LA FAMILLE, LE COMPLOT, L’ANIMATION JAPONAISE, L’ENERGIE D’ANAIS ET LA RADICALITE DE LAPID  

BLUE BAYOU
Blue BayouNé en Corée mais adopté aux USA à l’âge de 3 ans, Antonio LeBlanc a passé trente ans de sa vie dans un village du bayou de Louisiane. Aujourd’hui marié à Katy, ils élèvent ensemble la petite Jessie, issue du premier lit de sa femme (Alicia Vikander, Oscar du meilleur second rôle en 2016 pour Danish Girl). Le monde d’Antonio s’effondre lorsqu’il est menacé d’expulsion… En s’inspirant d’un vide juridique dans un texte de loi et en s’appuyant sur l’absurdité du système administratif américain, Justin Chon (qui incarne Antonio) met en scène, dans un quotidien ordinaire, la trajectoire d’un homme menacé dans le seul pays qu’il ait jamais considéré comme le sien. Pour le cinéaste, « le seul endroit auquel on appartient, c’est sa famille ». Antonio est résolu à se battre pour elle… (Universal)
BOITE NOIRE
Boite NoireFonctionnaire exigeant et brillant acousticien, Mathieu Vasseur travaille au BEA, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile. Mais son perfectionnisme inquiète ses collègues. Au point que lorsqu’un avion de ligne du vol Dubaï-Paris s’abat dans les Alpes, on ne le met pas sur l’enquête. La disparition mystérieuse de son supérieur va lui offrir l’occasion d’appliquer son instinct méticuleux. En signant un thriller très efficace, Yann Gozlan (remarqué avec Captifs en 2010) propose, ici, le portrait d’un homme, de plus en plus paranoïaque, face à un complot qui frappe les hautes sphères de l’industrie aéronautique. Avec brio, Pierre Niney (entouré de Lou de Laâge et André Dussollier) incarne, dans un mélange d’excitation et d’abattement, un type qui perd pied… (Studiocanal)
SATOSHI KON, L’ILLUSIONNISTE
Satoshi KonConsidéré comme le Stanley Kubrick de l’animation, le cinéaste et mangaka Satoshi Kon est mort brutalement en 2010 à l’âge de 46 ans. Il laisse une œuvre courte et inachevée qui est pourtant l’une des plus diffusées et les plus influentes de l’histoire de la culture japonaise contemporaine. Réalisé par Pascal-Alex Vincent, spécialiste du cinéma nippon, voici une passionnante plongée dans le milieu de l’animation des années 2000 où l’auteur de Perfect Blue, Millenium actress ou Paprika a laissé la marque d’un style unique. Ses collaborateurs, ses héritiers au Japon ou ses admirateurs à Hollywood s’expriment sur l’art de Satoshi Kon dans un dvd riche de divers memorabilia et de nombreux bonus dont une interview inédite du cinéaste enregistrée à New York en juin 2008. Inédit en Blu-ray et dvd. (Carlotta)
LES AMOURS D’ANAIS
Amours AnaisAnaïs a trente ans et pas assez d’argent. Elle a un amoureux qu’elle n’est plus vraiment sûre d’aimer. Par hasard, devant un ascenseur, elle rencontre Daniel, plus âgé qu’elle, à qui elle plaît de suite. Mais Daniel, éditeur, partage sa vie avec Émilie, une romancière… à laquelle Anaïs est loin d’être insensible. Pour son premier long-métrage, Charline Bourgeois-Tacquet capte joliment l’air du temps à travers le portrait d’une trentenaire qui peine à trouver ses marques. Une fois de plus, Anaïs Demoustier, toujours en mouvement, rayonne en jeune femme qui se glisse dans une histoire de grand désir. Autour d’elle, Denis Podalydès et Valeria Bruni-Tedeschi distillent également une belle et rafraîchissante énergie… Dans les bonus, la cinéaste détaille la belle aventure de son film. (France Télévisions)
LE GENOU D’AHED
Genou AhedCinéaste israélien, Y. arrive à Sapir, un village reculé au bout du désert de l’Arabah. Il doit y animer la projection de l’un de ses anciens films. Sur place, Yahalom, fonctionnaire du ministère de la culture, lui demande de signer un formulaire, pour le moins problématique… Prix du jury au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Nadav Lapid, au-delà de sa forme radicale et toute en rupture de ton, est le remarquable cri d’un cinéaste (découvert en 2010 avec Le policier et Ours d’or à Berlin 2019 avec Synonymes) qui, dans un mordant brûlot politique,  manifeste son malaise face à un pays en pleine dérive ultranationaliste. Homme en colère, Y.  se jette désespérément dans deux combats perdus : l’un contre la mort de la liberté dans son pays, l’autre contre la mort de sa mère. (Pyramide)
LE SANG A LA TETE
Sang A La TeteSouvent réduit au rang de bon artisan, Gilles Grangier est cependant un auteur qui a su capter l’atmosphère de son époque tout en alignant de grands succès comme Le cave se rebiffe ou La cuisine au beurre. En 1956, il adapte brillamment Le fils Cardinaud, un roman de Georges Simenon paru en 1942 et signe une remarquable chronique au centre de laquelle se trouve François Cardinaud qui, après trente années d’efforts, est devenu armateur, mareyeur et l’un des hommes les plus puissants du port de La Rochelle. Las, son épouse Marthe, amie d’enfance issue d’un milieu misérable, n’a jamais été acceptée par la bonne société locale. Marthe va alors fuguer avec un mauvais garçon. Tout La Rochelle se réjouit de l’infortune de Cardinaud… Grand ami de Grangier, Jean Gabin incarne à la perfection un homme blessé mais toujours droit… (Pathé)
ECHEC AU PORTEUR
Echec PorteurDans la foulée du Sang à la tête, Gilles Grangier (1911-1996) enchaîne avec une autre adaptation, celle du roman éponyme de Noël Calef, prix du Quai des Orfèvres 1956, pour signer un solide suspense. Petit malfrat sans envergure, Bastien Sassey transporte de la drogue (qu’il dissimule dans un ballon de foot) pour le compte d’un caïd. Mais Bastien est bien décidé à renoncer à ses trafics pour l’amour de Jacqueline. Il accepte une ultime mission mais, au cœur de la rivalité entre bandes, le continu du ballon est remplacé par une bombe à retardement. Comme un gamin a récupéré le ballon, une course contre la montre s’engage… Là encore, le cinéaste bénéficie d’un beau casting avec Serge Reggiani (Bastien), Jeanne Moreau (Jacqueline) ou encore Paul Meurisse en commissaire de police impavide… (Pathé)
RESPECT
RespectTout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la reine de la soul ! A la fois ardente militante des droits civiques et créatrice de tubes planétaires dont celui qui donne son titre au film de Liesl Tommy, Aretha Franklin (1942-2018) fut une personnalité hors normes qui méritait bien un biopic. C’est chose faite, ici, de manière assez conventionnelle mais bien menée. La cinéaste passe tout en revue, du talent précoce à la gloire des sunlights en passant par le viol adolescent, la grossesse non désirée, le père violent et omniprésent ou le mari brutal. De plus, Jennifer Hudson se glisse avec aisance dans la peau de « Lady soul » ! (Universal)
DELICIEUX
DelicieuxAlors que la Révolution se profile, Pierre Manceron, cuisinier audacieux mais orgueilleux, est limogé par son maître, le duc de Chamfort pour avoir osé servir un entremets à base de pomme de terre. La rencontre avec Louise, femme au passé mystérieux, qui souhaite apprendre la cuisine à ses côtés, les amène à créer, dans une belle province, un lieu de plaisir et de partage pour tous… Autour de la naissance du premier restaurant, Eric Besnard a construit un récit romanesque qui raconte la renaissance d’un chef qui avait perdu le goût de la création culinaire. Gregory Gadebois et Isabelle Carré mettent joliment la table et servent parfaitement cet agréable Feel good movie. (M6)
FORT MASSACRE
Fort MassacreAlors que son unité de cavalerie a été décimée par les Apaches, le sergent Vinson, dernier officier survivant, prend la tête du reste de la troupe. Hanté par la mort de sa femme et de ses enfants massacrés par les Indiens, Vinson décide d’attaquer un groupe d’Indiens puis de s’enfoncer, au mépris du danger, dans leur territoire… Les soldats constatent bientôt que Vinson a perdu la tête et qu’il est en train de mener une vengeance personnelle. Avec un Joel McCrea, remarquable en Vinson, Joseph M. Newman, bon artisan du genre, donne, en 1958, un solide western autour d’un sergent incontrôlable qui devient un réel danger pour ses hommes… (Sidonis Calysta)
ATTENTION BANDITS
Attention BanditsAprès Un homme et une femme : Vingt ans déjà qu’il considère comme une erreur de sa part, Claude Lelouch veut, en 1987, réaliser un film formellement apaisé, carré et linéaire. Ce sera un solide polar, bourré de péripéties et qui lorgne parfois vers la comédie dramatique, autour de Simon Verini, un gangster qui va traverser de multiples aventures entre valise de bijoux, kidnapping, mort violente, séjours en prison et désir de vengeance, le tout en faisant croire à sa fille Marie-Sophie, qu’il est un homme d’affaires vivant au Brésil.  A l’affiche, on retrouve Jean Yanne, Patrick Bruel, Marie-Sophie L. et Charles Gérard. (Metropolitan)
LES COBAYES
Les CobayesEn couple depuis le lycée, Charlotte et Adam viennent d’avoir leur premier enfant. Pourtant, ils ne sont pas heureux et les habitudes remplacent peu à peu l’enthousiasme… Pour tenter de retrouver l’élan des débuts, ils expérimentent un traitement révolutionnaire supposé renforcer le lien et le désir. Les effets sont vite spectaculaires. Avec Thomas Ngijol et Judith Chemla très à l’aise, Emmanuel Poulain-Arnaud signe une agréable comédie sentimentale où la chimie vient au secours du couple. Mais les cobayes vont être entrainés dans le vertige lorsque le traitement s’arrête et découvrir tout ce qu’il faut faire de fou pour s’aimer… (Metropolitan)
THE RESCUE
The RescueAprès deux films sur le personnel public chinois, Dante Lam, spécialiste du cinéma d’action, se penche, cette fois, sur les sauveteurs maritimes à travers les missions au quotidien d’une équipe de secours d’urgence au sein des garde-côtes. Ces équipes interviennent sur des catastrophes où il s’agit, évidemment, de sauver chaque fois nombre de vies. Courageux chef d’équipage, Gao aspire à un congé mérité pour s’occuper de son jeune fils. Las, un incendie sur un transporteur de gaz naturel le contraint à reprendre du service. Dante Lam ne lésine par sur les moyens pour aligner les catastrophes. Chacune ressemble à l’enfer sur Terre. En un mot comme en mille, ça dépote grave ! (Metropolitan)

LA MAIRE COURAGE, LE SOLDAT PERDU, L’ASSISTANTE, LES SORCIERES, LE PRESIDENT ET SA LOBBYISTE  

9 JOURS A RAQQA
9 jours RaqqaIngénieure en génie civil, trois fois major de sa promotion, Leila Mustapha, 30 ans, est la jeune maire de Raqqa, l’ancienne capitale autoproclamée de l’état islamique en Syrie. Plongée dans un monde d’hommes, elle a pour mission de reconstruire sa ville en ruines après la guerre, de réconcilier la population et d’instaurer la démocratie. Une mission hors normes.  Journaliste et écrivaine, Marine de Tilly souhaitait rencontrer Leila Mustapha chez elle. Le réalisateur Xavier de Lauzanne a contacté l’écrivaine pour filmer cette rencontre. Voici, dans un solide documentaire, le portrait d’une femme sereine malgré les dangers et qui dégage une force tranquille dans sa volonté d’aller de l’avant. (L’Atelier d’images)
ONODA
OnodaSoldat japonais en poste sur l’île de Lubang aux Philippines, Hiro Onoda refusa de croire à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à la reddition du Japon en 1945. Avec une poignée de soldats, il continua la guerre jusqu’en 1974. En s’emparant de l’histoire vraie de ce lieutenant qui pense que tous les signes de la défaite sont des ruses des Américains, le cinéaste français Arthur Harari, auteur en 2016 du thriller Diamant noir, signe, avec un casting entièrement nippon, un remarquable film de guerre sous-titré 10.000 nuits dans la jungle autour d’un personnage, filmé avec tendresse, qui reste attaché au serment qu’il a fait lors de sa formation secrète. Exigeant et beau comme le mystère d’une personnalité têtue et insondable. (Le Pacte)
MON ANNEE A NEW YORK
Mon Annee A NewYork« Je ne voulais pas être ordinaire ». En 1995, Joanna Rakoff, une jeune femme qui rêve de devenir écrivaine, réussit à se faire embaucher comme assistante de l’agente littéraire de J. D. Salinger, immense figure de la littérature US et étrange personnage constamment reclus chez lui. Avec Margaret Qualley (la fille de l’actrice Andie MacDowell), une Joanna fraîche et parfaite avec ses rêves littéraires et l’excellente Sigourney Weaver en agente rugueuse et pète-sec, le Québecois Philippe Falardeau, réalisateur de l’émouvant Monsieur Lazhar (2011), réussit une comédie dramatique rythmée qui, dans un décor new-yorkais très « café littéraire », questionne les aspirations d’une Joanna, prise entre deux histoires d’amour et ses beaux rêves. (Metropolitan)
LES SORCIERES D’AKELARRE
Sorcieres Akelaare« Les hommes ont peur des femmes qui n’ont pas peur ». En 1609, au Pays basque, six jeunes filles d’un village sont arrêtées et accusées de sorcellerie. La mort sur le bûcher les attend pour avoir pris part à un sabbat. Remarqué en 2015 avec Eva ne dort pas, le cinéaste argentin Pablo Agüero, inspiré par les écrits de Michelet sur la représentation des sorcières, a voulu faire « un film de sorcières sans sorcière » en se mettant du côté des victimes. Le village d’Akelarre est tenu par les femmes, les pêcheurs étant en mer et cela contrarie l’Eglise qui y voit la marque du diable. La chasse aux sorcières se mettra bientôt en branle… Un film impressionnant, aux images fortes, sur des femmes qui ont décidé de prendre leur destin en main. (Blaq Out)
LE PRESIDENT ET MISS WADE
President Miss WadeFigure énergique et charismatique, le président américain Andrew Shepherd est un homme jeune auquel un veuvage précoce a apporté un surcroît de sympathie et de popularité. Alors qu’il surfe sur les sondages et qu’il est en route pour un second mandat, il entend faire voter un amendement sur l’usage des combustibles polluants. Cela l’amène à rencontrer la lobbyiste Sydney Wade mandatée par une organisation écolo. Shepherd est vite sous le charme. En 1995, Rob Reiner signe une romance enlevée qui lorgne du côté de Capra et rend hommage aux comédies de l’âge d’or hollywoodien. Michael Douglas, en séduisant président, et Annette Benning, en charmante gaffeuse, sont épatants de charme. (Rimini éditions)
LOUXOR
LouxorDe retour d’une mission humanitaire éprouvante et dangereuse, Hana pose son sac pour quelques jours de repos au Winter Palace de Louxor. La frêle et taiseuse Anglaise connaît bien le coin où elle a travaillé des années auparavant. Et elle retrouve par hasard l’archéologue Sultan (Karim Saleh) avec lequel elle avait eu autrefois une liaison. En s’appuyant sur la diaphane et juste Andrea Riseborough (vue dans Shadow Dancer ou Birdman), la cinéaste anglaise Zeina Durra distille une étrange aventure intime et amoureuse. Sans avoir de but précis, la mystérieuse Hana arpente les temples pharaoniques et entraîne le spectateur dans un intrigant voyage à travers Louxor, loin des catalogues touristiques… (ESC éditions)
HOMMES FEMMES MODE D’EMPLOI
Hommes Femmes Mode EmploiInspecteur de police alors qu’il voulait être acteur, Fabio Lini croise Benoît Blanc, un homme d’affaires sans scrupules, dans le cabinet du professeur Lerner. Les deux doivent subir une endoscopie gastrique. Ayant reconnu en Benoît un amant qui l’a autrefois bafouée, l’assistante de Lerner décide, par vengeance amoureuse, d’intervertir les résultats des biopsies, faisant croire à Benoît qu’il a un cancer et laissant ignorer à Fabio le mal qui le ronge. Une amitié se forge entre Fabio (Fabrice Luchini) et Benoît (Bernard Tapie), chacun découvrant à travers l’autre un mode d’emploi pour sa propre vie. Par ailleurs, une « veuve noire » cherche de riches veufs éplorés alors qu’un SDF à la voix d’or va vivre un conte de fées.  En 1996, Claude Lelouch offre à Bernard Tapie, alors en délicatesse dans le domaine des affaires, de la politique et du football, son premier rôle au cinéma. (Metropolitan)
LOULOUTE
LoulouteDevenue professeur, Louise, la trentaine déprimée, se souvient de ses 10 ans à la ferme familiale en Normandie. C’étaient les années 80 et Louloute était alors « comme dans du velours » entre les vaches, les pulls en laine, les copains et le Club Dorothée à la télé… Autour de l’histoire de Louise, Hubert Viel construit un drame car ses parents Isabelle (Laure Calamy) et Jean-Jacques (Bruno Clairefond) vivent dans la peur du lendemain, entre l’huissier, les impayés et la crise économique qui frappe l’agriculture. Un beau film entre mélancolie enfantine et rudesse du monde rural lorsque les dettes s’accumulent et que le cœur n’y est plus… (ESC éditions)
LA BETE DE GUERRE
Bete GuerreDans l’Afghanistan en 1981, un escadron de chars russes attaque un village et massacre ses habitants. Sur le retour, l’un des blindés s’égare dans le désert afghan. Pris en chasse par les moudjahiddins, la tension monte à bord. Le commandant, paranoïaque, se croit trahi par son pilote et l’abandonne aux mains des rebelles. En 1988, l’Américain Kevin Reynolds, avec une distribution hollywoodienne, adapte une pièce de théâtre sur la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989 et signe un film de guerre terriblement âpre. Loin de tout manichéisme – les salauds sont dans les deux camps- voici un film (méconnu) qui gagne à être redécouvert. (ESC éditions)
LES COMPAGNONS DE LA GLOIRE
Compagnons GloireEn juin 1876, la fameuse bataille de Little Big Horn opposa 647 soldats du 7e de cavalerie dirigé par le général Custer aux Sioux et aux Cheyennes de Sitting Bull. Autour de cette épisode tragique qui vit la mort de tous les hommes de la cavalerie, le réalisateur Arnold Laven tourna en 1965, sur un scénario de Sam Peckinpah, un western, longtemps oublié, qui met aux prises un général (Andrew Duggan) et un capitaine (Tom Tryon) qui s’opposent sur le sacrifice de jeunes recrues pour servir la « gloire » du général…  La bataille finale est impressionnante et le film donne une vision virulente de la hiérarchie militaire… (Sidonis Calysta)
LA BRUNE DE MES REVES
Brune RevesDans sa prison, Ronnie Jackson attend la peine capitale. En flash-back, il raconte son histoire à quelques reporters venus assister à l’exécution. Modeste photographe-portraitiste pour enfants, il rêve de devenir détective privé comme McCloud (Alan Ladd, lui-même dans une apparition en clin d’oeil), son voisin de palier. Un jour, seul dans le bureau du privé, Ronnie voit débarquer Carlotta Montey, une belle brune apeurée (Dorothy Lamour). Sous le charme, Ronnie décide d’enquêter. En 1947, Elliott Nugent signe une parodie joyeusement loufoque de film noir. Vedette comique, Bob Hope n’hésite pas à forcer le trait mais c’est le jeu ! (Artus Films)
ATTENTION AU DEPART
Attention Au Depart« Ils sont dans un train… Il ne peut pas leur arriver grand’chose ! » Vite dit. Père de famille, Benjamin accompagne son fils et ses copains dans le train pour leur colo. Son beau-père Antoine lui donne un coup de main. Las, le train part avec les enfants mais sans Benjamin et Antoine. Les deux se lancent alors dans une folle course-poursuite pour rattraper le train et les gamins qui filent vers le Midi. En cachant la vérité à la mère des gamins. Une comédie de vacances… estivales où les enfants font leur lot de bêtises tandis que les adultes (Jérôme Commandeur et André Dussollier) s’arrachent les cheveux. Mignon et sans prétention. (M6)
D’ARTAGNAN ET LES TROIS MOUSQUETAIRES
D'Artagnan MousquetairesParti de sa Gascogne natale, le jeune et intrépide D’Artagnan monte à Paris pour devenir mousquetaire du Roi. Bientôt sous le charme de la douce Constance, il se rend vite indispensable auprès d’Athos, Porthos et Aramis. En s’appliquant à conserver le style chaleureux de la série animée hispano-japonaise originale (gros succès des années 80), les auteurs ont utilisé les meilleures techniques d’animation contemporaine pour la célèbre aventure de cape et d’épée d’Alexandre Dumas. Les plus jeunes prendront plaisir au ton cartoonesque de l’histoire tandis que les plus grands auront un petit pincement nostalgique… (M6)

AU BONHEUR DES IMAGES ! LES COFFRETS SONT SOUS LE SAPIN  

AUDREY HEPBURN
AudreySilhouette gracile, visage fin, yeux de biche et sourire malicieux, Audrey Hepburn (1929-1993) tranchait avec les stars de son époque mais elle s’imposa cependant avec élégance dans le gotha hollywoodien. Véritable mythe romantique, la comédienne britannique née à Bruxelles n’était pourtant jamais dans la mièvrerie. On la retrouve, tout en fraîcheur, dans un coffret (rose, forcément) qui réunit sept de ses films les plus emblématiques. Elle est Eliza Dootlittle dans My Fair Lady (1964) de George Cukor, Natacha Rostov dans l’adaptation (1956) du Guerre et paix de Tolstoi par King Vidor, le mannequin de Drôle de frimousse (1957) de Stanley Donen, Gaby dans Deux têtes folles (1964), le remake de La fête à Henriette de Duvivier, la fille du chauffeur de maître dans Sabrina (1954) de Billy Wilder où elle partage l’affiche avec Bogart, la fantasque Holly dans l’admirable Diamants sur canapé (1961) et la princesse Ann dans Vacances romaines de William Wyler qui, pour ses vrais débuts en 1953, lui valut d’emblée un Oscar de la meilleure actrice ! (Paramount)
ANTOINE DOINEL
DoinelA l’instar de Flaubert, François Truffaut aurait pu dire : Antoine Doinel, c’est moi ! Composé de quatre longs et un moyen-métrage, voici un coffret qui fait la part belle au personnage incarné par Jean-Pierre Léaud, de la petite adolescence à l’âge adulte. Sorti en 1959, Les 400 coups signe l’acte de naissance de Truffaut et de son double de fiction. Suivront le (rare) court-métrage de 29 minutes Antoine et Colette (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) et L’amour en fuite (1979) tous présentés pour la première fois dans une belle restauration 4K. Un coffret de pure cinéphilie, riche en suppléments avec des archives télévisées exclusives dont des entretiens avec Truffaut, le court-métrage Les mistons (1957) ou les essais des comédiens pour Les 400 coups. Un cycle à la fois léger et mélancolique, rebelle et immature, iconique et irrésistible. (Carlotta)
OUTRAGES
OutragesEntre l’excellent Incorruptibles et le médiocre Bûcher des vanités, Brian de Palma raconte, en 1989, les aventures de la recrue Max Eriksson qui, au cœur des combats du Vietnam de 1966, est sous l’emprise du charismatique sergent Tony Meserve. Mais lorsqu’un de ses hommes est tué, le sergent décide, en représailles, d’enlever une jeune villageoise. Eriksson croit à une fanfaronnade mais Meserve passe à l’acte. Pire, il contraint sa patrouille à violer un Oanh terrifiée. Avec virtuosité, le cinéaste montre un soldat désespéré qui décide de dénoncer un crime qu’autour de lui, on voudrait taire. Avec Michael J. Fox (Erilksson) et Sean Penn (Meserve) en tête d’affiche, un film de guerre terrifiant et poignant présenté dans un beau coffret en édition limité. En bonus, un livre grand format (200 p.) illustré de photos et d’archives rares. (Wild Side)
JOAQUIN PHOENIX
Joaquin PhoenixDans la vaste cour des comédiens hollywoodiens, Joaquin Phoenix a réussi à se tailler une place d’importance.  Dès ses dix ans, il joue au cinéma avant de collectionner de bons rôles dans des films comme Prête à tout avec Nicole Kidman puis de s’imposer en empereur dans le Gladiator de Ridley Scott. Un coffret regroupe sept films dans lesquels l’acteur peut donner toute sa mesure et toute sa palette de composition. Ainsi, en manager de discothèque proche de la mafia russe dans La nuit nous appartient (2007), en écrivain public du futur dans Her (2013), en vétéran de la marine devenu alcoolique et violent dans The master (2012), en amoureux transi dans Two Lovers (2008), en détective privé dans Inherent Vice (2014), en tueur à gages paumé dans A Beautiful Day (2017) avec lequel il est couronné meilleur acteur à Cannes et bien sûr en clown tragique et tueur psychopathe en 2019 dans le formidable Joker. (Warner)
MECHANTS
MechantsC’est Alfred Hitchcock qui disait que plus le méchant est… méchant, plus le film est réussi. Cette observation se vérifie pleinement dans le coffret (noir, évidemment) qui réunit cinq films cultes avec Joker de Todd Philipps et un Joaquin Phoenix hallucinant de maigreur et de dinguerie sauvage. Dans Shining de Kubrick où Jack Nicholson, dans l’hôtel Overlord désert, excelle dans le pétage de câble. La pauvre Wendy (Shelley Duvall) en hurle encore de terreur. Suave et gourmand, Anthony Hopkins incarne le psychopathe absolu dans Le silence des agneaux de Jonathan Demme et la frêle Clarice Starling (Jodie Foster) aura bien du mal à le dompter. Dans Terminator, James Cameron embarque le spectateur dans la pure SF avec un assassin cybernétique et un résistant humain incarné par Arny Schwarzenegger. Enfin, on ne va pas spoiler Usual Suspects de Bryan Singer mais son méchant est une synthèse… (Warner)
WESTERN
WesternOn dit parfois que le western est mort ou, du moins, qu’il n’a plus de public… Pourtant le cinéphile se plonge toujours avec ravissement dans ce genre, le plus éminemment américain qui met en scène, film après film, la marche vers l’Ouest, la ruée vers l’Or, les guerres indiennes et la naissance des Etats-Unis.  Voici un coffret-livre qui réunit pas moins de vingt classiques dans lesquels s’illustrèrent John Wayne, Gary Cooper, James Stewart, Robert Mitchum, Burt Lancaster ou Richard Widmark qui y gagnèrent souvent leurs galons de star. Dans cet ensemble, on retrouve quatre inédits en dvd : Le cavalier de la mort (1951) d’André de Toth avec Randolph Scott, Bataille sans merci (1953) du grand Raoul Walsh avec Rock Hudson, Dix hommes à abattre (1955) de Bruce Humberstone et Les écumeurs (1942) de Ray Enright avec Marlène Dietrich en blonde et influente patronne de saloon… (Sidonis Calysta)
OSS 117
OSS117Hubert Bonisseur de la Bath est indiscutablement un champion du monde. Dans la catégorie espions, on n’a jamais fait plus crétin. Et pourtant OSS 117 a le sourire ravageur des grands fauves ! Incarné par un Jean Dujardin qui se régale visiblement de s’emparer d’un tel idiot, on retrouve l’espion français inventé en 1949 par Jean Bruce, dans un coffret qui réunit les trois comédies d’espionnage de la nouvelle série de ses aventures : Le Caire, nid d’espions (2006) qui plante son décor dans la IVe République de René Coty, Rio ne répond plus… (2009) où il est en quête d’un microfilm détenu par un ancien dignitaire nazi, les deux mis en scène par Michel Hazanavicius et Alerte rouge en Afrique noire (2021) réalisé par Nicolas Bedos où OSS ronge son frein dans le service informatique du service avant de pouvoir filer en Afrique de l’Ouest secourir l’agent 0SS 1001 (Pierre Niney). Pour le simple et délicieux plaisir de rire de bon coeur. (Gaumont)

 

LUMET, KIESLOWSKI, BRAC, HEDY LAMARR ET LA NOSTALGIE SELON TOTO  

THE PAWNBROKER
The PawnbrokerRemarqué dès son premier long-métrage –le remarquable Douze hommes en colère- Sidney Lumet a été longtemps considéré comme un bon faiseur mais pas comme un auteur à part entière. S’il ne fallait qu’un exemple pour s’en convaincre, ce serait ce (rare et méconnu) Prêteur sur gages que Lumet réalise en 1964 dans les rues de Harlem qu’il filme dans un beau noir et blanc… Rescapé des camps de la mort où il a perdu les siens, Sol Nazerman, originaire de Leipzig, a émigré aux Etats-Unis où il est devenu prêteur sur gages à New York. Grâce à sa boutique où il emploie un jeune Portoricain, il blanchit de l’argent pour la pègre… A la date anniversaire des 25 ans de la mort de sa famille, le ténébreux Nazerman doit affronter les cauchemars de son passé et l’hostilité de son environnement. A travers ce Nazerman (Rod Steiger admirable), Juif errant perdu entre un présent sinistre et un passé épouvantable, Lumet questionne l’Histoire et la mémoire. (Potemkine)
LA DOUBLE VIE DE VERONIQUE
Double Vie VéroniqueLors d’un concert à Cracovie, Weronika, chanteuse à la voix superbe, meurt brutalement en scène. Loin de là, en France, Véronique éprouve une douleur violente et sent comme une absence. Puis des signes étranges, dont une énigmatique cassette d’indices sonores, surviennent… Dans une nouvelle restauration 4K, on retrouve le chef d’œuvre réalisé en 1991 par Krzysztof Kieslowski qui, sur des images envoûtantes, fluides et flottantes, convoque le sublime fantastique au service de l’angoisse de la perte. Dans son plus beau rôle, Irène Jacob fut couronnée meilleure actrice à Cannes. Enfin la musique de Zbignew Preisner est magique. Deux femmes, une histoire mêlée et la fuite bouleversante des choses et des êtres. (MK2)
A L’ABORDAGE
A l'AbordageParis en août. Félix rencontre Alma lors d’une soirée sur les bords de la Seine. Ils ont le même âge mais ne sont pas au même monde. Lui travaille, elle va partir en vacances. Qu’à cela ne tienne. Félix décide de la rejoindre à l’autre bout de la France. Un peu forcé, son ami Chérif l’accompagne… Comme ils n’ont pas de voiture, ils réservent une voiture sur Blablacar et font le voyage avec Edouard vite surnommé Chaton. Avec une bande de jeunes et bons comédiens, Guillaume Brac réussit une entraînante comédie à la fois solaire et mélancolique. A la manière des Buddy movie, cette aventure estivale raconte des garçons, des « galériens », qui ont des envies de meufs plein la tête avant que, peut-être, l’amour s’en mêle. Jubilatoire ! (Potemkine)
UNE FEMME DESHONORÉE
Femme DeshonoreeDirectrice d’un magazine, la belle Madeleine Damien est déprimée et, au volant de sa voiture dans la nuit, songe au suicide. Un psychiatre lui vient en secours et lui suggère de changer de vie. Madeleine s’installe à Greenwich Village et s’adonne à la peinture. Elle s’éprend de David, sympathique jeune scientifique, qui vit sur son palier. Alors que David la presse de se marier, Madeleine croise un ancien et riche amant qui l’attire chez lui… Cinéaste « maison » chez Disney (il signa notamment Mary Poppins), Robert Stevenson réussit, en 1947, un bon film noir qui doit beaucoup au charme et à la grâce de Hedy Lamarr qui produisit elle-même le film. Elle irradie de beauté dans le rôle d’une femme réprouvée par la société parce qu’elle accumule les aventures sans lendemain… (Artus Films)
CINEMA PARADISO
Cinema ParadisoÀ Rome, à la fin des années 1980, Salvatore vient d’apprendre la mort de son vieil ami Alfredo. Soudain, c’est toute son enfance qui remonte à la surface. Son village natal, en Sicile, quand on l’appelait Toto et qu’il partageait son temps libre entre l’église (où il était enfant de chœur) et la salle de cinéma paroissiale, où régnait Alfredo, le projectionniste qui, au travers des films qu’il projetait, lui apprenait la vie. Avec Jacques Perrin (Toto adulte) et Philippe Noiret (Alfredo), Giuseppe Tornatore réussit, en 1988, un émouvant chant d’amour au cinéma que l’on retrouve dans une belle version remastérisée 4K. La séquence finale –message posthume d’Alfredo à Toto- avec le montage de tous les baisers coupés dans les films par le curé du village, célèbre l’immortalité du 7e art. (Universal)
THE NEST
The NestDans les années 1980, Rory O’Hara, ancien courtier britannique qui a réussi dans les affaires aux Etats-Unis, décide de retourner, avec sa femme Allison et leurs deux enfants, en Angleterre pour tenter un nouveau challenge professionnel, persuadé qu’il va faire fortune. Installée dans un manoir anglais, la famille, loin de son confort américain, a beaucoup de mal à trouver ses marques. Peu à peu, l’avenir de la famille va s’assombrir car l’espoir d’un lucratif nouveau départ s’évanouit rapidement et l’isolement fissure l’équilibre familial… En compétition au festival de Deauville, le film de Sean Durkin, avec son atmosphère rapidement angoissante, a raflé trois récompenses dont le Grand prix. Au côté de Carrie Coon, excellente en épouse qui voit sa vie de couple s’effondrer, Jude Law est remarquable en type ambitieux emporté dans une descente aux enfers. Car Rory O’Hara fait toujours comme si de rien n’était alors que le sol (et les finances) disparaît sous ses pas… (M6)
PIL
PilMalicieuse jeune orpheline suivie par trois fouines voleuses, Pil vit de petits larcins dans la cité médiévale de Roc-en-Brume. Entrée par hasard dans le château du lieu, elle surprend le régent qui s’apprête à usurper le trône. Pour fuir les gardes, Pil se costume en princesse. Elle va alors tenter de sauver Roland, l’héritier légitime, qui a été transformé en « chapoule » par le régent… Julien Fournet et les Toulousains de TAT productions donnent un film d’animation moyenâgeux rythmé autour d’une héroïne au look de punkette qui affronte de multiples chausse-trappes. Dans sa quête, Pil va évidemment faire preuve d’une fameuse noblesse du cœur… (M6)
SCREAM
ScreamA l’occasion du 25e anniversaire de la sortie (1996) de ce thriller iconique de Wes Craven, on le retrouve pour la première fois en 4K Ultra HD et en édition Blu-ray remasterisée. Suite à une série de morts mystérieuses dans leur petite ville, un groupe d’amis mené par Sidney Prescott (Neve Campbell) devient la cible d’un tueur masqué. Alors que le nombre de victimes ne fait qu’augmenter, Sidney et ses amis se tournent vers les « codes » des films d’horreur pour survivre à la terrifiante réalité dont ils font l’expérience… Un quart de siècle après sa sortie, le film (qui aura trois suites, toutes mises en scène par Wes Craven) déconstruit avec brio le genre de l’horreur et rend hommage aux codes des films de slasher, tout en les renversant avec des rebondissements astucieux et des dialogues pleins d’esprit. De nombreux bonus enrichissent le Blu-ray avec notamment des séquences d’archives en coulisses et de nouvelles interviews de Neve Campbell, Courteney Cox ou David Arquette. Un nouveau Scream est prévu, en salles, pour la mi-janvier. (Paramount)
LANSKY
LanskyDans les années 1970, le mafieux Meyer Lansky — aujourd’hui vieillissant — s’est retiré du monde de la mafia. Alors qu’il désire rejoindre Israël, les États-Unis l’empêchent de quitter le sol américain. Il fait l’objet d’une énième enquête du FBI car il est soupçonné d’avoir caché des millions de dollars depuis un demi-siècle. Désormais retraité, il part alors vivre ses vieux jours à Miami dans un anonymat total. L’ancien gangster (Harvey Keitel) va raconter sa vie et son histoire vertigineuse à un journaliste, David Stone (Sam Worthington), pour qu’il écrive ses mémoires afin de partager sa vérité sur certaines affaires. Il revient notamment sur Murder Incorporated, la Yiddish Connection ou encore le Syndicat national du crime. Un biopic solidement construit par Eytan Rockaway. (Universal)
BERLIN ALEXANDERPLATZ
Berlin AlexanderplatzRéfugié de Guinée-Bissau, Francis, 30 ans, se retrouve à Berlin et se rend vite compte qu’il est difficile de gagner sa vie honnêtement en tant qu’apatride sans papiers. Pourtant, employé au noir sur un chantier de construction de l’Alexanderplatz, Francis essaye de rester dans la bonne voie même lorsque la rencontre avec un trafiquant de drogue allemand l’entraîne dans les nuits de Berlin. Après l’impressionnante fresque virtuose de Fassbinder (1980), le réalisateur germano-afghan Burhan Qurbani s’empare du célèbre roman de Alfred Döblin, véritable monument de la littérature allemande paru en 1929, pour une relecture contemporaine sur fond d’immigration d’Afrique, d’intégration et de violence dans l’underground berlinois. Dans un Berlin underground, le travail visuel est remarquable et distille une poésie expressionniste. (Le Pacte)
DE BAS ETAGE
De Bas EtageMehdi, la trentaine, est un perceur de coffres de petite envergure. Avec ses complices, il tente de s’en sortir mais leurs cambriolages en zone industrielle ne payent plus comme avant et les quelques alternatives professionnelles qui s’offrent à lui ne le séduisent pas. En pleine remise en question, il tente de reconquérir Sarah, la mère de son fils d’un an qu’il adore. Pour le cinéaste Yassine Qnia, c’est l’histoire d’un homme aussi amoureux qu’orgueilleux, qui vit très mal la situation dans laquelle il se trouve. En filmant l’impuissance de Medhi à inverser le cours des choses et à prendre en charge matériellement sa famille, le réalisateur détaille le lancinant engrenage de l’échec d’une jeunesse désabusée. Sans jamais chercher à paraître sympathique, Soufiane Guerrab compose un Medhi sombre et douloureux. (Le Pacte)
REMINISCENCE
ReminiscenceDans un futur proche, Miami a été submergé par les flots, suite aux effets du changement climatique. Un enquêteur privé, Nick Bannister (Hugh Jackman), est engagé par des clients afin de retrouver leurs précieux souvenirs. Au cours de sa dernière affaire, il tombe éperdument amoureux de sa cliente. A sa disparition, le détective est désemparé et se lance à sa recherche. Il se retrouve alors perdu dans une boucle temporelle et découvre des aspects de sa personnalité qu’il ne connaissait pas auparavant. Réalisé par Lisa Joy (dont c’est le premier long-métrage), voici un polar high-tech qui a été mis à mal par la critique aux Etats-Unis. Pourtant, techniquement impeccable même si son scénario est bien classique, cette dystopie « écolo » est de la SF qui se regarde quand même sans déplaisir. (Warner)
LES FANTASMES
FantasmesTous les fantasmes sont dans la nature et nul ne saurait empêcher quelqu’un de les cultiver. Au prix, évidemment, du respect de la liberté de l’autre. Les frères David et Stéphane Foenkinos signent, ici, un divertissement léger autour de six couples qui, face à leurs fantasmes, tentent d’explorer les faces cachées de leur vie intime. Sur le vaste univers du fantasme, les frères Foenkinos ont quasiment agi en sociologues en se renseignant auprès de praticiens, en épluchant le net, listant ainsi près de 250 fantasmes. « Notre motivation principale, disent-ils, était de rester le plus réaliste possible. (…) Une chose très importante à rappeler ici : tous les fantasmes évoqués dans le film existent vraiment ! » Voici donc, servi par une imposante brochette de comédiens connus, un film à sketches qui passe en revue la ludophilie, la dacryphilie, la sorophilie, la thanatophilie, l’hypophilie ou l’autagonistophilie. Notre préféré ? la ludophilie où Vincent et Louise délirent gentiment dans des jeux de rôle… (Gaumont)

VIENNA, JULIE, DOMINIQUE, VALENTINE, MOHAMEDOU, ANNETTE, TIH MINH, NORA, FIGURES TRAGIQUES  

JOHNNY GUITARE
Johnny Guitarre« Un western rêvé » disait Truffaut de cette œuvre ébouriffante de romantisme exacerbé que Nicholas Ray tourne en 1954 et qui demeure toujours l’un des plus notables westerns féministes du 20e siècle ! Femme forte, Vienna mène avec poigne son saloon en Arizona. Une attaque de diligence lui vaut la haine d’Emma, une riche propriétaire, jalouse de sa réussite sur fond d’inquiétudes face au progrès symbolisé par l’arrivée du chemin de fer. Musicien qui vient d’être embauché par Vienna, Johnny Guitare (Sterling Hayden) tente de s’interposer entre ces deux femmes.  Star emblématique de l’âge d’or d’Hollywood, Joan Crawford incarne superbement une Vienna troublante et violente face à Mercedes McCambridge en notable puritaine. Le lyrisme au service aussi d’une réflexion sur l’Amérique aux heures noires du maccarthysme. (Sidonis Calysta)
TROIS COULEURS
Trois CouleursBleu, blanc et rouge comme les couleurs du drapeau français. Le thème de chaque film de la trilogie de Kieslowski (1941-1996) est basé sur l’un des trois termes de la devise de la France : Liberté, Egalité, Fraternité. Réalisés en 1993 et 1994, ces trois films furent le plus grand succès du cinéaste polonais hors de son pays natal et assurément l’une de ses œuvres les plus acclamées après Le décalogue. Interprétés par Juliette Binoche (Bleu, 93), Julie Delpy (Blanc, 94) et Irène Jacob (Rouge, 94), cette trilogie (largement récompensée dans les festivals de Venise, Berlin et Cannes) illustre, avec ironie et ambiguïté, ces valeurs en liant, de film en film dont les histoires sont cependant indépendantes, ses personnages… Présenté en version restaurée, Trois couleurs (qui marqua la fin de la carrière de Kielowski) est une œuvre majeure du cinéma moderne. (MK2)
DESIGNE COUPABLE
Désigné CoupableEn novembre 2001, après les attentats du 11/9, Mohamedou Ould Slahi assiste à un mariage en Mauritanie. Sa vie bascule lorsqu’il est interpellé au motif que les autorités américaines veulent l’interroger. Présumé impliqué dans la tragédie du World Trade Center, Slahi (qui avait rejoint Al-Quaida dans les années 80 mais avait renoncé au groupe dans les années 90) va se retrouver incarcéré à Guantanamo d’août 2002 à octobre 2016. A travers le calvaire de Slahi et le combat acharné et précieux de Nancy Hollander, avocate américaine et militante des droits civiques (Jodie Foster), le cinéaste écossais Kevin Mcdonald signe une histoire (vraie) au traitement classique mais très efficace. Dans le rôle de Slahi, Tahar Rahim est remarquable ! (Metropolitan)
ANNETTE
AnnetteDepuis toujours, de son propre aveu, Léos Carax est grand amateur de comédies musicales. Le cinéaste a enfin, ici, l’opportunité de passer à l’acte. En partant de la musique pop des Sparks et leur morceau « So May We Start », l’auteur des Amants du Pont Neuf embarque le spectateur dans une pure mais déchirante féérie. A Los Angeles, Henry McHenry, star du stand-up féroce et Ann Desfranoux, fameuse cantatrice lyrique, forment un couple glamour constamment sous le feu des paparazzis. Ensemble, ils décident d’avoir un enfant. Ce sera Annette, fillette mystérieuse au destin exceptionnel. Mais le couple va basculer dans la tragédie. Avec de solides fulgurances, voici une œuvre brillante et ambitieuse portée par le beau duo Marion Cotillard – Adam Driver… (UGC)
LOUIS FEUILLADE
JudexTih MinhGaumont Classiques permet de retrouver deux œuvres remarquables de Louis Feuillade (1873-1925), maître du cinéma muet français et inventeur du feuilleton au cinéma. Ciné-roman en 12 épisodes, Judex (1917) raconte les exploits d’un justicier vêtu de noir qui s’oppose à Favraux, un banquier véreux qu’il enferme dans les caves de son repaire. Mais ses plans sont contrariés par Diana, une aventurière (Musidora, la première vamp française) qui cherche à voler la fortune de Favraux. Lorsque Diana s’en prend à la fille du banquier, Judex, tombé sous son charme, va veiller sur la jeune femme. Moins célèbre que Judex mais esthétiquement tout à fait remarquable, Tih Minh (1919) met en scène (en 12 épisodes) les aventures de Jacques d’Athys qui revient d’Extrême-Orient. A son insu, le jeune homme détient le testament du Rajah Ourvasi. Des espions sont prêts à tout pour récupérer ce manuscrit qui donne les clés d’un fabuleux trésor. Ils vont enlever Tih-Minh (Mary Harald, étonnante), la jeune métisse annamite fiancée de Jacques… (Gaumont)
BONNE MERE
Bonne MereFemme de ménage à l’aéroport de Marseille, Nora, la cinquantaine, accomplit, jour après jour, un labeur routinier. Cela pour pouvoir veiller au mieux sur sa famille nombreuse qui vit dans les quartiers nord de la ville… Après l’émouvant Tu mérites un amour (2019), Hafsia Herzi revient derrière la caméra et taille sa route dans un cinéma social de qualité pour évoquer le quartier de son enfance à travers le portrait d’une femme (inspirée de sa propre mère) qui sait qu’elle doit rester debout pour que les siens survivent, notamment son fils Ellyes, incarcéré et en attente de procès. Comédienne non professionnelle, Halima Benhamed apporte à sa Nora humanité et tendresse mais aussi une profonde mélancolie… Un beau film sensible qui questionne aussi la pauvreté en France. (Blaq Out)
BATTLE ROYALE
Battle RoyaleDans un pays d’Extrême-Orient, probablement le Japon et dans un futur proche où la violence monte chez les jeunes, les adultes ont voté la loi Battle Royale, imposant un programme de survie du même nom présenté sous forme de « jeu » mortel : le Battle Royale. Son principe est simple : une classe de 3e, choisie au hasard chaque année pour y participer, est emmenée dans un lieu isolé et ses élèves, contraints de s’entretuer durant trois jours jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un seul. Adaptation du roman éponyme de Koshun Takami, Battle Royale, présenté dans un beau coffret, se décline en deux films en 2000 et 2003, le premier réalisé par Kinji Fukasaku, le second par Kenta Fukasaku, scénariste du premier opus et fils de Kinji, décédé pendant le tournage. Dans le rôle du professeur, on remarque le grand Takeski Kitano, réalisateur et acteur de L’été de Kikujiro ou de Hana-bi.(M6)
UNE HISTOIRE D’AMOUR ET DE DESIR
Histoire Amour DesirEn cours de littérature arabe, Ahmed, étudiant français d’origine algérienne, rencontre Farah, jeune Tunisienne venue à Paris pour étudier à la Sorbonne. Les jeunes gens s’apprécient mais Ahmed hésite à passer de l’amitié naissante à une relation plus intime. La cinéaste Leyla Bouzid concentre ce récit initiatique sur un jeune homme timide et hésitant (Sami Outalbali) qui a peur d’avouer à Farah (Zbeida Belhajamor) son inexpérience… Dans le cadre feutré de la fac (où est célébrée la beauté de la littérature érotique arabe), le film évoque, à la croisée des cultures, la difficulté d’Ahmed à trouver sa place entre fébrilité et hésitations… Un héros « mâle dans sa peau », comme l’a écrit Libération. (Pyramide)
L’ECHINE DU DIABLE
Echine DiableAlors que la guerre civile déchire l’Espagne, le jeune Carlos trouve réfuge à Santa Lucia, un orphelinat perdu dans la campagne et dirigé par Mme Carmen (Marisa Paredès). Une nuit, mis au défi par ses camarades, il doit traverser la cour pour se rendre dans la cuisine, l’obligeant à passer devant la maison de Jacinto, l’antipathique gardien (Eduardo Noriega). Là, Carlos entend d’étranges soupirs, ceux du fantôme d’un enfant… En 2001, Guillermo del Toro réussit, dans le contexte historique du Franquisme, un conte cruel sur l’enfance et les fantômes. Le Mexicain distille un fascinant univers fantastique fait de nostalgie et de poésie et porté par des images toujours impressionnantes. En version restaurée, le film sort dans un coffret Ultra collector avec un livre illustré et d’abondants suppléments dont des entretiens avec les comédiens Marisa Paredès et Eduardo Noriega et le cinéaste. (Carlotta)
MISSION IMPOSSIBLE – L’INTEGRALE
Mission ImpossibleAu départ, c’est une fameuse série télé créée par Bruce Geller et diffusée dans les années 1960-70. Et on se souvient bien du célèbre « Bonjour M. Phelps, votre mission, si vous l’acceptez… » Et puis vint, en 1995, Brian de Palma qui s’appliqua à dynamiter la série, embarquant notamment ses espions en Europe pour les fondre dans de solides machinations. Le succès, pour le premier Mission impossible fut au rendez-vous avec, pour la France, plus de 4 millions d’entrées. Et Tom Cruise, avec son personnage d’Ethan Hunt, s’installa dans une fameuse saga d’action. Un beau coffret regroupe l’intégrale des six films avec le De Palma puis Mission impossible 2 (2000) mis en scène par John Woo, Mission impossible 3 (2006) par J.J. Abrams, Mission impossible : Protocole fantôme (2011) par Brad Bird, Mission impossible : Rogue Nation (2015) et Mission impossible: Fallout (2018), ces deux derniers réalisés par Christopher McQuarrie. (Paramount)
LE PASSAGE DU CANYON
Passage CanyonEn 1856, Logan Stewart accepte, à la demande de son ami Camrose, d’accompagner Lucy Overmire, sa fiancée, de Portland à Jacksonville. Stewart s’éprend de Lucy mais se tait. Il sauve Camrose d’un lynchage tandis qu’une révolte des Indiens éclate à la suite de la mort d’un des leurs, tué par un complice de Camrose. En 1946, le Franco-américain Jacques Tourneur, maître du fantastique à la RKO (La féline ou Vaudou), tourne un western (en technicolor) déroutant par le peu de scènes d’action mais fascinant par l’angoisse qu’il distille constamment. Dana Andrews (Stuart), Brian Donlevy (Camrose) et Susan Hayward (Lucy) défendent avec brio cette aventure volontiers métaphysique et portée par des chansons qui valurent au film une nomination aux Oscars… (Sidonis Calysta)
LA LOI DE TEHERAN
Loi TeheranLa consommation de crack en Iran est un véritable fléau et la sanction pour possession de drogue, que l’on ait 30 gr. ou 50 kilos sur soi, c’est la peine de mort. Malgré ces peines très sévères, le phénomène ne cesse de s’amplifier. Le cinéaste iranien Saeed Roustayi raconte, dans un thriller violent et haletant, la traque que mène un flic obstiné (Payman Maadi, vu dans Une séparation d’Asghar Farhadi ou Police d’Anne Fontaine) pour faire tomber Naser Khakzad, un parrain… Mais l’affaire ne sera pas simple à mener à bien car Khakzad cache un secret. Adoptant tour à tour le point de vue du policier et celui du trafiquant, le film (plus gros succès de tous les temps en Iran pour une production non comique) traite aussi de la probité de la police ou encore de l’importance et du poids de la famille. Un regard glaçant sur la société iranienne ! (Wild Side)
LELOUCH – BELMONDO
Lelouch BelmondoA l’occasion de la disparition de Jean-Paul Belmondo, Claude Lelouch le résuma ainsi : « C’était la joie de vivre incarnée, c’était une cour de récréation à lui tout seul » Les deux ont tourné ensemble à trois reprises… En 1969, dans Un homme qui me plaît, Belmondo est un compositeur de musique de film qui, au hasard d’un tournage au USA, croise Françoise, une actrice (Annie Girardot) et deviennent amants… En 1988, Lelouch signe l’épatant Itinéraire d’un enfant gâté qui vaudra à Bebel le César du meilleur acteur. Il y incarne Sam Lion, ancien artiste de cirque et homme d’affaires qui va prendre, sous son aile, Albert Duvivier (Richard Anconina) qui lui rappelle ses jeunes années. Enfin, en 1995, Belmondo se glissait dans les habits de Jean Valjean pour l’adaptation des Misérables de Victor Hugo dans laquelle Lelouch brassait librement les époques, transposant notamment le drame dans la France de 1942 et de la collaboration. Un coffret réunit ces trois titres. (Metropolitan)
SEX AND THE CITY – L’INTEGRALE
Sex CityJournaliste new-yorkaise branchée, Carrie Bradshaw explore l’univers vibrant de la mode à Manhattan et chronique la vie des célibataires de Big Apple. Avec ses copines Samantha Jones, Charlotte York et Miranda Hobbes, elles expérimentent l’amitié féminine aux prises avec le sexe. Série HBO culte (diffusée entre 1998 et 2004), Sex and the City brisa les frontières, changea la télévision et donna une autre image des femmes, leur apprenant à avoir des conversations honnêtes sur leurs relations. Un beau coffret inédit regroupe, en Blu-ray, l’intégrale des six saisons de la série (96 épisodes au total) et les deux films produits pour le grand écran en 1998 et 2010. Pour retrouver les pétillantes Sarah Jessica Parker (Carrie), Kim Cattral (Samantha), Kristin Davis (Charlotte) et Cynthia Nixon (Miranda) aux prises avec leurs hommes… Le coffret comprend aussi trois heures de bonus. (Warner)
MESSE BASSE
Messe BasseJeune élève dans une école d’infirmière, la discrète Julie s’installe dans une chambre chez Elizabeth qui la lui prête en échange de quelques services ménagers. Veuve depuis longtemps, Elizabeth vit dans le souvenir de Victor. Mais elle persiste surtout à faire comme si Victor vivait toujours à ses côtés. Pour lui faire plaisir, Julie commence par jouer le jeu. Mais la situation vire de manière inquiétante autour d’une présence fantasmagorique. Pour son premier long-métrage et en s’appuyant sur le bon tandem composé par Jacqueline Bisset et Alice Isaaz, Baptiste Drapeau distille une atmosphère fantastique autour d’un étrange et inquiétant « triangle amoureux »… Dans les bonus, le cinéaste revient longuement sur son travail. (Capricci)
KAAMELOTT – PREMIER VOLET
KaamelottLa quête du Graal est une rude affaire. De retour après une longue absence, Arthur Pendragon le constate avec ses alliés bien incompétents et ses adversaires bien bas du front… Dix ans après la fin de la série, Alexandre Astier est donc de retour avec ce « Premier volet » où l’on constate que le royaume de Logres, en 484 après J.-C., est devenu un état dictatorial mené par un Lancelot du Lac plutôt à côté de ses pompes, entouré de tarés, dans un bain de collaboration et de résistance. Avec un imposant casting mais quelques soucis de rythme, voici de la fantasy volontiers loufoque. Les fans de la série y trouveront leur compte ! (M6)
CHRISTMAS EVIL
Christmas EvilEnfant, Harry a surpris sa mère en plein ébat avec… le père Noël. Une vision qui le hante pour toujours. Trente ans plus, Harry travaille dans une usine de jouets et son existence entière tourne autour du père Noël. Harry croit à l’incarnation de l’innocence que représente le père Noël. Mais l’époque a changé et le cynisme règne en maître. Harry endosse alors le costume du père Noël pour distribuer lui-même les cadeaux et… les châtiments. Dans la Midnight collection (qui met le meilleur de la VHS disponible en Blu-ray), voici, en version restaurée, un slasher réalisé en 1980 par Lewis Jackson qui montre un père Noël gagné par la folie et le meurtre. Avec, en prime, un pamphlet contre la société de consommation. Sans doute faut-il éviter de le montrer aux enfants mais assurément jubilatoire pour les grands. (Carlotta)
ICE ROAD
Ice RoadDans le Grand Nord canadien, une mine de diamants s’effondre et piège une trentaine de mineurs confinés avec très peu d’air. Goldenrod (Laurence Fischburne), propriétaire d’une entreprise de transport routier, fait alors appel à Mike, un conducteur chevronné de semi-remorque, pour venir au secours des accidentés. Alors que la tempête gronde et que le dégel approche, l’équipe de sauvetage doit faire face aux contraintes liées au froid. Elle va surtout découvrir que le véritable danger est ailleurs. En camionneur de l’extrême, Liam Neeson, avec sa gueule crispée de dur inoxydable, retrouve l’un de ces personnages « hivernaux » qu’il avait défendus, par exemple, dans Sang froid (2019). Un petit côté Fast and Furious dans les glaces. Frissons au rendez-vous. (Metropolitan)

NICOLAS, FRANCOIS, ALEXIA/ALEX, LE DESIR D’HELENE ET LA MAISON CLOSE DE NEW ORLEANS  

PRESIDENTS
PresidentsAncien président de la République, Nicolas supporte mal l’arrêt de sa vie publique. Alors, malgré l’amour que lui porte sa femme, il rumine et se dit qu’avec la montée du péril fasciste, il pourrait espérer un retour sur la scène politique. Mais il lui faut un allié. Pourquoi pas l’ermite de St Bonnet ? Las, François, autre ancien président, n’a, lui, aucune envie de repiquer au truc. Il est heureux dans sa verte Corrèze en compagnie de sa vétérinaire d’épouse. Encore que… Avec un humour savoureux, Anne Fontaine réussit, ici, deux joyeux portraits d’hommes politiques lancés dans une nouvelle union sacrée contre la peste brune. Jean Dujardin et Grégory Gadebois mais aussi Doria Tillier et Pascale Arbillot s’en donnent à cœur joie. Toute ressemblance etc. (Universal)
TITANE
TitaneGrièvement blessée, enfant, dans une collision routière, Alexia a subi la pose d’un implant en titane dans le crâne. Atteinte de syndrome post-traumatique, elle est prise de pulsions meurtrières. Pour échapper à la police, elle prend l’apparence d’un jeune homme. Un officier des sapeurs-pompiers (Vincent Lindon) croit reconnaître, dans cet Alex, son fils disparu. Après le décapant Grave (2016), Julia Ducournau signe un sauvage « slaher » (Alexia se lance volontiers dans des massacres) qui va prendre les allures d’une quête quasiment fantastique du genre et de l’identité. Agathe Rousselle est très impressionnante en Alexia/Alex et Lindon a rarement incarné de personnage plus tragique. Cette œuvre radicale a obtenu la Palme d’or à Cannes. (Diaphana)
PASSION SIMPLE
Passion Simple« Depuis le mois de septembre de l’année dernière, je n’ai fait qu’attendre un homme, qu’il me téléphone, qu’il vienne chez moi… » Universitaire à Paris, divorcée et mère d’un jeune garçon, Hélène vit une passion amoureuse et exclusivement physique avec Alexandre, un Russe (Sergueï Polounine) qui travaille dans la diplomatie. Avec virtuosité, la cinéaste franco-libanaise Danielle Arbid adapte le court roman éponyme d’Annie Ernaux (paru en 1992) et réussit une œuvre intimiste et éminemment sensuel. L’excellente Laetitia Dosch (drolatique dans le récent Playlist) donne chair à cette Hélène, sublime et presque en lévitation, qui essaye de vivre une existence normale mais est constamment bouleversée par le désir. Magnifique ! (Pyramide)
LA RUE CHAUDE
Rue ChaudeDans les années 30, Dove Linkhorn (Laurence Harvey) quitte le Texas, après la mort de son fermier de père, pour La Nouvelle Orléans afin de retrouver Hallie, la femme dont il est tombé amoureux après une brève rencontre. Las, Hallie (Capucine) travaille désormais à la Maison des poupées, un bordel réputé de la ville et placé sous la coupe de la redoutable Jo. Librement adapté d’un roman de Nelson Algen, le drame d’Edward Dmytryk (1962) a des allures de mélo sentimental traversé de moments noirs et violents. Ce premier film hollywoodien à aborder clairement le lesbianisme offre de beaux rôles à Jane Fonda, Barbara Stanwick et Anne Baxter… (Wild Side)
BENEDETTA
BenedettaAvec le succès d’Elle (2016), le vétéran Paul Verhoeven a pu s’atteler à de nouveaux projets, se tournant, ici, vers un drame inspiré d’un fait-divers « post-médiéval », en l’occurrence l’aventure, dans un couvent de Toscane, au 17e siècle, de la nonne italienne Benedetta Carlini. Considérée comme mystique par son entourage religieux, Benedetta est bientôt bouleversée par une violente passion saphique pour la sauvageonne Bartolomea, jeune fille violentée par son père… Toujours précédé de sa sulfureuse réputation de cinéaste érotique, Verhoeven offre un personnage moderne à Virginie Efira et met en scène, dans un Moyen Age sombre et volontiers inquiétant, un irrépressible appel de la chair… Dans les suppléments, le cinéaste s’explique longuement sur les tenants et les aboutissants de son film. (Pathé)
NOS PLUS BELLES ANNEES
Plus Belles AnneesDans l’Amérique de 1937, Katie Moroski, jeune juive au charme discret, présidente des Jeunesses communistes, et Hubbell Gardiner, dandy aussi blond que désinvolte, n’ont pas grand-chose en commun sinon de fréquenter la même université… Pour elle, tout est sérieux. Pour lui, tout est facile. Ils se retrouvent à New York pendant la guerre et l’amour fera le reste. En 1973, Sydney Pollack signe, avec l’inoubliable duo Barbra Streisand – Robert Redford, une somptueuse histoire d’amour portée par des sentiments puissants et une partition musicale restée dans les mémoires. Dans une belle version restaurée, The Way we Ware sort dans un coffret riche de bons suppléments et d’un livret (50 p.) inédit et illustré d’images d’archives. (Wild Side)
L’HONORABLE ANGELINA
Honorable AngelinaDans le faubourg pauvre de Pietralata à Rome, Angelina Bianchi a du mal à faire vivre sa famille avec la modeste paie de son mari. Presque malgré elle, cette mère de famille va devenir la championne des laissés-pour-compte, combattant les spéculateurs du marché noir et réussissant à obtenir la fourniture de l’eau et la distribution de nourriture dans le quartier… Dans sa bonne collection Make my Day, Jean-Baptiste Thoret présente cette chronique italienne mise en scène en 1947 par Luigi Zampa, souvent qualifié de cinéaste du « néo-réalisme rose » parce qu’il mêlait le mélodrame social et la comédie de mœurs teintée d’ironie grinçante… Dans un rôle taillé pour elle, la grande Anna Magnani est énergique à souhait. La Mostra de Venise la couronna meilleure actrice… (Studiocanal)
LA NUEE
La Nuee« Bientôt, il n’y aura plus rien à bouffer… » Pour faire face, Virginie, veuve et mère de deux enfants, a lancé une exploitation de criquets comestibles pour en revendre la farine. Mais les insectes ne se reproduisent plus assez pour produire de la farine en quantité suffisante. Pour la famille de Virginie, la situation devient invivable. A la suite d’une chute, Virginie pense trouver la solution à ses soucis. Entre réalisme et fantastique, Just Philippot, pour son premier long-métrage, construit un récit étouffant et moite où l’héroïne (Suliane Brahim) va nouer un lien étrange et obsessionnel avec ses criquets… Un étonnant thriller… écolo qui a remporté les prix du public et de la critique au festival de Gérardmer. (Capricci)
THE CHIEF IN THE TRUCK
Chief TruckChaque jour, au Ritz, l’un des grands palaces de Paris, François Perret travaille au plus haut niveau de créativité et de discipline pour servir les meilleures pâtisseries à une clientèle conquise. Mais que se passerait-il si ce chef talentueux sortait de son Ritz pour aller à la rencontre de nouveaux publics dans un nouveau pays et cela en échangeant sa cuisine d’hôtel 5 étoiles pour un… food truck ? Scénariste de La désintégration de Philippe Faucon, Eric Nebot a découvert François Perret sur son compte Instagram et il est tombé sous le charme de ses créations. Au chef, Nebot propose une idée folle : réaliser une série originale dédiée à leurs grands-mères. Des coulisses du Ritz à la cuisine ambulante en Californie, voici une belle aventure du goût, de la rencontre, du plaisir et du partage. Evidemment goûteux !
LANCELOT DU LAC
Lancelot LacSur fond de lutte entre amour profane et mystique, Robert Bresson tire une allégorie poétique de la quête du Graal même si tout commence et tout s’achève dans une violence atroce. Ce film médiéval que ses producteurs tentèrent de vendre comme la superproduction « hollywoodienne » de Bresson fut très mal accueilli. Il n’en demeure pas moins qu’on retrouve, ici, la grande exigence filmique de Bresson à propos duquel Marguerite Duras parla de « cinéma pur ». Avec sa rigueur extrême dans le choix des cadrages, Bresson présente un monde où tout est condamné d’avance. Le producteur Humbert Balsan (Gauvin) apparaît pour la première fois comme acteur… (Gaumont)
LE ROI ET QUATRE REINES
Roi Quatre ReinesL’aventurier Dan Kehoe fait halte à Touchstone et entend, au saloon, parler de Wagon Mound. Là vit Ma McDade qui tire sur ceux qui s’approchent de son ranch, protégeant le trésor amassé par ses quatre voleurs de fils, tous disparus. Avec Ma (Jo Van Fleet), restent les quatre compagnes des fils. Kehoe va séduire les veuves en les dressant les unes contre les autres. En 1956, le grand Raoul Walsh tourne cette rare et originale comédie-western au ton de marivaudage truculent. C’est le sémillant Clark Gable qui incarne ce Kehoe qui se régale de la compagnie d’Eleaonor Parker, Jean Willes, Barbara Nichols et Sara Shane, toutes décidées à le faire succomber à leurs charmes… (Sidonis Calysta)
LA FINE FLEUR
Fine FleurHéritière d’une exploitation horticole familiale spécialisée dans les roses, Eve Vernet a de plus en plus de mal à maintenir sa petite boîte à flot face à la concurrence de Lamarzelle, un homme d’affaires (Vincent Dedienne) aux dents longues. Pour faire face, elle accepte d’embaucher trois employés en réinsertion. L’un d’eux, jeune délinquant abandonné par sa famille, va montrer des dons particuliers pour l’obtention de roses superbes. Pierre Pinaud réussit une comédie sociale pleine de tendresse autour d’une maîtresse femme (Catherine Frot parfaite) aux prises avec un improbable trio. Un feel-good movie sur la beauté des roses et surtout des relations humaines. (Diaphana)
AINBO, PRINCESSE D’AMAZONIE
AinboLa pétillante Ainbo, 13 ans, rêve d’être la meilleure chasseuse de tout Candamo. Née au cœur de la forêt amazonienne, elle se lance, au mépris de tous les dangers, dans la lutte contre la déforestation. Heureusement, Ainbo sait que pour vaincre ses ennemis, coupeurs d’arbres et chercheurs d’or, elle pourra compter sur ses guides spirituels magiques : Vaca, le tapir costaud et maladroit et Dillo, le tatou espiègle. Les réalisateurs Richard Claus et José Zelada signent un agréable film d’animation néerlando-péruvien autour de croyances ancestrales confrontées au fléau de la dégradation de l’environnement… (Le Pacte)
FAST AND FURIOUS 9
Fast FuriousLoin du macadam bouillant, Dom Torreto vit maintenant une existence paisible avec sa femme Letty et leur petit Brian qu’il a arraché aux griffes de Cipher. Bien sûr, les dangers sont toujours là et Dom sait que, pour sauver ceux qu’ils aiment, il devra affronter les démons de son passé incarné, dans un complot mondial, par un homme aussi à l’aise avec une arme que derrière un volant, en l’occurrence Jakob, son frère désavoué. La saga Fast and Furious a vingt ans et elle poursuit toujours sa route sur le mode action à gogo. Justin Lin (déjà auteur des épisodes 3 à 6 et des deux parties du n°10 qui marquera la fin de l’aventure) signe un film dont le scénario (évidemment ?) n’innove pas beaucoup et oublie aussi de se prendre au sérieux. Et Dom (l’incassable Vin Diesel) va à la baston avec toujours la même abnégation. (Universal)

FARO, HOPPER, LES DANSES URBAINES ET LE TOUBIB DANS LA NUIT  

BERGMAN ISLAND
Bergman IslandLe temps d’un été, deux cinéastes s’installent sur l’île suédoise de Farö pour écrire. Entre balades et discussions sur Bergman qui y vécut, le couple découvre l’île et ses paysages sauvages. Dans ce décor, réalité et scénario s’entremêlent. A travers Ingmar Bergman dont elle évoque Scènes de la vie conjugale, Mia Hansen-Love (connue pour Un amour de jeunesse ou L’avenir) rend hommage au 7e art et au processus créatif en mêlant, dans un projet teinté d’autobiographie, deux récits. Celui des cinéastes Chris et Tony (Vicky Krieps et Tim Roth), de l’autre l’aventure amoureuse d’Amy (Mia Wasikowska) et de son compagnon (Anders Danielsen)… Une douce atmosphère baigne ce voyage au pays du maître de Farö. (Blaq Out)
OUT OF BLUE
Out Of BlueAprès une longue galère à Hollywood et l’échec de The Last Movie (1971), Dennis Hopper (1936-2010) a l’opportunité de revenir derrière la caméra avec un drame familial très sombre, voire glauque. Dans une collision avec un bus, Don (Dennis Hopper) a tué des écoliers. Il finit de purger cinq années de prison. Sa fille Cindy alias Cebe et sa femme héroïnomane l’attendent. Considéré comme l’Easy Rider des années 80, ce film punk, porté par l’image d’Elvis et un tube de Neil Young, est « no future » au possible et raconte, au-delà du parcours tragique d’une adolescente garçon manqué (Linda Manz remarquable), une histoire terrible de destruction, celle de Hopper lui-même. (Potemkine)
INDES GALANTES
Indes GalantesQuand trente danseurs de hip-hop, krump, break, voguing, posing, flexing, un metteur en scène (l’Alsacien Clément Cogitore) et une chorégraphe (Bintou Dembélé) se retrouvent à l’Opéra de Paris, cela donne un spectacle qui, faisant dialoguer sur scène danses urbaines et chant lyrique, réinvente le chef d’oeuvre baroque (1735) de Jean-Philippe Rameau, Les Indes galantes. Des répétitions (de l’hétérogène vers l’harmonie) aux représentations publiques, le cinéaste documentariste Philippe Béziat capte une forte aventure humaine sur fond de brassage et interroge : une nouvelle génération d’artistes peut-elle aujourd’hui prendre la Bastille? (Pyramide)
MEDECIN DE NUIT
Medecin NuitC’est la nuit dans un quartier de populaire de Paris. Un homme visiblement fatigué attend dans sa voiture. Un jeune homme monte à bord et l’homme lui délivre une ordonnance pour du Subutex. Mickaël Kourtchine est médecin de nuit et il sillonne la ville pour intervenir auprès de malades. Avec un excellent Vincent Macaigne à la silhouette lourde, Elie Wajeman brosse le portrait d’un praticien branché en permanence sur le contemporain et en première ligne de ce qui se passe de moins limpide dans la nuit. Dans ce thriller existentiel, Kourtchine se débat entre son envie de lâcher l’affaire, son cousin pharmacien pris dans une sale histoire et une vie privée compliquée entre épouse et maîtresse… (Diaphana)
DJANGO
DjangoUn homme mystérieux arrive dans une petite ville, tirant un cercueil boueux derrière lui. Cet étranger nommé Django sauve la vie d’une jeune femme. Il se retrouve ainsi au coeur d’une guerre entre des révolutionnaires mexicains et une bande de racistes sadiques menés par un major fanatique. Dans le chaos ambiant, Django poursuite sa vengeance… En 1966, avec l’excellent Franco Nero dans le rôle-titre, Sergio Corbucci signe l’une des œuvres les plus emblématiques du western-spaghetti. Une belle édition restaurée 4K avec de nombreux bons suppléments dont une interview de Franco Nero qui évoque son rôle et le travail avec Corbucci. (Carlotta)
EL CHUNCHO
El ChunchoAu Mexique, Chuncho, moitié bandit, moitié rebelle révolutionnaire, attaque avec ses troupes un train de l’armée régulière dans lequel voyage un jeune dandy américain (Lou Castel), qui prête main-forte aux hors-la-loi durant l’assaut. Le yankee se joint aux guérilleros et se lie d’amitié avec Chuncho: leur intention sera de vendre les armes aux révolutionnaires du général Elías. Mais les apparences sont parfois trompeuses… En 1966, Damiano Damiani dirige Gian Maria Volonté dans l’un des plus célèbres westerns zapatistes, sous-genre du western européen où l’on voit des bandits, confrontés à l’injustice, se radicaliser et se muer en révolutionnaires. Présenté en version restaurée, le film est accompagné de suppléments dont un entretien réalisé en 2004 avec Lou Castel qui évoque sa collaboration avec le rigoureux Damiani pour lequel il accepta d’incarner un personnage opposé à ses convictions de militant d’extrême gauche.
LE TARTUFFE
Le TartuffeTombé sous le charme de Tartuffe, Orgon l’a introduit dans sa maison et fait de lui son confident, son frère. Malgré l’opposition de sa famille, Orgon décide de donner sa fille Mariane en mariage à Tartuffe, et lui fait don de tous ses biens. Mais Elmire (Elisabeth Depardieu), à qui Tartuffe a avoué sa passion amoureuse, va ouvrir les yeux d’Orgon. En 1983, Jacques Lassalle prend la tête du TNS à Strasbourg et frappe un grand coup en montant Le Tartuffe de Molière avec Gérard Depardieu et François Périer. Pour son premier passage derrière la caméra dans la version pour le grand écran, Depardieu, en fascinant et austère Tartuffe, signe une œuvre dépouillée et fera de l’emblématique dévot/escroc un séducteur maléfique et pervers… (Gaumont)
ORFEU NEGRO
Orfeu NegroConducteur de tramway à Rio, Orphée charme de ses accords de guitare, la jeune Eurydice venue de son village à la capitale… Pendant le fameux carnaval, la jeune femme (Marpessa Dawn), traquée par un tueur, meurt électrocutée. Orphée (Breno Mello) ramène son corps à la favela avant d’être tué par sa fiancée Mira. En 1959, Marcel Camus revisite l’un des grands mythes antiques et célèbre la bossa nova (les chansons du film sont devenues des standards) et la danse. Largement applaudi à sa sortie (et récompensé de la Palme d’or 1959 et de l’Oscar du meilleur film étranger 1960), cette ode aux rythmes du Brésil, seule vraie réussite de Camus, était considérée, par Truffaut, comme un film de la Nouvelle Vague. (Potemkine)
MY ZOE
My ZoéAprès son divorce, Isabelle, docteur en immunologie à Berlin, tente de reprendre sa vie en main. Elle tombe amoureuse et décide de relancer sa carrière. Mais son ex-mari l’accepte mal et lui rend la vie dure dans la bataille qu’il mène pour obtenir la garde de leur fille Zoé. Pour son septième long-métrage, Julie Delpy (qui incarne Isabelle) décrit le voyage émotionnel, intime et complexe d’une femme qui aime son enfant de façon fusionnelle. Si le récit est déroutant, voire même éprouvant, le film interroge, à travers une tragédie familiale et un basculement surprenant dans un conte de science-fiction, sur des avancées scientifiques taboues… (UGC)
BRONX
BronxMarseille est en effervescence… Le clan Bastiani a commis un vrai carnage dans un bar de plage. L’enquête amène les policiers de l’anti-gang et de la BRB à se tirer dans les pattes tandis qu’Ange Leonetti, le nouveau patron de la police (Jean Reno), prône, lui, des méthodes plus « vertueuses ». Et comme un témoin-clé a été assassiné pendant sa garde à vue, les « bœufs-carottes » débarquent avec une flic teigneuse décidée à faire le ménage dans ce grand bazar. Ex-flic devenu cinéaste (36, Quai des orfèvres ou MR 73), Olivier Marchal orchestre un polar sombre avec des personnages travaillés à la serpe, des punchlines et des situations pourries. Pas vraiment nuancé mais bien efficace. (Gaumont)
CRUELLA
CruellaDans le Londres seventies et punk rock, Estella Miller est résolue à se faire un nom dans le milieu de la mode. Depuis toujours, Estella, orpheline marquée par une tragédie familiale, est liée à deux jeunes vauriens qui apprécient ses talents d’arnaqueuse. Un jour, Estella est remarquée par la baronne Von Hellman, une grande figure de la mode, très chic et snob. A son contact, Estella se laisse envahir par sa part d’ombre et fait surgir l’impitoyable Cruella d’Enfer. Inspiré par le personnage des 101 dalmatiens, voici une variation en prises de vues réelles d’un classique de l’animation. Entre crime et comédie, Emma Stone et Emma Thompson s’en donnent à cœur-joie. (Disney)
CAPRICES
CapricesHomme du monde et fêtard collectionneur de jolies femmes, Philippe fait la connaissance, au cours d’un bal masqué, de la belle Lise, déguisée en modeste vendeuse de fleurs. Celle-ci est en fait actrice. Lorsqu’elle apprend que sa prochaine pièce est menacée, faute de moyens financiers, Lise décide de jouer la comédie de la pauvreté à Philippe (Albert Préjean), ignorant qu’il est un riche industriel. A moins que Philippe soit, lui, aussi, un usurpateur… En 1942, pour la Continental-Films, société de production allemande à Paris, Léo Joannon (qui aurait volé le scénario à Raymond Bernard) tourne une comédie où quiproquos et péripéties se succèdent… Dans le rôle de Lise, Danielle Darrieux est lumineuse… (Gaumont)
HITMAN & BODYGUARD 2
Hitman Bodyguard 2Même s’il avait naguère plutôt bien fait son job en protégeant le tueur à gages Darius Kincaid pendant son transfert à la Cour pénale internationale de La Haye, Michael Bryce n’appartient plus à l’élite des gardes du corps. Complètement déprimé, Bryce se voit imposer, par sa psy, des vacances à Capri avec interdiction de toucher une arme. Sauf que Sonia, l’épouse sacrément déjantée de Kincaid, débarque sur l’île avec des tueurs à ses trousses… Après un n°1 en 2017, Patrick Hughes remet le couvert du film d’action qui défouraille dans tous les sens. Au côté de Ryan Reynolds (Bryce), Salma Hayek s’en donne à cœur joie en vraie dingue… Trépidant ! (Metropolitan)

AVA, ROBIN, FERRARE, LADY DAY ET ADJANI DANS LE PLUS SIMPLE APPAREIL  

PANDORA
PandoraBelle chanteuse américaine, Pandora Reynolds enflamme les hommes. Un torero est ainsi prêt à tout pour la posséder… Un soir en Espagne, elle observe un yacht ancré dans la baie. Il appartient à l’énigmatique Hendrick Van der Zee (James Mason) qui n’est autre que le Hollandais volant, marin maudit condamné à ne vivre une vie humaine que six mois tous les sept ans. A moins qu’une femme ne meurt d’amour pour lui. Entre le glamour hollywoodien et le conte romanesque et onirique, Albert Lewin signe, en 1951, un poème d’amour porté par la divine Ava Gardner dans l’un de ses rôles mythiques. Inédit en Blu-ray et en version restaurée, le film sort dans un beau coffret collector avec de bons suppléments et un livre inédit (160 pages) écrit par Patrick Brion. Ava for ever ! (Carlotta)
THE FISHER KING
Fischer KingCélèbre animateur de radio, Jack Lucas est un type arrogant, cynique et égoïste. Un soir, il reçoit l’appel d’un auditeur, mentalement instable, qui ira ensuite, tuer sept personnes dans un restaurant… Rongé par la culpabilité, Jack plonge. Trois ans plus tard, paumé et agressé par des malfrats dans une rue la nuit, il est sauvé par Parry, ex-prof qui a sombré dans la folie après la mort violente de sa femme. Amoureux transi d’une femme imaginaire, Parry s’est juré de trouver le Graal… En 1991, avec Jeff Bridges et l’admirable Robin Williams, Terry Gilliam évolue entre drame et fantasy en brossant le portrait baroque d’un clochard magnifique qui tirera un paumé vers la rédemption. Un beau coffret riche en suppléments dont la genèse du tournage racontée par Gilliam à… Albert Dupontel. (Wild Side)
LE JARDIN DES FINZI-CONTINI
Jardin Finzi ContiniIl y a comme une sorte de paradis perdu dans l’un des derniers grands films de ce maître du néo-réalisme italien que fut Vittorio De Sica. En 1970, entre la lumière dorée de l’été et la froidure hivernale, il met en scène, dans l’Italie de 1938, l’histoire de la famille juive des Finzi-Contini, piliers de l’aristocratie de Ferrare. Alors que la peste brune et l’idéologie fasciste sont à l’œuvre, la jeunesse juive, incarnée par la belle Micol (Dominique Sanda) et son frère Alberto (Helmut Berger), voit son destin basculer. Le film s’achève brutalement sur l’arrestation de la famille en 1943. Ours d’or à Berlin et Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1971, le film sort pour la première fois en Blu-ray, enrichi de bons suppléments. (M6)
BILLIE HOLIDAY, UNE AFFAIRE D’ETAT
Billie HolidayDans les années quarante, Billie Holiday, la Lady Day du jazz, devient la cible du Bureau des narcotiques du FBI mené par un Harry Anslinger complètement hystérique. De fait, la chanteuse est traquée par la police fédérale à cause de sa chanson Strange Fruit qui dénonce sans fard le lynchage des Noirs. Même lorsque son entourage lui conseille de renoncer à ce titre, Billie Holiday persiste. En s’appuyant sur la nouvelle venue Andra Day, magnifique Billie, le réalisateur Lee Daniels (Precious, Le majordome) suit une femme dévorée par de multiples addictions et qui est piégée par Jimmy Fletcher, un agent noir infiltré avec lequel elle a une liaison tumultueuse.  Un portrait fort et émouvant d’une grande dame du jazz et d’une pionnière des droits civiques aux Etats-Unis. (Metropolitan)
L’ETE MEURTRIER
Ete MeurtrierEn 1976, Eliane dite Elle s’installe dans un village provençal. Séduisante beauté de 20 ans, elle est accompagnée de Gabriel, son père adoptif paralytique (Michel Galabru) qui refuse de s’occuper d’elle et de sa mère Paula (Maria Machado qui se souvient du film dans les bonus) surnommée Eva Braun à cause de ses origines allemandes. Bientôt, Elle va affoler les hommes du village. Florimond alias Pin-Pon (Alain Souchon), employé dans le garage local, pompier volontaire et coureur cycliste amateur, est vite sous le charme de l’aguicheuse Elle. En s’appuyant sur le roman de Sébastien Japrisot, Jean Becker mit en scène cette histoire sulfureuse qui rassembla plus de 5 millions de spectateurs et gagna quatre César. Isabelle Adjani s’offre, ici, quelques scènes de nu qui sont restées dans les mémoires. Une sortie Blu-ray en version restaurée. (M6)
AU-DELA DES GRILLES
Au Dela GrillesMeurtrier de sa maîtresse infidèle, Pierre, recherché par la police française, débarque clandestinement dans le port de Gènes, en Italie. Aidé par Cecchina, une petite fille, il fait rapidement la connaissance de Marta, sa mère. Entre les deux, se noue une brève idylle chargée de menaces car la jalousie de Cecchina confie à la haine. En s’appuyant sur un scénario de Cesare Zavattini et de Suso Cecchi d’Amico, deux figures du néoréalisme italien, René Clément tourne en 1948, cette production franco-italienne qui remportera l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood en 1951. En 1949, à Cannes, ce drame vaut le prix d’interprétation à l’Italienne Isa Miranda dans le rôle de Marta, Clément étant couronné comme meilleur réalisateur. Interprète de Pierre, Jean Gabin, revenu de la guerre où il a combattu dans les Forces françaises libres, entame, ici, sa nouvelle carrière. Il a les cheveux blancs et le séducteur de Gueule d’amour n’est plus. Mais le talent est intact… Dans les bonus, Jean-Claude Missiaen évoque la rencontre entre Clément et Gabin… (M6)
PAIEMENT CASH
Paiement CashLa vie d’Harry Mitchell pourrait être un long fleuve tranquille. Une femme aimante et toujours attirante (qui aspire à une carrière politique), un travail qu’il adore, une belle voiture… Las, trois malfrats font chanter Mitchell avec une vidéo de ses ébats avec Cini, sa jeune maîtresse et réclament une somme considérable. Ils ont juste oublié que cette cible idéale est loin d’être un tocard. Dos au mur, Mitchell va réagir avec vigueur et mettre à mal les affreux. En 1986, John Frankenheimer, le réalisateur du Prisonnier d’Alcatraz, adapte un roman d’Elmore Leonard et signe un thriller dans lequel Roy Scheider (bien entouré par Ann-Margret et Vanity) va damer le pion à de gros affreux tout en tournant le dos à l’enfer du sexe californien. (Sidonis Calysta)
UN ESPION ORDINAIRE
Un Espion OrdinaireEn pleine Guerre froide, les services secrets britanniques décident, en 1962, de lancer Greville Wynne, un modeste représentant de commerce anglais, dans une mission secrète et périlleuse : nouer une alliance avec le colonel soviétique Penkovsky. Objectif : obtenir des renseignements pour éviter un choc nucléaire et désamorcer la crise des missiles de Cuba. Inspiré d’une histoire vraie, le film de Dominic Cooke (connu surtout pour ses mises en scène de théâtre et d’opéra) est du pur cinéma d’espionnage « à l’ancienne ». En civil presque quelconque (et choisi pour cela), Benedict Cumberbatch est formidable. Son Wynne prend de plus en plus de risques dans Moscou « où tout le monde est du KGB »… (M6)
L’HOMME INVISIBLE
Homme InvisibleComme Dracula (1931) ou Le fantôme de l’opéra (1943), voici un bijou de la fameuse série des Universal Monsters initiée, au début des années 30 par Carl Laemmlé Jr. Avant de porter Frankenstein (1935) à l’écran, James Whale, pour L’homme invisible (1933), adapte le roman éponyme (1897) de H.G. Wells et met en scène l’histoire de Jack Griffin, un scientifique obnubilé par son travail, qui a réussi la prouesse de devenir invisible grâce à une formule qu’il a inventée. Las, il n’arrive pas à inverser les effets. En quête d’un antidote, Griffin (Claude Rains à ses grands débuts) se réfugie dans un village isolé. Mais le comportement de cet homme invisible change. Il devient fou, agressif et épris d’une terrifiante envie de pouvoir… (Universal)
L’IMPASSE
ImpasseDans le New York de la fin des seventies, Carlo Brigante sort de prison et décide de se ranger des voitures. S’il veut se construire une nouvelle existence, ses anciens complices ne l’entendent pas ainsi. Dix ans après son frénétique Scarface, Brian de Palma retrouve Al Pacino en trafiquant de drogue qui sait qu’il doit tourner le dos à son passé. Son sens de l’honneur, ses intuitions et ses reflexes sont intacts mais son rêve a changé. Ce qui, autrefois, a fait de lui un redoutable caïd de la mafia risque bien, aujourd’hui, de lui coûter la vie. Relatif échec commercial en 1993, Carlito’s Way demeure l’une des œuvres les plus sombres de De Palma. (Universal)
LES DEUX ALFRED
Les Deux AlfredChômeur déclassé, Alexandre Duveteux a deux mois pour prouver à sa femme (officier sur un sous-marin et absente pour deux mois) qu’il peut s’occuper de ses deux jeunes enfants et être autonome financièrement. Alors qu’il conduit Ernestine à la crèche, il croise le providentiel Arcimboldo, « entrepreneur de lui-même » qui va venir squatter chez lui. Le problème, c’est que la start-up qui s’apprête à prendre Alexandre à l’essai est tout à fait « No Child » (enfants interdits). Avec des rôles à égalité, Denis (Alexandre) et Bruno Podalydès (Arcimboldo) s’en donnent à cœur joie dans cette comédie poético-grinçante et joyeusement nonchalante qui, entre benchmarking et ubérisation, dit bien des choses sur le travail (le personnage de Sandrine Kiberlain, en executive woman, est savoureux) et l’entreprise aujourd’hui… (UGC)
IBRAHIM
Ibrahim« Tu es un rêveur, en fait ! » C’est une copine d’Ibrahim qui lui fait la remarque. De fait, la vie de l’adolescent se partage entre Ahmed, son père, écailler dans une brasserie parisienne et Achille, son copain du lycée technique. Mais à cause des mauvais coups d’Achille, le rêve d’Ahmed, homme sérieux et réservé, va s’effondrer. Il doit en effet régler la lourde note d’un vol commis par Ibrahim (Abdelrani Bendaher). Pour sa première réalisation, Samir Guesmi (qui incarne le taiseux Ahmed) signe un beau film sur la relation père-fils, sur un noyau familial à la dérive et surtout sur la quête de dignité d’Ahmed. C’est fort, fin et émouvant à souhait. (Le Pacte)
THE TRIP
The TripAu bord de la crise conjugale, Lisa et Lars décident de s’isoler dans un chalet au bord d’un lac. Mais le coin n’est paradisiaque qu’en apparence car le couple partage, sans le savoir, la même volonté : tuer l’autre. Tandis qu’ils cherchent le moyen de mener à bien leur funeste projet, des visiteurs inattendus s’introduisent dans la maison… Révélé en 2009 par Dead Snow sur des étudiants poursuivis par des zombies… nazis, le Norvégien Tommy Wirkola signe une comédie « du remariage » qui choisit un ton comico-horrifique, voire gore bienvenu. Noomi Rapace et Aksel Hennie s’en donnent à cœur-joie dans le dégommage des affreux. (Lonesome Bear)
FISHERMAN’S FRIENDS
Fishermans Friends« J’ai pas envie d’être le mec qui est passé à côté des Beatles ! » Venu en Cornouailles pour un enterrement de vie de garçon, Danny, producteur de musique londonien, décide, par défi, de faire signer un contrat à dix pêcheurs du coin pour un album de chants de marins… Mais il va devoir se coltiner des gaillards qui accordent plus d’importance à l’amitié qu’à la célébrité. De beaux paysages, des personnages chaleureux, une touche d’humour british, une histoire d’amour, évidemment et voilà le feel-good movie comme on les aime. En s’inspirant d’une histoire improbable mais vraie, Chris Foggin réussit son coup et nous fait sourire… (Blaq Out)
UN TOUR CHEZ MA FILLE
Tour Chez Ma FilleEn plein chantier chez elle, Jacqueline n’a pas le choix : elle débarque chez Carole, sa fille. Comme les travaux s’éternisent, Jacqueline s’incruste. Et elle a l’air de se sentir bien. Eric Lavaine donne une suite à son film Retour chez ma mère (2016) en inversant cette fois les rôles. Le cinéaste aime croquer les relations familiales surtout lorsqu’elles virent au vinaigre entre la mère et la fille. Le scénario est assez malin et les comédiennes s’en donnent à cœur-joie, qu’il s’agisse de Josiane Balasko en mère envahissante ou de Mathilde Seigner en fille irritée. Le tout sous le regard ahuri du gendre incarné par un Jérôme Commandeur désopilant. (Pathé)
UN HOMME EN COLERE
Un Homme En ColereType plutôt mutique, Patrick Hill est embauché comme convoyeur dans une société de transports de fonds de Los Angeles. Très vite, il impressionne ses chefs et ses collègues par ses talents, notamment au tir… Guy Ritchie livre, ici, un remake du Convoyeur de Nicolas Boukhrief (2004). Même si le ton est moins caustique que dans ses films précédents, Ritchie donne à son thriller un rythme nerveux tout en organisant son récit d’action, façon puzzle. Jason Stratham, plus taiseux que jamais, incarne cet Hill dont tout le monde se demande d’où il vient mais qui sait très bien, lui, quelle vengeance il poursuit… Efficace ! (Metropolitan)
THE CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE
ConjuringAprès deux premiers épisodes de la série principale de l’univers Conjuring, voici une nouvelle affaire, celle, terrifiante et vraie, d’un jeune garçon accusé, en juillet 1981, de meurtre. Ce sera la première fois, dans l’histoire des Etats-Unis, qu’un homme accusé de meurtre, plaide la possession démoniaque comme ligne de défense. Les époux Ed et Lauren Warren, éminents enquêteurs paranormaux, prennent en charge, au péril de leur âme, ce dossier… Bien qu’ils soient très aguerris, les Warren (Vera Farmiga et Patrick Wilson) vont être sévèrement secoués. Et Michael Chaves orchestre un solide film d’horreur… En bonus : Pour cause de possession démoniaque, une plongée dans l’histoire vraie qui a inspiré le film (Warner)

L’AGENT SECRET, LE COSMONAUTE, LE SAMOURAI ET LES PISTES DU HAUT KARABAGH  

QUEIMADA
QUEIMADAEn 1815, Sir William Walker débarque à Queimada, une île (imaginaire) des Antilles. Officiellement, il est là pour son plaisir. En réalité, il est mandaté par les Britanniques pour une mission secrète : fomenter une révolte des esclaves pour briser le monopole commercial du Portugal et avantager ainsi les Anglais… En 1969, trois années après la fameuse Bataille d’Alger, l’Italien Gillo Pontecorvo (1919-2006) s’attaque à nouveau au thème du colonialisme en dirigeant Marlon Brando dans une grosse production qui connaîtra bien des aléas. Cet ambitieux drame historique doublé d’une épopée révolutionnaire est écrit par Franco Solinas et mis en musique par Ennio Morricone. Pour la première fois en Blu-ray dans une édition double avec de nombreux suppléments dont un livret inédit sur la genèse de l’œuvre. (Rimini Editions)
GAGARINE
GagarineImmense ensemble de briques rouges avec quelque 370 logements, la cité Gagarine d’Ivry-sur-Seine va bientôt tomber sous la pelle des démolisseurs. Pour Youri, 16 ans, cette cité que Youri Gagarine en personne vint inaugurer en 1963 (on le voit sur des images d’archives, saluant une foule en liesse), c’est toute sa vie. Et il n’envisage pas de devenir orphelin de son passé. Alors, avec ses amis Diana (la magnifique Lyna Khoudri) et Houssam (Jamil McCraven), Youri (Alseni Bathily) entre en résistance. Bientôt la cité va devenir son « vaisseau spatial ». Autour du rêve de Youri de devenir cosmonaute, Fanny Liatard et Jérémy Trouilh ont construit un beau film (tourné largement dans la cité) qui mêle évidemment la dimension sociale et réaliste, celle d’une population défavorisée, et le conte avec l’envol d’un adolescent… (Blaq Out)
MUSASHI
MusashiEn s’inspirant de la vie tumultueuse du samouraï et philosophe japonais Musashi Miyamoto, le cinéaste japonais Hiroshi Inagaki a composé, au milieu des années 50, une trilogie-culte adaptée des romans d’Eiji Yoshikama. Portée par la star nippone Toshiro Mifune, voici une épopée d’une superbe beauté formelle avec La légende de Musashi qui évoque le rêve du jeune Takezo de devenir samouraï. Dans Duel à Ichijoji, Takezo est devenu un combattant hors pair tandis que la violence gagne autour de lui. Avec La voie de la lumière, c’est un Musashi apaisé qui aspire à la sagesse. Mais un ambitieux sabreur le met au défi… Trois films restaurés et disponibles pour la première fois en Blu-ray. Dans les suppléments, La construction d’un mythe montre l’influence de la trilogie sur des sagas comme Star Wars ou Le seigneur des anneaux. (Carlotta)
SI LE VENT TOMBE
Si Vent Tombe« Le Haut Karabagh n’est pas sur vos cartes mais le pays existe… » C’est ce qu’entend Alain Delage, audit international, lorsqu’il arrive dans la capitale Stepanakert pour expertiser l’aéroport de cette petite république auto-proclamée du Caucase. Le directeur de l’aéroport l’accueille avec chaleur car il sait que le feu vert donné à la réouverture des pistes changera la donne économique et politique du pays. A travers le parcours de Delage (Grégoire Colin), la cinéaste arménienne Nora Martirosyan, dans son premier long-métrage, propose une belle et passionnante réflexion sur un territoire et ses frontières. Car, en constatant l’étrange manège d’un gamin qui transporte des bidons d’eau à travers le tarmac et en se demandant à quelle distance l’aéroport se trouve de la frontière de l’Azerbaïdjan, Delage va découvrir un monde nouveau et risquer le tout pour le tout. (Arizona Distribution)
VILLA CAPRICE
VILLA CAPRICEGrand patron de choc, Gilles Fontaine est suspecté d’avoir acquis dans des conditions douteuses une magnifique propriété sur la Côte d’Azur. Il se tourne alors vers le célèbre avocat Luc Germon afin qu’il l’extirpe de la tourmente judiciaire qui se déploie autour de lui. Orchestrant le jeu de manipulation « toxique » du duo Germon-Fontaine, Bernard Stora signe un thriller aux dialogues affûtés qui plonge dans les rouages de la justice et du pouvoir. Patrick Bruel est un homme d’affaires sulfureux, cassant et content de lui qui va découvrir un monde qu’il ne maîtrise pas face, notamment, à un juge d’instruction teigneux. Niels Arestrup campe un avocat brillant et solitaire face à un client rusé et persévérant… (M6)
AMONNITE
AmmonitePaléontologue réputée dont les découvertes se trouvent dans des musées prestigieux, Mary Anning vit pourtant, dans les années 1840, très modestement avec sa mère sur la côte sud de l’Angleterre. Elle glane des ammonites sur la plage et les vend à des touristes fortunés. L’un d’eux, Roderick Murchison, en partance pour un voyage d’affaires, lui demande de prendre en pension Charlotte, son épouse maladive et mélancolique. En s’inspirant de faits réels, Francis Lee, avec de belles images tant de paysages que d’étreintes, raconte la naissance d’un amour qui défiera toutes les barrières sociales. Sensibles et troublantes, Kate Winslet et Saoirse Ronan sont magnifiques dans cette histoire épurée sur deux tempéraments contrastés mais définitivement bouleversés par la passion. (Pyramide)
LES LIENS QUI NOUS UNISSENT
Liens Qui Nous UnissentA Naples, au début des années 80, Aldo quitte Vanda après lui avoir avoué sa liaison avec Anna. Leurs deux enfants grandissent dans une spirale de rancœur. Mais le lien qui les unit perdure… Trente ans plus tard, Aldo et Vanda sont encore mariés et les enfants sont grands… En s’inspirant du roman Les liens de Domenico Starnone, l’Italien Daniele Luchetti, connu pour Domani domani (1988) et Le porteur de serviette (1991), raconte une saga familiale avec ses mauvais choix, ses désillusions, ses secrets, ses petites phrases : « Pour rester ensemble, il ne faut pas parler. Juste l’essentiel ». Alba Rohrwacher, Luigi Lo Cascio, Silvio Orlando et Laura Morante portent bien cet amer mélodrame. (Pyramide)
LE DISCOURS
Le Discours« Quoi qu’on fasse, on ne contrôle jamais rien ». Adrien est dans l’angoisse car Sonia, sa compagne (Sara Giraudeau), lui a annoncé qu’elle faisait une pause. Mais une pause, ça dure combien de temps ? Laurent Tirard adapte, ici, un roman de Fabcaro qui semblait difficile à transposer au cinéma tant son récit est déstructuré et le propos d’Adrien foncièrement introspectif. Il réussit pourtant une comédie qui repose sur le personnage d’Adrien, névrosé, hypocondriaque et constamment dans la plainte, qui vire à la panique lorsqu’il doit faire un discours au mariage de sa sœur. Entouré de Kyan Khojandi, Guilaine Londez, Julia Piaton ou François Morel, Benjamin Lavernhe est parfait dans un registre loufoque… (Le Pacte)
LE SURVIVANT D’UN MONDE PARALLELE
Survivant Monde ParallelePeu après son décollage, un 747 est victime d’un crash. Les 300 passagers sont tués. Seul Keller, le commandant de bord, s’en sort, étrangement indemne. De la zone de crash à la cabine de l’avion, aidé d’une médium (Jenny Agutter) en ligne directe avec l’au-delà, Keller (Robert Powell) tente d’apporter des explications à sa survie et aux raisons de l’« accident ». En 1981, David Hemmings (le photographe du Blow Up d’Antonioni) réalise la plus grosse production australienne de l’époque. Conspué à sa sortie, voici, dans une belle édition collector intégrale, un mélange réussi de surnaturel, de mystère et d’enquête policière. Dans les suppléments, un livret pour tout savoir sur la genèse de cette aventure fantastique. (Rimini Editions)
LA CHAPELLE DU DIABLE
Chapelle DiableEn disgrâce depuis qu’il a bidonné des reportages, le journaliste Gerry Fenn (Jeffrey Dean Morgan connu pour ses rôles dans les séries Grey’s Anatomy, Supernatural ou The Walking Dead) pense pouvoir donner un second élan à sa carrière lorsqu’il découvre que de nombreux miracles ont eu lieu dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre. Ces mystères relèvent-ils du divin ou peut-être d’une source plus sombre ? Il suffit de se référer au titre pour comprendre que la première réalisation d’Evan Spiliotopoulos va embarquer le spectateur dans un univers malveillant. Là où Dieu va, le diable n’est pas loin derrière… Même si le film ne surprendra pas les amateurs de fantastique horrifique, le récit est rapidement mené et plutôt efficace. (Sony)
SHEHERAZADE
SheherazadeDans la Bagdad de 809, la belle Shéhérazade est promise au calife Hâroun ar-Rachîd. Lorsque des ambassadeurs de Charlemagne arrivent à Bagdad pour demander au calife de laisser aux chrétiens un libre accès aux lieux saints, le chevalier Renaud de Villecroix (Gérard Barray) tombe sous le charme de la belle… En 1963, Pierre Gaspard-Huit (qui venait de connaître un beau succès avec Le capitaine Fracasse en 1961) signe une aventure « exotique » autour de la séduisante conteuse des Mille et une nuits. Cette grosse production de l’époque paraît aujourd’hui joliment vintage. Prise entre ses soupirants, Shéhérazade (quelques mois à peine avant la saga Angélique, marquise des anges) est incarnée par Anna Karina, la muse de Godard et de la Nouvelle vague… En son temps, le film était classé 4B (à déconseiller) par la Centrale catholique du cinéma à cause de danses jugées trop lascives. (Gaumont)
NOBODY
NobodyPère de famille sans histoire, Hutch Mansell assiste, une nuit, au cambriolage de sa maison. Plutôt que de s’interposer, il n’intervient pas. Outrés par cette lâcheté, les siens s’éloignent de lui. Mais ils ne savent pas tout de cet employé d’une petite compagnie industrielle qui souffre de trouble de stress post-traumatique. Lorsque Hutch voit se réveiller ses instincts primaires, les choses vont totalement changer. Ses compétences violentes lui serviront bientôt à affronter une sauvage armée de bandits russes. Mais Hutch a du répondant. Selon Bob Odenkirk, l’interprète de ce « nobody », cette histoire est une « encyclopédie du film d’action des 100 dernières années » ! Et le vétéran Christopher Lloyd (qui incarne le père de Hutch) d’ajouter au terme d’un énorme canardage : « Excessif mais grandiose ! » (Universal)

DE VIEUX MESSIEURS, LES FEMMES DE CHABROL, SIMONE SIGNORET ET UN TUEUR  

THE FATHER
The FatherVivant dans son bel appartement londonien, Anthony, retraité aisé, refuse toutes les aides-soignantes que sa fille Anne tente de lui faire accepter. Car Anne ne pourra plus venir tous les jours, décidée à partir à Paris pour vivre avec l’homme qu’elle aime. Et surtout Anthony commence sérieusement à décliner… En adaptant Le père, sa propre pièce de théâtre et en s’appuyant sur le magnifique duo Olivia Colman – Anthony Hopkins, Florian Zeller réussit, pour son premier long-métrage, un véritable coup de maître. Il fait littéralement entrer le spectateur dans l’esprit vacillant d’un vieil homme (Hopkins a été couronné de l’Oscar du meilleur acteur) qui tente, en vain, de comprendre ce qui se passe autour de lui. Cette descente dans le labyrinthe de questions sans réponse qu’est la démence sénile est aussi vertigineux qu’absolument bouleversant…  (Orange Studio)
FALLING
FallingParce que Willis, son père, décline de plus en plus, John Peterson décide de le faire venir en Californie où il vit avec son compagnon Eric et leur fille adoptive. En l’accueillant chez lui, John espère pouvoir offrir une fin de vie paisible à son père. Mais Willis (excellent Lance Henriksen) refuse absolument changer à son mode de vie. Pire, il se conduit de manière odieuse et homophobe… Devant et derrière la caméra, Viggo Mortensen (remarquable récemment dans Green Book) réussit un excellent film, minimaliste dans sa mise en scène, sur les rapports, difficiles voire violents (Willis est complément désinhibé dans ses paroles), d’un père et de son fils. Un drame qui touche profondément parce qu’il y est question du temps qui passe, de la mémoire qui s’enfuit, de l’âge qui vient et meurtrit… (Metropolitan)
CHABROL
ChabrolAprès le récent et beau coffret Suspense au féminin, déjà chez Carlotta avec notamment L’enfer, Rien ne va plus ou Merci pour le chocolat, on retrouve Claude Chabrol en remarquable directeur d’actrices. En 1988, il signe ainsi Une affaire de femmes, portrait d’une faiseuse d’anges dans la France de Vichy dans lequel excelle Isabelle Huppert. Elle est encore de la partie dans Madame Bovary (1991), adaptation de Flaubert et regard sur une certaine condition féminine et son aliénation. Quant à Betty (1992), c’est l’occasion, dans une adaptation de Simenon, de retrouver Marie Trintignant en femme partagée entre l’humain et l’animal. Les trois films sont enrichis d’excellents suppléments et il très agréable et instructif d’entendre le cinéaste détailler lui-même sa manière de mettre en scène. (Carlotta)
LE JOUR ET L’HEURE
Jour HeureEn 1944, Thérèse Dutheil, une bourgeoise parisienne dont le mari est prisonnier de guerre, se retrouve, malgré elle, emportée dans une action de la Résistance en venant en aide à un pilote américain (Stuart Whitman) tombé en France. En 1962, René Clément (qui signa, en 1946, la fameuse Bataille du rail) raconte une manière de brève rencontre en brossant le portrait d’une femme qui affirme « Je ne suis pas un héros » mais qui s’investit pourtant au péril de sa vie dans une mission qui peut la mener entre les mains de la Gestapo ou… de la police française. Alors, au sommet de sa trajectoire internationale mais dans le creux de sa carrière en France, Simone Signoret apparaît lumineuse dans ce film insolite pour son époque. Avec de l’humour noir mais en dénonçant toujours le manque de liberté, Clément observe, sans fard, une France attentiste… (Gaumont)
HENRY, PORTRAIT D’UN SERIAL KILLER
Henry Portrait Serial KillerQuand le Mal est à l’œuvre et que le spectateur n’a pas une seconde de répit… En 1986, pour son premier film de fiction, John MacNaughton (qui donnera plus tard le vénéneux Sexcrimes) frappe très fort en contant les affres d’Henry, un tueur psychopathe et compulsif (Michael Rooker impressionnant) hanté par son enfance martyre et qui se libère de ses démons dans des virées sanglantes. Inspiré de l’histoire du tueur en série Henry Lee Lucas, voici un concentré de terreur qui interroge sur la banalité du crime. Ce film dérangeant et néanmoins fascinant ressort dans une édition restaurée et inédite en blu-ray. Dans les suppléments, plusieurs entretiens avec le réalisateur, un long making-of et une vingtaine de minutes de scènes coupées et de chutes commentées par McNaughton. (Carlotta)
LUCA
LucaSur la riviera italienne, le jeune Luca s’apprête à vivre un été de fête entre gelati et pasta, mer, soleil et virée en Vespa avec son copain Alberto. Mais les deux amis cachent un gros secret : ils sont, en réalité, deux monstres marins qui passent leur temps sous la mer à garder des poissons-moutons. Même si leurs parents leur interdisent de monter à la surface par crainte des humains, Luca et Alberto ont pourtant l’ambition, en compagnie de la débrouillarde Giulia, de gagner le célèbre triathlon de Portorosso où il s’agit de nager, de manger des pâtes et de faire du vélo… Beau bijou de Pixar, voici un clin d’œil au charme transalpin mâtiné d’aventures terrestres et maritimes. Un film d’initiation à l’animation vive et enchanteresse ! (Disney)
L’HOMME DU LARGE
Homme LargeRude pêcheur, Nolff s’est enfermé dans le silence. Cet homme qui ne vit que pour l’océan, a vu son fils, sur lequel il avait investi tout son amour paternel, céder aux tentations de la ville. Lorsque Michel vole les économies de sa défunte mère, Nolff, convaincu depuis toujours, que son fils partagerait son amour du large, décide de le « rendre à Dieu ». En s’appuyant sur une nouvelle de Balzac, Marcel L’Herbier réalise, en 1920, un drame de la mer dans lequel s’affrontent la puissance naturelle de l’océan et les avilissantes turpitudes de la ville représentée par un cabaret où Michel se laisse aller à l’alcool et aux femmes. Tourné sur la côte du Finistère, ce film muet (dans lequel, en mauvais garçon, Charles Boyer, futur star d’Hollywood, fait ses débuts au cinéma) est une belle célébration des flots portée ici par un essai symphonique d’Antoine Duhamel… (Gaumont)
ADN
ADNAprès la disparition de son grand-père bien-aimé et véritable pilier de sa vie, Neige, sa petite-fille, explore son héritage et se penche sur ses racines algériennes. Pour son cinquième long-métrage, Maïwenn met en scène une douloureuse quête des origines au cœur d’un contexte familial plus que chaotique. La cinéaste met la même intensité émotionnelle que dans Polisse (2011) mais, cette fois, au service d’une exploration existentielle intime. Ce film, qui fit polémique autour de la question de l’eugénisme, réunit un beau casting pour incarner une famille vénéneuse et chaleureuse : Fanny Ardant, Louis Garrel, Marine Vacth, Omar Marwan… (Le Pacte)
LES TIGRES VOLANTS
Tigres VolantsEn 1941, en Chine, un groupe d’aviateurs américains, tous volontaires, combattent les Japonais pour défendre le peuple chinois. Ils sont commandés par Jim Gordon, un homme droit et juste. En décembre 1941, l’escadrille apprend l’attaque sur Pearl Harbor et se retrouve désormais impliquée dans un conflit mondial. Réalisé en 1942 par David Miller, ce film de propagande, l’un des tous premiers du genre aux USA, marque la première incursion de John Wayne (Jim Gordon) dans le film de guerre, lui qui aurait aimé combattre pour son pays mais fut réformé à cause d’une blessure subie dans sa jeunesse. Avec de bonnes scènes de combats aériens, un film efficace. (Rimini éditions)
PRISON
PrisonEn 1964, le pénitencier de Creedmore ferme ses portes. Auparavant, Charlie Forsythe est exécuté pour un crime qu’il n’avait pas commis. Trente ans plus tard, la prison rouvre ses portes et Charlie « revient » à la vie pour se venger d’Eaton Sharpe, le gardien responsable de son exécution, devenu directeur de l’établissement. En 1988, Renny Harlin, futur auteur de Cliffhanger et de 52 minutes pour vivre, mélange, pour son second long-métrage, horreur et fantastique pour une vengeance venue de l’au-delà. En voleur de voiture condamné et parfait sosie du malheureux Forsythe, Viggo Mortensen fait quasiment là ses débuts au cinéma. Pour la première fois en blu-ray dans une belle édition accompagnée d’un livret sur une ghost-story en milieu carcéral. Perpète en enfer ! (Sidonis Calysta)
LAND
LandBouleversée par un événement mystérieux qu’on ne connaîtra que tardivement, Edee décide de tourner complètement le dos au monde qu’elle connaissait autrefois. Elle décide de partir vivre, seule, sans téléphone, sans voiture, dans l’univers sauvage des Rocheuses. Mais ces vastes paysages sublimes sont impitoyables. Edee manquera de mourir mais un chasseur de passage (Demian Bichir) viendra à son aide. Tout en incarnant Edee, Robin Wright signe, ici, un premier film très contemplatif où une femme va devoir trouver le moyen de vivre à nouveau. Une réflexion sur la perte, la reconstruction et l’importance de l’entraide et de la bonté humaine… (Universal)
ENVOLE-MOI
Envole MoiGrand fêtard, Thomas passe ses nuits en boîte et ses journées au lit… Lorsque Thomas finit avec sa voiture dans la piscine familiale, son médecin de père, lassé de ses frasques, lui met un marché en main. Il lui coupe les vivres ou alors Thomas s’occupe d’un de ses jeunes patients. Au contact du difficile quotidien de Marcus, Thomas va grandir… Auteur de l’énorme succès des Choristes (2004), Christophe Barratier signe un pur feel-good movie dont on imagine donc aisément le dénouement mais qui distille évidemment une jolie dose d’humanité. C’est aussi l’occasion de voir à l’œuvre Victor Belmondo, le petit fils du grand Bebel, entouré de Gérard Lanvin et de Yoann Eloundou qui campe, avec fraîcheur, le jeune Marcus. (Pathé)