un entretien (19 mn) avec le réalisateur Aribam Syam Sharma, un entretien (12 mn) avec Kangabam Tomba et Shivendra Singh Dungarpur mené par Anupama Chopra. Enfin, à travers des analyses aussi captivantes qu’érudites, Jérôme Baron, directeur artistique du Festival des Trois Continents, invite à la (re)découverte du merveilleux travail de quatre cinéastes audacieux et visionnaires à travers le livret (44 pages) <em>Les parallèles du cinéma indien : Lumières retrouvées</em>.. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheBride.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21429" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheBride-207x300.jpg" alt="The Bride" width="207" height="300" /></a><strong>THE BRIDE !</strong><br />
C’est dans le Chicago des années trente, au fond d’un bar, que l’on fait la connaissance de la blonde et tonitruante Ida qui se montre menaçante envers un gros type en costumé rayé. Malheureusement, Lupino est un ponte de la mafia. La blonde finira au bas d’un escalier, la nuque et le corps cassés de partout. C’est aussi à Chicago que surgit un certain Frank, robuste gaillard qui cache son visage sous un large chapeau et une écharpe noire. Rongé par la solitude mais aussi un désir puissant pour une hypothétique compagne, cet homme sollicite le docteur Euphronious, une scientifique visionnaire afin qu&rsquo;elle lui « fabrique » une compagne. Dans un cimetière, ils récupèrent le corps martyrisé d’Ida et le docteur Euphronious, par un mélange de connections électriques, va ressusciter la jeune femme. Revenue, sans le savoir, d’entre les morts, la fiancée de Frank va goûter une nouvelle existence. Cette seconde vie va la propulser dans un maelström d’événements qui dépassent tout ce que le jeune couple aurait pu imaginer… Maggie Gyllenhaal met ici les petits plats dans les grands. Sur fond de meurtres et d’incessantes cavales façon <strong>Bonnie and Clyde</strong>, un couple hors-la-loi tente de vivre une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse alors que tout s’oppose à leur idylle, y compris la détermination de la fiancée à faire tomber un mafieux qui a largement abusé (et tué) d’innocentes proies féminines. La cinéaste propose une relecture d’un grand mythe de la littérature puis du grand écran en ciblant plus précisément <strong>La fiancée de Frankenstein</strong> (1935) de James Whale. Ici, c&rsquo;est bien la fiancée qui tient le haut du pavé et de… l&rsquo;affiche. Elle mène le bal et devient l’égérie d’un mouvement social aussi radical que débridé, dans lequel, au cri de <em>« Attaque cérébrale »</em>, les femmes se font sa tête. Crinière blonde, sourcils décolorés, teint pâle, lèvres noires et tatouage sombre au coin de la bouche. Miss Gyllenhaal signe une œuvre très foisonnante qui a le mérite de ne jamais ralentir. L’histoire fait la part belle au cinéma d’antan et au musical siglé Busby Berkeley, avec des clins d’oeil aussi à <strong>Cabaret</strong> ou à <strong>L’ange bleu</strong>, la fiancée donnant une version personnelle de<em> Falling in Love Again</em>. L’interprétation emporte l’adhésion. Christian Bale est un Frankenstein torturé et couturé de toutes parts, Peter Sarsgaard, un flic paumé et Jake Gyllenhaal apparaît comme un lointain cousin de Fred Astaire. Enfin Maggie Gyllenhaal apporte un soin tout particulier à trois personnages féminins majeurs. Il en va ainsi du docteur Euphronious (Annette Benning) qui rend la vie à la fiancée, de l’inspecteur Myrna Mallow (Penelope Cruz) qui joue une carte très perso dans le dénouement et évidemment de la volcanique fiancée portée par la tonique Jessie Buckley. <em>« Je t’aime jusqu’à la fin des temps,</em> se disent les amants. <em>Parce que nous sommes morts depuis le début »</em>. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaigretMortAmoureux.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21423" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaigretMortAmoureux-203x300.jpg" alt="Maigret Mort Amoureux" width="203" height="300" /></a><strong>MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX</strong><br />
Placide, Jules Maigret cure soigneusement sa pipe. Janvier, son adjoint s’inquiète : <em>« Qu’est-ce qui se passe? Je n’aime pas ce faux rythme… »</em> Il n’aura pas le temps de s’inquiéter longtemps. Le Quai d’Orsay réclame une « personne habilitée » pour une affaire sensible. L’ancien ambassadeur Berthier-Lagès a été retrouvé à son domicile parisien avec une balle dans la tête et quatre dans le corps. Mlle Larrieux, dite Jacotte, la domestique du diplomate, n’ est pas du genre causant. Elle va vite agacer Maigret en répondant à ses questions par des questions. Et elle se cabre lorsqu’on relève ses empreintes. Est-elle suspecte ? <em>« Personne n’est suspect. Tout le monde l’est »</em> lâche le commissaire. Et puis une armoire pleine de liasses de lettres achève de donner à cette enquête criminelle un tour étrange. Pascal Bonitzer s’attache, à son tour, au fameux policier imaginé par Georges Simenon et adapte, ici <em>Maigret et les vieillards</em> publié en 1960 au sortir d’une crise existentielle, le livre l’aidant à exorciser la question de l’âge. A son tour, le cinéaste se penche sur des personnages âgés et cependant pleins d’énergie… Denis Polydalès incarne un commissaire attachant aux prises avec les débuts d’internet et du téléphone portable… qu’il s’applique à ne pas n’utiliser. Un type qui mijote, pour sa femme et lui, de bons petits plats et les accompagne d’un Saint-Julien de chez Guigal, ne peut pas être mauvais. Si, comme il le dit au procureur, il va à son rythme, Maigret ne lâche jamais son os. Et il « traque » cette Jacotte qui semble cependant lui échapper. Chapeau, pipe et imperméable, Denis Podalydès, en jouant sur l’intériorité du policier, s’inscrit dans la bonne tradition de Maigret. A ses côtés, on retrouve avec bonheur, dans le rôle de l’énigmatique Jacotte, la magnifique Anne Alvaro. On se souvient toujours de sa prestation en tragédienne/prof d’anglais, en 2000, dans <strong>Le goût des autres</strong> au côté de Jean-Pierre Bacri ! Autour d’eux, on remarque Dominique Reymond (Izi de Vuynes), Laurent Poitrenaud, Micha Lescot, Julia Faure, Hugues Quester ou Noël Simsolo… Si le film parle beaucoup, ce <strong>Maigret et le mort amoureux</strong>, certes conventionnel, est pourtant souvent savoureux et se regarde agréablement. (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVictorToutMonde.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21433" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVictorToutMonde-180x300.jpg" alt="Victor Tout Monde" width="180" height="300" /></a><strong>VICTOR COMME TOUT LE MONDE</strong><br />
Robert Zucchini a tout d’un homme ordinaire. Mais quand il franchit les portes du théâtre, c’est un autre personnage qui naît ! Un comédien habité par l’oeuvre de Victor Hugo. Chaque soir (des séquences ont été tournées lors des représentations de Fabrice Lucchini au Théâtre de la Porte Saint-Martin), il remplit la salle et comble les spectateurs en leur transmettant son amour des mots. Parlant de la perte de Léopoldine, la fille de 19 ans ou évoquant avec fougue <em>Booz endormi</em> et «<em> l&rsquo;heure tranquille où les lions vont boire. »</em> Pourtant l’acteur semble aussi traîner une douce mélancolie. Un jour, il apprend la disparition de celle qui fut autrefois sa femme et la mère de Lisbeth, cette fille qu’il a complètement perdu de vue. Et si c’était enfin le moment de renouer le lien ? Et si, pour une fois, aimer valait mieux qu’admirer ? <strong>Victor comme tout le monde</strong>, c’est de l’absolu sur-mesure pour Fabrice Luchini, présent constamment à l’image. Du personnage de Robert Zucchini, le réalisateur Pascal Bonitzer dit : <em>« Ce n’est pas Fabrice. C’est un personnage issu d’un monde parallèle. À la fois complètement lui et pas du tout. »</em> Avec cette histoire écrite par Sophie Fillières avant sa disparition prématurée en 2023, on se glisse dans une agréable fiction. Luchini ou pas Luchini, c’est justement ce jeu qui donne tout son charme à <strong>Victor comme tout le monde</strong>. Les fans de Fabrice Lucchini trouveront, ici, de quoi satisfaire leur passion et il en va probablement de même pour les amateurs de Victor Hugo. Auquel Zucchini/Lucchini rend un bel hommage quasiment lyrique. Au final, voici un film en trompe-l’œil, un feuilleté temporel et imaginaire où les fictions s’interpénètrent. Entre Hugo et Zucchini, passé et présent, fantasmes et réalité, deux hommes perdus, chacun à leur manière, apparaissent drôles et mélancoliques, tendres et âpres. C’est touchant à souhait. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACrime3eEtage.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21420" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAACrime3eEtage-177x300.jpg" alt="Crime 3e Etage" width="177" height="300" /></a><strong>LE CRIME DU 3E ÉTAGE</strong><br />
François Tarnowski est écrivain et, dans son bel appartement parisien, il sort de son pyjama pour endosser les moustaches et les tenues 19e siècle de son personnage principal, le marquis de la Rose, qui croise le fer avec de sombres individus. Sa compagne, Colette Courreau, enseigne le cinéma à la Sorbonne et s’est imposée comme une spécialiste de l’oeuvre d’Alfred Hitchcock. Un jour, un nouveau voisin s’installe en face de chez eux, un étage en-dessous. Yann Kerbec est un acteur qui joue Shakespeare dans un théâtre du 13e arrondissement. Ils invitent ses nouveaux voisins à une représentation de son <em>Hamlet</em>. Colette est ravie. François ronchonne. Les choses vont prendre une inquiétante tournure lorsqu’à sa fenêtre sur cour, Colette voit Kerbec menacer et frapper sa femme… Déclaration d’amour au cinéma, <strong>Le crime du 3e étage</strong> est un joyeux exercice de style. Avec ses fulgurances bienvenues et, évidemment, ses limites. De fait, le huitième long-métrage de Rémi Bezançon après de jolis moments de cinéma (<strong>Ma vie en l’air</strong> en 2005, <strong>Le premier jour du reste de ma vie</strong> en 2008 ou <strong>Le mystère Henri Pick</strong> en 2019), se veut un jeu de piste qui repose sur le fameux <strong>Fenêtre sur cour</strong> (1954). Un film-culte dans lequel Sir Alfred (on le voit passer dans le film comme dans ses propres rituelles apparitions) décide de ne jamais déplacer la caméra hors de l’appartement de Jeff (James Stewart), un reporter-photographe immobilisé dans un fauteuil roulant à la suite d’un accident. Tout comme Colette Courreau, Jeff voit ou croit voir un meurtre commis dans un appartement de l’autre côté de la cour. <strong>Le crime…</strong> est donc l’occasion de multiples hommages et clins d’oeil à Hitch. Gilles Lellouche en écrivain quelque part entre Vidocq et Agatha Christie et Laetitia Casta en enquêtrice amateure se font manifestement plaisir. Hitch disait qu’il fallait filmer les scènes d’amour comme des scènes de meurtre et inversement. Ici, l’enquête menée par François et Colette va leur permettre de sortir de leur routine quotidienne et de donner un nouvel élan à leur couple. Hitch, toujours lui, affirmait que plus le méchant est réussi, plus le film est bon. Guillaume Gallienne se charge donc de faire de son Kerbec un type suffisamment inquiétant. Quant au moment où François s’en va visiter l’appartement de Kerbec, c’est une séquence palpitante en forme de précis sur la manière dont Hitchcock considérait le suspense… Sympa. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaisonFemmes.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21424" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAMaisonFemmes-190x300.jpg" alt="Maison Femmes" width="190" height="300" /></a><strong>LA MAISON DES FEMMES</strong><br />
Jeune interne, Inès débute son stage à la Maison des femmes, au grand dam de sa mère, qui aurait préféré pour elle une place de stage plus prestigieuse. Ce n&rsquo;est que temporaire, Inès a déjà un poste qui l&rsquo;attend dans une clinique privée du 16e arrondissement de Paris. A la Maison des femmes, Inès est vite confrontée au quotidien d&rsquo;un service qui se bat pour survivre: des patientes nombreuses, des moyens limités, la faillite menace. En plus, des inspecteurs de l&rsquo;IGAS débarquent pour auditer la structure et critiquent la gestion administrative du service. Outre les soins médicaux, notamment la reconstruction de clitoris pour les femmes excisées, la Maison des femmes propose également un accompagnement psychologique et des ateliers (maquillage, photographie, fabrication de bijoux, karaté&#8230;) destinés à aider les patientes à reprendre confiance en elles. Ces ateliers ne vont-ils pas être considérés comme superflus par les inspecteurs de l&rsquo;IGAS ? Pour sauver le service, Diane décide de partir à la chasse aux financements et s&rsquo;efforce d&rsquo;obtenir de la visibilité dans les médias: elle courtise des responsables de grandes entreprises, organise des spectacles de soutien, lance la vente de tee-shirts portant la mention <em>&laquo;&nbsp;merci Simone&nbsp;&raquo;</em> au profit de sa structure. Elle décide d&rsquo;étendre la structure et de créer d&rsquo;autres Maisons des femmes ailleurs en France. Quant à Manon, c&rsquo;est une jeune mère qui lutte pour sauver son couple et partager équitablement sa charge mentale avec son compagnon. Le confinement dû à la pandémie de Covid-19 de 2020 arrive, perturbant fondamentalement les activités du service et mettant en danger vital les patientes, cloitrées au domicile familial avec leur agresseur. Par téléphone, Diane, Manon, Inès et Awa s&rsquo;efforcent de continuer à les soutenir. Pour son premier long-métrage, Mélisa Godet met en lumière La Maison des femmes, structure associative pluridisciplinaire venant en aide aux femmes victimes de violences sexuelles créée en 2016 par la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer et qui compte désormais une trentaine de Maisons à travers la France. La réalisatrice y filme avec beaucoup de justesse les femmes accueillies et les équipes qui les reçoivent. Elle peut se reposer sur un casting étincelant avec Karin Viard (Diane), Laetitia Dosch (Manon), Oulaya Amamra (Inès), Eye Haïdira (Awa), Juliette Armanet (Lucie) ou Aure Atika (la mère d&rsquo;Inès). Autour de la question du soin, de l&rsquo;écoute et de la solidarité, une œuvre importante, aussi poignante que lumineuse. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChristy.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21418" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChristy-189x300.jpg" alt="Christy" width="189" height="300" /></a><strong>CHRISTY</strong><br />
De tous les sports, la boxe est assurément le plus cinégénique ! Le noble art a donné naissance à de bien beaux films. Que l&rsquo;on songe à des pépites comme <strong>Raging Bull</strong> (1980), <strong>Plus dure sera la chute</strong> (1956), <strong>Gentleman Jim</strong> (1948), <strong>Nous avons gagné ce soir</strong> (1949) et, évidemment la saga <strong>Rocky</strong> (1976). Dans leurs films, Charlie Chaplin et Buster Keaton ont aussi rendu hommage à la boxe mais, ici, c&rsquo;est plutôt au <strong>Million Dollar Baby</strong> (2005) de Clint Eastwood que l&rsquo;on songe. En effet, le film de l&rsquo;Australien David Michôd, sorti en 2025, est un <em>biopic</em> sur la boxeuse Christy Martin. Née en 1968 en Virginie-Occidentale, surnommée <em>The Coal Miner&rsquo;s Daughter</em> (la fille du mineur de charbon), elle fut active sur le ring de 1989 à 2012, détenant le titre WBC féminin des super mi-moyens en 2009. Christy Martin n&rsquo;avait jamais imaginé une vie au-delà de sa petite ville natale et minière, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;elle découvre son talent pour mettre ses adversaires KO. Animée par son courage, sa détermination sans faille et son désir inébranlable de gagner, elle se lance dans le monde de la boxe sous la houlette de Jim, son entraîneur et manager devenu son mari. Mais si Christy affiche une personnalité déchaînée sur le ring, ses combats les plus difficiles (où elle est prise en charge par le fameux Don King, le promoteur de Cassius Clay) se déroulent en dehors : face à sa famille, à son identité sexuelle et à une relation toxique avec un mari violent qui pourrait bien se transformer en une question de vie ou de mort. Basée sur des faits réels, l&rsquo;histoire de Christy Martin est celle de la résilience, du courage et de la lutte pour reprendre le contrôle de sa vie. Au début, Christy apparaît un peu gauche, mal dégrossie, silhouette encore incertaine dans sa tenue rose bonbon. Mais la gamine au gentil sourire, façonnée par la rudesse de la vie et par l&rsquo;absence de tendresse, est une redoutable puncheuse qui se fiche d&rsquo;être la première grande figure de la boxe féminine. Elle frappe fort pour gagner suffisamment d&rsquo;argent afin de pouvoir quitter son bled et être un jour reconnue, respectée, voire trouver sa voie. Vue dans <strong>Reality</strong> (2023) ou <strong>La femme de ménage</strong> (2025), Sydney Sweeney donne une belle interprétation de cette battante que sait que rien ne lui sera offert sur un plateau. Et qui devra même se battre doublement sur le ring et dans sa vie privée pour survivre. De la boxe comme métaphore de la lutte pour l’égalité et la reconnaissance. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheDescent.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21430" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAATheDescent-218x300.jpg" alt="The Descent" width="218" height="300" /></a><strong>THE DESCENT</strong><br />
En plein milieu du massif des Appalaches, six jeunes femmes se donnent rendez-vous pour une expédition spéléologique. Soudain, un éboulement bloque le chemin du retour. Alors qu&rsquo;elles tentent de trouver une autre issue, elles réalisent qu&rsquo;elles ne sont pas seules. Quelque chose est là, sous terre, avec elles&#8230; Quelque chose de terriblement dangereux décidé à les traquer une à une… Film d’horreur culte (au même titre que <strong>L&rsquo;exorciste</strong> ou<strong> Les dents de la mer</strong>) réalisé en 2005 par le cinéaste britannique Neil Marshall, <strong>The Descent</strong> est aujourd’hui considéré comme un véritable chef-d’œuvre de la terreur absolue, qui a redéfini le genre du <em>survival</em>. Voici donc six amies piégées au milieu de grottes inexplorées. Alors que les tensions montent et que les issues se referment, elles réalisent rapidement que quelque chose d&rsquo;inhumain chasse dans l&rsquo;obscurité. Avec <strong>The Descent</strong>, interdit aux moins de 16 ans à sa sortie en salles, le réalisateur, fasciné par l&rsquo;univers des monstres mais aussi par les films de bandes, délivre une vraie vision d’horreur primitive qui aura marqué des générations de spectateurs terrorisés. Marshall joue sur les codes inhérents du genre et sur les références sans jamais copier ses maîtres. <strong>Alien</strong>, <strong>The Thing</strong>, <strong>Carrie</strong>, <strong>Delivrance</strong> ou encore <strong>Massacre à la tronçonneuse</strong>, l’histoire du cinéma d’épouvante est présente dans <strong>The Descent</strong> mais le réalisateur y ajoute audace et nouveauté. Peur du noir, du vide et de l’enfermement, les visions de l’horreur primitives sont bien là, accompagnées par la bande-son féroce de David Juylan. Restauré en 2025 par Pathé, <strong>The Descent</strong> sort dans une édition Steelbook collector limitée sur support 4K UHD et Blu-ray. Voici, dans une mise en scène nerveuse et oppressante, un film qui joue habilement sur la claustrophobie, la paranoïa et la psychologie de ses personnages. Le résultat est si surprenant qu’on en arrive à avoir du mal à respirer. Une expérience sensorielle terrifiante.… (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAPoliceFlash80.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21426" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAPoliceFlash80-165x300.jpg" alt="Police Flash 80" width="165" height="300" /></a><strong>POLICE FLASH 80</strong><br />
Johnny Lansky est tombé. Mais ce n’est pas au champ d’honneur de la police nationale. Flic, Lansky l’était assurément mais c’était aussi une parfaite crapule qui en croquait allègrement avec les dealers qu’il devait traquer. Son fidèle copain Yvon Kastendeuch décide de faire payer les auteurs du crime. Car Lansky, comme il est dit dans son oraison funèbre, était un vrai flic. Il buvait, fumait et roulait vite… Pour contrer les méthodes « à l’ancienne » d’Yvon, son supérieur le propulse à la tête de Police Flash 80, une « unité d’élite » où il devra faire équipe avec Guilaine Roblot-Bernard, major de sa promo à l’école de police et… mère surmenée (Audrey Lamy). Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue qui se cache derrière les activités culturelles d’une MJC dirigée par le sémillant mais un peu trop charmant Luc Le Timal… Avec <strong>Police Flash 80</strong>, Jean-Baptiste Saurel signe une comédie policière vintage qui se déroule au mitan des années 80 alors que le trafic de drogue prend une réelle ampleur dans la capitale. Les aventures cette improbable brigade permettent des digressions sur notre époque. <em>« Vous verrez,</em> dit un flic, un jour,<em> il y aura des guetteurs sur le toit des barres pour prévenir les dealers au bas des immeubles de l’arrivée de la police… »</em> Tout cela supposait un gros travail de reconstitution. Les décorateurs, les costumiers, les accessoiristes, le maquillage, les coiffeurs s’en sortent à leur avantage. Evidemment, la bande-son du film est au diapason avec Nuit sauvage (<em>« La nuit est chaude… »</em>) des Avions, <em>Paris Latino</em> de Bandolero, <em>Kolé Séré</em> de Philippe Lavil, <em>Etienne Etienne</em> de Guesch Patti, <em>Pas toi</em> de Jean-Jacques Goldman ou <em>Le lac du Connemara</em> de Michel Sardou, le chanteur préféré d’Yvon Kastendeuch… Le grand plaisir de ce film jubilatoirement rétro, c’est évidemment de voir le brillantissime François Damiens en beauf complet, flic pourri et inconscient qui, à propos de son usage du code de déontologie, affirme qu’il <em>« se torche avec… »</em> Joyeusement ringard et pas mal nostalgique ! (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAReviensJimmyDeanReviens.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21427" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAReviensJimmyDeanReviens-203x300.jpg" alt="Reviens Jimmy Dean Reviens" width="203" height="300" /></a><strong>REVIENS JIMMY DEAN REVIENS</strong><br />
Vingt ans après la mort accidentelle du comédien James Dean (1931-1955), cinq admiratrices se retrouvent dans le bazar d’une petite ville du Texas, non loin de l&rsquo;endroit où a été tourné son film <strong>Géant</strong>. Dans ce magasin de souvenirs, c&rsquo;est l&rsquo;occasion pour chacune d’entre elles de faire le bilan des années passées, des rêves perdus et des désillusions. <strong>Reviens Jimmy Dean Reviens</strong>, sorti en 1982, marque une étape singulière dans la carrière de Robert Altman (1925-2006). Au début des années 1980, après plusieurs échecs commerciaux, notamment <strong>Popeye</strong> (1980) , le réalisateur de <strong>M.A.S.H.</strong> se tourne vers le théâtre. Fasciné par la pièce d’Ed Graczyk, qu’il met lui-même en scène à Broadway avant de l’adapter au cinéma, le cinéaste américain signe avec ce film une œuvre intime et mélancolique, considéré comme une pépite oubliée de sa filmographie. Sous ses airs de chronique nostalgique autour du mythe James Dean, <strong>Reviens&#8230;</strong> se transforme en un huis clos doux-amer sur la mémoire, les désillusions et l’Amérique des rêves perdus. À travers les confidences, les silences et les faux-semblants de ses personnages, Robert Altman compose, avec une infinie tendresse, un bouleversant portrait de femmes marqué par le passage du temps, la maladie, le changement de sexe et la nostalgie d’une époque révolue. Porté par une mise en scène d’une grande inventivité, jouant avec les miroirs, les reflets et les glissements temporels, le film confirme aussi le talent unique d&rsquo;Altman pour filmer les femmes. Le cinéaste offre à ses comédiennes quelques-uns de leurs plus beaux rôles, réunissant un casting exceptionnel composé de Sandy Dennis (<strong>Qui a peur de Virginia Woolf ?</strong>), Karen Black (<strong>Easy Rider</strong>), Kathy Bates (<strong>Misery</strong>) et la chanteuse Cher, alors au début de sa carrière d’actrice dramatique. Toutes livrent des performances d’une grande fragilité émotionnelle dans ce récit doux-amer entre nostalgie et humour. Récompensé en 1982 du prix du Meilleur lilm au Festival International de Chicago, <strong>Reviens Jimmy Dean Reviens</strong> était resté inédit en vidéo en France. Aujourd’hui, le film bénéficie enfin d’une édition en Blu-ray et en DVD permettant de redécouvrir cette œuvre magnifique, avec plus d’1 heure de suppléments sur l’édition Blu-ray. De beaux portraits de femmes ! (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVoyagesTereza.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21434" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAVoyagesTereza-174x300.jpg" alt="Voyages Tereza" width="174" height="300" /></a><strong>LES VOYAGES DE TEREZA</strong><br />
Dans le but de stimuler l&rsquo;économie, le gouvernement crée des colonies lointaines pour les personnes âgées. Teresa, une femme de 77 ans, qui a toujours vécu dans une petite ville industrielle d&rsquo;Amazonie, se retrouve soudainement incluse dans ce programme en raison d&rsquo;un abaissement du seuil d&rsquo;âge. A quelques jours seulement de son déménagement, elle décide de défier son destin et se lance dans un voyage à travers l&rsquo;Amazonie pour réaliser un dernier souhait : prendre l&rsquo;avion pour la première fois. Comme elle n&rsquo;obtient pas l&rsquo;autorisation, elle embarque secrètement sur un bateau en tant que passagère clandestine et fait de nombreuses rencontres en cours de route. Malgré les revers et les échecs qui menacent de faire échouer son projet, elle parvient à utiliser les économies de toute une vie pour trouver le bonheur. En 2025, le cinéaste brésilien Gabriel Mascaro mêle road-movie, drame et réflexion sociale, avec une touche d’aventure et de rencontres transformatrices pour une oeuvre de science-fiction dans laquelle, au coeur d&rsquo;une Amazonie déglinguée, une société se débarrasse du troisième âge, envoyé dans des camps afin de libérer le marché du travail et la disponibilité des proches à sa charge.. Avec une belle photographie et un ton à la fois poétique et critique, <strong>Les voyages de Tereza</strong> (qui a été couronné de l&rsquo;Ours d&rsquo;argent à la Berline 2025)… aborde des thèmes comme le vieillissement, la rébellion face à un système oppressif ou encore la quête de sens à un âge avancé. Cinéaste engagé, Mascaro traite de la vieillesse sans stéréotypes et livre une sobre dystopie dans une Amazonie reculée où les vieux, privés de tout droit, finissent dans des cages. Cette fable de la désobéissance prend un tour combatif lorsque les personnes âgées entonnent, à pleins poumons, des chants anarchistes. Peu à peu libérée de ses entraves psychiques et physiques, Tereza (Denise Weinberg) se lance dans une cavale à travers la jungle (on songe parfois au <strong>Fitzcarraldo</strong> de Herzog) qui prend des allures de voyage initiatique et qui va lui ouvrir de nouveaux horizons… (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAColossal.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21419" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAColossal-183x300.jpg" alt="Colossal" width="183" height="300" /></a><strong>COLOSSAL</strong><br />
Gloria n’a plus de travail, plus de fiancé et abuse des soirées trop arrosées. Contrainte de quitter New York, elle retourne dans sa ville natale, où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. En regardant des reportages télé sur un lézard géant qui terrorise et détruit Séoul, elle découvre que, grâce à la puissance de son esprit, elle est reliée mentalement à lui. Pour empêcher d&rsquo;autres catastrophes provoquées par le gigantesque monstre dans d&rsquo;autres villes, elle devra comprendre pourquoi sa propre existence, à l&rsquo;apparence insignifiante et banale, a autant de répercussions colossales sur le monde et son avenir. À la croisée du film de <em>kaijū</em> (les films de monstres nippons), de la comédie romantique et du drame psychologique, <strong>Colossal</strong> est une œuvre inclassable qui déjoue constamment les attentes. Réalisé par l&rsquo;Espagnol Nacho Vigalando (<strong>Timecrimes</strong> en 2007), cinéaste reconnu pour son goût des récits audacieux et des concepts singuliers, le film s&rsquo;impose comme une véritable curiosité de cinéma, mêlant fantastique et quotidien avec une étonnante maîtrise. Sous les apparences d&rsquo;un récit fantastique peuplé de créatures gigantesques, cette pépite hors normes explore avec finesse des sujets profondément humains. Derrière son postulat insolite se dessine le portrait d&rsquo;une héroïne confrontée à ses addictions, à ses blessures et à des rapports de domination toxiques, dans une réflexion aussi surprenante que pertinente sur la reconstruction de soi et l&rsquo;emprise psychologique. Dans le rôle de Gloria, Anne Hathaway (vue récemment dans<strong> Le diable s&rsquo;habille en Prada 2</strong>) livre une prestation tout en nuances dans un rôle atypique. Jamais exploité dans les salles françaises, <strong>Colossal</strong> sort dans une nouvelle édition Blu-ray/DVD. Dans les suppléments, on trouve un entretien inédit (30 mn) avec Natacha Vas-Deyres, spécialiste de la science-fiction littéraire et cinématographique ainsi que le making of (20 mn) du film. Drôle, déstabilisante et émouvante, une œuvre qui sort résolument des sentiers battus. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChersParents.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21417" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAChersParents-181x300.jpg" alt="Chers Parents" width="181" height="300" /></a><strong>CHERS PARENTS</strong><br />
Pierre, Louise et Jules Gauthier, trois frères et sœur soudés, arrivent ensemble dans la maison de leurs parents au pied des Alpilles après avoir reçu un message inquiétant de leurs géniteurs. Jeanne et Vincent dissipent vite le quiproquo et leur annoncent avoir gagné une très grosse somme à une loterie. Le sourire sur le visage des enfants s&rsquo;efface vite lorsque leurs parents annoncent qu&rsquo;ils ont l&rsquo;intention de tout garder pour s&rsquo;installer au Cambodge et y ouvrir un orphelinat&#8230; <strong>Chers parents</strong> est d&rsquo;abord une pièce de théâtre éponyme signée d&rsquo;Emmanuel et Armelle Patron qui a connu, quatre années durant, entre 2021 et 2025, le succès sur les planches avec 450 000 spectateurs et 900 représentations, avant une nouvelle tournée en 2026. Qu&rsquo;Emmanuel Patron en fasse, ici, une adaptation au grand écran n&rsquo;a donc rien de franchement surprenant. Le film qui fit l&rsquo;ouverture du 29e Festival international du film de comédie de l&rsquo;Alpe d&rsquo;Huez, montre comment vole en éclats une belle unité familiale et comment la place de chacun va en être bouleversée. Autour de l&rsquo;argent ludiquement gagné, l&rsquo;idéale famille Gauthier va se retrouver au bord de l&rsquo;implosion. Si le film, faute d&rsquo;être subtil, est distrayant, c&rsquo;est beaucoup dû à l&rsquo;efficacité d&rsquo;une bonne distribution avec Miou Miou (Jeanne), André Dussollier (Vincent), Arnaud Ducret (Pierre), Pauline Clément (Louise) et Thomas Solivérès (Jules). (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEraser.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21421" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEraser-244x300.jpg" alt="Eraser" width="244" height="300" /></a><strong>ERASER</strong><br />
US Marshal travaillant dans le programme de protection des témoins, John Kruger est désigné pour protéger Lee Cullen qui travaille pour l&rsquo;entreprise Cyrez, un fabricant d&rsquo;armes secrètes et fournisseur du département de la Défense des États-Unis. Le travail de Kruger commence lorsque Cullen découvre une preuve d&rsquo;un trafic d&rsquo;armes illégal du FBI. Cyrez veut cacher la création d&rsquo;un canon électrique secret, qui sera vendu au marché noir. Kruger doit alors protéger la jeune femme en effaçant toutes les traces de son identité et en neutralisant toutes menaces contre elle. C&rsquo;est au coeur d&rsquo;une production plutôt secouée que Chuck Russell tourne, en 1996, ce film qui sera distribué en France sous le titre <strong>L&rsquo;effaceur</strong>. Le rôle de Kruger devait d&rsquo;abord être tenu par Sylvester Stallone avant de revenir à Arnold Schwarzenegger qui demanda au réalisateur John Milius (qui l&rsquo;avait dirigé dans <strong>Conan le barbare</strong>) de venir jouer les <em>script doctors</em>… Au total, <strong>Eraser</strong> est un bon film d&rsquo;action typique des années 90. Le scénario, évidemment, est mince mais on se régale toujours de voir ce bon vieux Schwarzy (entouré de gueules comme James Caan ou James Coburn) passer à l&rsquo;action et réduire les affreux à la portion congrue. Il y a de l&rsquo;action, des rebondissements, des courses poursuites, des explosions, des tirs à l&rsquo;arme futuriste et même des crocodiles voraces ! <strong>Eraser</strong> ne trompe pas le client sur la marchandise. Chuck Russell (qui venait, deux années auparavant, de lancer la carrière de Jim Carrey avec <strong>The Mask</strong>) assure le spectacle. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAASpeedRacer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21428" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAASpeedRacer-229x300.jpg" alt="Speed Racer" width="229" height="300" /></a><strong>SPEED RACER</strong><br />
Jeune prodige de la course automobile, né pour la course au sein d&rsquo;une famille de pilotes, Speed Racer est un fonceur instinctif et intrépide. Lorsqu&rsquo;il défie M. Royalton, président-directeur général corrompu des Industries Royalton, le jeune homme va découvrir que tout n&rsquo;est pas rose dans le sport qu&rsquo;il adore. Peu de temps après, la famille Racer est contactée par l&rsquo;Inspecteur Détecteur et l&rsquo;énigmatique pilote masqué Racer X, qui demandent que Speed collabore avec les autorités afin de piéger Royalton et mettre au jour la corruption du monde automobile. Leur proposition : participer au Crucible, dangereux rallye automobile qui a par ailleurs coûté la vie à Rex, le légendaire frère aîné de Speed… Pur film d&rsquo;action, adapté du manga homonyme de Tatsuo Yoshida paru dans les années 1960, <strong>Speed Racer</strong> (qui sort dans une nouvelle restauration 4K UHD) a été tourné en soixante jours, en 2008, principalement aux studios de Babelsberg à Potsdam ainsi que dans le quartier de Berlin-Kreuzberg. Malgré son échec au box-office et l&rsquo;accueil critique mitigé, Julien Abadie qui a signé, en 2021, <strong>Speed Racer : les Wachowski à la lumière de la vitesse</strong>, le considère comme le <em>« film charnière »</em> dans l’œuvre du duo de cinéastes. Avec ses courses défiant les lois de la vitesse, de la gravité et du spectacle, <strong>Speed Racer</strong> s&rsquo;inscrit dans un univers visuel flamboyant pour célébrer l&rsquo;action et le divertissement. Avec, aussi, un beau casting : Emile Hirsch, John Goodman, Susan Sarandon et Christina Ricci. (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALeSifflet.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21422" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAALeSifflet-191x300.jpg" alt="Le Sifflet" width="191" height="300" /></a><strong>LE SIFFLET</strong><br />
Alors qu&rsquo;elle effectue ses premiers pas dans le lycée de la petite ville où elle vient tout juste d&rsquo;emménager avec son cousin, Chris découvre un mystérieux objet dans le casier qu&rsquo;on lui a attribué… C&rsquo;est une espèce de sifflet aztèque qui avait entraîné la mort violente de son ancien propriétaire. Il n&rsquo;en faut pas plus pour que toute la bande de lycéens autour de Chris, décide d&rsquo;essayer le mystérieux objet et son sifflement terrifiant qui invoque leurs morts futures pour les traquer. Les choses tournent au vinaigre, les morts se multiplient et les lycéens vont tenter, tant bien que mal, d&rsquo;arrêter le déferlement d&rsquo;événements tragiques… Le cinéma d&rsquo;épouvante fait souvent la part belle à des objets, au demeurant quelconques, mais qui deviennent épouvantables et source de terreur et d&rsquo;effroi. Le scénario n&rsquo;est pas follement original (ah, la romance!) mais les amateurs du genre se laisseront aller à goûter la peur distillée par ce divertissement d&rsquo;horreur. Autour du thème du mal-être de l&rsquo;adolescence, le Britannique Corin Hardy (qui avait signé <strong>Le sanctuaire</strong> en 2015) fait monter la tension et joue sur la noirceur d&rsquo;une petite ville industrielle en perdition avec son aciérie locale qui semble broyer tous les espoirs des lycéens… (Metropolitan)</p>
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		<title>De Gaulle, Robin des Bois, Ahmed le pianiste cairote, Selma la Syrienne et Corry au Japon</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 14:20:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FRANCE.- Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&#8217;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&#8217;Aisne. Ce fait d&#8217;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&#8217;est pourtant cet [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21399" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21399" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle3-300x162.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian) à la Maison Blanche. DR" width="300" height="162" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian)<br />à la Maison Blanche. DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Colonel inconnu, Charles de Gaulle s&rsquo;est fait remarquer, en pleine déroute des armées françaises, en affrontant, à la mi-mai 1940, les troupes et les chars de la Wehrmacht à Montcornet dans l&rsquo;Aisne. Ce fait d&rsquo;armes vaudra à De Gaulle de devenir général deux étoiles. Mais il reste cependant un parfait inconnu. C&rsquo;est pourtant cet homme de haute stature qui, en rejoignant Londres, incarnera la France libre et résistante… En juin 1940, seul contre tous, De Gaulle veut sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
C&rsquo;est une grande production, une sacrée aventure et un film plein de souffle épique que constituent les deux volets du diptyque <strong>La bataille de Gaulle : L’âge de fer</strong>, sorti sur les écrans le 3 juin dernier (la critique sur ce site) et <strong>La bataille de Gaulle : J&rsquo;écris ton nom</strong> (France – 2h40. Dans les salles le 26 juin). Dans ce second volet qui fait référence au fameux poème de Paul Eluard, écrit en 1942, et qui s&rsquo;achève sur le mot Liberté, le réalisateur Antonin Baudry se penche sur les années 1943 et 1944.<br />
Désormais, la France Libre n’est plus contestée, mais De Gaulle doit encore convaincre les Alliés, notamment les États-Unis du président Roosevelt. De Gaulle se révèle un négociateur avisé, voire roué, un fin stratège dans ses relations régulièrement tendues avec les Américains mais aussi avec Winston Churchill et les Britanniques pour faire reconnaître la France comme une puissance majeure dans la victoire alliée.</p>
<div id="attachment_21398" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21398" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAADeGaulle2-300x139.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: Leclerc (Niels Schnider) en Afrique. DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: Leclerc (Niels Schnider)<br />en Afrique. DR</p></div>
<p>En s&rsquo;appuyant pour ce drame biographique et historique sur l&rsquo;ouvrage <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em> de l&rsquo;Américain Julian T. Jackson, le cinéaste fait évidemment la part belle à De Gaulle mais il met aussi en lumière le rôle clé de Jean Moulin dans l’unification des mouvements de Résistance, y compris en « manipulant » (pour la bonne cause !) les gaullistes et communistes. Tandis que Jean Moulin tombe sous les coups de Barbie, De Gaulle va réussir à imposer la France comme un acteur incontournable de la Libération.<br />
Si on découvre, ici, le rôle tenu par le général Giraud (étonnant Thierry Lhermitte), on est épaté par ce chef de guerre que fut Leclerc (Niels Schneider), courageux et téméraire général <em>« jamais vaincu par les boches »</em>. Enfin, Simon Abkarian est un fameux De Gaulle. Dans le premier volet, il était presque burlesque dans sa raideur londonienne. Dans le second, il s&rsquo;affirme comme une magnifique incarnation d&rsquo;une France debout.</p>
<div id="attachment_21407" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21407" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelaitRobinBois1-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Robin (Hugh Jackman), un homme au bout de sa vie. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Robin (Hugh Jackman),<br />un homme au bout de sa vie. DR</p></div>
<p><strong>LEGENDE.-</strong> En l&rsquo;an de grâce 1247, dans une froide tourmente qui balaye une lande inhospitalière, une jeune fille se nourrit de rares baies recueilles sur des ronces. Au loin, elle aperçoit un feu et s&rsquo;approche d&rsquo;un homme hirsute auquel elle demande de quoi se nourrir. Il en coûtera sa vie à cette presque gamine… Cet homme au regard las affirme qu&rsquo;il n&rsquo;a rien d&rsquo;un héros et que nul ne protège les humbles. Tout n&rsquo;est que mensonges sur l&rsquo;héroïsme et la bonté de Robin des Bois. Il a perdu tous ses amis et Marianne n&rsquo;est qu&rsquo;un lointain souvenir effacé d&rsquo;un revers de la main. Une dernière fois, Robin va se lancer dans un combat, aspirant à une mort juste. L&rsquo;assaut est d&rsquo;une folle violence. Robin en sort mal en point. Il aura la chance de rejoindre, sur une île au large, le prieuré de Saint-Clément où sœur Brigid, au prix de régulières saignées, tentera de le remettre sur pied&#8230;<br />
En plongeant dans <strong>On l&rsquo;appelait Robin des Bois</strong> (USA – 2h01. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet), il ne faut guère de temps pour oublier le flamboyant Errol Flynn, épée au poing dans les très cultes aventures en technicolor filmées en 1938 par Michael Curtiz. Exit aussi le sage et chenu Robin incarné par Sean Connery dans <strong>La rose et la flèche</strong> (1976) de Richard Lester… Le Robin imaginé par le cinéaste américain Michael Sarnoski est un être à la dérive, un homme amer qui rumine sur un passé où, dit-il, il tuait et volait pour le plaisir. Se faisant passer pour un autre, Robin des Bois va tenter de trouver une forme de repos de l&rsquo;âme, bien hypothétique tant ses noires frasques de hors-la-loi viennent constamment le hanter.</p>
<div id="attachment_21406" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21406" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAOnAppelairRobinBois2-300x200.jpg" alt="&quot;On l'appelait...&quot;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;On l&rsquo;appelait&#8230;&nbsp;&raquo;: Soeur Brigid (Jodie Tomer) soigne Robin. DR</p></div>
<p>Loin de la vision sucrée du Robin des Bois selon Walt Disney, il apparaît que le Robin historique et populaire était capable d&rsquo;une grande violence. Après avoir affronté Guy de Gisborne, par exemple, Robin le décapite, plante sa tête au bout de son bâton d&rsquo;arc et mutile son visage afin que personne ne puisse l&rsquo;identifier. C&rsquo;est ce personnage qu&rsquo;a choisi de raconter Sarnoski : <em>« On a tous en tête l’image d’un Robin des Bois dansant dans la forêt avec ses joyeux compagnons, mais sa vie n’avait rien à voir avec ça. Les paysans s’entretuaient à coup de pelle. Je me suis demandé comment raconter une version de l’histoire du personnage qui soit plus fidèle à la dureté de la vie au 13e siècle. »</em><br />
<strong>The Death of Robin Hood</strong> (en v.o.) est une relecture iconoclaste du héros de la forêt de Sherwood qu&rsquo;on regarde avec une certaine curiosité. Comment Robin peut-il se pardonner les fautes qu’il a commises autrefois et regarder en face les mythes trompeurs qu’il a lui-même bâtis ?<br />
Sur les notes folk sombres et lancinantes de <em>The Lamentations of Round Oak Waters</em> chanté par Jim Ghedi, Sarnoski a composé une fresque fantastique et funèbre mais aussi très dépouillée où une sauvagerie absurde surgit fréquemment.<br />
Au côté de Jodie Comer (Brigid) et dans des paysages aux teintes grises, Hugh Jackman, le fameux Wolverine de la saga <strong>X-men</strong>, campe un dangereux ermite, qui prend parfois des allures christiques et regrette ses crimes passés autant que les mensonges racontés <em>« pour que des fous me suivent dans les ténèbres&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21404" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21404" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE1-300x168.jpg" alt="&quot;Notre histoire...: Ahmed (Amir El-Masry, au centre) et sa famille devant la télé. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;: Ahmed (Amir El-Masry,<br />au centre) et sa famille devant la télé. DR</p></div>
<p><strong>FAMILLE.-</strong> Dans l&rsquo;Egypte de 1967, le raïs Gamal Abdel Nasser chante la Grande nation arabe mais, dans l&rsquo;appartement encombré de sa famille cairote, Ahmed Ragheb, pianiste obstiné, ne rêve que de grande musique. Mais difficile de s&rsquo;imposer entre un père, des parents, des voisins qui ne jurent que par le football et qui se désolent de voir leur club favori de Zamalek passer à côté de tous ses matches. Alors qu&rsquo;Hassan, son frère jumeau, s&rsquo;apprête à partir faire son service militaire, Ahmed reçoit une lettre en provenance d&rsquo;Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. Autour de lui, Farouz, sa mère en tête, lui conseille de se méfier de cette… espionne. Mais Ahmed n&rsquo;en a cure. Son rêve, maintenant, c&rsquo;est de partir en Autriche pour rencontrer cette correspondante et découvrir Vienne, la capitale de la musique classique. Qui sait, le pianiste du Caire pourrait bien y faire carrière.<br />
Troisième long-métrage du réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky, <strong>Notre histoire – Chroniques du Caire</strong> (Egypte/France/Autriche – 2h. Dans les salles le 1<sup>er</sup> juillet) est une allègre tragi-comédie qui plonge dans l&rsquo;Egypte de Nasser au moment de la Guerre des six jours (qui connut une victoire éclatante d&rsquo;Israël) pour se poursuivre à l&rsquo;ère d&rsquo;Anouar el-Sadate, père de la Nouvelle nation et s&rsquo;achever au temps de Moubarak. Le tout à travers le prisme d&rsquo;une trépidante famille au coeur de laquelle Ahmed soupire et rêve d&rsquo;être <em>« juste une fois du côté des gagnants »</em>.</p>
<div id="attachment_21405" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21405" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAANOTREHISTOIRE2-300x150.jpg" alt="&quot;Notre histoire...&quot;: dans un quartier du Caire. DR" width="300" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Notre histoire&#8230;&nbsp;&raquo;: dans un quartier du Caire. DR</p></div>
<p>Même si le cinéaste s&rsquo;amuse à grossir parfois le trait, on prend plaisir à côtoyer ces gens qui gueulent, s&rsquo;engueulent mais s&rsquo;aiment plus que tout. Loin des vacances <em>all inclusive</em> à Hurghada, voici une évocation sensible et chaleureuse de la société égyptienne. On y mesure les rêves contrariés, les conflits, la passion dévorante du football, le chaos familial et les petites victoires arrachées au destin. Pour inscrire son film dans l&rsquo;Histoire, le cinéaste, qui a puisé dans des souvenirs familiaux, utilise nombre d&rsquo;images d&rsquo;archives de télévision et de radio, ainsi l&rsquo;assassinat de Sadate.<br />
<em>« Il existe,</em> dit Shawky, <em>un décalage entre les fortunes de cette famille. Lorsqu’un événement heureux se produit dans le pays, une tragédie frappe la famille, et inversement. Ils sont constamment confrontés à cette situation et tentent d’aligner leur destin sur celui du pays. »</em><br />
Aux accents d&rsquo;Oum Kalthoum (qui chantait <em>« Prends ma vie entière mais aujourd’hui laisse-moi vivre »</em>) ou du chant patriotique <em>el Watan el Akbar</em> composé par Mohamed Abdel Wahab, <strong>Notre histoire</strong> déroule un flux constant de vie et de joyeux chaos, bien rendu par le mouvement incessant de la caméra. Dans un look qui renvoie au cinéma populaire égyptien des années 50/60, l&rsquo;utilisation des gros plans permet de montrer l’exiguïté des lieux et le nombre des personnages qui s&rsquo;y tiennent.<br />
Dans le chaos, les cris, les voix fortes, l&rsquo;énergie débordante, Liz et Ahmed construiront leur vie. Et ce dernier pourra dire : <em>« Tout s’est bien passé finalement »</em>.</p>
<div id="attachment_21400" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21400" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere1-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma (Zar Amir). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma (Zar Amir). DR</p></div>
<p><strong>EXIL.-</strong> A l&rsquo;arrière d&rsquo;une brasserie de Bordeaux, Selma s&rsquo;active dans une cuisine étroite et encombrée. Tout en faisant la plonge, elle décharge de ses verres un lave-vaisselle brûlant. Selma a constamment l&rsquo;air sur ses gardes. Et lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;aventure en terrasse, son patron a vite fait de lui ordonner de retourner là où on ne peut la voir. Selma Nassar a fui la Syrie, laissant derrière elle Rami, un fils de six ans auquel elle parle régulièrement au téléphone et un mari disparu dans les geôles du régime de Bachar dont elle est sans nouvelles.<br />
Surveillée (ou « protégée ») par un vague cousin, elle vit dans un appartement exigu qu&rsquo;elle partage avec une amie. Selma enchaîne les heures de travail au noir avec l&rsquo;espoir de pouvoir obtenir le droit d&rsquo;asile en France et de faire venir son fils. Un jour, elle fait la connaissance de Jérôme Delaunay, un avocat, client du café et dont le cabinet est juste de l&rsquo;autre côté de la rue. Selma lui demande de l&rsquo;aider dans ses démarches. Avocat d&rsquo;affaires, Jérôme explique qu&rsquo;il ne connaît rien au droit des migrants. Bientôt une relation amoureuse réunit Selma et Jérôme.<br />
Avec <strong>L&rsquo;étrangère</strong> (France &#8211; 1h41. Dans les salles le 24 juin), la cinéaste franco-syrienne Gaya Jiji réalise son quatrième long-métrage après avoir été révélée, en 2016, avec <strong>Une histoire syrienne</strong> qui racontait le parcours d&rsquo;une famille syrienne en France. Ici, c&rsquo;est une femme seule qui se lance dans un long et difficile combat pour tenter d&rsquo;accéder à une vie meilleure. Selma a connu un long périple à travers l&rsquo;Europe et elle a abouti à Bordeaux, une ville où son exil et sa solitude lui paraissent de plus en plus pesant.</p>
<div id="attachment_21401" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21401" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAEtrangere2-300x180.jpg" alt="&quot;L'étrangère&quot;: Selma et Jérôme (Alexis Manenti). DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;étrangère&nbsp;&raquo;: Selma<br />et Jérôme (Alexis Manenti). DR</p></div>
<p>En s&rsquo;inspirant de sa propre histoire d&rsquo;exil, Gaya Jiji a écrit une récit intime qui s&rsquo;éloigne, agréablement, des films « sociaux » sur les migrants en France. Car, tout en montrant les problèmes liés à la « loi Dublin » (qui oblige les migrants à faire leur demande d&rsquo;asile dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés) ou les longues démarches auprès de l&rsquo;OFPRA pour faire avancer son dossier, la cinéaste développe aussi une romance amoureuse dans laquelle deux solitudes vont se croiser. L&rsquo;amour vient bouleverser un homme malheureux dans son couple et Selma, une femme qui a d&rsquo;autres urgences.<br />
Alors, on se laisse entraîner dans cette aventure sentimentale dans laquelle le statut migratoire est cependant toujours présent. C&rsquo;est beau de voir Selma, dont le visage est toujours grave, se laisser aller à des émotions qu&rsquo;elle avait « oubliées ».<br />
Le film doit beaucoup, dans le rôle de l&rsquo;avocat, à Alexis Manenti, César du meilleur espoir 2020 pour <strong>Les misérables</strong> et à la comédienne franco-iranienne Zar Amir, vue dans <strong>Lire Lolita à Téhéran</strong> (2024),<strong> Tatami</strong> (2023) et évidemment aux <strong>Nuits de Mashhad</strong> (2022) qui lui valut le prix d&rsquo;interprétation à Cannes. Intense et touchant.</p>
<div id="attachment_21402" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21402" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima1-300x180.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry (Vicky Krieps) et un jeune patient. DR" width="300" height="180" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry (Vicky Krieps)<br />et un jeune patient. DR</p></div>
<p><strong>GREFFES.-</strong> Corry est française et vit au Japon. Médecin spécialiste des transplantations cardiaques pédiatriques, elle partage sa vie avec Jin et suit des enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe d&rsquo;un de ses jeunes patients, âgé de douze ans, aboutisse.…<br />
Avec <strong>L&rsquo;illusion de Yakushima</strong> (Japon/France – 1h52. Dans les salles le 17 juin), on retrouve avec plaisir Naomi Kawase, l&rsquo;une des plus intéressantes réalisatrices japonaises contemporaines. Sa recherche d’une « réalité » qui transcende les frontières entre documentaire et fiction lui a valut une reconnaissance internationale. En 1997, elle fait ses débuts au cinéma avec <strong>Suzaku</strong>, qui remporte la Caméra d’or au Festival de Cannes, faisant d’elle la plus jeune lauréate de l’histoire.<br />
La cinéaste reviendra souvent sur la Croisette, ainsi en 2007 où <strong>La forêt de Mogari</strong> reçoit le Grand Prix. A Cannes, on verra d&rsquo;elle <strong>Hanezu, l&rsquo;esprit des montagnes</strong> (2011), <strong>Still the Water</strong> (2014), <strong>Les délices de Tokyo</strong> (2015), <strong>Vers la lumière</strong> (2017) ou<strong> True Mothers</strong> (2020).<br />
Dans <strong>L&rsquo;illusion…,</strong> Naomi Kawase développe deux intrigues au centre desquelles on trouve le personnage de Cory. D&rsquo;une part, il y a l&rsquo;aspect professionnel avec la présence au Japon de cette spécialiste des greffes, de l&rsquo;autre, c&rsquo;est l&rsquo;aspect privé avec la quête que mène la jeune femme pour trouver son compagnon, mystérieusement disparu.</p>
<div id="attachment_21403" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21403" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/07/AAAIllusionYakushima2-300x181.jpg" alt="&quot;L'illusion...&quot;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR" width="300" height="181" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;illusion&#8230;&nbsp;&raquo;: Corry et Jin, son compagnon (Kanichiro). DR</p></div>
<p>Tandis que les deux intrigues s&rsquo;entre-mêlent, c&rsquo;est celle de l&rsquo;hôpital qui retient le plus l&rsquo;attention puisqu&rsquo;il en va, avec la question des greffes, d&rsquo;un sujet tabou. Si en France, la greffe est perçue comme une transmission de la vie. C&rsquo;est tout le contraire au Japon… Alors Corry doit se battre pour tenter de faire avancer les choses.<br />
Autour des thèmes de la renaissance et de la passation mais aussi du choc des cultures, la cinéaste nippone distille une œuvre souvent tendre et attachante mais aussi particulièrement bavarde. Si la recherche de Jin permet de belles et oniriques séquences de nature, au total ce mélodrame finit par devenir pesant. Vicky Krieps (vue dans <strong>Phantom Thread</strong> ou en Anne d&rsquo;Autriche dans <strong>Les trois mousquetaires</strong>) donne toute la mesure de son talent pour nous faire entrer dans les pas de Corry. Mais on reste sur sa faim.</p>
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		<title>L&#8217;AMÉRIQUE DU CAPITAINE LOCKJAW ET DE MARTY SUPREME</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 08:46:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[UNE BATAILLE APRÈS L&#8217;AUTRE En Californie, les French 75, un groupe révolutionnaire d’extrême gauche, libèrent des migrants retenus dans un centre de détention. Pendant l’action violente, la sculpturale Perfidia, responsable de l&#8217;opération, humilie le capitaine Lockjaw, le responsable du camp. Perfidia et son complice Pat Calhoun multiplient les actions mais, en face, la police ne [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAABatailleAAutre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21363" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAABatailleAAutre-212x300.jpg" alt="Bataille Après Autre" width="212" height="300" /></a>UNE BATAILLE APRÈS L&rsquo;AUTRE</strong><br />
En Californie, les French 75, un groupe révolutionnaire d’extrême gauche, libèrent des migrants retenus dans un centre de détention. Pendant l’action violente, la sculpturale Perfidia, responsable de l&rsquo;opération, humilie le capitaine Lockjaw, le responsable du camp. Perfidia et son complice Pat Calhoun multiplient les actions mais, en face, la police ne demeure pas les bras croisés. Paul Thomas Anderson ne craint pas de se confronter au cinéma de genre. C’est à nouveau le cas avec <strong>One Battle After Another</strong> qu’il adapte librement de <em>Vineland</em> de l’Américain Thomas Pynchon, publié en 1990 au Etats-Unis. L’écrivain y contait la relation d’un agent du FBI, impliqué dans le projet COINTELPRO et d’une cinéaste radicale, experte en arts martiaux, le tout pour illustrer, entre humour et mélancolie, l’opposition entre résistance et réaction. Anderson ne cite pas ce projet (illégal) du FBI mais son dixième long-métrage évoque bien une « guerre » entre des révolutionnaires d’extrême gauche et une police déterminée à perturber, discréditer les activités des mouvements dissidents, y compris à « neutraliser » leurs meneurs. Le film, qui se déroule entre les années soixante et les années quatre-vingts, mêle l’uchronie, l’utopie, la satire politique, le polar, voire le western, avec en toile de fond, la lutte entre le bien et le mal. C’est l’image d’une Amérique étrange et « malade » que présente <strong>Une bataille…</strong> Un pays en perte de repères devenu un champ de bataille où tous les coups sont permis entre les petits frères de la lointaine Bande à Baader et une armée qui a les coudées franches pour mettre à mal un ennemi qui la tétanise. Film-fleuve qui n’a du blockbuster que l’apparence, <strong>Une bataille après l’autre</strong>, avec un impressionnant brio dans l’écriture comme dans la mise en scène, va développer un matériau foisonnant. Paul Thomas Anderson (<strong>Boogie Nights</strong>, <strong>Magnolia</strong>, <strong>There Will Be Blood</strong>) orchestre cette aventure sans laisser souffler le spectateur. Mieux, il lui offre d’intenses moments de bravoure comme une course-poursuite sur de longues routes droites en montées et en descentes. Enfin, <strong>Une bataille…</strong> réunit de remarquables comédiens avec Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro, Teyana Taylor et le formidable Sean Penn en angoissant Lockjaw. Une fable politique qui a l’énergie d&rsquo;un cartoon ! Du sacré cinéma couronné par l&rsquo;Oscar du meilleur film et l&rsquo;Oscar du meilleur réalisateur! (Warner)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMartySupreme.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21371" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMartySupreme-197x300.jpg" alt="Marty Supreme" width="197" height="300" /></a><strong>MARTY SUPREME</strong><br />
En 1952, Marty Mauser vend des chaussures dans la boutique new-yorkaise de son oncle dans le Lower East Side. Vendeur habile, il n’a aucune intention de végéter au milieu des cartons. Car Marty Mauser a un rêve, notamment incarner le tennis de table aux Etats-Unis. A Londres, il dispute un championnat international, passe les tours avec aisance avant de tomber sur un gros bec nommé Koto Endo, une pointure japonaise… Mais ce n’est là que le début des aventures, parfois ubuesques, d’un grand frimeur doublé d’une jolie fripouille. Très tôt passionné par le tennis de table, Josh Safdie a lu un ouvrage écrit par un certain Marty Reisman, prodige du tennis de table juif new-yorkais et découvert un univers étrange et exaltant. De fait, dans le New York des années 1950, le tennis de table a fait naître une véritable sous-culture peuplée de magouilleurs, de génies, de marginaux et de types sans scrupules. Reposant sur une mise en images inventive, nerveuse, spectaculaire et efficace qui laisse, au bout de 2h30, le spectateur complètement épuisé (mais ravi!), <strong>Marty Supreme</strong> réussit, tout à la fois, à rendre compte de l’air du temps et d’une réalité sociale tout en brossant le portrait enlevé d’un sacré loustic. Ce qui impressionne dans <strong>Marty Supreme</strong>, c’est l’abondance des histoires qui s’entremêlent et le nombre de personnages qui s’y croisent. Timothée Chalamet tient, ici, un personnage en or qu’il habite avec une fièvre permanente. On se promène d’une salle enfumée new-yorkaise à un match-exhibition de ping-pong au Japon en passant par l’appartement modeste de la bruyante famille de Marty, Auschwitz (une séquence du miel inattendue), les suites royales d’hôtels de luxe ou la salle de bain instable d’un hôtel pourri, les tractations commerciales d’un patron d’une entreprise de stylos sans oublier des démêlés avec un mafieux qui a perdu Moïse, son chien… Toujours fauché, Marty est prêt à partir à la recherche du chien, moyennant une poignée de dollars ou encore à barboter un collier à la star Kay Stone (Gwyneth Paltrow). La recherche du chien finit par un bain de sang chez un fermier… Il faut ensuite à Marty amener d’urgence Rachel Mizler à la maternité avant de s’envoler pour le pays du Soleil levant où l’attend Koto Endo… Comme le lui a soufflé Ezra Mishkin, le propriétaire de Moïse : <em>« T’es un Mensch, fils ! »</em> Malgré tous ses défauts, Marty va peut-être arriver à être ce Mensch. Brillant! (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACoutures.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21365" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACoutures-165x300.jpg" alt="Coutures" width="165" height="300" /></a><strong>COUTURES</strong><br />
A l’heure de la Fashion Week, Maxine Walker, réalisatrice américaine indépendante, débarque à Paris. On l’attend pour mettre en scène un spectacle vidéo, sur fond de femme vampire, qui sera diffusé lors de l’ouverture d’un défilé. La cinéaste reçoit l’appel de son médecin qui l’informe que les résultats de sa biopsie ne sont pas bons et lui demande de passer rapidement à son cabinet. Maxine étant à Paris, le praticien lui trouve d’urgence un rendez-vous chez un confrère parisien. Mais Maxine tient à se concentrer sur son film d’autant que le directeur d’image de la maison de couture trouve qu’il y a beaucoup de sang, que les dents de la femme sont trop pointues et que le cri final est un peu trop violent. Maxine va croiser le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud-soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant, à travers l’écriture, à une autre vie. Avec <strong>Coutures</strong>, Alice Winocour suit les trajectoires de trois femmes aux horizons bien différents entre lesquelles va se tisser une solidarité insoupçonnée. Car, sous le vernis très glamour de la Fashion Week, Maxine, Ada et Angèle portent, toutes les trois, une révolte silencieuse, celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire. Autour du thème de la solidarité féminine, la cinéaste mêle les histoires de Maxine, d’Ada, jeune mannequin débutante, qui entre dans ce métier parce qu’elle est une <em>« Risk-taker »</em>, d’Angèle, maquilleuse et précaire intermittente du spectacle qui prend des notes sur son vécu pour écrire un livre… Mais Alice Winocour, découverte avec <strong>Augustine</strong> (2012) suit, quand même, le plus souvent, la réalisatrice américaine contrainte de revoir sa vie de fond en comble. Car le professeur Hansen, convaincu qu’il peut la sauver de son cancer du sein, lui demande de mettre sa vie professionnelle de côté pour se concentre sur elle-même. Bouleversée et loin de ses bases, Maxine va devoir trouver les ressources pour faire face à sa maladie et trouver aussi la force d’en parler. Allant avec aisance d’un plateau de cinéma à un atelier de couture en passant par des couloirs d&rsquo;hôtel, <strong>Coutures</strong> raconte une effervescence qui contraste singulièrement avec les doutes et les angoisses de trois femmes qui tentent de survivre dans une tourmente intime. La cinéaste peut compter sur des comédiens de talent comme Anyer Anei (Ada), Ella Rumpf (Angèle), Garance Marillier (Christine), Vincent Lindon (Hansen), Louis Garrel (Anton) et évidemment Angelina Jolie qui a trouvé un lien fort avec <strong>Coutures</strong> puisqu’elle-même avait connu cette histoire dans sa chair. Une belle séquence de tornade clôt <strong>Coutures</strong>. Une mini-apocalypse qui bouscule l’ordre établi, une destruction finale qui évoque la mutation vers une vie nouvelle. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAReveAméricain.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21394" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAReveAméricain-196x300.jpg" alt="Reve Américain" width="196" height="300" /></a><strong>LE RÊVE AMÉRICAIN</strong><br />
Personne n’aurait parié un sou sur Jérémy Medjana, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna Ndiaye, lorsqu’il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d’anglais plutôt approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent dans la NBA, la prestigieuse ligue américaine de basket-ball professionnel. Et pourtant ! Les deux amis croient à leur bonne étoile et plus encore à leur rêve américain. Malgré les obstacles, multiples et de taille, ces deux-là s’accrochent. Bien sûr, personne ne les attend outre-Atlantique. Et les agents de joueurs du cru sont plus enclins à les arnaquer qu’à leur faciliter la tâche. Mais le tandem a des atouts dans ses manches, y compris des joueurs français de talent. Reste maintenant à leur faire passer les fameuses « Drafts », ces moments annuels tant attendus où les franchises NBA sélectionnent des jeunes joueurs universitaires ou étrangers pour renforcer leurs effectifs… <strong>Le rêve américain</strong> raconte une histoire vraie, celle de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux agents de basket partis de rien et devenus en une quinzaine d’années, avec leur société <em>Comsport</em>, les premiers pourvoyeurs de talents français pour la NBA. Anthony Marciano s’est emparé de cette belle histoire de réussite pour donner ce qui est, de toute évidence, un pur<em> feel good movie</em> doublé d’un joyeux <em>buddie movie</em>. Le film fait en effet la part belle à deux personnages qui passent par tous les stades de la dépression (ils installent leur « bureau » à l’arrière d’un pressing chinois) comme de l’optimisme dans la poursuite d’un plan qui consiste tout bonnement à « exister » dans le business de la NBA. Pour cela, le cinéaste s’appuie sur deux comédiens qui se donnent comme… des basketteurs sur un plateau de NBA : Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard portent Bouna et Jérémy avec verve tant dans leurs moments de grande naïveté que de belle exaltation. Les films sur ou autour du sport ne sont pas toujours de longs fleuves tranquilles. On prend plaisir à suivre cette histoire dans laquelle on croise Nicolas Batum ou Rudy Gobert (enfin, les acteurs qui les incarnent) et où l’on aperçoit in fine l’ombre d’une star surnommée Wenby passée récemment à un doigt du titre NBA avec les Spurs de San Antonio. Un <em>success-story</em> française ! (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACollineYeux.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21364" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAACollineYeux-217x300.jpg" alt="Colline Yeux" width="217" height="300" /></a><strong>LA COLLINE A DES YEUX 1 &#8211; 2</strong><br />
Famille d&rsquo;Américains moyens, les Carter décident de partir en voyage en Californie afin de pouvoir mieux resserrer les liens. Le père, Big Bob, est un ancien policier de Cleveland qui a été mis à la retraite pour des problèmes de cœur. Sa famille est composée d&rsquo;Ethel, son épouse, de Lynn, leur fille aînée, du mari de celle-ci, Doug, de leur bébé, Catherine et aussi de Brenda, la seconde fille de Bob, enfin de Bobby, le fils de Bob. Alors qu&rsquo;ils cherchent un raccourci sur une route du désert du Nouveau-Mexique (une zone d&rsquo;essais nucléaires dans les années 1950 reconvertie en base pour l’aviation) et que Big Bob insiste pour visiter une mine de fer abandonnée, ils ont un accident dans lequel les pneus sont crevés. C&rsquo;est le début d&rsquo;une longue descente aux enfers puisque la famille devient la proie d&rsquo;un groupe de cannibales vivant cachés dans les collines voisines. Huit ans après le massacre de sa famille, Bobby Carter est toujours traumatisé. <strong>La colline n°2</strong> montre qu&rsquo;il a cependant réussi à s&rsquo;en sortir en créant un groupe de motards avec Ruby, la fille de Jupiter, qui se fait désormais appeler Rachel. Le groupe souhaite alors participer à une course dans le désert, non loin de l&rsquo;endroit où les Carter ont eu leur accident. Bobby a alors un très mauvais pressentiment et malgré le conseil de son psychiatre, refuse d&rsquo;y aller. Ruby s&rsquo;y rend alors avec Cass, Roy, Harry, Hulk, Foster, Sue et Jane. En retard, la bande décide de prendre un raccourci par le désert, mais leur bus tombe en panne en plein milieu du désert. Les cannibales défigurés refont surface… Considéré, avec John Carpenter, comme l&rsquo;un des « maîtres de l&rsquo;horreur », Wes Craven (1939-2015) est l&rsquo;homme des <strong>Griffes de la nuit</strong> (1984) et des quatre premiers volets de la saga <strong>Scream</strong> (1997-2011). Avec son mélange unique de terreur et d’humour noir, le cinéaste américain a révolutionné le cinéma d’épouvante. Bien plus qu’un simple <em>survival</em>, son diptyque <strong>La colline a des yeux</strong> (réalisé en 1977 puis en 1985) est une fable sauvage où le vernis de l’Amérique civilisée est dynamité. <strong>La colline a des yeux 1 et 2</strong> livrent une réflexion saisissante sur l’instinct de survie et la métamorphose d’individus ordinaires confrontés à l’horreur. Cette saga cultissime de l&rsquo;horreur selon Wes Craven est disponible pour la première fois dans de nouvelles restaurations en 4K UHD (pour le n°1) et en 2K (pour le n°2) et présentée dans une belle édition Prestige Limitée Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve une série de commentaires audio (VOSTF) de Wes Craven et Peter Locke, de Michael Berryman, Janus Blythe, Susan Lanier et Martin Speer, enfin de Mikel J. Koven. <strong>Une histoire de famille</strong> (16 mn) est un entretien mené en 2016 avec l’acteur Martin Speer. <strong>Sessions dans le désert</strong> (11 mn) est un entretien mené en 2016 avec le compositeur Don Peake. <strong>Du sang, du sable et du feu</strong> (31 mn) est un documentaire réalisé en 2019 en forme de making-of de la <strong>La colline 2</strong>. Pour sa part, Stéphane de Mesnildot analyse les films (17 mn). Enfin, on découvre une fin alternative (13 mn), un bêtisier et les coulisses du tournage (19 mn). Le coffret contient de nombreux memorabilia et l&rsquo;ouvrage (100 pages) de Marc Toullec, <em>Wes Craven, le droit à l&rsquo;horreur.</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAToraSan.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21374" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAToraSan-300x300.jpg" alt="Tora San" width="300" height="300" /></a><strong>TORA SAN</strong><br />
Attachant marchand ambulant, Tora-san ne tient pas en place. Avec son chapeau en feutre et son costume à carreaux marron, Tora parcourt le Japon au fil des années. Mieux, il rencontre, dans ses pérégrinations, de nombreuses personnes dont il changera le destin. Cela fait bientôt soixante ans que les Japonais sont tombés amoureux d’un vagabond du nom de Torajiro, dit «Tora-san». Un personnage touchant, incarné par le comédien Kiyoshi Atsumi, qui sera présent sur les grands écrans nippons japonais pendant plusieurs décennies grâce à la production d&rsquo;une série de cinquante films, sous le titre générique<strong> C&rsquo;est dur d&rsquo;être un homme</strong>, faisant de cette saga la plus longue série cinématographique du monde, inscrite dans le Guinness des records ! A l’exception de deux d’entre eux, ces films seront réalisés par Yoji Yamada, aujourd&rsquo;hui âgé de 94 ans, connu aussi pour une trilogie <strong>Samouraï</strong> mise en scène au début des années 2000. Au Pays du soleil levant, l&rsquo;empreinte de Tora-san reste toujours forte avec des rediffusions des films sur le petit écran toutes les semaines et aussi un «Tora-san summit» qui a lieu tous les ans à Shibamata. Si Tora-san est donc une star au Japon, le public français a pu le découvrir, en 2022, dans le cadre de la Maison de la Culture du Japon à Paris lors du cycle « Un an avec Tora-san ». Près de soixante ans après le film fondateur, voici un coffret collector (3 Blu-ray ou cinq DVD), qui présente les cinq premiers de la série, en l&rsquo;occurrence <strong>C&rsquo;est dur d&rsquo;être un homme</strong>, <strong>Maman chérie</strong>, <strong>Le grand amour</strong>, <strong>Le millionnaire</strong> et <strong>La nostalgie</strong>, tous datés de 1969. Entre humour, quiproquos et mélancolie, chaque film est marqué par une romance impossible et donne l&rsquo;occasion de découvrir une nouvelle ville de l&rsquo;archipel. Le coffret contient de nombreux bonus élaborés par Claude Leblanc, expert et amoureux de Tora-san, dont une interview du cinéaste et le livret (48 pages) <em>Il était une fois Tora-san</em>. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesDimanches.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21395" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesDimanches-162x300.jpg" alt="Les Dimanches" width="162" height="300" /></a><strong>LES DIMANCHES</strong><br />
Dans une chambre plongée dans une semi-obscurité, des jeunes filles jouent, bavardent et rient en se racontant des vannes sur l’une de leurs enseignantes, une religieuse tellement aigrie qu’elle a un besoin impérieux de faire l’amour… Parmi ces grandes adolescentes, se trouve Ainara qui pouffe, elle aussi. Elève dans un lycée catholique, elle a 17 ans, s’apprête à passer son bac et s’interroge sur son futur parcours universitaire. On la retrouve dans un cloître où elle assiste, derrière une clôture, à un office où des sœurs prient et chantent. L’une d’elles adresse un petit sourire à Ainara. A la surprise générale, cette brillante jeune fille annonce à sa famille qu’elle souhaite participer à une période d’intégration dans un couvent afin d’embrasser la vie de religieuse. La nouvelle prend tout le monde au dépourvu. Inaki, le père d’Ainara, est surpris mais semble vouloir se laisser convaincre par les aspirations de son aînée. Par contre, Maité, la tante de la jeune fille, s’insurge contre cette vocation inattendue. Lors d’un déjeuner en famille après la communion solennelle de sa petite sœur, Ainara montre à Maité, la médaille qu’elle porte au cou. Elle lui a été offerte par sa mère trop tôt disparue qui lui expliqua que la Vierge lui tiendrait ainsi toujours compagnie… Avec <strong>Les dimanches</strong>, la réalisatrice basque espagnole Alauda Ruiz de Azua s’appuie sur l’histoire d’une jeune fille qui voulait entrer dans les ordres, entendue lorsqu’elle avait l’âge de son personnage. La cinéaste interroge le rôle de l’humain dans la construction d’une vocation, que ce soit la famille, l’éducation, les figures de référence, l’adolescence… Car, si la vocation d’Ainara est le point de départ du récit, le film se concentre sur la parcours de la famille et sur la fragilité de cette institution. Ou comment prendre en compte des manques affectifs, de la négligence, un manque de communication, la vulnérabilité aussi de l’adolescente qui peut ainsi être poussée vers un endroit aussi extrême qu’un couvent… Mais Ainara, sans être illuminée, dit : <em>« Au couvent, je suis heureuse »</em>. <strong>Les dimanches</strong> observe, avec acuité, sobriété et une retenue bienvenue, la manière dont une famille va réagir à une vocation précoce en tentant d’imposer à Ainara (Blanca Soroa) leurs propres opinions. Qui vont, chez son père, d’un respect (hypocrite?) de son libre arbitre aux mises en garde, par sa tante, contre une éventuelle manipulation par un mielleux directeur spirituel ou une sœur supérieure qui lui suggère de <em>« ne plus être contente de soi mais de contenter Dieu »</em>. Foi ou endoctrinement ? (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrphelin.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21372" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrphelin-161x300.jpg" alt="Orphelin" width="161" height="300" /></a><strong>ORPHELIN</strong><br />
Apparu sur le devant de la scène internationale en 2015 avec son premier long-métrage <strong>Le fils de Saul</strong> qui raconte deux jours dans la vie, au début d&rsquo;octobre 1944, de Saul Ausländer, prisonnier juif hongrois à Auschwitz, le cinéaste hongrois Lazlo Nemes a successivement obtenu pour ce drame, le Grand prix de Cannes 2015 puis l&rsquo;Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2016. Après <strong>Sunset</strong> (2018), un drame virtuose et formaliste dans le Budapest de la Belle époque, le cinéaste, né à Budapest en 1977 mais qui a fait ses études à Sciences Po Paris, a réalisé <strong>Orphelin</strong>. A Budapest, en 1957, encore sous le choc de la répression de l&rsquo;insurrection de 1956, un adolescent juif découvre qu&rsquo;il n&rsquo;est pas le fils de son père disparu, présumé mort dans un camp d&rsquo;extermination, mais celui d&rsquo;un <em>goy</em> qui avait caché sa mère pendant l&rsquo;Holocauste. En s&rsquo;inspirant librement de fragments de son histoire personnelle, Nemes explore les conséquences d&rsquo;une révélation bouleversante sur plusieurs générations dans un récit qui alterne entre le passé et le présent, révélant peu à peu les secrets enfouis d&rsquo;une famille juive hongroise. Des révélations qui plongent les personnages dans une quête identitaire et familiale, remontant aux traumatismes de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah en Hongrie. A nouveau, le cinéaste utilise le plan-séquence et une mise en scène immersive pour plonger le spectateur dans l&rsquo;intimité des personnages en abordant les questions de l&rsquo;identité et de la filiation mais aussi de la mémoire et de l&rsquo;Histoire. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHommeInvisible.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21368" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHommeInvisible-219x300.jpg" alt="Homme Invisible" width="219" height="300" /></a><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGuerreGangsOkinawa.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21367" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGuerreGangsOkinawa-221x300.jpg" alt="Guerre Gangs Okinawa" width="221" height="300" /></a><strong>L&rsquo;HOMME INVISIBLE : LES FILMS DAEI – GUERRE DES GANGS A OKINAWA</strong><br />
En 1897, H.G. Wells publie <em>The Invisible Man</em> (en v.o.), un roman de science-fiction, œuvre fondatrice du genre, explorant des thèmes comme la science, l’éthique, l’isolement et les dérives du pouvoir. L’histoire suit Griffin, un scientifique brillant mais asocial, qui découvre comment rendre invisible un corps humain grâce à une formule chimique et à des manipulations de la lumière. Après avoir testé sa découverte sur lui-même, il devient invisible, mais se heurte à des problèmes insurmontables : son invisibilité le coupe du monde, il ne peut pas manger, dormir ou interagir normalement sans être vu et sa santé mentale se dégrade, le poussant vers la paranoïa et la violence. Fable morale sur les dangers de la science sans limites et exploration de la folie et de l’isolement, <em>L&rsquo;homme invisible</em> donnera lieu à de multiples adaptations au cinéma. Dès 1909, Ferdinand Zecca ouvre le bal avec un <strong>Voleur invisible</strong>. James Whale, le cinéaste de <strong>Frankenstein</strong>, signera un fameux <strong>Homme invisible</strong> en 1933. En 1960, Edgar G. Ulmer donnera un<strong> Incroyable homme invisible</strong>. John Carpenter en 1992 et Paul Verhoeven en 2000 (avec <strong>Hollow Man</strong>) s&rsquo;ajoutent à cette imposante liste. Une liste qui s&rsquo;enrichit de deux œuvres japonaises avec, en 1949, <strong>L&rsquo;homme invisible apparaît</strong> de Nobuo Adachi dans lequel un voleur de bijoux apprend qu&rsquo;un scientifique travaille sur une formule d&rsquo;invisibilité qui l&rsquo;aiderait dans ses méfaits. En 1957, c&rsquo;est Eiji Tsuburaya qui réalise <strong>L&rsquo;homme invisible contre la mouche humaine</strong>. Cette fois, un policier enquête sur une série de meurtres inexpliqués : les victimes sont poignardées dans des pièces closes, sans trace de l’agresseur. Seul un bourdonnement de mouche est entendu avant chaque crime. L’enquête révèle que les victimes ont un lien avec des expériences militaires visant à miniaturiser un humain à la taille d’une mouche… Edités pour la première fois en France, ces deux films, produits par les studios Daiei, présentent des effets spéciaux intéressants pour leur époque, supervisés par Eiji Tsuburaya qui plus tard donnera vie à <strong>Godzilla</strong>. Chez le même éditeur, on trouve, dans le domaine des films de yakuzas, <strong>Guerre des gangs à Okinawa</strong> mis en scène, en 1971 par Kinji Fukasaku, l&rsquo;un des spécialistes du genre<em> jitsuroku eiga</em>, des films de gangsters japonais réalistes, souvent anarchisants et portés sur la violence spectaculaire. Ici, le cinéaste, qui connaîtra la célébrité avec <strong>Battle Royale</strong> en 2000, raconte comment Gunji Sadao, membre du clan Hamamura sort de prison après dix ans de détention. Avec Ozaki, son ancien bras droit, et Samejima, les seuls rescapés de son clan, Gunji décide de quitter la ville de Yokohama et de refonder son clan sur l&rsquo;île d&rsquo;Okinawa mais pour cela il va devoir affronter les gangs déjà en place, soutenus par les Américains. Le Blu-ray est présenté dans un joli coffret avec, dans les bonus, un livret de 40 pages et un échange entre Stéphane du Mesnildot, historien spécialiste du cinéma asiatique et Fausto Fasulo, directeur artistique adjoint du Festival d&rsquo;Angoulême, en charge de la programmation Asie. (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesTitans.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21370" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALesTitans-196x300.jpg" alt="Les Titans" width="196" height="300" /></a><strong>LES TITANS</strong><br />
Dans la Grèce antique, Cadmus, roi de Crète, s&rsquo;autoproclame dieu. Crios, le plus agile et intelligent des Titans, est délégué pour faire justice et, en contrepartie, doit obtenir la libération de ses frères emprisonnés dans les Enfers. Capturé par l&rsquo;armée de Cadmus, Crios gagne sa clémence après avoir vaincu l&rsquo;imposant Rator lors de leur combat que le roi et son épouse Hermione avaient organisé pour leur bon plaisir. Mais Crios refuse de mettre à mort Rator comme le roi le lui ordonne. De nouveau emprisonné, Crios tombe amoureux d&rsquo;Antiope, fille de Cadmus, qu&rsquo;il aperçoit depuis son cachot au moment où celle-ci est bannie par son père. Après avoir été délivré, et grâce au casque de Pluton qui rend invisible et qu&rsquo;il a dérobé, Crios délivre Antiope en tuant sa terrible gardienne, la Gorgone Méduse. Alors qu&rsquo;il est sur le point d&rsquo;être capturé par les soldats de Cadmus, ses frères Titans, qui ont été libérés, viennent à son secours en semant la panique chez les soldats… Dans la grande tradition du péplum italien des années 1960,<strong> Les titans</strong> s’impose comme une aventure mythologique spectaculaire mêlant combats, humour, créatures fantastiques et décors grandioses. Entre fresque antique et film d’aventure décomplexé, l&rsquo;italien Duccio Tessari détourne avec malice les codes du genre tout en conservant le souffle épique et le sens du spectacle propres aux grandes productions italiennes de l’époque. Premier long métrage réalisé en 1962 par Tessari, futur grand nom du cinéma de genre italien tant dans le western que le <em>poliziottesco</em>, <strong>Les titans</strong> révèle déjà le style dynamique du cinéaste, son goût pour l’action et les récits rythmés. Porté par un casting prestigieux du cinéma italien, avec en première ligne l’incontournable Giuliano Gemma, figure majeure du western italien, le film mêle héroïsme, rivalités mythologiques et aventures mouvementées dans un tourbillon d’action et de fantaisie. Tourné dans des décors naturels impressionnants, le film, soutenu par la musique de Carlo Rustichelli, privilégie le mouvement et le divertissement, donnant naissance à un péplum atypique et foisonnant qui conserve aujourd’hui tout son charme. Le film sort, pour la première fois dans une édition Combo Blu-ray + DVD accompagnée de plus d’une heure de bonus consacrés au film et à son histoire. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrwell.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21373" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAOrwell-170x300.jpg" alt="Orwell" width="170" height="300" /></a><strong>ORWELL 2+2= 5</strong><br />
Nommé en 2017 pour l&rsquo;Oscar du meilleur documentaire pour <strong>I Am Not Your Negro</strong>, Raoul Peck a notamment réalisé <strong>Lumumba</strong>, un film inspiré de l&rsquo;histoire de Patrice Lumumba et son rôle dans l&rsquo;indépendance de la république démocratique du Congo ou encore, dans le domaine de la fiction, <strong>Le jeune Karl Marx</strong> (2017), un film retraçant la jeunesse de Karl Marx et Friedrich Engels en Allemagne, à Paris et à Londres. Ministre de la Culture de la république d&rsquo;Haïti de 1995 à 1997, le cinéaste a été président de la Fémis de janvier 2010 à janvier 2019. Après avoir consacré avec <strong>Ernest Cole, photographe</strong> (2024), un documentaire au photographe sud-africain (1940-1990) qui a fait connaître l&rsquo;horreur de l&rsquo;apartheid en Afrique du Sud et à l&rsquo;étranger, Peck se penche, ici, sur l&rsquo;oeuvre la plus célèbre de George Orwell, le fameux<em> 1984</em> publié en juin 1949, neuvième et dernier livre d&rsquo;Orwell paru de son vivant. <em>1984</em> se concentre sur les conséquences du totalitarisme, de la surveillance de masse, et de l&rsquo;enrégimentement répressif des personnes et des comportements au sein de la société. Fervent partisan du socialisme démocratique et membre de la gauche antistalinienne, Orwell décrit dans son roman une Grande-Bretagne, trente ans après une guerre nucléaire entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest censée avoir eu lieu dans les années 1950, et où s&rsquo;est instauré un régime totalitaire fortement inspiré à la fois de certains éléments du stalinisme et du nazisme. Plus largement, le roman examine le rôle de la vérité et des faits au sein des sociétés et les manières dont ils peuvent être manipulés. Le documentaire explore la vie et la carrière d&rsquo;un écrivain britannique plus visionnaire que dystopique. Il utilise les textes d’Orwell (1903-1950), lettres et romans dont tout particulièrement <em>1984</em> et ses version adaptées au cinéma, pour tisser un parallèle entre des événements des cinquante dernières années (en mettant l’accent sur les années récentes) et un monde de dictature où la <em>novlangue</em> est reine. Dans une œuvre aussi fluide que complexe, documenté mais didactique, Peck nous amène à regarder le monde en face. Et il est glaçant. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGoat.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21366" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAGoat-179x300.jpg" alt="Goat" width="179" height="300" /></a><strong>GOAT &#8211; RÊVER PLUS HAUT</strong><br />
Dans un monde d&rsquo;animaux anthropomorphes dans la ville de Vineland, le jeune bouc Will Harris est accompagné par sa mère à son premier match de roarball, une variante du basket où les animaux les plus grands et les plus féroces s&rsquo;affrontent sur des terrains extrêmes comme une tempête de sable ou un précipice… Will aspire à être comme son idole, la Panthère Jett Fillmore, une joueuse des Vineland Thorns. Dix ans plus tard, Will pratique le roarball dans ses temps libres et travaille comme livreur dans le restaurant où sa mère travaillait avec un salaire maigre qui l’empêche de payer son loyer. Après avoir vendu une paire de baskets rares, Will défie Mane Attraction, le joueur principal des magmas de l&rsquo;Inferno Lava Coast, en pariant l’argent qu’il vient d’empocher dans un défi à trois points gagnants. Mane le bat et s’empare de son argent. Du coup, Will perd son appartement, ce qui l&rsquo;amène à cohabiter avec ses amis Hannah et Daryl. La vidéo que publie Hannah montrant Will dribblant Mane de manière hilarante, devient virale. Lorsque Will arrive au restaurant, il est surpris de rencontrer Flo, qui a vu la vidéo et lui propose de rejoindre les Thorns toujours en mauvaise posture. Si Jett Fillmore le tourne en ridicule, Will est cependant présenté à coach Dennis ainsi qu&rsquo;aux joueurs : Archie Everhardt, un rhinocéros indien père de deux jumelles ; Lenny Williamson, une girafe fan de rap ; Modo Olachenko, un dragon de Komodo à l’esprit dérangé et Olivia Burke, une autruche influenceuse très sensible. Dans les premiers matchs, Will reste sur le banc. Mais, dans une rencontre contre les Shadow, Will, à la suite d&rsquo;une faute technique sifflée contre Jett, va entrer en jeu, marquer le point qui permet aux Thorns de renouer avec la victoire. Les relations entre Will et Jett sont orageuses mais les deux vont finir par s&rsquo;allier pour le plus grand bonheur de l&rsquo;équipe. Mêlant humour et action autour d&rsquo;une intrigue sportive centrée sur la confiance en soi et la persévérance, <strong>Goat</strong>, réalisé par Tyree Dillihay, est un film d&rsquo;animation qui se déroule dans un monde entièrement peuplé d&rsquo;animaux anthropomorphes, où les humains n&rsquo;existent pas. Le titre du film joue sur l&rsquo;homonymie entre le mot anglais pour &laquo;&nbsp;chèvre&nbsp;&raquo; (goat) et l&rsquo;acronyme GOAT (Greatest Of All Time, « le meilleur de tous les temps »), reflétant l&rsquo;ambition du personnage principal. (ESCD)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHurlevent.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21369" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAHurlevent-211x300.jpg" alt="Hurlevent" width="211" height="300" /></a><strong>HURLEVENT</strong><br />
Dans l&rsquo;Angleterre du 18e siècle, une pendaison publique attire une foule agitée et exaltée. Dans le public, se trouve notamment Catherine Earnshaw… Peu après, M. Earnshaw, propriétaire du domaine gothique de Hurlevent, situé sur les landes du Yorkshire, revient d&rsquo;un voyage à Liverpool avec un jeune garçon trouvé dans la rue. Il déclare que l&rsquo;enfant restera au domaine et servira de compagnon à sa fille Catherine. Celle-ci s&rsquo;attache immédiatement à lui et le baptise « Heathcliff », en mémoire de son frère défunt. Les deux enfants deviennent inséparables. Un soir, après être rentrés tard et trempés le jour de l&rsquo;anniversaire de M. Earnshaw, Heathcliff prend sur lui la faute et subit une violente flagellation qui lui laisse des cicatrices permanentes dans le dos. Avec les années, Hurlevent se détériore à mesure que M. Earnshaw sombre davantage dans l&rsquo;alcoolisme et les dettes de jeu. Heathcliff, devenu domestique, adopte une apparence négligée, les cheveux longs et la barbe fournie. Catherine, désireuse d&rsquo;échapper à la misère du domaine et d&rsquo;améliorer indirectement la condition de Heathcliff, envisage de séduire leur riche voisin, Edgar Linton, un prospère marchand. Heathcliff, jaloux, désapprouve ce projet. Leur lien se transforme en une passion destructrice, nourrie par l’interdit, la vengeance et un désir brut. Leur amour, à la fois enivrant et toxique, les pousse à défier les conventions sociales et à s’enliser dans une spirale de souffrance, de trahisons et de violence émotionnelle. <em>Wuthering Heights</em> est l&rsquo;unique roman de la femme de lettres anglaise Emily Brontë, publié pour la première fois en 1847 sous le pseudonyme d’Ellis Bell. Il est souvent cité parmi les dix plus grands romans britanniques. Récit à la fois insolite et atroce, <em>Les hauts de Hurlevent</em> s&rsquo;impose comme un roman aux personnages cruels dans lequel la mort est obsédante. Le roman a eu de nombreuses adaptations au grand écran et on se souvient de la version de 1939 signée William Wyler avec Laurence Olivier (Heathcliff), Merle Oberon (Cathie), David Niven (Edgar Linton). On connaît des adaptations de Luis Bunuel (1954) ou de Jacques Rivette (1986) dont l&rsquo;action est transposée en Haute-Provence pendant les années 1930 dans cette adaptation libre dont la sortie fut confidentielle. Avec son <strong>Hurlevent</strong>, la réalisatrice et comédienne anglaise Emerald Fennell s&rsquo;inspire librement du roman et propose une relecture moderne, sombre et sensuelle, centrée sur la relation toxique et passionnée entre Catherine Earnshaw (interprétée par Margot Robbie) et Heathcliff (Jacob Elordi). La cinéaste rajoute des scènes intimes qui n&rsquo;existent pas dans le roman, tirant ce récit vers une <em>dark romance</em>. De quoi faire grincer les dents des amateurs d&rsquo;Emily Brontë ? (Warner)</p>
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		<title>Spielberg orchestre le retour des extraterrestres</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 16:09:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21355" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5.jpg"><img class="size-medium wp-image-21355" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay5-300x199.jpg" alt="Daniel Kellner (Josh O'Connor) et Margaret Fairchild (Emily Blunt&quot;, des passeurs pourchassés. DR" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Daniel Kellner (Josh O&rsquo;Connor)<br />et Margaret Fairchild (Emily Blunt),<br />des passeurs pourchassés. DR</p></div>
<p>C&rsquo;est un incongru combat de catch qui ouvre <strong>Disclosure Day</strong> ! Mais peut-être que le père d&rsquo;<strong>E.T.</strong> est un amateur, comme le furent Peter Lorre et Billy Wilder, de ces combats de costauds qui se mettent, entre douze cordes, des pains à s&rsquo;arracher la tête… Pourtant, dans les travées, se passent des choses qui relèvent directement du thriller. Avec des armes qui se pointent dans les côtes de Daniel Kellner et surtout un sac à dos qui contient un gros paquets de clés informatiques. Manifestement ces cartes mettent complètement en émoi une discrète organisation para-gouvernementale !<br />
Avec <strong>Disclosure Day</strong>, son 36<sup>e</sup> long-métrage, Steven Spielberg est de retour sur le grand écran, près de quatre ans après <strong>The Fabelmans</strong> (2022), agréable évocation autobiographique de ses jeunes années de cinéphile. Le film avait reçu un bon accueil critique mais il fut un échec au box-office pour un réalisateur réputé être le plus « rentable » sur la planète Hollywood. Il reste que <strong>The Fabelmans</strong> « fit » quand même 935.000 entrées dans les salles françaises.<br />
Steven Spielberg est indéniablement un maître du divertissement cinématographique et il l&rsquo;a prouvé tant et tant de fois avec un camion tueur, un requin très vorace, des tyrannosaures qui ne le sont pas moins, un certain Indy et, évidemment le cher E.T. ou <strong>Rencontres du troisième type</strong> dont le cinéaste de 79 ans retrouve ici la mémoire. Car Spielberg revient à la science-fiction et ce n&rsquo;est pas sans une certaine émotion que l&rsquo;on voit, presque furtivement, de longs et fins doigts bruns aux articulations bien marquées venir caresser des visages humains.<br />
En 1977, le cinéaste de <strong>Rencontres du troisième type</strong> s’emparait de l’imaginaire collectif en insufflant de l&rsquo;émerveillement dans ce qu’un contact avec une forme de vie extraterrestre pourrait engendrer. Spielberg se souvient : <em>« Durant le tournage de Rencontres du troisième type, je me disais : ne serait-ce pas formidable si tout ça nous arrivait un jour ? Presque cinquante ans plus tard, je me dis : ne serait-ce pas formidable de savoir que tout ça est déjà vrai ? »</em></p>
<div id="attachment_21354" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4.jpg"><img class="size-medium wp-image-21354" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay4-300x125.jpg" alt="Margaret et Daniel en péril... DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et Daniel en péril&#8230; DR</p></div>
<p>C&rsquo;est une manière de pendant plutôt inquiétant que propose <strong>Disclosure Day</strong> (sans prétendre à être une suite de <strong>Rencontres…</strong>) en questionnant les mystères qui entourent notre existence mais aussi le prix que l’humanité pourrait avoir à payer si les clés de tels mystères ne nous étaient pas révélées. Fasciné par « les grandes énigmes du cosmos », Spielberg découvrit, gamin, une nuit d&rsquo;été, la pluie des Perséides et en fut tout retourné au point d&rsquo;y consacrer une belle partie de son travail cinématographique. Eh oui, et s&rsquo;il y avait quelque part, une forme de civilisation suffisamment développée pour voyager jusqu’à nous? Au passage, on notera quand même que les extraterrestres ont quand même des bouilles vaguement humaines!<br />
On part donc dans les pas de Daniel Kellner, une pointure en cybersécurité qui travaillait pour Wardex, une agence opaque au sein d’un complexe militaro-industriel qui dissimule les indices sur la venue d’extraterrestres sur Terre depuis l’affaire Roswell de 1947. Kellner a craqué, filant avec les preuves en images, convaincu que les images dérobées <em>« appartiennent au monde entier »</em>… De son côté, Margaret Fairchild, présentatrice de la météo sur une chaîne de télé locale de Kansas City, voudrait gravir les échelons du métier. Un jour, chez elle, un petit oiseau rouge vient se poser sur la table de sa salle de séjour. Elle reconnaît un cardinal. Peu de temps après, en direct, Margaret se met à parler une langue incompréhensible. Sauf pour Daniel Kellner qui y comprend un message composé d&rsquo;éléments mathématiques…<br />
On devine assez vite que Margaret et Daniel ont, dans leur enfance, vécu une rencontre. Et, pour ne pas effaroucher les enfants, les extraterrestres leur sont apparus sous la forme d&rsquo;un cerf, d&rsquo;un renard ou encore d&rsquo;un cardinal.</p>
<div id="attachment_21353" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3.jpg"><img class="size-medium wp-image-21353" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay3-300x200.jpg" alt="Scanlon (Colin Firth, au centre) et Wardex en ébullition. DR" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Scanlon (Colin Firth, au centre)<br />et Wardex en ébullition. DR</p></div>
<p>Ce qui vaut à ces « passagers », ces<em> go-between</em> entre deux mondes, d&rsquo;être désormais traqués par Scanlon et ses nervis de la Wardex, bien décidés à laisser l&rsquo;humanité dans l&rsquo;ignorance de cette autre réalité, le tout sur fond de crise géopolitique, d&rsquo;inquiétudes, de débat entre transparence et dissimulation, d’autocratie et de démocratie, d’idéologies et d’empathie, de religion et de science&#8230;<br />
<em>« Disclosure Day est</em>, dit encore le cinéaste, <em>un film sur la désinformation et la difficulté de déterminer la vérité dans un monde et une culture où les puissants brouillent les pistes entre faits et fiction, entre le vrai et le faux, dans le seul but de protéger et servir leurs intérêts propres. »</em><br />
On sait que Spielberg n&rsquo;a pas toujours été en odeur de sainteté auprès de la critique, taxé d&rsquo;utiliser l&rsquo;usine à rêves à des fins mercantiles. Force est de constater, malgré les accusations de simplisme et de manque de profondeur, que Spielberg, volontiers vu comme un technicien virtuose plutôt qu&rsquo;un véritable créateur, s&rsquo;y entend pour proposer du spectacle ! Et tant pis si certains y verront de la mièvrerie, de l&rsquo;angélisme, de la mauvaise conscience. Après tout, on est dans l&rsquo;univers du conte.<br />
On cite volontiers Pierre Berthomieu, spécialiste du cinéma hollywoodien, lorsqu&rsquo;il remarque que Spielberg réhabilite l&rsquo;enfance du regard par une forme de naïveté produisant de la sidération.</p>
<div id="attachment_21351" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21351" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay1-300x125.jpg" alt="Margaret et la &quot;commande&quot;, un clé d'accès. DR" width="300" height="125" /></a><p class="wp-caption-text">Margaret et la &laquo;&nbsp;commande&nbsp;&raquo;, un clé d&rsquo;accès. DR</p></div>
<p>Et s&rsquo;il y avait néanmoins nécessité de citer des films sérieux, voire même graves dans la filmographie de notre histrion, on trouvera <strong>Il faut sauver le soldat Ryan</strong> (1998), <strong>Munich</strong> (2005), <strong>Pentagon Papers</strong> (2017) et évidemment <strong>La liste de Schindler</strong> (1993) dans lequel, non sans déclencher une virulente polémique, notamment en France, le cinéaste se confrontait à la Shoah et à la question de sa judéité.<br />
<strong>Disclosure Day</strong> est un film mené tambour battant où le réalisateur s&rsquo;offre quelques moments de bravoure comme la caserne de pompiers devenue invisible ou la séquence de la voiture accrochée à un train lancé à vive allure avec, évidemment, Daniel et Margaret en péril mais on se laisse embarquer aussi dans les interrogations sur notre capacité à remettre en cause nos croyances au vu de vérités qui viennent élargir notre compréhension de l’univers.<br />
La « commande » au poing, Margaret, quasiment « extralucide », embarque le spectateur dans l&rsquo; aventure tout en prévenant <em>« Je ne veux être la religion de personne »</em> mais elle pose bien la question : <em>« Et si nous n&rsquo;étions pas seuls ? »</em><br />
C&rsquo;est dans l&rsquo;univers des médias que s&rsquo;achève, en édition spéciale, cette histoire. Margaret et Daniel en sont convaincus : <em>« On a tous besoin de croire et d&rsquo;être crus ».</em> Et aussi de savoir. Alors le duo (les Britanniques Josh O&rsquo;Connor et Emily Blunt, très convaincants) se fait lanceurs d&rsquo;alerte en diffusant des images « interdites ». Le pouvoir des images, toujours et encore. Le dernier mot appartient à Margaret : <em>« Ecoutez ! »</em> Plus une invitation qu&rsquo;un avertissement.</p>
<p><strong>DISCLOSURE DAY</strong> Science-fiction (USA – 2h25) de Steven Spielberg avec Emily Blunt, Josh O&rsquo;Connor, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson, Wyatt Russell, Tommy Martinez, Henri Lloyd-Hughe. Dans les salles le 10 juin.</p>
<div id="attachment_21352" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21352" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADisclosureDay2-300x139.jpg" alt="Une rencontre... DR" width="300" height="139" /></a><p class="wp-caption-text">Une rencontre&#8230; DR</p></div>
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		<title>Le général et les cantatrices</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Jun 2026 11:52:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[FRANCE.- Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&#8217;Aisne, à la tête d&#8217;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&#8217;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&#8217;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4e Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21337" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21337" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle1-300x300.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider), Darlan (Mathieu Kassovitz). DR" width="300" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: De Gaulle (Simon Abkarian), Leclerc (Nils Schneider),<br />Darlan (Mathieu Kassovitz). DR</p></div>
<p><strong>FRANCE.-</strong> Le 17 mai 1940, à Montcornet, dans l&rsquo;Aisne, à la tête d&rsquo;une colonne de chars, un colonel inconnu coiffé d&rsquo;un casque de cuir, mène une contre-attaque de l&rsquo;Armée française contre des unités de la Wehrmacht. Les troupes de la 4<sup>e </sup>Division française cuirassée prennent plusieurs points stratégiques avant de se replier, sur ordre, avec 23 chars détruits sur les 85 initialement engagés, tandis que la 10e Panzerdivision poursuit son avancée sans aucune perte matérielle mais avec de lourdes pertes humaines.<br />
Le principal succès de la bataille de Montcornet, qui mettra le colonel Charles de Gaulle en lumière (et qui lui vaudra d&rsquo;être promu général) est moral. Cette bataille est l&rsquo;une des rares de la campagne de France où les Français sont parvenus à repousser les troupes allemandes pendant quelques heures&#8230;<br />
Pourtant, en juin 1940 , la France s&rsquo;effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s&rsquo;échappe vers Londres pour sauver ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n&rsquo;a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n&rsquo;est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l&rsquo;ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l&rsquo;Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.<br />
Présenté hors compétition en sélection officielle à Cannes, <strong>La bataille de Gaulle – L&rsquo;âge de fer</strong> (France – 2h40. Tout public avec avertissement. Dans les salles le 3 juin) s&rsquo;ouvre sur un maelström de sons avec <em>« Quand notre coeur fait boum »</em> de Charles Trenet, les vociférations d&rsquo;Hitler, les voix de Radio Paris ou encore le triste <em>« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat »</em> lancé à la radio le 17 juin 1940 par Pétain et annonçant l&rsquo;armistice avec les Allemands.<br />
Remarqué, sous le pseudonyme d&rsquo;Abel Lanzac, pour la bande dessinée <em>Quai d&rsquo;Orsay</em> (2010) puis, au grand écran, sous son vrai nom, avec son premier long-métrage <strong>Le chant du loup</strong> (2019), Antonin Baudry s&rsquo;est lancé dans un grand diptyque biographique et historique dont le scénario repose sur <em>De Gaulle : une certaine idée de la France</em>, le livre, paru en 2019 au Seuil, de l&rsquo;historien britannique Julian T. Jackson.<br />
<em>« Le personnage de de Gaulle,</em> dit le cinéaste, <em>m’intéresse depuis que je suis ado. J’ai lu Le Fil de l’épée quand j’avais 17 ans, ainsi qu’une biographie par Jean Lacouture, mais l’aspect icône du personnage m’en éloignait. Et puis je suis tombé sur la biographie de Julian Jackson qui a modifié ma perspective, peut-être parce que l’auteur était anglais et que son livre échappait au côté “monument national français”. De plus, il recelait de nombreux témoignages de première main, rédigés à l’époque, en direct, et non reconstitués après coup : par exemple, quelqu’un qui note dans son carnet : “Cet après-midi, j’ai rencontré un type étrange, qui semblait sortir du Moyen-Âge”&#8230; »</em></p>
<div id="attachment_21338" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21338" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADeGaulle2-300x159.jpg" alt="&quot;La bataille...&quot;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR" width="300" height="159" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;La bataille&#8230;&nbsp;&raquo;: les troupes de la France libre dans les sables de Libye. DR</p></div>
<p>On plonge sans peine et avec intérêt dans une vaste fresque qui emporte le spectateur dans le Londres des années quarante (reconstitué en studio) dans les pas d&rsquo;un général complètement seul mais totalement convaincu de son destin, en l&rsquo;occurrence d&rsquo;incarner la France de la résistance et plus encore de la liberté. Mais, à Londres, face à des Anglais hautains, voire méprisants, De Gaulle aura fort à faire pour convaincre même si Winston Churchill, avec lequel De Gaulle forme un duo tragi-comique, semble fasciné par la personnalité de cet interlocuteur français quasiment marginal…<br />
Tandis qu&rsquo;en France, quelques jeunes gens, bien seuls eux aussi, tentent de faire briller la flamme de la résistance, De Gaulle, traité de « traître » par Vichy, déchu de sa nationalité française et condamné à mort, s&rsquo;empare de l&rsquo;outil radiophonique. Sur les ondes de la BBC, même si on peut penser que peu l&rsquo;entendent, il lance des appels pour mettre l&rsquo;honneur face à l&rsquo;humiliation. Et puis cet homme droit et raide qui dit <em>« Nous sommes la France »</em>, va connaître ses premiers appuis, des pêcheurs de l&rsquo;île de Sein à Pleven, Leclerc, Koenig. Avec eux, De Gaulle veut « reprendre l&rsquo;Afrique », faire de Dakar, la capitale de la France libre. Rien ne semble pouvoir entamer la détermination de De Gaulle même si le président américain Roosevelt considère que la France libre est un conte de fées et De Gaulle un pantin…<br />
Antonin Baudry, tout en racontant l&rsquo;Histoire, de la destruction de la flotte française à Mers el Kébir à l &lsquo;héroïque bataille de Bir Hakeim (<em>« Dites à Koenig que toute la France les regarde et qu’ils seront son orgueil! »</em>) en passant par la mort de l&rsquo;amiral Darlan abattu à Alger par un jeune résistant, s&rsquo;attache autant à la figure publique du général qu&rsquo;à ses facettes intimes. <em>« De Gaulle,</em> dit Baudry, <em>a aussi connu de grands moments de doute. À Dakar, il a pensé en finir. C’était un grand mélancolique. J’aime aussi la scène où il savonne son corps dans la baignoire, ce contraste entre le gigantesque et l’intime&#8230; »</em> Pour cela, le réalisateur peut compter sur un formidable Simon Abkarian (qui passait tous les jours près de deux heures au maquillage) qui réussit le défi extraordinaire d&rsquo;exprimer l’émotion d’un personnage qui s’acharne à n’en dévoiler aucune.<br />
<strong>La bataille de Gaulle – J&rsquo;écris ton nom</strong>, second volet de cette saga française sort le 3 juillet dans les salles.</p>
<div id="attachment_21339" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21339" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit1-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Igor (Daniel Auteuil) répète &quot;Les noces...&quot; avec son orchestre. DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Igor (Daniel Auteuil) répète<br />&laquo;&nbsp;Les noces&#8230;&nbsp;&raquo; avec son orchestre. DR</p></div>
<p><strong>OPERA.-</strong> <em>« Ça dure trois heures ! »</em> dit l&rsquo;un. <em>« Ben oui, c&rsquo;est un opéra ! »</em> dit l&rsquo;autre… Une équipe artistique et technique s&rsquo;apprête à monter <em>Les noces de Figaro</em> qui doivent être bientôt données dans les ruines majestueuses du château de Lacoste, dans le Vaucluse, qui fut la demeure de marquis de Sade&#8230; Igor, le chef d&rsquo;orchestre, est ravi de retrouver la baguette pour diriger cet <em>opera buffa</em> et tout heureux de savoir que le rôle de la comtesse sera tenu par Hannah Liebmann, la célèbre cantatrice qui partagea autrefois, un temps, sa vie. Mme Liebmann, de retour en France après des contrats à l&rsquo;étranger, apprend par son frère, que leur père est en train de perdre la tête. La mise en scène a été confiée par le producteur Nicolas Poirier, un roi des nuits parisiennes, à la gracile Mirabelle, une icône de la mode, qui s&rsquo;excuse constamment de tout et de rien auprès de son équipe. Quant au mécène Pastourel, il n&rsquo;a pas hésité à mettre une grosse somme dans la production… à condition que sa fille chante le rôle de Suzanne.<br />
Alors que Mirabelle réclame d&rsquo;immenses phallus dans le décor pour dire combien <em>Les noces…</em> donnent une image forte du patriarcat, Sophie se plaint que, pendant une répétition, le baryton italien Piazzoni, l&rsquo;interprète du comte Almaviva, ait commis une agression sexuelle sur sa personne. Très vite, portée par Cora, qui chante Chérubin, le ton monte et provoque des tensions dans l&rsquo;équipe. On apprend aussi que, sur les réseaux sociaux, une fameuse chanteuse d&rsquo;opéra va publier une liste de personnalités ayant eu des comportements inopportuns. Igor commence à s&rsquo;inquiéter sérieusement. La vague #MeToo va-t-elle s&rsquo;abattre sur le monde de l&rsquo;opéra ?<br />
Présenté hors compétition à Cannes en mai dernier, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> (France – 2h13. Dans les salles le 27 mai) marque le retour à la réalisation d&rsquo;Agnès Jaoui après la disparition, en 2021, de Jean-Pierre Bacri, son compagnon et co-scénariste, auquel le film est dédié.</p>
<div id="attachment_21340" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21340" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAObjetDelit2-300x168.jpg" alt="&quot;L'objet...&quot;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara) et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;L&rsquo;objet&#8230;&nbsp;&raquo;: Cora/Chérubin (Eye Haïdara)<br />et Hannah/la comtesse (Agnès Jaoui). DR</p></div>
<p>L&rsquo;intrigue est née du désir de la réalisatrice de partager son amour de l&rsquo;opéra avec le public mais aussi d&rsquo;évoquer <em>« ses expériences en tant qu&rsquo;actrice et réalisatrice dans une industrie dominée par les hommes »</em>. De fait, la production a bénéficié d&rsquo;un programme de formation, mené par le CNC, visant à prévenir les incidents d&rsquo;agression sexuelle. Et Agnès Jaoui a décrit le tournage comme une expérience « méta » en notant: <em>« Des personnes sont venues sur le plateau pour nous sensibiliser pendant des heures. Dans le film, il y a aussi des scènes où tout le monde se réunit pour parler de ce qui s&rsquo;est passé. »</em><br />
<strong>L&rsquo;objet du délit</strong> fait entrer le spectateur, sur des airs des <em>Noces</em>, comme le fameux <em>Voi che Sapete</em>, dans les coulisses d’une ambitieuse production d’opéra. C&rsquo;est l&rsquo;occasion de découvrir l&rsquo;envers du décor à travers des personnages tour à tour savoureux, naïfs, crispants, touchants comme Samir, le nouveau régisseur qui n&rsquo;a jamais mis les pieds sur un plateau d&rsquo;opéra ou graves à l&rsquo;image de Hannah Liebmann qui souffre de presbyphonie, le vieillissement naturel de la voix.<br />
Indéniablement, les tensions nées de l&rsquo;accusation d’agression sexuelle de Piazzoni, en mettant en péril la production et en forçant chacun à prendre position, installe une forme de suspense. D&rsquo;autant que, comme il est dit, aux premières images du film, <em>« quand chacun a sa conscience de la justesse, arrive la cacophonie »</em>.<br />
Mais porté par les sublimes airs de Mozart, <strong>L&rsquo;objet du délit</strong> acquiert à ce titre une forme de grâce qui fait de cette aventure artistique un beau moment de cinéma. Car, in fine, <em>Les noces de Figaro</em> se joueront dans la nuit de Provence. Sur scène, on assiste au mariage de Figaro et de Suzanne ainsi qu&rsquo;à la réconciliation d&rsquo;Almaviva et de la comtesse aux accents de <em>Contessa perdono&#8230; Questo giorno di tormenti</em>. Mais, dans la coulisse, Piazzoni peut se faire du souci pour la suite de sa carrière. Quant à Hannah, elle a le mot de la fin pour Igor : <em>« Tu ne comprends rien ! »</em></p>
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		<title>L&#8217;ÉCRIVAIN PRÉCAIRE ET LES POUVOIRS DU PRÉSIDENT</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 09:36:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[A PIED D&#8217;OEUVRE Gros plan sur un papier peint à fleurs qui cède, peu à peu, sous des coups de masse. Derrière le mur, Paul Marquet s’affaire. A dos d’homme, il va falloir descendre de lourds sacs de gravats. Photographe professionnel talentueux, Paul, la quarantaine, a laissé la photo pour devenir écrivain. « Mais rester [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAAPiedDoeuvre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21300" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAAPiedDoeuvre-174x300.jpg" alt="A Pied D'oeuvre" width="174" height="300" /></a>A PIED D&rsquo;OEUVRE</strong><br />
Gros plan sur un papier peint à fleurs qui cède, peu à peu, sous des coups de masse. Derrière le mur, Paul Marquet s’affaire. A dos d’homme, il va falloir descendre de lourds sacs de gravats. Photographe professionnel talentueux, Paul, la quarantaine, a laissé la photo pour devenir écrivain. <em>« Mais rester écrivain a été un autre histoire »</em>. Déjà auteur de trois livres, il s&rsquo;entend dire par son éditrice, qu&rsquo;on attend toujours son grand roman… Valérie Donzelli suit, au plus près, le parcours d’un homme qui a abandonné un métier dans lequel il excellait pour se lancer dans l’écriture avant de tomber dans la précarité. Film qui dit la dureté de notre époque, <strong>A pied d’oeuvre</strong> est une adaptation de l’autobiographie éponyme de Franck Courtès, considéré comme l’un des meilleurs livres de la rentrée littéraire en 2023. Voici donc le récit intimiste, à la première personne et en voix off -une signature du style Donzelli- d’un écrivain confronté, peu à peu, mais d’une manière qui va en s’accélérant, à la pauvreté. Déjà présent dans plusieurs films de la cinéaste, Bastien Bouillon endosse un personnage déclassé, affaibli, isolé mais qui demeure néanmoins très déterminé tout du long. Avec cet homme taiseux, qui dit qu’il n’est plus <em>« quelqu’un de précis socialement »</em>, le comédien livre une performance toute en nuances, jouant sur une démarche, une manière de rentrer les épaules, de porter un bonnet ou de petites lunettes rondes, accessoire emblématique pour un ancien photographe et un écrivain qui passe son temps à observer, prendre des notes, écrire… Sans être un vademecum de la précarité, <strong>A pied d’œuvre</strong> raconte quand même, au plus près, la réalité d’un homme, au corps mis à rude épreuve, qui va sur <em>Jobbing</em>, plateforme qui met aux enchères des petits boulots et les attribue aux moins offrants, qui enchaîne des travaux de jardin, le montage d’une armoire, le démontage d’une (lourde) mezzanine, arrache des buis, fait le taxi, heurte un chevreuil et est frappé par la souffrance de la beauté condamnée tout en disant : <em>« C’est aussi beaucoup de viande ! »</em> En s’appuyant sur des couleurs froides et des lumières plutôt sombres, Valérie Donzelli trace le portrait d’un artiste qui refuse d’être là où on lui demande d’être. À savoir être un homme blanc, père de famille, qui gagne de l’argent. En cela, Paul dérange. Avec lucidité, élégance, voire courtoisie, Paul croise les autres et va son chemin. Dans son livre, Franck Courtès dit que les écrivains sont inaccessibles au découragement. En cela, Paul Marquet est un écrivain. Précaire certes mais qui affirme, dans un ultime plan : <em>« Je ne travaille pas le matin. Le matin j’écris… »</em> (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaGrazia.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21307" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaGrazia-190x300.jpg" alt="La Grazia" width="190" height="300" /></a><strong>LA GRAZIA</strong><br />
Sur une galerie ouverte surplombant la ville éternelle, le président De Santis regarde, l’air las, les toits romains en tirant sur sa cigarette. L’homme soupire : <em>« Aurora, tu me manques… »</em> Avec <strong>La Grazia</strong>, Paolo Sorrentino livre une œuvre marquée par une certaine gravité, un film d’où la fantaisie semble absente, à l’inverse des réalisations d’avant. Mais le cinéaste napolitain parvient pourtant à bousculer l’austérité ambiante par des fulgurances aussi surprenantes que bienvenues. Il est vrai que l’univers dans lequel évolue le président n’est pas des plus trépidants. Car cet homme veuf, juriste de grande réputation, profondément catholique, n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un joyeux drille. <strong>La Grazia</strong> est donc moins une plongée dans les arcanes du pouvoir qu’une descente dans la psyché d’un homme à la bascule de sa vie publique. Car De Santis, désormais âgé, arrive au terme de son mandat. Dans six mois, ce sera fini. Le président (excellent Toni Servillo) s’en trouve-t-il bien ou l’exercice du pouvoir qu’il s’apprête à quitter lui laisse-t-il un sentiment d’abandon… Pour l’heure, sa fille Dorotea, qui œuvre en permanence dans son ombre, a posé trois dossiers sur le bureau présidentiel. Deux portent sur la grâce demandée par une femme et un homme qui ont commis des crimes dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes. Le troisième, un projet de loi sur l’euthanasie, amène De Santis à faire face à une décision cruciale qui l’oblige à affronter ses propres dilemmes moraux. Justement <strong>La Grazia</strong> va quasiment décrypter comment ce politique souffre d’avoir perdu la femme qu’il aimait, cette Aurora qui le subjugua tout jeune et dont il n’arrive toujours à surmonter la perte. Même si cet amoureux connaît le doute et la jalousie. Car il est convaincu qu’Aurora l’a trompé. Et il ne supporte toujours pas de ne pas savoir qui est responsable de son infortune. Entièrement fictif mais très réaliste, cet hôte du Quirinal va « monter au front » sur les deux dossiers de grâce et sur la loi sur l’euthanasie. Si le film se présente d’abord sous des dehors sévères, la fantaisie va se glisser dans les plis de cette aventure intime. Avec une ravissante présidente balte, un pape noir et… motocycliste ou une soirée avec des vétérans de l’armée de montagne chantant la bravoure alpine. Une réflexion sur la solitude, le doute et la nécessité de l’accepter, sur aussi la responsabilité, un devoir qui devrait définir celles et ceux qui nous gouvernent. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAStalag17.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21312" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAStalag17-200x300.jpg" alt="Stalag 17" width="200" height="300" /></a><strong>STALAG 17</strong><br />
A la fin de 1944, dans le Stalag 17, un camp de prisonniers américains en Allemagne, les hommes sont persuadés, après l&rsquo;évasion manquée de deux d&rsquo;entre eux, qu&rsquo;ils ont été trahis par l&rsquo;un des leurs. Leurs soupçons se portent sur le sergent J.J. Stefton, un individualiste combinard qui ne se cache pas de faire du troc avec les gardiens. Juste, avant le départ de ses deux camarades, Stefton avait parié sur leur échec et gagné ainsi la provision de cigarettes remise par la Croix-Rouge&#8230; Bientôt, Stefton, sérieusement malmené par ses co-détenus, comprend qu&rsquo;il n&rsquo;a plus qu&rsquo;une seule issue : démasquer lui-même le coupable. Déjà, il a découvert l&rsquo;ingénieux moyen de communication du traître : un pion de jeu d&rsquo;échecs truqué dans lequel sont glissés les messages… Adapté de la pièce à succès de Donald Bevan et Edmund Trzcinski créée à Broadway en 1951, <strong>Stalag 17</strong>, sorti en 1953, entraîne le spectateur au cœur d’un camp de prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale. Mais loin de donner une fresque héroïque, Billy Wilder a choisi une approche intime et singulière, transformant un décor clos en un fascinant terrain d’observation des comportements humains. Entre suspicion, peur et instinct de survie, les prisonniers comprennent qu’un traître met leur existence en danger. Avec le remarquable <strong>Gouffre aux chimères</strong> (1951), <strong>Stalag 17</strong> est l&rsquo;une des œuvres les plus pessimistes de Wilder. Le cinéaste de <strong>Boulevard du crépuscule</strong> livre un brutal constat d&rsquo;échec sur une société incapable de se régir autrement que dans des rapports mercantiles, égoïstes, dominateurs et meurtriers, une société symbolisée par le microcosme qu&rsquo;est l&rsquo;univers carcéral du Stalag. Mêlant tension dramatique, humour noir et regard cynique sur la nature humaine, le film déploie toute la virtuosité du cinéaste. Avec une photographie en noir et blanc d’Ernest Laszlo, la mise en scène joue sur l’enfermement, les mouvements de groupe et les jeux d’ombre pour créer une atmosphère fortement oppressante. Le film permet aussi à William Holden de composer, avec l&rsquo;ambigu Stefton, un personnage remarquable qui lui vaudra l’Oscar du Meilleur acteur. À ses côtés, le cinéaste dirige d&rsquo;excellents acteurs et l&rsquo;on remarque, dans le rôle de Von Scherbach, le commandant du camp, le metteur en scène Otto Preminger. <strong>Stalag 17</strong> sort dans une belle édition Blu-ray + DVD restaurée 4K, accompagnée de plusieurs suppléments inédits ainsi que du livret <em>A la guerre comme à la guerre</em> (24 pages) que Marc Toullec consacre à la genèse du film. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFemmeQuiCrie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21304" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFemmeQuiCrie-187x300.jpg" alt="Femme Qui Crie" width="187" height="300" /></a><strong>LA FEMME QUI CRIE</strong><br />
Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Ah-shih assiste au suicide de sa mère, accusée de vendre son corps pour un peu de nourriture. C&rsquo;est la fillette qui arrache, de ses mains, la lame qui vient d&rsquo;emporter sa mère… Devenue orpheline, la petite fille est recueillie par son oncle et sa tante. <em>« Elle aura une meilleure vie, désormais »</em> observe son entourage. Mais, à vingt ans, Ah-shih est contrainte de quitter les siens pour épouser le boucher Chiang Shui, un homme aussi fruste que violent qui abuse de sa jeune femme. La relative aisance du couple fait jaser les habitants du village et Ah-shih devient l’objet de ragots abjects… Coup d’éclat cinématographique de l’année 1984, <strong>La femme qui crie</strong> est, à l’origine, un roman de l’autrice féministe Li Ang, alors figure montante de la scène littéraire taïwanaise, qui aborde avec audace les thèmes de la violence domestique et de la domination patriarcale. Attirés par la puissance transgressive de son écriture, les plus grands talents issus du Nouveau Cinéma taïwanais – du réalisateur Tseng Chuang-hsiang (<strong>L’homme-sandwich</strong>) au scénariste Wu Nien-jen (<strong>Poussières dans le vent</strong>), en passant par l’actrice Pat Ha Man-jik (<strong>Nomad</strong>) – se sont unis pour livrer une adaptation radicale, au style brut et à la narration tout en retenue. Disponible pour la première fois dans une belle restauration 2K et inédit en Blu-ray, <strong>La femme qui crie</strong> est un film aussi intense que cruel sur la manière dont un homme misérablement mutique se comporte avec sa jeune femme. Le film aligne une suite de moments où le boucher s&rsquo;empare physiquement d&rsquo;une proie complètement soumise et pleurante et d&rsquo;autres où le boucher œuvre dans son abattoir, tue puis débite des porcs tandis que ses employés interrogent, grassement, <em>« Est-ce que ta femme a crié comme ça, hier soir ? »</em> Réduite à des tâches ménagères, régulièrement molestée, Ah-shih est considérée comme une triste potiche par un mari qui lui ordonne de le regarder dîner. Et lorsque la jeune femme s&rsquo;achète quelques canetons qu&rsquo;elle compte élever pour les vendre, le boucher les écrase sous ses talons en hurlant : <em>« Je peux t&rsquo;entretenir&#8230; »</em> Un jour, pourtant, Ah-shih cessera de baisser la tête. Tourné dans les paysages maritimes des îles Perscadores, au large de Taïwan, <strong>La femme qui crie</strong> est un film impressionnant sur le sexe comme monnaie d&rsquo;échange pour la survie. Dans les suppléments, on trouve<strong> Le cri et le silence</strong> (26 mn), un entretien inédit avec Wafa Ghermani, spécialiste du cinéma taïwanais, qui note : <em>« Le film suit les tentatives d’Ah-shih pour s’adapter et survivre, et cette violence sur le corps des femmes qui veulent prendre leur revanche peut être vue comme une métaphore politique d’un pays qui ne cesse d’être blessé. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMageKremlin.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21309" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMageKremlin-196x300.jpg" alt="Mage Kremlin" width="196" height="300" /></a><strong>LE MAGE DU KREMLIN</strong><br />
<em>« La confiance d’un dirigeant n’est pas un privilège mais une condamnation… »</em> Vadim Baranov sait de quoi il parle. Lui qui, dans la Russie des années 1990, devient le conseiller officieux d’un certain Vladimir Poutine. En partant du roman éponyme de Giuliano da Empoli, paru en 2022 chez Gallimard, Olivier Assayas a mené à bien un projet coûteux (un budget de 23 millions d’euros) auquel certaines voix ont reproché de <em>« brouiller la frontière entre fiction et analyse politique »</em>. Dans un récit ponctué de multiples flash-back et utilisant des images d’archives parfois reconstituées, on se glisse sans peine dans le tumulte d’un pays en reconstruction où Vadim Baranov, artiste, metteur en scène puis producteur de télé, va, au siège de la Loubianka, approcher, par l’entremise de l’oligarque Boris Berezovsky, un ancien agent du KGB devenu lieutenant-colonel du FSB et promis à un pouvoir absolu d’abord comme premier ministre puis comme président de la Fédération de Russie. Dans l’ombre du futur « Tsar », Baranov, devenu un rouage central de la nouvelle Russie, façonne les discours, les images, les perceptions. L’Union soviétique s’est effondrée, provoquant une promesse de liberté mais aussi de chaos, générant une demande d’autorité de la part de la population. <em>« Les Russes avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché »</em>, constate Baranov. Poutine, lui, mène sa quête du pouvoir en répondant par la seconde guerre de Tchétchénie ou la gestion du naufrage du sous-marin Koursk. Mise au pas des oligarques (Berezovsky doit partir en exil avant de disparaître dans des circonstances douteuses), combat contre la révolution orange en Ukraine, annexion de la Crimée… Sans états d’âme, Baranov met son talent dans le domaine médiatique au service de l’omnipotent Poutine. Evoquant ce Berezovsky dont il fut le protégé, Baranov dit : <em>« L’intelligence ne protège de rien, même pas de la stupidité »</em>. Quant à la stratégie numérique du Kremlin à l’international, il considère : <em>« Il n’y a rien de plus sage que de miser sur la folie des hommes »</em>. Si Baranov est un personnage fictif, il est entouré de figures bien réelles comme, outre Boris Berezovsky, Igor Setchine, Boris Eltsine, le joueur d’échecs et opposant Garry Kasparov, l’idéologue Édouard Limonov ou le commandant de guerre Evgueni Prigojine. L’autre personnage fictif et unique figure féminine du film, c’est l’ insaisissable Ksenia (Alicia Vikander), possible échappée pour Baranov hors des logiques d’influence et de domination. Si on entre volontiers dans <strong>Le mage du Kremlin</strong>, c’est évidemment à cause de la vraie actualité qui, quasiment jour après jour, met Poutine sur le devant de la scène. Comme si la fiction allait nous en apprendre plus sur ce « Tsar » dont s’empare avec brio (et retenue) l’excellent Jude Law. Sans jamais jouer l’imitation, le Britannique réinvente un Poutine crédible. Quant à Paul Dano, il est un intrigant Baranov. Jouant de sa bouille ronde de bébé, l’Américain incarne un type aussi lisse que finement manipulateur. <em>« J’avais mauvaise conscience mais je finissais par m’habituer »</em>. Une définition du pouvoir ? (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATrilogieJeu.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21314" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATrilogieJeu-209x300.jpg" alt="Trilogie Jeu" width="209" height="300" /></a><strong>LA TRILOGIE DU JEU</strong><br />
Polars d&rsquo;action secs et nerveux situés dans un Japon régi par le complot, la trahison et la corruption, les trois films composant la <strong>Trilogie du jeu</strong> de Toru Murakawa mettent en vedette l’acteur nippon Yusaku Matsuda (on le voit, à la fin de sa carrière en yakusa, au côté de Michael Douglas et de son compatriote Ken Takakura dans<strong> Black Rain</strong> de Ridley Scott en 1989), impressionnant dans le rôle de Shohei Narumi, antihéros impassible à la gâchette facile. Somptueusement photographiée dans une palette de bleu aux tons froids qui fera la renommée du chef opérateur Seizo Sengen, portée par une bande originale sensuelle composée par la légende du jazz Yuji Ohno, la <strong>Trilogie du jeu</strong> sort pour la première fois en France en version restaurée dans un coffret de deux Blu-ray. La trilogie de référence du cinéma d’action japonais qui a influencé des cinéastes comme Takashi Miike ou Kiyoshi Kurosawa… Dans <strong>Le jeu le plus dangereux</strong> (1978 &#8211; 89 mn), Shohei Narumi, tueur à gages sans foi ni loi, est engagé par un puissant homme d’affaires pour sauver le gendre et collaborateur de ce dernier, victime d’un kidnapping. Il s’agirait en réalité d’un complot déguisé visant à éliminer les cadres dirigeants de l’entreprise… Dans <strong>Le jeu de la mort</strong> (1978 &#8211; 92 mn), Shohei Narumi revient à Tokyo après cinq ans d’absence. Ses retrouvailles avec la fille et la maîtresse de sa dernière victime, désormais proches des milieux yakuzas, le renvoient bientôt à son passé trouble et à ses vieux démons… Enfin dans <strong>Le jeu de l&rsquo;exécution</strong> (1979 &#8211; 100 mn), Shohei Narumi est enlevé, séquestré puis torturé. Cette opération a uniquement pour but de tester l’endurance physique et mentale du jeune homme. Son commanditaire souhaite en effet engager Narumi pour liquider un éminent tueur à gages désirant se retirer du milieu… Le coffret comprend de nombreux suppléments ! <strong>L&rsquo;aventurier</strong> (20 mn) est une entretien avec le réalisateur Toru Murakawa qui revient en détail sur sa célèbre trilogie, dont la réussite repose sur les talents conjugués et l’implication de son équipe. Dans <strong>Souvenirs de Yusaku Matsuda</strong> (18 mn), on retrouve Yutaka Oki, gérant d’un bar à jazz à Tokyo, qui avait pour client le grand acteur Yusaku Matsuda, avec lequel il noua une solide amitié jusqu’à sa disparition, en 1989. <strong>Changer la donne</strong> (22 mn) est un entretien avec le scénariste Shoichi Maruyama. Engagé pour écrire le scénario du dernier volet de la trilogie, Maruyama évoque les influences de ce film aux dialogues minimalistes. Enfin, <em>Réinventer le cinéma d&rsquo;action japonais : Mitsuru Kurosawa, Toei Central et la Trilogie du jeu</em> est un livret exclusif (64 pages) rédigé par Dimitri Ianni, chercheur indépendant et spécialiste du cinéma japonais contemporain. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAZoulou.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21315" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAZoulou-183x300.jpg" alt="Zoulou" width="183" height="300" /></a><strong>ZOULOU</strong><br />
En janvier 1879, en Afrique du Sud, dans la province du Natal, les troupes anglaises sont sévèrement vaincues, à Isandhlwana, par une armée de plus de 20.000 Zoulous. Quelques heures plus tard, près de 139 soldats britanniques (dont 35 malades ou blessés) retranchés dans la ferme de Rorke&rsquo;s Drift (faisant office de mission et d&rsquo;hôpital au révérend Jack Witt), sont attaqués par près de 4000 guerriers zoulous. Le commandant qui va organiser la défense est un officier du Génie chargé de construire un pont secondé par un jeune officier sans expérience. Les Tuniques rouges repoussent tous les assauts à la suite d&rsquo;une lutte acharnée qui dure près de douze heures. Alors qu&rsquo;ils croient la bataille perdue, ils reçoivent un hommage de leurs ennemis saluant leur courage et leur ténacité. En fait, les secours arrivaient. La bataille voit la défaite des Zoulous face aux Britanniques, causant près de 351 morts pour les premiers contre 17 pour les seconds. Elle permet au Royaume-Uni de sauver la face après Isandhlwana et de reprendre la campagne pour ensuite dominer le royaume zoulou et tout le sud de l’Afrique. La bataille de Rorke’s Drift entre dans l’Histoire comme l’un des affrontements les plus déséquilibrés de la guerre anglo-zouloue. De cet épisode bien réel, le cinéma a tiré une fresque inoubliable : <strong>Zoulou</strong>, reconstitution spectaculaire et tendue d’un combat devenu légendaire. Réalisé en 1964 par l&rsquo;Américain Cy Enfield, le film s’attache à restituer l’intensité de la bataille avec un souci de réalisme rarement atteint. La production fait ainsi appel à plus de 700 figurants zoulous, dont beaucoup sont les descendants directs des combattants ayant pris part à l’affrontement historique, conférant aux scènes de combat une authenticité saisissante. À l’origine du projet, Stanley Baker, également producteur du film, s’impose dans le rôle du lieutenant John Chard, officier méthodique propulsé à la tête d’une défense désespérée. À ses côtés, Michael Caine, dans l’un de ses premiers grands rôles, incarne un jeune officier aristocrate, apportant au film une tension supplémentaire entre hiérarchie militaire et différences de tempérament. <strong>Zoulou</strong> déploie ainsi une mise en scène ample, où la rigueur stratégique répond à la puissance organique des assauts. Mais au-delà du spectacle, le film se distingue par son approche étonnamment nuancée, refusant toute lecture manichéenne pour laisser émerger, dans la violence des combats, une forme de respect mutuel entre adversaires. Avec ses séquences devenues emblématiques et son souffle épique, <strong>Zoulou</strong> s’impose comme un grand classique du film de guerre. En 1979, Cy Endfield a scénarisé un autre film consacré aux événements qui se sont déroulés lors de la bataille d&rsquo;Isandhlwana: <strong>L&rsquo;ultime attaque</strong> avec Burt Lancaster et Peter O&rsquo;Toole. Dans les suppléments, on trouve une analyse (49&rsquo;10) du film par Florent Fourcart, spécialiste de l’Histoire du cinéma. Et, en exclusivité Blu-ray, une interview (11&rsquo;39) de Sheldon Hall, historien du cinéma, le making of de <strong>Zoulou</strong>, 1ère partie (25’47) et 2e partie (20’04), la musique de <strong>Zoulou</strong> (6’29) et enfin le livre <em>Zoulou, un récit d’aventure exaltant</em> (92 pages) par Stéphane Chevalier. (Rimini éditions)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAChristyBrother.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21301" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAChristyBrother-203x300.jpg" alt="Christy Brother" width="203" height="300" /></a><strong>CHRISTY AND HIS BROTHER</strong><br />
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez Shane, son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Ce dernier vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun. Brendan Canty, le réalisateur du film, et Alan O’ Gorman, le scénariste, ont grandi dans le même quartier populaire de Cork, en Irlande. Canty est devenu photographe et réalisateur et s’est fait connaître très jeune en Irlande, grâce au clip de la chanson <em>Take Me to Church</em> de Hozier (visionné plus de 1,4 milliard de fois sur You Tube et nommé deux fois aux MTV VMA). Alan O’Gorman est devenu enseignant dans le secondaire à Manchester, en Angleterre, tout en s’adonnant à sa passion pour l’écriture de scénarios. Après <strong>For You</strong>, un court-métrage tourné à Dublin en 2016 et applaudi dans les festivals, ils décident de poursuivre leur collaboration. Brendan Canty a une idée en tête. Au début des années 2010, il s’était rendu à Knocknaheeny, une banlieue ouvrière surplombant Cork, pour y photographier une tradition locale : la <em>« Bonfire Night »</em>, événement qui consiste, chaque été, à allumer de grands feux de joie. <em>« Je me suis retrouvé à discuter,</em> dit le cinéaste, <em>avec un groupe d’adolescents autour d’un feu, et j’ai été frappé par leur gentillesse, leur sens de l’accueil et leur amabilité (…) mais j’ai également été surpris par leur manque de confiance en eux : devenir photographe leur semblait tout bonnement inimaginable. C’est ainsi qu’est née l’idée de monter un projet autour de ce quartier et de ces adolescents au grand cœur. »</em> <strong>Christy and his Brother</strong> dresse, autour du thème des familles défavorisées, un portrait touchant de la difficulté de vivre dans le quartier nord de Cork. Face à une série de choix sur son devenir, Christy (Danny Power), garçon solitaire et triste, choisit de relever la tête, s&rsquo;impose d&rsquo;aller de l&rsquo;avant et trouve le chemin de la rédemption à travers… la coiffure. Avec un petit côté Ken Loach, le film montre aussi comment les hommes, comme les deux frères, ont du mal à exprimer leurs émotions. <em>« Beaucoup de gens,</em> observe le comédien Diarmund Noyes, <em>ne disent jamais à certains membres de leur famille qu’ils les aiment. Et parfois, il est trop tard. Les hommes irlandais, en particulier, ont très peur de se montrer vulnérables. »</em> Dans les suppléments, on trouve un entretien (19 mn) avec le réalisateur Brendan Canty, le clip vidéo : <em>The Sound of the North Side</em> (3 mn) ainsi que deux courts métrages: <strong>For you</strong> (2017 – 12 mn) et <strong>Christy</strong> (2019 – 14 mn). (Pyramide)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFatherMotherSisterBrother.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21303" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAFatherMotherSisterBrother-173x300.jpg" alt="Father Mother Sister Brother" width="173" height="300" /></a><strong>FATHER MOTHER BROTHER SISTER</strong><br />
Dans une voiture qui traverse un paysage enneigée des Etats-Unis, Jeff et Emily se demandent comment ils vont trouver leur père. Ces frère et sœur ne l’ont pas revu depuis l’enterrement de leur mère. Dans sa maison, le vieil homme hirsute plante le décor pour recevoir sa progéniture. Un plaid négligemment jeté sur un canapé, ici un incongru panier avec une pelote de laine. Les retrouvailles sont plutôt « coincées ». On parle de tout et surtout de rien et on comble les vides en se demandant si on peut trinquer avec de l’eau. Oui, on peut, concluent-ils. Emily se demande si la Rolex au poignet de son père est une vraie…. Du côté de Dublin, cette fois, une mère, romancière de son état, attend ses deux grandes filles pour leur rendez-vous annuel autour d’une tasse de thé et d’un cortège de douceurs soigneusement présentées. Là encore, du côté de Lil et de Tim, on se demande comment ce moment va se passer. Dans la maison cossue, ce sont les silences qui occupent l’espace. Enfin, du côté de Paris, Skye et Billy, deux jumeaux, se retrouvent, pour une dernière visite après la disparition accidentelle de leurs parents, dans le bel appartement haussmanien qu’ils occupèrent… Couronné du prestigieux Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, <strong>Father Mother Sister Brother</strong> s’ouvre et s’achève sur le mélancolique <em>Spooky</em> chanté par Anika puis Dusty Springfield, un titre qui donne son atmosphère au quatorzième long-métrage de Jim Jarmush. Après une curieuse variation sur les zombies (<strong>The Dead don’t Die</strong> en 2019), l’Américain distille un triptyque qui parle, à travers trois histoires différentes, des relations entre des enfants adultes et des parent(s) avec lesquels une distance -impossible, désormais, à franchir- s’est installée. Plus que de développer une intrigue autour d’un quelconque <em>« Famille, je vous hais »</em>, cette chronique de la solitude s’attache, sans poser de jugement, à une suite de personnages auxquels une large brochette de comédiens (Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Vicky Krieps, Indya Moore et Luka Sabbat) apportent une belle émotion. Touchant ! (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAJeanneArc.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21305" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAJeanneArc-196x300.jpg" alt="Jeanne Arc" width="196" height="300" /></a><strong>JEANNE D&rsquo;ARC</strong><br />
Enfant pieuse, dévote, aimée et heureuse à Domrémy en Lorraine, la jeune Jeanne assiste au pillage et à la destruction de son petit village. Alors que des soldats anglais massacre les villageaois, la sœur de Jeanne la cache dans un placard et lui fait un rempart de son corps. Jeanne est alors le témoin horrifié, impuissant et traumatisé à vie du viol et du meutre de cette sœur qu&rsquo;elle adore. Un dégoût viscéral des Anglais s&rsquo;installe alors dans son âme. Elle peine à donner un sens et à faire la part des choses entre cette épreuve traumatisante, son imagination fertile, sa conscience, ses discours intérieurs, ses pulsions de vengeance, son amour de Dieu et des hommes, les messages de la Bible et ses visions. Tout la convainc que Dieu la charge de chasser les Anglais hors de France et de faire sacrer le dauphin Charles VII roi de France en la cathédrale de Reims. Sa détermination communicative suffit à galvaniser les armées et les seigneurs vassaux du roi de France et à bouter les Anglais hors de France. La maison capétienne de Valois profite de la notoriété de Jeanne d&rsquo;Arc pour légitimer de façon divine le sacre du dauphin Charles VII, unifier la France et se débarrasser des Anglais, avant d&rsquo;abandonner cette héroïne devenue embarrassante. Elle est laissée aux Bourguignons qui la jugent hérétique puis la vendent aux Anglais. Commence alors le procès. Jeanne d’Arc est seule et doute de certains épisodes de sa vie : sont-ils des coïncidences hasardeuses qu&rsquo;elle a confondues avec des signes de Dieu ? Les Anglais la brûlent vive le 30 mai 1431 en la place publique du Vieux-Marché à Rouen. Lorsqu&rsquo;il entreprend le tournage de sa <strong>Jeanne d&rsquo;Arc</strong>, Luc Besson est le cinéaste fêté qui vient de cartonner avec <strong>Léon</strong> (1994) et ses 3,5 millions de spectateurs puis avec <strong>Le cinquième élément</strong> (1997) qui a, lui, réuni 7,7 millions de spectateurs. Après ses personnages de fiction, il s&rsquo;attaque à un légende et un personnage que le cinéma a souvent abordé. Loin de Falconetti, de Dreyer et du <strong>Procès</strong> de 1928, Besson trouve, ici, matière à une forte épopée historique, à un grand spectacle guerrier et cruel au coeur duquel se développe la destinée unique de la Pucelle d&rsquo;Orléans. Le cinéaste du <strong>Grand bleu</strong> en profite pour donner le portrait d&rsquo;une adolescente fragile et bouleversée qui se transforme en femme forte, bien décidée à changer le cours du monde dans lequel elle vit. Présenté dans une édition limitée 4K Ultra HD, <strong>Jeanne d&rsquo;Arc</strong> fait la part belle tant au questionnement sur le religieux et le divin qu&rsquo;aux batailles très violentes dans lesquelles Jeanne passe comme un être halluciné. Besson a confié le rôle à Milla Jovovich et la comédienne de 24 ans apparaît complètement habitée par sa Jeanne. Autour d&rsquo;elle, sur une musique de l&rsquo;incontournable Eric Serra, gravitent la crème du cinéma international avec John Malkovich (Charles VII), Faye Dunaway (Yolande d&rsquo;Aragon) ou Dustin Hoffman (la conscience de Jeanne) mais aussi de bons comédiens français comme Tchéky Karyo (Dunois), Vincent Cassel (Gilles de Rais) ou Pascal Greggory (le duc d&rsquo;Alençon). Dans les suppléments, on trouve <strong>Sur les traces de Jeanne</strong>, le making of (86 mn) réalisé par Laurent Lufroy et Luc Besson ainsi que des entretiens avec Gérard Krawczyk, directeur de la seconde équipe (25 mn), Thierry Arbogast, directeur de la photographie (8 mn), Sylvie Landra, chef monteuse (16 mn), Catherine Leterrier, chef costumière (28 mn), Hugues Tissandier, chef décorateur (33 mn), Bruno Tarrière, ingénieur son (35 mn) et André Labbouz, directeur technique (5 mn). (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMarsupilami.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21310" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAAMarsupilami-183x300.jpg" alt="Marsupilami" width="183" height="300" /></a><strong>MARSUPILAMI</strong><br />
Pour sauver son emploi, David Ticoule accepte de ramener un mystérieux colis d&rsquo;Amérique du Sud pour le compte de son patron Jeffrey Malone. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex-petite amie Tess, leur fils Léo (qui a souffert de la rupture de ses parents) et son collègue Stéphane Buisson, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Entre la récupération du colis et le début de la croisière, l&rsquo;équipe rencontre Ricky Salsa, ex-membre d&rsquo;un duo de boys band devenu un chanteur solo has-been, et se retrouve suivie par Pablito Camaron, qui semble vouloir s&rsquo;approprier le colis. Tout dérape lorsque Stéphane l’ouvre accidentellement… Un bébé marsupilami apparaît ! David cherchera à tout faire pour préserver le secret du colis, mais cela est-il seulement possible lorsque le voyage vire au chaos ? L&rsquo;animal imaginaire inventé par Franquin en 1952 et devenu une vedette de la bande dessinée franco-belge, avait connu une première adaptation en 2012 avec <strong>Sur la piste du Marsupilami</strong>. Alain Chabat était à l&rsquo;écriture, à la production, à la mise en scène sans oublier le jeu puisqu&rsquo;il incarna le journaliste-reporter Dan Geraldo, ex-vedette de la télévision sur le point d&rsquo;être licencié… Cette fois, c&rsquo;est Philippe Lacheau qui est, notamment, à l&rsquo;écriture du scénario et à la réalisation, tout en jouant également dans ce <strong>Marsupilami</strong> puisqu&rsquo;il interprète David Ticoule. C&rsquo;est Pathé, déjà producteur de <strong>Sur la piste…</strong>, qui a proposé à Lacheau de reprendre le personnage. Le réalisateur-comédien qui sortait du succès d&rsquo;<strong>Alibi.com 2</strong>, a donc embarqué la « bande à Fifi » dans l&rsquo;aventure. Si on peut préférer la manière dont Chabat a traité le sujet, il faut reconnaître que le style rentre-dedans de cette nouvelle équipe fonctionne plutôt bien. On joue volontiers sur les clins d&rsquo;oeil, les références (ah, <strong>E.T.</strong> et Spielberg!) et un côté « comédie débile » qui est la signature de la « bande à Fifi ». Pour faire le lien entre les deux films, on retrouve, ici, Jamel Debbouze qui reprend le personnage de Pablito Camaron. Autour de lui, la « bande à Fifi » est à l&rsquo;oeuvre avec Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Élodie Fontan, Julien Arruti, Alban Ivanov, Reem Kherici… Pour sa sortie en salles, <strong>Marsupilami</strong> a rassemblé 6,2 millions de spectateurs. (Pathé)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaCriseEstFinie.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21306" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALaCriseEstFinie-170x300.jpg" alt="La Crise Est Finie" width="170" height="300" /></a><strong>LA CRISE EST FINIE</strong><br />
Une troupe théâtrale rôde en province sa nouvelle revue, <em>Mille jambes nues</em>, mais se retrouve en panne à Périgueux, victime des caprices de la vedette, Lola Garcin, puis abandonnée par le producteur. Marcel, le musicien; Nicole, la débutante-doublure de Lola et Olga, une star sur le retour, prennent les choses en main. Le groupe monte à Paris dans l&rsquo;espoir de s&rsquo;y produire, attend tout de la capitale et le chante (<em>« On ne voit ça qu&rsquo;à Paris »</em>). C&rsquo;est pourtant la désillusion : l&rsquo;argent et l&rsquo;enthousiasme manquent. La crise est générale et il faut avoir recours à diverses combines à la limite de la malhonnêteté. Grâce à Olga et à la complaisance d&rsquo;une concierge qui se souvient d&rsquo;elle, on peut vivre dans un théâtre vide et répéter… sans piano. Vendeur d&rsquo;instruments de musique, M. Bernoullin serait prêt à en céder un si Nicole acceptait de passer une soirée avec lui. Mais Marcel met le holà et Olga achète un instrument avec ses économies. Bernoullin veut se venger et la troupe est obligée de le séquestrer afin de poursuivre, dans la fébrilité, les répétitions de sa nouvelle revue, <em>La crise est finie !</em>, cri de défi lancé à la morosité ambiante. Heureusement, l&rsquo;obstination et la chance paient. Le public vient en masse à la première. Marcel, Nicole et leurs amis pourront savourer leur succès. Né à Memphis, Tennessee en août 1900 dans une famille juive originaire de Pologne, Robert Siodmak retourne, à l&rsquo;âge d&rsquo;un an, vivre en Allemagne avec ses parents. Il y travaille comme metteur en scène et banquier avant de devenir scénariste pour le réalisateur Curtis Bernhardt en 1925. Quatre ans plus tard, il réalise son premier film muet, <strong>Les hommes le dimanche</strong>, avec l&rsquo;aide au scénario de son frère Curt et de deux débutants, célèbres par la suite, Billy Wilder et Fred Zinnemann. L&rsquo;arrivée au pouvoir des nazis en 1933 pousse Siodmak à l&rsquo;exil. Il se rend tout d&rsquo;abord à Paris, où il réalise plusieurs films dont <strong>La crise est finie</strong> (1934) et <strong>La vie parisienne</strong> (1936), avant de s&rsquo;envoler vers Hollywood. Où il fera une belle carrière, signant ainsi, en 1946, <strong>Les tueurs</strong> avec Burt Lancaster et Ava Gardner, considéré comme l&rsquo;un des fleurons du film noir américain. Avec une belle photographie d&rsquo;Eugen Schüfftan, le chef-op du <strong>Metropolis</strong> de Lang, Siodmak signe une comédie musicale « à la française » (musique et chansons de Jean Lenoir et Franz Waxman, le musicien de <strong>Rebecca</strong> de Hitchcock et de <strong>Boulevard du crépuscule</strong> de Wilder) qui fait la part belle au duo Danielle Darrieux – Albert Préjean. (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADreams.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21302" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAADreams-196x300.jpg" alt="Dreams" width="196" height="300" /></a><strong>DREAMS</strong><br />
Quelque part aux Etats-Unis, un semi-remorque est arrêté au bord d’une route. La nuit tombe et on entend de faibles cris. <em>« Laissez-nous sortir ! »</em> Un type fuit dans la campagne. En stop, ce jeune homme rejoint San Francisco. Il trouve les clés d&rsquo;une belle demeure, entre, ouvre le frigo, dévore quelques myrtilles alors que la porte s’ouvre. Une belle jeune femme interroge : <em>« T’es venu comment ? »</em> avant de partager une forte étreinte avec lui… Jennifer McCarthy est décidée à soutenir son jeune amant. Talentueux danseur de ballet originaire du Mexique, Fernando Rodriguez rêve de reconnaissance internationale et aussi d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il a quitté clandestinement son pays. Avec <strong>Dreams</strong>, son dixième film, le cinéaste mexicain Michel Franco souhaitait proposer une réflexion sur le pouvoir, la violence et la cruauté. Un sujet d’une vibrante actualité dans l’Amérique d’aujourd’hui. Mais <strong>Dreams</strong> prend la forme d’un drame familial où s’affrontent Fernando et Jennifer. L’arrivée du jeune danseur bouleverse le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite. Quant à Fernando, il veut gravir les marches de la notoriété et à sortir de l’ombre dans laquelle Jennifer voudrait le garder… En développant les conflits intérieurs qui agitent ses deux personnages centraux, Michel Franco semble diluer son propos sur les inégalités sociales et le drame d’un immigrant même si, in fine, par un rebondissement qu’on se gardera de révéler ici, le couple sera terriblement secoué… Avec énergie, Jessica Chastain incarne cette Jennifer à laquelle son père lance : <em>« Que tu aides des immigrés, entendu mais il y a des limites ! » </em>Face à la rousse star américaine, c’est le danseur de ballet mexicain, actuellement à l’American Ballet Theatre de New York, Isaac Hernandez qui joue Fernando dont l’existence passe par des motels où il fait le ménage et les scènes où il montre ses talents de soliste dans <em>Le lac des cygnes</em> de Tchaïkovski ou <em>Roméo et Juliette</em> de Prokofiev. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALitAColonne.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21308" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAALitAColonne-170x300.jpg" alt="Lit A Colonne" width="170" height="300" /></a><strong>LA LIT A COLONNES</strong><br />
Dans les années 1880, dans la province française, Clément Porey-Cave règne sur la maison d’arrêt de Meu. C’est un homme terne et aigri, déplaisant et funèbre. Chez lui, Madeleine sa femme, soumise à son autorité, baisse la tête. C’est une femme désabusée qui ne s’occupe que de ses plantes et de sa fille, Marie-Dorée. Celle-ci craint son père, bien qu’elle trouve grâce à ses yeux. Pour passer le temps et l’ennui, elle joue du piano, ce qui agace son père et tricote des écharpes pour les prisonniers en particulier pour « un jeune homme » qu’elle entend chanter. Par désœuvrement et pour rompre un peu la monotonie de la vie de province, Porey-Cave fréquente mademoiselle Yada, celle qu’il appelle son « aventure » et qui habite la ville voisine dans un appartement de deux pièces meublées en style tunisien. Pour ne pas divulguer son intrigue, il a pris la précaution de se faire appeler monsieur Alfred. Au Grand Café, où se réunissent les notables, et où la belle et insolente Yada passe son temps, Porey-Cave compte un jeune rival : Jacquot, le violoniste chef d’orchestre très apprécié des femmes et dont Yada est amoureuse parce que, lui, est un artiste. Vieux jaloux, Porey-Cave ne cesse de se lamenter de son triste sort, alors qu’il voudrait être aimé et admiré à l’égal de Jacquot : un musicien ! Le directeur convoque Rémi Bonvent, un jeune paysan emprisonné pour vingt ans, pour avoir tué accidentellement un garde-chasse une nuit de braconnage. Porey-Cave l’autorise à s&rsquo;adonner à son activité favorite, la chanson mais aussi à composer des airs qu&rsquo;il lui promet de conserver jusqu&rsquo;à sa sortie de prison, afin, prétend-il, de lui assurer un avenir une fois la liberté retrouvée. De fait, le directeur va s&rsquo;approprier la musique de Bonvent qui rencontre un vif succès. Sur un scénario de Charles Spaak d&rsquo;après un roman de Louise de Volmorin, Roland Tual, le producteur de <strong>La bête humaine</strong> de Renoir et de <strong>Remorques</strong> de Grémillon, passe à la réalisation en 1942, dans la France de Vichy qui déréalise le cinéma pour privilégier le divertissement. Ici, Tual donne un film assez kitsch qui repose sur une sacrée affiche avec Fernand Ledoux, le directeur de prison voleur de succès musical, entouré d&rsquo;Odette Joyeux, Jean Marais, Jean Tissier, Pierre Larquey ou Mila Parély… (Gaumont)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATafiti.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21313" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAATafiti-174x300.jpg" alt="Tafiti" width="174" height="300" /></a><strong>TAFITI</strong><br />
Jeune suricate, Tafiti a été élevé dans le respect strict des règles de survie de son clan : ne jamais se lier d’amitié avec des étrangers, car le désert est un environnement dangereux. Pourtant, sa rencontre avec Poilou, un cochon sauvage aussi sympathique qu&rsquo;attachant, va bouleverser ses certitudes. Quand son grand-père est mordu par un serpent venimeux, Tafiti doit partir seul à la recherche d’une fleur légendaire aux pouvoirs miraculeux, qui pousse au-delà des terres arides qu’il connaît. Cette quête périlleuse l’oblige à quitter son foyer et à affronter un monde inconnu, peuplé de dangers et de rencontres imprévues. Malgré sa détermination, Poilou le suit discrètement et devient son compagnon d’aventure, malgré lui. Première adaptation cinématographique d&rsquo;une série de livres pour enfants très populaire en Allemagne, <strong>Tafiti</strong>, réalisé par Nina Wels, aborde des thèmes comme l&rsquo;amitié et la remise en question des préjugés, le courage et la confiance en soi, l&rsquo;entraide et la famille ou encore la découverte de l’inconnu et de la diversité des espèces animales. S&rsquo;adressant à un public familial avec de jeunes enfants (à partir de 3 ans), le film, avec un ton doux et accessible et une animation colorée et fluide, respecte les codes du cinéma d’aventure et distille un message universel sur l&rsquo;ouverture à l&rsquo;autre&#8230; (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAARetourSilentHill.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21311" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/06/AAARetourSilentHill-197x300.jpg" alt="Retour Silent Hill" width="197" height="300" /></a><strong>RETOUR À SILENT HILL</strong><br />
Homme brisé par la perte de Mary, son grand amour, James Sunderland reçoit une mystérieuse lettre de sa part. Cette lettre l&rsquo;attire vers Silent Hill, une ville autrefois familière mais désormais plongée dans les ténèbres. En cherchant Mary, James affronte des créatures cauchemardesques et découvre une vérité terrifiante qui le pousse au bord de la folie. En 2006, Christophe Gans réalisait <strong>Silent Hill</strong>, une adaptation du jeu vidéo éponyme, réputé pour avoir révolutionné le jeu d&rsquo;horreur par son approche psychologique de la peur. Le réalisateur fêté du <strong>Pacte des loups</strong> (2001) est revenu au <em>survival horror</em> avec une adaptation du jeu vidéo <em>Silent Hill 2</em>, considéré comme l&rsquo;un des épisodes les plus marquants de la saga. Avec Jeremy Irvine et Hannah Emily Anderson dans les rôles principaux, le film mêle horreur psychologique, cauchemars et atmosphère oppressante, avec des références aux éléments cultes de la saga, comme <em>Pyramid Head</em>. (Metropolitan)</p>
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		<title>Les affres de Raul et la lunette de Sylvie</title>
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		<pubDate>Sun, 24 May 2026 08:11:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Films]]></category>

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		<description><![CDATA[CREATION.- Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&#8217;un terrible mal de tête. Elle s&#8217;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&#8217;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_21287" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21287" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAutofiction1-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Elsa (Barbara Lennie) et Patricia (Victoria Luengo)." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Elsa (Barbara Lennie)<br />et Patricia (Victoria Luengo).</p></div>
<p><strong>CREATION.-</strong> Réfugiée dans le travail pour surmonter son deuil après le récent décès de sa mère, Elsa Rosado souffre d&rsquo;un terrible mal de tête. Elle s&rsquo;allonge sur son lit, dans le noir et avale les comprimés que lui apporte Bonifacio, son compagnon. Mais rien n&rsquo;y fait. Le couple se décide alors à se rendre aux urgences. On dirige Elsa vers une chambre mais elle demande si on ne peut pas plutôt l&rsquo;hospitaliser dans la chambre d&rsquo;en face. Surprise mais complaisante, l&rsquo;infirmière accepte. Plus tard, la médecin de garde lui posera quand même la question. <em>« Pourquoi avez-vous demandé à changer de chambre ? »</em> Elsa explique qu&rsquo;il y a longtemps déjà, elle était venue dans cet hôpital pour tourner l&rsquo;un des deux films qu&rsquo;elle a réalisés pour le grand écran. Même si ses deux œuvres sont devenues culte (<em>« ce qui veut dire qu&rsquo;elles n&rsquo;intéressent personne et que très peu de spectateurs les ont vues »</em>), Elsa Rosado s&rsquo;est aujourd&rsquo;hui tournée vers la publicité <em>« parce que ça rapporte plus »</em>. Et puis le docteur Garcia se demande aussi où elle a déjà croisé Bonifacio. De fait, dans un night-club où Bonifacio, sapeur-pompier professionnel dans le civil, devient Beau, strip-teaseur pour enterrements de vie de futures mariées&#8230;<br />
<strong>Autofiction</strong> (Espagne – 1h51. Dans les salles le 20 mai) marque le retour du plus célèbre cinéaste de la Movida à Cannes. Où, après pas moins de sept films présentés en compétition, il attend toujours de décrocher une Palme d&rsquo;or. Mais reconnaissons néanmoins au réalisateur de 76 ans le mérite de ne pas baisser les bras et, dans le même temps, de célébrer l&rsquo;importance du Festival.<br />
Avec <strong>Amarga navidad</strong> (en v.o.), dont le titre apparaît en caractères de machine à écrire au générique, Almodovar inventorie une nouvelle fois les affres de la création. Dévorée par les crises d&rsquo;angoisse, Elsa ne sent plus bonne à rien et surtout pas à écrire. Elle décide donc d&rsquo;aller passer le long week-end de la fête de la Constitution de 2004 à Lanzarote avec son amie Natalia, jolie mannequin mais complètement dépressive depuis la mort accidentelle de son enfant.</p>
<div id="attachment_21288" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21288" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAUTOFICTION2-300x168.jpg" alt="&quot;Autofiction&quot;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia). Photos Iglesias Mas" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Autofiction&nbsp;&raquo;: Monica (Aitana Sanchez-Gijon) et Raul (Leonardo Sbaraglia).<br />Photos Iglesias Mas</p></div>
<p>Pour se remettre au travail, Elsa s’inspire des malheurs personnels de ses amis proches. Ce que fait également -dans une trame temporelle se déroulant en 2025- Raul Duran (l&rsquo;Argentin Leonardo Sbaraglia). Le cinéaste, évident alter-ego d&rsquo;Almodovar, écrit un scénario qui s&rsquo;avère être l&rsquo;histoire d&rsquo;Elsa. Pour surmonter sa panne d&rsquo;inspiration, Raul plonge dans les événements de sa propre vie, de son petit ami Santi ou encore de Monica, son assistante et agent, qui craque et menace Raul (<em>« J&rsquo;ai le moyen de te rendre la vie insupportable »</em>) tout en lui tournant désormais le dos pour aller s&rsquo;occuper de son amie Elena.<br />
Dans une mise en scène qui fait toujours la part belle à cette véritable signature que sont les intérieurs très colorés et qui enchâsse deux récits distants d&rsquo;une vingtaines d&rsquo;années, Almodovar organise un jeu où se mêlent constamment la réalité et la fiction. Comme dans <strong>Douleur et gloire</strong> (2019) où il apparaissait sous les traits d&rsquo;Antonio Banderas, le cinéaste espagnol livre un autoportrait passablement nostalgique. <em>« Tu as déjà fait tes meilleurs films. Tu peux vivre sur ton prestige »</em> lui dit-on. Et d&rsquo;affirmer que la fiction n’a pas le pouvoir de sauver quelqu&rsquo;un. Pire : <em>« Tu nous as vampirisé et ça ne donne même pas un bon scénario ! »</em><br />
On peut s&rsquo;amuser à débusquer, dans <strong>Autofiction</strong>, ce qui « appartient » à Almodovar, ainsi les problèmes de sommeil de ses personnages ou encore l&rsquo;abondant usage de médicaments, ici des comprimés d&rsquo;alprazolam, un médicament prescrit pour traiter l&rsquo;anxiété chronique ou gérer les crises de panique… Ou encore ce cauchemar d&rsquo;une vieille dame qui, sur son lit d&rsquo;hôpital, imagine un impressionnant orage alors qu&rsquo;il fait dehors un soleil radieux. Sans oublier l&rsquo;hommage, avec la chanson <em>La Llorana</em>, à son amie chanteuse Chavela Vargas&#8230;<br />
Comme très fréquemment chez Almodovar, ce sont les personnages féminins qui tiennent, ici, le haut du pavé. Avec, en tête, Barbara Lennie (Elsa), Aitana Sanchez-Gijon (Monica), Victoria Luengo (Patricia), Milena Smit (Natalia) sans oublier la muse Rossy de Palma dans une unique séquence…<br />
A l&rsquo;époque de <strong>Volver</strong>, le cinéaste avait déclaré : <em>« Au début de ma carrière, les critiques ont été déconcertés face à mes films : fallait-il les prendre au premier degré ? Comment les définir ? Au bout de seize longs-métrages, ils se sont habitués »</em>. C&rsquo;est bien vrai.</p>
<div id="attachment_21289" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1.jpg"><img class="size-medium wp-image-21289" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles1-1-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires&quot;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse." width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&nbsp;&raquo;: Sylvie (Isabelle Huppert), romancière et voyeuse.</p></div>
<p><strong>SONS.-</strong> Dans un centre pour sans-abris de Paris, un employé passe en annonçant : <em>« Dans dix minutes, il faudra quitter les lieux ! »</em> Adam retrouve la rue parisienne. Dans le métro, il fraude en sautant par-dessus la barrière automatique sous le regard de Céline. Dans la rame, Céline se fait voler son porte-feuille par une jeune pickpockette. Adam course la voleuse, la coince et récupère l&rsquo;objet volé pour le rendre à Céline… Celle-ci lui sauve la mise quand des policiers contrôlent Adam. Céline met alors Adam en contact avec Sylvie, sa tante, qui a besoin d&rsquo;aide pour vider son appartement. Sylvie est romancière. En quête d’inspiration pour son nouveau roman, elle espionne, avec une lunette, ses voisins d’en face&#8230;<br />
Avec <strong>Histoires parallèles</strong> (Iran/France – 2h19. Dans les salles le 14 mai), présenté en compétition officielle, le cinéaste iranien Asghar Farhadi était de retour sur la Croisette. Véritable « fils de Cannes », Farhadi y a présenté, en 2013, <strong>Le passé</strong> qui remporta le prix oecuménique et valut à Bérénice Béjo le prix d&rsquo;interprétation féminine puis, en 2016, <strong>Le client</strong> qui trusta le prix du scénario et le prix d&rsquo;interprétation masculine pour Shahab Hosseini sans oublier un Oscar 2017 du meilleur film étranger à Hollwyood. Le réalisateur iranien fait, en 2018, l&rsquo;ouverture de la compétition avec <strong>Everybody kowns</strong>. Enfin, en 2021, Farhadi obtient le Grand prix pour <strong>Un héros</strong>. Et on ne parle même pas des trophées remportés à la Berlinale…<br />
Autant dire qu&rsquo;on s&rsquo;intéresse forcément à la nouvelle production du cinéaste de 54 ans d&rsquo;autant que son dernier film a encore un autre côté cannois puisqu&rsquo;il est le remake de <strong>Brève histoire d&rsquo;amour</strong>, sixième volet du <strong>Décalogue</strong> de Krzysztof Kieslowski, autre brillant « fils de Cannes ».</p>
<div id="attachment_21290" style="width: 310px" class="wp-caption alignnone"><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2.jpg"><img class="size-medium wp-image-21290" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAHistoiresParalleles2-300x168.jpg" alt="&quot;Histoires...&quot;: Adam (Adam Bessa) et Nita (Virginie Efira). Photos Carole Bethuel" width="300" height="168" /></a><p class="wp-caption-text">&laquo;&nbsp;Histoires&#8230;&nbsp;&raquo;: Adam (Adam Bessa)<br />et Nita (Virginie Efira).<br />Photos Carole Bethuel</p></div>
<p>Tournerais-je autour du pot ? Oui, <strong>Histoires parallèles</strong>, second film français de Farhadi, est une œuvre virtuose mais c&rsquo;est aussi un film dans lequel on finit peu à peu par perdre le fil! Nourri du cinéma de Wajda, Angelopoulos, Paradjanov, Ozu, Kurosawa, Ray ou Monicelli et Bresson, le cinéaste passe, ici, de l&rsquo;obsession du personnage de Kieslowski pour l&rsquo;image à la question du son comme enjeu déterminant. <em>« Je me suis demandé, dit-il, ce qu’il en était du son de l’autre côté, celui de la personne espionnée. C’est ainsi que m’est venue l’idée de faire de ces personnes observées des créateurs de sons, des bruiteurs&#8230; »</em><br />
<strong>Histoires parallèles</strong>, comme son titre l&rsquo;indique en effet, passe d&rsquo;un côté à l&rsquo;autre de… l&rsquo;histoire ou de l&rsquo;intrigue. Tantôt, on est avec Sylvie, romancière volontiers mal embouchée (petite prise de tête avec son éditrice dans une courte séquence qui permet une apparition de Catherine Deneuve) et plutôt mal dans sa peau d&rsquo;écrivaine chancelante. Tantôt, on suit Nita, collaboratrice dans un studio d&rsquo;enregistrement et de montage son installé dans l&rsquo;appartement en face de celui de Sylvie. Une Nita qui ressemble étrangement à Anna, un personnage qui a compté dans l&rsquo;existence de Sylvie. Tout comme Pierre et Christophe, frères et responsables du studio. Enfin, entre ces deux Sylvie et Nita, Adam fait une sorte de <em>go-between</em>…<br />
A travers les sons que fabrique le studio, Asghar Farhadi réfléchit au réel, au réel fabriqué, à l’effet de réel à travers le son, mais aussi à travers la façon dont les personnages réels, qui appartiennent eux-mêmes à une fiction, se distinguent des personnages de la fiction dans la fiction !<br />
Isabelle Huppert (Sylvie), Virginie Efira (Nita/Anna), Adam Bessa (Adam), Vincent Cassel (Pierre/Nicolas), Pierre Niney (Christophe/Théo) et India Haïr (Céline) défendent bien un projet que, malheureusement, on a perdu en route.</p>
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		<title>UN FAUSSAIRE DE GENIE ET LES SUPERBES SONS DES VOSGES</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2026 21:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Pierre-Louis CEREJA]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Dvd]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;AFFAIRE BOJARSKI Connaissez-vous Czesław Bojarski, contrefacteur de billets de banque surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie » ? De fait, cet homme discret était un illustre inconnu pour la plupart des spectateurs de L’affaire Bojarski ! Il y a pourtant, dans la vie de ce faussaire de génie, de quoi alimenter le scénario d’une [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAffaireBojarski.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21247" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAAffaireBojarski-201x300.jpg" alt="Affaire Bojarski" width="201" height="300" /></a>L&rsquo;AFFAIRE BOJARSKI</strong><br />
Connaissez-vous Czesław Bojarski, contrefacteur de billets de banque surnommé le <em>« Cézanne de la fausse monnaie »</em> ? De fait, cet homme discret était un illustre inconnu pour la plupart des spectateurs de <strong>L’affaire Bojarski</strong> ! Il y a pourtant, dans la vie de ce faussaire de génie, de quoi alimenter le scénario d’une belle reconstitution d’époque sur la beauté de l’art du faux. Jean-Paul Salomé nous embarque donc dans l’existence d’un type couleur de muraille qui, brillant faussaire, donna, des années durant, la migraine aux responsables de la Banque de France. La vie du singulier Bojarski ne fut pas un long fleuve tranquille même s’il s’appliqua à toujours passer pour un brave père de famille vivant, chichement, dans la région parisienne avec sa femme Suzanne et ses deux enfants. Dans une aventure dense et souvent palpitante, Bojarski va jouer au chat et à la souris avec les autorités, notamment le commissaire Mattei, un flic volontiers « médiatique », pour lequel la traque du faussaire va devenir une redoutable obsession. En suivant les pérégrinations de Bojarski à travers la France où il va, de buraliste en buraliste, acheter le papier à cigarettes OCB indispensable à ses « créations », le cinéaste installe une atmosphère à la Simenon. Le tout en jouant avec les codes du film noir, à l’instar de cette séquence nocturne à Vichy où Bojarski, sans doute poussé par une soif de reconnaissance, va, pendant une conversation au bar d’un hôtel, « défier » le policier qui le traque depuis des mois et des années… <strong>L’affaire Bojarski</strong> nous entraîne dans une aventure originale autour d’un artiste talentueux taraudé par le désir de voir reconnaître son génie. Au risque évident de se mettre en danger. Bojarski marquait sciemment ses faux billets grâce à de minuscules différences qui sont autant de signatures. Tout en donnant à voir avec précision les étapes du travail de faussaire avec son atelier caché dans un cabanon au fond de son jardin, ses plaques gravées, ses presses, son papier, ses encres, le film s’attache tout autant à la personnalité d’un artiste que l’excellent Reda Kateb fait vibrer avec brio dans ses creux, ses doutes, ses silences et évidemment dans l’immense solitude qui habitait Bojarski. Venu en France pendant la Seconde Guerre mondiale où il aida des Juifs en fabriquant de faux papiers, Bojarski connut le rejet et le mépris. Ce qui explique aussi comment il s’appliqua à « recycler » son génie. <em>« La France ne voulait pas de nous,</em> rigole son ami Dow, <em>alors tu t’en es pris à son pognon ! »</em> Enfin, cette histoire authentique mais au fort potentiel romanesque, repose sur deux couples. Celui, amoureux, de Bojarski et de sa femme Suzanne (Sara Giraudeau) qui tremble toujours à l’idée que son mari puisse se faire prendre et sur celui constitué par le faussaire et le flic qui le traque. Bojarski trouve, dans le « melvillien » Mattei (Bastien Bouillon épatant avec sa diction à la Paul Meurisse), l’écho d’une fascination qui l’inquiète tout en le confortant dans la reconnaissance de son art. Les ultimes minutes du film montrent le vrai Bojarski au travail. On voit un petit homme maigre travailler avec minutie à son grand œuvre. (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAChantForets.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21249" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAChantForets-173x300.jpg" alt="Chant Forets" width="173" height="300" /></a><strong>LE CHANT DES FORÊTS</strong><br />
La brume s&rsquo;accroche, comme des voiles blancs, aux sombres sapins de la forêt vosgienne. Simon Munier, 12 ans, le fils de Vincent, le réalisateur du <strong>Chant…</strong>, est à l&rsquo;affût, les, les yeux et les oreilles aux aguets, les sens en éveil pour voir furtivement passer un écureuil ou un cerf. Plus tard, dans une cabane qui ressemble à celles des contes de fées, Simon écoute son grand-père Michel parler d&rsquo;un monde sauvage et invisible mais qui laisse des traces. Michel Munier se souvient avec émotion de la fin des années soixante quand il avait observé, dans les hautes neiges des Vosges, l&rsquo;apparition furtive d&rsquo;un grand tétras.<em> « Mais t&rsquo;as rêvé ! »</em> L&rsquo;image de cet oiseau fantôme, désormais disparu des Vosges à cause des changements climatiques, est devenue une obsession : <em>« Me rendre plus invisible, plus fantôme que lui »</em>, dit encore le vieil homme barbu. Et d&rsquo;évoquer ce poète russe qui disait du cri guttural du grand tétras que c&rsquo;était <em>« l&rsquo;esprit de la nuit qui appelle le jour »</em>. Second long-métrage de Vincent Munier après <strong>La panthère des neiges</strong> (2022) qui lui valut un César du meilleur documentaire, L<strong>e chant des forêts</strong> est un magnifique poème visuel et sonore. Car, si les images sont superbes (ah, les deux biches et le cerf se croisant dans un étang embrumé!), les sons sont remarquables parce qu&rsquo;ils laissent une grande place à l&rsquo;imaginaire. A l&rsquo;âge de son fils Simon, le Spinalien Vincent Munier avait suivi son naturaliste de père dans les affûts et pris le virus de la nature sauvage dont il est dit, au générique de fin, qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas qu&rsquo;un spectacle mais avant tout une vie partagée. De fait, ce documentaire immersif qui capte, avec une fulgurante beauté, la vie animale et végétale dans les forêts du massif des Vosges, est aussi une affaire de transmission. Michel, Vincent et Simon Munier observent et célèbrent la nature mais ils attirent aussi, avec force, l&rsquo;attention sur sa fragilité. Vu par près de 1,3 million de spectateurs dans les salles françaises et également couronné d&rsquo;un César du meilleur film documentaire et d&rsquo;un César du meilleur son, <strong>Le chant des forêts</strong> permet d&rsquo;approcher, jusqu&rsquo;au très gros plan, des cerfs en plein brame, des chouettes, des hiboux, des chamois, des rapaces, des oiseaux chanteurs, des renards ou encore un lynx emportant sa proie. Alors, il s&rsquo;agit de rester là, d&rsquo;écouter et de voir… peut-être. Et parce que le grand tétras est devenu un animal quasiment mythique, le trio Munier décida d&rsquo;un voyage en Norvège pour, peut-être l&rsquo;approcher. Dans les vastes espaces forestiers scandinaves, Simon trouva d&rsquo;abord une plume de queue. Et puis le légendaire oiseau entra en scène ! Magnifique et puissant bec blanc, œil orange, plumage noir marqué de rouge et grande queue en éventail ! Film animalier et… pictural aux images merveilleuses certes, <strong>Le chant des forêts</strong> est plus que cela. C&rsquo;est une célébration humaniste et contemplative d&rsquo;une nature qui peut se révéler magique pour peu qu&rsquo;on l&rsquo;aime et qu&rsquo;on la respecte. Dans les suppléments du dvd, on trouve un entretien (28 mn) avec Vincent Munier et quinze minutes de scènes inédites. Sur le Blu-ray, s&rsquo;ajoutent un livret de 24 pages et cinq cartes postales. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMarcelMonsieurPagnol.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21258" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMarcelMonsieurPagnol-185x300.jpg" alt="Marcel Monsieur Pagnol" width="185" height="300" /></a><strong>MARCEL ET MONSIEUR PAGNOL</strong><br />
Marcel Pagnol n’est pas heureux. Pire, il se sent vieux. Alors, enfermé dans son bureau, l’académicien bricole une machine au mouvement perpétuel et ronchonne :<em> « Ici, au moins, les lettres françaises me foutront la paix ! »</em> Un jour de 1956, il rencontre Pierre Lazareff. Le mythique patron de <em>France-Soir</em> est accompagné de son épouse Hélène qui dirige <em>Elle</em> et qui lui propose d’écrire un feuilleton littéraire pour son magazine. Pour raconter son enfance, sa Provence, ses premières amours. En rédigeant les premiers feuillets, l’enfant qu’il a été autrefois, le petit Marcel, en version plus jeune de lui, apparaît soudain à ses côtés. Marcel Pagnol est alors au faîte de sa gloire et il va s’immerger dans ses riches souvenirs… Depuis le beau succès des <strong>Triplettes de Belleville</strong> (2003), on connaît le cinéma de Sylvain Chomet. Avec <strong>Marcel et Monsieur Pagnol</strong>, le cinéaste fait la part belle au plus grand conteur de tous les temps en lui offrant de devenir le héros de sa propre histoire. Cette aventure-là, c’est celle de la littérature, du théâtre et enfin du cinéma. Pour le petit Marcel, le vieil homme va se mettre à explorer sa vie et à revivre les plus belles rencontres et les plus beaux souvenirs. Reviennent ainsi la table familiale, un père pauvre mais honnête, une mère trop tôt disparue et un gamin en colère à qui la pratique de la boxe vaudra un nez cabossé. Voilà Pagnol prof d’anglais muté à Paris, vivant dans un hôtel de passe avec le moral dans les chaussettes. Un ami l’entraînera à une soirée où Pagnol rencontre Orane Demazis et tombe sous son charme… Contacté par deux producteurs pour confectionner quelques parties animées dans un documentaire sur Pagnol, Chomet a constaté que seules les séquences animées suscitaient l’intérêt. De là à écrire un <em>biopic</em> entièrement animé, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas… Réalisée pour la première fois en numérique, voici une aventure humaine dans laquelle on plonge avec un vrai plaisir tant le dessin est plaisant et l’animation élégante. Ensuite, il suffit de se laisser emporter, au gré des pièces de théâtre, des amours du maître ou de l’invention du cinéma parlant dans le sillage de personnages (forcément) truculents. On aime entendre le grondement de Raimu quand il déclare : <em>« Je vais te le faire ton boulanger cocu ! »</em> ou encore qu’avec le Marius de Pierre Fresnay, <em>« un Alsacien peut faire un bon Marseillais… »</em> On aime écouter aussi, avec l’accent, Pagnol (avec la voix de Laurent Lafitte) dire : <em>« Je suis né dans la ville d’Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers… »</em> Voilà du cinéma qui fleure bon le soleil de la garrigue ! (Wild Side)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACielEnfer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21250" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAACielEnfer-201x300.jpg" alt="Ciel Enfer" width="201" height="300" /></a><strong>ENTRE LE CIEL ET L&rsquo;ENFER</strong><br />
Industriel au sein d’une grande fabrique de chaussures, Kingo Gondo décide de rassembler tous ses biens afin de racheter les actions nécessaires pour devenir majoritaire. Il apprend alors que son fils Jun a été enlevé et qu’une rançon est exigée. Se produit alors un véritable coup de théâtre: ce n’est pas Jun mais Shinichi, le fils de son chauffeur, qui a été kidnappé. Gondo est désormais face à un dilemme : doit-il dépenser toute sa fortune pour sauver l’enfant d’un autre ? S&rsquo;ouvrant dans un huis-clos dans une luxueuse villa qui domine Yokohama, le film s&rsquo;attarde auprès d&rsquo;un homme d&rsquo;affaire qui s&rsquo;interroge. Et puis l&rsquo;action se met en branle avec une enquête policière qui parcourt une ville glaçante… Considéré comme l&rsquo;un des cinéastes les plus célèbres et influents de l&rsquo;histoire du cinéma, le Japonais Akira Kurosawa (1910-1998) a tourné, en 57 ans de carrière, plus d&rsquo;une trentaine de films. Essentiellement connu pour ses grandes fresques féodales (<strong>Rashômon</strong> en 1950, <strong>Les sept samouraïs</strong> en 1954 ou <strong>Kagemusha</strong> en 1980 qui lui vaudra la Palme d&rsquo;or à Cannes), Kurosawa est également l’auteur d’une série de remarquables films noirs, ancrés dans le Japon contemporain. Interprété par les stars Toshiro Mifune (qui sera aussi, en 1965, le héros du <strong>Barberousse</strong> de Kurosawa) et Tatsuya Nakadai, <strong>Entre le ciel et l’enfer</strong>, disponible pour la première fois en Blu-ray 4K Ultra HD, est une brillante réflexion sur la morale et le capitalisme, très librement adapté du roman <em>Rançon sur un thème mineur</em> de l&rsquo;Américain Ed McBain. Dans les suppléments, on trouve <strong>Le suspense selon Kurosawa</strong> (37 mn) qui présente des souvenirs du tournage d’<strong>Entre le ciel et l’enfer</strong> par les membres de l’équipe du film, illustrés de nombreuses archives. <strong>Entre le ciel et l&rsquo;enfer selon Jean Douchet</strong> (15 mn) permet en 2006, au fameux critique et historien du cinéma (1929-2019) de livrer une analyse du chef-d’œuvre de Kurosawa, l’un des plus beaux polars au monde selon lui. Enfin <strong>Tension et grâce</strong> (10 mn) est un essai vidéo du film par Nicolas Saada, réalisateur et scénariste (<strong>Taj Mahal</strong>, <strong>Thanksgiving</strong>) qui observe : <em>« Entre le ciel et l’enfer est une leçon de cinéma. […] Il y a cet équilibre entre grâce et gravité, entre beauté et noirceur. »</em> (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEchosDuPassé.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21252" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEchosDuPassé-187x300.jpg" alt="Echos Du Passé" width="187" height="300" /></a><strong>LES ECHOS DU PASSÉ</strong><br />
Alma grandit dans une famille de propriétaires terriens peu avant la Première Guerre mondiale dans l&rsquo;Empire allemand. Les parents de la fillette de sept ans sont taciturnes et le quotidien de la famille marqué par la religiosité et les superstitions. Un jour, Alma découvre grâce à une photographie post-mortem qu&rsquo;elle a été nommée d&rsquo;après sa sœur décédée. La famille a mis en scène un « accident du travail » pour éviter que Fritz, le frère aîné d&rsquo;Alma, ne soit envoyé à la guerre. La domestique Trudi, qui, comme beaucoup d&rsquo;autres servantes, a été stérilisée de force par son employeur, s&rsquo;occupe avec dévouement de Fritz, qui a été amputé d&rsquo;une jambe à la suite de l&rsquo;« accident ». Erika vit à la ferme dans les années 1940 alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage. Elle se perd dans une curiosité et une fascination érotiques pour son oncle Fritz, « invalide de guerre ». Elle réalise d&rsquo;innombrables dessins de cet homme alité et simule elle-même une amputation. Angelika, avide de vivre, vit à la ferme à l&rsquo;époque de la RDA dans les années 1980 et est prisonnière d&rsquo;une excentrique famille d&rsquo;agriculteurs. Elle est la fille d&rsquo;Irm, la sœur blonde d&rsquo;Erika. La sexualité naissante d&rsquo;Angelika attire l&rsquo;attention de son oncle Uwe. Mais Rainer, fils d&rsquo;Uwe et cousin d&rsquo;Angelika, éprouve également des sentiments pour elle. Dans les années 2020, Nelly, originaire de Berlin, arrive avec sa sœur aînée Lenka et ses parents dans la ferme à présent délabrée et presque vide, que les parents souhaitent rénover eux-mêmes. Lenka se lie d&rsquo;amitié avec Kaya, une fille du quartier. Un jour, un événement tragique se répète dans la ferme. Les frontières entre le passé et le présent vont s&rsquo;estompent complètement… Présenté en compétition officielle au festival de Cannes 2025, <strong>In die Sonne schauen</strong> (en v.o.) a remporté le prix du jury, ex æquo avec <strong>Sirāt</strong> d&rsquo;Óliver Laxe. Masha Schilinski signe un puissant drame historique qui suit les destinées de quatre jeunes filles (Alma, Erika, Angelika et Lenka) qui vivent à des époques différentes sur la même ferme isolée dans l&rsquo;Altmark, dans l&rsquo;Allemagne du Nord. Alors que les générations s’enchaînent, la ferme conserve la mémoire des drames silencieux, des non-dits familiaux et des cicatrices du passé. Dans un cinéma à la fois miroir et portail vers un large univers de sentiments, la cinéaste franco-allemande distille un univers poétique tout en retenue formelle. Sur plus d&rsquo;un siècle et jusqu&rsquo;à nous, se développe un récit comme hanté autour d&rsquo;Alma (Hanna Heckt), Angelika (Lena Urzendowsky), Lenka (Laeni Geiseler) et Erika (Lea Drinda) investissant, tour à tour, une vaste demeure et une terre qui les relie à travers le temps. La cinéaste compose des images quasiment spectrales au service de thèmes comme la douleur fantôme ou le corps des femmes, jeunes ou vieilles. Une œuvre à la fois irréelle, inquiétante et donc fascinante. Dans les suppléments, un entretien avec la réalisatrice Masha Schilinski. (Diaphana)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMachoDancer.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21257" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAMachoDancer-187x300.jpg" alt="Macho Dancer" width="187" height="300" /></a><strong>MACHO DANCER</strong><br />
Après le départ de son riche amant américain, le jeune Pol décide de suivre son ami Greg à Manille, afin de subvenir aux besoins de sa famille. Là-bas, il fait rapidement la connaissance de Noel, un call-boy, adepte du <em>« macho dancing »</em>, qui le prend sous son aile et lui trouve une place dans un club gay de la capitale. Alors qu’il découvre le monde interlope du striptease masculin, entre trafic sexuel, drogue et corruption policière, Pol fait la rencontre de Bambi, une prostituée proche de la bande des <em>« macho dancers »</em>… Voici une exclusivité mondiale que l&rsquo;on doit à Carlotta Films qui s&rsquo;est fait, entre autres, une spécialité du cinéma asiatique et, pour l&rsquo;occasion du cinéma philippin. Cela à travers de l&rsquo;une de ses plus illustres figures. Disparu à l&rsquo;âge de 52 ans dans un accident de voiture, Lino Brocka (1939-1991) a tourné une soixantaine de longs-métrages dont certains comme <strong>Manille</strong> (1975) ont eu une sortie internationale. Grâce au Festival de Cannes, on découvrit aussi, en 1978, <strong>Insiang</strong>, premier film philippin sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs. En 1980,<strong> Jaguar</strong> fut présenté en sélection officielle puis <strong>Bona</strong> (1980) à la Quinzaine des réalisateurs 1981. Réalisé en 1988 et invisible depuis sa sortie, <strong>Macho Dancer</strong> (inédit en Blu-ray, dans une version non censurée et présenté dans une nouvelle restauration 4K) est un mélodrame social doublé d’un authentique acte de résistance politique pour ce cinéaste engagé, clamant ouvertement son homosexualité dans une société conservatrice. <strong>Macho Dancer</strong> s’affirme comme l’un des longs-métrages les plus audacieux et controversés de Lino Brocka qui signe un témoignage brut, qui évoque par moments les premiers films de Martin Scorsese, et demeure un jalon du cinéma queer asiatique. Dans les suppléments, on trouve, avec <strong>Corps politiques</strong> (35 mn), un entretien inédit avec Nick Deocampo, cinéaste, producteur, historien, écrivain et enseignant à l’Université des Philippines. <em>« Le bar gay,</em> dit-il, <em>n’est pas différent d’une usine. Mais le bien de consommation, c’est le corps humain et non la machine. »</em> Enfin, <strong>Oliver</strong> (1983, 40 mn) est un film de Nick Deocampo sur le quotidien d’un jeune homme qui subvient aux besoins de sa famille en se travestissant dans les bars gays de Manille. (Carlotta)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALosTigres.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21256" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALosTigres-194x300.jpg" alt="Los Tigres" width="194" height="300" /></a><strong>LOS TIGRES</strong><br />
Plongeur professionnel, surnommé &laquo;&nbsp;le Tigre&nbsp;&raquo;, Antonio travaille principalement au port de Huelva, en Andalousie, dont une grande partie de l&rsquo;activité est liée à l&rsquo;industrie pétrolière. Il vit avec sa sœur cadette Estrella qui, bien qu&rsquo;elle éprouve beaucoup d&rsquo;affection pour lui, lui en veut également depuis l&rsquo;enfance de s&rsquo;être fait passer comme meilleur plongeur qu&rsquo;elle, suite à un défi lancé par leur père. Estrella, qui a une formation en biologie marine, et bien qu&rsquo;elle assiste quotidiennement son frère dans son travail, envisage secrètement de postuler pour un emploi à la réserve naturelle de Vigo. Lors d&rsquo;une plongée sous le pétrolier <em>Delphos</em>, Antonio découvre dans l&rsquo;un des conduits d&rsquo;aération du bâtiment, un petit chargement de cocaïne, information que son supérieur lui demande de passer sous silence. Toutefois, Antonio y voit une opportunité d&rsquo;améliorer son sort : en effet, il est en grande difficulté dans sa vie personnelle depuis son divorce, son ex-épouse lui reprochant de ne lui verser aucune pension alimentaire pour s&rsquo;occuper de leurs deux filles. Antonio envisage alors de voler une partie de la drogue découverte et de la revendre afin de reverser une partie de l&rsquo;argent à ses filles et de garder le reste pour ouvrir une école de plongée. Mise au courant de cette idée, Estrella la rejette dans un premier temps, avant de l&rsquo;accepter en l&rsquo;amendant : pour éviter que le vol ne soit découvert, Antonio devra prélever à l&rsquo;aide d&rsquo;un dispositif spécial une petite partie de la drogue lors de plusieurs plongées, en veillant à éteindre sa caméra le moment venu afin que son supérieur ne se doute de rien… Révélé à l&rsquo;international avec <strong>La Isla minima</strong> (2014), palpitant et remarquable thriller dans l&rsquo;Espagne post-franquiste, le cinéaste sévillan Roberto Rodriguez plante le décor de son nouveau film policier dans l&rsquo;impressionnant univers industriel d&rsquo;Huelva. Avec un petit côté braquage… sous-marin, <strong>Los Tigres</strong> met en scène un frère et une sœur qui s&rsquo;aiment autant qu&rsquo;ils se détestent, autrement dit deux personnages tourmentés aux prises avec leurs traumatismes du passé. D&rsquo;ailleurs, le film, qui contient cependant nombre de séquences très spectaculaires, s&rsquo;intéresse essentiellement aux rivalités entre Antonio (l&rsquo;excellent Antonio de la Toore, déjà présent dans <strong>La Isla…</strong>) et Estrella (Barbara Lennie), deux êtres qui ont bien du mal à trouver leur place dans le monde&#8230; (Le Pacte)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEauTiedePontRouge.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21251" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEauTiedePontRouge-212x300.jpg" alt="Eau Tiede Pont Rouge" width="212" height="300" /></a><strong>DE L&rsquo;EAU TIEDE SOUS UN PONT ROUGE</strong><br />
Avant de mourir, un vieux clochard philosophe livre son secret à Yosuke Sasano, un quadragénaire qui vient d&rsquo;être licencié de son travail. Il a caché un bouddha en or, volée dans un temple de Kyoto, dans une jarre cachée dans une maison située dans un village lointain, et il lui en fait cadeau. Récemment séparé de sa femme, Yosuke est fatigué par la vie citadine. Comme son travail ne le retient plus à Tokyo, il décide de quitter la capitale pour se rendre dans la ville portuaire de Noto et tenter de retrouver le trésor du vieux clochard. Sur place, il croise Saeko Aizawa, une jeune femme qui vit là avec sa grand-mère. Saeko a le pouvoir de faire s&rsquo;épanouir les fleurs en dehors des saisons et de faire venir les poissons par l&rsquo;eau qu&rsquo;elle fait jaillir de son corps lorsqu&rsquo;elle éprouve le plaisir charnel. Chaude lapine, la sensuelle Saeko saute sur le visiteur et le force à faire l&rsquo;amour. Au moment de l&rsquo;orgasme, un geyser jaillit d&rsquo;elle. Sous le charme de Saeko, Yosuke tombe amoureux et va découvrir peu à peu les secrets de son passé. Cinéaste d&rsquo;un certain réalisme magique, Shohei Imamura (1926-2006) s&rsquo;est souvent penché dans un cinéma qui mêle la fantaisie avec un baroque provocant, sur les déclassés de la société, les prostituées et, ici, une femme qui explose littéralement de sensualité. Titulaire de deux Palmes d&rsquo;or cannoises (<strong>La ballade de Narayama</strong> en 1983 et, ex-aequo avec <strong>Le goût de la cerise</strong> de Kiarostami, pour <strong>L&rsquo;anguille</strong> en 1997), Imamura signe, en 2001, avec <strong>De l&rsquo;eau tiède…</strong>, son ultime long-métrage. Dans une mise en scène de belle facture, l&rsquo;impertinent maître japonais donne le portrait poétique, doucement subversif, surréaliste et parodique d&rsquo;une femme fontaine aux pouvoirs miraculeux. Présenté en compétition officielle à Cannes 2001, <strong>De l&rsquo;eau tiède&#8230;</strong> est une superbe fable ! <em>« Si d&rsquo;aucuns disent que le XXIe siècle sera celui de la science et de la technologie, je pense qu&rsquo;il sera aussi celui de la femme »</em>, professe Imamura à la sortie de son dernier film. Ode malicieuse à la femme et au plaisir sexuel, cette histoire d&rsquo;eau, où l&rsquo;on croise aussi une grand-mère liseuse d&rsquo;avenir et un marathonien sénégalais parlant japonais, mêle délires poétiques, érotiques, et péripéties rocambolesques. D&rsquo;une vitalité lumineuse et insolente ! (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEnfanceAllemande.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21253" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAEnfanceAllemande-196x300.jpg" alt="Enfance Allemande" width="196" height="300" /></a><strong>UNE ENFANCE ALLEMANDE : ILE D&rsquo;AMRUN, 1945</strong><br />
En 1945, durant les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale, dans un petit village de l&rsquo;île d&rsquo;Amrum, au large des côtes allemandes de la mer du Nord, Nanning Bohm, douze ans, l&rsquo;aîné de sa famille, travaille dans les champs de pommes de terre ou ramasse du bois flotté pour se chauffer et aider sa mère à nourrir les siens. Fervente nazie, elle est largement enceinte. Le gamin, sa tante Ena et ses deux jeunes frères et sœurs ont dû fuir Hambourg, ville bombardée, pour se réfugier sur l&rsquo;île. Le père de Nanning est un lieutenant-colonel de la SS et est à la guerre. Son épouse est laissée à elle-même sur Amrum, tandis que les villageois écoutent en secret du jazz interdit à la radio. Alors que la guerre touche à sa fin, Nanning doit faire face à de nouveaux défis. Depuis la naissance de sa sœur et la mort d&rsquo;Adolf Hitler, sa mère a sombré dans une profonde dépression et refuse de s&rsquo;alimenter. Nanning cherche des solutions ingénieuses pour satisfaire son envie de pain blanc beurré et tartiné de miel. Las, la guerre a plongé l&rsquo;île dans une grave pénurie de toutes sortes de ressources. Il tente, par le troc, d&rsquo;obtenir les ingrédients convoités comme le beurre et le sucre. Voyant arriver des réfugiés de l’est de l’Allemagne puis vivant la fin du conflit, Nanning commence à réaliser que tous les adultes n’ont pas les mêmes valeurs et que l’idéal nazi de ses parents ne va pas de soi. Il découvre que son oncle Théo a été contraint de rester en Amérique à cause des nazis, et que ces derniers ont assassiné sa fiancée, Ruth. Théo lui apparaît en rêve et le confronte : <em>« Tu n&rsquo;es pas coupable, mais tu es quand même impliqué »</em>. Présenté dans la section Cannes Première au Festival de Cannes 2025, <strong>Une enfance allemande…</strong> est un récit initiatique qui repose sur les souvenirs d&rsquo;enfance du comédien et scénariste Hark Bohm, disparu en novembre 2025 peu après la sortie du film. Compagnon de cinéma de Rainer Werner Fassbinder avec lequel il joua dans <strong>Le marchand de quatre saisons</strong> (1972), <strong>Tous les autres s&rsquo;appellent Ali</strong> (1974), <strong>Le droit du plus fort</strong> (1975), <strong>Le mariage de Maria Braun</strong> (1979), <strong>Lili Marleen</strong> (1981) ou <strong>Lola, une femme allemande</strong> (1981), Böhm croise, ici, la route de Fatih Akin, le réalisateur germano-turc de <strong>Head-On</strong> (2004), <strong>Soul Kitchen</strong> (2009) ou<strong> In the Fade</strong> (2017) qui valut à Diane Kruger, le prix d&rsquo;interprétation à Cannes. La comédienne fait, ici, une courte apparition en paysanne rebelle. Filmé à hauteur du regard d’un enfant au bord de l’adolescence et dans des lumières froides, cette forte mais néanmoins poétique chronique mêle la beauté rude de paysages balayés par le vent marin et le drame d&rsquo;un gamin jeté dans un monde façonné par la nécessité de se battre pour survivre et la vague promesse d&rsquo;une liberté nouvelle. Dans les bonus, un entretien (28 mn) avec Fatih Akin. (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVaurien.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21260" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAVaurien-300x292.jpg" alt="Vaurien" width="300" height="292" /></a><strong>LE VAURIEN &#8211; L&rsquo;INTÉGRALE</strong><br />
Après avoir passé trois années en prison, Goro, jeune yakuza respectueux d&rsquo;un code d&rsquo;honneur en désuétude, cherche à prendre un nouveau départ. Sa rencontre avec la belle Yukiko renforcera sa volonté, mais les liens avec la pègre, le crime et la violence ne se coupent pas si facilement… Pour exorciser ses actes et accéder à une forme de rédemption, il décide de les raconter dans les moindres détails. En adaptant <em>Burai: Aru bōryokudan kanbu no dokyumento</em>, le roman autobiographique, paru en 1967, de Gorō  Fujita, ex‑membre des yakuza devenu écrivain, le réalisateur Toshio Masuda donne le coup d&rsquo;envoi d&rsquo;un saga culte à l&rsquo;énergie brute dans laquelle Tetsuya Watari joue un vaurien au grand coeur en compagne de la grande Chieko Matsubara. Célèbre pour avoir co-réalisé en 1970 avec Richard Fleischer et Kinji Fukasaku <strong>Tora ! Tora ! Tora !</strong> consacré à l&rsquo;attaque japonaise contre Pearl Harbour en décembre 1941, Masuda passera ensuite la main à ses confrères Mio Ezaki et surtout Keiichi Ozawa, metteur en scène de quatre des six volets. Totalement invisible en France depuis des décennies, la franchise Burai est composée du <strong>Vaurien</strong> (1968), <strong>Le retour du vaurien</strong> (1968), <strong>Le vaurien se déchaîne</strong> (1968), <strong>Mélodie pour un vaurien</strong> (1968), <strong>La vengeance du vaurien</strong> (1968) et <strong>Tue, vaurien, tue !</strong> (1969). Cette intégrale est présentée, pour la première fois en France, en édition collector, dans un coffret trois Blu-ray. Dans les suppléments, on trouve un livret avec des essais de Pauline Martyn, Mohamed Bouaouina et Stéphane du Mesnildot sur la saga ainsi que des photos d&rsquo;exploitation. Pour se plonger (ou se replonger) dans un cinéma d&rsquo;action nippon qui a largement influencé le cinéma de Quentin Tarantino (notamment pour son <strong>Kill Bill</strong>) et les films de yakuzas en général… (Roboto Films)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALesCracks.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21255" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAALesCracks-185x300.jpg" alt="Les Cracks" width="185" height="300" /></a><strong>LES CRACKS</strong><br />
Au tout début du 20e siècle en région parisienne, Jules-Auguste Duroc, artisan de formation et bricoleur à ses heures perdues, met toutes ses économies dans l&rsquo;invention d&rsquo;un vélo révolutionnaire, doté de plusieurs fonctionnalités jusqu&rsquo;alors inédites, comme la roue libre permettant de cesser de pédaler notamment dans les descentes. Malgré ses multiples efforts pour trouver un investisseur ou une banque pour financer son brevet et la production industrielle de ses cycles, il se retrouve dans une situation personnelle critique. Criblé de dettes et harcelé par un féroce huissier (Robert Hirsch) qui veut saisir son invention, Duroc n&rsquo;a plus qu&rsquo;un espoir, faire remarquer son vélo dans une compétition cycliste internationale. Il songe à la prochaine course reliant par étapes, Paris à San Remo en Italie. Son beau-frère, le trentenaire Lucien Médard, est choisi pour tester la nouvelle bicyclette. Mais sans autre issue pour fuir l&rsquo;huissier tenace, Duroc se retrouve sous la tour Eiffel, lieu du départ de l&rsquo;épreuve. Au milieu du peloton, l&rsquo;inventeur est propulsé dans la course, malgré sa cinquantaine passée. Heureusement, son invention se révèle extrêmement efficace et il commence à remporter des succès au cours de plusieurs étapes. En 1968, Alex Joffé met en scène Bourvil après l&rsquo;avoir déjà dirigé dans <strong>Les hussards</strong> (1955), <strong>Fortunat</strong> 1960), <strong>Le tracassin</strong> (1961), <strong>Les culottes rouges</strong> (1962) ou<strong> La grosse caisse</strong> (1965), des films qui furent tous, à cause de leur interprète principal, de gros succès populaires. Une fois de plus, Bourvil s&rsquo;empare ici d&rsquo;un personnage bon comme le pain qui met les rieurs de son côté. Sur le tournage, l&rsquo;acteur fut victime d&rsquo;une violente chute qui l&rsquo;obligea à subir des examens médicaux. A cette occasion, les médecins découvrirent que Bourvil souffrait de la maladie de Kahler qui allait l&rsquo;emporter en septembre 1970. Dans les suppléments, on trouve <strong>Histoire fiction ?</strong>, un documentaire sur le cyclisme en 1900. (M6)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAQueerpanorama1.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21282" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAQueerpanorama1-173x300.jpg" alt="AAAQueerpanorama" width="173" height="300" /></a><strong>QUEERPANORAMA</strong><br />
Un homme enchaine les aventures d&rsquo;un soir avec des hommes. À chaque nouveau rendez-vous, il se glisse dans la peau de chacun de ses amants, s’appropriant leur personnalité au gré de ses rencontres. Ce n’est qu’en devenant un autre qu’il parvient à être pleinement lui-même… Présenté à la Berlinale 2025, le film du cinéaste hongkongais Li Jun raconte les errances d’un jeune homme homosexuel, crédité sous le simple nom de « Je », au fil de ses rencontres sexuelles et affectives dans un cité de Hong Kong en pleine mutation. Comme un miroir tendu à ce personnage flou et en quête de soi, cette métamorphose identitaire lui permet de se sentir pleinement lui‑même, tout en explorant la solitude des jeunes gays. A travers des fragments d&rsquo;aventures non chronologiques où la sexualité devient pratique exploratoire et où le désir remplace le dialogue, Li Jun (couronné du prix du meilleur réalisateur aux Golden Horse Film Awards de Taiwan) présente des instants purement physiques et anonymes alors que d&rsquo;autres sont construits comme des échanges qui raconte l&rsquo;exil, le deuil, les viols scolaires. Porté par le comédien hongkongais Jayden Cheung (vu dans <strong>Moments Fleeting</strong> en 2021 et <strong>The Moon, Sky and you</strong> en 2023), <strong>Queerpanorama</strong>, en évitant le racolage, est un drame sur l&rsquo;identité queer mais qui évoque aussi l&rsquo;impact des applications de rencontres avec ses protagonistes qui se retrouvent via des algorithmes, reflétant la réalité post‑Covid. Par ailleurs, dans une réflexion politique, le film sert d’allégorie à la situation de Hong  Kong sous la loi de sécurité nationale, illustrant la tension entre identité personnelle et contexte sociopolitique. Dans les bonus, on trouve des scènes coupées (21 mn). (Blaq Out)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAABalleDansTete.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21248" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAABalleDansTete-206x300.jpg" alt="Balle Dans Tete" width="206" height="300" /></a><strong>UNE BALLE DANS LA TÊTE</strong><br />
A Hong Kong en 1967, Paul, Ben et Frank sont amis d&rsquo;enfance. Le jour du mariage de Ben, Frank est agressé par une bande de malfrats. Pour venger son ami, Ben attaque le chef de cette bande et le tue accidentellement. Forcés de fuir Hong Kong, ils partent au Vietnam travailler pour un parrain local. Ils y rencontrent Luke, un tueur eurasien travaillant pour ce dernier, qui leur propose d&rsquo;organiser le casse d&rsquo;une réserve d&rsquo;or que possède son patron. Pour les trois amis, va commencer une descente aux enfers dans les horreurs du crime et de la guerre du Vietnam… En 1989, après une bonne quinzaine de longs-métrages depuis 1974, John Woo va signer <strong>The Killer</strong> qui sera plus tard considéré, y compris par le cinéaste lui-même, comme son chef-d&rsquo;œuvre. Dans la foulée de ce succès international applaudi par Martin Scorsese comme Quentin Tarantino, Woo sort, en 1990, ce que beaucoup considèrent comme son chef-d&rsquo;œuvre maudit, <strong>Une balle dans la tête</strong>, film très personnel qui est un échec retentissant au box-office (on murmure qu&rsquo;une allusion au massacre de la place Tien An Men en est responsable) et un gouffre financier pour les studios. Si le film commence de manière assez surprenante, il va rapidement mêler scènes d&rsquo;action explosives avec des moments de mélancolie sur fond de chaos, d&rsquo;apocalypse guerrière, d&rsquo;exactions de gangsters, de fureur inhumaine et de destructions. Ca tire dans tous les coins, ça hurle de tous les côtés et le sang gicle à foison, les bagarres de petits voyous laissant le champ à d&rsquo;énormes batailles… <strong>Une balle dans la tête</strong> a, plus tard, été considéré par nombre d&rsquo;inconditionnels de John Woo comme son œuvre la plus aboutie et la plus violente. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAGreenLand2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-21254" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAAGreenLand2-176x300.jpg" alt="GreenLand 2" width="176" height="300" /></a><strong>GREENLAND : MIGRATION</strong><br />
Après avoir survécu à la collision entre une comète interstellaire et la Terre, la famille Garrity doit quitter le bunker de survivants du Groenland. John, Allison et leur fils Nathan vont alors se lancer dans un périlleux voyage à travers les terres désolées et décimées de l&rsquo;Europe, pour trouver un nouveau foyer. Sorti en 2026, <strong>Greenland : Migration</strong>, réalisé par Ric Roman Waugh, est la suite de <strong>Greenland : Le dernier refuge</strong>, du même réalisateur, sorti en 2020. Déjà, il y a Gerald Butler, révélé au grand public mondial en roi Léonidas dans <strong>300</strong> (2006) et devenu célèbre en incarnant l&rsquo;indestructible agent Mike Banning dans la trilogie d&nbsp;&raquo;action composée de <strong>La chute de la Maison Blanche</strong> (2013), <strong>La chute de Londres</strong> (2016) et <strong>La chute du Président</strong> (2019). Mais le comédien écossais a aussi un côté gros nounours (bien costaud) qui va bien pour le personnage du père de la famille Garrity. Bien sûr, le scénario est sans prétention et n&rsquo;envisage à aucun moment de revisiter le genre <em>survival</em>. Mais il tient quand même la rampe en étant tout à fait efficace. De plus, la mise en scène ne manque pas de qualité d&rsquo;écriture. Pour passer un bon moment devant son écran avec cette famille qui bataille pour survivre. (Metropolitan)<br />
<a href="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAATueurFrappe3Fois.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-21259" src="https://www.exterieur-jour.com/wp-content/uploads/2026/05/AAATueurFrappe3Fois-180x300.jpg" alt="Tueur Frappe 3 Fois" width="180" height="300" /></a><strong>LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS</strong><br />
Patron de la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg, l’inspecteur Franz Bulon est sous la pression de sa hiérarchie. Enquêtant sur un vaste trafic de drogue, il voit tous ses témoins potentiels assassinés par un mystérieux tueur, qu’il ne parvient pas à arrêter. Mais Franz a d’autres soucis. D’une jalousie maladive, il soupçonne sa femme Lisa, une ex-voleuse, de le tromper et de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, Bulon propose un marché à Max Lindt, un tueur à gages qu&rsquo;il vient d&rsquo;arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa. À la croisée du <em>giallo</em> italien et du <em>krimi</em> allemand, <strong>La morte non ha sesso</strong> (en v.o.) occupe une place singulière dans le thriller européen de la fin des années 1960. Réalisé en 1968 par l&rsquo;Italien Massimo Dallamano, ancien directeur de la photo de Sergio Leone, alors que le <em>giallo</em> cherche encore sa forme définitive, le film mêle enquête criminelle, jalousie, manipulations et meurtres dans une atmosphère tendue et élégante. On y retrouve déjà plusieurs éléments qui feront le succès du genre : sensualité, violence, faux-semblants et suspense omniprésent. Polar noir mêlant trahisons, soupçons et machinations entre bars enfumés, ruelles désertes, jeux d’ombres, ce suspense (inédit en vidéo en France) met en scène des personnages qui semblent tous cacher quelque chose. L&rsquo;inspecteur est rongé par la jalousie et l’obsession, tandis son épouse, trouble et insaisissable, est au cœur de toutes les ambiguïtés. Les rebondissements s’enchaînent jusqu’au dernier acte, pour un film marqué par l’influence d’Alfred Hitchcock et par une tension psychologique constante. Présenté en haute définition, en combo Blu-ray + DVD, le film est accompagné d&rsquo;un livret. (Rimini éditions)</p>
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