LES PUTES, PASOLINI, PIALAT, HOU HSIAO-HSIEN ET LA DERNIERE D’ENGRENAGES  

FILLES DE JOIE
Filles Joie« Pute oui, mais pas sale pute ! » Si elles font le plus vieux métier du monde, Axelle, Dominique et Conso n’entendent pas se laisser insulter. D’autant que la vie est loin d’être facile, prises qu’elles sont entre leur vie familiale, leur boulot « normal » et le bordel belge qu’elles rejoignent tous les jours en passant la frontière. Bien documenté sur une réalité brutale (la cinéaste a passé beaucoup de temps dans une maison à s’entretenir avec les pensionnaires), le film d’Anne Paulicevich et Frédéric Fonteyne plonge dans des existences doubles et chaotiques. Malgré les embûches, ce trio a de l’énergie à revendre. Sara Forestier en mère encombrée d’un ex violent, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne les incarnent dans une aventure de courage et de survie. (M6)
LA TRILOGIE DE LA VIE
Trilogie VieCinéaste engagé et poète rebelle, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) reste une figure majeure et puissante du cinéma italien. Au début des années 70, pour la joie de raconter, il compose une « trilogie de la vie » (qui paraît pour la première fois en blu-ray) avec Le Décaméron (1971), Les contes de Canterbury (1972) et Les mille et une nuits (1974), trois récits fondateurs, trois contes réjouissants, trois fables sulfureuses qui vont lui permettre de mettre en scène, avec une verve joyeuse, une satire de la société de consommation moderne et une réflexion sur les mœurs, la sexualité, la religion et le pouvoir. En bonus, Ninetto Davoli, son ami, parle du travail avec PPP. (Carlotta)
MAURICE PIALAT
Enfance NueVéritable auteur du cinéma français, l’exigeant Maurice Pialat (1925-2003) revient dans la lumière avec la réédition, sous la direction éditoriale de Serge Toubiana, de ses premiers films. Prévu comme un documentaire, L’enfance nue (1968) deviendra une fiction sur la vie difficile d’un enfant de l’Assistance publique. Gros échec public et financier qui réduira un temps le cinéaste au silence, La gueule ouverte (1974) est une œuvre âpre sur la lente agonie d’une mère de famille atteinte d’un cancer. Enfin Passe ton bac d’abord (1978) suit, à Lens, dans une région affectée par le chômage, un groupe de lycéens et de leur professeur de philo face à un avenir pas vraiment radieux… (Gaumont)
LES FLEURS DE SHANGHAI
Fleurs ShanghaiConsidéré comme l’un des grands cinéastes asiatiques, le Taiwanais Hou Hsiao-hsien signait, en 1998, une somptueuse suite de tableaux nocturnes pour raconter, dans le Shanghaï du 19e siècle, les aventures de Wang (Tony Leung), haut fonctionnaire aux affaires étrangères, partagé entre Rubis et Jasmin, les deux courtisanes qu’il fréquente… Des plans-séquences à la beauté hypnotique pour dépeindre l’univers des « maisons des fleurs », univers clos dans lequel une élite masculine vient dîner, jouer, fumer de l’opium et s’adonner au plaisir. Une belle édition restaurée 4K enrichie notamment d’un grand portrait (1h31) du réalisateur par Olivier Assayas. (Carlotta)
ENGRENAGES SAISON 8
Engrenages S8Le corps d’un adolescent est découvert dans un lavomatic… Un dossier sordide qui lance la 8e et ultime saison d’une saga policière française dont l’impact dans l’univers (encombré) des séries a été remarquable pendant quinze années. Comme de coutume, dans les dernières saisons, les protagonistes ne sont pas au meilleur de leur forme… Gilou purge sa peine de prison et enquête en sous-marin sur un truand. Laure, toujours à la tête du service, ne se pardonne que Gilou en soit là. Joséphine, elle, remet sa robe d’avocat. Et on connaît son potentiel de nuisance ! Portés par des comédiens de talent, voici des personnages solides et bien dessinés, une narration rythmée, on repart avec plaisir dans ces aventures de flics plus cabossés que super-héros et on les savoure jusqu’au bout. (Studiocanal)
WET SEASON
Wet SeasonLauréat de la prestigieuse Caméra d’or cannoise en 2013 pour Ilo Ilo, le cinéaste singapourien Anthony Chen se penche sur l’histoire de Ling qui s’occupe de son beau-père paralysé et mutique, donne des cours de chinois à des lycéens peu intéressés et voudrait surtout que son désir d’enfant (à travers la procréation médicale assistée) aboutisse alors même que son mari est souvent absent Lorsque Weilun, l’un de ses élèves, s’intéresse à elle, son existence va prendre un tour dramatique. Avec une belle finesse dans l’observation et une mise en scène rythmée par la pluie battante de la mousson, le cinéaste saisit le trouble qui étreint Ling dans un quotidien soudain tourmenté. (Epicentre)
J.T. LEROY
JT LeroyPendant quelques années, dans les années 90, J.T. Leroy (Jeremiah ‘’Terminator’’ Leroy) a été la coqueluche des médias américains. Gus van Sant le voulait dans l’un de ses films et Madonna était une grande fan de ce jeune auteur queer… Mais J.T. Leroy, pure mystification « littéraire », n’a jamais existé. Justin Kelly s’empare de l’histoire vraie d’un véritable mensonge et raconte comment Laura Albert, une femme écrivain, fabrique un jeune homme transgenre en demandant ensuite à sa belle sœur Savannah Knoop de l’incarner. Un film rondement mené pour une fameuse machination ! Laura Dern en romancière et Kristen Stewart en « garçon » diaphane s’en donnent à cœur-joie… (Metropolitan)
LES ENQUETES DU COMISSAIRE VAN DER VALK
Van ValkTaiseux et amateur d’art, spécialement de Vermeer, le commissaire Van der Valk est l’un de ces flics comme les aiment les scénaristes… A Amsterdam, derrière la façade touristique, Piet Van der Valk est lancé sur des affaires criminelles qui impliquent aussi bien les milieux politiques extrémistes que ceux du mysticisme teinté d’érotisme. Masqué fermé, l’Anglais Marc Warren incarne ce policier solitaire et vulnérable qui a tout vu, tout fait, tout vécu dans trois épisodes de 90 mn chacun. Autour de ce chef de meute, on trouve une équipe originale avec notamment un légiste pas piqué des hannetons ou un jeune flic féru de statistiques …  (L’Atelier d’images)
PAR UN BEAU MATIN D’ETE
Beau Matin EteJacques Deray détestait qu’on le surnomme « le Hitchcock du cinéma français » mais le cinéaste lyonnais (1929-2003) est quand même un maître du film noir français. En 1965, il signe son quatrième long-métrage et travaille pour la première fois avec un Jean-Paul Belmondo dont la carrière a déjà largement décollé. Bebel incarne un petit arnaqueur qui monte des coups foireux avec sa sœur (Sophie Daumier) pour extorquer de l’argent à des pigeons. Il accepte de partir sur un gros coup, le kidnapping de la fille (Géraldine Chaplin dans son premier rôle adulte au cinéma) d’un milliardaire américain vivant en Espagne… Les dialogues de Michel Audiard apportent une touche allègre à ce solide polar bien restauré… (Pathé)
LE CAPITAL AU XXIe SIECLE
Capital XXI sieclePublié en 2013 au Seuil, Le Capital au XXIe siècle écrit par Thomas Piketty a été un succès mondial en librairie. Justin Pemberton a transposé cet ouvrage d’économie à l’écran. En mélangeant références à la pop culture et interventions d’experts parmi les plus influents de notre époque, le film, dans le sillage d’une star de la réflexion économique, est un voyage à travers l’histoire moderne de nos sociétés. Il met en perspective la richesse et le pouvoir d’un côté, et de l’autre le progrès social et les inégalités. Pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui. En bonus, on trouve un débat avec Thomas Piketty et Lucas Chancel, co-directeur du World Inequality Lab. (Diaphana)
RAY HARRYHAUSEN – LE GEANT DES EFFETS SPECIAUX
HarryHausenFormé par le fameux Willis O’Brien, auteur des « trucages » du premier King Kong, l’Américain Ray Harryhausen (1920-2013) s’est imposé comme une figure majeure des effets spéciaux. Un coffret réunit Le monstre vient de la mer (1955), Les soucoupes volantes attaquent (1956) et A des millions de kilomètres de la terre (1957) qui marquent les débuts de Harryhausen comme concepteur et créateur d’effets spéciaux visuels. Trois films de science-fiction au style désuet mais attachant qui contiennent de vrais morceaux de bravoure comme la pieuvre géante enroulée autour du Golden Gate, le monstre défiant l’armée à Rome ou les soucoupes volantes dévastant Washington… (Sidonis Calysta)
LE CAVE SE REBIFFE
Cave RebiffeGilles Grangier à la caméra, Jean Gabin en star et Michel Audiard aux dialogues, cela donne cette hilarante comédie policière sortie en 1961. Trois truands minables décident de se lancer dans la fabrication de fausse monnaie, après avoir mis la main sur un graveur hors pair mais qui apparaît comme un vrai cave. Mais l’est-il tant que cela ? Pour bien monter le coup, le trio sollicite le « Dabe » alias Ferdinand Maréchal, retiré des affaires et installé paisiblement en Amérique du Sud. Pour le pur plaisir de retrouver Bernard Blier, Maurice Biraud, Martine Carol et Gabin en grand pro abasourdi par la bêtise, la maladresse et surtout la vanité crasse de ses acolytes. Savoureux! (Gaumont)

BOGEY, KUBRICK, LES ENFANTS, LA PRESSE POURRIE ET LE « PINKU EIGA »  

PLUS DURE SERA LA CHUTE
Plus Dure ChuteA l’âge de 57 ans et des milliers de cigarettes consumées, Humphrey Bogart meurt d’un cancer de l’œsophage en 1957. Dans son ultime film, Bogey, icône absolue de l’âge d’or hollywoodien, incarne Eddie Willis, brillant journaliste sportif au chômage depuis que son journal a fermé. Acceptant de travailler pour un manager de boxe douteux, il est chargé de faire la promotion de Toro Moreno, un colosse qui n’a aucun talent de boxeur… Ce bon artisan d’Hollywood qu’est Mark Robson signe l’un des films les plus âpres sur le business de la boxe et de la corruption qui y règne… Dans cette métaphore de la souffrance et de la rédemption, Bogart est purement, absolument émouvant. Et ses traits marqués ne sont pas du jeu… (Sidonis Calysta)
FULL METAL JACKET
Full MetalJeune engagé volontaire, J.T. Davis, surnommé Joker (Matthew Modine), a rejoint les Marines à la fin des années 50. Dans son avant-dernier film avant l’ultime Eyes Wide Shut, en 1987, Stanley Kubrick va mettre en scène d’abord l’entraînement, voire le conditionnement psychologique des recrues sur le sol américain (ah, le terrible instructeur hurlant ses ordres !) puis les retrouver dans l’enfer des combats urbains de l’offensive du Tet. Au même titre que Platoon, Deer Hunter ou Apocalypse Now, voici l’une des plus remarquables oeuvres sur la guerre du Vietnam. Ce film magistral porté par une action non-stop (et classé dans les cent meilleurs thrillers du cinéma US) sort dans une édition collector en 4K. A ne rater ! (Warner)
LES REVOLTES DE L’AN 2000
Revoltés An 2000Tom et Evie se rendent sur une petite île espagnole pour y passer des vacances tranquilles car Evie est enceinte. Mais, sur place, ils constatent que les autochtones ont disparu et que ce sont leurs enfants qui les ont assassinés… Pour les deux Anglais, commence une terrifiante odyssée. En 1976, Narciso Ibanez Serrador signait un remarquable film d’horreur. Sous le franc soleil d’un village blanc et désert, l’atmosphère est réaliste mais les questions que pose le « Hitchcock ibérique » sont métaphysiques. La traduction du titre original (« Qui peut tuer un enfant ? ») donne une idée du trouble auquel Tom va se trouver confronté. En version restaurée, avec de bons bonus. (Carlotta)
L’INEXORABLE ENQUETE
Inexorable Enquête« Les grands reporters fabriquent leurs affaires quand l’actualité chôme ». C’est la devise de McLeary, jeune reporter que Mark Chapman, éditeur d’un grand journal qui fait son beurre et son tirage en vendant de la violence, de la sueur et du sang, a pris sous son aile. Mais Chapman (l’excellent et massif Broderick Crawford) va commettre un meurtre. Et McLeary (John Derek) veut enquêter… Signé Phil Karlson, un vrai grand du film noir, Scandal Sheet (1952) est volontiers sous-estimé, peut-être parce qu’on le compare volontiers à La grande horloge (1948) de John Farrow. Or ce solide thriller, élégant et rythmé, est une remarquable satire de la « Yellow Press », le journalisme de caniveau, façon USA. A découvrir sans attendre ! (Sidonis Calysta)
5 PINK FILMS
Pink FilmsLes titres, déjà, parlent… Deux femmes dans l’enfer du vice, Une poupée gonflable dans le désert, Une famille dévoyée, Chanson pour l’enfer d’une femme ou encore Prière d’extase. Avec cinq films japonais sulfureux et totalement inédits en France, voici un intéressant coup de projecteur sur l’un des phénomènes les plus singuliers du cinéma mondial apparu au Japon dans la première moitié des années 60. Conçu pour séduire un public masculin par son contenu érotique, le pinku eiga, un genre difficilement accessible en Occident, a su attirer de nombreux jeunes cinéastes qui ont livré certains des films les plus radicaux et les plus avant-gardistes ou les plus expérimentaux du cinéma nippon. Entre plongée dans le Tokyo du vice ou les turpitudes d’une famille japonaise dans tous ses états ! Le coffret (3 DVD) est accompagné d’un livret inédit. A découvrir… (Carlotta)
NUESTRAS MADRES
Nuestras MadresGuatemala 2018. Ernesto, jeune médecin légiste, dispose, dans un institut médico-légal, des ossements pour reconstituer un corps visiblement tué d’une balle dans la tête… Et si cet homme était son père, un guérillero disparu dans les années 80 ? Comme bien d’autres pays sud-américains, le Guatemala a connu une dictature longue et violente. Pour son premier long-métrage, César Diaz accomplit un beau et remarquable travail autour d’un passeur de mémoire tout en pansant, à sa manière, les plaies toujours douloureuses et béantes d’un génocide. Ce film, à la fois beau et poignant, a remporté la prestigieuse Caméra d’or à Cannes 2019. (Pyramide)
LES PIONNIERS DE LA WESTERN UNION
Pionniers Western UnionImmense figure du cinéma allemand d’avant-guerre, réalisateur de chefs d’œuvre comme Metropolis ou de M le maudit, Fritz Lang, fuyant le nazisme, part, dès 1933, aux USA où il vivra une carrière hollywoodienne riche de 22 films. Même si on ne l’attendait pas forcément dans ce domaine, il signera trois westerns dont, en 1941, cette épopée américaine sur l’aventure des hommes qui installèrent le télégraphe entre Omaha et Salt Lake City. Bien des embûches les attendent… Pour Lang qui prit plaisir à le tourner, ce film en beau technicolor est aussi l’occasion de brosser le portrait (amer) d’un héros au grand cœur (Randolph Scott, star du genre) rattrapé par son passé de bandit. (Sidonis Calysta)
UNE SIRENE A PARIS
Sirene Paris« L’amour à mort, j’ai déjà donné… » Crooner au cœur brisé, Gaspard Snow s’est juré de ne plus tomber amoureux. Las, lorsque la Seine en crue dépose Lula, la belle sirène, au pied du Flowerburger, la péniche-cabaret familiale où se produit Gaspard, toute l’existence du chanteur est définitivement bouleversée. Avec un Nicolas Duvauchelle parfait dans la loufoquerie tendre, une Marilyn Lima en sirène blonde dont le chant brise le cœur des hommes et une Rosy de Palma toujours brillamment too much, Mathias Malzieu, chanteur lui-même dans le groupe Dionysos, signe un conte de fées coloré et magique. On se laisse volontiers embarquer dans cet univers onirique et plein d’une délicate fantaisie. (Sony)
FERNANDEL
CresusStar du cinéma français pendant plusieurs décennies et champion du box office, Fernand Contandin alias Fernandel (1903-1971) était un comique emblématique. L’homme à « la gueule de cheval » fit quelques incursions dans le registre dramatique. En 1950, avec Meurtres ? de Richard Pottier, il est un viticulteur pris dans une sombre saga familiale sur la question sensible de l’euthanasie. En 1960, devant la caméra de Jean Giono qui met là en scène son seul long-métrage, il incarne un berger de Provence dans Crésus, une œuvre dépouillée et insolite. Jules a trouvé un conteneur bourré de billets de banque et cela va chambouler son existence… Quand le dénuement peut mener à l’amour… (Gaumont)
BAD EDUCATION
Bad EducationSourire ravageur, Frank Tassone est la coqueluche de tous au sein du lycée Roslyn de Long Island, le plus huppé et le plus en vue de l’Etat. Avec sa collègue Pam Gluckin, cet ancien prof d’anglais dirige cet établissement prisé qui bat des records d’admission. Mais Tassone a aussi un passé d’escroc tombé quelques années plus tôt pour de considérables détournements de fonds scolaires. En s’appuyant sur une histoire vraie, Bad éducation raconte l’histoire du plus grand détournement de fonds de l’histoire des USA au sein d’un établissement scolaire public. Hugh –X-Men- Jackman incarne avec brio ce manipulateur né qui exploite le système avec cynisme… (Warner)
MIRACLE A L’ITALIENNE – LE FUTUR EST FEMME
Miracle + FuturAvec sa collection « Make my Day », Jean-Baptiste Thoret mène, chez Studiocanal, un beau travail de cinéphilie ! Cette fois, il réunit, dans un même coffret, deux rares cinéastes transalpins. D’une part, Nino Manfredi, d’abord grand comédien et auteur de trois films seulement et, d’autre part, l’iconoclaste et inclassable Marco Ferreri. Du premier, on découvre Miracle… (1970), satire anticléricale et tragicomique sur l’existence ratée de Benedetti Parisi (Manfredi lui-même). Le second imagine, dans Le futur… (1984), l’aventure d’un couple (Hanna Schygulla et Nils Arestrup) qui ne veut pas avoir d’enfants à cause de l’apocalypse nucléaire et d’une femme enceinte célibataire (Ornella Muti) en quête d’un foyer. (Studiocanal)
LE TROU
TrouEn 1960, Jacques Becker achève le montage du Trou. Ce sera son ultime œuvre puisqu’il disparaît peu après. Avec ce film, à l’allure quasiment documentaire (le scénario est co-signé par José Giovanni qui en connaissait un bout sur le sujet), Jean-Baptiste Thoret présente la première édition limitée de sa bonne collection « Make my Day » qui comprend la version restaurée du film, deux heures de bonus et un livre de 180 pages. Accusé du meurtre avec préméditation de sa femme, Gaspard (Marc Michel) rejoint une nouvelle cellule de la prison de la Santé. Il découvre que ses quatre codétenus préparent une évasion en creusant un tunnel, censé les mener vers la liberté. Le film marque aussi les débuts au cinéma de Michel Constantin entouré de comédiens qui ont été réellement impliqués dans cette tentative d’évasion en 1947. (Studiocanal)

LE REPORTER, LE PERE, LE SOUDAN, BELA TARR ET L’ETRANGE SUSPECT  

HISTOIRE D’UN REGARD
Histoire RegardAlors qu’il est au sommet d’une fulgurante carrière de photojournaliste, Gilles Caron disparaît brutalement au Cambodge en 1970. Il a tout juste 30 ans. Mais il a laissé des photos, prises notamment à Paris ou au Vietnam, qui ont imprégné notre mémoire, ainsi celle de Daniel Cohn-Bendit, l’œil clair et goguenard devant un CRS en mai 68. En s’appuyant sur les 100.000 clichés du photoreporter et à une image qui fait écho à sa propre histoire, la cinéaste Mariana Otero reconstitue, à la fois, une création artistique et un parcours de vie qu’elle a découvert dans un livre, le seul témoignage écrit du photographe. Un documentaire très personnel qui rend un superbe hommage à Gilles Caron, à ses images et à un regard singulier. (Diaphana)
UN FILS
Un FilsTout va pour le mieux pour Farès, Meriem et Aziz, leur fils de 9 ans. Lors d’une virée en voiture dans le sud du pays, cette famille tunisienne moderne est prise pour cible par des tirs terroristes. Aziz est grièvement blessé… Pour son premier long-métrage, le Tunisien Medhi M. Barsaoui raconte superbement le drame qui fracasse un couple. Car, à l’occasion d’analyses nécessaires pour sauver l’enfant, on constate que Farès n’est pas le père biologique d’Aziz. Sobrement, le cinéaste, dans le huis-clos d’un hôpital, scrute les visages, évoque le trafic d’organes et capte les douleurs d’une femme perdue et d’un homme qui continue à vouloir sauver « son » fils. Avec brio, Sami Bouajila campe ce magnifique père bouleversé. (jour2fête)
TU MOURRAS A 20 ANS
Mourras 20 ansSortant d’une léthargie provoquée par des années d’obscurantisme, le 7e art soudanais a donné cette fiction (seulement la huitième de l’histoire de ce cinéma) signée d’Amjad Abu Alala, cinéaste de 37 ans. Dans la province d’Aljazira, peu après la naissance de Muzamil, un chef religieux a prédit qu’il mourra à 20 ans. La prédiction va bouleverser la famille de l’enfant, élevé par une mère qui le couvre d’attentions. Un jour, Muzamil a 19 ans… Et un homme, passionné de cinéma, l’amène à réfléchir sur le sens de la vie. Une œuvre visuellement superbe qui interroge la société soudanaise en parlant d’éducation et de liberté. (Pyramide)
SATANTANGO
SatantangoLe cinéma prend parfois des allures d’expérience esthétique et sensorielle… C’est le cas avec cette fresque du cinéaste et poète Bela Tarr, présentée en 1994 à la Berlinale et que peu de cinéphiles ont sans doute vu, en raison de sa durée exceptionnelle : plus de sept heures pour un récit, en douze épisodes, qui plonge dans le quotidien d’un village hongrois perturbé par la venue d’un homme qui propose aux habitants de récolter l’argent qui leur reste d’une ancienne ferme collective pour acheter un manoir, ailleurs en Hongrie. Utilisant avec brio le plan-séquence, le cinéaste hongrois (qui travailla neuf ans sur le film) adapte un roman de son compatriote Laszlo Krasznahorkai et signe une œuvre (restaurée) monumentale et rare… (Carlotta)
THE OUTSIDER
The OutsiderDans la forêt d’une petite ville de l’Oklahoma, on a retrouvé le corps mutilé d’un garçon de onze ans. Les enquêteurs suspectent un entraîneur de baseball réputé et respecté de tous. Mais Terry Maitland a un alibi en béton… Entre série criminelle réaliste et fantastique mâtiné de surnaturel, voici une solide mini-série HBO (dix épisodes de 55 minutes) adaptée d’un roman du maître Stephen King et créée par Richard Price. Si les preuves accablent Maitland, tout se complique pour l’inspecteur Anderson (Ben Mendelsohn) qui se rend compte que les vidéos de surveillance montrent le suspect à deux endroits différents le jour où l’assassinat a été commis. Anderson va faire appel  à un privé aux méthodes peu orthodoxes et aux capacités troublantes… (Warner)
WAITING FOR BARBARIANS
Waiting BarbariansAux confins de l’Empire britannique, dans un désert sans nom et dans un temps incertain, un magistrat gère un fort sur la frontière. Inquiet d’une invasion barbare, le pouvoir central dépêche sur place le colonel Joli, un tortionnaire de la pire espèce… Le Colombien Ciro Guerra (révélé en 2016 par L’étreinte du serpent) adapte un roman de l’Australien J.M. Coetzee et signe un drame historique classique autour de deux peuples qui vivaient en bonne entente et qui vont finalement entrer en conflit alors que rien ne le justifie. En magistrat posé, Mark Rylance est remarquable alors que Johnny Depp (Joli) et Robert Pattinson incarnent d’immondes officiers sadiques… (M6)
MORTAL
MortalJeune vagabond américano-norvégien, Eric s’est réfugié, seul, au cœur de la forêt, après avoir provoqué la mort de six personnes… Arrêté par la police, il rencontre Christine, une psychologue, qui semble pouvoir l’aider. Ensemble, ils constatent vite qu’Eric (Nat Wolff, vu dans Nos étoiles contraires) dispose de pouvoirs surnaturels qu’il ne maîtrise pas… Les choses se gâtent complètement lorsque les services américains décident de le transférer aux USA. Réalisateur de l’horrifique The Jane Doe Identity, André Øvredal propose un film fantastique qui joue la carte des effets visuels comme des mythes nordiques pour brosser le portrait d’un solitaire à l’humanité cachée… (Wild Side)
LA VERTU DES IMPONDERABLES
Vertu ImpondérablesNaguère, Claude Lelouch s’est fait dérober le scénario d’un film qui devait suivre le destin de deux familles de 1937 à nos jours… Conservant son optimisme face à ce mauvais coup, le cinéaste s’est lancé dans une nouvelle aventure en tournant avec un téléphone portable un film à petit budget où plusieurs personnages vivent des histoires de vol, d’infidélité, de dispute autour d’un orchestre méconnu qui s’apprête à se produire pour la dernière fois lors d’une fête viticole à Beaune… Comment passer de la brutalité d’un imprévu à la douceur de l’inespéré… Lelouch dirige Marianne Denicourt, Elsa Zylberstein, Stéphane de Groot, Ari Abitan, Béatrice Dalle ou Rufus et orchestre une comédie musicale onirique portée par une caméra virevoltante… (Metropolitan)
L’HOTEL DE LA PLAGE
Hotel PlageA l’été 1997, Michel Lang s’installe au Grand Hôtel des Bains à Loquirec, dans le Finistère, pour mettre en scène cette comédie estivale où les juilletistes croisent les aoûtiens alors que les petites histoires d’adultère, d’amours adolescents et de jeux d’enfants alimentent le quotidien d’estivants nouveaux venus ou vieux habitués. Avec le recul, cette aventure d’été et de détente a installé dans les mémoires quelque chose qui s’apparente au pur et vaguement nostalgique bonheur des vacances. Sorti en Blu-ray, le film permet de retrouver des comédiens attachants comme Michel Robin,Myriam Boyer, Daniel Ceccaldi, Sophie Barjac, Anne Parillaud, Guy Marchand ou Martine Sarcey. (Gaumont)
UN SOIR EN TOSCANE
Soir ToscaneC’est un beau projet que celui du cinéaste polonais Jacek Borcuch… A travers l’histoire d’une poétesse juive polonaise, lauréate d’un prix Nobel, il s’interroge sur une Europe qui a la tentation de fermer ses frontières et qui, plus généralement, craint l’Autre. Avec son mari aimant et sa fille, Maria Linde (la comédienne polonaise Krystyna Janda, comédienne chez Wajda, Zulawski ou Kieslowski) vit une existence agréable à Volterra, belle cité toscane. Maria a aussi un amant égyptien. Mais autour d’elle la tension monte, le sentiment de peur aussi… Une œuvre tout en subtilité qui ne donne pas la leçon mais interroge pourtant un monde désormais en péril… (Blaq Out)
PROXIMA
ProximaAstronaute française, Sarah s’entraîne avec acharnement pour partir, un an durant, à bord d’une mission spatiale baptisée Proxima. Seule femme au milieu d’hommes, Sarah doit se préparer aussi à la séparation avec Stella, sa fille de 8 ans. Remarquée en 2012 pour Augustine, son premier long-métrage, Alice Winocour signe un film ouvertement féministe en montrant une super-héroïne qui est également une mère. La cinéaste qui offre un très beau personnage à Eva Green, met aussi en exergue (en s’appuyant sur des témoignages de femmes astronautes) une femme qui essaye de concilier son rêve et sa vie privée et familiale. Dans les suppléments du dvd, deux entretiens avec la cinéaste et son interprète. (Pathé)

L’EPOUSE, L’AVOCAT, LA SCIENTIFIQUE, LA PSY ET LE GENERAL  

LA BONNE EPOUSE
Bonne EpousePaulette Van Der Beck est une femme de devoir. Elle met toute son ardeur à tenir son foyer, à s’occuper de son mari (François Berléand) et à diriger son école ménagère (installée dans le nord de l’Alsace) où elle enseigne à des gamines tout ce qu’il faut savoir et faire pour être une bonne épouse. Mais quand elle se retrouve veuve et ruinée, ses certitudes vacillent. Avec une Juliette Binoche, à l’aise dans le registre souriant, Martin Provost, réalisateur de Séraphine (2008) mène à bien cette comédie des sixities qui voit Paulette (entourée de deux acolytes incarnées par Noémie Lvovsky et Yolande Moreau) rencontrer l’amour dans les bras d’André Grunvald (Edouard Baer), humer le bon vent de mai 68 et du féminisme naissant et avancer vers la liberté… (Memento)
DARK WATERS
Dark WatersAvocat spécialisé, au sein d’un gros cabinet de Cincinnati, dans la défense de l’industrie chimique, Robert Bilott est contacté, en 1999, par Wilbur Tennant, un fermier de Virginie-Occidentale, qui l’implore de l’aider : ses vaches sont en train de mourir. La ferme est située juste à côté du site Dry Run appartenant au géant de la chimie DuPont. D’abord réticent, Bilott (Mark Ruffalo, excellent) accepte l’affaire, contre l’avis de quasiment tous ses proches. Commence alors un rude combat judiciaire de plusieurs années… Dans les suppléments, on trouve des entretiens avec le réalisateur Todd Haynes (auteur du remarquable Carol en 2015), les comédiens Mark Ruffalo, Anne Hathaway, Tim Robbins et l’avocat Robert Bilott. (Le Pacte)
RADIOACTIVE
RadioactiveDans le Paris de 1934, Marie Curie se meurt et se souvient de sa vie, de ses actes (on y fait référence à Hiroshima et Tchernobyl) et toutes les personnes importantes qui l’ont traversées. On n’est pas vraiment surpris de savoir que Marjane Satrapi, la réalisatrice fêtée de Persepolis (2007), se soit passionnée pour le destin de cette scientifique d’exception qu’était Marie Curie. De fait, la titulaire de deux prix Nobel (de physique en 1903 en commun avec Pierre Curie et de chimie en 1911) apparaît, ici, comme une femme déterminée à imposer, malgré les embûches, ses idées et ses découvertes au sein d’une société dominée par les hommes. Et même à braver l’opprobre dans sa liaison avec Paul Langevin. L’Anglaise Rosamund Pike incarne, intensément, cette femme angoissée, brillante, forte et libre… (Studiocanal)
UN DIVAN A TUNIS
Divan TunisAprès avoir exercé son métier en France, Selma Derwish, jeune psychanalyste, revient dans son pays d’origine, la Tunisie et ouvre son cabinet dans la banlieue de Tunis. Commence alors un exercice où le divan n’a pas la même signification pour tous les patients ! Pire, l’administration bancale du pays s’applique à lui mettre des bâtons dans les roues même si un séduisant policier semble vouloir l’aider. Pour son premier long-métrage, Manele Labidi réussit une comédie astucieuse (ah, le défilé des patients !) qui doit beaucoup au charme malicieux de l’Iranienne Golshifteh Farahani en « élève » du barbu viennois. Dans les suppléments du dvd, on trouve le commentaire du film par la réalisatrice ainsi que Une chambre à moi, un court-métrage de Manele Labidi. (Diaphana)
DE GAULLE
De GaulleEn juin 1940, Charles de Gaulle, fraîchement nommé général de brigade, tourne le dos au défaitisme du gouvernement Pétain et rejoint Londres pour incarner la France libre. Avec un Lambert Wilson à l’aise dans la peau du général, Gabriel Le Bomin signe un drame biographique qui manque sans doute un peu de souffle épique. Cependant le cinéaste réussit bien à nous faire entrer dans l’intimité de la famille De Gaulle notamment à travers le beau personnage d’Yvonne, l’épouse à laquelle Isabelle Carré apporte une singulière épaisseur. Tandis que De Gaulle bataille à Londres avec les Anglais pour sa légitimité, on suit cette femme courageuse lancée avec ses enfants (dont la petite Anne atteinte de trisomie 21) sur les chemins de l’exode avant de rejoindre Londres où le général prononce, le 18 juin, son fameux appel… (M6)
SILVER BEARS
Silver BearsFigure importante de la Nouvelle vague tchécoslovaque, Ivan Passer (1933-2020) est remarqué dès son premier film Eclairage intime en 1965. Fuyant la répression du Printemps de Prague en 68, il se réfugie, comme son ami Milos Forman, aux Etats-Unis où il réalisera une douzaine de films dont Cutter’s Way (1981), son meilleur film de sa période américaine. En 1978, il tourne cette comédie que Jean-Baptiste Thoret, dans sa bonne collection Make my Day, remet dans la lumière. Avec Michael Caine, Sybill Sheperd, Louis Jourdan ou Stéphane Audran en tête d’affiche, voici les aventures de Doc Fletcher, un expert financier, mandaté par un chef mafieux de Las Vegas, pour blanchir ses profits. Quand marché monétaire mondial rime avec parfait amour… (Studiocanal)
BRAVADOS
BravadosJim Douglass traque quatre bandits qui ont été vus à proximité de son ranch où sa femme a été violée et assassinée. Lorsqu’il les retrouve, ils sont en prison et promis à la pendaison. Mais les hommes réussiront à s’enfuir… Lancé à leurs trousses, Douglass les abat les uns après les autres en tentant de leur faire avouer le meurtre… En 1958, Gregory Peck, comédien aux idées libérales, accepta de tourner le film d’Henry King en réaction au maccarthysme et à sa justice sommaire et d’incarner un homme aveuglé par sa soif de justice expéditive. Lorsqu’il saura quel est le vrai coupable, Douglass, en forme de repentance, regrettera d’avoir été à la fois le juge, je jury et le bourreau… (Sidonis Calysta)
INTERSTELLAR
InterstellarLe très attendu Tenet de Christopher Nolan est désormais dans les salles obscures… L’occasion pour Warner de remettre le cinéaste sur le devant de la scène avec la sortie, en coffrets Steelbook 4K, de belles pépites du surdoué britannique… Sorti en 2014, Interstellar a reçu un bel accueil critique soulignant la virtuosité de Nolan lancé dans une épopée galactique transtemporelle de 2h49 appuyée sur les travaux d’un éminent physicien américain. Alors que la Terre se meurt, une équipe d’astronautes franchit un trou de ver apparu près de Saturne et conduisant à une autre galaxie. Une exploration dans l’espoir de trouver une planète habitable et y établir une colonie spatiale pour sauver l’humanité. (Warner)
MONOS
MonosDans ce qui ressemble à un camp de vacances isolé au sommet des montagnes de Colombie, des adolescents, tous armés, sont en réalité chargés, par une obscure Organisation, de veiller à ce que la « Doctora » Sara Watson (Julianne Nicholson vue dans la série Boardwalk Empire), une otage américaine, reste en vie. Mais quand les ados tuent accidentellement la vache prêtée par les paysans du coin, et que l’armée régulière se rapproche, l’heure n’est plus au jeu mais à la fuite dans la jungle… Entre le fantastique, la SF, l’action et la fable, le cinéaste sud-américain Alejandro Landes met en scène un récit de guerre et de perte de l’innocence. Devant cet univers de pluie, de brume, de rivière et de transpiration, on songe à Aguirre, la colère de Dieu mais aussi à la violence d’Apocalypse Now. Une œuvre déroutante mais plastiquement superbe… (Le Pacte)
LA DAME D’ONZE HEURES
Dame Onze HeuresJean Devaivre (1912-2004) est un cinéaste plutôt tombé dans l’oubli… Bertrand Tavernier évoqua son parcours de cinéaste et de résistant dans Laissez-passer (2002) en confiant son rôle à Jacques Gamblin. Ici, c’est Paul Meurisse qui étonne. Il incarne, avec un humour décalé, Stanislas Octave Seminario alias SOS, un juge d’instruction qui rentre du Gabon. Ami de la famille Pescara, il va être sollicité par Charles, le fils, qui l’informe que son père, fabricant de produits pharmaceutiques, reçoit de nombreuses lettres anonymes… Dans un style baroque et enlevé, avec un montage rapide et des comédiens de talent (Pierre Renoir, Jean Tissier, Junie Astor), Devaivre donne, en 1948, une enquête originale dans une ambiance de silences et de tensions… (Lobster)
SEULES LES BETES
Seules BetesUne femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n’ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition…. En fin conteur, Dominik Moll, révélé en 2000 avec Harry, un ami qui vous veut du bien, distille, dans de beaux paysages, une atmosphère trouble pour un polar sombre où chacun (les comédiens, de Denis Ménochet à Laure Calamy en passant par Damien Bonnard et Valeria Bruni-Tedeschi, sont très bons) a ses secrets dans une histoire qui commence, loin du froid des Causses, sous le soleil brûlant d’Afrique… Simplement captivant ! (Blaq Out)
BARON VAMPIRE
Baron VampireFondateur du « giallo » et considéré comme l’un des grands maîtres du cinéma fantastique italien avec des films comme Le masque du démon (1960) ou Six femmes pour l’assassin (1964), Mario Bava tourne, en 1972, un bon film d’horreur gothique dont on remarque aussi bien les qualités plastiques que l’interprétation de l’Américain Joseph Cotten (alors lancé dans le cinéma bis européen) et de la sexy Elke Sommer. Rien à avoir, ici, avec des vampires mais bien avec une malédiction. De retour en Autriche, dans le château médiéval de son ancêtre Otto von Kleist, Peter Kleist veut en savoir plus sur ce dernier promis à une mort violente après avoir ordonné de brûler une sorcière en place publique. Mais gare à trop invoquer l’âme du baron… (ESC)

LES TYCOONS, LE ROI, L’APPLI, DYNAMO ET LES SEINS DE JANE  

LE TEMPS DES NABABS
Temps NababsQuel point commun entre Pierre Braunberger, Anatole Dauman, Robert Dorfmann, Mag Bodard, Alain Poiré, Albina de Boisrouvray ou Jacques Perrin ? Ce sont des hommes et des femmes de l’ombre mais qui ont financé, avec une inventivité exceptionnelle, des pages marquantes du cinéma français. Pour une série documentaire de qualité (8 épisodes –des Romanesques aux Magnifiques en passant par les Tenaces ou les Immortels- en trois dvd), Florence Strauss a enquêté sur ces producteurs mythiques afin de répondre à la question « Comment produisait-on avant la télévision ? »  Autour des noces de l’art et de la finance, un épatant voyage où l’on découvre ces tycoons qui ont fait naître Casque d’Or, Jeux interdits, Le corniaud, Belle de jour, Z, Emmanuelle ou La grande bouffe… (Le Pacte)
SHADOW
ShadowOn avait un peu perdu de vue l’excellent Zhang Yimou depuis 2014 et Coming Home vu en sélection officielle à Cannes. Mais on se souvenait toujours avec délices d’Epouses et concubines ou de Ju Dou. Le cinéaste chinois de 68 ans est de retour avec un drame historique qui évolue aux lisières de l’opéra et du pur film d’arts martiaux. Au royaume de Pei, l’armée veut entrer en guerre contre un puissant voisin qui s’est emparé d’une grosse cité stratégique du royaume. Mais le roi a préféré faire la paix avec le général en chef des envahisseurs… Zhang Yimou est, ici, au meilleur de son art, tant pour la mise en images de l’action, la chorégraphie des combats que pour la qualité d’une image quasiment monochrome et belle comme une calligraphie… (Metropolitan)
JEXI
JexiJeune homme de son temps, Phil est accro à son portable. Lorsqu’il découvre la nouvelle application vocale Jexi, il s’empresse de l’installer. Mais Jexi qui doit lui permettre de mieux s’organiser, va prendre le contrôle de sa vie… Autour de Phil (Adam DeVine, vu dans Pitch Perfect)) qui développe quand même une dépendance morbide à son téléphone ultra-connecté, voici une comédie grinçante mais pas forcément caricaturale sur l’influence des réseaux sociaux et sur la dépendance à la technologie. Comme Jon Lucas et Scott Moore ont écrit le scénario du culte Very Bad Trip (2009), le tir à boulets rouges sur la société de surconsommation est au rendez-vous… Bref, une histoire d’amour pas téléphonée… (Metropolitan)
DUNKERQUE
DunkerqueAlors que les studios Warner s’orientent vers une sortie du très attendu Tenet pour le 26 août dans les salles françaises, on peut trouver, en blu-ray 4K et en coffret Steelbook, une série de films de Christopher Nolan dont son dernier en date qui met en scène l’opération Dynamo qui permit l’évacuation des troupes (essentiellement) britanniques prises au piège par l’avancement allemande, en mai 1940, sur la plage de Dunkerque. Avec la génération montante du cinéma anglais, Nolan met en scène, avec un vrai brio, une formidable course contre la montre entre des héros du quotidien et un ennemi presque constamment invisible. De la belle ouvrage ! (Warner)
LE BANNI
BanniEn 1941, le milliardaire Howard Hughes décide de produire et de réaliser un western (son second et ultime film qui sortira en 1943 après un tournage épique) autour des figures mythiques de Billy the Kid et de Doc Holliday dont l’amitié sera mise à rude épreuve à cause du vol de Red, le cheval de Doc… Mais The Outlaw (en v.o.) est entré dans la légende d’Hollywood à cause de la fascination de Hughes, cinéaste assez prétentieux, pour la belle et sensuelle Jane Russell, alors âgée de 20 ans, qui sera la grande révélation du film dans le rôle de Rio. La censure fit des misères (elle réclama plus de 100 coupes) à Hughes pour les multiples plans de l’avantageuse poitrine de Jane Russell qui émaillent ce sombre western… (Lobster)
LE RELAIS DE L’OR MAUDIT
Relais Or MauditDans le Nevada, à la tête d’un petit commando, le major sudiste Matt Stewart attaque un convoi de l’armée adverse et s’empare d’un magot en lingots d’or. Avec horreur, le major apprend, par un adversaire mourant, que la guerre civile est finie depuis quelques semaines. Le coup d’éclat du commando en fait désormais des hors-la-loi… Seule et unique réalisation de Roy Huggins, Hangsman’s Knot (1953) est un western captivant porté par une star du genre, Randolph Scott mais aussi par un excellent Lee Marvin. Les Sudistes défaits et traqués se réfugient dans un relais de diligence. Où, rapidement, la tension monte… (Sidonis Calysta)
VERONICA MARS
Veronica MarsEn 2014, l’arrêt soudain de leur série préférée navre les fans de Veronica Mars qui décident de financer un film de cinéma, réalisé par Rob Thomas… Les mêmes seront évidemment ravis du retour de la détective culte. Dans la saison 1 du reboot, Veronica et son père enquêtent sur l’explosion d’une bombe au Sea Sprite, un hôtel sur la promenade de Neptune. En plein Spring Break, la ville est en ébullition. Quant à Logan, de retour d’une mission au Moyen-Orient, il tente de préserver une relation de plus en plus romantique avec Veronica. La blonde Kristel Bell incarne toujours allègrement l’astucieuse Veronica dans ce must du « Teen Drama »… (Warner)
L’ETREINTE DU DESIR
Etreinte DestinAu cours d’une longue carrière, George Sherman s’illustra surtout dans le western. En 1955, il réalise Count Three and Pray (inédit en dvd) où il suit, à l’issue de la guerre de Sécession, Luke Fargo, joueur, bagarreur et coureur de jupons, qui décide de changer de vie. S’il rentre chez lui, c’est désormais plein de bonnes intentions, dans les habits d’un pasteur pressé de reconstruire l’église locale. Mais son passé lui colle aux bottes et certains se chargent de le lui rappeler… Van Heflin incarne cet étrange prédicateur au passé douteux, Raymond Burr est le méchant et Joanne Woodward, l’atout charme du film… (Sidonis Calysta)
A GOOD WOMAN
A Good WomanAprès le meurtre de son mari, Sarah Collins se retrouve seule avec ses deux enfants dans un quartier populaire d’Angleterre. Tentant de reprendre une vie normale, elle voudrait aussi que l’enquête permette de révéler la vérité derrière le meurtre. Lorsqu’un dealer fait irruption chez elle pour se mettre à l’abri et cacher sa drogue, Sarah n’a plus d’autre but que de protéger les siens. L’instinct protecteur de Sarah va céder la place à une terrible frénésie de vengeance. Un solide thriller anglais, sur fond de misère sociale, autour d’une jeune veuve (la comédienne irlandaise Sarah Bolger) décidée à ne plus s’en laisser compter… (M6)
DREAMKATCHER
DreamkatcherPsychothérapeute à Manhattan, Gail part s’installer au calme dans les montagnes avec son beau-fils Josh qui souffre de terribles cauchemars. Ils rencontrent Ruth, une étrange voisine qui collectionne, dans sa boutique, les attrape-rêves. Quand Josh lui dérobe l’un d’entre eux, ses cauchemars disparaissent mais son comportement change… Vue dans un bon double rôle dans Melinda et Melinda (2004) de Woody Allen, Radha Mitchell incarne cette Gail qui va devoir faire face, pour sauver Josh, à des manifestations de plus en plus inquiétantes. Et Kerry Harris joue habilement la double carte de la science et du paranormal… (Metropolitan)
LA BELLE DE SA N FRANCISCO
Belle San FranciscoEn 1945, John Wayne n’est pas encore, même s’il a déjà plus de soixante de films à son actif dont des chefs d’œuvre comme La chevauchée fantastique de John Ford, la star absolue du western. Devant la caméra de ce solide artisan du genre qu’est Joseph Kane, il incarne Duke Fergus, un cow-boy du Montana qui arrive à San Francisco et y découvre la passion du jeu. Bientôt, il tombe amoureux de la chanteuse Flaxen Terry, la petite amie du patron de saloon qui vient de le plumer… Inédit en blu-ray, le film se situe au carrefour du western et du film-catastrophe avec de bons effets spéciaux sur un tremblement de terre à Frisco… (Sidonis Calysta)
ANYA
AnyaPendant la Seconde Guerre mondiale, au cœur des Pyrénées, Jo, un jeune berger découvre  plusieurs enfants juifs qui se cachent pour fuir la folie nazie. Il rencontre aussi Benjamin qui a perdu sa fille Anya et espère son retour. Ensemble, ils vont tenter de faire passer les enfants en Espagne. Adapté d’un livre de Michael Morpurgo, connu pour ses ouvrages « jeunesse », voici une aventure tendre et romanesque sur le drame des Juifs face aux persécutions hitlériennes. Avec des comédiens comme le jeune Noah Schnapp entouré de vedettes comme Anjelica Huston ou Jean Reno, le Britannique Ben Cookson met en scène, dans de somptueux paysages, une aventure tragique et touchante… (Metropolitan)

LES GENS, L’AVENTURIER, L’INGENIEUR, SIMON, TOMMASO ET LES PAPIS  

REVENIR
Revenir Thomas est de retour, après une longue absence, dans la ferme où il est né… Son frère n’est plus et Thomas ne sait toujours pas comment il est mort. Sa mère est en train de mourir et son père ne lui parle plus depuis longtemps. Mais il retrouve Alex, son neveu de 6 ans et Mona, sa mère. Comment reconstruire une famille, c’est la question que pose Jessica Palud dans son premier long-métrage. Avec le remarquable Niels Schneider et l’incandescente Angèle Exarchopoulos, la cinéaste, dans la chaleur des paysages de la Drôme, évoque la rude condition paysanne et filme les corps au plus près, scrutant les visages pour y saisir les émotions… Finalement, on a presque l’impression de connaître ces gens.  (Pyramide)
VAUTRIN
VautrinProtagoniste de plusieurs romans de Balzac, le personnage de Vautrin est incarné, en 1943, devant la caméra de Pierre Billon, par un Michel Simon flamboyant dans le rôle du célèbre forçat. Évadé du bagne de Rochefort, Jacques Collin alias Trompe-la-Mort ou Vautrin, revient à Paris sous l’habit du moine espagnol Herrera. Il va s’appliquer à faire d’un beau jeune homme, Lucien de Rubempré, « son âme visible », son instrument dans sa quête du pouvoir. « Le secret de la réussite, dit Vautrin, Droit au but et vite ». Mais les amours de Lucien (Georges Marchal) avec Esther Gobseck (Madeleine Sologne) renverront l’aventurier à sa solitude… Une sortie Blu-ray en version restaurée. (Gaumont)
LE VENT NOUS EMPORTERA
Vent Nous EmporteraQuelques personnes de Téhéran arrivent à Sia Dareh, un village perdu au bout de la piste dans le Kurdistan iranien. On ne sait pas très bien ce qu’ils viennent faire, sans doute un reportage sur des rituels de deuil… Les habitants l’ignorent aussi. L’ingénieur Behzad flâne ainsi dans l’ancien cimetière, rencontre régulièrement l’énigmatique fossoyeur, faisant croire aux villageois qu’il cherche un trésor. Le cinéma d’Abbas Kiarostami fonctionne par petites touches, captant les ombres et la lumière autant que des fragments d’existence. Réalisée en 1999 et Grand prix du jury à la Mostra de Venise, cette fable, qui fait la part belle aux paysages et au vent, s’applique à faire évoluer le regard de l’ingénieur… (Potemkine)
LA DERNIERE VIE DE SIMON
Derniere VieS imonA 8 ans, Simon est orphelin et son rêve est de trouver une famille prête à l’accueillir. Mais Simon n’est pas un enfant comme les autres. Le gamin dispose d’un pouvoir secret : il est capable de prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touchée… Avec son premier long-métrage, Léo Karmann aborde le fantastique, genre peu répandu dans le cinéma français et marche dans les pas de Spielberg avec son goût pour le merveilleux. Simon est en quête d’identité dans sa fin d’adolescence. Heureusement, l’amour pourrait bien passer par là… Un beau film attachant qui parle de « magie » sans être infantile, porté par Benjamin Voisin, excellent Simon jeune adulte… (jour2fête)
TOMMASO
TommasoArtiste américain, Tommaso vit désormais à Rome avec sa femme Nikki et leur fille DeeDee. Ancien junkie, il s’applique à mener une vie rangée, rythmée notamment par l’écriture de scénario, la méditation, le yoga et des réunions aux AA… Mais Tommaso reste toujours obsédé par des pensées paranoïaques et par une jalousie maladive. À tel point que réalité et imagination viennent à se confondre. Abel Ferrara et Willem Dafoe ont déjà tourné une demi-douzaine de films ensemble et le comédien, double du cinéaste, se glisse avec aisance dans l’univers (aux allures de thérapie) quand même bien déjanté d’un Ferrara qui n’aime rien tant que déstabiliser le spectateur… (Capricci)
PAPI SITTER
Papi SitterCamille, qui n’a pas beaucoup travaillé durant l’année du bac, est envoyé par ses parents chez son grand-père André, ancien gendarme pas vraiment marrant, chargé de lui faire réussir son examen… Pour l’adolescente, c’est déjà la pure cata mais tout se gâte lorsque Teddy, l’autre grand-père de Camille, ancien gérant de boîte de nuit, débarque. Ancien rugbyman reconvertit dans le cinéma, Philippe Guillard reconstitue le duo du Fils de Jo (2011) et confie un rôle de solide psychorigide à Gérard Lanvin et de joyeux loufoque à Olivier Marchal. Forcément, la cohabitation entre les papis s’avère compliquée. Et Camille va en profiter. Une agréable comédie avec deux comédiens populaires qui se régalent de répliques qui font tilt. (Gaumont)
TIRE DJANGO TIRE
Tire Django tireLe bandit Chad Stark s’évade de prison où il moisit depuis des mois et tue l’un de ses associés. Menacé de pendaison, un riche rancher mexicain lui propose de le sauver à condition qu’il retrouve son fils Miguel acoquiné avec une bande américaine. Mais Chad (Brian Kelly) découvre surtout que le rancher a une vilaine idée derrière la tête… Jeune frère de Sergio Corbucci, Bruno (1931-1996) tourne en 1968 Spara, Gringo, sapara qui se retrouve, en vf, avec Django dans son titre, pour stricte raison commerciale, on imagine… Dans la collection Western européen d’Artus, une série B spaghetti qui multiplie les péripéties sur fond de beaux paysages, de chevauchées et de gros « gunfight », le tout saupoudré d’humour… (Artus)
TOKYO JOE
Tokyo JoeAprès la guerre, Joe Barrett revient à Tokyo où il tenait un bar… Contraint de quitter le pays en hâte, Barrett a laissé, outre son tripot, bien des choses derrière lui dont sa femme, une chanteuse désormais remariée mais surtout une petite fille dont il a découvert l’existence… Bien sûr, avec cet étranger qui tient un bar, on ne peut s’empêcher de songer au cultissime Casablanca (1942). Mais Stuart Heisler (qui réalise le film en 1949) n’est pas Michael Curtiz. Reste le plaisir de retrouver Humphrey Bogart dans cette aventure de contrebande et de chantage. Bogey, qui a produit le film, voulait y cultiver son image de héros romantique… Et comme on est fan de Bogart, ce film se regarde avec plaisir. (Sidonis Calysta)
THIS IS US
This Is UsIl y a 18 millions de personnes dans le monde qui partagent le même anniversaire… Autour de ce thème –naître le même jour- Dan Fogelman a imaginé, en 2016, une bonne série télé qui s’est imposée comme un grand et bon mélo conjuguant habilement drame, émotion et humour.  Tout le monde a une famille et chaque famille a son histoire. Dans ce coffret qui réunit l’intégrale des trois premières saisons, on suit les aventures des Pearson depuis les années 80 lorsque Jack et Rebecca sont de jeunes parents jusqu’à aujourd’hui où leurs enfants Kevin, Kate et Randall, 37 ans, sont tous trois en quête d’amour et d’épanouissement… Des gens ordinaires et des humains normaux ou la vie comme elle va… (Fox)
MYSTERY MEN
Mystery MenMr. Furieux, le Fakir bleu et La Pelle, trois super-héros de seconde zone, ont enfin l’opportunité de se faire connaître quand Capitaine Admirable, le héros de Champion City, est fait prisonnier par son ennemi mortel, Casanova Frankenstein. Avec Ben Stiller, William H. Macy ou Greg Kinnear, voici une étonnante et souvent désopilante parodie des comics. Boudé à sa sortie en salles en 1999, le film est cependant culte pour toute une génération geek. Il est vrai que le manieur de pelle, le lanceur de fourchettes ou l’explosif Roy sont de sacrés losers. Cette comédie gravement déjantée et volontiers irrévérencieuse sort dans une belle édition collector riche en suppléments. Si vous avez besoin de superhéros, ne comptez pas sur eux ! (L’atelier d’images)
NINA WU
AAANinaWuJeune comédienne provinciale, Nina Wu galère depuis son installation à Taïpei. Son agent lui trouve enfin une vraie audition mais elle hésite parce que le scénario fait la part belle à des scènes de nu et de sexe. Pourtant décidée à saisir sa chance, Nina se rend au casting, dans une chambre d’hôtel en pleine nuit. Révélé par Adieu Mandalay (2016), le cinéaste taïwanais Midi Z abandonne ici le thème de l’immigration pour évoquer l’exploitation des femmes dans le monde du spectacle. Dans un récit captivant, sans chronologie narrative, Midi Z se penche sur le traumatisme d’une jeune actrice face au prix à payer pour atteindre son rêve. Le syndrome #MeToo est évidemment présent… (Epicentre)
LETTRE A FRANCO
Lettre FrancoDurant l’été de 1936, alors qu’éclate la guerre civile espagnole, l’écrivain et philosophe Miguel de Unamuno s’exprime à Salamanque en faveur du coup d’Etat du général Franco. Mais, devant les dérives fascisantes des nationalistes, ce grand sage d’Espagne va être amené à se questionner sur sa position initiale. Réalisateur de Tesis et Mar adentro, Alejandro Amenabar aborde, pour la première fois, le film historique au travers des doutes et du conflit intérieur d’un intellectuel qui assiste à la montée en puissance d’un dictateur fade mais inquiétant dans sa volonté de semer la terreur dans son pays… En évoquant, à travers l’histoire du Caudillo, le spectre d’une Europe réactionnaire, le cinéaste espagnol est d’une singulière actualité. A Franco, l’écrivain lance : « Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas ». (Blaq Out)

LE BONHEUR, GUITRY, KIAROSTAMI, LA STAR, LA MERE ET MORETTI  

MOSCOU NE CROIT PAS AUX LARMES
Moscou LarmesKatia, Antonina et Lioudmila montent à Moscou pour trouver l’âme sœur et connaître l’amour, le bonheur et la prospérité. Occupant un bel appartement en l’absence des propriétaires, les trois amies se font passer pour des intellectuelles afin de faire des rencontres…. Dans l’Union soviétique de la fin des années 50, Vladimir Menchov détaille le portrait de trois femmes et livre une comédie romantique qui capte bien l’atmosphère de la société sous Khrouchtchev. Réalisé en 1979 (et couronné de l’Oscar du meilleur film étranger en 1981), le film est devenu culte. Vera Alentova incarne cette Katia qui rêvait d’entrer à l’université, sera ouvrière et saura prendre l’ascenseur social pour devenir directrice de son usine et mener sa vie sans l’aide des hommes… (Potemkine)
LES PERLES DE LA COURONNE
Perles CouronneNotoirement féru d’histoire, Sacha Guitry souhaitait, dans ses films en costumes, lui rendre hommage… Mais, selon l’expression de Jacques Lourcelles, ce sont surtout des fantaisies historiques que le cher Sacha a signées… C’est le cas, en 1937, où, dans un film coréalisé avec Christian-Jacque, il se glisse dans la peau de l’historien Jean Martin. Celui-ci va raconter à sa jeune épouse (Jacqueline Delubac) les tribulations fabuleuses d’un collier composé de sept perles fines qui passèrent entre des mains royales mais dont trois ont mystérieusement disparu. Martin décide alors de mener l’enquête. Ce qui fait le charme de Guitry, c’est le brio de ses dialogues, l’élégance de sa mise en scène et le plaisir qu’il prend à incarner François 1er ou Napoléon III… (Gaumont)
LE GOUT DE LA CERISE
Gout CerisePalme d’or à Cannes 1997 (ex-æquo avec L’Anguille de Shohei Imamura), Le goût de la cerise est une œuvre emblématique du cinéma d’Abbas Kiarostami. Dans un paysage terreux près de Téhéran, Badii, un homme las et désespéré, conduit son 4×4 au ralenti en scrutant les passants. Car Badii, qui veut mettre fin à ses jours, cherche celui qui pourra enterrer son corps. Des rencontres que l’homme va faire dans sa voiture (dont un vieil homme qui lui explique comme des mûres délicieuses lui ont sauvé la vie), le cinéaste iranien tire la matière d’une fable philosophique et poétique. Certes, le film est lent mais il est formellement beau, hypnotique à souhait et surtout il distille un sobre hymne à la vie… (Potemkine)
JUDY
JudyDans sa prime jeunesse, Judy Garland était une star d’Hollywood qui triompha notamment dans le fameux Magicien d’Oz en 1939. A l’hiver 1968, quelques mois seulement avant sa disparition, Judy Garland (1922-1969) est à Londres pour une série de concerts à guichets fermés. Avec une Renée Zellweger (toujours au bord du cabotinage) qui décrochera l’Oscar pour son interprétation, Rupert Goold raconte les derniers feux d’une comédienne au bout du rouleau et d’une femme pathétique brisée par l’alcool, les médicaments, les excès et la solitude. Un biopic musical soigné sur une véritable icône du 7e art qui aurait peut-être mérité un traitement plus flamboyant… (Pathé)
LARA JENKINS
Lara JenkinsTous les jours se ressemblent pour Lara Jenkins, fonctionnaire retraitée à Berlin et femme très solitaire. Dans son existence, il n’y a que Viktor, son fils, pianiste de talent, qui va donner, le soir du 60e anniversaire de sa mère, un premier grand concert avec une œuvre de sa composition. Ce jour-là, Lara est allée au théâtre pour acheter tous les billets encore disponibles. Mais, voilà des semaines déjà que Viktor ne répond plus aux appels de sa mère. Après un premier film remarqué (Oh Boy en 2012), le cinéaste allemand Jan-Ole Gerster réussit une œuvre intime (mais non dépourvue de touches d’humour) qui brosse le portrait d’une femme (Corinna Harfouch, remarquable) mise à mal par sa relation toxique à ce Viktor dont elle a toujours exigé l’excellence… (KMBO)
VIVA NANNI !
Viva NanniIntéressante initiative que de réunir deux films (en versions restaurées) des débuts de Nanni Moretti… Du singulier réalisateur italien, on retrouve ainsi Bianca (1984) et La messe est finie (1985), deux autoportraits plutôt grinçants, voire angoissants où Moretti dévoile une personnalité narcissique, masochiste et obsessionnelle. A travers deux personnages qu’il incarne avec brio, un prof de maths passablement perturbé dans le premier film, un prêtre dans le doute dans le second, le cinéaste palmé à Cannes pour La chambre du fils (2001), distille une réflexion ironique et volontiers absurde sur la quête du bonheur, sur l’amour, l’Autre et son regard, sur la fidélité… (Carlotta)
QUELQU’UN DERRIERE LA PORTE
Quelqu'un PorteUn soir, dans la salle d’attente de son hôpital, le neuropsychiatre Lawrence Jeffries récupère un inconnu complètement déboussolé. Prétextant déposer l’homme à la gare, il le ramène chez et lui raconte qu’il va s’occuper de le soigner. De fait, le médecin va embarquer l’inconnu au cœur d’une machination bien tordue pour se venger de sa femme infidèle. Dans sa bonne collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret remet en lumière ce film quelque peu oublié et réalisé en 1971 par Nicolas Gessner avec deux pointures américaines de l’époque. Anthony Perkins donne une variation sur la folie cachée, façon Psychose. Dans un contre-emploi, Charles Bronson, alors dans sa période française, est surprenant. Un thriller psychologique en forme de sombre huis clos aux accents de la Symphonie du nouveau monde de Dvorak… (Studiocanal)
MINE DE RIEN
Mine RienAutrefois, la mine de charbon était la fierté du Pas-de-Calais. Aujourd’hui, elle n’est plus qu’un sombre souvenir. Mais Arnault et Di Lello, même s’ils sont au bout du rouleau, ne veulent pas voir tirer un trait sur leur existence et surtout pas sur la mémoire ouvrière. Pour sauver leur mine, ces deux anciens mineurs, rejoints par des copains, caressent le rêve de transformer le carreau en parc d’attraction « artisanal ». Mais les obstacles sont nombreux. En se souvenant de son grand-père qui travaillait à la fosse, Mathias Mlekuz tire, d’une histoire triste, une comédie sur une belle solidarité. Arnaud Ducret, Philippe Rebbot, Mélanie Bernier portent cette aventure qui donne le sourire… (Orange)
OUT OF TIME
Out Of TimeChef de la police d’une petite cité de Floride, le commissaire Whitlock mène sa vie entre son boulot tranquille, sa femme (Eva Mendes) qui le quitte et Ann, sa maîtresse, épouse d’un type violent. Lorsqu’Ann apprend qu’elle est très malade, Whitlock, sous le choc, décide de lui venir en aide en « empruntant » une forte somme saisie dans une grosse affaire de drogue et conservée dans ses locaux. Mais, pris au piège d’une machination, le flic devient le suspect n°1 d’une affaire bien tordue. En 2003, Carl Franklin, en s’appuyant sur la star Denzel Washington, tourne ce thriller moite (pour la première fois en Blu-ray) où un policier intègre se débat contre des preuves qui l’accablent… (L’Atelier d’images)
UNDERWATER
UnderwaterA 11.000 mètres de profondeur dans la fosse des Mariannes, à l’endroit le plus profond de la croûte terrestre, une station de forage est victime d’un mystérieux accident. A bord, l’équipe scientifique va essayer de survivre… Auteur de The Signal (2014), bon film de SF, l’Américain William Eubank signe, ici, un thriller fantastique mâtiné d’épouvante puisqu’une entité marine menace les survivants de la station Kepler 822. Avec un casting international (Kristen Stewart, Vincent Cassel ou T.J. Miller), Eubank réussit, malgré de lourdes difficultés de production et un scénario convenu, à distiller un spectacle rondement mené qui fait volontiers songer à Alien ou à Abyss…  (Fox)
EMANUELLE ET LES DERNIERS CANNIBALES
Emanuelle CannibalesSe faisant passer pour une malade, Emanuelle enquête discrètement dans un hôpital psychiatrique et découvre un cas de cannibalisme. La journaliste décide de contacter un éminent scientifique pour filer en Amazonie à la recherche de rites tribaux que l’on croyait disparus. En 1977, l’Italien Joe d’Amato retrouve Laura Gemser, celle dont il fit la sexy Black Emanuelle, et l’entraîne sur la traces de sauvages et voraces cannibales… Il ne faut chercher aucune crédibilité dans cette histoire (ah, les galipettes dans une jungle truffée de dangers !) mais savourer un genre disparu, ce cinéma bis qui mêle ici l’horreur du gore et la concupiscence. Une jolie édition dvd enrichie d’un livret (64 p.) de David Didelot sur le parcours de D’Amato. (Artus)
THE COURIER
The CourierLorsque Ezekiel Mannings, baron international de la drogue, est arrêté à Washington et assigné à résidence, il semble pourtant ne rien craindre… Lorsqu’il apprend que la police londonienne détient un témoin capital, Mannings (Gary Oldman), désormais inquiet, décide de le faire éliminer. Mais, par hasard, une livreuse à moto va déjouer tous les plans des affreux. Il ne faut pas trop chercher de « réalisme » dans le scénario du film de Zachary Adler. Par contre, autour du personnage anonyme et redoutable de la livreuse (on comprend qu’elle fut un soldat d’élite), véritable fantôme increvable (Olga Kurylenko en mode badass), ça défouraille sans interruption et dans tous les sens. De l’action, encore de l’action ! (Metropolitan)

LE CHEMINOT, LE COW-BOY, LES CAPORAUX, LA CALOMNIE ET LA TRAQUE  

LA ROUE
La RoueA une époque, les années 20, où le cinéma était un formidable terrain d’expérimentation formelle, Abel Gance (1889-1981) se lançait dans une œuvre démesurée et pharaonique avec La roue que l’on peut découvrir, après un long et minutieux travail de reconstitution et de restauration, dans une version de 7 heures, la plus proche de celle présentée à sa sortie en 1923. Saga mélodramatique, le film raconte la relation entre Sisif, un cheminot, qui lutte pour cacher à Norma, l’orpheline qu’il a recueillie lors d’un accident ferroviaire puis adoptée, l’amour qu’elle lui inspire… Sur une liste musicale composée par Arthur Honegger et Paul Fosse, un étonnant jalon dans l’histoire du 7e art. Dans les suppléments, on trouve Cahiers d’une restauration, un livret exclusif de 140 pages mais aussi un documentaire sur les coulisses du tournage réalisé par Blaise Cendrars. (Pathé)
SEULS SONT LES INDOMPTES
Seuls sont IndomptésDans les années 60, l’Ouest n’est plus un territoire à conquérir… Lorsqu’il regarde le ciel, Jack Burns y voit la trace blanche des avions de ligne. Individualiste, se déplaçant toujours à cheval, ce cow-boy revint voir son amie Jerri (Gena Rowlands), l’épouse de son meilleur ami et apprend qu’il est en prison. Jack va provoquer une bagarre pour rejoindre son ami en prison et tenter de le faire évader. Film préféré de Kirk Douglas (qui prétendit l’avoir partiellement mis en scène), Lonely are the Brave (1962), réalisé par David Miller, est, à la fois, une histoire de chasse à l’homme (Evadé, Burns est traqué par le flic Walter Matthau) et une parabole grave sur les belles heures de l’Ouest. Kirk Douglas campe brillamment ce westerner perdu… (Sidonis Calysta)
1917
1917« J’espérais que ce serait une bonne journée… » Pris dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, Schofield et Blake, deux jeunes soldats anglais, se voient assigner une mission… impossible. Porter, à travers les lignes ennemies, un message qui permettra d’éviter un piège ennemi et ainsi de sauver la vie de 1600 militaires. Réalisateur de Skyfall, l’un des bons 007, Sam Mendès s’empare d’un genre très balisé, le film de guerre, et le réinvestit brillamment. Si la course contre la montre des deux caporaux (les comédiens George MacKay et Dean-Charles Chapman sont remarquables) est palpitante et si la mort est omniprésente, la mise en scène, sans être révolutionnaire, est magnifique en utilisant le plan-séquence pour l’intégralité de son film ! Spectaculaire… (Universal)
LA RUMEUR
La RumeurDans la brillante carrière de William Wyler, The Children’s Hour (1961) n’est sans doute pas le film le plus remarqué. Pourtant, le Mulhousien d’Hollywood signe là un drame bien photographié et mis en scène (à partir d’une pièce de Lillian Hellman) autour d’un déchirant duo composé d’Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. Amies depuis l’enfance, la gracile Karen et la solide Martha dirigent un pensionnat de jeunes filles de bonne réputation. Mais les mensonges de Mary, une écolière tourmentée, vont déclencher un terrible et funeste engrenage. La rumeur fut l’un des premiers films à évoquer, entre calomnie et société hypocrite, l’homosexualité féminine. Une belle édition enrichie de bons suppléments dont un livret comprenant un entretien inédit avec Catherine Wyler, la fille du cinéaste. (Wild Side)
LE CAS RICHARD JEWELL
Cas Richard JewellAgent de sécurité lors des J.O. de 1996 à Atlanta, Richard Jewell donne l’alerte sur la présence d’une bombe dans le Centennial Olympic Park. Si celle-ci explose bien, l’évacuation des lieux permet cependant de sauver de nombreuses vies. Petit homme rond rêvant de devenir policier, Jewell devient instantanément un héros… avant d’être suspecté par le FBI. Et si Jewell avait lui-même posé la bombe ? Dans un de ces films efficaces dont il a le secret, le vétéran Clint Eastwood s’empare d’une histoire vraie et retrace un parcours qui amène Jewell (Paul Walter Hauser) du statut de héros à celui de paria. Soutenu par un avocat marginal (Sam Rockwell) et par sa mère (Kathy Bates), Jewell, constamment traqué, va devoir longuement lutter contre deux puissants pouvoirs : le gouvernement des USA et les médias… (Warner)
UN SINGE EN HIVER
Un Singe HiverEn juin 1944, les bombes pleuvent sur le village de Tigreville. Hôtelier porté sur la bouteille, Albert Quentin se souvient de ses années militaires sur le Yangzi Jiang et jure de renoncer à boire si sa femme et lui s’en sortent. Quinze ans plus tard, Gabriel Fouquet débarque dans l’hôtel d’Albert. Gabriel boit pour oublier sa compagne et s’imagine dans la peau glorieuse d’un toréador… Au contact de Gabriel, Albert revit… En 1962, Henri Verneuil, sur de brillants dialogues de Michel Audiard, orchestre une œuvre sur la tentation de l’alcool, sur les vieux rêves et réunit deux générations avec Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo. On remarque, dans ce film-culte grave et émouvant, le respect mutuel de deux comédiens au meilleur de leur art. (Gaumont)
JOJO RABBIT
Jojo RabbitPetit garçon allemand vivant (mal) pendant le IIIe Reich, Jojo Betzler est un solitaire que les gamins de la Hitlerjugend martyrisent volontiers. Mais Jojo cultive un imaginaire foisonnant où il reçoit la visite de son ami… Adolf Hitler. Les certitudes de Jojo s’effondrent lorsqu’il découvre que sa mère (Scarlett Johansson) cache une jeune fille juive dans le grenier de leur maison. Et même si elle a peur, Elsa n’est pas prête à s’en laisser conter. Le cinéaste néo-zélandais Taiki Waititi (qui incarne lui-même un Fuhrer bien dérangé) réussit une satire culottée du nazisme tout en traitant aussi, avec émotion, une relation mère-fils reposant sur un dangereux secret. Un film allègre et coloré pour une réflexion sur une idéologie nauséabonde. (Fox)
EN AVANT
En Avant« Autrefois, le monde était rempli de merveilles… » Dans la banlieue d’un univers imaginaire, Ian et Barley, deux frères elfes aux personnalités opposées, sont persuadés qu’il reste encore un peu de magie dans le monde. Dans une quête extraordinaire, ils vont faire face à un sortilège pour retrouver, le temps d’une journée, leur père trop tôt disparu. En s’appuyant sur sa propre histoire, le réalisateur Dan Scanlon (scénariste de Cars et réalisateur de Monstres Academy), imagine un univers plein d’aventures fantastiques à propos d’une baguette de sorcier… Autour du deuil et de l’absence, voici une bonne création Pixar sur le besoin de chacun de croire à la magie qui se cache en nous. (Disney)
LA CIBLE HUMAINE
Cible HumaineConnu comme le tireur le plus rapide de l’Ouest, Jimmie Ringo voudrait oublier ce passé violent… Mais, face à Eddie, un jeune pistolero outrecuidant qui le défie, Ringo n’a d’autre choix que tuer. Sachant qu’Eddie a trois frères qui voudront le venger, Ringo se réfugie dans la petite ville de Cayenne dont le shérif est son ami et où il espère revoir sa femme… Le sous-estimé Henry King signe, en 1950, ce Gunfighter, dense et sombre western où Gregory Peck incarne avec force un tireur éprouvé, maussade et dépourvu de glamour. Pour le cinéaste, il s’agit d’être le plus réaliste possible dans cette tragédie où la notoriété d’un roi de la gâchette s’avère être une malédiction… (Sidonis Calysta)
DIX JOURS SANS MAMAN
Dix Jours sans Maman« Je donnerai n’importe quoi pour être à ta place… » Il ne savait pas vraiment ce qu’il venait de dire à Isabelle, son épouse, l’excellent Antoine ! DRH d’une grande enseigne de bricolage, il est en passe d’en devenir le n°1. C’est le moment que choisit sa femme pour faire une pause. Antoine se retrouve seul à gérer la maison et leurs quatre enfants. Si les films sur la famille ne manquent pas, Ludovic Bernard s’empare avec efficacité des pièges familiaux qui s’ouvrent devant un père vite débordé. Frank Dubosc est à l’aise dans le rôle d’Antoine et cette comédie populaire se regarde agréablement… (Studiocanal)
LA LISTE DE NOS REVES
Liste Nos RevesJeune bagagiste à l’aéroport de Cape Town, Calvin est persuadé qu’il est gravement malade. Un jour, ce parfait hypocondriaque va faire la connaissance de Skye. La jeune fille, elle, est très malade et a décidé de faire la liste des choses importantes qu’elle veut accomplir avant de disparaître. En l’accompagnant, Calvin va apprendre ce que c’est de vivre tout en oubliant ses plus grandes peurs. Avec les deux comédiens britanniques Asa Butterfield (vu dans Hugo Cabret de Scorsese) et Maisie Williams (qui fut Arya Stark dans Game of Thrones), Peter Hutchings signe une comédie romantique pleine de tendresse et d’humour… (L’Atelier d’images)
J’Y CROIS ENCORE
J'y Crois EncoreJeremy et Melissa filent le parfait amour lorsqu’ils apprennent que la jeune femme est atteinte d’une maladie incurable. Malgré l’incompréhension de leurs proches, ils décident de se marier et de lutter ensemble. De Love Story (1970) à Nos étoiles contraires (2014), le thème de la lutte à deux contre la maladie a souvent donné lieu à des films émouvants. Les frères Erwin s’appuient, ici, sur l’histoire vraie de Jeremy Camp, guitariste chrétien évangélique américain, et de son épouse disparue à l’âge de 21 ans. Sur fond de concerts de rock chrétien, une histoire à l’eau de rose qui affirme qu’il ne faut jamais cesser de croire… En VOD. (Saje)

L’IMMIGRANT, LE/LA COMEDIEN(NE), LES ESPIONS, MEPHISTO ET LE GENIE BARBU  

TONI
ToniLorsqu’en 1934, il réalise cette « tragédie antique », Jean Renoir ne se doute pas qu’il pose les bases du néo-réalisme (Luchino Visconti est assistant sur le film) qui marquera en profondeur le cinéma italien. Toni, c’est une histoire d’ouvriers et d’amis autour de l’immigration. Immigrer est rarement un choix, c’est toujours une douleur. A Martigues, entre Marie la Provençale qu’il épouse et Josefa l’Espagnole qu’il désire, Toni le rital (Charles Blavette) va être emporté dans un drame terrible et sordide. Avec une écriture superbe, Renoir, dont ce n’est pas l’œuvre la plus connue, met en scène, sur les terres de Pagnol, un film qui finit exactement là où il a commencé… Une œuvre puissante et remarquable sur l’univers du travail, présentée dans une belle version Blu-ray. (Gaumont)
TOOTSIE
TootsieActeur intransigeant mais connu pour son mauvais caractère, Michael Dorsey écume les castings mais sans réussir à trouver de rôle. Alors qu’il accompagne son amie Sandy à une audition pour un célèbre soap, il décide de changer d’identité et revient au studio sous les traits de la comédienne Dorothy Michaels. Pour cette femme de caractère, le succès sera vite au rendez-vous. Mais comment expliquer désormais à la charmante Julie que, lui Michael, est épris d’elle ? En 1982, Dustin Hoffman et Sydney Pollack réussissaient une brillante comédie sur le travestissement et l’art du comédien… Voici, en coffret Ultra collector, une belle version restaurée enrichie de bons suppléments dont le making-of du film ainsi qu’un livre inédit (160 p.) sur un chef d’œuvre en train de se faire… (Carlotta)
LE BUREAU DES LEGENDES – SAISON 5
Bureau Legendes S5Retrouvailles avec Marie-Jeanne, JJA (dont la santé mentale commence à être chancelante), Marina, Raymond Sisteron et bien évidemment ce Malotru alias Paul Lefèvre, plus que jamais, au cœur d’une cinquième saison (10 épisodes de 50 mn) d’un Bureau des légendes bien secoué par diverses péripéties et dont on ne se lasse définitivement pas. La série créée par Eric Rochant tient toujours le cap avec des situations qui se déplacent de Moscou au Caire en passant par Amman et Phnom Penh. Donné pour mort, Malotru (Mathieu Kassovitz) revient cependant dans le jeu et va permettre de mettre en place un piège pour retourner un ponte du FSB. Les deux deux derniers épisodes ont été mis en scène par Jacques Audiard. Le 10e et dernier est fantastique à souhait… (Studiocanal)
UN PACTE AVEC LE DIABLE
Pacte DiableJuge incorruptible, Joseph Foster (Thomas Mitchell, compagnon de route de John Ford) est obnubilé par l’idée de faire tomber un truand qui tient la ville sous sa coupe. Il va recevoir l’aide, très intéressée, du séduisant Nick Beal… Connu pour La grande horloge (1948), John Farrow tourne, l’année suivante, ce film noir mâtiné de fantastique puisque Nick Beal n’est autre que le diable dont Ray Milland fait un brillant Méphisto en complet veston. Peu connu et longtemps oublié, ce film est une vraie pépite. Son scénario est excellent, ses interprètes brillants et surtout Farrow, cinéaste sous-estimé, développe, ici, une écriture très élaborée dans une grande économie de mise en scène… (Sidonis Calysta)
PHIL TIPPETT : DES REVES ET DES MONSTRES
Phil TippettDerrière sa grosse barbe blanche, Phil Tippett, qui apparaît plutôt comme un type taiseux, glisse qu’il n’est pas un artiste, juste un type qui fabrique des choses… Certes. Mais nombre de réalisateurs lui trouvent du génie. Jabba le Hutt de Star Wars, le tyrannosaure de Jurassic Park ou ED-209 dans RoboCop sont ses créatures. Déjà auteurs d’un documentaire sur Ray Harryhausen (dont Tippett est assurément le digne héritier) ou encore sur Le complexe de Frankenstein, Gilles Penso et Alexandre Poncet se sont, cette fois, glissés dans l’univers de l’un des plus grands créateurs d’effets spéciaux au monde. Ils donnent ainsi à voir comment Tippett a conçu un bestiaire fantastique qui a marqué à jamais l’imaginaire collectif… Dans les suppléments, on trouve un long document sur les étapes de la création de ce film. (Carlotta)
L’HEURE DU CRIME
Heure CrimeAvec son ami Guido, Johnny O’Clock dirige un casino clandestin fréquenté par une clientèle huppée. L’ancienne fiancée de Johnny vit désormais avec Guido. Rencontrant la belle Nancy (Evelyn Keyes), la sœur de son ex, Johnny tombe amoureux. Mais, lorsqu’une hôtesse du casino se suicide, la police suspecte Johnny et Guido… En 1947, Robert Rossen réalise pour la première fois et signe un film noir au scénario assez embrouillé mais qui vaut par sa distribution, Dick Powell en tête, et surtout pour son écriture de qualité. Celui qui signera en 1961 son chef d’œuvre avec L’arnaqueur, maîtrise brillamment son écriture en soignant les angles et les mouvements de caméra… (Sidonis Calysta)
L’APPEL DE LA FORET
Appel ForetGros chien gâté mais affectueux, Buck est arraché à ses maîtres en Californie et vendu comme chien de traîneau… Désormais, il va devoir vivre très rudement dans les étendues sauvages du Yukon pendant la ruée vers l’or des années 1890. Il travaille d’abord pour le gentil Perrault (Omar Sy) avant de s’attacher à John Thornton (Harrison Ford), vieil aventurier désabusé… Une adaptation assez soft de la saga de Jack London qui fait la part belle aux superbes images de nature. Sy et Ford font bien le job mais ils se font voler la vedette par l’intrépide Buck. Filmé en motion capture, le chien au grand cœur fera le bonheur du jeune public… (Fox)
MADAME FANG
Madame FangImmobilisée sur son lit par la vieillesse et par la maladie d’Alzheimer, une femme se meurt dans une petite chambre quelque part dans une petite ville de la province chinoise. Veuve depuis longtemps, Fang Xiuying, 68 ans, est née à Huzhou, dans la région du Fujian où elle travaillait comme ouvrière agricole. Hospitalisée en 2015, elle a été renvoyée chez elle pour y mourir, entourée de sa famille. Mais la mort est longue à venir… Le documentariste Wang Bing travaille, ici, sur la durée et sur l’attente, scrutant tout à la fois l’impuissance de la famille mais aussi la solidarité qui règne dans la société chinoise. Une fin émouvante. (Potemkine)
SORTILEGE
SortilegeAprès le décès de sa mère, un jeune soldat tunisien fuit les rangs de l’armée. Une femme au foyer enceinte quitte la belle demeure dans laquelle elle s’ennuyait avec son mari. Ces deux personnages vont se retrouver, loin du monde, dans une belle et mystérieuse forêt. Avec Tlamess (en v.o.), terme qui désigne, en tunisien, le fait de jeter un sort, le cinéaste Ala Eddine Slim signe un film étrange, aux rares dialogues, qui brouille la vision classique des choses. Dans ce conte initiatique qui fait la part belle aux paysages, il est question de liberté, de maternité, d’échec sans doute. Une expérience visuelle où ce sont avant tout les regards qui parlent… (Potemkine)
10 MINUTES GONE
10 Minutes GoneCe devait être un braquage de banque tout simple… On entre, on prend le magot et on repart. Mais rien ne se passe comme prévu. Pire, Frank Sullivan, le meneur des gangsters, est frappé à la tête et perd conscience. Difficile désormais de savoir où le pactole (une brassée de diamants) s’est évaporé. Commence alors pour Frank (Michael Chiklis, vu dans Les quatre fantastiques) une course contre la mort difficile d’autant que le commanditaire du coup (Bruce Willis) est en pétard et qu’il lance une nettoyeuse aux trousses de Frank. Celui-ci se rend compte qu’un piège est en train de se refermer sur lui mais il a encore de la ressource. Un film d’action à petit budget qui réutilise volontiers ses plus grosses scènes de flinguage… (Studiocanal)
LE VOYAGE DU DOCTEUR DOOLITTLE
Voyage DolittleUne autruche mal embouchée, un gorille anxieux, un joyeux ours polaire, un perroquet de bon conseil, autant d’animaux que l’excentrique Dollitle, docteur de la reine Victoria, va entraîner à l’aventure. Car Dolittle doit trouver, sur une île mythique, un remède pour soigner la jeune reine malade. Le cinéma s’est souvent emparé de ce médecin, né dans la littérature anglaise du milieu du 20e siècle, qui sait parler aux animaux. Cette fois, devant la caméra de Stephen Gaghan (remarqué en 2005 pour l’ambitieux Syriana), c’est Robert Downey Jr., toujours un peu dans le cabotinage, qui se glisse dans un personnage d’ami des animaux haut en couleurs déjà incarné, dans le passé, par Ex Harrison ou Eddie Murphy… (Universal)
LE PRINCE OUBLIE
Prince OublieSofia, 8 ans, vit seule avec son père Djibi. Tous les soirs, il lui invente une histoire pour l’endormir. Dans ces beaux récits, on retrouve toujours une héroïne, la princesse Sofia, et son père, le Prince courageux. Mais, un jour, Sofia rentre au collège. Les jolies histoires de son père, c’est fini. Réalisateur fêté de The Artist (2011), Michel Hazanavicius signe une jolie fable sur le temps qui s’enfuit et sur un père (Omar Sy) qui a peur de voir sa fille grandir. Balançant entre le monde réel de Djibi, gardien de parking et un univers imaginaire et coloré où il est un prince protecteur, le cinéaste multiplie les péripéties tout en faisant la part belle aux effets spéciaux… (Pathé)

LE SHERIF, LES FEMMES DE TELEVISION ET LE BARON DE LA DROGUE  

LA POURSUITE IMPITOYABLE
Poursuite ImpitoyableDans une petite ville du Texas, on s’apprête à vivre une soirée de samedi sous le signe de la fête, de l’alcool et de la débauche. On apprend alors que Bubber Reeves s’est évadé de prison. Va-t-il revenir dans sa ville natale ? Aussitôt les esprits s’échauffent. En 1966, Arthur Penn décrit, avec une vraie férocité, l’Amérique profonde entre racisme, ségrégation mais aussi fortune et adultère. Au péril de sa vie, le shérif Calder, qu’on pense vendu au magnat local du pétrole, va tenter de sauver ce qui peut l’être. Une superbe et suffocante description d’une petite société en plein chaos. Marlon Brando, Jane Fonda et le quasi-débutant Robert Redford sont magnifiques en personnages paumés et pathétiques. (Sidonis Calysta)
SCANDALE
ScandaleTyrannique patron-fondateur de la chaîne d’info ultraconservatrice Fox News, Roger Ailes exige à l’antenne des journalistes sexy et des plans abondants sur les jambes des présentatrices… Objectif : de l’audience à tout prix. En s’appuyant sur des faits réels, Jay Roach décrit la violence du harcèlement sexuel dans l’univers de la télévision. Il le fait à travers trois portraits de femmes confrontées à un Ailes (John Lithgow excellent dans la veulerie) qui manie le chantage pour obtenir des avantages sexuels. Trois femmes courageuses et révoltées qui décident de briser la loi du silence. Dans un film mené tambour battant, Charlize Théron, Nicole Kidman et Margot Robbie incarnent ces femmes journalistes qui refusent de demeurer des objets de désir. (Metropolitan)
THE GENTLEMEN
The GentlemenBaron de la drogue à Londres, Mickey Pearson laisse entendre qu’il pourrait se retirer du business. Aussitôt débute une guerre explosive pour désigner un nouveau roi. Et désormais tous les coups sont permis pour conquérir les terres de Pearson. Guy Ritchie, qui n’a pas tourné que des chefs d’œuvre, réussit, ici, un excellent polar où les événements partent dans tous les sens et où l’action monte en température pour donner lieu à un véritable feu d’artifice sur fond de chantages et de complots, de corruption, de trahisons et d’enlèvements. Matthew McConaughey (Pearson) est à la tête d’une solide distribution où Hugh Grant incarne une crapule aussi tordue que mielleuse. (M6)
SWALLOW
SwallowLa ravissante Hunter a tout pour être heureuse. Un mari qui l’aime et qui vient de reprendre la direction de la société familiale. Mais lorsque la jeune femme tombe enceinte, elle va développer un pica, rare trouble du comportement alimentaire caractérisé par l’ingestion de divers objets. Avec Haley Bennett, belle comédienne troublante et habitée, Carlo Mirabella-Davis réussit un épatant thriller intimiste mais bien dérangé. Tandis que Richie et ses parents tentent de contrôler les faits et gestes de Hunter, celle-ci s’enfonce dans sa dangereuse obsession… Dans un décor beau mais glacial, une irréprochable femme d’intérieur perd pied ! (UFO)
2040
2040À quoi pourrait ressembler le futur en 2040 si nous adoptions simplement des solutions intelligentes et déjà disponibles pour le traitement de la nourriture, de l’énergie ou encore de l’éducation? Après avoir, dans Sugarland (2018), évoquer la place du sucre dans l’industrie agro-alimentaire, Damon Gameau invite à un voyage initiatique en forme d’hymne aux générations futures. En s’appuyant sur des experts et des solutions concrètes, le documentariste australien parle, de manière ludique, du futur de nos enfants à travers le renforcement des collectivités ou la restauration des habitats et des écosystèmes. Et c’est plein de fraîcheur et de bon sens… (L’Atelier)
JE VOUDRAIS QUE QUELQU’UN M’ATTENDE QUELQUE PART
Je Voudrais Que QuelquunAurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans, entourée de ses quatre enfants venus pour l’occasion… Il y a là Jean-Pierre l’aîné qui se sent constamment responsable des autres, Juliette, fraîchement enceinte à 40 ans, Mathieu angoissé à l’idée de séduire la belle Sarah et Margaux, l’artiste photographe en devenir. En transposant le best-seller éponyme d’Anna Gavalda, Arnaud Viard décrit, avec beaucoup de tendresse, les destins tour à tour lumineux et tragiques d’une fratrie. Car le drame va frapper et mettre chacun face à ses aspirations, ses rêves, ses désirs… Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni, Benjamin Lavernhe et Camille Rowe portent, avec grâce, cette aventure familiale. (UGC)
LE MUR DU SON
Mur SonHéros de la Seconde Guerre mondiale, Tony épouse la fille d’un gros industriel de l’aviation britannique. Le pilote de guerre va entrer au service de son beau-père qui prépare un avion du futur avec propulsion à réaction… Réalisé en 1952, le film de David Lean appartient à la veine des films sur les découvertes technologiques dont le développement est souvent passé par des drames humains. Car le rêve, ici, est de franchir le mur du son. Si Lean est célèbre pour Le pont de la rivière Kwai ou Lawrence d’Arabie, on connaissait peu ce film, qui possède de belles séquences aériennes, auquel Jean-Baptiste Thoret, dans sa collection Make my Day offre une nouvelle exposition. (Studiocanal)
UNE BELLE EQUIPE
Une Belle EquipeUn match de foot qui part en sucette et les coups qui pleuvent dans tous les sens. Ca ne rate pas : toute l’équipe de Clourrières est suspendue jusqu’à la fin de la saison. Pour empêcher la disparition de ce petit club du Nord, Marco, ancienne vedette du club, décide de monter une équipe avec des filles pour finir la saison et gagner, en trois matches, le point du sauvetage. Mais ce coach (Kad Merad) n’est pas au bout de ses peines mais aussi de ses surprises et de ses satisfactions. Le foot est un sujet porteur et les femmes ont gagné leur place dans l’univers du ballon rond. Mohamed Hamidi, révélé par La vache (2016), signe une comédie plaisante et vive avec de beaux personnages qui évitent la caricature. Céline Sallette, Sabrina Ouazani, Laure Calamy mènent le jeu ! (Gaumont)
PLAY
PlayEn 1993, Max, 13 ans, reçoit de ses parents un cadeau qui ne va plus le quitter : un caméscope. Dès lors, il filme toutes ses aventures, joyeuses ou tristes. Vingt ans plus tard, Max décide de monter le « film de sa vie ». L’occasion de revoir tous les grands moments de son existence. Anthony Marciano et Max Boublil proposent un portrait très tonique d’une génération en plongeant dans les années 90 et 2000. C’est drôle, émouvant et on partage volontiers les premières fois, les sorties, les bêtises, la Coupe du monde 98, les amours, la famille. Un film « d’époque » qui fleure bon une bonne nostalgie positive… (Gaumont)
MANHATTAN LOCKDOWN
Manhattan LockdownUn braquage tourne au carnage et une dizaine de policiers restent au tapis. Pour coincer les tueurs dans les meilleurs délais, l’objectif est de boucler les 21 ponts qui desservent Manhattan et d’inonder l’île de forces de l’ordre. André Davis (Chadwick Boseman, excellent) est mis sur le coup, lui qui a la réputation de régler leur sort aux tueurs de flics. Pour sa première réalisation sur grand écran après des séries télé, Brian Kirk réussit une solide série B avec le bon mélange d’action et de machination sur fond de corruption. Avec un flic qui « préfère regarder le diable en face », un polar bien nerveux et captivant. (Metropolitan)
ARNAQUEURS ASSOCIES
Arnaqueurs AssociésParce que son défunt père croulait sous les dettes, un étudiant en art s’est reconverti en voleur d’œuvres d’art. A Los Angeles, il travaille pour le Grec, un boss qui ne cesse de le dépouiller. Alors qu’il est sur le point de clôturer sa date, Ivan (Théo James) va être contraint d’effectuer une dernière mission. Il rencontre la mystérieuse Elyse (le mannequin Emily Ratajkowski, bien connue sur les réseaux sociaux), une actrice qui, malgré ses propres problèmes, va l’aider. Entre cambriolages astucieux et désir d’Ivan de pouvoir enfin jouir de sa liberté, Matt Aselton met en scène une aventure qui, sans être très originale, demeure divertissante… (Metropolitan)
LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE
Tour MontparnasseSuspendus au 52e étage de la tour Montparnasse, deux laveurs de carreaux ont, comme d’habitude, pris du retard dans leur boulot… Dans le même temps, un commando investit l’immeuble pour dérober la fortune d’un puissant PDG. En 2001, Charles Nemès orchestre les débuts sur le grand écran de deux vedettes cathodiques. Eric et Ramzy, le petit chauve et le grand maigre, vont, ici, s’en donner à cœur-joie dans une comédie d’action qui deviendra culte et qui sort pour la première fois en Blu-ray. Quand deux parfaits crétins deviennent des héros, même en multipliant les gaffes à répétition. Juste pour un pur délire… (Studiocanal)