LE CHANTEUR, L’AMOUREUX, LE PROSTITUE ET LE DEALER  

GUY

GuyJeune journaliste, Gauthier apprend qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variétés qui a eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Comme Jamet sort un album de reprises avant de faire une tournée à travers la France, Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, en vue d’un documentaire. Avec Guy, le Strasbourgeois Alex Lutz réussit à brosser le portrait bien nuancé d’un chanteur démodé. Très bien « vieilli » (il a passé des heures au maquillage tous les jours), Lutz, pour sa seconde mise en scène de cinéma, incarne finement et avec intelligence un type sur le retour qui n’est jamais dupe de sa situation. Entouré de bons comédiens et de guest-stars (Julien Clerc ou Michel Drucker), l’interprète de Catherine de la série télé Catherine et Liliane, propose un film sensible et émouvant sur la relation père-fils. (Studiocanal)

SHEHERAZADE

SheherazadeEn sortant de prison, Zachary, 17 ans, refuse d’aller en foyer et voudrait absolument retourner chez sa mère. Mais celle-ci refuse de le recueillir… En traînant à travers Marseille, Zac croise Shéhérazade, une jeune prostituée. Même s ‘il s’en défend, Zac va vite tomber amoureux. Il se retrouve alors dans la peau d’un proxénète et entre en conflit avec ses amis de quartier lorsque l’un d’eux s’en prend à Shéhérazade. Avec son premier long-métrage inspiré d’un fait-divers, Jean-Bernard Marlin signe une chronique du quotidien où il traite du milieu de la prostitution à travers l’histoire d’amour romantique de deux marginaux.  Shéhérazade est une œuvre constamment en mouvement, pleine d’énergie et portée par deux jeunes comédiens au beau jeu intense : Dylan Robert et Kenza Fortas. (Ad Vitam)

SAUVAGE

SauvageMontrer la violence de l’exclusion sans céder à l’analyse sociale, c’est le but de Camille Vidal-Naquet pour Sauvage, son premier long-métrage, qui suit le quotidien de Léo, 22 ans, qui vit dans la rue et se prostitue pour un peu d’argent. Protégé par Ahd, Léo voudrait s’installer et vivre avec lui… Contrat rempli pour le cinéaste qui réussit à rendre impressionnante cette errance sexuelle où Léo quête pourtant de l’amour. Véritable révélation du film et primé pour cela à Cannes, Félix Maritaud incarne, avec fragilité mais aussi animalité, un jeune homme déjà usé et malade. Dans une ville sans nom (mais on reconnaît Strasbourg), loin du mélodrame, voici une aventure intime et douloureuse très forte. (Pyramide)

LE MONDE EST A TOI

Monde Est A ToiPetit dealer, François poursuit un rêve : devenir distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Alors qu’il touche quasiment au but, ses économies s’envolent à cause des frasques de sa mère. Poutine, un caïd de banlieue, lui propose alors un plan pour se refaire, en l’occurrence de ramener une cargaison de drogue d’Espagne. Venu du clip tonique, Romain Gavras signe une comédie policière solidement déjantée. Les rebondissements volontiers loufoques se multiplient à bon rythme dans Le monde est à toi mais on se régale surtout des numéros de Vincent Cassel en parfait bas du front, de Philippe Katerine en avocat véreux, de Karim Leklou en ahuri devenant redoutable et surtout de l’épatante Isabelle Adjani qui s’en donne à coeur-joie en mère chef d’un gang de femmes voleuses ! (Studiocanal)

MA VIE DANS L’ALLEMAGNE D’HITLER

Ma Vie Allemagne HitlerEn s’appuyant sur les précieux récits (20 000 pages de témoignages recueillis par l’université de Harvard) de 281 exilés allemands -juifs, protestants, catholiques, communistes, opposants de tous bords- qui avaient fui leur pays dans les années 30, le documentariste Jérôme Prieur (connu pour les séries à succès Corpus Christi et L’Apocalypse, co-réalisée avec Gérard Mordillat) réussit, avec Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler, une enquête remarquable et sensible sur les années qui virent le nazisme s’enraciner en Allemagne. Avec la voix d’Ute Lemper et reposant sur des images d’archives réalisés par des amateurs, Ma vie… s’articule en deux parties : La conquête du pouvoir et La mise au pas. Le coffret comprend aussi un autre film de Jérôme Prieur consacré aux Jeux d’Hitler, Berlin 1936. Une plongée bouleversante et intime dans l’Allemagne du Reich de mille ans. (Arte)

L’ESPION QUI M’A LARGUEE

Espion LarguéeCopines à la vie à la mort, Audrey et Morgan vivent à Los Angeles et vont être embarquées dans une redoutable conspiration internationale à cause de l’ex petit ami d’Audrey aux prises avec une horde d’assassins. Lorsque les cadavres s’accumulent, les deux copines, emportant une clé USB très convoitée, fuient à travers l’Europe, devenant peu à peu des des agents de charme. Signée Susanna Fogel, L’espion qui m’a larguée est une comédie d’espionnage loufoque dans laquelle les deux amies s’amusent, dans le registre 007, à mettre à mal les clichés sur les agents secrets. Mila Kunis, vue dans Black Swan et dans Sexe entre amis, est charmante mais elle se fait damer le pion par Kate McKinnon, actrice et humoriste membre de l’émission Saturday Night Live, qui fait de sa Morgan, une furie bécasse et tonitruante. (Metropolitan)

DETECTIVE DEE : LA LEGENDE DES ROIS CELESTES

Detective DeeMaître hongkongais des combats d’arts martiaux, Tsui Hark a renouvelé le genre avec des combats spectaculaires et des effets spéciaux qui tiennent la route. Avec Détective Dee : la légende des rois célestes, il signe le troisième volet des aventures de Dee, malicieux et habile limier déjà vu dans Le mystère de la flamme fantôme et La légende du dragon des mers. Dee est, ici, lancé sur la trace de criminels masqués qui terrifient la dynastie des Tang. Autour du Dragon docile, une épée magique offerte au détective par l’empereur pour le remercier de ses loyaux services, cette fresque multiplie les péripéties et les combats bondissants dans une débauche de sacrés effets spéciaux. Mais Tsui Hark maîtrise aussi parfaitement sa mise en scène et ce thriller moyenâgeux distille ainsi une poésie bienvenue. Un fameux blockbuster chinois qui en met plein les yeux! (The Jokers)

GUNGULA, LA PANTHERE NUE

GungulaUne compagnie d’assurances, dirigée par une riche famille anglaise, charge des aventuriers de retrouver en Afrique une jeune héritière disparue dans la jungle des années auparavant dans un accident d’avion. Laissée pour morte, la jeune femme est devenue Gungala, la déesse blanche reine d’une tribu de guerriers. Devenu célèbre avec Cannibal Holocaust (1980), l’Italien Ruggero Deodato fit, presque par hasard, ses débuts au cinéma en 1968 sous le pseudonyme de Roger Rockfeller, avec Gungula, la panthère nue. Dans la lignée des aventures de Tarzan ou de Mowgli, enfants élevés parmi les bêtes sauvages, voici une romance sexy-africaine un peu cheap mais qui se regarde avec amusement. Parce que l’oubliée Kitty Swan est une charmante Gungala et que Deodato (il le raconte avec tendresse dans les bonus) se plaît à filmer les paysages du Kenya… (Artus)

22 MILES

22 MilesEnfant surdoué, James Silva, malgré ses troubles émotionnels et comportementaux, est devenu un officier d’élite du renseignement américain chargé des missions les plus secrètes et les plus risquées. Dans le cadre de l’opération Overwatch, Silva et son équipe doivent exfiltrer d’un pays (imaginaire) du sud-est asiatique, un policier local (Iko Usais, star indonésienne des arts martiaux) qui détient des informations capitales sur des produits toxiques. Mais une armée d’assassins va tenter de les empêcher d’atteindre l’avion qui leur permettra de quitter le pays. Avec Mark Wahlberg dans le rôle de Silva et John Malkovich dans celui de son chef, 22 Miles est du pur cinéma d’action. Peter Berg a imprimé à son film, grâce à un montage très saccadé, un rythme qui ne laisse pas le spectateur souffler une seconde. Un divertissement débridé et sauvage qui s’ouvre par une séquence pré-générique palpitante. (Metropolitan)

EDWARD YANG

Tapei StoryABrighterSummerDayPrix de la mise en scène à Cannes avec Yi yi (2000), le Chinois Edward Yang (1947-2007) rencontrait alors la reconnaissance internationale. Au même titre que Hou Hsiao-hsien, Edward Yang est un cinéaste phare du cinéma taïwanais. On le retrouve avec deux œuvres inédites et restaurées : Taipei Story (1985) et A Brighter Summer Day (1991). Seconde réalisation de Yang, Tapei Story est une chronique graphique et crépusculaire autour de Son et Chin qui se connaissent depuis des années. Le sentiment qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est un mélange d’amour et d’affection profonde aux contours flous. A travers la désintégration d’un couple, le cinéaste dresse le portrait désenchanté d’un pays en proie à de profonds bouleversements. Avec cette balade romanesque au long cours qu’est A Brighter…, le cinéaste observe, dans un récit intimiste, le désarroi d’une jeunesse en quête d’identité. Deux moments du pur cinéma à découvrir ! (Carlotta)

LES MUTINS, LA STAR ET QUELQUES DETECTIVES  

LE CUIRASSE POTEMKINE
PotemkineRéalisé en 1925, le second film de Serguei Eisenstein, Le cuirassé Potemkine est tout bonnement considéré comme le film le plus célèbre du monde ! Cette tragédie en cinq actes fut d’abord une commande pour célébrer le 20e anniversaire de la révolution russe. Lyrique, formaliste, audacieux, Potemkine, histoire de la mutinerie de l’équipage du cuirassé du même nom, est présenté dans une belle édition blu-ray et en version restaurée avec de multiples et riches suppléments dont le documentaire d’Emmanuel Hamon L’utopie des images de la révolution russe ainsi que plusieurs bandes-son dont l’originale d’Edmund Meisel et des compositions récentes. On ne se lasse pas de voir et revoir la séquence fameuse du landau dévalant les escaliers d’Odessa tandis que les troupes tsaristes tirent sur la foule. Monumental et incontournable ! (Mk2)

ROLLERBALL
RollerballLorsque l’Américain Norman Jewison, qui a déjà à son actif L’affaire Thomas Crown (1968) ou Jesus Christ Superstar (1973), entame, en 1975, le tournage de Rollerball, 2018 est un futur lointain… En 2018, les nations ont disparu et le monde, désormais paisible et confortable, est soumis à la loi de consortiums qui décident de tout. Quant au peuple, des élites lointaines canalisent ses frustrations dans de violents jeux du cirque. Film d’anticipation qui n’a pas trop vieilli dans sa dimension action, Rollerball raconte la trajectoire de Jonathan E., star du rollerball (James Caan), un jeu très violent. Mis d’office à la retraite par les élites, Jonathan entre dans un dernier combat pour rendre à l’individu sa vraie valeur dans une société satisfaite mais déshumanisée. Un film culte par sa réflexion sur un monde futur… Un double dvd enrichi en bons suppléments. (L’atelier d’images)

L’EVADE DE L’ENFER
Evadé EnferAu sortir de prison, le gangster Eddie Kagle est assassiné par son ancien complice Smiley Williams. Il se retrouve en enfer où il conclut un pacte avec le diable nommé Nick. Celui-ci lui offre de revenir sur terre dans la peau de Fred Parker, un juge intègre que Méphistopheles veut détruire. Avec L’évadé de l’enfer, Archie Mayo signe, en 1946, son ultime film. Dans les années 30-40, le cinéma américain voit se développer avec succès un courant, celui de la comédie ou du conte fantastique. Angel on my Shoulder (en v.o.) en est un intéressant fleuron. Voici une histoire de sombre vengeance où le diable manipule un gangster mais où ce dernier, dans la peau d’un honnête homme, finira par tomber amoureux et ira vers la rédemption en écoutant l’ange sur son épaule. Kagle est incarné par Paul Muni, l’inoubliable Scarface de 1932 tantdis que Claude Rains, grand second rôle américain (Les enchaînés, Casablanca) est un diable souriant et affable… (Artus)

LES YEUX DANS LES TENEBRES
Yeux TenebresEn 1942, Fred Zinnemann n’est pas encore le cinéaste fêté du Train sifflera trois fois (1952) ou de Tant qu’il y aura des hommes (1953) mais il signe néanmoins une agréable intrigue policière qui va s’aventurer du côté du film d’espionnage. Le héros des Yeux dans les ténèbres est Duncan McLain, un détective aveugle secondé par Friday, un chien malin et Marty, un assistant un peu benêt. Ce limier rond et compétent (Edward Arnold) est sollicité par sa vieille amie Norma (Ann Harding) soucieuse de voir sa jeune belle-fille (Donna Reed) s’amouracher d’un acteur fat et bien plus âgé qu’elle… Mais bientôt l’acteur est assassiné et surtout un réseau d’espions nazis pointe le bout de son nez. Une bonne série B qui mêle enquête et… fantaisie policière. Le succès du film suscita, dès 1945, une séquelle toujours interprétée par Edward Arnold. (Artus)

MARY SHELLEY
Mary ShelleyEn 1814, Mary Wollstonecraft Godwin a 16 ans et entame une liaison passionnée avec le poète Percy Bysshe Shelley… Dans l’Angleterre bien-pensante, leur romance fait scandale d’autant qu’elle s’appuie sur un discours progressiste et aussi sur une aventure en trio avec le fameux lord Byron. Avec Mary Shelley, la réalisatrice saoudienne Haifaa Al Mansour qui avait signé, en 2013, le beau Wadjda, donne un beau portrait fiévreux aux accents résolument féministes de l’auteure de Frankenstein ou le Promethée moderne : « Ce fut par une lugubre nuit de novembre que je contemplai mon œuvre terminée… ». La diaphane Américaine Elle Fanning incarne cette femme tourmentée qui fut contrainte de longuement batailler pour être reconnue comme une grande figure de la littérature… (Pyramide)

UNE PLUIE SANS FIN
Pluie sans finUn homme sort de prison et se souvient… En 1997, quelques mois avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il était vigile sur un vaste site sidérurgique. Tandis que la pluie tombait sans discontinuer cet hiver-là,  la police enquêtait sur les agissements d’un tueur en série qui venait d’assassiner une troisième jeune femme aux abords de l’usine. Yu Gowei, que ses amis surnomment « détective Yu », cherche à aider la police. Rapidement cette aide devient une quête obsessionnelle du meurtrier… Avec Une pluie sans fin, tourné dans la ville de Hengyang, dans la province du Hunan, le Chinois Dong Yue donne un premier film, impressionnant par sa mise en scène rigoureuse, sa lumière plombée et ses décors sinistres, entre polar et cinéma social sans oublier l’esquisse d’une impossible romance. Le cinéaste explique avoir voulu évoquer « avec précision l’atmosphère de cette période de transition, juste avant l’avènement de la tempête sociale ».(Wild Side)

UNDER THE SILVER LAKE
Under Silver LakeSam, 33 ans, traîne sa flemme dans Los Angeles en rêvant de célébrité. Lorsque la charmante Sarah s’installe dans un appartement proche du sien, ce jeune type apathique tombe immédiatement sous son charme. Mais l’étrange voisine (Riley Keough, vue dans la série The Girlfriend Experience) disparaît brusquement et Sam va se lancer à sa recherche… Avec Under The Silver Lake, l’Américain David Robert Mitchell signe un intrigant et parfois déroutant jeu de piste, envoyant son antihéros (Andrew Garfield en parfait hipster) jusque dans les profondeurs les plus inquiétantes de la Cité des Anges. Une enquête surréaliste et déjantée qui prend un tour fantastique lorsque Sam se demande s’il n’est pas en train de perdre la boule. Sur fond de disparitions douteuses et de meurtres mystérieux, un polar qui décoiffe. (Le Pacte)

LA TULIPE NOIRE
Tulipe NoireEn juin 1789, à la veille de la Révolution française, dans le Roussillon (le film a été tourné en Espagne), Guillaume de Saint Preux vole les riches et met l’aristocratie en émoi… Caché sous le masque noir d’un aventurier galopant sur son cheval Voltaire, il défie La Mouche, le chef de la police. Mais, piégé par La Mouche, il sera balafré à la joue. Pour se sortir d’affaire et continuer à berner son monde, Guillaume fait appel à son frère jumeau Julien. En 1964, Christian-Jaque réussit une rocambolesque et fantaisiste comédie d’aventures avec La tulipe noire. Dans la lignée de son Fanfan la tulipe (1952) où triompha Gérard Philipe, il imagine, avec l’indéniable apport du fameux scénariste Henri Jeanson, un beau personnage de héros bretteur. Après avoir été Tancredi pour Visconti dans Le Guépard (1963) et avant de retrouver René Clément (qui le lança en 1960 dans Plein soleil) pour Les félins, Alain Delon s’offre à la fois un double rôle à la beauté canaille et une joyeuse récréation. Pour le pur plaisir, dans une édition restaurée, du film de cape et d’épée. (TF1)

THE LAST MOVIE
Last MovieUne équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois, le film terminé, tous les Américains s’en vont à l’exception de Kansas, un cascadeur. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux mais la violence qu’ils mettent en scène est bien réelle. Kansas, incarné par Hopper lui-même, va se retrouver héros malgré lui de cette « fiction ». En 1969, Dennis Hopper devient un metteur en scène fêté avec Easy Rider, un road movie emblématique de la génération hippie. Fort de ce succès, le comédien-réalisateur se lance, en 1971, dans l’aventure de The Last Movie, œuvre virtuose tout à la fois sur l’innocence perdue, un film-trip sur le processus de création et une violente diatribe contre le système hollywoodien. Œuvre hallucinée et chaotique, cet ovni (qui fut un gros échec commercial) devint vite culte. On retrouve cette production légendaire des années 70 dans une nouvelle version restaurée enrichie de memorabilia inédits (dont le fac-similé du dossier de presse de l’époque) et de nombreux suppléments dont Scene Missing (49 minutes), un documentaire d’Alex Cox sur la préparation et le tournage du film. (Carlotta)

 

DE BEAUX COFFRETS DE FETES  

1900

NovecentoAlfredo et Olmo sont nés le même jour de l’été 1901 dans une grande propriété terrienne d’Emilie-Romagne. A travers les destins parallèles du fils de propriétaire et du fils bâtard d’une famille de métayers, Bernardo Bertolucci brosse, en 1976, avec Novecento (en v.o.), une vaste fresque politique, épique et populaire sur l’histoire de l’Italie. Dans un coffret (trois dvd + livret de 160 p.), on trouve le film en version intégrale restaurée et enrichie de multiples suppléments dont un entretien inédit avec le cinéaste qui vient de mourir à l’âge de 77 ans et qui put se lancer dans cette aventure grâce au succès du Dernier tango à Paris. Porté par la musique d’Ennio Morricone, 1900 se caractérise par son imposante et magnifique distribution : Robert De Niro, Gérard Depardieu, Burt Lancaster, Donald Sutherland, Dominique Sanda, Sterling Hayden, Stefania Sandrelli… Un must ! (Wild Side)

MIKIO NARUSE

NaruseContemporain de Kurosawa, Ozu ou Mizoguchi, le Japonais Mikio Naruse (1905-1969) est cependant moins connu en Occident que ces trois grandes figures. Avec cinq films majeurs, un coffret (cinq dvd) permet d’aller à la découverte de ce maître qui aimait à dépeindre le quotidien des gens de la classe moyenne à travers des chroniques familiales (Le grondement de la montagne, 1954), des tableaux d’une société nippone en proie au changement, des mélodrames amoureux (l’ultime Nuage épars, 1967) ou de superbes portraits de femmes (Au gré du courant, 1956). Parmi les suppléments, on trouve un beau portrait de la comédienne Hideko Takamine, muse du cinéaste que l’on admire en veuve de guerre prisonnière de son passé et de ses désirs dans Une femme dans la tourmente (1964) ou en hôtesse bar à Ginza dans Quand une femme monte l’escalier (1960). (Carlotta)

LES FILMS INCONTOURNABLES SUR LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Premiere GuerreAlors que l’on vient de célébrer le centenaire de l’armistice de 1918, un coffret offre de se replonger dans la Première Guerre mondiale à travers trois films passionnants. Signé John Guillermin, Le crépuscule des aigles (1966) évoque, en 1916 sur le front de l’Ouest, les premiers combats aériens à travers la rivalité entre deux pilotes allemands. Johnny s’en va-t-en guerre (1971) est une remarquable tragédie signée Dalton Trumbo autour d’un jeune soldat américain (Timothy Bottoms) grièvement blessé et amputé qui n’existe plus que par la sensibilité de sa peau. Les sentiers de la gloire (1957) permet à Stanley Kubrick de décrire l’enfer des tranchées à travers l’histoire vraie, en 1916, des fusillés « pour l’exemple ». Dans le rôle du colonel Dax, Kirk Douglas excelle dans ce film antimilitariste qui a la particularité de ne pas opposer deux camps ennemis mais des officiers généraux et des soldats d’un même camp. (Fox)

ENGRENAGES – INTEGRALE 6 SAISONS

AAAEngrenagesConçue par Alexandra Clert, la série Engrenages s’est imposée, au fil des saisons, comme la meilleure série policière française… Dans un beau coffret (23 dvd), on retrouve l’intégrale des six saisons de cette série très réaliste. On suit, au quotidien, les aventures croisées, entre justice et police, de solides personnages parmi lesquels s’imposent le capitaine Laure Berthaud (Caroline Proust) secondée de ses fidèles Gilou (Thierry Godard) et Tintin (Fred Bianconi) et le juge d’instruction François Roban (Philippe Duclos). Engrenages, c’est du travail de précision pour décrire des enquêtes sur la noirceur criminelle. Mais, notamment dans la saison 6, au-delà d’une affaire sordide et complexe (un tronc humain a été retrouvé dans un tas d’encombrants du 19earrondissement) sur fond de corruption et d’achat de paix sociale, on découvre également les drames intimes du flic pugnace et du magistrat intègre… Remarquable ! (Studiocanal)

LE BUREAU DES LEGENDES – SAISON 4

Bureau Legendes S4Créé en 2015 par Eric Rochant, Le bureau des légendes a vite connu le succès tant en France qu’à l’international. Dans le cadre de la DGSE française, cette remarquable série d’espionnage en est à sa quatrième saison. Et on suit toujours les palpitantes aventures des agents de ce bureau chargé de gérer les agents clandestins (et donc sous légende) oeuvrant à travers le monde. Devenu traître au service après avoir travaillé pour la CIA, Guillaume Debailly alias Malotru (Mathieu Kassovitz) s’est réfugié en Russie où il est contraint de collaborer avec le FSB mais son aura influe toujours sur le service désormais dirigé par Marie-Laure Duthilleul (Florence Loiret-Caille) au point que JJA (Mathieu Amalric) songe à purger le bureau de son actuelle équipe… Un coffret rassemble les dix épisodes (52 minutes chacun) de la saison 4. L’action se déroule tant à Moscou qu’à la caserne Mortier et on est toujours aussi accro ! (Studiocanal)

LE TIGRE DU BENGALE – LE TOMBEAU HINDOU

TigreBengale TombeauHindouFleuron de la seconde période allemande de Fritz Lang (1890-1976), le diptyque Le tigre du Bengale (1958) et Le tombeau hindou (1959) plonge dans l’Inde éternelle (et fortement fantasmée) des maharadjahs. De retour au pays après 20 ans d’exil américain, le réalisateur de Metropolis (1927), M le maudit (1931), Furie (1936) ou des Contrebandiers du Moonfleet (1955) peut enfin adapter le roman (1918) de Thea von Harbou et en tirer une chatoyante superproduction. Chargé par le maharadjah Chandra de la construction d’un hôpital à Eschnapur (le tournage a eu lieu à Udaipur… au Rajasthan, loin du Bengale), l’architecte Henri Mercier tombe amoureux de la jeune danseuse Seetha mais Chandra est lui aussi épris de la belle… Dans un joli coffret, on trouve cette belle fresque épique en version restaurée. (Wild Side)

DIRTY DANCING

Dirty DancingRomance et drame musical réalisé par Emile Ardolino, Dirty Dancing (1987) s’est imposé comme un must du genre. Dans un rutilant coffret combo aevc le film en haute définition, voici les aventures, durant l’été 1963, de Frédérique Houseman surnommée Bébé, jeune fille sage qui passe des vacances monotones en famille dans une pension avant de s’émanciper grâce au « dirty dancing », danse très sensuelle qu’elle va pratiquer dans les bras du séduisant Johnny Castle… Si Jennifer Grey et Patrick Swayze (disparu en 2009) ne s’entendaient guère sur le tournage, le second reprochant à la première de prendre son rôle à la légère, l’alchimie fonctionne cependant pleinement à l’écran. Les séquences de danse et notamment le fameux porté sont devenus culte. Dans les bonus exclusifs, on trouve un cours de « dirty dancing » et un karaoké sur Time of my Life, couronné de l’Oscar de la meilleure chanson. (ESC)

DELON – BELMONDO

AAADelonBelmondoL’un est fougueux, souriant et bondissant, l’autre est charmeur, élégant et mystérieux. Les deux sont des comédiens de grand talent. Véritables stars, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo font l’objet de deux superbes coffrets-livres. Les livres rédigés respectivement par Baptiste Vignol et Sophie Delassein racontent, des années 50 aux années 2000, des passions et des carrières exceptionnelles. Les films (six pour chacun) nous les montrent au meilleur de leur art que ce soit dans Plein soleil (1960), Mélodie en sous-sol (1963), Le clan des Siciliens (1969), La piscine (1969), le melvillien Cercle rouge (1970) ou Deux hommes dans la ville (1973) pour Delon. Bebel, lui, se retrouve dans A bout de souffle (1960), godardien fleuron de la Nouvelle vague, Le doulos (1962) de Melville, Un singe en hiver (1962), Cent mille dollars au soleil (1964), L’homme de Rio (1964), Le magnifique (1973). Du beau travail autour de deux légendes françaises ! (GM éditions/ Carlotta)

DEUX FILMS – SIX OSCARS

Oscars2018 fut une bien belle année pour les Oscars ! On le constate avec un coffret qui regroupe Three Billboards de Martin McDonagh, titulaire de deux statuettes pour Frances McDormand, meilleure actrice et pour Sam Rockwell, meilleur second rôle et La forme de l’eau récompensé quatre fois comme meilleur film, meilleur réalisateur à Guillermo del Toro, meilleures décors et meilleure musique pour le Français Alexandre Desplat. Deux films excellents, le premier dans le registre du drame policier, le second dans celui du fantastique poétique. Dans la petite ville d’Ebing, Mildred Hayes, mère courage mal embouchée, loue trois panneaux publicitaires pour faire réagir la police à laquelle elle reproche de n’obtenir aucun résultat dans le meurtre et le viol de sa fille… On s’attache tout autant au personnage d’Elsa Esposito (Sally Hawkins), femme de ménage muette qui travaille, pendant la Guerre froide, dans un laboratoire expérimental top secret où elle va s’éprendre d’un humanoïde amphibien ! (Fox)

MON KET

Mon KetPassionné depuis toujours par les sketches et es canulars, le Belge François Damiens, avant de devenir un comédien fêté (La famille Bélier, La délicatesse, Otez-moi d’un doute), s’était fait une spécialité de la caméra cachée. Toutefois, au fil du temps, il fut contraint d’arrêter ses tournages car il était de plus en plus souvent reconnu… Avec Mon Ket, Damiens raconte les aventures de Dany Versavel, un type sans foi ni loi, qui décide de s’évader de prison pour pouvoir s’occuper de son « ket », en l’occurrence Dany, son fils de 15 ans auquel il tente d’enseigner diverses magouilles. Autour de la question de la paternité et de la filiation, le cinéaste/acteur a choisi, pour sa première réalisation au cinéma, de tourner en caméra cachée, s’obligeant à gérer des réactions d’anonymes piégés. Un exercice surprenant et parfois désopilant. Dans les bonus, on retrouve les scènes coupées, les ratés… Entre humour et absurde. (Studiocanal)

LES AVENTURES DE RABBI JACOB

Rabbi JacobIndustriel français, Victor Pivert est un sale type plein de préjugés racistes, antisémites et xénophobes… Et voilà qu’au travers d’un quiproquo, il se retrouve dans la peau d’un… rabbin. Quatrième et ultime collaboration entre De Funès et Gérard Oury, Les aventures de Rabbi Jacob fut, en 1973, un immense succès (7,3 millions de spectateurs) tout en évoquant aussi la tristement célèbre affaire Ben Barka. Pour le 45e anniversaire de ce vaudeville qui délivre in fine un message humaniste de tolérance, voici un coffret collector avec le film restauré en dvd et blu-ray, accompagné de nombreux suppléments dont d’inédits souvenirs de tournage par Bernard Stora et un documentaire sur un film populaire qui abordait pour la première fois de manière développée (et comique !) l’univers de la communauté juive française.  (TF1)

MISSION IMPOSSIBLE – COFFRET SIX FILMS

Mission Impossible« Votre mission, si toutefois vous l’acceptez… » On connaît le gimmick et les cinq secondes qu’il faut à la bande magnétique pour s’auto-détruire! De 1996 à 2018 (et ce n’est sûrement pas fini), Mission impossible s’est imposé comme l’une des meilleures sagas d’action. Il faut dire qu’Ethan Hunt (l’indéboulonnable Tom Cruise) et ses acolytes s’y entendent en astuces diverses et variées pour mettre au pas les pires méchants. Un coffret réunit tous les films de cette aventure au long cours née d’une série télé elle aussi fameuse. On y trouve évidemment Mission impossible: Fallout, le dernier en date de la série. Sorti en en août de cette année, ce sixième opus est celui qui a rencontré le plus grand succès. Il faut dire que, pour maintenir le niveau de qualité de l’ensemble, le réalisateur Christopher McQuarrie a mis les petits plats dans les grands… Avec son équipe, Hunt revient une nouvelle fois (et en particulier dans les rues de Paris) dans la course pour sauver la planète des manœuvres du Syndicat et de son chef maléfique… (Paramount)

LE LABYRINTHE DE PAN

AAALabyrinthePanDans l’Espagne de 1944, la jeune Ofélia s’installe avec sa mère dans une garnison dirigée par Vidal, son beau-père, capitaine autoritaire de l’armée franquiste. Près de la propriété familiale, la jeune fille découvre un étrange labyrinthe gardé par une créature nommée Pan. Le monstre lui révèle qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra se soumettre à trois épreuves, que rien ne l’a préparée à affronter… Déjà remarqué des amateurs de cinéma d’horreur avec Cronos (1993), Mimic (1997) et L’échine du diable (2001) puis auteur d’une adaptation plutôt réussie d’un comic avec Hellboy (2004), le Mexicain Guillermo Del Toro s’est définitivement imposé comme l’un des cinéastes les plus talentueux de sa génération avec Le labyrinthe de Pan. Mêlant avec brio l’horreur et la féérie, cette parabole inspirée par les contes classiques sort, dans une édition ultime. Comme pour La forme de l’eau, Del Toro a encore raflé, ici, trois Oscars : Meilleure photographie, Meilleurs décors et Meilleur maquillage. (Wild Side)

MARIELLE – SEPT COMEDIES CULTES

MarielleActeur populaire et fameuse moustache de comédie, Jean-Pierre Marielle, 86 ans aujourd’hui, a imposé, au fil d’une imposante carrière, sa grande silhouette de personnage souvent tonitruant et volontiers grandiose. Un coffret (sept dvd) permet de le retrouver en sept films dans son répertoire comique. Tour à tour camelot (Charlie et ses deux nénettes, 1973), représentant dragueur (Les galettes de Pont-Aven, 1975), les deux devant la caméra de Joel Séria, producteur de films X (On aura tout vu, 1976), comptable (Signes extérieurs de richesse, 1983), vendeur sans scrupules (L’entourloupe, 1980), patron d’une compagnie pétrolière (Pétrole! pétrole!, 1981) ou acteur raté (Les grands ducs, 1996), Marielle emporte tout par sa verve et son formidable bagout. (TF1)

ANGELIQUE MARQUISE DES ANGES – L’INTEGRALE

AngéliqueQuand Noël approche, on se dit que les chaînes de télé ne vont pas rater l’occasion… Selon les années, ce sera la trilogie Sissi avec l’incontournable Romy Schneider ou alors Angélique, marquise des anges. Et si ce n’est pas le cas, voici un coffret qui regroupe l’intégrale des films réalisés par Bernard Borderie, en l’occurrence Angélique, Marquise des anges (1964), Merveilleuse Angélique (1965), Angélique et le Roy (1966), Indomptable Angélique (1967) et Angélique et le Sultan (1968). Pour retrouver, comme un plaisir vaguement désuet mais tellement nostalgique, Michèle Mercier, belle marquise promise à tous les outrages mais toujours fidèle à son balafré de Joffrey de Peyrac… (Studiocanal)

SAMUEL FULLER

Shock CorridorNaked KissSoldat (dans la fameuse division surnommée Big Red One pendant la Deuxième Guerre mondiale), coursier de presse puis reporter de guerre, scénariste, écrivain, cinéaste exigeant, Samuel Fuller (1912-1997) était un personnage flamboyant qui mâchonnait son gros cigare et signa quelques fameux thrillers. Dans de belles éditions blu-ray, on retrouve Shock Corridor (1963) où, en quête d’un prix Pulitzer, l’ambitieux et cynique journaliste Johnny Barett se fait passer pour fou afin d’enquêter, dans un asile psychiatrique, sur un meurtre qui s’y est déroulé. Mais, entre les névroses des uns et les psychoses des autres, sa propre folie le guette. Dans The Naked Kiss (1964), Kelly, une prostituée élégante et sûre d’elle (Constance Towers, superbe) veut changer d’existence pour se consacrer à des enfants handicapés. Arrive un flic véreux qui connaît son passé. Dans un film palpitant, Fuller mêle le thriller, la satire sociale et le mélo dans une belle réflexion sur la rédemption. (Wild Side)

LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT  

Captaine WyattLes années cinquante sont celles du western classique… Delmer Daves tourne La flèche brisée (1950), Fred Zinnemann Le train sifflera trois fois (1952), John Ford Rio Grande (1950), Rio Bravo (1959) et La prisonnière du désert (1956), Nicholas Ray Johnny Guitare (1954), Robert Aldrich Vera Cruz (1954), Anthony Mann Winchester 73 (1950), George Stevens L’homme des vallées perdues (1953) et on en oublie…

C’est dans cette belle époque que Raoul Walsh va signer, en 1951, Les aventures du capitaine Wyatt. Le vétéran hollywoodien a 64 ans et il a déjà une série de westerns à son actif, notamment La piste des géants (1930), La fille du désert (1949), La charge fantastique (1941) ou l’excellent La vallée de la peur (1947). Mais Distant Drums (titre original) se distingue par le fait que Walsh situe son action loin de Monument Valley et de ses mesas. C’est en effet en Floride et spécialement dans les marais des Everglades peuplés de serpents et d’alligators que Wyatt et son commando vont affronter les Indiens Séminoles.

En 1840, l’armée des États-Unis tente de réduire les derniers groupes d’Indiens Séminoles vivant en Floride. Pour l’aider, elle fait appel au taciturne capitaine Wyatt en lui confiant la mission de détruire un fort dans lequel des contrebandiers entreposent les armes qu’ils livrent aux Indiens. Venu en bateau sur le lac Okeechobee, le petit commando mené par Wyatt réussit pleinement sa mission en faisant exploser les réserves d’armes et en libérant au passage quelques prisonniers, dont une jeune femme, Judy Beckett (Mari Aldon), et sa servante. Mais lorsque les Américains rebroussent chemin, ils doivent constater qu’ils n’arriveront pas à rejoindre leur embarcation. Pour échapper aux Indiens lancés à leurs trousses, il ne leur reste qu’à s’enfoncer dans de dangereux marais…

Ce qui distingue également Les aventures du capitaine Wyatt, c’est qu’il s’agit d’un remake d’Aventures en Birmanie réalisé en 1945 par le même Raoul Walsh. Dans ce très remarquable film de guerre, la compagnie du major Nelson (Errol Flynn) est parachutée à 200 kilomètres derrière les lignes japonaises pour détruire une station radar. La mission accomplie, la troupe rejoint son lieu de réembarquement mais les Japonais les attendent. Nelson et ses hommes n’ont pas d’autre ressource que de s’enfoncer dans la jungle pour un voyage de retour cauchemardesque…
Dans la collection Western de légende, voici, pour la première fois en dvd et en blu-ray dans une édition prestige sous fourreau, des aventures en technicolor (avec une image et un son restaurés) qui ont la particularité de mettre en valeur de superbes décors naturels et de faire de cette histoire un film de nature, Walsh filmant de manière oppressante les dangers et les pièges des marais, les Séminoles n’étant cependant pas aussi « sauvages » que les Japonais du film de 1945. Mais le cinéaste développe aussi une approche rousseauiste puisque le salut de Wyatt et de ses siens passe par la nature et, in fine, un fragile paradis terrestre. Enfin ce western se distingue par une mise en scène rapide marquée par de constants mouvements qui lui donnent un rythme parfois haletant.

Dans le rôle du solitaire et rebelle Wyatt, Gary Cooper est, comme à son habitude, d’une sobriété bouleversante et d’une grande générosité dans son jeu. Dans les suppléments, Bertrand Tavernier rapporte que le comédien a adoré faire ce film, son cascadeur attitré affirmant même, sans que cela soit vérifiable, qu’il n’a eu à le doubler pour aucune séquence !

Même l’intrigue sentimentale entre Wyatt et Judy (ajoutée par rapport à Objective Burma), est plutôt intelligente puisqu’elle permet à Walsh de développer une ultime méditation morale. Tant Wyatt que Judy sont en effet animés par une sourde colère. De retour sur la petite île où Wyatt a construit son refuge, l’un et l’autre parviendront à surmonter leur désir inabouti de vengeance, lui pour la perte de son épouse, elle pour avoir connu le machisme des riches de Savannah… Un must !

(Sidonis/Calysta)

LE TOILETTEUR, LES FLICS, LES PILOTES ET LES GOSSES  

DOGMAN
DogmanDans une petite cité perdue du bord de mer, Marcello, modeste toiletteur pour chiens, voit avec inquiétude Simoncino revenir de prison. Ancien boxeur accro à la cocaïne, Simoncino rackette le quartier et brutalise Marcè qui l’alimente pourtant en drogue. Réalisateur du puissant Gomorra (2008), l’Italien Matteo Garrone, en s’inspirant d’un vrai fait-divers, brosse, avec Dogman, le terrible tableau de la bonté au péril de la brutalité. Jusqu’au jour où la coupe est pleine… Dans un décor de bord de mer en total abandon, une fable cruelle qui évoque la montée du populisme en Italie. Le remarquable Marcello Fonte a été couronné meilleur acteur à Cannes 2018. (Le Pacte)

AU POSTE !
Au PosteRévélé par Rubber (2010) thriller dont le héros était un… pneu de voiture, le compositeur (sous le pseudo de M. Oizo) et cinéaste Quentin Dupieux joue cette fois la carte du polar totalement déjanté. Dans un commissariat, la nuit, un flic et un suspect s’affrontent. Très loin du Garde à vue de Claude Miller, Dupieux se risque avec brio dans le bizarre et le jonglage verbal sur de banales expressions françaises. Parcours onirique et volontiers déroutant, Au poste ! offre surtout deux personnages gravement loufoques à Benoît Poelvoorde (le flic) et Grégoire Ludig, parfait en suspect s’ingéniant à expliquer comment il a trouvé un cadavre. Une expérience de cinéma !  (Diaphana)

AU GRAND BALCON
Grand BalconAncien pilote pendant la Grande guerre, le cinéaste Henri Decoin, avec l’aide de Joseph Kessel qui fut l’ami et le biographe de Jean Mermoz, signe en 1949 un classique sur l’aviation avec Au grand balcon. Dans les années 20, tous les pensionnaires de l’hôtel toulousain du Grand balcon sont possédés par le goût de l’aventure. Chef de l’Aéropostale de Toulouse, Carbot (Pierre Fresnay) n’a qu’une idée en tête : prolonger la fameuse « ligne » vers l’Amérique. Quitte à ignorer les existences sacrifiées à son idéal. Derrière les personnages, se profilent les ombres des légendaires Didier Daurat et Mermoz. Dans une belle restauration, voici un film devenu rare qui est une grande histoire d’hommes autour des pionniers de l’Aéropostale. (Pathé)

NOUS LES GOSSES
Nous GossesParce qu’un élève du primaire a brisé par accident la grande verrière de son école, deux bandes rivales de l’école vont s’unir et travailler pendant les vacances d’été pour payer la reconstruction. Mais un voyou du coin dérobe leurs économies. Ce premier long-métrage de Louis Daquin fut écrit à l’heure du Front populaire et tourné en 1941 en dépit de la censure imposée par le régime de Vichy. Nous les gosses (dans une bonne version restaurée) est une comédie policière (les enfants mènent l’enquête) fraîche, allègre et optimiste sur laquelle flotte un esprit de résistance… A sa sortie, ce film léger et optimiste fut accueilli comme un cri joyeux dans les salles. Les jeunes comédiens sont bons et les dialogues de Marcel Aymé pétillants. (Pathé)

SICILIAN GHOST STORY
Sicilian Ghost StoryEn s’inspirant d’un terrible fait-divers (la séquestration et la mort du jeune fils d’un mafieux repenti dans la Sicile des années 90), Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (remarqués naguère pour le sombre Salvo sur l’étrange relation entre un tueur à gages et sa captive aveugle) réussissent, avec Sicilian Ghost Story, une fable tragique autour de la jeune Luna qui nourrit pour l’adolescent prisonnier un amour aussi obsessionnel qu’impossible. Portée par deux jeunes comédiens de talent (Julia Jedlikowska et Gaetano Fernandez), cette double narration schizophrénique vogue constamment entre réalité et fantastique, notamment avec un lac qui offre une ouverture mystérieuse vers la prison de Giuseppe. Quand une jeune fille veut croire que l’amour est indestructible. (jour2fête)

UNE PRIERE AVANT L’AUBE
Priere Avant AubeDepuis Gentleman Jim, Nous avons gagné ce soir ou Racing Bull, on sait que la boxe rend toujours bien sur le grand écran! On le vérifie encore avec Une prière avant l’aube où le réalisateur français Jean-Stéphane Sauvaire adapte l’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison de Thaïlande pour usage et détention de drogue. Dans l’effrayant enfer de la prison de Klong Prem, Billy (l’Anglais Joe Cole, excellent entouré de non-professionnels) va réussir à surmonter tous les dangers pour devenir un champion de muay-thai, la boxe thaïlandaise. Entre combats brutaux et angoissant univers carcéral, une aventure violente, étouffante et furieuse où le noble art se résume à un choix est simple : mourir ou survivre… (Wild Side)

COFFRET CHARLES MATTON
Charles MattonCinéaste rare qui fut aussi peintre, sculpteur, photographe, écrivain et illustrateur, Charles Matton (1931-2008) ne signa que quatre longs-métrages. Poétique et… social, L’Italien des roses (1972) raconte la soirée de Raymond dit l’Italien qui monte sur un toit d’immeuble et se tient au bord du vide. Dans le rôle principal, Richard Bohringer fait ses grands débuts au cinéma. Avec Spermula  (1976), Matton, en pleine vogue du cinéma érotique des seventies, distille une variation vampirique qui célèbre la beauté de la femme et notamment celle de Dayle Haddon. La lumière des étoiles mortes (1994) permet au cinéaste de revenir sur sa jeunesse à l’heure allemande. Le jeune Charles (incarné par Léonard Matton, le fils du cinéaste) va établir une relation initiatique avec un jeune appelé allemand féru de littérature. Enfin Rembrandt (1999), avec Klaus Maria Brandauer, évoque la vie de cet ogre magnifique qu’était le peintre hollandais… Un beau coffret regroupe ces films, les courts-métrages de Matton ainsi qu’un livre (300 p.) qui plonge dans l’intimité d’une création totale. (Carlotta)

SOBIBOR
SobiborPendant le tournage de Shoah (1985), Claude Lanzmann interviewa à Jerusalem Yehuda Lerner, témoin direct du drame qui donna ensuite lieu au documentaire Sobibor, 14 octobre 1943, 16h (2001). Le cinéaste russe Konstantin Khabenskiy, lui, s’inscrit dans la fiction pour raconter l’unique évasion de masse réussie d’un camp d’extermination nazi. Sobibor montre, avec un impressionnant réalisme qui happe le spectateur, comment plus de 400 prisonniers du camp de la mort polonais allaient réussir l’impensable même si très peu, malgré un courage inébranlable, réussirent à survivre. Dans ce drame bouleversant d’humanité, le cinéaste incarne lui-même le personnage de Sacha Petcherski, l’un des leaders de la révolte tandis que Christophe Lambert se glisse dans l’uniforme du redoutable Frenzel, chef du camp. (Wild Side)

PARANOIA
Paranoia« Peut-être que tout est dans ma tête ! » Il faut dire que la malheureuse Sawyer Valentini a de quoi s’inquiéter. Contre sa volonté, elle a été enfermée dans une institution psychiatrique où elle est confrontée à sa plus grande peur, celle d’être poursuivie par son harceleur. Avec Paranoïa, Steven Soderbergh, le réalisateur de  Sexe, mensonges et vidéo (1989) ou de la trilogie Ocean (2001-2007) donne un thriller d’horreur autour d’une jeune femme angoissée interprétée par la Britannique Claire Foy (la nouvelle Lisbeth Salander dans Millenium, actuellement sur les écrans)  qui perd lentement la boule. Soderbergh a tourné son film avec un iPhone et ce procédé fonctionne bien dans la mise en scène de la folie qui guette Sawyer. Efficace ! (Fox)

HOTEL ARTEMIS
Hotel ArtemisEn 2028, Los Angeles est déchirée par de violentes émeutes et au bord de la guerre civile… L’hôtel Artemis est un refuge pour les criminels qui y trouvent soins et repos. Dirigé par Jean Thomas surnommée l’infirmière, ce lieu est cependant régi par des règles strictes. Surtout, on ne tue pas les autres patients ! Alors quand des tueurs à gages aux ordres de Wolf King (Jeff Goldblum), un boss du crime, tentent d’y intercepter deux braqueurs de banque venus se faire soigner, l’infirmière aura fort à faire. Futuriste et violent, Hotel Artemis est un solide thriller qui se déroule dans une forteresse médicale avec un bon casting où l’on remarque la Franco-algérienne Sofia Boutella dans le rôle de Nice, une tueuse française. Devenue rare comme comédienne au cinéma ces dernières années, Jodie Foster  fait son retour en infirmière sinistre, inquiétante mais déterminée… (Metropolitan)

 

 

LA DAME DE SHANGHAI  

Dame ShanghaiRien de tel qu’une bonne légende pour faire fonctionner les rêves de cinéma ! Et, avec La dame de Shanghaï, on est servi… même s’il s’agit bien ensuite de remettre les choses dans l’ordre et à la bonne place… Mais enfin, d’abord la légende. C’est ainsi qu’Orson Welles confia, dans une interview de 1964 à la revue espagnole Film Ideal (et reprise, dixit Jacques Lourcelles dans son Dictionnaire du cinéma, par les Cahiers du cinéma), la fable suivante… Ayant un urgent besoin de liquidités pour son fameux Mercury Theater, il téléphona depuis Boston à Harry Cohn, le tycoon de la Columbia à Hollywood. Le cinéaste explique au patron de la major qu’il a une histoire extraordinaire pour lui, à condition qu’il lui adresse, dans l’heure et par télégramme, une somme de 50.000 dollars à valoir sur le contrat qu’il signerait. « Quelle histoire ? » demande Cohn. Welles : « J’étais en train de téléphoner du guichet du théâtre ; à côté, il y avait une tablette avec des livres de poche et je lui donne le titre de l’un d’eux : ‘’Lady from Shanghaï’’. Je lui ai dit : achetez le roman et je ferai le film. Une heure plus tard, nous avons reçu l’argent. Après j’ai lu le livre, il était horrible. Je me suis donc mis à écrire toute vitesse une histoire ». Si non e vero…

On sait que, depuis, les élucubrations de Welles ont été (assez facilement) battues en brèche. Dans Miroirs d’un film : la Dame de Shanghaï, l’essayiste Frank Lafond revient, lui aussi, sur l’improbable acte de naissance du sixième long-métrage du maître… Ce livre inédit (160 p., 50 photos d’archives) qui décortique par le menu une œuvre aux pistes de lecture infinies fait partie du dernier en date des opus de la collection haut de gamme Coffrets ultra collector inaugurée en 2015 par Carlotta Films et qui a fait la part belle à De Palma (Body Double puis Phantom of the Paradise), Cimino (L’année du dragon), Hitchcock avec les années Selznick, Friedkin (Police fédérale Los Angeles) et tout récemment Vidor (Duel au soleil) et Antonioni (Profession reporter).
L’édition n°11 célèbre donc Orson Welles, ce « génie absolu » (titre de l’entretien mené par Vincent Paul-Boncour avec le chef-opérateur Darius Khondji) qui a donné, avec La dame de Shanghaï, un classique incontournable (dans une belle édition restaurée) qui s’ingénie à brouiller les frontières du film noir.
Dans Central Park, un marin nommé Michael O’Hara vole au secours d’une mystérieuse jeune femme qu’il surnomme Rosalie. Il s’agit en fait d’Elsa Bannister, l’épouse d’un riche et célèbre avocat pénaliste (Everett Sloane, remarquable en infirme inquiétant). Celui-ci offre à Michael d’embarquer sur son yacht pour une croisière… Bientôt Elsa et Michael tombent amoureux et Grisby, le sinistre associé de Bannister, s’aperçoit de cette liaison. Moyennant 5000 dollars, il propose alors à Michael de l’aider à disparaître afin, dit-il, de toucher une assurance souscrite par le cabinet d’avocats…
« Certains sentent le danger. Moi pas. » confie Michael O’Hara surnommé Black Irish, au début de La dame de Shanghaï. De fait, on a l’impression, de bout en bout, que le marin, dévoré par le désir, est un jouet pour Elsa mais aussi pour Bannister et Grisby. Un jouet emporté dans un thriller dont on oublie assez vite les péripéties, plus ou moins tirées par les cheveux, de l’intrigue pour se focaliser sur une aventure maritime, exotique et moite dans laquelle, sous le regard éperdu d’O’Hara, Rita Hayworth joue de son charme de pure femme fatale…
Si La dame de Shanghaï est devenu un film-culte, c’est pour de multiples raisons qui tiennent autant du tournage (compliqué) sur le Zaca, le yacht d’Errol Flynn (l’acteur exigea de tenir lui-même la barre) que de la blondeur péroxydée de Rita Hayworth que nombre de fans de la star reprochèrent à Welles. Mais la légende, encore elle, veut que le cinéaste, alors en pleine procédure de divorce, peaufinait ainsi une vengeance d’amoureux malheureux face à celle que Gilda venait de transformer définitivement en sex-symbol… Mais il y a de belles répliques littéraires sur la corruption, le Mal (ah, la métaphore des requins rendus fous par leur propre sang) et la fin du monde et surtout des images et des séquences inoubliables. Ainsi Elsa Bannister, en robe blanche, traversant la nuit d’une petite cité. Ainsi O’Hara déambulant dans des décors de fête foraine clairement marqués par l’expressionnisme allemand de Caligari ou encore la célébrissime séquence des miroirs dans le palais des glaces… A terre, Elsa Bannister lance à O’Hara : « Give my Love to the Sunrise » (Salue l’aurore pour moi) alors que le marin, en s’éloigant dans le jour levant, médite : « Vieillir est le seul moyen d’éviter les ennuis. Alors je vais essayer. Peut-être vivrai-je si longtemps que je finirai par l’oublier… »
Enfin, les suppléments donnent la parole à Peter Bogdanovich, auteur de The Last Picture show et ami de Welles, qui détaille (21 mn) l’incroyable évolution de La Dame de Shanghaï, passant du statut de film mineur (et gros échec au box-office) à celui de film culte aux multiples morceaux de bravoure.
Auteur d’une biographie en plusieurs volumes sur Orson Welles, Simon Callow livre (21 mn) sa propre analyse du film et revient sur l’incroyable talent du cinéaste mais aussi sur l’intransigeance de son caractère, qui le mettra bientôt au ban d’Hollywood.
Enfin, le réalisateur Henry Jaglom se souvient (24 mn) de sa première rencontre avec Welles, qu’il engagea dans un rôle de magicien sur son premier film (A Safe Place, 1971) et avec lequel il noua jusqu’au bout une relation de complicité et d’amitié.
(Carlotta, dès le 14 novembre)

VOYAGES A TRAVERS LE CINEMA FRANCAIS – LA SERIE  

Voyages Cinema FrancaisS erieOn se souvient encore, avec une belle émotion de cinéphile, du Voyage à travers le cinéma français dans lequel Bertrand Tavernier, dans le cocon de la salle obscure (puis en dvd), nous entraînait, en octobre 2016, ouvrant une foule de pistes mémorielles, des années trente à l’orée des années 70… Plus qu’un documentaire, ce Voyage était plutôt une approche autobiographique du cinéma français observé par un œil de cinéaste.
Tavernier menait un « travail de citoyen et d’espion, d’explorateur et de peintre, de chroniqueur et d’aventurier », puisant dans ses coups de coeur, ses enthousiasmes et ses souvenirs agrémentés d’anecdotes, la matière d’une promenade gourmande dans un demi-siècle de cinéma national. Le cinéaste lyonnais voyait d’ailleurs son Voyage comme un acte de gratitude envers tous les artistes du 7e art qui ont surgi dans sa vie pour lui insuffler la passion du cinéma…

Mais, à l’évidence, Voyage s’est avéré trop court pour permettre au réalisateur de L’horloger de Saint Paul, d’emmener l’amateur à la rencontre de tous les cinéastes, de tous les films qu’il voulait encore partager… Plutôt que de réaliser un nouveau film pour le cinéma, Tavernier a opté par une série documentaire composée de huit chapitres (de 52 minutes chacun) qui étend évidemment plus largement le champ des (re)découvertes et des coups de cœur du cinéaste.

Le cinéphile plongera, avec délices, dans le travail de ce vrai conteur qu’est Tavernier qui commence par faire la part belle à ces cinéastes de chevet que l’on adopte, dit-il, « dès la vision de leur film et qui font immédiatement partie de votre vie. » Voici donc Jean Grémillon, Max Ophuls ou Henri Decoin suivis de Sacha Guitry avec ses dialogues rapides et éblouissants, Marcel Pagnol qui saura utiliser la musique d’un symphoniste suisse (Arthur Honegger) pour évoquer des paysages provençaux, Robert Bresson en équilibre entre le cinéma expérimental et traditionnel ou encore Jacques Tati dont Tavernier nous apprend qu’il employa un certain Patrick Balkany pour incarner un jeune danseur dans PlayTime

Et puis Tavernier raconte son amour pour la chanson dans les films né avec la vision de La grande illusion où, entre la bouffonnerie d’un spectacle et la vie quotidienne de prisonniers de guerre, surgit une Marseillaise qui démontre, si besoin était, l’importance dramaturgique d’un chant… Et il évoque encore Suzy Delair chantant Avec son tralala dans Quai des orfèvres ou Trois petites notes de musique dans Une aussi longue absence d’Henri Colpi…

Pour Julien Duvivier, homme froid, distant, souvent décourageant, parfois agressif, Tavernier livre la magnifique défense d’un cinéaste qui souffrait d’un excès de timidité, qui n’aimait pas se vendre et se désolait de ne pas arriver à rendre ses films aussi bien bons qu’il le voulait… Un réalisateur exigeant qui maîtrisait totalement sa technique, professait un véritable amour pour le cinéma dans lequel il expérimentait tout le temps, proposant d’épatantes trouvailles formelles ou étant le premier à faire de l’élaboration d’un film, le sujet de La fête à Henriette… Alors, on s’empresse de noter les titres sur un bout de papier… Dans l’entretien avec l’historien du cinéma Jean Ollé-Laprune qui introduit cette série, Tavernier observe, avec malice, que nombre de spectateurs de Voyage ont ensuite acquis des films en dvd. On peut le faire avec Panique, David Golder, La Bandera, Sous le ciel de Paris ou La belle équipe

Ces voyages se poursuivent avec Le cinéma sous l’Occupation, l’avant-guerre qui vit des artistes de talent comme Victor Tourjanski ou Robert Siodmak venir travailler en France… Quand à La nouvelle Vague de l’Occupation, elle permit à des débutants d’émerger et Tavernier salue largement Henri-Georges Clouzot, Claude Autant-Lara (malgré ses déclarations polémiques tardives) ou René Clément. Et quoi de mieux que l’enthousiasme de Tavernier pour remettre dans la lumière les oubliés (Raymond Bernard, Maurice Tourneur, Anatole Litvak, René Clair, Jean Boyer, Georges van Parys) et les méconnus (Louis Valray, Pierre Chenal, Henri Calef, Gilles Grangier, Jacqueline Aubry, Agnès Varda, Nelly Kaplan).

Enfin, avec Mes années 60, on voit Tavernier entrer dans la fabrique cinéma par la porte « attaché de presse ». En compagnie de Pierre Rissient, ces attachés atypiques se chargèrent de défendre des auteurs aussi différents, pour ne citer que les Français, que Jacques Deray, Michel Deville, José Giovanni, Yves Boisset ou l’élégant Alain Resnais et l’admirable mouvement intérieur qui anime ses œuvres ou encore des réalisateurs engagés comme Bernard Paul, Philippe Fourastié, Jean-Louis Bertucelli ou célébrant le délicieux L’amour c’est gai, l’amour c’est triste de Jean-Daniel Pollet dans lequel Claude Melki est un touchant petit couturier auquel un Jean-Pierre Marielle, somptueusement odieux, lance cette phrase, signée Remo Forlani : « Si t’étais un peu moins con, je t’expliquerai pourquoi t’es trop con ! »

En parcourant, avec une totale subjectivité, son panthéon du grand écran français et en réveillant une belle et vive mémoire du cœur, Tavernier distille du bonheur ! « Imaginez que vous êtes au cinéma ! » dit une voix en amorce de chaque épisode…

(Gaumont)

LES MAFIEUX, LES PARTISANS, LA VIEILLE DAME, LES ESPIONS, LA NOURRICE…  

SICARIO 2 – LA GUERRE DES CARTELS

Sicario 2A la frontière entre le Mexique et les USA, les cartels mexicains font régner la terreur. L’agent fédéral Matt Graver s’associe à nouveau avec le mystérieux Alejandro pour enlever la petite fille d’un mafieux et déclencher ainsi une meurtrière guerre des cartels. Après Sicario (2015), gros succès public signé Denis Villeneuve, voici un n°2 sous-titré La guerre des cartels et réalisé par l’Italien Stefano Sollima qui s’y entend pour donner une suite musclée et violente. Avec toujours les excellents Josh Brolin et Benicio del Toro, cette aventure crépusculaire où toutes les règles sont bannies, est, au-delà du drame humain qui se joue tous les jours entre le Mexique et l’Amérique, une réflexion amère sur l’amitié au péril du chaos… (Metropolitan)

UNA QUESTIONE PRIVATA

Questione PrivataEn 1943, au Piémont, Milton est entré dans la Résistance. Par hasard, en arpentant les montagnes de la province de Coni, l’étudiant devenu partisan repasse par la vaste demeure où il a connu et aimé la belle Fulvia. Mais celle-ci, en secret, aimait aussi Giorgio, lui aussi partisan. Désormais Milton (Luca Marinelli, très habité) veut retrouver Giorgio. Mais celui-ci vient d’être arrêté par les fascistes. Avec Una questione privata, les frères Taviani, dans leur dernière œuvre commune (Vittorio est mort en avril dernier), donnent une œuvre étrange et prenante qui mêle la guerre et le regret d’une grande histoire romantique. Dans des paysages baignés de brouillard, la poésie est partout. Dans les suppléments, Paolo Taviani décrit comment les frères, passionnés par le roman de Beppe Fenoglio, se sont attelés au projet et comment le film a vu le jour… (Pyramide)

MISS DAISY ET SON CHAUFFEUR

Miss DaisyDans les années 40, Daisy Wertham, vieille dame juive vivant à Atlanta en Géorgie, institutrice à la retraite, n’est plus en mesure de conduire sa voiture. Son fils (Dan Aykroyd) lui trouve un chauffeur. Mais, entre Miss Daisy et son chauffeur, le courant ne passe pas tout de suite. Pourtant la vieille dame pète-sec et Hoke Colburn, le jovial chauffeur noir finiront par s’apprivoiser et même à développer une touchante amitié. En s’inspirant d’une pièce de théâtre (que Glenn Close a repris naguère à Broadway), Bruce Beresford réussit une comédie sensible et parfois truculente qui toucha le public (alors que le studio ne croyait pas au sujet) et décrocha une série d’Oscars. Réalisé en 1989, le film (dans une belle version restaurée) permet de revoir Jessica Tandy (disparue en 1994) qui fut en 1963, de l’aventure des Oiseaux de Hitchcock, et Morgan Freeman dans son premier grand rôle populaire. (Pathé)

LE DOSSIER MONA LISA

Dossier Mona LisaExfiltrée en urgence de Beyrouth, Mona, une chrétienne libanaise, est soupçonnée par le Hezbollah de travailler pour les services secrets israéliens. Pour la mettre à l’abri, le Mossad la planque dans un appartement de Berlin sous la garde de Naomi, agent israélien qui a repris du service pour l’occasion. Connu pour La fiancée syrienne et Les citronniers, le cinéaste israélien Eran Riklis investit, avec Le dossier Mona Lisa, l’univers du film d’espionnage. Avec une histoire menée à bonne allure et qui ne s’embarrasse pas de fioritures, Riklis réussit un thriller intimiste qui vaut, au-delà de l’action même, par deux bons portraits de femmes défendues par Golshifteh Farahani (Mona) et l’excellente Neta Riskin (Naomi) dont les douloureux secrets tournent autour de la maternité. Bien sûr, on ne croit pas vraiment aux bandages qui couvrent (partiellement) le visage d’une Mona qui a subi de la chirurgie pour se refaire une nouvelle tête mais c’est quand même un détail dans cette aventure enlevée. (Pyramide)

BECASSINE !

BecassineMais non, Bécassine n’est pas une grosse cruche bretonne ! En tout, ce n’est pas comment cela que Bruno Podalydès la perçoit. Avec sa joyeuse Bécassine !, le réalisateur du malicieux Comme un avion fait revivre une France rurale du début du XXe siècle dans laquelle la naïveté d’enfant de Bécassine fait merveille. Sa rencontre avec Loulotte, bébé adopté par la marquise de Grand-air, va changer sa vie. Et la pétulante nourrice (Emeline Bayart, parfaite dans le rôle) va faire souffler un vent de folie douce autour d’elle en apparaissant comme une jeune femme moderne et inventive… Autour du fameux personnage de BD inventé, en 1905, de Rivière et Pinchon, une délicieuse comédie où tous les comédiens, de Karin Viard à Michel Vuillermoz en passant par les frères Podalydès et tous leurs complices (Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Philippe Uchan, Vimala Pons) s’en donnent à cœur-joie (UGC)

PARVANA

ParvanaDans l’Afghanistan du régime des talibans, Parvana, jeune fille de 11 ans, grandit à Kaboul. Lorsque Narullah, son père, ancien enseignant devenu colporteur, est arrêté et emprisonné, la fillette voit son existence basculer. Car, lorsqu’on n’est pas accompagnée par un homme, on ne peut plus travailler, ni acheter de la nourriture. Magnifique film d’animation réalisé par l’Irlandaise Nora Twomey, Parvana – Une enfance en Afghanistan raconte comment la fillette décide de se couper les cheveux et de se travestir en garçon pour permettre la survie de sa mère, de sa sœur aînée et de son petit frère. Un superbe conte humaniste sur la culture contre la barbarie qui mêle, entre drôlerie et gravité, le politique et le poétique. (Le Pacte)

LE SECRET DE SANTA VITTORIA

Secret Santa VittoriaPendant la guerre, alors qu’on annonce la chute du Duce, Italo Bombolini, paysan ivrogne et méprisé de tous, est promu maire de Santa Vittoria. Mais ce minable que sa femme malmène, deviendra un héros en empêchant les Allemands d’emporter les meilleurs vins du village. En s’inspirant d’une histoire vraie, l’Américain Stanley Kramer (auteur notamment de Jugement à Nuremberg en 1961 et de Devine qui vient dîner ? en 1967) s’installe au cœur de l’Italie tourne, en 1969, Le secret de Santa Vittoria, une comédie qui voit s’affronter deux monstres sacrés, Anthony Quinn et Anna Magnani, dans une grande bataille de… cabotinage. Voici une curiosité qui vaut par quelques belles scènes comme celle de l’immense noria du transfert des bouteilles. (Sidonis Calysta)

LOVE, SIMON

Love SimonAu milieu d’une famille qui l’adore, Simon Spier, lycéen dans un établissement de la banlieue d’Atlanta, mène une existence normale, entouré d’amis extraordinaires mais le garçon garde un grand secret : personne ne sait qu’il est gay et il ne connaît pas l’identité de son premier grand coup de cœur avec lequel il communique en ligne. Mais quand les messages qu’il échange avec Blue tombent entre de de mauvaises mains, la vie de Simon commence à changer… Avec ses allures de vraie comédie romantique, Love, Simon est le premier film produit par une grande « major » américaine à mettre en scène une romance entre deux adolescents homosexuels. Porté par Nick Robinson, voici un film allègre qui n’évite pas tous les clichés sur les gays mais montre comment Simon va s’assumer aux yeux de tous… (Fox)

LE CERCLE LITTERAIRE DE GUERNESEY

Cercle GuerneseyJeune écrivaine prometteuse, Juliet Ashton reçoit une lettre d’un mystérieux admirateur, membre du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de papates. Quittant le Londres bombardé de 1946, Juliet se rend à Guernesey où elle rencontre Dawsey Adams, un séduisant fermier… Réalisateur de Quatre mariages et un enterrement (1994) mais aussi de Harry Potter et la coupe de feu (2005), Mike Newell adapte, avec Le cercle littéraire de Guernesey, le gros best-seller (2008) de Mary Ann Shaffer et Annie Burrows et donne, sur fond de guerre et de lourds secrets, une pittoresque romance ilienne bien défendue par des comédiens chevronnés comme Tom Courtenay ou Penelope Wilton rejoints par la charmante Lily James vue dans la série Downton Abbey. (Studiocanal)

NOS HEROS REUSSIRONT-ILS A RETROUVER LEUR AMI…

Nos Héros ReussirontEditeur romain à succès, Fausto di Salvio (Alberto Sordi, brillant), n’en peut plus des convenances bourgeoises. Profitant de la disparition de son beau-frère (Nino Manfredi), il fuit Rome. Avec son comptable (Bernard Blier, habitué des productions italiennes), il part en Afrique. En 1968, Ettore Scola signait Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami mystérieusement disparu en Afrique ? Un des titres les plus longs de l’histoire du 7eart pour une comédie picaresque qui diffère des comédies « à l’italienne » de Scola. Au-delà d’une franche bouffonnerie, le maître italien (qui signa de grandes œuvres comme Affreux, sales et méchants ou l’admirable Une journée particulière) dénonce le complexe de supériorité de l’Occident face aux Africains. Une résonance contemporaine…  (M6)

JOUEURS

JoueursUn jour par hasard, dans le restaurant de son père, Ella croise Abel qui cherche du boulot. Mais Abel a surtout besoin d’argent et il tape dans la caisse du restaurant. Entre les deux jeunes gens, le courant passe pourtant, d’autant qu’Abel va faire découvrir à Ella l’univers des cercles de jeux. Et Ella va se piquer au jeu comme à ce poison. Avec Joueurs, présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en mai dernier, Marie Monge réalise un premier film où l’addiction à l’amour d’Ella pour Abel va croiser celle du jeu. Dans un Paris nocturne et cosmopolite, on plonge dans un film noir (porté par Tahar Rahim et Stacy Martin, vue chez Lars von Trier) qui suit au plus près un jeune couple qui se croit intouchable face aux sensations mortifères des jeux d’argent… (Bac)

FILM NOIR AMERICAIN… UNE EDITION D’ANTHOLOGIE  

Coffret film noir

Après le succès en 2016 du coffret Westerns de légende, Sidonis présente le Coffret encyclopédique du film noir américain de 1942 à 1960 à tirage limité. Reposant sur une démarche de financement participatif, autrement dit crowfunding (voir le lien ci-dessous), le coffret contiendra vingt perles du film noir en DVD dont dix totalement inédits présentés par Patrick Brion, Bertrand Tavernier et François Guérif tous réalisés par les maîtres du genre avec tous les acteurs de la grande époque hollywoodienne. Qu’on en juge !

UNION STATION (Midi, gare centrale – 1950) réalisé par Rudolph Maté avec William Holden, Nancy Olson, Barry Fitzgerald.

KISS TOMORORROW GOODBYE (Le Fauve en liberté – 1950) réalisé par Gordon Douglas avec James Cagney, Barbara Payton, Helena Carter, Ward Bond.

BLACK ANGEL (L’Ange noir – 1946) réalisé par Roy William Neill avec Dan Duryea, June Vincent, Peter Lorre.

JOHNNY O’CLOCK (L’Heure du crime – 1947) réalisé par Robert Rossen avec Dick Powell, Evelyn Keyes, Lee J. Cobb.

FRAMED (Traquée – 1947) réalisé par Richard Wallace avec Glenn Ford, Janis Carter, Barry Sullivan.

DRIVE A CROOKED ROAD (Le destin est au tournant – 1954) réalisé par Richard Quine avec Mickey Rooney, Diane Foster, Kevin McCarthy.

THE NIGHT WALKER (Celui qui n’existait pas – 1964) réalisé par William Castle avec Barbara Stanwyck, Robert Taylor, Judi Meredith.

ALIAS NICK BEAL (Un pacte avec le diable – 1949) réalisé par John Farrow avec Ray Milland, Audrey Totter, Thomas Mitchell, George Macready.

THE UNDERCOVER MAN (Le Maître du gang – 1949) réalisé par Joseph H. Lewis avec Glenn Ford, Nina Foch, James Whitmore.

RUTHLESS (L’Impitoyable – 1948) réalisé par Edgar George Ulmer avec Zachary Scott, Louis Hayward, Diana Lynn.

DARK CITY (La Main qui venge – 1950) réalisé par William Dieterle avec Charlton Heston, Lizabeth Scott, Viveca Lindfors.

SEVEN THIEVES (Les Sept Voleurs – 1960) réalisé par Henry Hathaway avec Edward G. Robinson, Rod Steiger, Joan Collins, Eli Wallach.

23 PACES TO BAKER STREET (À vingt-trois pas du mystère – 1956) réalisé par Henry Hathaway avec Van Johnson, Vera Miles, Cecil Parker.

NEW YORK CONFIDENTIAL (New York confidentiel – 1955) réalisé par Russell Rouse avec Broderick Crawford, Anne Bancroft, Richard Conte.

M (1951) réalisé par Joseph Losey avec David Wayne, Howard Da Silva, Martin Gabel, Luther Adler, Steve Brodie, Raymond Burr.

THE LOST MOMENT (Moments perdus – 1947) réalisé par Martin Gabel avec Robert Cummings, Susan Hayward, Agnes Moorehead.

PUSHOVER (Du plomb pour l’inspecteur – 1954) réalisé par Richard Quine avec Fred MacMurray, Philip Carey, Kim Novak, Dorothy Malone.

IN A LONELY PLACE (Le Violent – 1950) réalisé par Nicholas Ray avec Humphrey Bogart, Gloria Grahame, Frank Lovejoy.

 L’INEXORABLE ENQUETE (Scandal Sheet – 1952) réalisé par Phil Karlson avec Broderick Crawford, JohnDerek, Donna Reed.

THIS GUN FOR HIRE (Tueur à gages – 1942) réalisé par Frank Tuttle avec Veronica Lake, Alan Ladd, Robert Preston.

Le coffret sera agrémenté d’une superbe encyclopédie de 900 pages sur le film noir des origines à 1960, soit 1300 films résumés, analysés et richement illustrés. L’auteur n’est autre que Patrick Brion, célèbre voix de l’émission « Cinéma de minuit » et spécialiste unanimement reconnu du cinéma hollywoodien. Chacun des vingt films aura droit à une présentation écrite signée par François Guérif. Le coffret proposera enfin 20 photos d’exploitation originales et une affiche de chaque film ainsi qu’un certificat d’authenticité numéroté.

Un palier à 5000 € est le premier objectif de la collecte (qui s’étalera sur une durée de 30 jours). Plus haut encouragera Sidonis à réitérer l’expérience les prochaines années et surtout à alléger sa facture finale. Sidonis est un éditeur indépendant qui ne peut s’appuyer sur aucune structure à l’internationale ou une maison mère capable de financer nos projets.

Cette collecte servira donc dans un premier temps à couvrir les droits d’acquisition des dix films inédits. Par la suite, elle pourra donc couvrir les frais de la conception du coffret, de la réalisation des livrets, de la production des bonus vidéo présents au sein de chacun des films ainsi qu’aux coût de conception / création / impressions / authoring et de pressage.

Sidonis pourra aussi s’affranchir d’un maximum d’intermédiaires forcément onéreux et au final contre-productifs en livrant directement aux amateurs cette édition d’anthologie.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/coffret-encyclopedique-collector-du-film-noir-americain-tirage-limitee

MASTROIANNI, RAPPENEAU, BOGDANOVICH, VIGO ET LES AUTRES  

LE VOYAGE EXTRAORDINAIRE DU FAKIR

Voyage FakirFakir d’opérette et vrai petit escroc, Ajatashatru (la star indienne Dhanush) rêve de quitter New Delhi pour découvrir Paris. En France, et spécialement chez… Ikea, il rencontre une jeune Américaine dont il tombe follement amoureux. Mais Ajatashatru est accidentellement expulsé avec des clandestins africains avant d’être trimballé aux quatre coins de l’Europe et de l’Afrique et de montrer que le gaillard a de la ressource et un coeur gros comme ça. Réalisateur du gros succès Starbuck (2011), le Canadien Ken Scott donne, avec Le voyage extraordinaire du fakir, un bon feel-good movie. Un voyage trépidant et plein de tendresse avec un héros sympathique ! (TF1)

VOLONTAIRE

VolontaireEntre une mère artiste (et anti-militariste) incarnée par une Josiane Balasko, modèle forte en gueule et un père laxiste, Laure, 23 ans, a fait de belles études. Mais elle se cherche et c’est dans la Marine nationale qu’elle va trouver une structure et des repères. Avec Volontaire, Hélène Fillières signe, dans les décors épurés de l’Ecole navale de Brest, un film qui semble froid mais qui se révèle être le portrait sensible d’une jeune femme (la diaphane Diane Rouxel) confrontée à une impressionnante figure « paternelle », en l’occurrence le commandant Rivière incarné par un Lambert Wilson à la mâchoire carrée mais avec un vrai coeur. Une œuvre féministe dans un milieu masculin. (Gaumont)

ROME

Risi RomeDans le milieu des années 50, Dino Risi (1916-2008) n’est pas encore l’un des maîtres de la comédie « à l’italienne ». Il le deviendra avec Les monstres ou Parfum de femme. Mais le cinéaste milanais signe déjà, entre néoréalisme rose et ton critique, une trilogie romaine (réunie dans un coffret avec de bons suppléments) avec Pauvres mais beaux (1956), Belles mais pauvres (1957) et Pauvres millionnaires (1959), trois comédies qui racontent les aventures de Romolo (Maurizio Arena), Salvatore (Renato Salvadori) et des belles Annamaria et Marisa dans une Italie en plein boom économique mais où la vie est dure pour ceux qui manquent de moyens… (M6)

RAPPENEAU

RappeneauCinéaste plutôt rare (il n’a tourné que huit films en une petite soixantaine d’années), Jean-Paul Rappeneau a cependant remporté de nombreux succès… On le retrouve avec trois films bien restaurés. Tout feu tout flamme (1982) est une comédie virevoltante avec un joli duo Yves Montand-Isabelle Adjani. Rappeneau a aussi réussi deux belles adaptations littéraires avec Giono et Le hussard sur le toit (1995) et bien sûr Rostand pour un superbe Cyrano de Bergerac (1990) multi-récompensé où Gérard Depardieu fut admirable en bretteur de mots dans l’un des plus grands rôles de sa carrière. Ah, on ne se lasse pas de « Un cap, un pic, que dis-je, une péninsule! » (Pathé)

VIGO

Jean VigoJean Vigo (1905-1934) occupe une place unique dans l’histoire du 7e art. Avec seulement quatre oeuvres dont un seul long-métrage (L’Atalante en 1934 avec Michel Simon et Dita Parlo), il a pourtant influencé de nombreux cinéastes. Insolent et lyrique, mêlant l’étrange, la révolte et la tendresse, le style de Vigo, auteur maudit, souvent comparé au poète Arthur Rimbaud, préfigure le surréalisme. Le coffret prestige Jean Vigo l’intégrale, avec des films restaurés, regroupe, outre les quatre films dont l’émouvant Zéro de conduite, (1933), d’éclairants suppléments ainsi qu’un livre inédit de 100 pages écrit par Bernard Eisenschitz. (Gaumont)

BOGDANOVICH

Saint JackInvité d’honneur du prochain Festival Lumière à Lyon, Peter Bogdanovich est au coeur d’un bel événement avec la sortie en édition limitée de deux de ses films. The Last Picture Show (1971), en version Director’s Cut, est une œuvre emblématique du Nouvel Hollywood et une mélancolique chronique fifties sur des gens ordinaires qui révéla Cybil Sheperd et offrit l’un de ses plus beaux rôles à Jeff Bridges. Dans une nouvelle restauration, Saint Jack (1979) est une œuvre plus rare qui plonge dans le monde post-colonialiste à Singapour à travers les démêlés d’un Américain exilé, (Ben Gazzara) patron d’une maison close, aux prises avec la pègre locale… (Carlotta)

PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE

Plaire Aimer Courir ViteEn 1990, Arthur, étudiant à Rennes, a 20 ans. Son existence bascule lorsqu’il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cette passion, Jacques sait qu’il lui faut la vivre vite. Avec Plaire, aimer et courir vite, Christophe Honoré propose un mélodrame (assumé) sur les effets contraires de l’amour et signe une œuvre personnelle, puissante et aboutie qui parle, moins, de l’amour impossible que de la vie impossible. Le réalisateur des Chansons d’amour dirige un remarquable trio de comédiens: Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps et Denis Podalydès. (TF1)

MASTROIANNI

MastroianniMarcello Mastroianni (1924-1996) se défendait d’être un « latin lover » mais son charme de séducteur a illuminé le cinéma transalpin et international. On le retrouve dans un coffret « Italie années 50 » où il n’est pas encore la star de la comédie « à l’italienne » mais où son talent fait déjà merveille. Il en va ainsi de Dimanche d’aout (1950), La chronique des pauvres amants (1954), Dommage que tu sois une canaille (1955), La chance d’être une femme (1956) et évidemment de Divorce à l’italienne (1961). De la chronique sociale à la comédie, un bel état de l’Italie de l’après-guerre. (M6) 

LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN

Jack BurtonSimple camionneur, Jack Burton (Kurt Russell) se retrouve embringué, au cœur de Chinatown, dans une guerre surnaturelle entre les forces orientales du Bien et du Mal. Sorti en 1986, Les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin fut un cuisant échec commercial qui affligea son réalisateur. John Carpenter qui avait déjà tourné les frissonnants Halloween, Fog, The Thing ou Christine se détourna d’Hollywood pour aller vers le cinéma indépendant. Devenu culte, cette aventure, entre kung-fu et fantastique, sort dans une belle édition restaurée et enrichie de plus de cinq heures de bonus, dont certains inédits. (L’Atelier d’images)

GREMILLON

Jean GremillonMusicien, compositeur et cinéaste, Jean Grémillon (1901-1959) était un artiste singulier qui refusa les facilités du cinéma de « qualité France ». On le retrouve avec Daïnah la métisse, un rare court-métrage (51 minutes) de 1931 (qu’il ne signa pas) et qui évoque, au cours d’un voyage sur un paquebot, une affaire d’agression sexuelle commise par un marin incarné par Charles Vanel. Du même auteur, voici également son ultime film réalisé en 1953 : L’amour d’une femme, un drame lyrique et poignant. Micheline Presle incarne Marie, jeune médecin dévouée venue remplacer un vieux praticien sur l’île d’Ouessant. Un ingénieur de passage (Massimo Girotti) s’éprend d’elle mais lui demande de renoncer à son métier. Marie partira sans se retourner… (Gaumont)

DEADPOOL 2

Deadpool 2Gros succès de 2016, Deadpool est de retour. Le super-héros de l’univers Marvel remet le couvert dans le genre encore plus fort. Wade Wilson alias Deadpool dégomme de l’affreux à tour de bras et pour la bonne cause. Et quand l’amour de sa vie meurt, son chagrin devient très… explosif. Ryan Reynolds se régale clairement avec son mutant grand brûlé très insolent et insubmersible. Dirigé par David Leitch (qui avait fait John Wick), ce Deadpool 2 multiplie les références avec notamment de solides clins d’œil à la saga X-Men et à Wolverine. Les dialogues donnent parfois dans le graveleux mais les scènes d’action sont bien enlevées. Du divertissement qui dépote! (Fox)

UN CONTE PEUT EN CACHER UN AUTRE

Conte Peut Cacher AutreIl était une fois… Mais voilà, imaginons que le loup ne croque plus le petit cochon (qui, de toutes manières, est spécialement corrompu) ou encore que le Petit chaperon rouge et Blanche-Neige (en grande blonde) soient de vieilles copines. Elles feraient alliance pour malmener les prédateurs affamés, voire une belle-mère meurtrière. En adaptant au cinéma l’excellent livre de Roald Dahl, Un conte peut en cacher un autre réinvente, avec drôlerie et décalage, les contes de fées. La mise en scène de ce film d’animation britannique est réussie. Vous croyez connaître les plus célèbres contes. Vous vous trompez ! A voir en famille ! (Orange)