LES RETRAITÉS, LA CONDAMNÉE, LES PAUMÉS, LES FLICS ET LES AMIS  

CITOYENS DU MONDE
Citoyens Du MondeA 70 ans et quatre longs-métrages à son actif dont l’excellent Déjeuner du 15 août (2008) qui le révéla, Gianni Di Gregorio (qui est également un scénariste reconnu) a tout d’un « nouveau » maître de la comédie à l’italienne ! Dans la Ville éternelle photographiée avec l’œil tendre d’un vrai Romain, le cinéaste distille une petite musique pleine de charme et de mélancolie. Ouvrier à la retraite, Giorgetto touche une pension modeste et a du mal à boucler ses fins de mois. Son ami, professeur de latin (Di Gregorio lui-même), est dans une situation similaire. Ils rêvent de partir loin, là où avec peu de moyens, on vit mieux. Attilio, un brocanteur, est aussi séduit par l’idée… Mais ont-ils vraiment envie de partir ? La belle histoire, touchante et drôle, d’une petite « entreprise » amicale où la générosité est plus forte que tout. (Le Pacte)
YALDA, LA NUIT DU PARDON
YaldaC’est, menottée, que Maryam arrive, au soir de la fête traditionnelle persane de Yalda, sur le plateau de l’émission de téléréalité Le plaisir du pardon. A Téhéran, la jeune femme a été condamnée à mort pour avoir tué son mari plus âgé qu’elle. Invitée de la semaine de l’émission, Maryam pourra peut-être échapper au châtiment suprême. Encore faut-il que Mona, la fille de la victime, lui accorde son pardon. En s’inspirant de faits réels, l’Iranien Massoud Bakhshi (remarqué en 2012 avec Une famille respectable) plonge le spectateur dans un spectacle glaçant. Voir Maryam (Sadaf Asgari, étonnante) se faire juger en direct sur le petit écran entre une chanson et une pub, provoque en effet un vrai malaise… Palpitant sans tomber dans le pathos! Après la sortie du film, l’émission a été supprimée. (Pyramide)
EFFACER L’HISTORIQUE
Effacer HistoriqueDans un lotissement sans joie quelque part en province, Marie, Bertrand et Christine bataillent avec des vies difficiles où les nouvelles technologies et les réseaux sociaux occupent une grande place. Victimes de chantage à la sextape, de surendettement ou d’exploitation par une entreprise de VTC, ces trois-là décident d’entrer en guerre contre les « géants de l’internet ». Avec Blanche Gardin, Bruno Podalydès et Corinne Masiero tous trois épatants en laissés pour compte du système qui décident de ne plus se laisser marcher dessus, le duo Gustave Kervern – Benoît Delépine distille une fable nihilisto-comico-délirante qui frappe souvent juste. Cruel mais joyeusement loufoque ! (Ad Vitam)
POLICE
PoliceMission inhabituelle pour trois policiers parisiens : récupérer un étranger dans un centre de rétention et le transférer à Roissy pour une reconduite à la frontière. En chemin, Virginie, femme-flic troublée par une vie privée compliquée, comprend que l’homme risque la mort s’il rentre dans son pays. Confrontée à un vrai cas de conscience, elle cherche à convaincre ses collègues Erik et Aristide de le laisser s’échapper. Avec un regard précis, une caméra attentive et loin du film d’action, Anne Fontaine raconte une mission de nuit pour des flics ordinaires. Pas d’esbroufe mais de la nuance et une humanité saisie à fleur de peau. Virginie Efira, Omar Sy, Grégory Gadebois et Payman Maadi sont excellents. (Studiocanal)
THE CLIMB
The ClimbMême s’ils ont des tempéraments bien différents, Kyle et Mike sont les meilleurs amis du monde. Et leur amitié résiste à tout, jusqu’au jour où Mike couche avec la fiancée de Kyle. Ce qu’il lui annonce alors qu’ils montent, à vélo, le col de Vence dans l’arrière-pays de la Côte d’Azur, instant emblématique qui donne son titre au premier long-métrage de Michael Angelo Covino. Le réalisateur (qui incarne Mike et a écrit le scénario avec son ami Kyle Marvin qui joue Kyle) signe une agréable comédie « de potes » où les blagues vaseuses sont remplacées par un mélange de drôlerie et de mélancolie. Voici, sur un mode doux-tendre et inventif, une « bromance » qui fait aussi songer à Woody Allen… (Metropolitan)
YUKI, LE SECRET DE LA MONTAGNE MAGIQUE
YukiPetite fille du Dieu de la Neige, Yuki vit au ciel avec ses grands-parents qui veillent sur la Terre. Elle est envoyée chez les humains pour aider un petit village en proie à d’incessantes attaques de bandits et de samouraïs. Elle dispose d’un an (sous peine de devenir un sombre vent hurlant) pour purifier ce village et faire couler sur lui le blanc manteau de la pureté. Grand représentant de l’humanisme social dans le cinéma japonais d’après-guerre, Tadashi Imai (1912-1991) donne, en 1981, une épopée dans le Japon médiéval sur fond de courage, d’amour et de foi dans la vie. Présenté dans un beau coffret, ce film d’animation, visuellement très soigné et enrichi de bons suppléments, sort en version restaurée pour la première fois en dvd en France. (Rimini)
L’ENFANT REVÉ
Enfant RevéPatron d’une scierie familiale dans le Haut-Doubs, François Receveur bataille pour la maintenir à flot. Avec son épouse Noémie, ils rêvent d’avoir un enfant mais leurs efforts répétés demeurent vains. Lorsqu’il rencontre Patricia, une belle cliente, la vie de François est bouleversée… Dans une nature qu’il filme largement et avec grâce, le Bisontin Raphaël Jacoulot décrit une passion fulgurante –on songe parfois à L’amant de Lady Chatterley pour les scènes d’amour dans la forêt- qui emporte et trouble gravement le fragile François. Toutefois le sujet central du film n’est pas un embrasement amoureux mais bien un douloureux désir d’enfant. Jalil Lespert, Louise Bourgoin et Mélanie Doutey défendent avec talent cette aventure intime… (Blaq Out)
LA DARONNE
La DaronneInterprète judiciaire franco-arabe, Patience Portefeux travaille aux écoutes téléphoniques pour la brigade des stupéfiants. En écoutant des dealers en mission, elle découvre que l’un des trafiquants n’est autre que le fils de la dévouée infirmière qui s’occupe de sa vieille mère. Elle décide alors de le couvrir. Bientôt, elle se retrouve à la tête d’un juteux trafic et doit manœuvrer avec des loulous qui voient venir la fin de la « galérance ». Avec une Isabelle Huppert manifestement à l’aise dans le contre-emploi, Jean-Paul Salomé donne une bonne petite comédie. Bien sûr, l’intrigue n’est pas bien épaisse mais le personnage de la daronne est souvent savoureux dans sa capacité à jongler entre la drogue et son job à la police… (Le Pacte)
LES HEROS NE MEURENT JAMAIS
Heros Meurent JamaisDans une rue de Paris, un SDF croit reconnaitre en Joachim un soldat mort en Bosnie le 21 août 1983. Or, cette date est justement celle de la naissance de Joachim… En partant sur les pas de Joachim (Jonathan Couzinié, remarquable) à Sarajevo, la cinéaste Aude Léa Rapin signe un premier long-métrage original puisqu’elle filme de l’intérieur la quête de Joachim qui pense être la réincarnation du soldat disparu. Avec ses amies Alice (Adèle Haenel) et Virginie (Antonia Buresi), Joachim déambule dans un pays hanté par les fantômes de la guerre. Une œuvre forte à l’esthétique brute qui associe une touche d’humour au fantastique… (Le Pacte)
CANCION SIN NOMBRE
Cancion Sin NombreJeune femme enceinte, originaire des Andes, Georgina Condori, récemment arrivée à Lima avec son mari, se rend dans une clinique offrant une assistance médicale « gratuite » pour la naissance de leur enfant. Mais l’offre est trop belle pour être vraie et l’accouchement est une torture. Pour son premier long-métrage, Melina Leon évoque, dans le Pérou de 1988, un drame récurrent dans le pays, celui du vol des bébés des Indiens Quechua pauvres qui sont vendus à l’étranger. Avec une sobre esthétique de film noir, la cinéaste décrit l’enquête kafkaïenne sur le drame du couple menée par un journaliste indépendant dans une période noire de l’histoire d’un pays en crise politique, sociale et économique… (Blaq Out)
LE BONHEUR DES UNS…
Bonheur Des UnsLéa, Marc, Karine et Francis sont deux couples d’amis de longue date… Le mari macho, la copine un peu grande gueule, chacun occupe sa place dans le groupe. L’harmonie vole en éclats lorsque Léa, vendeuse de prêt-à-porter, leur apprend qu’elle écrit un roman. Qui va devenir un best-seller. Petites jalousies et grandes vacheries commencent à fuser. En s’appuyant sur un joli quatuor (Vincent Cassel, Bérénice Béjo, Florence Foresti, François Damiens) Daniel Cohen organise une comédie qui, au départ, fait un peu boulevard. Mais le film, autour de l’axiome « C’est face au succès que l’on reconnaît ses vrais amis », va trouver son rythme et distiller une vraie tendresse pour le personnage de Léa et à sa légitimité… (M6)
EMMANUELLE
EmmanuelleEn ce temps-là, Emmanuelle se balançait voluptueusement dans son fauteuil en osier… Ce temps-là, c’étaient les seventies et plus précisément cette fin de mois de juin 1974 où un puissant tourbillon érotique, véritable phénomène de société, allait balayer durablement la France. Portée par la silhouette gracile de la Batave Sylvia Kristel (1952-2012), voici les aventures d’une jeune bourgeoise qui, partie en Thaïlande, retrouver son mari, y explorera à loisir les facettes du plaisir. Tiré d’un roman d’Emmanuelle Arsan, le film est devenu culte. Dix ans ans à l’affiche des cinémas, il y réunit 9 millions de spectateurs. On le retrouve dans une version blu-ray restaurée inédite supervisée par son réalisateur, Just Jaeckin. En bonus, un document inédit intitulé « La révolution du désir féminin à l’écran, comment aborder le film avec le regard d’aujourd’hui ? » (Studiocanal)

LE PSYCHOPATHE, LES PAIENS, LE PROTAGONISTE ET UN GENOCIDE AFRICAIN  

JOKER
JokerEmacié, les flancs creux (l’extraordinaire Joaquin Phoenix, qui a été couronné de l’Oscar du meilleur acteur, a perdu 25 kilos pour le rôle), le regard tourmenté, Arthur Fleck est un frère en désespérance violente du Travis Bickle de Taxi Driver. En racontant la naissance du pire ennemi de Bruce Wayne, alias Superman, Todd Philipps, plutôt connu pour des comédies potaches comme la trilogie Very Bad Trip, réussit un vrai film d’auteur tout en voguant aux marges de l’industrie super-héroïque. Il embarque le spectateur dans la lancinante folie de ce Fleck qui dit « Je ne veux plus me sentir aussi mal ! » alors même que Penny, sa mère lui avait assigné de donner le sourire aux autres parce que le monde est trop sombre. Lorsque ce type solitaire se retrouve avec un revolver dans les mains, la pente devient dangereuse et le chaos guette. Remarquable ! (Warner)
THE WICKER MAN
Wicker ManSur l’île écossaise reculée de Summerisle, le sergent de police Neil Howie enquête sur la disparition de la jeune Rowan Morrison. Chrétien intégriste, Howie est vite choqué par les mœurs libres des îliens, adeptes du paganisme celtique. De plus, les insulaires affirment que Rowan n’a jamais existé. Avec un ton libertaire et jubilatoire, voici une œuvre à la fois amusante et angoissante dans laquelle Christopher Lee, en seigneur de Summerisle, tient l’un de ses meilleurs rôles. Parce qu’elle fut vite invisible, cette (en)quête est devenue culte. Provocateur pour son époque (1973), ce film, le premier réalisé par Robin Hardy, est considéré par le British Film Institute comme l’une des meilleurs ce l’histoire du cinéma britannique. La collection Make my Day le remet fort à propos dans la lumière… (Studiocanal)
TENET
TenetMême sans être titulaire d’un master de philosophie, on peut clairement prendre plaisir au nouvel opus du talentueux Christopher Nolan, réalisateur notamment d’Inception, Interstellar ou Dunkerque. Blockbuster chargé de dynamiser les salles obscures après le premier confinement, ce thriller est d’une virtuosité impressionnante tant en ce qui concerne le scénario qu’une mise en scène qui n’hésite pas à jouer la carte des effets spéciaux. Le cinéaste anglo-américain a concocté un mix d’action et de science-fiction. Où l’on part, dans un monde clair-obscur, sur les traces du « Protagoniste » (John David Washington), un agent de la CIA, chargé d’empêcher, avec pour maigre viatique le mot Tenet, une troisième Guerre mondiale. Une brillante intrigue à base d’entropie et d’inversion du temps. (Warner)
PETIT PAYS
Petit PaysDans son livre éponyme paru en 2016 chez Grasset, Gaël Faye raconte, en 1993, la vie de Gabriel dans son pays natal, le Burundi, avec sa petite sœur Ana, sa mère tutsie rwandaise et son père, entrepreneur français expatrié. Eric Barbier (connu pour Les promesses de l’aube) s’est emparé de ce drame placé sous le signe de l’identité et de la folie guerrière entre les Hutus et les Tutsis. On passe, ici, d’une enfance rêvée (Gabriel, qui a une dizaine d’années en 1993, et ses copains font les 400 coups) dans un pays merveilleux à l’explosion sauvage d’un génocide sans précédent. Jean-Paul Rouve incarne avec conviction un père qui tente d’arracher sa famille à la tragédie. Un film fort et bouleversant sur un enfant face à l’atrocité… (Pathé)
SOCIETE ANONYME ANTI-CRIME
Société Anonyme AntiCrimeFace aux voyous impunis, aux truands récidivistes qui échappent à la justice et à la presse qui s’ingénie à dénoncer les méthodes de la police, le commissaire Bertone refuse de baisser les bras. A Rome, il est pourtant bien seul face à une société italienne où les institutions sont gangrenées par la corruption. Stefano Vanzina (1917-1988), plus connu sous le pseudonyme de Steno, était un spécialiste de la comédie italienne où il dirigea notamment Toto, Alberto Sordi mais aussi Bud Spencer. Ici, en 1972, il signe un solide « polizziottesco » où le flic intègre et solitaire (Enrico Maria Salerno) va affronter des collègues réunis dans un escadron de la mort, soutenu au plus niveau, qui abat froidement ceux qui dérangent l’« ordre ». Bertone le payera cher mais un procureur reprendra (peut-être) le flambeau. Un polar italien efficace ! (Artus Films)
MYSTERY ROAD – SAISON 2
Mystery RoadDu côté de Gideon, dans les terres du Nord, un corps décapité a été découvert, flottant entre deux eaux, par un pêcheur de crabes… Une nouvelle enquête commence pour Jay Swan, le flic aborigène teigneux et taiseux incarné par Aaron Pedersen, à la fois puissant et mélancolique. Pour une deuxième saison, Mystery Road plonge à nouveau, grâce à une photographie superbe, dans les grands espaces de l’Outback australien. Entre thriller et western du bush, cette saison 2 (six épisodes de 55 mn) entraîne, entre loi et traditions aborigènes ancestrales, l’enquêteur secondé par Fran Davis, une flic locale (Jada Alberts), sur la trace de vrais affreux liés à un considérable trafic de drogue. A l’œuvre sur un chantier de fouilles, une archéologue va être mêlée à l’enquête. Captivant… (Arte)
PRODIGAL SON
Prodigal SonNul n’est responsable de ses parents et Malcolm Bright, expert criminel au sein du NYPD, en sait quelque chose, lui dont le père, Martin Whitly n’est autre que « Le chirurgien », un redoutable serial killer ! Ancien du FBI, Bright œuvre comme consultant auprès de la police de New York. Un tueur en série qui imite les méthodes du « Chirurgien » va contraindre le fils à se confronter à un père longtemps perdu de vue. S’imposant comme un profiler hors du commun, Malcolm Bright (Tom Payne) excelle dans ses enquêtes au point que ses coéquipiers, les détectives Powell et Tarmel ou le docteur Tanaka, finissent par se demander si Bright n’est pas lui-même un psychopathe. La saison 1 de la série créée par Chris Fedak et Sam Sklaver, c’est de la belle ouvrage, idéale pour s’offrir des sueurs froides. (Warner)
ENRAGÉ
EnragéCoincée dans un bouchon sur une rocade de La Nouvelle Orléans alors qu’elle doit conduire son fils Kyle à l’école, Rachel Hunter apprend qu’elle vient de perdre sa meilleure cliente.  A un feu tricolore, elle klaxonne énergiquement parce que le conducteur qui la précède, ne démarre pas. Las, le type est au bout du rouleau. Enervé, il exige des excuses et veut en obtenir coûte que coûte. Pour Rachel (Caren Pistorius) traquée en compagnie de son jeune adolescent de fils, c’est un véritable cauchemar qui commence. Massif et angoissant, Russell Crowe n’est pas vraiment dans la nuance avec son personnage d’automobiliste enragé virant au fou furieux. Mais, même s’il ne fait pas dans la dentelle, ce thriller routier est bien efficace tout en proposant une bonne réflexion sur la violence urbaine… (M6)
SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE
Route Compostelle
Six « pèlerins » sur le fameux chemin de Compostelle, long de 900 kilomètres entre la France et l’Espagne sont les héros du documentaire imaginé par le cinéaste australien Noel Smyth et le producteur néo-zélandais Fergus Grady. Les deux jeunes auteurs se penchent, de manière à la fois réconfortante et méditative, sur les motivations de quatre femmes et deux hommes engagés sur le « Camino » au rythme quotidien de 25 kilomètres. « Nous cherchions à saisir les événements tels qu’ils survenaient et à construire la narration au gré des réflexions de nos compagnons marcheurs. Nous voulions que l’image, le son et la musique emportent les spectateurs dans ce voyage. » Sans être spécialement en quête d’élévation religieuse ou spirituelle, ils manifestent tous un beau courage et affirment une foi dans la vie. Une traversée intérieure sur un chemin de fraternité. (L’Atelier d’images)
L’INFIRMIERE
Infirmière
« A-t-on droit au bonheur quand on a détruit une famille ? » Infirmière à domicile, Ichiko s’occupe d’une vieille dame au sein d’une famille qui la considère depuis toujours comme une des leurs. Mais lorsque la cadette de la famille disparaît, Ichiko se trouve suspectée de complicité d’enlèvement. Le cinéaste japonais Kôji Fukada, remarqué naguère pour l’angoissant Harmonium, réussit, au coeur d’un thriller bien construit et glaçant, l’impressionnant portrait d’une femme (Mariko Tsutsui parfaite) emportée dans un redoutable engrenage sur fond de dérive des médias contemporains. Au-delà de la réflexion sur individu et médias, ce polar minimaliste se teinte de fantastique sur fond de vacillement mental. Le trouble envahit enfin le spectateur : Ichiko est-elle coupable ? Et, surtout, qui est-elle vraiment ? (Blaq Out)
NARCOS: MEXICO
Narcos Mexico S2
Si la saison originale de la série se penchait sur la traque du fameux baron colombien Pablo Escobar, Narcos : Mexico se concentre sur un nouvel univers avec le narcotrafic au Mexique et notamment l’ascension fulgurante de Miguel Angel Gallardo à la tête du cartel de Guadalajara ainsi que le combat de l’opiniâtre agent de la DEA Kiki Camarena (Michael Pena) qui finira tragiquement… Avec la saison 2, on suit la guerre menée par Walt Breslin dans le cadre de l’opération Leyenda. Il s’agit de capturer ou de tuer ceux qui sont mêlés à la mort de Camarena tout en démantelant le cartel de Guadalajara. Mais, au fil de sa mission, Breslin s’avisera que le Bien et le Mal sont des notions bien complexes. En dix épisodes, un thriller efficace, intense et (très) violent… (Gaumont)
LES BLAGUES DE TOTO
Blagues Toto
« Je fais rien que des bêtises » disait une chanson déjà ancienne que Toto pourrait évidemment reprendre à son compte. Car le blond petit mariole les enchaîne, les bêtises… Changer la température de l’eau de la douche, faire tomber toutes les pommes à l’étal de l’épicier… Toto (Gavril Dartevelle entouré de Guillaume de Tonquédec, Anne Marivin ou Ramzy Bédia) ne sait pas résister à une blague, quitte à pourrir la vie de ses parents, de ses profs ou du boss de son père. Mais, pour l’impertinent, le séjour à la pension guette. En adaptant la bande dessinée de Thierry Coppée, Pascal Bourdiaux signe une comédie allègre et bien troussée même si elle ne révolutionne pas le genre. Dans les salles, le film a passé la barre du million d’entrées. A déguster désormais en dvd… (M6)

CHABROL, HUSTON, ULMER, ROBERT ET LA CATASTROPHE NUCLEAIRE  

SUSPENSE AU FEMININ
Chabrol Suspense FémininGrand portraitiste de la bourgeoisie française, Claude Chabrol s’y entendait pour peaufiner de beaux personnages féminins, souvent criminels et il savait trouver les comédiennes idéales pour se glisser dans ces rôles… Un beau coffret contient les versions restaurées (pour la première fois en blu-ray) de L’enfer (1994), La cérémonie (1995), Rien ne va plus (1997), Merci pour le chocolat (2000) et La fleur du mal (2002) qui surfent avec virtuosité dans le thriller, le drame cauchemardesque ou la comédie policière. On y croise évidemment de grandes comédiennes comme Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Emmanuelle Béart, Suzanne Flon mais aussi les excellents Michel Serrault ou Jacques Dutronc. Le plaisir est d’autant grand que, parmi de riches suppléments, Chabrol analyse, avec précision et malice, différentes scènes remarquables de ses réalisations… Remarquable ! (Carlotta)
L’HOMME QUI VOULUT ETRE ROI
Homme Voulu tRoiBien sûr, il y a eu l’incontournable 007 mais, pour saluer la mémoire de Sir Sean, se plonger dans les aventures, aux Indes, de Daniel Dravot et Peachy Carnehan, deux amis britanniques, anciens militaires, francs-maçons et aventuriers aussi déterminés que peu scrupuleux, est un vrai régal. Ces deux-là, toujours en mal d’action et de sensations fortes, cultivent un rêve fou : devenir roi du Kafiristan. Autour du film richement mis en scène (1975) et adapté par John Huston d’une nouvelle de Rudyard Kipling (dont le personnage apparaît dans le film), voici un beau coffret collector riche en bonus dont un ouvrage (200 p.) de Samuel Blumenfeld avec des photos et des archives rares. L’unique rencontre entre Sean Connery et Michael Caine dont le duo fonctionne à merveille. Un sommet ! (Wild Side)
LE DEMON DE LA CHAIR
Demon ChairConsidérée à son époque comme « la plus belle femme du monde », Hedy Lamarr, fameuse pour être apparue entièrement nue en 1933 dans Extase de Gustav Machaty, incarne ici la machiavélique Jenny Hager dans The Strange woman (1946), l’une des réussites d’Edgar G. Ulmer. A mi-chemin entre le fantastique et le « film noir à costume », Ulmer (1904-1972), admiré pour son fameux Chat noir (1934) met en scène, avec une intense expressivité visuelle, une petite ville étriquée de Nouvelle-Angleterre pourrie par la violence, le vice et l’alcool. Dans cette ambiance délétère où le suspense est constant, le sadomasochisme présent et l’érotisme avoué, Jenny Hager manipule les hommes avec une morgue et un aplomb cachés sous un sourire angélique. A découvrir sans attendre ! (Artus Films)
100 ANS YVES ROBERT
Yves RobertYves Robert (1920-2002) fut un maître de la comédie française. Acteur, scénariste et producteur, le cinéaste moustachu mérite assurément le bel hommage rendu par cette intégrale de ses longs-métrages réunis dans un beau coffret. Dans ces 21 films réalisés entre 1954 et 1993, on trouve de jolies perles comme Alexandre le bienheureux (1967) mais aussi le savoureux diptyque Un éléphant, ça trompe énormément (1976) et Nous irons tous au paradis (1977) où le quatuor Rochefort, Brasseur, Bedos et Lanoux donnait toute sa mesure. Et puis, en 1990-91, Yves Robert salua Pagnol avec La gloire de mon père et Le château de ma mère. Une œuvre où le rire franc le dispute toujours à une robuste tendresse. Pour le plaisir ! (Gaumont)
CHERNOBYL
ChernobylLe 26 avril 1986, le cœur de la centrale nucléaire Lénine, dans l’actuelle Ukraine, explose et tue avant de provoquer une contamination radioactive à grande échelle. Sur la plus grande catastrophe nucléaire du 20e siècle, Craig Mazin a imaginé, pour HBO, une mini-série (5 épisodes d’une heure) qui tient tout à la fois du drame historique et du film d’horreur. En faisant se succéder autour du personnage-pivot du physicien russe Legassov, des séquences toutes plus palpitantes et angoissantes les unes que les autres, les auteurs plongent au cœur d’un désastre sur « quelque chose qui n’est jamais arrivé sur cette planète ». On mesure aussi largement le poids du politique dans cette tragédie avec une propagande largement à l’œuvre… Terrifiant ! (Warner)
FAUDA – L’INTEGRALE
Fauda S3Au cœur du conflit israélo-palestinien, Doron Kabilio, chef d’une unité des forces spéciales de l’armée de défense d’Israël, agissant sous couverture, traque les têtes pensantes du mouvement terroriste Hamas. Dans la troisième saison, Doron, infiltré comme entraîneur de boxe, prend sous son aile Bashar, le jeune cousin d’un responsable du Hamas. Créée par Lio Raz (qui incarne Doron) et Avi Issacharoff, Fauda (chaos en arabe) s’est imposée comme l’une des toutes meilleures séries de ces dernières années. Avec cette intégrale (trois saisons), on plonge dans un inextricable affrontement où les auteurs s’attachent à croiser les points de vue des deux camps opposés. Le suspense est permanent, l’action aussi et cette série israélienne magnifiquement mise en scène est haletante ! (Wild Side)
LES CONTES MERVEILLEUX DE RAY HARRYHAUSEN
Contes HarryhausenCréateur d’effets spéciaux légendaires – ainsi ceux de Jason et les argonautes ou du Voyage fantastique de Sinbad- l’Américain Ray Harryhausen (1920-2013) entreprend, à partir de 1949, un programme de cinq courts-métrages qu’il va achever en 2002. Il réalise ainsi d’étonnants « contes merveilleux » à l’aide de marionnettes articulées selon les principes de la stop-motion dont il deviendra le maître absolu. Optant pour une narration en voix off, Harryhausen propose une relecture très attachante de contes et légendes de notre enfance comme Le petit chaperon rouge, Hansel et Gretel, Raiponce, Le roi Midas ou Le lièvre et la tortue. Magique ! (Carlotta)
THE PERFECT CANDIDATE
The Perfect CandidateRévélée par l’excellent Wadjda (2012), la Saoudienne Haifaa Al Mansour, première femme cinéaste d’Arabie saoudite, consacre, après deux réalisations américaines (Mary Shelley et Une femme de tête), son quatrième long-métrage à l’aventure de Mariam (Mila Al Zahrani), médecin très impliquée dans un petit dispensaire de province. Lorsqu’elle doit candidater pour un poste de chirurgien à Ryad, on lui refuse le droit de prendre l’avion parce qu’elle est célibataire et dépourvue d’une autorisation signée par son père. Révoltée, elle décide de se présenter aux élections municipales avec pour objectif d’obtenir une route goudronnée menant à son hôpital. Avec intelligence et humour, le film décrit le quotidien de Mariam, de ses jeunes sœurs, de son père musicien veuf et dépressif.  Son combat électoral va bousculer les mœurs d’un pays très traditionnaliste… (Le Pacte)
GAME OF THRONES – L’INTEGRALE
Games ThronesOn ne présente plus la série probablement la plus emblématique de HBO ! Car les aventures de Jon Snow ou de Daenerys Targaryen et ses dragons sur les continents de Westeros et d’Essos cartonnent depuis une dizaine d’années déjà. L’intégrale (saisons 1 à 8) est en qualité 4K UHD, donc du jamais vu pour cette série médiévale à grand budget, façon Dark Fantasy et inspirée d’événements ou de personnages historiques réels, qui explore aussi bien le changement climatique que le pouvoir politique en passant par la guerre civile, la religion, le tout agrémenté largement de sexe et de violence. Avec une abondance de personnages, le casting est remarquable et l’on constate que ce sont, ici, les femmes qui mènent le bal… Incontournable ! (Warner)
FORBIDDEN HOLLYWOOD
Forbidden HollywoodPendant une brève parenthèse de 1929 à 1934, Hollywood vit à l’heure du Pré-Code qui voit fleurir nombre de films présentant plus de sexualité et de violence que par le passé et qui reflètent aussi de manière réaliste et crue la misère sociale mais aussi une certaine licence morale. Dix de ces films Pré-Code, notamment L’ange blanc avec Barbara Stanwyck et Joan Blondell ou Man Wanted avec Kay Francis, sont réunis dans un coffret (exclusivité Fnac) et offre un bon aperçu de la liberté des mœurs qui régnait alors dans la Cité des rêves. Mais bientôt le Code Hays s’abattra sur l’industrie du cinéma et, avec lui pour une longue période, une lourde censure…  Il faut dire qu’une mangeuse d’hommes comme celle incarnée par Jean Harlow dans Red-headed Woman de Jack Conway (1932) avait de quoi faire se dresser les cheveux des censeurs… (Warner)
CLINT EASTWOOD – L’INTEGRALE
EastwoodTout bonnement une somme ! Voici, en effet, un coffret qui réunit les 63 longs-métrages avec et/ou mis en scène par Clint Eastwood entre 1958 et 2019. Pour remonter le temps et mesurer combien le cinéaste, aujourd’hui âgé de 90 ans, est bien l’ultime géant d’Hollywood. En 1958, il débute dans Escadrille Lafayette et en 1971, il passe pour la première fois derrière la caméra pour Un frisson dans la nuit. En six décennies, Eastwood s’est imposé comme un maître dans une suite de films qui, de L’inspecteur Harry à Sur la route de Madison en passant par Million Dollar Baby ou Gran Torino, ont marqué le thriller, le western mais aussi le pur cinéma romantisme. Avec, en prime, une foule de suppléments. Magistral ! (Warner)
COFFRET GUERRE
Coffret GuerreAvec des comédiens de talent (Peter O’Toole, Omar Sharif, Alain Delon, Maurice Ronet, Claudia Cardinale et Anthony Quinn dans deux personnages), trois réalisateurs reconnus illustrent un genre marquant du cinéma. Avec La nuit des généraux (1967), Anatole Litvak décrit la traque par un officier déterminé (Omar Sharif) de trois généraux nazis soupçonnés de meurtres. Dans Passeurs d’hommes (1979), Lee J. Thompson plonge dans la Résistance française à travers la mission d’un rude passeur basque chargé de faire passer la frontière au professeur Bergson (James Mason) et à sa famille. Mais c’est sans compter avec un SS sadique (Malcolm McDowell). Enfin Mark Robson, dans Les centurions (1966), adapte le roman éponyme de Jean Lartéguy et brosse le portrait d’un colonel de parachutistes (inspiré par le général Marcel Bigeard) traquant un chef rebelle pendant la Guerre d’Algérie… (Sidonis Calysta)

LA MERE, LE SHERIF, LA BERGERE, LE SHOMER ET L’HOMME DANS LE MONDE  

MADRE
MadreDix ans après la perte de son jeune fils, Elena s’est installée de l’autre côté de la frontière espagnole, à proximité de la plage landaise où le gamin a disparu. Serveuse dans un restaurant de plage, elle semble avoir refait sa vie avec Joseba, un chauffeur routier. Un jour, elle croise un surfeur blond qui aurait très bien pu être son fils… Auteur des remarquables thrillers Que dios nos perdone (2016) et El Reino (2018), Rodrigo Sorogoyen signe, cette fois, un récit intimiste et douloureux autour d’une femme brisée (Marta Nieto, parfaite) qui se raccroche à un fantôme à travers un bel adolescent. Entre Elena et Jean, va s’instaurer une relation trouble que les parents de Jean voient d’un mauvais œil. Dans cette tragédie romanesque, le cinéaste capte avec brio les fragments d’une relation impossible à qualifier… (Le Pacte)
LE PAYS DE LA VIOLENCE
Pays ViolenceShérif d’une petite ville du Tennessee, Henry Tawes s’ennuie avec sa femme Ellen. Au hasard d’un contrôle routier, il tombe sous le charme de la belle et jeune Alma McCain. Désormais amoureux éperdu, Tawes est prêt à sacrifier sa famille et à transgresser la loi en couvrant le père d’Alma qui fabrique de l’alcool de contrebande. En 1970, John Frankenheimer signe la chronique d’un amour impossible dans l’atmosphère automnale et délétère du sud profond. Gregory Peck et Tuesday Weld, entourés d’Estelle Parsons ou Charles Durning, sont au cœur d’un drame superbement rythmé par les chansons de Johnny Cash dont le I Walk the Line donne son titre original au film… Dans les suppléments, Thierry Frémaux évoque l’ambiance rurale  de cette chronique desenchantée. (Sidonis Calysta)
LA FEMME DES STEPPES, LE FLIC ET L’ŒUF
Femme SteppesDans la steppe mongole, la police a trouvé le cadavre dénudé d’une femme. Un flic novice est chargé de veiller sur la scène de crime. Une bergère vient l’aider à se protéger du froid, à se nourrir tandis que des loups rôdent dans la nuit. Le cinéaste chinois Wang Quan’an (connu pour Le mariage de Tuya en 2006) met en scène une œuvre aussi minimaliste qu’envoûtante. L’histoire est mince comme un fil mais c’est la manière de capter l’espace immense, la lumière changeante, le froid vif, la nuit noire qui intéresse Quan’an. Les humains vivent avec leurs animaux entre sexualité, souffrance, grossesse, naissance, mort. Dans les suppléments, le Français Aymerick Pilarski, directeur de la photo, évoque avec passion son travail avec le cinéaste. (Diaphana)
THE VIGIL
The VigilYakov Ronen (Dave Davis), la trentaine, s’est éloigné depuis un moment de la communauté juive orthodoxe de Brooklyn. Contre son gré, il accepte d’être shomer, celui qui, dans le rite hébraïque, veille un défunt la nuit précédant les funérailles. Seul avec la veuve et le corps du défunt dans une maison délabrée, il se retrouve confronté à d’étranges phénomènes de plus en plus inquiétants. Les films d’horreur qui se déroulent dans la communauté juive traditionnelle sont rarissimes. Peut-être parce que l’enfer, au sens du concept chrétien, n’existe pas pour les Juifs. Mais Keith Thomas a trouvé, dans les récits talmudiques, la trace du « mazik », un démon destructeur qui fera connaître l’angoisse, une nuit durant, à un Yakov traumatisé. Terrifiant ! (Wild Side)
SANS SOLEIL
Sans SoleilVoici une belle occasion de se replonger dans l’œuvre de Chris Marker (1921-2012) avec ce documentaire expérimental (1983) doublé d’un essai poétique où se croisent, à travers le regard d’un caméraman, Sandor Krasna, des pensées et des images qui questionne son rapport aux images qu’il filme, qui met en parallèle les civilisations et interroge la place de l’homme dans le monde. Le coffret avec la version restaurée est accompagné de riches suppléments dont Le Dépays, un livre de Marker (édité en 1982 et épuisé) contenant ses propres photos sur le Japon. Avec « Lettre à Theresa de Chris Marker », on trouve une traduction inédite d’une lettre envoyée par Chris Marker pour répondre aux questions d’un ciné club sur son film, alors qu’il a toujours refusé de parler et d’expliquer son oeuvre. Un second beau coffret propose la version restaurée de La jetée (1963), autre titre-phare dans l’œuvre de Marker. (Potemkine)
VOIR LE JOUR
Voir Le JourAu bout d’une nuit agitée à l’hôpital, une mère qui attendait des jumeaux, perd l’un de ses bébés… Un drame qui va bouleverser l’équipe soignante. Adapté du roman Chambre 2 de Julie Bonnie, le troisième long-métrage de Marion Laine plonge dans le quotidien surmené du personnel d’une maternité. Malgré le sous-effectif et des conditions de travail dégradées, les sages-femmes et les professionnels ne rechignent pas à la tâche. Si le côté romanesque peut parfois paraître un peu appuyé, la dimension documentaire du film est tout à fait intéressante avec de solides et attachants personnages comme la secrète Jeanne (Sandrine Bonnaire) dont le passé revient la hanter ou Francesca (Brigitte Roüan) qui rêve d’ouvrir une maternité alternative… (Pyramide)
LE DEFI DU CHAMPION
Defi ChampionJeune star de l’AS Roma, Christian Ferro est aussi talentueux que rebelle et indiscipliné. Au soir d’un nouveau dérapage de sa vedette, le président du club décide de lui faire passer son bac. Et si Ferro n’obtient pas les (bonnes) notes qu’il faut, il restera sur la touche. En quête d’un prof pour faire entrer sa vedette dans le rang, la Roma trouve Valerio Fioretti, un enseignant pas très sensible au ballon rond. « Je suis débile, voilà le problème », constate Christian. Ce n’est pas l’avis de Fioretti (Stefano Accorsi) qui va apprendre à cette tête à claques (Andrea Carpenzano) à devenir un type bien et attachant. Pour son premier long-métrage, Leonardo d’Agostini signe un pur feelgood movie autour de l’univers du foot-business. Et il frappe dans la lucarne… (Destiny ESC)
THE WRETCHED
The WretchedPour cause de covid, le film de Brett et Drew Pierce est sorti, en mai dernier, uniquement dans les drive-in américains. Et il est vite devenu un vrai phénomène du cinéma d’horreur… Adolescent rebelle, Ben est envoyé chez son père pour devenir plus raisonnable. Bientôt, il découvre qu’Abbie, la mère de famille voisine, est habitée par un esprit malveillant. Avec de bons acteurs, des effets spéciaux nourris et bien frissonnants (le look de la sorcière est remarquable), un scénario qui ménage des surprises jusqu’à la fin, les frères Drew inscrivent l’épouvante dans un style fantastique qui rappelle celui des meilleurs auteurs de la fin des années 80. Inédit en France, voici une bonne réussite horrifique bien flippante. (Koba Films)
LUCKY STRIKE
Lucky StrikeBien mal acquis… Quand un sac bourré de gros billets de banque passe des mains d’un employé de sauna à un agent de l’immigration douteux sans oublier un dangereux prêteur sur gages, une femme battue ou une redoutable patronne de bar, véritable femme fatale… En s’appuyant sur d’excellents comédiens tous traités avec une lumière particulière, le cinéaste sud-coréen Kim Yong-hoon s’empare, pour son premier long-métrage, des codes du thriller et s’ingénie, avec une belle aisance, à composer un solide puzzle où tous les coups, surtout les plus pendables, sont permis. Même si le sang coule, ce sont bien les accents de la comédie grinçante qui dominent dans cette succession d’arnaques, de trahisons et de meurtres. (Wild Side)
LES CAHIERS D’ESTHER
Cahiers EstherFin explorateur du monde de l’adolescence, Riad Sattouf (Les beaux gosses au cinéma avec un César 2010 du meilleur premier film) a raconté, dans les pages de L’Obs avant de les reprendre en bande dessinée, les états d’âme d’Esther, une gamine qui, à la manière d’un journal intime, raconte à hauteur d’enfant sa vie, son école, ses amis, sa famille et évidemment son époque. On retrouve Esther et sa petite voix dans la seconde saison (Histoires de mes onze ans) d’une série d’animation composée de 52 épisodes d’environ deux minutes. Où il est question d’un petit frère, des garçons de la classe, de l’existence de Dieu, de la différence entre crevettes et cafards, du mariage des grands, de la tarte aux fraises ou de l’acné. C’est drôle, tendre, émouvant et cruel. (Studiocanal)
L’INCROYABLE HULK
Incroyable HulkCaché dans une favela brésilienne, Bruce Banner tente de percer le secret du mal qui l’afflige. Chaque fois que son pouls s’élève, en raison du stress ou de la colère, ce scientifique réputé, exposé naguère à une forte dose de rayons gamma, se transforme en géant vert invincible, impulsif et parfois même meurtrier. Un général (William Hurt) songe à utiliser cette force à des fins militaires. Assez loin du Marvel Comics d’origine, le film réalisé en 2008 par Louis Leterrier (reboot du Hulk d’Ang Lee en 2003) fait la part belle à Banner (le toujours excellent Edward Norton) plus qu’à Hulk. Si le scénario manque de surprises, on s’attache à un quasi-vagabond aux prises avec la solitude et la peur. Efficace… (M6)
T’AS PECHO ?
T'as PechoAh, Arthur et ses copains sont sacrément travaillés par leurs hormones ! Collégien de 3e, Arthur est amoureux d’Ouassima mais pour être invité à la fête organisée par une amie de la belle, il faut savoir pécho. Les puceaux décident alors de demander à Ouassima (Inès d’Assomption, tonique) de leur donner, moyennant finances, des cours dans l’art si délicat de la drague. Histoire de devenir cool ! Sur le ton de la comédie ado d’après #MeToo, Adeline Picault revisite le teen movie, genre revanche du puceau, en imaginant une manière d’entraide amicale et bienveillante entre filles et garçons. Peut-être pas un précis de la séduction mais un bon petit moment de cinoche… (Pathé)
DIVORCE CLUB
Divorce ClubAprès cinq ans de mariage, Ben est toujours très amoureux… Mais tout s’effondre lorsqu’il découvre, en public, que sa femme le trompe sauvagement… A à la ramasse, le désespéré croise Patrick, un ancien ami (François-Xavier Demaison) lui aussi divorcé, qui l’invite à emménager dans sa belle villa pour profiter à fond de son célibat retrouvé… Michaël Youn n’a pas toujours l’humour léger et son étude « sociologique » du divorcé de la quarantaine le prouve. Mais, en s’emparant de bons gros clichés (les femmes sont sacrément mises à mal mais les hommes ne s’en tirent pas mieux) qui deviennent des gags potaches, il concocte une farce légère et barrée qu’Arnaud Ducret emporte vers un joyeux délire… (M6)

WILDER, OZON, OZU, LES SOLDATS AMERICAINS ET LES MAFIEUX QUEBECOIS  

ARIANE
ArianeFille d’un détective privé parisien, la charmante Ariane apprend que son père doit filer une épouse volage et son amant, le milliardaire américain Flannagan. Lorsque celui-ci est menacé de mort par le mari jaloux, Ariane décide de mettre Flannagan en garde contre la menace. Evidemment, Ariane cède au charme de Flannagan. En 1957, avec Audrey Hepburn, Gary Cooper et Maurice Chevalier, le grand Billy Wilder tourne l’une de ces comédies enlevées dont il avait le secret. Dans l’excellente collection Ultra Collector, voici un beau coffret avec la version restaurée du film, de nombreux bonus dont un portrait de Wilder, un « homme à 60% parfait » ou un livre (160 p.) sur le romanesque triomphant. Voilà de quoi célébrer la virevoltante fantaisie de Wilder à travers un marivaudage enlevé sur Paris et les amours éternelles ! (Carlotta)
ETE 85
Eté 85Lors d’une sortie en mer sur la côte normande, l’été de ses 16 ans, Alexis est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Après le remarquable Grâce à Dieu (2018) sur l’affaire Preynat, François Ozon revient avec une belle et puissante histoire d’amour, d’amitié et de solitude. Avec une intensité non dépourvue de nostalgie, il observe deux jeunes gens (Félix Lefebvre et Benjamin Voisin, excellents) emportés dans un tourbillon de sentiments amoureux exacerbés et cependant éphémères. Bien qu’adapté d’un roman (Le chant du coucou d’Aidan Chambers paru en 1982), le film ressemble pleinement à la manière Ozon, romantique, précise et humaniste. Une réussite ! (Diaphana)
OZU EN COULEURS
Ozu CouleursA la fin des années 50, le passage à la couleur est jugé nécessaire par l’industrie du cinéma japonais. Même s’il compte bien prendre son temps, Yasujiro Ozu (1903-1963) sait qu’il ne pourra plus esquiver longtemps cette nouvelle tendance. Ce sont finalement six films en couleurs que le célèbre réalisateur nippon va tourner… Il commence avec Fleurs d’équinoxe (1958) et poursuivra jusqu’au Goût du saké (1962), son œuvre ultime. Entre, il aura mis en scène Herbes flottantes (1959), Bonjour (1959), Fin d’automne (1960) et Dernier caprice (1961). Réunis dans un coffret, ces six films restaurés (qui sont parfois des remakes ou des relectures de son propre travail) enrichissent encore la vision formaliste d’un cinéaste au sommet de son art. (Carlotta)
ASSIEGES
Assieges« Bienvenue sur la face cachée de la lune ! » Le 3 octobre 2009, dans l’avant-poste Keating, l’une des bases militaires américaines les plus exposées en Afghanistan, 54 soldats US, sur le point de quitter ces lieux trop exposés, vont devoir affronter, pendant douze heures, près de 400 talibans. En s’emparant d’une histoire vraie (la bataille de Kamdesh) décrite dans le livre de Jake Trapper, Rod Lurie reconstitue avec précision la lutte de soldats pour leur survie. « Faire notre travail et rester sains et saufs », c’est le mot d’ordre. Avec Orlando Bloom et Scott Eastwood, entourés de quatre véritables vétérans de Kamdesh, voici un solide film de guerre immersif et d’une intense violence !  (Metropolitan)
MAFIA INC
Mafia IncTailleurs de pères en fils, les Gamache habillent la famille mafieuse Paterno depuis trois générations. Au Venezuela, l’ambitieux « Vince » Gamache, homme de confiance de Frank Patierno, parrain de la mafia montréalaise, organise une grosse transaction de drogue qui va déstabiliser le fragile équilibre des deux familles… En s’inspirant très librement d’un livre sur le clan Rizzoto, le réalisateur québécois Daniel Grou alias Podz signe un robuste film d’action où les rebondissements violents sont incessants. Par ailleurs, Podz réussit de bons portraits des membres des familles et détaillent, avec finesse, les liens étroits qui unissent tous ces mafieux. Marc-André Grondin en jeune truand qui veut prendre du galon et Sergio Castellito, en parrain souriant mais dangereux, sont très bons. Efficace ! (Koba Films)
LUCKY DAY
Lucky DayLe Canadien Roger Avary est clairement francophile ey on s’amuse d’entrée à entendre les personnages de ce thriller baragouiner le français. La dernière réalisation d’Avary, collaborateur à ses débuts de Tarantino, mêle adroitement le thriller ultra-sauvage et la comédie déjantée. Auteur de Killing Zoé (1994) et Les lois de l’attraction (2002), Avary avait disparu de la circulation, purgeant une peine de prison pour un accident de voiture alors qu’il conduisait en état d’ivresse. Après deux ans de prison pour braquage, Red retrouve sa femme et sa fille. Ce pourrait être enfin le bonheur en famille… Las, un tueur psychopathe (Crispin Glover, dans le registre dément et avec un accent français à couper au couteau) veut sa peau. Drôle et flippant ! (Metropolitan)
LA FLAMME
La FlammePilote de ligne, Marc, 36 ans, est un cœur à prendre. Treize femmes réunies dans une villa vont se battre pour obtenir son amour… En s’ingéniant avec brio à ridiculiser les codes de la télé-réalité, cette série Canal inspirée par l’Américian Burning Love produite par Adam Sandler et créée par Jonathan Cohen, Jérémie Galan et Florent Bernard est un moment de grande rigolade. On y passe à la moulinette le vide sidéral de la télé-réalité dans une première saison (9 épisodes de 25 mn) très réussie, notamment lorsqu’elle la joue borderline et politiquement (pas) correcte. Le désormais incontournable Jonathan Cohen est impayable en crétin satisfait et irrécupérable ! (Studiocanal)
L’HOMME PRESSE
Hommer PresseCollectionneur invétéré, Pierre Niox vit sa vie à mille à l’heure. Ce trentenaire qui aime la beauté sous toutes ses formes, vient d’acheter le domaine de ses rêves, y découvre un cloître roman et… Edwige, la fille de l’ancien propriétaire, qu’il souhaite épouser sans attendre. En 1977, Edouard Molinaro adapte le roman éponyme de Paul Morand paru en 1941 et réunit le couple mythique Alain Delon-Mireille Darc. Jean-Baptiste Thoret consacre un nouveau volume de sa bonne collection Make my Day à ce portrait d’un homme qui ne sait pas prendre le temps de vivre et qui veut tout, vite. Delon magnifie ce personnage malheureux dans un monde qui trottine… (Studiocanal)
LES CENT CAVALIERS
Cent CavaliersEn l’an 1000 après Jésus-Christ, un cheikh Maure et cent cavaliers s’installent dans un paisible village de Castille et vont rapidement se conduire comme des occupants tyranniques après avoir fait croire au vol d’un chargement de blé, détourné par eux-mêmes. La résistance va s’organiser autour du brave et charismatique Fernando. En 1964, à la fin de sa carrière, l’Italien Vittorio Cottafavi, connu comme un maître du peplum baroque, met en scène une fantaisie historique dans un style qu’il voulait « épicaresque ». Sorti tardivement (1972) en France sous le titre Le fils du Cid, le film mêle des situations humoristiques, voire burlesques et son lot de chevauchées et de combats… (Artus Films)
LE GANG KELLY
Gang KellyEn Australie, certains le considèrent comme un criminel, d’autres comme un héros révolutionnaire. Dans le bush, Ned Kelly (1854-1880) est une figure historique qui incarne le symbole de la lutte contre le gouvernement britannique sur une terre inhospitalière… Icône populaire de l’histoire australienne, Kelly, à la tête de son gang de bushrangers, fit régner la terreur, tuant des policiers et s’opposant violemment aux classes dirigeantes du pays. Avec George MacKay (le caporal Schofield dans 1917 de Sam Mendès) dans le rôle d’un Robin des Bois moderne, Justin Kurzel donne un western des antipodes sur un légendaire hors-la-loi au grand cœur. (Metropolitan)
L’AVENTURE DES MARGUERITE
Aventure MargueriteElles ont toutes les deux 12 ans, une famille, des amis/copains et des problèmes d’adolescentes… Mais Marguerite vit en 1942 et Margot de nos jours. Une mystérieuse malle magique va transporter chacune des filles dans l’époque de l’autre. Question qui fonctionne dans les deux sens : « Comment je rentre chez moi ? » Toutes deux incarnées par Lila Guéneau, les deux filles ont un autre point commun : leur père n’est plus là, disparu en pleine Seconde Guerre Mondiale ou n’habitant plus à la maison. Après un bon film d’animation (Sahara en 2017), Pierre Coré adapte une bande dessinée de Robin et Cuvellier pour imaginer un voyage dans le temps et une course contre la montre. La découverte de l’époque de l’autre offre évidemment de jolies situations de comédie. (Pathé)

RESNAIS, KALATOZOV, FORMAN, UN NEZ ET UN SOLDAT NIPPON  

MURIEL OU LE TEMPS D’UN RETOUR
MurielDeux ans après L’année dernière à Marienbad qui la révéla au grand public, Alain Resnais retrouve, en 1963, Delphine Seyrig pour une évocation du traumatisme de la guerre d’Algérie avec, en filigrane, la torture. En septembre 1962, Hélène, antiquaire à domicile, vit avec son beau-fils, Bernard revenu de son service militaire en Algérie. Elle invite son vieil ami Alphonse (qui fut son amour de jeunesse) et sa nièce à venir chez eux à Boulogne-sur-Mer. Cette irruption, en faisant remonter les souvenirs du passé, rouvrira de profondes cicatrices… Grand film sur le sentiment amoureux, Muriel, dans une belle version restaurée et inédite en Blu-ray, est un portrait des transformations sociales de la France du début des années soixante. Dans les suppléments, une évocation de Delphine Seyrig (qui sera couronnée meilleure actrice à la Mostra de Venise) à l’heure de Muriel. (Potemkine)
SOY CUBA
Soy CubaRévélé à l’international par la Palme d’or 1958 attribué à l’admirable Quand passent les cigognes, le cinéaste russe Mikhaïl Kalatozov (1903-1973) tourne en 1963 à Cuba son avant-dernier film, une oeuvre militant pour la révolution cubaine. A travers quatre histoires distinctes sur l’idéal communiste face à la mainmise du capitalisme, on observe la lente évolution de Cuba du régime de Batista jusqu’à la révolution castriste. Tournée dans un noir et blanc lumineux, cette vaste fresque (qui fut mal accueillie aussi bien à Moscou qu’à La Havane) se distingue par sa virtuosité technique, notamment par ses grands plans-séquences signés Serge Ouroussevski, déjà chef-opérateur de Quand passent… Une écriture lyrique et baroque pour une ode à Cuba enrichie de multiples bonus. (Potemkine)
MILOS FORMAN – 4 ŒUVRES DE JEUNESSE
Forman JeunesseAu sortir de l’Ecole de cinéma de Prague, Milos Forman (1932-2018) tourne, en 1963, L’audition (45 mn) autour d’un casting de jeunes chanteuses qui cherchent à intégrer un groupe yéyé. A la suite, il réalise L’as de pique sur les premières expériences amoureuses d’un adolescent timide qui le fait immédiatement connaître au-delà des frontières de son pays. Il poursuit avec Les amours d’une blonde (1965) sur l’idylle éphémère d’Andula et d’un pianiste et Au feu les pompiers (1967), puissante satire de la bureaucratie qui sera sélectionné pour Cannes. Mais la répression du Printemps de Prague, en 1968, oblige Forman à fuir son pays. Restent quatre œuvres de jeunesse dans un beau coffret qui attestent du goût de Forman pour la critique sociale et un cinéma dont le ton tranche fortement avec l’académisme des productions communistes de l’époque. (Carlotta)
LES PARFUMS
Les ParfumsCélébrité dans le monde du parfum, Anne Walberg vit en diva égoïste et asociale dans la haute société parisienne. Mais celle qui a créé des fragrances et prêté son talent à diverses sociétés de renom, cache un secret. Un jour, elle embauche Guillaume, un nouveau chauffeur. Il est le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Pour son second long-métrage, Grégory Magne réussit une comédie agréable et intelligente qui touche juste en évitant sentimentalisme ou mièvrerie. Emmanuelle Devos, parfaite dans le registre méprisant et Grégory Montel composent un duo mal assorti mais qui va doucement se découvrir et s’apprécier. Un divertissement certes prévisible mais tout en finesse et en élégance. (Pyramide)
LA CONDITION DE L’HOMME
Condition HommeCombattant dans les forces japonaises pendant la Seconde Guerre mondiale, le cinéaste Masaki Kobayashi (1916-1996) va évoquer les horreurs de la guerre dans une trilogie, sortie entre 1959 et 1961, qui constitue, avec ses 9h30 de film, l’une des plus longues fresques jamais réalisées au cinéma. Cinéaste perfectionniste, Kobayashi raconte la vie de Kaji, jeune intellectuel nippon pacifiste (interprété par Tatsuya Nakadai) qui tente de survivre à l’époque du Japon fasciste et impérialiste. Il n’y a pas de plus grand amourLe chemin de l’éternité et La prière du soldat constituent les trois volets de cette œuvre monumentale (inédite en Blu-ray) présentée dans un beau coffret (accompagné d’un livret sur la forme historique, thématique et picturale de l’œuvre) qui propose une exploration de ce qu’il y a de plus sombre dans l’homme… (Carlotta)
BROOKLYN SECRET
Brooklyn SecretAide à domicile auprès d’Olga, une vieille dame russe, Olivia est fragilisée par sa situation d’immigrante philippine. Elle paie secrètement un Américain pour organiser un mariage blanc. Lorsque celui-ci se rétracte, elle croise Alex, le petit fils d’Olga, avec qui elle ose enfin vivre une véritable histoire d’amour… Avec ce troisième long-métrage réalisé juste après sa transition, Isabel Sandoval (qui incarne Olivia) développe un thème récurrent : le féminin, le désir et la manière conflictuelle dont les personnages s’y confrontent. Dans le quartier de Brighton Beach au sud de Brooklyn, un décor qui renforce la dimension mélancolique du propos, voici une chronique touchante et grave autour de la figure centrale d’une immigrante transgenre vulnérable. Où il est question d’amour, de survie et de croyance dans le… rêve américain. (JHR Films)
THE CROWN – SAISON 3
The Crown S3On attendait avec impatience le retour des pensionnaires de Buckingham. C’est chose faite dans une saison n°3 de The Crown où, après Claire Foy dans les deux premières saisons, Elisabeth II a pris les traits de l’excellente Olivia Colman. On se plonge donc dans une suite de dix épisodes où l’on voit le Royaume s’enfoncer dans la crise économique et financière alors que l’antiroyaliste Harold Wilson occupe le 10, Downing Street… Si l’épisode consacré aux premiers pas de l’homme sur la lune donne à voir l’ennui profond que vit le duc d’Edimbourg, celui sur la catastrophe minière d’Aberfan (1966) permet d’explorer la psychologie de la reine alors que l’on suit aussi la récurrente rivalité entre Elisabeth et sa sœur Margaret (Helena Bonham Carter), tour à tour festive et dépressive… Indiscutablement, le plaisir est toujours là. (Sony)
J’IRAI DECROCHER LA LUNE
J'irai decrocher la lune« J’ai le droit d’avoir une vie comme les autres ! » Quand on a la trentaine, être indépendant semble tout à fait normal. Mais quand on a un chromosome en plus, ce n’est pas une évidence. Dans ce documentaire riche et sensible, Laurent Boileau suit Stéphanie, Robin, Elise, Gilles-Emmanuel et les autres dans leur rêve d’une vie ordinaire au quotidien. A travers leurs témoignages sincères et sans complaisance, le documentariste raconte leur volonté et leur capacité à s’insérer dans la société et sur le marché du travail. Autour d’un regard sur le trisomie 21, une réflexion forte et clairvoyante sur notre rapport à la différence. (L’Atelier d’images)
UN CŒUR EN HIVER
Un Coeur HiverHomme actif mais sans états d’âme, Maxime, marchand de violons, travaille avec Stéphane dans un atelier de lutherie, Stéphane, luthier de son état, vit dans un hiver du cœur dont on discerne mal les raisons… Lorsque Maxime tombe amoureux de Camille Kessler, une jeune violoniste, une dangereuse relation de séduction s’installe dans le trio. Si Claude Sautet (1924-2000) semble un peu oublié aujourd’hui, l’occasion est belle, avec cet inédit en Blu-ray, de découvrir l’un des films les plus aboutis de ce cinéaste qui alliait musicalité, sensualité et conte moral. En 1992, l’avant-dernier film de Sautet plongeait dans la vie intérieure de personnages brillamment incarnés par Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart et André Dussollier. (Studiocanal)
LES RESCAPES DU FUTUR
Rescapes FuturFermé à cause de ses robots devenus incontrôlables et meurtriers, le parc Delos a rouvert ses portes en jouant à fond la carte de la sécurité. On y retrouve toujours les mondes romain et médiéval mais aussi une nouveauté, le monde du futur, animé par des robots toujours plus perfectionnés. Le parc doit être inauguré par les grands de ce monde sous le regard de la presse… Mais deux reporters s’inquiètent car ils constatent que même les employés sont des machines. Suite de Mondwest (1973), ce techno-thriller (inédit en Blu-ray), avec Yul Brynner, Peter Fonda et Blythe Danne, tourné en 1976 par Richard T. Heffron, joue, avec efficacité, la carte de la paranoïa aiguë autour d’une immense conspiration pour donner le pouvoir aux machines… (Sidonis Calysta)
LE CHEVALIER DU CHATEAU MAUDIT
Chevalier Chateau MauditDans l’Italie du 14e siècle, Ugone dit le Bâtard a fait emprisonner le brave duc Olivero, pour s’emparer du duché de Valgrado. Face à la grogne des paysans frappés par les taxes, il veut consolider son pouvoir en épousant la jeune Isabella, fille du duc. Mais un mystérieux chevalier noir ne l’entend pas de cette oreille. Entre amours et intrigues, embuscades, duels et chevauchées, l’Italien Mario Costa (1904-1995) tourne, en 1959, cette épopée de chevalerie où un insaisissable justicier dame constamment le pion à l’usurpateur. Dans le rôle de la « méchante » Fiamma, on reconnaît la Française Irène Tunc qui fut Miss France en 1954.  (Artus)
TOUT SIMPLEMENT NOIR
Tout Simplement Noir« Je suis en colère ! » Parce que l’homme noir n’a pas une vraie place dans la société française, JP, acteur raté de 38 ans, songe à organiser la première grosse marche de contestation noire en France. Pour cela, il lui faut des soutiens, beaucoup de soutiens… Mais, entre ceux qui ne comprennent pas son engagement, ceux qui le prennent pour un activiste et les autres qui le considèrent comme un opportuniste, tracer sa route est malaisé. Candide voltairien qui révèle, sans le vouloir, les failles de ses interlocuteurs leaders d’opinion, Jean-Pascal Zadi se met en scène dans ce faux documentaire (mais vraie comédie) traversé par de multiples guests comme Claudia Tagbo, Eric Judor, Matthieu Kassovitz, Jonathan Cohen etc. Tout cela fonctionne avec plus ou moins de bonheur dans une succession de saynètes dont certaines sont absolument hilarantes. Un ovni loufoque sur la cause de l’homme noir. (Gaumont)

LE SEXE METALLIQUE, LE TAILLEUR BLEME ET LE VIEUX POLITICIEN  

CRASH
CrashPrésenté en compétition à Cannes 1996, le film de David Cronenberg y fit polémique pour son contenu jugé pornographique par certains mais remporta néanmoins le prix spécial du jury. Après un grave accident de la route, James Ballard (Sam Spader) , développe une étrange et morbide fascination pour les blessures et se lie –physiquement- avec la passagère de la voiture d’en face (Holly Hunter) avant de connaître le plaisir à travers des scènes de collision. Dans la belle série Ultra collector, voici un coffret avec ce film déroutant et fascinant bien restauré et accompagné de nombreux suppléments ainsi que d’un livre (160 p.) qui dévoile le l’œuvre dans tous ses aspects. Tandis que Cronenberg explore les rapports sulfureux entre le danger, le sexe, le plaisir et la tôle froissée, un rendez-vous sensuel avec la mort. (Carlotta)
MONSIEUR HIRE
Monsieur HireSi l’on sait Patrice Leconte très à l’aise dans la comédie, le drame lui va bien aussi comme il le démontre, en 1989, en adaptant Les fiançailles de M. Hire, le roman de Georges Simenon dont Julien Duvivier, en 1946, tira le remarquable Panique. Leconte offre au couple Sandrine Bonnaire-Michel Blanc, deux superbes personnages, l’une manipulatrice et démoniaque, l’autre simplement effrayant. Tailleur misanthrope, le blême Monsieur Hire espionne, depuis sa fenêtre, sa voisine d’en face dont il est tombé éperdument amoureux. En arrière-plan se déroule une enquête sur le meurtre non résolu d’une jeune femme. Pour l’inspecteur chargé de l’affaire, Hire a le profil du tueur. Un film noir et une tragédie intimiste sur l’amour fou qui fut en compétition à Cannes. (Pathé)
LA DERNIERE FANFARE
Derniere FanfareIllustre maître du western, John Ford s’intéresse, en 1958, avec The Last Hurrah (en v.o.) à la politique américaine à travers la campagne féroce menée par le maire Frank Skeffington pour s’assurer d’un cinquième mandat à la tête d’une ville de Nouvelle-Angleterre. Or Skeffington est donné perdant. Mais le vieux politicien connaît la musique et, sous les yeux de son neveu, un journaliste sportif, il se lance dans la bagarre. Inspiré d’une histoire vraie, voici Spencer Tracy en battant roublard tandis que Ford distille, avec une certaine insolence pour les moeurs politiques, une verve à la fois cinglante et émouvante. L’édition restaurée est accompagnée d’un livre (80 p.) de Gérard Camy sur une œuvre véritablement testamentaire pour son réalisateur. (Sidonis Calysta)
TANGO
TangoBien que coupable, Vincent a été acquitté pour le meurtre de sa femme et de l’amant de celle-ci… Quelques années après, le juge réclame en contrepartie que Vincent se charge de tuer Marie, la femme de son neveu Paul. Le juge (Philippe Noiret), Vincent (Richard Bohringer) et Paul (Thierry Lhermitte) partent à la recherche de l’infidèle. En 1993, Patrice Leconte réussit une fable marrante qui passe à la moulinette le couple (« Ce que les femmes ont pu faire chier des hommes comme nous ») et les relations difficiles entre les hommes et les femmes. Comme le cinéaste le relève dans les bonus, le ton joyeusement décalé du film a été perçu comme misogyne à sa sortie et de ce fait, assez mal accueilli. Alors que Leconte avait surtout envie de faire un road-movie avec trois types et des voitures… (Pathé)
TANDEM
TandemAnimateur radio, Michel Mortez sillonne les routes de France depuis plus de 25 ans pour son jeu quotidien La langue au chat. Rivetot, son fidèle preneur de son, apprend un jour alors qu’il téléphone à ses collègues, que l’émission va être supprimée. Par amitié pour Mortez, il décide de ne pas le lui dire… En 1987, Patrice Leconte s’éloigne des comédies grinçantes ou décalées qu’il affectionne pour une histoire émouvante qui, sur la chanson Il mio rifugio de Richard Cocciante, parle d’amitié. Le cinéaste, qui s’est inspiré de Lucien Jeunesse et de son mythique Jeu des mille francs, met en scène son ami Jean Rochefort une nouvelle fois impérial en animateur un peu ringard et un Gérard Jugnot formidable de tendresse dans une aventure pleine de tristesse et d’ironie. (Pathé)
KONGO
KongoÀ Brazzaville, personne n’ignore la sorcellerie. Un monde invisible régit le monde visible. L’apôtre Médard, qui possède depuis la mort de sa mère un don pour la guérison, se démène pour soulager les victimes de mauvais sorts. Sa vie bascule lorsqu’on l’accuse de pratiquer la magie noire. Fasciné par la transe et le monde des esprits, le cinéaste Hadrien La Vapeur, en compagnie de l’anthropologue Corto Vaclav, est parti au Congo, là où les hommes vivent au quotidien avec leurs ancêtres. Un documentaire qui introduit l’idée d’un conte dans la mise en scène car la réalité, où tout renvoie à l’enchantement et aux mythes, dépasse la fiction. Un documentaire qui s’éloigne du regard occidental souvent posé sur l ‘Afrique pour en montrer la force de vie et de résistance. (Pyramide)
OUTLANDER – SAISON 5
Outlander S5Depuis ses débuts en 2014/2015, la série, fondée sur la saga fantasy de Diana Gabaldon (également consultante sur la série), s’est installée durablement autour de Claire Randall (Caitriona Balfe) et de Jamie Fraser (Sam Heughan). Dans cette saison 5, on retrouve le couple dans la campagne sauvage de Caroline du Nord, alors colonie anglaise, alors que le pays marche, sans le savoir, vers la Révolution et la naissance de la nation américaine. Claire et Jamie devront-ils allumer la Croix de feu, ancien appel écossais aux armes, pour protéger leur foyer ? Avec un récit plus classique qu’avant, une réalisation de qualité, une solide reconstitution d’époque, la série excelle toujours à captiver avec de solides personnages… (Sony)
L’ENFER DES ANGES
Enfer AngesComme un contrechamp d’une surprenante noirceur à ses tendres Disparus de Saint-Agil (1938), Christian-Jacque tourne, en 1939, une œuvre audacieuse sur la détresse de l’enfance abandonnée. Dans une cité de l’Est parisien, Lucien, gamin battu et abandonné par son père, est recueilli, amnésique, par Lucette, une jeune fille évadée d’une maison de redressement. Livrés à eux-mêmes mais unis par une profonde affection, ils tentent de s’intégrer à la vie misérable du bidonville… Avec les lumières du réalisme poétique français, le cinéaste se rapproche du néoréalisme italien … Censuré par le gouvernement Daladier car soupçonné d’idéologie communiste, puis récupéré par la politique vichyste, le film ne sortira qu’en 1941 et devint un classique. (Pathé)
LA MARIEE ETAIT TROP BELLE
Mariee Trop BelleDu livre éponyme qu’elle publia en 1954, la comédienne Odette Joyeux disait que c’était comme « une satire aimable de la vie de mannequin ». De fait, le film que Pierre Gaspard-Huit en tire, en 1956, est effectivement une bluette charmante. Rédactrice en chef d’un magazine féminin, Judith (Micheline Presle) est mariée et entretient une liaison avec Michel, un bel homme plus jeune qu’elle. Pour les besoins d’un reportage, elle engage Chouchou, un jeune mannequin, et se rend compte que son amant (Louis Jourdan) n’est pas insensible aux charmes de la jeune femme. Gaspard-Huit offre le rôle de Chouchou à une Brigitte Bardot fraiche et gracieuse qui viendra, quelques mois plus tard, une star internationale avec Et Dieu créa la femme… (Pathé)
LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE
Premiers Hommes LuneQuelque part entre le sérieux scientifique du 2001 de Kubrick et la joyeuse fantaisie de Méliès dans Le voyage dans la lune, Nathan Juran signe, en 1964, cette adaptation d’une nouvelle fameuse de H.G. Wells. En 1964, une mission américano-soviétique se pose sur la Lune. Alors que ses membres pensent être les premiers hommes à fouler le sol de la planète, ils y découvrent un drapeau britannique et un document qui affirme que, 75 ans plus tôt, des sujets anglais les ont précédés. Un space opera british dynamique et en technicolor qui bénéficie des excellents effets spéciaux du maître Ray Harryhausen. Un charme vintage ! (Sidonis Calysta)
CAPONE
CaponeEn octobre 1931, Al Capone, le plus célèbre des gangsters américains, est condamné pour évasion fiscale. Après dix ans de pénitencier, il est libéré et part vivre en Floride, toujours sous la surveillance de la police. Atteint de neurosyphilis, le parrain est très mal en point, physiquement et mentalement. Révélé par Chronicle (2012), Josh Trank détaille, dans un film sombre aux accents dérisoires et pathétiques qui tue le mythe, la dernière année de vie de Scarface. Visage vérolé et gros cigare au bec, Tom Hardy livre une prestation habitée pour ce vieillard incontinent, dévoré par les hallucinations et de soudaines colères et hanté par son passé criminel.
RETOUR VERS LE FUTUR
Retour FuturEn 1985, Robert Zemeckis raconte les aventures du lycéen Marty McFly et d’un scientifique allumé, Emmett Brown. Celui-ci a inventé, sous la forme d’une DeLorean DMC-12, une machine à voyager dans le temps. A la suite d’une fusillade, Marty se retrouve accidentellement en novembre 1955 et il va devoir trouver le moyen de faire fonctionner la machine pour retourner à son époque d’origine. Autour d’un traitement comique des paradoxes temporels, le film deviendra culte. Toujours avec Michael J. Fox en McFly et Christopher Lloyd en Doc, Zemeckis signera deux suites en 1989 et 1990. A l’occasion du 35e anniversaire de la sortie du premier volet, voici un coffret 4K en Steelbook avec la trilogie et une foultitude de bonus. (Universal)

LES PUTES, PASOLINI, PIALAT, HOU HSIAO-HSIEN ET LA DERNIERE D’ENGRENAGES  

FILLES DE JOIE
Filles Joie« Pute oui, mais pas sale pute ! » Si elles font le plus vieux métier du monde, Axelle, Dominique et Conso n’entendent pas se laisser insulter. D’autant que la vie est loin d’être facile, prises qu’elles sont entre leur vie familiale, leur boulot « normal » et le bordel belge qu’elles rejoignent tous les jours en passant la frontière. Bien documenté sur une réalité brutale (la cinéaste a passé beaucoup de temps dans une maison à s’entretenir avec les pensionnaires), le film d’Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne plonge dans des existences doubles et chaotiques. Malgré les embûches, ce trio a de l’énergie à revendre. Sara Forestier en mère encombrée d’un ex violent, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne les incarnent dans une aventure de courage et de survie. (M6)
LA TRILOGIE DE LA VIE
Trilogie VieCinéaste engagé et poète rebelle, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) reste une figure majeure et puissante du cinéma italien. Au début des années 70, pour la joie de raconter, il compose une « trilogie de la vie » (qui paraît pour la première fois en blu-ray) avec Le Décaméron (1971), Les contes de Canterbury (1972) et Les mille et une nuits (1974), trois récits fondateurs, trois contes réjouissants, trois fables sulfureuses qui vont lui permettre de mettre en scène, avec une verve joyeuse, une satire de la société de consommation moderne et une réflexion sur les mœurs, la sexualité, la religion et le pouvoir. En bonus, Ninetto Davoli, son ami, parle du travail avec PPP. (Carlotta)
MAURICE PIALAT
Enfance NueVéritable auteur du cinéma français, l’exigeant Maurice Pialat (1925-2003) revient dans la lumière avec la réédition, sous la direction éditoriale de Serge Toubiana, de ses premiers films. Prévu comme un documentaire, L’enfance nue (1968) deviendra une fiction sur la vie difficile d’un enfant de l’Assistance publique. Gros échec public et financier qui réduira un temps le cinéaste au silence, La gueule ouverte (1974) est une œuvre âpre sur la lente agonie d’une mère de famille atteinte d’un cancer. Enfin Passe ton bac d’abord (1978) suit, à Lens, dans une région affectée par le chômage, un groupe de lycéens et de leur professeur de philo face à un avenir pas vraiment radieux… (Gaumont)
LES FLEURS DE SHANGHAI
Fleurs ShanghaiConsidéré comme l’un des grands cinéastes asiatiques, le Taiwanais Hou Hsiao-hsien signait, en 1998, une somptueuse suite de tableaux nocturnes pour raconter, dans le Shanghaï du 19e siècle, les aventures de Wang (Tony Leung), haut fonctionnaire aux affaires étrangères, partagé entre Rubis et Jasmin, les deux courtisanes qu’il fréquente… Des plans-séquences à la beauté hypnotique pour dépeindre l’univers des « maisons des fleurs », univers clos dans lequel une élite masculine vient dîner, jouer, fumer de l’opium et s’adonner au plaisir. Une belle édition restaurée 4K enrichie notamment d’un grand portrait (1h31) du réalisateur par Olivier Assayas. (Carlotta)
ENGRENAGES SAISON 8
Engrenages S8Le corps d’un adolescent est découvert dans un lavomatic… Un dossier sordide qui lance la 8e et ultime saison d’une saga policière française dont l’impact dans l’univers (encombré) des séries a été remarquable pendant quinze années. Comme de coutume, dans les dernières saisons, les protagonistes ne sont pas au meilleur de leur forme… Gilou purge sa peine de prison et enquête en sous-marin sur un truand. Laure, toujours à la tête du service, ne se pardonne que Gilou en soit là. Joséphine, elle, remet sa robe d’avocat. Et on connaît son potentiel de nuisance ! Portés par des comédiens de talent, voici des personnages solides et bien dessinés, une narration rythmée, on repart avec plaisir dans ces aventures de flics plus cabossés que super-héros et on les savoure jusqu’au bout. (Studiocanal)
WET SEASON
Wet SeasonLauréat de la prestigieuse Caméra d’or cannoise en 2013 pour Ilo Ilo, le cinéaste singapourien Anthony Chen se penche sur l’histoire de Ling qui s’occupe de son beau-père paralysé et mutique, donne des cours de chinois à des lycéens peu intéressés et voudrait surtout que son désir d’enfant (à travers la procréation médicale assistée) aboutisse alors même que son mari est souvent absent Lorsque Weilun, l’un de ses élèves, s’intéresse à elle, son existence va prendre un tour dramatique. Avec une belle finesse dans l’observation et une mise en scène rythmée par la pluie battante de la mousson, le cinéaste saisit le trouble qui étreint Ling dans un quotidien soudain tourmenté. (Epicentre)
J.T. LEROY
JT LeroyPendant quelques années, dans les années 90, J.T. Leroy (Jeremiah ‘’Terminator’’ Leroy) a été la coqueluche des médias américains. Gus van Sant le voulait dans l’un de ses films et Madonna était une grande fan de ce jeune auteur queer… Mais J.T. Leroy, pure mystification « littéraire », n’a jamais existé. Justin Kelly s’empare de l’histoire vraie d’un véritable mensonge et raconte comment Laura Albert, une femme écrivain, fabrique un jeune homme transgenre en demandant ensuite à sa belle sœur Savannah Knoop de l’incarner. Un film rondement mené pour une fameuse machination ! Laura Dern en romancière et Kristen Stewart en « garçon » diaphane s’en donnent à cœur-joie… (Metropolitan)
LES ENQUETES DU COMISSAIRE VAN DER VALK
Van ValkTaiseux et amateur d’art, spécialement de Vermeer, le commissaire Van der Valk est l’un de ces flics comme les aiment les scénaristes… A Amsterdam, derrière la façade touristique, Piet Van der Valk est lancé sur des affaires criminelles qui impliquent aussi bien les milieux politiques extrémistes que ceux du mysticisme teinté d’érotisme. Masqué fermé, l’Anglais Marc Warren incarne ce policier solitaire et vulnérable qui a tout vu, tout fait, tout vécu dans trois épisodes de 90 mn chacun. Autour de ce chef de meute, on trouve une équipe originale avec notamment un légiste pas piqué des hannetons ou un jeune flic féru de statistiques …  (L’Atelier d’images)
PAR UN BEAU MATIN D’ETE
Beau Matin EteJacques Deray détestait qu’on le surnomme « le Hitchcock du cinéma français » mais le cinéaste lyonnais (1929-2003) est quand même un maître du film noir français. En 1965, il signe son quatrième long-métrage et travaille pour la première fois avec un Jean-Paul Belmondo dont la carrière a déjà largement décollé. Bebel incarne un petit arnaqueur qui monte des coups foireux avec sa sœur (Sophie Daumier) pour extorquer de l’argent à des pigeons. Il accepte de partir sur un gros coup, le kidnapping de la fille (Géraldine Chaplin dans son premier rôle adulte au cinéma) d’un milliardaire américain vivant en Espagne… Les dialogues de Michel Audiard apportent une touche allègre à ce solide polar bien restauré… (Pathé)
LE CAPITAL AU XXIe SIECLE
Capital XXI sieclePublié en 2013 au Seuil, Le Capital au XXIe siècle écrit par Thomas Piketty a été un succès mondial en librairie. Justin Pemberton a transposé cet ouvrage d’économie à l’écran. En mélangeant références à la pop culture et interventions d’experts parmi les plus influents de notre époque, le film, dans le sillage d’une star de la réflexion économique, est un voyage à travers l’histoire moderne de nos sociétés. Il met en perspective la richesse et le pouvoir d’un côté, et de l’autre le progrès social et les inégalités. Pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui. En bonus, on trouve un débat avec Thomas Piketty et Lucas Chancel, co-directeur du World Inequality Lab. (Diaphana)
RAY HARRYHAUSEN – LE GEANT DES EFFETS SPECIAUX
HarryHausenFormé par le fameux Willis O’Brien, auteur des « trucages » du premier King Kong, l’Américain Ray Harryhausen (1920-2013) s’est imposé comme une figure majeure des effets spéciaux. Un coffret réunit Le monstre vient de la mer (1955), Les soucoupes volantes attaquent (1956) et A des millions de kilomètres de la terre (1957) qui marquent les débuts de Harryhausen comme concepteur et créateur d’effets spéciaux visuels. Trois films de science-fiction au style désuet mais attachant qui contiennent de vrais morceaux de bravoure comme la pieuvre géante enroulée autour du Golden Gate, le monstre défiant l’armée à Rome ou les soucoupes volantes dévastant Washington… (Sidonis Calysta)
LE CAVE SE REBIFFE
Cave RebiffeGilles Grangier à la caméra, Jean Gabin en star et Michel Audiard aux dialogues, cela donne cette hilarante comédie policière sortie en 1961. Trois truands minables décident de se lancer dans la fabrication de fausse monnaie, après avoir mis la main sur un graveur hors pair mais qui apparaît comme un vrai cave. Mais l’est-il tant que cela ? Pour bien monter le coup, le trio sollicite le « Dabe » alias Ferdinand Maréchal, retiré des affaires et installé paisiblement en Amérique du Sud. Pour le pur plaisir de retrouver Bernard Blier, Maurice Biraud, Martine Carol et Gabin en grand pro abasourdi par la bêtise, la maladresse et surtout la vanité crasse de ses acolytes. Savoureux! (Gaumont)

BOGEY, KUBRICK, LES ENFANTS, LA PRESSE POURRIE ET LE « PINKU EIGA »  

PLUS DURE SERA LA CHUTE
Plus Dure ChuteA l’âge de 57 ans et des milliers de cigarettes consumées, Humphrey Bogart meurt d’un cancer de l’œsophage en 1957. Dans son ultime film, Bogey, icône absolue de l’âge d’or hollywoodien, incarne Eddie Willis, brillant journaliste sportif au chômage depuis que son journal a fermé. Acceptant de travailler pour un manager de boxe douteux, il est chargé de faire la promotion de Toro Moreno, un colosse qui n’a aucun talent de boxeur… Ce bon artisan d’Hollywood qu’est Mark Robson signe l’un des films les plus âpres sur le business de la boxe et de la corruption qui y règne… Dans cette métaphore de la souffrance et de la rédemption, Bogart est purement, absolument émouvant. Et ses traits marqués ne sont pas du jeu… (Sidonis Calysta)
FULL METAL JACKET
Full MetalJeune engagé volontaire, J.T. Davis, surnommé Joker (Matthew Modine), a rejoint les Marines à la fin des années 50. Dans son avant-dernier film avant l’ultime Eyes Wide Shut, en 1987, Stanley Kubrick va mettre en scène d’abord l’entraînement, voire le conditionnement psychologique des recrues sur le sol américain (ah, le terrible instructeur hurlant ses ordres !) puis les retrouver dans l’enfer des combats urbains de l’offensive du Tet. Au même titre que Platoon, Deer Hunter ou Apocalypse Now, voici l’une des plus remarquables oeuvres sur la guerre du Vietnam. Ce film magistral porté par une action non-stop (et classé dans les cent meilleurs thrillers du cinéma US) sort dans une édition collector en 4K. A ne rater ! (Warner)
LES REVOLTES DE L’AN 2000
Revoltés An 2000Tom et Evie se rendent sur une petite île espagnole pour y passer des vacances tranquilles car Evie est enceinte. Mais, sur place, ils constatent que les autochtones ont disparu et que ce sont leurs enfants qui les ont assassinés… Pour les deux Anglais, commence une terrifiante odyssée. En 1976, Narciso Ibanez Serrador signait un remarquable film d’horreur. Sous le franc soleil d’un village blanc et désert, l’atmosphère est réaliste mais les questions que pose le « Hitchcock ibérique » sont métaphysiques. La traduction du titre original (« Qui peut tuer un enfant ? ») donne une idée du trouble auquel Tom va se trouver confronté. En version restaurée, avec de bons bonus. (Carlotta)
L’INEXORABLE ENQUETE
Inexorable Enquête« Les grands reporters fabriquent leurs affaires quand l’actualité chôme ». C’est la devise de McLeary, jeune reporter que Mark Chapman, éditeur d’un grand journal qui fait son beurre et son tirage en vendant de la violence, de la sueur et du sang, a pris sous son aile. Mais Chapman (l’excellent et massif Broderick Crawford) va commettre un meurtre. Et McLeary (John Derek) veut enquêter… Signé Phil Karlson, un vrai grand du film noir, Scandal Sheet (1952) est volontiers sous-estimé, peut-être parce qu’on le compare volontiers à La grande horloge (1948) de John Farrow. Or ce solide thriller, élégant et rythmé, est une remarquable satire de la « Yellow Press », le journalisme de caniveau, façon USA. A découvrir sans attendre ! (Sidonis Calysta)
5 PINK FILMS
Pink FilmsLes titres, déjà, parlent… Deux femmes dans l’enfer du vice, Une poupée gonflable dans le désert, Une famille dévoyée, Chanson pour l’enfer d’une femme ou encore Prière d’extase. Avec cinq films japonais sulfureux et totalement inédits en France, voici un intéressant coup de projecteur sur l’un des phénomènes les plus singuliers du cinéma mondial apparu au Japon dans la première moitié des années 60. Conçu pour séduire un public masculin par son contenu érotique, le pinku eiga, un genre difficilement accessible en Occident, a su attirer de nombreux jeunes cinéastes qui ont livré certains des films les plus radicaux et les plus avant-gardistes ou les plus expérimentaux du cinéma nippon. Entre plongée dans le Tokyo du vice ou les turpitudes d’une famille japonaise dans tous ses états ! Le coffret (3 DVD) est accompagné d’un livret inédit. A découvrir… (Carlotta)
NUESTRAS MADRES
Nuestras MadresGuatemala 2018. Ernesto, jeune médecin légiste, dispose, dans un institut médico-légal, des ossements pour reconstituer un corps visiblement tué d’une balle dans la tête… Et si cet homme était son père, un guérillero disparu dans les années 80 ? Comme bien d’autres pays sud-américains, le Guatemala a connu une dictature longue et violente. Pour son premier long-métrage, César Diaz accomplit un beau et remarquable travail autour d’un passeur de mémoire tout en pansant, à sa manière, les plaies toujours douloureuses et béantes d’un génocide. Ce film, à la fois beau et poignant, a remporté la prestigieuse Caméra d’or à Cannes 2019. (Pyramide)
LES PIONNIERS DE LA WESTERN UNION
Pionniers Western UnionImmense figure du cinéma allemand d’avant-guerre, réalisateur de chefs d’œuvre comme Metropolis ou de M le maudit, Fritz Lang, fuyant le nazisme, part, dès 1933, aux USA où il vivra une carrière hollywoodienne riche de 22 films. Même si on ne l’attendait pas forcément dans ce domaine, il signera trois westerns dont, en 1941, cette épopée américaine sur l’aventure des hommes qui installèrent le télégraphe entre Omaha et Salt Lake City. Bien des embûches les attendent… Pour Lang qui prit plaisir à le tourner, ce film en beau technicolor est aussi l’occasion de brosser le portrait (amer) d’un héros au grand cœur (Randolph Scott, star du genre) rattrapé par son passé de bandit. (Sidonis Calysta)
UNE SIRENE A PARIS
Sirene Paris« L’amour à mort, j’ai déjà donné… » Crooner au cœur brisé, Gaspard Snow s’est juré de ne plus tomber amoureux. Las, lorsque la Seine en crue dépose Lula, la belle sirène, au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret familiale où se produit Gaspard, toute l’existence du chanteur est définitivement bouleversée. Avec un Nicolas Duvauchelle parfait dans la loufoquerie tendre, une Marilyn Lima en sirène blonde dont le chant brise le cœur des hommes et une Rosy de Palma toujours brillamment too much, Mathias Malzieu, chanteur lui-même dans le groupe Dionysos, signe un conte de fées coloré et magique. On se laisse volontiers embarquer dans cet univers onirique et plein d’une délicate fantaisie. (Sony)
FERNANDEL
CresusStar du cinéma français pendant plusieurs décennies et champion du box office, Fernand Contandin alias Fernandel (1903-1971) était un comique emblématique. L’homme à « la gueule de cheval » fit quelques incursions dans le registre dramatique. En 1950, avec Meurtres ? de Richard Pottier, il est un viticulteur pris dans une sombre saga familiale sur la question sensible de l’euthanasie. En 1960, devant la caméra de Jean Giono qui met là en scène son seul long-métrage, il incarne un berger de Provence dans Crésus, une œuvre dépouillée et insolite. Jules a trouvé un conteneur bourré de billets de banque et cela va chambouler son existence… Quand le dénuement peut mener à l’amour… (Gaumont)
BAD EDUCATION
Bad EducationSourire ravageur, Frank Tassone est la coqueluche de tous au sein du lycée Roslyn de Long Island, le plus huppé et le plus en vue de l’Etat. Avec sa collègue Pam Gluckin, cet ancien prof d’anglais dirige cet établissement prisé qui bat des records d’admission. Mais Tassone a aussi un passé d’escroc tombé quelques années plus tôt pour de considérables détournements de fonds scolaires. En s’appuyant sur une histoire vraie, Bad éducation raconte l’histoire du plus grand détournement de fonds de l’histoire des USA au sein d’un établissement scolaire public. Hugh –X-Men- Jackman incarne avec brio ce manipulateur né qui exploite le système avec cynisme… (Warner)
MIRACLE A L’ITALIENNE – LE FUTUR EST FEMME
Miracle + FuturAvec sa collection « Make my Day », Jean-Baptiste Thoret mène, chez Studiocanal, un beau travail de cinéphilie ! Cette fois, il réunit, dans un même coffret, deux rares cinéastes transalpins. D’une part, Nino Manfredi, d’abord grand comédien et auteur de trois films seulement et, d’autre part, l’iconoclaste et inclassable Marco Ferreri. Du premier, on découvre Miracle… (1970), satire anticléricale et tragicomique sur l’existence ratée de Benedetti Parisi (Manfredi lui-même). Le second imagine, dans Le futur… (1984), l’aventure d’un couple (Hanna Schygulla et Nils Arestrup) qui ne veut pas avoir d’enfants à cause de l’apocalypse nucléaire et d’une femme enceinte célibataire (Ornella Muti) en quête d’un foyer. (Studiocanal)
LE TROU
TrouEn 1960, Jacques Becker achève le montage du Trou. Ce sera son ultime œuvre puisqu’il disparaît peu après. Avec ce film, à l’allure quasiment documentaire (le scénario est co-signé par José Giovanni qui en connaissait un bout sur le sujet), Jean-Baptiste Thoret présente la première édition limitée de sa bonne collection « Make my Day » qui comprend la version restaurée du film, deux heures de bonus et un livre de 180 pages. Accusé du meurtre avec préméditation de sa femme, Gaspard (Marc Michel) rejoint une nouvelle cellule de la prison de la Santé. Il découvre que ses quatre codétenus préparent une évasion en creusant un tunnel, censé les mener vers la liberté. Le film marque aussi les débuts au cinéma de Michel Constantin entouré de comédiens qui ont été réellement impliqués dans cette tentative d’évasion en 1947. (Studiocanal)

LE REPORTER, LE PERE, LE SOUDAN, BELA TARR ET L’ETRANGE SUSPECT  

HISTOIRE D’UN REGARD
Histoire RegardAlors qu’il est au sommet d’une fulgurante carrière de photojournaliste, Gilles Caron disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. Mais il a laissé des photos, prises notamment à Paris ou au Vietnam, qui ont imprégné notre mémoire, ainsi celle de Daniel Cohn-Bendit, l’œil clair et goguenard devant un CRS en mai 68. En s’appuyant sur les 100.000 clichés du photoreporter et à une image qui fait écho à sa propre histoire, la cinéaste Mariana Otero reconstitue, à la fois, une création artistique et un parcours de vie qu’elle a découvert dans un livre, le seul témoignage écrit du photographe. Un documentaire très personnel qui rend un superbe hommage à Gilles Caron, à ses images et à un regard singulier. (Diaphana)
UN FILS
Un FilsTout va pour le mieux pour Farès, Meriem et Aziz, leur fils de 9 ans. Lors d’une virée en voiture dans le sud du pays, cette famille tunisienne moderne est prise pour cible par des tirs terroristes. Aziz est grièvement blessé… Pour son premier long-métrage, le Tunisien Medhi M. Barsaoui raconte superbement le drame qui fracasse un couple. Car, à l’occasion d’analyses nécessaires pour sauver l’enfant, on constate que Farès n’est pas le père biologique d’Aziz. Sobrement, le cinéaste, dans le huis-clos d’un hôpital, scrute les visages, évoque le trafic d’organes et capte les douleurs d’une femme perdue et d’un homme qui continue à vouloir sauver « son » fils. Avec brio, Sami Bouajila campe ce magnifique père bouleversé. (jour2fête)
TU MOURRAS A 20 ANS
Mourras 20 ansSortant d’une léthargie provoquée par des années d’obscurantisme, le 7e art soudanais a donné cette fiction (seulement la huitième de l’histoire de ce cinéma) signée d’Amjad Abu Alala, cinéaste de 37 ans. Dans la province d’Aljazira, peu après la naissance de Muzamil, un chef religieux a prédit qu’il mourra à 20 ans. La prédiction va bouleverser la famille de l’enfant, élevé par une mère qui le couvre d’attentions. Un jour, Muzamil a 19 ans… Et un homme, passionné de cinéma, l’amène à réfléchir sur le sens de la vie. Une œuvre visuellement superbe qui interroge la société soudanaise en parlant d’éducation et de liberté. (Pyramide)
SATANTANGO
SatantangoLe cinéma prend parfois des allures d’expérience esthétique et sensorielle… C’est le cas avec cette fresque du cinéaste et poète Bela Tarr, présentée en 1994 à la Berlinale et que peu de cinéphiles ont sans doute vu, en raison de sa durée exceptionnelle : plus de sept heures pour un récit, en douze épisodes, qui plonge dans le quotidien d’un village hongrois perturbé par la venue d’un homme qui propose aux habitants de récolter l’argent qui leur reste d’une ancienne ferme collective pour acheter un manoir, ailleurs en Hongrie. Utilisant avec brio le plan-séquence, le cinéaste hongrois (qui travailla neuf ans sur le film) adapte un roman de son compatriote Laszlo Krasznahorkai et signe une œuvre (restaurée) monumentale et rare… (Carlotta)
THE OUTSIDER
The OutsiderDans la forêt d’une petite ville de l’Oklahoma, on a retrouvé le corps mutilé d’un garçon de onze ans. Les enquêteurs suspectent un entraîneur de baseball réputé et respecté de tous. Mais Terry Maitland a un alibi en béton… Entre série criminelle réaliste et fantastique mâtiné de surnaturel, voici une solide mini-série HBO (dix épisodes de 55 minutes) adaptée d’un roman du maître Stephen King et créée par Richard Price. Si les preuves accablent Maitland, tout se complique pour l’inspecteur Anderson (Ben Mendelsohn) qui se rend compte que les vidéos de surveillance montrent le suspect à deux endroits différents le jour où l’assassinat a été commis. Anderson va faire appel  à un privé aux méthodes peu orthodoxes et aux capacités troublantes… (Warner)
WAITING FOR BARBARIANS
Waiting BarbariansAux confins de l’Empire britannique, dans un désert sans nom et dans un temps incertain, un magistrat gère un fort sur la frontière. Inquiet d’une invasion barbare, le pouvoir central dépêche sur place le colonel Joli, un tortionnaire de la pire espèce… Le Colombien Ciro Guerra (révélé en 2016 par L’étreinte du serpent) adapte un roman de l’Australien J.M. Coetzee et signe un drame historique classique autour de deux peuples qui vivaient en bonne entente et qui vont finalement entrer en conflit alors que rien ne le justifie. En magistrat posé, Mark Rylance est remarquable alors que Johnny Depp (Joli) et Robert Pattinson incarnent d’immondes officiers sadiques… (M6)
MORTAL
MortalJeune vagabond américano-norvégien, Eric s’est réfugié, seul, au cœur de la forêt, après avoir provoqué la mort de six personnes… Arrêté par la police, il rencontre Christine, une psychologue, qui semble pouvoir l’aider. Ensemble, ils constatent vite qu’Eric (Nat Wolff, vu dans Nos étoiles contraires) dispose de pouvoirs surnaturels qu’il ne maîtrise pas… Les choses se gâtent complètement lorsque les services américains décident de le transférer aux USA. Réalisateur de l’horrifique The Jane Doe Identity, André Øvredal propose un film fantastique qui joue la carte des effets visuels comme des mythes nordiques pour brosser le portrait d’un solitaire à l’humanité cachée… (Wild Side)
LA VERTU DES IMPONDERABLES
Vertu ImpondérablesNaguère, Claude Lelouch s’est fait dérober le scénario d’un film qui devait suivre le destin de deux familles de 1937 à nos jours… Conservant son optimisme face à ce mauvais coup, le cinéaste s’est lancé dans une nouvelle aventure en tournant avec un téléphone portable un film à petit budget où plusieurs personnages vivent des histoires de vol, d’infidélité, de dispute autour d’un orchestre méconnu qui s’apprête à se produire pour la dernière fois lors d’une fête viticole à Beaune… Comment passer de la brutalité d’un imprévu à la douceur de l’inespéré… Lelouch dirige Marianne Denicourt, Elsa Zylberstein, Stéphane de Groot, Ari Abitan, Béatrice Dalle ou Rufus et orchestre une comédie musicale onirique portée par une caméra virevoltante… (Metropolitan)
L’HOTEL DE LA PLAGE
Hotel PlageA l’été 1997, Michel Lang s’installe au Grand Hôtel des Bains à Loquirec, dans le Finistère, pour mettre en scène cette comédie estivale où les juilletistes croisent les aoûtiens alors que les petites histoires d’adultère, d’amours adolescents et de jeux d’enfants alimentent le quotidien d’estivants nouveaux venus ou vieux habitués. Avec le recul, cette aventure d’été et de détente a installé dans les mémoires quelque chose qui s’apparente au pur et vaguement nostalgique bonheur des vacances. Sorti en Blu-ray, le film permet de retrouver des comédiens attachants comme Michel Robin,Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Sophie Barjac, Anne Parillaud, Guy Marchand ou Martine Sarcey. (Gaumont)
UN SOIR EN TOSCANE
Soir ToscaneC’est un beau projet que celui du cinéaste polonais Jacek Borcuch… A travers l’histoire d’une poétesse juive polonaise, lauréate d’un prix Nobel, il s’interroge sur une Europe qui a la tentation de fermer ses frontières et qui, plus généralement, craint l’Autre. Avec son mari aimant et sa fille, Maria Linde (la comédienne polonaise Krystyna Janda, comédienne chez Wajda, Zulawski ou Kieslowski) vit une existence agréable à Volterra, belle cité toscane. Maria a aussi un amant égyptien. Mais autour d’elle la tension monte, le sentiment de peur aussi… Une œuvre tout en subtilité qui ne donne pas la leçon mais interroge pourtant un monde désormais en péril… (Blaq Out)
PROXIMA
ProximaAstronaute française, Sarah s’entraîne avec acharnement pour partir, un an durant, à bord d’une mission spatiale baptisée Proxima. Seule femme au milieu d’hommes, Sarah doit se préparer aussi à la séparation avec Stella, sa fille de 8 ans. Remarquée en 2012 pour Augustine, son premier long-métrage, Alice Winocour signe un film ouvertement féministe en montrant une super-héroïne qui est également une mère. La cinéaste qui offre un très beau personnage à Eva Green, met aussi en exergue (en s’appuyant sur des témoignages de femmes astronautes) une femme qui essaye de concilier son rêve et sa vie privée et familiale. Dans les suppléments du dvd, deux entretiens avec la cinéaste et son interprète. (Pathé)