Juste une image…

PLANETE_SINGES
Astronaute, le capitaine George Taylor amerrit sur une planète inconnue. Capturé par des singes évolués, il découvre que ceux-ci dominent la planète et ont réduit en esclavage les humains primitifs qui s’y trouvent. D’abord protégé par les chimpanzés progressistes Zira et Cornélius, Taylor doit ensuite s’enfuir avec eux pour échapper au docteur orang-outan Zaïus, l’hypocrite ministre des sciences. Cornélius les emmène sur le site archéologique où il travaille. Retrouvé par Zaïus, Taylor force ce dernier à admettre ce que Cornélius a mis au jour : une civilisation humaine avancée a existé avant celle des singes sur cette planète…
Nous sommes en 1968 et Franklin Schaffner adapte La planète des singes, le roman du Français Pierre Boulle écrit en 1963, pour signer, avec La planète des singes et Charlton Heston en tête d’affiche, le premier film (très rentable) d’une fructueuse franchise…
Planet of the Apes est une franchise multimédia de science-fiction composée de films, de livres, de séries télévisées et de bandes dessinées qui présente des humains et des singes intelligents qui s’affrontent pour dominer la Terre. Entre 1970 et 1973, quatre films suivent le film original. Même s’ils ne remportent pas la même adhésion que le premier film, ils sont également des succès commerciaux qui poussent Fox à lancer deux séries télévisées dérivées en 1974 et 1975. Le studio de production pense dès 1988 à refaire un film mais ne parvient pas à concrétiser le projet avant 2001 avec la sortie du film La Planète des singes de Tim Burton. Une nouvelle série de films voit ensuite le jour en 2011 avec La Planète des singes : Les Origines puis La Planète des singes : L’Affrontement en 2014 et La Planète des singes : Suprématie en 2017.
L’ensemble des films engendrent plus de deux milliards de dollars américains au box-office mondial, pour un budget estimé à moins de six cent millions de dollars.
Plusieurs générations après le règne de César, le « Moïse » du peuple des singes, ces derniers singes ont définitivement pris le pouvoir. Les humains, quant à eux, ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait.
Noa, un singe dont le peuple vient d’être asservi, est contraint de fuir pour conserver sa liberté. Il trouve alors sur son chemin, une jeune humaine qui semble être la clé de son périple. Noa entreprend alors un périlleux voyage qui l’amènera à questionner tout ce qu’il sait du passé et à faire des choix qui définiront l’avenir des singes et des humains.
Connu pour avoir mis en scène la trilogie Maze Runner (Le Labyrinthe en 2014, Le Labyrinthe : la terre brûlée en 2015 et Le Labyrinthe : le remède mortel en 2018) l’Américain Wes Ball a réalisé le dernier en date des films de la saga La Planète des singes : le nouveau royaume qui sera sur les écrans français le 8 mai prochain. En tête d’affiche, on trouvera Owen Teague dans le rôle de Noa et Freya Allan dans celui de Mae. Ils seront entourés de Kevin Durand, Peter Macon et William H. Macy.

© Photos DR

La critique de film

Foooooolie dupienne !  

Dali (Edouard Baer) en entretien avec Judith (Anaïs Demoustier). DR

Dali (Edouard Baer) en entretien
avec Judith (Anaïs Demoustier). DR

Ne dites pas à Quentin Dupieux que son film est surréaliste. Ca le met en colère parce que le mot, aujourd’hui, ne veut plus rien dire. On l’utilise à toutes les sauces dès qu’on ne comprend pas quelque chose. A peu près autant que le terme absurde. Du temps de Dali, oui, le surréalisme était un combat, une envie de changer le monde, de le regarder autrement.
Avec le premier plan du film sur un piano-fontaine, Quentin Dupieux, d’entrée, ramène le spectateur à l’oeuvre de Salvador Dali et donne les règles du jeu. « On entre dans un monde où les pianos sont des fontaines infinies, où poussent des arbres, sur fond de paysage doré ». Invitation à monter à bord !
Alors, si le mot surréalisme ne convient pas, on dira quand même que ce douzième long-métrage est complètement foutraque, carrément délirant, positivement barré ! Mais sans jamais verser dans le n’importe quoi. Comment en aurait-il pu être autrement puisque le cinéaste confie : « Pour écrire et réaliser cet hommage, je suis entré en connexion avec la conscience cosmique de Salvador Dali et je me suis laissé guider, les yeux fermés. »
Après avoir été, pendant quatre ans, pharmacienne (mais en détestant cela), Judith Rochant a choisi le beau mais difficile métier de journaliste. Elle a pas mal galéré mais elle semble tenir le bon bout puisqu’elle a l’inestimable chance de pouvoir interviewer l’immense Salvador Dali. Certes, la première rencontre se passe mal car le maître s’attendait à trouver des caméras. Et Judith n’a que son style et son carnet de notes. Qu’importe, Judith n’entend pas lâcher le morceau. C’est désormais un film documentaire qu’elle lui propose. Las, lorsque Dali, au volant de sa Rolls-Royce, arrive sur la plage, il démolit la caméra avant même le début du tournage.

Judith et son producteur (Romain Duris). DR

Judith et son producteur (Romain Duris). DR

Voilà pour un semblant de trame car Daaaaaali ! s’embarque joyeusement sur ces brisées loufoques qui font le sel (et l’ordinaire!) des œuvres de Quentin Dupieux. Il faut bien cela pour cerner un personnage « excentrique et concentrique, à la fois anarchiste et monarchiste ». Bien sûr, le propos de Dupieux n’est pas de raconter l’homme de Cadaquès et on ne trouve pas trace ici de la gare de Perpignan pourtant considérée comme le « centre de l’univers ». Le cinéaste sait bien qu’un projet de biopic est absurde mais il joue en permanence la carte de la métamorphose. Ici, à chaque tentative de faire parler Dali, il s’échappe. Et le film avec.
D’autant que, soudain, Dupieux passe à table. Dali est invité à dîner chez son jardinier. Parmi les convives, se trouve le père Jacques, un ecclésiastique, qui demande à l’artiste, s’il peut lui raconter un rêve récent. Il y est question des flammes de l’enfer mais aussi d’un cow-boy armé et tireur redoutable. Mais le rêve de l’évêque, plusieurs fois achevé en apparence, est à chaque fois repris et prolongé, le repas ne semblant pas s’achever non plus…

Dali (Gilles Lellouche) en Rolls. DR

Dali (Gilles Lellouche) en Rolls. DR

Un évêque sur un âne, une pluie de chiens morts, un repas qui prend une étrange tournure… On a compris que, dans sa connexion avec le cinéaste, Dali l’a emmené voir ce cher Luis Bunuel avec lequel il signa, il y a fort longtemps -c’était en 1929- un fameux Chien andalou entré définitivement au panthéon du 7e art. Pas de doute, Dupieux a subtilisé quelques images et quelques idées qui n’enlèvent rien à l’originalité de son Daaaaaali ! Qu’on se rassure, le cinéaste réussit à reprendre (de justesse?) le contrôle de son film pour en faire une déclaration d’amour à ce Dali qui l’a conduit de force dans les tréfonds de ses angoisses morbides et de ses rêves.
Mais on s’amuse tout autant des séquences consacrées au producteur (savoureux Romain Duris) du film documentaire réalisé par Judith. Comme Cédric Khan dans le récent Making of, Dupieux a probablement puisé dans ses souvenirs et ses angoisses de tournage pour nourrir ses dialogues. Lorsque ce producteur veut augmenter le nombre d’assistants qui cavalent dans tous les sens sur le plateau… pour faire riche, Dupieux parle-t-il en connaissance de cause ? Et quand ce même producteur affirme qu’il faut une maquilleuse dans l’équipe parce que « les vedettes adorent qu’on leur torche le cul », on sourit en douce. La maquilleuse, elle, se fiche que Dali, dont elle poudre le front, reluque son décolleté. Le cinéaste pousse même le bouchon plus loin, l’extravagant Dali demandant s’il peut y poser ses mains. Iiiiiiiidée subliiiiiiime ! La maquilleuse pourra vendre ses seins touchés par les mains du maître. Dali avait compris, avant beaucoup de monde, les vertus de la communication !

Dali (Jonathan Cohen) circonspect? DR

Dali (Jonathan Cohen) circonspect? DR

Enfin, on ignore si c’est le maître qui a soufflé à Queeeeeentin, l’idée de convoquer cinq comédiens pour interpréter son personnage, évidemment trop complexe pour un seul homme… Gilles Lellouche, Pio Marmaï, Jonathan Cohen, Didier Flamand et le toujours épatant Edouard Baer s’emparent de Dali avec une joie manifeste. Quant à Quentin Dupieux, il s’amuse comme un fou à changer, d’un plan à un autre, d’interprète pour son singulier artiste. Présente pour la quatrième fois dans le cinéma de Dupieux, Anaïs Demoustier, dans le rôle de Judith, participe avec grâce au généreux vent de folie qui traverse Daaaaaali !
Dali le disait lui-même, sa personnalité était probablement son plus grand chef d’oeuvre. Avec drôlerie et déférence, mais oui, Dupieux nous le raconte ! On monte à bord de cette aventure surréaliste avec ravissement.

DAAAAAALI ! Comédie dramatique (France – 1h18) de Quentin Dupieux avec Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Edouard Baer, Jonathan Cohen, Pio Marmaï, Didier Flamand, Romain Duris, Agnès Hurstel. Dans les salles le 7 février.

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