LE PARRAIN, LA PLANETE, LA VENGEANCE, LA GUERRIERE ET DAVID BOWIE  

THE KING OF NEW YORK
King New YorkParrain de la drogue, Frank White vient de sortir du pénitencier de Sing Sing après cinq ans de prison. De suite, les règlements de compte se multiplient. Alors que la police veut le mettre hors d’état de nuire, White, installé dans une suite du Plaza, est bien décidé à redevenir le roi de New York. Mieux, il envisage même de conquérir la mairie de la ville. En 1990, Abel Ferrara réussit un polar urbain magistral au croisement de l’opéra et de la culture gangsta. Le réalisateur de Bad Lieutenant offre un rôle en or à Christopher Walken, l’un de ses acteurs fétiches, qui incarne un White complètement possédé. Autour de lui, on remarque les excellents David Caruso, Steve Buscemi, Laurence Fishburne ou Wesley Snipes. Dans une nouvelle restauration 4K et enrichi de bons suppléments dont un entretien avec Ferrara sur la réalisation du film et ses enjeux cinématographiques. Une vision fantasmée et funèbre d’un New York criminel où un truand se rêve en businessman… (Carlotta)
LEGACY
LegacyPlus de dix ans après Home où il montrait la Terre vue du ciel et développait le lien qui unit l’homme à cette Terre, Yann Arthus-Bertrand revient sur son parcours et sur 50 années d’engagement à travers un documentaire où il lance un cri d’alerte écologique. Le photographe et réalisateur français montre des images des lacs du Kenya, des buildings de New York ou d’Hong Kong, des paysages du sud algérien ou des glaciers scandinaves pour provoquer l’éveil des consciences et en appeler au respect et à la défense d’une nature constamment malmenée. En livrant une vision sensible et radicale, il signe une œuvre émouvante qui dévoile une planète en souffrance et résonne particulièrement et douloureusement alors que le dérèglement climatique est à l’œuvre… (Universal)
LA CHEVAUCHEE DE LA VENGEANCE
Chevauchee VengeanceShérif devenu chasseur de primes, Ben Brigade capture Billy John, un jeune hors-la-loi en espérant que son frère, le chef de la bande, tentera de le délivrer. Car Brigade a un vieux compte à régler avec l’aîné… Entre des Indiens inquiétants et une paire de bandits intéressés par Billy John pour obtenir une amnistie, l’aventure de Brigade va être périlleuse. En 1959, Budd Boetticher signe un grand western autour de la vengeance en confiant à Randoplph Scott, l’un de ses acteurs fétiches, le soin d’incarner le peu bavard Brigade. Privilégiant les plans larges, la mise en scène, entièrement en extérieurs, est d’une limpidité et d’une densité remarquables. Dans les bonus, Martin Scorsese salue d’ailleurs le génie de Boetticher. (Sidonis Calysta)
RAYA ET LE DERNIER DRAGON
Raya Dernier DragonAutrefois, au royaume imaginaire de Kumandra, humains et dragons vivaient en harmonie et la Terre était prospère. Jusqu’à l’arrivée du Druun, une force maléfique qui absorbe les âmes de tout être vivant et entraina le sacrifice des dragons. Cinq siècles plus tard, le maléfice est de retour et Raya, guerrière solitaire et fille du chef de la tribu de Coeur, se met en quête du légendaire dernier dragon pour restaurer l’harmonie à Kumandra. Sur les pas de Raya, Disney distille, dans l’univers (fictif) de l’Asie du sud-est, une épopée d’action qui bénéficie d’une richesse visuelle remarquable. Mieux, ce film, qui n’est pas passé par la case cinéma, entraîne le spectateur dans des paysages magnifiques. Sensible, drôle et efficace. (Disney)
LABYRINTHE
LabyrinthePassionnée de contes de fées, Sarah doit, un soir, garder son jeune demi-frère Toby. Pour le calmer, elle lui raconte l’histoire d’un roi des gobelins tombé amoureux d’une jeune fille humaine. A cette occasion, elle prononce un mot magique qui emporte le gamin dans un univers imaginaire gouverné par Jareth, l’androgyne souverain des Gobelins… A l ‘occasion du 35e anniversaire du film-culte de Jim Henson, produit par George Lucas, voici une édition collector blu-ray 4K qui permet de se replonger dans la magie d’un récit d’aventures en forme de plongée dans les rêves d’une jeune fille (Jennifer Connelly, alors âgée de 16 ans) au seuil de la maturité. Et on retrouve évidemment avec bonheur l’immense David Bowie en fascinant et séduisant Jareth ! (Sony)
L’APPEL DE LA CHAIR
Appel ChairEffondré depuis la mort d’Evelyn, son épouse (infidèle), l’aristocrate Alan Cunningham (Anthony Steffen) a été admis en asile psychiatrique. A sa sortie, il ramasse des prostituées rousses et se livre à des jeux sadomasochistes avec elles dans son château en ruines. Un jour, il rencontre Gladys, sosie de sa femme, et l’épouse pour tenter de se soigner. Mais, pris d’hallucinations, il croit voir le fantôme d’Evelyn. Genre inventé par Mario Bava, le giallo a explosé dans les années 70. En 1971, Emilio Miraglia réalise ce giallo qui associe le fantastique au plus pur cinéma bis avec, évidemment, son lot de jolies filles sexy et en petite tenue… Une bonne illustration du « cinéma de quartier » italien des années soixante-dix. (Artus Films)
LES GOONIES
GooniesA Astoria, cité portuaire de la côte Ouest des USA, Mikey, Data, Bagou et Choco, quatre jeunes copains, trouvent la vie trop paisible à leur goût. Lorsqu’ils trouvent dans le grenier de Mikey, une vieille carte au trésor, l’aventure commence. Elle les mène dans un vieux restaurant en bord de mer… occupé par des bandits en cavale. Imaginé et produit par Steven Spielberg, réalisé en 1985 par Richard Donner, le film (d’où les adultes sont quasiment absents) fut un très gros succès et devint culte pour les gamins des années 80. Il est vrai qu’on se laisse volontiers embarquer, à travers les souterrains, sur le bateau pirate de Willy le borgne ! (Warner)
MALEFICES
MaléficesJeune vétérinaire en poste près de Noirmoutier, François Rauchelle est appelé pour soigner un guépard. Sa propriétaire, Myriam Heller, est une femme belle et mystérieuse venue d’Afrique et qui souffre du mal du pays. Avec une statuette ensorcelée, Myriam va tenter de garder François (Jean-Marc Bory) auprès d’elle. Mais celui-ci, troublé par l’empoisonnement dont son épouse (Liselotte Pulver) vient d’être victime, hésite… En 1961, le prolifique Henri Decoin (qui signa de bonnes adaptations de Simenon) est en fin de carrière lorsqu’il tourne cette aventure adaptée de Boileau et Narcejac et teintée de surnaturel où une magicienne (Juliette Greco) charme un homme et l’arrache à son épouse… Un drame sous le signe de l’envoûtement, évidemment maléfique. (Gaumont)
INFIDEL
InfidelJournaliste américain et blogueur chrétien, Doug Rawlins (Jim Caviezel) donne une série de conférences en Egypte. Il y vante sa foi chrétienne et provoque la colère de l’assistance. Enlevé par un commando iranien, il est emprisonné en Iran et accusé d’espionnage. Fonctionnaire au Département d’Etat, sa femme Liz (Claudia Karvan) tente de faire intervenir les autorités américaines mais celles-ci ne veulent pas s’engager dans une action trop risquée. Le cinéaste irano-américain Cyrus Nowrasteh signe un thriller politique palpitant (et controversé) autour de thèmes forts comme le terrorisme, le totalitarisme religieux, la foi chrétienne mais aussi l’espionnage et la torture dans les geôles iraniennes… (SAJE Distribution)
LES CONTREBANDIERS DE SANTA LUCIA
Contrebandiers Santa LuciaMenant une enquête sur un trafic international d’héroïne, le capitaine Ivano Radevic infiltre le milieu des contrebandiers de Naples. Il se lie d’abord avec Autiero, un dealer de cigarettes de Borgo Santa Lucia, afin d’entrer en contact avec Don Vizzini, l’un des puissants chefs mafieux qu’il traque. En 1979, Alfonso Brescia, auteurs de films de SF, de péplums ou de westerns spaghetti, signe un âpre « poliziesco », polar urbain qui s’inspire de l’atmosphère de violence qui règne dans l’Italie des années de plomb et des actions des Brigades rouges. Brescia puise des références dans des thrillers comme L’inspecteur Harry, Un justicier dans la ville ou French connection… (Artus Films)
UN PRINTEMPS A HONG KONG
Printemps Hong KongChauffeur de taxi à Hong Kong, Pak, 70 ans, ne veut pas prendre sa retraite. Au hasard d’une rue, il croise Hoi, déjà retraité. Les deux hommes qui ont construit leur vie autour de leur famille, vont vivre une vraie histoire d’amour. Ils décident de taire leur relation pour ne pas bouleverser les traditions de leur communauté. Ray Yeung traite avec finesse un sujet rarement abordé dans le cinéma chinois. L’histoire clandestine et attachante de deux hommes contraints à une double vie, s’inscrit dans une sorte de fatalité puisque Pak (Tai Bo) et Hoi (Ben Yuen) n’ont aucune chance de trouver une place dans l’espace public… (Epicentre)
CHAOS WALKING
Chaos WalkingDans un futur proche, les femmes ont disparu. Le monde de Todd Hewitt (Tom Holland), une planète coloniale surnommée Nouveau Monde, n’est habité que par des hommes, et tous sont soumis au Bruit, une mystérieuse force qui révèle leurs pensées et permet à chacun de connaître celles des autres. Lorsque la jeune Viola (Daisy Ridley), survivante d’un crash de navette, atterrit en catastrophe sur cette planète, elle s’y retrouve en grand danger face au redoutable maire Prentiss (Mads Mikkelsen)… Malgré des aléas de production, le réalisateur Doug Liman, auteur notamment de La mémoire dans la peau (2002), donne de la SF divertissante avec cette plongée dans un monde post-apocalyptique portée par un duo de jeunes comédiens très à l’aise… (Metropolitan)

LA SOLITUDE, LES DERIVES KAFKAIENNES, LA BONNE ET LA CREATURE MYTHIQUE  

UMBERTO D.
Umberto D.Modeste fonctionnaire à la retraite, Umberto Domenico Ferrari a du mal à joindre les deux bouts avec sa petite pension. Sa logeuse le malmène parce qu’il peine à payer son loyer. Pour amis, il n’a que Maria, la jeune servante enceinte et Flyke, son petit chien. En 1952, sur un scénario du grand Cesare Zavattini, le maître Vittorio de Sica signe, après Sciuscia (1946), Le voleur de bicyclette (1948) et Miracle à Milan (1951), un joyau du néoréalisme italien. Dans la Rome de 1950, voici la vie ordinaire et difficile d’un vieil homme en détresse. Carlo Battisti, professeur de linguistique à l’université de Florence, fut engagé par De Sica pour incarner cet homme confronté à la solitude et à la misère sociale. Une œuvre bouleversante sur un homme trop fier pour mendier et qui songera au suicide. La dernière scène est sublime parce que joyeuse et pathétique à la fois… Dans les suppléments, Jean A. Gili éclaire magnifiquement ce chef d’œuvre. (Carlotta)
ADIEU LES CONS
Adieu Les ConsSuze Trappet a le moral au plus bas. A 43 ans, malade, cette ex-coiffeuse sait que ses jours sont comptés. Mais que dire de Jean-Baptiste Cuchas, fonctionnaire aussi déférent que transparent ? Ce pro de l’informatique et de la surveillance apprend du jour au lendemain qu’il va être viré. C’est là qu’il croise la route de Suze. Ces deux laissés-pour-compte, l’une qui veut vivre mais ne peut pas et l’autre qui pourrait vivre mais ne veut plus, décident de mener une ultime bataille contre une société étouffante et injuste. Avec l’excellent Albert Dupontel devant et derrière la caméra et une Virginie Efira, définitivement incontournable, voici une réflexion enlevée et acide sur les déviances kafkaïennes du monde actuel. Un film grinçant en diable mais aussi un remarquable divertissement ! Dupontel en verve ! Le film a été un gros succès à sa sortie en salles… (Gaumont)
LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE
Journal Femme ChambreDans la Normandie de la fin du 19e siècle, la jeune Célestine arrive de Paris pour entrer au service des Lanlaire, une famille bourgeoise et conservatrice. Mais la ravissante femme de chambre va vite susciter le désir des hommes, du maître de maison lubrique au valet manipulateur en passant par le fils malade et le voisin tordu (Burgess Meredith, co-auteur aussi du scénario). En 1945, longtemps avant la version de Bunuel avec Jeanne Moreau, Jean Renoir, alors installé aux USA, porte à l’écran le célèbre personnage d’Octave Mirbeau. C’est Paulette Goddard (l’égérie de Chaplin dans Le dictateur et Les temps modernes) qui incarne Célestine dans cette audacieuse chronique qui balance constamment entre un ton cruel et une ironie parfois proche du burlesque. Un film longtemps invisible en France et qui ressort dans une belle édition riche en bonus. (Sidonis Calysta)
LE LOUP-GAROU DE LONDRES
Loup-Garou LondresAlors qu’ils rêvent de draguer à Rome, David et Jack, deux jeunes routards américains (David Naughton et Griffin Dunne) parcourent la campagne anglaise. Sur une lande, à la nuit tombée, ils vont être attaqués par une créature mythique assoiffée de sang. John Landis explique qu’il a eu l’idée de son film en assistant à une cérémonie dans les Balkans où des Roms brûlaient leurs morts pour éviter qu’ils ne reviennent à la vie. En 1981, le cinéaste américain, dans un amusant équilibre entre comédie et terreur, réussit un bel hommage à un genre fameux. Dans une belle édition, riche en bons suppléments, on retrouve ce film qui connut un large succès commercial. La scène où David Naughton se transforme à vue en loup-garou est superbe ! Elle contribua certainement à l’Oscar des meilleurs maquillages décroché par Rick Baker. (L’Atelier d’images)
CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE
Contes Cruels JeunesseLors de ses virées nocturnes, la jeune Makoto use de son charme pour se faire raccompagner chez elle par des quadragénaires. Un soir, l’un d’eux tente de l’emmener de force à son hôtel. L’arrivée de Kiyoshi, un étudiant délinquant, lui évite le pire… En 1960, Nagisa Oshima, 28 ans, signe le second volet de sa trilogie de la jeunesse. Le réalisateur de L’empire des sens et de Furyo s’inscrit alors pleinement dans l’esprit de la Nouvelle vague française. Il descend dans la rue et filme, en format large et en caméra portée, la jeunesse tokyote d’après-guerre sur fond de politique et de violence. Les personnages sont libres sexuellement mais parfaitement sans espoir. Pour la première fois en version restaurée 4K et avec de bons suppléments, voici une œuvre fulgurante, rageuse et bouillonnante sur la Fureur de vivre, made in Japan. (Carlotta)
HPI
HPI« Quand je vois une énigme, je dois la résoudre sinon je ne peux pas dormir… » Célibataire de 38 ans et mère de trois enfants (de deux pères différents), Morgane Alvaro est surdouée. Malgré son QI de 160, elle bosse comme femme de ménage. A cause de son insoumission à l’autorité. Mais Morgane va pourtant accepter de devenir consultante pour la PJ de Lille et révéler des capacités d’enquêtrice hors normes. La saison 1 de la série (8 épisodes de 52 mn) a connu un imposant succès à sa sortie sur TF1. La rousse Audrey Fleurot s’en donne à cœur joie avec ce pétulant personnage à haut potentiel intellectuel qui détonne entre la commissaire Hazan (Marie Denarnaud) et le commandant Karadec (Mehdi Nebbou)… (UGC)
BLACK MARBLE
Black MarbleLe sergent Natalie Zimmerman (Paula Prentiss) est chargée de faire équipe avec Valnikov, un détective d’origine russe (Robert Foxworth) afin de retrouver un chien de race qui a été kidnappé. Ils vont alors tomber amoureux. Troisième long-métrage du New-yorkais Harold Becker, Flics-Frac (en version française) adapte un roman de l’ex-policier de Los Angeles Joseph Wambaugh. Aujourd’hui tombée dans l’oubli, cette comédie policière est remise dans la lumière par Jean-Baptiste Thoret pour sa collection Make my Day et on savoure à la fois une chronique californienne et un suspense policier portés par de savoureux personnages… (Studiocanal)
L’ETREINTE
EtreinteVeuve depuis six mois, Margaux Hartmann arrive à Paris pour y refaire sa vie. Elle retourne à la fac où elle s’inscrit en maîtrise d’allemand. Autour de cette femme de la cinquantaine, gravitent des étudiants avec lesquels elle est souvent en décalage. Et puis, sur un site de rencontre, elle croise un homme avec lequel elle pense pouvoir commencer quelque chose… Pour son premier long-métrage, Ludovic Bergery parle de la manière de se réapproprier la vie, de la ressentir à travers son corps, sa sensualité et évidemment ses sentiments. Une succession de moments saisis au vol et portés par Emmanuelle Béart (dans un remarquable retour sur le grand écran après quelques années d’absence) qui fait planer sur sa Margaux des ombres, des mystères, des abandons… (Pyramide)
CHEERFUL WIND
Cheerful WindAssistante photographe sur le tournage d’une publicité, Xiao Xinhui fait la rencontre de Gu Jintai, un aveugle dont elle s’éprend alors qu’elle vient d’entamer une liaison avec le réalisateur qui l’emploie… Ce dernier lui propose de l’accompagner pour lui faire visiter l’Europe. Chef de file du cinéma d’auteur taïwanais, le grand Hou Hsiao-hsien réalise, en 1982, son second long-métrage avec une comédie romantique où Xiao doit choisir entre l’amour et son rêve le plus cher. Parfois considéré comme une œuvre mineure, ce film sensible et drôle présente déjà des idées de mise en scène qui feront plus tard le charme et le succès des Fleurs de Shanghaï ou de Millenium Mambo… Dans les suppléments, le critique Jean-Michel Frodon analyse le début d’une trajectoire esthétique au cœur du cadre contraint de l’industrie du divertissement taïwanais. (Carlotta)
L’AMOUR TROP FORT
Amour Trop FortCharlie et Max sont les meilleurs amis du monde. L’un travaille pour la télé, l’autre est comédien. Ces deux inséparables, toujours capables de monter des coups pendables, voient leurs vies bouleverser lorsque Charlie s’éprend de la charmante Rose-Marie, une antiquaire bourgeoise. Car, plutôt que de s’éclipser devant le bonheur de Charlie, Max (que sa femme vient de plaquer) s’incruste lourdement. En 1981, Daniel Duval (qui incarne Charlie) met en scène une belle chronique de l’amitié dans un bon mélange de tendresse, d’amour, d’humour et de drame. Avec émotion, Duval raconte les aventures d’un couple aimant (Charlie et Marie-Christine Barrault, belle et émouvante) et d’un type triste (Jean Carmet) qui a tout d’un vitelloni fellinien… Dans les suppléments, Fabienne Vette, ex-compagne du cinéaste, évoque la genèse du film. (Sidonis Calysta)
PROMISING YOUNG WOMAN
Promising Young WomanQuasiment vautrée sur les canapés de night-clubs, la blonde Cassie semble être une « proie » idéale pour les mâles alentour. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Intelligente et rusée, séduisante et calculatrice, Cassie était autrefois une jeune femme pleine d’avenir jusqu’à ce qu’un événement vienne tout bouleverser. Depuis, Cassie a une revanche à prendre et elle est décidée à accomplir sa vengeance. Souvent présenté comme LE film post #Metoo, le premier long-métrage (primé aux Oscars pour le meilleur scénario original) de la cinéaste Emerald Fennell évolue entre la comédie noire et le thriller, pour interpeller le spectateur sur la sexualisation omniprésente des femmes à l’écran. Dans une esthétique pop, parfois un peu clinquante, la cinéaste dézingue la culture du viol. Carey Mulligan incarne avec allant une pure arme de destruction massive… (Universal)
LOUPS-GAROUS
Loups-garousA Beaverfield, petite ville enneigée, Finn Wheeler (Sam Richardson), Ranger récemment nommé, prend ses fonctions et est présenté à la population par Cecily (Milana Vayntrub), la préposée des Postes. Bientôt, dans une cité isolée et bloquée par le blizzard, Finn devra mener une traque pour mettre la main sur un loup-garou qui s’en prend aux habitants… Qui est le loup-garou ? Dans cette adaptation haute en couleurs mais plutôt libre du jeu vidéo Werewolves Within, le spectateur mène l’enquête pour découvrir lequel des suspects, souvent franchement loufoques, se transforme, la nuit venue, en lycanthrope… Le réalisateur Josh Ruben propose une comédie horrifique inventive entre mystère, humour et dangereux monstre… (Metropolitan)

LE REVENANT TORTURÉ, LA JEUNE CHAMPIONNE, L’ACTEUR EN PEINE ET LA PROF DE VARSOVIE  

IMPITOYABLE
ImpitoyableOn a souvent l’impression que Clint Eastwood incarne essentiellement des personnages de machos. Pour se convaincre du contraire, il suffit de se plonger, ici, dans le Kansas de 1880, sur les pas de William Munny. Redoutable tueur reconverti dans l’élevage, il accepte de reprendre du service pour venger une prostituée défigurée par un cow-boy sadique. Dans un univers violent et corrompu, Munny est désormais un type bigot et abstinent par rapport à l’alcool et au sexe. Mais, torturé en diable et contraint, par fidélité, d’aller au-delà de son but initial, Munny, rattrapé par ses démons, basculera à nouveau dans une violence extrême. En 1992, Clint Eastwood signe l’une de ses œuvres les plus fortes. Ce western funèbre connaîtra un gros succès critique et remporta quatre Oscars : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur montage et meilleur second rôle masculin pour Gene Hackman, interprète d’un shérif pourri. (Warner)
SLALOM
SlalomPrometteuse skieuse, Lyz, 15 ans, intègre une prestigieuse section ski-études au lycée de Bourg-Saint-Maurice. Ex-champion et désormais entraîneur, Fred décide de tout miser sur sa nouvelle recrue. Galvanisée par son soutien, Lyz s’investit à corps perdu, physiquement et émotionnellement. Pour son premier long-métrage, Charlène Favier (qui fit du ski de compétition dans son adolescence) met dans le mille avec le portrait d’une adolescente (Noée Abita, excellente) qui rêve de devenir championne. Si elle enchaîne rapidement les succès, elle bascule aussi sous l’emprise absolue et vite malsaine de Fred (Jérémie Renier, remarquable). Sur de belles images de montagne, un drame tendu et émouvant qui aborde, avec justesse, la question des violences sexuelles dans le sport. (jour2fête)
GARCON CHIFFON
Garcon ChiffonA la trentaine, Jérémie peine à faire décoller sa carrière de comédien. Sa vie sentimentale est mise à mal par ses crises de jalousie à répétition et son couple avec Albert bat de l’aile. Il quitte alors Paris pour son Limousin natal afin de se réparer auprès de sa mère (Nathalie Baye) et de préparer une audition cruciale pour la suite de sa carrière : le personnage de Moritz dans L’éveil du printemps de Wedekind… Réalisateur, scénariste et interprète, Nicolas Maury (connu pour son savoureux rôle d’Hervé, le fragile agent assistant de la série Dix pour cent) livre un premier film qui lui ressemble. Même si elle n’est pas autobiographique, cette histoire, empreinte de tendresse et de poésie, brosse le portrait attachant d’un hypersensible… (Blaq Out)
NINA
NinaProfesseure de français dans une école confessionnelle à Varsovie, Nina (Julia Kijowska) voudrait un enfant avec son garagiste de mari. Mais elle n’y arrive pas. Le couple cherche alors une femme pour être leur mère porteuse. Ils rencontrent Magda (Eliza Rycembel), jeune, libre mais solitaire qui semble être la candidate idéale. Premier long-métrage audacieux et courageux de la cinéaste polonaise Olga Chajdas, voici une forte histoire d’émancipation féminine dans une société étriquée. Revendiquant ouvertement son homosexualité, la réalisatrice filme une fulgurante passion amoureuse entre deux femmes qui tentent, dans une capitale polonaise glaciale, de faire fi de tous les obstacles qui se mettent en travers de leur amour. (Outplay)
HARRY POTTER A L’ECOLE DES SORCIERS
Harry PotterOrphelin, Harry Potter, à l’approche de ses 11 ans, découvre qu’il est le fils de deux puissants magiciens et qu’il possède lui aussi d’étonnants pouvoirs. Quand il intègre Poudlard, la fameuse école de sorcellerie, il trouve enfin la famille qui lui a toujours manquée et surtout, l’aventure de sa vie commence. Pour célébrer les 20 ans du premier volet d’une très fameuse saga autour d’un sympathique binoclé, Warner sort un Steelbook 4K qui propose un « Mode magique », une façon inédite et engageante de vivre le film avec des secrets de tournage, des incantations, des créatures, des artefacts magiques, des anecdotes… Que la magie commence ! (Warner)
L’ART DU CRIME
AAAArtCrimeS4Lui est un flic intuitif et obstiné, elle une historienne de l’art réputée. Antoine Verlay (Nicolas Gob) et Florence Chassagne (Eleonore Bernheim) ne peuvent plus se passer l’un de l’autre… pour résoudre les enquêtes. Seraient-ils faits l’un pour l’autre ? Une bonne série dans le monde de l’art. La saison 4 offre des enquêtes sur une théorie troublante : Van Gogh ne se serait pas suicidé mais aurait été assassiné avant de s’en aller aussi dans les coulisses du Moulin Rouge autour d’un crime et d’un tableau de Toulouse-Lautrec. Pour ceux qui aiment à la fois les intrigues avec un soupçon de culture et l’étude des chefs d’œuvre de l’art. (Gaumont)
RETOUR A LA BIEN AIMEE
Retour Bien AimeeJadis pianiste de concert réputé, Julien est devenu un obscur musicien complètement brisé depuis sa rupture avec sa femme Jeanne dont il est toujours épris. Fou de jalousie et persuadé de pouvoir récupérer son épouse remariée avec un médecin (Bruno Ganz), il fomente une machination diabolique. Loin du thriller classique, Jean-François Adam réalise en 1979, un an avant sa disparition tragique, son ultime film. A la lisière du fantastique, le cinéaste signe une œuvre lyrique mais aussi déroutante sur l’amour-passion et l’autodestruction. Jacques Dutronc et Isabelle Huppert s’inscrivent avec aisance dans un univers troublant… (Sidonis Calysta)
L’ILE AUX OISEAUX
Ile OiseauxAprès une longue période de fatigue et d’isolement, Antonin redécouvre le monde dans un centre de soins pour les oiseaux sauvages proche de Genève. En installant leur caméra dans une clinique à ciel ouvert (qui accueille des personnes en réinsertion) où les âmes et les ailes se rafistolent ensemble, Maya Kosa et Sergio Da Costa évoluent entre le documentaire et la fiction. Avec Antonin, personnage pivot parfois fantomatique qu’on entend en voix off, les cinéastes évoquent, avec finesse et humanité, le fonctionnement du centre, ses missions de réapprentissage de la liberté pour des oiseaux aussi cabossés que l’est Antonin par la vie. (Shellac)
LES HEROS SONT FATIGUES
HerosFatiguésAncien pilote de chasse et héros de guerre, Michel Rivière est devenu pilote de brousse en Afrique. Il découvre qu’il transporte des diamants en contrebande. Rivière décide de les écouler à son profit pour commencer une nouvelle vie d’autant qu’il rencontre la sensuelle Manuella. En 1955, Yves Ciampi signe une aventure exotique dans une Afrique de l’après-guerre, repaire de déclassés venus de tous les camps. Dans une atmosphère moite (qui fait songer au Salaire de la peur), on trouve, autour d’Yves Montand et de la belle Maria Félix, une bonne brochette de comédiens avec Curd Jürgens, Gert Froebe ou Jean Servais. (Gaumont)
CRISIS
CrisisA la frontière canadienne, un passeur est arrêté en possession d’une cargaison de fentanyl, un puissant anti-douleur opioïde. Cette prise va déclencher des évènements incontrôlables. Le cinéaste new-yorkais Nicholas Jarecki organise, ici, un thriller qui mêle l’opération sous couverture d’un agent du FBI, la vendetta d’une architecte, qui se bat contre sa dépendance à la drogue et enfin d’un scientifique qui découvre les pratiques douteuses de l’entreprise pharmaceutique pour laquelle il travaille… Autour de l’addiction, un film choral bien menée et porté par un casting de luxe : Armie Hammer, Evangeline Lily et le toujours excellent Gary Oldman. (Metropolitan)
PULSE
PulsePour la jeune Oksana, le rêve ultime, c’est de participer aux Jeux Olympiques. D’autant que les débuts sur la piste de la jeune athlète sont très prometteurs. Alors que le rêve semble à portée de main, un terrible accident de voiture remet tout en cause. Grièvement blessée, Oksana est quasiment aveugle. En s’appuyant sur l’histoire vraie d’Oksana Boturchuk, athlète ukrainienne qui s’illustra aux Jeux paralympiques et aux championnats du monde ou d’’Europe de 2008, 2016 et 2019 en gagnant l’or ou l’argent sur 200m et 400m, le cinéaste Sergii Chebotarenko raconte un combat contre le handicap et la détresse qui va déboucher sur un incroyable destin… (Rimini)
TRIBAL
TribalSoldat d’élite en poste en Afghanistan, Caitlin Ross a quitté l’armée à cause de troubles post-traumatiques. Elle oeuvre désormais dans une petite société de sécurité. Elle et son groupe sont engagés par le jeune et excentrique millionnaire Richard Kenning pour sécuriser sa propriété, sur laquelle courent les pires rumeurs. Bientôt, Caitlin (Zara Phythian) et son fidèle ami Brad vont se sentir menacés par des créatures cannibales nées dans l’esprit malade d’un scientifique qui occupa naguère les lieux. Matt Routledge organise un film d’action avec la classique équipe prise au piège et contrainte de batailler durement pour survivre. (Factoris Films)

L’INSÉCURITÉ DES CITÉS, UN JEU DE PISTE NIPPON, L’ANTI-FRANQUISTE CACHÉ ET LE JAZZMAN ALCOOLIQUE  

LES CHIENS
Les ChiensInstallé depuis peu en banlieue parisienne, le docteur Henri Ferret (Victor Lanoux) remarque que de nombreux patients le consultent pour des morsures de chien. Il apprend que, face à l’insécurité ambiante, les habitants s’équipent de chiens chez un certain Morel (Gérard Depardieu), un dresseur qui porte un amour excessif à des bêtes parfois dangereuses et imprévisibles. En 1979, Alain Jessua signe son film sans doute le plus fameux avec ce pamphlet grinçant sur la paranoïa sécuritaire. Choisi par Jean-Baptiste Thoret dans son excellente collection Make My Day, ce thriller (qui a été tourné dans la ville nouvelle de Torcy) résonne comme une œuvre d’anticipation qui traque, sur les rythmes musicaux volontiers dissonnants de Michel Portal, l’envers sombre de l’idéologie du progrès et du bien-être. Dans les suppléments, on trouve un entretien (25 mn) avec Alain Jessua et Nicole Calfan, l’une des interprètes du film. (Studiocanal)
CURE
CureDans Tokyo déserté, l’officier de police Kenichi Takabe enquête sur une série de crimes dont toutes les victimes portent une croix entaillée dans le cou… Un jour, à proximité du lieu de découverte d’un corps, il met la main sur un vagabond, ancien étudiant en psychologie, devenu fou, qui étudia l’incitation hypnotique. Possédant d’inquiétants pouvoirs, il est capable de pousser, contre leur volonté, des individus à commettre des crimes. Entre film noir et fantastique, Kiyoshi Kurosawa distille, en 1999, un thriller sensoriel, à l’esthétique très élaborée, qui ressort dans une belle version restaurée et pour la première fois en Blu-ray. Dans une atmosphère inquiétante, voici un jeu de piste jalonné de crimes sanglants qui est aussi la peinture d’une société japonaise en proie au vide intérieur. Aussi angoissant qu’envoûtant. (Carlotta)
UNE VIE SECRETE
Une Vie SecreteDans l’Espagne de 1936, Higinio Blanco, tailleur, conseiller municipal et partisan républicain, sait que sa vie est menacée par l’arrivée des troupes franquistes dans sa ville. D’accord avec sa femme Rosa (excellente Belen Cuesta), il décide de se cacher dans sa propre maison. Tandis que son épouse affecte de ne pas savoir où est passé son époux, Higinio va rester terré chez lui pendant plus de 30 ans ! C’est un trio de réalisateurs basques qui fait revivre, de manière palpitante alors que le sujet était casse-gueule, l’existence de… taupe d’Higinio incarné par un Antonio de la Torre véritablement habité. On mesure la crainte des représailles, la peur toujours présente lorsque des voisins commencent à rôder dangereusement autour de la maison mais aussi l’amour qu’éprouve un couple constamment contraint au mensonge. (Epicentre)
A MAN CALLED ADAM
A Man Called AdamBrillant cornettiste de jazz, Adam Johnson est miné par l’alcoolisme, le racisme et par la culpabilité liée au décès de sa femme et de son enfant. Son mauvais caractère le met régulièrement en porte-à-faux avec ses proches. La rencontre de ce type quasiment irrécupérable avec une militante des droits civiques et avec son grand-père, lui aussi trompettiste, va infléchir son parcours de façon décisive… En 1966, Léo Penn (qui fut l’une des victimes du maccarthysme en étant placé sur la liste noire d’Hollywood) signe sa première réalisation avec ce drame à l’atmosphère très jazzy, présenté dans la collection Make my Day. Entouré de Louis Armstrong, Ossie Davis, Cicely Tyson, Sammy Davis Jr. est formidable en type cassé dont le visage reflète constamment une vraie souffrance. (Studiocanal)
WANDER
WanderIl n’est pas bien dans sa tête, Arthur Bretnik… Il est vrai qu’il a de quoi être détraqué à cause de la mort de sa fillette et de l’état catatonique de sa femme. Recruté par la mère d’une jeune femme assassinée, ce privé (Aaron Eckhart) enquête dans la petite ville de Wander au Nouveaux Mexique et se persuade que l’affaire est liée à la mort de sa fille. April Mullen propose un thriller qui doit beaucoup au personnage instable de Bretnik, de plus en plus paranoïaque et obnubilé par les théories complotistes. Sa quête de justice met gravement sa santé mentale en danger. Bientôt Bretnik, sous le regard de son ami Jimmy (Tommy Lee Jones), ne sera plus capable de faire la différence entre la réalité et la fiction… (Universal)
GANDHI
GandhiSoutenu dès 1962 dans son projet par le premier ministre indien Nehru puis par Indira Gandhi, le Britannique Richard Attenborough mit pourtant une vingtaine d’années pour trouver les producteurs qui lui permirent, en 1982, de se lancer dans le vaste (190 mn) biopic de la vie du père de la Nation brillamment incarné par un Ben Kingsley originaire, par son père, du même Etat indien où naquit Gandhi. A travers des épisodes de la vie du Mahatma (1869-1948) comme le massacre d’Amristar et le mouvement de désobéissance civile qui suivit ou la lutte pour l’indépendance, le cinéaste s’applique à retranscrire la philosophie de Gandhi et notamment son souci de la non-violence. Une œuvre ample sur les choix nécessaires à faire dans l’existence. Le film décrocha, en 1983, pas moins de huit Oscars. (Sony)
L’ENVOLÉE
EnvoléeGymnaste douée, Leigh, 14 ans, vit dans la banlieue de Brighton avec un père trop absent. Elle s’entraîne intensément pour sa première compétition. Lorsqu’un demi-frère plus âgé apparaît une nuit sur le pas de sa porte, l’existence solitaire de Leigh vacille… Avec Joe, demi-voyou, Leigh découvre des sensations grisantes. Même si elle s’inscrit dans la tradition du naturalisme social du cinéma anglais, Eva Riley, pour son premier long-métrage, ne filme pas la grisaille et les immeubles sans joie mais le soleil et de larges paysages. Et elle réussit le bon portrait de deux adolescents en rupture de famille et cherchant leurs marques. Frankie Box (Leigh) et Alfie Deegan sont excellents… (Arizona)
DEUTSCHLAND 89
Deutschland 89La chute du Mur de Berlin est proche et la Stasi craint une invasion de la RDA par l’Allemagne de l’Ouest. C’est dans cette période historique tendue que se déroule l’ultime volet (8 épisodes) de la saga d’espionnage créée par Anna et Jörg Winger qui avaient d’abord donné Deutschland 83 et Deutschland 86. Martin Rauch (Jonas Day), agent de la HVA, le renseignement extérieur de la RDA, est, tout comme les membres de la Stasi, à un carrefour de son existence. Quoi faire lorsque la RDA va disparaître quasiment du jour au lendemain? Passer sous le giron du grand frère russe, collaborer avec les services de l’Ouest ou encore fuir à l’étranger et se faire oublier. « Ils veulent la liberté… Ils auront le capitalisme » observe, amère et cynique, Lenora (Maria Schrader), une ancienne du HVA… (Studiocanal)
LE REFLUX
Le RefluxNé en 1922 à Blotzheim en Alsace et mort assassiné en Norvège la nuit de Noël 1983 par sa dernière compagne, Paul Gégauff fut le scénariste le plus prolifique de la Nouvelle vague, signant notamment quinze films pour Chabrol. Personnalité complexe, séducteur et dandy, Gégauff réalisa (en écrivant aussi le scenario et les dialogues) un unique film en adaptant librement Stevenson et en tournant à Tahiti en 1962. Voici l’aventure aux relents coloniaux de trois anti-héros (Christian Marquand, Michel Subor, Franco Fabrizi) échoués pour des raisons mystérieuses à Tahiti. Ils ne s’apprécient guère mais vont s’aider à survivre en transportant une cargaison de champagne volée sur un bateau dont l’équipage a été décimé par le typhus. Une curiosité… (Gaumont)
LA CIBLE HUMAINE
Cible HumaineLe boxeur Jack Dempsey racontait qu’il était souvent importuné par des bagarreurs qui lui cherchaient noise en voulant prouver qu’ils étaient plus forts que lui. Le scénariste William Bowers s’empara de l’idée et la transposa dans l’Ouest américain. Après avoir tué en légitime défense le jeune Eddie qui l’avait défié, Jimmy Ringo est poursuivi par les trois frères du mort qui veulent se venger… En 1950, devant la caméra d’Henry King, Gregory Peck incarne le tireur le plus rapide de l’Ouest mais son personnage de Ringo est surtout un homme fatigué de devoir toujours fuir. Dans un saloon, où se déroule l’essentiel de l’action, Ringo attend de pouvoir revoir sa femme (Helen Westcott) et son jeune fils et peut-être de partir s’installer ailleurs. Un western âpre et pessimiste. (Sidonis Calysta)
LE BEAU VOYAGE
Beau VoyageDans un port brumeux, Léna, jeune fille exploitée par son patron, croit trouver en Yvon, un jeune docker, l’amour. Pour connaître une vie de rêve dans des pays merveilleux, Yvon vole et est arrêté. Libéré, Yvon part seul, Léna le rejoindra plus tard. Le temps file. Un jour, Léna (Renée Saint-Cyr) reçoit une lettre d’Yvon contenant l’argent du voyage. Elle s’embarque sur un paquebot. A bord, voyage Richard Lehmann, un célèbre pianiste. Entre Léna et lui, quelque chose passe. Ils s’aperçoivent peu à peu qu’ils se complètent harmonieusement. En 1947, sur un scénario de Maurice Clavel, Louis Cuny signe ce drame d’amour qui sera la dernière apparition sur grand écran de Pierre Richard-Willm (Lehmann) qui prendra ensuite la tête du Théâtre du peuple de Bussang. (Gaumont)
EMBATTLED
EmbattledJusqu’à quelle limite peut-on aller pour atteindre son rêve ? Lycéen, Jett Boykins vit avec sa mère et son jeune frère atteint du syndrome de Williams. Même si Cash, son père, a quitté sa famille dans des conditions sinistres, Jett continue à l’admirer sans réserve. D’ailleurs, il le rejoint régulièrement dans son club de sport pour s’entraîner avec lui. Grand champion de MMA, Cash est un type hâbleur, brutal, volontiers odieux et appartenant à une époque révolue. Le réalisateur Nick Sarkisov s’empare de l’univers du MMA, le sport de combat le plus en vogue actuellement aux USA, pour servir de décor à un drame familial douloureux où les personnages s’affrontent sans merci. Ainsi Jett finira par monter dans la cage pour combattre son propre père (Stephen Dorff). Et comprendre que certaines défaites valent des victoires… (Universal)

L’ESCALADE NUCLÉAIRE, LE CHAGRIN DE MILO, LES HOMMES DE L’AÉROPOSTALE ET LE BOXEUR BARRÉ  

DOCTEUR FOLAMOUR
Docteur FolamourConvaincu que les Russes veulent empoisonner l’eau potable des USA, le général Jack Ripper, parfait paranoïaque, lance une offensive de bombardiers B-52 sur l’URSS. Auparavant, il a pris soin d’isoler sa base aérienne du reste du monde. Au Pentagone, le président Muffley tente de rétablir la situation. En 1964, en pleine Guerre froide, Stanley Kubrick réalise (entre Lolita et 2001) cette satire ravageuse sur la folie militaire et la fin du monde. Peter Sellers tient trois rôles dont celui de Strangelove (Folamour en v.f.), ancien scientifique nazi fou à lier. Avec un sens aigu de la mise en scène, Kubrick joue entre comique et tension pour montrer à la fois l’emballement (crédible) d’un système et la paranoïa du péril rouge. Quant à l’image du Cdt Kong chevauchant la bombe atomique, façon rodéo, elle est restée dans les mémoires. Drôle et terrifiante escalade de la démence ! (Sony)
L’INCOMPRIS
L'IncomprisChef d’œuvre du « cinéma de l’enfance », le film de Luigi Comencini fut, au départ, considéré comme un mélo larmoyant. Cannes lui réserva d’ailleurs un vilain accueil. A Florence, le consul de Grande-Bretagne (Anthony Quayle) vient de perdre sa femme. Ébranlé par le deuil, il partage la nouvelle avec son fils aîné, Andrea, mais choisit de cacher la vérité au plus jeune, Milo. Malgré les jeux qu’ils partagent et leur forte complicité, les deux frères sont divisés par l’attitude de leur père : alors qu’il manifeste toute sa tendresse au petit Milo qui souffre d’une santé fragile, le consul délaisse Andrea qu’il juge insensible et irresponsable… Sur les blessures secrètes de l’enfance, le cinéaste italien réussit, en 1967, une œuvre à la fois sobre et bouleversante, mêlant avec sensibilité le chagrin et la joie, le deuil et l’insouciance de l’enfance… Un classique (restauré) du 7e art pour la première fois en Blu-ray. (Carlotta)
SEULS LES ANGES ONT DES AILES
Seuls Anges AilesMusicienne en tournée, Bonnie Lee échoue dans une petite ville portuaire d’Amérique du Sud où elle attend le bateau qui doit la ramener à New York. Elle fait la connaissance des pilotes qui assurent le transport du courrier à travers la cordillère des Andes. Film hommage aux pionniers de l’Aéropostale, voici une aventure qui réunit les thèmes chers à Howard Hawks qui signe là, en 1939, l’un de ses chefs d’œuvre. Plus qu’une intrigue, Hawks donne une chronique romanesque à base d’esprit d’aventure, d’amitié virile, d’héroïsme, de misogynie et d’ironie cruelle. Aux côtés d’une Jean Arthur spirituelle et survoltée et de Cary Grant séducteur et intrépide, on remarque Rita Hayworth dans sa première apparition au cinéma. Dans les suppléments, on trouve un portrait d’Hawks à travers ses films par Noël Simsolo. Le coffret est accompagné d’un livret illustré de 50 pages sur le film. (Wild Side)
SNATCH
SnatchAlors qu’il vient de voler à Anvers un diamant de 84 carats qu’il doit livrer à un mafieux new-yorkais, Franky fait escale à Londres où il accepte de parier sur un combat de boxe clandestin. Franky (Benicio del Toro) ignore qu’il s’agit d’un coup monté pour le délester de son bijou. En 2000, Guy Ritchie réussit une comédie joyeusement déjantée, à la fois sauvage et drôle, qui mêle deux intrigues, l’une autour du diamant volé, l’autre sur le milieu criminel londonien. Pour l’occasion, le cinéaste retrouve l’esprit qui avait présidé à Arnaques, crimes et botanique en 1998. Ce qui a rendu le film culte, c’est la galerie de personnages loufoques incarnés par Jason Statham, Vinnie Jones, Stephen Graham, Alan Ford et, en premier lieu, dans une composition drolatique, Brad Pitt qui joue le rôle de Mickey O’Neil, boxeur à mains nues bien fêlé, qui refuse de se coucher au 4e round comme prévu. (Sony)
LE TRIO INFERNAL
Trio InfernalEn 1919 à Marseille, la ravissante Philomène Schmidt, gouvernante allemande d’une vieille dame, se retrouve, à la mort de sa patronne, sans travail et sans permis de séjour. Avocat-conseil plus que douteux, Georges Sarret, dont elle devient rapidement la maîtresse, lui fait épouser un vieil homme qui meurt très vite après le mariage. Voilà Philomène avec les papiers idoines. En 1974, Francis Girod, pour son premier long-métrage, adapte un terrible et authentique fait-divers et en tire une farce délibérément macabre dans laquelle Romy Schneider, Michel Piccoli et Masha Gonska s’en donnent à cœur-joie dans le burlesque sanglant, ainsi la séquence de la vidange d’une sinistre baignoire ! La caricature baroque d’une société perverse, égoïste et corrompue. (Gaumont)
L’ABOMINABLE DR. PHIBES
Abominable PhibesNe se remettant pas de la mort de sa femme survenue au cours d’une opération et incapable de pardonner, le docteur Phibes décide de se venger des chirurgiens qu’il considère comme responsables de sa mort. Ex-vedette de music-hall, Phibes organise des meurtres spectaculaires à la manière des plaies d’Egypte… Dans l’Angleterre des années 30, Robert Fuest réalise l’une des pépites du cinéma d’horreur britannique des seventies (1971). Reposant sur un humour très british, voici une histoire délirante (avec aussi de multiples clins d’œil au Fantôme de l’Opéra, à Fantômas ou Mabuse) qui offre à Vincent Price l’un de ses plus fameux personnages de grand méchant. Attention, film-culte dans une belle version restaurée ! (ESC Editions)
JERRY MAGUIRE
Jerry MaguireJerry Maguire est riche, beau et célèbre. Mais la vie mondaine de cet agent des stars du sport américain est vaine et factice. Une nuit, il remet cette existence en question dans une note qu’il rédige, où il tente de définir le sens qu’il voudrait donner à sa vie. Dans l’un des rôles les plus intéressants de son parcours, Tom Cruise incarne un ex-« winner » qui se retrouve licencié tandis que ses amis, à l’exception de son assistante (Renée Zellweger) et d’un footballeur cabochard (Cuba Gooding Jr), lui tournent le dos. Cameron Crowe donne un bon portrait de l’Amérique de la réussite où les sentiments ne font pas bon ménage avec le billet vert. En prime, une bonne b.o. avec The Who ou Bruce Springsteen. (Sony)
MARIA MONTESSORI
Maria MontessoriDans la Rome de 1892, Maria Montessori, jeune étudiante en médecine, est déterminée à lutter pour se faire une place dans un monde d’hommes. Elle rencontre Giuseppe Montesano, jeune et fascinant professeur avec lequel, tout en entretenant une liaison secrète, elle œuvre à un projet d’aide aux enfants retardés et abandonnés. Mais Maria (Paola Cortellesi) tombe enceinte et l’enfant illégitime doit être caché. Gianluca Maria Tavarelli réalise, entre drame passionnel et combat pour l’enfance en danger, un biopic de celle qui fut la première femme médecin en Italie et est considérée comme la plus célèbre pédagogue au monde. Aujourd’hui, on compte plus de 35.000 écoles Montessori à travers le monde. (Saje Distribution)
EN CLOQUE, MODE D’EMPLOI
En Cloque Mode EmploiParfait glandeur, Ben Stone passe son temps à boire des bières, à se défoncer avec ses quatre copains et à créer un site porno. BCBG bosseuse et ambitieuse, Alison (Katherine Heigl) entame une brillante carrière de journaliste télé. Après une soirée arrosée, Ben et Alison passent la nuit ensemble. Huit semaines plus tard, Alison constate qu’elle est enceinte. En 2007, Judd Apatow connaît un solide succès avec sa seconde comédie. En s’appuyant sur son copain Seth Rogen, le cinéaste fait le portrait d’attardés trentenaires dont l’un finira par être un bon père. L’humour n’est pas fin, loin s’en faut mais le film est d’autant plus allègre que tout finit bien… (ESC Editions)
THE POOL
The PoolLe bonheur rend inattentif, c’est connu. Pour s’en convaincre, il suffit de voir ce qui arrive au malheureux Day. Après le tournage d’une publicité qui a nécessité l’utilisation d’une grande piscine, il prend un peu de repos sur un lit flottant. Quand il réalise que le bassin se vide peu à peu, il est déjà trop pour en sortir. Pire, un beau gros crocodile s’est échappé du zoo voisin. Le cinéaste thaïlandais Ping Lumpraloeng s’illustre, ici, dans un sous-genre bien particulier, le « crocodile movie ». Avec pour décor quasiment unique une grande piscine, peu de personnages et un saurien tout à fait crédible, le frisson est au rendez-vous. (Blaq Out)
LE LION DE SAINT-MARC
Lion Saint MarcL’Italien Luigi Capuano (1904-1979) était, dans les années 60, un spécialiste des films de pirates qui fleurissaient alors sur les écrans transalpins. Ici, il installe ses caméras dans la Cité des Doges et profite évidemment du charme particulier de la lagune pour mettre, à la fin du 17e siècle, Venise sous la coupe des flibustiers. Fiancé à la belle Isabella Fieschi, Manrico Masiero, le fis du doge (l’Américain Gordon Scott devenu une star italienne des péplums), est destiné à une carrière diplomatique. Mais, humilié par les pirates le jour de ses fiançailles, il décide de libérer Venise des pillards. Avec, en prime, le plaisir de voir en action Gianna Maria Canale, l’une des plus charmantes « bambole » de ces années-là. (Artus Films)
THE DARE
The DareSéquestré dans un sous-sol crasseux avec trois autres captifs, Jay, qui se reproche de ne pas passer assez de temps avec sa famille, va devoir remettre les morceaux de son passé en place s’il veut retrouver les siens et découvrir qui est derrière son enlèvement. En s’inspirant notamment d’un classique de l’horreur comme Saw, le Britannique Giles Anderson n’innove pas vraiment mais il parvient à distiller des effets gore, notamment dans des séquences sanglantes qui fonctionnent bien. Obnubilé par le souci d’extirper le mal de ses victimes captives, le méchant masqué de l’histoire, est évidemment mentalement dérangé…  Angoissant ! (Metropolitan)

LES HEROS TEXANS, LE CAPITAINE NEMO, LES PROFS ALCOOLIQUES ET UN TUEUR ROMANTIQUE  

ALAMO
AlamoEn 1836, près de San Antonio, dans une vieille mission transformée en fortin, 187 citoyens américains vont faire face, en attendant l’armée texane, aux assauts de troupes mexicaines largement supérieures en nombre… Sortie en 1960, cette fresque épique était un projet que John Wayne (qui ne signa que deux réalisations dans sa carrière) portait depuis de longues années. Se glissant dans la peau du légendaire Davy Crockett, le Duke signa un western classique sur une page d’Histoire des Etats-Unis, en l’occurrence la révolution texane. Entouré de Richard Widmark (colonel James Bowie) et de Laurence Harvey (colonel William Travis), le cinéaste réussit de magnifiques scènes d’action et la bataille finale est un pur moment d’anthologie avec ses héros américains luttant jusqu’au dernier souffle pour un idéal supérieur… (ESC Editions)
20.000 LIEUES SOUS LES MERS
20000 Lieues MersAlors qu’un monstre marin a été repéré, le gouvernement américain organise une expédition avec le professeur français Aronnax, sa fille, et le fameux harponneur Ned Land. En fait, le monstre est le Nautilus, un sous-marin créé par le capitaine Nemo pour venger un deuil secret. Dès 1907, Méliès s’empare de l’œuvre de Jules Verne parue en 1869-1870. Il sera suivi en 1916 par les studios Universal et le réalisateur Stuart Patton qui va se distinguer en réalisant, pour la première fois, des prises de vues sous-marines. Pour cette libre adaptation de Jules Verne (qui comprend aussi des passages de L’île mystérieuse), les frères Williamson ont mis au point un système permettant d’obtenir, en plongée dans les eaux claires des Bahamas, de belles images documentaires très rares pour l’époque mais aussi des sorties en scaphandre ou un combat avec une grosse pieuvre… en plastique. (Rimini)
DRUNK
DrunkProfesseurs de lycée, quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue scandinave selon laquelle l’homme aurait, dès la naissance, un déficit d’alcool dans le sang… Ensemble, ils relèvent le défi, espérant que la vie sera meilleure… Réalisateur fêté de Festen (1998), Thomas Vinterberg observe des enseignants quinquagénaires dépassés réunis dans une fable mélancolique. Car Martin (formidable Mads Mikkelsen), et ses collègues n’arrivent plus à faire face à la monotonie de leurs vies. En semblant célébrer la magie de l’ivresse et le pouvoir libératoire de l’alcool, le cinéaste danois démonte, dans une mise en scène rythmée, une mécanique mélancolique, voire morbide, qui entraîne des quinquas au bord de l’abîme… (Blaq Out)
BACKTRACK AKA CATCHFIRE
BacktrackTémoin d’un meurtre, Anne Benton (Jodie Foster qui sera, l’année suivante, Clarice Sterling dans Le silence des agneaux) se réfugie à la police mais la mafia est déjà ses trousses. Anne réussit cependant à prendre le large sous une nouvelle identité. Milo, un tueur à gages, est chargé de la trouver et de l’abattre. Contre toute attente, ce type sans pitié tombe amoureux de sa cible… En 1990, Dennis Hopper signe un thriller romantique et arty avec un brillant casting: Joe Pesci, Vincent Price, John Turturro, Bob Dylan. Les œuvres en néon d’Anne Benton sont signées, ici, de la talentueuse plasticienne américaine Jenny Holzer… Dans les suppléments, un documentaire revient sur une œuvre atypique (inédite en Blu-ray) profondément marquée par la passion de Hopper, grand collectionneur de Basquiat ou Keith Haring, pour l’art moderne et contemporain. (Carlotta)
LAST ACTION HERO
Last Action HeroA sa manière –bien différente, certes, de celle de Woody Allen- Arnold Schwarzenegger s’est offert, en 1993, sa Rose pourpre du Caire. D’abord gros échec au box-office, l’aventure policière loufoque réalisée par John McTiernan est devenu culte, notamment parce que Schwarzy s’y révèle un comédien aussi allègre que farceur. Grâce à un billet magique offert par le vieux projectionniste du cinéma Pandora, le jeune Danny Madigan est projeté dans le monde de son héros préféré, le flic Jack Slater. Ensemble, ils vont faire échouer les plans de multiples affreux du cinéma. Les choses se compliquent lorsqu’il va falloir combattre les méchants dans le monde réel. Avec un humour décalé et des clins d’œil à divers films (de Basic Instinct à E.T. en passant par Terminator) et personnages de fiction populaires, voici une joyeuse mise en abyme du cinéma ! (Sony)
HAUT BAS FRAGILE
Haut Bas FragileC’est l’histoire de trois jeunes femmes à Paris au cours de l’été 1994. L’une est amnésique, vient de faire un héritage et se retrouve au cœur d’un complot de famille. L’autre est une petite voleuse et la troisième a entendu une chanson à la radio, un tube vieux de 20 ans, et cherche la chanteuse qu’elle croit être sa mère. Eminente figure de la Nouvelle vague, Jacques Rivette (1928-2016) agit en remarquable directeur d’actrices en réunissant Marianne Denicourt, Laurence Côte et Nathalie Richard dans le frais récit d’un été en chansons à la manière des « musicals » de la MGM des années 50. Dans les suppléments, on trouve notamment le montage alterné d’une discussion, d’une part entre les trois comédiennes (qui ont participé activement à la création de leurs personnages et de l’histoire), et d’autre part entre les deux scénaristes, Pascal Bonitzer et Christine Laurent. (Potemkine)
SECRET DEFENSE
Secret DefenseScientifique et chercheuse, Sylvie Rousseau reçoit la visite de son frère Paul qui a des révélations à faire sur la mort de leur père, Pierre-André Rousseau, grand patron d’une société d’armements. Celui-ci ne serait pas tombé d’un train par accident, mais poussé par son collègue Walser. Commence alors pour Sylvie Rousseau (Sandrine Bonnaire) une sorte de chemin de croix criminel… En 1998, Rivette livre une libre variation sur les codes du polar romanesque et dirige magnifiquement Sandrine Bonnaire en Électre austère et énergique agissant à la place d’un frère, Oreste faible et sans volonté. Inédite en Blu-ray, cette sortie est accompagnée de bons suppléments dont une analyse (inédite) du film par Pacôme Thiellement ; cinq prises d’une scène commentées par Sandrine Bonnaire et Laure Marsac et un entretien (12 mn) avec le cinéaste réalisé en 2002. (Potemkine)
SPACE JAM
Space JamLes Looney Tunes vivent paisiblement dans leur monde lorsqu’ils sont attaqués par des aliens de l’espace qui veulent en faire leurs esclaves dans un parc d’attraction. Seule chance pour nos héros d’échapper à leur sort : battre les Monstars au basket. Mais les affreux volent le talent des meilleurs joueurs de la planète. Aux abois, Bugs Bunny, Daffy Duck et leurs amis demandent l’aide du meilleur basketteur de tous les temps. En 1996, Michael Jordan est la star absolue des Bulls de Chicago et il s’amuse clairement à jouer les acteurs. Comme quelques années auparavant avec Qui veut la peau de Roger Rabbit, le film de Joe Pytka mêle héros de dessins animés et personnages réels. Le mélange fonctionne à la perfection et His Airness continue toujours à nous régaler sur grand écran. (Warner)
LE TIGRE DES MERS
Tigre MersVieux pirate, Tigre songe à la retraite. Pour héritier, il n’a que Consuelo, sa fille. Il organise alors un combat pour sa succession. William, amant de Consuelo, l’emporte mais il est, à son tour, défié par Consuelo (Gianna Maria Canale, belle plante venue au cinéma par les concours de beauté) et s’avoue vaincu par amour. Dans les années 40 à Hollywood, Errol Flynn s’impose comme pirate au grand cœur. Le cinéma italien va aussi développer cette veine dans les années 50-60. Du coup, les flibustiers abondent alors sur les écrans transalpins, ici, avec pour héroïne, une femme belle, cruelle et sans pitié lancée dans des combats à gogo sur fond de trahisons et de quête d’un trésor. Que l’on se rassure: l’amour triomphe à la fin… (Artus Films)
SAW
SawAu rang des grands films horrifiques, le thriller de James Wan (2004), occupe une belle place sur le podium. Deux hommes, Adam et Lawrence, qui ne se connaissent pas, se réveillent enchaînés au mur d’une salle de bain. Ils ont été piégés par un tueur en série qui impose à ses victimes un choix entre la vie et la mort dans des pièges sadiques et sanglants. L’un doit s’échapper et l’autre doit le tuer, sinon sa femme et sa fille mourront. Dans une belle édition Ultra HD, on retrouve ce premier opus qui donna lieu à une petite dizaine de suites… Dans un style sec et nerveux, une mise en scène efficace et manipulatrice, un bon moment d’angoisse ! (Metropolitan)
TEXAS
TexasEn 1866, Abilene, dans le Kansas, est en fête. L’arrivée du chemin de fer représente un progrès significatif pour la ville. Une avancée portée par Windy Miller (George Bancroft). Beaucoup pensent que ce progrès est dû à son charisme. En réalité, c’est par lucre que Miller agit. Ainsi, il force des éleveurs texans à lui vendre leur bétail à bas prix pour le convoyer par ses propres moyens. Deux anciens soldats confédérés vont compromettre ses plans… En 1941, le prolifique George Marshall préside aux vrais débuts dans le western de deux stars d’Hollywood, Glenn Ford et William Holden. Une aventure énergique, rythmée et pleine de péripéties… (Sidonis Calysta)
DETOUR MORTEL : LA FONDATION
Detour Mortel FondationC’est bien connu : il ne faut jamais quitter les sentiers balisés… surtout dans les films d’horreur ! En randonnée dans les Appalaches, des amis s’écartent de la piste et s’enfoncent dans la forêt. Ils veulent visiter un fort abandonné de la Guerre civile. Mal leur en prend, ils deviennent les proies de psychopathes qui vivent en autarcie depuis plusieurs siècles… Mike P. Nelson filme un « reboot » de la franchise Détour mortel et met Jen (Charlotte Vega), Darius, Adam, Milla aux prises avec des types coiffés de crâne de loup ou de cerf qui les condamnent aux ténèbres. Alerté, le père (Matthew Modine) de Jen va partir à sa recherche parmi ces dangereux primitifs… (Metropolitan)

LES SORCIERES, L’ADULTERE, LE PAUMÉ DE PALM SPRINGS ET LA FILLETTE DISPARUE  

HÄXAN
HaxanSur les écrans de 1922, une vieille femme voûtée s’envole, à la nuit tombée, sur son balai. Essai filmique muet, La sorcellerie à travers les âges est une remarquable mise en scène du thème de la sorcière, depuis l’antiquité à la période contemporaine du film. S’inspirant d’études du 15e siècle décrivant les méthodes de chasse aux sorcières par les membres de l’Inquisition, le cinéaste danois Benjamin Christensen apporte, à base d’illustrations tirées d’ouvrages médiévaux et de reconstitutions filmiques, un soin parfait à du cinéma qui utilise nombre d’effets spéciaux. Œuvre-phare du cinéaste (1879-1959), Häxan, souvent censuré pour ses scènes de torture ou de nudité, sort dans une belle édition collector (3 disques) qui, outre le film restauré, propose de remarquables suppléments dont différentes versions dont celle de 1968 narrée par William S. Burroughs sur une musique de Jean-Luc Ponty ainsi qu’une présentation par Christensen (8 mn) lors de la réédition de 1941.… (Potemkine)
LA PEAU DOUCE
Peau DouceEprouvant du mal à monter la production de Farenheit 451 (qu’il tournera en 1966), François Truffaut décide auparavant (1964) de mettre en scène une simple histoire d’adultère au quotidien. Ecrivain à succès, directeur de collection et spécialiste de Balzac, Pierre Lachenay part donner une conférence à Lisbonne. Dans l’avion, il rencontre Nicole, une hôtesse de l’air avec laquelle il entame rapidement une liaison. Ce quatrième long-métrage de Truffaut fut un gros échec, peut-être parce que le personnage de Lachenay, incarné par Jean Desailly, est un bourgeois falot qui fait constamment, notamme,t par manque de courage, les mauvais choix. Les deux femmes, Nicole (Françoise Dorléac) et l’épouse (Nelly Benedetti) sont bien plus battantes. Une belle édition permet de réévaluer cette œuvre fiévreuse et sensuelle… (Carlotta)
AFTER DARK MY SWEET
After Dark My SweetSur le ring, Kevin Collins a pris beaucoup trop de coups. Devenu routard, l’ancien boxeur (Jason Patric, excellent), en rupture d’hôpital psychiatrique, erre sans but et noie sa solitude dans l’alcool. Dans un bar, il croise la belle Fay Anderson (Rachel Ward) et en tombe amoureux. Mais, en compagnie d’un ex-flic corrompu (Bruce Dern) surnommé oncle Bud, celle-ci prépare une vilaine affaire de kidnapping. Adaptant un roman du célèbre Jim Thompson, James Foley signe, dans les magnifiques espaces arides de Palm Springs, un film noir qui se développe mortellement au soleil. Sous la forme d’un jeu de dupes et de désir, un paumé, éprouvant des émotions primitives, part à la dérive… Dans les suppléments de cette œuvre sans concession, James Foley explique combien ce film était de 1990 en adéquation avec ses aspirations d’auteur. (Carlotta)
NE VOUS RETOURNEZ PAS
Ne Vous Retournez PasLors d’un séjour dans la campagne anglaise, Christine, la fillette du couple Baxter, se noie accidentellement. Pour tenter de reprendre le dessus, Laura et John partent à Venise où John, architecte, est embauché pour rénover une église… Un jour, le couple est accosté par une voyante qui affirme que Christine est toujours vivante. En 1973, Nicolas Roeg adapte Daphné du Maurier et réussit l’une des œuvres les plus angoissantes du fantastique des seventies. Dans une Cité des Doges hivernale et à l’atmosphère inquiétante, Julie Christie et Donald Sutherland sont remarquables en couple traumatisé et assailli de visions étranges. Dans les suppléments, Jean-Baptiste Thoret présente le film. On y trouve aussi des entretiens avec Donald Sutherland, Anthony Richmond, le directeur de la photographie et Allan Scott, co-scénariste et producteur. (Potemkine)
BIENVENUE A GATTACA
GattacaCentre d’études spatiales, Gattaca s’adresse à des gens au patrimoine génétique impeccable. Candidat génétiquement idéal, Jérôme (Jude Law) voit sa vie détruite à cause d’un accident. Conçu naturellement et donc avec un capital génétique « imparfait », Vincent (Ethan Hawke) rêve, lui, de partir pour l’espace. En 1998, pour sa première réalisation, le Néo-zélandais Andrew Niccol donne un remarquable film d’anticipation sur un monde futuriste où, dans une société hautement technologique qui pratique l’eugénisme à grande échelle, on peut choisir le génotype de ses enfants. Les destins croisés de Jérôme et Vincent, qui déjouent les lois de Gattaca, vont permettre à l’autre d’obtenir ce qu’il souhaite. Un excellent thriller de science-fiction… (Sony)
LA FEMME ET LE PANTIN
Femme PantinFemme Pantin DuvivierDe l’œuvre érotique de Pierre Louÿs parue en 1898, on retrouve, en versions bien restaurées, deux adaptations pour le grand écran, l’une muette (1929), l’autre parlante (1959). La première, signée Jacques de Baroncelli, séduit par sa sensualité poétique et de belles trouvailles esthétiques. Avec, au cœur du récit, le masochisme masculin confronté au puissant désir pour une belle Andalouse ingénue et perverse (Conchita Montenegro) qui se dérobe constamment à la passion… S’attaquant, à son tour, à ce récit troublant, Julien Duvivier n’est pas très à l’aise, d’autant qu’il s’entend mal avec Brigitte Bardot qui le lui rend bien. Mais le film demeure un écrin colorée pour BB qui, aguicheuse à souhait, s’empare d’Eva, belle scandaleuse, prête à mettre à genou un Don Matteo auquel, d’habitude, rien ne résiste… (Pathé)
MULAN
MulanParce que son père est trop vieux et malade pour intégrer l’armée impériale chinoise et combattre des envahisseurs venus du nord, Hua Mulan, sa fille aînée, décide de se faire passer, sous le nom de Hua Jun, pour un guerrier, mobilisant sa force intérieure pour explorer son véritable potentiel. En 2020, Niki Caro, répondant à la volonté de Disney, d’adapter en prises de vues réelles, ses classiques d’animation, signe le remake du film de 1998. Liu Yifei se glisse dans la peau d’une héroïne dévouée à l’Empire qui finira par diriger toute une armée d’élite. Mal accueilli par le public chinois, ce Mulan est un bon divertissement d’action… (Disney)
LES IMPLACABLES
ImplacablesLorsqu’il tourne en 1955 The Tall Men, Raoul Walsh, grand westerner, est en fin de carrière. En s’appuyant sur une belle affiche (Clark Gable, Jane Russell, Robert Ryan), il réalise une aventure autour de la recherche de l’or dans le Montana. Soldats sudistes démobilisés, les frères Ben et Clint Allison acceptent d’épauler l’éleveur Nathan Stark dans le convoyage vers le Montana de son grand troupeau, toujours sous la menace d’attaques indiennes. Ben Allison va ainsi sauver une jeune femme avec laquelle il caresse des rêves de retraite tranquille. Servie par le Cinémascope, voici une fresque qui met aussi en valeur, au fil des saisons, les superbes paysages de l’ouest américain… (Sidonis Calysta)
LE DEMON DE L’OR
Demon OrPour protéger le secret de l’emplacement d’une énorme fortune en or, Jacob « Dutch » Walz n’hésite pas à abattre trois hommes, dont son meilleur ami. De retour en Arizona, il ne peut cacher sa soudaine richesse. Tout Phoenix épie ses moindres faits et gestes. Femme mariée, Julia Thomas va séduire Dutch afin de lui faire dire où se trouve la cachette de l’or… En 1949, autour d’un mythe de l’Ouest (la légende de la mine du Hollandais perdu), S.Sylvan Simon réalise un western aux allures de film noir. A contre-emploi, Glenn Ford incarne un bandit sans scrupules tandis que la belle et talentueuse Ida Lupino (elle fut aussi une réalisatrice reconnue) est parfaite en manipulatrice avide… (Sidonis Calysta)
SOUS LES ETOILES DE PARIS
Sous Etoiles ParisIsolée et sauvage, Christine vit, depuis longtemps, sous un pont parisien, évitant tout contact avec les autres. Par une nuit comme il n’en existe que dans les contes, Suli, un gamin de 8 ans, fait irruption dans son abri. Il ne parle pas français, il est perdu, séparé de sa mère… D’abord dérangée, Christine se laisse peu à peu amadouer par le môme. Ensemble, ils partent à la recherche de sa mère. Auteur d’un documentaire sur les sans-abris (Au bord du monde, 2014), Claus Drexel avait envie de mettre en lumière, par le biais de la fiction, ces miséreux solitaires que le monde ne regarde pas. Grâce à l’émouvante Catherine Frot et au petit Mahamadou Yaffa, il réussit une histoire sensible et chaleureuse qui va au rythme d’une femme affligée d’un douloureux secret et qui retrouve une humanité qu’elle croyait perdue… (Diaphana)
GREAT WHITE
Great WhiteQuand un voyage idyllique dans des paysages bucoliques tourne au cauchemar ! Partis en hydravion, deux passagers, le pilote et sa compagne se retrouvent en danger lorsque l’appareil qui s’est posé en mer, est attaqué par un grand requin blanc. Réfugiés à bord d’un modeste canot de sauvetage, les naufragés tentent de survivre alors que la menace est constamment présente sous l‘embarcation. Depuis Spielberg, on sait que le squale synthétise toutes les angoisses. En s’inspirant d’une histoire vraie, le réalisateur Martin Wilson s’inscrit dans la lignée de 47 Meters Down ou Instinct de survie pour mettre en scène à son tour un combat inégal entre l’homme et les plus grandes forces de la nature. Mais parfois l’homme ne manque pas d’imagination… (Wild Side)

L’OCCUPATION, LE VIETNAM, LES INVENTEURS, LE MONSTRE ET LES WESTERNERS  

LE DERNIER METRO
Dernier Metro« C’est une joie et une souffrance… » On se souvient de ces mots prononcés en scène. Et Truffaut s’auto-cite puisqu’on les entend aussi dans La sirène du Mississippi… Sous l’Occupation allemande, Marion Steiner tente de faire vivre le Théâtre Montmartre à Paris. Elle doit composer avec son mari Lucas, metteur en scène juif allemand caché dans la cave du théâtre et aussi Bernard Granger, un jeune premier amoureux d’elle… Plus encore, elle doit tenter d’amadouer un critique de théâtre collabo qui pourrait faire boucler les lieux. En 1980, François Truffaut obtient l’un de ses plus grands succès et rafle une brassée de dix César pour une œuvre très riche aussi sur la vie à Paris sous le joug nazi. Dans un beau Coffret Ultra Collector, on trouve ce drame d’amour et d’aventures (porté superbement par Catherine Deneuve et Gérard Depardieu) dans une belle version restaurée. Le coffret contient également de nombreux et remarquables suppléments dont plusieurs longs entretiens avec le cinéaste… (Carlotta)
NOUS ETIONS SOLDATS
Nous Etions SoldatsA Fort Benning, devant le légendaire 7e de cavalerie qui fut le régiment du général Custer pendant les guerres indiennes, le lieutenant-colonel Hal Moore (Mel Gibson au regard de fer) promet à ses hommes, en partance pour le Vietnam, de les ramener, tous, morts ou vivants. Dans la « vallée de la mort », pendant la bataille de la Drang en novembre 1965, 400 Américains se battront, dans une clairière, contre 4000 ennemis. En 2002, Randall Wallace décrit minutieusement le bruit et la fureur, le sang et les larmes dans le premier affrontement significatif de la guerre du Vietnam opposant les forces américaines et nord-vietnamiennes. Si We Were Soldiers déploie toute la panoplie du film de guerre, sa dimension documentaire est bien présente avec notammen l’emploi massif des rotations d’hélicoptères… (Metropolitan)
THE CURRENT WAR
The Current WarEn 1880, le monde est encore éclairé à la bougie et les machines tournent à la vapeur… George Westinghouse, riche inventeur du frein à air comprimé et Thomas Edison, moins riche que lui mais déjà célèbre, se battent sur le terrain de la maîtrise de l’électricité alors que le brillant Nikola Tesla, lui, passe d’un camp à l’autre. Dans un film dont la sortie a été sérieusement perturbée par le scandale Weinstein, Alfonso Gomez-Rejon s’intéresse à la course entre de grands inventeurs et brosse trois portraits de pionniers (incarnés par Benedict Cumberbatch, Michael Shannon et Nicholas Hoult) au cœur d’une guerre des… courants. Une biopic de qualité avec une solide et agréable mise en scène autour de rivalités électriques sur fond de course au courant ! (Studiocanal)
GODZILLA
GodzillaMétaphore des bombardements nucléaires sur le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le monstre reptilien, né au milieu des années cinquante devant la caméra du Nippon Ishiro Honda, a donné lieu à une série de trente films japonais entre 1954 et 2004. En 2014 (après que le projet ait été ralenti à cause de la catastrophe de Fukushima et du questionnement sur la radioactivité), Gareth Edwards s’empare d’une figure parfois ringardisée du fantastique pour l’embarquer dans un vrai blockbuster bourré d’action mais aussi dans un angoissant et tragique chaos. Car le physicien nucléaire Brody (Bryan Cranston) enquête sur d’étranges événements qui n’ont rien à voir avec un tremblement de terre mais bien avec des monstres réveillés par des essais nucléaires… Quant au combat final des monstres, c’est un morceau de roi ! Godzilla n’a pas fini d’activer son souffle atomique. (Warner)
MONTAGNE ROUGE
MontagneRougeEn 1865, au Colorado, Lane Waldron, un prospecteur, est accusé du meurtre d’un négociant en or. Alors qu’on s’apprête à le lyncher sans autre forme de procès, Waldron est sauvé par le capitaine Brett Sherwood, un officier sudiste déserteur. Alors que Waldron est vite persuadé que son sauveur est le véritable assassin, les deux hommes se retrouvent en cavale, bientôt rejoints par Chris, la fiancée de Lane. En 1951, le cinéaste allemand William Dieterlé installé aux USA depuis les années 30,  réalise son unique western et réussit un bon film d’action bien photographié dans de beaux paysages. Tout en s’appuyant sur trois comédiens de talent : Arthur Kennedy (Waldron), John Ireland dans celui de Quantrill, un général sudiste dévoyé et devenu un tueur et enfin Alan Ladd. Dans le rôle de Sherwood, il ajoute un nouveau et mystérieux personnage à sa belle galerie de grand westerner… (Sidonis Calysta)
CONTRE TOUTE ATTENTE
Contre Toute AttenteExcellent joueur de football américain, Terry Brogan s’est blessé et se retrouve au chômage forcé. Les propriétaires du club en profitent pour virer Brogan, trop grande gueule, de l’équipe. Sans le sou, il accepte de travailler pour Jake Wise, un riche et douteux bookmaker, qui lui demande de retrouver Jessie Wyler, sa maîtresse, disparue en emportant une grosse somme. Brogan débusque Jessie au Mexique mais tombe follement amoureux d’elle. Erreur à ne pas commettre… Avec une belle distribution (Jeff Bridges, Rachel Ward, James Woods, Richard Widmark), Taylor Hackford filme, en 1984, un remake de La griffe du passé (1947) de Jacques Tourneur et réussit un bon polar mâtiné de drame passionnel sur une b.o. à succès de Phil Collins… (Sidonis Calysta)
EL DORADO
El DoradoA Grenade, Sibilia est danseuse dans un cabaret borgne. Même si elle conserve toujours le sourire, Sibilia n’a pas une existence joyeuse. Son fils, né d’une aventure ancienne avec Estiria, un voyou, est malade. Elle demande à Estiria de l’aider mais celui-ci ne veut pas se faire reprendre par son passé. Solitaire et désespérée, Sibilia (Eve Francis dans son meilleur rôle) décide de se venger. Grande personnalité du cinéma français muet, Marcel L’Herbier (1888-1979) réussit, en 1921, un mélodrame remarquable par le travail sur les effets visuels (flous, déformations optiques, caches) mais aussi par son sens de la composition et de la mise en scène. El Dorado est une pépite du muet qui précède des œuvres comme L’inhumaine, Feu Mathias Pascal ou L’argent, des chefs d’œuvre de l’avant-garde française. (Gaumont)
LISA ET LE DIABLE
AAALisaDiableIncontestable maître italien du fantastique avec des films comme Le masque du démon ou Six femmes pour l’assassin, Mario Bava (1914-1980) tourne, en 1973, vers la fin de sa carrière, l’un de ses bons fleurons gothico-macabres. Il met en scène l’histoire de Lisa Reiner (l’Allemande Elke Sommer) qui, en voyage en Espagne, se perd dans le labyrinthe des rues de Tolède. En compagnie d’un couple et de leur chauffeur (Gabriele Tinti), elle se retrouve finalement dans une vaste demeure aristocratique dont Leandro, le majordome (Telly Savalas), ressemble étrangement à une gravure murale vue sur un mur de la ville et représentant le diable… Coincée dans cette maison, entre un jeune homme dérangé et sa mère (Alida Valli), Lisa va vivre une nuit de cauchemar qui va aussi la transporter dans le passé où elle devient Elena… (ESC Editions)
LES SEPT PECHES CAPITAUX
Sept Peches CapitauxDans les années soixante, le film à sketches était à la mode dans le cinéma français comme dans le cinéma transalpin. Evidemment, les sept péchés capitaux convenaient bien à ce traitement. Après Feuillade (1910) et avant Fincher et son Seven (1995), ce sont, ici, en 1962, de jeunes cinéastes, certains proches de la Nouvelle Vague qui s’amusent à illustrer de façon fraîche et humoristique ces travers… De la paresse à l’avarice en passant par la luxure, l’orgueil ou la gourmandise, on retrouve Godard, Chabrol, Demy, Vadim ou De Broca en compagnie d’une pléiade de bons comédiens de l’époque, ainsi Marie-José Nat, Claudine Auger, Claude Brasseur, Jean-Louis Trintignant, Eddie Constantine ou Marina Vlady. C’est forcément inégal mais souvent drôle et savoureux… (Gaumont)
LE PARFUM DE LA DAME EN NOIR
Parfum Dame NoirTraumatisée par de terribles souvenirs d’enfance, la scientifique Silvia Hacherman vit seule à Rome et se consacre entièrement à ses recherches. Un soir, elle assiste à une réunion où un confrère africain parle de magie noire et d’occultisme. Assaillie par des visions érotiques avec sa mère, Silvia va basculer dans un univers où le rêve et la réalité se mêlent tandis qu’elle verse dans la paranoïa. En 1974, l’Italien Francesco Barilli signe une œuvre, longtemps inédite, qui est intéressante plastiquement mais aussi par sa manière de convoquer la psychanalyse et une cruauté exotique autour d’une Mimsy Farmer aussi blonde que troublée. Rien à voir avec l’œuvre de Gaston Leroux mais bien avec une atmosphère façon Rosemary’s Baby… (Artus Films)
SORCIERE
SorciereDans l’Angleterre de 1665, la grande Peste fait rage… Et la chasse aux sorcières est ouverte avec une cruauté sans égale. Jeune veuve, Grace Haverstock (Charlotte Kirk) va affronter, seule, Pendleton, un notable du comté, qui la convoite avant de l’accuser d’être une sorcière. Dans une atmosphère nocturne et mortifère, Neil Marshall (connu pour ses succès The Descent et Dog Soldiers) met en scène le combat d’une femme accusée de toutes les maléfices et promise aux flammes. Mais la captive, hantée par des hallucinations diaboliques, va s’appliquer, par amour pour son bébé, à tenir tête, malgré les multiples supplices, à un inquisiteur hystérique (Sean Pertwee) persuadé d’être le bras armé de Dieu… Une bonne série B d’horreur. (Metropolitan)
PROTECTION RAPPROCHEE
Protection RapprocheeVétéran des services de protection de la Maison Blanche, Jay Killian apprend qu’il va être chargée de la sécurité de Lara Royce Craig, l’épouse du nouveau président américain. Une mission qui ne l’emballe pas vraiment car la First Lady est connue pour être aussi arrogante que mal embouchée. Kyllian lui sauve la mise à plusieurs reprises lors d’attentats et l’agent des services secrets finit par se demander si ce n’est pas le président lui-même qui derrière le complot contre sa femme… En 1987, pour sa dernière apparition commune, le couple (à la ville) Charles Bronson-Jill Ireland fonctionne bien dans ce pur (mais prévisible) film d’action mis en scène par Peter Hunt qui signa, en 1969, avec Au service secret de sa Majesté, l’un des tout meilleurs films de la saga James Bond. (Sidonis Calysta)

LES URGENCES, L’EXTREMISTE, LES JEUNES DELINQUANTS ET LE POLIZIOTTESCO  

HIPPOCRATE 2
Hippocrate 2Après une saison 1 (2018) tout à fait prémonitoire et qui avait déjà connu un beau succès, Thomas Lilti retrouve ses internes Chloé, Alyson, Hugo, Arben au cœur d’un hôpital sous perfusion. Si la série, en véritable résonance avec l’actualité, est évidemment une fiction, il faut bien dire qu’en ces temps de Covid, la fiction devient réalité et montre la souffrance au travail de soignants occupés à batailler pour sauver des vies. Huit épisodes dans le quotidien de l’hôpital (cette fois aux urgences après le service de médecine interne) brillamment défendus par les attachants Louise Bourgoin, Alice Belaïdi, Zacharie Chasseriaud ou Karim Leklou, soutenus par d’autres bons personnages comme l’excellent Bouli Lanners en patron des urgences. Cinéaste mais aussi médecin (à cause de la crise sanitaire, il a mis un temps le cinéma de côté pour revenir à son premier métier de généraliste), Lilti saisit avec humanité le rythme effréné de l’urgence… (Studiocanal)
INCITEMENT
IncitementLe 4 novembre 1995 à 21h30, à la fin d’un meeting pour la paix en soutien aux accords d’Oslo sur la place des rois d’Israël à Tel Aviv, le premier ministre israélien Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif… Dans un film qui a passionné le public israélien, le cinéaste Yaron Zilberman (connu pour l’intéressant Le quatuor en 2012) se penche sur le parcours d’Yigal Amir pendant les mois et les semaines qui ont précédé son crime. Ancien étudiant en droit à l’université Bar-Ilan, Juif orthodoxe et militant d’extrême-droite, Amir est profondément hostile à l’accord d’Oslo et considère Rabin comme un traître qui a vendu « la terre d’Israël ». Incitement (incitation en français) est un biopic rythmé et impressionnant par la radicalisation croissante d’Amir (toujours en détention), nourri par les thèses enflammées des rabbins… (Metropolitan)
LE FILS DU REQUIN
Fils Requin«Moi, je suis le fils de l’homme de la femme. Moi, si cela avait pu dépendre de ma volonté, j’aurais voulu être le fils de la femelle du requin. Je ne serais pas si méchant.» Dans le Nord de la France, Martin et Simon, une dizaine d’années, rejetés par leur père et privés de leur mère qui a quitté le foyer familial, glissent dans la délinquance pour survivre. Arrêtés, ils seront placés l’un en foyer, l’autre en famille d’accueil dont ils s’échapperont. Pour son premier « long » (1993), Agnès Merlet (qui fit ensuite le beau Artemisia), s’appuie sur un vrai fait-divers pour mettre en scène un conte noir (en version restaurée) qui évolue entre rêve et réalité. Rythmé par la voix off de Simon qui chuchote des lignes des Chants de Maldoror de Lautréamont auquel le titre fait référence, ce drame évite les analyses psycho-sociologiques sur l’aventure violente de deux petits délinquants… (Gaumont)
LE CONSEILLER – NAPOLI SPARA !
Conseiller Napoli SparaPendant les années de plomb, de la fin des années 60 aux années 80, fleurissait sur les écrans italiens, le « poliziottesco », un sous-genre du polar qui faisait la part (très) belle à une violence exacerbée dans des villes sous le coup de la pègre tandis que des policiers débordés et au bout du rouleau n’étaient plus très loin de devenir hors-la-loi. Réalisateur du Conseiller (1973) qui réunit Tomas Milian, Martin Balsam et Francisco Rabal, Alberto de Martino est un maître du genre au même titre que Mario Caiano qui signe, en 1977, Napoli Spara ! (Assaut sur la ville en v.f .) Dans sa collection Make my Day qui présentait déjà, dans le même domaine du  « poliziottesco » Le témoin à abattre avec Franco Nero, Jean-Baptiste Thoret réunit ces deux cinéastes pour des films passablement sauvages… (Studiocanal)
UN VIOLENT DESIR DE BONHEUR
Violent Desir BonheurDans la vallée de la Roya, un couvent isolé vit, en 1792, au rythme de la prière et des travaux des champs. Mais les soldats de la Révolution débarquent pour réquisitionner les lieux et en faire une caserne. Jeune moine, frère Gabriel (Quentin Dolmaire, découvert en 2015 dans Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin) va tenter d’apaiser les tensions avec la troupe en acceptant un grade de commandant républicain. Dans les décors paradisiaques de l’arrière-pays niçois, Clément Schneider, pour son second long-métrage, distille, en 2018, une aventure intime où il est question de la quête du « bonheur ». Gabriel connaîtra même une idylle sensuelle avec Marianne (Grace Seri), une jeune Antillaise, esclave affranchie, restée avec lui par amour… Un film au ton agréablement élégiaque. (Shellac)
BARABBAS
BarabbasA Jérusalem, le jour du sacrifice de Jésus, Ponce Pilate donne le choix au peuple entre sauver le messie ou Barabbas, un voleur. Le peuple choisit le voleur qui reprend sa vie de bandit. Libéré et au contact d’un Chrétien qui partage ses chaînes, Barabbas sera bientôt torturé par le fait de devoir sa vie au crucifié… En 1961, Richard Fleischer tourne, avec d’importants moyens, une reconstitution historique soignée et une belle distribution (Silvana Mangano, Jack Palance, Vittorio Gassman, Arthur Kennedy) un film plus complexe qu’un simple peplum. Dans une succession de péripéties, Anthony Quinn incarne avec maestria une brute dévorée par ses tourments intérieurs. Fier de son travail, le cinéaste américain a toujours regretté que son Barabbas soit largement sous-estimé au sein de son oeuvre… (Sidonis Calysta)
BOYS NEXT DOOR
Boys Next DoorAlors que leur cursus scolaire s’achève, Roy et Bo, deux grands adolescents marginaux, décident de faire une virée à Los Angeles pour un dernier week-end de liberté avant de rejoindre leur emploi dans une usine. Dans la Cité des Anges, les deux mômes vont vivre une pure descente aux enfers nocturne marquée par le crime. En 1984, Penelope Spheeris met en scène Maxwell Caulfield et Charlie Sheen, tout juste âgé de 20 ans, dans un thriller (bien restaurée dans la Midnight Collection) d’autant plus violent que la dérive vers la folie meurtrière de ces deux types très ordinaires ne s’explique pas sinon par la frustration et une rage imbécile. Un film glaçant en avance sur l’ère des films de serial-killers. Dans les suppléments, la réalisatrice et le comédien Maxwell Caulfield reviennent longuement sur les prémices du film mais aussi sur sa réception publique. (Carlotta)
BELLA
BellaServeuse, Nina vient de perdre son emploi. Elle est enceinte et le père de l’enfant lui a lancé de « faire ce qu’il faut ». Collègue de Nina, José, ancienne gloire du football, travaille aujourd’hui comme cuisinier dans le restaurant mexicain de son frère à New York. Cet homme taraudé par son passé va tendre la main à cette jeune femme sur le point d’avorter. Ensemble, au long d’une journée ordinaire dans Big Apple, ils feront un bout de chemin afin de surmonter les souffrances et d’entrevoir un avenir meilleur. En 2006, Alejandro Monteverde a réussi un film délicat, réaliste et intelligent sur le problème de la grossesse non désirée. Inscrit dans la culture mexicaine, voici un drame intimiste qui ne tombe jamais dans l’eau de rose… (Saje Distribution)
NE LE CRIEZ PAS SUR LES TOITS
Ne Le Criez Pas Sur ToitSavant doué mais bien naïf, le professeur Moucherotte meurt alors qu’il est sur le point de découvrir la formule du benzil, un carburant de remplacement. Des parasites, en l’occurrence des hommes d’affaire marrons, qui veulent s’emparer de ce carburant synthétique révolutionnaire pensent que Vincent Fleuret, le bras droit du professeur, dispose de la formule. En 1943, Jacques Daniel-Norman signe une comédie gentiment loufoque taillée sur mesure pour Fernandel, alors véritable star du grand écran. Dans le rôle du poétique Fleuret qui ne s’intéresse qu’à la vie éternelle des fleurs et finira par tomber sur la formule de la dynamite, il s’en donne à cœur-joie et pousse même la chanson. Mieux, il connaîtra l’amour puisqu’une journaliste (la charmante Meg Lemonnier) lui sauvera la mise face aux malfaisants qui le menacent d’un procès. (Gaumont)
FAST AND FURIOUS
Fast FuriousPremier film d’une imposante franchise, le film de Rob Cohen qui lança la carrière de Vin Diesel, est sorti en 2001. Pour le 20e anniversaire de cet archétype du film d’action, voici un beau Steelbox, édition limitée 4K pour se replonger dans les aventures de Dominic Toretto, ex-taulard devenu pilote de courses de rue. Un jour, un nouveau venu, Brian veut se joindre à la bande de Dom. En fait, Brian O’Conner (Paul Walker, trop tôt disparu dans un accident de la… route en 2013) est un policier infiltré chargé d’enquêter sur des attaques de camions menées par des « street racers ». Par amour pour Mia, la sœur de Dom, O’Conner, as du volant et de la mécanique, va bifurquer dans son parcours et basculer du côté sombre de la Force… (Universal)
LA LOI DE MURPHY
Loi MurphyFlic à Los Angeles, Jack Murphy se remet mal de son divorce. Pire, Jan, son ex-femme, fait tous les soirs des strip-teases dans le club de son amant. Lorsque Jan est assassinée avec son amant, on essaye de faire porter le chapeau à Murphy. Arrêté par ses collègues, Jack se retrouve menotté à une jeune délinquante qu’il a arrêté le matin même. Ensemble, ils s’évadent et sont désormais poursuivis par une tueuse psychopathe. Du Charles Bronson pur jus ! Le film (1986) se distingue par deux solides personnages féminins et notamment Kathleen Wilhoite qui incarne une teigne très forte en gueule qui traite Murphy de « prostate de macaque » et bien pire… (Sidonis Calysta)
LE JUSTICIER DE MINUIT
Justicier MinuitEn 1983, la Cannon Group du tonitruant tandem Golan-Globus a le vent en poupe. Parmi ses vedettes, figure l’inébranlable Charles Bronson. Ici, dans 10 to Midnight (qui n’a rien à voir avec la saga Justicier dans la ville malgré le titre en v.f), il incarne l’inspecteur Léo Kessler qui enquête sur le meurtre d’un jeune couple tué, en pleins ébats, dans sa voiture. Rapidement, le flic constate que le tueur est un jeune type complètement fêlé qui opère dans le plus simple appareil. Tout se gâte quand le serial-killer menace la propre fille de Kessler. Celui-ci va alors faire sienne la formule « Oublie ce qui est légal et fais ce qui est juste ». On imagine aisément la suite. (Sidonis Calysta)

LADY, LE CHAOS NUCLEAIRE, POLANSKI, LE JUSTICIER ET KIAROSTAMI  

BILLIE
BillieElle incarnait « toute la beauté et la misère du monde ». Eleonora Fagan dite Billie Holiday (1915-1959) fut l’une des plus grandes représentantes du jazz vocal. Pourtant, elle disait ne pas savoir chanter, juste raconter une histoire, la sienne. Et ce n’était pas toujours une histoire très gaie car Billie fut souvent mise à mal par les hommes. James Erskine signe un audacieux documentaire qui mêle deux destinées, celle de Lady Day évidemment mais aussi celle de Linda Kuehl, journaliste new-yorkaise, qui prépara une bio de Billie. Elle recueillit 200 heures de témoignages souvent inédites avant de mourir dans des conditions mystérieuses, la bio restant inachevée. Utilisant de bonnes images de concert de Billie Holiday et les témoignages recueillis par celle qui fut aussi la compagnie de Count Basie, le documentariste décrit l’ascendant de Billie Holiday sur le jazz mais également une descente dans l’enfer de la drogue et du sexe ! (L’Atelier d’images)
HIROSHIMA
HiroshimaAu début des années 50 à Hiroshima, le professeur Kitagawa constate que nombre de ses élèves souffrent de la « malade atomique », séquelles de la bombe lancée par les forces américaines sur la ville le 6 août 1945 et qui fit 200.000 morts. Il entame avec eux une discussion pour faire face à l’ignorance et à l’indifférence des Japonais. En 1953, le cinéaste japonais Hidéo Sekigawa tourne l’un des premiers films à évoquer le cataclysme nucléaire. Longtemps invisible (hormis les séquences qu’utilisa Alain Resnais pour son Hiroshima mon amour) et désormais présenté dans une version restaurée, le film mêle le documentaire émouvant qui reconstitue le chaos qui succède à l’explosion et la fiction expressionniste qui fut jugée trop antiaméricaine. Un impressionnant et bouleversant réquisitoire contre l’horreur de la guerre ! (Carlotta)
POLANSKI
RepulsionSi, aujourd’hui, Roman Polanski est, pour certains, à vouer aux gémonies, on est cependant en droit de se réjouir de retrouver, dans de belles versions restaurées, ses trois premiers longs-métrages. En 1962, dans son pays natal, il réalise Le couteau dans l’eau, son premier long-métrage, le seul en langue polonaise, sur la croisière en voilier d’un couple qui entraîne avec lui un jeune étudiant. Après ce séduisant exercice de style, le cinéaste part en Grande-Bretagne où, dans Répulsion (1965), il dirige Catherine Deneuve en schizophrène que sa répugnance pour le sexe amène au meurtre. L’année suivante, c’est la sœur de Deneuve, Françoise Dorléac qu’il met en scène dans Cul-de-sac. Deux gangsters débarquent sur une île et malmènent un couple mal assorti. Un huis clos d’atmosphère sous le signe de l’humour noir dont le tournage fut très chaotique. Dans les suppléments, Polanski revient longuement sur la genèse de ces trois films. (Carlotta)
BATMAN
BatmanEnfant, Bruce Wayne a perdu ses parents assassinés par un voleur des rues. Le milliardaire se jure alors de venger leur mort en se lançant dans une bataille à vie contre le crime organisé. Bruce (Michael Keaton) invente un justicier masqué et le cache sous le look d’un playboy flambeur… En 1989, après Beetlejuice et avant Edward aux mains d’argent, Tim Burton, très inspiré, réalise le premier opus de la saga et lance, dans Gotham City dévorée par la corruption et le crime, le combat entre Batman et le sinistre et narcissique Joker avec lequel Jack Nicholson, sourire rouge, cheveux verts et peau blanche, imposera l’un des grands méchants du cinéma. Dans la collection Titans of Cult, le film sort, en 4K UHD, dans un steelbook collector inédit. Sur la bande originale de Danny Elfman, on se replonge volontiers dans la bat-aventure ! (Warner)
24 FRAMES
24 framesParce qu’une photo ou un tableau capturent une image sans rien avant, ni après, le cinéaste iranien Abbas Kiarostami a choisi des photos prises par ses soins au fil du temps pour imaginer ce qui justement aurait pu avoir lieu, avant ou après ces moments capturés. Œuvre posthume du cinéaste disparu en juillet 2016, ce film réunit 24 plans fixes, d’environ 5 minutes chacun qui sont autant d’instants de pure poésie et de grande beauté. C’est minimaliste, contemplatif et épatant de grâce. Le film s’ouvre par une animation numérique du tableau de Breughel l’ancien Chasseurs dans la neige qui prend vie avec, ici, la fumée qui s’élève au-dessus d’une chaumière, là un chien qui passe ou des corbeaux qui s’envolent. Et puis Kiarostami filme la mer, les plages, les vagues, la neige sur la campagne, des animaux (les oiseaux occupent une belle place), des ciels, des arbres qui bougent dans le vent, une fenêtre, des personnes âgées de dos qui regardent la tour Eiffel illuminée… Et c’est beau. (Potemkine)
LES ANNEES KANOON
Annees KanoonConnu pour Au travers des oliviers (1994) ou Le goût de la cerise (1997) qui obtint la Palme d’or à Cannes, Abbas Kiarostami, considéré comme l’un des piliers de la Nouvelle vague iranienne, s’est imposé comme l’une des grandes figures du 7e art contemporain. A la fin des années 60, le cinéaste iranien (1940-2016) participe à la création du Kanoon, l’Institut pour le développement intellectuel de la jeunesse et l’une des deux structures publiques de production de films en Iran. Avec Le pain et la rue, en 1970, Kiarostami signe ainsi son premier court-métrage marqué par le néoréalisme sur un écolier malheureux et un chien agressif. Un beau coffret (six dvd) permet de se plonger, entre de nombreuses fictions et documentaires, courts et longs, dans les origines du travail d’un auteur qui allia, avec génie, la poésie et les trouvailles esthétiques. (Potemkine)
LES AILES DE LA RENOMMEE
Ailes RenomméeDans les années 60, lors d’un festival de cinéma, la star César Valentin (Peter O’Toole) est abattue par Brian Smith, jeune écrivain inconnu (Colin Firth), qui est lui-même tué par la chute d’un projecteur… Désormais célèbre à cause de son acte, le tueur ainsi que sa victime sont conduits sur une île, vers un luxueux hôtel destiné à les loger, royalement tant que sur Terre, leur célébrité demeure vivace. Mais gare, ceux qui tombent dans l’oubli, finissent dans des mansardes, à la cave ou sont rejetés à la mer. L’unique long-métrage d’Otakar Votocek, est un bijou du fantastique. Entre douceur et angoisse, la haine le dispute à l’ennui alors que tous les habitants du « purgatoire » ont peur de perdre la gloire et de rejoindre le troupeau des oubliés de l’éternité… (ESC Editions)
APOCALYPSE 2024
Apocalypse 2024En 2007, la Quatrième Guerre mondiale n’aura duré que cinq jours… Bien plus tard, en 2024, la Terre est désertique. Des vagabonds se battent pour les restes de l’ancien monde. Vic, accompagné de Prof, son chien, qui a le don de télépathie avec son maître, erre dans ces territoires désolés en quête de trois choses essentielles : la nourriture, les armes et les… femmes. Mais Vic (Don Johnson) apprend l’existence du « monde d’en bas » vers lequel il va être attiré par Quilla June Holmes (Susanne Benton), un appât rencontré « fortuitement »… En 1975, L. Q. Jones signe, dans la lignée du courant de « SF pessimiste » ou post-apocalyptique (dont Madmax demeure un fameux fleuron), un conte philosophique méconnu (et… restauré) qui manie l’humour noir et vogue sur des thèmes comme la survie, le monde souterrain ou l’ultra-violence… (Artus Films)
ASSA
AssaEn 1987, le cinéaste Serguei Soloviov met en scène un mélange plutôt hétérogène de film policier et de documentaire sur les groupes rock underground de Leningrad et signe une sorte de manifeste de reconnaissance de la jeunesse rock soviétique. On croise dans le film différents groupes comme Aquarium, Bravo ou Afrika dont le leader Bananan, le héros du film, est courtisé par la rebelle Alika, jeune amie de Krymov, mafieux vieillissant qui incarne les valeurs d’un régime sans foi, ni loi… Ce film sur des rockeurs face à la pesanteur de l’establishment culturel soviétique fait la part belle aussi à Viktor Tsoi (1962-1990) leader du groupe Kino dont la chanson « Je veux des changements » fut l’un des symboles de la perestroïka… (Extralucid Films)
L’HOMME SANS VISAGE
Homme Sans VisageCharles Norstadt surnommé Chuck, 13 ans, rêve d’entrer dans l’académie militaire où était son père qu’il n’a jamais connu. En vacances sur la côte Est des Etats-Unis avec sa mère et sa soeur, le gamin reçoit l’aide du mystérieux Justin McLeod, ex-enseignant dont la moitié du visage a été défigurée à la suite d’un accident dans lequel l’un de ses élèves a trouvé la mort… En 1993, Mel Gibson, star de Mad Max ou de L’arme fatale, passe pour la première fois à la réalisation tout en incarnant McLeod. Il réussit une histoire émouvante (sans être larmoyante) fondée sur une rencontre initiatique. En mal d’une figure paternelle, Chuck (Nick Stahl) va la trouver auprès d’un ermite malheureux à cause du mépris, sinon de l’angoisse dans le regard des autres… (Metropolitan)
UNE AFFAIRE DE DETAILS
Une Affaire DetailsOfficier en fin de carrière, Joe « Deke » Deacon, shérif-adjoint dans un comté du sud de la Californie, est un type pas très bien vu dans la police. Pour les besoins d’une enquête, il revient à Los Angeles où il était autrefois en poste. Il croise Jim Baxter, jeune flic qui travaille sans succès sur un tueur en série qui a déjà fait quatre victimes. Même si les deux hommes ont des méthodes bien différentes, Deke accepte de faire équipe avec Baxter et repère rapidement un suspect bien tordu… John Lee Hancock réunit un joli trio de vedettes (tous sont des titulaires de l’Oscar) avec Denzel Washington, Rami Malek et Jared Leto pour un solide thriller avec de bons personnages (Deke trimballe de troubles secrets) et une atmosphère qui n’est pas sans faire penser au Seven de David Fincher… (Warner)
MONSTER HUNTER
Monster HunterNotre monde en cache un autre, dominé par de puissants et dangereux monstres. Lorsque le lieutenant Nathalie Artemis et son unité d’élite traversent un portail qui les transporte dans cet univers parallèle, ils subissent le choc de leur vie et vont devoir faire face à d’incessantes attaques de créatures terrifiantes. Pour rentrer chez elle, l’intrépide Artemis aura bien besoin de de l’aide d’un mystérieux chasseur qui a survécu dans ce monde hostile grâce à des aptitudes uniques. Après la saga Resident Evil, Paul W.S. Anderson retrouve Mila Jovovich (elle fut la Jeanne d’Arc de Luc Besson) pour une adaptation au cinéma du jeu vidéo éponyme. Il va ne faut pas trop chercher du côté du scénario mais, côté action, ça se regarde tranquillement ! (Sony)