LE PROCES, LA MER, LA DROGUE, BERLIN, UN RENNE ET LE DAIM  

AUTOPSIE D’UN MEURTRE
Autopsie MeurtreAvocat quasiment retraité, Paul Biegler accepte , avec l’aide de son vieux complice McCarthy, de défendre le lieutenant Manion (Ben Gazzara) poursuivi pour le meurtre d’un homme qu’il accuse d’avoir violé sa femme Laura (Lee Remick). Réalisé par 1959 par Otto Preminger, Anatomy of a Murder (avec James Stewart dans l’un de ses ses grands rôles) est l’archétype du film de procès et un portrait impitoyable de la justice en forme de jeu de piste psychologique. Le film sort, en édition limitée, dans une belle version restaurée, accompagnée d’un bon portrait de Preminger par André S. Labarthe ainsi que de nombreux memorabilia dont le fac-similé en anglais du livre Anatomy of a Motion Picture… (Carlotta)
JEAN EPSTEIN
EpsteinBelle occasion de découvrir deux beaux moments (bien restaurés) de l’œuvre de Jean Epstein (1897-1953), cinéaste et théoricien du 7e art ! Drame muet (1929), Finis Terrae raconte l’aventure d’un goémonier blessé à la main après une bagarre et et secouru sur Bannec, un îlot au large d’Ouessant. Avec La femme du bout du monde (1937), Epstein met en scène des marins qui, sur l’îlot Dumont-Durville perdu au milieu de l’océan, rencontre, dans une auberge, une jeune femme, son mari à moitié fou et leur enfant. Le négatif du film est considéré comme perdu. Le film a été recomposé par Marie Epstein (1899-1995) à partir des meilleurs éléments existants. (Gaumont)
EXTREME PREJUDICE
Extreme PrejudiceDans la bonne collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret rend justice à Walter Hill, l’un des réalisateurs américains les plus sous-estimés de sa génération. Fortement marqué par le cinéma de Sam Peckinpah, Hill signe, en 1987, un solide film d’action qui emprunte largement aux codes du western. Sur la frontière entre le Texas et le Mexique, dans la chaleur et la poussière, deux amis d’enfance s’affrontent. L’un (Nick Nolte) est Ranger, l’autre (Powers Boothe) trafiquant de drogue… Pour compliquer le tout, la CIA envoie sur le terrain un commando composé de vétérans du Vietnam. Dans sa mise en scène, le film rend clairement hommage à La horde sauvage du maître Peckinpah… (Studiocanal)
OPERATION ROMEO
Operation RomeoFormé dans les services de la Stasi est-allemande à devenir un expert de la séduction, Lars Weber (Tom Schilling) est envoyé en mission à Berlin-Ouest pour cibler Lauren Faber, une femme solitaire qui travaille pour les services secrets américains… A l’heure de la Guerre froide, sur un scénario de Paula Milne, le cinéaste allemand Oliver Hirschbiegel (auteur de La chute en 2004) orchestre une palpitante mini-série (six épisodes de 50 minutes) d’espionnage qui, à travers l’histoire croisée de deux familles, évoque des heures sombres. Outre la dimension espionnage, la série développe aussi le thème du dopage systématique des jeunes athlètes est-allemands les plus prometteurs. Une atmosphère berlinoise 70’s réussie. Une seconde saison est en cours… (Pyramide)
AÏLO, UNE ODYSSEE EN LAPONIE
Ailo Odyssee LaponieParce que ses enfants lui ont fait remarquer qu’il n’avait jamais fait de film sur les rennes du père Noël, Guillaume Maidatchevsky, auteur de documentaires animaliers, s’est lancé dans l’histoire d’Aïlo, petit renne sauvage, frêle et vulnérable, face aux épreuves qui jalonnent sa première année de vie. En filmant la grandiose nature de Laponie et la vie de sa faune (les loups, les rapaces mais aussi les… moustiques), le cinéaste choisit la forme du conte (sur des commentaires pleins d’humour du chanteur Aldebert) et émerveille le spectateur. Un beau spectacle à dimension pédagogique mais jamais lénifiant… (Gaumont)
LE DAIM
Le DaimGeorges, 44 ans, est à la recherche d’un blouson en daim. Lorsqu’il le trouve enfin, sa vie en est complètement transformée. Pour le pire, évidemment, qu’il film avec un modeste camescope. L’an dernier, avec Au poste!, on avait déjà plongé, avec délices, dans l’univers absurde de Quentin Dupieux. Voici une nouvelle facette d’une œuvre très originale, volontiers déroutante mais habilement écrite. Mais on se laisse embarquer dans l’aventure de ce type souffrant de fétichisme (Jean Dujardin, parfait) qui perd peu à peu la raison pour devenir très inquiétant. Denise, serveuse de bar (Adèle Haenel) est, peu à peu, fascinée par le fantasme de Georges… Un bref conte qui pratique un humour très noir. (Diaphana)
YVES
YvesObjets inanimés, avez-vous donc une âme ? Non, ce n’est pas Lamartine qui a écrit le scénario de cette comédie bien délirante mais Benoît Forgeard dont l’imagination débordante fait, ici, florès. Rappeur au talent très modeste managé par l’improbable Dimitri (Philippe Katerine, épatant), Jerem accepte l’offre d’une enquêtrice de la start-up Digital Cool et se retrouve avec Yves, un réfrigérateur connecté. Autour de l’intelligence artificielle, voici une fable sur la technologie et ses dérapages… Car Yves va carrément faire de Jerem (William Lebghil) une star du rap non sans vraiment lui pourrir la vie. Une comédie grinçante sur les aides « à mieux vivre »… (Le Pacte)
QUAND NOUS ETIONS SORCIERES
SorcièresEn s’inspirant d’un conte des frères Grimm, la réalisatrice américaine Nietzchka Keene raconte, sur fond de magie blanche, l’aventure de quelques personnages dans de superbes paysages d’Islande filmés dans un noir et blanc aux allures bergmaniennes. Au Moyen-âge, Margit et sa sœur aînée Katia, après la mort de leur mère brûlée pour sorcellerie, trouvent refuge chez un paysan veuf qui vit avec son jeune fils… Tandis que Katia entreprend de séduire le paysan, Margit va avoir des visions de sa mère défunte et se réfugie peu à peu dans un monde imaginaire… A 21 ans, la chanteuse Björk incarne Margit dans son premier rôle au cinéma. Une œuvre mystique et fantastique. (Capricci)
WARDI
WardiA Beyrouth, dans le Liban d’aujourd’hui, la jeune Palestinienne Wardi, 11 ans, vit avec toute sa famille dans le camp de réfugiés où elle est née. Un jour, Sid, son arrière-grand-père adoré, lui confie la clé de son ancienne maison en Galilée d’où il avait été chassé voilà longtemps… Wardi décide alors de savoir d’où elle vient et interroge tous les membres de sa famille. Pour son premier long-métrage qui utilise les techniques d’animation traditionnelle, le cinéaste norvégien Mats Grorud restitue superbement l’ambiance des films en prises de vue réelles au Moyen-Orient. Mais Wardi est surtout, autour du thème de la famille, une aventure sensible et émouvante sur ceux qui ont tout perdu et qui tentent de tout retrouver… (jour2fête)
VAMPIRE, VOUS AVEZ DIT VAMPIRE ?
Vampires Vous Avez DitAdolescent sans histoires, Charley Brewster partage son temps entre sa mère, sa petite amie, ses copains et la télévision où il regarde des séries B d’horreur. Son quotidien va être bouleversé par l’arrivée d’un nouveau voisin. Charley est convaincu que le mystérieux Jerry est un vampire et qu’il vient de commettre plusieurs crimes atroces… Pour son premier film, Tom Holland revisite, en 1985, le célèbre mythe de Dracula en mêlant épouvante, humour et même un soupçon d’érotisme. Avec de bons suppléments (dont un portrait de Roddy McDowall, interprète de Peter Vincent, présentateur de télé auquel Charley demande de l’aide), voici, en version restaurée, une comédie horrifique culte qui séduira les amateurs de sang frais. (Carlotta)
A PRIVATE WAR
A Private WarSpécialiste du monde arabe, la journaliste américaine Marie Colvin fut une correspondante de guerre téméraire, têtue et sans peur. Alors qu’elle travaillait en Syrie pour le Sunday Times, cette femme intrépide (elle perdit un œil au Sri Lanka) et rebelle fut tuée, en 2012, dans un bombardement à Homs, pris sous le feu de l’armée de Bachar al-Assad. Le documentariste américain Matthew Heineman signe un film de fiction (avec Rosamund Pike dans le rôle de la journaliste) qui au-delà du travail courageux d’une reporter de guerre dans la mission la plus dangereuse de sa carrière, évoque un combat intérieur où passent la colère, l’indignation, les angoisses et les doutes… (Metropolitan)
MIB : INTERNATIONAL
MIB InternationalVoilà longtemps, la jeune Molly a vu ses parents se faire effacer la mémoire par des hommes habillés de noir… Depuis ce temps, elle rêve d’intégrer ce service secret très spécial qui combat les menaces extraterrestres sur la Terre. Et elle va y parvenir, s’imposant même comme une valeureuse (Wo)man in black ! Voici donc le quatrième opus d’une saga à succès née en 1997. Bien sûr, on peut regretter le duo Tommy Lee Jones/Will Smith mais Tessa Thompson, l’agent M et Chris Hemsworth, l’agent H se tirent bien de cette suite qui fait, entre Londres, Paris et Marrakech, la part belle à l’action et aux courses poursuite tandis qu’il s’agit de débusquer un traître au sein de l’organisation. Liam Neeson et Emma Thompson font d’amusantes apparitions. Divertissant ! (Sony)

LA SHOAH, RENE CLAIR, SAMUEL BECKETT, JLG ET ŒDIPE REVISITE A TOKYO  

LUNE DE MIEL
Lune MielJeunes Parisiens d’origine juive polonaise, Anna et Adam partent pour la première fois en Pologne pour assister à la commémoration du 75e anniversaire de la destruction de la communauté du village de naissance du grand-père d’Adam… C’est sur le ton de la comédie romantique qu’Elise Otzenberger (qui s’inspire de son vécu) traite de la Shoah. Le risque était grand mais, grâce à la verve tonique de Judith Chemla (Anna), cette comédie mâtinée de gravité réussit à faire sourire tout en contenant, au-delà des notations cinglantes sur le disneylandisation de l’Holocauste et son petit business entre ménorah et… croix gammée, des moments bouleversants sur les racines, l’absence et la mémoire. (Le Pacte)
RENE CLAIR
René ClairPathé mène depuis un bon moment un superbe travail de restauration. Voici, dans ce cadre, quatre chefs d’œuvre de René Clair (1898-1981). On découvre ainsi Paris qui dort (35 mn) et Entracte (22 mn), ses deux premiers moyen-métrages muets datés de 1923 et 1924. Mal reçu à sa sortie en 1934, Le dernier milliardaire, loin du réalisme poétique, est une satire acerbe de la dictature… Après l’exil hollywoodien pendant la guerre, René Clair donne, en 1946, le nostalgique Le Silence est d’or. Dans le petit monde pittoresque des studios de cinéma, voici un hommage aux pionniers du 7e art à travers l’histoire d’un cinéaste vieillissant (Maurice Chevalier) épris d’une jeune actrice… (Pathé)
NOTFILM
Not FilmPendant l’été 1964, deux grands artistes du 20e siècle, Samuel Beckett et Buster Keaton donnent naissance à New York à Film, un fascinant et déroutant ovni de cinéma. En 2015, le documentariste et restaurateur de films Ross Lipman s’est plongé dans l’aventure de ce court-métrage muet et avant-gardiste qui demeure la seule incursion du dramaturge irlandais dans la mise en scène de cinéma. Fruit d’un travail de sept ans, Notfilm, en s’appuyant sur des archives (rushes inédits, sons « perdus »), des témoignages, des extraits d’œuvres de Keaton, apparaît comme un passionnant « ciné-essai » sur le mystère de la création. Une rareté ! (Carlotta)
GODARD
Week EndAu milieu des années 60, Jean-Luc Godard signe deux films qui observent avec acuité une société en pleine mutation. Dans Une femme mariée (1964), Charlotte (Macha Méril) ne sait qui choisir entre son mari, souvent absent et son amant. Elle découvre qu’elle est enceinte mais ignore lequel est le père. Une auscultation, dans la manière bergmanienne, de l’image des corps. En 1967, Week-end montre un couple de Français moyens (Mireille Darc et Jean Yanne) sur les routes d’Ile-de-France au milieu d’un sanglant chaos apocalyptique, tant matériel, révolutionnaire que caricatural. En remontant un gigantesque embouteillage, JLG donne l’un des plus longs travellings de l’histoire du cinéma… (Gaumont)
LES FUNERAILLES DES ROSES
Funerailles RosesEn 1969, Toshio Matsumoto tourne une œuvre expérimentale qui adapte librement le mythe d’Œdipe Roi et développe un langage cinématographique singulier… Jeune travesti à Tokyo, Eddie a une relation avec un homme plus âgé que lui et entre en conflit avec Leda, la patronne d’un bar gay. Manifeste de la contre-culture nippone des sixties, ce drame en noir et blanc est devenu culte. Dans un style inspiré de Bertolt Brecht, Matsumoto (1932-2017) déploie un récit où la limite entre réalité et fiction se brouille sans arrêt. Une réécriture pop et hybride qui constitue un document inestimable sur le milieu homosexuel nippon de l’époque. On dit que le film aurait inspiré Kubrick pour son Orange mécanique. Une découverte ! (Carlotta)
UN HAVRE DE PAIX
Havre PaixDans le kibboutz de leur enfance, trois frères se retrouvent pour enterrer leur père. Avishai, le plus jeune, doit rejoindre, deux jours plus tard,Tsahal à la frontière libanaise où un nouveau conflit vient d’éclater. Il interroge ses frères qui ont été soldats. Itaï pense que c’est bon pour endurcir le benjamin. Yoav veut, lui, l’empêcher de partir. Dans un kibboutz hors du temps, le testament du père va réveiller des blessures secrètes. A travers un drame familial, Yona Rozenkier (qui a recruté ses deux frères Yoel et Micha pour incarner le trio fraternel) aborde la question cruciale de la paix en Israël. Malgré la gravité du sujet, le cinéaste, comme l’indique le titre, apporte une touche de burlesque à ce récit poignant… (Pyramide)
RAMPANT
RampantMaître en arts martiaux et fils du roi, le prince Ganglim revient au royaume coréen de Joseon après de nombreuses années passées en captivité dans les geôles des Mandchous. Tandis que des luttes de pouvoir agitent le palais royal, une épidémie transforme les humains en morts-vivants errants à la nuit tombée… Mêlant le film de sabre, le conte médiéval et l’action bondissante, multipliant les personnages, les riches décors et les effets spéciaux, Rampant, troisième long-métrage du Coréen Kim Sung-hoon, fait aussi la part belle aux inquiétants zombies. Entre terreur et fun, un grand et réjouissant spectacle avec des combats impressionnants. (M6)
LES PLUS BELLES ANNEES D’UNE VIE
Plus Belles Annees ViePlus de 50 ans après Un homme et une femme, Claude Lelouch réunit à nouveau Anne Gauthier et Jean-Louis Duroc. L’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de la mémoire et séjourne désormais dans une maison de retraite. A la demande du fils de Jean-Louis, Anne va venir le revoir et reprendre leur histoire là où ils l’avaient laissée. Il y a des films qui résistent à la critique. Ces retrouvailles de deux seniors sont de ceux-là. Parce qu’il y a la grâce intacte d’Anouk Aimée et la fragilité craquante de Jean-Louis Trintignant. Ensemble, ils réveillent des souvenirs de cinéma. Forcément, c’est touchant et émouvant. Un hymne à la vie et à l’amour sur fond de chabadabada ! (Metropolitan)
GRETA
GretaDans le métro new-yorkais, Frances, jeune femme innocente (Chloë Grace Moretz) trouve un sac à main. Elle décide de la rapporter à sa propriétaire. C’est ainsi qu’elle rencontre Greta, veuve européenne esseulée aussi mystérieuse qu’excentrique. En s’appuyant sur une Isabelle Huppert très à l’aise dans le registre de la grande fêlée vite inquiétante, l’Irlandais Neil Jordan (Mona Lisa, The Crying Game, Michael Collins) réussit un agréable thriller « à l’ancienne » qui adresse quelques clins d’œil au maître Hitchcock. Greta se révèle être une psychopathe glaciale qui va, évidemment, s’ingénier à pourrir la vie d’une naïve et fragile jouvencelle… (Metropolitan)
DOMINO – LA GUERRE SILENCIEUSE
Domino Guerre SilencieuseSept ans après Passion, Brian de Palma revient (enfin) au cinéma avec ce thriller d’espionnage sur la guerre souterraine contre Daech. Policier à Copenhague, Christian (Nikolaj Coster-Waldau) a vu son vieux coéquipier Hansen abattu en service. Avec la maîtresse (Carice Van Houten) de son défunt collègue, il part à la recherche du meurtrier entre Scandinavie et Espagne, au cœur d’une Europe menacée par le terrorisme. Encore tournée loin d’Hollywood et avec des moyens modestes, ce film sur la folie du terrorisme (qui a été globalement massacré par la critique américaine) porte cependant, dans son écriture parfois virtuose, la signature De Palma. (Metropolitan)
UNE JUSTICIER DANS LA VILLE
Justicier VilleEn 1973, autour du thème de l’autodéfense, le Britannique Michael Winner entame la saga Death Wish, sommet du film de « vigilante ». Architecte new-yorkais, Paul Kersey (Charles Bronson dans le rôle de sa vie) voit sa vie s’effondrer à la suite du meurtre de sa femme et du viol de sa fille. Face aux institutions impuissantes, il va se muer en juge, jury et bourreau. Après le n°1, Un justicier dans la ville 2 (1982) retrouve Kersey, cette fois à Los Angeles où sa vie s’effondre à nouveau et où ses pulsions meurtrières reprennent de plus belle ! Les deux films sont accompagnés d’un livre d’une centaine de pages sur l’histoire des films qui ont suscité de nombreuses polémiques. (Sidonis Calysta)
BEAUX-PARENTS
Beaux ParentsColine et André sont en parfaite harmonie avec leur fille, Garance et leur gendre Harold. Mais Garance se sépare d’Harold et intime à ses parents l’ordre de ne plus jamais le revoir. En secret, les parents refusent de couper les ponts avec leur gendre. Pire, ils oeuvent pour qu’il fasse la reconquête de leur fille… Entre émotion et comédie, voici un vaudeville qui n’a que l’ambition de faire passer un bon moment au spectateur. Bruno Bénabar (Harold), Charlie Bruneau (Garance) mais surtout le pétulant duo Josiane Balasko-Didier Bourdon se chargent de faire prendre la sauce. Un film qui n’évite pas les clichés mais que ses comédiens rendent divertissant ! (Orange Studio)

LE CINEASTE, LES FEMMES FATALES ET UN JEUNE FANATIQUE  

DOULEUR ET GLOIRE
Douleur Gloire« Et si tu ne tournais plus, tu ferais quoi ? Vivre, je suppose… » Le dernier Almodovar est-il fondé sur la vraie vie du cinéaste ? Non et oui, absolument, répond le réalisateur de Tout sur ma mère. On se glisse avec une réelle empathie dans ce portrait d’un cinéaste qui souffre d’une crise d’inspiration et qui se penche aussi bien sur ses relations avec sa mère (incarnée, jeune, par Penelope Cruz) que sur les hommes de sa vie. Entrant dans la peau de cet artiste en souffrance qui ressemble comme un double à Pedro Almodovar, Antonio Banderas, brillant compagnon de route du metteur en scène, a été couronné meilleur acteur à Cannes. Almodovar n’a toujours pas remporté de Palme sur la Croisette mais il signe un émouvant film-bilan. (Pathé)
L’ANGE NOIR
Ange NoirCinéphile invétéré et autodidacte du 7e art, Jean-Claude Brisseau rendait, en 1994, hommage au film noir américain avec des clins d’œil à Wyler (La lettre) ou à Kim Novak dans le Vertigo de Hitchcock.  Thriller stylisé et brillant, L’ange noir est construit pour une Sylvie Vartan rare au grand écran. Dans son meilleur rôle, elle incarne une inquiétante femme de la bourgeoisie bordelaise, épouse d’un haut magistrat (Michel Piccoli) et mère d’une jeune fille inquiétante. Stéphanie Feuvrier vient de tuer un homme à son domicile… Dans la collection Make my Day de Jean-Baptiste Thoret, voici le passionnant portrait que Brisseau (1944-2019) fait d’une femme fatale tout en interrogeant les arcanes du désir féminin. (Studiocanal)
LA FEMME REVEE
Femme ReveeRescapé d’un accident de voiture, l’homme d’affaires Angel Caal est soigné à Séville par la timide et dévouée Mercedes. Epris, Angel entraîne la jeune femme à Paris. Bientôt Mercedes va gouter les tentations de la capitale auprès de Suzanne, l’ancienne maîtresse de Caal et du danseur mondain Harry Pilcer… En 1928, Jean Durand, cinéaste aujourd’hui injustement oublié, signe un envoûtant et beau film muet longtemps présumé perdu et récemment restauré. Avec Charles Vanel (Caal), Alice Roberte (Mercedes) et Arlette Marchal (Suzanne), voici un faux drame bourgeois qui évoque un trio entre liberté des femmes et plaisirs de la nuit parisienne… (Gaumont)
SEDUIS-MOI SI TU PEUX
Séduis Mo iSi Tu PeuxBrillante et habile secrétaire d’Etat, Charlotte Field croise, au cours d’une soirée, Fred Flarsky, journaliste pugnace mais instable et sans filtre dont elle fut jadis la baby-sitter. Candidate à la présidence des Etats-Unis, Charlotte décide, au grand dam de son entourage, d’embaucher Fred pour tonifier ses discours… La séduisante Charlize Théron et le rondouillard Seth Rogen, constamment attifé en plouc à casquette, Long Shot (en v.o.) est une comédie romantique « à l’ancienne ». On songe parfois au Président et Miss Wade et on déguste cette romance politique enlevée, cultivant parfois une verve incorrecte qui mêle écologie, belles valeurs et passion amoureuse. (M6)
LE JEUNE AHMED
Jeune AhmedEn compétition à Cannes, les frères Dardenne ont décroché le prix de la mise en scène pour ce drame voulu comme une « ode à la vie ».  En Belgique, voici le parcours d’un jeune adolescent (Idir Ben Addi, remarquable) en perte de repères qui, sous l’influence de l’imam extrémiste de son quartier, bascule dans le fanatisme religieux. Fidèle à leur cinéma, les Dardenne collent à leurs personnages et les observent, avec une réelle perplexité, dans une quête qui confine à l’obsession. Dans un film très tendu, on suit le jeune Ahmed, dans sa radicalisation galopante, agissant comme une grenade dégoupillée alors même qu’un éducateur lui dit que « la mort, c’est autre chose qu’une piqûre de moustique »… (Diaphana)
LES AVENTURES DE PINOCCHIO
Aventures de PinocchioDans la Toscane de la fin du 19e siècle, le pauvre menuisier Gepetto fabrique un pantin de bois qu’il nomme Pinocchio. La fée Turquoise anime la marionnette qui se comportera comme un gamin de chair et de sang. En 1972, Luigi Comencini, qui a souvent traité de l’enfance dans ses œuvres, adapte le célèbre conte de Carlo Collodi pour la télévision. En 1975, il fera de cette série un film pour le grand écran avec Nino Manfredi et Gina Lollobrigida en tête d’affiche. Loin de la version animée donnée par Disney en 1940, voici, entre réalisme et fantastique, une réflexion souvent cruelle sur l’enfance face à la misère du monde. Mais la magie de l’imaginaire est là aussi… (Le Pacte)
JEANNE LA PUCELLE
Jeanne PucelleDe Méliès à Preminger en passant par Rossellini et Luc Besson sans oublier le tout récent Jeanne de Bruno Dumont, Jeanne d’Arc est devenue un personnage de cinéma. Chez Jacques Rivette, en 1994, c’est Sandrine Bonnaire, révélée par Pialat quelques années auparavant, qui se glisse dans l’armure de cette jeune fille qui a quitté sa famille à 17 ans et a été brûlée à 19 ans. Dans une vaste fresque de 5h30 et en deux volets (Les batailles et Les prisons), Rivette (1928-2016), fidèle à son goût de l’expérimentation, travaille la lenteur pour mieux saisir les émotions. Sur une belle bande-son de Jordi Savall, Jeanne est plus du côté de la spiritualité que de la guerre… (Potemkine)
QUAND PASSENT LES CIGOGNES
Quand Passent CigognesA Moscou, en 1941, Veronica et Boris, jeune couple très amoureux, vont se marier. Mais le 22 juin, l’Allemagne envahit par surprise la Russie. Boris part au front. Son cousin Mark, planqué peu glorieux, courtise Veronica qui finit par l’épouser. Commence alors une descente aux enfers entre amour, doute et désespoir. En 1957, Mikhail Kalatozov tourne son film le plus fameux qui obtiendra la Palme d’or à Cannes 58. Loin des élans patriotiques du cinéma russe, cette œuvre réputée pour ses somptueux mouvements d’appareil, symbolise le dégel du régime soviétique sous Khrouchtchev. Voici une mélodique évocation des horreurs de la guerre vues à travers le regard de la romantique Veronica incarnée par la belle Tatiana Samoïlova… (Potemkine)
CUJO
CujoLa terreur a un nom : Cujo… Pourtant Cujo est un gros mais gentil saint-bernard appartenant à un mécanicien d’un bled américain. Sauf que le brave chien a été mordu par une chauve-souris enragée. Lorsque Donna (Dee Wallace) et son jeune fils viennent faire réparer leur voiture au garage, ils ignorent que Cujo a déjà dévoré son maître. Prisonniers de leur auto en panne, ils risquent le pire. En 1983, Lewis Teague adapte le maître Stephen King (qui apprécia le résultat final) et signe un film efficace où les attaques canines sont sauvages. Cujo est présenté pour la première fois en dvd dans son montage intégral. Toujours mordant ! (Carlotta)
LA NUIT DES JUGES
Nuit JugesJeune juge idéaliste, Steven Harlin est contraint d’acquitter un criminel et déplore l’impuissance du tribunal auprès de son collègue Caufield. Celui-ci lui avoue l’existence d’une chambre clandestine, dont il fait partie, qui liquide, de manière expéditive, les meurtriers trop facilement innocentés lors de leurs jugements. En 1983, l’Américain Peter Hyams s’inscrit dans la lignée des films « de vengeance » mais adopte un ton moins racoleur, voire plus argumenté. Michael Douglas incarne un magistrat, pris entre sa vocation et ses idéaux, qui s’interroge sur la justice et la loi. Si les images ont un peu vieilli, le propos, lui, demeure toujours d’actualité. (L’Atelier des images)
SIBYL
SibylRomancière reconvertie en psychanalyste mais reprise par le désir d’écrire, Sibyl quitte tous ses patients sauf Margot, jeune actrice en détresse. Il est vrai que Margot nourrit son inspiration. Après la comédie Victoria en 2016, Justine Triet concocte, avec l’incontournable Virginie Efira au centre de sa toile, un drame passionnel autour du thème de la création littéraire et cinématographique. C’est souvent brillant, parfois enchevêtré mais les personnages féminins (c’est Adèle Exarchopoulos qui incarne Margot) ont une belle densité. On se laisse prendre à cette fiction qui fait parfois, lors d’un tournage chahuté du côté du Stromboli, songer à Rossellini et Bergman… (Le Pacte)
ALADDIN
AladdinTout comme pour les récents Livre de la jungle ou Dumbo, Disney « reprend » cette fois le classique animé de 1992 en prises de vues réelles. Voici donc les aventures d’Aladdin, charmant garçon des rues (Mena Massoud) qui croise la route du Génie de la lampe auquel il demande de l’aider à conquérir le cœur de la belle et fougueuse princesse Jasmine (Naomi Scott)… Mais Jafar, le méchant Vizir, guette… Ce reboot live, porté par la star Will Smith en génie blagueur, aussi frais que léger, se regarde comme un divertissement agréable qui emporte le spectateur dans un voyage oriental sur un tapis volant, façon Disney. (Disney)
TERREUR SUR LE BRITANNIC
Terreur BritannicAlors que le Britannic fait route vers l’Amérique dans une mer démontée, son propriétaire reçoit, à Londres, l’appel d’un certain Juggernaut qui l’informe que le paquebot est miné et réclame une rançon, sinon les 1200 passagers du navire périront. Une équipe de démineurs est parachutée à bord du navire… En 1974, au début de la vague du film-catastrophe, Richard Lester, connu pour ses comédies (Quatre garçons dans le vent avec les Beatles en 1964 ou The Knack en 65), tourne un drame atypique en conservant un certain humour et en soignant sa galerie de personnages défendus par de bons comédiens Omar Sharif, Ian Holm, Anthony Hopkins, David Hemmings, Richard Harris). Un excellent suspense dans une belle version remastérisée! (Wild Side)
90’S
90'sDans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère tyrannique. Quand une bande de skateurs, tous plus âgés que lui, le prend sous son aile, il se prépare à passer l’été de sa vie… Connu pour son travail de comédie avec Judd Apatow (En cloque, mode d’emploi ou Funny People), Jonah Hill signe, ici, une première mise en scène minimaliste et sans esbroufe pour distiller une certaine nostalgie des nineties entre skate et hip-hop. Le cinéaste raconte, avec tendresse, comment Stevie s’éloigne doucement de l’adolescence pour avancer vers l’âge adulte… (Diaphana)
JOHN WICK 3 – PARABELLUM
John Wick 3 ParabellumParce qu’il a transgressé les règles en éliminant, dans l’hôtel Continental, un membre de la Grande Table, John Wick  a été « excommunié » et est devenu, à Manhattan, un homme traqué dont la tête a été mise à prix pour 14 millions de dollars… Mais mettre Wick à terre n’est pas une mince affaire car ce tireur d’élite, combattant hors de pair, ne craint rien, ni personne. Le troisième volet de la saga Wick est un bon exemple de film d’action qui enchaîne les scènes sans lasser. Bien sûr, le scénario est mince mais, toujours à l’aise dans le troisième opus de la saga Wick, Keanu Reeves mène le bal des fusillades à gogo ! (Metropolitan)

LE VIETNAM, L’ADDICTION, LA GUERRE, LA FINANCE ET LA VOITURE MORTELLE  

APOCALYPSE NOW FINAL CUT
Apocalypse NowPalme d’or à Cannes 1979, Apocalypse Now est devenu, dans le domaine du film de guerre comme dans l’aventure des tournages « hasardeux », une œuvre mythique. Pour le 40e anniversaire de cette exploration des ténèbres de la guerre et de l’Homme, Francis Ford Coppola présente une version inédite et restaurée par ses soins et promet « la meilleure version du film au monde ». On plonge donc avec une passion de cinéphile dans ce voyage obsédant vers la folie. Willard, paumé alcoolique (Martin Sheen), Kilgore (Robert Duvall) et son napalm baigné de lyrisme wagnérien ou le colonel Kurtz (Marlon Brando), bouddha tapi dans sa tanière, nous hantent pour longtemps… (Pathé)
MAIS VOUS ETES FOUS
Mais vous etes fousSi Romain aime ses filles autant que sa femme Camille, il leur cache pourtant un lourd secret. On le découvre lorsque l’une des fillettes est hospitalisée pour une overdose. Pour son premier long-métrage, Audrey Diwan réussit un film poignant sur une famille que la drogue fait exploser. Les excellents Pio Marmaï et Céline Sallette, entièrement à fleur de peau, campent deux personnages emportés dans le tourbillon des doutes et de la perte de confiance. En cultivant le hors-champ pour jouer sur les non-dits, Mais vous êtes fous est remarquable. Une approche sensible et intime d’un phénomène de société. (Wild Side)
REQUIEM POUR UN MASSACRE
Requiem MassacreTrès marqué par l’expérience de la guerre –il est né à Stalingrad et a vécu la terrible bataille en 1942/43- le cinéaste russe Elem Klimov (1933-2003) réalisait, en 1985 et entièrement en steady-cam, cette vertigineuse plongée dans les horreurs de la guerre. Villageois biélorusse de 14 ans, Fiora prend un fusil sur un soldat mort et se retrouve embrigadé dans la résistance contre les nazis. En adoptant le point de vue d’un enfant, Klimov réussit une œuvre convulsive et bouleversante sur l’innocence confrontée à la monstruosité. Klimov, qui fut quelques années premier secrétaire de l’Union des artistes de cinéma de l’URSS, n’a plus jamais tourné après ce Requiem magistral. (Potemkine)
LA CHUTE DE L’EMPIRE AMERICAIN
Chute Empire AmericainAgrégé de philosophie mais socialement inapte, Pierre-Paul Daoust, 36 ans, est… livreur à Montréal. Un jour, il assiste à un hold-up dans une blanchisserie qui sert de coffre-fort au crime organisé de la cité. Il se retrouve avec deux sacs bourrés de billets et sa vie bascule… Après Le déclin de l’empire américain (1986) et Les invasions barbares (2003), Denys Arcand boucle la boucle avec La chute de l’empire américain, comédie grinçante sur l’argent et les mécanismes de l’évasion fiscale. Ou comment un héros généreux et intelligent, sa charmante petite amie escort-girl, un truand perspicace et un avocat roublard sont bousculés dans leurs valeurs. Tonique ! (Jour2fête)
CHRISTINE
ChristineAdolescent timide, mal dans sa peau et complexé, Arnie tombe sous le charme d’une Plymouth Fury 1958 rouge en piteux état. Il l’achète, la remet en état dans un garage et commence alors à changer de personnalité. Plus sûr de lui, il va jusqu’à inviter la plus jolie fille du lycée. Mais Christine n’aime pas ça. Quand deux maîtres de l’horreur, Stephen King et John Carpenter, se rencontrent, cela donne, en 1983, un fameux film où une voiture surnaturelle prend « vie » et révèle une nature… satanique. Dans une belle version restaurée, voici un classique du fantastique augmenté de bons bonus dont le making of du film, une longue conservation avec Carpenter et Plus furieuse que l’enfer, un livre sur le tournage… (Carlotta)
JEAN-LUC GODARD
Deux ou trois chosesEn 1966 et 1967, Jean-Luc Godard est au sommet de sa notoriété et enchaîne deux films marquants. Dans Masculin féminin, JLG évoque les fameux « enfants de Marx et de Coca Cola » dans une réflexion sur la vie de couple et la sexualité chez les jeunes des années 60. Paul (Jean-Pierre Léaud) cherche du travail et est amoureux de Madelaine (Chantal Goya) jeune chanteuse surtout préoccupée par sa carrière. Deux ou trois choses que je sais d’elle se présente comme le portrait de Juliette Jeanson (Marina Vlady), jeune mère de famille habitant dans un grand ensemble de la région parisienne et se livrant à la prostitution occasionnelle. Tourné dans la cité des 4000 à La Courneuve, le film est un regard acerbe sur la ville et sa banlieue… Deux belles versions restaurées… (Potemkine)
JEAN-CLAUDE BRISSEAU
BrisseauDisparu en mai dernier, Jean-Claude Brisseau était une figure controversée mais cet autodidacte passionnément cinéphile a livré une œuvre puissante et violente, marquée à la fois par le réalisme et l’onirisme fantastique. On retrouve cette caractéristique dans ses trois premiers « longs », bien restaurés : Un jeu brutal (1983) évoque un célèbre biologiste perturbé qui commet plusieurs meurtres de fillettes. Dans De bruit et de fureur (1988) qui le révéla au grand public, le cinéaste dépeint la banlieue des années 80 sur fond d’exclusion, de solitude, de misère sociale, de violence. Plus grand succès commercial de Brisseau, Noce blanche (1989) réunit Bruno Cremer et la débutante Vanessa Paradis en lycéenne marginale qui s’éprend de son professeur de philosphie. Un beau triptyque enrichi de nombreux suppléments où Brisseau parle notamment de sa méthode de travail. (Carlotta)
DIEU EXISTE, SON NOM EST PETRUNYA
Dieu existe PetrunyaA Stip, lors d’une fête votive où une croix porte-bonheur est lancée à l’eau, Petrunya, trentenaire au chômage, plonge et réussit à attraper le trophée. Sa réussite déchaîne les réactions des hommes… Avec cette satire grinçante qui fait penser au cinéma de Milos Forman à l’époque tchèque, la cinéaste macédonienne Teona Strugar Mitevska dresse le portrait savoureux de Petrunya, jeune femme ronde, mal dans sa peau mais bigrement énergique (l’excellente Zorica Nuscheva) qui va entrer en résistance, sous le regard d’une équipe de télé, contre les institutions de l’Etat et de l’Eglise. Une comédie féministe joyeusement enlevée. (Pyramide)
CORLEONE
CorleoneFils de paysans pauvres de Corleone, un bourg sicilien à 60 km de Palerme, Toto Riina (1930-2017) est devenu le parrain des parrains de Cosa Nostra, la Mafia sicilienne au terme d’une équipée sauvage et sanguinaire. Avec Corleone, le documentariste Mosco Levi Boucault signe une impressionnante saga autour du conflit entre la soif du pouvoir et la vertu de la loi. En deux parties (Le pouvoir par le sang et La chute), le film (2h24) raconte notamment comment, après l’assassinat en 1982, du général Dalla Chiesa, les juges Falcone et Borsellino entreprirent de faire tomber Riina malgré le climat de terreur entretenu par le mafieux. Entre 1977 et 1994, une sanglante tragédie Italienne. (Arte)
LA FEMME QUI FAILLIT ETRE LYNCHEE
Femme Faillit LyncheePendant la guerre de Sécession, Border City, sur laquelle règne une richissime propriétaire, est un havre de paix… pour les malfrats. C’est là que débarque la jolie Sally (Joan Leslie) pour reprendre le saloon de son frère abattu par un soldat sudiste. Le prolifique Allan Dwan a 68 ans et est en fin de carrière (il mettra encore en scène l’épatant Deux rouquines dans la bagarre en 56) lorsqu’il tourne, en 1953, The Woman they almost Lynched (en version restaurée), un western dont les personnages centraux sont des femmes. Le scénario, plein de rebondissements et à la mise en scène solide, alterne moments de grande violence et pauses légères. (Sidonis Calysta)
LE TRIOMPHE DE BUFFALO BILL
Triomphe Buffalo BillEn 1860, rescapé d’une attaque d’Indiens, le sémillant William Cody, célèbre sous le sobriquet de Buffalo Bill, embarque dans une diligence à destination de Sacramento. Il y retrouve son vieil ami Wild Bill Hickok avec lequel il doit mettre en place le Pony Express, révolutionnaire transport de courrier de l’est à l’ouest de l’Amérique. Avec un premier rôle dans lequel on l’a remarqué, Charlton Heston (1923-2008) incarne, en 1953, le mythique Buffalo Bill. Si le scénario prend de sérieuses libertés avec la réalité historique, ce western réalisé par Jerry Hopper, riche en intrigues et dans lequel on remarque aussi la belle Rhonda Fleming, est divertissant et montre comment la poste est devenue un facteur d’unification des Etats-Unis. (Sidonis Calysta)
COLD SWEAT
Cold SweatDans sa carrière américaine, Charles Bronson fit, entre 1969 et 73, une parenthèse européenne. En 1970, il tourne ainsi avec Terence Young, connu pour avoir réalisé les trois premiers films de la saga 007, Cold Sweat présenté dans la collection « Make my Day » de Jean-Baptiste Thoret. Sur la Côte d’Azur, De la part des copains (en v.f.) raconte l’aventure de Joe Martin, un ancien soldat rattrapé par son passé délictueux et contraint de faire face à d’anciens complices trafiquants de drogue décidés à l’éliminer. Entouré de Liv Ullmann, James Mason, Michel Constantin, Jean Topart ou Jill Ireland, Bronson incarne un personnage nonchalant, voire très cool qui tranche avec les vengeurs qu’il jouera plus tard, de retour à Hollywood. (Studiocanal)
VIGILANTE
Vigilante« Je sais ce que je veux faire de ma vie… » Autrefois victime de sauvages violences conjugales, Sadie a décidé de se consacrer à la défense d’autres femmes dans la même situation. Pour cela, la jeune femme a choisi d’employer la manière forte. Elle s’entraîne à cogner dur et traque les hommes violents qui vont la sentir passer. Avec Olivia Wilde en ange vengeur qui change volontiers de tête pour mieux réussir ses interventions, la cinéaste australienne Sarah Daggar-Nickson signe un film où l’action tient évidemment une grosse place. Mais Vigilante résonne cependant fortement en ces temps de féminicides à répétition dans notre pays… (M6)
CŒURS ENNEMIS
Coeurs EnnemisDans l’immédiat après-guerre, Lewis Morgan, officier anglais, est affecté à la reconstruction de Hambourg. Rachel, son épouse, le rejoint et ils s’installent dans la belle demeure où vivent un architecte allemand et sa fille. Cette promiscuité révolte Rachel… Mais le rejet va doucement laisser place à un sentiment plus trouble. Avec Keira Knightley et Alexander Skarsgard en tête d’affiche, Cœurs ennemis est un drame sentimental sur un triangle amoureux traité de manière classique. Le film de James Kent vaut aussi pour la période historique méconnue dans laquelle il se déroule… (Fox)
NOUS FINIRONS ENSEMBLE
Nous finirons ensembleMax, 60 ans, déprime et a décidé de vendre sa belle maison du Cap-Ferret. Débarque alors ses tonitruants amis décidés à lui fêter un anniversaire-surprise. Presque dix ans après le succès des Petits mouchoirs, Guillaume Canet retrouve, pour Nous finirons ensemble, Cluzet, Lellouche, Cotillard, Magimel, Laffite, Arbillot, Bonneton et les autres. Si le film ressemble parfois à un dépliant touristique (ah, la séquence d’ouverture !), il ne manque pas de rythme, ni de drôlerie. Evidemment, c’est assez prévisible (la critique a été globalement assassine) mais le public qui avait aimé le premier film est ravi retrouver toute la troupe… (Pathé)

CORRUPTION, SEDUCTION(S), CONVOITISE, MANIPULATION ET RECONSTRUCTION  

EL REINO
El ReinoHomme politique influent, Manuel Lopez-Vidal est embringué dans un dossier de corruption qui menace tous les membres de son parti… Avec El Reino, l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen, remarqué en 2016 pour l’excellent Que Dios nos perdone, met en scène un haletant et efficace thriller sur les trafics d’influence et la corruption en Espagne. Même si on ne saisit pas nécessairement tous les enjeux de l’aventure, le film réussit un portrait remarquable d’un politique (Antonio de la Torre, excellent) coincé dans un piège implacable et lâché par ses anciens amis. Pour sauver sa peau, Lopez-Vidal décide alors de tout déballer dans les médias. Remarquable ! (Warner)
BLANCHE COMME NEIGE
Blanche Comme NeigeCinéaste rompue à tous les genres, Anne Fontaine se risque, avec Blanche comme neige dans l’adaptation du conte des frères Grimm… Jeune fille d’une grande beauté, Claire est l’objet de la jalousie quasi-criminelle de Maud, sa belle-mère. Sauvée par un homme mystérieux, Claire se réfugie dans sa ferme perdue dans la montagne et va mettre le feu aux tempes de sept hommes archétypaux. Avec Lou de Laâge et Isabelle Huppert en tête d’affiche entourées notamment de Vincent Macaigne, Charles Berling, Jonathan Cohen ou Damien Bonnard, voici une variation contemporaine et teintée d’humour sur un conte fameux et aussi une réflexion initiatique où une « enfant » devient femme et s’éveille au désir… (Gaumont)
DERNIER AMOUR
Dernier AmourGiacomo Casanova arrive à Londres, une ville dont il ignore tout. Il y croise Marianne de Charpillon, une jeune prostituée qui l’attire irrésistiblement. Mais La Charpillon se dérobe toujours à ses avances. Spécialiste des portraits de femmes, Benoît Jacquot évite, dans Dernier amour, la reconstitution historique (nous sommes au 18esiècle) pour dresser celui de l’éternel séducteur dans un jeu du chat et de la souris qui le déstabilise. Face à Stacy Martin, une Marianne diaphane, sensuelle et manipulatrice, Vincent Lindon campe un conquérant déconfit face au mystère de l’amour… Jacquot s’ingénie à saisir l’intime d’une époque libertine. (Diaphana)
L’HERITAGE DES 500.000
Heritage 500000Dans la jungle philippine, pendant la Seconde Guerre mondiale, le commandant Matsuo a participé à l’ensevelissement de milliers de pièces d’or destinées à payer les dépenses de l’armée impériale japonaise. Après la guerre, il est contraint par son patron de revenir sur place pour remettre la main sur le trésor. Avec L’héritage des 500.000, Toshiro Mifune (1920-1997), acteur fétiche d’Akira Kurosawa, réalise, en 1963, l’unique long-métrage de sa grande carrière et y incarne l’ancien comptable Matsuo. Un drame de guerre qui est surtout une forte réflexion sur la convoitise humaine. Avec des accents à la Aguirre, un voyage dans les tréfonds de l’âme humaine. Haletant ! (Carlotta)
L’ADIEU A LA NUIT
Adieu NuitRetrouvant Catherine Deneuve, que l’on peut considérer clairement comme sa comédienne fétiche, André Téchiné réalise, avec L’adieu à la nuit, une œuvre à la fois intime et sociale. Intime parce qu’elle raconte le parcours de Muriel, une grand-mère (Deneuve) folle de joie à l’idée de retrouver Alex, son petit-fils (Kacey Mottet-Klein, vu dans Continuer), et contrainte à des extrémités pour le sauver. Sociale parce qu’il est question d’un jeune type, manipulé par sa petite amie adepte du prosélytisme islamiste sur internet, qui a décidé de partir faire le djihad pour donner du sens à son existence. Intense et captivant. (FranceTV)
NOS VIES FORMIDABLES
Nos Vies FormidablesMargot, 32 ans, cassée par l’abus d’alcool et de substances toxiques, arrive dans une institution où elle doit tout abandonner pour tenter de se reconstruire… Autour d’elle, se trouvent des hommes et des femmes, entre 18 et 50 ans, que les addictions ont, eux aussi, mis à mal… Dans Nos vies formidables, titre évidemment ironique, Fabienne Godet, auteur de Sauf le respect que je vous dois (2005), réussit une belle série de portraits de patients incarnés par de bons comédiens. Voici, sur la résilience, une œuvre généreuse qui évite le pathos pour glisser qu’on s’en sort probablement mieux à plusieurs que tout seul… (Memento)
LES OISEAUX DE PASSAGE
Oiseaux Passage« La marijuana est le bonheur du monde… » Dans les années 70, en Colombie, dans une famille d’indigènes Wayuu, la jeune Zaina va se marier. Pour l’épouser, Rapayet doit offrir une grosse dot dont il ne dispose pas. Son ami Moises lui suggère de passer du commerce du café à celui, bien plus lucratif, de la marijuana. Bientôt, passant de la tradition au gangstérisme, le trafic de drogue va prendre de l’ampleur. Avec Les oiseaux de passage, les cinéastes colombiens Ciro Guerra et Cristina Gallego signent une belle fresque qui approche la question du narcotrafic à travers une famille et ses traditions ancestrales et presque mystiques… (Diaphana)
RAOUL TABURIN A UN SECRET
Raoul TaburinQuand l’univers de Jean-Jacques Sempé fait un tour sur le grand écran. On connaissait le petit Nicolas. Voici Raoul Taburin, réparateur de vélos dans le petit village de Saint-Céron. S’il y jouit d’une certaine réputation de spécialiste du cycle, Raoul cache pourtant un gros secret. De ceux qui vous pourrissent toute une vie. Avec Raoul Taburin a un secret, Pierre Godeau transpose, avec finesse, le trait de Sempé au cinéma. Et il peut pour cela s’appuyer sur un solide duo avec Benoît Poelvoorde en Taburin malheureux de se sentir imposteur et Edouard Baer dans la peau de Figougne, le méticuleux photographe spécialiste du portrait. Une petite comédie charmante. (Pathé)
TREMBLEMENTS
TremblementsAppartenant à la classe aisée du Guatemala, Pablo, 40 ans, marié, deux enfants, a tout pour être heureux. Mais quand il tombe amoureux de Francisco, cet homme « comme il faut », religieux pratiquant, provoque un véritable séisme chez les siens. Ceux-ci décident alors de le faire « soigner ». Avec Tremblements, le cinéaste guatemaltèque Jayro Bustamante signe un drame impressionnant, fascinant et violent sur les thérapies dites « de conversion » pour vaincre ce qu’une communauté religieuse considère comme une… maladie intolérable. Un regard effrayant sur une société répressive ! (Memento)
DUMBO
DumboAvec sa bouille de doudou à immenses oreilles, le premier Dumbo (1941) a bercé notre enfance. Comme Disney a décidé de donner à ses classiques du dessin animé des versions « live action » avec donc des prises de vues réelles, on retrouve, en « chair et en os », l’éléphanteau qui sait, quand il est en confiance, prendre son envol du côté du cirque Medici puis au parc Dreamland et enfin dans son retour à la vie sauvage. Derrière la caméra, Tim Burton met joliment en scène cette aventure colorée et développe les thèmes de l’enfance, de la désillusion et de l’excentricité qui occupent souvent ses films. La distribution est solide avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito et Eva Green. (Disney)
AFTER
After« Avant lui, ma vie était toute simple, tracée ». Pour la jeune Tessa Young qui entre à l’université, l’existence devait être un long fleuve tranquille. Mais la pure et charmante jeune fille (Josephine Langford) va tomber sous le charme du ténébreux Hardin Scott (Hero Fiennes-Tiffin, le neveu de Ralph et Joseph Fiennes) et entrer dans une histoire d’amour imparfaite qui va cependant la faire grandir. A partir de la saga littéraire américaine After signée Anna Todd, parfait exemple de « chick litterature », Jenny Gage a tiré After : chapitre 1, une romance adolescente, légèrement mâtinée de porno soft, autour d’une passion aussi forte que chaotique. (M6)

ARETHA, SOFIA, PAUL, BEATRICE, FREDERIC, BOISSET ET LES RESISTANTS  

AMAZING GRACE
Amazing GraceDisparue en août 2018, Aretha Franklin, la reine de la soul, enregistrait, en janvier 1972, dans une petite église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles, un album live. Le disque de ce concert mythique deviendra l’album de gospel le plus vendu de tous les temps. Mis en images en deux soirées par Sydney Pollack, qui allait réaliser ensuite Les trois jours du condor, le film n’est jamais sorti… pour cause d’absence de synchro entre le son et l’image. Les bobines sont restées sur les étages de la Warner jusqu’en 2007. S’appuyant sur les nouvelles technologies, le producteur Alan Elliott s’employa à réparer cette erreur. Amazing Grace est un pur bijou gospel. Portée par sa voix magnifique, son génie et sa foi, Aretha Franklin est au sommet de son art. Sublime ! (Metropolitan)
LA LUTTE DES CLASSES
Lutte ClassesBrillante avocate d’origine maghrébine, Sofia et Paul, batteur punk-rock old school quittent Paris pour emménager dans une petite maison à Bagnolet. Leur fils Corentin va à l’école publique du quartier. Mais la plupart de ses copains désertent l’école Jean Jaurès pour l’institution catholique privée voisine. Corentin fait le forcing auprès de ses parents pour les suivre… Réalisateur de l’excellent Nom des gens (2010), Michel Leclerc réussit, avec La lutte des classes, une comédie politique qui questionne, avec gravité et humour, l’école de la République, les enseignants, les tensions communautaires, l’égalité et les valeurs républicaines. Leïla Bekhti est dans la nuance tandis qu’Edouard Baer, blouson noir sur les épaules, campe un savoureux anar. Malgré une fin un peu ratée, un film malicieux et salubre ! (UGC)
CHAMBOULTOUT
Chamboultout« Si mon livre vous a fait de la peine, je suis désolé ! » Dans son ouvrage, Béatrice a raconté comment le couple qu’elle forme avec Fréderic a vécu l’accident puis le handicap qui a laissé Frédéric aveugle et comment leur vie familiale et sociale s’est mise à tanguer. Avec Chamboultout, Eric Lavaine s’empare d’une histoire vraie pour une comédie douce-amère, hymne à la vie qui, entre les hauts et les bas de l’existence, va déclencher un pugilat dans leur entourage. En compagnie de la pétulante Alexandra Lamy, José Garcia compose un étonnant Fréderic sans filtre et devenu imprévisible… Autour de ce duo, on remarque Michaël Youn, Anne Marivin, Medi Sadoun ou Michel Vuillermoz. (Gaumont)
YVES BOISSET
BoissetDans la bonne collection Make my Day animée par un Jean-Baptiste Thoret qui s’ingénie à remettre en lumière des pépites oubliées ou méconnues, on retrouve avec plaisir Yves Boisset qui fut, dans les années 70, un intéressant cinéaste engagé à gauche. Il est, ici, à la tête de deux adaptations littéraires, l’une de Jean-Patrick Manchette pour Folle à tuer (1975), l’autre de Jean Vautrin pour Canicule (1984). Dans le premier, une jeune femme fragile (Marlène Jobert) engagée comme gouvernante du neveu d’un riche industriel est aux prises avec un tueur à gages. Le second est un film rare dans la mesure où les (vraies) stars hollywoodiennes sont plutôt rares dans les films français. Lee Marvin, dans l’un de ses derniers rôles au cinéma, incarne le gangster Jimmy Cobb qui, après un braquage de banque, se cache dans une ferme de la Beauce pour échapper à la police. Bientôt sa présence va attiser les tensions et les convoitises d’une bande de rustres violents… (Studiocanal)
COMPANEROS
CompanerosEn 1973, à la suite d’un coup d’état, l’Uruguay bascule dans une dictature militaire très brutale. Parmi des milliers de personnes emprisonnées, trois opposants sont jetés en prison. Au fur et à mesure que leurs esprits et leurs corps sont poussés aux limites du supportable, les trois hommes vont mener une lutte existentielle de 12 années pour échapper à une réalité qui les condamne à la folie. Avec Companeros, le réalisateur uruguayen Alvaro Brechner se penche sur le sort de trois opposants politiques, dirigeants des Tupamaros pour donner un puissant film militant autour de l’engagement politique. Une œuvre très poignante qui résonne particulièrement à l’heure où les valeurs des démocraties semblent vaciller… (Le Pacte)
CAPTIVE STATE
Captive StateQuand les codes du film d’espionnage s’infiltrent ingénieusement dans le registre de la science-fiction ! En 2027, la Terre est sous le joug des extraterrestres. A Chicago, dans le quartier de Near West Side, la vie est compliquée tandis que les collaborateurs des aliens et les rebelles, sous la conduite du mythique n°1, sont entrés dans le combat clandestin. Un projet d’attentat voir le jour… Auteur de Captive State, l’Anglais Rupert Wyatt voulait rendre hommage à Jean-Pierre Melville et il signe une aventure presque minimaliste mais dont la densité du récit impressionne. Avec John Goodman et Vera Farmiga en tête d’affiche, une bonne surprise ! (Metropolitan)
THE MULE
The MuleDepuis 2008 et Gran Torino, on n’avait plus vu Clint Eastwood faire l’acteur dans l’un de ses films. Il est de retour avec The Mule et c’est une réussite. Eastwood se glisse avec aisance dans la peau d’Earl Stone, 80 ans, horticulteur désormais fauché et solitaire qui accepte, pour sortir la tête de l’eau, un boulot de chauffeur. En ignorant qu’il s’agit d’être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Rapide et efficace, ce thriller, inspiré de l’histoire vraie de Leo Sharp, un vétéran de la Seconde guerre mondiale qui devint, à 92 ans, la mule la plus prolifique du cartel de Sinaloa, permet au grand Clint de livrer une solide performance dans un road-movie de tous les dangers. On admire volontiers le réalisateur/comédien en  vieux type sec et taciturne lancé dans une course contre la montre… (Warner)
TRAINE SUR LE BITUME
Trainé BitumeSuspendus pour usage abusif de la force lors d’une arrestation musclée, deux flics basculent du côté obscur… A court d’argent, Brett Ridgeman et Anthony Lurasetti prennent en filature de dangereux braqueurs de banque pour s’emparer de leur futur butin. Traîné sur le bitume est un thriller au long cours (2h39) où l’action violente est filmée avec un réalisme et une vigueur dignes des meilleurs films de genre asiatiques. De plus, le vétéran Mel Gibson (Ridgeman) et Vince Vaughn, un habitué des comédies comme Serial noceurs, composent un solide duo de vieux bad boys qui vont rapidement être dépassés par ce qui les attend… (Metropolitan)
ALEX, LE DESTIN D’UN ROI
Alex Destin roiEcolier anglais comme les autres, Alex Elliot, 12 ans, voit sa vie complètement bouleversée lorsqu’il découvre Excalibur, l’épée magique légendaire du célèbre roi Arthur. Devenu un héros qu’il n’a jamais rêvé d’être, Alex va former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du fameux mage Merlin. Car il s’agit, tous ensemble, de vaincre la maléfique sorcière Morgana, venue du Moyen Âge avec son armée de créatures, pour détruire le monde. Joe Cornick revisite, avec Alex, le destin d’un roi, le mythe d’Excalibur et organise un agréable et enlevé divertissement familial… (Fox)
OPERATION RED SEA
Operation Red SeaEn service dans la mer Rouge, une patrouille de la Marine chinoise reçoit un appel de détresse d’un cargo attaqué par des pirates somaliens… Elle déploie immédiatement une unité d’intervention rapide baptisée Jiaolong, forte de huit hommes pour ralentir la progression des pirates jusqu’à ce que les navires de la Marine, lourdement armés, puissent arriver sur la zone… Plus tard, l’équipe d’assaut Jiaolong aura encore à évacuer des citoyens chinois d’un pays devenu incontrôlable puis à s’occuper de terroristes munis d’une bombe radiologique. Opération Red Sea fut, l’année dernière, avec des recettes de 579 millions de dollars, le second plus gros succès chinois de tous les temps ! De fait, Dante Lam réalise un pur film de guerre basé sur un fait réel où la violence explosive est une inévitable composante de l’action… (Metropolitan)
GENTLEMEN CAMBRIOLEURS
Gentlemen CambrioleursAgé de 77 ans, Brian Reader est aujourd’hui veuf. Célèbre voleur dans sa jeunesse, Reader décide de réunir une bande de criminels sexagénaires pour monter un cambriolage sans précédent dans la salle des coffres de la Hatton Garden Safe Deposit de Londres… En s’inspirant d’un vrai fait-divers anglais, Gentlemen cambrioleurs entre dans cette gamme de films dont les héros sont de (solides) papys. James Marsh a, lui, réunit un beau casting (Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent, Michael Gambon, Ray Winstone, Charlie Cox; Paul Whitehouse) pour un thriller où les braqueurs, le coup achevé, vont se déchirer pour cause de partage d’un butin de 200 millions de livres. Les vieux sont encore toniques… (Studiocanal)

LE LIZARD, L’ASSISTANTE SOCIALE, L’ECLAIREUR, L’OREILLE ABSOLUE ET LES MAFIEUX  

THE DOORS
DoorsEntre Né un 4 juillet et JFK, Oliver Stone met en scène, en 1991, le parcours de l’iconique Jim Morrison qui, dans l’Amérique des sixties, oublie ses études de cinéma pour révolutionner le rock. Si cette évocation prend des libertés avec la réalité, The Doors, dans une mise en scène enlevée et parfois carrément virtuose, demeure une forte approche de la personnalité de Morrison (1943-1971) incarné par un Val Kilmer tout à fait à son affaire dans l’un de ses meilleurs rôles. Le film évoque aussi bien les souvenirs d’enfance du chanteur, son assimilation à la culture de Venice Beach, les origines de la création du groupe, les expérimentations des drogues psychédéliques ainsi que la fascination narcissique du Lizard King pour sa propre image. Evidemment, la bande-son du film fait la part belle aux psychédéliques Riders on the Storm, The End ou Light My Fire… (Studiocanal)
EXFILTRES
ExfiltrésEn 2015, Faustine, assistante sociale récemment convertie à l’islam, part en Turquie à l’appel de l’Etat islamique. Elle doit travailler dans une maternité. Mais elle va se rendre compte que tout n’est pas comme elle l’espérait. Au printemps 2015, elle se retrouve à Raqqa, en Syrie, est au cœur de l’enfer avec Noah, son jeune fils de 5 ans… A Paris, deux activistes, Gabriel (Finnegan Oldfield) et Adnan (Kassem Al Khoja), sont sensibles à la profonde détresse de Sylvain (Swann Arlaud), le mari de Faustine. Avec l’appui d’un médecin (Charles Berling), ils vont tenter de monter une opération très risquée pour exfiltrer Faustine (Jisca Kalvanda). Basé sur une histoire vraie, Exfiltrés, premier long-métrage d’Emmanuel Hamon, est une approche intéressante qui multiplie les points de vue sur le délicat dossier des Français qui quittent le pays pour aller embrasser le djihadisme. (Metropolitan)
LA RIVIERE DE NOS AMOURS
Riviere AmoursPremière production de Kirk Douglas désireux de soutenir un western pro-indien, La rivière de nos amours (un titre français plutôt fantaisiste par rapport à l’original The Indian Fighter) entre en effet dans cette catégorie de films réalisés à partir des années 50 et dont l’un des plus fameux est La flèche brisée (1950) de Delmer Daves. Eclaireur connu pour sa proximité avec les Sioux, Johnny Hawks (un Douglas très physique) doit gérer, avec le chef Nuage rouge, la traversée d’un territoire indien par un convoi de pionniers. Mais des rénégats avides d’or vont lui compliquer la tâche… En 1955, André de Toth, cinéaste amoureux des grands espaces, utilise bien le technicolor pour magnifier les paysages de l’Oregon et servir cette aventure violente, sauvage et sensuelle dans laquelle la belle Italienne Elsa Martinelli incarne Onathi, la fougueuse Indienne dont Hawks s’éprend. En supplément, un livret (78 p.) sur la genèse du film. (Wild Side)
LE CHANT DU LOUP
Chant LoupAvec son oreille absolue, le premier maître Chanteraide est un brillant et enthousiaste opérateur sonar de la Marine nationale embarqué à bord du sous-marin Titane. Ce spécialiste de la guerre acoustique va être emporté au cœur d’un terrifiant conflit lorsque la France est menacée d’une frappe nucléaire, à priori russe. Avec Le chant du loup, Antonin Baudry signe un solide film d’action dans l’univers des sous-marins nucléaires d’attaque. L’atmosphère en plongée est palpitante même si, sur la fin, l’aventure vire au scénario-catastrophe plus vraiment crédible avec deux bâtiments ne voulant pas se désengager… Autour de François Civil (Chanteraide), Reda Kateb, Omar Sy et Mathieu Kassovitz sont à la manœuvre. En exergue du film, le cinéaste a placé cette pensée attribuée à Aristote : « Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer ». (Pathé)
GOMORRA, SAISON 4
Gomorra S4Après le film de Matteo Garrone en 2008, Gomorra, toujours appuyé sur l’œuvre de Roberto Saviano, est devenu une série diffusée, en France, sur Canal+. Si les mafieux font volontiers l’ordinaire des séries, Gomorra continue toujours à captiver. Les 12 épisodes de la saison 4 ne font pas exception à la règle. La mort de Ciro, survenue à la fin de la saison 3, a changé la donne au sein de la Camorra. Désormais débarrassé de ses rivaux, Genny (Salvatore Esposito) règne sans partage sur le centre de Naples. Pour sa part, Donna Patrizia est devenue la redoutable reine du trafic de drogue. Avec cette nouvelle saison, les personnages sont amenés à se déplacer. En se rendant à Londres et en se frottant au milieu des affaires, Genny est confronté aux risques de la légalité… Passionnant ! (Studiocanal)
MCQUEEN
McQueen« J’étais un voyou de l’East End qui savait coudre ! » En quelques années, le petit gars de Londres est devenue une star des défilés de mode, succédant notamment à John Galliano chez Dior. Avec McQueen qui mêle témoignages de son entourage et archives inédites, Ian Bonhôte et Peter Ettedgui donnent un documentaire sombre et fascinant sur ce créateur d’émotions au sourire de gamin espiègle qui affirmait : « Si on ne ressent rien, j’ai foiré ». Alexander McQueen, issu d’un milieu modeste, est devenu un roi des podiums, signant une œuvre insolente faite de sexe et de romantisme. Mort par pendaison à l’âge de 40 ans, l’enfant terrible de la mode était un électron libre autodidacte mais aussi un visionnaire tourmenté. (Le Pacte)
ALITA : BATTLE ANGEL
AlitaEn 2563, 300 ans après que la Terre a connu une catastrophe nommée « l’effondrement » consécutive à une guerre contre Mars, le docteur Dyson Ido (Christoph Waltz) trouve, dans une décharge d’Iron City, les restes vivants d’une jeune cyborg venant de Zalem, la cité céleste surplombant Iron City. Il la répare et lui donne le nom d’Alita, du nom de sa propre fille décédée. Amnésique, Alita (Rosa Salazar) cherche à savoir d’où elle vient et se découvre une capacité extraordinaire au combat. Produit par James Cameron d’après le manga culte Gnnm et mis en scène par Robert Rodriguez, Alita : Battle Angel mixe les prises de vue réelles et l’animation 3D dans un virevoltant spectacle de science-fiction. On se laisse vite emporter par la quête d’Alita d’un monde plus… humain ! (Fox)
RALPH 2.0
Ralph2.0Après Les mondes de Ralph en 2012, Ralph et son amie Vanellope sont de retour sur un nouveau terrain de jeux sans limites, en l’occurrence internet. Réalisé par Rich Moore et Phil Johnston (auteurs en 2016 de l’excellent Zootopie), Ralph 2.0 raconte comment les deux amis vont prendre tous les risques pour trouver la pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Bientôt, ils auront besoin de l’aide des Netizens, les habitants d’internet. Gros succès dans les salles (il a rapporté plus de 529 millions de dollars), ce film d’animation est un divertissement qui manie bien l’humour pour s’amuser de l’univers de la Toile… (Disney)
A DEUX METRES DE TOI
A Deux Metres ToiQuand organiser le pilulier d’un autre malade devient une technique de drague !  Stella Grant, 17 ans, est atteinte de fibrose kystique. Elle a passé une grande partie de sa vie dans sa chambre d’hôpital. C’est dans cet univers qu’elle tombe pourtant amoureuse de Will Newman, également atteint de mucoviscidose. Malheureusement, leur maladie les empêche de s’approcher trop près l’un de l’autre. A deux mètres de toi est un drame adolescent américain sur un « amour interdit » en butte aux contraintes de la médecine. Tendre, émouvante et porteuse d’espoir, cette comédie dramatique et… romantique doit beaucoup au mignon duo incarné par Haley Lu Richardson et Cole Sprouse… (Metropolitan)
LES FAUVES
FauvesEn été, dans un camping de Dordogne, des jeunes gens disparaissent. Les rumeurs courent. La peur grandit. Des cris terrifiants traversent la nuit. On parle d’une panthère tueuse qui rôde. En vacances avec une copine dans le camping, Laura, 17 ans, croise la route de Paul, un écrivain attirant et inquiétant dont elle pense qu’il est peut-être l’auteur des crimes. Avec Lily-Rose Depp (Laura) et Laurent Lafitte (Paul) en tête d’affiche, Vincent Mariette signe, avec Les fauves, un thriller estival (une femme-flic –Camille Cottin- à la dérive mène l’enquête) qui s’offre des allures de slasher. Mélangeant le polar à énigmes et le film fantastique, cette aventure vaut surtout pour l’éveil sensuel d’une grande adolescente fascinée par le mystère et l’horreur… (Diaphana)
LET’S DANCE
Lets DancePassionné de hip-hop, Joseph quitte l’entreprise d’artisan couvreur de son père et monte à Paris en rêvant de gagner les Masters of Hip-Hop. Pour entrer dans ce concours international, il intègre un groupe mais tout va aller de travers. A la recherche d’un petit boulot et grâce à Rémi (Guillaume de Tonquédec), l’ancien amant de sa mère décédée , il se retrouve à donner des cours à de jeunes danseurs classiques. Mais Joseph (Rayane Bensetti, vu dans La finale) doute car sa mère était danseuse classique et il la considérait comme une artiste ratée. Ballerine brillante qui prépare le concours d’entrée au prestigieux New York City Ballet, Chloé saura le faire vibrer. Sorte de Sexy Dance à la française, Let’s Dance (rien à voir avec la chanson de David Bowie) est une variation, entre hip-hop et danse classique, sur la légitimité de l’artiste. (Pathé)

GROUCHO, HARPO, CHICO, LINO, JOSEPH, MAURICE, HENRI, STAN ET OLLIE  

UNE NUIT A CASABLANCA
Nuit CasablancaAidé par sa bande et sa maîtresse, un ancien nazi assassine un à un les directeurs d’un fameux hôtel de Casablanca qui cache, selon lui, des trésors accumulés pendant la guerre. Nommé à la tête de l’hôtel, Ronald Kornblow va enquêter sur ces meurtres tout en tentant de rester en vie. Réalisé en 1946 par Archie Mayo, Une nuit à Casablanca (dans une belle version restaurée) est un fleuron dans le cinéma des Marx Brothers. Groucho, Harpo et Chico s’en donnent à cœur-joie dans un pur délire fait de burlesque et d’absurde autour de redoutables espions nazis. A cause de « leur » Casablanca (1942), les frères Warner tentèrent d’empêcher les frères Marx de tourner Une nuit… L’échange de lettres à propos du conflit entre la Warner et le désopilant Groucho figure dans les suppléments du coffret. Pour les Marxophiles acharnés mais aussi pour tous ceux qui veulent se plonger dans l’hallucinant univers des frères Marx ! (Le Pacte)
125, RUE MONTMARTRE
125 rue MontmartreCostaud mais brave type, Pascal Casalis est crieur de journaux à Paris pour France Soir. Un jour, il retire de la Seine le fragile Didier… Pascal se prend de pitié pour ce type fragile (Robert Hirsch) qui se révèle être un redoutable manipulateur. Avec l’excellent Lino Ventura dans l’un de ses premiers grands rôles, avec des dialogues enlevés et pétillants de Michel Audiard, 125 rue Montmartre de Gilles Grangier est un bon polar nerveux et sans fioritures qui a pour décor, en 1959, le milieu populaire parisien de la presse écrite. Victimes de la Nouvelle vague, rares sont les films de Grangier qui ont réussi à séduire les critiques de l’époque. Voici pourtant un polar maîtrisé (en version bien restaurée) à redécouvrir ! (Pathé)
UN SAC DE BILLES
Sac BillesEn 1942, les lois antisémites de Vichy obligent Joseph et Maurice, fils aînés d’un coiffeur juif de Paris à fuir vers la zone libre. Dans un monde hostile, les deux frères sont livrés à eux-mêmes. En 1975, Jacques Doillon adapte, avec Un sac de billes, le best-seller autobiographique de Joseph Joffo. Dans une belle version restaurée, on retrouve cette aventure où la peur et l’espérance, sur fond d’insouciance pré-adolescente, ont partie liée. Avec beaucoup de nuance et de finesse, Doillon évoque la tragédie de la Shoah. C’est Claude Berri, qui avait beaucoup aimé Les doigts dans la tête (1974) qui avait poussé Doillon à adapter le roman. Dans les suppléments, Doillon, dont le cinéma portera souvent sur ce thème, parle de l’état d’enfance. (Pathé)
LE MYSTERE HENRI PICK
Mystere Henri PickFace à un surprenant best-seller, un célèbre critique, dans son émission littéraire à la télévision, s’emporte et crie à l’imposture. Avant de se mettre en route pour en savoir plus sur le livre et la trajectoire du pizzaiolo breton, disparu deux ans plus tôt, qui en serait l’auteur. Mais celui-ci n’aurait jamais rien écrit, sinon sa liste de courses… Découvert avec Ma vie en l’air et Le premier jour du reste de ma vie, Rémi Bezançon adapte David Foenkinos et organise, dans Le mystère Henri Pick, un ludique jeu de piste autour de la création littéraire. Camille Cottin, en fille du pizzaiolo, et Fabrice Luchini, épatant en Bernard Pivot ronchon, enquêtent du côté de Crozon. Savoureux et divertissant ! (Gaumont)
STAN & OLLIE
Stan & OllieGrandes stars du burlesque américain des années 20-40 avec plus de cent films à leur actif, Stan Laurel (1890-1965) et Oliver Hardy (1892-1957) constituent le plus célèbre duo comique de tout le 7eart. Avec Stan & Ollie, Jon S. Baird ne propose pas un biopic classique mais s’intéresse à l’année 1953 où les stars, désormais vieillissantes et à la popularité déclinante, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre pour attendre le tournage d’un Robin des Bois qui ne se fera pas. « On vieillit mais on n’est pas cuits ! » Empreint de tendresse, de gravité et de nostalgie, voici un bel hommage à deux monstres sacrés –qui n’étaient pas forcément des amis- que les excellents Steve Coogan et John C. Reilly font brillamment revivre… Drôle et touchant ! (Metropolitan)
REBELLES
RebellesEx-miss Nord-Pas-de-Calais, Sandra était partie tenter fortune sur la Côte d’Azur. Déçue, elle revient cependant au pays en quête de boulot. Embauchée dans une conserverie de poissons, elle est vite harcelée par son chef et le tue accidentellement. Maryline et Nadine, deux employées, ont assisté aux faits. Un gros sac bourré de billets va faire basculer le trio dans une aventure aussi violente qu’imprévisible. Allan Mauduit (co-auteur de la série Kaboul Kitchen sur Canal) donne, avec Rebelles, une comédie noire et déjantée, féministe et sociale. Cécile de France, Audrey Lamy (avec un look punk) et Yolande Moreau incarnent trois ouvrières ordinaires emportées dans un trip sauvage, irrévérencieux et amoral. On songe parfois aux frères Coen ou à Tarantino. C’est un compliment… (Le Pacte)
RAZORBACK
RazorbackAu fin fond de l’Outback australien, le vieux Jack Cullen et son petit-fils sont attaqués par un monstrueux sanglier qui défonce les murs de leur maison. Le gamin disparaît, le grand-père est accusé de meurtre mais il sera relaxé, faute de preuves. Cullen est désormais obsédé par la traque de la bête. Deux ans plus tard, une journaliste américaine, militante d’une association de protection des animaux, vient enquêter et disparaît à son tour… En 1983, Russell Mulcahy, futur réalisateur de Highlander (1986), donne une solide et impressionnante série B de terreur, parfois onirique, qui va devenir culte. Razorback (en version restaurée), c’est le combat, pas gagné d’avance, entre l’homme et la bête, le tout au milieu de rednecks dégénérés. 36 ans après sa sortie, le film conserve tout son potentiel de frissons. (Carlotta)
MON BEBE
Mon BébéMère de trois enfants, Héloïse voit Jade, 18 ans, sa « petite dernière », s’apprêter à quitter le nid familial pour continuer ses études supérieures au Canada. Alors que le couperet du bac et le stress du départ de Jade se conjuguent, Héloïse se remémore les souvenirs partagés dans une tendre et fusionnelle relation mère-fille. Elle s’improvise même cinéaste, en fixant sur son téléphone portable, leurs derniers moments ensemble. Réalisatrice de LOL et de Dalida, Lisa Azuelos réussit, avec Mon bébé, un film juste, plein de sensibilité, de fraîcheur et de pudeur sur le bonheur et l’amour. Et la cinéaste a trouvé avec Sandrine Kiberlain, une interprète parfaitement au diapason. (Pathé)
THE KID
The KidForcé de fuir à travers l’Ouest américain pour arracher sa sœur aux griffes de leur oncle, le jeune Rio va croiser la route du shérif Pat Garrett qui recherche le mythique Billy the Kid. Vite fasciné par le hors-la-loi, Rio rêve désormais de lui ressembler. Avec The Kid, l’acteur Vincent D’Onofrio passe derrière la caméra pour revisiter la légende du fameux bandit. Avec un solide casting (Dane DeHaan en Billy, Ethan Hawke en Garrett, Chris Pratt en méchant oncle), des décors soignés, de l’action et de l’émotion, il met en scène un solide et efficace western. Le film de D’Onifrio vient s’inscrire dans la longue liste des œuvres consacrées depuis les années 30 à l’un des plus célèbres bandits du Wild West… (Metropolitan)
SIERRA
SierraAlors qu’il traque des chevaux sauvages, Ring Hassard rencontre Riley Martin, une jeune avocate (Wanda Hendrix qui est alors l ‘épouse de Murphy) qui s’est perdue. Ring l’entraîne dans la cabane cachée dans les montagnes qu’il occupe avec son père Jeff… Réalisé en 1950 par le vétéran Alfred E. Green, Sierra compte parmi les premiers westerns, en l’occurrence le cinquième, interprétés par Audie Murphy (1925-1971), l’un des soldats américains les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale et qui va faire carrière dans le genre. Dans de beaux décors naturels, voici une aventure divertissante autour d’un couple qui va s’aimer, d’un prospecteur chanteur et d’un meurtre que Jeff aurait commis des années auparavant… (Sidonis Calysta)
QU’EST-CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ?
Bon DieuLes Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby) sont de retour. Après l‘imposant succès du n°1 (12,3 millions d’entrées en 2014), voilà, forcément, la suite toujours signée Philippe de Chauveron. Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? embarque les bourgeois de Chinon dans une défense et illustration de la France éternelle. En effet, leurs gendres ont décidé de quitter la France avec leurs femmes : Odile et David en Israël, Ségolène et Chao en Chine, Isabelle et Rachid en Algérie, Laure et Charles en Inde où ce dernier veut faire carrière à Bollywood… Claude et Marie vont donc tout faire pour leur faire apprécier la douceur de vivre en France. Comme l’humour est au rendez-vous, le film se regarde agréablement sans tomber dans la franchouillardise. (UGC)
COLD SKIN
Cold Skin« Vous auriez dû rester sur le bateau ! » Trop tard! En 1914, alors que le monde se prépare à l’apocalypse, le jeune Friend, venu d’Irlande, arrive dans l’Antarctique pour relever un officier météorologue mystérieusement disparu. Il débarque sur une île noire battue par les vents et les marées (le film a été tourné à… Lanzarote aux Canaries) et y rencontre un étrange gardien de phare mais surtout d’effrayantes créatures aquatiques devenues les maîtres des lieux. Réalisateur de Hitman (2007), le Français Xavier Gens adapte un roman espagnol et signe, avec Cold Skin, un film d’horreur « à l’ancienne » où se mêlent les ingrédients traditionnels du genre et une romance amoureuse avec l’étrange Aneris. Une réflexion sur le rapport à l’autre, considéré comme un ennemi. (Condor)

LE RODEO, L’OMERTA, LES INDIENS, LA MUETTE ET LA VEUVE  

LE CAVALIER ELECTRIQUE
Cavalier ElectriqueEx-champion du monde de rodéo, Sonny Steele est aujourd’hui à la dérive et vend son image à une marque de céréales. A Las Vegas, l’ex-vedette, grassement payée, va se rebeller parce qu’on s’en prend à sa chère monture. Hallie Martin, une journaliste de télévision (Jane Fonda), pense tenir là un sujet en or… Elle se lance à la poursuite de Steele, parti pour rendre sa liberté à son cheval. Avec Le cavalier électrique (1979), Robert Redford retrouve Sydney Pollack après Propriété privée (1966), Jeremiah Johnson (1972), Nos plus belles années (1973) et Les trois jours du Condor (1975). Ensemble, dans des paysages grandioses, ils réussissent une fable écologique doublée d’un road-movie romantique. Et ils brossent un tableau lucide et amer d’une société américaine soumise à l’argent. Un film à découvrir pour la première fois dans sa version restaurée. (Carlotta)
LA MAFIA FAIT LA LOI
Mafia Fait LoiEn Sicile, sur une route de campagne déserte, un entrepreneur est abattu par un inconnu… Là-haut, dans la maison isolée, Rosa Nicolosi a-t-elle vu quelque chose ? Patron des Carabinieri locaux, le capitaine Bellodi, venu de Parme, mène l’enquête. Mais l’omerta règne et, protégés par le silence de tous, Don Mariano, un chef mafieux (l’Américain Lee J. Cobb), paraît intouchable. Avec, dans la collection Make my Day de Jean-Baptiste Thoret, Il giorno della civetta, Damiano Damiani adapte un roman de Leonardo Sciascia et tourne, en 1967, le premier film qu’il va consacrer à son sujet de prédilection : la mafia et ses rouages criminels. Franco Nero et Claudia Cardinale sont excellents au cœur d’une œuvre réaliste et engagée. (Studiocanal)
LA FLECHE BRISEE
Fleche BriséeAprès avoir servi avec bio le cinéma de Lubitsch et Capra, James Stewart entame, en 1950, sa grande carrière dans le western. Il est dans Winchester 73 de Mann et dans ce remarquable Broken Arrow où Delmer Daves raconte l’histoire vraie de la rencontre entre le chef indien Cochise (Jeff Chandler) et Tom Jeffords (Stewart), ex-éclaireur dans l’Armée devenu un chercheur d’or désabusé mais probe. Dans l’Arizona de 1870, la guerre fait rage entre les Apaches et Blancs. La flèche brisée est considéré comme l’un des premiers westerns à donner une image positive des Indiens. Dans un entretien avec Tavernier, Daves dira que le film lui fait apparaître l’Indien comme « un homme d’honneur et de principes, comme un être humain et non comme une brute sanguinaire. »  Magnifique ! (Sidonis Calysta)
SIBEL
SibelMuette mais s’exprimant par la langue sifflée ancestrale des montagnes de la Mer noire, Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé de Turquie. Rejetée par les autres, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine et qui alimente les craintes et les fantasmes des femmes du village. Un jour, Sibel croise la route d’un fugitif blessé, à la fois menaçant et vulnérable, qui va poser un regard neuf sur elle. Avec Sibel, Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti racontent, en Turquie, une émancipation contrariée par le poids des traditions. Damla Sönmez, omniprésente à l’écran, est impressionnante en jeune femme solitaire mais jamais victime dans une fable engagée et progressiste. (Pyramide)
24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME
24 heures Vie FemmeEn 1968 (le film sera dans la sélection officielle du festival de Cannes interrompu par les événements de Mai), Dominique Delouche adapte 24 heures de la vie d’une femme et transpose l’action du roman éponyme de Stefan Zweig (1927) en Italie sur les bords du lac de Côme. Veuve d’un lord anglais, Alice Scotland croise, dans un casino, en 1917, un beau jeune homme. Il la la séduit puis la déçoit sans qu’elle ait pu comprendre qu’il était un déserteur allemand. Danielle Darrieux (que le cinéaste retrouvera en 1975 dans Divine) est magnifique et émouvante en femme mûrissante et bouleversée par une passion brûlante et éphémère, défiant les bonnes manières dans une brève rencontre avec un bel inconnu… (Doriane Films)
CELLE QUE VOUS CROYEZ
Celle Que Vous CroyezPour épier Ludo, son jeune amant, Claire Millaud, 50 ans, ouvre un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, superbe jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, tombe immédiatement sous le charme de Clara. Adaptant un roman de Camille Laurens, Safy Nebbou réussit, avec Celle que vous croyez, le portrait complexe d’une femme face à l’âge, à l’abandon, au désir de séduire et de plaire encore. Dans un récit bien mené, Juliette Binoche, tour à tour lumineuse et désespérée, campe, avec beaucoup de finesse et de grâce, cette prof de fac qui voit un (dangereux) jeu virtuel et sentimental lui échapper lentement… (Diaphana)
SCHLOCK
SchlockAvant de devenir l’auteur célébré des Blues Brothers (1980), John Landis signait, en 1973, son premier long-métrage avec Schlock, comédie grotesque et absurde autour du Schlocktropus, une bête géante, considérée par un scientifique comme étant le chaînon manquant. Depuis trois semaines, la ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Point de serial killer en vue mais bien le « tueur à la banane », en l’occurrence un gorille âgé de 20 millions d’années. Landis (qui s’est glissé dans la peau du gorille) lance un clin d’œil hilarant aux films de monstres (de King Kong à La belle et la bête en passant par Frankenstein) avec ce Schlock qui va découvrir l’amour au côté de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien… (Carlotta)
MOUCHE
MoucheSéductrice et révoltée, combative et abattue, Mouche se dépatouille d’un quotidien foutraque avec son bar à thé qui périclite, son ex ex ex excessivement romantique, sa sexualité comme une fuite en avant, sa meilleure amie disparue, sa sœur coincée, son beau-frère alcoolique et déplacé, son père lâche, son horrible belle-mère spécialement venimeuse etc. Avec la série Mouche (6 épisodes de 30 mn), Jeanne Herry, réalisatrice de l’excellent Pupille, adapte la série anglaise Fleabag pour mettre en scène l’errance parisienne d’une trentenaire à laquelle Camille Cottin prête sa tempérament comique mais aussi ses failles et ses doutes. Une comédie douce-amère et enlevée… (Studiocanal)
ARTIC
ArcticDans le désert immense et glacé de l’Arctique, un homme lutte pour sa survie. Tout en lançant à intervalles réguliers des messages, il pêche du poisson dans des trous percés dans la glace, affronte le blizzard, se méfie des ours blancs et se réfugie dans la carcasse d’un petit avion accidenté pour dormir. Et il s’interroge aussi sur la possibilité de traverser ce désert de glace. Un jour, un hélicoptère le repère. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… En s’abstenant d’expliquer pourquoi le malheureux Overgard est perdu en terre inconnue, le Brésilien Joe Penna dont c’est le premier long-métrage, réussit, avec Artic, à donner un ton plus insolite au classique survival d’autant que l’excellent Mads Mikkelsen, par son jeu intériorisé, ajoute une solide tension à cette aventure glacée… (M6)
SANG FROID
Sang FroidPlus mutique que Nels Coxman, tu meurs ! Il a bien du mal à se dérider, le conducteur de chasse-neige de Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. Mais lorsque son fils Kyle meurt d’une overdose d’héroïne, sa vie bascule. Nels ne croit pas une seconde que Kyle était toxicomane. Désormais il n’a plus que la vengeance en tête et Viking, un baron de la drogue, aura à subir sa rage froide et féroce. En 2014, le Norvégien Hans Petter Moland signait, pour les écrans norvégiens, Refroidis. Pour Hollywood, il reprend, plan par plan, son film dans Sang froid. Liam Neeson y endosse à nouveau un rôle de « vigilante » qu’il a déjà incarné dans Taken. Mais il le fait si bien ! (Studiocanal)
SANTIAGO ITALIA
Santiago ItaliaGrande figure du 7eart transalpin et cinéaste fêté (La chambre du fils est Palme d’or à Cannes en 2001), Nanni Moretti signe, avec Santiago Italia, un remarquable documentaire qui rend compte, à travers documents d’époque et témoignages, de l’activité de l’ambassade Italienne à Santiago après le coup d’état de Pinochet, le 11 septembre 1973, contre le régime démocratique de Salvador Allende. L’ambassade a en effet donné refuge à des centaines d’opposants au régime du général Pinochet, leur permettant ensuite de rejoindre l’Italie. Un regard mélancolique sur la fin de l’Unidad Popular mais aussi un œuvre qui trouve un écho contemporain face à la situation politique actuelle en Italie… (Le Pacte)

LA REINE, LES LEGIONNAIRES, LE COUPLE, L’ASTRONAUTE ET LES SINGES  

LA FAVORITE
FavoriteCinéaste baroque et volontiers délirant (The Lobster), le Grec Yorgos Lanthimos passe au film en costumes avec La favorite. Dans l’Angleterre du début du 18esiècle, la reine Anne, fragile et instable, occupe le trône mais laisse son amie Lady Sarah gouverner. Lorsqu’une nouvelle servante, l’ambitieuse Abigail Hill, débarque, la reine tombe vite sous le charme de la nouvelle venue tandis que Sarah se met à craindre pour sa place… Lanthimos détaille, avec un humour grinçant, de sombres et toxiques allées du pouvoir où flottent les vapeurs du sexe… Olivia Colman, couronnée à l’Oscar, Emma Stone et Rachel Weisz sont brillantes dans une aventure savoureuse ! (Fox)
CHINA GATE
China GateRéalisé en 1957, China Gate (disponible, pour la première fois, restauré en dvd et blu-ray) ne compte pas parmi les œuvres marquantes de Samuel Fuller, en tout cas moins que Shock Corridor ou The Big Red One. Cette aventure qui se déroule à la fin de la guerre d’Indochine est pourtant passionnante, notamment comme réquisitoire contre la guerre et le racisme. Un commando de la Légion étrangère doit détruire des tunnels renfermant des armes stockées par les combattants communistes. Pour cela, ils demandent l’aide d’une séduisante Eurasienne. La magnifique Angie Dickinson (qui deviendra célèbre deux ans plus tard avec Rio Bravo) incarne cette Lucky Legs aux côtés de Gene Barry et du chanteur Nat King Cole. (Carlotta)
NUESTRO TIEMPO
Nuestro TiempoDepuis des films aussi exigeants que Lumière silencieuse (2007) ou Post Tenebras Lux (2012), on sait que le Mexicain Carlos Reygadas privilégie un cinéma pleinement contemplatif où les sensations priment sur le récit. Dans les vastes espaces de la campagne mexicaine, Juan (Reygadas lui-même), poète de grande renommée et sa femme Esther élève des taureaux de combat… Nuestro Tiempo observe comment la philosophie de liberté qui prévaut dans le couple implose lorsqu’Esther (la belle Natalia Lopez) développe une liaison avec un employé américain du ranch. Sur l’amour, le couple et le mensonge, cette œuvre ample, élégiaque et sensuelle pose des questions éternelles… (Blaq Out)
SEIZE LEVERS DE SOLEIL
16 Levers de soleilMédiatique ambassadeur de la planète, l’astronaute français Thomas Pesquet est au cœur de 16 levers de soleil, le beau documentaire réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff à l’occasion de l’expédition 51 dans la station spatiale internationale. Sur de beaux textes d’Antoine de Saint-Exupéry (« Le plus important est invisible ») et une b.o. du saxophoniste Guillaume Perret, ce space opera intime donne la sensation d’un jour sans fin. Tandis que Thomas Pesquet vaque à ses occupations scientifiques, vit sa vie « quotidienne » en apesanteur et reste en contact suivi avec la Terre, l’espace se déroule dans les grands hublots. 50 ans après la sortie du 2001 de Kubrick, la fiction est devenue réalité. Et c’est simplement magnifique! (La 25eheure)
LA PLANETE DES SINGES
Planete SingesDepuis l’historique Planète des singes (1968) tirée du roman du Français Pierre Boulle (appuyé sur les travaux de Darwin) et mise en scène par Franklin J. Schaffner avec Charlton Heston dans le rôle du capitaine Taylor, ces pages de science-fiction n’ont jamais perdu de leur charme. A partir de 2011, la saga a redémarré avec une trilogie désormais réunie dans un coffret qui regroupe donc La planète des singes : Les origines (2011), La planète des singes : L’affrontement (2014) et enfin La planète des singes : suprématie (2017). C’est Andy Serkis, le Gollum du Seigneur des anneaux, qui incarne, ici, César qui mènera, au pris de multiples péripéties guerrières, les singes vers leur terre promise… (Fox)
DEUX FILS
Deux FilsComédien remarqué dans l’amusant et décalé Gaspard va au mariage, Félix Moati passe pour la première fois derrière la caméra pour Deux fils, chronique sur le lien familial à l’humour teinté de tendre mélancolie. A la suite de la perte d’un être cher, Joseph (Benoît Poelvoorde) décide de troquer sa carrière réussie de médecin contre celle d’écrivain raté. Son fils aîné Joachim (Vincent Lacoste) est en profonde dépression amoureuse, au rsique de mettre en péril ses études de psychiatrie. Le cadet, Ivan (le nouveau-venu Mathieu Capella), est, lui, en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Un joli triple portrait d’hommes qui ne cessent de veiller les uns sur les autres pour renouer avec la vie. (Le Pacte)
SANS JAMAIS LE DIRE
Sans Jamais Le DireA 17 ans, Léna, jeune fille joyeuse, entourée de copines, aspire à la liberté et rêve d’aventures… Son monde intérieur se fracasse brutalement lorsqu’elle est violée par son prof de maths venu lui donner un cours particulier… Avec Sans jamais le dire, la réalisatrice slovaque Tereza Nvotova signe un premier long-métrage sur une descente aux enfers. Car Léna, qui n’arrive pas à parler de son drame, se replie sur elle-même et glisse vers l’univers glauque et terrible de la psychiatrie… Ce film engagé, reposant sur une mise en scène dynamique, doit beaucoup à l’interprétation très à fleur de peau de Dominika Moravkova en grande adolescente happée par une machine dévastatrice. (Burgos Films)
THE UPSIDE
The UpsideL’entreprise peut sembler curieuse mais la pratique du remake n’est pas neuve et le français Intouchables (2011) avec ses quasi 20 millions de spectateurs en France a (forcément) donné des idées à Hollywood. Ce qui est plus intrigant encore, c’est de retrouver, de ce côté aussi de l’Atlantique, une histoire qui nous est évidemment familière. Mais le cinéma est aussi une industrie. The Upside, l’adaptation américaine qui a fait polémique là-bas sur l’incarnation du handicap, a cependant rencontré le public. Kevin Hart (qui reprend le personnage d’Omar Sy) et Bryan Cranston (dans celui de François Cluzet) forment un bon duo au service d’un scénario fidèle à celui du film de Nakache et Toledano. (Metropolitan)
MARIE STUART, REINE D’ECOSSE
Marie Stuart Reine EcosseEpouse du roi de France à 16 ans puis veuve à 18 ans, Marie Stuart refuse de se remarier conformément à la tradition et revient, en 1561, dans son Ecosse natale pour réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la reine Elisabeth 1re règne autant sur l’Angleterre que sur l’Ecosse. Avec Marie Stuart, reine d’Ecosse, Josie Rourke propose une relecture féministe de l’Histoire et brosse, dans de superbes décors, le beau portrait de deux femmes fortes, modernes et parfaites sœurs ennemies malgré une fascination réciproque. Au côté de Margot Robbie en reine anglaise, la belle et diaphane Saoirse Ronan incarne une monarque déterminée qui avance, avec courage, vers le billot… (Universal)
LES MOISSONNEURS
MoissonneursDans une grande ferme afrikaner isolée dans le Free State, bastion d’une communauté blanche repliée sur elle-même en Afrique du Sud, Janno est un garçon à part, timide et réservé. Un jour, sa mère ramène à la maison Pieter, un orphelin des rues, et lui demande de l’aimer comme un frère. Commence alors une relation trouble… Avec Les moissonneurs, son premier film, Etienne Kallos brosse le portrait de deux grands adolescents devenant des frères ennemis dans une lutte pour le pouvoir, l’héritage et l’amour parental. Cette intense chronique rurale impressionne pour l’atmosphère étouffante d’une société prise entre la religion omniprésente, le travail des champs, la fierté blanche et l’absence d’amour. (Pyramide)
DESTROYER
DestroyerJeune détective de la police de Los Angeles, Erin Bell avait infiltré un gang de braqueurs du désert californien mais sa mission avait fini tragiquement. Des années plus tard, toujours flic mais devenue quasiment une loque humaine, elle est à nouveau confrontée à ce douloureux passé. Pour apaiser ses démons intérieurs, elle décide de reprendre l’enquête se lance alors dans une vengeance infernale. Avec une Nicole Kidman méconnaissable, Kary Kusama fait de Destroyer, un thriller à la tonalité clairement féministe. Entre présent et passé, le récit, dans une mise en scène efficace, joue avec les codes du genre. En gueule cassée, Nicole Kidman est bluffante ! (Metropolitan)