GROUCHO, HARPO, CHICO, LINO, JOSEPH, MAURICE, HENRI, STAN ET OLLIE  

UNE NUIT A CASABLANCA
Nuit CasablancaAidé par sa bande et sa maîtresse, un ancien nazi assassine un à un les directeurs d’un fameux hôtel de Casablanca qui cache, selon lui, des trésors accumulés pendant la guerre. Nommé à la tête de l’hôtel, Ronald Kornblow va enquêter sur ces meurtres tout en tentant de rester en vie. Réalisé en 1946 par Archie Mayo, Une nuit à Casablanca (dans une belle version restaurée) est un fleuron dans le cinéma des Marx Brothers. Groucho, Harpo et Chico s’en donnent à cœur-joie dans un pur délire fait de burlesque et d’absurde autour de redoutables espions nazis. A cause de « leur » Casablanca (1942), les frères Warner tentèrent d’empêcher les frères Marx de tourner Une nuit… L’échange de lettres à propos du conflit entre la Warner et le désopilant Groucho figure dans les suppléments du coffret. Pour les Marxophiles acharnés mais aussi pour tous ceux qui veulent se plonger dans l’hallucinant univers des frères Marx ! (Le Pacte)
125, RUE MONTMARTRE
125 rue MontmartreCostaud mais brave type, Pascal Casalis est crieur de journaux à Paris pour France Soir. Un jour, il retire de la Seine le fragile Didier… Pascal se prend de pitié pour ce type fragile (Robert Hirsch) qui se révèle être un redoutable manipulateur. Avec l’excellent Lino Ventura dans l’un de ses premiers grands rôles, avec des dialogues enlevés et pétillants de Michel Audiard, 125 rue Montmartre de Gilles Grangier est un bon polar nerveux et sans fioritures qui a pour décor, en 1959, le milieu populaire parisien de la presse écrite. Victimes de la Nouvelle vague, rares sont les films de Grangier qui ont réussi à séduire les critiques de l’époque. Voici pourtant un polar maîtrisé (en version bien restaurée) à redécouvrir ! (Pathé)
UN SAC DE BILLES
Sac BillesEn 1942, les lois antisémites de Vichy obligent Joseph et Maurice, fils aînés d’un coiffeur juif de Paris à fuir vers la zone libre. Dans un monde hostile, les deux frères sont livrés à eux-mêmes. En 1975, Jacques Doillon adapte, avec Un sac de billes, le best-seller autobiographique de Joseph Joffo. Dans une belle version restaurée, on retrouve cette aventure où la peur et l’espérance, sur fond d’insouciance pré-adolescente, ont partie liée. Avec beaucoup de nuance et de finesse, Doillon évoque la tragédie de la Shoah. C’est Claude Berri, qui avait beaucoup aimé Les doigts dans la tête (1974) qui avait poussé Doillon à adapter le roman. Dans les suppléments, Doillon, dont le cinéma portera souvent sur ce thème, parle de l’état d’enfance. (Pathé)
LE MYSTERE HENRI PICK
Mystere Henri PickFace à un surprenant best-seller, un célèbre critique, dans son émission littéraire à la télévision, s’emporte et crie à l’imposture. Avant de se mettre en route pour en savoir plus sur le livre et la trajectoire du pizzaiolo breton, disparu deux ans plus tôt, qui en serait l’auteur. Mais celui-ci n’aurait jamais rien écrit, sinon sa liste de courses… Découvert avec Ma vie en l’air et Le premier jour du reste de ma vie, Rémi Bezançon adapte David Foenkinos et organise, dans Le mystère Henri Pick, un ludique jeu de piste autour de la création littéraire. Camille Cottin, en fille du pizzaiolo, et Fabrice Luchini, épatant en Bernard Pivot ronchon, enquêtent du côté de Crozon. Savoureux et divertissant ! (Gaumont)
STAN & OLLIE
Stan & OllieGrandes stars du burlesque américain des années 20-40 avec plus de cent films à leur actif, Stan Laurel (1890-1965) et Oliver Hardy (1892-1957) constituent le plus célèbre duo comique de tout le 7eart. Avec Stan & Ollie, Jon S. Baird ne propose pas un biopic classique mais s’intéresse à l’année 1953 où les stars, désormais vieillissantes et à la popularité déclinante, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre pour attendre le tournage d’un Robin des Bois qui ne se fera pas. « On vieillit mais on n’est pas cuits ! » Empreint de tendresse, de gravité et de nostalgie, voici un bel hommage à deux monstres sacrés –qui n’étaient pas forcément des amis- que les excellents Steve Coogan et John C. Reilly font brillamment revivre… Drôle et touchant ! (Metropolitan)
REBELLES
RebellesEx-miss Nord-Pas-de-Calais, Sandra était partie tenter fortune sur la Côte d’Azur. Déçue, elle revient cependant au pays en quête de boulot. Embauchée dans une conserverie de poissons, elle est vite harcelée par son chef et le tue accidentellement. Maryline et Nadine, deux employées, ont assisté aux faits. Un gros sac bourré de billets va faire basculer le trio dans une aventure aussi violente qu’imprévisible. Allan Mauduit (co-auteur de la série Kaboul Kitchen sur Canal) donne, avec Rebelles, une comédie noire et déjantée, féministe et sociale. Cécile de France, Audrey Lamy (avec un look punk) et Yolande Moreau incarnent trois ouvrières ordinaires emportées dans un trip sauvage, irrévérencieux et amoral. On songe parfois aux frères Coen ou à Tarantino. C’est un compliment… (Le Pacte)
RAZORBACK
RazorbackAu fin fond de l’Outback australien, le vieux Jack Cullen et son petit-fils sont attaqués par un monstrueux sanglier qui défonce les murs de leur maison. Le gamin disparaît, le grand-père est accusé de meurtre mais il sera relaxé, faute de preuves. Cullen est désormais obsédé par la traque de la bête. Deux ans plus tard, une journaliste américaine, militante d’une association de protection des animaux, vient enquêter et disparaît à son tour… En 1983, Russell Mulcahy, futur réalisateur de Highlander (1986), donne une solide et impressionnante série B de terreur, parfois onirique, qui va devenir culte. Razorback (en version restaurée), c’est le combat, pas gagné d’avance, entre l’homme et la bête, le tout au milieu de rednecks dégénérés. 36 ans après sa sortie, le film conserve tout son potentiel de frissons. (Carlotta)
MON BEBE
Mon BébéMère de trois enfants, Héloïse voit Jade, 18 ans, sa « petite dernière », s’apprêter à quitter le nid familial pour continuer ses études supérieures au Canada. Alors que le couperet du bac et le stress du départ de Jade se conjuguent, Héloïse se remémore les souvenirs partagés dans une tendre et fusionnelle relation mère-fille. Elle s’improvise même cinéaste, en fixant sur son téléphone portable, leurs derniers moments ensemble. Réalisatrice de LOL et de Dalida, Lisa Azuelos réussit, avec Mon bébé, un film juste, plein de sensibilité, de fraîcheur et de pudeur sur le bonheur et l’amour. Et la cinéaste a trouvé avec Sandrine Kiberlain, une interprète parfaitement au diapason. (Pathé)
THE KID
The KidForcé de fuir à travers l’Ouest américain pour arracher sa sœur aux griffes de leur oncle, le jeune Rio va croiser la route du shérif Pat Garrett qui recherche le mythique Billy the Kid. Vite fasciné par le hors-la-loi, Rio rêve désormais de lui ressembler. Avec The Kid, l’acteur Vincent D’Onofrio passe derrière la caméra pour revisiter la légende du fameux bandit. Avec un solide casting (Dane DeHaan en Billy, Ethan Hawke en Garrett, Chris Pratt en méchant oncle), des décors soignés, de l’action et de l’émotion, il met en scène un solide et efficace western. Le film de D’Onifrio vient s’inscrire dans la longue liste des œuvres consacrées depuis les années 30 à l’un des plus célèbres bandits du Wild West… (Metropolitan)
SIERRA
SierraAlors qu’il traque des chevaux sauvages, Ring Hassard rencontre Riley Martin, une jeune avocate (Wanda Hendrix qui est alors l ‘épouse de Murphy) qui s’est perdue. Ring l’entraîne dans la cabane cachée dans les montagnes qu’il occupe avec son père Jeff… Réalisé en 1950 par le vétéran Alfred E. Green, Sierra compte parmi les premiers westerns, en l’occurrence le cinquième, interprétés par Audie Murphy (1925-1971), l’un des soldats américains les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale et qui va faire carrière dans le genre. Dans de beaux décors naturels, voici une aventure divertissante autour d’un couple qui va s’aimer, d’un prospecteur chanteur et d’un meurtre que Jeff aurait commis des années auparavant… (Sidonis Calysta)
QU’EST-CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ?
Bon DieuLes Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby) sont de retour. Après l‘imposant succès du n°1 (12,3 millions d’entrées en 2014), voilà, forcément, la suite toujours signée Philippe de Chauveron. Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? embarque les bourgeois de Chinon dans une défense et illustration de la France éternelle. En effet, leurs gendres ont décidé de quitter la France avec leurs femmes : Odile et David en Israël, Ségolène et Chao en Chine, Isabelle et Rachid en Algérie, Laure et Charles en Inde où ce dernier veut faire carrière à Bollywood… Claude et Marie vont donc tout faire pour leur faire apprécier la douceur de vivre en France. Comme l’humour est au rendez-vous, le film se regarde agréablement sans tomber dans la franchouillardise. (UGC)
COLD SKIN
Cold Skin« Vous auriez dû rester sur le bateau ! » Trop tard! En 1914, alors que le monde se prépare à l’apocalypse, le jeune Friend, venu d’Irlande, arrive dans l’Antarctique pour relever un officier météorologue mystérieusement disparu. Il débarque sur une île noire battue par les vents et les marées (le film a été tourné à… Lanzarote aux Canaries) et y rencontre un étrange gardien de phare mais surtout d’effrayantes créatures aquatiques devenues les maîtres des lieux. Réalisateur de Hitman (2007), le Français Xavier Gens adapte un roman espagnol et signe, avec Cold Skin, un film d’horreur « à l’ancienne » où se mêlent les ingrédients traditionnels du genre et une romance amoureuse avec l’étrange Aneris. Une réflexion sur le rapport à l’autre, considéré comme un ennemi. (Condor)

LE RODEO, L’OMERTA, LES INDIENS, LA MUETTE ET LA VEUVE  

LE CAVALIER ELECTRIQUE
Cavalier ElectriqueEx-champion du monde de rodéo, Sonny Steele est aujourd’hui à la dérive et vend son image à une marque de céréales. A Las Vegas, l’ex-vedette, grassement payée, va se rebeller parce qu’on s’en prend à sa chère monture. Hallie Martin, une journaliste de télévision (Jane Fonda), pense tenir là un sujet en or… Elle se lance à la poursuite de Steele, parti pour rendre sa liberté à son cheval. Avec Le cavalier électrique (1979), Robert Redford retrouve Sydney Pollack après Propriété privée (1966), Jeremiah Johnson (1972), Nos plus belles années (1973) et Les trois jours du Condor (1975). Ensemble, dans des paysages grandioses, ils réussissent une fable écologique doublée d’un road-movie romantique. Et ils brossent un tableau lucide et amer d’une société américaine soumise à l’argent. Un film à découvrir pour la première fois dans sa version restaurée. (Carlotta)
LA MAFIA FAIT LA LOI
Mafia Fait LoiEn Sicile, sur une route de campagne déserte, un entrepreneur est abattu par un inconnu… Là-haut, dans la maison isolée, Rosa Nicolosi a-t-elle vu quelque chose ? Patron des Carabinieri locaux, le capitaine Bellodi, venu de Parme, mène l’enquête. Mais l’omerta règne et, protégés par le silence de tous, Don Mariano, un chef mafieux (l’Américain Lee J. Cobb), paraît intouchable. Avec, dans la collection Make my Day de Jean-Baptiste Thoret, Il giorno della civetta, Damiano Damiani adapte un roman de Leonardo Sciascia et tourne, en 1967, le premier film qu’il va consacrer à son sujet de prédilection : la mafia et ses rouages criminels. Franco Nero et Claudia Cardinale sont excellents au cœur d’une œuvre réaliste et engagée. (Studiocanal)
LA FLECHE BRISEE
Fleche BriséeAprès avoir servi avec bio le cinéma de Lubitsch et Capra, James Stewart entame, en 1950, sa grande carrière dans le western. Il est dans Winchester 73 de Mann et dans ce remarquable Broken Arrow où Delmer Daves raconte l’histoire vraie de la rencontre entre le chef indien Cochise (Jeff Chandler) et Tom Jeffords (Stewart), ex-éclaireur dans l’Armée devenu un chercheur d’or désabusé mais probe. Dans l’Arizona de 1870, la guerre fait rage entre les Apaches et Blancs. La flèche brisée est considéré comme l’un des premiers westerns à donner une image positive des Indiens. Dans un entretien avec Tavernier, Daves dira que le film lui fait apparaître l’Indien comme « un homme d’honneur et de principes, comme un être humain et non comme une brute sanguinaire. »  Magnifique ! (Sidonis Calysta)
SIBEL
SibelMuette mais s’exprimant par la langue sifflée ancestrale des montagnes de la Mer noire, Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé de Turquie. Rejetée par les autres, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine et qui alimente les craintes et les fantasmes des femmes du village. Un jour, Sibel croise la route d’un fugitif blessé, à la fois menaçant et vulnérable, qui va poser un regard neuf sur elle. Avec Sibel, Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti racontent, en Turquie, une émancipation contrariée par le poids des traditions. Damla Sönmez, omniprésente à l’écran, est impressionnante en jeune femme solitaire mais jamais victime dans une fable engagée et progressiste. (Pyramide)
24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME
24 heures Vie FemmeEn 1968 (le film sera dans la sélection officielle du festival de Cannes interrompu par les événements de Mai), Dominique Delouche adapte 24 heures de la vie d’une femme et transpose l’action du roman éponyme de Stefan Zweig (1927) en Italie sur les bords du lac de Côme. Veuve d’un lord anglais, Alice Scotland croise, dans un casino, en 1917, un beau jeune homme. Il la la séduit puis la déçoit sans qu’elle ait pu comprendre qu’il était un déserteur allemand. Danielle Darrieux (que le cinéaste retrouvera en 1975 dans Divine) est magnifique et émouvante en femme mûrissante et bouleversée par une passion brûlante et éphémère, défiant les bonnes manières dans une brève rencontre avec un bel inconnu… (Doriane Films)
CELLE QUE VOUS CROYEZ
Celle Que Vous CroyezPour épier Ludo, son jeune amant, Claire Millaud, 50 ans, ouvre un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, superbe jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, tombe immédiatement sous le charme de Clara. Adaptant un roman de Camille Laurens, Safy Nebbou réussit, avec Celle que vous croyez, le portrait complexe d’une femme face à l’âge, à l’abandon, au désir de séduire et de plaire encore. Dans un récit bien mené, Juliette Binoche, tour à tour lumineuse et désespérée, campe, avec beaucoup de finesse et de grâce, cette prof de fac qui voit un (dangereux) jeu virtuel et sentimental lui échapper lentement… (Diaphana)
SCHLOCK
SchlockAvant de devenir l’auteur célébré des Blues Brothers (1980), John Landis signait, en 1973, son premier long-métrage avec Schlock, comédie grotesque et absurde autour du Schlocktropus, une bête géante, considérée par un scientifique comme étant le chaînon manquant. Depuis trois semaines, la ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Point de serial killer en vue mais bien le « tueur à la banane », en l’occurrence un gorille âgé de 20 millions d’années. Landis (qui s’est glissé dans la peau du gorille) lance un clin d’œil hilarant aux films de monstres (de King Kong à La belle et la bête en passant par Frankenstein) avec ce Schlock qui va découvrir l’amour au côté de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien… (Carlotta)
MOUCHE
MoucheSéductrice et révoltée, combative et abattue, Mouche se dépatouille d’un quotidien foutraque avec son bar à thé qui périclite, son ex ex ex excessivement romantique, sa sexualité comme une fuite en avant, sa meilleure amie disparue, sa sœur coincée, son beau-frère alcoolique et déplacé, son père lâche, son horrible belle-mère spécialement venimeuse etc. Avec la série Mouche (6 épisodes de 30 mn), Jeanne Herry, réalisatrice de l’excellent Pupille, adapte la série anglaise Fleabag pour mettre en scène l’errance parisienne d’une trentenaire à laquelle Camille Cottin prête sa tempérament comique mais aussi ses failles et ses doutes. Une comédie douce-amère et enlevée… (Studiocanal)
ARTIC
ArcticDans le désert immense et glacé de l’Arctique, un homme lutte pour sa survie. Tout en lançant à intervalles réguliers des messages, il pêche du poisson dans des trous percés dans la glace, affronte le blizzard, se méfie des ours blancs et se réfugie dans la carcasse d’un petit avion accidenté pour dormir. Et il s’interroge aussi sur la possibilité de traverser ce désert de glace. Un jour, un hélicoptère le repère. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… En s’abstenant d’expliquer pourquoi le malheureux Overgard est perdu en terre inconnue, le Brésilien Joe Penna dont c’est le premier long-métrage, réussit, avec Artic, à donner un ton plus insolite au classique survival d’autant que l’excellent Mads Mikkelsen, par son jeu intériorisé, ajoute une solide tension à cette aventure glacée… (M6)
SANG FROID
Sang FroidPlus mutique que Nels Coxman, tu meurs ! Il a bien du mal à se dérider, le conducteur de chasse-neige de Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. Mais lorsque son fils Kyle meurt d’une overdose d’héroïne, sa vie bascule. Nels ne croit pas une seconde que Kyle était toxicomane. Désormais il n’a plus que la vengeance en tête et Viking, un baron de la drogue, aura à subir sa rage froide et féroce. En 2014, le Norvégien Hans Petter Moland signait, pour les écrans norvégiens, Refroidis. Pour Hollywood, il reprend, plan par plan, son film dans Sang froid. Liam Neeson y endosse à nouveau un rôle de « vigilante » qu’il a déjà incarné dans Taken. Mais il le fait si bien ! (Studiocanal)
SANTIAGO ITALIA
Santiago ItaliaGrande figure du 7eart transalpin et cinéaste fêté (La chambre du fils est Palme d’or à Cannes en 2001), Nanni Moretti signe, avec Santiago Italia, un remarquable documentaire qui rend compte, à travers documents d’époque et témoignages, de l’activité de l’ambassade Italienne à Santiago après le coup d’état de Pinochet, le 11 septembre 1973, contre le régime démocratique de Salvador Allende. L’ambassade a en effet donné refuge à des centaines d’opposants au régime du général Pinochet, leur permettant ensuite de rejoindre l’Italie. Un regard mélancolique sur la fin de l’Unidad Popular mais aussi un œuvre qui trouve un écho contemporain face à la situation politique actuelle en Italie… (Le Pacte)

LA REINE, LES LEGIONNAIRES, LE COUPLE, L’ASTRONAUTE ET LES SINGES  

LA FAVORITE
FavoriteCinéaste baroque et volontiers délirant (The Lobster), le Grec Yorgos Lanthimos passe au film en costumes avec La favorite. Dans l’Angleterre du début du 18esiècle, la reine Anne, fragile et instable, occupe le trône mais laisse son amie Lady Sarah gouverner. Lorsqu’une nouvelle servante, l’ambitieuse Abigail Hill, débarque, la reine tombe vite sous le charme de la nouvelle venue tandis que Sarah se met à craindre pour sa place… Lanthimos détaille, avec un humour grinçant, de sombres et toxiques allées du pouvoir où flottent les vapeurs du sexe… Olivia Colman, couronnée à l’Oscar, Emma Stone et Rachel Weisz sont brillantes dans une aventure savoureuse ! (Fox)
CHINA GATE
China GateRéalisé en 1957, China Gate (disponible, pour la première fois, restauré en dvd et blu-ray) ne compte pas parmi les œuvres marquantes de Samuel Fuller, en tout cas moins que Shock Corridor ou The Big Red One. Cette aventure qui se déroule à la fin de la guerre d’Indochine est pourtant passionnante, notamment comme réquisitoire contre la guerre et le racisme. Un commando de la Légion étrangère doit détruire des tunnels renfermant des armes stockées par les combattants communistes. Pour cela, ils demandent l’aide d’une séduisante Eurasienne. La magnifique Angie Dickinson (qui deviendra célèbre deux ans plus tard avec Rio Bravo) incarne cette Lucky Legs aux côtés de Gene Barry et du chanteur Nat King Cole. (Carlotta)
NUESTRO TIEMPO
Nuestro TiempoDepuis des films aussi exigeants que Lumière silencieuse (2007) ou Post Tenebras Lux (2012), on sait que le Mexicain Carlos Reygadas privilégie un cinéma pleinement contemplatif où les sensations priment sur le récit. Dans les vastes espaces de la campagne mexicaine, Juan (Reygadas lui-même), poète de grande renommée et sa femme Esther élève des taureaux de combat… Nuestro Tiempo observe comment la philosophie de liberté qui prévaut dans le couple implose lorsqu’Esther (la belle Natalia Lopez) développe une liaison avec un employé américain du ranch. Sur l’amour, le couple et le mensonge, cette œuvre ample, élégiaque et sensuelle pose des questions éternelles… (Blaq Out)
SEIZE LEVERS DE SOLEIL
16 Levers de soleilMédiatique ambassadeur de la planète, l’astronaute français Thomas Pesquet est au cœur de 16 levers de soleil, le beau documentaire réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff à l’occasion de l’expédition 51 dans la station spatiale internationale. Sur de beaux textes d’Antoine de Saint-Exupéry (« Le plus important est invisible ») et une b.o. du saxophoniste Guillaume Perret, ce space opera intime donne la sensation d’un jour sans fin. Tandis que Thomas Pesquet vaque à ses occupations scientifiques, vit sa vie « quotidienne » en apesanteur et reste en contact suivi avec la Terre, l’espace se déroule dans les grands hublots. 50 ans après la sortie du 2001 de Kubrick, la fiction est devenue réalité. Et c’est simplement magnifique! (La 25eheure)
LA PLANETE DES SINGES
Planete SingesDepuis l’historique Planète des singes (1968) tirée du roman du Français Pierre Boulle (appuyé sur les travaux de Darwin) et mise en scène par Franklin J. Schaffner avec Charlton Heston dans le rôle du capitaine Taylor, ces pages de science-fiction n’ont jamais perdu de leur charme. A partir de 2011, la saga a redémarré avec une trilogie désormais réunie dans un coffret qui regroupe donc La planète des singes : Les origines (2011), La planète des singes : L’affrontement (2014) et enfin La planète des singes : suprématie (2017). C’est Andy Serkis, le Gollum du Seigneur des anneaux, qui incarne, ici, César qui mènera, au pris de multiples péripéties guerrières, les singes vers leur terre promise… (Fox)
DEUX FILS
Deux FilsComédien remarqué dans l’amusant et décalé Gaspard va au mariage, Félix Moati passe pour la première fois derrière la caméra pour Deux fils, chronique sur le lien familial à l’humour teinté de tendre mélancolie. A la suite de la perte d’un être cher, Joseph (Benoît Poelvoorde) décide de troquer sa carrière réussie de médecin contre celle d’écrivain raté. Son fils aîné Joachim (Vincent Lacoste) est en profonde dépression amoureuse, au rsique de mettre en péril ses études de psychiatrie. Le cadet, Ivan (le nouveau-venu Mathieu Capella), est, lui, en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Un joli triple portrait d’hommes qui ne cessent de veiller les uns sur les autres pour renouer avec la vie. (Le Pacte)
SANS JAMAIS LE DIRE
Sans Jamais Le DireA 17 ans, Léna, jeune fille joyeuse, entourée de copines, aspire à la liberté et rêve d’aventures… Son monde intérieur se fracasse brutalement lorsqu’elle est violée par son prof de maths venu lui donner un cours particulier… Avec Sans jamais le dire, la réalisatrice slovaque Tereza Nvotova signe un premier long-métrage sur une descente aux enfers. Car Léna, qui n’arrive pas à parler de son drame, se replie sur elle-même et glisse vers l’univers glauque et terrible de la psychiatrie… Ce film engagé, reposant sur une mise en scène dynamique, doit beaucoup à l’interprétation très à fleur de peau de Dominika Moravkova en grande adolescente happée par une machine dévastatrice. (Burgos Films)
THE UPSIDE
The UpsideL’entreprise peut sembler curieuse mais la pratique du remake n’est pas neuve et le français Intouchables (2011) avec ses quasi 20 millions de spectateurs en France a (forcément) donné des idées à Hollywood. Ce qui est plus intrigant encore, c’est de retrouver, de ce côté aussi de l’Atlantique, une histoire qui nous est évidemment familière. Mais le cinéma est aussi une industrie. The Upside, l’adaptation américaine qui a fait polémique là-bas sur l’incarnation du handicap, a cependant rencontré le public. Kevin Hart (qui reprend le personnage d’Omar Sy) et Bryan Cranston (dans celui de François Cluzet) forment un bon duo au service d’un scénario fidèle à celui du film de Nakache et Toledano. (Metropolitan)
MARIE STUART, REINE D’ECOSSE
Marie Stuart Reine EcosseEpouse du roi de France à 16 ans puis veuve à 18 ans, Marie Stuart refuse de se remarier conformément à la tradition et revient, en 1561, dans son Ecosse natale pour réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la reine Elisabeth 1re règne autant sur l’Angleterre que sur l’Ecosse. Avec Marie Stuart, reine d’Ecosse, Josie Rourke propose une relecture féministe de l’Histoire et brosse, dans de superbes décors, le beau portrait de deux femmes fortes, modernes et parfaites sœurs ennemies malgré une fascination réciproque. Au côté de Margot Robbie en reine anglaise, la belle et diaphane Saoirse Ronan incarne une monarque déterminée qui avance, avec courage, vers le billot… (Universal)
LES MOISSONNEURS
MoissonneursDans une grande ferme afrikaner isolée dans le Free State, bastion d’une communauté blanche repliée sur elle-même en Afrique du Sud, Janno est un garçon à part, timide et réservé. Un jour, sa mère ramène à la maison Pieter, un orphelin des rues, et lui demande de l’aimer comme un frère. Commence alors une relation trouble… Avec Les moissonneurs, son premier film, Etienne Kallos brosse le portrait de deux grands adolescents devenant des frères ennemis dans une lutte pour le pouvoir, l’héritage et l’amour parental. Cette intense chronique rurale impressionne pour l’atmosphère étouffante d’une société prise entre la religion omniprésente, le travail des champs, la fierté blanche et l’absence d’amour. (Pyramide)
DESTROYER
DestroyerJeune détective de la police de Los Angeles, Erin Bell avait infiltré un gang de braqueurs du désert californien mais sa mission avait fini tragiquement. Des années plus tard, toujours flic mais devenue quasiment une loque humaine, elle est à nouveau confrontée à ce douloureux passé. Pour apaiser ses démons intérieurs, elle décide de reprendre l’enquête se lance alors dans une vengeance infernale. Avec une Nicole Kidman méconnaissable, Kary Kusama fait de Destroyer, un thriller à la tonalité clairement féministe. Entre présent et passé, le récit, dans une mise en scène efficace, joue avec les codes du genre. En gueule cassée, Nicole Kidman est bluffante ! (Metropolitan)

LES AVOCATS, LE COW-BOY, LE PATRON, LE MEDECIN ET UN ELEPHANT MYTHIQUE  

LES INCONNUS DANS LA MAISON
Inconnus MaisonActeur-fétiche de Marcel Pagnol pour lequel il fut l’incontournable César de la trilogie marseillaise, le grand Raimu est, en 1942, devant la caméra d’Henri Decoin pour incarner Hector Loursat, un avocat qui fut célèbre mais qui vit désormais retiré dans sa vaste demeure où il a sombré dans l’alcoolisme. Une nuit, un coup de feu retentit dans la maison… Adapté d’un roman de Simenon et sur un scénario de Clouzot, Les inconnus dans la maison (produit par la Continental, la société allemande installée à Paris pendant la guerre, qui ne voulait sortir que des films… à l’eau de rose) est un drame très noir où un avocat à la dérive reprend du service dans un procès qui touche directement sa fille Nicole. La puissante plaidoirie de Loursat, portée par un Raimu au meilleur de son art, dénonçant le conformisme bourgeois est un grand moment de cinéma. (Gaumont)
LA VALLEE DE LA PEUR
Vallee PeurSouvent considéré comme un film mineur de Raoul Walsh, La vallée de la peur, réalisé en 1947, sort en version restaurée. Belle occasion de réévaluer ce western… psychanalytique. Au Nouveau-Mexique, à la fin du 19esiècle, Jeb Rand s’est réfugié dans un vieux ranch délabré pour échapper à des cavaliers qui veulent sa mort. Mais surtout, Jeb est hanté par les événements qui se sont déroulés dans ces lieux quand il était enfant. Des souvenirs douloureux qui lui reviennent par bribes. Une œuvre atypique, presque « freudienne », et remarquable. Au côté de la belle Teresa Wright, l’excellent Robert Mitchum, dans l’un de ses meilleurs rôles, campe un homme obsédé par son passé ! Dans les bonus du blu-ray, on trouve un documentaire (95 minutes) sur le cinéaste et la réédition du livre (184 p.) de Michael Henry Wilson : Raoul Walsh ou la saga du continent disparu. (Sidonis/Calysta)
MONSIEUR
MonsieurFils d’une riche famille de Mumbai, Ashwin pourrait mener une vie agréable en oeuvrant avec son père sur de grands chantiers de construction. Mais, pour cause de fiancée infidèle, il traîne misère dans son grand appartement sous le regard de Ratna, sa domestique… Avec Monsieur, sa première fiction, Rohena Gera, en s’appuyant sur des souvenirs d’enfance, distille une comédie douce-amère sur la confrontation de deux mondes que tout oppose et que rien, jamais, ne semble pouvoir réunir… Pourtant, Ashwin, le patron et Ratna, la bonne, ne cessent de se croiser, de cohabiter, de s’effleurer dans la demeure du premier. Mais alors qu’Ashwin semble baisser les bras, Ratna, elle, n’arrête pas de se battre pour sa propre vie mais aussi pour les siens. Une belle et touchante histoire d’amour impossible. (Diaphana)
UNE INTIME CONVICTION
Intime ConvictionDepuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Cette femme qui se débat avec une existence difficile, se met en tête de convaincre un ténor du barreau de le défendre pour son second procès d’assises. Au cinéma, le film de prétoire est un genre reconnu et à part entière. Avec Une intime conviction qui s’appuie sur la vraie affaire Viguier (hormis le personnage fictif de Nora), il trouve une puissante illustration. Avec une Marina Foïs battante et un Laurent Lucas mutique, Antoine Raimbault permet à Olivier Gourmet d’incarner, avec brio, le tonitruant et combattif Eric Dupont-Moretti. Impressionnant ! (Memento)
L’ORDRE DES MEDECINS
Ordre MedecinsPneumologue, Simon est, à 37 ans, un médecin hospitalier aguerri qui côtoie la maladie et la mort au quotidien et a appris à s’en protéger. Mais, quand sa mère (Marthe Keller) est hospitalisée dans un service voisin et que ses jours sont comptés, ses certitudes vacillent. Fils et frère de médecins, David Roux, en s’appuyant sur des aspects autobiographiques touchant à sa propre mère, réussit, avec L’ordre des médecins, une œuvre sensible et forte sur les liens familiaux. A travers le beau personnage incarné par un Jérémie Renier remarquable de sensibilité, se dessine un superbe portrait de praticien qui masque, derrière son apparente sérénité, des interrogations bouleversantes. De plus, le film donne une juste représentation de l’univers de l’hôpital. (Pyramide)
AN ELEPHANT SITTING STILL
Elephant Sitting StillPersonnages à la dérive, paysages urbains sinistres, univers d’extrême violence… C’est un monde sans joie, une terre en friche que raconte le cinéaste chinois Hu Bo dans An Elephant Sitting Still, son premier et unique film (Hu Bo s’est suicidé en 2017, peu après avoir achevé la post-production de An Elephant). Autour d’un mythique pachyderme toujours assis sans bouger du côté de Manzhouli, quelque part dans une lointaine province au nord de la Chine, une poignée de destins –un petit voyou, une fille maltraitée, un vieil homme, un adolescent triste- se croisent dans une quête crépusculaire. Voici une œuvre au long cours (3h44) dans laquelle il faut prendre le temps de s’immerger. Mais l’écriture de Hu Bo, avec ses longs plans-séquences, finit par véritablement envoûter… Un ovni de cinéma ! (Capricci)
HONKY TONK FREEWAY
Honky TonFreewayPilier du cinéma british des sixties, John Schlesinger (1926-2003) est connu pour des films à succès comme Macadam Cowboy (1969) ou Marathon Man (1976). Dans la collection Make My Day ! dont l’objectif est de dénicher des pépites, Jean-Baptiste Thoret a choisi de faire (re)découvrir le très méconnu Honky Tonk Freeway. Comme une version loufoque du Nashville d’Altman, voici une comédie où, sous l’impulsion de leur maire et pasteur, les habitants de Ticlaw, un bourg de Floride, vont tout faire, y compris peindre leur ville en rose, pour que la nouvelle autoroute ne détourne pas les touristes de leur petit paradis… Cuisant échec à sa sortie en 1981, le film, porté par des comédiens en verve, est un rude pamphlet de l’American Way of Life. (Studiocanal)
A DEUX HEURES DE PARIS
AAADeuxHeuresParisCharmante hôtesse de l’air, Sidonie élève, seule, Lolo, sa fille de 15 ans, née de père inconnu. Parce que l’adolescente s’interroge sur ses origines, Sidonie l’embarque dans un voyage en Baie de Somme à la recherche des pères potentiels. Objectif : récupérer un cheveu de ces messieurs pour un test ADN. Premier film de Virginie Verrier, A deux heures de Paris est une jolie comédie et surtout le beau portrait d’une jeune femme libre et épanouie, bien incarnée par Erika Sainte, qui revient sur les terres de sa (folle) jeunesse. Autour d’elle, cinq hommes (notamment Thierry Frémont, Fred Testot, Fréderic Pierrot) comme autant de souvenirs d’amours anciennes. C’est frais et plein de tendresse ! (Wild Side)
CONTINUER
ContinuerMère divorcée, Sybille ne supporte plus de voir son fils adolescent dériver dans une vie violente et vide de sens. Elle joue sa va-tout en entraînant Samuel dans un périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils vont affronter un univers naturel, splendide et hostile, où ils se retrouveront face à eux-mêmes. Avec Continuer, le cinéaste belge Joachim Lafosse (dont on avait apprécié A perdre la raison et L’économie du couple) adapte un roman de Laurent Mauvignier et offre au duo Virginie Efira (qu’on a vu, à Cannes, dans… Sybil) et Kacey Mottet-Klein, deux personnages d’écorchés vifs, qui s’affrontent, tendrement, dans de vastes paysages… (Le Pacte)
COFFRET GUILLAUME BRAC
AAACoffretBracRemarqué en 2013 pour Tonnerre, son premier long-métrage autour d’un rocker sur le déclin incarné par Vincent Macaigne, Guillaume Brac fait l’objet d’un joli coffret regroupant deux de ses œuvres les plus récentes. L’île au trésor (2018) est un documentaire pour lequel le cinéaste a installé sa caméra, un été, sur une île de loisirs de Cergy-Pontoise, en région parisienne, vrai terrain d’aventures, de drague ou de refuge et d’évasion. Il explore un royaume de l’enfance en résonance avec les tumultes du monde. Réalisé en 2017, Contes de juillet réunit deux contes L’amie du dimanche et Hanne et la fête nationale qui sont deux jolis portraits de jeunes femmes… (Potemkine)
MY BEAUTIFUL BOY
AAABeautifulBoyOn avait applaudi le Flamand Felix Van Groeningen pour deux œuvres bien belges, c’est-à-dire au ton singulièrement décapant tout en ayant des accents tragiques: La mertitude des choses (2009) puis Alabama Monroe (2012). Passé de l’autre côté de l’Atlantique, le cinéaste belge s’empare, avec My Beautiful Boy, d’un gros sujet de société, en l’occurrence les addictions… Pour David Sheff, la vie de son fils Nicolas est toute tracée : il est promis à une prestigieuse carrière universitaire. C’est alors que David découvre que Nic est accro en secret depuis ses 12 ans à la méthamphétamine. Pour ce père effondré, commence une vraie bataille, celle de la survie de son fils. Steve Carell et Timothée Chalamet forment un solide et beau duo d’acteurs. (Metropolitan)

LE VIDEUR, LE PIANISTE, PERHAN, CYRANO, COLETTE ET LES INFIRMIERS  

GREEN BOOK
AAAGreenBookEn 1962, Tony Lip, videur italo-américain du Bronx, est embauché comme chauffeur par le Dr Don Shirley, célèbre pianiste noir. Dans sa tournée de concerts dans le sud américain ségrégationniste, le duo va se confronter à la pire bassesse humaine. Oscar du meilleur film 2019, Green Book : Sur les routes du sud, de Peter Farrelly, pour la première fois en solo sans son frère Bobby, est un road-movie cocasse et grave sur le racisme ordinaire. Avec son accent italien à couper au couteau (à déguster en v.o.), Viggo Mortensen est simplement remarquable et aurait mérité de partager l’Oscar de meilleur acteur avec Mahershala Ali, il est vrai, épatant en musicien de talent luttant contre l’intolérable avec une distance élégante. Une superbe ode à l’amitié portée par deux comédiens virtuoses. (Metropolitan)

LE TEMPS DES GITANS
TempsGitansD’une part, il y a la (rude) réalité de l’existence des tziganes, de l’autre l’imagination débridée d’Emir Kusturica. Avec Le temps des gitans, on tient une belle occasion de revenir à l’une des œuvres les plus lyriques du double palmé cannois. En 1988, il raconte les aventures de Perhan, jeune adolescent un peu naïf, couvé par sa truculente grand-mère, qui pour faire soigner les jambes de sa petite sœur infirme, accepte de partir en Italie avec un petit parrain crapuleux qui se livre au trafic d’enfants… Un film mis en scène comme un foutoir baroque qui rend notamment hommage au Fellini d’Amarcord. On avait un peu perdu de vue le cher Emir (qu’on retrouve dans les bonus, évoquant le rêve gitan). Voilà une occasion magnifique de renouer avec le meilleur de son oeuvre! (Carlotta)

EDMOND
EdmondEn décembre 1897, Edmond Rostand, pas même 30 ans et déjà deux enfants, est taraudé par l’angoisse de la page blanche. Tirant le diable par la queue et, en désespoir de cause, il propose au grand Coquelin une comédie héroïque en vers. Dont il n’a cependant pas écrit la première ligne ! Dans l’allègre Edmond, Alexis Michalik transpose sa pièce à succès à l’écran et emballe son monde en détaillant, avec brio, la genèse du célèbre Cyrano de Bergerac. Olivier Gourmet est tonitruant en Coquelin et Thomas Solivérès est un jeune Rostand torturé qui va accéder à la gloire littéraire. Quand le génie est à l’œuvre, les mots se mettent rapidement à pétiller ! Epatant. (Gaumont)

DE CHAQUE INSTANT
AAADeChaqueInstantDepuis Etre et avoir (2002) mais aussi avant ce gros succès, Le pays des sourds (1992), on sait la place de choix que Nicolas Philibert occupe dans l’univers du documentaire. Après le Louvre ou la Maison de la radio, il s’attache, cette fois, à la formation d’élèves infirmiers et infirmières. En janvier 2016, le cinéaste fait une embolie qui le conduit aux urgences puis dans un service de soins intensifs. Une fois sorti d’affaire, il décide de faire ce De chaque instant qui détaille, comme un véritable rituel, la gestuelle et les règles qui président à l’apprentissage soignant. En trois actes et sans céder à la tentation de faire des portraits, le cinéaste s’attache à montrer un processus collectif qui fera de ces jeunes gens des soignants compétents, dévoués, attentifs et bienveillants. Passionnant. (Blaq Out)

COLETTE
AAAColetteGrande dame de la littérature française, Colette (1873-1954) se battit pour faire triompher sa liberté dans un monde patriarcal incarné par Willy, son époux et mentor égocentrique (Dominic West, étonnant). Avec Colette, le réalisateur anglais Wash Westmorland ose la bio de l’auteur de Claudine à l’école (best-seller que Willy s’attribua longtemps) pour brosser le portrait, dans le Paris bohême de la fin des années 1800, d’une vraie rebelle attachée à l’émancipation des femmes. Si la mise en scène est assez conventionnelle, la fine et belle Keira Knightley (revue récemment dans Cœurs ennemis) apporte un charme piquant à cette artiste qui souffrit longtemps de ne pas être reconnue pour son œuvre… Emouvant. (Studiocanal)

UN BEAU VOYOU
AAABeauVoyou
C’est avec un enthousiasme mitigé que le commissaire Beffrois envisage la retraite. Mais un vol de tableau va réveiller son instinct de flic… Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Premier film de Lucas Bernard, Un beau voyou est un double récit, d’abord celui de l’esthète Beffrois puis celui de l’énigmatique Bertrand, monte en l’air talentueux. Tant et si bien que l’enquêteur décidera que la traque de Bertrand sera son ultime coup d’éclat. Une atypique comédie policière dans l’univers de l’art bien servie par Charles Berling, Swann Arlaud et la charmante Jennifer Decker! (Pyramide)

L’HOMME FIDELE
AAAHommeFidele
Séparés depuis dix ans, Abel et Marianne se revoient et Abel décide de reconquérir Marianne. Mais les choses ont changé : Marianne, devenue veuve, a un fils prénommé Joseph qui n’accepte pas Abel comme père de substitution. La tante de Joseph, la jeune Eve  a bien grandi et a une idée bien précise derrière la tête. Avec L’homme fidèle, son second long-métrage comme réalisateur (après Les deux amis en 2015), Louis Garrel (qui incarne aussi Abel) s’inscrit dans un triangle amoureux élégant appuyé sur des dialogues ciselés. Dans ce marivaudage contemporain, autour d’un Abel à l’humour pince sans rire, s’affrontent la ravissante Laetitia Casta et la juvénile Lily-Rose Depp… Une jolie comédie d’auteur. (Ad Vitam)

DOSSIER 64
AAADossier64En trois volets entre 2013 et 2016, la série Les enquêtes du département V est devenue le plus gros succès du cinéma danois de tous les temps. Avec Dossier 64, cette saga s’achève sur un excellent thriller où l’on retrouve les emblématiques enquêteurs de la série, le mal embouché Morck et le taiseux Assad qui s’apprête à quitter le département. Trois corps momifiés découverts derrière une tapisserie dans un vieil appartement lancent l’enquête sur une macabre affaire de stérilisation de filles-mères dans les années cinquante. Tension, action et émotion sont réunis dans ce vrai film noir en forme de traque de terrifiants comploteurs, bons bourgeois à l’idéologie nauséabonde. (Wild Side)

PREMIERES VACANCES
AAAPremieresVacancesLes vacances, un parfait parcours du combattant ? Pas vraiment faux si l’on observe les aventures de Marion et Ben, des trentenaires qui se sont rencontrés sur les réseaux sociaux. Et qui décident de partir en voyage. Biarritz ou Beyrouth ? Ce sera la Bulgarie. Pour son premier long-métrage, Patrick Cassier signe, avec Premières vacances, une comédie légère sur deux conceptions différentes des vacances. Couple mal assorti, Camille Chamoux et Jonathan Cohen sont embarqués dans une Bulgarie burlesque où l’une a envie de fantaisie et l’autre d’hôtels de luxe… Gentiment cocasse ! (Le Pacte)

L’INCROYABLE HISTOIRE DU FACTEUR CHEVAL
AAAFacteurChevalSimple facteur parcourant tous les jours des dizaines de kilomètres sur les chemins de Hauterives, dans la Drôme, Joseph Ferdinand Cheval est bouleversé quand il rencontre Philomène, la femme de sa vie (Laetitia Casta). De leur union naît Alice. Pour cette enfant chérie, Cheval affronte alors un pari fou : construire de ses propres mains un formidable palais. Nils Tavernier raconte, avec L’incroyable histoire du facteur Cheval, l’aventure, à la fin du 19esiècle, d’un homme ordinaire qui devint, avec son Palais idéal, un maître de l’art naïf. Jacques Gamblin se glisse à merveille dans la peau d’un architecte hors normes. En bonus : le making of et une visite exclusive du Palais idéal. (M6)

SECONDE CHANCE
AAASecondeChanceParce que la promotion à laquelle elle aspirait vient de lui échapper, Maya, la quarantaine, décide de quitter son job pour trouver mieux ailleurs. Le fils de sa meilleure amie trafique son CV à son insu et le diffuse largement. Du coup, Maya décroche un boulot de rêve dans le monde des cosmétiques à Manhattan. Mais aura-t-elle droit à une seconde chance dans un univers dont elle ne maîtrise pas tous les codes. Avec Jennifer Lopez en tête d’affiche, Seconde chance, mis en scène par Peter Segal, aligne les portraits (certes stéréotypés) de femmes dans une comédie légère et sympathique. Avec sa verve et son vécu, J.LO passe de vendeuse à consultante. Un feelgood movie, un !   (Metropolitan)

MIA ET LE LION BLANC
AAAMiaLionBlancDans la ferme d’élevage de félins de ses parents, en Afrique du Sud, Mia Owen, 11 ans, lie une relation hors du commun avec Charlie, un lionceau blanc… Pendant trois ans, ils vont grandir ensemble dans une amitié fusionnelle. Lorsque Mia découvre que Charlie, devenu adulte, va être vendu, elle décide de fuir avec lui vers la réserve sauvage de Timbavati afin de sauver son protégé. Connu comme documentariste (J’ai 12 ans et je fais la guerre lui valut, en 1990, le prix Albert-Londres), Gilles de Maistre signe, avec Mia et le lion blanc, une fiction (réalisée sans trucages) sur les rapports homme-animal, s’appuyant sur la relation « dans la vraie vie » entre l’actrice Daniah De Villiers et le lion. Le cinéaste a choisi le format de la fiction pour toucher un large public sur les problèmes de chasse aux animaux sauvages pour de l’argent ainsi que de destruction de la nature. (Studiocanal)

LE MONSTRE, LA FAMILLE, LA BOHEME, PARIS, LE COIFFEUR ET TROIS FEMMES  

ALIEN
AlienLorsqu’en 1979, Ridley Scott tourne Alien, mesure-t-il l’impact que le film va avoir sur le cinéma fantastique et de science-fiction ? En tout cas, l’histoire du vaisseau spatial Nostromo, de son équipage et notamment de l’officier scientifique Ellen Ripley (ah, Sigourney Weaver en t-shirt blanc !) et bien sûr de son huitième passager, l’alien à la terrifiante beauté dessiné par le Zurichois Giger, tout cela contribue à faire de cette saga de l’espace, un must qui se regarde toujours avec des frissons dans le dos. Voici une belle édition ultime qui associe le B-ray et la 4K Ultra HD et propose une série de bonus dont le commentaire audio du réalisateur sur la version cinéma de 1979. Dans l’espace, on ne vous entendra pas crier, disait la pub du film. Conseil : faites l’expérience de la terreur ! (Fox)

UNE AFFAIRE DE FAMILLE
Affaire FamilleAprès un vol à l’étalage, Osamu et son fils rentrent chez eux. Ils remarquent une fillette livrée à elle-même dans la rue et décident de l’emmener chez eux. D’abord réticente, la femme d’Osamu accepte de s’occuper de la gamine maltraitée par ses parents. A Cannes, Hirozaku Kore-eda, dont le cinéma tout en subtilité aime à se pencher sur les rapports familiaux, a obtenu la Palme d’or 2018 avec Une affaire de famille. Ce drame social est un vrai petit bijou d’humanité où le cinéaste japonais se glisse dans un microcosme familial où chaque membre, de la grand’mère à la sœur escort-girl sont traités avec une touchante et discrète tendresse même si les secrets révélés sont bien rudes… Remarquable ! (Le Pacte)

LES VIEILLES LEGENDES TCHEQUES
Legendes TchequesConnu pour ses films en volume, le réalisateur tchèque Jiri Trnka (1912-1969), géant moustachu et débonnaire, fut un maître des marionnettes et l’une des grandes figures du cinéma d’animation européen. Plutôt oublié aujourd’hui, le cinéaste est mis en lumière avec un beau coffret qui réunit dvd, b-ray et l’excellent livre Clés pour Trnka autour des Vieilles légendes tchèques réalisé en 1952. La vie des premiers habitants de Bohême y est illustrée dans une suite de sept récits consacrés aux temps légendaires slaves, païens, hors d’âge. Trnka voulait rendre accessible par le cinéma l’émouvant pathos de la mythologie tchèque. Une réussite couronnée d’un Lion d’or à la Mostra de Venise ! (Artus)

PARIS AU MOIS D’AOUT
Paris Mois AoutSeul à Paris en août pendant que sa femme et ses enfants sont partis en vacances, Henri Plantin rencontre Patricia Seagrave venue pour un shooting dans la capitale. Avec le jeune mannequin anglais incarné avec fraîcheur et drôlerie par Susan Hampshire, Henri, la quarantaine, renonce à toutes ses obligations pour vivre une passion condamnée d’avance. En 1966, Pierre Granier-Deferre adapte le roman de René Fallet et met en scène, sur d’excellents dialogues d’Henri Jeanson, Charles Aznavour (qui signe aussi la chanson-titre) dans Paris au mois d’août. Inédite en dvd et présentée en version restaurée enrichie de bons suppléments, cette histoire d’un amour éphémère dans le cadre superbe d’un Paris désert. Une sorte de Dolce vita à la française qui distille un vrai charme. (Pathé)

SHAMPOO
ShampooRemarqué pour des films comme Harold et Maude (1971) ou Bienvenue, Mister Chance (1979), Hal Ashby avait aussi mis en scène, en 1975, le surprenant Shampoo qui réunit Warren Beatty, Julie Christie, Goldie Hawn et Lee Grant, couronnée d’un Oscar. Coiffeur et Don Juan mondain, George Roundy séduit ses nombreuses clientes. Mais, peu satisfait de sa vie professionnelle de simple employé, il rêve d’ouvrir son propre salon et espère l’aide du mari d’une de ses maîtresses… L’action se déroule, en 1968, la nuit précédant la première élection de Nixon à la Maison Blanche. On retrouve le film restauré dans un belle édition prestige limitée avec de nombreux memorabilia. Une satire féroce, savoureuse et politiquement incorrecte des mœurs sexuelles et sociales de l’époque. (Carlotta)

TROIS FEMMES
Trois FemmesFin observateur de l‘Amérique, Robert Altman (1925-2006) savait en croquer, de manière acide et désenchantée, les travers et les faiblesses. En 1977, il signait Trois femmes (l’édition est accompagnée d’un intéressant livret), un film rare dans son œuvre. Jeune Texane, Pinky est engagée dans un sanatorium du désert californien. Elle y rencontre Millie, toujours en quête de perfection et de reconnaissance sociale, qui lui présente Willie, une mystérieuse artiste… Nourri à la fois du Persona de Bergman et d’un rêve où il avait vu ses trois actrices réunies (Sissy Spacek, Shelley Duvall, Janice Rule), le film est une sorte d’expérience sensorielle où trois femmes vont s’identifier l’une à l’autre pour se transmuter en une entité père-mère-enfant. La mise en scène est étonnamment hypnotique et fascinante… (Wild Side)

BORDER
BorderDouanière très efficace à l’odorat exceptionnel, Tina est quasiment capable de sentir la culpabilité d’un individu. Un pédophile y laissera d’ailleurs des plumes. Mais, quand Vore passe devant elle, cette femme aux traits difformes sait qu’il cache quelque chose mais, cette fois, elle n’arrive pas à repérer quoi…. Pire, elle est attirée par lui. Danois d’origine iranienne, Ali Abbassi livre, avec Border, un film fantastique aussi déroutant et que fascinant autour de l’animalité et de l’humanité. Car Tina (Eva Melander) et Vore, devenu un couple aux ébats sauvages, découvrent qu’ils partagent une « race » commune… Osé et dérangeant, ce drame (à moins que ce ne soit un conte de fée) a aussi des accents… romantiques ! (Metropolitan)

PASOLINI E AMICI
PasoliniAmiciEcrivain, poète, journaliste et cinéaste, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) est l’un des plus grands maîtres du cinéma italien. Un coffret Pasolini e amici permet de le retrouver avec trois fictions : Accatone, son premier long-métrage en 1961, Les oiseaux, petits et grands (1966) et Médée (1969) avec Maria Callas dans le rôle-titre mais aussi comme scénariste pour Sergio Citti (Ostia) ou Luciano Emmer (La fille dans la vitrine dans lequel jouait Lino Ventura). PPP a aussi signé le sketch intitulé La ricotta du film collectif Ro.Go.Pa.G (1963). Enfin, on peut le découvrir documentariste avec Enquête sur la sexualité (1964) qui interroge le sexe en Italie et aussi le rare court-métrage Notes pour un film sur l’Inde (1968).  (M6)

FELLINI SATYRICON
Fellini SatyriconDans la Rome antique, Encolpe et Ascylte, deux étudiants (Martin Potter et Hiram Keller) qui vivent de rapines, se disputent les faveurs de l’esclave Giton. Les trois comparses vont vivre des aventures où ils festoient avec un riche affranchi, enlèvent un hermaphrodite, se battent avec le Minotaure et pénètrent dans le Jardin des délices. Avec Fellini Satyricon (en version restaurée), le maître italien, qui a relu pour l’occasion Pétrone, s’aventure, en 1969, dans un monde antique qui n’a jamais existé mais qu’il revisite dans un peplum cruel, animal et superbement photographié. A la sortie du film en salles, une accroche publicitaire américaine publicitaire disait : « Rome before Christ. After Fellini » (Potemkine)

L’EQUIPAGE
EquipageAvant de rejoindre son escadrille sur le front en 1918, Jean Herbillon a une liaison avec Hélène, une femme mariée. Il va découvrir que sa maîtresse est l’épouse du lieutenant Maury, un aviateur avec lequel, dans différentes périlleuses missions, il va devenir ami. Quatrième film d’Anatole Litvak, tourné en 1935, L’équipage (qui sort dans une belle version restaurée 4K) est une adaptation du second roman de Joseph Kessel servie par trois fameuses stars de l’époque : Charles Vanel, Jean-Pierre Aumont et Annabella. Au-delà du réalisme apporté par l’univers des pilotes présenté de manière quasiment documentaire, ce drame humain est surtout un grand mélodrame de guerre autour du remords et de l’amitié. (Pathé)

HIGH LIFE
High LifeOn n’attendait pas forcément la cinéaste de Beau travail ou Un beau soleil intérieur dans la science-fiction. Mais Claire Denis, avec High Life, ne se lance pas dans le blockbuster en forme de space-opéra. En racontant l’aventure de criminels condamnés à mort qui acceptent de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire, elle livre, dans une mise en scène épurée, une réflexion intimiste, à la fois étrange, envoûtante et angoissante sur l’espace et le temps. Robert Pattinson et Juliette Binoche, en scientifique glaciale, servent, dans un huis-clos hypnotique, un récit halluciné sur la conquête de l’espace. En bonus, un entretien avec l’astrophysicien Aurélien Barrau, consultant du film. (Wild Side)

FIN AOUT DEBUT SEPTEMBRE
Fin Aout Debut SeptembreTravaillant dans l’édition, Gabriel propose à son ami Adrien, écrivain en panne d’inspiration, de réaliser un reportage sur sa vie pour une chaîne de télé. Ensemble, ils partent pour Mulhouse, sur les lieux de l’enfance d’Adrien, En 1999, avec Fin août, début septembre (qui sort en édition restaurée), Olivier Assayas, pour son septième long-métrage, réunit Mathieu Amalric, François Cluzet, Virginie Ledoyen, Jeanne Balibar, Eric Elmosnino dans une chronique, sur un an, autour de l’amitié, des disputes, du travail, des espoirs, d’un amour qui s’achève et d’un autre qui recommence. Un film d’atmosphère simple et limpide qui saisit de belles émotions… (Pathé)

VIRGINIE THEVENET
Virginie ThevenetUn peu perdue de vue aujourd’hui, la pétillante comédienne Virginie Thévenet (vue dans Les zozos de Pascal Thomas, L’argent de poche de Truffaut ou Le beau mariage de Rohmer) fut aussi réalisatrice et signa trois fictions, désormais réunies dans un coffret. La nuit porte-jarretelles (1984) est une découverte érotique du Paris nocturne dans les pas de la délurée Jezabel. Dans les seconds rôles, on reconnaît de nombreuses figures de la nuit parisienne de l’époque. En 1986, Jeux d’artifices raconte les aventures d’Elisa et Eric, adolescents orphelins qui travaillent presque coupés du monde dans un studio-photo. Mais arrive un Américain qui s’éprend d’Elisa. Enfin Sam suffit (1992) met en scène Eva, jeune stripteaseuse foraine (Aure Atika), qui veut sortir de la marginalité… (Potemkine)

L’INTERVENTION
Intervention1976 à Djibouti, dernière colonie française. Un bus d’enfants de militaires français est pris en otage par des terroristes indépendantistes. Les autorités envoient sur place une unité de tireurs d’élite de la Gendarmerie pour débloquer la situation de ce bus enlisé dans les sables à proximité de la frontière de la Somalie. Avec L’intervention, librement inspiré de faits réels, Fred Grivois signe un solide film d’action autour d’une équipe de gaillards aussi hétéroclites qu’indisciplinés incarnés par Alban Lenoir et Michaël Abiteboul en tête de liste et entourés d’Olga Kurylenko, Vincent Perez ou Josiane Balasko. Une opération à haut risque qui marqua la naissance du GIGN. (M6)

LE RETOUR DE MARY POPPINS
Retour Mary PoppinsOn se souvient, non sans une douce nostalgie, de Julie Andrews dans la version de 1964 signée Stevenson. La nounou aux pouvoirs « supercalifragilisticexpialidocious » est de retour. Rob Marshall met en effet en scène Le retour de Mary Poppins qui a désormais les traits d’Emily Blunt, vue dans Le diable s’habille en Prada. On retourne du côté du 17, allée des Cerisiers pour retrouver Michael Banks et Jeanne Banks, désormais adultes. Lorsque Michael se retrouvera en grosse difficulté financière, lui et sa famille seront ravis de voir surgir l’irrésistible gouvernante. A tous, Mary Poppins va apporter de la joie et de l’émerveillement. Dans la distribution de cette allègre comédie musicale, on remarque aussi Meryl Streep en cousine excentrique ou Colin Firth en banquier sans scrupules. (Disney)

THE UNTHINKABLE
UnthinkableTandis que la Suède est victime d’une mystérieuse attaque supposée terroriste, Alex, jeune adolescent réservé, retourne dans son village natal et y retrouve Anna, son amour de jeunesse, ainsi que son père qu’il n’a plus vu depuis plusieurs années. Ensemble, ils vont renouer les liens brisés pour survivre dans le chaos… Réalisé par Crazy Pictures, un collectif de cinq cinéastes scandinaves, The Unthinkable, premier « long » du quintet (triplement primé au festival fantastique de Gérardmer) est une étonnante et captivante fresque qui revisite, avec un étonnant brio visuel, la SF en mêlant l’action, le thriller, le drame familial, le survival et les effets spéciaux. Une belle surprise tant narrative que formelle! (Wild Side)

LA TELE, HARRYHAUSEN, L’AGITATEUR, RAY ET LES BRAQUEUSES  

NETWORK – MAIN BASSE SUR LA TV
NetworkL’univers de la télévision que Sidney Lumet met en scène, en 1976, dans Network – Main basse sur la TV, pouvait à l’époque paraître plutôt loufoque. Aujourd’hui, la réalité dépasse tout bonnement l’histoire de Howard Beale, présentateur vedette de la chaîne UBS. Devant une forte chute d’audience, Beale (Peter Finch) est viré. Désespéré, le présentateur annonce son suicide en direct sur le plateau… Aussitôt, sa cote de popularité remonte. Diana Christensen, la responsable de la programmation (Faye Dunaway) lui donne carte blanche pour animer sa propre émission. Dans la belle collection des coffrets ultra collector, voici une saga aussi captivante que glaçante sur l’univers télévisuel. Parmi les excellents bonus, on trouve By Sidney Lumet, un documentaire inédit en vidéo (110 mn) ainsi que Fou de rage, un livre également inédit (200 p.) dans lequel Dave Itzkoff, journaliste au New York Times, plonge dans les coulisses d’une œuvre visionnaire. Une réussite ! (Carlotta)

COFFRET RAY HARRYHAUSEN
HarryhausenL’Anglais Ray Harryhausen (1920-2013) fut un grand magicien du cinéma, en concevant de superbes effets spéciaux qui ont fait rêver, avec des films comme Les voyages de Gulliver ( 1960) ou Jason et les argonautes (1963) les amateurs de fantastique. Il a aussi œuvré sur trois aventures de Sinbad, le plus mythique des marins. Dans un beau coffret, sont réunis Le 7e voyage de Sinbad (1958), Le voyage fantastique de Sinbad (1973) et Sinbad et l’œil du tigre (1977). Des réalisateurs et des interprètes différents mais toujours le sens aigu du spectacle de Harryhausen pour mettre en valeur cyclope, tigre géant, dragon, vautour à deux têtes ou déesse à six bras ! (Sidonis Calysta)

THE INTRUDER
IntruderAuteur d’un fameux cycle fantastique consacré à Poe, grand dénicheur de talents et cinéaste réputé n’avoir jamais perdu un centime dans ses productions, Roger Corman (né en 1926) tourne, en 1961, The Intruder qui sera… l’un de ses très rares échecs commerciaux. L’inquiétant et séduisant Adam Cramer débarque à Caxton, une petite ville moite du sud des Etats-Unis. Une loi vient de passer qui ouvre le lycée à un petit quota d’élèves noirs. Distillant un discours haineux, Cramer, en beau parleur, va tenter de mettre le feu aux poudres en poussant la population blanche à la violence. William Shatner, le futur capitaine Kirk de Star Trek, incarne un sinistre agitateur dans un excellent brûlot politique sur la déségrégation. Dans un petit bonus, Corman et Shatner évoquent la réalisation de The Intruder. (Carlotta)

A L’OMBRE DES POTENCES
Ombre PotencesHomme mûr, Matt Dow sympathise avec Davey Bishop, jeune type immature. Le duo est injustement pris, par les habitants de Madison, pour des pilleurs de train. Davey est grièvement blessé et Matt échappe de peu à la corde… Entre Johnny Guitare et La fureur de vivre, film emblématique de James Dean, Nicholas Ray tourne, en 1955, A l’ombre des potences. Une nouvelle fois, le cinéaste prend le western à rebours et, dans un univers imprégné de violence, met l’accent sur la générosité et le pardon. Autour de l’expérimenté Matt (James Cagney) et du gamin en perdition (John Derek), Ray construit une belle relation père/fils. Un western rare et tragique. (Sidonis/Calysta)

LES VEUVES
VeuvesOn n’attendait pas Steve McQueen, auteur de Hunger, Shame ou Twelve Years a Slave, du côté du pur polar hollywoodien… Avec Les veuves, le cinéaste anglais donne un film bien mené et rythmé qui raconte la rencontre de quatre femmes qui ne se connaissaient pas et dont les maris sont morts dans un braquage qui a mal tourné. Elles devront finir le travail autant afin de rembourser des dettes que de prendre leur destin en main. Avec Viola Davis, Michelle Rodriguez, Cynthia Erivo et Elizabeth Debicki, McQueen signe aussi quatre beaux portraits de femmes déterminées. Un solide film d’action. (Fox)

LE PROCES DE JEANNE D’ARC
Proces Jeanne ArcCapturée devant Compiègne puis livrée aux Anglais, Jeanne d’Arc est emprisonnée depuis plusieurs mois dans une chambre du château de Rouen. Elle comparaît devant un tribunal composé presque exclusivement de membres de l’université anglophile de Paris, présidé par l’évêque Cauchon. En 1962, avec Le procès de Jeanne d’Arc, Robert Bresson (1901-1999) restitue, dans son intégralité visuelle, sonore et parlante, le procès et la vie de la Pucelle d’Orléans, morte sur le bûcher en 1431. En s’appuyant sur les minutes du procès, il réussit, dans une épure nerveuse, l’admirable portrait d’une âme. Ecrivain et membre de l’Académie française depuis 2000, Florence Delay, alors comédienne, incarne Jeanne dans ce film couronné du prix du jury au festival de Cannes. (Potemkine)

PUPILLE
PupilleLe jour de sa naissance, Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique. C’est un accouchement sous X sur lequel la mère peut revenir (ou pas) pendant deux mois… Remarqué en 2014 avec le surprenant Elle l’adore, Jeanne Herry développe, avec Pupille, les thèmes de l’adoption et de la parentalité. La cinéaste soigne les personnages de femmes avec Alice (Elodie Bouchez), femme qui se bat depuis des années pour avoir un enfant ou Karine (Sandrine Kiberlain), assistante sociale énergique et aimante. Une histoire bien documentée et pleine de tendresse sur la quête d’amour. (Studiocanal)

MARTHE
MartheBlessé à Verdun, Simon Weizman est soigné dans un hôpital militaire au Croisic. Sur la plage, il croise Marthe, jeune institutrice dont il tombe follement amoureux. Avec Marthe qu’il réalise en 1996, Jean-Loup Hubert s’empare du cauchemar de la Grande guerre et en fait la toile de fond terrible d’une magnifique idylle amoureuse doublée d’un propos pacifiste. Portés par l’interprétation éblouissante de Clotilde Courau et de Guillaume Depardieu, Marthe et Simon sont deux jeunes gens dont la passion est mise à mal par la folie des hommes… Une première en dvd, enrichie de bonus inédits. (ESC)

L’EMPEREUR DE PARIS
Empereur ParisAu terme d’une évasion spectaculaire, Eugène-François Vidocq essaye de se faire oublier en endossant la défroque d’un commerçant ambulant. Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, il propose au chef de la Sûreté de l’aider à frapper la pègre. Méprisé par les flics et haï par les truands, Vidocq, à la tête d’une petite équipe de proscrits, mène habilement sa barque et obtient des résultats exceptionnels. Dans L’empereur de Paris, Jean-François Richet offre à un Vincent Cassel plus sauvage que jamais, l’occasion d’entrer dans la peau du légendaire policier en quête de pouvoir. Avec une solide distribution (Fabrice Luchini est un Joseph Fouché inquiétant) voici un biopic et un spectacle historique qui soignent aussi la représentation de Paris sous le règne de Napoléon… (Gaumont)

SUSPIRIA
SuspiriaEn 1977, Dario Argento signe Suspiria, un chef d’œuvre baroque avec laquelle il passe du giallo au fantastique… Avec son remake de Suspiria, Luca Guadagnino, remarqué avec Call Me by your Name, entre à son tour dans l’univers fantastico-macabre. En 1977 (l’année où se déroule le film d’Argento), à Berlin, la jeune Americaine Susie Bannion (Dakota Johnson, vue dans Cinquante nuances de Grey) intègre la célèbre compagnie de danse Markos dirigée par l’inquiétante Madame Blanc (Tilda Swinton). Bientôt des meurtres brutaux vont emporter la danseuse et son amie Sara dans un cauchemar rouge peuplé de sorcières. Parmi les comédiennes, on remarque Angela Winkler, Ingrid Caven ou Sylvie Testud. Quant à Jessica Harper qui tenait le rôle de Susie Bannion dans le film d’Argento, elle fait, ici, une apparition… (Metropolitan)

THE SPY GONE NORTH
Spy Gone NorthEn 1993, les services secrets de Séoul recrutent un ancien officier qui, sous le nom de code Black Venus, doit collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord. Infiltrant un groupe de dignitaires de Pyongyang, l’espion va opérer en autonomie complète au cœur du pays le plus secret et le plus dangereux au monde… S’appuyant sur une belle qualité formelle, The Spy Gone North, inspiré de l’histoire vraie de l’agent Park Chae-seo, est un film d’espionnage « à l’ancienne » dense et réussi autour des relations glaciales entre les deux Corées. Quand la moindre erreur devient fatale. Plus proche de l’œuvre de John Le Carré que des aventures de James Bond. (Metropolitan)

LIBRE
LibreDans la vallée de La Roya (Alpes Maritimes), l’agriculteur Cédric Herrou cultive des oliviers. Le jour où il croise la route de réfugiés, il décide, avec d’autres habitants de la vallée, de leur offrir un refuge et de les aider à déposer des demandes d’asile. Ce faisant, il se retrouve hors-la-loi. Avec Libre, Michel Toesca brosse le portrait de Cédric Herrou et signe un bon documentaire qui cerne les aberrations de la machine bureaucratique tout en évoquant avec beaucoup d’humanité les multiples problèmes vécus par les migrants. Un film comme un acte politique de résistance. (Jour2fête)

SALOMON ET LA REINE DE SABA
Salomon Reine SabaRoi de la Terre d’Israël, David, 70 ans, va passer le pouvoir à l’un de ses fils. Plutôt qu’Adonias, grand chef de guerre (George Sanders), il choisit le pacifique Salomon qui devra régner en résistant à son puissant voisin, le pharaon d’Egypte mais aussi à son demi-frère qui veut récupérer son trône. Pour sa part, la belle reine de Saba, complice du pharaon, rend visite à Salomon pour découvrir ses points faibles, le séduire avant de le détruire… En 1959, King Vidor, réalisateur de Duel au soleil ou La furie du désir, tourne, avec Salomon et la reine de Saba, un peplum flamboyant qui sera son ultime mise en scène. La pulpeuse Gina Lollobrigida est une séduisante reine de Saba. Yul Brynner, qui remplaça Tyrone Power, mort sur le tournage, incarne un roi sage et mythique… (Sidonis Calysta)

ASTERIX: LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE
Asterix Potion MagiquePour la première fois de sa vie, Panoramix manque de se tuer en tombant d’un arbre alors qu’il cueillait du gui. Il se dit qu’il est temps d’assurer sa succession d’autant qu’il met le petit village gaulois en danger en gardant pour lui seul la recette de la potion magique. Accompagné par Astérix et Obélix, le cher mage va parcourir la Gaule à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le précieux secret. Avec Astérix: le secret de la potion magique, Louis Clichy et Alexandre Astier, l’auteur de l’excellente série Kaamelot, réussissent un film d’animation qui s’empare brillamment de l’univers de Goscinny et Uderzo pour le réinventer au service d’un humour plein de trouvailles et contemporain. On savoure les références à l’actualité. Par Toutatis ! (M6)

LE MAITRE, L’ESCROC, GILOU, LAURE ET LES PAUMES  

BERGMAN MODE D’EMPLOI
AAABergmanInquiet, malade d’un ulcère à l’estomac et dévoré de doutes, Ingmar Bergman est cependant le plus célèbre metteur en scène au monde. Avec Bergman, mode d’emploi, voici une passionnante étude sur le maître de Farö qui s’est déguisé dans tous ses personnages. Dans Bergman, une année dans une vie (en deux versions, l’une de 117 minutes, l’autre augmentée  à 235 mn et orchestrée en quatre actes), Jane Magnusson qui observe : « Pour être réussis, ses films doivent parler de lui », se penche sur l’artiste et l’homme à travers son intense activité en 1957. Il a 38 ans, a déjà six enfants avec trois femmes et il est partout, cette année-là, avec pas moins de six productions au cinéma, à la télévision et à l’opéra ! Le coffret contient aussi l’Abécédaire Bergman A-Ö, un livre (144 p.) inédit en France qui chapitre le cinéaste de A comme Abba à Ääö, les trois dernières lettres de l’alphabet suédois en passant par J comme jalousie ou S comme silence. Une remarquable entreprise de cinéphilie. (Carlotta)

LES FORBANS DE LA NUIT
AAAForbansNuitPetit malfrat sans envergure, Harry Fabian tente de monter des projets qui échouent systématiquement. Sa rencontre avec Gregorius, légende de la lutte, l’amène à échafauder un plan pour organiser un combat. Exilé à Londres à l’heure de la sinistre « chasse aux sorcières » à Hollywood, Jules Dassin y tourne, en 1950, Les forbans de la nuit, l’un des films noirs les plus mémorables des années quarante. Dans une superbe édition, on retrouve ce classique (dans ses deux versions, dont le montage britannique) interprété par l’excellent Richard Widmark et Gene Tierney, complété par de bons suppléments (dont Le squelette de l’histoire, un livre inédit de Philippe Garnier) qui éclaire la genèse et les secrets de ce diamant noir, exemple exceptionnel et réjouissant de la folie et de la grandeur des grands joueurs de l’usine à rêves. (Wild Side)

ENGRENAGES
AAAEngrenagesLa fin de la sixième saison avait laissé les personnages phrares de la série dans un état de crise. Tandis que Laure Berthaud est suivie dans un centre de repos de la police, « Gilou » Escoffier est désormais chef de groupe et il démarre, autour de la mort tragique du commissaire Herville, abattu dans un restaurant chinois, une enquête délicate de blanchiment d’argent, secondé par Ali, un jeune flic à cheval sur les principes et le droit. Le juge Roban est proche de la retraite tandis que Joséphine Karlsson attend son procès en prison. Avec ses personnages toujours cabossés et en quête de repères solides, Engrenages déroule sa 7esaison (12 épisodes) qui maintient brillamment le cap en nous embarquant à nouveau, dans des décors parisiens bien mis en valeur, dans un univers d’où police et justice sont bigrement chahutées. La série conçue par Alexandra Clert et écrite, pour cette nouvelle saison, par l’équipe autour de Marine Francou, continue à captiver. Une belle et palpitante réussite ! (Studiocanal)

GALVESTON
AAAGalvestonPetit malfrat de la Nouvelle-Orléans, Roy Cady est très malade. Pire, son patron lui tend un piège dont il s’échappe de justesse… Dans sa fuite, Roy embarque avec lui Rocky, prostituée et femme-enfant. Pour ces deux paumés, commence alors une cavale à travers le Texas. Comédienne remarquée, en 2006, avec Je vais bien, ne t’en fais pas, Mélanie Laurent est passée derrière la caméra et a signé Les adoptés (2011), Respire (2014) et le documentaire écologiste Demain, (2015) coréalisé avec Cyril Dion. De façon plus inattendue, la Française met en scène, avec Galveston, son premier film américain en s’emparant, avec une belle énergie, des codes du film noir. Ben Foster et Elle Fanning incarne deux personnages qui n’ont plus rien à perdre et qui vont brièvement s’apprivoiser. Du côté des interminables routes droites et des motels glauques, un surprenant et prenant film d’atmosphère. (M6)

IL MAESTRO DI VIGEVANO
AAAMaestroVigevanoMême s’il est peut-être moins célèbre que ses compatriotes Mastroianni ou Gassmann, Alberto Sordi (1920-2003) est l’un des plus magnifiques comédiens italiens, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame. Dans la collection Make my Day qui s’applique à exhumer des films méconnus et néanmoins remarquables, le critique Jean-Baptiste Thoret met en avant Il maestro di Vigevano qu’Elio Petri réalisa en 1961, une dizaine d’années avant son fameux Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Dans ce Maestro… injustement oublié et inédit en dvd, Sordi incarne Antonio Monbeli, un enseignant de Vigevano, capitale lombarde de la chaussure, qui aime son travail et accepte son modeste salaire. Son épouse Ada (Claire Bloom) aspire à un meilleur train de vie et va pousser Antonio à quitter son emploi pour créer une petite entreprise. Une réflexion amère sur les valeurs morales face aux sirènes du matérialisme. (Studiocanal)

LES GUICHETS DU LOUVRE
AAAGuichetsLouvreEn 1974, adaptant le livre éponyme de Roger Boussinot, Michel Mitrani réalise Les guichets du Louvre, premier film français qui évoque le sort funeste des Juifs du point de vue de la responsabilité de la France et de Vichy. Le 16 juillet 1942, ayant appris que la police parisienne va rafler les Juifs pour les parquer au Vel d’Hiv avant leur déportation vers les camps de la mort, Paul (Christian Rist), jeune étudiant, décide de tout faire pour arracher un Juif à la mort. Ce sera Jeanne avec laquelle il passe quelques heures, doucement amoureuses, à zig-zaguer entre les périls. La débutante Christine Pascal est magnifique en jeune fille apeurée et tourmentée dans un drame dépouillé et émouvant qui n’a pas pris une ride. Dans les suppléments, Laurent Heynemann, assistant sur le film, évoque le tournage et raconte comment Mitrani porta avec ferveur cette aventure à l’écran. Un film remarquable ! (Sidonis Calysta)

LA POURSUITE IMPLACABLE
AAAPoursuiteImplacableEx-flic devenu directeur de prison, Vito Cipriani (Oliver Reed, parfait en type violent et très speedé) est victime d’un chantage. Des affreux ont kidnappé sa femme (Agostina Belli) et le contraignent à libérer le truand Milo Ruiz (Fabrio Testi). Entre cinéma de genre et film d’auteur, Sergio Sollima signe, en 1973, La poursuite implacable, remarquable thriller noir et brutal qui suinte la peur des « années de plomb » italienne sur fond d’opposition entre classes sociales. Quand une improbable amitié naît entre deux personnages que tout semble opposer au cœur d’une paranoïa autour des pouvoirs occultes. Un passionnant film de dénonciation politique par un grand cinéaste que l’on redécouvre avec bonheur. Dans les bonus, Jean-François Rauger décrypte brillamment la place de Revolver (en v.o.) dans l’œuvre de Sollima. (M6)

UN HOMME PRESSE
AAAHommePresse« Je me reposerai quand je serai mort ». C’est le credo d’Alain Wapler, grand patron de l’automobile qui apprend à son entourage les secrets des leaders. Individu tyrannique et plein de morgue qui ne dit jamais merci mais savoure le fameux As time goes by immortalisé par le mythique Casablanca, Wapler est foudroyé par un AVC. Quand il sort du coma, il est à l’hôpital et bafouille ses mots. Jeanne, une orthophoniste (Leila Bekhti) , va l’aider à recréer les connexions entre ses neurones mais surtout à renaître dans la peau d’un homme nouveau et, probablement, meilleur. En s’inspirant de l’histoire de Christian Streiff, ex-pdg d’Airbus et de Peugeot, Hervé Mimran réussit, avec Un homme pressé, une belle fable sur un homme qui était au centre du monde, qui se retrouve seul et doit se reconstruire. Avec gourmandise, Fabrice Luchini s’amuse de jouer avec les mots et livre un brillant exercice dans la maîtrise d’une surréaliste poésie. (Gaumont)

MAUVAISES HERBES
AAAMauvaisesHerbesRévélé au cinéma, en 2015, par l’autobiographique Nous trois au rien qui évoquait sa vie en clandestinité en Iran puis son arrivée en Seine-Saint-Denis, l’humoriste Kheiron revient avec Mauvaises herbes, une comédie qui allie, avec justesse, le rire et le drame. Ancien enfant des rues, Waël (Kheiron) vit, en banlieue parisienne, de petites arnaques sous l’œil bienveillant de Monique (Catherine Deneuve). Sa vie bascule lorsque Victor (André Dussollier), un ami de Monique, lui demande de l’assister pour un projet éducatif visant à aider six collégiens en complète galère… Quand un arnaqueur au grand cœur s’investit pour des laissés pour compte. Kheiron s’est souvenu du temps où, avant de devenir une vedette sur scène (son premier spectacle, mêlant  stand-up slam et rap, Kheiron passe du Coq à Light date de 2008), il oeuvrait dans le social pour signer cette touchante comédie dramatique !  (Studiocanal)

EXODUS
AAAExodusEn 1947, sur l’île de Chypre, des rescapés de l’Holocauste tentent de passer en Israël, et se heurtent à la tutelle anglaise en Palestine. Les organisations sionistes préparent alors une opération de grande ampleur afin de contourner le blocus britannique, et de précipiter les débats alors en cours à l’ONU sur le statut de ce territoire. Combattant de l’organisation de résistance sioniste clandestine Haganah, Ari Ben Canaan (Paul Newman) prend le commandement de l’Exodus, un vieux cargo grec, et une Américaine, Kitty Fremont (Eva Marie Saint), y prend place pour remplacer le médecin du bord…. Quand un peuple décide de construire son pays et une nation… Avec Exodus, l’Américain Otto Preminger a mis en scène, avec talent, une vaste saga qui prend cependant de solides libertés avec la vérité historique. Dans une version bien restaurée, cette superproduction (3h20) réalisée en 1961 d’après le roman de Léon Uris, retrace la naissance houleuse de l’Etat d’Israël. (Sidonis Calysta)

KURSK
AAAKurskLe 12 août 2000, lors de manœuvres en mer de Barents, dans le nord de la Russie, le sous-marin nucléaire russe K-141 Kursk, avec quelque 120 membres d’équipage, est victime d’une explosion qui l’envoie par le fond. Réfugiés à l’arrière du bâtiment, 23 marins tentent de survivre. Comment le sous-marin repose par seulement 90 mètres de fond, les autorités occidentales proposent d’intervenir pour sauver les naufragés. Mais, à terre, au grand dam des familles des marins, la bureaucratie militaire refuse l’aide de l’Occident. Avec Kursk, le Danois Thomas Vinterberg (révélé par le décapant Festen en 1998) signe un solide drame historique. Grâce à une distribution prestigieuse (jusque dans ses petits rôles, ainsi Colin Firth, Léa Seydoux ou Max von Sydow) avec Matthias Schoenaerts en tête d’affiche, cette aventure, dont on connaît pourtant l’issue, demeure palpitante. (EuropaCorp)

RAGTIME
AAARagtimeDisparu en 2018, Milos Forman a connu deux vies de cinéaste. La première fut tchèque avec des œuvres de satire sociale comme Les amours d’une blonde (1965) ou Au feu les pompiers (1967), la seconde américaine, marquée par des productions imposantes comme Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975). A Hollywood, le cinéaste, naturalisé américain en 77, tourna en 1981 une vaste et âpre fresque sur l’Amérique au tout début du 20esiècle. Ragtime raconte l’homme noir, un pianiste de jazz, dans une Amérique blanche et brosse le portrait d’une société multiraciale et de ses injustices criantes. Tandis que le pianiste veut faire reconnaître ses droits, un engrenage s’enclenche. Echec commercial (suivi bientôt par le triomphe d’Amadeus en 1984), le film (où l’on reconnaît le vétéran James Cagney dans son dernier rôle au cinéma) mérite une redécouverte. (Arte)

FREDDY, L’AMOUR FOU, BERLUSCONI, LA PEDOPHILIE, L’APARTHEID ET TSUI HARK  

BOHEMIAN RHAPSODY
Bohemian RhapsodyBien sûr, Freddy Mercury (1946-1991) n’était pas un angelot propre sur lui… Il n’en reste pas moins qu’il était (et demeure !) une véritable star du rock doublée d’une sacrée icône gay. Avec Bohemian Rhapsody, Bryan Singer signe un biopic enlevé et rythmé du chanteur de Queen. Il construit cette aventure musicale autour du fameux concert Live Aid de juillet 1985 au stade de Wembley. Couronné de l’Oscar du meilleur acteur, le mince Rami Malek se glisse, avec aisance, dans les tenues délirantes de Mercury la flamboyante. Sur fond de tubes immortels, une belle célébration d’un mythe même si a reproché au film (validé par les survivants du groupe) de « sanctifier » un peu trop le bon Freddy. Mais on n’a pas fini de chantonner devant son écran ! (Fox)

COLD WAR
Cold WarOn avait découvert Pawel Pawlikowski en 2013 avec l’excellent et oscarisé Ida. On retrouve le cinéaste voguant, durant la Guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 50, pour saisir la tumultueuse aventure amoureuse de Viktor, musicien et chef d’orchestre épris de liberté (Tomasz Kot) et de Zula, jeune chanteuse passionnée incarnée par la belle Joanna Kulig. Ils s’aiment et se repoussent sans cesse, incapables de rester ensemble et malheureux quand ils sont éloignés l’un de l’autre. Sur une magnifique photo en noir et blanc et dans une mise en scène dépouillée et néanmoins lyrique, Cold War est un superbe poème sur l’amour fou. (Diaphana)

SILVIO ET LES AUTRES
Silvio et les AutresDes bimbos se trémoussent au bord d’une piscine somptueuse tandis que Silvio Berlusconi susurre une chanson d’amour. Images étonnantes qui racontent l’un des hommes politiques les plus extravagants et les plus inquiétants qui soient… Si Silvio et les autres est le « le fruit de la libre création de ses auteurs », Paolo Sorrentino (qui avait déjà traité de la politique italienne dans Il divo (2008) sur l’activité de Giulio Andreotti) distille pourtant un portrait baroque et décapant du Cavaliere. Un biopic politique qui mêle le grotesque et la tragédie, le tout servi par un Toni Servillo, largement maquillé, qui compose un séducteur à la vitalité exacerbée, persuasif marchand de rêves qui a le charisme du ruisseau. Une brillante proposition sur le mystère Berlusconi ! (Pathé)

LES CHATOUILLES
Les ChatouillesGamine de 8 ans, Odette aime la danse et le dessin. Elle n’a aucune raison de se méfier d’un bon ami de ses parents qui lui propose de jouer aux chatouilles. Andréa Bescond (qui a elle-même subi ces abus sexuels) et Eric Métayer réussissent, avec Les chatouilles, un brûlot puissant et remarquable parce qu’il aborde, avec finesse et courage, une effrayante histoire de pédophilie. Andréa Bescond, qui incarne Odette adulte, détaille la manière dont elle a lutté pour surmonter son douloureux secret, notamment en dansant sa colère… La longue aventure d’une difficile reconstruction racontée avec réalisme et… humour. Dans le rôle de la mère d’Odette, Karin Viard est pathétique et magnifique. Les César 2019 l’ont couronné comme meilleure actrice dans un second rôle. (Orange)

LE PROCES CONTRE MANDELA ET LES AUTRES
Proces Mandela et les autresL’histoire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ne retient qu’un seul homme : Nelson Mandela qui aurait eu cent ans cette année. Cependant, en 1963 et 1964 à Pretoria, durant neuf mois, ils sont neuf membres de l’ANC, dont Nelson Mandela, à passer en jugement et à risquer la peine de mort. Face à un procureur pugnace, les accusés décident de transformer leur procès en tribune contre l’apartheid. Il n’existe aucune image de ce procès historique mais 256 heures d’archives sonores. Avec ce son pour matière première, Nicolas Champeaux et Gilles Porte, les auteurs du Procès contre Mandela et les autres, réussissent un passionnant documentaire qui s’appuie notamment sur les témoignages des survivants nonagénaires du procès mais aussi sur un beau travail d’animation signé Oerd. (Arte)

TIME AND TIDE
Time and TideAprès une brève parenthèse hollywoodienne où il réalise deux films mineurs avec Jean-Claude Van Damme (Double Team et Piège à Hong-Kong), Tsui Hark revient, en 2000, sur ses terres et à son genre de prédilection : le thriller d’action hongkongais. Avec Time and Tide, il réussit une oeuvre trépidante et bluffante par ses brillantes séquences d’action devenues véritablement des moments d’anthologie. Pour aider la mère de son futur enfant, Tyler devient garde du corps. Au cours d’une mission, il rencontre Jack, ancien mercenaire mexicain qui a refait sa vie avec la fille, elle aussi enceinte, d’un chef de gang. Restauré, le film sort en coffret édition prestige limitée avec de bons suppléments et de nombreux memorabilia. Un must du film d’action! (Carlotta)

UN AMOUR IMPOSSIBLE
Amour ImpossibleTiré du roman autobiographique et éponyme de Christine Angot paru en 2015 chez Flammarion, Un amour impossible, mis en scène par Catherine Corsini, plonge dans les rapports de couple dans la France des années 1960 à 2000. A Châteauroux, à la fin des années 50, Rachel Steiner, modeste et naïve employée à la Sécurité sociale, rencontre Philippe Arnold, un fils de bonne famille. De leur liaison, naît Chantal mais Philippe refuse de se marier hors de sa classe sociale. Pour Rachel (Virginie Efira, excellente), commence une longue bataille pour que Philippe reconnaisse Chantal qu’elle élève comme son grand bonheur… Quand la domination des hommes conduit à la tragédie… (Le Pacte)

QUIEN TE CANTARA
Quien Te CantaraAncienne star de la chanson des années 90, Lila Cassen prépare son grand retour sur scène après dix années de silence. Mais un accident la rend complètement amnésique. La manager de la star va demander à Violeta, grande fan de Lila et brillante imitatrice, de l’aider à redevenir elle-même. Remarqué pour son thriller La nina de fuego en 2014, l’Espagnol Carlos Vermut donne, avec Quien te cantara, un double portrait de femmes qui est une réflexion sur la célébrité et surtout sur l’identité. Il réussit aussi à installer une atmosphère tour à tour élégante et glaciale mais surtout oppressante qui finit par faire douter des réelles intentions des unes et des autres.  Najwa Nimri (Lila) et Eva Llorach (Violeta) incarnent deux femmes qui semblent parfois se confondre… (Le Pacte)

THE HOUSE THAT JACK BUILT
TheHouse That Jack BuiltJack considère chaque meurtre qu’il commet comme une œuvre d’art. Avec The House that Jack built, on suit, du point de vue de Jack, son parcours de serial killer tandis que l’intervention de la police ne cesse de se rapprocher. Après l’échec de Nymphomaniac  (2013) venant après ses démêlés cannois à l’heure de Melancholia (2011), Lars von Trier est resté silencieux jusqu’à ce thriller où se mêlent les pensées de Jack, le détail de ses meurtres et des réflexions métaphysiques sur la mort et l’au-delà. Conteur sans concessions commerciales, le Danois agace et séduit à la fois. Interprète de l’inquiétant Jack, Matt Dillon est remarquable… Dans le rôle du mystérieux Verge, on retrouve Bruno Ganz, récemment disparu, dans l’un de ses ultimes rôles. (Potemkine)

MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS
Millenium: Ce Qui Ne Me Tue PasAprès la Suédoise Noomi Rapace (dans les trois premiers films suédois de la saga) et l’Américaine Rooney Mara (dans le remake US des Hommes qui n’aimaient pas les femmes), c’est désormais l’Anglaise Claire Foy qui incarne Lisbeth Salander, l’indémontable hackeuse inventée en 2005 par l’écrivain suédois Stieg Larrson. Dans Millenium : ce qui ne me tue pas, réalisé par l’Uruguayen Fede Alvarez, Salander (suivie par une mystérieuse blonde) retrouve son ami, le journaliste Mickael Blomkvist pour affronter des espions, des cybercriminels et des membres corrompus du gouvernement autour d’un logiciel permettant de prendre le contrôle d’armes nucléaires. Si le scénario a quelques faiblesses, le film joue clairement la carte de l’action dans des univers toujours bien glauques… (Sony)

SOLIS
Solis« Ne regardez pas le passé avec tristesse. Il ne revient jamais ». En exergue de son space-opera… intimiste, Carl Strathie a placé cette citation… Car Troy Holloway, ingénieur à la compagnie minière Orbis, quelque part dans l’espace, a été victime d’un important accident sismique. Seul survivant à bord d’une capsule de sauvetage pourrie qu’il ne contrôle qu’avec difficulté, il dérive vers le soleil. Solis ou l’odyssée stellaire d’un type anonyme (le Canadien Steven Ogg connu par la série télé The Walking Dead) qui n’a plus que la voix désincarnée et lointaine de la commandante Roberts pour tenter de tenir dans une angoissante course contre une chaleur solaire de plus en plus intense… De la SF minimaliste mais agréablement palpitante. (Wild Side)

LES BAIGNEURS, LARA, LES EMPLOYES, LA CARABINE ET JACQUES RIVETTE  

LE GRAND BAIN
GrandBainCadre supérieur dans une grande entreprise, Laurent est complètement dépressif. Pour s’en sortir, il va rejoindre quelques types aussi cabossés que lui qui s’entraînent à un sport jusque là réservé aux femmes : la natation synchronisée. Avec Le grand bain, Gilles Lellouche réussit un petit bijou de comédie. Loin des maigres pitreries bien de chez nous, voici une chronique tendre et drôle sur des types qui vont réussir à retrouver un sens à leur vie en participant à un championnat du monde… Canet, Anglade, Poelvoorde, Amalric, Katerine, Ivanov coachés par Virginie Efira et Leïla Bekhti, sont épatants. Aux récents César, le film a été le grand oublié du palmarès. Mais son gros succès dans les salles était mérité. Et la sortie dvd le ramène dans la lumière. (Studiocanal)

GIRL
GirlA 15 ans, Lara rêve de devenir ballerine… Travaillant d’arrache-pied, elle est admise dans une troupe…Mais il y a un « problème ». Lara est née dans un corps de garçon… Avec Girl, le cinéaste flamand Lukas Dhont, pour son premier long-métrage, réussit la bouleversante chronique du combat contre un corps non assumé. Nouveau venu, Victor Polster (primé pour son interprétation à Cannes) incarne magnifiquement ce transsexuel et apporte une superbe intensité au propos. Au-delà des séances de danse qui l’épuisent et martyrisent son corps, Lara trouve aussi un bel appui auprès d’un père aimant et à l’écoute. Jamais larmoyant et éloigné d’une vision doloriste, une œuvre puissante et belle sur une femme en devenir. (Diaphana)

UNE VALSE DANS LES ALLEES
ValseAlléesTimide et solitaire, presque mutique, Christian est embauché dans un supermarché. Responsable du rayon boissons, Bruno, un ancien, est chargé de lui apprendre le métier. Du côté des confiseries, Christian, dont on ignore le passé, croise Marion dont il tombe immédiatement amoureux. La nuit, un grand entrepôt devient le théâtre de belles relations humaines. Avec Une valse dans les allées, le réalisateur allemand Thomas Stuber met en scène, avec beaucoup de poésie et de tendresse, une histoire de simples employés qui cultivent une véritable solidarité. Franz Rogowski, Peter Kurth et Sandra Hüller (vue dans Toni Erdmann) sont magnifiques d’humanité. Touchant ! (KMBO)

WINCHESTER 73
Winchester73Grand westerner du cinéma américain de l’âge d’or au même titre que Ford, Boetticher ou Daves, Anthony Mann signe, en 1950, un sommet du genre avec Winchester 73 et offre à James Stewart (qui avait suggéré son nom pour la réalisation) un personnage qui marquera sa filmographie… Autour de la saga de la fameuse carabine à répétition modèle 1873, l’arme qui a conquis l’Ouest, Mann orchestre l’affrontement entre Lin McAdam (Stewart) et un certain Dutch Henry Brown… Shelley Winters incarne une chanteuse de saloon dans cette remarquable évocation, en noir et blanc, de l’Amérique des pionniers. Quand une carabine, l’exceptionnelle « Une sur mille » (dont la qualité dépasse celle de toutes les autres) devient l’objet de toutes les convoitises… Une belle édition en Blu-ray. (Sidonis Calysta)

LA FICTION AU POUVOIR
RivetteEn 1975, Jacques Rivette décide de tourner une tétralogie intitulée « Scènes de la vie parallèle ». Il réalisera finalement deux films sur quatre : Duelle (Une quarantaine) et Noroît (Une vengeance). En 1978, le cinéaste (1928-2016) ajoutera Merry-Go-Round. Bien restaurés et enrichis de multiples suppléments (dont plusieurs entretiens avec le cinéaste), ces trois films sont réunis dans un coffret : Jacques Rivette : la fiction au pouvoir. Un beau travail d’édition qui permet aux cinéphiles curieux de découvrir des oeuvres rares et méconnues.  Duelle, avec Juliet Berto et Bulle Ogier, mêle le réel à l’imaginaire avec une esthétique de film noir. Noroît réunit Bernadette Lafont et Geraldine Chaplin dans une sorte de film de pirates au féminin. Merry-Go-Round, avec Maria Schneider et Joe Dallensandro, acteur fétiche de Warhol, est une course-poursuite façon film espionnage.  De beaux personnages féminins dans des univers énigmatiques ! (Carlotta)

CAPHARNAUM
CAPHARNAUMDevant un tribunal de Beyrouth, le jeune Zain, 12 ans, attaque très sérieusement ses parents en justice pour lui « avoir donné la vie ». Réalisatrice de l’excellent Caramel (2007), la cinéaste libanaise Nadine Labaki raconte, dans Capharnaüm, l’histoire d’un gamin qui vit d’expédients dans un quartier misérable de la capitale libanaise. Le gamin qui aide sa mère à trafiquer des médicaments stupéfiants, va rencontrer Rahil, une immigrée éthiopienne et s’occuper, lorsque Rahil disparaît, de Yonas, son bébé. Mettant en scène un gamin (Zain al-Rafeea, jeune réfugié syrien arrivé au Liban à l’âge de 7 ans) bluffant d’aisance, Labaki observe, avec une profonde humanité, une errance dans le plus grand dénuement, marquée surtout par le manque d’amour. Remarquable et couronné du prix du jury à Cannes 2018. (Gaumont)

JASON ET LES ARGONAUTES
JasonArgonautesQuand l’aventure rencontre le fantastique sur fond de mythologie ! Réalisé en 1963 par Don Chaffey, Jason et les argonautes (présenté dans une version restaurée) décrit les tribulations, dans la Grèce antique, de Jason en quête de la fameuse Toison d’or sur des terres dangereuses peuplées de créatures plus  monstrueuses les unes que les autres, ainsi le colosse Talos, deux harpies, des rochers broyeurs ou encore une hydre à sept têtes. Si ce peplum est un vrai must, c’est à cause du génie de Ray Harryhausen (1920-2013), responsable, ici, des effets spéciaux. Il a fallu ainsi quatre mois à ce maître des trucages au cinéma (et aussi de l’animation en volume) pour mettre au point les trois minutes du combat entre Jason et les squelettes ! Un pur bonheur de cinéma avec, en bonus, un long documentaire et un livre de 152 pages sur Harryhausen! (Sidonis Calysta)

L’ILE MYSTERIEUSE
IleMysterieuseEn 1865, durant la Guerre de sécession, des soldats nordistes s’échappent en ballon d’une prison confédérée, embarquant au passage un de leurs geôliers. Après avoir dérivés et portés par les vents violents d’une grosse tempête, ils échouent sur une île inconnue et apparemment déserte. Mais leur survie va être remise en cause par un crabe, des guêpes et des oiseaux mais tous de taille géante ! L’univers de Jules Verne, des naufragés face à des monstres, un volcan en éruption, une attaque de pirates et le retour du capitaine Nemo que l’on croyait disparu dans le naufrage du Nautilus… Si on y ajoute la musique de Bernard Herrmann et les épatants effets spéciaux du maître Ray Harryhausen, tout y est pour faire de L’île mystérieuse, réalisé en 1961 par Cy Endfield (et présenté en version restaurée), un beau moment de cinéma d’aventures fantastiques! (Sidonis Calysta)

RBG
RuthBaderGinsburgInconnue de ce côté-ci de l’Atlantique, Ruth Bader Ginsburg est par contre, aux Etats-Unis, une des femmes les plus influentes du pays. Dans RBG, les documentaristes Betsy West et Julie Cohen se penchent, avec une manifeste admiration, sur le parcours d’une femme aujourd’hui âgée de 85 ans, qui est devenue une véritable icône de l’égalité homme-femme. Avocate fiscaliste new-yorkaise nommée en 1993 juge à la Cour suprême par Bill Clinton, celle que sa petite-fille surnomme Bubbe, apparaît comme une pionnière discrète mais surtout comme une véritable pointure du droit qui a changé profondément la vie des femmes américaines. D’ailleurs les rencontres de Ruth Bader Ginsburg notamment avec les jeunes Americain(e)s montrent que son aura transgénérationnelle dépasse tous les clivages. Un portrait chaleureux d’une guerrière presque timide qui professe un amour dévorant pour le droit. (L’atelier d’images)

AMIN
AminOn connaît Philippe Faucon pour des œuvres puissantes autour de l’immigration comme La trahison (2005), La désintégration (2011) ou Fatima (2015) couronné du prix Louis-Delluc et du César du meilleur film en 2016. Avec Amin, Faucon, reconnu comme le « cinéaste des invisibles », raconte l’histoire d’Amin, venu du Sénégal pour travailler en France voilà une dizaine d’années. Cet homme qui n’a d’autre vie que son travail, a laissé au pays sa femme Aïcha et leurs trois enfants. Sa rencontre et sa liaison avec Gabrielle, récemment divorcée, va bousculer les règles qu’Amin s’étaient fixées. En s’appuyant sur Moustapha Mbengue et Emmanuelle Devos, le cinéaste observe, avec beaucoup d’humanité et de pudeur, la solitude et le déracinement autour de la réalité de l’exil. Comme le souligne le comédien : « Ce film aide à comprendre ce qui se passe derrière le visage triste de beaucoup d’immigrés ». (Pyramide)

THE PREDATOR
ThePredatorMembre d’un commando de Rangers américains, McKenna est témoin du crash d’un vaisseau spatial lors d’une mission de sauvetage d’otages. Seul survivant, il découvre le casque et l’arme d’un Predator. Poursuivi, il décide de les envoyer par la poste à son domicile, où vit sa femme et son fils autiste, Rory. Ce dernier parvient à utiliser le masque et l’arme du Predator. Il active par ailleurs une balise qui permet à d’autres Predators de le localiser. Génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces, les pires prédateurs de l’univers sont devenus plus forts et plus intelligents que jamais. Une équipe d’anciens soldats et un prof de sciences contestataire vont tenter d’empêcher l’extinction de la race humaine. Autour d’un antihéros, The Predator, réalisé par Shane Black (qui fit l’acteur dans le premier Predator en 1987) enchaîne les séquences d’action. Un divertissement hollywoodien qui met aussi un peu d’humour noir dans un monde de grosses brutes inquiétantes. (Fox)