CORRUPTION, SEDUCTION(S), CONVOITISE, MANIPULATION ET RECONSTRUCTION  

EL REINO
El ReinoHomme politique influent, Manuel Lopez-Vidal est embringué dans un dossier de corruption qui menace tous les membres de son parti… Avec El Reino, l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen, remarqué en 2016 pour l’excellent Que Dios nos perdone, met en scène un haletant et efficace thriller sur les trafics d’influence et la corruption en Espagne. Même si on ne saisit pas nécessairement tous les enjeux de l’aventure, le film réussit un portrait remarquable d’un politique (Antonio de la Torre, excellent) coincé dans un piège implacable et lâché par ses anciens amis. Pour sauver sa peau, Lopez-Vidal décide alors de tout déballer dans les médias. Remarquable ! (Warner)
BLANCHE COMME NEIGE
Blanche Comme NeigeCinéaste rompue à tous les genres, Anne Fontaine se risque, avec Blanche comme neige dans l’adaptation du conte des frères Grimm… Jeune fille d’une grande beauté, Claire est l’objet de la jalousie quasi-criminelle de Maud, sa belle-mère. Sauvée par un homme mystérieux, Claire se réfugie dans sa ferme perdue dans la montagne et va mettre le feu aux tempes de sept hommes archétypaux. Avec Lou de Laâge et Isabelle Huppert en tête d’affiche entourées notamment de Vincent Macaigne, Charles Berling, Jonathan Cohen ou Damien Bonnard, voici une variation contemporaine et teintée d’humour sur un conte fameux et aussi une réflexion initiatique où une « enfant » devient femme et s’éveille au désir… (Gaumont)
DERNIER AMOUR
Dernier AmourGiacomo Casanova arrive à Londres, une ville dont il ignore tout. Il y croise Marianne de Charpillon, une jeune prostituée qui l’attire irrésistiblement. Mais La Charpillon se dérobe toujours à ses avances. Spécialiste des portraits de femmes, Benoît Jacquot évite, dans Dernier amour, la reconstitution historique (nous sommes au 18esiècle) pour dresser celui de l’éternel séducteur dans un jeu du chat et de la souris qui le déstabilise. Face à Stacy Martin, une Marianne diaphane, sensuelle et manipulatrice, Vincent Lindon campe un conquérant déconfit face au mystère de l’amour… Jacquot s’ingénie à saisir l’intime d’une époque libertine. (Diaphana)
L’HERITAGE DES 500.000
Heritage 500000Dans la jungle philippine, pendant la Seconde Guerre mondiale, le commandant Matsuo a participé à l’ensevelissement de milliers de pièces d’or destinées à payer les dépenses de l’armée impériale japonaise. Après la guerre, il est contraint par son patron de revenir sur place pour remettre la main sur le trésor. Avec L’héritage des 500.000, Toshiro Mifune (1920-1997), acteur fétiche d’Akira Kurosawa, réalise, en 1963, l’unique long-métrage de sa grande carrière et y incarne l’ancien comptable Matsuo. Un drame de guerre qui est surtout une forte réflexion sur la convoitise humaine. Avec des accents à la Aguirre, un voyage dans les tréfonds de l’âme humaine. Haletant ! (Carlotta)
L’ADIEU A LA NUIT
Adieu NuitRetrouvant Catherine Deneuve, que l’on peut considérer clairement comme sa comédienne fétiche, André Téchiné réalise, avec L’adieu à la nuit, une œuvre à la fois intime et sociale. Intime parce qu’elle raconte le parcours de Muriel, une grand-mère (Deneuve) folle de joie à l’idée de retrouver Alex, son petit-fils (Kacey Mottet-Klein, vu dans Continuer), et contrainte à des extrémités pour le sauver. Sociale parce qu’il est question d’un jeune type, manipulé par sa petite amie adepte du prosélytisme islamiste sur internet, qui a décidé de partir faire le djihad pour donner du sens à son existence. Intense et captivant. (FranceTV)
NOS VIES FORMIDABLES
Nos Vies FormidablesMargot, 32 ans, cassée par l’abus d’alcool et de substances toxiques, arrive dans une institution où elle doit tout abandonner pour tenter de se reconstruire… Autour d’elle, se trouvent des hommes et des femmes, entre 18 et 50 ans, que les addictions ont, eux aussi, mis à mal… Dans Nos vies formidables, titre évidemment ironique, Fabienne Godet, auteur de Sauf le respect que je vous dois (2005), réussit une belle série de portraits de patients incarnés par de bons comédiens. Voici, sur la résilience, une œuvre généreuse qui évite le pathos pour glisser qu’on s’en sort probablement mieux à plusieurs que tout seul… (Memento)
LES OISEAUX DE PASSAGE
Oiseaux Passage« La marijuana est le bonheur du monde… » Dans les années 70, en Colombie, dans une famille d’indigènes Wayuu, la jeune Zaina va se marier. Pour l’épouser, Rapayet doit offrir une grosse dot dont il ne dispose pas. Son ami Moises lui suggère de passer du commerce du café à celui, bien plus lucratif, de la marijuana. Bientôt, passant de la tradition au gangstérisme, le trafic de drogue va prendre de l’ampleur. Avec Les oiseaux de passage, les cinéastes colombiens Ciro Guerra et Cristina Gallego signent une belle fresque qui approche la question du narcotrafic à travers une famille et ses traditions ancestrales et presque mystiques… (Diaphana)
RAOUL TABURIN A UN SECRET
Raoul TaburinQuand l’univers de Jean-Jacques Sempé fait un tour sur le grand écran. On connaissait le petit Nicolas. Voici Raoul Taburin, réparateur de vélos dans le petit village de Saint-Céron. S’il y jouit d’une certaine réputation de spécialiste du cycle, Raoul cache pourtant un gros secret. De ceux qui vous pourrissent toute une vie. Avec Raoul Taburin a un secret, Pierre Godeau transpose, avec finesse, le trait de Sempé au cinéma. Et il peut pour cela s’appuyer sur un solide duo avec Benoît Poelvoorde en Taburin malheureux de se sentir imposteur et Edouard Baer dans la peau de Figougne, le méticuleux photographe spécialiste du portrait. Une petite comédie charmante. (Pathé)
TREMBLEMENTS
TremblementsAppartenant à la classe aisée du Guatemala, Pablo, 40 ans, marié, deux enfants, a tout pour être heureux. Mais quand il tombe amoureux de Francisco, cet homme « comme il faut », religieux pratiquant, provoque un véritable séisme chez les siens. Ceux-ci décident alors de le faire « soigner ». Avec Tremblements, le cinéaste guatemaltèque Jayro Bustamante signe un drame impressionnant, fascinant et violent sur les thérapies dites « de conversion » pour vaincre ce qu’une communauté religieuse considère comme une… maladie intolérable. Un regard effrayant sur une société répressive ! (Memento)
DUMBO
DumboAvec sa bouille de doudou à immenses oreilles, le premier Dumbo (1941) a bercé notre enfance. Comme Disney a décidé de donner à ses classiques du dessin animé des versions « live action » avec donc des prises de vues réelles, on retrouve, en « chair et en os », l’éléphanteau qui sait, quand il est en confiance, prendre son envol du côté du cirque Medici puis au parc Dreamland et enfin dans son retour à la vie sauvage. Derrière la caméra, Tim Burton met joliment en scène cette aventure colorée et développe les thèmes de l’enfance, de la désillusion et de l’excentricité qui occupent souvent ses films. La distribution est solide avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito et Eva Green. (Disney)
AFTER
After« Avant lui, ma vie était toute simple, tracée ». Pour la jeune Tessa Young qui entre à l’université, l’existence devait être un long fleuve tranquille. Mais la pure et charmante jeune fille (Josephine Langford) va tomber sous le charme du ténébreux Hardin Scott (Hero Fiennes-Tiffin, le neveu de Ralph et Joseph Fiennes) et entrer dans une histoire d’amour imparfaite qui va cependant la faire grandir. A partir de la saga littéraire américaine After signée Anna Todd, parfait exemple de « chick litterature », Jenny Gage a tiré After : chapitre 1, une romance adolescente, légèrement mâtinée de porno soft, autour d’une passion aussi forte que chaotique. (M6)

ARETHA, SOFIA, PAUL, BEATRICE, FREDERIC, BOISSET ET LES RESISTANTS  

AMAZING GRACE
Amazing GraceDisparue en août 2018, Aretha Franklin, la reine de la soul, enregistrait, en janvier 1972, dans une petite église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles, un album live. Le disque de ce concert mythique deviendra l’album de gospel le plus vendu de tous les temps. Mis en images en deux soirées par Sydney Pollack, qui allait réaliser ensuite Les trois jours du condor, le film n’est jamais sorti… pour cause d’absence de synchro entre le son et l’image. Les bobines sont restées sur les étages de la Warner jusqu’en 2007. S’appuyant sur les nouvelles technologies, le producteur Alan Elliott s’employa à réparer cette erreur. Amazing Grace est un pur bijou gospel. Portée par sa voix magnifique, son génie et sa foi, Aretha Franklin est au sommet de son art. Sublime ! (Metropolitan)
LA LUTTE DES CLASSES
Lutte ClassesBrillante avocate d’origine maghrébine, Sofia et Paul, batteur punk-rock old school quittent Paris pour emménager dans une petite maison à Bagnolet. Leur fils Corentin va à l’école publique du quartier. Mais la plupart de ses copains désertent l’école Jean Jaurès pour l’institution catholique privée voisine. Corentin fait le forcing auprès de ses parents pour les suivre… Réalisateur de l’excellent Nom des gens (2010), Michel Leclerc réussit, avec La lutte des classes, une comédie politique qui questionne, avec gravité et humour, l’école de la République, les enseignants, les tensions communautaires, l’égalité et les valeurs républicaines. Leïla Bekhti est dans la nuance tandis qu’Edouard Baer, blouson noir sur les épaules, campe un savoureux anar. Malgré une fin un peu ratée, un film malicieux et salubre ! (UGC)
CHAMBOULTOUT
Chamboultout« Si mon livre vous a fait de la peine, je suis désolé ! » Dans son ouvrage, Béatrice a raconté comment le couple qu’elle forme avec Fréderic a vécu l’accident puis le handicap qui a laissé Frédéric aveugle et comment leur vie familiale et sociale s’est mise à tanguer. Avec Chamboultout, Eric Lavaine s’empare d’une histoire vraie pour une comédie douce-amère, hymne à la vie qui, entre les hauts et les bas de l’existence, va déclencher un pugilat dans leur entourage. En compagnie de la pétulante Alexandra Lamy, José Garcia compose un étonnant Fréderic sans filtre et devenu imprévisible… Autour de ce duo, on remarque Michaël Youn, Anne Marivin, Medi Sadoun ou Michel Vuillermoz. (Gaumont)
YVES BOISSET
BoissetDans la bonne collection Make my Day animée par un Jean-Baptiste Thoret qui s’ingénie à remettre en lumière des pépites oubliées ou méconnues, on retrouve avec plaisir Yves Boisset qui fut, dans les années 70, un intéressant cinéaste engagé à gauche. Il est, ici, à la tête de deux adaptations littéraires, l’une de Jean-Patrick Manchette pour Folle à tuer (1975), l’autre de Jean Vautrin pour Canicule (1984). Dans le premier, une jeune femme fragile (Marlène Jobert) engagée comme gouvernante du neveu d’un riche industriel est aux prises avec un tueur à gages. Le second est un film rare dans la mesure où les (vraies) stars hollywoodiennes sont plutôt rares dans les films français. Lee Marvin, dans l’un de ses derniers rôles au cinéma, incarne le gangster Jimmy Cobb qui, après un braquage de banque, se cache dans une ferme de la Beauce pour échapper à la police. Bientôt sa présence va attiser les tensions et les convoitises d’une bande de rustres violents… (Studiocanal)
COMPANEROS
CompanerosEn 1973, à la suite d’un coup d’état, l’Uruguay bascule dans une dictature militaire très brutale. Parmi des milliers de personnes emprisonnées, trois opposants sont jetés en prison. Au fur et à mesure que leurs esprits et leurs corps sont poussés aux limites du supportable, les trois hommes vont mener une lutte existentielle de 12 années pour échapper à une réalité qui les condamne à la folie. Avec Companeros, le réalisateur uruguayen Alvaro Brechner se penche sur le sort de trois opposants politiques, dirigeants des Tupamaros pour donner un puissant film militant autour de l’engagement politique. Une œuvre très poignante qui résonne particulièrement à l’heure où les valeurs des démocraties semblent vaciller… (Le Pacte)
CAPTIVE STATE
Captive StateQuand les codes du film d’espionnage s’infiltrent ingénieusement dans le registre de la science-fiction ! En 2027, la Terre est sous le joug des extraterrestres. A Chicago, dans le quartier de Near West Side, la vie est compliquée tandis que les collaborateurs des aliens et les rebelles, sous la conduite du mythique n°1, sont entrés dans le combat clandestin. Un projet d’attentat voir le jour… Auteur de Captive State, l’Anglais Rupert Wyatt voulait rendre hommage à Jean-Pierre Melville et il signe une aventure presque minimaliste mais dont la densité du récit impressionne. Avec John Goodman et Vera Farmiga en tête d’affiche, une bonne surprise ! (Metropolitan)
THE MULE
The MuleDepuis 2008 et Gran Torino, on n’avait plus vu Clint Eastwood faire l’acteur dans l’un de ses films. Il est de retour avec The Mule et c’est une réussite. Eastwood se glisse avec aisance dans la peau d’Earl Stone, 80 ans, horticulteur désormais fauché et solitaire qui accepte, pour sortir la tête de l’eau, un boulot de chauffeur. En ignorant qu’il s’agit d’être passeur de drogue pour un cartel mexicain. Rapide et efficace, ce thriller, inspiré de l’histoire vraie de Leo Sharp, un vétéran de la Seconde guerre mondiale qui devint, à 92 ans, la mule la plus prolifique du cartel de Sinaloa, permet au grand Clint de livrer une solide performance dans un road-movie de tous les dangers. On admire volontiers le réalisateur/comédien en  vieux type sec et taciturne lancé dans une course contre la montre… (Warner)
TRAINE SUR LE BITUME
Trainé BitumeSuspendus pour usage abusif de la force lors d’une arrestation musclée, deux flics basculent du côté obscur… A court d’argent, Brett Ridgeman et Anthony Lurasetti prennent en filature de dangereux braqueurs de banque pour s’emparer de leur futur butin. Traîné sur le bitume est un thriller au long cours (2h39) où l’action violente est filmée avec un réalisme et une vigueur dignes des meilleurs films de genre asiatiques. De plus, le vétéran Mel Gibson (Ridgeman) et Vince Vaughn, un habitué des comédies comme Serial noceurs, composent un solide duo de vieux bad boys qui vont rapidement être dépassés par ce qui les attend… (Metropolitan)
ALEX, LE DESTIN D’UN ROI
Alex Destin roiEcolier anglais comme les autres, Alex Elliot, 12 ans, voit sa vie complètement bouleversée lorsqu’il découvre Excalibur, l’épée magique légendaire du célèbre roi Arthur. Devenu un héros qu’il n’a jamais rêvé d’être, Alex va former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du fameux mage Merlin. Car il s’agit, tous ensemble, de vaincre la maléfique sorcière Morgana, venue du Moyen Âge avec son armée de créatures, pour détruire le monde. Joe Cornick revisite, avec Alex, le destin d’un roi, le mythe d’Excalibur et organise un agréable et enlevé divertissement familial… (Fox)
OPERATION RED SEA
Operation Red SeaEn service dans la mer Rouge, une patrouille de la Marine chinoise reçoit un appel de détresse d’un cargo attaqué par des pirates somaliens… Elle déploie immédiatement une unité d’intervention rapide baptisée Jiaolong, forte de huit hommes pour ralentir la progression des pirates jusqu’à ce que les navires de la Marine, lourdement armés, puissent arriver sur la zone… Plus tard, l’équipe d’assaut Jiaolong aura encore à évacuer des citoyens chinois d’un pays devenu incontrôlable puis à s’occuper de terroristes munis d’une bombe radiologique. Opération Red Sea fut, l’année dernière, avec des recettes de 579 millions de dollars, le second plus gros succès chinois de tous les temps ! De fait, Dante Lam réalise un pur film de guerre basé sur un fait réel où la violence explosive est une inévitable composante de l’action… (Metropolitan)
GENTLEMEN CAMBRIOLEURS
Gentlemen CambrioleursAgé de 77 ans, Brian Reader est aujourd’hui veuf. Célèbre voleur dans sa jeunesse, Reader décide de réunir une bande de criminels sexagénaires pour monter un cambriolage sans précédent dans la salle des coffres de la Hatton Garden Safe Deposit de Londres… En s’inspirant d’un vrai fait-divers anglais, Gentlemen cambrioleurs entre dans cette gamme de films dont les héros sont de (solides) papys. James Marsh a, lui, réunit un beau casting (Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent, Michael Gambon, Ray Winstone, Charlie Cox; Paul Whitehouse) pour un thriller où les braqueurs, le coup achevé, vont se déchirer pour cause de partage d’un butin de 200 millions de livres. Les vieux sont encore toniques… (Studiocanal)

LE LIZARD, L’ASSISTANTE SOCIALE, L’ECLAIREUR, L’OREILLE ABSOLUE ET LES MAFIEUX  

THE DOORS
DoorsEntre Né un 4 juillet et JFK, Oliver Stone met en scène, en 1991, le parcours de l’iconique Jim Morrison qui, dans l’Amérique des sixties, oublie ses études de cinéma pour révolutionner le rock. Si cette évocation prend des libertés avec la réalité, The Doors, dans une mise en scène enlevée et parfois carrément virtuose, demeure une forte approche de la personnalité de Morrison (1943-1971) incarné par un Val Kilmer tout à fait à son affaire dans l’un de ses meilleurs rôles. Le film évoque aussi bien les souvenirs d’enfance du chanteur, son assimilation à la culture de Venice Beach, les origines de la création du groupe, les expérimentations des drogues psychédéliques ainsi que la fascination narcissique du Lizard King pour sa propre image. Evidemment, la bande-son du film fait la part belle aux psychédéliques Riders on the Storm, The End ou Light My Fire… (Studiocanal)
EXFILTRES
ExfiltrésEn 2015, Faustine, assistante sociale récemment convertie à l’islam, part en Turquie à l’appel de l’Etat islamique. Elle doit travailler dans une maternité. Mais elle va se rendre compte que tout n’est pas comme elle l’espérait. Au printemps 2015, elle se retrouve à Raqqa, en Syrie, est au cœur de l’enfer avec Noah, son jeune fils de 5 ans… A Paris, deux activistes, Gabriel (Finnegan Oldfield) et Adnan (Kassem Al Khoja), sont sensibles à la profonde détresse de Sylvain (Swann Arlaud), le mari de Faustine. Avec l’appui d’un médecin (Charles Berling), ils vont tenter de monter une opération très risquée pour exfiltrer Faustine (Jisca Kalvanda). Basé sur une histoire vraie, Exfiltrés, premier long-métrage d’Emmanuel Hamon, est une approche intéressante qui multiplie les points de vue sur le délicat dossier des Français qui quittent le pays pour aller embrasser le djihadisme. (Metropolitan)
LA RIVIERE DE NOS AMOURS
Riviere AmoursPremière production de Kirk Douglas désireux de soutenir un western pro-indien, La rivière de nos amours (un titre français plutôt fantaisiste par rapport à l’original The Indian Fighter) entre en effet dans cette catégorie de films réalisés à partir des années 50 et dont l’un des plus fameux est La flèche brisée (1950) de Delmer Daves. Eclaireur connu pour sa proximité avec les Sioux, Johnny Hawks (un Douglas très physique) doit gérer, avec le chef Nuage rouge, la traversée d’un territoire indien par un convoi de pionniers. Mais des rénégats avides d’or vont lui compliquer la tâche… En 1955, André de Toth, cinéaste amoureux des grands espaces, utilise bien le technicolor pour magnifier les paysages de l’Oregon et servir cette aventure violente, sauvage et sensuelle dans laquelle la belle Italienne Elsa Martinelli incarne Onathi, la fougueuse Indienne dont Hawks s’éprend. En supplément, un livret (78 p.) sur la genèse du film. (Wild Side)
LE CHANT DU LOUP
Chant LoupAvec son oreille absolue, le premier maître Chanteraide est un brillant et enthousiaste opérateur sonar de la Marine nationale embarqué à bord du sous-marin Titane. Ce spécialiste de la guerre acoustique va être emporté au cœur d’un terrifiant conflit lorsque la France est menacée d’une frappe nucléaire, à priori russe. Avec Le chant du loup, Antonin Baudry signe un solide film d’action dans l’univers des sous-marins nucléaires d’attaque. L’atmosphère en plongée est palpitante même si, sur la fin, l’aventure vire au scénario-catastrophe plus vraiment crédible avec deux bâtiments ne voulant pas se désengager… Autour de François Civil (Chanteraide), Reda Kateb, Omar Sy et Mathieu Kassovitz sont à la manœuvre. En exergue du film, le cinéaste a placé cette pensée attribuée à Aristote : « Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui sont en mer ». (Pathé)
GOMORRA, SAISON 4
Gomorra S4Après le film de Matteo Garrone en 2008, Gomorra, toujours appuyé sur l’œuvre de Roberto Saviano, est devenu une série diffusée, en France, sur Canal+. Si les mafieux font volontiers l’ordinaire des séries, Gomorra continue toujours à captiver. Les 12 épisodes de la saison 4 ne font pas exception à la règle. La mort de Ciro, survenue à la fin de la saison 3, a changé la donne au sein de la Camorra. Désormais débarrassé de ses rivaux, Genny (Salvatore Esposito) règne sans partage sur le centre de Naples. Pour sa part, Donna Patrizia est devenue la redoutable reine du trafic de drogue. Avec cette nouvelle saison, les personnages sont amenés à se déplacer. En se rendant à Londres et en se frottant au milieu des affaires, Genny est confronté aux risques de la légalité… Passionnant ! (Studiocanal)
MCQUEEN
McQueen« J’étais un voyou de l’East End qui savait coudre ! » En quelques années, le petit gars de Londres est devenue une star des défilés de mode, succédant notamment à John Galliano chez Dior. Avec McQueen qui mêle témoignages de son entourage et archives inédites, Ian Bonhôte et Peter Ettedgui donnent un documentaire sombre et fascinant sur ce créateur d’émotions au sourire de gamin espiègle qui affirmait : « Si on ne ressent rien, j’ai foiré ». Alexander McQueen, issu d’un milieu modeste, est devenu un roi des podiums, signant une œuvre insolente faite de sexe et de romantisme. Mort par pendaison à l’âge de 40 ans, l’enfant terrible de la mode était un électron libre autodidacte mais aussi un visionnaire tourmenté. (Le Pacte)
ALITA : BATTLE ANGEL
AlitaEn 2563, 300 ans après que la Terre a connu une catastrophe nommée « l’effondrement » consécutive à une guerre contre Mars, le docteur Dyson Ido (Christoph Waltz) trouve, dans une décharge d’Iron City, les restes vivants d’une jeune cyborg venant de Zalem, la cité céleste surplombant Iron City. Il la répare et lui donne le nom d’Alita, du nom de sa propre fille décédée. Amnésique, Alita (Rosa Salazar) cherche à savoir d’où elle vient et se découvre une capacité extraordinaire au combat. Produit par James Cameron d’après le manga culte Gnnm et mis en scène par Robert Rodriguez, Alita : Battle Angel mixe les prises de vue réelles et l’animation 3D dans un virevoltant spectacle de science-fiction. On se laisse vite emporter par la quête d’Alita d’un monde plus… humain ! (Fox)
RALPH 2.0
Ralph2.0Après Les mondes de Ralph en 2012, Ralph et son amie Vanellope sont de retour sur un nouveau terrain de jeux sans limites, en l’occurrence internet. Réalisé par Rich Moore et Phil Johnston (auteurs en 2016 de l’excellent Zootopie), Ralph 2.0 raconte comment les deux amis vont prendre tous les risques pour trouver la pièce de rechange pour réparer la borne de Sugar Rush, le jeu vidéo dans lequel vit Vanellope. Bientôt, ils auront besoin de l’aide des Netizens, les habitants d’internet. Gros succès dans les salles (il a rapporté plus de 529 millions de dollars), ce film d’animation est un divertissement qui manie bien l’humour pour s’amuser de l’univers de la Toile… (Disney)
A DEUX METRES DE TOI
A Deux Metres ToiQuand organiser le pilulier d’un autre malade devient une technique de drague !  Stella Grant, 17 ans, est atteinte de fibrose kystique. Elle a passé une grande partie de sa vie dans sa chambre d’hôpital. C’est dans cet univers qu’elle tombe pourtant amoureuse de Will Newman, également atteint de mucoviscidose. Malheureusement, leur maladie les empêche de s’approcher trop près l’un de l’autre. A deux mètres de toi est un drame adolescent américain sur un « amour interdit » en butte aux contraintes de la médecine. Tendre, émouvante et porteuse d’espoir, cette comédie dramatique et… romantique doit beaucoup au mignon duo incarné par Haley Lu Richardson et Cole Sprouse… (Metropolitan)
LES FAUVES
FauvesEn été, dans un camping de Dordogne, des jeunes gens disparaissent. Les rumeurs courent. La peur grandit. Des cris terrifiants traversent la nuit. On parle d’une panthère tueuse qui rôde. En vacances avec une copine dans le camping, Laura, 17 ans, croise la route de Paul, un écrivain attirant et inquiétant dont elle pense qu’il est peut-être l’auteur des crimes. Avec Lily-Rose Depp (Laura) et Laurent Lafitte (Paul) en tête d’affiche, Vincent Mariette signe, avec Les fauves, un thriller estival (une femme-flic –Camille Cottin- à la dérive mène l’enquête) qui s’offre des allures de slasher. Mélangeant le polar à énigmes et le film fantastique, cette aventure vaut surtout pour l’éveil sensuel d’une grande adolescente fascinée par le mystère et l’horreur… (Diaphana)
LET’S DANCE
Lets DancePassionné de hip-hop, Joseph quitte l’entreprise d’artisan couvreur de son père et monte à Paris en rêvant de gagner les Masters of Hip-Hop. Pour entrer dans ce concours international, il intègre un groupe mais tout va aller de travers. A la recherche d’un petit boulot et grâce à Rémi (Guillaume de Tonquédec), l’ancien amant de sa mère décédée , il se retrouve à donner des cours à de jeunes danseurs classiques. Mais Joseph (Rayane Bensetti, vu dans La finale) doute car sa mère était danseuse classique et il la considérait comme une artiste ratée. Ballerine brillante qui prépare le concours d’entrée au prestigieux New York City Ballet, Chloé saura le faire vibrer. Sorte de Sexy Dance à la française, Let’s Dance (rien à voir avec la chanson de David Bowie) est une variation, entre hip-hop et danse classique, sur la légitimité de l’artiste. (Pathé)

GROUCHO, HARPO, CHICO, LINO, JOSEPH, MAURICE, HENRI, STAN ET OLLIE  

UNE NUIT A CASABLANCA
Nuit CasablancaAidé par sa bande et sa maîtresse, un ancien nazi assassine un à un les directeurs d’un fameux hôtel de Casablanca qui cache, selon lui, des trésors accumulés pendant la guerre. Nommé à la tête de l’hôtel, Ronald Kornblow va enquêter sur ces meurtres tout en tentant de rester en vie. Réalisé en 1946 par Archie Mayo, Une nuit à Casablanca (dans une belle version restaurée) est un fleuron dans le cinéma des Marx Brothers. Groucho, Harpo et Chico s’en donnent à cœur-joie dans un pur délire fait de burlesque et d’absurde autour de redoutables espions nazis. A cause de « leur » Casablanca (1942), les frères Warner tentèrent d’empêcher les frères Marx de tourner Une nuit… L’échange de lettres à propos du conflit entre la Warner et le désopilant Groucho figure dans les suppléments du coffret. Pour les Marxophiles acharnés mais aussi pour tous ceux qui veulent se plonger dans l’hallucinant univers des frères Marx ! (Le Pacte)
125, RUE MONTMARTRE
125 rue MontmartreCostaud mais brave type, Pascal Casalis est crieur de journaux à Paris pour France Soir. Un jour, il retire de la Seine le fragile Didier… Pascal se prend de pitié pour ce type fragile (Robert Hirsch) qui se révèle être un redoutable manipulateur. Avec l’excellent Lino Ventura dans l’un de ses premiers grands rôles, avec des dialogues enlevés et pétillants de Michel Audiard, 125 rue Montmartre de Gilles Grangier est un bon polar nerveux et sans fioritures qui a pour décor, en 1959, le milieu populaire parisien de la presse écrite. Victimes de la Nouvelle vague, rares sont les films de Grangier qui ont réussi à séduire les critiques de l’époque. Voici pourtant un polar maîtrisé (en version bien restaurée) à redécouvrir ! (Pathé)
UN SAC DE BILLES
Sac BillesEn 1942, les lois antisémites de Vichy obligent Joseph et Maurice, fils aînés d’un coiffeur juif de Paris à fuir vers la zone libre. Dans un monde hostile, les deux frères sont livrés à eux-mêmes. En 1975, Jacques Doillon adapte, avec Un sac de billes, le best-seller autobiographique de Joseph Joffo. Dans une belle version restaurée, on retrouve cette aventure où la peur et l’espérance, sur fond d’insouciance pré-adolescente, ont partie liée. Avec beaucoup de nuance et de finesse, Doillon évoque la tragédie de la Shoah. C’est Claude Berri, qui avait beaucoup aimé Les doigts dans la tête (1974) qui avait poussé Doillon à adapter le roman. Dans les suppléments, Doillon, dont le cinéma portera souvent sur ce thème, parle de l’état d’enfance. (Pathé)
LE MYSTERE HENRI PICK
Mystere Henri PickFace à un surprenant best-seller, un célèbre critique, dans son émission littéraire à la télévision, s’emporte et crie à l’imposture. Avant de se mettre en route pour en savoir plus sur le livre et la trajectoire du pizzaiolo breton, disparu deux ans plus tôt, qui en serait l’auteur. Mais celui-ci n’aurait jamais rien écrit, sinon sa liste de courses… Découvert avec Ma vie en l’air et Le premier jour du reste de ma vie, Rémi Bezançon adapte David Foenkinos et organise, dans Le mystère Henri Pick, un ludique jeu de piste autour de la création littéraire. Camille Cottin, en fille du pizzaiolo, et Fabrice Luchini, épatant en Bernard Pivot ronchon, enquêtent du côté de Crozon. Savoureux et divertissant ! (Gaumont)
STAN & OLLIE
Stan & OllieGrandes stars du burlesque américain des années 20-40 avec plus de cent films à leur actif, Stan Laurel (1890-1965) et Oliver Hardy (1892-1957) constituent le plus célèbre duo comique de tout le 7eart. Avec Stan & Ollie, Jon S. Baird ne propose pas un biopic classique mais s’intéresse à l’année 1953 où les stars, désormais vieillissantes et à la popularité déclinante, se lancent dans une tournée à travers l’Angleterre pour attendre le tournage d’un Robin des Bois qui ne se fera pas. « On vieillit mais on n’est pas cuits ! » Empreint de tendresse, de gravité et de nostalgie, voici un bel hommage à deux monstres sacrés –qui n’étaient pas forcément des amis- que les excellents Steve Coogan et John C. Reilly font brillamment revivre… Drôle et touchant ! (Metropolitan)
REBELLES
RebellesEx-miss Nord-Pas-de-Calais, Sandra était partie tenter fortune sur la Côte d’Azur. Déçue, elle revient cependant au pays en quête de boulot. Embauchée dans une conserverie de poissons, elle est vite harcelée par son chef et le tue accidentellement. Maryline et Nadine, deux employées, ont assisté aux faits. Un gros sac bourré de billets va faire basculer le trio dans une aventure aussi violente qu’imprévisible. Allan Mauduit (co-auteur de la série Kaboul Kitchen sur Canal) donne, avec Rebelles, une comédie noire et déjantée, féministe et sociale. Cécile de France, Audrey Lamy (avec un look punk) et Yolande Moreau incarnent trois ouvrières ordinaires emportées dans un trip sauvage, irrévérencieux et amoral. On songe parfois aux frères Coen ou à Tarantino. C’est un compliment… (Le Pacte)
RAZORBACK
RazorbackAu fin fond de l’Outback australien, le vieux Jack Cullen et son petit-fils sont attaqués par un monstrueux sanglier qui défonce les murs de leur maison. Le gamin disparaît, le grand-père est accusé de meurtre mais il sera relaxé, faute de preuves. Cullen est désormais obsédé par la traque de la bête. Deux ans plus tard, une journaliste américaine, militante d’une association de protection des animaux, vient enquêter et disparaît à son tour… En 1983, Russell Mulcahy, futur réalisateur de Highlander (1986), donne une solide et impressionnante série B de terreur, parfois onirique, qui va devenir culte. Razorback (en version restaurée), c’est le combat, pas gagné d’avance, entre l’homme et la bête, le tout au milieu de rednecks dégénérés. 36 ans après sa sortie, le film conserve tout son potentiel de frissons. (Carlotta)
MON BEBE
Mon BébéMère de trois enfants, Héloïse voit Jade, 18 ans, sa « petite dernière », s’apprêter à quitter le nid familial pour continuer ses études supérieures au Canada. Alors que le couperet du bac et le stress du départ de Jade se conjuguent, Héloïse se remémore les souvenirs partagés dans une tendre et fusionnelle relation mère-fille. Elle s’improvise même cinéaste, en fixant sur son téléphone portable, leurs derniers moments ensemble. Réalisatrice de LOL et de Dalida, Lisa Azuelos réussit, avec Mon bébé, un film juste, plein de sensibilité, de fraîcheur et de pudeur sur le bonheur et l’amour. Et la cinéaste a trouvé avec Sandrine Kiberlain, une interprète parfaitement au diapason. (Pathé)
THE KID
The KidForcé de fuir à travers l’Ouest américain pour arracher sa sœur aux griffes de leur oncle, le jeune Rio va croiser la route du shérif Pat Garrett qui recherche le mythique Billy the Kid. Vite fasciné par le hors-la-loi, Rio rêve désormais de lui ressembler. Avec The Kid, l’acteur Vincent D’Onofrio passe derrière la caméra pour revisiter la légende du fameux bandit. Avec un solide casting (Dane DeHaan en Billy, Ethan Hawke en Garrett, Chris Pratt en méchant oncle), des décors soignés, de l’action et de l’émotion, il met en scène un solide et efficace western. Le film de D’Onifrio vient s’inscrire dans la longue liste des œuvres consacrées depuis les années 30 à l’un des plus célèbres bandits du Wild West… (Metropolitan)
SIERRA
SierraAlors qu’il traque des chevaux sauvages, Ring Hassard rencontre Riley Martin, une jeune avocate (Wanda Hendrix qui est alors l ‘épouse de Murphy) qui s’est perdue. Ring l’entraîne dans la cabane cachée dans les montagnes qu’il occupe avec son père Jeff… Réalisé en 1950 par le vétéran Alfred E. Green, Sierra compte parmi les premiers westerns, en l’occurrence le cinquième, interprétés par Audie Murphy (1925-1971), l’un des soldats américains les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale et qui va faire carrière dans le genre. Dans de beaux décors naturels, voici une aventure divertissante autour d’un couple qui va s’aimer, d’un prospecteur chanteur et d’un meurtre que Jeff aurait commis des années auparavant… (Sidonis Calysta)
QU’EST-CE QU’ON A ENCORE FAIT AU BON DIEU ?
Bon DieuLes Verneuil (Christian Clavier et Chantal Lauby) sont de retour. Après l‘imposant succès du n°1 (12,3 millions d’entrées en 2014), voilà, forcément, la suite toujours signée Philippe de Chauveron. Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? embarque les bourgeois de Chinon dans une défense et illustration de la France éternelle. En effet, leurs gendres ont décidé de quitter la France avec leurs femmes : Odile et David en Israël, Ségolène et Chao en Chine, Isabelle et Rachid en Algérie, Laure et Charles en Inde où ce dernier veut faire carrière à Bollywood… Claude et Marie vont donc tout faire pour leur faire apprécier la douceur de vivre en France. Comme l’humour est au rendez-vous, le film se regarde agréablement sans tomber dans la franchouillardise. (UGC)
COLD SKIN
Cold Skin« Vous auriez dû rester sur le bateau ! » Trop tard! En 1914, alors que le monde se prépare à l’apocalypse, le jeune Friend, venu d’Irlande, arrive dans l’Antarctique pour relever un officier météorologue mystérieusement disparu. Il débarque sur une île noire battue par les vents et les marées (le film a été tourné à… Lanzarote aux Canaries) et y rencontre un étrange gardien de phare mais surtout d’effrayantes créatures aquatiques devenues les maîtres des lieux. Réalisateur de Hitman (2007), le Français Xavier Gens adapte un roman espagnol et signe, avec Cold Skin, un film d’horreur « à l’ancienne » où se mêlent les ingrédients traditionnels du genre et une romance amoureuse avec l’étrange Aneris. Une réflexion sur le rapport à l’autre, considéré comme un ennemi. (Condor)

LE RODEO, L’OMERTA, LES INDIENS, LA MUETTE ET LA VEUVE  

LE CAVALIER ELECTRIQUE
Cavalier ElectriqueEx-champion du monde de rodéo, Sonny Steele est aujourd’hui à la dérive et vend son image à une marque de céréales. A Las Vegas, l’ex-vedette, grassement payée, va se rebeller parce qu’on s’en prend à sa chère monture. Hallie Martin, une journaliste de télévision (Jane Fonda), pense tenir là un sujet en or… Elle se lance à la poursuite de Steele, parti pour rendre sa liberté à son cheval. Avec Le cavalier électrique (1979), Robert Redford retrouve Sydney Pollack après Propriété privée (1966), Jeremiah Johnson (1972), Nos plus belles années (1973) et Les trois jours du Condor (1975). Ensemble, dans des paysages grandioses, ils réussissent une fable écologique doublée d’un road-movie romantique. Et ils brossent un tableau lucide et amer d’une société américaine soumise à l’argent. Un film à découvrir pour la première fois dans sa version restaurée. (Carlotta)
LA MAFIA FAIT LA LOI
Mafia Fait LoiEn Sicile, sur une route de campagne déserte, un entrepreneur est abattu par un inconnu… Là-haut, dans la maison isolée, Rosa Nicolosi a-t-elle vu quelque chose ? Patron des Carabinieri locaux, le capitaine Bellodi, venu de Parme, mène l’enquête. Mais l’omerta règne et, protégés par le silence de tous, Don Mariano, un chef mafieux (l’Américain Lee J. Cobb), paraît intouchable. Avec, dans la collection Make my Day de Jean-Baptiste Thoret, Il giorno della civetta, Damiano Damiani adapte un roman de Leonardo Sciascia et tourne, en 1967, le premier film qu’il va consacrer à son sujet de prédilection : la mafia et ses rouages criminels. Franco Nero et Claudia Cardinale sont excellents au cœur d’une œuvre réaliste et engagée. (Studiocanal)
LA FLECHE BRISEE
Fleche BriséeAprès avoir servi avec bio le cinéma de Lubitsch et Capra, James Stewart entame, en 1950, sa grande carrière dans le western. Il est dans Winchester 73 de Mann et dans ce remarquable Broken Arrow où Delmer Daves raconte l’histoire vraie de la rencontre entre le chef indien Cochise (Jeff Chandler) et Tom Jeffords (Stewart), ex-éclaireur dans l’Armée devenu un chercheur d’or désabusé mais probe. Dans l’Arizona de 1870, la guerre fait rage entre les Apaches et Blancs. La flèche brisée est considéré comme l’un des premiers westerns à donner une image positive des Indiens. Dans un entretien avec Tavernier, Daves dira que le film lui fait apparaître l’Indien comme « un homme d’honneur et de principes, comme un être humain et non comme une brute sanguinaire. »  Magnifique ! (Sidonis Calysta)
SIBEL
SibelMuette mais s’exprimant par la langue sifflée ancestrale des montagnes de la Mer noire, Sibel, 25 ans, vit avec son père et sa sœur dans un village isolé de Turquie. Rejetée par les autres, elle traque sans relâche un loup qui rôderait dans la forêt voisine et qui alimente les craintes et les fantasmes des femmes du village. Un jour, Sibel croise la route d’un fugitif blessé, à la fois menaçant et vulnérable, qui va poser un regard neuf sur elle. Avec Sibel, Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti racontent, en Turquie, une émancipation contrariée par le poids des traditions. Damla Sönmez, omniprésente à l’écran, est impressionnante en jeune femme solitaire mais jamais victime dans une fable engagée et progressiste. (Pyramide)
24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME
24 heures Vie FemmeEn 1968 (le film sera dans la sélection officielle du festival de Cannes interrompu par les événements de Mai), Dominique Delouche adapte 24 heures de la vie d’une femme et transpose l’action du roman éponyme de Stefan Zweig (1927) en Italie sur les bords du lac de Côme. Veuve d’un lord anglais, Alice Scotland croise, dans un casino, en 1917, un beau jeune homme. Il la la séduit puis la déçoit sans qu’elle ait pu comprendre qu’il était un déserteur allemand. Danielle Darrieux (que le cinéaste retrouvera en 1975 dans Divine) est magnifique et émouvante en femme mûrissante et bouleversée par une passion brûlante et éphémère, défiant les bonnes manières dans une brève rencontre avec un bel inconnu… (Doriane Films)
CELLE QUE VOUS CROYEZ
Celle Que Vous CroyezPour épier Ludo, son jeune amant, Claire Millaud, 50 ans, ouvre un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara, superbe jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, tombe immédiatement sous le charme de Clara. Adaptant un roman de Camille Laurens, Safy Nebbou réussit, avec Celle que vous croyez, le portrait complexe d’une femme face à l’âge, à l’abandon, au désir de séduire et de plaire encore. Dans un récit bien mené, Juliette Binoche, tour à tour lumineuse et désespérée, campe, avec beaucoup de finesse et de grâce, cette prof de fac qui voit un (dangereux) jeu virtuel et sentimental lui échapper lentement… (Diaphana)
SCHLOCK
SchlockAvant de devenir l’auteur célébré des Blues Brothers (1980), John Landis signait, en 1973, son premier long-métrage avec Schlock, comédie grotesque et absurde autour du Schlocktropus, une bête géante, considérée par un scientifique comme étant le chaînon manquant. Depuis trois semaines, la ville de Canyon Valley est le théâtre d’une série de meurtres sanglants. Point de serial killer en vue mais bien le « tueur à la banane », en l’occurrence un gorille âgé de 20 millions d’années. Landis (qui s’est glissé dans la peau du gorille) lance un clin d’œil hilarant aux films de monstres (de King Kong à La belle et la bête en passant par Frankenstein) avec ce Schlock qui va découvrir l’amour au côté de Mindy, une jeune aveugle qui le prend pour un chien… (Carlotta)
MOUCHE
MoucheSéductrice et révoltée, combative et abattue, Mouche se dépatouille d’un quotidien foutraque avec son bar à thé qui périclite, son ex ex ex excessivement romantique, sa sexualité comme une fuite en avant, sa meilleure amie disparue, sa sœur coincée, son beau-frère alcoolique et déplacé, son père lâche, son horrible belle-mère spécialement venimeuse etc. Avec la série Mouche (6 épisodes de 30 mn), Jeanne Herry, réalisatrice de l’excellent Pupille, adapte la série anglaise Fleabag pour mettre en scène l’errance parisienne d’une trentenaire à laquelle Camille Cottin prête sa tempérament comique mais aussi ses failles et ses doutes. Une comédie douce-amère et enlevée… (Studiocanal)
ARTIC
ArcticDans le désert immense et glacé de l’Arctique, un homme lutte pour sa survie. Tout en lançant à intervalles réguliers des messages, il pêche du poisson dans des trous percés dans la glace, affronte le blizzard, se méfie des ours blancs et se réfugie dans la carcasse d’un petit avion accidenté pour dormir. Et il s’interroge aussi sur la possibilité de traverser ce désert de glace. Un jour, un hélicoptère le repère. Mais les choses ne se passent pas comme prévu… En s’abstenant d’expliquer pourquoi le malheureux Overgard est perdu en terre inconnue, le Brésilien Joe Penna dont c’est le premier long-métrage, réussit, avec Artic, à donner un ton plus insolite au classique survival d’autant que l’excellent Mads Mikkelsen, par son jeu intériorisé, ajoute une solide tension à cette aventure glacée… (M6)
SANG FROID
Sang FroidPlus mutique que Nels Coxman, tu meurs ! Il a bien du mal à se dérider, le conducteur de chasse-neige de Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. Mais lorsque son fils Kyle meurt d’une overdose d’héroïne, sa vie bascule. Nels ne croit pas une seconde que Kyle était toxicomane. Désormais il n’a plus que la vengeance en tête et Viking, un baron de la drogue, aura à subir sa rage froide et féroce. En 2014, le Norvégien Hans Petter Moland signait, pour les écrans norvégiens, Refroidis. Pour Hollywood, il reprend, plan par plan, son film dans Sang froid. Liam Neeson y endosse à nouveau un rôle de « vigilante » qu’il a déjà incarné dans Taken. Mais il le fait si bien ! (Studiocanal)
SANTIAGO ITALIA
Santiago ItaliaGrande figure du 7eart transalpin et cinéaste fêté (La chambre du fils est Palme d’or à Cannes en 2001), Nanni Moretti signe, avec Santiago Italia, un remarquable documentaire qui rend compte, à travers documents d’époque et témoignages, de l’activité de l’ambassade Italienne à Santiago après le coup d’état de Pinochet, le 11 septembre 1973, contre le régime démocratique de Salvador Allende. L’ambassade a en effet donné refuge à des centaines d’opposants au régime du général Pinochet, leur permettant ensuite de rejoindre l’Italie. Un regard mélancolique sur la fin de l’Unidad Popular mais aussi un œuvre qui trouve un écho contemporain face à la situation politique actuelle en Italie… (Le Pacte)

LA REINE, LES LEGIONNAIRES, LE COUPLE, L’ASTRONAUTE ET LES SINGES  

LA FAVORITE
FavoriteCinéaste baroque et volontiers délirant (The Lobster), le Grec Yorgos Lanthimos passe au film en costumes avec La favorite. Dans l’Angleterre du début du 18esiècle, la reine Anne, fragile et instable, occupe le trône mais laisse son amie Lady Sarah gouverner. Lorsqu’une nouvelle servante, l’ambitieuse Abigail Hill, débarque, la reine tombe vite sous le charme de la nouvelle venue tandis que Sarah se met à craindre pour sa place… Lanthimos détaille, avec un humour grinçant, de sombres et toxiques allées du pouvoir où flottent les vapeurs du sexe… Olivia Colman, couronnée à l’Oscar, Emma Stone et Rachel Weisz sont brillantes dans une aventure savoureuse ! (Fox)
CHINA GATE
China GateRéalisé en 1957, China Gate (disponible, pour la première fois, restauré en dvd et blu-ray) ne compte pas parmi les œuvres marquantes de Samuel Fuller, en tout cas moins que Shock Corridor ou The Big Red One. Cette aventure qui se déroule à la fin de la guerre d’Indochine est pourtant passionnante, notamment comme réquisitoire contre la guerre et le racisme. Un commando de la Légion étrangère doit détruire des tunnels renfermant des armes stockées par les combattants communistes. Pour cela, ils demandent l’aide d’une séduisante Eurasienne. La magnifique Angie Dickinson (qui deviendra célèbre deux ans plus tard avec Rio Bravo) incarne cette Lucky Legs aux côtés de Gene Barry et du chanteur Nat King Cole. (Carlotta)
NUESTRO TIEMPO
Nuestro TiempoDepuis des films aussi exigeants que Lumière silencieuse (2007) ou Post Tenebras Lux (2012), on sait que le Mexicain Carlos Reygadas privilégie un cinéma pleinement contemplatif où les sensations priment sur le récit. Dans les vastes espaces de la campagne mexicaine, Juan (Reygadas lui-même), poète de grande renommée et sa femme Esther élève des taureaux de combat… Nuestro Tiempo observe comment la philosophie de liberté qui prévaut dans le couple implose lorsqu’Esther (la belle Natalia Lopez) développe une liaison avec un employé américain du ranch. Sur l’amour, le couple et le mensonge, cette œuvre ample, élégiaque et sensuelle pose des questions éternelles… (Blaq Out)
SEIZE LEVERS DE SOLEIL
16 Levers de soleilMédiatique ambassadeur de la planète, l’astronaute français Thomas Pesquet est au cœur de 16 levers de soleil, le beau documentaire réalisé par Pierre-Emmanuel Le Goff à l’occasion de l’expédition 51 dans la station spatiale internationale. Sur de beaux textes d’Antoine de Saint-Exupéry (« Le plus important est invisible ») et une b.o. du saxophoniste Guillaume Perret, ce space opera intime donne la sensation d’un jour sans fin. Tandis que Thomas Pesquet vaque à ses occupations scientifiques, vit sa vie « quotidienne » en apesanteur et reste en contact suivi avec la Terre, l’espace se déroule dans les grands hublots. 50 ans après la sortie du 2001 de Kubrick, la fiction est devenue réalité. Et c’est simplement magnifique! (La 25eheure)
LA PLANETE DES SINGES
Planete SingesDepuis l’historique Planète des singes (1968) tirée du roman du Français Pierre Boulle (appuyé sur les travaux de Darwin) et mise en scène par Franklin J. Schaffner avec Charlton Heston dans le rôle du capitaine Taylor, ces pages de science-fiction n’ont jamais perdu de leur charme. A partir de 2011, la saga a redémarré avec une trilogie désormais réunie dans un coffret qui regroupe donc La planète des singes : Les origines (2011), La planète des singes : L’affrontement (2014) et enfin La planète des singes : suprématie (2017). C’est Andy Serkis, le Gollum du Seigneur des anneaux, qui incarne, ici, César qui mènera, au pris de multiples péripéties guerrières, les singes vers leur terre promise… (Fox)
DEUX FILS
Deux FilsComédien remarqué dans l’amusant et décalé Gaspard va au mariage, Félix Moati passe pour la première fois derrière la caméra pour Deux fils, chronique sur le lien familial à l’humour teinté de tendre mélancolie. A la suite de la perte d’un être cher, Joseph (Benoît Poelvoorde) décide de troquer sa carrière réussie de médecin contre celle d’écrivain raté. Son fils aîné Joachim (Vincent Lacoste) est en profonde dépression amoureuse, au rsique de mettre en péril ses études de psychiatrie. Le cadet, Ivan (le nouveau-venu Mathieu Capella), est, lui, en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Un joli triple portrait d’hommes qui ne cessent de veiller les uns sur les autres pour renouer avec la vie. (Le Pacte)
SANS JAMAIS LE DIRE
Sans Jamais Le DireA 17 ans, Léna, jeune fille joyeuse, entourée de copines, aspire à la liberté et rêve d’aventures… Son monde intérieur se fracasse brutalement lorsqu’elle est violée par son prof de maths venu lui donner un cours particulier… Avec Sans jamais le dire, la réalisatrice slovaque Tereza Nvotova signe un premier long-métrage sur une descente aux enfers. Car Léna, qui n’arrive pas à parler de son drame, se replie sur elle-même et glisse vers l’univers glauque et terrible de la psychiatrie… Ce film engagé, reposant sur une mise en scène dynamique, doit beaucoup à l’interprétation très à fleur de peau de Dominika Moravkova en grande adolescente happée par une machine dévastatrice. (Burgos Films)
THE UPSIDE
The UpsideL’entreprise peut sembler curieuse mais la pratique du remake n’est pas neuve et le français Intouchables (2011) avec ses quasi 20 millions de spectateurs en France a (forcément) donné des idées à Hollywood. Ce qui est plus intrigant encore, c’est de retrouver, de ce côté aussi de l’Atlantique, une histoire qui nous est évidemment familière. Mais le cinéma est aussi une industrie. The Upside, l’adaptation américaine qui a fait polémique là-bas sur l’incarnation du handicap, a cependant rencontré le public. Kevin Hart (qui reprend le personnage d’Omar Sy) et Bryan Cranston (dans celui de François Cluzet) forment un bon duo au service d’un scénario fidèle à celui du film de Nakache et Toledano. (Metropolitan)
MARIE STUART, REINE D’ECOSSE
Marie Stuart Reine EcosseEpouse du roi de France à 16 ans puis veuve à 18 ans, Marie Stuart refuse de se remarier conformément à la tradition et revient, en 1561, dans son Ecosse natale pour réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la reine Elisabeth 1re règne autant sur l’Angleterre que sur l’Ecosse. Avec Marie Stuart, reine d’Ecosse, Josie Rourke propose une relecture féministe de l’Histoire et brosse, dans de superbes décors, le beau portrait de deux femmes fortes, modernes et parfaites sœurs ennemies malgré une fascination réciproque. Au côté de Margot Robbie en reine anglaise, la belle et diaphane Saoirse Ronan incarne une monarque déterminée qui avance, avec courage, vers le billot… (Universal)
LES MOISSONNEURS
MoissonneursDans une grande ferme afrikaner isolée dans le Free State, bastion d’une communauté blanche repliée sur elle-même en Afrique du Sud, Janno est un garçon à part, timide et réservé. Un jour, sa mère ramène à la maison Pieter, un orphelin des rues, et lui demande de l’aimer comme un frère. Commence alors une relation trouble… Avec Les moissonneurs, son premier film, Etienne Kallos brosse le portrait de deux grands adolescents devenant des frères ennemis dans une lutte pour le pouvoir, l’héritage et l’amour parental. Cette intense chronique rurale impressionne pour l’atmosphère étouffante d’une société prise entre la religion omniprésente, le travail des champs, la fierté blanche et l’absence d’amour. (Pyramide)
DESTROYER
DestroyerJeune détective de la police de Los Angeles, Erin Bell avait infiltré un gang de braqueurs du désert californien mais sa mission avait fini tragiquement. Des années plus tard, toujours flic mais devenue quasiment une loque humaine, elle est à nouveau confrontée à ce douloureux passé. Pour apaiser ses démons intérieurs, elle décide de reprendre l’enquête se lance alors dans une vengeance infernale. Avec une Nicole Kidman méconnaissable, Kary Kusama fait de Destroyer, un thriller à la tonalité clairement féministe. Entre présent et passé, le récit, dans une mise en scène efficace, joue avec les codes du genre. En gueule cassée, Nicole Kidman est bluffante ! (Metropolitan)

LES AVOCATS, LE COW-BOY, LE PATRON, LE MEDECIN ET UN ELEPHANT MYTHIQUE  

LES INCONNUS DANS LA MAISON
Inconnus MaisonActeur-fétiche de Marcel Pagnol pour lequel il fut l’incontournable César de la trilogie marseillaise, le grand Raimu est, en 1942, devant la caméra d’Henri Decoin pour incarner Hector Loursat, un avocat qui fut célèbre mais qui vit désormais retiré dans sa vaste demeure où il a sombré dans l’alcoolisme. Une nuit, un coup de feu retentit dans la maison… Adapté d’un roman de Simenon et sur un scénario de Clouzot, Les inconnus dans la maison (produit par la Continental, la société allemande installée à Paris pendant la guerre, qui ne voulait sortir que des films… à l’eau de rose) est un drame très noir où un avocat à la dérive reprend du service dans un procès qui touche directement sa fille Nicole. La puissante plaidoirie de Loursat, portée par un Raimu au meilleur de son art, dénonçant le conformisme bourgeois est un grand moment de cinéma. (Gaumont)
LA VALLEE DE LA PEUR
Vallee PeurSouvent considéré comme un film mineur de Raoul Walsh, La vallée de la peur, réalisé en 1947, sort en version restaurée. Belle occasion de réévaluer ce western… psychanalytique. Au Nouveau-Mexique, à la fin du 19esiècle, Jeb Rand s’est réfugié dans un vieux ranch délabré pour échapper à des cavaliers qui veulent sa mort. Mais surtout, Jeb est hanté par les événements qui se sont déroulés dans ces lieux quand il était enfant. Des souvenirs douloureux qui lui reviennent par bribes. Une œuvre atypique, presque « freudienne », et remarquable. Au côté de la belle Teresa Wright, l’excellent Robert Mitchum, dans l’un de ses meilleurs rôles, campe un homme obsédé par son passé ! Dans les bonus du blu-ray, on trouve un documentaire (95 minutes) sur le cinéaste et la réédition du livre (184 p.) de Michael Henry Wilson : Raoul Walsh ou la saga du continent disparu. (Sidonis/Calysta)
MONSIEUR
MonsieurFils d’une riche famille de Mumbai, Ashwin pourrait mener une vie agréable en oeuvrant avec son père sur de grands chantiers de construction. Mais, pour cause de fiancée infidèle, il traîne misère dans son grand appartement sous le regard de Ratna, sa domestique… Avec Monsieur, sa première fiction, Rohena Gera, en s’appuyant sur des souvenirs d’enfance, distille une comédie douce-amère sur la confrontation de deux mondes que tout oppose et que rien, jamais, ne semble pouvoir réunir… Pourtant, Ashwin, le patron et Ratna, la bonne, ne cessent de se croiser, de cohabiter, de s’effleurer dans la demeure du premier. Mais alors qu’Ashwin semble baisser les bras, Ratna, elle, n’arrête pas de se battre pour sa propre vie mais aussi pour les siens. Une belle et touchante histoire d’amour impossible. (Diaphana)
UNE INTIME CONVICTION
Intime ConvictionDepuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Cette femme qui se débat avec une existence difficile, se met en tête de convaincre un ténor du barreau de le défendre pour son second procès d’assises. Au cinéma, le film de prétoire est un genre reconnu et à part entière. Avec Une intime conviction qui s’appuie sur la vraie affaire Viguier (hormis le personnage fictif de Nora), il trouve une puissante illustration. Avec une Marina Foïs battante et un Laurent Lucas mutique, Antoine Raimbault permet à Olivier Gourmet d’incarner, avec brio, le tonitruant et combattif Eric Dupont-Moretti. Impressionnant ! (Memento)
L’ORDRE DES MEDECINS
Ordre MedecinsPneumologue, Simon est, à 37 ans, un médecin hospitalier aguerri qui côtoie la maladie et la mort au quotidien et a appris à s’en protéger. Mais, quand sa mère (Marthe Keller) est hospitalisée dans un service voisin et que ses jours sont comptés, ses certitudes vacillent. Fils et frère de médecins, David Roux, en s’appuyant sur des aspects autobiographiques touchant à sa propre mère, réussit, avec L’ordre des médecins, une œuvre sensible et forte sur les liens familiaux. A travers le beau personnage incarné par un Jérémie Renier remarquable de sensibilité, se dessine un superbe portrait de praticien qui masque, derrière son apparente sérénité, des interrogations bouleversantes. De plus, le film donne une juste représentation de l’univers de l’hôpital. (Pyramide)
AN ELEPHANT SITTING STILL
Elephant Sitting StillPersonnages à la dérive, paysages urbains sinistres, univers d’extrême violence… C’est un monde sans joie, une terre en friche que raconte le cinéaste chinois Hu Bo dans An Elephant Sitting Still, son premier et unique film (Hu Bo s’est suicidé en 2017, peu après avoir achevé la post-production de An Elephant). Autour d’un mythique pachyderme toujours assis sans bouger du côté de Manzhouli, quelque part dans une lointaine province au nord de la Chine, une poignée de destins –un petit voyou, une fille maltraitée, un vieil homme, un adolescent triste- se croisent dans une quête crépusculaire. Voici une œuvre au long cours (3h44) dans laquelle il faut prendre le temps de s’immerger. Mais l’écriture de Hu Bo, avec ses longs plans-séquences, finit par véritablement envoûter… Un ovni de cinéma ! (Capricci)
HONKY TONK FREEWAY
Honky TonFreewayPilier du cinéma british des sixties, John Schlesinger (1926-2003) est connu pour des films à succès comme Macadam Cowboy (1969) ou Marathon Man (1976). Dans la collection Make My Day ! dont l’objectif est de dénicher des pépites, Jean-Baptiste Thoret a choisi de faire (re)découvrir le très méconnu Honky Tonk Freeway. Comme une version loufoque du Nashville d’Altman, voici une comédie où, sous l’impulsion de leur maire et pasteur, les habitants de Ticlaw, un bourg de Floride, vont tout faire, y compris peindre leur ville en rose, pour que la nouvelle autoroute ne détourne pas les touristes de leur petit paradis… Cuisant échec à sa sortie en 1981, le film, porté par des comédiens en verve, est un rude pamphlet de l’American Way of Life. (Studiocanal)
A DEUX HEURES DE PARIS
AAADeuxHeuresParisCharmante hôtesse de l’air, Sidonie élève, seule, Lolo, sa fille de 15 ans, née de père inconnu. Parce que l’adolescente s’interroge sur ses origines, Sidonie l’embarque dans un voyage en Baie de Somme à la recherche des pères potentiels. Objectif : récupérer un cheveu de ces messieurs pour un test ADN. Premier film de Virginie Verrier, A deux heures de Paris est une jolie comédie et surtout le beau portrait d’une jeune femme libre et épanouie, bien incarnée par Erika Sainte, qui revient sur les terres de sa (folle) jeunesse. Autour d’elle, cinq hommes (notamment Thierry Frémont, Fred Testot, Fréderic Pierrot) comme autant de souvenirs d’amours anciennes. C’est frais et plein de tendresse ! (Wild Side)
CONTINUER
ContinuerMère divorcée, Sybille ne supporte plus de voir son fils adolescent dériver dans une vie violente et vide de sens. Elle joue sa va-tout en entraînant Samuel dans un périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils vont affronter un univers naturel, splendide et hostile, où ils se retrouveront face à eux-mêmes. Avec Continuer, le cinéaste belge Joachim Lafosse (dont on avait apprécié A perdre la raison et L’économie du couple) adapte un roman de Laurent Mauvignier et offre au duo Virginie Efira (qu’on a vu, à Cannes, dans… Sybil) et Kacey Mottet-Klein, deux personnages d’écorchés vifs, qui s’affrontent, tendrement, dans de vastes paysages… (Le Pacte)
COFFRET GUILLAUME BRAC
AAACoffretBracRemarqué en 2013 pour Tonnerre, son premier long-métrage autour d’un rocker sur le déclin incarné par Vincent Macaigne, Guillaume Brac fait l’objet d’un joli coffret regroupant deux de ses œuvres les plus récentes. L’île au trésor (2018) est un documentaire pour lequel le cinéaste a installé sa caméra, un été, sur une île de loisirs de Cergy-Pontoise, en région parisienne, vrai terrain d’aventures, de drague ou de refuge et d’évasion. Il explore un royaume de l’enfance en résonance avec les tumultes du monde. Réalisé en 2017, Contes de juillet réunit deux contes L’amie du dimanche et Hanne et la fête nationale qui sont deux jolis portraits de jeunes femmes… (Potemkine)
MY BEAUTIFUL BOY
AAABeautifulBoyOn avait applaudi le Flamand Felix Van Groeningen pour deux œuvres bien belges, c’est-à-dire au ton singulièrement décapant tout en ayant des accents tragiques: La mertitude des choses (2009) puis Alabama Monroe (2012). Passé de l’autre côté de l’Atlantique, le cinéaste belge s’empare, avec My Beautiful Boy, d’un gros sujet de société, en l’occurrence les addictions… Pour David Sheff, la vie de son fils Nicolas est toute tracée : il est promis à une prestigieuse carrière universitaire. C’est alors que David découvre que Nic est accro en secret depuis ses 12 ans à la méthamphétamine. Pour ce père effondré, commence une vraie bataille, celle de la survie de son fils. Steve Carell et Timothée Chalamet forment un solide et beau duo d’acteurs. (Metropolitan)

LE VIDEUR, LE PIANISTE, PERHAN, CYRANO, COLETTE ET LES INFIRMIERS  

GREEN BOOK
AAAGreenBookEn 1962, Tony Lip, videur italo-américain du Bronx, est embauché comme chauffeur par le Dr Don Shirley, célèbre pianiste noir. Dans sa tournée de concerts dans le sud américain ségrégationniste, le duo va se confronter à la pire bassesse humaine. Oscar du meilleur film 2019, Green Book : Sur les routes du sud, de Peter Farrelly, pour la première fois en solo sans son frère Bobby, est un road-movie cocasse et grave sur le racisme ordinaire. Avec son accent italien à couper au couteau (à déguster en v.o.), Viggo Mortensen est simplement remarquable et aurait mérité de partager l’Oscar de meilleur acteur avec Mahershala Ali, il est vrai, épatant en musicien de talent luttant contre l’intolérable avec une distance élégante. Une superbe ode à l’amitié portée par deux comédiens virtuoses. (Metropolitan)

LE TEMPS DES GITANS
TempsGitansD’une part, il y a la (rude) réalité de l’existence des tziganes, de l’autre l’imagination débridée d’Emir Kusturica. Avec Le temps des gitans, on tient une belle occasion de revenir à l’une des œuvres les plus lyriques du double palmé cannois. En 1988, il raconte les aventures de Perhan, jeune adolescent un peu naïf, couvé par sa truculente grand-mère, qui pour faire soigner les jambes de sa petite sœur infirme, accepte de partir en Italie avec un petit parrain crapuleux qui se livre au trafic d’enfants… Un film mis en scène comme un foutoir baroque qui rend notamment hommage au Fellini d’Amarcord. On avait un peu perdu de vue le cher Emir (qu’on retrouve dans les bonus, évoquant le rêve gitan). Voilà une occasion magnifique de renouer avec le meilleur de son oeuvre! (Carlotta)

EDMOND
EdmondEn décembre 1897, Edmond Rostand, pas même 30 ans et déjà deux enfants, est taraudé par l’angoisse de la page blanche. Tirant le diable par la queue et, en désespoir de cause, il propose au grand Coquelin une comédie héroïque en vers. Dont il n’a cependant pas écrit la première ligne ! Dans l’allègre Edmond, Alexis Michalik transpose sa pièce à succès à l’écran et emballe son monde en détaillant, avec brio, la genèse du célèbre Cyrano de Bergerac. Olivier Gourmet est tonitruant en Coquelin et Thomas Solivérès est un jeune Rostand torturé qui va accéder à la gloire littéraire. Quand le génie est à l’œuvre, les mots se mettent rapidement à pétiller ! Epatant. (Gaumont)

DE CHAQUE INSTANT
AAADeChaqueInstantDepuis Etre et avoir (2002) mais aussi avant ce gros succès, Le pays des sourds (1992), on sait la place de choix que Nicolas Philibert occupe dans l’univers du documentaire. Après le Louvre ou la Maison de la radio, il s’attache, cette fois, à la formation d’élèves infirmiers et infirmières. En janvier 2016, le cinéaste fait une embolie qui le conduit aux urgences puis dans un service de soins intensifs. Une fois sorti d’affaire, il décide de faire ce De chaque instant qui détaille, comme un véritable rituel, la gestuelle et les règles qui président à l’apprentissage soignant. En trois actes et sans céder à la tentation de faire des portraits, le cinéaste s’attache à montrer un processus collectif qui fera de ces jeunes gens des soignants compétents, dévoués, attentifs et bienveillants. Passionnant. (Blaq Out)

COLETTE
AAAColetteGrande dame de la littérature française, Colette (1873-1954) se battit pour faire triompher sa liberté dans un monde patriarcal incarné par Willy, son époux et mentor égocentrique (Dominic West, étonnant). Avec Colette, le réalisateur anglais Wash Westmorland ose la bio de l’auteur de Claudine à l’école (best-seller que Willy s’attribua longtemps) pour brosser le portrait, dans le Paris bohême de la fin des années 1800, d’une vraie rebelle attachée à l’émancipation des femmes. Si la mise en scène est assez conventionnelle, la fine et belle Keira Knightley (revue récemment dans Cœurs ennemis) apporte un charme piquant à cette artiste qui souffrit longtemps de ne pas être reconnue pour son œuvre… Emouvant. (Studiocanal)

UN BEAU VOYOU
AAABeauVoyou
C’est avec un enthousiasme mitigé que le commissaire Beffrois envisage la retraite. Mais un vol de tableau va réveiller son instinct de flic… Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Premier film de Lucas Bernard, Un beau voyou est un double récit, d’abord celui de l’esthète Beffrois puis celui de l’énigmatique Bertrand, monte en l’air talentueux. Tant et si bien que l’enquêteur décidera que la traque de Bertrand sera son ultime coup d’éclat. Une atypique comédie policière dans l’univers de l’art bien servie par Charles Berling, Swann Arlaud et la charmante Jennifer Decker! (Pyramide)

L’HOMME FIDELE
AAAHommeFidele
Séparés depuis dix ans, Abel et Marianne se revoient et Abel décide de reconquérir Marianne. Mais les choses ont changé : Marianne, devenue veuve, a un fils prénommé Joseph qui n’accepte pas Abel comme père de substitution. La tante de Joseph, la jeune Eve  a bien grandi et a une idée bien précise derrière la tête. Avec L’homme fidèle, son second long-métrage comme réalisateur (après Les deux amis en 2015), Louis Garrel (qui incarne aussi Abel) s’inscrit dans un triangle amoureux élégant appuyé sur des dialogues ciselés. Dans ce marivaudage contemporain, autour d’un Abel à l’humour pince sans rire, s’affrontent la ravissante Laetitia Casta et la juvénile Lily-Rose Depp… Une jolie comédie d’auteur. (Ad Vitam)

DOSSIER 64
AAADossier64En trois volets entre 2013 et 2016, la série Les enquêtes du département V est devenue le plus gros succès du cinéma danois de tous les temps. Avec Dossier 64, cette saga s’achève sur un excellent thriller où l’on retrouve les emblématiques enquêteurs de la série, le mal embouché Morck et le taiseux Assad qui s’apprête à quitter le département. Trois corps momifiés découverts derrière une tapisserie dans un vieil appartement lancent l’enquête sur une macabre affaire de stérilisation de filles-mères dans les années cinquante. Tension, action et émotion sont réunis dans ce vrai film noir en forme de traque de terrifiants comploteurs, bons bourgeois à l’idéologie nauséabonde. (Wild Side)

PREMIERES VACANCES
AAAPremieresVacancesLes vacances, un parfait parcours du combattant ? Pas vraiment faux si l’on observe les aventures de Marion et Ben, des trentenaires qui se sont rencontrés sur les réseaux sociaux. Et qui décident de partir en voyage. Biarritz ou Beyrouth ? Ce sera la Bulgarie. Pour son premier long-métrage, Patrick Cassier signe, avec Premières vacances, une comédie légère sur deux conceptions différentes des vacances. Couple mal assorti, Camille Chamoux et Jonathan Cohen sont embarqués dans une Bulgarie burlesque où l’une a envie de fantaisie et l’autre d’hôtels de luxe… Gentiment cocasse ! (Le Pacte)

L’INCROYABLE HISTOIRE DU FACTEUR CHEVAL
AAAFacteurChevalSimple facteur parcourant tous les jours des dizaines de kilomètres sur les chemins de Hauterives, dans la Drôme, Joseph Ferdinand Cheval est bouleversé quand il rencontre Philomène, la femme de sa vie (Laetitia Casta). De leur union naît Alice. Pour cette enfant chérie, Cheval affronte alors un pari fou : construire de ses propres mains un formidable palais. Nils Tavernier raconte, avec L’incroyable histoire du facteur Cheval, l’aventure, à la fin du 19esiècle, d’un homme ordinaire qui devint, avec son Palais idéal, un maître de l’art naïf. Jacques Gamblin se glisse à merveille dans la peau d’un architecte hors normes. En bonus : le making of et une visite exclusive du Palais idéal. (M6)

SECONDE CHANCE
AAASecondeChanceParce que la promotion à laquelle elle aspirait vient de lui échapper, Maya, la quarantaine, décide de quitter son job pour trouver mieux ailleurs. Le fils de sa meilleure amie trafique son CV à son insu et le diffuse largement. Du coup, Maya décroche un boulot de rêve dans le monde des cosmétiques à Manhattan. Mais aura-t-elle droit à une seconde chance dans un univers dont elle ne maîtrise pas tous les codes. Avec Jennifer Lopez en tête d’affiche, Seconde chance, mis en scène par Peter Segal, aligne les portraits (certes stéréotypés) de femmes dans une comédie légère et sympathique. Avec sa verve et son vécu, J.LO passe de vendeuse à consultante. Un feelgood movie, un !   (Metropolitan)

MIA ET LE LION BLANC
AAAMiaLionBlancDans la ferme d’élevage de félins de ses parents, en Afrique du Sud, Mia Owen, 11 ans, lie une relation hors du commun avec Charlie, un lionceau blanc… Pendant trois ans, ils vont grandir ensemble dans une amitié fusionnelle. Lorsque Mia découvre que Charlie, devenu adulte, va être vendu, elle décide de fuir avec lui vers la réserve sauvage de Timbavati afin de sauver son protégé. Connu comme documentariste (J’ai 12 ans et je fais la guerre lui valut, en 1990, le prix Albert-Londres), Gilles de Maistre signe, avec Mia et le lion blanc, une fiction (réalisée sans trucages) sur les rapports homme-animal, s’appuyant sur la relation « dans la vraie vie » entre l’actrice Daniah De Villiers et le lion. Le cinéaste a choisi le format de la fiction pour toucher un large public sur les problèmes de chasse aux animaux sauvages pour de l’argent ainsi que de destruction de la nature. (Studiocanal)

LE MONSTRE, LA FAMILLE, LA BOHEME, PARIS, LE COIFFEUR ET TROIS FEMMES  

ALIEN
AlienLorsqu’en 1979, Ridley Scott tourne Alien, mesure-t-il l’impact que le film va avoir sur le cinéma fantastique et de science-fiction ? En tout cas, l’histoire du vaisseau spatial Nostromo, de son équipage et notamment de l’officier scientifique Ellen Ripley (ah, Sigourney Weaver en t-shirt blanc !) et bien sûr de son huitième passager, l’alien à la terrifiante beauté dessiné par le Zurichois Giger, tout cela contribue à faire de cette saga de l’espace, un must qui se regarde toujours avec des frissons dans le dos. Voici une belle édition ultime qui associe le B-ray et la 4K Ultra HD et propose une série de bonus dont le commentaire audio du réalisateur sur la version cinéma de 1979. Dans l’espace, on ne vous entendra pas crier, disait la pub du film. Conseil : faites l’expérience de la terreur ! (Fox)

UNE AFFAIRE DE FAMILLE
Affaire FamilleAprès un vol à l’étalage, Osamu et son fils rentrent chez eux. Ils remarquent une fillette livrée à elle-même dans la rue et décident de l’emmener chez eux. D’abord réticente, la femme d’Osamu accepte de s’occuper de la gamine maltraitée par ses parents. A Cannes, Hirozaku Kore-eda, dont le cinéma tout en subtilité aime à se pencher sur les rapports familiaux, a obtenu la Palme d’or 2018 avec Une affaire de famille. Ce drame social est un vrai petit bijou d’humanité où le cinéaste japonais se glisse dans un microcosme familial où chaque membre, de la grand’mère à la sœur escort-girl sont traités avec une touchante et discrète tendresse même si les secrets révélés sont bien rudes… Remarquable ! (Le Pacte)

LES VIEILLES LEGENDES TCHEQUES
Legendes TchequesConnu pour ses films en volume, le réalisateur tchèque Jiri Trnka (1912-1969), géant moustachu et débonnaire, fut un maître des marionnettes et l’une des grandes figures du cinéma d’animation européen. Plutôt oublié aujourd’hui, le cinéaste est mis en lumière avec un beau coffret qui réunit dvd, b-ray et l’excellent livre Clés pour Trnka autour des Vieilles légendes tchèques réalisé en 1952. La vie des premiers habitants de Bohême y est illustrée dans une suite de sept récits consacrés aux temps légendaires slaves, païens, hors d’âge. Trnka voulait rendre accessible par le cinéma l’émouvant pathos de la mythologie tchèque. Une réussite couronnée d’un Lion d’or à la Mostra de Venise ! (Artus)

PARIS AU MOIS D’AOUT
Paris Mois AoutSeul à Paris en août pendant que sa femme et ses enfants sont partis en vacances, Henri Plantin rencontre Patricia Seagrave venue pour un shooting dans la capitale. Avec le jeune mannequin anglais incarné avec fraîcheur et drôlerie par Susan Hampshire, Henri, la quarantaine, renonce à toutes ses obligations pour vivre une passion condamnée d’avance. En 1966, Pierre Granier-Deferre adapte le roman de René Fallet et met en scène, sur d’excellents dialogues d’Henri Jeanson, Charles Aznavour (qui signe aussi la chanson-titre) dans Paris au mois d’août. Inédite en dvd et présentée en version restaurée enrichie de bons suppléments, cette histoire d’un amour éphémère dans le cadre superbe d’un Paris désert. Une sorte de Dolce vita à la française qui distille un vrai charme. (Pathé)

SHAMPOO
ShampooRemarqué pour des films comme Harold et Maude (1971) ou Bienvenue, Mister Chance (1979), Hal Ashby avait aussi mis en scène, en 1975, le surprenant Shampoo qui réunit Warren Beatty, Julie Christie, Goldie Hawn et Lee Grant, couronnée d’un Oscar. Coiffeur et Don Juan mondain, George Roundy séduit ses nombreuses clientes. Mais, peu satisfait de sa vie professionnelle de simple employé, il rêve d’ouvrir son propre salon et espère l’aide du mari d’une de ses maîtresses… L’action se déroule, en 1968, la nuit précédant la première élection de Nixon à la Maison Blanche. On retrouve le film restauré dans un belle édition prestige limitée avec de nombreux memorabilia. Une satire féroce, savoureuse et politiquement incorrecte des mœurs sexuelles et sociales de l’époque. (Carlotta)

TROIS FEMMES
Trois FemmesFin observateur de l‘Amérique, Robert Altman (1925-2006) savait en croquer, de manière acide et désenchantée, les travers et les faiblesses. En 1977, il signait Trois femmes (l’édition est accompagnée d’un intéressant livret), un film rare dans son œuvre. Jeune Texane, Pinky est engagée dans un sanatorium du désert californien. Elle y rencontre Millie, toujours en quête de perfection et de reconnaissance sociale, qui lui présente Willie, une mystérieuse artiste… Nourri à la fois du Persona de Bergman et d’un rêve où il avait vu ses trois actrices réunies (Sissy Spacek, Shelley Duvall, Janice Rule), le film est une sorte d’expérience sensorielle où trois femmes vont s’identifier l’une à l’autre pour se transmuter en une entité père-mère-enfant. La mise en scène est étonnamment hypnotique et fascinante… (Wild Side)

BORDER
BorderDouanière très efficace à l’odorat exceptionnel, Tina est quasiment capable de sentir la culpabilité d’un individu. Un pédophile y laissera d’ailleurs des plumes. Mais, quand Vore passe devant elle, cette femme aux traits difformes sait qu’il cache quelque chose mais, cette fois, elle n’arrive pas à repérer quoi…. Pire, elle est attirée par lui. Danois d’origine iranienne, Ali Abbassi livre, avec Border, un film fantastique aussi déroutant et que fascinant autour de l’animalité et de l’humanité. Car Tina (Eva Melander) et Vore, devenu un couple aux ébats sauvages, découvrent qu’ils partagent une « race » commune… Osé et dérangeant, ce drame (à moins que ce ne soit un conte de fée) a aussi des accents… romantiques ! (Metropolitan)

PASOLINI E AMICI
PasoliniAmiciEcrivain, poète, journaliste et cinéaste, Pier Paolo Pasolini (1922-1975) est l’un des plus grands maîtres du cinéma italien. Un coffret Pasolini e amici permet de le retrouver avec trois fictions : Accatone, son premier long-métrage en 1961, Les oiseaux, petits et grands (1966) et Médée (1969) avec Maria Callas dans le rôle-titre mais aussi comme scénariste pour Sergio Citti (Ostia) ou Luciano Emmer (La fille dans la vitrine dans lequel jouait Lino Ventura). PPP a aussi signé le sketch intitulé La ricotta du film collectif Ro.Go.Pa.G (1963). Enfin, on peut le découvrir documentariste avec Enquête sur la sexualité (1964) qui interroge le sexe en Italie et aussi le rare court-métrage Notes pour un film sur l’Inde (1968).  (M6)

FELLINI SATYRICON
Fellini SatyriconDans la Rome antique, Encolpe et Ascylte, deux étudiants (Martin Potter et Hiram Keller) qui vivent de rapines, se disputent les faveurs de l’esclave Giton. Les trois comparses vont vivre des aventures où ils festoient avec un riche affranchi, enlèvent un hermaphrodite, se battent avec le Minotaure et pénètrent dans le Jardin des délices. Avec Fellini Satyricon (en version restaurée), le maître italien, qui a relu pour l’occasion Pétrone, s’aventure, en 1969, dans un monde antique qui n’a jamais existé mais qu’il revisite dans un peplum cruel, animal et superbement photographié. A la sortie du film en salles, une accroche publicitaire américaine publicitaire disait : « Rome before Christ. After Fellini » (Potemkine)

L’EQUIPAGE
EquipageAvant de rejoindre son escadrille sur le front en 1918, Jean Herbillon a une liaison avec Hélène, une femme mariée. Il va découvrir que sa maîtresse est l’épouse du lieutenant Maury, un aviateur avec lequel, dans différentes périlleuses missions, il va devenir ami. Quatrième film d’Anatole Litvak, tourné en 1935, L’équipage (qui sort dans une belle version restaurée 4K) est une adaptation du second roman de Joseph Kessel servie par trois fameuses stars de l’époque : Charles Vanel, Jean-Pierre Aumont et Annabella. Au-delà du réalisme apporté par l’univers des pilotes présenté de manière quasiment documentaire, ce drame humain est surtout un grand mélodrame de guerre autour du remords et de l’amitié. (Pathé)

HIGH LIFE
High LifeOn n’attendait pas forcément la cinéaste de Beau travail ou Un beau soleil intérieur dans la science-fiction. Mais Claire Denis, avec High Life, ne se lance pas dans le blockbuster en forme de space-opéra. En racontant l’aventure de criminels condamnés à mort qui acceptent de devenir les cobayes d’une mission spatiale en dehors du système solaire, elle livre, dans une mise en scène épurée, une réflexion intimiste, à la fois étrange, envoûtante et angoissante sur l’espace et le temps. Robert Pattinson et Juliette Binoche, en scientifique glaciale, servent, dans un huis-clos hypnotique, un récit halluciné sur la conquête de l’espace. En bonus, un entretien avec l’astrophysicien Aurélien Barrau, consultant du film. (Wild Side)

FIN AOUT DEBUT SEPTEMBRE
Fin Aout Debut SeptembreTravaillant dans l’édition, Gabriel propose à son ami Adrien, écrivain en panne d’inspiration, de réaliser un reportage sur sa vie pour une chaîne de télé. Ensemble, ils partent pour Mulhouse, sur les lieux de l’enfance d’Adrien, En 1999, avec Fin août, début septembre (qui sort en édition restaurée), Olivier Assayas, pour son septième long-métrage, réunit Mathieu Amalric, François Cluzet, Virginie Ledoyen, Jeanne Balibar, Eric Elmosnino dans une chronique, sur un an, autour de l’amitié, des disputes, du travail, des espoirs, d’un amour qui s’achève et d’un autre qui recommence. Un film d’atmosphère simple et limpide qui saisit de belles émotions… (Pathé)

VIRGINIE THEVENET
Virginie ThevenetUn peu perdue de vue aujourd’hui, la pétillante comédienne Virginie Thévenet (vue dans Les zozos de Pascal Thomas, L’argent de poche de Truffaut ou Le beau mariage de Rohmer) fut aussi réalisatrice et signa trois fictions, désormais réunies dans un coffret. La nuit porte-jarretelles (1984) est une découverte érotique du Paris nocturne dans les pas de la délurée Jezabel. Dans les seconds rôles, on reconnaît de nombreuses figures de la nuit parisienne de l’époque. En 1986, Jeux d’artifices raconte les aventures d’Elisa et Eric, adolescents orphelins qui travaillent presque coupés du monde dans un studio-photo. Mais arrive un Américain qui s’éprend d’Elisa. Enfin Sam suffit (1992) met en scène Eva, jeune stripteaseuse foraine (Aure Atika), qui veut sortir de la marginalité… (Potemkine)

L’INTERVENTION
Intervention1976 à Djibouti, dernière colonie française. Un bus d’enfants de militaires français est pris en otage par des terroristes indépendantistes. Les autorités envoient sur place une unité de tireurs d’élite de la Gendarmerie pour débloquer la situation de ce bus enlisé dans les sables à proximité de la frontière de la Somalie. Avec L’intervention, librement inspiré de faits réels, Fred Grivois signe un solide film d’action autour d’une équipe de gaillards aussi hétéroclites qu’indisciplinés incarnés par Alban Lenoir et Michaël Abiteboul en tête de liste et entourés d’Olga Kurylenko, Vincent Perez ou Josiane Balasko. Une opération à haut risque qui marqua la naissance du GIGN. (M6)

LE RETOUR DE MARY POPPINS
Retour Mary PoppinsOn se souvient, non sans une douce nostalgie, de Julie Andrews dans la version de 1964 signée Stevenson. La nounou aux pouvoirs « supercalifragilisticexpialidocious » est de retour. Rob Marshall met en effet en scène Le retour de Mary Poppins qui a désormais les traits d’Emily Blunt, vue dans Le diable s’habille en Prada. On retourne du côté du 17, allée des Cerisiers pour retrouver Michael Banks et Jeanne Banks, désormais adultes. Lorsque Michael se retrouvera en grosse difficulté financière, lui et sa famille seront ravis de voir surgir l’irrésistible gouvernante. A tous, Mary Poppins va apporter de la joie et de l’émerveillement. Dans la distribution de cette allègre comédie musicale, on remarque aussi Meryl Streep en cousine excentrique ou Colin Firth en banquier sans scrupules. (Disney)

THE UNTHINKABLE
UnthinkableTandis que la Suède est victime d’une mystérieuse attaque supposée terroriste, Alex, jeune adolescent réservé, retourne dans son village natal et y retrouve Anna, son amour de jeunesse, ainsi que son père qu’il n’a plus vu depuis plusieurs années. Ensemble, ils vont renouer les liens brisés pour survivre dans le chaos… Réalisé par Crazy Pictures, un collectif de cinq cinéastes scandinaves, The Unthinkable, premier « long » du quintet (triplement primé au festival fantastique de Gérardmer) est une étonnante et captivante fresque qui revisite, avec un étonnant brio visuel, la SF en mêlant l’action, le thriller, le drame familial, le survival et les effets spéciaux. Une belle surprise tant narrative que formelle! (Wild Side)

LA TELE, HARRYHAUSEN, L’AGITATEUR, RAY ET LES BRAQUEUSES  

NETWORK – MAIN BASSE SUR LA TV
NetworkL’univers de la télévision que Sidney Lumet met en scène, en 1976, dans Network – Main basse sur la TV, pouvait à l’époque paraître plutôt loufoque. Aujourd’hui, la réalité dépasse tout bonnement l’histoire de Howard Beale, présentateur vedette de la chaîne UBS. Devant une forte chute d’audience, Beale (Peter Finch) est viré. Désespéré, le présentateur annonce son suicide en direct sur le plateau… Aussitôt, sa cote de popularité remonte. Diana Christensen, la responsable de la programmation (Faye Dunaway) lui donne carte blanche pour animer sa propre émission. Dans la belle collection des coffrets ultra collector, voici une saga aussi captivante que glaçante sur l’univers télévisuel. Parmi les excellents bonus, on trouve By Sidney Lumet, un documentaire inédit en vidéo (110 mn) ainsi que Fou de rage, un livre également inédit (200 p.) dans lequel Dave Itzkoff, journaliste au New York Times, plonge dans les coulisses d’une œuvre visionnaire. Une réussite ! (Carlotta)

COFFRET RAY HARRYHAUSEN
HarryhausenL’Anglais Ray Harryhausen (1920-2013) fut un grand magicien du cinéma, en concevant de superbes effets spéciaux qui ont fait rêver, avec des films comme Les voyages de Gulliver ( 1960) ou Jason et les argonautes (1963) les amateurs de fantastique. Il a aussi œuvré sur trois aventures de Sinbad, le plus mythique des marins. Dans un beau coffret, sont réunis Le 7e voyage de Sinbad (1958), Le voyage fantastique de Sinbad (1973) et Sinbad et l’œil du tigre (1977). Des réalisateurs et des interprètes différents mais toujours le sens aigu du spectacle de Harryhausen pour mettre en valeur cyclope, tigre géant, dragon, vautour à deux têtes ou déesse à six bras ! (Sidonis Calysta)

THE INTRUDER
IntruderAuteur d’un fameux cycle fantastique consacré à Poe, grand dénicheur de talents et cinéaste réputé n’avoir jamais perdu un centime dans ses productions, Roger Corman (né en 1926) tourne, en 1961, The Intruder qui sera… l’un de ses très rares échecs commerciaux. L’inquiétant et séduisant Adam Cramer débarque à Caxton, une petite ville moite du sud des Etats-Unis. Une loi vient de passer qui ouvre le lycée à un petit quota d’élèves noirs. Distillant un discours haineux, Cramer, en beau parleur, va tenter de mettre le feu aux poudres en poussant la population blanche à la violence. William Shatner, le futur capitaine Kirk de Star Trek, incarne un sinistre agitateur dans un excellent brûlot politique sur la déségrégation. Dans un petit bonus, Corman et Shatner évoquent la réalisation de The Intruder. (Carlotta)

A L’OMBRE DES POTENCES
Ombre PotencesHomme mûr, Matt Dow sympathise avec Davey Bishop, jeune type immature. Le duo est injustement pris, par les habitants de Madison, pour des pilleurs de train. Davey est grièvement blessé et Matt échappe de peu à la corde… Entre Johnny Guitare et La fureur de vivre, film emblématique de James Dean, Nicholas Ray tourne, en 1955, A l’ombre des potences. Une nouvelle fois, le cinéaste prend le western à rebours et, dans un univers imprégné de violence, met l’accent sur la générosité et le pardon. Autour de l’expérimenté Matt (James Cagney) et du gamin en perdition (John Derek), Ray construit une belle relation père/fils. Un western rare et tragique. (Sidonis/Calysta)

LES VEUVES
VeuvesOn n’attendait pas Steve McQueen, auteur de Hunger, Shame ou Twelve Years a Slave, du côté du pur polar hollywoodien… Avec Les veuves, le cinéaste anglais donne un film bien mené et rythmé qui raconte la rencontre de quatre femmes qui ne se connaissaient pas et dont les maris sont morts dans un braquage qui a mal tourné. Elles devront finir le travail autant afin de rembourser des dettes que de prendre leur destin en main. Avec Viola Davis, Michelle Rodriguez, Cynthia Erivo et Elizabeth Debicki, McQueen signe aussi quatre beaux portraits de femmes déterminées. Un solide film d’action. (Fox)

LE PROCES DE JEANNE D’ARC
Proces Jeanne ArcCapturée devant Compiègne puis livrée aux Anglais, Jeanne d’Arc est emprisonnée depuis plusieurs mois dans une chambre du château de Rouen. Elle comparaît devant un tribunal composé presque exclusivement de membres de l’université anglophile de Paris, présidé par l’évêque Cauchon. En 1962, avec Le procès de Jeanne d’Arc, Robert Bresson (1901-1999) restitue, dans son intégralité visuelle, sonore et parlante, le procès et la vie de la Pucelle d’Orléans, morte sur le bûcher en 1431. En s’appuyant sur les minutes du procès, il réussit, dans une épure nerveuse, l’admirable portrait d’une âme. Ecrivain et membre de l’Académie française depuis 2000, Florence Delay, alors comédienne, incarne Jeanne dans ce film couronné du prix du jury au festival de Cannes. (Potemkine)

PUPILLE
PupilleLe jour de sa naissance, Théo est remis à l’adoption par sa mère biologique. C’est un accouchement sous X sur lequel la mère peut revenir (ou pas) pendant deux mois… Remarqué en 2014 avec le surprenant Elle l’adore, Jeanne Herry développe, avec Pupille, les thèmes de l’adoption et de la parentalité. La cinéaste soigne les personnages de femmes avec Alice (Elodie Bouchez), femme qui se bat depuis des années pour avoir un enfant ou Karine (Sandrine Kiberlain), assistante sociale énergique et aimante. Une histoire bien documentée et pleine de tendresse sur la quête d’amour. (Studiocanal)

MARTHE
MartheBlessé à Verdun, Simon Weizman est soigné dans un hôpital militaire au Croisic. Sur la plage, il croise Marthe, jeune institutrice dont il tombe follement amoureux. Avec Marthe qu’il réalise en 1996, Jean-Loup Hubert s’empare du cauchemar de la Grande guerre et en fait la toile de fond terrible d’une magnifique idylle amoureuse doublée d’un propos pacifiste. Portés par l’interprétation éblouissante de Clotilde Courau et de Guillaume Depardieu, Marthe et Simon sont deux jeunes gens dont la passion est mise à mal par la folie des hommes… Une première en dvd, enrichie de bonus inédits. (ESC)

L’EMPEREUR DE PARIS
Empereur ParisAu terme d’une évasion spectaculaire, Eugène-François Vidocq essaye de se faire oublier en endossant la défroque d’un commerçant ambulant. Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, il propose au chef de la Sûreté de l’aider à frapper la pègre. Méprisé par les flics et haï par les truands, Vidocq, à la tête d’une petite équipe de proscrits, mène habilement sa barque et obtient des résultats exceptionnels. Dans L’empereur de Paris, Jean-François Richet offre à un Vincent Cassel plus sauvage que jamais, l’occasion d’entrer dans la peau du légendaire policier en quête de pouvoir. Avec une solide distribution (Fabrice Luchini est un Joseph Fouché inquiétant) voici un biopic et un spectacle historique qui soignent aussi la représentation de Paris sous le règne de Napoléon… (Gaumont)

SUSPIRIA
SuspiriaEn 1977, Dario Argento signe Suspiria, un chef d’œuvre baroque avec laquelle il passe du giallo au fantastique… Avec son remake de Suspiria, Luca Guadagnino, remarqué avec Call Me by your Name, entre à son tour dans l’univers fantastico-macabre. En 1977 (l’année où se déroule le film d’Argento), à Berlin, la jeune Americaine Susie Bannion (Dakota Johnson, vue dans Cinquante nuances de Grey) intègre la célèbre compagnie de danse Markos dirigée par l’inquiétante Madame Blanc (Tilda Swinton). Bientôt des meurtres brutaux vont emporter la danseuse et son amie Sara dans un cauchemar rouge peuplé de sorcières. Parmi les comédiennes, on remarque Angela Winkler, Ingrid Caven ou Sylvie Testud. Quant à Jessica Harper qui tenait le rôle de Susie Bannion dans le film d’Argento, elle fait, ici, une apparition… (Metropolitan)

THE SPY GONE NORTH
Spy Gone NorthEn 1993, les services secrets de Séoul recrutent un ancien officier qui, sous le nom de code Black Venus, doit collecter des informations sur le programme nucléaire en Corée du Nord. Infiltrant un groupe de dignitaires de Pyongyang, l’espion va opérer en autonomie complète au cœur du pays le plus secret et le plus dangereux au monde… S’appuyant sur une belle qualité formelle, The Spy Gone North, inspiré de l’histoire vraie de l’agent Park Chae-seo, est un film d’espionnage « à l’ancienne » dense et réussi autour des relations glaciales entre les deux Corées. Quand la moindre erreur devient fatale. Plus proche de l’œuvre de John Le Carré que des aventures de James Bond. (Metropolitan)

LIBRE
LibreDans la vallée de La Roya (Alpes Maritimes), l’agriculteur Cédric Herrou cultive des oliviers. Le jour où il croise la route de réfugiés, il décide, avec d’autres habitants de la vallée, de leur offrir un refuge et de les aider à déposer des demandes d’asile. Ce faisant, il se retrouve hors-la-loi. Avec Libre, Michel Toesca brosse le portrait de Cédric Herrou et signe un bon documentaire qui cerne les aberrations de la machine bureaucratique tout en évoquant avec beaucoup d’humanité les multiples problèmes vécus par les migrants. Un film comme un acte politique de résistance. (Jour2fête)

SALOMON ET LA REINE DE SABA
Salomon Reine SabaRoi de la Terre d’Israël, David, 70 ans, va passer le pouvoir à l’un de ses fils. Plutôt qu’Adonias, grand chef de guerre (George Sanders), il choisit le pacifique Salomon qui devra régner en résistant à son puissant voisin, le pharaon d’Egypte mais aussi à son demi-frère qui veut récupérer son trône. Pour sa part, la belle reine de Saba, complice du pharaon, rend visite à Salomon pour découvrir ses points faibles, le séduire avant de le détruire… En 1959, King Vidor, réalisateur de Duel au soleil ou La furie du désir, tourne, avec Salomon et la reine de Saba, un peplum flamboyant qui sera son ultime mise en scène. La pulpeuse Gina Lollobrigida est une séduisante reine de Saba. Yul Brynner, qui remplaça Tyrone Power, mort sur le tournage, incarne un roi sage et mythique… (Sidonis Calysta)

ASTERIX: LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE
Asterix Potion MagiquePour la première fois de sa vie, Panoramix manque de se tuer en tombant d’un arbre alors qu’il cueillait du gui. Il se dit qu’il est temps d’assurer sa succession d’autant qu’il met le petit village gaulois en danger en gardant pour lui seul la recette de la potion magique. Accompagné par Astérix et Obélix, le cher mage va parcourir la Gaule à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le précieux secret. Avec Astérix: le secret de la potion magique, Louis Clichy et Alexandre Astier, l’auteur de l’excellente série Kaamelot, réussissent un film d’animation qui s’empare brillamment de l’univers de Goscinny et Uderzo pour le réinventer au service d’un humour plein de trouvailles et contemporain. On savoure les références à l’actualité. Par Toutatis ! (M6)