LE BONHEUR, GUITRY, KIAROSTAMI, LA STAR, LA MERE ET MORETTI  

MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES
Moscou LarmesKatia, Antonina et Lioudmila montent à Moscou pour trouver l’âme sœur et connaître l’amour, le bonheur et la prospérité. Occupant un bel appartement en l’absence des propriétaires, les trois amies se font passer pour des intellectuelles afin de faire des rencontres…. Dans l’Union soviétique de la fin des années 50, Vladimir Menchov détaille le portrait de trois femmes et livre une comédie romantique qui capte bien l’atmosphère de la société sous Khrouchtchev. Réalisé en 1979 (et couronné de l’Oscar du meilleur film étranger en 1981), le film est devenu culte. Vera Alentova incarne cette Katia qui rêvait d’entrer à l’université, sera ouvrière et saura prendre l’ascenseur social pour devenir directrice de son usine et mener sa vie sans l’aide des hommes… (Potemkine)
LES PERLES DE LA COURONNE
Perles CouronneNotoirement féru d’histoire, Sacha Guitry souhaitait, dans ses films en costumes, lui rendre hommage… Mais, selon l’expression de Jacques Lourcelles, ce sont surtout des fantaisies historiques que le cher Sacha a signées… C’est le cas, en 1937, où, dans un film coréalisé avec Christian-Jacque, il se glisse dans la peau de l’historien Jean Martin. Celui-ci va raconter à sa jeune épouse (Jacqueline Delubac) les tribulations fabuleuses d’un collier composé de sept perles fines qui passèrent entre des mains royales mais dont trois ont mystérieusement disparu. Martin décide alors de mener l’enquête. Ce qui fait le charme de Guitry, c’est le brio de ses dialogues, l’élégance de sa mise en scène et le plaisir qu’il prend à incarner François 1er ou Napoléon III… (Gaumont)
LE GOUT DE LA CERISE
Gout CerisePalme d’or à Cannes 1997 (ex-æquo avec L’Anguille de Shohei Imamura), Le goût de la cerise est une œuvre emblématique du cinéma d’Abbas Kiarostami. Dans un paysage terreux près de Téhéran, Badii, un homme las et désespéré, conduit son 4×4 au ralenti en scrutant les passants. Car Badii, qui veut mettre fin à ses jours, cherche celui qui pourra enterrer son corps. Des rencontres que l’homme va faire dans sa voiture (dont un vieil homme qui lui explique comme des mûres délicieuses lui ont sauvé la vie), le cinéaste iranien tire la matière d’une fable philosophique et poétique. Certes, le film est lent mais il est formellement beau, hypnotique à souhait et surtout il distille un sobre hymne à la vie… (Potemkine)
JUDY
JudyDans sa prime jeunesse, Judy Garland était une star d’Hollywood qui triompha notamment dans le fameux Magicien d’Oz en 1939. A l’hiver 1968, quelques mois seulement avant sa disparition, Judy Garland (1922-1969) est à Londres pour une série de concerts à guichets fermés. Avec une Renée Zellweger (toujours au bord du cabotinage) qui décrochera l’Oscar pour son interprétation, Rupert Goold raconte les derniers feux d’une comédienne au bout du rouleau et d’une femme pathétique brisée par l’alcool, les médicaments, les excès et la solitude. Un biopic musical soigné sur une véritable icône du 7e art qui aurait peut-être mérité un traitement plus flamboyant… (Pathé)
LARA JENKINS
Lara JenkinsTous les jours se ressemblent pour Lara Jenkins, fonctionnaire retraitée à Berlin et femme très solitaire. Dans son existence, il n’y a que Viktor, son fils, pianiste de talent, qui va donner, le soir du 60e anniversaire de sa mère, un premier grand concert avec une œuvre de sa composition. Ce jour-là, Lara est allée au théâtre pour acheter tous les billets encore disponibles. Mais, voilà des semaines déjà que Viktor ne répond plus aux appels de sa mère. Après un premier film remarqué (Oh Boy en 2012), le cinéaste allemand Jan-Ole Gerster réussit une œuvre intime (mais non dépourvue de touches d’humour) qui brosse le portrait d’une femme (Corinna Harfouch, remarquable) mise à mal par sa relation toxique à ce Viktor dont elle a toujours exigé l’excellence… (KMBO)
VIVA NANNI !
Viva NanniIntéressante initiative que de réunir deux films (en versions restaurées) des débuts de Nanni Moretti… Du singulier réalisateur italien, on retrouve ainsi Bianca (1984) et La messe est finie (1985), deux autoportraits plutôt grinçants, voire angoissants où Moretti dévoile une personnalité narcissique, masochiste et obsessionnelle. A travers deux personnages qu’il incarne avec brio, un prof de maths passablement perturbé dans le premier film, un prêtre dans le doute dans le second, le cinéaste palmé à Cannes pour La chambre du fils (2001), distille une réflexion ironique et volontiers absurde sur la quête du bonheur, sur l’amour, l’Autre et son regard, sur la fidélité… (Carlotta)
QUELQU’UN DERRIERE LA PORTE
Quelqu'un PorteUn soir, dans la salle d’attente de son hôpital, le neuropsychiatre Lawrence Jeffries récupère un inconnu complètement déboussolé. Prétextant déposer l’homme à la gare, il le ramène chez et lui raconte qu’il va s’occuper de le soigner. De fait, le médecin va embarquer l’inconnu au cœur d’une machination bien tordue pour se venger de sa femme infidèle. Dans sa bonne collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret remet en lumière ce film quelque peu oublié et réalisé en 1971 par Nicolas Gessner avec deux pointures américaines de l’époque. Anthony Perkins donne une variation sur la folie cachée, façon Psychose. Dans un contre-emploi, Charles Bronson, alors dans sa période française, est surprenant. Un thriller psychologique en forme de sombre huis clos aux accents de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak… (Studiocanal)
MINE DE RIEN
Mine RienAutrefois, la mine de charbon était la fierté du Pas-de-Calais. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un sombre souvenir. Mais Arnault et Di Lello, même s’ils sont au bout du rouleau, ne veulent pas voir tirer un trait sur leur existence et surtout pas sur la mémoire ouvrière. Pour sauver leur mine, ces deux anciens mineurs, rejoints par des copains, caressent le rêve de transformer le carreau en parc d’attraction « artisanal ». Mais les obstacles sont nombreux. En se souvenant de son grand-père qui travaillait à la fosse, Mathias Mlekuz tire, d’une histoire triste, une comédie sur une belle solidarité. Arnaud Ducret, Philippe Rebbot, Mélanie Bernier portent cette aventure qui donne le sourire… (Orange)
OUT OF TIME
Out Of TimeChef de la police d’une petite cité de Floride, le commissaire Whitlock mène sa vie entre son boulot tranquille, sa femme (Eva Mendes) qui le quitte et Ann, sa maîtresse, épouse d’un type violent. Lorsqu’Ann apprend qu’elle est très malade, Whitlock, sous le choc, décide de lui venir en aide en « empruntant » une forte somme saisie dans une grosse affaire de drogue et conservée dans ses locaux. Mais, pris au piège d’une machination, le flic devient le suspect n°1 d’une affaire bien tordue. En 2003, Carl Franklin, en s’appuyant sur la star Denzel Washington, tourne ce thriller moite (pour la première fois en Blu-ray) où un policier intègre se débat contre des preuves qui l’accablent… (L’Atelier d’images)
UNDERWATER
UnderwaterA 11.000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes, à l’endroit le plus profond de la croûte terrestre, une station de forage est victime d’un mystérieux accident. A bord, l’équipe scientifique va essayer de survivre… Auteur de The Signal (2014), bon film de SF, l’Américain William Eubank signe, ici, un thriller fantastique mâtiné d’épouvante puisqu’une entité marine menace les survivants de la station Kepler 822. Avec un casting international (Kristen Stewart, Vincent Cassel ou T.J. Miller), Eubank réussit, malgré de lourdes difficultés de production et un scénario convenu, à distiller un spectacle rondement mené qui fait volontiers songer à Alien ou à Abyss…  (Fox)
EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES
Emanuelle CannibalesSe faisant passer pour une malade, Emanuelle enquête discrètement dans un hôpital psychiatrique et découvre un cas de cannibalisme. La journaliste décide de contacter un éminent scientifique pour filer en Amazonie à la recherche de rites tribaux que l’on croyait disparus. En 1977, l’Italien Joe d’Amato retrouve Laura Gemser, celle dont il fit la sexy Black Emanuelle, et l’entraîne sur la traces de sauvages et voraces cannibales… Il ne faut chercher aucune crédibilité dans cette histoire (ah, les galipettes dans une jungle truffée de dangers !) mais savourer un genre disparu, ce cinéma bis qui mêle ici l’horreur du gore et la concupiscence. Une jolie édition dvd enrichie d’un livret (64 p.) de David Didelot sur le parcours de D’Amato. (Artus)
THE COURIER
The CourierLorsque Ezekiel Mannings, baron international de la drogue, est arrêté à Washington et assigné à résidence, il semble pourtant ne rien craindre… Lorsqu’il apprend que la police londonienne détient un témoin capital, Mannings (Gary Oldman), désormais inquiet, décide de le faire éliminer. Mais, par hasard, une livreuse à moto va déjouer tous les plans des affreux. Il ne faut pas trop chercher de « réalisme » dans le scénario du film de Zachary Adler. Par contre, autour du personnage anonyme et redoutable de la livreuse (on comprend qu’elle fut un soldat d’élite), véritable fantôme increvable (Olga Kurylenko en mode badass), ça défouraille sans interruption et dans tous les sens. De l’action, encore de l’action ! (Metropolitan)

LE CHEMINOT, LE COW-BOY, LES CAPORAUX, LA CALOMNIE ET LA TRAQUE  

LA ROUE
La RoueA une époque, les années 20, où le cinéma était un formidable terrain d’expérimentation formelle, Abel Gance (1889-1981) se lançait dans une œuvre démesurée et pharaonique avec La roue que l’on peut découvrir, après un long et minutieux travail de reconstitution et de restauration, dans une version de 7 heures, la plus proche de celle présentée à sa sortie en 1923. Saga mélodramatique, le film raconte la relation entre Sisif, un cheminot, qui lutte pour cacher à Norma, l’orpheline qu’il a recueillie lors d’un accident ferroviaire puis adoptée, l’amour qu’elle lui inspire… Sur une liste musicale composée par Arthur Honegger et Paul Fosse, un étonnant jalon dans l’histoire du 7e art. Dans les suppléments, on trouve Cahiers d’une restauration, un livret exclusif de 140 pages mais aussi un documentaire sur les coulisses du tournage réalisé par Blaise Cendrars. (Pathé)
SEULS SONT LES INDOMPTES
Seuls sont IndomptésDans les années 60, l’Ouest n’est plus un territoire à conquérir… Lorsqu’il regarde le ciel, Jack Burns y voit la trace blanche des avions de ligne. Individualiste, se déplaçant toujours à cheval, ce cow-boy revint voir son amie Jerri (Gena Rowlands), l’épouse de son meilleur ami et apprend qu’il est en prison. Jack va provoquer une bagarre pour rejoindre son ami en prison et tenter de le faire évader. Film préféré de Kirk Douglas (qui prétendit l’avoir partiellement mis en scène), Lonely are the Brave (1962), réalisé par David Miller, est, à la fois, une histoire de chasse à l’homme (Evadé, Burns est traqué par le flic Walter Matthau) et une parabole grave sur les belles heures de l’Ouest. Kirk Douglas campe brillamment ce westerner perdu… (Sidonis Calysta)
1917
1917« J’espérais que ce serait une bonne journée… » Pris dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats anglais, se voient assigner une mission… impossible. Porter, à travers les lignes ennemies, un message qui permettra d’éviter un piège ennemi et ainsi de sauver la vie de 1600 militaires. Réalisateur de Skyfall, l’un des bons 007, Sam Mendès s’empare d’un genre très balisé, le film de guerre, et le réinvestit brillamment. Si la course contre la montre des deux caporaux (les comédiens George MacKay et Dean-Charles Chapman sont remarquables) est palpitante et si la mort est omniprésente, la mise en scène, sans être révolutionnaire, est magnifique en utilisant le plan-séquence pour l’intégralité de son film ! Spectaculaire… (Universal)
LA RUMEUR
La RumeurDans la brillante carrière de William Wyler, The Children’s Hour (1961) n’est sans doute pas le film le plus remarqué. Pourtant, le Mulhousien d’Hollywood signe là un drame bien photographié et mis en scène (à partir d’une pièce de Lillian Hellman) autour d’un déchirant duo composé d’Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. Amies depuis l’enfance, la gracile Karen et la solide Martha dirigent un pensionnat de jeunes filles de bonne réputation. Mais les mensonges de Mary, une écolière tourmentée, vont déclencher un terrible et funeste engrenage. La rumeur fut l’un des premiers films à évoquer, entre calomnie et société hypocrite, l’homosexualité féminine. Une belle édition enrichie de bons suppléments dont un livret comprenant un entretien inédit avec Catherine Wyler, la fille du cinéaste. (Wild Side)
LE CAS RICHARD JEWELL
Cas Richard JewellAgent de sécurité lors des J.O. de 1996 à Atlanta, Richard Jewell donne l’alerte sur la présence d’une bombe dans le Centennial Olympic Park. Si celle-ci explose bien, l’évacuation des lieux permet cependant de sauver de nombreuses vies. Petit homme rond rêvant de devenir policier, Jewell devient instantanément un héros… avant d’être suspecté par le FBI. Et si Jewell avait lui-même posé la bombe ? Dans un de ces films efficaces dont il a le secret, le vétéran Clint Eastwood s’empare d’une histoire vraie et retrace un parcours qui amène Jewell (Paul Walter Hauser) du statut de héros à celui de paria. Soutenu par un avocat marginal (Sam Rockwell) et par sa mère (Kathy Bates), Jewell, constamment traqué, va devoir longuement lutter contre deux puissants pouvoirs : le gouvernement des USA et les médias… (Warner)
UN SINGE EN HIVER
Un Singe HiverEn juin 1944, les bombes pleuvent sur le village de Tigreville. Hôtelier porté sur la bouteille, Albert Quentin se souvient de ses années militaires sur le Yangzi Jiang et jure de renoncer à boire si sa femme et lui s’en sortent. Quinze ans plus tard, Gabriel Fouquet débarque dans l’hôtel d’Albert. Gabriel boit pour oublier sa compagne et s’imagine dans la peau glorieuse d’un toréador… Au contact de Gabriel, Albert revit… En 1962, Henri Verneuil, sur de brillants dialogues de Michel Audiard, orchestre une œuvre sur la tentation de l’alcool, sur les vieux rêves et réunit deux générations avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. On remarque, dans ce film-culte grave et émouvant, le respect mutuel de deux comédiens au meilleur de leur art. (Gaumont)
JOJO RABBIT
Jojo RabbitPetit garçon allemand vivant (mal) pendant le IIIe Reich, Jojo Betzler est un solitaire que les gamins de la Hitlerjugend martyrisent volontiers. Mais Jojo cultive un imaginaire foisonnant où il reçoit la visite de son ami… Adolf Hitler. Les certitudes de Jojo s’effondrent lorsqu’il découvre que sa mère (Scarlett Johansson) cache une jeune fille juive dans le grenier de leur maison. Et même si elle a peur, Elsa n’est pas prête à s’en laisser conter. Le cinéaste néo-zélandais Taiki Waititi (qui incarne lui-même un Fuhrer bien dérangé) réussit une satire culottée du nazisme tout en traitant aussi, avec émotion, une relation mère-fils reposant sur un dangereux secret. Un film allègre et coloré pour une réflexion sur une idéologie nauséabonde. (Fox)
EN AVANT
En Avant« Autrefois, le monde était rempli de merveilles… » Dans la banlieue d’un univers imaginaire, Ian et Barley, deux frères elfes aux personnalités opposées, sont persuadés qu’il reste encore un peu de magie dans le monde. Dans une quête extraordinaire, ils vont faire face à un sortilège pour retrouver, le temps d’une journée, leur père trop tôt disparu. En s’appuyant sur sa propre histoire, le réalisateur Dan Scanlon (scénariste de Cars et réalisateur de Monstres Academy), imagine un univers plein d’aventures fantastiques à propos d’une baguette de sorcier… Autour du deuil et de l’absence, voici une bonne création Pixar sur le besoin de chacun de croire à la magie qui se cache en nous. (Disney)
LA CIBLE HUMAINE
Cible HumaineConnu comme le tireur le plus rapide de l’Ouest, Jimmie Ringo voudrait oublier ce passé violent… Mais, face à Eddie, un jeune pistolero outrecuidant qui le défie, Ringo n’a d’autre choix que tuer. Sachant qu’Eddie a trois frères qui voudront le venger, Ringo se réfugie dans la petite ville de Cayenne dont le shérif est son ami et où il espère revoir sa femme… Le sous-estimé Henry King signe, en 1950, ce Gunfighter, dense et sombre western où Gregory Peck incarne avec force un tireur éprouvé, maussade et dépourvu de glamour. Pour le cinéaste, il s’agit d’être le plus réaliste possible dans cette tragédie où la notoriété d’un roi de la gâchette s’avère être une malédiction… (Sidonis Calysta)
DIX JOURS SANS MAMAN
Dix Jours sans Maman« Je donnerai n’importe quoi pour être à ta place… » Il ne savait pas vraiment ce qu’il venait de dire à Isabelle, son épouse, l’excellent Antoine ! DRH d’une grande enseigne de bricolage, il est en passe d’en devenir le n°1. C’est le moment que choisit sa femme pour faire une pause. Antoine se retrouve seul à gérer la maison et leurs quatre enfants. Si les films sur la famille ne manquent pas, Ludovic Bernard s’empare avec efficacité des pièges familiaux qui s’ouvrent devant un père vite débordé. Frank Dubosc est à l’aise dans le rôle d’Antoine et cette comédie populaire se regarde agréablement… (Studiocanal)
LA LISTE DE NOS REVES
Liste Nos RevesJeune bagagiste à l’aéroport de Cape Town, Calvin est persuadé qu’il est gravement malade. Un jour, ce parfait hypocondriaque va faire la connaissance de Skye. La jeune fille, elle, est très malade et a décidé de faire la liste des choses importantes qu’elle veut accomplir avant de disparaître. En l’accompagnant, Calvin va apprendre ce que c’est de vivre tout en oubliant ses plus grandes peurs. Avec les deux comédiens britanniques Asa Butterfield (vu dans Hugo Cabret de Scorsese) et Maisie Williams (qui fut Arya Stark dans Game of Thrones), Peter Hutchings signe une comédie romantique pleine de tendresse et d’humour… (L’Atelier d’images)
J’Y CROIS ENCORE
J'y Crois EncoreJeremy et Melissa filent le parfait amour lorsqu’ils apprennent que la jeune femme est atteinte d’une maladie incurable. Malgré l’incompréhension de leurs proches, ils décident de se marier et de lutter ensemble. De Love Story (1970) à Nos étoiles contraires (2014), le thème de la lutte à deux contre la maladie a souvent donné lieu à des films émouvants. Les frères Erwin s’appuient, ici, sur l’histoire vraie de Jeremy Camp, guitariste chrétien évangélique américain, et de son épouse disparue à l’âge de 21 ans. Sur fond de concerts de rock chrétien, une histoire à l’eau de rose qui affirme qu’il ne faut jamais cesser de croire… En VOD. (Saje)

L’IMMIGRANT, LE/LA COMEDIEN(NE), LES ESPIONS, MEPHISTO ET LE GENIE BARBU  

TONI
ToniLorsqu’en 1934, il réalise cette « tragédie antique », Jean Renoir ne se doute pas qu’il pose les bases du néo-réalisme (Luchino Visconti est assistant sur le film) qui marquera en profondeur le cinéma italien. Toni, c’est une histoire d’ouvriers et d’amis autour de l’immigration. Immigrer est rarement un choix, c’est toujours une douleur. A Martigues, entre Marie la Provençale qu’il épouse et Josefa l’Espagnole qu’il désire, Toni le rital (Charles Blavette) va être emporté dans un drame terrible et sordide. Avec une écriture superbe, Renoir, dont ce n’est pas l’œuvre la plus connue, met en scène, sur les terres de Pagnol, un film qui finit exactement là où il a commencé… Une œuvre puissante et remarquable sur l’univers du travail, présentée dans une belle version Blu-ray. (Gaumont)
TOOTSIE
TootsieActeur intransigeant mais connu pour son mauvais caractère, Michael Dorsey écume les castings mais sans réussir à trouver de rôle. Alors qu’il accompagne son amie Sandy à une audition pour un célèbre soap, il décide de changer d’identité et revient au studio sous les traits de la comédienne Dorothy Michaels. Pour cette femme de caractère, le succès sera vite au rendez-vous. Mais comment expliquer désormais à la charmante Julie que, lui Michael, est épris d’elle ? En 1982, Dustin Hoffman et Sydney Pollack réussissaient une brillante comédie sur le travestissement et l’art du comédien… Voici, en coffret Ultra collector, une belle version restaurée enrichie de bons suppléments dont le making-of du film ainsi qu’un livre inédit (160 p.) sur un chef d’œuvre en train de se faire… (Carlotta)
LE BUREAU DES LEGENDES – SAISON 5
Bureau Legendes S5Retrouvailles avec Marie-Jeanne, JJA (dont la santé mentale commence à être chancelante), Marina, Raymond Sisteron et bien évidemment ce Malotru alias Paul Lefèvre, plus que jamais, au cœur d’une cinquième saison (10 épisodes de 50 mn) d’un Bureau des légendes bien secoué par diverses péripéties et dont on ne se lasse définitivement pas. La série créée par Eric Rochant tient toujours le cap avec des situations qui se déplacent de Moscou au Caire en passant par Amman et Phnom Penh. Donné pour mort, Malotru (Mathieu Kassovitz) revient cependant dans le jeu et va permettre de mettre en place un piège pour retourner un ponte du FSB. Les deux deux derniers épisodes ont été mis en scène par Jacques Audiard. Le 10e et dernier est fantastique à souhait… (Studiocanal)
UN PACTE AVEC LE DIABLE
Pacte DiableJuge incorruptible, Joseph Foster (Thomas Mitchell, compagnon de route de John Ford) est obnubilé par l’idée de faire tomber un truand qui tient la ville sous sa coupe. Il va recevoir l’aide, très intéressée, du séduisant Nick Beal… Connu pour La grande horloge (1948), John Farrow tourne, l’année suivante, ce film noir mâtiné de fantastique puisque Nick Beal n’est autre que le diable dont Ray Milland fait un brillant Méphisto en complet veston. Peu connu et longtemps oublié, ce film est une vraie pépite. Son scénario est excellent, ses interprètes brillants et surtout Farrow, cinéaste sous-estimé, développe, ici, une écriture très élaborée dans une grande économie de mise en scène… (Sidonis Calysta)
PHIL TIPPETT : DES REVES ET DES MONSTRES
Phil TippettDerrière sa grosse barbe blanche, Phil Tippett, qui apparaît plutôt comme un type taiseux, glisse qu’il n’est pas un artiste, juste un type qui fabrique des choses… Certes. Mais nombre de réalisateurs lui trouvent du génie. Jabba le Hutt de Star Wars, le tyrannosaure de Jurassic Park ou ED-209 dans RoboCop sont ses créatures. Déjà auteurs d’un documentaire sur Ray Harryhausen (dont Tippett est assurément le digne héritier) ou encore sur Le complexe de Frankenstein, Gilles Penso et Alexandre Poncet se sont, cette fois, glissés dans l’univers de l’un des plus grands créateurs d’effets spéciaux au monde. Ils donnent ainsi à voir comment Tippett a conçu un bestiaire fantastique qui a marqué à jamais l’imaginaire collectif… Dans les suppléments, on trouve un long document sur les étapes de la création de ce film. (Carlotta)
L’HEURE DU CRIME
Heure CrimeAvec son ami Guido, Johnny O’Clock dirige un casino clandestin fréquenté par une clientèle huppée. L’ancienne fiancée de Johnny vit désormais avec Guido. Rencontrant la belle Nancy (Evelyn Keyes), la sœur de son ex, Johnny tombe amoureux. Mais, lorsqu’une hôtesse du casino se suicide, la police suspecte Johnny et Guido… En 1947, Robert Rossen réalise pour la première fois et signe un film noir au scénario assez embrouillé mais qui vaut par sa distribution, Dick Powell en tête, et surtout pour son écriture de qualité. Celui qui signera en 1961 son chef d’œuvre avec L’arnaqueur, maîtrise brillamment son écriture en soignant les angles et les mouvements de caméra… (Sidonis Calysta)
L’APPEL DE LA FORET
Appel ForetGros chien gâté mais affectueux, Buck est arraché à ses maîtres en Californie et vendu comme chien de traîneau… Désormais, il va devoir vivre très rudement dans les étendues sauvages du Yukon pendant la ruée vers l’or des années 1890. Il travaille d’abord pour le gentil Perrault (Omar Sy) avant de s’attacher à John Thornton (Harrison Ford), vieil aventurier désabusé… Une adaptation assez soft de la saga de Jack London qui fait la part belle aux superbes images de nature. Sy et Ford font bien le job mais ils se font voler la vedette par l’intrépide Buck. Filmé en motion capture, le chien au grand cœur fera le bonheur du jeune public… (Fox)
MADAME FANG
Madame FangImmobilisée sur son lit par la vieillesse et par la maladie d’Alzheimer, une femme se meurt dans une petite chambre quelque part dans une petite ville de la province chinoise. Veuve depuis longtemps, Fang Xiuying, 68 ans, est née à Huzhou, dans la région du Fujian où elle travaillait comme ouvrière agricole. Hospitalisée en 2015, elle a été renvoyée chez elle pour y mourir, entourée de sa famille. Mais la mort est longue à venir… Le documentariste Wang Bing travaille, ici, sur la durée et sur l’attente, scrutant tout à la fois l’impuissance de la famille mais aussi la solidarité qui règne dans la société chinoise. Une fin émouvante. (Potemkine)
SORTILEGE
SortilegeAprès le décès de sa mère, un jeune soldat tunisien fuit les rangs de l’armée. Une femme au foyer enceinte quitte la belle demeure dans laquelle elle s’ennuyait avec son mari. Ces deux personnages vont se retrouver, loin du monde, dans une belle et mystérieuse forêt. Avec Tlamess (en v.o.), terme qui désigne, en tunisien, le fait de jeter un sort, le cinéaste Ala Eddine Slim signe un film étrange, aux rares dialogues, qui brouille la vision classique des choses. Dans ce conte initiatique qui fait la part belle aux paysages, il est question de liberté, de maternité, d’échec sans doute. Une expérience visuelle où ce sont avant tout les regards qui parlent… (Potemkine)
10 MINUTES GONE
10 Minutes GoneCe devait être un braquage de banque tout simple… On entre, on prend le magot et on repart. Mais rien ne se passe comme prévu. Pire, Frank Sullivan, le meneur des gangsters, est frappé à la tête et perd conscience. Difficile désormais de savoir où le pactole (une brassée de diamants) s’est évaporé. Commence alors pour Frank (Michael Chiklis, vu dans Les quatre fantastiques) une course contre la mort difficile d’autant que le commanditaire du coup (Bruce Willis) est en pétard et qu’il lance une nettoyeuse aux trousses de Frank. Celui-ci se rend compte qu’un piège est en train de se refermer sur lui mais il a encore de la ressource. Un film d’action à petit budget qui réutilise volontiers ses plus grosses scènes de flinguage… (Studiocanal)
LE VOYAGE DU DOCTEUR DOOLITTLE
Voyage DolittleUne autruche mal embouchée, un gorille anxieux, un joyeux ours polaire, un perroquet de bon conseil, autant d’animaux que l’excentrique Dollitle, docteur de la reine Victoria, va entraîner à l’aventure. Car Dolittle doit trouver, sur une île mythique, un remède pour soigner la jeune reine malade. Le cinéma s’est souvent emparé de ce médecin, né dans la littérature anglaise du milieu du 20e siècle, qui sait parler aux animaux. Cette fois, devant la caméra de Stephen Gaghan (remarqué en 2005 pour l’ambitieux Syriana), c’est Robert Downey Jr., toujours un peu dans le cabotinage, qui se glisse dans un personnage d’ami des animaux haut en couleurs déjà incarné, dans le passé, par Ex Harrison ou Eddie Murphy… (Universal)
LE PRINCE OUBLIE
Prince OublieSofia, 8 ans, vit seule avec son père Djibi. Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Dans ces beaux récits, on retrouve toujours une héroïne, la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais, un jour, Sofia rentre au collège. Les jolies histoires de son père, c’est fini. Réalisateur fêté de The Artist (2011), Michel Hazanavicius signe une jolie fable sur le temps qui s’enfuit et sur un père (Omar Sy) qui a peur de voir sa fille grandir. Balançant entre le monde réel de Djibi, gardien de parking et un univers imaginaire et coloré où il est un prince protecteur, le cinéaste multiplie les péripéties tout en faisant la part belle aux effets spéciaux… (Pathé)

LE SHERIF, LES FEMMES DE TELEVISION ET LE BARON DE LA DROGUE  

LA POURSUITE IMPITOYABLE
Poursuite ImpitoyableDans une petite ville du Texas, on s’apprête à vivre une soirée de samedi sous le signe de la fête, de l’alcool et de la débauche. On apprend alors que Bubber Reeves s’est évadé de prison. Va-t-il revenir dans sa ville natale ? Aussitôt les esprits s’échauffent. En 1966, Arthur Penn décrit, avec une vraie férocité, l’Amérique profonde entre racisme, ségrégation mais aussi fortune et adultère. Au péril de sa vie, le shérif Calder, qu’on pense vendu au magnat local du pétrole, va tenter de sauver ce qui peut l’être. Une superbe et suffocante description d’une petite société en plein chaos. Marlon Brando, Jane Fonda et le quasi-débutant Robert Redford sont magnifiques en personnages paumés et pathétiques. (Sidonis Calysta)
SCANDALE
ScandaleTyrannique patron-fondateur de la chaîne d’info ultraconservatrice Fox News, Roger Ailes exige à l’antenne des journalistes sexy et des plans abondants sur les jambes des présentatrices… Objectif : de l’audience à tout prix. En s’appuyant sur des faits réels, Jay Roach décrit la violence du harcèlement sexuel dans l’univers de la télévision. Il le fait à travers trois portraits de femmes confrontées à un Ailes (John Lithgow excellent dans la veulerie) qui manie le chantage pour obtenir des avantages sexuels. Trois femmes courageuses et révoltées qui décident de briser la loi du silence. Dans un film mené tambour battant, Charlize Théron, Nicole Kidman et Margot Robbie incarnent ces femmes journalistes qui refusent de demeurer des objets de désir. (Metropolitan)
THE GENTLEMEN
The GentlemenBaron de la drogue à Londres, Mickey Pearson laisse entendre qu’il pourrait se retirer du business. Aussitôt débute une guerre explosive pour désigner un nouveau roi. Et désormais tous les coups sont permis pour conquérir les terres de Pearson. Guy Ritchie, qui n’a pas tourné que des chefs d’œuvre, réussit, ici, un excellent polar où les événements partent dans tous les sens et où l’action monte en température pour donner lieu à un véritable feu d’artifice sur fond de chantages et de complots, de corruption, de trahisons et d’enlèvements. Matthew McConaughey (Pearson) est à la tête d’une solide distribution où Hugh Grant incarne une crapule aussi tordue que mielleuse. (M6)
SWALLOW
SwallowLa ravissante Hunter a tout pour être heureuse. Un mari qui l’aime et qui vient de reprendre la direction de la société familiale. Mais lorsque la jeune femme tombe enceinte, elle va développer un pica, rare trouble du comportement alimentaire caractérisé par l’ingestion de divers objets. Avec Haley Bennett, belle comédienne troublante et habitée, Carlo Mirabella-Davis réussit un épatant thriller intimiste mais bien dérangé. Tandis que Richie et ses parents tentent de contrôler les faits et gestes de Hunter, celle-ci s’enfonce dans sa dangereuse obsession… Dans un décor beau mais glacial, une irréprochable femme d’intérieur perd pied ! (UFO)
2040
2040À quoi pourrait ressembler le futur en 2040 si nous adoptions simplement des solutions intelligentes et déjà disponibles pour le traitement de la nourriture, de l’énergie ou encore de l’éducation? Après avoir, dans Sugarland (2018), évoquer la place du sucre dans l’industrie agro-alimentaire, Damon Gameau invite à un voyage initiatique en forme d’hymne aux générations futures. En s’appuyant sur des experts et des solutions concrètes, le documentariste australien parle, de manière ludique, du futur de nos enfants à travers le renforcement des collectivités ou la restauration des habitats et des écosystèmes. Et c’est plein de fraîcheur et de bon sens… (L’Atelier)
JE VOUDRAIS QUE QUELQU’UN M’ATTENDE QUELQUE PART
Je Voudrais Que QuelquunAurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans, entourée de ses quatre enfants venus pour l’occasion… Il y a là Jean-Pierre l’aîné qui se sent constamment responsable des autres, Juliette, fraîchement enceinte à 40 ans, Mathieu angoissé à l’idée de séduire la belle Sarah et Margaux, l’artiste photographe en devenir. En transposant le best-seller éponyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard décrit, avec beaucoup de tendresse, les destins tour à tour lumineux et tragiques d’une fratrie. Car le drame va frapper et mettre chacun face à ses aspirations, ses rêves, ses désirs… Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe et Camille Rowe portent, avec grâce, cette aventure familiale. (UGC)
LE MUR DU SON
Mur SonHéros de la Seconde Guerre mondiale, Tony épouse la fille d’un gros industriel de l’aviation britannique. Le pilote de guerre va entrer au service de son beau-père qui prépare un avion du futur avec propulsion à réaction… Réalisé en 1952, le film de David Lean appartient à la veine des films sur les découvertes technologiques dont le développement est souvent passé par des drames humains. Car le rêve, ici, est de franchir le mur du son. Si Lean est célèbre pour Le pont de la rivière Kwai ou Lawrence d’Arabie, on connaissait peu ce film, qui possède de belles séquences aériennes, auquel Jean-Baptiste Thoret, dans sa collection Make my Day offre une nouvelle exposition. (Studiocanal)
UNE BELLE EQUIPE
Une Belle EquipeUn match de foot qui part en sucette et les coups qui pleuvent dans tous les sens. Ca ne rate pas : toute l’équipe de Clourrières est suspendue jusqu’à la fin de la saison. Pour empêcher la disparition de ce petit club du Nord, Marco, ancienne vedette du club, décide de monter une équipe avec des filles pour finir la saison et gagner, en trois matches, le point du sauvetage. Mais ce coach (Kad Merad) n’est pas au bout de ses peines mais aussi de ses surprises et de ses satisfactions. Le foot est un sujet porteur et les femmes ont gagné leur place dans l’univers du ballon rond. Mohamed Hamidi, révélé par La vache (2016), signe une comédie plaisante et vive avec de beaux personnages qui évitent la caricature. Céline Sallette, Sabrina Ouazani, Laure Calamy mènent le jeu ! (Gaumont)
PLAY
PlayEn 1993, Max, 13 ans, reçoit de ses parents un cadeau qui ne va plus le quitter : un caméscope. Dès lors, il filme toutes ses aventures, joyeuses ou tristes. Vingt ans plus tard, Max décide de monter le « film de sa vie ». L’occasion de revoir tous les grands moments de son existence. Anthony Marciano et Max Boublil proposent un portrait très tonique d’une génération en plongeant dans les années 90 et 2000. C’est drôle, émouvant et on partage volontiers les premières fois, les sorties, les bêtises, la Coupe du monde 98, les amours, la famille. Un film « d’époque » qui fleure bon une bonne nostalgie positive… (Gaumont)
MANHATTAN LOCKDOWN
Manhattan LockdownUn braquage tourne au carnage et une dizaine de policiers restent au tapis. Pour coincer les tueurs dans les meilleurs délais, l’objectif est de boucler les 21 ponts qui desservent Manhattan et d’inonder l’île de forces de l’ordre. André Davis (Chadwick Boseman, excellent) est mis sur le coup, lui qui a la réputation de régler leur sort aux tueurs de flics. Pour sa première réalisation sur grand écran après des séries télé, Brian Kirk réussit une solide série B avec le bon mélange d’action et de machination sur fond de corruption. Avec un flic qui « préfère regarder le diable en face », un polar bien nerveux et captivant. (Metropolitan)
ARNAQUEURS ASSOCIES
Arnaqueurs AssociésParce que son défunt père croulait sous les dettes, un étudiant en art s’est reconverti en voleur d’œuvres d’art. A Los Angeles, il travaille pour le Grec, un boss qui ne cesse de le dépouiller. Alors qu’il est sur le point de clôturer sa date, Ivan (Théo James) va être contraint d’effectuer une dernière mission. Il rencontre la mystérieuse Elyse (le mannequin Emily Ratajkowski, bien connue sur les réseaux sociaux), une actrice qui, malgré ses propres problèmes, va l’aider. Entre cambriolages astucieux et désir d’Ivan de pouvoir enfin jouir de sa liberté, Matt Aselton met en scène une aventure qui, sans être très originale, demeure divertissante… (Metropolitan)
LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE
Tour MontparnasseSuspendus au 52e étage de la tour Montparnasse, deux laveurs de carreaux ont, comme d’habitude, pris du retard dans leur boulot… Dans le même temps, un commando investit l’immeuble pour dérober la fortune d’un puissant PDG. En 2001, Charles Nemès orchestre les débuts sur le grand écran de deux vedettes cathodiques. Eric et Ramzy, le petit chauve et le grand maigre, vont, ici, s’en donner à cœur-joie dans une comédie d’action qui deviendra culte et qui sort pour la première fois en Blu-ray. Quand deux parfaits crétins deviennent des héros, même en multipliant les gaffes à répétition. Juste pour un pur délire… (Studiocanal)

L’ANIMATEUR BIENVEILLANT, L’AVOCAT PUGNACE, LA GRAND-MERE CONDAMNEE ET LE FLIC CORROMPU…  

L’EXTRAORDINAIRE MR. ROGERS
Ectraordinaire Rogers« Il faut dire aux gens que chacun d’eux est précieux ». De l’avis de tous ceux qui le regardent à la télé, Fred Rogers est le type le plus gentil qui soit. Pour le magazine Esquire, Lloyd Vogel, journaliste brillant mais torturé, est chargé d’écrire un papier sur cette légende de la télé. Il va découvrir un homme bien différent de ce qu’il avait imaginé. Et qui surtout réussira à lui faire prendre à bras le corps le traumatisme qui le taraude depuis l’enfance. Quasiment inconnu chez nous, Fred Rogers (1928-2003) est une star outre-Atlantique pour ses émissions de télévision éducative. Marielle Heller brosse, ici, une manière de biopic en forme d’éloge de la bienveillance. Le monument Tom Hanks apporte son charisme à ce Rogers fondamentalement lucide et très généreux qui retournera tous les sceptiques. En VOD. (Sony)
DARK WATERS
Dark WatersTout juste entré dans un gros cabinet d’avocats, Robert Bilott, spécialisé dans la défense des industries chimiques, va être confronté au dossier de sa vie… Sollicité par un fermier, il découvre que la campagne idyllique de son enfance a été empoisonnée par une usine du groupe DuPont. Alors que DuPont met tout en œuvre pour éluder la catastrophe sanitaire, Bilott relève le gant. En s’emparant de l’histoire vraie d’un juriste qui va mettre son existence au service d’une cause (presque) perdue, Todd Haynes embarque, avec aisance, le spectateur dans une dénonciation puissante puisque Bilott (Mark Ruffalo, excellent) va réussir à faire éclater la vérité sur une pollution mortelle à grande échelle. Remarquable. En VOD. (Le Pacte)
L’ADIEU
L'Adieu« La vie, ce n’est pas ce que tu fais mais comment tu le fais. » C’est NaI Nai qui parle ainsi à Bili, sa petite fille devenue une écrivaine… Ce que la gentille et drôle de grand’mère ignore, c’est qu’elle bien malade et qu’un cancer du poumon va bientôt l’emporter. Alors la famille qui vit aux Etats-Unis organise un mariage en Chine pour se réunir autour de l’aïeule. S’appuyant sur la tradition chinoise qui veut qu’on cache un diagnostic fatal pour ne pas que la personne meure de se savoir condamnée, la cinéaste sino-américaine Lulu Wang a construit un film qui distille de superbes émotions autour d’un pieux mensonge. La rappeuse et actrice américaine Awkwafina incarne avec subtilité la belle Bili. Disponible en VOD. (M6)
LES SIFFLEURS
Les SiffleursInspecteur de police à Bucarest, Cristi se rend sur l’île de la Gomera, aux Canaries, pour apprendre le Silbo, une langue sifflée ancestrale. Le flic corrompu doit, en effet, aider un mafieux à sortir de prison et à récupérer un gros magot. La langue sifflée doit l’aider à échapper à ses collègues qui l’ont mis sur écoute… Le Roumain Corneliu Porumboiu (connu pour avoir remporté la Caméra d’or à Cannes 2006 pour 12h08 à l’est de Bucarest) construit un polar passablement déroutant mais également intriguant autour des tribulations de Cristi au milieu de personnages tous plus troubles les uns que les autres. Et quand, avec la sulfureuse Gilda, l’amour s’en mêle, rien ne va évidemment se passer comme prévu… De plus, Porumboiu s’amuse avec de multiples références, notamment musicales, au cinéma. En VOD. (Diaphana)
VERLOREN
VerlorenA chaque date anniversaire de la mort de sa femme, Tom et sa fille Romina se livrent au même rituel : accrocher des photos à un cerf-volant qui monte dans le ciel en hommage à disparue. Mais cette fois, la corde casse, le cerf-volant s’éloigne et Romina, lancée à sa poursuite, disparaît dans la forêt… Lorsque Tom revient chez lui, il se trouve face à face avec sa… femme. Est-il le seul à penser qu’elle est morte ? Avec un budget très modeste, le jeune cinéaste allemand Marco Pultke donne un premier film fantastique et « familial » qui ne manque pas de qualités et de surprises… surnaturelles. Sans effets spéciaux, Pultke réussit à distiller le mystère autour de ce Tom qui semble perdre la tête… Disponible sur le site de l’éditeur. (Artus)
LES INCOGNITOS
Les IncognitosL’agent Sterling est le plus stylé de tous les espions. Le très cool Lance et le scientifique Walter Beckett sont très différents. Mais le second invente des gadgets impressionnants que Lance utilise sur le terrain. Alors qu’une mission tourne mal, le duo plutôt excentrique va devoir s’organiser dans un monde en danger. Les studios Blue Sky (L’Âge de Glace ou Rio) donnent, autour des codes du buddy movie et aussi du pastiche de James Bond, un film d’animation efficace qui sait mettre en œuvre des ressorts comiques de qualité. D’autant que l’hyper-entraîné Lance Sterling va devoir composer, en guise de camouflage idéal, avec… un pigeon. Disponible en VOD. (Fox)
VALIDE
ValidéParti de rien, Apash est un jeune rappeur qui a réussi à faire le buzz lors d’une émission iconique sur Skyrock. Mais son ascension dans l’univers du rap ne va pas être un long fleuve tranquille car Clément alias Apash s’est fait deux gros ennemis sur la scène rap française.
Réalisateur de Taxi 5, Franck Gastambide signe, dans une série Canal+ (dix épisodes de 30 mn) un récit d’apprentissage autour d’un artiste talentueux (Clément Penhoat) rattrapé par sa vie d’avant. L’occasion pour le réalisateur/comédien de traiter de l’univers du rap game mais aussi de lui donner un style film noir… Une jolie réussite. En VOD. (Studiocanal)
LES VETOS
Les VetosAu fond du Morvan, Nicolas le vétérinaire, a bien du mal pour sauver tout à la fois ses patients, sa clinique, sa famille, d’autant que son associé a décidé de partir à la retraite. Pour sa relève, celui-ci propose Alexandra, sa nièce, diplômée depuis peu. Mais si Alex est brillante et major à Alfort, elle est aussi bien mal embouchée. Avec Clovis Cornillac et Noémie Schmidt en tête d’affiche, Julie Manoukian évoque ces vétérinaires de campagne qui représentent une manière de ruralité authentique. Si le scénario est assez prévisible, l’histoire est sympathique avec ce véto bougon, humaniste et bienveillant et cette  « gamine » qui va doucement se grandir. Disponible en VOD. (UGC)
LE BAGARREUR
Le Bagarreur« Qui c’est ce gars ? – Un gars qui possède une mine d’or dans les poings. » A La Nouvelle Orléans, en 1933, un escroc arrogant (James Coburn) met la main sur le mystérieux Chaney et réussit à convaincre ce gros cogneur de s’associer dans une suite de combats clandestins. Plus qu’un film d’action, le premier film réalisé en 1975 par Walter Hill (Les guerriers de la nuit ou 48 heures) est une bonne chronique sur la misère et la violence dans l’Amérique malmenée par la Grande dépression. Dans un rôle taillé sur mesure pour lui, Charles Bronson, les muscles saillants et le visage cabossé, est excellent en bagarreur qui sait qu’il a tout à perdre. En VOD. (Sidonis Calysta)
SOL
SolGrande dame du tango argentin, Sol Cortis a quitté Buenos Aires pour revenir à Paris et panser une plaie profonde depuis trop longtemps ouverte. Elle veut enfin rencontrer Jo, 7 ans, l’enfant de son fils Raphaël, mort trop tôt… Mais Sol prend peur face à Eva, la mère du gamin. Elle ne sait que lui dire et prétend alors vouloir louer le studio sur leur palier… Commence une lente approche de Jo et de sa mère par une grand’mère joyeusement fantaisiste qui mettra en œuvre des trésors de tendresse… En s’appuyant sur Camille Chamoux en mère speedée et une Chantal Lauby étonnante en diva à l’âme libre, Jézabel Marques réussit une histoire familiale touchante aux accents nostalgiques du tango. En VOD. (Studiocanal)
WARNING : DO NOT PLAY
Warning Do Not PlayDepuis 8 ans, Mi-Jung, cinéaste en devenir, essaye de monter un film d’horreur. Quand un ami lui apprend l’existence d’une effrayante production tournée par un… fantôme, M-jung sait qu’elle tient son sujet. Elle va alors écrire un scénario qui met en scène une jeune cinéaste sur les traces de l’étrange film. Bientôt la frontière entre son film et sa vie commence à se diluer. Avec ce film présenté à Gérardmer en janvier dernier, le Coréen Kim Jin-won joue la carte de la mise en abyme… Si le scénario n’est pas très limpide, la mise en scène est de qualité, les lumières sont impressionnantes et la comédienne Seo Ye-ji tout à fait convaincante. Disponible en VOD. (Wild Side)
RENDEZ-VOUS CHEZ LES MALAWAS
MalawasPour l’édition « spécial Noël » de son émission Rencontre au bout du monde, l’animateur-vedette Léo Poli (Pascal Elbé) décide d’entraîner quatre célébrités dans l’univers des Malawas, l’une des tribus les plus isolées du monde en Afrique du Sud. Se retrouvent là une rock-star du stand-up (Ramzy Bedia), la vétérinaire préférée des Français (Sylvie Testud), Kévin, la mascotte de l’équipe de France (Michael Youn) et Julien Gosset-Grainville, le présentateur du 20h (Christian Clavier). Quatre people qui vont devoir s’adapter au mode de vie d’une ethnie à mille lieux de leurs préoccupations… Avec des personnages aussi narcissiques que névrosés, une comédie qui ne craint pas l’absurde pour se moquer des stars de la télé-réalité. Disponible en VOD. (Pathé)

LE MONSTRE, LE TRUAND, LES SŒURS, LES INFILTRES ET LA PSY…  

ELEPHANT MAN
Elephant Man En se penchant sur l’histoire vraie de Joseph (devenu John dans le film) Merrick, homme difforme et tragique phénomène de foire, David Lynch entre, dès son second film, en 1980, dans la légende du cinéma. Pour le 40eanniversaire de la sortie de cet hymne poignant à la tolérance, on retrouve une belle version restaurée qui permet de se replonger, à Londres en 1884, dans la terrifiante histoire d’un monstre qui est aussi et surtout un véritable être humain sensible et intelligent. « Je ne suis pas un animal, je suis un homme » hurle un Merrick superbement incarné par John Hurt, méconnaissable sous son maquillage, face à Anthony Hopkins en médecin attentif. Un chef d’œuvre de beauté et de pudeur sur le respect de la dignité humaine. Disponible en VOD. (Studiocanal)
LE LAC AUX OIES SAUVAGES
Lac Oies SauvagesA la suite d’un règlement de compte entre familles mafieuses rivales autour d’un trafic de motos, Zhou Zenong abat par erreur un policier… Le gangster est désormais traqué et sa tête est mise à prix. Une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté, choisit de lui venir en aide. On avait découvert Diao Yinan, en 2014, avec le remarquable Black Coal, primé à la Berlinale. En compétition cette année à Cannes, le cinéaste chinois offre une vision de son pays qui fait froid dans le dos. La violence est omniprésente et on a du mal à faire la différence entre les policiers et les malfrats. Mais surtout cet impressionnant film d’action repose sur une mise en scène virtuose, des lumières (et des ombres) superbes, une interprétation sans défaut. Disponible en VOD. (Memento)
LES FILLES DU DOCTEUR MARSH
Filles Docteur MarchEn 1868, Joséphine « Jo » Marsh fait le siège d’un éditeur new-yorkais pour lui vendre le roman d’une amie mais c’est évidemment elle, l’auteur… Dans une nouvelle adaptation du best-seller de Louisa May Alcott, Greta Gerwig, nouvelle coqueluche du cinéma « indé » américain, retrouve les personnages de Meg, Amy, Beth et Jo, quatre sœurs de la classe moyenne américaine durant la Guerre de Sécession… Si les costumes, les broderies et tout ce qu’il faut pour réussir un film en costumes sont bien au rendez-vous, le ton de cette histoire, au centre de laquelle on trouve Jo et son désir de réussir par elle-même, est, lui, très moderne. On peut même voir, dans la démarche de la talentueuse cinéaste, une véritable approche féministe… Disponible en VOD. (Sony)
FAUDA – SAISON 3
Fauda S3Considérée comme l’une des toutes meilleures séries des années 2010, Fauda (« chaos » en arabe) revient pour une troisième saison (12 épisodes de 43 min.) et on replonge d’emblée dans les actions très violentes entre attentats, assassinats ciblés ou torture. A Dahariya, petit village de Cisjordanie, Doron Kabillio, l’un des piliers des services spéciaux israéliens (l’excellent Lior Raz, également co-créateur de la série), est infiltré, sous le nom d’Abou Fadi, comme entraîneur de boxe. Il a pris sous son aile Bashar, jeune cousin d’un chef du Hamas, cible prioritaire des Israéliens. Du côté de Gaza et de ses fameux tunnels, la série développe des intrigues intenses et palpitantes mais explore la complexe situation politique israélo-palestinienne. Disponible en VOD. (Wild Side)
UN DIVAN A TUNIS
Divan TunisLasse d’exercer en France, Selma, 35 ans, a décidé d’ouvrir son cabinet de psychanalyse dans un quartier populaire de Tunis. Elle pense qu’au lendemain de la Révolution, la demande est forte dans ce pays « schizophrène ». Avec son premier long-métrage, Manele Labidi réussit une pétillante comédie satirique, volontiers provocatrice, portée par la belle énergie de Golshifteh Farahani, psy déboussolée par les demandes étonnantes ou déroutantes de ses patients potentiels. Si Sigmund Freud, figure tuléraire, n’en pense pas moins, le regard que portent les Tunisiens sur l’une des leurs est savoureux parce qu’ils ne comprennent pas comment elle a pu quitter le pays de toutes les libertés. Disponible en VOD. (Diaphana)
UNE VIE CACHEE
Vie Cachée« Je ne peux pas faire ce que je crois être mal ». Pour Franz Jägerstatter, modeste paysan autrichien, il n’est pas question de se battre aux côtés des nazis et il refuse de faire son service militaire. Porté par une foi puissante et par son amour pour sa femme Fani, il choisira un chemin courageux qui le fera condamner à la peine capitale. En s’appuyant sur une histoire vraie, l’Américain Terrence Malick brosse le portrait d’un homme libre (August Diehl au jeu intense et habité) considéré comme un traître à son pays et qui ira au calvaire. Dans une mise en scène plus linéaire que dans ses œuvres précédentes, le cinéaste des Moissons du ciel inscrit cette destinée dans une allégorie au cœur de la nature où passe un souffle spirituel puissant… Disponible en VOD. (UGC)
VICE SQUAD
Vice SquadDans son excellente collection Make My Day, Jean-Batiste Thoret a toujours le chic pour débusquer de jolies pépites méconnues du grand public. C’est encore le cas avec cette Descente aux enfers (en v.f.) où Princess, mère de famille le jour et prostituée la nuit, collabore avec la police de Los Angeles afin de permettre l’arrestation de Ramrod, le meurtrier de sa meilleure amie. Mais celui-ci (Wings Hauser, épatant en souteneur psychopathe) parvient à s’échapper et décide de se venger. En 1982, le méconnu, lui aussi, réalisateur Gary Sherman s’y entend pour créer une atmosphère urbaine bien glauque et crasseuse dans Los Angeles by night. Une traque d’une seule nuit parfaitement palpitante… Disponible en VOD. (Studiocanal)
L’AMIE PRODIGIEUSE – SAISON 2
Amie Prodigieuse S2Considérable succès d’édition, la saga romanesque d’Elena Ferrante a aussi connu le succès public et critique avec la saison 1 de son adaptation en série télé. Dans la saison 2 sous-titré Le nouveau nom, Lila et Elena sont désormais âgées de 16 ans. Si Lila, toujours en colère, se conforme tant bien que mal à son rôle d’épouse dans le Naples de l’après-guerre, Elena poursuit des études à Pise mais éprouve du mal à s’imposer. On retrouve à nouveaux deux personnalités au caractère bien trempé, à l’opposé l’une de l’autre et pourtant inextricables. La série propose aussi une remarquable approche de l’identité des femmes dans une époque peu propice à leur émancipation… Disponible en VOD. (Studiocanal)
LE SYSTEME K
Systeme KAu cœur d’un indescriptible chaos social et politique, une scène contemporaine bouillonnante agite en permanence Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo… Réalisateur de l’excellente Benda Bilili! (2010), Renaud Barret s’est fondu dans un mouvement qui envahit les rues et qu’on n’arrête pas. Dans un documentaire très dynamique, le cinéaste montre à l’œuvre, entre récupération et recyclage, une génération spontanée de sculpteurs, de plasticiens et de performers au cœur de la pénurie générale et du besoin d’expression dans une société cadenassée. Des créateurs ambulants qui créent les conditions de leur propre survie tandis que l’art est une manière de conjurer le sort. Disponible en VOD. (Le Pacte)
LE PHOTOGRAPHE
Le PhotographePhotographe ambulant devant la Porte de l’Inde à Bombay, Rafi prend en photo la discrète Miloni. Lorsque son envahissante grand’mère presse Rafi de se marier, Miloni accepte de se faire passer pour la promise de Rafi. Réalisateur du très fêté The Lunchbox (2013), Ritesh Batra donne, ici, une comédie sentimentale qui pointe l’énorme fossé entre les classes sociales en Inde. Rafi est un modeste villageois venu travailler tant bien que mal à la ville. Major de sa promotion dans son école de commerce, Miloni appartient à un milieu aisé… Tous les deux subissent la forte pression de leurs familles mais, entre ces deux êtres discrets, va lentement naître quelque chose qui relève d’un amour impossible. Mélancolique ! Disponible en VOD. (Le Pacte)
LA SAINTE FAMILLE
Sainte Famille« Les secrets de famille, tout le monde les connaît, c’est fait pour ça… » En se glissant dans une famille dans tous ses états, Louis-Do de Lencquesaing signe un film sensible sur le couple et ses déboires, sur les enfants adolescents, sur l’adultère, l’homosexualité, l’héritage mais aussi sur la disparition des êtres chers. En s’appuyant sur une belle brochette de comédiens (Marthe Keller, Laura Smet, Thierry Godard, Léa Drucker) l’acteur/réalisateur (qui incarne un brillant universitaire qui va se retrouver ministre de la Famille) travaille à petites touches, glissant des uns aux autres dans une comédie dramatique et mélancolique qui n’a rien d’un conventionnel « film de famille ». Disponible en VOD. (Pyramide)
LA CORDILLERE DES SONGES
Cordilliere SongesAu Chili, quand le soleil se lève, il a dû gravir des collines, des parois, des sommets avant d’atteindre la dernière pierre des Andes. Véritable colonne vertébrale qui parcourt l’Amérique du Sud du nord au sud, les Andes couvrent 80% du Chili. Documentariste reconnu notamment pour La nostalgie de la lumière, le Chilien Patricio Guzman dévoile les révélateurs mystères de la Cordillère dans des images magnifiques. Le cinéaste s’inscrit dans une démarche politique à travers cette Cordillère qui est partout mais qui demeure, pour les Chiliens, une terre inconnue. Au-delà de l’aspect plastique du film, Guzman évoque aussi l’histoire et la mémoire du Chili, notamment l’empreinte qu’a laissé le régime dictatorial de Pinochet… Disponible en VOD. (Pyramide)

LA PALESTINE, LA STAR, L’ASTRONAUTE, L’ADOLESCENTE ET LE REVE  

IT MUST BE HEAVEN
It Must Be HeavenEntre Nazareth, sa ville natale, Paris et New York, Elia Suleiman promène son double muet dans une fable à l’écriture élégante qui interroge l’état du monde. Après Intervention divine (2002) ou Le temps qu’il reste (2009, le cinéaste retrouve ce candide aux allures de Buster Keaton ou de Jacques Tati. Avec lui et ceux qu’il croise (du vieux voisin chasseur au taxi new-yorkais en passant par les Japonais perdus dans Paris), Suleiman évoque toujours cette Palestine chaotique mais qu’il espère ardemment. En même temps, le réalisateur rencontre des producteurs pour des projets qui ne se feront pas… Une œuvre aux apparences « lunaires » mais dont le fond politique est constamment présent. Disponible en VOD. (Le Pacte)
LA VERITE
VeriteIcône du cinéma, Fabienne Dangeville va publier ses mémoires. Pour l’occasion, sa fille Lumir, scénariste installée à New York, revient à Paris avec son mari américain. Les retrouvailles vont bientôt virer à la confrontation entre une mère concentrée sur sa carrière et une fille qui déplore d’avoir été mise de côté. Palme d’or 2018 pour Une affaire de famille, le Japonais Hirokazu Kore-eda reste fidèle à ses thèmes favoris (la famille et les relations parents-enfants) tout en proposant un épatant portrait d’une grande actrice dont l’existence oscille entre réalité et fiction. Si Juliette Binoche est remarquable dans le rôle de Lumir, on constate que Kore-eda observe, avec une fascination certaine, Catherine Deneuve à l’œuvre (doublement) devant la caméra. Disponible en VOD. (Le Pacte)
PROXIMA
ProximaSpationaute française, Sarah s’entraîne avec acharnement en Allemagne puis à la Cité russe des étoiles pour embarquer à bord de la mission spatiale Proxima pour une durée d’un an. La jeune femme (Eva Green, remarquable de sensibilité) est inquiète pour sa fille Stella, 8 ans, avec laquelle elle vit seule et à laquelle elle ne peut consacrer assez de temps… Et une promesse non tenue viendra encore troubler la mère et la fille… Connue pour Augustine en 2012, Alice Winocour fait le portrait d’une superhéroïne qui est aussi une mère. En s’appuyant sur des témoignages de femmes astronautes, la cinéaste rend un bel hommage à des femmes qui s’appliquent à concilier leurs rêves et leur vie privée. Disponible en VOD. (Pathé)
LA FILLE AU BRACELET
Fille BraceletDepuis deux ans, Lise, 18 ans, porte un bracelet. Rien à voir avec un colifichet de fantaisie. Ce solide bracelet est accroché à sa cheville parce qu’elle est accusée d’avoir tué sa meilleure amie. Dans un film dépouillé, parfois glaçant et précis dans sa description d’un procès d’assises (même si l’avocate générale –Anaïs Demoustier- prend bien librement la parole !), Stéphane Demoustier détaille la mécanique judiciaire pour cerner la personnalité de cette fille quasiment mutique qu’est l’accusée. Nouvelle venue au cinéma (et bien entourée par Roschdy Zem et Chiara Mastroianni qui incarnent des parents perdus), Melissa Guers parvient avec brio à nous faire mesurer les abîmes et les non-dits d’une vie d’adolescente d’aujourd’hui. Disponible en VOD. (Le Pacte)
LE CHEIK BLANC
Cheik BlancLectrice passionnée de romans-photos, Wanda Cavalli est en voyage de noces à Rome. Tandis que son mari cherche à participer à une audience papale, elle préfère partir à la recherche de son idole… Mais derrière le Cheik blanc qu’elle rencontre sur un tournage à Ostie, se cache seulement un type lâche et vulgaire… Le premier film en solo de Federico Fellini où la musique de Nino Rota résonne déjà. Giulietta Masina fait une courte apparition et Alberto Sordi entame, ici, sa carrière d’immense star italienne. Souvent sous-estimé et sans doute fait un peu de bric et de broc, ce film en noir et blanc des débuts fait la part à des personnages touchants et surtout à des séquences oniriques comme substitut aux contingences frustrantes de la réalité… Disponible en VOD. (Studiocanal)
ROULETTE
RouletteAyant perdu ses parents dans un accident de voiture, Sina a peu à peu plongé dans la précarité. Sans-abri, elle survit dans la rue à Hambourg en mendiant ou en volant des touristes naïfs. Un jour, elle croise Michèle, une ancienne camarade de classe, qui lui propose de se sortir de la mouise. Il suffit pour cela de jouer à la roulette russe devant un public payant… Si elle survit, elle emporte 15000 euros. Pour son premier film et avec un budget très modeste, l’Allemand Julian Schöneichs réussit un bon thriller rondement mené autour d’une jeune femme (Lena Steisslinger) qui joue un jeu d’autant plus dangereux qu’elle va rapidement s’opposer à des truands sadiques et évidemment totalement dépourvus de scrupules. Disponible sur le site de l’éditeur. (Artus)
LE MEILLEUR RESTE A VENIR
Meilleur Reste VenirL’un est sage, sérieux, divorcé. L’autre est fanfaron, angoissé et coureur de jupons. A la suite d’un énorme malentendu autour d’une carte Vitale, ces copains de toujours, persuadés, chacun, que l’autre n’a plus que quelques mois à vivre, vont tout plaquer pour rattraper le temps perdu. Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, auteurs du Prénom (3,3 millions d’entrées en 2012), ont imaginé une belle histoire d’amitié. D’abord agréable comédie grâce aux talents conjugués de Fabrice Luchini et de Patrick Bruel, le film glisse doucement vers une réflexion plus grave sur le sens de la vie où les comédiens réussissent à faire passer une jolie émotion. Disponible en VOD. (Pathé)
5 EST LE NUMERO PARFAIT
5 Numero ParfaitEx-tueur à gages de la Camorra, Peppino Lo Cicero a rangé ses calibres. Désormais, il n’a d’yeux que pour son fils, sa grande fierté. Mais lorsque celui-ci est abattu dans un guet-apens, « Peppi » constate : « Le sang appelle le sang » et décide de partir en guerre, avec son ami Toto le boucher, contre les clans mafieux du Naples des années 70. Auteur de bandes dessinées, l’Italien Igort adapte, ici, son roman graphique éponyme et orchestre, dans l’atmosphère nocturne de Naples, l’aventure d’un retraité qui retourne au casse-pipes punitif. Affublé d’un nez aquilin, le remarquable Toni Servillo, acteur-fétiche de Paolo Sorrentino (Il divo, La Grande Bellezza, Silvio et les autres) campe un père lancé dans une sauvage vendetta contre ses anciens employeurs. Disponible en VOD. (M6)
LE MYSTERE VON BULOW
Mystere Von BulowAu début des années 1980 aux Etats-Unis, Claus von Bülow, ancien avocat dandy et oisif, époux de la richissime Sunny, est accusé d’avoir tué sa femme par une injection criminelle d’insuline. En 1990, Barbet Schroeder adapte le livre d’Alan Dershowitz (Ron Silver) et raconte comment cet avocat constitua une équipe de juristes afin d’obtenir l’acquittement de son client sans être persuadé de son innocence. Porté par Glenn Close (Sunny) et un Jeremy Irons impeccable en séducteur inquiétant (le rôle lui valut l’Oscar du meilleur acteur 1991), le film, en flash-backs, se démarque des films de prétoire pour devenir une sorte de joute où affleurent les zones d’ombre et les non-dits. Disponible en VOD. (L’Atelier d’images)
MATTHIAS ET MAXIME
Matthias MaximePour les besoins d’un court-métrage amateur, deux amis d’enfance vont être amenés à s’embrasser… Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l’équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences. On connaît depuis Lawrence Anyways, Mommy ou Juste la fin du monde, l’indiscutable talent du cinéaste Xavier Dolan qui incarne aussi Maxime à l’écran. Le Québécois livre l’une de ses œuvres foisonnantes et toniques qui questionne la découverte d’un amour, les interrogations qu’il suscite, les élans qu’il procure… On se glisse avec aisance dans cette bande d’amis habitée par une énergie communicative et touchante. Disponible en VOD. (Diaphana)
TERMINAL SUD
Terminal SudDans un pays indéterminé mais plongé dans un permanent climat d’insécurité, un médecin tente d’accomplir son devoir au sein d’un centre hospitalier. Un jour, son destin bascule lorsqu’il est pris en étau entre deux groupes paramilitaires… Connu pour Wesh Wesh, qu’est-ce qui se passe ? (2002), Rabah Ameur-Zaïmeche réussit, pour son septième long-métrage, un drame puissant (et fonctionnant par des évocations symboliques) qui aborde des thèmes dont la portée dépasse le cadre du pays « imaginaire » puisqu’il est question de violence, d’oppression mais aussi de perte des valeurs humanistes. Dans un registre dramatique et avec un personnage perdu aux portes de l’enfer, Ramzy Bedia est excellent. Disponible en VOD. (Potemkine)
VIC LE VIKING
Vic VikingHabituellement, le Viking est un guerrier costaud et casqué, braillard, moustachu et sans peur. Vic, lui, est plutôt un modèle chétif mais il a plus d’un tour dans son sac…  Quand son père, Halvar, dérobe à son ennemi juré une épée magique qui transforme tout en or, l’appât du gain sème la pagaille chez les Vikings. Vic va alors devoir embarquer pour un périlleux voyage vers une île mythique du grand Nord pour briser le sortilège de l’épée d’Odin… En s’appuyant sur une série jeunesse des années 70, le réalisateur Eric Cazes signe un film (européen) d’animation bien fait et entraînant pour raconter les aventures initiatiques du malicieux Vic. Disponible en VOD. (M6)

LES INSECTES, L’ENFANT, L’ENQUETE, LA SECTE ET LES OUVRIERES  

PHASE IV
Phase IVDans une vallée de l’Arizona, un scientifique découvre que le cosmos influence certaines espèces de fourmis doués d’intelligence et de stratégie… Bientôt les insectes vont mener des attaques sophistiquées contre les humains… « Mais qu’est-ce qu’ils veulent ? » s’inquiète un chercheur… En 1974, Saul Bass –graphiste célèbre pour ses génériques de films, notamment pour Hitchcock ou Preminger- met en scène son unique long-métrage et signe un thriller écologique qui fourmille d’idées visuelles inventives et excelle à faire monter l’angoisse. Dans la collection Ultra Collector, on trouve un beau coffret avec le film en version restaurée, six courts-métrages inédits, la fin originale imaginée initialement par Bass et Phase IV, éclipse de l’humanité, un livre inédit (200 p.) de Frank Lafond, fruit d’un minutieux travail d’exploration des archives du réalisateur. En raison de la situation sanitaire actuelle, la sortie a été repoussée au 17 juin. Disponible sur le site de l’éditeur pour quelques jours de précommande. (Carlotta)
GLORIA MUNDI
Gloria MundiLongtemps incarcéré, Daniel sort de prison et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était devenu grand-père. Leur fille Mathilda a donné naissance à une petite Gloria. Mais le temps a passé et chacun a refait sa vie. Toujours fortement ancré dans sa cité phocéenne natale (véritable personnage de son film), Robert Guédiguian donne une nouvelle page de sa belle saga des petits gens au cœur grand comme ça. Grâce à la fidèle tribu du maître, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan en tête, rejoints par Anaïs Demoustier ou Robinson Stévenin, on s’attache pleinement, dans cette réflexion sur la quête du bonheur, à ces touchants personnages qui luttent par tous les moyens pour rester débout. Disponible en VOD. (Diaphana)
A COUTEAUX TIRES
Couteaux TirésCélèbre auteur de polars, Harlan Thrombey, 85 ans, est retrouvé mort dans sa somptueuse demeure… Un commanditaire anonyme a embauché le détective privé Benoît Blanc afin d’élucider l’affaire. L’enquête va être mouvementée entre une famille qui se déchire sévèrement et du personnel toujours dévoué. Dans la bonne tradition d’Agatha Christie et du Cluedo, voici un divertissement policier franchement jubilatoire. Daniel Craig oublie un temps son 007 pour jouer les détectives affables au milieu d’un parterre de vedettes (Jamie Lee Curtis, Toni Collette, Chris Evans, Ana de Armas). Fausses pistes et rebondissements à gogo ! On renonce à trouver le coupable mais on s’amuse jusqu’au bout. Disponible en VOD. (Metropolitan)
LES EBLOUIS
Les EblouisA douze ans, Camille, aînée d’une famille nombreuse et passionnée de cirque, est en première ligne pour voir ses parents rejoindre une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité mais qui va s’avérer de plus en plus inquiétante. En s’appuyant sur ses propres souvenirs familiaux, Sarah Suco réussit un premier film, porté par d’excellents comédiens (Camille Cottin et Eric Caravca, les parents ou Jean-Pierre Darroussin en mielleux et sinistre « berger ») qui décrit une lente descente dans l’enfer des dérives sectaires. Face à un système opaque et étouffant, Camille (Céleste Brunnquell, épatante) va devoir se battre pour affirmer sa liberté et sauver ses frères et sœurs… Glaçant ! Disponible en VOD. (Pyramide)
MADE IN BANGLADESH
Made Bangladesh« Nous sommes des femmes. Fichues si l’on est mariées. Fichues si on ne l’est pas. » Autant dire qu’être femme au Bangladesh n’est pas une sinécure. Quant à travailler dans une usine textile, c’est la certitude de l’exploitation. L’histoire commence lorsqu’une alerte incendie met la panique chez des ouvrières. Un peu à la manière des frères Dardenne, Rubaiyat Hossain raconte par le menu le combat de Shimu, 23 ans, une jeune couturière qui décide de créer une section syndicale dans son usine. Avec la mondialisation en toile de fond, on suit l’intense combat d’une entêtée pour la défense des droits des femmes. Car Shimu a décidé de résister malgré les obstacles multiples, y compris son propre mari qui voudrait la garder sous sa coupe à la maison. Puissant et captivant. Disponible en VOD. (Pyramide)
LE DESTIN AU TOURNANT
Destin TournantAu fil de son imposante carrière, Mickey Rooney (1920-2014), bébé-acteur puis adolescent-star a surtout interprété des rôles sympathiques. Il est célèbre notamment pour le personnage récurrent d’Andy Hardy qu’il incarna dans quinze films. Pourtant, en 1954, il incarne devant la caméra de ce solide artisan qu’est Richard Quine, une figure plus complexe. Mécanicien complexé par sa petite taille, Eddie Shannon s’éprend de la belle Barbara. Mais celle-ci le piège pour servir de chauffeur à deux de ses amis qui préparent un hold-up. Par amour pour Barbara, Eddie, qui est un excellent conducteur, accepte… Un solide film noir et un rôle rare pour Mickey Rooney. Disponible sur le site de l’éditeur. (Sidonis Calysta)
ANDRE TECHINE
Souvenirs FranceVoici une belle occasion de se replonger dans l’œuvre d’André Téchiné, un cinéaste qui a alterné les aventures romanesques et les récits intimistes. On le retrouve avec Souvenirs d’en France (1975), une chronique, sur trente ans, de la vie d’une famille de la bourgeoisie provinciale du Sud-Ouest. Autour des excès du cœur et les vertiges de la passion, Rendez-vous (1985) fait le récit d’une éducation sentimentale, sexuelle et théâtrale. Avec Le lieu du crime (1986), Téchiné filme Catherine Deneuve (avec laquelle il a tourné huit films) dans une chronique mélancolique, au soleil du Sud-Ouest, qui vire au film à suspense. En version restaurée, les films sortent pour la première fois en blu-ray. Disponible sur le site de l’éditeur. (Carlotta)
U-235
U-235En 1941, une mission secrète est confiée à un groupe de résistants belges. Acheminer, à bord d’un sous-marin allemand, une cargaison d’uranium depuis le Congo belge jusqu’en Amérique. Objectif : permettre aux Américains de concrétiser le projet Manhattan, de réaliser la première bombe atomique et ainsi de prendre une option définitive sur la victoire contre les nazis. Si l’action se déroule à bord d’un sous-marin (on songe à Das Boot de Wolfgang Petersen ou au récent Chant du loup), ce qui intéresse avant tout le cinéaste flamand Sven Huybrechts, c’est de faire le portrait d’une bande de sauvages tueurs de nazis assez bas du front façon Inglourious Basterds. Un huis clos palpitant, une tension permanente et, évidemment, des combattants qui, face au danger et à la mort, se conduiront en héros… Disponible en VOD. (Wild Side)
CHANSON DOUCE
Chanson DouceMère de deux enfants, Myriam (Leïla Bekhti) décide, contre l’avis de son mari (Antoine Reinartz), de reprendre son travail au sein d’un cabinet d’avocats. Le couple se met donc en quête d’une nounou. Après un casting strict de nourrices, ils engagent Louise. Celle-ci va très vite se faire apprécier avant de prendre une place de plus en plus importante dans la famille. En 2016, pour son second roman, Leïla Slimani obtient, au premier tour, le prestigieux prix Goncourt. Ancienne assistante d’Arnaud Desplechin, Lucie Borleteau s’est emparée du roman pour le transposer au grand écran. Si le film, à sa sortie, a partagé la critique, Karin Viard a fait l’unanimité pour son impressionnant personnage de nounou sociopathe. Disponible en VOD. (Studiocanal)
LE JEUNE MESSIE
Jeune MessieEn Egypte où Joseph et Marie se sont réfugiés depuis la naissance de leur fils, Jésus a déjà accompli des miracles, effrayant les gens de son entourage. Ses parents décident donc de prendre le chemin du retour vers Nazareth… Tourné en Italie et notamment dans la beau cadre de Matera, le film de l’Américain Cyrus Nowsasteh se propose de réinventer l’enfance de Jésus en restant fidèle à des Evangiles qui n’en disent que peu sur cette période… Revenu en Israël, le gamin va notamment croiser Severus (Sean Bean), le centurion envoyé à ses trousses par Hérode et qui sera touché par la grâce. L’aventure d’une famille dont l’enfant (le charmant Adam Greaves-Neal) dispose de pouvoirs divins mais est surtout en quête de réponses. « Un jour, tu me diras pourquoi je suis là ! » dit-il s’adressant au ciel… Disponible en VOD. (Saje)
LE TRAITRE
Le TraitreAu début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Menacé, Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, part se réfugier au Brésil. Les siens étant assassinés en Italie et étant extradé, il décide de parler au juge Falcone. A travers un traître (Pierfrancesco Favino, vu dans Romanzo Criminale) qui rompt son serment à Cosa Nostra, le vétéran italien Marco Bellochio donne une fresque sobre et énigmatique qui s’éloigne de la verve épique de la saga du Parrain de Coppola pour creuser des obsessions autour de la famille brisée… Une œuvre presque sépulcrale qui impressionne par ses tensions et ses silences. Disponible en VOD. (Ad Vitam)
SYMPATHIE POUR LE DIABLE
Sympathie Diable« Un journaliste se doit d’être à l’endroit exact où on lui interdit d’être. » C’était le credo de Paul Marchand, reporter de guerre, disparu en 2009. En novembre 1992, il est à Sarajevo, au cœur d’un conflit fratricide qui laisse la communauté internationale impavide. Avec une approche semi-documentaire, le cinéaste québécois Guillaume de Fontenay se penche, dans une oeuvre sobre et forte, sur la guerre de Bosnie à travers le regard et les interrogations d’un journaliste (incarné par Niels Schneider) sur un conflit absurde mais aussi sur le sens de son métier… Un film hyperréaliste qui rend hommage au courage des reporters de guerre. Disponible en VOD. (ESC)

DREYFUS, LA MAIN, MONTFERMEIL, CHARLTON ET LA CRISE CRECQUE  

J’ACCUSE
AAAJAccuseEn janvier 1895, dans l’immense cour de l’Ecole militaire à Paris, le capitaine Alfred Dreyfus est dégradé tandis que des cris haineux fustigeant le traître juif s’élèvent de la foule massée alentour… Dans cette foule, se tient Georges Picquart, l’officier qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage français, démontrera que Dreyfus était innocent. En s’emparant d’une emblématique erreur judiciaire qui a marqué l’histoire française et divisé la société, Roman Polanski (couronné aux récents César) réussit une œuvre brillante et implacable sur les errements des autorités militaires. Dans une mise en scène maîtrisée, Jean Dujardin (Picquart), entouré de comédiens remarquables (Gregory Gabedois en tête) est remarquable en officier découvrant une machination. Un film puissant qui dénonce l’antisémitisme, toujours d’actualité hélas, en France… (Gaumont)
J’AI PERDU MON CORPS
AAAJaiPerduMonCorpsDans un hôpital de la région parisienne, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver le corps auquel elle appartient, en l’occurrence celle de Naoufel qui, lui, est tombé amoureux de Gabrielle… Dans sa cavale vertigineuse, la main va croiser l’histoire de Naoufel, qui rêvait d’être pianiste et astronaute, et de son amie. Sur une belle bande musicale de Dan Levy (César de la meilleure musique originale), voici de l’animation française de haut vol, originale et enlevée. Jérémy Clapin et son équipe ont tout juste, mêlant le conte, le thriller, la comédie dramatique, un regard social sur la précarité et de belles envolées poétiques ou lyriques. Et ils s’offrent même un clin au cinéma de genre avec de l’horreur, de l’action, des émotions. Une vraie réussite couronnée du César du meilleur film d’animation !  (Sony)
LES MISERABLES
AAAMiserablesSur les Champs-Elysées, la foule en liesse fête la victoire des Bleus de Didier Deschamps au Mondial russe. Un beau moment de fraternité… Hélas provisoire puisque, pour son premier long-métrage de fiction, Ladj Ly plonge le spectateur dans la cité des Bosquets à Montfermeil (93)… Arrivé de Cherbourg pour se rapprocher de la mère de son fils, Stéphane (Damien Bonnard) intègre la Brigade Anti-Criminalité où il va faire équipe avec Chris (Alexis Manenti) et Gwada (Djebril Zonga) , deux flics chevronnés. Il va vite découvre l’atmosphère stressante de la cité. Lorsqu’une interpellation dérape, un drone filme la scène… Prix du jury à Cannes et nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, ce thriller urbain doublé d’un film de banlieue constitue un véritable choc de cinéma. La séquence finale dans un escalier d’immeuble est du pur cinéma d’action paroxystique ! (Le Pacte)
LA MAIN QUI VENGE
AAAMainQuiVengePeut-être moins connu que Gun Crazy, Asphalt Jungle, Les forbans de la nuit ou Boulevard du crépuscule, tous sortis la même année, le Dark City (1950) de William Dieterlé appartient cependant aux grands films noirs de l’âge d’or. Tout y est : le tripot clandestin et ses joueurs, les descentes de police, la nuit dangereuse, un cabaret avec une belle chanteuse, la main d’un psychopathe brutal et surtout l’atmosphère pessimiste et poisseuse de la ville… La main qui venge (en v.f.) marque aussi la première apparition à Hollywood d’un certain Charlton Heston. A 27 ans, il incarne Dan Haley, ex-soldat amer et sombre pris dans une dangereuse affaire de poker truqué et de racket… (Sidonis Calysta)
ADULTS IN THE ROOM
AAAAdultsRoomAprès sept années de crise, la Grèce est au bord du gouffre. Des élections donnent un souffle nouveau. Incarnant l’espoir de sauver son pays d’une austérité arbitraire, Yanis (Varoufakis), nommé ministre des finances par Alexis (Tsipras), va mener un rude combat dans les coulisses occultes d’âpres négociations, notamment celles de l’Eurogroupe qui constituent la colonne vertébrale de ce drame biographqiue. En s’appuyant sur Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, le livre de Yanis Varoufakis, Costa Gavras signe, derrière les portes closes du pouvoir européen, une tragédie politique fictionnelle autour d’un novice en politique et réussit un thriller géo-politico-financier où l’on croise Angela Merkel, Wolfgang Schaüble, Pierre Moscovici et même, brièvement, le président Macron… (Wild Side)
LA BELLE EPOQUE
AAALaBelleEpoqueA 60 ans passés, Victor est plutôt désabusé… Mais son existence va prendre un tour surprenant lorsqu’on lui propose une attraction d’un genre nouveau : se replonger dans l’époque de son choix. Victor choisit de revivre la semaine la plus marquante de sa vie, celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour. Avec une belle distribution (Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Fanny Ardant, Doria Tillier), Nicolas Bedos revient à la mise en scène (après Monsieur et Madame Adelman en 2017 et avant un OSS 117 annoncé pour 2021) et réussit une comédie pleine de charme qui cultive la nostalgie tout en fustigeant sans doute la dureté des temps présents. Ah, c’était mieux avant… (Orange/Pathé)
LE CROCODILE DE LA MORT
AAACrocodileMortLa moiteur estivale de la Louisiane, un motel glauque perdu à la lisière des marais, Judd un propriétaire tordu, ricanant et bien barré, un animal de compagnie pas spécialement sympathique… La bête est en effet un monstrueux crocodile, enfermé dans un enclos, qui dévore les victimes qui se perdent dans l’antre de Judd, le maniaque sexuel… En 1977, Tobe Hooper, auteur du fameux Massacre à la tronçonneuse (1974), fait, ici, honneur à son étiquette de maître du cinéma d’horreur. Même s’il est assez cheap dans sa mise en scène, le film est clairement culte pour les amateurs ! Amateurs qui se régaleront sans doute de retrouver Marilyn Burns, pas une star hollywoodienne mais assurément l’une des plus célèbres « Screaming Queen » du grand écran. Les cris de terreur de sa Faye sont un must ! (Carlotta)
LA ROUTE DE SALINA
AAARouteSalinaDans son bonne collection Make My Day, Jean-Baptiste Thoret « exhume » à nouveau une perle, en l’occurrence le plus étrange des films de Georges Lautner. L’auteur des Tontons flingueurs tourne, en 1969, l’histoire de Jonas, jeune vagabond qui s’arrête dans une station-service isolée au Mexique. Aussitôt, Mara, la patronne puis sa fille Billie (Mimsy Farmer, l’icône de More) le reconnaissent comme leur fils et frère disparu quatre ans plus tôt. Jonas décide de jouer le jeu. Un ovni, voire une anomalie (boudée par le public de l’époque) dans l’œuvre d’un cinéaste qui a réussi dans les comédies policières populaires… Voici un film noir et solaire qui plonge dans l’univers psychédélique des hippies. Une tragédie familiale à mi-chemin entre Le facteur sonne toujours deux fois et Zabriskie Point! L’un des ultimes rôles de l’iconique Rita Hayworth… (Studiocanal)
LE MANS 66
AAALeMans66« On va enterrer Ferrari aux 24h du Mans ! », c’est l’ardent souhait de Henry Ford II, le patron de la fameuse marque automobile américaine. Dans les années 60, Ford est pourtant en crise. Pour vendre des voitures, quoi de mieux que de gagner des courses ? Ford envisage alors de racheter Ferrari. Mais le rachat tourne court et Enzo Ferrari se montre même très méprisant envers Henry Ford. Pique au vif, Ford en appelle au visionnaire Carroll Shelby (Matt Damon) et à l’explosif pilote Ken Miles (Christian Bale). Le duo va mettre au point une voiture capable de gagner au Mans et surtout de battre Ferrari. Un film speedé, porté par une b.o. qui pulse, et voici une aventure, fondée sur une histoire vraie, en forme d’excellent divertissement sportif. Même quand on n’est pas un fan absolu de sports mécaniques, on y trouve son compte… (Fox)
LES YEUX DE LAURA MARS
AAAYeuxLauraMarsRéalisé en 1977 par Irvin Kerschner, ce thriller fantastique (proche du giallo italien) est vite devenu culte. Grande photographe de mode, Laura Mars s’est spécialisée dans les images aussi stylisées que brutales. Pour l’occasion, le cinéaste s ‘est notamment référé aux photos d’Helmut Newton. Accusée de glorifier la violence, l’artiste est surtout l’objet de visions de scènes de crime qui ressemblent de manière inquiétante à ses propres compositions… Fasciné par ce don, le policier Neville (Tommy Lee Jones) contacte la photographe pour qu’elle l’aide dans son enquête. Mais l’auteur des crimes se rapproche dangereusement… Si le scénario semble un peu tiré par les cheveux sur la fin, le film, avec Bonnie and Clyde (1967) et Les trois jours du Condor (1975), demeure l’un des grands rôles de la belle Faye Dunaway ! Une sortie Blu-ray inédite accompagnée d’un livret sur la genèse du film. (Sidonis)
COUNTDOWN
AAACountdownVoulez-vous savoir combien de temps il vous reste à vivre ? Téléchargez l’appli Countdown ! Lorsque la charmante Quinn, une jeune infirmière (Elizabeth Lail), télécharge cette application à la mode, elle constate qu’il lui reste trois jours à vivre. Comment échapper alors à son funeste destin ? On le savait ! Il faut se méfier des applis en tous genres qui fleurissent partout. Avec un palpitant compte à rebours, Julien Dec construit un solide slaher horrifique qui se gausse des dérives de la technologie tout en lançant d’habiles clins d’œil à La mort en ligne ou Destination fatale. (Metropolitan)
LES BAROUDEURS
AAABaroudeursPour le plaisir de retrouver des comédiens comme Charles Bronson, Tony Curtis, Michèle Mercier, l’inoubliable Angélique ou Patrick Magee (Alexander dans Orange mécanique), on peut se plonger dans cette aventure, filmée en 1969 par Peter Collinson et qui entraîne le spectateur dans la Turquie des années vingt. Recrutés par le puissant gouverneur Osman Bey, deux aventuriers sont chargés de conduire les filles de ce potentat de la Turquie jusqu’au Caire. En réalité, ce sont des joyaux et un ouvrage d’un inestimable valeur que Dyer et Corey vont trimballer à travers un pays secoué par la guerre civile… (Sidonis Calysta)
JOYEUSE RETRAITE !
AAAJoyeuseRetraiteC’est l’heure de la retraite pour Philippe et Marilou… Enfin, ils vont pouvoir profiter pleinement d’une nouvelle vie. Mieux, ils décident de partir s’installer au soleil du Portugal. Mais c’est sans compter avec leur fille, récemment séparée, qui compte sur eux pour s’occuper de ses enfants. Bien sûr, le scénario est prévisible et certains gags ne volent pas bien haut mais le film de Fabrice Bracq fera néanmoins sourire tous ceux qui connaissent la fameuse formule « chic-ouf » volontiers formulée par les grands parents mais aussi ceux qui apprécient Michèle Laroque et le forever Bronzé Thierry Lhermitte, têtes d’affiche de cette comédie… (M6)

LA STYLISTE, LE POLITIQUE, LE SHERIF, LE COUPLE ET LE MAITRE BRESSON  

PAPICHA
PapichaDans l’Algérie des années 90, Nedjma, étudiante passionnée de stylisme, veut organiser, dans sa cité U, un défilé de mode avec ses créations. En attendant, dans une boîte de nuit, elle vend ses robes aux « papichas », les coquettes filles algéroises. Mais, pendant la décennie noire qui frappe le pays, les interdits puis la terreur terroriste gagnent. Dans une œuvre tonique couronné du César du meilleur premier film, Mounia Meddour réussit, en s’appuyant sur la belle Lyna Khoudri (récompensée, elle, du César du meilleur jeune espoir féminin), une œuvre magnifique où, à travers la liberté vestimentaire, elle célèbre l’émancipation des femmes et de beaux rêves bouleversants… (jour2fête)
BARON NOIR – SAISON 3
Baron Noir S3Avec la troisième saison de Baron noir, on plonge dans les coulisses de la politique. Voici une série enlevée en forme de comédie humaine où tous les coups semblent permis. Encore cabossé par son inéligibilité mais désormais blanchi, Philippe Rickwaert (Kad Merad, tout à fait épatant) revient dans le jeu, prêt à jouer la carte de la présidentielle, quitte à devoir circonvenir ses alliés et à manœuvrer avec Mélanie Derendeu, la locataire de l’Elysée (Anna Mouglalis). Si on a un peu oublié la gauche dans la vraie vie, elle est au cœur des huit épisodes de cette aventure où il est question de révolution citoyenne ou de barbarie, d’identité écolo, de stratégies et de fourberies. Une belle réussite ! (Studiocanal)
LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS
Train Sifflera Trois FoisA Hadleyville, le shérif Will Kane apprend que Miller, un homme qu’il avait arrêté et fait condamner, va revenir dans la ville… Alors qu’il vient de se marier et qu’il a l’intention de démissionner, Kane, homme droit et épris de justice, décide de rester pour affronter Miller et trois de ses complices. En 1952, Fred Zinnemann signe High Noon, un western à petit budget qui va rafler quatre Oscars et devenir légendaire, notamment à cause de son thème musical. Avec Grace Kelly à ses côtés, le grand Gary Cooper interprète un homme qui avoue sa peur mais assumera son devoir. Reposant sur une mise en scène « en temps réel » où les images d’horloge rythment la montée de la menace, voici un grand western-culte avec, en supplément, un bon making-of et un livret sur la genèse du film.  (Sidonis Calysta)
VOYAGE A DEUX
Voyage DeuxLui, architecte sans le sou et elle, pétulante Américaine étudiante en musique, Mark et Joanna se sont rencontrés sur les routes du Sud de la France. Les années passent entre flirt et mariage, doute et divorce… Face aux vicissitudes de la vie, le couple prend, tous les deux ans, la route de leur première rencontre. Autour d’Albert Finney et d’Audrey Hepburn, espiègle et lumineusement belle, Stanley Donen construit, en 1967, une kaléidoscope doux-amer, un voyage en zig-zag autour de la mémoire des jours heureux. Cette odyssée sentimentale sur l’usure du temps sort dans une belle édition collector riche en bons suppléments dont une interview du scénariste Frederic Raphael, auteur de celui du Eyes Wide Shut de Kubrick, qui éclaire l’écriture du film. (Wild Side)
ROBERT BRESSON
Hasard BalthazarAu milieu des années 60, Robert Bresson (1901-1999) réalise deux œuvres remarquables parmi les treize longs-métrages qui jalonnent une carrière placée sous le signe dune exigeante quête formelle. Film à la dramaturgie complexe, Au hasard Balthazar (1966) raconte les tribulations d’un âne dans les Landes des années 60, prétexte à la peinture des travers humains et à un questionnement sur la présence du mal dans le monde… En 1967, Mouchette, adapté du roman de Georges Bernanos, suit une gamine au seuil de l’adolescence dans une campagne misérable. Violée une nuit et en butte au mépris de tous, Mouchette, écrasée de désespoir, ira se noyer dans un étang. Deux chefs d’oeuvre sur la perte de sens et de spiritualité qui sortent en Blu-ray en versions restaurées. (Potemkine)
HORS NORMES
Hors NormesDepuis des années, au sein de leurs associations respectives, Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) vivent dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Réalisateurs ultra-fêtés pour Intouchables (en 2011, le film a réuni 19,4 millions de spectateurs en France), Eric Toledano et Olivier Nakache réussissent sans doute leur meilleur film avec cette aventure, volontiers teintée d’humour, magnifiquement empathique et humaniste. On entre avec bonheur dans une histoire traversée par des cas « hyper complexes » qui sont, tous, très attachants. Face à une administration rigide, les efforts permanents de Bruno et Malik pour aider les autistes et leurs familles, distillent un espoir intense… (Gaumont)
MON CHIEN STUPIDE
Chien StupideLa crise de la cinquantaine a mis Henri à terre. Son succès d’écrivain est bien loin et il tient sa femme et ses enfants pour responsables de sa dérive. Un soir, alors que la pluie tombe à verse sur sa belle maison du pays Basque, il recueille un gros chien bavant et mal embouché et décide d’en faire un membre de la famille au risque de provoquer l’explosion de celle-ci… Adaptant un roman de l’Américain John Fante, Yvan Attal, devant et derrière la caméra, réussit une satire sombre et grinçante sur les regrets et la solitude. Le cinéaste retravaille avec sa femme Charlotte Gainsbourg et cela nous vaut des séquences qui évoluent, avec brio, entre autobiographie et fiction. Drôle et noir à la fois ! (Studiocanal)
LE MAITRE DU GANG
Maitre GangCinéaste qui a donné ses lettres de noblesse à la série B, Joseph H. Lewis s’est imposé, en 1950, avec l’excellent Gun Crazy sur le démon des armes. L’année précédente, en s’appuyant sur l’histoire vraie de l’agent fédéral qui fit tomber Al Capone, il tournait un excellent film noir dont les héros ne sont pas des policiers mais de scrupuleux agents du fisc. Employés du Trésor américain, Warren (Glenn Ford) et Pappas (James Whitmore) se lancent dans une mission sous couverture afin de confondre, pour fraude fiscale, un parrain de la mafia de Chicago (l’allusion à Al Capone est transparente) qui a toujours échappé aux poursuites malgré ses multiples crimes. Excellent ! (Sidonis Calysta)
OFFICIAL SECRETS
Official SecretsEn 2003, la guerre d’Irak se profile. Employée des Renseignements britanniques, Katharine Gun voit passer une note de la NSA où les USA demandent à la Grande-Bretagne de les aider à réunir des informations gênantes sur certains membres de l’ONU afin de les contraindre à voter en faveur de l’invasion. Ulcérée par la duplicité de Bush et de Blair, la jeune femme, au risque de sa famille et de sa liberté, décide de divulguer le mémo à la presse. Keira Knightley est au cœur d’une solide aventure d’espionnage (tirée d’une histoire vraie) bien rythmée sur une lanceuse d’alerte courageuse et déterminée. Accusée d’être une traître, Katharine Gun opposait qu’elle était une femme de principe attachée aux valeurs de la démocratie. (Wild Side)
BRAQUER POITIERS
Braquer PoitiersThomas et Francis braquent Wilfrid, patron d’une station de lavage poitevine qui, contre toute attente, se montre ravi de cette compagnie inattendue et est même prêt à leur donner sa caisse. Bientôt, deux copines du duo de pieds-nickelés débarquent dans le coin… De l’aveu même du réalisateur belge Claude Schmitz, son scénario n’a pas été écrit. Du coup, les comédiens improvisent sur une courte trame et cela vaut des moments purement loufoques ou des scènes touchantes comme celle où Francis Soetens, l’un des « bandits », chante Brel. Un très atypique film de braquage qui est aussi et surtout un délirant et surprenant objet de cinéma. (Capricci)
SIROCCO
SiroccoEntre La femme à abattre de Raoul Walsh et African Queen de John Huston, Humphrey Bogart est, en 1951, devant la caméra de Curtis Bernhardt pour une aventure dans la Syrie de 1925 en révolte contre le mandat français. Sous l’impulsion du colonel Feroud (Lee J. Cobb), les Français tentent d’identifier la filière qui équipe les rebelles en armes… Bogart incarne Harry Smith, un contrebandier américain. Dans un cabaret, il croise la mystérieuse Violetta (Marta Toren) la maîtresse de Feroud… Si le scénario n’est pas bien épais, il reste le charisme de Bogey (et son mythique imperméable) dans une œuvre qui tente de rééditer le succès du très fameux Casablanca.
MIDWAY
MidwayLe 7 décembre 1941, l’attaque surprise des Japonais sur Pearl Harbor laisse la flotte US dévastée… Face à une marine impériale japonaise qui prépare une nouvelle attaque qui devrait définitivement boucler le sort du conflit dans le Pacifique, l’amiral Nimitz (Woody Harrelson) est persuadé que tout va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique: Midway. Autour des efforts des services secrets et spécialement de l’officier de renseignement Layton pour déchiffrer les codes ennemis, Roland Emmerich, spécialiste des films d’action, joue la carte des effets spéciaux spectaculaires pour embarquer le spectateur à bord des avions de combat américains du porte-avion USS Enterprise en route vers une victoire décisive… Dans une séquence, le film rend hommage à John Ford qui, en 1942,  filma sur place le documentaire La bataille de Midway et perdit un œil pendant le tournage… (Metropolitan)