Juste une image…

 

Indestructibles 2

L’été, une saison d’enfer pour les salles obscures ? On a longtemps affirmé ça. Et, du coup, les distributeurs redoutaient, dans cette période de chaleur, de sortir leurs films et préféraient attendre la rentrée de septembre, considérée comme bien plus propice au succès… Cela dit, préjuger du succès d’un film n’est quand même pas une mince affaire. Et on connaît suffisamment de flops retentissants qui devaient être des succès garantis…
Avec le temps, les choses ont un peu changé et Hollywood sort volontiers, en été, quelques blockbusters comme, depuis le 4 juillet, l’attendu Indestructibles 2 (en photo) qui célèbre le retour d’une fameuse famille de super-héros! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. Changement de rythme difficile pour la famille d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier…
Dans le même registre, retour, le 1er août prochain, d’Ethan Hunt et de son équipe de l’IMF, Impossible Mission Force lancés avec quelques fidèles alliés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission… Mission Impossible – Fallout, c’est déjà le sixième volet d’une saga née (sur grand écran) en 1996 et dans laquelle Tom Cruise continue à tenir le rôle principal d’Ethan Hunt. Mais, à 55 ans, sur le tournage de ce n°6, le comédien a été victime d’une double fracture de la cheville à la suite d’une cascade ratée. Sans lien avec ce qui précède, le pitch de MI6 observe : « Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… »
Petit tour, ci-dessous, parmi les films attendus dans les prochaines semaines. En se souvenant que les salles obscures sont (très généralement) climatisées et qu’un chocolat glacé au poing, il y a pire comme expérience estivale !

Photo The Walt Disney Company France

 

La critique de film

Dans la fraîcheur des salles estivales…  

DOGMAN.- Dans une banlieue italienne déshéritée, Marcello, toiletteur pour chiens discret et apprécié de tous, voit revenir de prison son ami Simoncino, un ancien boxeur accro à la cocaïne qui, très vite, rackette et brutalise le quartier. D’abord confiant, Marcello se laisse entrainer malgré lui dans une spirale criminelle. Il fait alors l’apprentissage de la trahison et de l’abandon, avant d’imaginer une vengeance féroce…
Dogman

L’italien Matteo Garrone avait fait forte impression en 2008 à Cannes avec Gomorra qui lui valut le Grand prix du jury sur la Croisette. Il était revenu ensuite, avec Reality (2012) qui lui rapporta un second Grand prix du jury. Enfin, cette année, c’est Marcello Fonte qui incarne le toiletteur pour chiens, qui a remporté le prix d’interprétation cannois.
De son film, le cinéaste dit qu’il n’est pas seulement « un film de vengeance (mais il vaudrait mieux appeler cela une délivrance) » mais « une variation sur le thème (éternel) de la lutte entre le faible et le fort » et « une histoire ‘extrême’ qui nous place devant quelque chose qui nous concerne tous : les conséquences des choix que nous faisons quotidiennement pour survivre… » (11 juillet)

SKYSCRAPER.- Ancien leader de l’équipe de libération d’otages du FBI, ancien vétéran de guerre et maintenant responsable de la sécurité des gratte-ciels, Will Ford est affecté en Chine. Il découvre le bâtiment le plus grand et le plus sûr du monde soudainement en feu et est accusé de l’avoir déclenché. Désormais considéré comme un fugitif, Will doit trouver les coupables, rétablir sa réputation et sauver sa famille emprisonnée à l’intérieur du bâtiment…au-dessus de la ligne de feu.
Skyscraper

Ancien catcheur professionnel sous le nom de The Rock, Dwayne Johnson a les épaules pour jouer les héros d’action sur grand écran. C’est précisément ce qui lui propose Rawson Marshall Thuber qui l’avait déjà fait joué dans la comédie Agents presque secrets (2016). Evidemment il ne faut pas chercher un scénario spécialement brillant ici, ni des situations très réalistes mais bien du divertissement d’action au cœur duquel tous les coups sont permis tout en sachant qu’on ne se fait jamais trop de mouron pour le brave Will Ford. Du pur cinéma d’été. (11 juillet)

ANT-MAN ET LA GUEPE.- Après les événements survenus dans Captain America : Civil War, Scott Lang a bien du mal à concilier sa vie de super-héros et ses responsabilités de père. Mais ses réflexions sur les conséquences de ses choix tournent court lorsque Hope van Dyne et le Dr Hank Pym lui confient une nouvelle mission urgente… Scott va devoir renfiler son costume et apprendre à se battre aux côtés de La Guêpe afin de faire la lumière sur des secrets enfouis de longue date…
Ant-Man et la guepe

Le Marvel de l’été en forme de trépidante comédie d’action qui s’applique à donner autant de place aux combats superhéroïques qu’aux relations psychologiques entre les personnages. Après un Ant-Man n°1 en 2016, voici donc une suite toujours mise en scène par Peyton Reed et dans laquelle on retrouve Paul Rudd, Evangeline Lilly, Michael Peña ou Michael Douglas rejoints par Laurence Fishburne ou Michelle Pfeiffer qui incarne la Guêpe originale perdue depuis trente ans dans le monde subatomique du Quantum Realm. Scott Lang est-il le seul à pouvoir la secourir ? Petit conseil : rester jusqu’au bout du générique de fin. (18 juillet)

MA REUM.- Tout va pour le mieux dans la vie sans histoires de Fanny… jusqu’au jour où elle découvre que son fils chéri, Arthur, 9 ans, est le bouc émissaire de trois garçons de son école. Fanny ne laissera pas seul son fils face à ses petits bourreaux : elle va rendre à ces sales gosses la monnaie de leur pièce…
Ma Reum

Un an après Sales Gosses, où un moniteur de colo cherchait à se venger d’un groupe de retraités « sales gosses » lui menant la vie dure, Frédéric Quiring signe un second long-métrage sur le thème Œil pour œil, dent pour dent du côté des cours de récré. Pour écrire son film, le cinéaste s’est demandé jusqu’où pourrait aller une maman par amour pour son enfant. Si, quand on parle de harcèlement scolaire, la menace vient souvent des pères (dans les cours de récré, on peut entendre « si tu me touches, tu verras ce que mon père va te faire »), Quiring a inversé la tendance. C’est Fanny (la tonique Audrey Lamy) qui a choisi de faire de sa famille sa priorité. (18 juillet)

THE GUILTY.- Dans la nuit d’un commissariat du Danemark, le 112 sonne. Au bout de la ligne d’urgence, une femme, victime d’un kidnapping, contacte la police. La ligne est coupée brutalement. Pour retrouver Iben Ostergard dont il a vu le nom et le numéro s’afficher sur son écran, le policier Asger Holm ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.
The Guilty

Prix de la critique au dernier Festival du film policier de Beaune, ce premier long-métrage du cinéaste danois Gustav Möller apparaît comme un petit bijou de polar. Avec ce qu’il faut de mystère, de suspense haletant, de montée d’adrénaline. D’autant que jusqu’au bout, rien n’est jamais acquis… Mais Asger Holm (Jakob Cedergren, vu dans la mini-série suédoise Meurtres à Sandhamm) n’est pas du genre à lâcher prise : « J’ai promis, dit-il, à une fillette de 6 ans que sa maman rentrerait à la maison… » (18 juillet)

VIERGES.- À Kiryat Yam, petite station balnéaire au nord d’Israël, tout semble  s’être arrêté. Lana, 16 ans, s’est jurée de lutter contre l’immobilisme et la résignation. Elle est loin d’imaginer que la rumeur d’une sirène va réveiller sa ville de sa torpeur et lui permettre enfin de vivre.
Vierges

Le cinéma israélien a donné récemment de remarquables films comme Foxtrot ou The Cakemaker. Pour son premier long-métrage, Keren Ben Rafael, qui vit entre Paris et Tel Aviv, est partie d’un fait divers qui était dans tous les journaux israéliens. Le maire de Kiryat Yam avait réellement proposé un million de dollars à qui apporterait une preuve de l’existence de cette sirène. Film sur le passage de la parole, cette histoire surnaturelle place le fantasme au même niveau que la vie et finit par en faire partie. Enfin le thème de la virginité est central dans le film. En hébreu, sirène se dit littéralement ‘vierge de la mer’. Lana est presque dans une course contre la montre pour perdre sa virginité et devenir adulte. La virginité pose la question de la métamorphose, du devenir femme, et quel genre de femme, avec quel rapport au monde et aux hommes… Pour Keren Ben Rafael, il était très important que ses héroïnes soient des femmes fortes. (25 juillet)

MAMMA MIA 2 : HERE WE GO AGAIN.- Sur l’île paradisiaque de Kalokairi, Sophie, qui rencontre divers soucis dans l’ouverture de son hôtel, va trouver du réconfort auprès des amies de sa mère Donna qui vont lui conseiller de prendre exemple sur le parcours de cette dernière.
Mamma Mia 2

Dix ans après un Mamma Mia qui avait été un succès mondial (et avait relancé accessoirement les ventes des disques d’Abba), revoilà un n°2, entre présent et passé, qui permet d’en apprendre plus sur la jeunesse des personnages mythiques mais aussi sur les questionnements des jeunes adultes d’aujourd’hui. Le réalisateur Ol Parker a donc imaginé une suite aux aventures de Sophie (Amanda Seyfried) et sa mère Donna incarnée par la starissime Meryl Streep. Un gros casting (Colin Firth, Pierce Brosnan, Lily James et même Cher) et les rythmes entêtants d’Abba, soit un succès promis ? (25 juillet)

HOTEL ARTEMIS.- Dans le Los Angeles de 2028, l’hôtel Artemis est un refuge où les criminels peuvent trouver soins et repos. Dirigé par Jean Thomas, surnommée l’infirmière, cet établissement secret est régi par des règles strictes qui assurent sa réputation dans le monde des truands : Pas d’armes. Pas de flics. Et surtout, on ne tue pas les autres patients…
Hotel Artemis

Le retour en tête d’affiche de Jodie Foster qu’on n’avait plus vu comme actrice depuis Carnage (2011) de Polanski et comme réalisatrice depuis Money Monster (2016) avec George Clooney. Blouse blanche avachie et raie de côté, elle est l’héroïne d’un thriller de science-fiction sur fond de ville déchirée par les émeutes et sur le point de basculer dans la guerre civile. Car son discret hôtel va être rattrapé par le chaos extérieur lorsque des truands tentent d’y entrer de force pour y rattraper un braqueur qui s’y est réfugié après une attaque de banque qui a mal tourné. Pour ceux qui aiment les nuits d’épouvante… sur grand écran. (25 juillet)

LE GENDARME DE SAINT TROPEZ.- Grâce aux loyaux services rendus à une commune des Alpes-Maritimes où il était jusqu’ici en poste, le gendarme Ludovic Cruchot est nommé maréchal des logis-chef et muté à Saint-Tropez. Cruchot va participer aux vaines et répétitives chasses aux nudistes organisées par son supérieur, l’adjudant Gerber. Pour sa part, Nicole, la fille unique du gendarme, est éblouie par le luxe de St Trop. N’arrivant pas à se faire accepter par les jeunes bourgeois du cru, elle s’invente un père fictif richissime…
Gendarme St Tropez

Sorti en salles le 9 septembre 1964, Le Gendarme de Saint-Tropez rencontre à la surprise générale un succès considérable, arrivant en tête du box-office français de 1964 avec plus de 7,8 millions d’entrées. L’accueil critique est partagé mais Louis de Funès, installé pour la première fois en haut du box-office, voit sa carrière et sa célébrité définitivement lancées. Le film ressort dans une version restaurée et permettra aux fans de De Funès de retrouver son couard mais fulminant personnage sur grand écran. (1er août)

MARY SHELLEY.- En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin, 16 ans, entame une relation passionnée et scandaleuse avec le poète Percy Shelley et s’enfuit avec lui. Condamné par les bienpensants, leur amour tumultueux se nourrit de leurs idées progressistes. En 1816, le couple est invité à passer l’été à Genève dans la demeure de Lord Byron. Lors d’une nuit d’orage, à la faveur d’un pari, Mary a l’idée du personnage de Frankenstein.
Mary Shelley

Venue sur le devant de la scène avec Wajda (2012), le premier film de fiction tourné en Arabie saoudite, la réalisatrice saoudienne Haifa Al-Mansour passe du côté d’Hollywood avec une fresque historique dont « elle pensait qu’elle lui serait complètement étrangère… » Mais, à la lecture de l’histoire de cette jeune femme qui, à 18 ans, allait révolutionner la littérature et marquer la culture populaire à tout jamais, la cinéaste a reconnu en Mary Shelley (incarnée par Elle Fanning) une âme soeur. « Mary Shelley, dit-elle, est l’incroyable histoire vraie d’une femme qui s’est dressée contre les contraintes sociales de son époque en créant une histoire qui a dépassé en renommée les écrits de ses contemporains – y compris ceux de ses talentueux parents et mari – et qui a influencé des générations d’artistes et de rêveurs à travers un genre nouveau : la science-fiction. L’histoire de la romancière nous semble étrangement familière, car une grande partie transparaît de façon allégorique dans Frankenstein. Nous connaissons tous les grandes lignes de son histoire, mais la richesse et la densité philosophique de son parcours nous aident à mieux comprendre l’attrait de son roman. » (8 août)

A BRIGHTER SUMMER BAY.- Taïwan, début des années 1960. Le jeune Xiao Si’r entre au lycée aux cours du soir, au grand dam de son père qui espérait que son fils intègre un établissement plus prestigieux. Il se lie d’amitié avec Cat, Airplane et Tiger, avec qui il fait les quatre cents coups. Autour d’eux s’affrontent deux bandes rivales, mais Xiao Si’r se tient éloigné de leurs agissements, jusqu’au jour où il fait la connaissance de Ming, dont il tombe amoureux. Or celle-ci est la petite amie de Honey, leader d’un des deux gangs…
Brighter Summer Day

Quatrième long-métrage du réalisateur Edward Yang, pionnier de la Nouvelle Vague taïwanaise avec son compatriote Hou Hsiao-hsien, A Brighter Summer Day (1991) conjugue avec génie la grande et la petite histoire. Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste de Taipei Story aborde de front le passé trouble de Taïwan en prenant pour point de départ un fait divers datant des années 1960. Le jeune héros de A Brighter Summer Day appartient à la première génération d’immigrés, celle qui a fui la Chine après l’arrivée au pouvoir de Mao – comme ce fut le cas d’Edward Yang. Face à un futur incertain et au désarroi de leurs parents – qui ne savent pas s’il faut s’adapter à cette nouvelle société ou s’y extraire pour faciliter un éventuel retour « au pays » –, les jeunes trouvent une forme de sécurité et d’identité en intégrant les gangs. En montrant le quotidien de Xiao Si’r et de son entourage, Edward Yang s’inspire à la fois de La Fureur de vivre (pour les amours et les rivalités propres à l’adolescence), de Mean Streets (pour la violence inhérente à ces gangs de rue) que des drames familiaux à la Ozu. Pour la première fois en version restaurée 4K au cinéma. (8 août)

VALSE DANS LES ALLEES.- Le timide et solitaire Christian est embauché dans un supermarché. Bruno, chef de rayon, le prend sous son aile pour lui apprendre le métier. Dans l’allée des confiseries, il rencontre Marion, dont il tombe immédiatement amoureux. Chaque pause-café est l’occasion de mieux se connaître. Peu à peu, Christian devient un membre de la grande famille du supermarché. Bientôt, ses journées passées à conduire un chariot élévateur et à remplir des rayonnages comptent bien plus pour lui qu’il n’aurait pu l’imaginer…
IN DEN GÄNGEN

C’est en découvrant In the Aisles, la nouvelle de Clemens Meyer que le cinéaste allemand Thomas Stuber a eu, immédiatement envie de la porter au cinéma : « L’idée de cet homme solitaire qui se fond dans les allées d’un supermarché ne me quittait pas. » Passionné de l’œuvre de Roy Andersson et d’Aki Kaurismaki, Stuber utilise la voix off pour un procédé dans le style « Laissez-moi vous raconter une histoire qui m’est arrivée » afin de distiller, dans un univers industrialo-commercial, une ambiance doucement mélancolique où se mêlent l’amour et la solitude. Le cinéaste a enfin trouvé avec Franz Rogowski (vu dans Happy End de Michael Haneke) et Sandra Hüller, épatante dans Toni Erdmann de Maren Ade, deux magnifiques comédiens… Une belle réussite ! (15 août)

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