LES INSECTES, L’ENFANT, L’ENQUETE, LA SECTE ET LES OUVRIERES  

PHASE IV
Phase IVDans une vallée de l’Arizona, un scientifique découvre que le cosmos influence certaines espèces de fourmis doués d’intelligence et de stratégie… Bientôt les insectes vont mener des attaques sophistiquées contre les humains… « Mais qu’est-ce qu’ils veulent ? » s’inquiète un chercheur… En 1974, Saul Bass –graphiste célèbre pour ses génériques de films, notamment pour Hitchcock ou Preminger- met en scène son unique long-métrage et signe un thriller écologique qui fourmille d’idées visuelles inventives et excelle à faire monter l’angoisse. Dans la collection Ultra Collector, on trouve un beau coffret avec le film en version restaurée, six courts-métrages inédits, la fin originale imaginée initialement par Bass et Phase IV, éclipse de l’humanité, un livre inédit (200 p.) de Frank Lafond, fruit d’un minutieux travail d’exploration des archives du réalisateur. En raison de la situation sanitaire actuelle, la sortie a été repoussée au 17 juin. Disponible sur le site de l’éditeur pour quelques jours de précommande. (Carlotta)
GLORIA MUNDI
Gloria MundiLongtemps incarcéré, Daniel sort de prison et retourne à Marseille. Sylvie, son ex-femme, l’a prévenu qu’il était devenu grand-père. Leur fille Mathilda a donné naissance à une petite Gloria. Mais le temps a passé et chacun a refait sa vie. Toujours fortement ancré dans sa cité phocéenne natale (véritable personnage de son film), Robert Guédiguian donne une nouvelle page de sa belle saga des petits gens au cœur grand comme ça. Grâce à la fidèle tribu du maître, Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan en tête, rejoints par Anaïs Demoustier ou Robinson Stévenin, on s’attache pleinement, dans cette réflexion sur la quête du bonheur, à ces touchants personnages qui luttent par tous les moyens pour rester débout. Disponible en VOD. (Diaphana)
A COUTEAUX TIRES
Couteaux TirésCélèbre auteur de polars, Harlan Thrombey, 85 ans, est retrouvé mort dans sa somptueuse demeure… Un commanditaire anonyme a embauché le détective privé Benoît Blanc afin d’élucider l’affaire. L’enquête va être mouvementée entre une famille qui se déchire sévèrement et du personnel toujours dévoué. Dans la bonne tradition d’Agatha Christie et du Cluedo, voici un divertissement policier franchement jubilatoire. Daniel Craig oublie un temps son 007 pour jouer les détectives affables au milieu d’un parterre de vedettes (Jamie Lee Curtis, Toni Collette, Chris Evans, Ana de Armas). Fausses pistes et rebondissements à gogo ! On renonce à trouver le coupable mais on s’amuse jusqu’au bout. Disponible en VOD. (Metropolitan)
LES EBLOUIS
Les EblouisA douze ans, Camille, aînée d’une famille nombreuse et passionnée de cirque, est en première ligne pour voir ses parents rejoindre une communauté religieuse basée sur le partage et la solidarité mais qui va s’avérer de plus en plus inquiétante. En s’appuyant sur ses propres souvenirs familiaux, Sarah Suco réussit un premier film, porté par d’excellents comédiens (Camille Cottin et Eric Caravca, les parents ou Jean-Pierre Darroussin en mielleux et sinistre « berger ») qui décrit une lente descente dans l’enfer des dérives sectaires. Face à un système opaque et étouffant, Camille (Céleste Brunnquell, épatante) va devoir se battre pour affirmer sa liberté et sauver ses frères et sœurs… Glaçant ! Disponible en VOD. (Pyramide)
MADE IN BANGLADESH
Made Bangladesh« Nous sommes des femmes. Fichues si l’on est mariées. Fichues si on ne l’est pas. » Autant dire qu’être femme au Bangladesh n’est pas une sinécure. Quant à travailler dans une usine textile, c’est la certitude de l’exploitation. L’histoire commence lorsqu’une alerte incendie met la panique chez des ouvrières. Un peu à la manière des frères Dardenne, Rubaiyat Hossain raconte par le menu le combat de Shimu, 23 ans, une jeune couturière qui décide de créer une section syndicale dans son usine. Avec la mondialisation en toile de fond, on suit l’intense combat d’une entêtée pour la défense des droits des femmes. Car Shimu a décidé de résister malgré les obstacles multiples, y compris son propre mari qui voudrait la garder sous sa coupe à la maison. Puissant et captivant. Disponible en VOD. (Pyramide)
LE DESTIN AU TOURNANT
Destin TournantAu fil de son imposante carrière, Mickey Rooney (1920-2014), bébé-acteur puis adolescent-star a surtout interprété des rôles sympathiques. Il est célèbre notamment pour le personnage récurrent d’Andy Hardy qu’il incarna dans quinze films. Pourtant, en 1954, il incarne devant la caméra de ce solide artisan qu’est Richard Quine, une figure plus complexe. Mécanicien complexé par sa petite taille, Eddie Shannon s’éprend de la belle Barbara. Mais celle-ci le piège pour servir de chauffeur à deux de ses amis qui préparent un hold-up. Par amour pour Barbara, Eddie, qui est un excellent conducteur, accepte… Un solide film noir et un rôle rare pour Mickey Rooney. Disponible sur le site de l’éditeur. (Sidonis Calysta)
ANDRE TECHINE
Souvenirs FranceVoici une belle occasion de se replonger dans l’œuvre d’André Téchiné, un cinéaste qui a alterné les aventures romanesques et les récits intimistes. On le retrouve avec Souvenirs d’en France (1975), une chronique, sur trente ans, de la vie d’une famille de la bourgeoisie provinciale du Sud-Ouest. Autour des excès du cœur et les vertiges de la passion, Rendez-vous (1985) fait le récit d’une éducation sentimentale, sexuelle et théâtrale. Avec Le lieu du crime (1986), Téchiné filme Catherine Deneuve (avec laquelle il a tourné huit films) dans une chronique mélancolique, au soleil du Sud-Ouest, qui vire au film à suspense. En version restaurée, les films sortent pour la première fois en blu-ray. Disponible sur le site de l’éditeur. (Carlotta)
U-235
U-235En 1941, une mission secrète est confiée à un groupe de résistants belges. Acheminer, à bord d’un sous-marin allemand, une cargaison d’uranium depuis le Congo belge jusqu’en Amérique. Objectif : permettre aux Américains de concrétiser le projet Manhattan, de réaliser la première bombe atomique et ainsi de prendre une option définitive sur la victoire contre les nazis. Si l’action se déroule à bord d’un sous-marin (on songe à Das Boot de Wolfgang Petersen ou au récent Chant du loup), ce qui intéresse avant tout le cinéaste flamand Sven Huybrechts, c’est de faire le portrait d’une bande de sauvages tueurs de nazis assez bas du front façon Inglourious Basterds. Un huis clos palpitant, une tension permanente et, évidemment, des combattants qui, face au danger et à la mort, se conduiront en héros… Disponible en VOD. (Wild Side)
CHANSON DOUCE
Chanson DouceMère de deux enfants, Myriam (Leïla Bekhti) décide, contre l’avis de son mari (Antoine Reinartz), de reprendre son travail au sein d’un cabinet d’avocats. Le couple se met donc en quête d’une nounou. Après un casting strict de nourrices, ils engagent Louise. Celle-ci va très vite se faire apprécier avant de prendre une place de plus en plus importante dans la famille. En 2016, pour son second roman, Leïla Slimani obtient, au premier tour, le prestigieux prix Goncourt. Ancienne assistante d’Arnaud Desplechin, Lucie Borleteau s’est emparée du roman pour le transposer au grand écran. Si le film, à sa sortie, a partagé la critique, Karin Viard a fait l’unanimité pour son impressionnant personnage de nounou sociopathe. Disponible en VOD. (Studiocanal)
LE JEUNE MESSIE
Jeune MessieEn Egypte où Joseph et Marie se sont réfugiés depuis la naissance de leur fils, Jésus a déjà accompli des miracles, effrayant les gens de son entourage. Ses parents décident donc de prendre le chemin du retour vers Nazareth… Tourné en Italie et notamment dans la beau cadre de Matera, le film de l’Américain Cyrus Nowsasteh se propose de réinventer l’enfance de Jésus en restant fidèle à des Evangiles qui n’en disent que peu sur cette période… Revenu en Israël, le gamin va notamment croiser Severus (Sean Bean), le centurion envoyé à ses trousses par Hérode et qui sera touché par la grâce. L’aventure d’une famille dont l’enfant (le charmant Adam Greaves-Neal) dispose de pouvoirs divins mais est surtout en quête de réponses. « Un jour, tu me diras pourquoi je suis là ! » dit-il s’adressant au ciel… Disponible en VOD. (Saje)
LE TRAITRE
Le TraitreAu début des années 1980, la guerre entre les parrains de la mafia sicilienne est à son comble. Menacé, Tommaso Buscetta, membre de Cosa Nostra, part se réfugier au Brésil. Les siens étant assassinés en Italie et étant extradé, il décide de parler au juge Falcone. A travers un traître (Pierfrancesco Favino, vu dans Romanzo Criminale) qui rompt son serment à Cosa Nostra, le vétéran italien Marco Bellochio donne une fresque sobre et énigmatique qui s’éloigne de la verve épique de la saga du Parrain de Coppola pour creuser des obsessions autour de la famille brisée… Une œuvre presque sépulcrale qui impressionne par ses tensions et ses silences. Disponible en VOD. (Ad Vitam)
SYMPATHIE POUR LE DIABLE
Sympathie Diable« Un journaliste se doit d’être à l’endroit exact où on lui interdit d’être. » C’était le credo de Paul Marchand, reporter de guerre, disparu en 2009. En novembre 1992, il est à Sarajevo, au cœur d’un conflit fratricide qui laisse la communauté internationale impavide. Avec une approche semi-documentaire, le cinéaste québécois Guillaume de Fontenay se penche, dans une oeuvre sobre et forte, sur la guerre de Bosnie à travers le regard et les interrogations d’un journaliste (incarné par Niels Schneider) sur un conflit absurde mais aussi sur le sens de son métier… Un film hyperréaliste qui rend hommage au courage des reporters de guerre. Disponible en VOD. (ESC)

DREYFUS, LA MAIN, MONTFERMEIL, CHARLTON ET LA CRISE CRECQUE  

J’ACCUSE
AAAJAccuseEn janvier 1895, dans l’immense cour de l’Ecole militaire à Paris, le capitaine Alfred Dreyfus est dégradé tandis que des cris haineux fustigeant le traître juif s’élèvent de la foule massée alentour… Dans cette foule, se tient Georges Picquart, l’officier qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage français, démontrera que Dreyfus était innocent. En s’emparant d’une emblématique erreur judiciaire qui a marqué l’histoire française et divisé la société, Roman Polanski (couronné aux récents César) réussit une œuvre brillante et implacable sur les errements des autorités militaires. Dans une mise en scène maîtrisée, Jean Dujardin (Picquart), entouré de comédiens remarquables (Gregory Gabedois en tête) est remarquable en officier découvrant une machination. Un film puissant qui dénonce l’antisémitisme, toujours d’actualité hélas, en France… (Gaumont)
J’AI PERDU MON CORPS
AAAJaiPerduMonCorpsDans un hôpital de la région parisienne, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver le corps auquel elle appartient, en l’occurrence celle de Naoufel qui, lui, est tombé amoureux de Gabrielle… Dans sa cavale vertigineuse, la main va croiser l’histoire de Naoufel, qui rêvait d’être pianiste et astronaute, et de son amie. Sur une belle bande musicale de Dan Levy (César de la meilleure musique originale), voici de l’animation française de haut vol, originale et enlevée. Jérémy Clapin et son équipe ont tout juste, mêlant le conte, le thriller, la comédie dramatique, un regard social sur la précarité et de belles envolées poétiques ou lyriques. Et ils s’offrent même un clin au cinéma de genre avec de l’horreur, de l’action, des émotions. Une vraie réussite couronnée du César du meilleur film d’animation !  (Sony)
LES MISERABLES
AAAMiserablesSur les Champs-Elysées, la foule en liesse fête la victoire des Bleus de Didier Deschamps au Mondial russe. Un beau moment de fraternité… Hélas provisoire puisque, pour son premier long-métrage de fiction, Ladj Ly plonge le spectateur dans la cité des Bosquets à Montfermeil (93)… Arrivé de Cherbourg pour se rapprocher de la mère de son fils, Stéphane (Damien Bonnard) intègre la Brigade Anti-Criminalité où il va faire équipe avec Chris (Alexis Manenti) et Gwada (Djebril Zonga) , deux flics chevronnés. Il va vite découvre l’atmosphère stressante de la cité. Lorsqu’une interpellation dérape, un drone filme la scène… Prix du jury à Cannes et nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, ce thriller urbain doublé d’un film de banlieue constitue un véritable choc de cinéma. La séquence finale dans un escalier d’immeuble est du pur cinéma d’action paroxystique ! (Le Pacte)
LA MAIN QUI VENGE
AAAMainQuiVengePeut-être moins connu que Gun Crazy, Asphalt Jungle, Les forbans de la nuit ou Boulevard du crépuscule, tous sortis la même année, le Dark City (1950) de William Dieterlé appartient cependant aux grands films noirs de l’âge d’or. Tout y est : le tripot clandestin et ses joueurs, les descentes de police, la nuit dangereuse, un cabaret avec une belle chanteuse, la main d’un psychopathe brutal et surtout l’atmosphère pessimiste et poisseuse de la ville… La main qui venge (en v.f.) marque aussi la première apparition à Hollywood d’un certain Charlton Heston. A 27 ans, il incarne Dan Haley, ex-soldat amer et sombre pris dans une dangereuse affaire de poker truqué et de racket… (Sidonis Calysta)
ADULTS IN THE ROOM
AAAAdultsRoomAprès sept années de crise, la Grèce est au bord du gouffre. Des élections donnent un souffle nouveau. Incarnant l’espoir de sauver son pays d’une austérité arbitraire, Yanis (Varoufakis), nommé ministre des finances par Alexis (Tsipras), va mener un rude combat dans les coulisses occultes d’âpres négociations, notamment celles de l’Eurogroupe qui constituent la colonne vertébrale de ce drame biographqiue. En s’appuyant sur Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe, le livre de Yanis Varoufakis, Costa Gavras signe, derrière les portes closes du pouvoir européen, une tragédie politique fictionnelle autour d’un novice en politique et réussit un thriller géo-politico-financier où l’on croise Angela Merkel, Wolfgang Schaüble, Pierre Moscovici et même, brièvement, le président Macron… (Wild Side)
LA BELLE EPOQUE
AAALaBelleEpoqueA 60 ans passés, Victor est plutôt désabusé… Mais son existence va prendre un tour surprenant lorsqu’on lui propose une attraction d’un genre nouveau : se replonger dans l’époque de son choix. Victor choisit de revivre la semaine la plus marquante de sa vie, celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour. Avec une belle distribution (Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Fanny Ardant, Doria Tillier), Nicolas Bedos revient à la mise en scène (après Monsieur et Madame Adelman en 2017 et avant un OSS 117 annoncé pour 2021) et réussit une comédie pleine de charme qui cultive la nostalgie tout en fustigeant sans doute la dureté des temps présents. Ah, c’était mieux avant… (Orange/Pathé)
LE CROCODILE DE LA MORT
AAACrocodileMortLa moiteur estivale de la Louisiane, un motel glauque perdu à la lisière des marais, Judd un propriétaire tordu, ricanant et bien barré, un animal de compagnie pas spécialement sympathique… La bête est en effet un monstrueux crocodile, enfermé dans un enclos, qui dévore les victimes qui se perdent dans l’antre de Judd, le maniaque sexuel… En 1977, Tobe Hooper, auteur du fameux Massacre à la tronçonneuse (1974), fait, ici, honneur à son étiquette de maître du cinéma d’horreur. Même s’il est assez cheap dans sa mise en scène, le film est clairement culte pour les amateurs ! Amateurs qui se régaleront sans doute de retrouver Marilyn Burns, pas une star hollywoodienne mais assurément l’une des plus célèbres « Screaming Queen » du grand écran. Les cris de terreur de sa Faye sont un must ! (Carlotta)
LA ROUTE DE SALINA
AAARouteSalinaDans son bonne collection Make My Day, Jean-Baptiste Thoret « exhume » à nouveau une perle, en l’occurrence le plus étrange des films de Georges Lautner. L’auteur des Tontons flingueurs tourne, en 1969, l’histoire de Jonas, jeune vagabond qui s’arrête dans une station-service isolée au Mexique. Aussitôt, Mara, la patronne puis sa fille Billie (Mimsy Farmer, l’icône de More) le reconnaissent comme leur fils et frère disparu quatre ans plus tôt. Jonas décide de jouer le jeu. Un ovni, voire une anomalie (boudée par le public de l’époque) dans l’œuvre d’un cinéaste qui a réussi dans les comédies policières populaires… Voici un film noir et solaire qui plonge dans l’univers psychédélique des hippies. Une tragédie familiale à mi-chemin entre Le facteur sonne toujours deux fois et Zabriskie Point! L’un des ultimes rôles de l’iconique Rita Hayworth… (Studiocanal)
LE MANS 66
AAALeMans66« On va enterrer Ferrari aux 24h du Mans ! », c’est l’ardent souhait de Henry Ford II, le patron de la fameuse marque automobile américaine. Dans les années 60, Ford est pourtant en crise. Pour vendre des voitures, quoi de mieux que de gagner des courses ? Ford envisage alors de racheter Ferrari. Mais le rachat tourne court et Enzo Ferrari se montre même très méprisant envers Henry Ford. Pique au vif, Ford en appelle au visionnaire Carroll Shelby (Matt Damon) et à l’explosif pilote Ken Miles (Christian Bale). Le duo va mettre au point une voiture capable de gagner au Mans et surtout de battre Ferrari. Un film speedé, porté par une b.o. qui pulse, et voici une aventure, fondée sur une histoire vraie, en forme d’excellent divertissement sportif. Même quand on n’est pas un fan absolu de sports mécaniques, on y trouve son compte… (Fox)
LES YEUX DE LAURA MARS
AAAYeuxLauraMarsRéalisé en 1977 par Irvin Kerschner, ce thriller fantastique (proche du giallo italien) est vite devenu culte. Grande photographe de mode, Laura Mars s’est spécialisée dans les images aussi stylisées que brutales. Pour l’occasion, le cinéaste s ‘est notamment référé aux photos d’Helmut Newton. Accusée de glorifier la violence, l’artiste est surtout l’objet de visions de scènes de crime qui ressemblent de manière inquiétante à ses propres compositions… Fasciné par ce don, le policier Neville (Tommy Lee Jones) contacte la photographe pour qu’elle l’aide dans son enquête. Mais l’auteur des crimes se rapproche dangereusement… Si le scénario semble un peu tiré par les cheveux sur la fin, le film, avec Bonnie and Clyde (1967) et Les trois jours du Condor (1975), demeure l’un des grands rôles de la belle Faye Dunaway ! Une sortie Blu-ray inédite accompagnée d’un livret sur la genèse du film. (Seven Sept)
COUNTDOWN
AAACountdownVoulez-vous savoir combien de temps il vous reste à vivre ? Téléchargez l’appli Countdown ! Lorsque la charmante Quinn, une jeune infirmière (Elizabeth Lail), télécharge cette application à la mode, elle constate qu’il lui reste trois jours à vivre. Comment échapper alors à son funeste destin ? On le savait ! Il faut se méfier des applis en tous genres qui fleurissent partout. Avec un palpitant compte à rebours, Julien Dec construit un solide slaher horrifique qui se gausse des dérives de la technologie tout en lançant d’habiles clins d’œil à La mort en ligne ou Destination fatale. (Metropolitan)
LES BAROUDEURS
AAABaroudeursPour le plaisir de retrouver des comédiens comme Charles Bronson, Tony Curtis, Michèle Mercier, l’inoubliable Angélique ou Patrick Magee (Alexander dans Orange mécanique), on peut se plonger dans cette aventure, filmée en 1969 par Peter Collinson et qui entraîne le spectateur dans la Turquie des années vingt. Recrutés par le puissant gouverneur Osman Bey, deux aventuriers sont chargés de conduire les filles de ce potentat de la Turquie jusqu’au Caire. En réalité, ce sont des joyaux et un ouvrage d’un inestimable valeur que Dyer et Corey vont trimballer à travers un pays secoué par la guerre civile… (Sidonis Calysta)
JOYEUSE RETRAITE !
AAAJoyeuseRetraiteC’est l’heure de la retraite pour Philippe et Marilou… Enfin, ils vont pouvoir profiter pleinement d’une nouvelle vie. Mieux, ils décident de partir s’installer au soleil du Portugal. Mais c’est sans compter avec leur fille, récemment séparée, qui compte sur eux pour s’occuper de ses enfants. Bien sûr, le scénario est prévisible et certains gags ne volent pas bien haut mais le film de Fabrice Bracq fera néanmoins sourire tous ceux qui connaissent la fameuse formule « chic-ouf » volontiers formulée par les grands parents mais aussi ceux qui apprécient Michèle Laroque et le forever Bronzé Thierry Lhermitte, têtes d’affiche de cette comédie… (M6)

LA STYLISTE, LE POLITIQUE, LE SHERIF, LE COUPLE ET LE MAITRE BRESSON  

PAPICHA
PapichaDans l’Algérie des années 90, Nedjma, étudiante passionnée de stylisme, veut organiser, dans sa cité U, un défilé de mode avec ses créations. En attendant, dans une boîte de nuit, elle vend ses robes aux « papichas », les coquettes filles algéroises. Mais, pendant la décennie noire qui frappe le pays, les interdits puis la terreur terroriste gagnent. Dans une œuvre tonique couronné du César du meilleur premier film, Mounia Meddour réussit, en s’appuyant sur la belle Lyna Khoudri (récompensée, elle, du César du meilleur jeune espoir féminin), une œuvre magnifique où, à travers la liberté vestimentaire, elle célèbre l’émancipation des femmes et de beaux rêves bouleversants… (jour2fête)
BARON NOIR – SAISON 3
Baron Noir S3Avec la troisième saison de Baron noir, on plonge dans les coulisses de la politique. Voici une série enlevée en forme de comédie humaine où tous les coups semblent permis. Encore cabossé par son inéligibilité mais désormais blanchi, Philippe Rickwaert (Kad Merad, tout à fait épatant) revient dans le jeu, prêt à jouer la carte de la présidentielle, quitte à devoir circonvenir ses alliés et à manœuvrer avec Mélanie Derendeu, la locataire de l’Elysée (Anna Mouglalis). Si on a un peu oublié la gauche dans la vraie vie, elle est au cœur des huit épisodes de cette aventure où il est question de révolution citoyenne ou de barbarie, d’identité écolo, de stratégies et de fourberies. Une belle réussite ! (Studiocanal)
LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS
Train Sifflera Trois FoisA Hadleyville, le shérif Will Kane apprend que Miller, un homme qu’il avait arrêté et fait condamner, va revenir dans la ville… Alors qu’il vient de se marier et qu’il a l’intention de démissionner, Kane, homme droit et épris de justice, décide de rester pour affronter Miller et trois de ses complices. En 1952, Fred Zinnemann signe High Noon, un western à petit budget qui va rafler quatre Oscars et devenir légendaire, notamment à cause de son thème musical. Avec Grace Kelly à ses côtés, le grand Gary Cooper interprète un homme qui avoue sa peur mais assumera son devoir. Reposant sur une mise en scène « en temps réel » où les images d’horloge rythment la montée de la menace, voici un grand western-culte avec, en supplément, un bon making-of et un livret sur la genèse du film.  (Sidonis Calysta)
VOYAGE A DEUX
Voyage DeuxLui, architecte sans le sou et elle, pétulante Américaine étudiante en musique, Mark et Joanna se sont rencontrés sur les routes du Sud de la France. Les années passent entre flirt et mariage, doute et divorce… Face aux vicissitudes de la vie, le couple prend, tous les deux ans, la route de leur première rencontre. Autour d’Albert Finney et d’Audrey Hepburn, espiègle et lumineusement belle, Stanley Donen construit, en 1967, une kaléidoscope doux-amer, un voyage en zig-zag autour de la mémoire des jours heureux. Cette odyssée sentimentale sur l’usure du temps sort dans une belle édition collector riche en bons suppléments dont une interview du scénariste Frederic Raphael, auteur de celui du Eyes Wide Shut de Kubrick, qui éclaire l’écriture du film. (Wild Side)
ROBERT BRESSON
Hasard BalthazarAu milieu des années 60, Robert Bresson (1901-1999) réalise deux œuvres remarquables parmi les treize longs-métrages qui jalonnent une carrière placée sous le signe dune exigeante quête formelle. Film à la dramaturgie complexe, Au hasard Balthazar (1966) raconte les tribulations d’un âne dans les Landes des années 60, prétexte à la peinture des travers humains et à un questionnement sur la présence du mal dans le monde… En 1967, Mouchette, adapté du roman de Georges Bernanos, suit une gamine au seuil de l’adolescence dans une campagne misérable. Violée une nuit et en butte au mépris de tous, Mouchette, écrasée de désespoir, ira se noyer dans un étang. Deux chefs d’oeuvre sur la perte de sens et de spiritualité qui sortent en Blu-ray en versions restaurées. (Potemkine)
HORS NORMES
Hors NormesDepuis des années, au sein de leurs associations respectives, Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) vivent dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Réalisateurs ultra-fêtés pour Intouchables (en 2011, le film a réuni 19,4 millions de spectateurs en France), Eric Toledano et Olivier Nakache réussissent sans doute leur meilleur film avec cette aventure, volontiers teintée d’humour, magnifiquement empathique et humaniste. On entre avec bonheur dans une histoire traversée par des cas « hyper complexes » qui sont, tous, très attachants. Face à une administration rigide, les efforts permanents de Bruno et Malik pour aider les autistes et leurs familles, distillent un espoir intense… (Gaumont)
MON CHIEN STUPIDE
Chien StupideLa crise de la cinquantaine a mis Henri à terre. Son succès d’écrivain est bien loin et il tient sa femme et ses enfants pour responsables de sa dérive. Un soir, alors que la pluie tombe à verse sur sa belle maison du pays Basque, il recueille un gros chien bavant et mal embouché et décide d’en faire un membre de la famille au risque de provoquer l’explosion de celle-ci… Adaptant un roman de l’Américain John Fante, Yvan Attal, devant et derrière la caméra, réussit une satire sombre et grinçante sur les regrets et la solitude. Le cinéaste retravaille avec sa femme Charlotte Gainsbourg et cela nous vaut des séquences qui évoluent, avec brio, entre autobiographie et fiction. Drôle et noir à la fois ! (Studiocanal)
LE MAITRE DU GANG
Maitre GangCinéaste qui a donné ses lettres de noblesse à la série B, Joseph H. Lewis s’est imposé, en 1950, avec l’excellent Gun Crazy sur le démon des armes. L’année précédente, en s’appuyant sur l’histoire vraie de l’agent fédéral qui fit tomber Al Capone, il tournait un excellent film noir dont les héros ne sont pas des policiers mais de scrupuleux agents du fisc. Employés du Trésor américain, Warren (Glenn Ford) et Pappas (James Whitmore) se lancent dans une mission sous couverture afin de confondre, pour fraude fiscale, un parrain de la mafia de Chicago (l’allusion à Al Capone est transparente) qui a toujours échappé aux poursuites malgré ses multiples crimes. Excellent ! (Sidonis Calysta)
OFFICIAL SECRETS
Official SecretsEn 2003, la guerre d’Irak se profile. Employée des Renseignements britanniques, Katharine Gun voit passer une note de la NSA où les USA demandent à la Grande-Bretagne de les aider à réunir des informations gênantes sur certains membres de l’ONU afin de les contraindre à voter en faveur de l’invasion. Ulcérée par la duplicité de Bush et de Blair, la jeune femme, au risque de sa famille et de sa liberté, décide de divulguer le mémo à la presse. Keira Knightley est au cœur d’une solide aventure d’espionnage (tirée d’une histoire vraie) bien rythmée sur une lanceuse d’alerte courageuse et déterminée. Accusée d’être une traître, Katharine Gun opposait qu’elle était une femme de principe attachée aux valeurs de la démocratie. (Wild Side)
BRAQUER POITIERS
Braquer PoitiersThomas et Francis braquent Wilfrid, patron d’une station de lavage poitevine qui, contre toute attente, se montre ravi de cette compagnie inattendue et est même prêt à leur donner sa caisse. Bientôt, deux copines du duo de pieds-nickelés débarquent dans le coin… De l’aveu même du réalisateur belge Claude Schmitz, son scénario n’a pas été écrit. Du coup, les comédiens improvisent sur une courte trame et cela vaut des moments purement loufoques ou des scènes touchantes comme celle où Francis Soetens, l’un des « bandits », chante Brel. Un très atypique film de braquage qui est aussi et surtout un délirant et surprenant objet de cinéma. (Capricci)
SIROCCO
SiroccoEntre La femme à abattre de Raoul Walsh et African Queen de John Huston, Humphrey Bogart est, en 1951, devant la caméra de Curtis Bernhardt pour une aventure dans la Syrie de 1925 en révolte contre le mandat français. Sous l’impulsion du colonel Feroud (Lee J. Cobb), les Français tentent d’identifier la filière qui équipe les rebelles en armes… Bogart incarne Harry Smith, un contrebandier américain. Dans un cabaret, il croise la mystérieuse Violetta (Marta Toren) la maîtresse de Feroud… Si le scénario n’est pas bien épais, il reste le charisme de Bogey (et son mythique imperméable) dans une œuvre qui tente de rééditer le succès du très fameux Casablanca.
MIDWAY
MidwayLe 7 décembre 1941, l’attaque surprise des Japonais sur Pearl Harbor laisse la flotte US dévastée… Face à une marine impériale japonaise qui prépare une nouvelle attaque qui devrait définitivement boucler le sort du conflit dans le Pacifique, l’amiral Nimitz (Woody Harrelson) est persuadé que tout va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique: Midway. Autour des efforts des services secrets et spécialement de l’officier de renseignement Layton pour déchiffrer les codes ennemis, Roland Emmerich, spécialiste des films d’action, joue la carte des effets spéciaux spectaculaires pour embarquer le spectateur à bord des avions de combat américains du porte-avion USS Enterprise en route vers une victoire décisive… Dans une séquence, le film rend hommage à John Ford qui, en 1942,  filma sur place le documentaire La bataille de Midway et perdit un œil pendant le tournage… (Metropolitan)

LE PLAISIR, LA CELEBRITE, LA PASSION, LA PRECARITE, LE FLIC OPINIATRE ET LES DEUX ANGLAISES  

LA RONDE
La RondeA Vienne, le « meneur de jeu » (Anton Walbrook) présente une série d’histoires tournant autour de rencontres amoureuses ou galantes, de la fille de joie au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de bonne famille… Premier film français de Max Ophuls après son retour des USA en 1950, cette adaptation d’une pièce d’Arthur Schnitzler (jugée pornographique à sa publication) séduit par son écriture et ses travellings à 360°, sa distribution brillante (Gérard Philipe, Simone Signoret, Danielle Darrieux, Simone Simon, Serge Reggiani, Odette Joyeux etc.), ses arabesques sensuelles… Surtout cette valse désenchantée et tragique (dans une belle version restaurée) interroge la vacuité du sentiment amoureux face au plaisir charnel… (Carlotta)
LOLA MONTES
Lola MontesExhibée sous un chapiteau géant de La Nouvelle-Orléans, la sulfureuse Lola Montès, ancienne femme galante déchue est au cœur d’un spectacle qui rappelle son existence mouvementée et la donne en pâture au public. En 1955, Max Ophuls réalise son ultime film et met en scène Martine Carol, coiffée en brune, dans son film le plus abouti. Truffaut salua cette fresque grandiose où le cinéma d’auteur s’allie au pur plaisir des yeux et s’interroge avec finesse sur la célébrité et son pouvoir de fascination. Un chef d’œuvre superbement baroque, virtuose et maudit devenu un moment du 7e art à retrouver dans une belle version restaurée. Dans les suppléments, un court essai coiffure de Martine Carol. (Carlotta)
PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU
Portrait Jeune Fille FeuDire qu’Adèle Haenel inspire Céline Sciamma est un euphémisme ! On le vérifie encore dans ce fulgurant mélodrame d’avant la Révolution française où la comédienne retrouve la cinéaste longtemps après Naissance des pieuvres (2007). Marianne (Noémie Merlant) est recrutée pour réaliser le portrait de mariage d’Héloïse qui vient de quitter le couvent et qui refuse un destin d’épouse… Venue pour peindre, Marianne va regarder Héloïse et s’enflammer. Pour la première fois, la cinéaste traite de l’homosexualité féminine dans un film d’époque. Si le décor, superbement filmé, est historique, les accents de cette passion brûlante sont très modernes… (Pyramide)
SORRY WE MISSED YOU
Sorry We MissedA Newcastle, Abby, aide-soignante à domicile et Ricky, qui enchaîne les petits jobs mal payés, se disent qu’ils ne seront jamais propriétaires de leur maison où ils vivent avec leurts deux grands enfants. Et si la révolution numérique pouvait changer ça ? Abby vend sa voiture et Ricky s’achète une camionnette pour devenir chauffeur-livreur à son compte… Le vétéran anglais Ken Loach a toujours la dent dure quand il dénonce les dérives de nos sociétés où le profit prime sur l’humain. Il donne ici une forte chronique familiale où le rêve de liberté de Ricky se perd dans une vraie précarité. En poursuivant ses thèmes favoris, Loach est toujours aussi touchant. (Le Pacte)
MIDI GARE CENTRALE
Midi Gare CentralePolonais d’Hollywood, Rudoph Maté fut d’abord directeur de la photo, notamment sur Gilda où il cadra la belle Rita Hayworth, avant de passer à la réalisation. En 1950, il raconte comment Lorna Murchison, la jeune fille aveugle d’un riche industriel est enlevée par des kidnappeurs qui réclament une rançon. Murchison est prêt à payer mais la police découvre le drame. Un flic opiniâtre (William Holden) va traquer les ravisseurs. Dans le décor d’une grande gare américaine avec sa foule grouillante et désormais sous étroite surveillance, le cinéaste organise brillamment son suspense au cœur d’un solide film noir âpre, dépouillé et sans temps morts. Un excellent thriller dont parlent, dans les suppléments, Bertrand Tavernier, Patrick Brion et François Guérif! (Sidonis Calysta)
AND SOON THE DARKNESS
And Soon DarknessAvec sa bonne collection Make My Day, Jean-Baptiste Thoret poursuit sa mise en lumière de pépites oubliées, ici deux thrillers horrifiques anglais d’avant les slashers. And Soon The Darkness (1970) de Robert Fuest raconte l’aventure de Cathy et Jane, deux jeunes infirmières anglaises en vacances dans le nord de la France. Elles parcourent le coin sur leurs vélos mais, après une dispute, Cathy disparaît et Jane, qui ne parle pas le français, essaye de la retrouver…​ Dans le même coffret, on trouve Fright (1971) de Peter Collinson où un couple demande à Amanda (Susan George qui a joué, également en 1971, dans Les chiens de paille de Peckinpah) de garder leur enfant. Le même soir, l’ex-époux et père de l’enfant, dangereux psychopathe, s’évade de l’hôpital où il était interné. Commence une nuit de terreur sur laquelle Susan George revient dans les suppléments…​ (Studiocanal)
FAHIM
FahimContraint de fuir son Bangladesh natal, le jeune Fahim et son père quittent le reste de la famille pour Paris. Commence alors un parcours du combattant pour obtenir l’asile politique, avec le risque d’être expulsés à tout instant. Mais, très doué pour les échecs, Fahim va croiser le bourru Sylvain (Gérard Depardieu), l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Les deux vont s’apprivoiser alors que l’expulsion menace… S’appuyant sur la bouleversante autobiographie de Fahim Mohammad, Pierre-François Martin-Laval, l’ancien des Robins des Bois, met en scène, avec tendresse et humanité, un pur feel good movie sur un destin extraordinaire qui se regarde agréablement… (Wild Side)
RED JOAN
Red JoanEn 2000, la police anglaise arrête Joan Stanley, bibliothécaire retraitée… Mais la paisible mamie est accusée de trahison… Bousculée de questions, Joan va se souvenir de ses jeunes années où, étudiante à Cambridge, elle rencontra et aima Léo, militant communiste… En s’appuyant sur Sophie Cookson (Joan jeune) et Dame Judi Dench (qui fut M dans sept 007), Trevor Nunn signe un thriller historique (fondée sur une histoire vraie) assez conventionnel dans sa mise en scène mais qui interroge bien la validité de la course à la bombe atomique pendant la guerre et aussi la valeur d’un engagement pour la paix… Dans les suppléments, Trevor Nunn décrypte longuement le parcours de Joan Stanley. (Programm Store)
QUEENS
Queens« L’Amérique c’est un club de strip-tease. Certains jettent les billets et les autres dansent ». C’est Ramona Vega, célèbre strip-teaseuse qui parle ainsi. Ces dames qui se sont liées d’amitié, décident de conjuguer leurs (réels) talents pour monter une belle arnaque afin de prendre leur revanche sur leurs riches clients de Wall Street. Le plan fonctionne à merveille mais l’argent et la vie facile les poussent à prendre de plus en plus de risques. En s’appuyant sur une histoire vraie, la réalisatrice Lorene Scafaria trousse un divertissement aux allures coquines sur fond d’argent, de drogue, d’alcool et de sexe. Mais le film prend aussi un tour féministe avec Ramona et sa protégée Dorothy (Constance Wu) décidées à croquer leur part du rêve américain… Jennifer Lopez (Ramona) est superbe, pétillante et sulfureuse ! (Metropolitan)
STEVE BANNON – LE GRAND MANIPULATEUR
Steve BannonRéputé pour avoir été le stratège de Donald Trump, Steve Bannon, figure emblématique de l’ultra-droite américaine, a exporté, après avoir été remercié de son poste de conseiller à la Maison-Blanche, son idéologie populiste auprès des partis nationalistes européens, rêvant d’un nouveau mouvement mondial. Après l’avoir suivi durant une année, la documentariste américaine Alison Klayman décrit un manipulateur dont le charisme fait peur. Un portrait intime et politique d’un prophète du chaos démocratique. Outrancier et provocateur, Bannon (qui s’applique partout où il passe, à alimenter le puissant mythe sur lequel repose sa survie) éclaire bien la montée des populismes en Europe.  (L’Atelier d’images)
MALEFIQUE :  LE POUVOIR DU MAL
Malefique 2La malédiction qui pesait sur elle depuis son plus jeune âge étant désormais conjurée, la princesse Aurore règne désormais sur le royaume de la Lande peut répondre à la demande de mariage du prince Philippe. Mais Maléfique, qui a toujours veillé sur Aurore, s’oppose à ce mariage car, dit-elle « les histoires d’amour finissent toujours mal »… Cinq ans après le premier Maléfique qui avait connu un gros succès, Angelina Jolie, plus noire que jamais, et la blonde Elle Fanning sont de retour tandis que Michelle Pfeiffer, dans le rôle de la pernicieuse reine Ingrith, mère de Philippe, se joint à elles. Si le scénario n’est pas bien épais, les effets spéciaux abondent et surtout Angelina Jolie campe à la perfection la plus célèbre des méchantes Disney avec sa Maléfique distillant ses pouvoirs magiques… (Disney)

LA REPORTER, LES POLITIQUES, LA SOLITUDE, LES PAPES ET L’INDIEN  

CAMILLE
CamillePassionnée de photojournalisme depuis son jeune âge, Camille Lepage embrasse le métier de photo-reporter de guerre. Elle s’installera longuement au Sud-Soudan pour mieux faire connaître ce pays. En 2013, elle part en Centrafrique couvrir la guerre civile qui s’y prépare… Le 12 mai 2014, à l’âge de 26 ans, Camille (solidement incarnée par Nina Meurisse) tombe sous les balles d’une bande armée. En allant à l’essentiel, c’est-à-dire le courage et la passion de Camille mais aussi son engagement pour faire connaître un conflit oublié, Boris Lojkine donne un film efficace, rythmé, empathique et souvent brutal où la journaliste s’interroge sur une jeunesse africaine face à un chaos guerrier qu’elle croit juste… Remarquable ! (Pyramide)
ALICE ET LE MAIRE
Alice MaireA l’heure où le politique est bien chahuté, on savoure pleinement cette chronique des coulisses… Paul Théraneau, maire socialiste de Lyon, est vidé. Il se sent comme une voiture de course mais sans essence. Après trente ans de vie politique, il n’a plus une seule idée. Même s’il donne encore le change. Son entourage lui adjoint Alice Heimann, jeune et brillante philosophe chargée de « travailler aux idées ». En s’appuyant sur un Fabrice Luchini savoureusement matois et une Anaïs Demoustier élégamment tonique, Nicolas Pariser peaufine une comédie satirique qui détaille l’impitoyable univers de la politique. Sans doute prévisible, le scénario permet néanmoins une promenade dans un monde clos où un ponte politique est confronté à l’humilité. (M6)
NE CROYEZ SURTOUT PAS QUE JE HURLE
Croyez Surtout Pas Que HurleDans un village du nord de l’Alsace, Frank Beauvais se retrouve, à 45 ans, seul, sans voiture, sans emploi, sans amour et sans réelle perspective d’avenir… A partir d’images prélevées dans des films (en sept mois, il a regardé plus de 400 films) et sur une voix off sans affect, le cinéaste construit un singulier objet de cinéma. Dans l’écoulement des images (on reconnaît difficilement les films mais ils sont tous cités au générique de fin), l’auteur évoque aussi bien l’ivresse de la solitude que sa difficile relation à son père, son autisme social et sa haine de la béatitude bourgeoise. Un journal intime (ou cri de rage ?) comme une bouleversante et fascinante confession ! Le coffret est enrichi de l’intégrale des courts-métrages de Frank Beauvais. (Capricci)
THE NEW POPE
New PopeAprès le succès planétaire de la série télé The Young Pope (2016), l’Italien Paolo Sorrentino poursuit sa quête dans les sombres coulisses du Vatican… Alors que Lenny Belardo devenu Pie XIII (Jude Law) est dans le coma, les cardinaux choisissent Sir John Brannox, élégant aristocrate anglais, comme nouveau pape. John Malkovich campe ce souverain pontife, adepte du juste milieu, qui va devoir naviguer entre de multiples obstacles tel que le combat contre le terrorisme islamiste, les abus sexuels, le mariage des prêtres… Dans une reconstitution de grande qualité (le Vatican n’a pas ouvert ses portes au tournage), voici une saison (9 épisodes) mystérieuse, surréaliste et captivante. Quand l’Eglise balance entre le sacré et le profane, voire le trivial. (Studiocanal)
WILLIE BOY
Willie BoyIndien de la tribu Paiute, Willie Boy (Robert Blake) revient dans sa Californie natale pour épouser Lola Boniface (Katharine Ross), la femme qu’il aime. Mais le père et les frères de Lola s’y opposent. En état de légitime défense, Willie tue le père et s’enfuit avec Lola. Le shérif Cooper se lance à sa poursuite. En 1969, Abraham Polonsky (1910-1999), l’un des cinéastes victimes de la chasse aux sorcières du maccarthysme, réalise un western atypique et dépouillé de clichés qui évoque l’intégration des peuples indiens. Même s’il est en haut de l’affiche, Robert Redford n’incarne pas Willie Boy mais bien le shérif Cooper. Un film qui, en critiquant le fameux rêve américain, observe cruellement les grands mythes de l’Ouest… (Sidonis Calysta)
AU NOM DE LA TERRE
Au Nom TerreRevenu d’Amérique où il a travaillé dans un grand ranch du Wyoming, Pierre Jarjeau, 25 ans, retrouve Claire, sa fiancée et la ferme familiale. L’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. Pierre ne compte pas son temps mais les dettes s’accumulent néanmoins. S’épuisant à la tâche sous le regard de son père qui ne le comprend pas, le fermier sombre peu à peu. En s’inspirant de l’histoire tragique de son père, Edouard Bergeon (qui avait déjà traité, en 2012 dans le documentaire Les fils de la terre, le suicide des paysans français) raconte, sans pathos, la grande difficulté des agriculteurs livrés à eux-mêmes face aux contraintes multiples. Guillaume Canet en bouleversant en paysan perdant pied… A l’heure de l’agribashing, un autre regard captivant… (Diaphana)
SHAUNE LE MOUTON – LA FERME CONTRE-ATTAQUE
Shaun Mouton FermeUn vaisseau spatial s’écrase près de la ferme de Shaun. A bord, une adorable petite créature nommée LU-LA. Shaun, le chien Bitzer et tout le troupeau de la Mossy Bottom Farm adoptent immédiatement le malicieux alien aux rots venus d’un autre monde. Mais une sombre organisation veut capturer l’espiègle LU-LA qui est dotée de pouvoirs incroyables. Les studios britanniques Aardman, champions incontestés de l’animation en volume, signe à nouveau une parfaite comédie autour du personnage inventé par Nick Park. Une fois de plus, on part avec plaisir dans les pas de Shaun, le mouton dégourdi. La rencontre épatante du burlesque et de la tendresse ! Les petits et les grands se régalent… (Studiocanal)
LA FAMEUSE INVASION DES OURS EN SICILE
Fameuse InvasionTout commence le jour où Tonio, fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Pour moitié adaptation du livre de Dino Buzzatti publié en 1945, pour moitié, scénario original de Thomas Bidegain et Jean-Luc Fromental, le film d’animation de l’Italien Lorenzo Mattotti est une réussite formelle (on songe parfois aux œuvres de De Chirico) et visuelle et aussi une superbe conte moral, initiatique et poétique, sur la grandeur et les misères de l’exercice du pouvoir. (Pathé)
VIENDRA LE FEU
Viendra FeuCondamné et incarcéré pour incendie volontaire, Amador Coro, pauvre paysan de Galice resté célibataire, a été libéré et revient chez lui, retrouver Benedicta sa vieille mère qui élève trois vaches. La vie se déroule paisiblement jusqu’au jour où un incendie dévaste la région. Pour son troisième long-métrage primé dans plusieurs festivals, le Franco-Espagnol Olivier Laxe est allé tourner, avec des non-professionnels, dans le village de ses grands-parents. Il filme, dans une œuvre aussi sobre que contemplative, une nature superbe dans une terre austère mais aussi un modèle rural en voie de disparition. Le film a obtenu le prix du jury Un Certain regard au dernier Festival de Cannes. (Pyramide)
VOYAGE AU BOUT DE LA TERRE
Voyage TerreDéjà réalisateur de Kon-Tiki (2012) où il évoquait l’expédition du navigateur Thor Heryerdahl, le Norvégien Espen Sandberg s’empare, ici, de l’histoire de son compatriote Roald Amundsen (1872-1928), l’un des plus illustres chefs de file de l’exploration polaire. Au début du 20e siècle, Amundsen caresse son plus grand rêve : être le premier homme à découvrir le Pôle Nord. « Ce n’est pas une expédition, c’est une course » dit un personnage. Au cœur d’un continent glacé et inhospitalier, voici l’aventure d’un homme courageux et déterminé à repousser les frontières des terres inconnues et prêt à tout y sacrifier : famille, argent, amour… Pour le bonheur de pouvoir dire : « Il n’y a plus de terre vierge sur la carte »… (Metropolitan)
DONNE-MOI DES AILES
Donne Moi AilesScientifique visionnaire, Christian étudie les oies sauvages. Obligé de passer des vacances en pleine nature chez son père, Thomas, adepte des jeux vidéo, parle de cauchemar. Mais père et fils vont se rapprocher autour d’un projet fou : sauver une espèce d’oies naines en voie de disparition. Pour cela, ils ont imaginé, avec l’ULM de Christian (Jean-Paul Rouve), de leur montrer une nouvelle route migratoire moins dangereuse que celle qu’elles empruntent normalement… Explorateur et cinéaste (Le dernier trappeur en 2004), Nicolas Vanier signe une jolie histoire, certes un peu naïve mais évidemment chaleureuse, sur la transmission mais surtout autour de la préservation de la nature, un thème largement d’actualité… (M6)
SŒURS D’ARMES
Soeurs ArmesJournaliste engagée, figure médiatique et militante féministe, Caroline Fourest, auteur de documentaires, passe pour la première fois à la fiction avec l’histoire de Kenza et Yaël, deux jeunes Françaises, qui s’engagent en 2014 dans une brigade internationale pour se battre, au Kurdistan irakien, avec les combattantes kurdes contre Daech. Avec Amira Casar, Camélia Jordana, Esther Garrel ou la nouvelle venue Dilan Gwyn, la réalisatrice donne un film de guerre (largement massacré par la critique à sa sortie en salles) qui fait la part belle à des héroïnes qui ne craignent pas l’action. Reste la dimension du spectacle et la possibilité de s’interroger sur l’impressionnante détermination des combattantes kurdes… (Metropolitan)

L’ESPACE, LE COMPLOT, LA DISPARITION, L’HORREUR ET LES PIEGES DE JOHN RAMBO  

AD ASTRA
Ad AstraMon père, ce héros… L’astronaute Roy McBride s’aventure dangereusement jusqu’aux confins du système solaire à la recherche d’un père qui a sacrifié sa vie à la quête du savoir… Révélé par Little Odessa puis applaudi pour The Yards ou La nuit nous appartient, l’Américain James Gray peaufine, ici, un excellent et beau film de science-fiction où il est question de mission secrète et d’extraterrestres mais en adoptant remarquablement un traitement intimiste, quasiment « à l’européenne » teintée de mélancolie, pour cette odyssée spatiale qui interroge la fragilité d’une destinée et la place de l’homme dans l’univers. Brad Pitt (avec Tommy Lee Jones à ses côtés dans le rôle du père) est, ici, au sommet de son art. (Fox)
WINTER KILLS
Winter Kills19 ans après l’assassinat de son demi-frère, alors président des Etats-Unis, Nick Keegan est contacté par un homme qui affirme être le deuxième tireur…  Keegan (Jeff Bridges) va alors enquêter sur de délirantes théories conspirationnistes. Réalisé en 1979, ce thriller longtemps invisible devient, en s’inspirant clairement de l’assassinat de JFK en 1963 à Dallas, un labyrinthe paranoïaque dans lequel, tel Alice au pays des complots, Nick tente de tirer des fils… Présenté dans l’excellente collection Make My Day de Jean-Baptiste Thoret, ce thriller satirique est porté par un casting hors-normes : John Huston, Liz Taylor, Eli Wallach, Anthony Perkins, Toshiro Mifune, Sterling Hayden… (Studiocanal)
TROIS JOURS ET UNE VIE
Trois Jours Une VieJuste avant Noël 1999, dans un village des Ardennes belges, le petit Rémi disparaît dans des circonstances mystérieuses. Tandis que chacun se met à suspecter son voisin, une immense battue est organisée pour le retrouver. Tout un chacun y participe, sous le regard d’Antoine, gamin au bord de l’adolescence, qui en sait plus qu’il ne le laisse paraître sur cette disparition. En adaptant le roman éponyme de Pierre Lemaître et en s’appuyant sur Sandrine Bonnaire, Charles Berling, Philippe Torreton ou Pablo Pauly, Nicolas Boukhrief réussit un film noir bien construit qui brosse de solides portraits au cœur d’une communauté ébranlée par un drame terrible et qui va connaître une rédemption bien ambiguë… (Gaumont)
EVIL DEAD
Evil DeadS’il est une saga de cinéma très culte, c’est bien Evil Dead.  En trois films, entre 1981 et 1992, Sam Raimi s’est imposé comme un vrai maître du genre horrifique. Mais sa trilogie va au-delà du seul frisson puisqu’elle mêle, avec habileté, l’horreur, l’humour, le spectacle et la dérision. On connaît le début : Ash Williams et quatre amis étudiants partent passer des vacances dans une cabane perdue dans les forêts du Tennessee… Peu après leur arrivée, Cheryl entend une voix à l’extérieur de la cabane… Voici cet ensemble dans une édition ultime. Avec évidemment les films (en Blu-ray) mais surtout une abondance de suppléments dont des entretiens inédits, un livre de 112 pages Dans les entrailles de la saga et même un plateau de jeu. Un beau coffret ! Tronçonneuse non incluse. (L’Atelier d’images)
RAMBO: LAST BLOOD
Rambo: Last BloodAprès avoir longuement bourlingué et bataillé, John Rambo a-t-il enfin le droit de se reposer dans l’ancien ranch de son père perdu au cœur de l’Arizona où il vit paisiblement sous le regard bienveillant de Maria. Pas si simple ! Car la gentille Gabrielle, petite-fille de Maria, sur laquelle il veille comme un père, a été kidnappée par un cartel mexicain. Pour le cinquième (et sans doute ultime) épisode de la saga, le plus célèbre vétéran du Vietnam retourne donc au casse-pipe. La gueule plus couturée que jamais, John Rambo n’a pourtant rien perdu de son sens du devoir et de sa capacité à combattre, notamment à poser des pièges. Les truands du cartel vont en baver. On sait à quoi s’en tenir mais Sly Stallone fait toujours le job ! (Metropolitan)
FRANKIE
FrankieCélèbre actrice française, Frankie se sait gravement malade. Elle décide de passer ses dernières vacances, entourée des siens, à Sintra au Portugal. En compétition officielle à Cannes 2019, l’Américain Ira Sachs, auteur de Love is Strange et Brooklyn Village, plonge au cœur d’une famille qui se réunit pour la dernière fois autour de Frankie. Au fil de petits portraits et de belles images, le cinéaste cultive, avec grâce, des émotions fragiles. Cette chronique mélancolique profite aussi d’une belle distribution internationale avec Brendan Gleeson, Marisa Tomei, Jérémie Renier, Pascal Greggory, Greg Kinnear et une Isabelle Huppert, comme toujours, parfaite. (Arte)
THE BOAT
The BoatRien à voir avec Das Boot de Wolfgang Petersen en 1981 mais peut-être bien avec le fameux Duel (1972) de Spielberg pour une menace invisible. Ici, un pêcheur parti travailler au large de Malte, monte à bord d’un beau yacht qui semble vide et s’y retrouve prisonnier. Car manifestement, il y a une « présence » à bord qui en veut à notre marin. Winston Azzopardi dirige son fils Joe dans ce cauchemar maritime. A la fois huis clos angoissant et film de survie en milieu hostile, ce solide suspense, qui a connu le succès dans des festivals, réinvente le genre. Avec tempête à venir sans oublier les frasques d’Eole, le maître des vents dans L’Odyssée d’Homère… (Metropolitan)
BUFFET FROID
Buffet FroidEn attendant le RER à La Défense, Alphonse, trentenaire au chômage, fait la connaissance d’un homme qu’il retrouve, plus tard dans la soirée, en train de mourir, son propre couteau planté dans le ventre… En 1979, Bertrand Blier met en scène pour la troisième et dernière fois son père Bernard (entouré de Depardieu, Carmet, Serrault et Carole Bouquet dans son second rôle au cinéma) dans une comédie noire pleine d’humour grinçant. Cette intrigue volontiers absurde, fortement imprégnée de surréalisme, avec un étrange policier et un vieil assassin paranoïaque, dérouta le public de l’époque. En version restaurée, le film sort dans un Blu-ray inédit qui permet de le redécouvrir et de… l’apprécier. (Studiocanal)
PLATANE – SAISON 3
Platane S3Après plusieurs solides échecs au cinéma, Eric tente de survivre en réalisant des spots de pub. Et sa vie sentimentale n’est pas très brillante non plus. Un mauvais karma ? Sans doute. Mais Eric n’a rien perdu de son humour même si le boulot manque. Il part tenter une expérience chamanique en Amérique du Sud pour devenir un homme meilleur. Après la saison 1 (lancée en 2011) puis la 2 en 2013, Eric Judor a remis le couvert dans une saison 3 (ou Tree) forte de huit épisodes de 45 minutes chacun, avec plein de « guests », où il laisse libre cours à un humour toujours aussi loufoque autour de l’écriture « la série la plus bienveillante du monde ». Enfin, c’est ce qu’Eric croit…  (Studiocanal)
UNE FILLE FACILE
Une Fille FacileRévélée par Belle épine (2010), Rebecca Zlotowski raconte, dans son quatrième long-métrage, l’histoire de Naïma, jeune Cannoise de 16 ans dont la mère fait des ménages dans les palaces, qui s’interroge sur son avenir. La venue de sa délurée cousine Sofia va l’entraîner dans un été inoubliable. En choisissant de faire incarner la pimpante Sofia par Zahia Dehar (connue jusque là pour des aventures extra-cinéma fortement médiatisées), la cinéaste donne évidemment un relief particulier à ce conte d’été aux accents parfois rohmériens. L’ensemble est léger et frais, sans grand enjeux dramatiques mais permet de goûter avant l’heure à la chaleur de l’été ! (Ad Vitam)
VIOLENCE AU KANSAS
Violence KansasDans le Texas de 1859, le soldat Cam Bleeker, ayant appris que sa femme est morte, s’évade de prison. Dans son ranch, il trouve une jeune veuve et ses enfants. Les autorités proposent à Bleeker d’infiltrer le réseau de Luke Darcy qui veut mettre le Kansas à sa botte. La Paramount n’est pas le plus grand studio pour le western et Melvin Frank qui tourne ce film en 1959 s’est surtout fait connaître dans la comédie et le « musical ». Du coup, il ne faut pas chercher, ici, une forme brillante. Par contre, le scénario mérite l’attention dans la mesure où il brosse le portrait d’un despote mégalomaniaque incarné par Jeff Chandler avec, à ses côtés, un Henry Silva, spécialiste des méchants…  (Sidonis Calysta)
LE DINDON
Le DindonAlors qu’il se promène dans les rues de Paris, Monsieur de Pontagnac, dragueur invétéré, tombe sous le charme d’une belle inconnue. Il la suit jusque chez elle pour constater que la charmante Victoire n’est autre que l’épouse de son ami René Vatelin… On reconnaît là une situation chère à Georges Feydeau ! Et, de fait, Jalil Lespert, comédien prolifique et réalisateur de Yves Saint Laurent en 2014, s’empare de la pièce écrite en 1896 pour lui donner un nouveau tour de comédie sur fond de quiproquos, de portes qui claquent et d’infidélités croisées. C’est aux comédiens (Danny Boon, Guillaume Gallienne, Alice Pol, Laure Calamy, Ahmed Sylla, Camille Lellouche, Henri Guybet…) que revient le soin de faire vibrer la machine… (Pathé)

LE CRIME, LE CHAGRIN, LE PRODUCTEUR, LES SOLITUDES ET LES ELEVES  

ROUBAIX UNE LUMIERE
Roubaix LumiereDans la nuit de Noël, le commissaire Daoud sillonne Roubaix, la ville qui l’a vu grandir. Voitures incendiées, altercations… Le lot quotidien. Policier fraîchement diplômé, Louis Cotterelle vient d’arriver dans le service et va enquêter sur le meurtre d’une vieille dame. Deux jeunes femmes, démunies, alcooliques et amoureuses, sont interrogées. Autant qu’un authentique thriller, le nouveau film d’Arnaud Desplechin, natif de Roubaix, est une oeuvre qui colle au réel sous la forme d’une chronique sociale magnifiquement portée par Roschdy Zem, Sara Forestier, Léa Seydoux et Antoine Reinartz. Sans rien offrir à l’imagination, sans rien inventer, Roubaix… offre une vision noire d’une réalité cruelle et d’une société marginalisée… (Le Pacte)
TU MERITES UN AMOUR
Tu Merites Un AmourParce que Rémi a été infidèle et qu’il est parti seul en Bolivie, Lila, qui l’aimait plus que tout, est en dépression. Mais d’Amérique du Sud, Rémi, très manipulateur, lui laisse entendre que leur histoire n’est pas finie. Entre discussions, réconfort et encouragement à la folie amoureuse, Lila s’égare… Révélée en 2007 par La graine et le mulet de Kechiche dans lequel elle dansait jusqu’à l’épuisement, Hafsia Herzi passe pour la première fois derrière la caméra tout en se glissant, avec grâce et brio, dans la peau de Lila. Dans un mélange bienvenu de tendresse et de candeur, la lumineuse actrice détaille les pièges d’une troublante passion vénéneuse et pose un regard lucide sur le chagrin d’amour. (Arte)
L’INTOUCHABLE
IntouchableJusqu’à ce qu’il soit emporté par la tourmente #MeToo, Harvey Weinstein était l’un des producteurs les plus en réussite d’Hollywood. Le puissant patron de la compagnie Miramax pouvait se targuer d’avoir obtenu un Oscar par an pendant dix ans. Mais Weinstein est tombé et, devant un tribunal américain, il doit désormais rendre des comptes. Dans un solide documentaire, en forme de parabole moderne sur notre époque, qui donne la parole à de nombreuses victimes d’agressions sexuelles reprochées au tycoon, Ursula MacFarlane observe les étapes d’une ascension et surtout la chute d’un magnat « qui faisait peur comme un gangster ». Comment, entre chantage, cruauté et pressions, on glisse d’un professionnel doué et infaillible à un monstre. (Le Pacte)
DEUX MOI
Deux MoiRémy et Mélanie ont 30 ans et vivent dans le même quartier de Paris. L’un et l’autre ont bien du mal à faire des rencontres et suivent sans succès des psychothérapies. Mais peut-être bien que ces deux-là finiront par se croiser et se trouver. Cédric Klapisch, le plus parisien des cinéastes français, revient à sa ville préférée pour observer deux solitudes avant d’organiser leurs déambulations. Si on s’attache aux personnages de François Civil et d’Ana Girardot, on admire aussi la manière dont Klapisch, dans la lignée du cinéma populaire, observe Paris, ses habitants, ses petits commerces (ah, l’excellent Simon Abkarian en épicier de bon conseil) et le mouvement perpétuel de la cité… (Studiocanal)
LA VIE SCOLAIRE
Vie ScolaireArrivant de son Ardèche natale, Samia Zibra, jeune CPE novice et inexpérimentée (Zita Hanrot, formidable), arrive dans un collège réputé difficile de Seine-Saint-Denis. Au fil d’une année au cœur de l’école de la République, de la vie et de la démerde, on découvre, sur ses pas, les problèmes récurrents de discipline, la réalité sociale pesante mais aussi l’incroyable vitalité des élèves comme des équipes de surveillants et d’enseignants. En comptant sur les surveillants Moussa et Dylan, la CPE va s’intéresser au cas de Yannis, élève intelligent mais insolent. Evitant les clichés du « film de banlieue », Medhi Idir et Grand Corps Malade, auteurs de Patients (2017), signent un récit tonique et attachant sur la lutte contre l’échec scolaire.  (Gaumont)
LES HIRONDELLES DE KABOUL
Hirondelles KaboulDans Kaboul en ruines et sous le joug féroce des talibans, Mohsen et Zunaira, jeunes enseignants, s’aiment et veulent croire à l’avenir dans cet été 1998 marqué par la violence et la misère quotidienne. Avec la graphiste Eléa Gobbé-Mévellec, la comédienne et réalisatrice Zabou Breitman adapte le roman éponyme de Yasmina Khadra et réussit un déchirant film d’animation aux belles images aquarellées qui décrit, avec humanité et une poésie délicate, le poids terrible de l’intégrisme dans une société afghane où tout ce qui fait le sel de la vie est banni. Lors d’une dispute, Zunaira tue son mari. Arrêtée, elle est condamnée à mort. Bientôt des existences vont être emportées vers des morts violentes… (France TV distribution)
FETE DE FAMILLE
Fete FamilleDans sa belle maison de campagne, Andréa (Catherine Deneuve) va fêter son anniversaire et souhaite qu’on ne parle que de choses joyeuses. Elle ne sait pas encore que sa fille Claire, disparue depuis trois ans, est de retour et qu’elle va bouleverser les festivités, bien décidée à prendre ce qui lui est dû. Dans un cadre bucolique, Cédric Kahn capte les rumeurs montantes d’une tempête familiale. Car Claire (Emmanuelle Bercot) est bien atteinte. A travers une succession de portraits bien dessinés, le cinéaste observe une tribu disparate et en désarroi dont le mal-être éclate soudain dans une réunion qui devait être paisible… (Le Pacte)
FREAKS
FreaksChloé, 7 ans, n’a jamais vu la lumière du jour. Son père la maintient à l’écart du monde extérieur, lui répétant que tout ce qui se trouve de l’autre côté de la porte d’entrée est une menace. Mais, échappant au contrôle de son père, Chloé (Lexy Kolker, étonnante) va braver tous les interdits pour découvrir un monde nouveau, menaçant et mystérieux… En plaçant leur film (applaudi dans de multiples festivals) à hauteur d’enfant, les réalisateurs Zach Lipovsky et Adam B. Stein réussissent un huis clos psychologique (doublé d’un clin d’œil au fameux Freaks de Tod Browning en 1932) autour de la différence et de la parentalité et du danger qui peut venir de l’extérieur comme de l’intérieur… (Lonesome Bear)
LA CHUTE DU PRESIDENT
Chute PrésidentAlors qu’il pêche paisiblement, le président américain (Morgan Freeman) est victime d’une tentative d’assassinat par une nuée de drones. Seul survivant parmi tous les gardes du corps, Mike Banning (Gerard Butler), est accusé d’avoir monté le coup. L’ange gardien préféré du président est désormais la cible à abattre pour le FBI. « Inutile de venir me chercher, lance l’agent. C’est moi qui vais vous trouver ! » Ce troisième volet de la saga Banning est du pur thriller d’action sur fond de sombre complot contre la présidence. Ce qui compte, c’est de voir comment le baroudeur (qui souffle de troubles physiques et psychiques) va, avec l’aide de son vieux père barbu (Nick Nolte), régler son compte aux affreux… (M6)
ANDY
AndyDoux oisif ou… vrai gros fainéant, Thomas a toujours vécu sans faire le moindre effort, profitant notamment de ses fugitives conquêtes. Mais quand il se retrouve à la rue, il n’a d’autre choix que d’aller dans un foyer où il croise la belle et fragile Margaux. Contraint de travailler, Thomas, sous le pseudo d’Andy, décide d’être escort boy. Et il va réussir à entraîner Margaux dans de petites arnaques… Pour son premier « long », Julien Weill distille une sympathique comédie romantique autour de sujets de société comme les SDF, les femmes battues ou la prostitution masculine. Mais c’est surtout le pétillant duo Vincent Elbaz – Alice Taglioni qui apporte à cette histoire son allant et son charme… (Metropolitan)
TENUE DE SOIREE
Tenue SoiréeAntoine aime Monique comme un fou mais elle s’en fout. Lors d’un bal, Bob gifle Monique et prend la défense d’Antoine, écoutant ses plaintes. Bob va entraîner les deux paumés dans le cambriolage de maisons bourgeoises. Mais, manifestement, Bob s’intéresse beaucoup plus à Antoine qu’à Monique. Avec un trio déchaîné (Michel Blanc, Miou Miou, Depardieu), Bertrand Blier met en scène, en 1986, une comédie grinçante qui aborde la question de l’homosexualité dans une époque encore frileuse. Entre humour et irrévérence, les dialogues très crus servent un scénario qui s’achève de manière surréaliste. Le film, qui valut à Michel Blanc le prix d’interprétation à Cannes 1986, sort dans une version restaurée Blu-ray inédite. (Studiocanal)
INSEPARABLES
InseparablesPetit escroc souriant, Mika « choisit » la prison pour échapper à des débiteurs déterminés à lui faire du mal. Mais il ne choisit pas sa cellule… C’est là qu’il croise Pascal Fremont, un détenu qui se présente comme… Poutine. D’ailleurs, Pascal ne jure que par les vertus de la kalachnikov et de la grenade pour calmer ceux qui le dérangent. En s’appuyant sur deux acteurs et humoristes qui ne connaissent bien (Ahmed Sylla et Alban Ivanov, vu aussi dans La vie scolaire), Varante Soudjian concocte une comédie sur l’amitié de deux personnages évidemment mal assortis et que le sort réunit pour le meilleur mais surtout pour le pire. Car Poutine, rendu lui aussi à la liberté, a décidé de faire le bonheur de Mika. Même malgré lui… (M6)

JEUNES TRUANDS, PETITS PHILOSOPHES, L’AIMABLE GENDARME ET LA FEMME MYSTERIEUSE  

PIRANHAS
PiranhasFascinés par les armes et le crime, Nicola et ses copains ont entre dix et quinze ans. Ils tournent dans Naples sur leurs scooters et ne craignent ni la prison, ni la mort, seulement de connaître l’existence tristement banale de leurs parents. En adaptant le roman éponyme de Roberto Saviano, auteur de Gomorra, le cinéaste italien Claudio Giovannesi filme une cruelle et brutale fin de l’innocence. Ces gamins qui parlent de respect et d’honneur, ont surtout, pour valeurs, l’argent et le pouvoir et désirent se faire une place sur la scène criminelle napolitaine en supplanter les anciens mafieux. Sur l’ascension criminelle et le quotidien de bébés-gangsters, une œuvre âpre qui glace le sang. (Wild Side)
LE CERCLE DES PETITS PHILOSOPHES
Cercle Petits Philosophes« La philosophie est un outil d’éveil à l’intelligence… » Philosophe, sociologue et historien des religions, Frédéric Lenoir a animé, dans des écoles, des ateliers de philosophie et de méditation. Pendant un an, il a été suivi par la cinéaste Cécile Denjean qui a réalisé un beau et riche documentaire à hauteur d’enfants où Rose, Jérémie, Waël, Lorenzo et les autres s’interrogent sur « A quoi ça sert de vivre ? » ou « Quelle est la différence entre un homme et un animal ? » et se confrontent à la complexité du monde en développant leur esprit critique… Où l’on constate qu’une tête bien faite est aussi importante qu’une tête bien pleine. (L’Atelier d’images)
PERDRIX
PerdrixGendarme dans une belle France profonde (le film a été tourné dans les paysages naturels des Vosges), Pierre Perdrix traque des… nudistes révolutionnaires. Son existence sera autrement chamboulée lorsque déboule l’insaisissable Juliette Webb. Car cette tornade ambulante sème le désir et le désordre… Pour son premier long-métrage, Erwan Le Duc, ancien chef du service des sports au Monde, réussit une épatante comédie sentimentale à la fois loufoque et tendre qui fait la part belle à de drôles de personnages. Swann Arlaud (Perdrix) et Maud Wyler (Juliette) s’en donnent à cœur-joie ! En mère de famille bien déjantée, Fanny Ardant est amusante à souhait. (France.tv)
LA DEUXIEME FEMME
Deuxième FemmeEn rendant visite à sa tante sur la côte californienne, Ellen Foster (Betsy Drake) croise le séduisant Jeffrey Cohalan, un architecte qui vit dans une superbe villa située sur un pic rocheux. Elle est vite attirée par ce solitaire qui a perdu naguère sa fiancée dans un mystérieux accident. Entre film noir et thriller romantique, James V. Kern tourne, en 1950, ce film qui fait songer à un classique comme Rebecca d’Hitchcock. Malchance, persécution ou paranoïa ? Pourquoi Cohalan (Robert Young) subit-il tant de mésaventures inexplicables ? Ellen, qui garde toujours les pieds sur terre, parviendra-t-elle à l’arracher à ses tourments ? Une insolite perle noire inédite en France… (Artus Films)
LA CITE DE LA JOIE
Cité JoieLoin du Taj Mahal, des temples et de l’or des palais, Roland Joffé plonge, en 1992, dans le quartier le plus misérable de Calcutta pour filmer cette aventure tirée du best-seller éponyme de Dominique Lapierre. Dans une métropole à la dérive, le réalisateur américain de Mission (Palme d’or à Cannes 1986) et de La déchirure raconte l’histoire de Max Lowe (Patrick Swayze), un chirurgien américain qui, après une opération ratée, décide de fuir en Inde pour œuvrer à la Cité de la joie, un dispensaire au milieu des bidonvilles. Dans une belle version restaurée, sur une musique d’Ennio Morricone, voici une œuvre poignante au souffle humaniste sur une population confrontée à un dénuement extrême. (Pathé)
LE GANGSTER, LE FLIC ET L’ASSASSIN
Gangster Flic AssassinCirculant en voiture, un féroce chef de gang manque d’être assassiné par un inconnu qui file sans être identifié. Même s’il a survécu à l’attaque, le gangster sait que sa réputation est entachée dans le milieu. Il doit impérativement retrouver l’agresseur et le faire payer. De son côté, un flic teigneux recherche le même homme qu’il suspecte d’être un serial-killer… Le cinéaste sud-coréen Lee Won-tae réussit une excellente série B très bien écrite où se mêlent l’humour et la violence. Quand un flic qui déteste les truands est contraint de s’associer avec un déplaisant chef mafieux pour mener une traque commune. Pour le plaisir du spectacle ! (Metropolitan)
COFFRET LISA AZUELOS
Lisa AzuelosCinéaste et artiste engagée dans la défense des droits des femmes, Lisa Azuelos, auteur en 2017 d’un biopic sur Dalida, a signé deux beaux films qui évoquent les relations mère-fille regroupés, ici, dans un joli coffret. En 2008, LOL met au prises Lola, 16 ans (Christa Théret) avec une mère (Sophie Marceau) qui se rend compte, à l’heure d’internet, qu’un fossé s’est creusé entre elle et sa fille. Quand la mère décide de mettre sa fille dans une école privée, les choses se gâtent… En 2019, Mon bébé met en scène une mère (Sandrine Kiberlain) fusionnelle avec sa fille (Thaïs Alessandrin, la propre fille de la cinéaste) qui stresse à l’idée de voir sa Jade, 18 ans, partir faire ses études supérieures au Canada. Elle décide alors de filmer, avec un smartphone, leurs derniers instants ensemble… (Pathé)
INTEGRALE AGNES VARDA
Intégrale VardaDisparue en mars dernier à l’âge de 90 ans, Agnès Varda a laissé, en 60 ans de cinéma, une œuvre majeure. Un coffret de 24 DVD réunit 40 longs-métrages documentaires et de fiction et onze courts, tous en versions restaurées, 11 heures de bonus et un livret de 144 pages sur la création d’une artiste engagée et contemporaine de la Nouvelle Vague. Pour se replonger avec ravissement dans La pointe courte (1955), le premier long-métrage, Cléo de 5 à 7 (1961), Le bonheur (1965), L’une chante l’autre pas (1977), Mur Murs (1980), l’émouvant Sans toit ni loi (1985), le tendre Jacquot de Nantes (1990) consacré à l’enfance de Jacques Demy, le réalisateur et mari de la cinéaste, le militant Les glaneurs et la glaneuse (2000), Les plages d’Agnès (2008) et l’ultime Varda par Agnès (2019). (Arte)
COFFRET BERNARD BLIER
Bernard BlierPendant près de cinq décennies, Bernard Blier (1916-1989) a été incontournable dans le cinéma français, d’abord dans des rôles de braves types souvent manipulés par les femmes puis dans ceux de « méchants » haut en couleurs. Blier n’était jamais aussi bon que lorsqu’Audiard lui ciselait des répliques cousues main. On retrouve l’acteur dans un joli coffret avec six films des années 60 et 70 parmi lesquels Les barbouzes (1964), Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (1968) ou encore Le distrait (1970) de Pierre Richard. Et puis on se régale une fois encore d’entendre, dans le très culte Les tontons flingueurs, son Raoul Volfoni menacer Lino Ventura de le disperser, façon puzzle… Pur plaisir ! (Gaumont)
COFFRET JEANNE MOREAU
Jeanne MoreauAvec sa voix rauque et son charme envoûtant, Jeanne Moreau (1928-2017) a incarné nombre de puissants personnages féminins au fil d’une carrière riche de plus de 130 films. Dans un coffret de six DVD, on retrouve Le dos au mur (1957) d’Edouard Molinaro, Le dialogue des Carmélites (1960) de Philippe Agostini, Une histoire immortelle où elle fut dirigée par le grand Orson Welles et trois films réalisés par Louis Malle avec lequel elle tournera à quatre reprises. Dans Ascenseur pour l’échafaud (1957), elle est une pure femme fatale. Dans Les amants (1958), sa Jeanne découvre l’orgasme au cours d’un adultère et dans Viva Maria (1965), elle partage l’affiche avec Brigitte Bardot en chanteuses de music-hall embarquées dans une guerre révolutionnaire folklorique… (Gaumont)
RICORDI ?
Ricordi?Sur une île méditerranéenne, un soir de fête, Elle et Lui se sont rencontrés et ce fut le coup de foudre immédiat. Il est triste, elle est (trop) gaie. Leurs différences pourront-elles contrarier leur passion ? Avec cette histoire d’amour qui s’ingénie à déconstruire le temps, l’Italien Valerio Mieli (remarqué en 2009 pour Dix hivers à Venise) s’interroge sur les souvenirs qui embellissent la vie. « Les souvenirs mentent. Autrement la vie serait insoutenable » dit le garçon (Luca Marinelli) dans cette œuvre-puzzle pleine de romantisme et de charme qui réussit finalement à faire affleurer une vraie atmosphère baignée de nostalgie. (Le Pacte)
OUTLANDER, SAISON 1-4
OutlanderInfirmière de guerre en 1945, Claire Randall (Caitriona Balfe) se retrouve transportée dans l’Écosse révoltée de 1743. Un étrange monde d’aventures s’ouvre à elle où elle sera partagée entre deux mondes et deux hommes que tout oppose… Un beau coffret de 16 DVD regroupe l’intégrale des quatre premières saisons de cette saga adaptée des romans (la série Le Chardon et le Tartan) de l’Américaine Diana Gabaldon. Dans de luxuriants paysages d’Ecosse, voici un beau mélange de « fantasy », d’action, de romance, de sexe, de violence et de voyage dans le temps. Dans cette saga entraînante, certains ont même vu une… alternative féministe à Game of Thrones ! (Sony)

GENE, CRAIG, LILIBET, ALMODOVAR, TARANTINO… JOLIS CADEAUX DE NOEL  

COFFRET GENE TIERNEY
Gene TierneyAvec ses pommettes saillantes et ses yeux clairs sous une chevelure brune, la sublime Gene Tierney fut, dans les années quarante, une star hollywoodienne à part entière, capable de jouer la féminité la plus vénéneuse ou la plus douce. On retrouve la belle Gene (1920-1991) dans un joli coffret regroupant l’exotique Shanghaï Gesture (1941) de Josef von Sternberg qui lui confie la belle Poppy saisie par l’enfer du jeu. Avec Les forbans de la nuit de Jules Dassin et Mark Dixon détective d’Otto Preminger, la comédienne est, en 1950, la vedette féminine, au côté respectivement de Richard Widmark et Dana Andrews, de deux des meilleurs films noirs de l’époque. Un beau cadeau pour tous les fans du cinéma de l’âge d’or d’Hollywood. ! (Wild Side)
DANIEL CRAIG – 007
Craig BondLorsqu’en octobre 2005, Daniel Craig est choisi pour devenir le sixième acteur à incarner le mythique 007 au cinéma, son choix déçoit tellement les nombreux fans (qui plébiscitaient toujours Sean Connery) de James Bond que certains proposèrent tout bonnement de boycotter Casino Royale. Heureusement pour Craig, le film fut une réussite. Quantum of Solace laissa, lui, le critique plus froide avant que Skyfall ne devienne le plus gros succès de la franchise. Avec Spectre, ces films sont réunis dans un joli coffret Daniel Craig. Le comédien britannique de 51 ans sera une dernière fois 007 dans Mourir peut attendre qui sortira au printemps 2020… En attendant, on se délecte toujours des aventures du plus célèbre double zéro… (MGM)
THE CROWN
The CrownL’empire britannique est en déclin… A l’aube d’une nouvelle ère, la jeune Elisabeth II succède au défunt roi George VI et monte sur le trône en 1953… La tâche semble démesurée pour « Lilibet », 25 ans (Claire Foy, excellente), qui fera cependant, soutenue par le vieux Winston Churchill, montre d’une force de caractère discrète mais impressionnante. Un coffret regroupe les deux premières saisons d’une série qui permet, de l’immédiat après-guerre au début des années soixante, de se plonger, sans voyeurisme, dans l’intimité de la plus célèbre monarchie du monde. On se laisse happer par une aventure intime (les démêlés de la reine avec sa sœur Margaret ou ses conflits avec son mari Philipp) au cœur de l’Histoire. Passionnant ! (Sony)
COFFRET ALMODOVAR
AlmodovarEntre fantaisie et drame, le tout dans une débauche de couleurs chaudes, Pedro Almodovar, prince de la fameuse Movida, a réussi à inventer une œuvre foisonnante et directement reconnaissable. Un bon coffret réunit trois œuvres emblématiques : Tout sur ma mère (1999), Volver (2006) et le tout récent Douleur et gloire dans lequel le cinéaste espagnol se dévoile entre art, création, amours et culte de la mère. L’occasion aussi d’observer à l’œuvre ces belles comédiennes, membres au long cours de la tribu almodovarienne que sont Penelope Cruz, Carmen Maura, Marisa Paredes, Lola Duenas ou Cecilia Roth… Sans oublier Antonio Banderas, parfait double du cinéaste dans Douleur… (Pathé)
ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD
Once Upon A Time HollywoodGrand amateur de cinéma populaire, Quentin Tarantino a le chic pour embarquer le public dans un univers de pur cinoche où l’on se laisse aller au bonheur d’un divertissement débridé. C’est à nouveau le cas pour ce dixième « long » qui plante son décor en 1969. Rick Dalton, star déclinante et Cliff Booth, sa doublure de toujours, assistent à la métamorphose d’Hollywood tandis que la Cité des rêves va vivre la fin tragique de Sharon Tate, l’épouse de Roman Polanski, assassinée par la bande de Charles Manson… Une belle lettre d’amour au cinéma des années 60 porté par deux comédiens épatants : Leonardo DiCaprio et Brad Pitt. Et Tarantino n’hésite pas à réécrire l’histoire. Un régal ! (Sony)
LES BOUCANIERS
BoucaniersLe pirate français Jean Laffite (Yul Brynner auquel est consacré un grand portrait dans les suppléments) contrôle toute la région de La Nouvelle-Orléans, et tente de rester neutre dans le conflit qui oppose Américains et Britanniques. Mais son amour pour la fille du gouverneur Clairborne l’oblige à s’engager au côté du général américain Andrew Jackson (Charlton Heston)… Remake des Flibustiers (1937) mis en scène par Cecil B. DeMille, cette évocation historique à grand spectacle (inspirée de l’histoire vraie de Lafitte) est l’unique film réalisé en 1958 par le comédien Anthony Quinn. La bataille dans les marais est un beau morceau d’anthologie ! (Sidonis Calysta)
PAVAROTTI
PavarottiLuciano Pavarotti (1935-2007) est sûrement le chanteur d’opéra le plus populaire depuis Enrico Caruso. Réalisateur de Apollo 13 ou Un homme d’exception, l’Américain Ron Howard retrace, en son Dolby Atmos, l’incroyable vie et la carrière du charismatique « Ténor du peuple » italien. En s’appuyant sur des archives rares et inédites ainsi que de nombreux témoignages, on retrouve un artiste hors-normes qui a aussi été une personnalité à la générosité exceptionnelle, se battant autant pour faire découvrir l’opéra au monde entier que pour soutenir des causes chères à son cœur. Un film-hommage exceptionnel pour goûter encore et encore la voix dorée du fils de Modène. (TF1)
LE PROFESSEUR
Le ProfesseurProfesseur de littérature, Daniele Dominici arrive au lycée de Rimini pour remplacer un collègue malade. Bien que séparé de sa femme, Monica, il vit toujours avec elle. Riches et oisifs, ses élèves l’ennuient, excepté Vanina, une jeune fille (Sonia Petrova qui évoque, dans les bonus, ses souvenirs de tournage) qui éveille son intérêt par la blessure secrète qu’il décèle en elle. Cinéaste rare (il n’a tourné que 8 films), Valerio Zurlini filme ici un Alain Delon blafard et magnétique dans une ville hivernale, brumeuse et battue par le vent. Bien restaurée, voici une œuvre de 1972 méconnue, noire et bouleversante, portée par un comédien envoûtant, qui rend palpable le spleen de personnages mélancoliques… (Pathé)
FAUBOURG MONTMARTRE
Faubourg MontmartreAubaine pour cinéphiles ! Voici, dans une version restaurée, le premier film parlant de Raymond Bernard (1891-1977), cinéaste un peu oublié aujourd’hui et assurément sous-estimé dont l’un des chefs d’œuvre fut Les croix de bois en 1932. L’année précédente, il mettait en scène Gaby Morlay, Line Noro et Charles Vanel dans un drame nocturne autour de deux sœurs qui habitent la butte Montmartre, parfait décor pittoresque et populaire. Céline, toxicomane, tente sans succès de dévergonder sa vertueuse sœur Ginette qui décide de fuir cette folie en épousant l’homme qui l’a recueillie. Une belle découverte qui témoigne des débuts du parlant dans le cinéma français. (Pathé)
STOP MAKING SENSE
Stop Making SenseRéalisateur applaudi du Silence des agneaux (1991) et de Philadelphia (1993), Jonathan Demme tournait, en 1983, trois jours durant, lors de concerts donnés au Pantages Theatre d’Hollywood, ce documentaire sur les Talking Heads, considéré comme l’un des plus grands films de rock jamais réalisé. Lorsque le génie créatif de David Byrne, l’un des fondateurs du groupe, rencontre l’audace visuelle de Demme, cela donne un film bourré d’énergie qui a révolutionné le genre musical. Restauré en haute définition, voici un film culte de l’univers du rock « proche de la perfection » selon Pauline Kael, la célèbre critique du New Yorker. En supplément, un livre inédit de Christophe Conte sur l’histoire du film et du groupe… (Carlotta)
COMME DES BETES 2
Comme Bêtes 2Parce que Katie, sa maîtresse, s’est mariée et a eu un bébé, le fox-terrier Max est tellement obsédé par la garde du nourrisson qu’il développe des troubles du comportement… Heureusement, il a d’excellents amis, dont Gidget, la loulou de Poméranie ou Pompon, le lapin totalement barré, qui veillent au grain et qui lui permettront d’affronter ses plus grandes peurs. En 2016, le n°1 avait été un succès planétaire, rapportant 875 millions de dollars de recettes mondiales. Le n°2, avec son animation impeccable, tient parfaitement la route aussi. Chris Renaud et Jonathan Del Val ont su trouver le bon équilibre entre comédie et action pour un bel éloge du courage. Un pur divertissement familial ! (Universal)
UN VILLAGE FRANÇAIS – L’INTEGRALE
Village FrançaisEn juin 1940, Villeneuve, petite sous-préfecture (fictive) du Jura, non loin de la ligne de démarcation, est bouleversée par l’arrivée de l’armée allemande. Entre collaboration, solidarité, résistance ou même indifférence, les années d’Occupation seront le temps des privations, des querelles ou des luttes maquisardes. Mêlant émotion, action autour de multiples et remarquables personnages (incarnés par Robin Renucci, Audrey Fleurot, Thierry Godard, Marie Kremer, Nicolas Gob, Richard Sammel etc.) dans une brillante reconstitution de la Deuxième Guerre mondiale, cette série a passionné le public sur France 3. Dans un gros  coffret de 26 dvd, on retrouve les 72 épisodes des sept saisons de cette remarquable saga. Une intégrale immanquable ! (EuropaCorp)

GUEDIGUIAN, LES KI-TAEK, MIZOGUCHI, LE BONIMENTEUR ET L’ESPIONNE  

INTEGRALE ROBERT GUEDIGUIAN
GuédiguianAlors que son dernier film (Gloria Mundi) est désormais sur les écrans, un coffret rassemble, en versions restaurées, l’intégralité des films de Robert Guédiguian. En vingt œuvres, le cinéaste marseillais d’origine arménienne a imposé un cinéma porté par une forte approche sociale et par une attention constante aux gens du peuple. Avec de bons suppléments (dont deux documentaires inédits sur un cinéaste militant et engagé à gauche), ce beau coffret permet d’aller de Dernier été (1981) à La villa (2017) en passant par des œuvres fameuses comme Marius et Jeannette (1997), le plus gros succès à ce jour de Guédiguian ou Marie-Jo et ses deux amours (2002) sans oublier les plus rares Rouge Midi (1985) ou Lady Jane (2008). Indispensable ! (Diaphana)
PARASITE
ParasitePalme d’or unanimement appréciée au dernier Festival de Cannes, le film du Sud-Coréen Bong Joon-ho est un véritable bijou de cinéma qui mélange, avec un brio dans l’écriture et une subtilité dans l’évocation des thèmes, le thriller, le film d’horreur et la rude chronique sociale. Chez les Ki-taek (le père est incarné par Song Kang-ho, la star du cinéma sud-coréen), tout le monde est au chômage et la fortune de la famille Park, chez laquelle le fils a réussi à se faire admettre, leur donne de (très mauvaises) idées ! Les Ki-taek sont des laissés-pour-compte dont la survie dépend d’une arnaque qui va prendre des proportions inattendues et violentes. Un film rageur et époustouflant ! (M6)
MIZOGUCHI EN 8 FILMS
AAAMizoguchiAvec Kurosawa et Ozu, Kenji Mizoguchi est l’un des plus grands maîtres du cinéma japonais. Avec huit chefs-d’oeuvre remasterisés dont Miss Oyu (1951), Les contes de la lune vague après la pluie (1953), L’intendant Sansho (1954) ou l’ultime Rue de la honte (1956), on retrouve ses derniers films dans un beau coffret qui rend hommage à un cinéaste (1898-1956) dont les cadres, les compositions, le rythme, le travail sur le temps et sur l’espace, toujours placés sous le signe de la poésie, ont fait merveille. En bonus, le coffret contient un livre inédit (128 p.) qui propose une analyse critique de l’œuvre mais aussi des entretiens menés en 1964 par Ariane Mnouchkine avec les collaborateurs du maître. Pour une belle découverte nippone ! (Capricci)
ELMER GANTRY, LE CHARLATAN
Elmer GantryDans l’Amérique des années 20, le représentant de commerce Elmer Gantry, attiré par une belle évangéliste, va mettre son talent de brillant bonimenteur au service d’un « spectacle » religieux. En 1960, Richard Brooks signe l’un de ses grands films en évoquant, avec pour toile de fond le mouvement revivaliste, le puritanisme et la fanatisation du sentiment religieux à travers un tonitruant prédicateur. Porté par un Burt Lancaster séducteur et carnassier (il obtiendra l’Oscar en 61), Gantry est tour à tour cynique et démagogue et aussi d’une innocence désarmante. Au comble de sa popularité, le prêcheur lancé dans une lutte contre les bars clandestins ou les maisons closes, chutera à cause d’une fille de joie… (Wild Side)
THE OPERATIVE
The OperativeA la fin des années 2000, alors que le monde craint que l’Iran ne se dote de l’arme atomique, Rachel, ex-agente du Mossad infiltrée à Téhéran, disparaît sans laisser de trace… Entre Téhéran, Cologne, Leipzig et Jérusalem et en s’appuyant sur un best-seller de l’ancien agent du Mossad Reicher Atir, le cinéaste israélien Yuval Adler décrit, avec précision, le métier d’espion aujourd’hui tout en observant l’impact émotionnel provoqué par une existence secrète au long cours. Diane Kruger incarne une Rachel, femme sans racines et désormais en perdition alors que le Mossad songe clairement à l’éliminer. Un excellent thriller dépouillé où la tension psychologique prime sur l’action. (Le Pacte)
L’ŒUVRE SANS AUTEUR
Oeuvre Sans AuteurOscarisé pour l’excellent La vie des autres (2006), Florian Henckel von Donnersmarck se penche avec cette saga allemande qui s’étend de 1937 aux années 60, sur trois décennies dans l’histoire de son pays, sur sa culpabilité mais aussi sur la puissance de l’art et de la création. Jeune peintre de talent (le cinéaste s’est inspiré de Gerhard Richter et évoque également la figure de Joseph Beuys), Kurt Barnert (Tom Schilling) croise, lorsqu’il rencontre l’amour de sa vie (Paula Beer), un gynécologue (Sebastian Koch) impliqué, aux pires heures du nazisme, dans l’élimination des handicapés et auquel il est lié par un terrible passé. Une œuvre brillante et fascinante ! (Diaphana)
EN TOUTE INNOCENCE
En Toute InnocenceDans la collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret met en lumière Alain Jessua (1932-2017), cinéaste à la filmographie singulière et volontiers étrange avec son huitième et avant-dernier film (1988), un thriller dans la bourgeoisie bordelaise. Entre suspense et ambiguïté perverse, il y observe la guerre psychologique entre un notable et sa bru. Par hasard, Paul Duchêne (Michel Serrault) surprend Catherine (Nathalie Baye) en situation compromettante. Fou de rage, il se blesse grièvement en voiture. Les jambes cassées et désormais muet, Duchêne est décidé à mener la vie dure à Catherine. Après avoir tenté en vain d’obtenir son pardon, Catherine décide de l’éliminer… (Studiocanal)
UN HOMME NOMME CHEVAL
Homme Nomme ChevalParti chasser dans le nord-ouest des Etats-Unis, John Morgan, un lord anglais, est capturé par des Indiens sioux. Humilié (le chef de la tribu l’a offert comme esclave à sa mère) et traité comme une bête, Morgan adapte son mode de vie aux coutumes des Indiens pour être considéré comme un homme. En 1970, dans les décors de l’Ouest américain, Elliott Silverstein réalise, avec cette aventure portée par l’excellent Richard Harris, un film fondateur, dans la lignée de Little Big Man et de Soldat bleu, qui renouvelle la figure de l’Indien dans le cinéma hollywoodien. Dans les suppléments, le cinéaste évoque le tournage et sa volonté de coller à la réalité historique… (Carlotta)
COFFRET FELLINI
FelliniC’est toujours un plaisir de cinéphile de se glisser dans l’œuvre baroque et foisonnante du maestro de Rimini. Dans un coffret Blu-ray enrichi de bons bonus, voici trois films de Federico Fellini (1920-1993) qui développent des thèmes comme la misère des êtres (Il bidone en 1955, un conte moral avec ses minables escrocs), la nostalgie du cirque et l’hommage à la magie et à la fantaisie (Les clowns en 1970 et le regard de l’enfant qui voit le chapiteau se gonfler) ou encore la création musicale mais aussi la révolte contre l’autorité avec Prova d’orchestra (1978) où un différend oppose un chef et le délégué syndical de l’orchestre… (Le Pacte)
MIDSOMMAR
MidsommarAttristé par le deuil qui frappe la famille de son amie Dani (Florence Pugh), Christian met de côté la séparation qu’ils envisageaient et l’entraîne à un festival qui n’a lieu qu’une fois tous les 90 ans dans un village suédois isolé. Mais les vacances vont prendre une tournure angoissante. Remarqué pour Hérédité (2008), l’Américain Ari Aster poursuit, ici, dans la veine de l’épouvante, cette fois dans le cadre d’une manipulation sectaire. Dans un style baroque qui ne craint pas les chocs visuels, le cinéaste distille, habilement, la montée de l’horreur au sein de rituels de plus en plus terrifiants… Quand la peur éclate en pleine lumière ! (Metropolitan)
THE DEVIL’S HOUR
Devils HourEn live sur le web, Drew et Max, deux jeunes entrepreneurs, diffusent d’impressionnantes séances d’exorcisme qui sont en fait des canulars. Mais le business, largement suivi à travers le monde, du « père Max » bascule lorsque l’actrice de The Cleansing Hour (qui est aussi la petite amie de Drew) devient mystérieusement possédée par le démon. Et le diable la soumet à des défis de plus en plus violents. Damien LeVeck a d’abord tourné un court-métrage avant d’en tirer un « long » présenté dans de nombreux festivals. Un film d’horreur enlevé dont les images marquantes font songer au fameux L’exorciste. (Wild Side)
MANTA RAY
Manta RayPrès d’une côte où abordent de nombreux réfugiés Rohingyas, un jeune pêcheur thaïlandais découvre, dans la mangrove, un blessé inconscient. Il lui porte secours, le nomme Thongchai et lui offre son amitié. Mais le pêcheur va disparaître mystérieusement en mer et Thongchai va peu à peu reprendre la vie de son ami, sa maison, son travail et son ex-femme… Présenté à la Mostra de Venise, le premier long-métrage du Thaïlandais Phuttiphong Aroonpheng, autour du sort tragique des Rohingyas, est une parabole parfois hermétique mais envoûtante. L’évocation des diamants qui éclairent la forêt des nuits de pleine lune est bien poétique… (Jour2fête)
PREMIER DE LA CLASSE
Premier Classe« Continue de descendre, Abou, tu trouveras du pétrole ! » La prof d’Abou, 14 ans, est affligée par le niveau du gamin. Qui fait pourtant la fierté de ses parents et spécialement de son père… auquel il fait croire qu’il est le premier de sa classe. Mais quand arrive la première et fatidique réunion parents-profs, Abou (Mutamba Kalonji) va monter un gros coup : recruter de faux profs dans son quartier pour faire face à son vrai père… Avec Pascal Nzonzi (l’inénarrable André Koffi de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?) en père fort en gueule et Michèle Laroque en gentille prof de banlieue, voici une comédie « scolaire » qui aborde des thèmes de société tout en ne se prenant pas trop au sérieux… (UGC)