LE CRIME, LE CHAGRIN, LE PRODUCTEUR, LES SOLITUDES ET LES ELEVES  

ROUBAIX UNE LUMIERE
Roubaix LumiereDans la nuit de Noël, le commissaire Daoud sillonne Roubaix, la ville qui l’a vu grandir. Voitures incendiées, altercations… Le lot quotidien. Policier fraîchement diplômé, Louis Cotterelle vient d’arriver dans le service et va enquêter sur le meurtre d’une vieille dame. Deux jeunes femmes, démunies, alcooliques et amoureuses, sont interrogées. Autant qu’un authentique thriller, le nouveau film d’Arnaud Desplechin, natif de Roubaix, est une oeuvre qui colle au réel sous la forme d’une chronique sociale magnifiquement portée par Roschdy Zem, Sara Forestier, Léa Seydoux et Antoine Reinartz. Sans rien offrir à l’imagination, sans rien inventer, Roubaix… offre une vision noire d’une réalité cruelle et d’une société marginalisée… (Le Pacte)
TU MERITES UN AMOUR
Tu Merites Un AmourParce que Rémi a été infidèle et qu’il est parti seul en Bolivie, Lila, qui l’aimait plus que tout, est en dépression. Mais d’Amérique du Sud, Rémi, très manipulateur, lui laisse entendre que leur histoire n’est pas finie. Entre discussions, réconfort et encouragement à la folie amoureuse, Lila s’égare… Révélée en 2007 par La graine et le mulet de Kechiche dans lequel elle dansait jusqu’à l’épuisement, Hafsia Herzi passe pour la première fois derrière la caméra tout en se glissant, avec grâce et brio, dans la peau de Lila. Dans un mélange bienvenu de tendresse et de candeur, la lumineuse actrice détaille les pièges d’une troublante passion vénéneuse et pose un regard lucide sur le chagrin d’amour. (Arte)
L’INTOUCHABLE
IntouchableJusqu’à ce qu’il soit emporté par la tourmente #MeToo, Harvey Weinstein était l’un des producteurs les plus en réussite d’Hollywood. Le puissant patron de la compagnie Miramax pouvait se targuer d’avoir obtenu un Oscar par an pendant dix ans. Mais Weinstein est tombé et, devant un tribunal américain, il doit désormais rendre des comptes. Dans un solide documentaire, en forme de parabole moderne sur notre époque, qui donne la parole à de nombreuses victimes d’agressions sexuelles reprochées au tycoon, Ursula MacFarlane observe les étapes d’une ascension et surtout la chute d’un magnat « qui faisait peur comme un gangster ». Comment, entre chantage, cruauté et pressions, on glisse d’un professionnel doué et infaillible à un monstre. (Le Pacte)
DEUX MOI
Deux MoiRémy et Mélanie ont 30 ans et vivent dans le même quartier de Paris. L’un et l’autre ont bien du mal à faire des rencontres et suivent sans succès des psychothérapies. Mais peut-être bien que ces deux-là finiront par se croiser et se trouver. Cédric Klapisch, le plus parisien des cinéastes français, revient à sa ville préférée pour observer deux solitudes avant d’organiser leurs déambulations. Si on s’attache aux personnages de François Civil et d’Ana Girardot, on admire aussi la manière dont Klapisch, dans la lignée du cinéma populaire, observe Paris, ses habitants, ses petits commerces (ah, l’excellent Simon Abkarian en épicier de bon conseil) et le mouvement perpétuel de la cité… (Studiocanal)
LA VIE SCOLAIRE
Vie ScolaireArrivant de son Ardèche natale, Samia Zibra, jeune CPE novice et inexpérimentée (Zita Hanrot, formidable), arrive dans un collège réputé difficile de Seine-Saint-Denis. Au fil d’une année au cœur de l’école de la République, de la vie et de la démerde, on découvre, sur ses pas, les problèmes récurrents de discipline, la réalité sociale pesante mais aussi l’incroyable vitalité des élèves comme des équipes de surveillants et d’enseignants. En comptant sur les surveillants Moussa et Dylan, la CPE va s’intéresser au cas de Yannis, élève intelligent mais insolent. Evitant les clichés du « film de banlieue », Medhi Idir et Grand Corps Malade, auteurs de Patients (2017), signent un récit tonique et attachant sur la lutte contre l’échec scolaire.  (Gaumont)
LES HIRONDELLES DE KABOUL
Hirondelles KaboulDans Kaboul en ruines et sous le joug féroce des talibans, Mohsen et Zunaira, jeunes enseignants, s’aiment et veulent croire à l’avenir dans cet été 1998 marqué par la violence et la misère quotidienne. Avec la graphiste Eléa Gobbé-Mévellec, la comédienne et réalisatrice Zabou Breitman adapte le roman éponyme de Yasmina Khadra et réussit un déchirant film d’animation aux belles images aquarellées qui décrit, avec humanité et une poésie délicate, le poids terrible de l’intégrisme dans une société afghane où tout ce qui fait le sel de la vie est banni. Lors d’une dispute, Zunaira tue son mari. Arrêtée, elle est condamnée à mort. Bientôt des existences vont être emportées vers des morts violentes… (France TV distribution)
FETE DE FAMILLE
Fete FamilleDans sa belle maison de campagne, Andréa (Catherine Deneuve) va fêter son anniversaire et souhaite qu’on ne parle que de choses joyeuses. Elle ne sait pas encore que sa fille Claire, disparue depuis trois ans, est de retour et qu’elle va bouleverser les festivités, bien décidée à prendre ce qui lui est dû. Dans un cadre bucolique, Cédric Kahn capte les rumeurs montantes d’une tempête familiale. Car Claire (Emmanuelle Bercot) est bien atteinte. A travers une succession de portraits bien dessinés, le cinéaste observe une tribu disparate et en désarroi dont le mal-être éclate soudain dans une réunion qui devait être paisible… (Le Pacte)
FREAKS
FreaksChloé, 7 ans, n’a jamais vu la lumière du jour. Son père la maintient à l’écart du monde extérieur, lui répétant que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée est une menace. Mais, échappant au contrôle de son père, Chloé (Lexy Kolker, étonnante) va braver tous les interdits pour découvrir un monde nouveau, menaçant et mystérieux… En plaçant leur film (applaudi dans de multiples festivals) à hauteur d’enfant, les réalisateurs Zach Lipovsky et Adam B. Stein réussissent un huis clos psychologique (doublé d’un clin d’œil au fameux Freaks de Tod Browning en 1932) autour de la différence et de la parentalité et du danger qui peut venir de l’extérieur comme de l’intérieur… (Lonesome Bear)
LA CHUTE DU PRESIDENT
Chute PrésidentAlors qu’il pêche paisiblement, le président américain (Morgan Freeman) est victime d’une tentative d’assassinat par une nuée de drones. Seul survivant parmi tous les gardes du corps, Mike Banning (Gerard Butler), est accusé d’avoir monté le coup. L’ange gardien préféré du président est désormais la cible à abattre pour le FBI. « Inutile de venir me chercher, lance l’agent. C’est moi qui vais vous trouver ! » Ce troisième volet de la saga Banning est du pur thriller d’action sur fond de sombre complot contre la présidence. Ce qui compte, c’est de voir comment le baroudeur (qui souffle de troubles physiques et psychiques) va, avec l’aide de son vieux père barbu (Nick Nolte), régler son compte aux affreux… (M6)
ANDY
AndyDoux oisif ou… vrai gros fainéant, Thomas a toujours vécu sans faire le moindre effort, profitant notamment de ses fugitives conquêtes. Mais quand il se retrouve à la rue, il n’a d’autre choix que d’aller dans un foyer où il croise la belle et fragile Margaux. Contraint de travailler, Thomas, sous le pseudo d’Andy, décide d’être escort boy. Et il va réussir à entraîner Margaux dans de petites arnaques… Pour son premier « long », Julien Weill distille une sympathique comédie romantique autour de sujets de société comme les SDF, les femmes battues ou la prostitution masculine. Mais c’est surtout le pétillant duo Vincent Elbaz – Alice Taglioni qui apporte à cette histoire son allant et son charme… (Metropolitan)
TENUE DE SOIREE
Tenue SoiréeAntoine aime Monique comme un fou mais elle s’en fout. Lors d’un bal, Bob gifle Monique et prend la défense d’Antoine, écoutant ses plaintes. Bob va entraîner les deux paumés dans le cambriolage de maisons bourgeoises. Mais, manifestement, Bob s’intéresse beaucoup plus à Antoine qu’à Monique. Avec un trio déchaîné (Michel Blanc, Miou Miou, Depardieu), Bertrand Blier met en scène, en 1986, une comédie grinçante qui aborde la question de l’homosexualité dans une époque encore frileuse. Entre humour et irrévérence, les dialogues très crus servent un scénario qui s’achève de manière surréaliste. Le film, qui valut à Michel Blanc le prix d’interprétation à Cannes 1986, sort dans une version restaurée Blu-ray inédite. (Studiocanal)
INSEPARABLES
InseparablesPetit escroc souriant, Mika « choisit » la prison pour échapper à des débiteurs déterminés à lui faire du mal. Mais il ne choisit pas sa cellule… C’est là qu’il croise Pascal Fremont, un détenu qui se présente comme… Poutine. D’ailleurs, Pascal ne jure que par les vertus de la kalachnikov et de la grenade pour calmer ceux qui le dérangent. En s’appuyant sur deux acteurs et humoristes qui ne connaissent bien (Ahmed Sylla et Alban Ivanov, vu aussi dans La vie scolaire), Varante Soudjian concocte une comédie sur l’amitié de deux personnages évidemment mal assortis et que le sort réunit pour le meilleur mais surtout pour le pire. Car Poutine, rendu lui aussi à la liberté, a décidé de faire le bonheur de Mika. Même malgré lui… (M6)

JEUNES TRUANDS, PETITS PHILOSOPHES, L’AIMABLE GENDARME ET LA FEMME MYSTERIEUSE  

PIRANHAS
PiranhasFascinés par les armes et le crime, Nicola et ses copains ont entre dix et quinze ans. Ils tournent dans Naples sur leurs scooters et ne craignent ni la prison, ni la mort, seulement de connaître l’existence tristement banale de leurs parents. En adaptant le roman éponyme de Roberto Saviano, auteur de Gomorra, le cinéaste italien Claudio Giovannesi filme une cruelle et brutale fin de l’innocence. Ces gamins qui parlent de respect et d’honneur, ont surtout, pour valeurs, l’argent et le pouvoir et désirent se faire une place sur la scène criminelle napolitaine en supplanter les anciens mafieux. Sur l’ascension criminelle et le quotidien de bébés-gangsters, une œuvre âpre qui glace le sang. (Wild Side)
LE CERCLE DES PETITS PHILOSOPHES
Cercle Petits Philosophes« La philosophie est un outil d’éveil à l’intelligence… » Philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir a animé, dans des écoles, des ateliers de philosophie et de méditation. Pendant un an, il a été suivi par la cinéaste Cécile Denjean qui a réalisé un beau et riche documentaire à hauteur d’enfants où Rose, Jérémie, Waël, Lorenzo et les autres s’interrogent sur « A quoi ça sert de vivre ? » ou « Quelle est la différence entre un homme et un animal ? » et se confrontent à la complexité du monde en développant leur esprit critique… Où l’on constate qu’une tête bien faite est aussi importante qu’une tête bien pleine. (L’Atelier d’images)
PERDRIX
PerdrixGendarme dans une belle France profonde (le film a été tourné dans les paysages naturels des Vosges), Pierre Perdrix traque des… nudistes révolutionnaires. Son existence sera autrement chamboulée lorsque déboule l’insaisissable Juliette Webb. Car cette tornade ambulante sème le désir et le désordre… Pour son premier long-métrage, Erwan Le Duc, ancien chef du service des sports au Monde, réussit une épatante comédie sentimentale à la fois loufoque et tendre qui fait la part belle à de drôles de personnages. Swann Arlaud (Perdrix) et Maud Wyler (Juliette) s’en donnent à cœur-joie ! En mère de famille bien déjantée, Fanny Ardant est amusante à souhait. (France.tv)
LA DEUXIEME FEMME
Deuxième FemmeEn rendant visite à sa tante sur la côte californienne, Ellen Foster (Betsy Drake) croise le séduisant Jeffrey Cohalan, un architecte qui vit dans une superbe villa située sur un pic rocheux. Elle est vite attirée par ce solitaire qui a perdu naguère sa fiancée dans un mystérieux accident. Entre film noir et thriller romantique, James V. Kern tourne, en 1950, ce film qui fait songer à un classique comme Rebecca d’Hitchcock. Malchance, persécution ou paranoïa ? Pourquoi Cohalan (Robert Young) subit-il tant de mésaventures inexplicables ? Ellen, qui garde toujours les pieds sur terre, parviendra-t-elle à l’arracher à ses tourments ? Une insolite perle noire inédite en France… (Artus Films)
LA CITE DE LA JOIE
Cité JoieLoin du Taj Mahal, des temples et de l’or des palais, Roland Joffé plonge, en 1992, dans le quartier le plus misérable de Calcutta pour filmer cette aventure tirée du best-seller éponyme de Dominique Lapierre. Dans une métropole à la dérive, le réalisateur américain de Mission (Palme d’or à Cannes 1986) et de La déchirure raconte l’histoire de Max Lowe (Patrick Swayze), un chirurgien américain qui, après une opération ratée, décide de fuir en Inde pour œuvrer à la Cité de la joie, un dispensaire au milieu des bidonvilles. Dans une belle version restaurée, sur une musique d’Ennio Morricone, voici une œuvre poignante au souffle humaniste sur une population confrontée à un dénuement extrême. (Pathé)
LE GANGSTER, LE FLIC ET L’ASSASSIN
Gangster Flic AssassinCirculant en voiture, un féroce chef de gang manque d’être assassiné par un inconnu qui file sans être identifié. Même s’il a survécu à l’attaque, le gangster sait que sa réputation est entachée dans le milieu. Il doit impérativement retrouver l’agresseur et le faire payer. De son côté, un flic teigneux recherche le même homme qu’il suspecte d’être un serial-killer… Le cinéaste sud-coréen Lee Won-tae réussit une excellente série B très bien écrite où se mêlent l’humour et la violence. Quand un flic qui déteste les truands est contraint de s’associer avec un déplaisant chef mafieux pour mener une traque commune. Pour le plaisir du spectacle ! (Metropolitan)
COFFRET LISA AZUELOS
Lisa AzuelosCinéaste et artiste engagée dans la défense des droits des femmes, Lisa Azuelos, auteur en 2017 d’un biopic sur Dalida, a signé deux beaux films qui évoquent les relations mère-fille regroupés, ici, dans un joli coffret. En 2008, LOL met au prises Lola, 16 ans (Christa Théret) avec une mère (Sophie Marceau) qui se rend compte, à l’heure d’internet, qu’un fossé s’est creusé entre elle et sa fille. Quand la mère décide de mettre sa fille dans une école privée, les choses se gâtent… En 2019, Mon bébé met en scène une mère (Sandrine Kiberlain) fusionnelle avec sa fille (Thaïs Alessandrin, la propre fille de la cinéaste) qui stresse à l’idée de voir sa Jade, 18 ans, partir faire ses études supérieures au Canada. Elle décide alors de filmer, avec un smartphone, leurs derniers instants ensemble… (Pathé)
INTEGRALE AGNES VARDA
Intégrale VardaDisparue en mars dernier à l’âge de 90 ans, Agnès Varda a laissé, en 60 ans de cinéma, une œuvre majeure. Un coffret de 24 DVD réunit 40 longs-métrages documentaires et de fiction et onze courts, tous en versions restaurées, 11 heures de bonus et un livret de 144 pages sur la création d’une artiste engagée et contemporaine de la Nouvelle Vague. Pour se replonger avec ravissement dans La pointe courte (1955), le premier long-métrage, Cléo de 5 à 7 (1961), Le bonheur (1965), L’une chante l’autre pas (1977), Mur Murs (1980), l’émouvant Sans toit ni loi (1985), le tendre Jacquot de Nantes (1990) consacré à l’enfance de Jacques Demy, le réalisateur et mari de la cinéaste, le militant Les glaneurs et la glaneuse (2000), Les plages d’Agnès (2008) et l’ultime Varda par Agnès (2019). (Arte)
COFFRET BERNARD BLIER
Bernard BlierPendant près de cinq décennies, Bernard Blier (1916-1989) a été incontournable dans le cinéma français, d’abord dans des rôles de braves types souvent manipulés par les femmes puis dans ceux de « méchants » haut en couleurs. Blier n’était jamais aussi bon que lorsqu’Audiard lui ciselait des répliques cousues main. On retrouve l’acteur dans un joli coffret avec six films des années 60 et 70 parmi lesquels Les barbouzes (1964), Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (1968) ou encore Le distrait (1970) de Pierre Richard. Et puis on se régale une fois encore d’entendre, dans le très culte Les tontons flingueurs, son Raoul Volfoni menacer Lino Ventura de le disperser, façon puzzle… Pur plaisir ! (Gaumont)
COFFRET JEANNE MOREAU
Jeanne MoreauAvec sa voix rauque et son charme envoûtant, Jeanne Moreau (1928-2017) a incarné nombre de puissants personnages féminins au fil d’une carrière riche de plus de 130 films. Dans un coffret de six DVD, on retrouve Le dos au mur (1957) d’Edouard Molinaro, Le dialogue des Carmélites (1960) de Philippe Agostini, Une histoire immortelle où elle fut dirigée par le grand Orson Welles et trois films réalisés par Louis Malle avec lequel elle tournera à quatre reprises. Dans Ascenseur pour l’échafaud (1957), elle est une pure femme fatale. Dans Les amants (1958), sa Jeanne découvre l’orgasme au cours d’un adultère et dans Viva Maria (1965), elle partage l’affiche avec Brigitte Bardot en chanteuses de music-hall embarquées dans une guerre révolutionnaire folklorique… (Gaumont)
RICORDI ?
Ricordi?Sur une île méditerranéenne, un soir de fête, Elle et Lui se sont rencontrés et ce fut le coup de foudre immédiat. Il est triste, elle est (trop) gaie. Leurs différences pourront-elles contrarier leur passion ? Avec cette histoire d’amour qui s’ingénie à déconstruire le temps, l’Italien Valerio Mieli (remarqué en 2009 pour Dix hivers à Venise) s’interroge sur les souvenirs qui embellissent la vie. « Les souvenirs mentent. Autrement la vie serait insoutenable » dit le garçon (Luca Marinelli) dans cette œuvre-puzzle pleine de romantisme et de charme qui réussit finalement à faire affleurer une vraie atmosphère baignée de nostalgie. (Le Pacte)
OUTLANDER, SAISON 1-4
OutlanderInfirmière de guerre en 1945, Claire Randall (Caitriona Balfe) se retrouve transportée dans l’Écosse révoltée de 1743. Un étrange monde d’aventures s’ouvre à elle où elle sera partagée entre deux mondes et deux hommes que tout oppose… Un beau coffret de 16 DVD regroupe l’intégrale des quatre premières saisons de cette saga adaptée des romans (la série Le Chardon et le Tartan) de l’Américaine Diana Gabaldon. Dans de luxuriants paysages d’Ecosse, voici un beau mélange de « fantasy », d’action, de romance, de sexe, de violence et de voyage dans le temps. Dans cette saga entraînante, certains ont même vu une… alternative féministe à Game of Thrones ! (Sony)

GENE, CRAIG, LILIBET, ALMODOVAR, TARANTINO… JOLIS CADEAUX DE NOEL  

COFFRET GENE TIERNEY
Gene TierneyAvec ses pommettes saillantes et ses yeux clairs sous une chevelure brune, la sublime Gene Tierney fut, dans les années quarante, une star hollywoodienne à part entière, capable de jouer la féminité la plus vénéneuse ou la plus douce. On retrouve la belle Gene (1920-1991) dans un joli coffret regroupant l’exotique Shanghaï Gesture (1941) de Josef von Sternberg qui lui confie la belle Poppy saisie par l’enfer du jeu. Avec Les forbans de la nuit de Jules Dassin et Mark Dixon détective d’Otto Preminger, la comédienne est, en 1950, la vedette féminine, au côté respectivement de Richard Widmark et Dana Andrews, de deux des meilleurs films noirs de l’époque. Un beau cadeau pour tous les fans du cinéma de l’âge d’or d’Hollywood. ! (Wild Side)
DANIEL CRAIG – 007
Craig BondLorsqu’en octobre 2005, Daniel Craig est choisi pour devenir le sixième acteur à incarner le mythique 007 au cinéma, son choix déçoit tellement les nombreux fans (qui plébiscitaient toujours Sean Connery) de James Bond que certains proposèrent tout bonnement de boycotter Casino Royale. Heureusement pour Craig, le film fut une réussite. Quantum of Solace laissa, lui, le critique plus froide avant que Skyfall ne devienne le plus gros succès de la franchise. Avec Spectre, ces films sont réunis dans un joli coffret Daniel Craig. Le comédien britannique de 51 ans sera une dernière fois 007 dans Mourir peut attendre qui sortira au printemps 2020… En attendant, on se délecte toujours des aventures du plus célèbre double zéro… (MGM)
THE CROWN
The CrownL’empire britannique est en déclin… A l’aube d’une nouvelle ère, la jeune Elisabeth II succède au défunt roi George VI et monte sur le trône en 1953… La tâche semble démesurée pour « Lilibet », 25 ans (Claire Foy, excellente), qui fera cependant, soutenue par le vieux Winston Churchill, montre d’une force de caractère discrète mais impressionnante. Un coffret regroupe les deux premières saisons d’une série qui permet, de l’immédiat après-guerre au début des années soixante, de se plonger, sans voyeurisme, dans l’intimité de la plus célèbre monarchie du monde. On se laisse happer par une aventure intime (les démêlés de la reine avec sa sœur Margaret ou ses conflits avec son mari Philipp) au cœur de l’Histoire. Passionnant ! (Sony)
COFFRET ALMODOVAR
AlmodovarEntre fantaisie et drame, le tout dans une débauche de couleurs chaudes, Pedro Almodovar, prince de la fameuse Movida, a réussi à inventer une œuvre foisonnante et directement reconnaissable. Un bon coffret réunit trois œuvres emblématiques : Tout sur ma mère (1999), Volver (2006) et le tout récent Douleur et gloire dans lequel le cinéaste espagnol se dévoile entre art, création, amours et culte de la mère. L’occasion aussi d’observer à l’œuvre ces belles comédiennes, membres au long cours de la tribu almodovarienne que sont Penelope Cruz, Carmen Maura, Marisa Paredes, Lola Duenas ou Cecilia Roth… Sans oublier Antonio Banderas, parfait double du cinéaste dans Douleur… (Pathé)
ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD
Once Upon A Time HollywoodGrand amateur de cinéma populaire, Quentin Tarantino a le chic pour embarquer le public dans un univers de pur cinoche où l’on se laisse aller au bonheur d’un divertissement débridé. C’est à nouveau le cas pour ce dixième « long » qui plante son décor en 1969. Rick Dalton, star déclinante et Cliff Booth, sa doublure de toujours, assistent à la métamorphose d’Hollywood tandis que la Cité des rêves va vivre la fin tragique de Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, assassinée par la bande de Charles Manson… Une belle lettre d’amour au cinéma des années 60 porté par deux comédiens épatants : Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Et Tarantino n’hésite pas à réécrire l’histoire. Un régal ! (Sony)
LES BOUCANIERS
BoucaniersLe pirate français Jean Laffite (Yul Brynner auquel est consacré un grand portrait dans les suppléments) contrôle toute la région de La Nouvelle-Orléans, et tente de rester neutre dans le conflit qui oppose Américains et Britanniques. Mais son amour pour la fille du gouverneur Clairborne l’oblige à s’engager au côté du général américain Andrew Jackson (Charlton Heston)… Remake des Flibustiers (1937) mis en scène par Cecil B. DeMille, cette évocation historique à grand spectacle (inspirée de l’histoire vraie de Lafitte) est l’unique film réalisé en 1958 par le comédien Anthony Quinn. La bataille dans les marais est un beau morceau d’anthologie ! (Sidonis Calysta)
PAVAROTTI
PavarottiLuciano Pavarotti (1935-2007) est sûrement le chanteur d’opéra le plus populaire depuis Enrico Caruso. Réalisateur de Apollo 13 ou Un homme d’exception, l’Américain Ron Howard retrace, en son Dolby Atmos, l’incroyable vie et la carrière du charismatique « Ténor du peuple » italien. En s’appuyant sur des archives rares et inédites ainsi que de nombreux témoignages, on retrouve un artiste hors-normes qui a aussi été une personnalité à la générosité exceptionnelle, se battant autant pour faire découvrir l’opéra au monde entier que pour soutenir des causes chères à son cœur. Un film-hommage exceptionnel pour goûter encore et encore la voix dorée du fils de Modène. (TF1)
LE PROFESSEUR
Le ProfesseurProfesseur de littérature, Daniele Dominici arrive au lycée de Rimini pour remplacer un collègue malade. Bien que séparé de sa femme, Monica, il vit toujours avec elle. Riches et oisifs, ses élèves l’ennuient, excepté Vanina, une jeune fille (Sonia Petrova qui évoque, dans les bonus, ses souvenirs de tournage) qui éveille son intérêt par la blessure secrète qu’il décèle en elle. Cinéaste rare (il n’a tourné que 8 films), Valerio Zurlini filme ici un Alain Delon blafard et magnétique dans une ville hivernale, brumeuse et battue par le vent. Bien restaurée, voici une œuvre de 1972 méconnue, noire et bouleversante, portée par un comédien envoûtant, qui rend palpable le spleen de personnages mélancoliques… (Pathé)
FAUBOURG MONTMARTRE
Faubourg MontmartreAubaine pour cinéphiles ! Voici, dans une version restaurée, le premier film parlant de Raymond Bernard (1891-1977), cinéaste un peu oublié aujourd’hui et assurément sous-estimé dont l’un des chefs d’œuvre fut Les croix de bois en 1932. L’année précédente, il mettait en scène Gaby Morlay, Line Noro et Charles Vanel dans un drame nocturne autour de deux sœurs qui habitent la butte Montmartre, parfait décor pittoresque et populaire. Céline, toxicomane, tente sans succès de dévergonder sa vertueuse sœur Ginette qui décide de fuir cette folie en épousant l’homme qui l’a recueillie. Une belle découverte qui témoigne des débuts du parlant dans le cinéma français. (Pathé)
STOP MAKING SENSE
Stop Making SenseRéalisateur applaudi du Silence des agneaux (1991) et de Philadelphia (1993), Jonathan Demme tournait, en 1983, trois jours durant, lors de concerts donnés au Pantages Theatre d’Hollywood, ce documentaire sur les Talking Heads, considéré comme l’un des plus grands films de rock jamais réalisé. Lorsque le génie créatif de David Byrne, l’un des fondateurs du groupe, rencontre l’audace visuelle de Demme, cela donne un film bourré d’énergie qui a révolutionné le genre musical. Restauré en haute définition, voici un film culte de l’univers du rock « proche de la perfection » selon Pauline Kael, la célèbre critique du New Yorker. En supplément, un livre inédit de Christophe Conte sur l’histoire du film et du groupe… (Carlotta)
COMME DES BETES 2
Comme Bêtes 2Parce que Katie, sa maîtresse, s’est mariée et a eu un bébé, le fox-terrier Max est tellement obsédé par la garde du nourrisson qu’il développe des troubles du comportement… Heureusement, il a d’excellents amis, dont Gidget, la loulou de Poméranie ou Pompon, le lapin totalement barré, qui veillent au grain et qui lui permettront d’affronter ses plus grandes peurs. En 2016, le n°1 avait été un succès planétaire, rapportant 875 millions de dollars de recettes mondiales. Le n°2, avec son animation impeccable, tient parfaitement la route aussi. Chris Renaud et Jonathan Del Val ont su trouver le bon équilibre entre comédie et action pour un bel éloge du courage. Un pur divertissement familial ! (Universal)
UN VILLAGE FRANÇAIS – L’INTEGRALE
Village FrançaisEn juin 1940, Villeneuve, petite sous-préfecture (fictive) du Jura, non loin de la ligne de démarcation, est bouleversée par l’arrivée de l’armée allemande. Entre collaboration, solidarité, résistance ou même indifférence, les années d’Occupation seront le temps des privations, des querelles ou des luttes maquisardes. Mêlant émotion, action autour de multiples et remarquables personnages (incarnés par Robin Renucci, Audrey Fleurot, Thierry Godard, Marie Kremer, Nicolas Gob, Richard Sammel etc.) dans une brillante reconstitution de la Deuxième Guerre mondiale, cette série a passionné le public sur France 3. Dans un gros  coffret de 26 dvd, on retrouve les 72 épisodes des sept saisons de cette remarquable saga. Une intégrale immanquable ! (EuropaCorp)

GUEDIGUIAN, LES KI-TAEK, MIZOGUCHI, LE BONIMENTEUR ET L’ESPIONNE  

INTEGRALE ROBERT GUEDIGUIAN
GuédiguianAlors que son dernier film (Gloria Mundi) est désormais sur les écrans, un coffret rassemble, en versions restaurées, l’intégralité des films de Robert Guédiguian. En vingt œuvres, le cinéaste marseillais d’origine arménienne a imposé un cinéma porté par une forte approche sociale et par une attention constante aux gens du peuple. Avec de bons suppléments (dont deux documentaires inédits sur un cinéaste militant et engagé à gauche), ce beau coffret permet d’aller de Dernier été (1981) à La villa (2017) en passant par des œuvres fameuses comme Marius et Jeannette (1997), le plus gros succès à ce jour de Guédiguian ou Marie-Jo et ses deux amours (2002) sans oublier les plus rares Rouge Midi (1985) ou Lady Jane (2008). Indispensable ! (Diaphana)
PARASITE
ParasitePalme d’or unanimement appréciée au dernier Festival de Cannes, le film du Sud-Coréen Bong Joon-ho est un véritable bijou de cinéma qui mélange, avec un brio dans l’écriture et une subtilité dans l’évocation des thèmes, le thriller, le film d’horreur et la rude chronique sociale. Chez les Ki-taek (le père est incarné par Song Kang-ho, la star du cinéma sud-coréen), tout le monde est au chômage et la fortune de la famille Park, chez laquelle le fils a réussi à se faire admettre, leur donne de (très mauvaises) idées ! Les Ki-taek sont des laissés-pour-compte dont la survie dépend d’une arnaque qui va prendre des proportions inattendues et violentes. Un film rageur et époustouflant ! (M6)
MIZOGUCHI EN 8 FILMS
AAAMizoguchiAvec Kurosawa et Ozu, Kenji Mizoguchi est l’un des plus grands maîtres du cinéma japonais. Avec huit chefs-d’oeuvre remasterisés dont Miss Oyu (1951), Les contes de la lune vague après la pluie (1953), L’intendant Sansho (1954) ou l’ultime Rue de la honte (1956), on retrouve ses derniers films dans un beau coffret qui rend hommage à un cinéaste (1898-1956) dont les cadres, les compositions, le rythme, le travail sur le temps et sur l’espace, toujours placés sous le signe de la poésie, ont fait merveille. En bonus, le coffret contient un livre inédit (128 p.) qui propose une analyse critique de l’œuvre mais aussi des entretiens menés en 1964 par Ariane Mnouchkine avec les collaborateurs du maître. Pour une belle découverte nippone ! (Capricci)
ELMER GANTRY, LE CHARLATAN
Elmer GantryDans l’Amérique des années 20, le représentant de commerce Elmer Gantry, attiré par une belle évangéliste, va mettre son talent de brillant bonimenteur au service d’un « spectacle » religieux. En 1960, Richard Brooks signe l’un de ses grands films en évoquant, avec pour toile de fond le mouvement revivaliste, le puritanisme et la fanatisation du sentiment religieux à travers un tonitruant prédicateur. Porté par un Burt Lancaster séducteur et carnassier (il obtiendra l’Oscar en 61), Gantry est tour à tour cynique et démagogue et aussi d’une innocence désarmante. Au comble de sa popularité, le prêcheur lancé dans une lutte contre les bars clandestins ou les maisons closes, chutera à cause d’une fille de joie… (Wild Side)
THE OPERATIVE
The OperativeA la fin des années 2000, alors que le monde craint que l’Iran ne se dote de l’arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace… Entre Téhéran, Cologne, Leipzig et Jérusalem et en s’appuyant sur un best-seller de l’ancien agent du Mossad Reicher Atir, le cinéaste israélien Yuval Adler décrit, avec précision, le métier d’espion aujourd’hui tout en observant l’impact émotionnel provoqué par une existence secrète au long cours. Diane Kruger incarne une Rachel, femme sans racines et désormais en perdition alors que le Mossad songe clairement à l’éliminer. Un excellent thriller dépouillé où la tension psychologique prime sur l’action. (Le Pacte)
L’ŒUVRE SANS AUTEUR
Oeuvre Sans AuteurOscarisé pour l’excellent La vie des autres (2006), Florian Henckel von Donnersmarck se penche avec cette saga allemande qui s’étend de 1937 aux années 60, sur trois décennies dans l’histoire de son pays, sur sa culpabilité mais aussi sur la puissance de l’art et de la création. Jeune peintre de talent (le cinéaste s’est inspiré de Gerhard Richter et évoque également la figure de Joseph Beuys), Kurt Barnert (Tom Schilling) croise, lorsqu’il rencontre l’amour de sa vie (Paula Beer), un gynécologue (Sebastian Koch) impliqué, aux pires heures du nazisme, dans l’élimination des handicapés et auquel il est lié par un terrible passé. Une œuvre brillante et fascinante ! (Diaphana)
EN TOUTE INNOCENCE
En Toute InnocenceDans la collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret met en lumière Alain Jessua (1932-2017), cinéaste à la filmographie singulière et volontiers étrange avec son huitième et avant-dernier film (1988), un thriller dans la bourgeoisie bordelaise. Entre suspense et ambiguïté perverse, il y observe la guerre psychologique entre un notable et sa bru. Par hasard, Paul Duchêne (Michel Serrault) surprend Catherine (Nathalie Baye) en situation compromettante. Fou de rage, il se blesse grièvement en voiture. Les jambes cassées et désormais muet, Duchêne est décidé à mener la vie dure à Catherine. Après avoir tenté en vain d’obtenir son pardon, Catherine décide de l’éliminer… (Studiocanal)
UN HOMME NOMME CHEVAL
Homme Nomme ChevalParti chasser dans le nord-ouest des Etats-Unis, John Morgan, un lord anglais, est capturé par des Indiens sioux. Humilié (le chef de la tribu l’a offert comme esclave à sa mère) et traité comme une bête, Morgan adapte son mode de vie aux coutumes des Indiens pour être considéré comme un homme. En 1970, dans les décors de l’Ouest américain, Elliott Silverstein réalise, avec cette aventure portée par l’excellent Richard Harris, un film fondateur, dans la lignée de Little Big Man et de Soldat bleu, qui renouvelle la figure de l’Indien dans le cinéma hollywoodien. Dans les suppléments, le cinéaste évoque le tournage et sa volonté de coller à la réalité historique… (Carlotta)
COFFRET FELLINI
FelliniC’est toujours un plaisir de cinéphile de se glisser dans l’œuvre baroque et foisonnante du maestro de Rimini. Dans un coffret Blu-ray enrichi de bons bonus, voici trois films de Federico Fellini (1920-1993) qui développent des thèmes comme la misère des êtres (Il bidone en 1955, un conte moral avec ses minables escrocs), la nostalgie du cirque et l’hommage à la magie et à la fantaisie (Les clowns en 1970 et le regard de l’enfant qui voit le chapiteau se gonfler) ou encore la création musicale mais aussi la révolte contre l’autorité avec Prova d’orchestra (1978) où un différend oppose un chef et le délégué syndical de l’orchestre… (Le Pacte)
MIDSOMMAR
MidsommarAttristé par le deuil qui frappe la famille de son amie Dani (Florence Pugh), Christian met de côté la séparation qu’ils envisageaient et l’entraîne à un festival qui n’a lieu qu’une fois tous les 90 ans dans un village suédois isolé. Mais les vacances vont prendre une tournure angoissante. Remarqué pour Hérédité (2008), l’Américain Ari Aster poursuit, ici, dans la veine de l’épouvante, cette fois dans le cadre d’une manipulation sectaire. Dans un style baroque qui ne craint pas les chocs visuels, le cinéaste distille, habilement, la montée de l’horreur au sein de rituels de plus en plus terrifiants… Quand la peur éclate en pleine lumière ! (Metropolitan)
THE DEVIL’S HOUR
Devils HourEn live sur le web, Drew et Max, deux jeunes entrepreneurs, diffusent d’impressionnantes séances d’exorcisme qui sont en fait des canulars. Mais le business, largement suivi à travers le monde, du « père Max » bascule lorsque l’actrice de The Cleansing Hour (qui est aussi la petite amie de Drew) devient mystérieusement possédée par le démon. Et le diable la soumet à des défis de plus en plus violents. Damien LeVeck a d’abord tourné un court-métrage avant d’en tirer un « long » présenté dans de nombreux festivals. Un film d’horreur enlevé dont les images marquantes font songer au fameux L’exorciste. (Wild Side)
MANTA RAY
Manta RayPrès d’une côte où abordent de nombreux réfugiés Rohingyas, un jeune pêcheur thaïlandais découvre, dans la mangrove, un blessé inconscient. Il lui porte secours, le nomme Thongchai et lui offre son amitié. Mais le pêcheur va disparaître mystérieusement en mer et Thongchai va peu à peu reprendre la vie de son ami, sa maison, son travail et son ex-femme… Présenté à la Mostra de Venise, le premier long-métrage du Thaïlandais Phuttiphong Aroonpheng, autour du sort tragique des Rohingyas, est une parabole parfois hermétique mais envoûtante. L’évocation des diamants qui éclairent la forêt des nuits de pleine lune est bien poétique… (Jour2fête)
PREMIER DE LA CLASSE
Premier Classe« Continue de descendre, Abou, tu trouveras du pétrole ! » La prof d’Abou, 14 ans, est affligée par le niveau du gamin. Qui fait pourtant la fierté de ses parents et spécialement de son père… auquel il fait croire qu’il est le premier de sa classe. Mais quand arrive la première et fatidique réunion parents-profs, Abou (Mutamba Kalonji) va monter un gros coup : recruter de faux profs dans son quartier pour faire face à son vrai père… Avec Pascal Nzonzi (l’inénarrable André Koffi de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?) en père fort en gueule et Michèle Laroque en gentille prof de banlieue, voici une comédie « scolaire » qui aborde des thèmes de société tout en ne se prenant pas trop au sérieux… (UGC)

BOLOGNINI, GRIMAULT, OZU ET LE LAPIN DE LA FIN DU MONDE  

MAURO BOLOGNINI
BologniniVoilà un bel hommage à Mauro Bolognini (1922-2001), l’un des plus grands cinéastes italiens et un artiste élégant, sensible, dans ses films, à la souffrance des humbles! Dans un coffret augmenté de multiples suppléments dont un entretien fleuve avec le cinéaste, on trouve quatre films du maître interprétés notamment par Claudia Cardinale, Ottavia Piccolo ou Marcello Mastroianni. Entre chronique sociale et drame au féminin, entre farce tragi-comique et étude crue de la folie, Les garçons (1959), Bubu de Montparnasse (1971), Liberté mon amour! (1975) et Vertiges (1975), tous préfacés par Jean A. Gili, spécialiste du cinéma italien, apportent un passionnant éclairage, tant en matière d’exigence formelle que de direction d’actrices, sur l’œuvre de l’un des orfèvres du 7e art transalpin… (Carlotta)
LE MONDE ANIME DE PAUL GRIMAULT
Monde Animé GrimaultCélèbre pour le Roi et l’oiseau (1980), Paul Grimault a surtout tourné des courts-métrages qu’on retrouve ici avec huit titres restaurés de ce grand maître français de l’animation. Des Passagers de la grande Ourse (1941) au Chien mélomane (1973) en passant par Le voleur de paratonnerres (1944), on se plonge avec bonheur dans un univers plein de magie où l’on croise des personnages récurrents comme Niglo ou le professeur Savantas. Chez Grimault (1905-1994), l’épouvantail défend les oiseaux tandis qu’un petit jouet danseur est amoureux d’une poupée… L’animation classique au service de la grâce et de la beauté. (Studiocanal)
OZU EN 20 FILMS
Coffret OzuC’est un bonheur de cinéphile de se plonger dans l’œuvre, unique mais longtemps ignorée chez nous dans sa globalité, de l’un des plus grands maîtres du cinéma japonais. C’est une vraie somme qui est proposée, ici, dans un coffret d’exception (11 blu-ray) avec dix films nouvellement restaurés, dix autres films (tout aussi intéressants) ainsi que des suppléments dont le documentaire-fleuve J’ai vécu, mais…. Connu en Europe pour Voyage à Tokyo (1953) ou Le goût du saké (1962), tous deux présents dans le coffret, Yasujiro Ozu (1903-1963), analyste attentif de la société japonaise, savait rendre visibles et sonores le temps et la pensée. Pour le plaisir de savourer la caméra attentive et souvent placée au ras du sol d’un immense cinéaste. (Carlotta)
DONNIE DARKO
Donnie DarkoEn 1988, Donnie Darko (Jake Gyllenhaal), adolescent de 16 ans introverti et émotionnellement perturbé, vit à Middlesex, une petite ville de Virginie. Une nuit, il sort de sa chambre, à l’appel d’une voix inquiétante. Quelques instants plus tard, une silhouette déguisée en lapin lui annonce l’imminence de la fin du monde… En mêlant SF, parcours initiatique et questionnements existentiels, Richard Kelly signe, en 2001, une œuvre-culte singulière. En coffret et en version restaurée, le film est présenté dans la bonne et belle collection Ultra collector avec de multiples suppléments dont une longue interview du cinéaste et Wake Up, Donnie, un livre de 200 pages qui permet de se plonger dans l’univers extraordinaire du film. (Carlotta)
CARTOUCHE
CartoucheHéros charmeur et bagarreur, Louis-Dominique Bourguignon brave l’autorité du chef de la truanderie parisienne… Contraint de s’engager dans l’armée sous le sobriquet de Cartouche, il se lie d’amitié avec La Taupe et La Douceur avec lesquels il va déserter… non sans emporter la paie du régiment. Pour sa première collaboration en 1962 avec Jean-Paul Belmondo, Philippe de Broca réussit un virevoltant film de cape et d’épée. On se réjouit toujours de retrouver, autour du sémillant Bebel, le malicieux Jean Rochefort, le puissant Jes Hahn, Dalio en méchant bandit ou la ravissante Claudia Cardinale, la bohémienne Vénus dont la fin tragique, à la lueur des flambeaux, fend le cœur ! (Studiocanal)
VITA ET VIRGINIA
Vita VirginiaLorsqu’en 1922, Virginia Woolf et Vita Sackville-West se rencontrent, la première est une femme de lettres révolutionnaire mais très coincée et la seconde une irrésistible mondaine doublée d’une femme émancipée et bisexuelle. Bientôt Vita et Virginia cèdent à une relation passionnelle. La Britannique Chanya Button signe un biopic élégant, moderne et audacieux qui s’appuie sur des répliques issues de la correspondance des deux femmes. Emportée par des amours lesbiennes, Virginia Woolf cède peu à peu à une « folie » qui va nourrir sa création littéraire et donner naissance à Orlando, l’une de ses œuvres les plus fameuses. Gemma Arterton et Elizabeth Debicki incarnent avec grâce les deux amantes… (Pyramide)
LES VOYAGES DE GULLIVER
Voyages GulliverNaufragé d’un navire coulé par la tempête, le chirurgien de marine Samuel Gulliver échoue, en 1669, sur l’île de Lilliput. Pendant son sommeil, il est capturé et ligoté par les minuscules habitants d’un royaume de l’île. Ces petits êtres, en guerre contre le royaume voisin, peuplé de géants, décident d’utiliser Gulliver dans leur combat. A partir du célèbre roman de Jonathan Swift, Jack Sher réalise, en 1960, un film fantastique qui a le bonheur de bénéficier des beaux effets spéciaux visuels de Ray Harryhausen, grand maître de l’animation et des trucages de cinéma. Pour le charme d’une aventure à l’ancienne… (Sidonis Calysta)
LE NOM DE LA ROSE
Nom De La RoseOn se souvient bien du thriller historique (4,9 millions d’entrées en France) de Jean-Jacques Annaud (1986) avec Sean Connery, détective franciscain, lancé dans une enquête haletante. Le fameux roman d’Umberto Eco est devenu une mini-série italienne (8 épisodes de 52 mn) où, dans l’Italie de 1327, John Turturro se glisse dans la robe de bure du fameux Guillaume de Baskerville. Avec le novice Adso de Melk, il tente de résoudre une chaîne de morts mystérieuses au cœur d’une abbaye bénédictine des Alpes tandis que le sinistre inquisiteur Bernardo Gui (Rupert Everett) lui met des bâtons dans les roues. Un polar médiéval qui se déguste agréablement… (Wild Side)
LES BRONZES FONT DU SKI
Bronzés SkiAprès le Club Med’, Gigi, Bernard, Jérôme, Nathalie, Popeye et l’inénarrable Jean-Claude Dusse sacrifient aux plaisirs des vacances à la neige. En 1979, Patrice Leconte retrouve donc Jugnot, Lhermitte, Balasko, Chazel, Blanc, Lavanant ou Clavier pour une seconde aventure d’une sacrée bande de bras cassés qui restera comme la meilleure de toute la saga Bronzés. On ne se lasse toujours pas du planté de bâton, du cochon chez le vétérinaire, du télésiège à l’arrêt et d’Etoile des neiges qui s’élève dans la nuit, de la liqueur au crapaud ou du scrabble balancé par la fenêtre… Revoici le film et ses gags-culte dans une belle édition. (Studiocanal)
WILD ROSE
Wild RoseA peine sortie de prison, Rose-Lynn retrouve, chez sa mère (Julie Walters), ses deux jeunes enfants. Si la jeune femme aime ses gamins, elle n’a cependant qu’un but : gagner assez d’argent pour vite quitter Glasgow et devenir chanteuse à Nashville, la terre promise de la country. En s’appuyant sur la tonique chanteuse irlandaise Jessie Buckley, Tom Harper réalise un film musical, façon Une étoile est née mais qui se déroule dans un environnement qui ne déparerait pas dans un film de Ken Loach. Car c’est bien une galère du quotidien difficile que vit une Rose-Lynn au tempérament de feu et déterminée à aller jusqu’au bout de son rêve… (M6)
TEEN SPIRIT
Teen SpiritEntre une mère bien dépressive et une morne campagne à poulets, l’existence de la jeune Violet Valentsky est plutôt sinistre. Mais la timide jeune fille a un don : elle sait pousser la note ! Lorsqu’elle s’inscrit, soutenue par Vlad, un ex-chanteur d’opéra tombé dans la panade, aux auditions de Teen Spirit, un télé-crochet national, son existence bascule. Avec une Elle Fanning omniprésente à l’écran, Max Minghella (le fils d’Anthony, réalisateur du Patient anglais) fait ses débuts dans la réalisation en mettant en scène l’aventure d’une Cendrillon moderne. Evidemment, ça ne bouleverse pas le 7e art mais ça se regarde néanmoins agréablement, surtout pour la diaphane mais tonique Elle… (Metropolitan)

 

LE PROCES, LA MER, LA DROGUE, BERLIN, UN RENNE ET LE DAIM  

AUTOPSIE D’UN MEURTRE
Autopsie MeurtreAvocat quasiment retraité, Paul Biegler accepte , avec l’aide de son vieux complice McCarthy, de défendre le lieutenant Manion (Ben Gazzara) poursuivi pour le meurtre d’un homme qu’il accuse d’avoir violé sa femme Laura (Lee Remick). Réalisé par 1959 par Otto Preminger, Anatomy of a Murder (avec James Stewart dans l’un de ses ses grands rôles) est l’archétype du film de procès et un portrait impitoyable de la justice en forme de jeu de piste psychologique. Le film sort, en édition limitée, dans une belle version restaurée, accompagnée d’un bon portrait de Preminger par André S. Labarthe ainsi que de nombreux memorabilia dont le fac-similé en anglais du livre Anatomy of a Motion Picture… (Carlotta)
JEAN EPSTEIN
EpsteinBelle occasion de découvrir deux beaux moments (bien restaurés) de l’œuvre de Jean Epstein (1897-1953), cinéaste et théoricien du 7e art ! Drame muet (1929), Finis Terrae raconte l’aventure d’un goémonier blessé à la main après une bagarre et et secouru sur Bannec, un îlot au large d’Ouessant. Avec La femme du bout du monde (1937), Epstein met en scène des marins qui, sur l’îlot Dumont-Durville perdu au milieu de l’océan, rencontre, dans une auberge, une jeune femme, son mari à moitié fou et leur enfant. Le négatif du film est considéré comme perdu. Le film a été recomposé par Marie Epstein (1899-1995) à partir des meilleurs éléments existants. (Gaumont)
EXTREME PREJUDICE
Extreme PrejudiceDans la bonne collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret rend justice à Walter Hill, l’un des réalisateurs américains les plus sous-estimés de sa génération. Fortement marqué par le cinéma de Sam Peckinpah, Hill signe, en 1987, un solide film d’action qui emprunte largement aux codes du western. Sur la frontière entre le Texas et le Mexique, dans la chaleur et la poussière, deux amis d’enfance s’affrontent. L’un (Nick Nolte) est Ranger, l’autre (Powers Boothe) trafiquant de drogue… Pour compliquer le tout, la CIA envoie sur le terrain un commando composé de vétérans du Vietnam. Dans sa mise en scène, le film rend clairement hommage à La horde sauvage du maître Peckinpah… (Studiocanal)
OPERATION ROMEO
Operation RomeoFormé dans les services de la Stasi est-allemande à devenir un expert de la séduction, Lars Weber (Tom Schilling) est envoyé en mission à Berlin-Ouest pour cibler Lauren Faber, une femme solitaire qui travaille pour les services secrets américains… A l’heure de la Guerre froide, sur un scénario de Paula Milne, le cinéaste allemand Oliver Hirschbiegel (auteur de La chute en 2004) orchestre une palpitante mini-série (six épisodes de 50 minutes) d’espionnage qui, à travers l’histoire croisée de deux familles, évoque des heures sombres. Outre la dimension espionnage, la série développe aussi le thème du dopage systématique des jeunes athlètes est-allemands les plus prometteurs. Une atmosphère berlinoise 70’s réussie. Une seconde saison est en cours… (Pyramide)
AÏLO, UNE ODYSSEE EN LAPONIE
Ailo Odyssee LaponieParce que ses enfants lui ont fait remarquer qu’il n’avait jamais fait de film sur les rennes du père Noël, Guillaume Maidatchevsky, auteur de documentaires animaliers, s’est lancé dans l’histoire d’Aïlo, petit renne sauvage, frêle et vulnérable, face aux épreuves qui jalonnent sa première année de vie. En filmant la grandiose nature de Laponie et la vie de sa faune (les loups, les rapaces mais aussi les… moustiques), le cinéaste choisit la forme du conte (sur des commentaires pleins d’humour du chanteur Aldebert) et émerveille le spectateur. Un beau spectacle à dimension pédagogique mais jamais lénifiant… (Gaumont)
LE DAIM
Le DaimGeorges, 44 ans, est à la recherche d’un blouson en daim. Lorsqu’il le trouve enfin, sa vie en est complètement transformée. Pour le pire, évidemment, qu’il film avec un modeste camescope. L’an dernier, avec Au poste!, on avait déjà plongé, avec délices, dans l’univers absurde de Quentin Dupieux. Voici une nouvelle facette d’une œuvre très originale, volontiers déroutante mais habilement écrite. Mais on se laisse embarquer dans l’aventure de ce type souffrant de fétichisme (Jean Dujardin, parfait) qui perd peu à peu la raison pour devenir très inquiétant. Denise, serveuse de bar (Adèle Haenel) est, peu à peu, fascinée par le fantasme de Georges… Un bref conte qui pratique un humour très noir. (Diaphana)
YVES
YvesObjets inanimés, avez-vous donc une âme ? Non, ce n’est pas Lamartine qui a écrit le scénario de cette comédie bien délirante mais Benoît Forgeard dont l’imagination débordante fait, ici, florès. Rappeur au talent très modeste managé par l’improbable Dimitri (Philippe Katerine, épatant), Jerem accepte l’offre d’une enquêtrice de la start-up Digital Cool et se retrouve avec Yves, un réfrigérateur connecté. Autour de l’intelligence artificielle, voici une fable sur la technologie et ses dérapages… Car Yves va carrément faire de Jerem (William Lebghil) une star du rap non sans vraiment lui pourrir la vie. Une comédie grinçante sur les aides « à mieux vivre »… (Le Pacte)
QUAND NOUS ETIONS SORCIERES
SorcièresEn s’inspirant d’un conte des frères Grimm, la réalisatrice américaine Nietzchka Keene raconte, sur fond de magie blanche, l’aventure de quelques personnages dans de superbes paysages d’Islande filmés dans un noir et blanc aux allures bergmaniennes. Au Moyen-âge, Margit et sa sœur aînée Katia, après la mort de leur mère brûlée pour sorcellerie, trouvent refuge chez un paysan veuf qui vit avec son jeune fils… Tandis que Katia entreprend de séduire le paysan, Margit va avoir des visions de sa mère défunte et se réfugie peu à peu dans un monde imaginaire… A 21 ans, la chanteuse Björk incarne Margit dans son premier rôle au cinéma. Une œuvre mystique et fantastique. (Capricci)
WARDI
WardiA Beyrouth, dans le Liban d’aujourd’hui, la jeune Palestinienne Wardi, 11 ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Un jour, Sid, son arrière-grand-père adoré, lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée d’où il avait été chassé voilà longtemps… Wardi décide alors de savoir d’où elle vient et interroge tous les membres de sa famille. Pour son premier long-métrage qui utilise les techniques d’animation traditionnelle, le cinéaste norvégien Mats Grorud restitue superbement l’ambiance des films en prises de vue réelles au Moyen-Orient. Mais Wardi est surtout, autour du thème de la famille, une aventure sensible et émouvante sur ceux qui ont tout perdu et qui tentent de tout retrouver… (jour2fête)
VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ?
Vampires Vous Avez DitAdolescent sans histoires, Charley Brewster partage son temps entre sa mère, sa petite amie, ses copains et la télévision où il regarde des séries B d’horreur. Son quotidien va être bouleversé par l’arrivée d’un nouveau voisin. Charley est convaincu que le mystérieux Jerry est un vampire et qu’il vient de commettre plusieurs crimes atroces… Pour son premier film, Tom Holland revisite, en 1985, le célèbre mythe de Dracula en mêlant épouvante, humour et même un soupçon d’érotisme. Avec de bons suppléments (dont un portrait de Roddy McDowall, interprète de Peter Vincent, présentateur de télé auquel Charley demande de l’aide), voici, en version restaurée, une comédie horrifique culte qui séduira les amateurs de sang frais. (Carlotta)
A PRIVATE WAR
A Private WarSpécialiste du monde arabe, la journaliste américaine Marie Colvin fut une correspondante de guerre téméraire, têtue et sans peur. Alors qu’elle travaillait en Syrie pour le Sunday Times, cette femme intrépide (elle perdit un œil au Sri Lanka) et rebelle fut tuée, en 2012, dans un bombardement à Homs, pris sous le feu de l’armée de Bachar al-Assad. Le documentariste américain Matthew Heineman signe un film de fiction (avec Rosamund Pike dans le rôle de la journaliste) qui au-delà du travail courageux d’une reporter de guerre dans la mission la plus dangereuse de sa carrière, évoque un combat intérieur où passent la colère, l’indignation, les angoisses et les doutes… (Metropolitan)
MIB : INTERNATIONAL
MIB InternationalVoilà longtemps, la jeune Molly a vu ses parents se faire effacer la mémoire par des hommes habillés de noir… Depuis ce temps, elle rêve d’intégrer ce service secret très spécial qui combat les menaces extraterrestres sur la Terre. Et elle va y parvenir, s’imposant même comme une valeureuse (Wo)man in black ! Voici donc le quatrième opus d’une saga à succès née en 1997. Bien sûr, on peut regretter le duo Tommy Lee Jones/Will Smith mais Tessa Thompson, l’agent M et Chris Hemsworth, l’agent H se tirent bien de cette suite qui fait, entre Londres, Paris et Marrakech, la part belle à l’action et aux courses poursuite tandis qu’il s’agit de débusquer un traître au sein de l’organisation. Liam Neeson et Emma Thompson font d’amusantes apparitions. Divertissant ! (Sony)

LA SHOAH, RENE CLAIR, SAMUEL BECKETT, JLG ET ŒDIPE REVISITE A TOKYO  

LUNE DE MIEL
Lune MielJeunes Parisiens d’origine juive polonaise, Anna et Adam partent pour la première fois en Pologne pour assister à la commémoration du 75e anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam… C’est sur le ton de la comédie romantique qu’Elise Otzenberger (qui s’inspire de son vécu) traite de la Shoah. Le risque était grand mais, grâce à la verve tonique de Judith Chemla (Anna), cette comédie mâtinée de gravité réussit à faire sourire tout en contenant, au-delà des notations cinglantes sur le disneylandisation de l’Holocauste et son petit business entre ménorah et… croix gammée, des moments bouleversants sur les racines, l’absence et la mémoire. (Le Pacte)
RENE CLAIR
René ClairPathé mène depuis un bon moment un superbe travail de restauration. Voici, dans ce cadre, quatre chefs d’œuvre de René Clair (1898-1981). On découvre ainsi Paris qui dort (35 mn) et Entracte (22 mn), ses deux premiers moyen-métrages muets datés de 1923 et 1924. Mal reçu à sa sortie en 1934, Le dernier milliardaire, loin du réalisme poétique, est une satire acerbe de la dictature… Après l’exil hollywoodien pendant la guerre, René Clair donne, en 1946, le nostalgique Le Silence est d’or. Dans le petit monde pittoresque des studios de cinéma, voici un hommage aux pionniers du 7e art à travers l’histoire d’un cinéaste vieillissant (Maurice Chevalier) épris d’une jeune actrice… (Pathé)
NOTFILM
Not FilmPendant l’été 1964, deux grands artistes du 20e siècle, Samuel Beckett et Buster Keaton donnent naissance à New York à Film, un fascinant et déroutant ovni de cinéma. En 2015, le documentariste et restaurateur de films Ross Lipman s’est plongé dans l’aventure de ce court-métrage muet et avant-gardiste qui demeure la seule incursion du dramaturge irlandais dans la mise en scène de cinéma. Fruit d’un travail de sept ans, Notfilm, en s’appuyant sur des archives (rushes inédits, sons « perdus »), des témoignages, des extraits d’œuvres de Keaton, apparaît comme un passionnant « ciné-essai » sur le mystère de la création. Une rareté ! (Carlotta)
GODARD
Week EndAu milieu des années 60, Jean-Luc Godard signe deux films qui observent avec acuité une société en pleine mutation. Dans Une femme mariée (1964), Charlotte (Macha Méril) ne sait qui choisir entre son mari, souvent absent et son amant. Elle découvre qu’elle est enceinte mais ignore lequel est le père. Une auscultation, dans la manière bergmanienne, de l’image des corps. En 1967, Week-end montre un couple de Français moyens (Mireille Darc et Jean Yanne) sur les routes d’Ile-de-France au milieu d’un sanglant chaos apocalyptique, tant matériel, révolutionnaire que caricatural. En remontant un gigantesque embouteillage, JLG donne l’un des plus longs travellings de l’histoire du cinéma… (Gaumont)
LES FUNERAILLES DES ROSES
Funerailles RosesEn 1969, Toshio Matsumoto tourne une œuvre expérimentale qui adapte librement le mythe d’Œdipe Roi et développe un langage cinématographique singulier… Jeune travesti à Tokyo, Eddie a une relation avec un homme plus âgé que lui et entre en conflit avec Leda, la patronne d’un bar gay. Manifeste de la contre-culture nippone des sixties, ce drame en noir et blanc est devenu culte. Dans un style inspiré de Bertolt Brecht, Matsumoto (1932-2017) déploie un récit où la limite entre réalité et fiction se brouille sans arrêt. Une réécriture pop et hybride qui constitue un document inestimable sur le milieu homosexuel nippon de l’époque. On dit que le film aurait inspiré Kubrick pour son Orange mécanique. Une découverte ! (Carlotta)
UN HAVRE DE PAIX
Havre PaixDans le kibboutz de leur enfance, trois frères se retrouvent pour enterrer leur père. Avishai, le plus jeune, doit rejoindre, deux jours plus tard,Tsahal à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il interroge ses frères qui ont été soldats. Itaï pense que c’est bon pour endurcir le benjamin. Yoav veut, lui, l’empêcher de partir. Dans un kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller des blessures secrètes. A travers un drame familial, Yona Rozenkier (qui a recruté ses deux frères Yoel et Micha pour incarner le trio fraternel) aborde la question cruciale de la paix en Israël. Malgré la gravité du sujet, le cinéaste, comme l’indique le titre, apporte une touche de burlesque à ce récit poignant… (Pyramide)
RAMPANT
RampantMaître en arts martiaux et fils du roi, le prince Ganglim revient au royaume coréen de Joseon après de nombreuses années passées en captivité dans les geôles des Mandchous. Tandis que des luttes de pouvoir agitent le palais royal, une épidémie transforme les humains en morts-vivants errants à la nuit tombée… Mêlant le film de sabre, le conte médiéval et l’action bondissante, multipliant les personnages, les riches décors et les effets spéciaux, Rampant, troisième long-métrage du Coréen Kim Sung-hoon, fait aussi la part belle aux inquiétants zombies. Entre terreur et fun, un grand et réjouissant spectacle avec des combats impressionnants. (M6)
LES PLUS BELLES ANNEES D’UNE VIE
Plus Belles Annees ViePlus de 50 ans après Un homme et une femme, Claude Lelouch réunit à nouveau Anne Gauthier et Jean-Louis Duroc. L’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de la mémoire et séjourne désormais dans une maison de retraite. A la demande du fils de Jean-Louis, Anne va venir le revoir et reprendre leur histoire là où ils l’avaient laissée. Il y a des films qui résistent à la critique. Ces retrouvailles de deux seniors sont de ceux-là. Parce qu’il y a la grâce intacte d’Anouk Aimée et la fragilité craquante de Jean-Louis Trintignant. Ensemble, ils réveillent des souvenirs de cinéma. Forcément, c’est touchant et émouvant. Un hymne à la vie et à l’amour sur fond de chabadabada ! (Metropolitan)
GRETA
GretaDans le métro new-yorkais, Frances, jeune femme innocente (Chloë Grace Moretz) trouve un sac à main. Elle décide de la rapporter à sa propriétaire. C’est ainsi qu’elle rencontre Greta, veuve européenne esseulée aussi mystérieuse qu’excentrique. En s’appuyant sur une Isabelle Huppert très à l’aise dans le registre de la grande fêlée vite inquiétante, l’Irlandais Neil Jordan (Mona Lisa, The Crying Game, Michael Collins) réussit un agréable thriller « à l’ancienne » qui adresse quelques clins d’œil au maître Hitchcock. Greta se révèle être une psychopathe glaciale qui va, évidemment, s’ingénier à pourrir la vie d’une naïve et fragile jouvencelle… (Metropolitan)
DOMINO – LA GUERRE SILENCIEUSE
Domino Guerre SilencieuseSept ans après Passion, Brian de Palma revient (enfin) au cinéma avec ce thriller d’espionnage sur la guerre souterraine contre Daech. Policier à Copenhague, Christian (Nikolaj Coster-Waldau) a vu son vieux coéquipier Hansen abattu en service. Avec la maîtresse (Carice Van Houten) de son défunt collègue, il part à la recherche du meurtrier entre Scandinavie et Espagne, au cœur d’une Europe menacée par le terrorisme. Encore tournée loin d’Hollywood et avec des moyens modestes, ce film sur la folie du terrorisme (qui a été globalement massacré par la critique américaine) porte cependant, dans son écriture parfois virtuose, la signature De Palma. (Metropolitan)
UNE JUSTICIER DANS LA VILLE
Justicier VilleEn 1973, autour du thème de l’autodéfense, le Britannique Michael Winner entame la saga Death Wish, sommet du film de « vigilante ». Architecte new-yorkais, Paul Kersey (Charles Bronson dans le rôle de sa vie) voit sa vie s’effondrer à la suite du meurtre de sa femme et du viol de sa fille. Face aux institutions impuissantes, il va se muer en juge, jury et bourreau. Après le n°1, Un justicier dans la ville 2 (1982) retrouve Kersey, cette fois à Los Angeles où sa vie s’effondre à nouveau et où ses pulsions meurtrières reprennent de plus belle ! Les deux films sont accompagnés d’un livre d’une centaine de pages sur l’histoire des films qui ont suscité de nombreuses polémiques. (Sidonis Calysta)
BEAUX-PARENTS
Beaux ParentsColine et André sont en parfaite harmonie avec leur fille, Garance et leur gendre Harold. Mais Garance se sépare d’Harold et intime à ses parents l’ordre de ne plus jamais le revoir. En secret, les parents refusent de couper les ponts avec leur gendre. Pire, ils oeuvent pour qu’il fasse la reconquête de leur fille… Entre émotion et comédie, voici un vaudeville qui n’a que l’ambition de faire passer un bon moment au spectateur. Bruno Bénabar (Harold), Charlie Bruneau (Garance) mais surtout le pétulant duo Josiane Balasko-Didier Bourdon se chargent de faire prendre la sauce. Un film qui n’évite pas les clichés mais que ses comédiens rendent divertissant ! (Orange Studio)

LE CINEASTE, LES FEMMES FATALES ET UN JEUNE FANATIQUE  

DOULEUR ET GLOIRE
Douleur Gloire« Et si tu ne tournais plus, tu ferais quoi ? Vivre, je suppose… » Le dernier Almodovar est-il fondé sur la vraie vie du cinéaste ? Non et oui, absolument, répond le réalisateur de Tout sur ma mère. On se glisse avec une réelle empathie dans ce portrait d’un cinéaste qui souffre d’une crise d’inspiration et qui se penche aussi bien sur ses relations avec sa mère (incarnée, jeune, par Penelope Cruz) que sur les hommes de sa vie. Entrant dans la peau de cet artiste en souffrance qui ressemble comme un double à Pedro Almodovar, Antonio Banderas, brillant compagnon de route du metteur en scène, a été couronné meilleur acteur à Cannes. Almodovar n’a toujours pas remporté de Palme sur la Croisette mais il signe un émouvant film-bilan. (Pathé)
L’ANGE NOIR
Ange NoirCinéphile invétéré et autodidacte du 7e art, Jean-Claude Brisseau rendait, en 1994, hommage au film noir américain avec des clins d’œil à Wyler (La lettre) ou à Kim Novak dans le Vertigo de Hitchcock.  Thriller stylisé et brillant, L’ange noir est construit pour une Sylvie Vartan rare au grand écran. Dans son meilleur rôle, elle incarne une inquiétante femme de la bourgeoisie bordelaise, épouse d’un haut magistrat (Michel Piccoli) et mère d’une jeune fille inquiétante. Stéphanie Feuvrier vient de tuer un homme à son domicile… Dans la collection Make my Day de Jean-Baptiste Thoret, voici le passionnant portrait que Brisseau (1944-2019) fait d’une femme fatale tout en interrogeant les arcanes du désir féminin. (Studiocanal)
LA FEMME REVEE
Femme ReveeRescapé d’un accident de voiture, l’homme d’affaires Angel Caal est soigné à Séville par la timide et dévouée Mercedes. Epris, Angel entraîne la jeune femme à Paris. Bientôt Mercedes va gouter les tentations de la capitale auprès de Suzanne, l’ancienne maîtresse de Caal et du danseur mondain Harry Pilcer… En 1928, Jean Durand, cinéaste aujourd’hui injustement oublié, signe un envoûtant et beau film muet longtemps présumé perdu et récemment restauré. Avec Charles Vanel (Caal), Alice Roberte (Mercedes) et Arlette Marchal (Suzanne), voici un faux drame bourgeois qui évoque un trio entre liberté des femmes et plaisirs de la nuit parisienne… (Gaumont)
SEDUIS-MOI SI TU PEUX
Séduis Mo iSi Tu PeuxBrillante et habile secrétaire d’Etat, Charlotte Field croise, au cours d’une soirée, Fred Flarsky, journaliste pugnace mais instable et sans filtre dont elle fut jadis la baby-sitter. Candidate à la présidence des Etats-Unis, Charlotte décide, au grand dam de son entourage, d’embaucher Fred pour tonifier ses discours… La séduisante Charlize Théron et le rondouillard Seth Rogen, constamment attifé en plouc à casquette, Long Shot (en v.o.) est une comédie romantique « à l’ancienne ». On songe parfois au Président et Miss Wade et on déguste cette romance politique enlevée, cultivant parfois une verve incorrecte qui mêle écologie, belles valeurs et passion amoureuse. (M6)
LE JEUNE AHMED
Jeune AhmedEn compétition à Cannes, les frères Dardenne ont décroché le prix de la mise en scène pour ce drame voulu comme une « ode à la vie ».  En Belgique, voici le parcours d’un jeune adolescent (Idir Ben Addi, remarquable) en perte de repères qui, sous l’influence de l’imam extrémiste de son quartier, bascule dans le fanatisme religieux. Fidèle à leur cinéma, les Dardenne collent à leurs personnages et les observent, avec une réelle perplexité, dans une quête qui confine à l’obsession. Dans un film très tendu, on suit le jeune Ahmed, dans sa radicalisation galopante, agissant comme une grenade dégoupillée alors même qu’un éducateur lui dit que « la mort, c’est autre chose qu’une piqûre de moustique »… (Diaphana)
LES AVENTURES DE PINOCCHIO
Aventures de PinocchioDans la Toscane de la fin du 19e siècle, le pauvre menuisier Gepetto fabrique un pantin de bois qu’il nomme Pinocchio. La fée Turquoise anime la marionnette qui se comportera comme un gamin de chair et de sang. En 1972, Luigi Comencini, qui a souvent traité de l’enfance dans ses œuvres, adapte le célèbre conte de Carlo Collodi pour la télévision. En 1975, il fera de cette série un film pour le grand écran avec Nino Manfredi et Gina Lollobrigida en tête d’affiche. Loin de la version animée donnée par Disney en 1940, voici, entre réalisme et fantastique, une réflexion souvent cruelle sur l’enfance face à la misère du monde. Mais la magie de l’imaginaire est là aussi… (Le Pacte)
JEANNE LA PUCELLE
Jeanne PucelleDe Méliès à Preminger en passant par Rossellini et Luc Besson sans oublier le tout récent Jeanne de Bruno Dumont, Jeanne d’Arc est devenue un personnage de cinéma. Chez Jacques Rivette, en 1994, c’est Sandrine Bonnaire, révélée par Pialat quelques années auparavant, qui se glisse dans l’armure de cette jeune fille qui a quitté sa famille à 17 ans et a été brûlée à 19 ans. Dans une vaste fresque de 5h30 et en deux volets (Les batailles et Les prisons), Rivette (1928-2016), fidèle à son goût de l’expérimentation, travaille la lenteur pour mieux saisir les émotions. Sur une belle bande-son de Jordi Savall, Jeanne est plus du côté de la spiritualité que de la guerre… (Potemkine)
QUAND PASSENT LES CIGOGNES
Quand Passent CigognesA Moscou, en 1941, Veronica et Boris, jeune couple très amoureux, vont se marier. Mais le 22 juin, l’Allemagne envahit par surprise la Russie. Boris part au front. Son cousin Mark, planqué peu glorieux, courtise Veronica qui finit par l’épouser. Commence alors une descente aux enfers entre amour, doute et désespoir. En 1957, Mikhail Kalatozov tourne son film le plus fameux qui obtiendra la Palme d’or à Cannes 58. Loin des élans patriotiques du cinéma russe, cette œuvre réputée pour ses somptueux mouvements d’appareil, symbolise le dégel du régime soviétique sous Khrouchtchev. Voici une mélodique évocation des horreurs de la guerre vues à travers le regard de la romantique Veronica incarnée par la belle Tatiana Samoïlova… (Potemkine)
CUJO
CujoLa terreur a un nom : Cujo… Pourtant Cujo est un gros mais gentil saint-bernard appartenant à un mécanicien d’un bled américain. Sauf que le brave chien a été mordu par une chauve-souris enragée. Lorsque Donna (Dee Wallace) et son jeune fils viennent faire réparer leur voiture au garage, ils ignorent que Cujo a déjà dévoré son maître. Prisonniers de leur auto en panne, ils risquent le pire. En 1983, Lewis Teague adapte le maître Stephen King (qui apprécia le résultat final) et signe un film efficace où les attaques canines sont sauvages. Cujo est présenté pour la première fois en dvd dans son montage intégral. Toujours mordant ! (Carlotta)
LA NUIT DES JUGES
Nuit JugesJeune juge idéaliste, Steven Harlin est contraint d’acquitter un criminel et déplore l’impuissance du tribunal auprès de son collègue Caufield. Celui-ci lui avoue l’existence d’une chambre clandestine, dont il fait partie, qui liquide, de manière expéditive, les meurtriers trop facilement innocentés lors de leurs jugements. En 1983, l’Américain Peter Hyams s’inscrit dans la lignée des films « de vengeance » mais adopte un ton moins racoleur, voire plus argumenté. Michael Douglas incarne un magistrat, pris entre sa vocation et ses idéaux, qui s’interroge sur la justice et la loi. Si les images ont un peu vieilli, le propos, lui, demeure toujours d’actualité. (L’Atelier des images)
SIBYL
SibylRomancière reconvertie en psychanalyste mais reprise par le désir d’écrire, Sibyl quitte tous ses patients sauf Margot, jeune actrice en détresse. Il est vrai que Margot nourrit son inspiration. Après la comédie Victoria en 2016, Justine Triet concocte, avec l’incontournable Virginie Efira au centre de sa toile, un drame passionnel autour du thème de la création littéraire et cinématographique. C’est souvent brillant, parfois enchevêtré mais les personnages féminins (c’est Adèle Exarchopoulos qui incarne Margot) ont une belle densité. On se laisse prendre à cette fiction qui fait parfois, lors d’un tournage chahuté du côté du Stromboli, songer à Rossellini et Bergman… (Le Pacte)
ALADDIN
AladdinTout comme pour les récents Livre de la jungle ou Dumbo, Disney « reprend » cette fois le classique animé de 1992 en prises de vues réelles. Voici donc les aventures d’Aladdin, charmant garçon des rues (Mena Massoud) qui croise la route du Génie de la lampe auquel il demande de l’aider à conquérir le cœur de la belle et fougueuse princesse Jasmine (Naomi Scott)… Mais Jafar, le méchant Vizir, guette… Ce reboot live, porté par la star Will Smith en génie blagueur, aussi frais que léger, se regarde comme un divertissement agréable qui emporte le spectateur dans un voyage oriental sur un tapis volant, façon Disney. (Disney)
TERREUR SUR LE BRITANNIC
Terreur BritannicAlors que le Britannic fait route vers l’Amérique dans une mer démontée, son propriétaire reçoit, à Londres, l’appel d’un certain Juggernaut qui l’informe que le paquebot est miné et réclame une rançon, sinon les 1200 passagers du navire périront. Une équipe de démineurs est parachutée à bord du navire… En 1974, au début de la vague du film-catastrophe, Richard Lester, connu pour ses comédies (Quatre garçons dans le vent avec les Beatles en 1964 ou The Knack en 65), tourne un drame atypique en conservant un certain humour et en soignant sa galerie de personnages défendus par de bons comédiens Omar Sharif, Ian Holm, Anthony Hopkins, David Hemmings, Richard Harris). Un excellent suspense dans une belle version remastérisée! (Wild Side)
90’S
90'sDans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère tyrannique. Quand une bande de skateurs, tous plus âgés que lui, le prend sous son aile, il se prépare à passer l’été de sa vie… Connu pour son travail de comédie avec Judd Apatow (En cloque, mode d’emploi ou Funny People), Jonah Hill signe, ici, une première mise en scène minimaliste et sans esbroufe pour distiller une certaine nostalgie des nineties entre skate et hip-hop. Le cinéaste raconte, avec tendresse, comment Stevie s’éloigne doucement de l’adolescence pour avancer vers l’âge adulte… (Diaphana)
JOHN WICK 3 – PARABELLUM
John Wick 3 ParabellumParce qu’il a transgressé les règles en éliminant, dans l’hôtel Continental, un membre de la Grande Table, John Wick  a été « excommunié » et est devenu, à Manhattan, un homme traqué dont la tête a été mise à prix pour 14 millions de dollars… Mais mettre Wick à terre n’est pas une mince affaire car ce tireur d’élite, combattant hors de pair, ne craint rien, ni personne. Le troisième volet de la saga Wick est un bon exemple de film d’action qui enchaîne les scènes sans lasser. Bien sûr, le scénario est mince mais, toujours à l’aise dans le troisième opus de la saga Wick, Keanu Reeves mène le bal des fusillades à gogo ! (Metropolitan)

LE VIETNAM, L’ADDICTION, LA GUERRE, LA FINANCE ET LA VOITURE MORTELLE  

APOCALYPSE NOW FINAL CUT
Apocalypse NowPalme d’or à Cannes 1979, Apocalypse Now est devenu, dans le domaine du film de guerre comme dans l’aventure des tournages « hasardeux », une œuvre mythique. Pour le 40e anniversaire de cette exploration des ténèbres de la guerre et de l’Homme, Francis Ford Coppola présente une version inédite et restaurée par ses soins et promet « la meilleure version du film au monde ». On plonge donc avec une passion de cinéphile dans ce voyage obsédant vers la folie. Willard, paumé alcoolique (Martin Sheen), Kilgore (Robert Duvall) et son napalm baigné de lyrisme wagnérien ou le colonel Kurtz (Marlon Brando), bouddha tapi dans sa tanière, nous hantent pour longtemps… (Pathé)
MAIS VOUS ETES FOUS
Mais vous etes fousSi Romain aime ses filles autant que sa femme Camille, il leur cache pourtant un lourd secret. On le découvre lorsque l’une des fillettes est hospitalisée pour une overdose. Pour son premier long-métrage, Audrey Diwan réussit un film poignant sur une famille que la drogue fait exploser. Les excellents Pio Marmaï et Céline Sallette, entièrement à fleur de peau, campent deux personnages emportés dans le tourbillon des doutes et de la perte de confiance. En cultivant le hors-champ pour jouer sur les non-dits, Mais vous êtes fous est remarquable. Une approche sensible et intime d’un phénomène de société. (Wild Side)
REQUIEM POUR UN MASSACRE
Requiem MassacreTrès marqué par l’expérience de la guerre –il est né à Stalingrad et a vécu la terrible bataille en 1942/43- le cinéaste russe Elem Klimov (1933-2003) réalisait, en 1985 et entièrement en steady-cam, cette vertigineuse plongée dans les horreurs de la guerre. Villageois biélorusse de 14 ans, Fiora prend un fusil sur un soldat mort et se retrouve embrigadé dans la résistance contre les nazis. En adoptant le point de vue d’un enfant, Klimov réussit une œuvre convulsive et bouleversante sur l’innocence confrontée à la monstruosité. Klimov, qui fut quelques années premier secrétaire de l’Union des artistes de cinéma de l’URSS, n’a plus jamais tourné après ce Requiem magistral. (Potemkine)
LA CHUTE DE L’EMPIRE AMERICAIN
Chute Empire AmericainAgrégé de philosophie mais socialement inapte, Pierre-Paul Daoust, 36 ans, est… livreur à Montréal. Un jour, il assiste à un hold-up dans une blanchisserie qui sert de coffre-fort au crime organisé de la cité. Il se retrouve avec deux sacs bourrés de billets et sa vie bascule… Après Le déclin de l’empire américain (1986) et Les invasions barbares (2003), Denys Arcand boucle la boucle avec La chute de l’empire américain, comédie grinçante sur l’argent et les mécanismes de l’évasion fiscale. Ou comment un héros généreux et intelligent, sa charmante petite amie escort-girl, un truand perspicace et un avocat roublard sont bousculés dans leurs valeurs. Tonique ! (Jour2fête)
CHRISTINE
ChristineAdolescent timide, mal dans sa peau et complexé, Arnie tombe sous le charme d’une Plymouth Fury 1958 rouge en piteux état. Il l’achète, la remet en état dans un garage et commence alors à changer de personnalité. Plus sûr de lui, il va jusqu’à inviter la plus jolie fille du lycée. Mais Christine n’aime pas ça. Quand deux maîtres de l’horreur, Stephen King et John Carpenter, se rencontrent, cela donne, en 1983, un fameux film où une voiture surnaturelle prend « vie » et révèle une nature… satanique. Dans une belle version restaurée, voici un classique du fantastique augmenté de bons bonus dont le making of du film, une longue conservation avec Carpenter et Plus furieuse que l’enfer, un livre sur le tournage… (Carlotta)
JEAN-LUC GODARD
Deux ou trois chosesEn 1966 et 1967, Jean-Luc Godard est au sommet de sa notoriété et enchaîne deux films marquants. Dans Masculin féminin, JLG évoque les fameux « enfants de Marx et de Coca Cola » dans une réflexion sur la vie de couple et la sexualité chez les jeunes des années 60. Paul (Jean-Pierre Léaud) cherche du travail et est amoureux de Madelaine (Chantal Goya) jeune chanteuse surtout préoccupée par sa carrière. Deux ou trois choses que je sais d’elle se présente comme le portrait de Juliette Jeanson (Marina Vlady), jeune mère de famille habitant dans un grand ensemble de la région parisienne et se livrant à la prostitution occasionnelle. Tourné dans la cité des 4000 à La Courneuve, le film est un regard acerbe sur la ville et sa banlieue… Deux belles versions restaurées… (Potemkine)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU
BrisseauDisparu en mai dernier, Jean-Claude Brisseau était une figure controversée mais cet autodidacte passionnément cinéphile a livré une œuvre puissante et violente, marquée à la fois par le réalisme et l’onirisme fantastique. On retrouve cette caractéristique dans ses trois premiers « longs », bien restaurés : Un jeu brutal (1983) évoque un célèbre biologiste perturbé qui commet plusieurs meurtres de fillettes. Dans De bruit et de fureur (1988) qui le révéla au grand public, le cinéaste dépeint la banlieue des années 80 sur fond d’exclusion, de solitude, de misère sociale, de violence. Plus grand succès commercial de Brisseau, Noce blanche (1989) réunit Bruno Cremer et la débutante Vanessa Paradis en lycéenne marginale qui s’éprend de son professeur de philosphie. Un beau triptyque enrichi de nombreux suppléments où Brisseau parle notamment de sa méthode de travail. (Carlotta)
DIEU EXISTE, SON NOM EST PETRUNYA
Dieu existe PetrunyaA Stip, lors d’une fête votive où une croix porte-bonheur est lancée à l’eau, Petrunya, trentenaire au chômage, plonge et réussit à attraper le trophée. Sa réussite déchaîne les réactions des hommes… Avec cette satire grinçante qui fait penser au cinéma de Milos Forman à l’époque tchèque, la cinéaste macédonienne Teona Strugar Mitevska dresse le portrait savoureux de Petrunya, jeune femme ronde, mal dans sa peau mais bigrement énergique (l’excellente Zorica Nuscheva) qui va entrer en résistance, sous le regard d’une équipe de télé, contre les institutions de l’Etat et de l’Eglise. Une comédie féministe joyeusement enlevée. (Pyramide)
CORLEONE
CorleoneFils de paysans pauvres de Corleone, un bourg sicilien à 60 km de Palerme, Toto Riina (1930-2017) est devenu le parrain des parrains de Cosa Nostra, la Mafia sicilienne au terme d’une équipée sauvage et sanguinaire. Avec Corleone, le documentariste Mosco Levi Boucault signe une impressionnante saga autour du conflit entre la soif du pouvoir et la vertu de la loi. En deux parties (Le pouvoir par le sang et La chute), le film (2h24) raconte notamment comment, après l’assassinat en 1982, du général Dalla Chiesa, les juges Falcone et Borsellino entreprirent de faire tomber Riina malgré le climat de terreur entretenu par le mafieux. Entre 1977 et 1994, une sanglante tragédie Italienne. (Arte)
LA FEMME QUI FAILLIT ETRE LYNCHEE
Femme Faillit LyncheePendant la guerre de Sécession, Border City, sur laquelle règne une richissime propriétaire, est un havre de paix… pour les malfrats. C’est là que débarque la jolie Sally (Joan Leslie) pour reprendre le saloon de son frère abattu par un soldat sudiste. Le prolifique Allan Dwan a 68 ans et est en fin de carrière (il mettra encore en scène l’épatant Deux rouquines dans la bagarre en 56) lorsqu’il tourne, en 1953, The Woman they almost Lynched (en version restaurée), un western dont les personnages centraux sont des femmes. Le scénario, plein de rebondissements et à la mise en scène solide, alterne moments de grande violence et pauses légères. (Sidonis Calysta)
LE TRIOMPHE DE BUFFALO BILL
Triomphe Buffalo BillEn 1860, rescapé d’une attaque d’Indiens, le sémillant William Cody, célèbre sous le sobriquet de Buffalo Bill, embarque dans une diligence à destination de Sacramento. Il y retrouve son vieil ami Wild Bill Hickok avec lequel il doit mettre en place le Pony Express, révolutionnaire transport de courrier de l’est à l’ouest de l’Amérique. Avec un premier rôle dans lequel on l’a remarqué, Charlton Heston (1923-2008) incarne, en 1953, le mythique Buffalo Bill. Si le scénario prend de sérieuses libertés avec la réalité historique, ce western réalisé par Jerry Hopper, riche en intrigues et dans lequel on remarque aussi la belle Rhonda Fleming, est divertissant et montre comment la poste est devenue un facteur d’unification des Etats-Unis. (Sidonis Calysta)
COLD SWEAT
Cold SweatDans sa carrière américaine, Charles Bronson fit, entre 1969 et 73, une parenthèse européenne. En 1970, il tourne ainsi avec Terence Young, connu pour avoir réalisé les trois premiers films de la saga 007, Cold Sweat présenté dans la collection « Make my Day » de Jean-Baptiste Thoret. Sur la Côte d’Azur, De la part des copains (en v.f.) raconte l’aventure de Joe Martin, un ancien soldat rattrapé par son passé délictueux et contraint de faire face à d’anciens complices trafiquants de drogue décidés à l’éliminer. Entouré de Liv Ullmann, James Mason, Michel Constantin, Jean Topart ou Jill Ireland, Bronson incarne un personnage nonchalant, voire très cool qui tranche avec les vengeurs qu’il jouera plus tard, de retour à Hollywood. (Studiocanal)
VIGILANTE
Vigilante« Je sais ce que je veux faire de ma vie… » Autrefois victime de sauvages violences conjugales, Sadie a décidé de se consacrer à la défense d’autres femmes dans la même situation. Pour cela, la jeune femme a choisi d’employer la manière forte. Elle s’entraîne à cogner dur et traque les hommes violents qui vont la sentir passer. Avec Olivia Wilde en ange vengeur qui change volontiers de tête pour mieux réussir ses interventions, la cinéaste australienne Sarah Daggar-Nickson signe un film où l’action tient évidemment une grosse place. Mais Vigilante résonne cependant fortement en ces temps de féminicides à répétition dans notre pays… (M6)
CŒURS ENNEMIS
Coeurs EnnemisDans l’immédiat après-guerre, Lewis Morgan, officier anglais, est affecté à la reconstruction de Hambourg. Rachel, son épouse, le rejoint et ils s’installent dans la belle demeure où vivent un architecte allemand et sa fille. Cette promiscuité révolte Rachel… Mais le rejet va doucement laisser place à un sentiment plus trouble. Avec Keira Knightley et Alexander Skarsgard en tête d’affiche, Cœurs ennemis est un drame sentimental sur un triangle amoureux traité de manière classique. Le film de James Kent vaut aussi pour la période historique méconnue dans laquelle il se déroule… (Fox)
NOUS FINIRONS ENSEMBLE
Nous finirons ensembleMax, 60 ans, déprime et a décidé de vendre sa belle maison du Cap-Ferret. Débarque alors ses tonitruants amis décidés à lui fêter un anniversaire-surprise. Presque dix ans après le succès des Petits mouchoirs, Guillaume Canet retrouve, pour Nous finirons ensemble, Cluzet, Lellouche, Cotillard, Magimel, Laffite, Arbillot, Bonneton et les autres. Si le film ressemble parfois à un dépliant touristique (ah, la séquence d’ouverture !), il ne manque pas de rythme, ni de drôlerie. Evidemment, c’est assez prévisible (la critique a été globalement assassine) mais le public qui avait aimé le premier film est ravi retrouver toute la troupe… (Pathé)

CORRUPTION, SEDUCTION(S), CONVOITISE, MANIPULATION ET RECONSTRUCTION  

EL REINO
El ReinoHomme politique influent, Manuel Lopez-Vidal est embringué dans un dossier de corruption qui menace tous les membres de son parti… Avec El Reino, l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen, remarqué en 2016 pour l’excellent Que Dios nos perdone, met en scène un haletant et efficace thriller sur les trafics d’influence et la corruption en Espagne. Même si on ne saisit pas nécessairement tous les enjeux de l’aventure, le film réussit un portrait remarquable d’un politique (Antonio de la Torre, excellent) coincé dans un piège implacable et lâché par ses anciens amis. Pour sauver sa peau, Lopez-Vidal décide alors de tout déballer dans les médias. Remarquable ! (Warner)
BLANCHE COMME NEIGE
Blanche Comme NeigeCinéaste rompue à tous les genres, Anne Fontaine se risque, avec Blanche comme neige dans l’adaptation du conte des frères Grimm… Jeune fille d’une grande beauté, Claire est l’objet de la jalousie quasi-criminelle de Maud, sa belle-mère. Sauvée par un homme mystérieux, Claire se réfugie dans sa ferme perdue dans la montagne et va mettre le feu aux tempes de sept hommes archétypaux. Avec Lou de Laâge et Isabelle Huppert en tête d’affiche entourées notamment de Vincent Macaigne, Charles Berling, Jonathan Cohen ou Damien Bonnard, voici une variation contemporaine et teintée d’humour sur un conte fameux et aussi une réflexion initiatique où une « enfant » devient femme et s’éveille au désir… (Gaumont)
DERNIER AMOUR
Dernier AmourGiacomo Casanova arrive à Londres, une ville dont il ignore tout. Il y croise Marianne de Charpillon, une jeune prostituée qui l’attire irrésistiblement. Mais La Charpillon se dérobe toujours à ses avances. Spécialiste des portraits de femmes, Benoît Jacquot évite, dans Dernier amour, la reconstitution historique (nous sommes au 18esiècle) pour dresser celui de l’éternel séducteur dans un jeu du chat et de la souris qui le déstabilise. Face à Stacy Martin, une Marianne diaphane, sensuelle et manipulatrice, Vincent Lindon campe un conquérant déconfit face au mystère de l’amour… Jacquot s’ingénie à saisir l’intime d’une époque libertine. (Diaphana)
L’HERITAGE DES 500.000
Heritage 500000Dans la jungle philippine, pendant la Seconde Guerre mondiale, le commandant Matsuo a participé à l’ensevelissement de milliers de pièces d’or destinées à payer les dépenses de l’armée impériale japonaise. Après la guerre, il est contraint par son patron de revenir sur place pour remettre la main sur le trésor. Avec L’héritage des 500.000, Toshiro Mifune (1920-1997), acteur fétiche d’Akira Kurosawa, réalise, en 1963, l’unique long-métrage de sa grande carrière et y incarne l’ancien comptable Matsuo. Un drame de guerre qui est surtout une forte réflexion sur la convoitise humaine. Avec des accents à la Aguirre, un voyage dans les tréfonds de l’âme humaine. Haletant ! (Carlotta)
L’ADIEU A LA NUIT
Adieu NuitRetrouvant Catherine Deneuve, que l’on peut considérer clairement comme sa comédienne fétiche, André Téchiné réalise, avec L’adieu à la nuit, une œuvre à la fois intime et sociale. Intime parce qu’elle raconte le parcours de Muriel, une grand-mère (Deneuve) folle de joie à l’idée de retrouver Alex, son petit-fils (Kacey Mottet-Klein, vu dans Continuer), et contrainte à des extrémités pour le sauver. Sociale parce qu’il est question d’un jeune type, manipulé par sa petite amie adepte du prosélytisme islamiste sur internet, qui a décidé de partir faire le djihad pour donner du sens à son existence. Intense et captivant. (FranceTV)
NOS VIES FORMIDABLES
Nos Vies FormidablesMargot, 32 ans, cassée par l’abus d’alcool et de substances toxiques, arrive dans une institution où elle doit tout abandonner pour tenter de se reconstruire… Autour d’elle, se trouvent des hommes et des femmes, entre 18 et 50 ans, que les addictions ont, eux aussi, mis à mal… Dans Nos vies formidables, titre évidemment ironique, Fabienne Godet, auteur de Sauf le respect que je vous dois (2005), réussit une belle série de portraits de patients incarnés par de bons comédiens. Voici, sur la résilience, une œuvre généreuse qui évite le pathos pour glisser qu’on s’en sort probablement mieux à plusieurs que tout seul… (Memento)
LES OISEAUX DE PASSAGE
Oiseaux Passage« La marijuana est le bonheur du monde… » Dans les années 70, en Colombie, dans une famille d’indigènes Wayuu, la jeune Zaina va se marier. Pour l’épouser, Rapayet doit offrir une grosse dot dont il ne dispose pas. Son ami Moises lui suggère de passer du commerce du café à celui, bien plus lucratif, de la marijuana. Bientôt, passant de la tradition au gangstérisme, le trafic de drogue va prendre de l’ampleur. Avec Les oiseaux de passage, les cinéastes colombiens Ciro Guerra et Cristina Gallego signent une belle fresque qui approche la question du narcotrafic à travers une famille et ses traditions ancestrales et presque mystiques… (Diaphana)
RAOUL TABURIN A UN SECRET
Raoul TaburinQuand l’univers de Jean-Jacques Sempé fait un tour sur le grand écran. On connaissait le petit Nicolas. Voici Raoul Taburin, réparateur de vélos dans le petit village de Saint-Céron. S’il y jouit d’une certaine réputation de spécialiste du cycle, Raoul cache pourtant un gros secret. De ceux qui vous pourrissent toute une vie. Avec Raoul Taburin a un secret, Pierre Godeau transpose, avec finesse, le trait de Sempé au cinéma. Et il peut pour cela s’appuyer sur un solide duo avec Benoît Poelvoorde en Taburin malheureux de se sentir imposteur et Edouard Baer dans la peau de Figougne, le méticuleux photographe spécialiste du portrait. Une petite comédie charmante. (Pathé)
TREMBLEMENTS
TremblementsAppartenant à la classe aisée du Guatemala, Pablo, 40 ans, marié, deux enfants, a tout pour être heureux. Mais quand il tombe amoureux de Francisco, cet homme « comme il faut », religieux pratiquant, provoque un véritable séisme chez les siens. Ceux-ci décident alors de le faire « soigner ». Avec Tremblements, le cinéaste guatemaltèque Jayro Bustamante signe un drame impressionnant, fascinant et violent sur les thérapies dites « de conversion » pour vaincre ce qu’une communauté religieuse considère comme une… maladie intolérable. Un regard effrayant sur une société répressive ! (Memento)
DUMBO
DumboAvec sa bouille de doudou à immenses oreilles, le premier Dumbo (1941) a bercé notre enfance. Comme Disney a décidé de donner à ses classiques du dessin animé des versions « live action » avec donc des prises de vues réelles, on retrouve, en « chair et en os », l’éléphanteau qui sait, quand il est en confiance, prendre son envol du côté du cirque Medici puis au parc Dreamland et enfin dans son retour à la vie sauvage. Derrière la caméra, Tim Burton met joliment en scène cette aventure colorée et développe les thèmes de l’enfance, de la désillusion et de l’excentricité qui occupent souvent ses films. La distribution est solide avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito et Eva Green. (Disney)
AFTER
After« Avant lui, ma vie était toute simple, tracée ». Pour la jeune Tessa Young qui entre à l’université, l’existence devait être un long fleuve tranquille. Mais la pure et charmante jeune fille (Josephine Langford) va tomber sous le charme du ténébreux Hardin Scott (Hero Fiennes-Tiffin, le neveu de Ralph et Joseph Fiennes) et entrer dans une histoire d’amour imparfaite qui va cependant la faire grandir. A partir de la saga littéraire américaine After signée Anna Todd, parfait exemple de « chick litterature », Jenny Gage a tiré After : chapitre 1, une romance adolescente, légèrement mâtinée de porno soft, autour d’une passion aussi forte que chaotique. (M6)