LE MAITRE, L’ESCROC, GILOU, LAURE ET LES PAUMES  

BERGMAN MODE D’EMPLOI
AAABergmanInquiet, malade d’un ulcère à l’estomac et dévoré de doutes, Ingmar Bergman est cependant le plus célèbre metteur en scène au monde. Avec Bergman, mode d’emploi, voici une passionnante étude sur le maître de Farö qui s’est déguisé dans tous ses personnages. Dans Bergman, une année dans une vie (en deux versions, l’une de 117 minutes, l’autre augmentée  à 235 mn et orchestrée en quatre actes), Jane Magnusson qui observe : « Pour être réussis, ses films doivent parler de lui », se penche sur l’artiste et l’homme à travers son intense activité en 1957. Il a 38 ans, a déjà six enfants avec trois femmes et il est partout, cette année-là, avec pas moins de six productions au cinéma, à la télévision et à l’opéra ! Le coffret contient aussi l’Abécédaire Bergman A-Ö, un livre (144 p.) inédit en France qui chapitre le cinéaste de A comme Abba à Ääö, les trois dernières lettres de l’alphabet suédois en passant par J comme jalousie ou S comme silence. Une remarquable entreprise de cinéphilie. (Carlotta)

LES FORBANS DE LA NUIT
AAAForbansNuitPetit malfrat sans envergure, Harry Fabian tente de monter des projets qui échouent systématiquement. Sa rencontre avec Gregorius, légende de la lutte, l’amène à échafauder un plan pour organiser un combat. Exilé à Londres à l’heure de la sinistre « chasse aux sorcières » à Hollywood, Jules Dassin y tourne, en 1950, Les forbans de la nuit, l’un des films noirs les plus mémorables des années quarante. Dans une superbe édition, on retrouve ce classique (dans ses deux versions, dont le montage britannique) interprété par l’excellent Richard Widmark et Gene Tierney, complété par de bons suppléments (dont Le squelette de l’histoire, un livre inédit de Philippe Garnier) qui éclaire la genèse et les secrets de ce diamant noir, exemple exceptionnel et réjouissant de la folie et de la grandeur des grands joueurs de l’usine à rêves. (Wild Side)

ENGRENAGES
AAAEngrenagesLa fin de la sixième saison avait laissé les personnages phrares de la série dans un état de crise. Tandis que Laure Berthaud est suivie dans un centre de repos de la police, « Gilou » Escoffier est désormais chef de groupe et il démarre, autour de la mort tragique du commissaire Herville, abattu dans un restaurant chinois, une enquête délicate de blanchiment d’argent, secondé par Ali, un jeune flic à cheval sur les principes et le droit. Le juge Roban est proche de la retraite tandis que Joséphine Karlsson attend son procès en prison. Avec ses personnages toujours cabossés et en quête de repères solides, Engrenages déroule sa 7esaison (12 épisodes) qui maintient brillamment le cap en nous embarquant à nouveau, dans des décors parisiens bien mis en valeur, dans un univers d’où police et justice sont bigrement chahutées. La série conçue par Alexandra Clert et écrite, pour cette nouvelle saison, par l’équipe autour de Marine Francou, continue à captiver. Une belle et palpitante réussite ! (Studiocanal)

GALVESTON
AAAGalvestonPetit malfrat de la Nouvelle-Orléans, Roy Cady est très malade. Pire, son patron lui tend un piège dont il s’échappe de justesse… Dans sa fuite, Roy embarque avec lui Rocky, prostituée et femme-enfant. Pour ces deux paumés, commence alors une cavale à travers le Texas. Comédienne remarquée, en 2006, avec Je vais bien, ne t’en fais pas, Mélanie Laurent est passée derrière la caméra et a signé Les adoptés (2011), Respire (2014) et le documentaire écologiste Demain, (2015) coréalisé avec Cyril Dion. De façon plus inattendue, la Française met en scène, avec Galveston, son premier film américain en s’emparant, avec une belle énergie, des codes du film noir. Ben Foster et Elle Fanning incarne deux personnages qui n’ont plus rien à perdre et qui vont brièvement s’apprivoiser. Du côté des interminables routes droites et des motels glauques, un surprenant et prenant film d’atmosphère. (M6)

IL MAESTRO DI VIGEVANO
AAAMaestroVigevanoMême s’il est peut-être moins célèbre que ses compatriotes Mastroianni ou Gassmann, Alberto Sordi (1920-2003) est l’un des plus magnifiques comédiens italiens, aussi à l’aise dans la comédie que dans le drame. Dans la collection Make my Day qui s’applique à exhumer des films méconnus et néanmoins remarquables, le critique Jean-Baptiste Thoret met en avant Il maestro di Vigevano qu’Elio Petri réalisa en 1961, une dizaine d’années avant son fameux Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon. Dans ce Maestro… injustement oublié et inédit en dvd, Sordi incarne Antonio Monbeli, un enseignant de Vigevano, capitale lombarde de la chaussure, qui aime son travail et accepte son modeste salaire. Son épouse Ada (Claire Bloom) aspire à un meilleur train de vie et va pousser Antonio à quitter son emploi pour créer une petite entreprise. Une réflexion amère sur les valeurs morales face aux sirènes du matérialisme. (Studiocanal)

LES GUICHETS DU LOUVRE
AAAGuichetsLouvreEn 1974, adaptant le livre éponyme de Roger Boussinot, Michel Mitrani réalise Les guichets du Louvre, premier film français qui évoque le sort funeste des Juifs du point de vue de la responsabilité de la France et de Vichy. Le 16 juillet 1942, ayant appris que la police parisienne va rafler les Juifs pour les parquer au Vel d’Hiv avant leur déportation vers les camps de la mort, Paul (Christian Rist), jeune étudiant, décide de tout faire pour arracher un Juif à la mort. Ce sera Jeanne avec laquelle il passe quelques heures, doucement amoureuses, à zig-zaguer entre les périls. La débutante Christine Pascal est magnifique en jeune fille apeurée et tourmentée dans un drame dépouillé et émouvant qui n’a pas pris une ride. Dans les suppléments, Laurent Heynemann, assistant sur le film, évoque le tournage et raconte comment Mitrani porta avec ferveur cette aventure à l’écran. Un film remarquable ! (Sidonis Calysta)

LA POURSUITE IMPLACABLE
AAAPoursuiteImplacableEx-flic devenu directeur de prison, Vito Cipriani (Oliver Reed, parfait en type violent et très speedé) est victime d’un chantage. Des affreux ont kidnappé sa femme (Agostina Belli) et le contraignent à libérer le truand Milo Ruiz (Fabrio Testi). Entre cinéma de genre et film d’auteur, Sergio Sollima signe, en 1973, La poursuite implacable, remarquable thriller noir et brutal qui suinte la peur des « années de plomb » italienne sur fond d’opposition entre classes sociales. Quand une improbable amitié naît entre deux personnages que tout semble opposer au cœur d’une paranoïa autour des pouvoirs occultes. Un passionnant film de dénonciation politique par un grand cinéaste que l’on redécouvre avec bonheur. Dans les bonus, Jean-François Rauger décrypte brillamment la place de Revolver (en v.o.) dans l’œuvre de Sollima. (M6)

UN HOMME PRESSE
AAAHommePresse« Je me reposerai quand je serai mort ». C’est le credo d’Alain Wapler, grand patron de l’automobile qui apprend à son entourage les secrets des leaders. Individu tyrannique et plein de morgue qui ne dit jamais merci mais savoure le fameux As time goes by immortalisé par le mythique Casablanca, Wapler est foudroyé par un AVC. Quand il sort du coma, il est à l’hôpital et bafouille ses mots. Jeanne, une orthophoniste (Leila Bekhti) , va l’aider à recréer les connexions entre ses neurones mais surtout à renaître dans la peau d’un homme nouveau et, probablement, meilleur. En s’inspirant de l’histoire de Christian Streiff, ex-pdg d’Airbus et de Peugeot, Hervé Mimran réussit, avec Un homme pressé, une belle fable sur un homme qui était au centre du monde, qui se retrouve seul et doit se reconstruire. Avec gourmandise, Fabrice Luchini s’amuse de jouer avec les mots et livre un brillant exercice dans la maîtrise d’une surréaliste poésie. (Gaumont)

MAUVAISES HERBES
AAAMauvaisesHerbesRévélé au cinéma, en 2015, par l’autobiographique Nous trois au rien qui évoquait sa vie en clandestinité en Iran puis son arrivée en Seine-Saint-Denis, l’humoriste Kheiron revient avec Mauvaises herbes, une comédie qui allie, avec justesse, le rire et le drame. Ancien enfant des rues, Waël (Kheiron) vit, en banlieue parisienne, de petites arnaques sous l’œil bienveillant de Monique (Catherine Deneuve). Sa vie bascule lorsque Victor (André Dussollier), un ami de Monique, lui demande de l’assister pour un projet éducatif visant à aider six collégiens en complète galère… Quand un arnaqueur au grand cœur s’investit pour des laissés pour compte. Kheiron s’est souvenu du temps où, avant de devenir une vedette sur scène (son premier spectacle, mêlant  stand-up slam et rap, Kheiron passe du Coq à Light date de 2008), il oeuvrait dans le social pour signer cette touchante comédie dramatique !  (Studiocanal)

EXODUS
AAAExodusEn 1947, sur l’île de Chypre, des rescapés de l’Holocauste tentent de passer en Israël, et se heurtent à la tutelle anglaise en Palestine. Les organisations sionistes préparent alors une opération de grande ampleur afin de contourner le blocus britannique, et de précipiter les débats alors en cours à l’ONU sur le statut de ce territoire. Combattant de l’organisation de résistance sioniste clandestine Haganah, Ari Ben Canaan (Paul Newman) prend le commandement de l’Exodus, un vieux cargo grec, et une Américaine, Kitty Fremont (Eva Marie Saint), y prend place pour remplacer le médecin du bord…. Quand un peuple décide de construire son pays et une nation… Avec Exodus, l’Américain Otto Preminger a mis en scène, avec talent, une vaste saga qui prend cependant de solides libertés avec la vérité historique. Dans une version bien restaurée, cette superproduction (3h20) réalisée en 1961 d’après le roman de Léon Uris, retrace la naissance houleuse de l’Etat d’Israël. (Sidonis Calysta)

KURSK
AAAKurskLe 12 août 2000, lors de manœuvres en mer de Barents, dans le nord de la Russie, le sous-marin nucléaire russe K-141 Kursk, avec quelque 120 membres d’équipage, est victime d’une explosion qui l’envoie par le fond. Réfugiés à l’arrière du bâtiment, 23 marins tentent de survivre. Comment le sous-marin repose par seulement 90 mètres de fond, les autorités occidentales proposent d’intervenir pour sauver les naufragés. Mais, à terre, au grand dam des familles des marins, la bureaucratie militaire refuse l’aide de l’Occident. Avec Kursk, le Danois Thomas Vinterberg (révélé par le décapant Festen en 1998) signe un solide drame historique. Grâce à une distribution prestigieuse (jusque dans ses petits rôles, ainsi Colin Firth, Léa Seydoux ou Max von Sydow) avec Matthias Schoenaerts en tête d’affiche, cette aventure, dont on connaît pourtant l’issue, demeure palpitante. (EuropaCorp)

RAGTIME
AAARagtimeDisparu en 2018, Milos Forman a connu deux vies de cinéaste. La première fut tchèque avec des œuvres de satire sociale comme Les amours d’une blonde (1965) ou Au feu les pompiers (1967), la seconde américaine, marquée par des productions imposantes comme Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975). A Hollywood, le cinéaste, naturalisé américain en 77, tourna en 1981 une vaste et âpre fresque sur l’Amérique au tout début du 20esiècle. Ragtime raconte l’homme noir, un pianiste de jazz, dans une Amérique blanche et brosse le portrait d’une société multiraciale et de ses injustices criantes. Tandis que le pianiste veut faire reconnaître ses droits, un engrenage s’enclenche. Echec commercial (suivi bientôt par le triomphe d’Amadeus en 1984), le film (où l’on reconnaît le vétéran James Cagney dans son dernier rôle au cinéma) mérite une redécouverte. (Arte)

FREDDY, L’AMOUR FOU, BERLUSCONI, LA PEDOPHILIE, L’APARTHEID ET TSUI HARK  

BOHEMIAN RHAPSODY
Bohemian RhapsodyBien sûr, Freddy Mercury (1946-1991) n’était pas un angelot propre sur lui… Il n’en reste pas moins qu’il était (et demeure !) une véritable star du rock doublée d’une sacrée icône gay. Avec Bohemian Rhapsody, Bryan Singer signe un biopic enlevé et rythmé du chanteur de Queen. Il construit cette aventure musicale autour du fameux concert Live Aid de juillet 1985 au stade de Wembley. Couronné de l’Oscar du meilleur acteur, le mince Rami Malek se glisse, avec aisance, dans les tenues délirantes de Mercury la flamboyante. Sur fond de tubes immortels, une belle célébration d’un mythe même si a reproché au film (validé par les survivants du groupe) de « sanctifier » un peu trop le bon Freddy. Mais on n’a pas fini de chantonner devant son écran ! (Fox)

COLD WAR
Cold WarOn avait découvert Pawel Pawlikowski en 2013 avec l’excellent et oscarisé Ida. On retrouve le cinéaste voguant, durant la Guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 50, pour saisir la tumultueuse aventure amoureuse de Viktor, musicien et chef d’orchestre épris de liberté (Tomasz Kot) et de Zula, jeune chanteuse passionnée incarnée par la belle Joanna Kulig. Ils s’aiment et se repoussent sans cesse, incapables de rester ensemble et malheureux quand ils sont éloignés l’un de l’autre. Sur une magnifique photo en noir et blanc et dans une mise en scène dépouillée et néanmoins lyrique, Cold War est un superbe poème sur l’amour fou. (Diaphana)

SILVIO ET LES AUTRES
Silvio et les AutresDes bimbos se trémoussent au bord d’une piscine somptueuse tandis que Silvio Berlusconi susurre une chanson d’amour. Images étonnantes qui racontent l’un des hommes politiques les plus extravagants et les plus inquiétants qui soient… Si Silvio et les autres est le « le fruit de la libre création de ses auteurs », Paolo Sorrentino (qui avait déjà traité de la politique italienne dans Il divo (2008) sur l’activité de Giulio Andreotti) distille pourtant un portrait baroque et décapant du Cavaliere. Un biopic politique qui mêle le grotesque et la tragédie, le tout servi par un Toni Servillo, largement maquillé, qui compose un séducteur à la vitalité exacerbée, persuasif marchand de rêves qui a le charisme du ruisseau. Une brillante proposition sur le mystère Berlusconi ! (Pathé)

LES CHATOUILLES
Les ChatouillesGamine de 8 ans, Odette aime la danse et le dessin. Elle n’a aucune raison de se méfier d’un bon ami de ses parents qui lui propose de jouer aux chatouilles. Andréa Bescond (qui a elle-même subi ces abus sexuels) et Eric Métayer réussissent, avec Les chatouilles, un brûlot puissant et remarquable parce qu’il aborde, avec finesse et courage, une effrayante histoire de pédophilie. Andréa Bescond, qui incarne Odette adulte, détaille la manière dont elle a lutté pour surmonter son douloureux secret, notamment en dansant sa colère… La longue aventure d’une difficile reconstruction racontée avec réalisme et… humour. Dans le rôle de la mère d’Odette, Karin Viard est pathétique et magnifique. Les César 2019 l’ont couronné comme meilleure actrice dans un second rôle. (Orange)

LE PROCES CONTRE MANDELA ET LES AUTRES
Proces Mandela et les autresL’histoire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud ne retient qu’un seul homme : Nelson Mandela qui aurait eu cent ans cette année. Cependant, en 1963 et 1964 à Pretoria, durant neuf mois, ils sont neuf membres de l’ANC, dont Nelson Mandela, à passer en jugement et à risquer la peine de mort. Face à un procureur pugnace, les accusés décident de transformer leur procès en tribune contre l’apartheid. Il n’existe aucune image de ce procès historique mais 256 heures d’archives sonores. Avec ce son pour matière première, Nicolas Champeaux et Gilles Porte, les auteurs du Procès contre Mandela et les autres, réussissent un passionnant documentaire qui s’appuie notamment sur les témoignages des survivants nonagénaires du procès mais aussi sur un beau travail d’animation signé Oerd. (Arte)

TIME AND TIDE
Time and TideAprès une brève parenthèse hollywoodienne où il réalise deux films mineurs avec Jean-Claude Van Damme (Double Team et Piège à Hong-Kong), Tsui Hark revient, en 2000, sur ses terres et à son genre de prédilection : le thriller d’action hongkongais. Avec Time and Tide, il réussit une oeuvre trépidante et bluffante par ses brillantes séquences d’action devenues véritablement des moments d’anthologie. Pour aider la mère de son futur enfant, Tyler devient garde du corps. Au cours d’une mission, il rencontre Jack, ancien mercenaire mexicain qui a refait sa vie avec la fille, elle aussi enceinte, d’un chef de gang. Restauré, le film sort en coffret édition prestige limitée avec de bons suppléments et de nombreux memorabilia. Un must du film d’action! (Carlotta)

UN AMOUR IMPOSSIBLE
Amour ImpossibleTiré du roman autobiographique et éponyme de Christine Angot paru en 2015 chez Flammarion, Un amour impossible, mis en scène par Catherine Corsini, plonge dans les rapports de couple dans la France des années 1960 à 2000. A Châteauroux, à la fin des années 50, Rachel Steiner, modeste et naïve employée à la Sécurité sociale, rencontre Philippe Arnold, un fils de bonne famille. De leur liaison, naît Chantal mais Philippe refuse de se marier hors de sa classe sociale. Pour Rachel (Virginie Efira, excellente), commence une longue bataille pour que Philippe reconnaisse Chantal qu’elle élève comme son grand bonheur… Quand la domination des hommes conduit à la tragédie… (Le Pacte)

QUIEN TE CANTARA
Quien Te CantaraAncienne star de la chanson des années 90, Lila Cassen prépare son grand retour sur scène après dix années de silence. Mais un accident la rend complètement amnésique. La manager de la star va demander à Violeta, grande fan de Lila et brillante imitatrice, de l’aider à redevenir elle-même. Remarqué pour son thriller La nina de fuego en 2014, l’Espagnol Carlos Vermut donne, avec Quien te cantara, un double portrait de femmes qui est une réflexion sur la célébrité et surtout sur l’identité. Il réussit aussi à installer une atmosphère tour à tour élégante et glaciale mais surtout oppressante qui finit par faire douter des réelles intentions des unes et des autres.  Najwa Nimri (Lila) et Eva Llorach (Violeta) incarnent deux femmes qui semblent parfois se confondre… (Le Pacte)

THE HOUSE THAT JACK BUILT
TheHouse That Jack BuiltJack considère chaque meurtre qu’il commet comme une œuvre d’art. Avec The House that Jack built, on suit, du point de vue de Jack, son parcours de serial killer tandis que l’intervention de la police ne cesse de se rapprocher. Après l’échec de Nymphomaniac  (2013) venant après ses démêlés cannois à l’heure de Melancholia (2011), Lars von Trier est resté silencieux jusqu’à ce thriller où se mêlent les pensées de Jack, le détail de ses meurtres et des réflexions métaphysiques sur la mort et l’au-delà. Conteur sans concessions commerciales, le Danois agace et séduit à la fois. Interprète de l’inquiétant Jack, Matt Dillon est remarquable… Dans le rôle du mystérieux Verge, on retrouve Bruno Ganz, récemment disparu, dans l’un de ses ultimes rôles. (Potemkine)

MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS
Millenium: Ce Qui Ne Me Tue PasAprès la Suédoise Noomi Rapace (dans les trois premiers films suédois de la saga) et l’Américaine Rooney Mara (dans le remake US des Hommes qui n’aimaient pas les femmes), c’est désormais l’Anglaise Claire Foy qui incarne Lisbeth Salander, l’indémontable hackeuse inventée en 2005 par l’écrivain suédois Stieg Larrson. Dans Millenium : ce qui ne me tue pas, réalisé par l’Uruguayen Fede Alvarez, Salander (suivie par une mystérieuse blonde) retrouve son ami, le journaliste Mickael Blomkvist pour affronter des espions, des cybercriminels et des membres corrompus du gouvernement autour d’un logiciel permettant de prendre le contrôle d’armes nucléaires. Si le scénario a quelques faiblesses, le film joue clairement la carte de l’action dans des univers toujours bien glauques… (Sony)

SOLIS
Solis« Ne regardez pas le passé avec tristesse. Il ne revient jamais ». En exergue de son space-opera… intimiste, Carl Strathie a placé cette citation… Car Troy Holloway, ingénieur à la compagnie minière Orbis, quelque part dans l’espace, a été victime d’un important accident sismique. Seul survivant à bord d’une capsule de sauvetage pourrie qu’il ne contrôle qu’avec difficulté, il dérive vers le soleil. Solis ou l’odyssée stellaire d’un type anonyme (le Canadien Steven Ogg connu par la série télé The Walking Dead) qui n’a plus que la voix désincarnée et lointaine de la commandante Roberts pour tenter de tenir dans une angoissante course contre une chaleur solaire de plus en plus intense… De la SF minimaliste mais agréablement palpitante. (Wild Side)

LES BAIGNEURS, LARA, LES EMPLOYES, LA CARABINE ET JACQUES RIVETTE  

LE GRAND BAIN
GrandBainCadre supérieur dans une grande entreprise, Laurent est complètement dépressif. Pour s’en sortir, il va rejoindre quelques types aussi cabossés que lui qui s’entraînent à un sport jusque là réservé aux femmes : la natation synchronisée. Avec Le grand bain, Gilles Lellouche réussit un petit bijou de comédie. Loin des maigres pitreries bien de chez nous, voici une chronique tendre et drôle sur des types qui vont réussir à retrouver un sens à leur vie en participant à un championnat du monde… Canet, Anglade, Poelvoorde, Amalric, Katerine, Ivanov coachés par Virginie Efira et Leïla Bekhti, sont épatants. Aux récents César, le film a été le grand oublié du palmarès. Mais son gros succès dans les salles était mérité. Et la sortie dvd le ramène dans la lumière. (Studiocanal)

GIRL
GirlA 15 ans, Lara rêve de devenir ballerine… Travaillant d’arrache-pied, elle est admise dans une troupe…Mais il y a un « problème ». Lara est née dans un corps de garçon… Avec Girl, le cinéaste flamand Lukas Dhont, pour son premier long-métrage, réussit la bouleversante chronique du combat contre un corps non assumé. Nouveau venu, Victor Polster (primé pour son interprétation à Cannes) incarne magnifiquement ce transsexuel et apporte une superbe intensité au propos. Au-delà des séances de danse qui l’épuisent et martyrisent son corps, Lara trouve aussi un bel appui auprès d’un père aimant et à l’écoute. Jamais larmoyant et éloigné d’une vision doloriste, une œuvre puissante et belle sur une femme en devenir. (Diaphana)

UNE VALSE DANS LES ALLEES
ValseAlléesTimide et solitaire, presque mutique, Christian est embauché dans un supermarché. Responsable du rayon boissons, Bruno, un ancien, est chargé de lui apprendre le métier. Du côté des confiseries, Christian, dont on ignore le passé, croise Marion dont il tombe immédiatement amoureux. La nuit, un grand entrepôt devient le théâtre de belles relations humaines. Avec Une valse dans les allées, le réalisateur allemand Thomas Stuber met en scène, avec beaucoup de poésie et de tendresse, une histoire de simples employés qui cultivent une véritable solidarité. Franz Rogowski, Peter Kurth et Sandra Hüller (vue dans Toni Erdmann) sont magnifiques d’humanité. Touchant ! (KMBO)

WINCHESTER 73
Winchester73Grand westerner du cinéma américain de l’âge d’or au même titre que Ford, Boetticher ou Daves, Anthony Mann signe, en 1950, un sommet du genre avec Winchester 73 et offre à James Stewart (qui avait suggéré son nom pour la réalisation) un personnage qui marquera sa filmographie… Autour de la saga de la fameuse carabine à répétition modèle 1873, l’arme qui a conquis l’Ouest, Mann orchestre l’affrontement entre Lin McAdam (Stewart) et un certain Dutch Henry Brown… Shelley Winters incarne une chanteuse de saloon dans cette remarquable évocation, en noir et blanc, de l’Amérique des pionniers. Quand une carabine, l’exceptionnelle « Une sur mille » (dont la qualité dépasse celle de toutes les autres) devient l’objet de toutes les convoitises… Une belle édition en Blu-ray. (Sidonis Calysta)

LA FICTION AU POUVOIR
RivetteEn 1975, Jacques Rivette décide de tourner une tétralogie intitulée « Scènes de la vie parallèle ». Il réalisera finalement deux films sur quatre : Duelle (Une quarantaine) et Noroît (Une vengeance). En 1978, le cinéaste (1928-2016) ajoutera Merry-Go-Round. Bien restaurés et enrichis de multiples suppléments (dont plusieurs entretiens avec le cinéaste), ces trois films sont réunis dans un coffret : Jacques Rivette : la fiction au pouvoir. Un beau travail d’édition qui permet aux cinéphiles curieux de découvrir des oeuvres rares et méconnues.  Duelle, avec Juliet Berto et Bulle Ogier, mêle le réel à l’imaginaire avec une esthétique de film noir. Noroît réunit Bernadette Lafont et Geraldine Chaplin dans une sorte de film de pirates au féminin. Merry-Go-Round, avec Maria Schneider et Joe Dallensandro, acteur fétiche de Warhol, est une course-poursuite façon film espionnage.  De beaux personnages féminins dans des univers énigmatiques ! (Carlotta)

CAPHARNAUM
CAPHARNAUMDevant un tribunal de Beyrouth, le jeune Zain, 12 ans, attaque très sérieusement ses parents en justice pour lui « avoir donné la vie ». Réalisatrice de l’excellent Caramel (2007), la cinéaste libanaise Nadine Labaki raconte, dans Capharnaüm, l’histoire d’un gamin qui vit d’expédients dans un quartier misérable de la capitale libanaise. Le gamin qui aide sa mère à trafiquer des médicaments stupéfiants, va rencontrer Rahil, une immigrée éthiopienne et s’occuper, lorsque Rahil disparaît, de Yonas, son bébé. Mettant en scène un gamin (Zain al-Rafeea, jeune réfugié syrien arrivé au Liban à l’âge de 7 ans) bluffant d’aisance, Labaki observe, avec une profonde humanité, une errance dans le plus grand dénuement, marquée surtout par le manque d’amour. Remarquable et couronné du prix du jury à Cannes 2018. (Gaumont)

JASON ET LES ARGONAUTES
JasonArgonautesQuand l’aventure rencontre le fantastique sur fond de mythologie ! Réalisé en 1963 par Don Chaffey, Jason et les argonautes (présenté dans une version restaurée) décrit les tribulations, dans la Grèce antique, de Jason en quête de la fameuse Toison d’or sur des terres dangereuses peuplées de créatures plus  monstrueuses les unes que les autres, ainsi le colosse Talos, deux harpies, des rochers broyeurs ou encore une hydre à sept têtes. Si ce peplum est un vrai must, c’est à cause du génie de Ray Harryhausen (1920-2013), responsable, ici, des effets spéciaux. Il a fallu ainsi quatre mois à ce maître des trucages au cinéma (et aussi de l’animation en volume) pour mettre au point les trois minutes du combat entre Jason et les squelettes ! Un pur bonheur de cinéma avec, en bonus, un long documentaire et un livre de 152 pages sur Harryhausen! (Sidonis Calysta)

L’ILE MYSTERIEUSE
IleMysterieuseEn 1865, durant la Guerre de sécession, des soldats nordistes s’échappent en ballon d’une prison confédérée, embarquant au passage un de leurs geôliers. Après avoir dérivés et portés par les vents violents d’une grosse tempête, ils échouent sur une île inconnue et apparemment déserte. Mais leur survie va être remise en cause par un crabe, des guêpes et des oiseaux mais tous de taille géante ! L’univers de Jules Verne, des naufragés face à des monstres, un volcan en éruption, une attaque de pirates et le retour du capitaine Nemo que l’on croyait disparu dans le naufrage du Nautilus… Si on y ajoute la musique de Bernard Herrmann et les épatants effets spéciaux du maître Ray Harryhausen, tout y est pour faire de L’île mystérieuse, réalisé en 1961 par Cy Endfield (et présenté en version restaurée), un beau moment de cinéma d’aventures fantastiques! (Sidonis Calysta)

RBG
RuthBaderGinsburgInconnue de ce côté-ci de l’Atlantique, Ruth Bader Ginsburg est par contre, aux Etats-Unis, une des femmes les plus influentes du pays. Dans RBG, les documentaristes Betsy West et Julie Cohen se penchent, avec une manifeste admiration, sur le parcours d’une femme aujourd’hui âgée de 85 ans, qui est devenue une véritable icône de l’égalité homme-femme. Avocate fiscaliste new-yorkaise nommée en 1993 juge à la Cour suprême par Bill Clinton, celle que sa petite-fille surnomme Bubbe, apparaît comme une pionnière discrète mais surtout comme une véritable pointure du droit qui a changé profondément la vie des femmes américaines. D’ailleurs les rencontres de Ruth Bader Ginsburg notamment avec les jeunes Americain(e)s montrent que son aura transgénérationnelle dépasse tous les clivages. Un portrait chaleureux d’une guerrière presque timide qui professe un amour dévorant pour le droit. (L’atelier d’images)

AMIN
AminOn connaît Philippe Faucon pour des œuvres puissantes autour de l’immigration comme La trahison (2005), La désintégration (2011) ou Fatima (2015) couronné du prix Louis-Delluc et du César du meilleur film en 2016. Avec Amin, Faucon, reconnu comme le « cinéaste des invisibles », raconte l’histoire d’Amin, venu du Sénégal pour travailler en France voilà une dizaine d’années. Cet homme qui n’a d’autre vie que son travail, a laissé au pays sa femme Aïcha et leurs trois enfants. Sa rencontre et sa liaison avec Gabrielle, récemment divorcée, va bousculer les règles qu’Amin s’étaient fixées. En s’appuyant sur Moustapha Mbengue et Emmanuelle Devos, le cinéaste observe, avec beaucoup d’humanité et de pudeur, la solitude et le déracinement autour de la réalité de l’exil. Comme le souligne le comédien : « Ce film aide à comprendre ce qui se passe derrière le visage triste de beaucoup d’immigrés ». (Pyramide)

THE PREDATOR
ThePredatorMembre d’un commando de Rangers américains, McKenna est témoin du crash d’un vaisseau spatial lors d’une mission de sauvetage d’otages. Seul survivant, il découvre le casque et l’arme d’un Predator. Poursuivi, il décide de les envoyer par la poste à son domicile, où vit sa femme et son fils autiste, Rory. Ce dernier parvient à utiliser le masque et l’arme du Predator. Il active par ailleurs une balise qui permet à d’autres Predators de le localiser. Génétiquement perfectionnés grâce à l’ADN d’autres espèces, les pires prédateurs de l’univers sont devenus plus forts et plus intelligents que jamais. Une équipe d’anciens soldats et un prof de sciences contestataire vont tenter d’empêcher l’extinction de la race humaine. Autour d’un antihéros, The Predator, réalisé par Shane Black (qui fit l’acteur dans le premier Predator en 1987) enchaîne les séquences d’action. Un divertissement hollywoodien qui met aussi un peu d’humour noir dans un monde de grosses brutes inquiétantes. (Fox)

UN TRIO, DES SOLDATS, UN FRUIT-SEC, DEUX AMIES, TROIS VETERANS…  

BURNING

BurningJeune coursier à Séoul, Jongsu rêve de devenir écran. Par hasard, il croise Haemi, une ancienne voisine. Elle lui demande, avant d’entreprendre un voyage en Afrique noire, de s’occuper de son chat. A son retour, Haemi est accompagnée de Ben qu’elle présente comme son ami. Secrètement amoureux d’Haemi, Jongsu s’incline. Il est pauvre, Ben est riche. Cinéaste coréen réputé, Lee Chang-dong signe, avec Burning, un thriller étrange et inspiré où les creux du récit sont aussi importants que les différentes péripéties « criminelles ». Car Jongsu découvre que Ben a une curieuse et inquiétante manie : dans la campagne, il met le feu à des serres en plastique… Autour d’un triangle amoureux peu banal, Burning, présenté en compétition à Cannes 2018, est un film poétique, lent et envoûtant. (Diaphana)

DONBASS

DonbassLe cinéaste ukrainien Sergei Loznitsa est clairement un « enfant de Cannes ». On l’a découvert sur la Croisette en 2010 avec My Joy puis on a vu Dans la brume (2012) et Une femme douce (2017), trois films à la forme très maîtrisée. Avec Donbass, il explore, en une douzaine de séquences (dont certaines inspirées de véritables vidéos postées sur Youtube), la guerre dans cette région à l’est de l’Ukraine, entre l’armée ukrainienne et les séparatistes de la République populaire autoproclamée du Donetsk soutenus par la Russie. Tandis que le rire s’étrangle régulièrement dans la gorge, Donbass, avec lequel son auteur voulait montrer la folie guerrière, est une œuvre sous tension, parfois déconcertante mais constamment impressionnante sur fond de corruption généralisée et de misère pour la population. Comment survivre dans le Donbass… (Pyramide)

I FEEL GOOD

I Feel GoodA Lescar, près de Pau, Monique Pora (Yolande Moreau) dirige une communauté Emmaüs. Un jour, son frère Jacques débarque. Elle voudrait l’aider à se réinsérer mais ce parfait fruit-sec qui se promène en peignoir sur l’autoroute, n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Avec I Feel Good, Benoit Délépine et Gustave Kervern, le singulier tandem de Louise-Michel (2008), Le grand soir (2012) ou Saint-Amour (2015), distillent une fable parfois grinçante, parfois émouvante, souvent déjantée sur la précarité dans un monde égoïste et futile. Jean Dujardin joue, avec finesse, la carte de l’absurde (ah, le centre de chirurgie esthétique low cost en Bulgarie et la visite du monument de Bouzloudja !) et embarque le spectateur dans un réflexion pleine d’humanité qui s’achève sur un étonnant clin d’oeil à l’abbé Pierre. (Ad Vitam)

RAFIKI

RafikiPremier film kenyan jamais présenté à Cannes, Rafiki a été interdit au Kenya pour « apologie du lesbianisme ». Sale coup pour la cinéaste Wanuri Kahiu qui, avec ce premier long-métrage, avait l’ambition de montrer une Afrique moderne, dépourvue de douleurs et de désolations. A Nairobi, les jeunes Kena et Ziki mènent des vies bien différentes. Leurs chemins se croisent au cours d’une campagne électorale où leurs pères respectifs s’affrontent. Elles deviennent amies et tombent amoureuses l’une de l’autre. Avec finesse et tact, le film cerne une intense passion amoureuse confrontée aux préjugés familiaux et aux comportements homophones des voisins. Samantha Mugatsia et Sheila Munyiva apportent beaucoup de vivacité et de grâce à ces deux amies qui devront choisir entre le bonheur et la sécurité, au risque de devenir de gentilles épouses. (Blaq Out)

LAST FLAG FLYING

Last Flag FlyingEn 2003, le fils de « Doc » Sheperd a été tué au combat en Irak… Mais le flou entretenu par l’Armée américaine sur cette mort décide son père à refuser les funérailles militaires au cimetière d’Arlington. Vétéran du Vietnam, « Doc » demande de l’aide à deux anciens avec lesquels il avait combattu dans la Navy. Pour Last Flag Flying – La dernière tournée, Richard Linklater réunit un épatant trio de comédiens. Steve Carell est excellent en père affligé. Le costaud Bryan Cranston tient désormais un bar miteux et Laurence Fishburne est devenu pasteur et n’aucune envie de partir sur les routes avec « Doc » et Sal. Mais, réunis par un secret vécu du côté de Danang, les vieux copains prendront quand même le temps d’accompagner la dépouille d’un jeune soldat vers sa dernière demeure… Une comédie dramatique nostalgique et attachante. (Metropolitan)

VOYEZ COMME ON DANSE

Voyez Comme On DanseEn 2002, Michel Blanc signait Embrassez qui vous voudrez… Seize ans plus tard, le cinéaste retrouve la majorité des comédiens de ce film (Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Karin Viard, Carole Bouquet et… lui-même), leur invente un avenir et les entraîne dans une nouvelle tranche de vie. Voyez comme on danse est sans doute moins satirique que le premier opus. Cette fois, le ton est plus tendre, plus nostalgique aussi  et un rien moqueur sur des personnages englués dans des problèmes de société ou de couple. Nouveau venu dans la distribution, Jean-Paul Rouve est savoureux en grand inquiet, toujours aux aguets. Un film choral charmant dont le projet est simplement de faire passer un bon moment et qui y parvient avec aisance. (UGC)

FRERES ENNEMIS

Freres EnnemisDans la bonne tradition du film noir américain classique, Frères ennemis cherche moins à bâtir une intrigue bien balisée que de distiller une solide atmosphère nocturne et mortifère autour de personnages forts confrontés à une destinée tragique. David Oelhoffen (réalisateur, en 2014, du remarquable Loin des hommes) met face à face Manuel et Driss qui ont grandi, comme deux frères inséparables, dans la même cité. Avant d’emprunter des chemins différents. Le premier trafique dans la drogue alors que le second est devenu flic aux Stups. Lorsque Manuel se retrouve en cavale et traqué par des tueurs, Driss va tenter de le sauver… Entourés d’une galerie de bons secondes rôles (dont Adel Bencherif et Sabrina Ouazani), Matthias Schoenaerts et Reda Kateb portent remarquablement cette tragédie de banlieue. (M6)

THUNDER ROAD

Thunder RoadPolicier texan, Jimmy Arnaud vient de perdre sa mère. Lors des obsèques, il veut lui rendre hommage et perd complètement pied, notamment lorsqu’il veut interpréter la chanson de Bruce Springsteen qui donne son titre au film. Mais c’est tout le cours de sa vie, tant conjugale, familiale que professionnelle, qui est en déroute. Scénariste, réalisateur, musicien et comédien, Jim Cummings porte complètement Thunder Road qu’il avait d’abord tourné sous la forme d’un court-métrage afin de se faire la main au cinéma. Composé de longs plans-séquences, le « long » (réalisé en seulement 15 jours) est constamment en équilibre instable entre la comédie parfois burlesque et le drame quasiment tragique. Autour d’un homme fragile et au bord de l’explosion qui, après son divorce, essaye tant bien que mal d’élever sa fille, voici une réflexion sur la manière de de devenir (ou pas) adulte. (Blaq Out)

L’OMBRE D’EMILY

Ombre EmilyDans une banlieue du Connecticut, Stéphanie Smothers est veuve et parfaite mère au foyer. Coquette, polie aimante, elle peine cependant à se faire des amis. Tout commence à changer lorsqu’elle rencontre Emily Nelson, la mère d’un ami de son fils. Emily est mariée, travaille en ville, jure, boit et est d’une classe folle. Elles vont devenir les meilleures amies du monde. Mais un jour, Emily disparaît. Au fil de l’enquête de la police, Stéphanie va découvrir les nombreux et sombres secrets de son amie. L’ombre d’Emily est une comédie noire enlevée. Anna Kendrick (révélée par la saga Twilight) est Stéphanie tandis que la pétulante et blonde Blake Lively, mannequin et actrice, incarne une Emily dure-à-cuire. Le réalisateur Paul Feig oppose joliment deux figures contraires de la femme américaine. (Metropolitan)

LE MAITRE, LES WESTERNERS, LES ETUDIANTS ET LES DANSEURS…  

A LA RECHERCHE D’INGMAR BERGMAN

BergmanCinéaste fêtée des Années de plomb (1981), Margarethe von Trotta a toujours désigné Ingmar Bergman comme son maître. Avec A la recherche d’Ingmar Bergman, elle consacre un documentaire au maître de Farö. Dans une approche personnelle, la réalisatrice allemande traite d’un génie du 7e art sans occulter la part, parfois sombre, de l’homme. Observant l’influence du réalisateur de Persona sur le cinéma mondial mais aussi les cauchemars et la joie de vivre d’un artiste tourmenté, Von Trotta analyse de grands thèmes qui traversent l’œuvre comme le miroir, l’humiliation ou les relations familiales… Réalisé à l’occasion du centenaire de la naissance du cinéaste en 2018, voici un documentaire sur un héritage artistique qui continue d’inspirer des générations de réalisateurs. (Epicentre)

LES FRERES SISTERS

Freres SistersTueurs à gages, les frères Eli et Charlie Sisters sont engagés par le Commodore pour récupérer la formule du chimiste Hermann Kermit Warm, capable de détecter l’or… Le détective John Morris est également lancé sur la trace du scientifique. On n’attendait pas le réalisateur du Prophète se lançant dans le western. Pourtant, avec Les frères Sisters, le Français Jacques Audiard donne une forte épopée et brosse le portrait d’un Amérique en pleine évolution dans l’Oregon de 1851, à l’heure de la ruée vers l’or. Avec quatre remarquables comédiens qui jouent au diapason (Joaquin Phoenix, John C. Reilly, Jake Gyllenhaal et Riz Ahmed), cette nocturne et implacable traque amènera des individus sauvages à s’interroger sur le sens de l’existence tandis que l’Ouest s’avance doucement vers la civilisation. (UGC)

PREMIERE ANNEE

Première AnneeTous les étudiants en médecine ont connu les affres de la fameuse « première année ». Médecin et cinéaste (Hippocrate en 2014 et Médecin de campagne en 2016), Thomas Lilti détaille cet épuisant parcours du combattant où il s’agit d’ingurgiter des connaissances à recracher ensuite… Il le fait à travers l’aventure d’Antoine (Vincent Lacoste) qui entame sa première année pour la troisième (et dernière) fois et de Benjamin (William Lebghil) qui débarque du lycée. Les deux savent que cette première année ne sera pas une promenade de santé. Si Première année distille parfois des airs de comédie, le film montre aussi avec justesse le climat de compétition, souvent violente, qui règne dans cet impitoyable système… Quand les journées de cours ardues succèdent aux nuits dédiées aux révisions… (Le Pacte)

CLIMAX

ClimaxA l’appel d’une chorégraphe de renom, un groupe de danseurs urbains se retrouvent dans un local de répétition… Entre une salle plutôt sinistre et un dortoir glauque reliés par un long couloir digne d’un film d’épouvante, de jeunes danseurs professionnels ont achevé la préparation d’un spectacle en vue d’une tournée qui doit les entraîner jusqu’en Amérique. La petite fête qui clôt la répétition va tourner au cauchemar car  quelqu’un aurait versé une substance illicite et dangereuse dans la sangria… Faux documentaire versant dans le film d’horreur sous acide, l’hypnotisant Climax permet à Gaspar Noé de réunir ses obsessions autour de naître et de mourir, vivre en France ou encore la part des pulsions sexuelles dans le comportement humain. Une musique étourdissante, des danses exaltées, une transe permanente. Une expérience de cinéma ! Dans les suppléments, on trouve une discussion cinéphilique entre le réalisateur de Irréversible (2002) et Love (2015) et son collègue Jan Kounen. (Wild Side)

PHOTO DE FAMILLE

Photo de FamilleGabrielle (Vanessa Paradis), Elsa (Camille Cottin) et Mao (Pierre Deladonchamps) sont frère et sœurs mais, au fil du temps, les liens se sont distendus entre eux. Un jour, survient la question de l’avenir de leur grand-mère qui perd doucement la tête. Avec Photo de famille, Cécilia Rouaud (auteur de Je me suis fait tout petit en 2012 avec déjà Vanessa Paradis) pose un regard délicat sur une fratrie à l’heure de décisions importantes. Car Gabrielle, qui vit en faisant la statue vivante pour les touristes, a des soucis avec son fils adolescent, Mao, brillant game designer, est dépressif tandis qu’Elsa, qui n’arrive pas à avoir d’enfant, est en colère contre la terre entière. Les comédiens sont excellents (Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby sont aussi de la partie) et le récit est tendre et attachant. Une réflexion sensible sur la manière de resserrer les liens de famille… (M6)

BLACKKKLANSMAN

BlackkKlansmanPremier policier afro-américain de Colorado Springs en 1978, Ron Stallworth s’infiltre, avec l’appui de Flip Zimmermann, un collègue blanc expérimenté, dans la haute organisation du redoutable Ku Klux Klan… Après quelques années de vaches maigres, Spike Lee fait un retour en force avec BlacKkKlansman qui tient à la fois du polar, du biopic, du film en costumes (la fin des seventies) et aussi du pamphlet contemporain. En s’appuyant sur l’histoire vraie de Ron Stallworth, le cinéaste engagé de Malcolm X (1992) réussit des aventures où les nervis comme les penseurs du sinistre KKK sont allègrement passés à la moulinette. Mais Lee ne s’en tient pas là et s’en prend aussi de front à la politique de Donald Trump en évoquant le rassemblement de l’extrême droite américaine en août 2017 à Charlottesville. Porté par John David Washington et Adam Driver, ce thriller, souvent burlesque, est palpitant et enlevé. (Universal)

UN PEUPLE ET SON ROI

Peuple et son RoiEn 1789, le peuple gronde… Autour des personnages fictifs de Basile (Gaspard Ulliel) et de Françoise (Adèle Haenel) qui vivent à deux pas de la Bastille ou d’une vraie révolutionnaire comme le fut Reine Audu (Céline Sallette), Pierre Schoeller, réalisateur du remarquable L’Exercice de l’Etat (2011), compose, avec Un peuple et son roi, une vaste fresque historique sur les premières années de la Révolution française, de la prise de la Bastille à l’exécution du roi Louis XVI en passant par les multiples et sonores débats à l’assemblée nationale. On y croise de grandes figures comme Robespierre, Marat, Desmoulins, Saint-Just, Danton dans le souffle puissant de l’Histoire en marche… Avec de nombreux comédiens qui donnent notamment corps à une belle galerie de Parisiens, Schoeller met de la lumière sur la l’abolition de la monarchie et la naissance de la démocratie. (Studiocanal)

L’ENIGME DU LAC NOIR

Enigme Lac NoirEn fuite du bagne de Carson City dans le Nevada, cinq prisonniers tentent de rejoindre la Californie à travers les montagnes enneigées. Piégés par le blizzard, ils arrivent dans un bled perdu… Parmi les fuyards, Jim Canfield (Glenn Ford), injustement condamné, recherche celui qui l’a envoyé derrière les barreaux non sans lui voler une grosse somme. A la surprise des bandits, le village est uniquement occupé par des femmes. Sur un scénario original signé notamment du fameux Ben Hecht, ce bon artisan qu’est Michael Gordon signe, en 1951, L’énigme du lac noir. Dans la collection Westerns de légende, voici un solide film qui réunit de beaux personnages de femmes incarnées notamment par Gene Tierney et Ethel Barrymore en autoritaire doyenne. L’idylle entre Ford et la belle Gene est attendue mais le ton est étouffant et dramatique. (Sidonis)

JE VAIS MIEUX

Je Vais MieuxAuteur des Emotifs anonymes (2010) ou d’Une famille à louer (2015), Jean-Pierre Améris manifeste toujours, dans ses films, de la tendresse pour tous les êtres fragiles… Architecte de son état, Laurent est de ceux-là. Ce quinquagénaire souffre d’un mal de dos fulgurant contre lequel la médecine ne peut rien. Et si la racine du mal était psychologique ! En s’appuyant sur un Eric Elmosnino parfait dans la sourde souffrance et sur une galerie de bons comédiens (Alice Pol, Ary Abittan, Judith El Zein, François Berléand, Sacha Bourdo) et en adaptant un roman de David Foenkinos, le cinéaste propose une agréable comédie sur un type plié en deux qui ressemble à beaucoup d’entre nous… Pas franchement réaliste, cette aventure intimiste s’offre pas mal de chemins de traverse tandis que le héros se demande ce qu’il doit changer pour aller mieux. Sa posture, son travail, sa famille, sa femme ? (EuropaCorp)

PEPPERMINT

PeppermintDans une fête foraine, le mari et la fillette de Riley North sont abattus, sous ses yeux, par des narcotrafiquants. Totalement désespérée, Riley tente d’obtenir justice. Même si les tueurs sont parfaitement identifiés, ils échappent à la peine et se retrouvent libres. Disparue de la circulation pendant cinq ans, Riley revient et va accomplir méthodiquement une sauvage vengeance. Tandis que la police compte les coups et que les trafiquants sont aux abois, Riley frappe vite et fort. Auteur de Banlieue 13 (2004) et Taken (2008), le Français Pierre Morel signe un pur film d’action. En combattante dure au mal mais toujours traumatisée, Jennifer Garner hérite, avec Peppermint, d’un rôle (très) musclé quelque part dans le sillage d’un John Wick. Peu vraisemblable mais bigrement efficace. (Metropolitan)

ALPHA

AlphaQuelque part, en Europe, il y a 20 000 ans, une tribu pleure la mort du jeune Keda lors d’une chasse au bison des steppes. Mais Keda a survécu à une lourde chute. Dans une nature inhospitalière, il va devoir braver de multiples dangers pour retrouver les siens… Sur son chemin, il croise un chien-loup blessé. Avec Alpha, l’Américain Albert Hughes –qui réalise ici son premier film sans son frère jumeau Allen avec lequel il fit notamment From Hell en 2002 et Le livre d’Eli en 2010- livre un récit « préhistorique » fantaisiste autour de la survie et du devenir d’un chef. Avec son petit côté Guerre du feu, ce survival (tourné au Canada et en Islande) autour de la domestication d’un chien-loup, vaut surtout pour l’attachante relation entre l’homme et l’animal. (Sony)

LE CHANTEUR, L’AMOUREUX, LE PROSTITUE ET LE DEALER  

GUY

GuyJeune journaliste, Gauthier apprend qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, un artiste de variétés qui a eu son heure de gloire entre les années 60 et 90. Comme Jamet sort un album de reprises avant de faire une tournée à travers la France, Gauthier décide de le suivre, caméra au poing, en vue d’un documentaire. Avec Guy, le Strasbourgeois Alex Lutz réussit à brosser le portrait bien nuancé d’un chanteur démodé. Très bien « vieilli » (il a passé des heures au maquillage tous les jours), Lutz, pour sa seconde mise en scène de cinéma, incarne finement et avec intelligence un type sur le retour qui n’est jamais dupe de sa situation. Entouré de bons comédiens et de guest-stars (Julien Clerc ou Michel Drucker), l’interprète de Catherine de la série télé Catherine et Liliane, propose un film sensible et émouvant sur la relation père-fils. (Studiocanal)

SHEHERAZADE

SheherazadeEn sortant de prison, Zachary, 17 ans, refuse d’aller en foyer et voudrait absolument retourner chez sa mère. Mais celle-ci refuse de le recueillir… En traînant à travers Marseille, Zac croise Shéhérazade, une jeune prostituée. Même s ‘il s’en défend, Zac va vite tomber amoureux. Il se retrouve alors dans la peau d’un proxénète et entre en conflit avec ses amis de quartier lorsque l’un d’eux s’en prend à Shéhérazade. Avec son premier long-métrage inspiré d’un fait-divers, Jean-Bernard Marlin signe une chronique du quotidien où il traite du milieu de la prostitution à travers l’histoire d’amour romantique de deux marginaux.  Shéhérazade est une œuvre constamment en mouvement, pleine d’énergie et portée par deux jeunes comédiens au beau jeu intense : Dylan Robert et Kenza Fortas. (Ad Vitam)

SAUVAGE

SauvageMontrer la violence de l’exclusion sans céder à l’analyse sociale, c’est le but de Camille Vidal-Naquet pour Sauvage, son premier long-métrage, qui suit le quotidien de Léo, 22 ans, qui vit dans la rue et se prostitue pour un peu d’argent. Protégé par Ahd, Léo voudrait s’installer et vivre avec lui… Contrat rempli pour le cinéaste qui réussit à rendre impressionnante cette errance sexuelle où Léo quête pourtant de l’amour. Véritable révélation du film et primé pour cela à Cannes, Félix Maritaud incarne, avec fragilité mais aussi animalité, un jeune homme déjà usé et malade. Dans une ville sans nom (mais on reconnaît Strasbourg), loin du mélodrame, voici une aventure intime et douloureuse très forte. (Pyramide)

LE MONDE EST A TOI

Monde Est A ToiPetit dealer, François poursuit un rêve : devenir distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Alors qu’il touche quasiment au but, ses économies s’envolent à cause des frasques de sa mère. Poutine, un caïd de banlieue, lui propose alors un plan pour se refaire, en l’occurrence de ramener une cargaison de drogue d’Espagne. Venu du clip tonique, Romain Gavras signe une comédie policière solidement déjantée. Les rebondissements volontiers loufoques se multiplient à bon rythme dans Le monde est à toi mais on se régale surtout des numéros de Vincent Cassel en parfait bas du front, de Philippe Katerine en avocat véreux, de Karim Leklou en ahuri devenant redoutable et surtout de l’épatante Isabelle Adjani qui s’en donne à coeur-joie en mère chef d’un gang de femmes voleuses ! (Studiocanal)

MA VIE DANS L’ALLEMAGNE D’HITLER

Ma Vie Allemagne HitlerEn s’appuyant sur les précieux récits (20 000 pages de témoignages recueillis par l’université de Harvard) de 281 exilés allemands -juifs, protestants, catholiques, communistes, opposants de tous bords- qui avaient fui leur pays dans les années 30, le documentariste Jérôme Prieur (connu pour les séries à succès Corpus Christi et L’Apocalypse, co-réalisée avec Gérard Mordillat) réussit, avec Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler, une enquête remarquable et sensible sur les années qui virent le nazisme s’enraciner en Allemagne. Avec la voix d’Ute Lemper et reposant sur des images d’archives réalisés par des amateurs, Ma vie… s’articule en deux parties : La conquête du pouvoir et La mise au pas. Le coffret comprend aussi un autre film de Jérôme Prieur consacré aux Jeux d’Hitler, Berlin 1936. Une plongée bouleversante et intime dans l’Allemagne du Reich de mille ans. (Arte)

L’ESPION QUI M’A LARGUEE

Espion LarguéeCopines à la vie à la mort, Audrey et Morgan vivent à Los Angeles et vont être embarquées dans une redoutable conspiration internationale à cause de l’ex petit ami d’Audrey aux prises avec une horde d’assassins. Lorsque les cadavres s’accumulent, les deux copines, emportant une clé USB très convoitée, fuient à travers l’Europe, devenant peu à peu des des agents de charme. Signée Susanna Fogel, L’espion qui m’a larguée est une comédie d’espionnage loufoque dans laquelle les deux amies s’amusent, dans le registre 007, à mettre à mal les clichés sur les agents secrets. Mila Kunis, vue dans Black Swan et dans Sexe entre amis, est charmante mais elle se fait damer le pion par Kate McKinnon, actrice et humoriste membre de l’émission Saturday Night Live, qui fait de sa Morgan, une furie bécasse et tonitruante. (Metropolitan)

DETECTIVE DEE : LA LEGENDE DES ROIS CELESTES

Detective DeeMaître hongkongais des combats d’arts martiaux, Tsui Hark a renouvelé le genre avec des combats spectaculaires et des effets spéciaux qui tiennent la route. Avec Détective Dee : la légende des rois célestes, il signe le troisième volet des aventures de Dee, malicieux et habile limier déjà vu dans Le mystère de la flamme fantôme et La légende du dragon des mers. Dee est, ici, lancé sur la trace de criminels masqués qui terrifient la dynastie des Tang. Autour du Dragon docile, une épée magique offerte au détective par l’empereur pour le remercier de ses loyaux services, cette fresque multiplie les péripéties et les combats bondissants dans une débauche de sacrés effets spéciaux. Mais Tsui Hark maîtrise aussi parfaitement sa mise en scène et ce thriller moyenâgeux distille ainsi une poésie bienvenue. Un fameux blockbuster chinois qui en met plein les yeux! (The Jokers)

GUNGULA, LA PANTHERE NUE

GungulaUne compagnie d’assurances, dirigée par une riche famille anglaise, charge des aventuriers de retrouver en Afrique une jeune héritière disparue dans la jungle des années auparavant dans un accident d’avion. Laissée pour morte, la jeune femme est devenue Gungala, la déesse blanche reine d’une tribu de guerriers. Devenu célèbre avec Cannibal Holocaust (1980), l’Italien Ruggero Deodato fit, presque par hasard, ses débuts au cinéma en 1968 sous le pseudonyme de Roger Rockfeller, avec Gungula, la panthère nue. Dans la lignée des aventures de Tarzan ou de Mowgli, enfants élevés parmi les bêtes sauvages, voici une romance sexy-africaine un peu cheap mais qui se regarde avec amusement. Parce que l’oubliée Kitty Swan est une charmante Gungala et que Deodato (il le raconte avec tendresse dans les bonus) se plaît à filmer les paysages du Kenya… (Artus)

22 MILES

22 MilesEnfant surdoué, James Silva, malgré ses troubles émotionnels et comportementaux, est devenu un officier d’élite du renseignement américain chargé des missions les plus secrètes et les plus risquées. Dans le cadre de l’opération Overwatch, Silva et son équipe doivent exfiltrer d’un pays (imaginaire) du sud-est asiatique, un policier local (Iko Usais, star indonésienne des arts martiaux) qui détient des informations capitales sur des produits toxiques. Mais une armée d’assassins va tenter de les empêcher d’atteindre l’avion qui leur permettra de quitter le pays. Avec Mark Wahlberg dans le rôle de Silva et John Malkovich dans celui de son chef, 22 Miles est du pur cinéma d’action. Peter Berg a imprimé à son film, grâce à un montage très saccadé, un rythme qui ne laisse pas le spectateur souffler une seconde. Un divertissement débridé et sauvage qui s’ouvre par une séquence pré-générique palpitante. (Metropolitan)

EDWARD YANG

Tapei StoryABrighterSummerDayPrix de la mise en scène à Cannes avec Yi yi (2000), le Chinois Edward Yang (1947-2007) rencontrait alors la reconnaissance internationale. Au même titre que Hou Hsiao-hsien, Edward Yang est un cinéaste phare du cinéma taïwanais. On le retrouve avec deux œuvres inédites et restaurées : Taipei Story (1985) et A Brighter Summer Day (1991). Seconde réalisation de Yang, Tapei Story est une chronique graphique et crépusculaire autour de Son et Chin qui se connaissent depuis des années. Le sentiment qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est un mélange d’amour et d’affection profonde aux contours flous. A travers la désintégration d’un couple, le cinéaste dresse le portrait désenchanté d’un pays en proie à de profonds bouleversements. Avec cette balade romanesque au long cours qu’est A Brighter…, le cinéaste observe, dans un récit intimiste, le désarroi d’une jeunesse en quête d’identité. Deux moments du pur cinéma à découvrir ! (Carlotta)

LES MUTINS, LA STAR ET QUELQUES DETECTIVES  

LE CUIRASSE POTEMKINE
PotemkineRéalisé en 1925, le second film de Serguei Eisenstein, Le cuirassé Potemkine est tout bonnement considéré comme le film le plus célèbre du monde ! Cette tragédie en cinq actes fut d’abord une commande pour célébrer le 20e anniversaire de la révolution russe. Lyrique, formaliste, audacieux, Potemkine, histoire de la mutinerie de l’équipage du cuirassé du même nom, est présenté dans une belle édition blu-ray et en version restaurée avec de multiples et riches suppléments dont le documentaire d’Emmanuel Hamon L’utopie des images de la révolution russe ainsi que plusieurs bandes-son dont l’originale d’Edmund Meisel et des compositions récentes. On ne se lasse pas de voir et revoir la séquence fameuse du landau dévalant les escaliers d’Odessa tandis que les troupes tsaristes tirent sur la foule. Monumental et incontournable ! (Mk2)

ROLLERBALL
RollerballLorsque l’Américain Norman Jewison, qui a déjà à son actif L’affaire Thomas Crown (1968) ou Jesus Christ Superstar (1973), entame, en 1975, le tournage de Rollerball, 2018 est un futur lointain… En 2018, les nations ont disparu et le monde, désormais paisible et confortable, est soumis à la loi de consortiums qui décident de tout. Quant au peuple, des élites lointaines canalisent ses frustrations dans de violents jeux du cirque. Film d’anticipation qui n’a pas trop vieilli dans sa dimension action, Rollerball raconte la trajectoire de Jonathan E., star du rollerball (James Caan), un jeu très violent. Mis d’office à la retraite par les élites, Jonathan entre dans un dernier combat pour rendre à l’individu sa vraie valeur dans une société satisfaite mais déshumanisée. Un film culte par sa réflexion sur un monde futur… Un double dvd enrichi en bons suppléments. (L’atelier d’images)

L’EVADE DE L’ENFER
Evadé EnferAu sortir de prison, le gangster Eddie Kagle est assassiné par son ancien complice Smiley Williams. Il se retrouve en enfer où il conclut un pacte avec le diable nommé Nick. Celui-ci lui offre de revenir sur terre dans la peau de Fred Parker, un juge intègre que Méphistopheles veut détruire. Avec L’évadé de l’enfer, Archie Mayo signe, en 1946, son ultime film. Dans les années 30-40, le cinéma américain voit se développer avec succès un courant, celui de la comédie ou du conte fantastique. Angel on my Shoulder (en v.o.) en est un intéressant fleuron. Voici une histoire de sombre vengeance où le diable manipule un gangster mais où ce dernier, dans la peau d’un honnête homme, finira par tomber amoureux et ira vers la rédemption en écoutant l’ange sur son épaule. Kagle est incarné par Paul Muni, l’inoubliable Scarface de 1932 tantdis que Claude Rains, grand second rôle américain (Les enchaînés, Casablanca) est un diable souriant et affable… (Artus)

LES YEUX DANS LES TENEBRES
Yeux TenebresEn 1942, Fred Zinnemann n’est pas encore le cinéaste fêté du Train sifflera trois fois (1952) ou de Tant qu’il y aura des hommes (1953) mais il signe néanmoins une agréable intrigue policière qui va s’aventurer du côté du film d’espionnage. Le héros des Yeux dans les ténèbres est Duncan McLain, un détective aveugle secondé par Friday, un chien malin et Marty, un assistant un peu benêt. Ce limier rond et compétent (Edward Arnold) est sollicité par sa vieille amie Norma (Ann Harding) soucieuse de voir sa jeune belle-fille (Donna Reed) s’amouracher d’un acteur fat et bien plus âgé qu’elle… Mais bientôt l’acteur est assassiné et surtout un réseau d’espions nazis pointe le bout de son nez. Une bonne série B qui mêle enquête et… fantaisie policière. Le succès du film suscita, dès 1945, une séquelle toujours interprétée par Edward Arnold. (Artus)

MARY SHELLEY
Mary ShelleyEn 1814, Mary Wollstonecraft Godwin a 16 ans et entame une liaison passionnée avec le poète Percy Bysshe Shelley… Dans l’Angleterre bien-pensante, leur romance fait scandale d’autant qu’elle s’appuie sur un discours progressiste et aussi sur une aventure en trio avec le fameux lord Byron. Avec Mary Shelley, la réalisatrice saoudienne Haifaa Al Mansour qui avait signé, en 2013, le beau Wadjda, donne un beau portrait fiévreux aux accents résolument féministes de l’auteure de Frankenstein ou le Promethée moderne : « Ce fut par une lugubre nuit de novembre que je contemplai mon œuvre terminée… ». La diaphane Américaine Elle Fanning incarne cette femme tourmentée qui fut contrainte de longuement batailler pour être reconnue comme une grande figure de la littérature… (Pyramide)

UNE PLUIE SANS FIN
Pluie sans finUn homme sort de prison et se souvient… En 1997, quelques mois avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il était vigile sur un vaste site sidérurgique. Tandis que la pluie tombait sans discontinuer cet hiver-là,  la police enquêtait sur les agissements d’un tueur en série qui venait d’assassiner une troisième jeune femme aux abords de l’usine. Yu Gowei, que ses amis surnomment « détective Yu », cherche à aider la police. Rapidement cette aide devient une quête obsessionnelle du meurtrier… Avec Une pluie sans fin, tourné dans la ville de Hengyang, dans la province du Hunan, le Chinois Dong Yue donne un premier film, impressionnant par sa mise en scène rigoureuse, sa lumière plombée et ses décors sinistres, entre polar et cinéma social sans oublier l’esquisse d’une impossible romance. Le cinéaste explique avoir voulu évoquer « avec précision l’atmosphère de cette période de transition, juste avant l’avènement de la tempête sociale ».(Wild Side)

UNDER THE SILVER LAKE
Under Silver LakeSam, 33 ans, traîne sa flemme dans Los Angeles en rêvant de célébrité. Lorsque la charmante Sarah s’installe dans un appartement proche du sien, ce jeune type apathique tombe immédiatement sous son charme. Mais l’étrange voisine (Riley Keough, vue dans la série The Girlfriend Experience) disparaît brusquement et Sam va se lancer à sa recherche… Avec Under The Silver Lake, l’Américain David Robert Mitchell signe un intrigant et parfois déroutant jeu de piste, envoyant son antihéros (Andrew Garfield en parfait hipster) jusque dans les profondeurs les plus inquiétantes de la Cité des Anges. Une enquête surréaliste et déjantée qui prend un tour fantastique lorsque Sam se demande s’il n’est pas en train de perdre la boule. Sur fond de disparitions douteuses et de meurtres mystérieux, un polar qui décoiffe. (Le Pacte)

LA TULIPE NOIRE
Tulipe NoireEn juin 1789, à la veille de la Révolution française, dans le Roussillon (le film a été tourné en Espagne), Guillaume de Saint Preux vole les riches et met l’aristocratie en émoi… Caché sous le masque noir d’un aventurier galopant sur son cheval Voltaire, il défie La Mouche, le chef de la police. Mais, piégé par La Mouche, il sera balafré à la joue. Pour se sortir d’affaire et continuer à berner son monde, Guillaume fait appel à son frère jumeau Julien. En 1964, Christian-Jaque réussit une rocambolesque et fantaisiste comédie d’aventures avec La tulipe noire. Dans la lignée de son Fanfan la tulipe (1952) où triompha Gérard Philipe, il imagine, avec l’indéniable apport du fameux scénariste Henri Jeanson, un beau personnage de héros bretteur. Après avoir été Tancredi pour Visconti dans Le Guépard (1963) et avant de retrouver René Clément (qui le lança en 1960 dans Plein soleil) pour Les félins, Alain Delon s’offre à la fois un double rôle à la beauté canaille et une joyeuse récréation. Pour le pur plaisir, dans une édition restaurée, du film de cape et d’épée. (TF1)

THE LAST MOVIE
Last MovieUne équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois, le film terminé, tous les Américains s’en vont à l’exception de Kansas, un cascadeur. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux mais la violence qu’ils mettent en scène est bien réelle. Kansas, incarné par Hopper lui-même, va se retrouver héros malgré lui de cette « fiction ». En 1969, Dennis Hopper devient un metteur en scène fêté avec Easy Rider, un road movie emblématique de la génération hippie. Fort de ce succès, le comédien-réalisateur se lance, en 1971, dans l’aventure de The Last Movie, œuvre virtuose tout à la fois sur l’innocence perdue, un film-trip sur le processus de création et une violente diatribe contre le système hollywoodien. Œuvre hallucinée et chaotique, cet ovni (qui fut un gros échec commercial) devint vite culte. On retrouve cette production légendaire des années 70 dans une nouvelle version restaurée enrichie de memorabilia inédits (dont le fac-similé du dossier de presse de l’époque) et de nombreux suppléments dont Scene Missing (49 minutes), un documentaire d’Alex Cox sur la préparation et le tournage du film. (Carlotta)

 

DE BEAUX COFFRETS DE FETES  

1900

NovecentoAlfredo et Olmo sont nés le même jour de l’été 1901 dans une grande propriété terrienne d’Emilie-Romagne. A travers les destins parallèles du fils de propriétaire et du fils bâtard d’une famille de métayers, Bernardo Bertolucci brosse, en 1976, avec Novecento (en v.o.), une vaste fresque politique, épique et populaire sur l’histoire de l’Italie. Dans un coffret (trois dvd + livret de 160 p.), on trouve le film en version intégrale restaurée et enrichie de multiples suppléments dont un entretien inédit avec le cinéaste qui vient de mourir à l’âge de 77 ans et qui put se lancer dans cette aventure grâce au succès du Dernier tango à Paris. Porté par la musique d’Ennio Morricone, 1900 se caractérise par son imposante et magnifique distribution : Robert De Niro, Gérard Depardieu, Burt Lancaster, Donald Sutherland, Dominique Sanda, Sterling Hayden, Stefania Sandrelli… Un must ! (Wild Side)

MIKIO NARUSE

NaruseContemporain de Kurosawa, Ozu ou Mizoguchi, le Japonais Mikio Naruse (1905-1969) est cependant moins connu en Occident que ces trois grandes figures. Avec cinq films majeurs, un coffret (cinq dvd) permet d’aller à la découverte de ce maître qui aimait à dépeindre le quotidien des gens de la classe moyenne à travers des chroniques familiales (Le grondement de la montagne, 1954), des tableaux d’une société nippone en proie au changement, des mélodrames amoureux (l’ultime Nuage épars, 1967) ou de superbes portraits de femmes (Au gré du courant, 1956). Parmi les suppléments, on trouve un beau portrait de la comédienne Hideko Takamine, muse du cinéaste que l’on admire en veuve de guerre prisonnière de son passé et de ses désirs dans Une femme dans la tourmente (1964) ou en hôtesse bar à Ginza dans Quand une femme monte l’escalier (1960). (Carlotta)

LES FILMS INCONTOURNABLES SUR LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Premiere GuerreAlors que l’on vient de célébrer le centenaire de l’armistice de 1918, un coffret offre de se replonger dans la Première Guerre mondiale à travers trois films passionnants. Signé John Guillermin, Le crépuscule des aigles (1966) évoque, en 1916 sur le front de l’Ouest, les premiers combats aériens à travers la rivalité entre deux pilotes allemands. Johnny s’en va-t-en guerre (1971) est une remarquable tragédie signée Dalton Trumbo autour d’un jeune soldat américain (Timothy Bottoms) grièvement blessé et amputé qui n’existe plus que par la sensibilité de sa peau. Les sentiers de la gloire (1957) permet à Stanley Kubrick de décrire l’enfer des tranchées à travers l’histoire vraie, en 1916, des fusillés « pour l’exemple ». Dans le rôle du colonel Dax, Kirk Douglas excelle dans ce film antimilitariste qui a la particularité de ne pas opposer deux camps ennemis mais des officiers généraux et des soldats d’un même camp. (Fox)

ENGRENAGES – INTEGRALE 6 SAISONS

AAAEngrenagesConçue par Alexandra Clert, la série Engrenages s’est imposée, au fil des saisons, comme la meilleure série policière française… Dans un beau coffret (23 dvd), on retrouve l’intégrale des six saisons de cette série très réaliste. On suit, au quotidien, les aventures croisées, entre justice et police, de solides personnages parmi lesquels s’imposent le capitaine Laure Berthaud (Caroline Proust) secondée de ses fidèles Gilou (Thierry Godard) et Tintin (Fred Bianconi) et le juge d’instruction François Roban (Philippe Duclos). Engrenages, c’est du travail de précision pour décrire des enquêtes sur la noirceur criminelle. Mais, notamment dans la saison 6, au-delà d’une affaire sordide et complexe (un tronc humain a été retrouvé dans un tas d’encombrants du 19earrondissement) sur fond de corruption et d’achat de paix sociale, on découvre également les drames intimes du flic pugnace et du magistrat intègre… Remarquable ! (Studiocanal)

LE BUREAU DES LEGENDES – SAISON 4

Bureau Legendes S4Créé en 2015 par Eric Rochant, Le bureau des légendes a vite connu le succès tant en France qu’à l’international. Dans le cadre de la DGSE française, cette remarquable série d’espionnage en est à sa quatrième saison. Et on suit toujours les palpitantes aventures des agents de ce bureau chargé de gérer les agents clandestins (et donc sous légende) oeuvrant à travers le monde. Devenu traître au service après avoir travaillé pour la CIA, Guillaume Debailly alias Malotru (Mathieu Kassovitz) s’est réfugié en Russie où il est contraint de collaborer avec le FSB mais son aura influe toujours sur le service désormais dirigé par Marie-Laure Duthilleul (Florence Loiret-Caille) au point que JJA (Mathieu Amalric) songe à purger le bureau de son actuelle équipe… Un coffret rassemble les dix épisodes (52 minutes chacun) de la saison 4. L’action se déroule tant à Moscou qu’à la caserne Mortier et on est toujours aussi accro ! (Studiocanal)

LE TIGRE DU BENGALE – LE TOMBEAU HINDOU

TigreBengale TombeauHindouFleuron de la seconde période allemande de Fritz Lang (1890-1976), le diptyque Le tigre du Bengale (1958) et Le tombeau hindou (1959) plonge dans l’Inde éternelle (et fortement fantasmée) des maharadjahs. De retour au pays après 20 ans d’exil américain, le réalisateur de Metropolis (1927), M le maudit (1931), Furie (1936) ou des Contrebandiers du Moonfleet (1955) peut enfin adapter le roman (1918) de Thea von Harbou et en tirer une chatoyante superproduction. Chargé par le maharadjah Chandra de la construction d’un hôpital à Eschnapur (le tournage a eu lieu à Udaipur… au Rajasthan, loin du Bengale), l’architecte Henri Mercier tombe amoureux de la jeune danseuse Seetha mais Chandra est lui aussi épris de la belle… Dans un joli coffret, on trouve cette belle fresque épique en version restaurée. (Wild Side)

DIRTY DANCING

Dirty DancingRomance et drame musical réalisé par Emile Ardolino, Dirty Dancing (1987) s’est imposé comme un must du genre. Dans un rutilant coffret combo aevc le film en haute définition, voici les aventures, durant l’été 1963, de Frédérique Houseman surnommée Bébé, jeune fille sage qui passe des vacances monotones en famille dans une pension avant de s’émanciper grâce au « dirty dancing », danse très sensuelle qu’elle va pratiquer dans les bras du séduisant Johnny Castle… Si Jennifer Grey et Patrick Swayze (disparu en 2009) ne s’entendaient guère sur le tournage, le second reprochant à la première de prendre son rôle à la légère, l’alchimie fonctionne cependant pleinement à l’écran. Les séquences de danse et notamment le fameux porté sont devenus culte. Dans les bonus exclusifs, on trouve un cours de « dirty dancing » et un karaoké sur Time of my Life, couronné de l’Oscar de la meilleure chanson. (ESC)

DELON – BELMONDO

AAADelonBelmondoL’un est fougueux, souriant et bondissant, l’autre est charmeur, élégant et mystérieux. Les deux sont des comédiens de grand talent. Véritables stars, Alain Delon et Jean-Paul Belmondo font l’objet de deux superbes coffrets-livres. Les livres rédigés respectivement par Baptiste Vignol et Sophie Delassein racontent, des années 50 aux années 2000, des passions et des carrières exceptionnelles. Les films (six pour chacun) nous les montrent au meilleur de leur art que ce soit dans Plein soleil (1960), Mélodie en sous-sol (1963), Le clan des Siciliens (1969), La piscine (1969), le melvillien Cercle rouge (1970) ou Deux hommes dans la ville (1973) pour Delon. Bebel, lui, se retrouve dans A bout de souffle (1960), godardien fleuron de la Nouvelle vague, Le doulos (1962) de Melville, Un singe en hiver (1962), Cent mille dollars au soleil (1964), L’homme de Rio (1964), Le magnifique (1973). Du beau travail autour de deux légendes françaises ! (GM éditions/ Carlotta)

DEUX FILMS – SIX OSCARS

Oscars2018 fut une bien belle année pour les Oscars ! On le constate avec un coffret qui regroupe Three Billboards de Martin McDonagh, titulaire de deux statuettes pour Frances McDormand, meilleure actrice et pour Sam Rockwell, meilleur second rôle et La forme de l’eau récompensé quatre fois comme meilleur film, meilleur réalisateur à Guillermo del Toro, meilleures décors et meilleure musique pour le Français Alexandre Desplat. Deux films excellents, le premier dans le registre du drame policier, le second dans celui du fantastique poétique. Dans la petite ville d’Ebing, Mildred Hayes, mère courage mal embouchée, loue trois panneaux publicitaires pour faire réagir la police à laquelle elle reproche de n’obtenir aucun résultat dans le meurtre et le viol de sa fille… On s’attache tout autant au personnage d’Elsa Esposito (Sally Hawkins), femme de ménage muette qui travaille, pendant la Guerre froide, dans un laboratoire expérimental top secret où elle va s’éprendre d’un humanoïde amphibien ! (Fox)

MON KET

Mon KetPassionné depuis toujours par les sketches et es canulars, le Belge François Damiens, avant de devenir un comédien fêté (La famille Bélier, La délicatesse, Otez-moi d’un doute), s’était fait une spécialité de la caméra cachée. Toutefois, au fil du temps, il fut contraint d’arrêter ses tournages car il était de plus en plus souvent reconnu… Avec Mon Ket, Damiens raconte les aventures de Dany Versavel, un type sans foi ni loi, qui décide de s’évader de prison pour pouvoir s’occuper de son « ket », en l’occurrence Dany, son fils de 15 ans auquel il tente d’enseigner diverses magouilles. Autour de la question de la paternité et de la filiation, le cinéaste/acteur a choisi, pour sa première réalisation au cinéma, de tourner en caméra cachée, s’obligeant à gérer des réactions d’anonymes piégés. Un exercice surprenant et parfois désopilant. Dans les bonus, on retrouve les scènes coupées, les ratés… Entre humour et absurde. (Studiocanal)

LES AVENTURES DE RABBI JACOB

Rabbi JacobIndustriel français, Victor Pivert est un sale type plein de préjugés racistes, antisémites et xénophobes… Et voilà qu’au travers d’un quiproquo, il se retrouve dans la peau d’un… rabbin. Quatrième et ultime collaboration entre De Funès et Gérard Oury, Les aventures de Rabbi Jacob fut, en 1973, un immense succès (7,3 millions de spectateurs) tout en évoquant aussi la tristement célèbre affaire Ben Barka. Pour le 45e anniversaire de ce vaudeville qui délivre in fine un message humaniste de tolérance, voici un coffret collector avec le film restauré en dvd et blu-ray, accompagné de nombreux suppléments dont d’inédits souvenirs de tournage par Bernard Stora et un documentaire sur un film populaire qui abordait pour la première fois de manière développée (et comique !) l’univers de la communauté juive française.  (TF1)

MISSION IMPOSSIBLE – COFFRET SIX FILMS

Mission Impossible« Votre mission, si toutefois vous l’acceptez… » On connaît le gimmick et les cinq secondes qu’il faut à la bande magnétique pour s’auto-détruire! De 1996 à 2018 (et ce n’est sûrement pas fini), Mission impossible s’est imposé comme l’une des meilleures sagas d’action. Il faut dire qu’Ethan Hunt (l’indéboulonnable Tom Cruise) et ses acolytes s’y entendent en astuces diverses et variées pour mettre au pas les pires méchants. Un coffret réunit tous les films de cette aventure au long cours née d’une série télé elle aussi fameuse. On y trouve évidemment Mission impossible: Fallout, le dernier en date de la série. Sorti en en août de cette année, ce sixième opus est celui qui a rencontré le plus grand succès. Il faut dire que, pour maintenir le niveau de qualité de l’ensemble, le réalisateur Christopher McQuarrie a mis les petits plats dans les grands… Avec son équipe, Hunt revient une nouvelle fois (et en particulier dans les rues de Paris) dans la course pour sauver la planète des manœuvres du Syndicat et de son chef maléfique… (Paramount)

LE LABYRINTHE DE PAN

AAALabyrinthePanDans l’Espagne de 1944, la jeune Ofélia s’installe avec sa mère dans une garnison dirigée par Vidal, son beau-père, capitaine autoritaire de l’armée franquiste. Près de la propriété familiale, la jeune fille découvre un étrange labyrinthe gardé par une créature nommée Pan. Le monstre lui révèle qu’elle n’est autre que la princesse disparue d’un royaume enchanté. Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra se soumettre à trois épreuves, que rien ne l’a préparée à affronter… Déjà remarqué des amateurs de cinéma d’horreur avec Cronos (1993), Mimic (1997) et L’échine du diable (2001) puis auteur d’une adaptation plutôt réussie d’un comic avec Hellboy (2004), le Mexicain Guillermo Del Toro s’est définitivement imposé comme l’un des cinéastes les plus talentueux de sa génération avec Le labyrinthe de Pan. Mêlant avec brio l’horreur et la féérie, cette parabole inspirée par les contes classiques sort, dans une édition ultime. Comme pour La forme de l’eau, Del Toro a encore raflé, ici, trois Oscars : Meilleure photographie, Meilleurs décors et Meilleur maquillage. (Wild Side)

MARIELLE – SEPT COMEDIES CULTES

MarielleActeur populaire et fameuse moustache de comédie, Jean-Pierre Marielle, 86 ans aujourd’hui, a imposé, au fil d’une imposante carrière, sa grande silhouette de personnage souvent tonitruant et volontiers grandiose. Un coffret (sept dvd) permet de le retrouver en sept films dans son répertoire comique. Tour à tour camelot (Charlie et ses deux nénettes, 1973), représentant dragueur (Les galettes de Pont-Aven, 1975), les deux devant la caméra de Joel Séria, producteur de films X (On aura tout vu, 1976), comptable (Signes extérieurs de richesse, 1983), vendeur sans scrupules (L’entourloupe, 1980), patron d’une compagnie pétrolière (Pétrole! pétrole!, 1981) ou acteur raté (Les grands ducs, 1996), Marielle emporte tout par sa verve et son formidable bagout. (TF1)

ANGELIQUE MARQUISE DES ANGES – L’INTEGRALE

AngéliqueQuand Noël approche, on se dit que les chaînes de télé ne vont pas rater l’occasion… Selon les années, ce sera la trilogie Sissi avec l’incontournable Romy Schneider ou alors Angélique, marquise des anges. Et si ce n’est pas le cas, voici un coffret qui regroupe l’intégrale des films réalisés par Bernard Borderie, en l’occurrence Angélique, Marquise des anges (1964), Merveilleuse Angélique (1965), Angélique et le Roy (1966), Indomptable Angélique (1967) et Angélique et le Sultan (1968). Pour retrouver, comme un plaisir vaguement désuet mais tellement nostalgique, Michèle Mercier, belle marquise promise à tous les outrages mais toujours fidèle à son balafré de Joffrey de Peyrac… (Studiocanal)

SAMUEL FULLER

Shock CorridorNaked KissSoldat (dans la fameuse division surnommée Big Red One pendant la Deuxième Guerre mondiale), coursier de presse puis reporter de guerre, scénariste, écrivain, cinéaste exigeant, Samuel Fuller (1912-1997) était un personnage flamboyant qui mâchonnait son gros cigare et signa quelques fameux thrillers. Dans de belles éditions blu-ray, on retrouve Shock Corridor (1963) où, en quête d’un prix Pulitzer, l’ambitieux et cynique journaliste Johnny Barett se fait passer pour fou afin d’enquêter, dans un asile psychiatrique, sur un meurtre qui s’y est déroulé. Mais, entre les névroses des uns et les psychoses des autres, sa propre folie le guette. Dans The Naked Kiss (1964), Kelly, une prostituée élégante et sûre d’elle (Constance Towers, superbe) veut changer d’existence pour se consacrer à des enfants handicapés. Arrive un flic véreux qui connaît son passé. Dans un film palpitant, Fuller mêle le thriller, la satire sociale et le mélo dans une belle réflexion sur la rédemption. (Wild Side)

LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT  

Captaine WyattLes années cinquante sont celles du western classique… Delmer Daves tourne La flèche brisée (1950), Fred Zinnemann Le train sifflera trois fois (1952), John Ford Rio Grande (1950), Rio Bravo (1959) et La prisonnière du désert (1956), Nicholas Ray Johnny Guitare (1954), Robert Aldrich Vera Cruz (1954), Anthony Mann Winchester 73 (1950), George Stevens L’homme des vallées perdues (1953) et on en oublie…

C’est dans cette belle époque que Raoul Walsh va signer, en 1951, Les aventures du capitaine Wyatt. Le vétéran hollywoodien a 64 ans et il a déjà une série de westerns à son actif, notamment La piste des géants (1930), La fille du désert (1949), La charge fantastique (1941) ou l’excellent La vallée de la peur (1947). Mais Distant Drums (titre original) se distingue par le fait que Walsh situe son action loin de Monument Valley et de ses mesas. C’est en effet en Floride et spécialement dans les marais des Everglades peuplés de serpents et d’alligators que Wyatt et son commando vont affronter les Indiens Séminoles.

En 1840, l’armée des États-Unis tente de réduire les derniers groupes d’Indiens Séminoles vivant en Floride. Pour l’aider, elle fait appel au taciturne capitaine Wyatt en lui confiant la mission de détruire un fort dans lequel des contrebandiers entreposent les armes qu’ils livrent aux Indiens. Venu en bateau sur le lac Okeechobee, le petit commando mené par Wyatt réussit pleinement sa mission en faisant exploser les réserves d’armes et en libérant au passage quelques prisonniers, dont une jeune femme, Judy Beckett (Mari Aldon), et sa servante. Mais lorsque les Américains rebroussent chemin, ils doivent constater qu’ils n’arriveront pas à rejoindre leur embarcation. Pour échapper aux Indiens lancés à leurs trousses, il ne leur reste qu’à s’enfoncer dans de dangereux marais…

Ce qui distingue également Les aventures du capitaine Wyatt, c’est qu’il s’agit d’un remake d’Aventures en Birmanie réalisé en 1945 par le même Raoul Walsh. Dans ce très remarquable film de guerre, la compagnie du major Nelson (Errol Flynn) est parachutée à 200 kilomètres derrière les lignes japonaises pour détruire une station radar. La mission accomplie, la troupe rejoint son lieu de réembarquement mais les Japonais les attendent. Nelson et ses hommes n’ont pas d’autre ressource que de s’enfoncer dans la jungle pour un voyage de retour cauchemardesque…
Dans la collection Western de légende, voici, pour la première fois en dvd et en blu-ray dans une édition prestige sous fourreau, des aventures en technicolor (avec une image et un son restaurés) qui ont la particularité de mettre en valeur de superbes décors naturels et de faire de cette histoire un film de nature, Walsh filmant de manière oppressante les dangers et les pièges des marais, les Séminoles n’étant cependant pas aussi « sauvages » que les Japonais du film de 1945. Mais le cinéaste développe aussi une approche rousseauiste puisque le salut de Wyatt et de ses siens passe par la nature et, in fine, un fragile paradis terrestre. Enfin ce western se distingue par une mise en scène rapide marquée par de constants mouvements qui lui donnent un rythme parfois haletant.

Dans le rôle du solitaire et rebelle Wyatt, Gary Cooper est, comme à son habitude, d’une sobriété bouleversante et d’une grande générosité dans son jeu. Dans les suppléments, Bertrand Tavernier rapporte que le comédien a adoré faire ce film, son cascadeur attitré affirmant même, sans que cela soit vérifiable, qu’il n’a eu à le doubler pour aucune séquence !

Même l’intrigue sentimentale entre Wyatt et Judy (ajoutée par rapport à Objective Burma), est plutôt intelligente puisqu’elle permet à Walsh de développer une ultime méditation morale. Tant Wyatt que Judy sont en effet animés par une sourde colère. De retour sur la petite île où Wyatt a construit son refuge, l’un et l’autre parviendront à surmonter leur désir inabouti de vengeance, lui pour la perte de son épouse, elle pour avoir connu le machisme des riches de Savannah… Un must !

(Sidonis/Calysta)

LE TOILETTEUR, LES FLICS, LES PILOTES ET LES GOSSES  

DOGMAN
DogmanDans une petite cité perdue du bord de mer, Marcello, modeste toiletteur pour chiens, voit avec inquiétude Simoncino revenir de prison. Ancien boxeur accro à la cocaïne, Simoncino rackette le quartier et brutalise Marcè qui l’alimente pourtant en drogue. Réalisateur du puissant Gomorra (2008), l’Italien Matteo Garrone, en s’inspirant d’un vrai fait-divers, brosse, avec Dogman, le terrible tableau de la bonté au péril de la brutalité. Jusqu’au jour où la coupe est pleine… Dans un décor de bord de mer en total abandon, une fable cruelle qui évoque la montée du populisme en Italie. Le remarquable Marcello Fonte a été couronné meilleur acteur à Cannes 2018. (Le Pacte)

AU POSTE !
Au PosteRévélé par Rubber (2010) thriller dont le héros était un… pneu de voiture, le compositeur (sous le pseudo de M. Oizo) et cinéaste Quentin Dupieux joue cette fois la carte du polar totalement déjanté. Dans un commissariat, la nuit, un flic et un suspect s’affrontent. Très loin du Garde à vue de Claude Miller, Dupieux se risque avec brio dans le bizarre et le jonglage verbal sur de banales expressions françaises. Parcours onirique et volontiers déroutant, Au poste ! offre surtout deux personnages gravement loufoques à Benoît Poelvoorde (le flic) et Grégoire Ludig, parfait en suspect s’ingéniant à expliquer comment il a trouvé un cadavre. Une expérience de cinéma !  (Diaphana)

AU GRAND BALCON
Grand BalconAncien pilote pendant la Grande guerre, le cinéaste Henri Decoin, avec l’aide de Joseph Kessel qui fut l’ami et le biographe de Jean Mermoz, signe en 1949 un classique sur l’aviation avec Au grand balcon. Dans les années 20, tous les pensionnaires de l’hôtel toulousain du Grand balcon sont possédés par le goût de l’aventure. Chef de l’Aéropostale de Toulouse, Carbot (Pierre Fresnay) n’a qu’une idée en tête : prolonger la fameuse « ligne » vers l’Amérique. Quitte à ignorer les existences sacrifiées à son idéal. Derrière les personnages, se profilent les ombres des légendaires Didier Daurat et Mermoz. Dans une belle restauration, voici un film devenu rare qui est une grande histoire d’hommes autour des pionniers de l’Aéropostale. (Pathé)

NOUS LES GOSSES
Nous GossesParce qu’un élève du primaire a brisé par accident la grande verrière de son école, deux bandes rivales de l’école vont s’unir et travailler pendant les vacances d’été pour payer la reconstruction. Mais un voyou du coin dérobe leurs économies. Ce premier long-métrage de Louis Daquin fut écrit à l’heure du Front populaire et tourné en 1941 en dépit de la censure imposée par le régime de Vichy. Nous les gosses (dans une bonne version restaurée) est une comédie policière (les enfants mènent l’enquête) fraîche, allègre et optimiste sur laquelle flotte un esprit de résistance… A sa sortie, ce film léger et optimiste fut accueilli comme un cri joyeux dans les salles. Les jeunes comédiens sont bons et les dialogues de Marcel Aymé pétillants. (Pathé)

SICILIAN GHOST STORY
Sicilian Ghost StoryEn s’inspirant d’un terrible fait-divers (la séquestration et la mort du jeune fils d’un mafieux repenti dans la Sicile des années 90), Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (remarqués naguère pour le sombre Salvo sur l’étrange relation entre un tueur à gages et sa captive aveugle) réussissent, avec Sicilian Ghost Story, une fable tragique autour de la jeune Luna qui nourrit pour l’adolescent prisonnier un amour aussi obsessionnel qu’impossible. Portée par deux jeunes comédiens de talent (Julia Jedlikowska et Gaetano Fernandez), cette double narration schizophrénique vogue constamment entre réalité et fantastique, notamment avec un lac qui offre une ouverture mystérieuse vers la prison de Giuseppe. Quand une jeune fille veut croire que l’amour est indestructible. (jour2fête)

UNE PRIERE AVANT L’AUBE
Priere Avant AubeDepuis Gentleman Jim, Nous avons gagné ce soir ou Racing Bull, on sait que la boxe rend toujours bien sur le grand écran! On le vérifie encore avec Une prière avant l’aube où le réalisateur français Jean-Stéphane Sauvaire adapte l’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur anglais incarcéré dans une prison de Thaïlande pour usage et détention de drogue. Dans l’effrayant enfer de la prison de Klong Prem, Billy (l’Anglais Joe Cole, excellent entouré de non-professionnels) va réussir à surmonter tous les dangers pour devenir un champion de muay-thai, la boxe thaïlandaise. Entre combats brutaux et angoissant univers carcéral, une aventure violente, étouffante et furieuse où le noble art se résume à un choix est simple : mourir ou survivre… (Wild Side)

COFFRET CHARLES MATTON
Charles MattonCinéaste rare qui fut aussi peintre, sculpteur, photographe, écrivain et illustrateur, Charles Matton (1931-2008) ne signa que quatre longs-métrages. Poétique et… social, L’Italien des roses (1972) raconte la soirée de Raymond dit l’Italien qui monte sur un toit d’immeuble et se tient au bord du vide. Dans le rôle principal, Richard Bohringer fait ses grands débuts au cinéma. Avec Spermula  (1976), Matton, en pleine vogue du cinéma érotique des seventies, distille une variation vampirique qui célèbre la beauté de la femme et notamment celle de Dayle Haddon. La lumière des étoiles mortes (1994) permet au cinéaste de revenir sur sa jeunesse à l’heure allemande. Le jeune Charles (incarné par Léonard Matton, le fils du cinéaste) va établir une relation initiatique avec un jeune appelé allemand féru de littérature. Enfin Rembrandt (1999), avec Klaus Maria Brandauer, évoque la vie de cet ogre magnifique qu’était le peintre hollandais… Un beau coffret regroupe ces films, les courts-métrages de Matton ainsi qu’un livre (300 p.) qui plonge dans l’intimité d’une création totale. (Carlotta)

SOBIBOR
SobiborPendant le tournage de Shoah (1985), Claude Lanzmann interviewa à Jerusalem Yehuda Lerner, témoin direct du drame qui donna ensuite lieu au documentaire Sobibor, 14 octobre 1943, 16h (2001). Le cinéaste russe Konstantin Khabenskiy, lui, s’inscrit dans la fiction pour raconter l’unique évasion de masse réussie d’un camp d’extermination nazi. Sobibor montre, avec un impressionnant réalisme qui happe le spectateur, comment plus de 400 prisonniers du camp de la mort polonais allaient réussir l’impensable même si très peu, malgré un courage inébranlable, réussirent à survivre. Dans ce drame bouleversant d’humanité, le cinéaste incarne lui-même le personnage de Sacha Petcherski, l’un des leaders de la révolte tandis que Christophe Lambert se glisse dans l’uniforme du redoutable Frenzel, chef du camp. (Wild Side)

PARANOIA
Paranoia« Peut-être que tout est dans ma tête ! » Il faut dire que la malheureuse Sawyer Valentini a de quoi s’inquiéter. Contre sa volonté, elle a été enfermée dans une institution psychiatrique où elle est confrontée à sa plus grande peur, celle d’être poursuivie par son harceleur. Avec Paranoïa, Steven Soderbergh, le réalisateur de  Sexe, mensonges et vidéo (1989) ou de la trilogie Ocean (2001-2007) donne un thriller d’horreur autour d’une jeune femme angoissée interprétée par la Britannique Claire Foy (la nouvelle Lisbeth Salander dans Millenium, actuellement sur les écrans)  qui perd lentement la boule. Soderbergh a tourné son film avec un iPhone et ce procédé fonctionne bien dans la mise en scène de la folie qui guette Sawyer. Efficace ! (Fox)

HOTEL ARTEMIS
Hotel ArtemisEn 2028, Los Angeles est déchirée par de violentes émeutes et au bord de la guerre civile… L’hôtel Artemis est un refuge pour les criminels qui y trouvent soins et repos. Dirigé par Jean Thomas surnommée l’infirmière, ce lieu est cependant régi par des règles strictes. Surtout, on ne tue pas les autres patients ! Alors quand des tueurs à gages aux ordres de Wolf King (Jeff Goldblum), un boss du crime, tentent d’y intercepter deux braqueurs de banque venus se faire soigner, l’infirmière aura fort à faire. Futuriste et violent, Hotel Artemis est un solide thriller qui se déroule dans une forteresse médicale avec un bon casting où l’on remarque la Franco-algérienne Sofia Boutella dans le rôle de Nice, une tueuse française. Devenue rare comme comédienne au cinéma ces dernières années, Jodie Foster  fait son retour en infirmière sinistre, inquiétante mais déterminée… (Metropolitan)