L’ÉCRIVAIN PRÉCAIRE ET LES POUVOIRS DU PRÉSIDENT
A PIED D’OEUVRE
Gros plan sur un papier peint à fleurs qui cède, peu à peu, sous des coups de masse. Derrière le mur, Paul Marquet s’affaire. A dos d’homme, il va falloir descendre de lourds sacs de gravats. Photographe professionnel talentueux, Paul, la quarantaine, a laissé la photo pour devenir écrivain. « Mais rester écrivain a été un autre histoire ». Déjà auteur de trois livres, il s’entend dire par son éditrice, qu’on attend toujours son grand roman… Valérie Donzelli suit, au plus près, le parcours d’un homme qui a abandonné un métier dans lequel il excellait pour se lancer dans l’écriture avant de tomber dans la précarité. Film qui dit la dureté de notre époque, A pied d’oeuvre est une adaptation de l’autobiographie éponyme de Franck Courtès, considéré comme l’un des meilleurs livres de la rentrée littéraire en 2023. Voici donc le récit intimiste, à la première personne et en voix off -une signature du style Donzelli- d’un écrivain confronté, peu à peu, mais d’une manière qui va en s’accélérant, à la pauvreté. Déjà présent dans plusieurs films de la cinéaste, Bastien Bouillon endosse un personnage déclassé, affaibli, isolé mais qui demeure néanmoins très déterminé tout du long. Avec cet homme taiseux, qui dit qu’il n’est plus « quelqu’un de précis socialement », le comédien livre une performance toute en nuances, jouant sur une démarche, une manière de rentrer les épaules, de porter un bonnet ou de petites lunettes rondes, accessoire emblématique pour un ancien photographe et un écrivain qui passe son temps à observer, prendre des notes, écrire… Sans être un vademecum de la précarité, A pied d’œuvre raconte quand même, au plus près, la réalité d’un homme, au corps mis à rude épreuve, qui va sur Jobbing, plateforme qui met aux enchères des petits boulots et les attribue aux moins offrants, qui enchaîne des travaux de jardin, le montage d’une armoire, le démontage d’une (lourde) mezzanine, arrache des buis, fait le taxi, heurte un chevreuil et est frappé par la souffrance de la beauté condamnée tout en disant : « C’est aussi beaucoup de viande ! » En s’appuyant sur des couleurs froides et des lumières plutôt sombres, Valérie Donzelli trace le portrait d’un artiste qui refuse d’être là où on lui demande d’être. À savoir être un homme blanc, père de famille, qui gagne de l’argent. En cela, Paul dérange. Avec lucidité, élégance, voire courtoisie, Paul croise les autres et va son chemin. Dans son livre, Franck Courtès dit que les écrivains sont inaccessibles au découragement. En cela, Paul Marquet est un écrivain. Précaire certes mais qui affirme, dans un ultime plan : « Je ne travaille pas le matin. Le matin j’écris… » (Diaphana)
LA GRAZIA
Sur une galerie ouverte surplombant la ville éternelle, le président De Santis regarde, l’air las, les toits romains en tirant sur sa cigarette. L’homme soupire : « Aurora, tu me manques… » Avec La Grazia, Paolo Sorrentino livre une œuvre marquée par une certaine gravité, un film d’où la fantaisie semble absente, à l’inverse des réalisations d’avant. Mais le cinéaste napolitain parvient pourtant à bousculer l’austérité ambiante par des fulgurances aussi surprenantes que bienvenues. Il est vrai que l’univers dans lequel évolue le président n’est pas des plus trépidants. Car cet homme veuf, juriste de grande réputation, profondément catholique, n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler un joyeux drille. La Grazia est donc moins une plongée dans les arcanes du pouvoir qu’une descente dans la psyché d’un homme à la bascule de sa vie publique. Car De Santis, désormais âgé, arrive au terme de son mandat. Dans six mois, ce sera fini. Le président (excellent Toni Servillo) s’en trouve-t-il bien ou l’exercice du pouvoir qu’il s’apprête à quitter lui laisse-t-il un sentiment d’abandon… Pour l’heure, sa fille Dorotea, qui œuvre en permanence dans son ombre, a posé trois dossiers sur le bureau présidentiel. Deux portent sur la grâce demandée par une femme et un homme qui ont commis des crimes dans des circonstances pouvant être considérées comme atténuantes. Le troisième, un projet de loi sur l’euthanasie, amène De Santis à faire face à une décision cruciale qui l’oblige à affronter ses propres dilemmes moraux. Justement La Grazia va quasiment décrypter comment ce politique souffre d’avoir perdu la femme qu’il aimait, cette Aurora qui le subjugua tout jeune et dont il n’arrive toujours à surmonter la perte. Même si cet amoureux connaît le doute et la jalousie. Car il est convaincu qu’Aurora l’a trompé. Et il ne supporte toujours pas de ne pas savoir qui est responsable de son infortune. Entièrement fictif mais très réaliste, cet hôte du Quirinal va « monter au front » sur les deux dossiers de grâce et sur la loi sur l’euthanasie. Si le film se présente d’abord sous des dehors sévères, la fantaisie va se glisser dans les plis de cette aventure intime. Avec une ravissante présidente balte, un pape noir et… motocycliste ou une soirée avec des vétérans de l’armée de montagne chantant la bravoure alpine. Une réflexion sur la solitude, le doute et la nécessité de l’accepter, sur aussi la responsabilité, un devoir qui devrait définir celles et ceux qui nous gouvernent. (Pathé)
STALAG 17
A la fin de 1944, dans le Stalag 17, un camp de prisonniers américains en Allemagne, les hommes sont persuadés, après l’évasion manquée de deux d’entre eux, qu’ils ont été trahis par l’un des leurs. Leurs soupçons se portent sur le sergent J.J. Stefton, un individualiste combinard qui ne se cache pas de faire du troc avec les gardiens. Juste, avant le départ de ses deux camarades, Stefton avait parié sur leur échec et gagné ainsi la provision de cigarettes remise par la Croix-Rouge… Bientôt, Stefton, sérieusement malmené par ses co-détenus, comprend qu’il n’a plus qu’une seule issue : démasquer lui-même le coupable. Déjà, il a découvert l’ingénieux moyen de communication du traître : un pion de jeu d’échecs truqué dans lequel sont glissés les messages… Adapté de la pièce à succès de Donald Bevan et Edmund Trzcinski créée à Broadway en 1951, Stalag 17, sorti en 1953, entraîne le spectateur au cœur d’un camp de prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale. Mais loin de donner une fresque héroïque, Billy Wilder a choisi une approche intime et singulière, transformant un décor clos en un fascinant terrain d’observation des comportements humains. Entre suspicion, peur et instinct de survie, les prisonniers comprennent qu’un traître met leur existence en danger. Avec le remarquable Gouffre aux chimères (1951), Stalag 17 est l’une des œuvres les plus pessimistes de Wilder. Le cinéaste de Boulevard du crépuscule livre un brutal constat d’échec sur une société incapable de se régir autrement que dans des rapports mercantiles, égoïstes, dominateurs et meurtriers, une société symbolisée par le microcosme qu’est l’univers carcéral du Stalag. Mêlant tension dramatique, humour noir et regard cynique sur la nature humaine, le film déploie toute la virtuosité du cinéaste. Avec une photographie en noir et blanc d’Ernest Laszlo, la mise en scène joue sur l’enfermement, les mouvements de groupe et les jeux d’ombre pour créer une atmosphère fortement oppressante. Le film permet aussi à William Holden de composer, avec l’ambigu Stefton, un personnage remarquable qui lui vaudra l’Oscar du Meilleur acteur. À ses côtés, le cinéaste dirige d’excellents acteurs et l’on remarque, dans le rôle de Von Scherbach, le commandant du camp, le metteur en scène Otto Preminger. Stalag 17 sort dans une belle édition Blu-ray + DVD restaurée 4K, accompagnée de plusieurs suppléments inédits ainsi que du livret A la guerre comme à la guerre (24 pages) que Marc Toullec consacre à la genèse du film. (Rimini éditions)
LA FEMME QUI CRIE
Alors qu’elle n’est qu’une enfant, Ah-shih assiste au suicide de sa mère, accusée de vendre son corps pour un peu de nourriture. C’est la fillette qui arrache, de ses mains, la lame qui vient d’emporter sa mère… Devenue orpheline, la petite fille est recueillie par son oncle et sa tante. « Elle aura une meilleure vie, désormais » observe son entourage. Mais, à vingt ans, Ah-shih est contrainte de quitter les siens pour épouser le boucher Chiang Shui, un homme aussi fruste que violent qui abuse de sa jeune femme. La relative aisance du couple fait jaser les habitants du village et Ah-shih devient l’objet de ragots abjects… Coup d’éclat cinématographique de l’année 1984, La femme qui crie est, à l’origine, un roman de l’autrice féministe Li Ang, alors figure montante de la scène littéraire taïwanaise, qui aborde avec audace les thèmes de la violence domestique et de la domination patriarcale. Attirés par la puissance transgressive de son écriture, les plus grands talents issus du Nouveau Cinéma taïwanais – du réalisateur Tseng Chuang-hsiang (L’homme-sandwich) au scénariste Wu Nien-jen (Poussières dans le vent), en passant par l’actrice Pat Ha Man-jik (Nomad) – se sont unis pour livrer une adaptation radicale, au style brut et à la narration tout en retenue. Disponible pour la première fois dans une belle restauration 2K et inédit en Blu-ray, La femme qui crie est un film aussi intense que cruel sur la manière dont un homme misérablement mutique se comporte avec sa jeune femme. Le film aligne une suite de moments où le boucher s’empare physiquement d’une proie complètement soumise et pleurante et d’autres où le boucher œuvre dans son abattoir, tue puis débite des porcs tandis que ses employés interrogent, grassement, « Est-ce que ta femme a crié comme ça, hier soir ? » Réduite à des tâches ménagères, régulièrement molestée, Ah-shih est considérée comme une triste potiche par un mari qui lui ordonne de le regarder dîner. Et lorsque la jeune femme s’achète quelques canetons qu’elle compte élever pour les vendre, le boucher les écrase sous ses talons en hurlant : « Je peux t’entretenir… » Un jour, pourtant, Ah-shih cessera de baisser la tête. Tourné dans les paysages maritimes des îles Perscadores, au large de Taïwan, La femme qui crie est un film impressionnant sur le sexe comme monnaie d’échange pour la survie. Dans les suppléments, on trouve Le cri et le silence (26 mn), un entretien inédit avec Wafa Ghermani, spécialiste du cinéma taïwanais, qui note : « Le film suit les tentatives d’Ah-shih pour s’adapter et survivre, et cette violence sur le corps des femmes qui veulent prendre leur revanche peut être vue comme une métaphore politique d’un pays qui ne cesse d’être blessé. » (Carlotta)
LE MAGE DU KREMLIN
« La confiance d’un dirigeant n’est pas un privilège mais une condamnation… » Vadim Baranov sait de quoi il parle. Lui qui, dans la Russie des années 1990, devient le conseiller officieux d’un certain Vladimir Poutine. En partant du roman éponyme de Giuliano da Empoli, paru en 2022 chez Gallimard, Olivier Assayas a mené à bien un projet coûteux (un budget de 23 millions d’euros) auquel certaines voix ont reproché de « brouiller la frontière entre fiction et analyse politique ». Dans un récit ponctué de multiples flash-back et utilisant des images d’archives parfois reconstituées, on se glisse sans peine dans le tumulte d’un pays en reconstruction où Vadim Baranov, artiste, metteur en scène puis producteur de télé, va, au siège de la Loubianka, approcher, par l’entremise de l’oligarque Boris Berezovsky, un ancien agent du KGB devenu lieutenant-colonel du FSB et promis à un pouvoir absolu d’abord comme premier ministre puis comme président de la Fédération de Russie. Dans l’ombre du futur « Tsar », Baranov, devenu un rouage central de la nouvelle Russie, façonne les discours, les images, les perceptions. L’Union soviétique s’est effondrée, provoquant une promesse de liberté mais aussi de chaos, générant une demande d’autorité de la part de la population. « Les Russes avaient grandi dans une patrie et se retrouvaient soudain dans un supermarché », constate Baranov. Poutine, lui, mène sa quête du pouvoir en répondant par la seconde guerre de Tchétchénie ou la gestion du naufrage du sous-marin Koursk. Mise au pas des oligarques (Berezovsky doit partir en exil avant de disparaître dans des circonstances douteuses), combat contre la révolution orange en Ukraine, annexion de la Crimée… Sans états d’âme, Baranov met son talent dans le domaine médiatique au service de l’omnipotent Poutine. Evoquant ce Berezovsky dont il fut le protégé, Baranov dit : « L’intelligence ne protège de rien, même pas de la stupidité ». Quant à la stratégie numérique du Kremlin à l’international, il considère : « Il n’y a rien de plus sage que de miser sur la folie des hommes ». Si Baranov est un personnage fictif, il est entouré de figures bien réelles comme, outre Boris Berezovsky, Igor Setchine, Boris Eltsine, le joueur d’échecs et opposant Garry Kasparov, l’idéologue Édouard Limonov ou le commandant de guerre Evgueni Prigojine. L’autre personnage fictif et unique figure féminine du film, c’est l’ insaisissable Ksenia (Alicia Vikander), possible échappée pour Baranov hors des logiques d’influence et de domination. Si on entre volontiers dans Le mage du Kremlin, c’est évidemment à cause de la vraie actualité qui, quasiment jour après jour, met Poutine sur le devant de la scène. Comme si la fiction allait nous en apprendre plus sur ce « Tsar » dont s’empare avec brio (et retenue) l’excellent Jude Law. Sans jamais jouer l’imitation, le Britannique réinvente un Poutine crédible. Quant à Paul Dano, il est un intrigant Baranov. Jouant de sa bouille ronde de bébé, l’Américain incarne un type aussi lisse que finement manipulateur. « J’avais mauvaise conscience mais je finissais par m’habituer ». Une définition du pouvoir ? (Gaumont)
LA TRILOGIE DU JEU
Polars d’action secs et nerveux situés dans un Japon régi par le complot, la trahison et la corruption, les trois films composant la Trilogie du jeu de Toru Murakawa mettent en vedette l’acteur nippon Yusaku Matsuda (on le voit, à la fin de sa carrière en yakusa, au côté de Michael Douglas et de son compatriote Ken Takakura dans Black Rain de Ridley Scott en 1989), impressionnant dans le rôle de Shohei Narumi, antihéros impassible à la gâchette facile. Somptueusement photographiée dans une palette de bleu aux tons froids qui fera la renommée du chef opérateur Seizo Sengen, portée par une bande originale sensuelle composée par la légende du jazz Yuji Ohno, la Trilogie du jeu sort pour la première fois en France en version restaurée dans un coffret de deux Blu-ray. La trilogie de référence du cinéma d’action japonais qui a influencé des cinéastes comme Takashi Miike ou Kiyoshi Kurosawa… Dans Le jeu le plus dangereux (1978 – 89 mn), Shohei Narumi, tueur à gages sans foi ni loi, est engagé par un puissant homme d’affaires pour sauver le gendre et collaborateur de ce dernier, victime d’un kidnapping. Il s’agirait en réalité d’un complot déguisé visant à éliminer les cadres dirigeants de l’entreprise… Dans Le jeu de la mort (1978 – 92 mn), Shohei Narumi revient à Tokyo après cinq ans d’absence. Ses retrouvailles avec la fille et la maîtresse de sa dernière victime, désormais proches des milieux yakuzas, le renvoient bientôt à son passé trouble et à ses vieux démons… Enfin dans Le jeu de l’exécution (1979 – 100 mn), Shohei Narumi est enlevé, séquestré puis torturé. Cette opération a uniquement pour but de tester l’endurance physique et mentale du jeune homme. Son commanditaire souhaite en effet engager Narumi pour liquider un éminent tueur à gages désirant se retirer du milieu… Le coffret comprend de nombreux suppléments ! L’aventurier (20 mn) est une entretien avec le réalisateur Toru Murakawa qui revient en détail sur sa célèbre trilogie, dont la réussite repose sur les talents conjugués et l’implication de son équipe. Dans Souvenirs de Yusaku Matsuda (18 mn), on retrouve Yutaka Oki, gérant d’un bar à jazz à Tokyo, qui avait pour client le grand acteur Yusaku Matsuda, avec lequel il noua une solide amitié jusqu’à sa disparition, en 1989. Changer la donne (22 mn) est un entretien avec le scénariste Shoichi Maruyama. Engagé pour écrire le scénario du dernier volet de la trilogie, Maruyama évoque les influences de ce film aux dialogues minimalistes. Enfin, Réinventer le cinéma d’action japonais : Mitsuru Kurosawa, Toei Central et la Trilogie du jeu est un livret exclusif (64 pages) rédigé par Dimitri Ianni, chercheur indépendant et spécialiste du cinéma japonais contemporain. (Carlotta)
ZOULOU
En janvier 1879, en Afrique du Sud, dans la province du Natal, les troupes anglaises sont sévèrement vaincues, à Isandhlwana, par une armée de plus de 20.000 Zoulous. Quelques heures plus tard, près de 139 soldats britanniques (dont 35 malades ou blessés) retranchés dans la ferme de Rorke’s Drift (faisant office de mission et d’hôpital au révérend Jack Witt), sont attaqués par près de 4000 guerriers zoulous. Le commandant qui va organiser la défense est un officier du Génie chargé de construire un pont secondé par un jeune officier sans expérience. Les Tuniques rouges repoussent tous les assauts à la suite d’une lutte acharnée qui dure près de douze heures. Alors qu’ils croient la bataille perdue, ils reçoivent un hommage de leurs ennemis saluant leur courage et leur ténacité. En fait, les secours arrivaient. La bataille voit la défaite des Zoulous face aux Britanniques, causant près de 351 morts pour les premiers contre 17 pour les seconds. Elle permet au Royaume-Uni de sauver la face après Isandhlwana et de reprendre la campagne pour ensuite dominer le royaume zoulou et tout le sud de l’Afrique. La bataille de Rorke’s Drift entre dans l’Histoire comme l’un des affrontements les plus déséquilibrés de la guerre anglo-zouloue. De cet épisode bien réel, le cinéma a tiré une fresque inoubliable : Zoulou, reconstitution spectaculaire et tendue d’un combat devenu légendaire. Réalisé en 1964 par l’Américain Cy Enfield, le film s’attache à restituer l’intensité de la bataille avec un souci de réalisme rarement atteint. La production fait ainsi appel à plus de 700 figurants zoulous, dont beaucoup sont les descendants directs des combattants ayant pris part à l’affrontement historique, conférant aux scènes de combat une authenticité saisissante. À l’origine du projet, Stanley Baker, également producteur du film, s’impose dans le rôle du lieutenant John Chard, officier méthodique propulsé à la tête d’une défense désespérée. À ses côtés, Michael Caine, dans l’un de ses premiers grands rôles, incarne un jeune officier aristocrate, apportant au film une tension supplémentaire entre hiérarchie militaire et différences de tempérament. Zoulou déploie ainsi une mise en scène ample, où la rigueur stratégique répond à la puissance organique des assauts. Mais au-delà du spectacle, le film se distingue par son approche étonnamment nuancée, refusant toute lecture manichéenne pour laisser émerger, dans la violence des combats, une forme de respect mutuel entre adversaires. Avec ses séquences devenues emblématiques et son souffle épique, Zoulou s’impose comme un grand classique du film de guerre. En 1979, Cy Endfield a scénarisé un autre film consacré aux événements qui se sont déroulés lors de la bataille d’Isandhlwana: L’ultime attaque avec Burt Lancaster et Peter O’Toole. Dans les suppléments, on trouve une analyse (49’10) du film par Florent Fourcart, spécialiste de l’Histoire du cinéma. Et, en exclusivité Blu-ray, une interview (11’39) de Sheldon Hall, historien du cinéma, le making of de Zoulou, 1ère partie (25’47) et 2e partie (20’04), la musique de Zoulou (6’29) et enfin le livre Zoulou, un récit d’aventure exaltant (92 pages) par Stéphane Chevalier. (Rimini éditions)
CHRISTY AND HIS BROTHER
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez Shane, son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Ce dernier vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun. Brendan Canty, le réalisateur du film, et Alan O’ Gorman, le scénariste, ont grandi dans le même quartier populaire de Cork, en Irlande. Canty est devenu photographe et réalisateur et s’est fait connaître très jeune en Irlande, grâce au clip de la chanson Take Me to Church de Hozier (visionné plus de 1,4 milliard de fois sur You Tube et nommé deux fois aux MTV VMA). Alan O’Gorman est devenu enseignant dans le secondaire à Manchester, en Angleterre, tout en s’adonnant à sa passion pour l’écriture de scénarios. Après For You, un court-métrage tourné à Dublin en 2016 et applaudi dans les festivals, ils décident de poursuivre leur collaboration. Brendan Canty a une idée en tête. Au début des années 2010, il s’était rendu à Knocknaheeny, une banlieue ouvrière surplombant Cork, pour y photographier une tradition locale : la « Bonfire Night », événement qui consiste, chaque été, à allumer de grands feux de joie. « Je me suis retrouvé à discuter, dit le cinéaste, avec un groupe d’adolescents autour d’un feu, et j’ai été frappé par leur gentillesse, leur sens de l’accueil et leur amabilité (…) mais j’ai également été surpris par leur manque de confiance en eux : devenir photographe leur semblait tout bonnement inimaginable. C’est ainsi qu’est née l’idée de monter un projet autour de ce quartier et de ces adolescents au grand cœur. » Christy and his Brother dresse, autour du thème des familles défavorisées, un portrait touchant de la difficulté de vivre dans le quartier nord de Cork. Face à une série de choix sur son devenir, Christy (Danny Power), garçon solitaire et triste, choisit de relever la tête, s’impose d’aller de l’avant et trouve le chemin de la rédemption à travers… la coiffure. Avec un petit côté Ken Loach, le film montre aussi comment les hommes, comme les deux frères, ont du mal à exprimer leurs émotions. « Beaucoup de gens, observe le comédien Diarmund Noyes, ne disent jamais à certains membres de leur famille qu’ils les aiment. Et parfois, il est trop tard. Les hommes irlandais, en particulier, ont très peur de se montrer vulnérables. » Dans les suppléments, on trouve un entretien (19 mn) avec le réalisateur Brendan Canty, le clip vidéo : The Sound of the North Side (3 mn) ainsi que deux courts métrages: For you (2017 – 12 mn) et Christy (2019 – 14 mn). (Pyramide)
FATHER MOTHER BROTHER SISTER
Dans une voiture qui traverse un paysage enneigée des Etats-Unis, Jeff et Emily se demandent comment ils vont trouver leur père. Ces frère et sœur ne l’ont pas revu depuis l’enterrement de leur mère. Dans sa maison, le vieil homme hirsute plante le décor pour recevoir sa progéniture. Un plaid négligemment jeté sur un canapé, ici un incongru panier avec une pelote de laine. Les retrouvailles sont plutôt « coincées ». On parle de tout et surtout de rien et on comble les vides en se demandant si on peut trinquer avec de l’eau. Oui, on peut, concluent-ils. Emily se demande si la Rolex au poignet de son père est une vraie…. Du côté de Dublin, cette fois, une mère, romancière de son état, attend ses deux grandes filles pour leur rendez-vous annuel autour d’une tasse de thé et d’un cortège de douceurs soigneusement présentées. Là encore, du côté de Lil et de Tim, on se demande comment ce moment va se passer. Dans la maison cossue, ce sont les silences qui occupent l’espace. Enfin, du côté de Paris, Skye et Billy, deux jumeaux, se retrouvent, pour une dernière visite après la disparition accidentelle de leurs parents, dans le bel appartement haussmanien qu’ils occupèrent… Couronné du prestigieux Lion d’or à la dernière Mostra de Venise, Father Mother Sister Brother s’ouvre et s’achève sur le mélancolique Spooky chanté par Anika puis Dusty Springfield, un titre qui donne son atmosphère au quatorzième long-métrage de Jim Jarmush. Après une curieuse variation sur les zombies (The Dead don’t Die en 2019), l’Américain distille un triptyque qui parle, à travers trois histoires différentes, des relations entre des enfants adultes et des parent(s) avec lesquels une distance -impossible, désormais, à franchir- s’est installée. Plus que de développer une intrigue autour d’un quelconque « Famille, je vous hais », cette chronique de la solitude s’attache, sans poser de jugement, à une suite de personnages auxquels une large brochette de comédiens (Tom Waits, Adam Driver, Mayim Bialik, Charlotte Rampling, Cate Blanchett, Vicky Krieps, Indya Moore et Luka Sabbat) apportent une belle émotion. Touchant ! (Blaq Out)
JEANNE D’ARC
Enfant pieuse, dévote, aimée et heureuse à Domrémy en Lorraine, la jeune Jeanne assiste au pillage et à la destruction de son petit village. Alors que des soldats anglais massacre les villageaois, la sœur de Jeanne la cache dans un placard et lui fait un rempart de son corps. Jeanne est alors le témoin horrifié, impuissant et traumatisé à vie du viol et du meutre de cette sœur qu’elle adore. Un dégoût viscéral des Anglais s’installe alors dans son âme. Elle peine à donner un sens et à faire la part des choses entre cette épreuve traumatisante, son imagination fertile, sa conscience, ses discours intérieurs, ses pulsions de vengeance, son amour de Dieu et des hommes, les messages de la Bible et ses visions. Tout la convainc que Dieu la charge de chasser les Anglais hors de France et de faire sacrer le dauphin Charles VII roi de France en la cathédrale de Reims. Sa détermination communicative suffit à galvaniser les armées et les seigneurs vassaux du roi de France et à bouter les Anglais hors de France. La maison capétienne de Valois profite de la notoriété de Jeanne d’Arc pour légitimer de façon divine le sacre du dauphin Charles VII, unifier la France et se débarrasser des Anglais, avant d’abandonner cette héroïne devenue embarrassante. Elle est laissée aux Bourguignons qui la jugent hérétique puis la vendent aux Anglais. Commence alors le procès. Jeanne d’Arc est seule et doute de certains épisodes de sa vie : sont-ils des coïncidences hasardeuses qu’elle a confondues avec des signes de Dieu ? Les Anglais la brûlent vive le 30 mai 1431 en la place publique du Vieux-Marché à Rouen. Lorsqu’il entreprend le tournage de sa Jeanne d’Arc, Luc Besson est le cinéaste fêté qui vient de cartonner avec Léon (1994) et ses 3,5 millions de spectateurs puis avec Le cinquième élément (1997) qui a, lui, réuni 7,7 millions de spectateurs. Après ses personnages de fiction, il s’attaque à un légende et un personnage que le cinéma a souvent abordé. Loin de Falconetti, de Dreyer et du Procès de 1928, Besson trouve, ici, matière à une forte épopée historique, à un grand spectacle guerrier et cruel au coeur duquel se développe la destinée unique de la Pucelle d’Orléans. Le cinéaste du Grand bleu en profite pour donner le portrait d’une adolescente fragile et bouleversée qui se transforme en femme forte, bien décidée à changer le cours du monde dans lequel elle vit. Présenté dans une édition limitée 4K Ultra HD, Jeanne d’Arc fait la part belle tant au questionnement sur le religieux et le divin qu’aux batailles très violentes dans lesquelles Jeanne passe comme un être halluciné. Besson a confié le rôle à Milla Jovovich et la comédienne de 24 ans apparaît complètement habitée par sa Jeanne. Autour d’elle, sur une musique de l’incontournable Eric Serra, gravitent la crème du cinéma international avec John Malkovich (Charles VII), Faye Dunaway (Yolande d’Aragon) ou Dustin Hoffman (la conscience de Jeanne) mais aussi de bons comédiens français comme Tchéky Karyo (Dunois), Vincent Cassel (Gilles de Rais) ou Pascal Greggory (le duc d’Alençon). Dans les suppléments, on trouve Sur les traces de Jeanne, le making of (86 mn) réalisé par Laurent Lufroy et Luc Besson ainsi que des entretiens avec Gérard Krawczyk, directeur de la seconde équipe (25 mn), Thierry Arbogast, directeur de la photographie (8 mn), Sylvie Landra, chef monteuse (16 mn), Catherine Leterrier, chef costumière (28 mn), Hugues Tissandier, chef décorateur (33 mn), Bruno Tarrière, ingénieur son (35 mn) et André Labbouz, directeur technique (5 mn). (Gaumont)
MARSUPILAMI
Pour sauver son emploi, David Ticoule accepte de ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud pour le compte de son patron Jeffrey Malone. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex-petite amie Tess, leur fils Léo (qui a souffert de la rupture de ses parents) et son collègue Stéphane Buisson, aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Entre la récupération du colis et le début de la croisière, l’équipe rencontre Ricky Salsa, ex-membre d’un duo de boys band devenu un chanteur solo has-been, et se retrouve suivie par Pablito Camaron, qui semble vouloir s’approprier le colis. Tout dérape lorsque Stéphane l’ouvre accidentellement… Un bébé marsupilami apparaît ! David cherchera à tout faire pour préserver le secret du colis, mais cela est-il seulement possible lorsque le voyage vire au chaos ? L’animal imaginaire inventé par Franquin en 1952 et devenu une vedette de la bande dessinée franco-belge, avait connu une première adaptation en 2012 avec Sur la piste du Marsupilami. Alain Chabat était à l’écriture, à la production, à la mise en scène sans oublier le jeu puisqu’il incarna le journaliste-reporter Dan Geraldo, ex-vedette de la télévision sur le point d’être licencié… Cette fois, c’est Philippe Lacheau qui est, notamment, à l’écriture du scénario et à la réalisation, tout en jouant également dans ce Marsupilami puisqu’il interprète David Ticoule. C’est Pathé, déjà producteur de Sur la piste…, qui a proposé à Lacheau de reprendre le personnage. Le réalisateur-comédien qui sortait du succès d’Alibi.com 2, a donc embarqué la « bande à Fifi » dans l’aventure. Si on peut préférer la manière dont Chabat a traité le sujet, il faut reconnaître que le style rentre-dedans de cette nouvelle équipe fonctionne plutôt bien. On joue volontiers sur les clins d’oeil, les références (ah, E.T. et Spielberg!) et un côté « comédie débile » qui est la signature de la « bande à Fifi ». Pour faire le lien entre les deux films, on retrouve, ici, Jamel Debbouze qui reprend le personnage de Pablito Camaron. Autour de lui, la « bande à Fifi » est à l’oeuvre avec Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Élodie Fontan, Julien Arruti, Alban Ivanov, Reem Kherici… Pour sa sortie en salles, Marsupilami a rassemblé 6,2 millions de spectateurs. (Pathé)
LA CRISE EST FINIE
Une troupe théâtrale rôde en province sa nouvelle revue, Mille jambes nues, mais se retrouve en panne à Périgueux, victime des caprices de la vedette, Lola Garcin, puis abandonnée par le producteur. Marcel, le musicien; Nicole, la débutante-doublure de Lola et Olga, une star sur le retour, prennent les choses en main. Le groupe monte à Paris dans l’espoir de s’y produire, attend tout de la capitale et le chante (« On ne voit ça qu’à Paris »). C’est pourtant la désillusion : l’argent et l’enthousiasme manquent. La crise est générale et il faut avoir recours à diverses combines à la limite de la malhonnêteté. Grâce à Olga et à la complaisance d’une concierge qui se souvient d’elle, on peut vivre dans un théâtre vide et répéter… sans piano. Vendeur d’instruments de musique, M. Bernoullin serait prêt à en céder un si Nicole acceptait de passer une soirée avec lui. Mais Marcel met le holà et Olga achète un instrument avec ses économies. Bernoullin veut se venger et la troupe est obligée de le séquestrer afin de poursuivre, dans la fébrilité, les répétitions de sa nouvelle revue, La crise est finie !, cri de défi lancé à la morosité ambiante. Heureusement, l’obstination et la chance paient. Le public vient en masse à la première. Marcel, Nicole et leurs amis pourront savourer leur succès. Né à Memphis, Tennessee en août 1900 dans une famille juive originaire de Pologne, Robert Siodmak retourne, à l’âge d’un an, vivre en Allemagne avec ses parents. Il y travaille comme metteur en scène et banquier avant de devenir scénariste pour le réalisateur Curtis Bernhardt en 1925. Quatre ans plus tard, il réalise son premier film muet, Les hommes le dimanche, avec l’aide au scénario de son frère Curt et de deux débutants, célèbres par la suite, Billy Wilder et Fred Zinnemann. L’arrivée au pouvoir des nazis en 1933 pousse Siodmak à l’exil. Il se rend tout d’abord à Paris, où il réalise plusieurs films dont La crise est finie (1934) et La vie parisienne (1936), avant de s’envoler vers Hollywood. Où il fera une belle carrière, signant ainsi, en 1946, Les tueurs avec Burt Lancaster et Ava Gardner, considéré comme l’un des fleurons du film noir américain. Avec une belle photographie d’Eugen Schüfftan, le chef-op du Metropolis de Lang, Siodmak signe une comédie musicale « à la française » (musique et chansons de Jean Lenoir et Franz Waxman, le musicien de Rebecca de Hitchcock et de Boulevard du crépuscule de Wilder) qui fait la part belle au duo Danielle Darrieux – Albert Préjean. (Gaumont)
DREAMS
Quelque part aux Etats-Unis, un semi-remorque est arrêté au bord d’une route. La nuit tombe et on entend de faibles cris. « Laissez-nous sortir ! » Un type fuit dans la campagne. En stop, ce jeune homme rejoint San Francisco. Il trouve les clés d’une belle demeure, entre, ouvre le frigo, dévore quelques myrtilles alors que la porte s’ouvre. Une belle jeune femme interroge : « T’es venu comment ? » avant de partager une forte étreinte avec lui… Jennifer McCarthy est décidée à soutenir son jeune amant. Talentueux danseur de ballet originaire du Mexique, Fernando Rodriguez rêve de reconnaissance internationale et aussi d’une vie meilleure aux États-Unis. Convaincu que sa maîtresse, Américaine mondaine et philanthrope influente, l’aidera à réaliser ses ambitions, il a quitté clandestinement son pays. Avec Dreams, son dixième film, le cinéaste mexicain Michel Franco souhaitait proposer une réflexion sur le pouvoir, la violence et la cruauté. Un sujet d’une vibrante actualité dans l’Amérique d’aujourd’hui. Mais Dreams prend la forme d’un drame familial où s’affrontent Fernando et Jennifer. L’arrivée du jeune danseur bouleverse le monde soigneusement construit de Jennifer. Elle est prête à tout pour protéger leur avenir à tous deux, mais ne veut rien concéder de la vie qu’elle s’est construite. Quant à Fernando, il veut gravir les marches de la notoriété et à sortir de l’ombre dans laquelle Jennifer voudrait le garder… En développant les conflits intérieurs qui agitent ses deux personnages centraux, Michel Franco semble diluer son propos sur les inégalités sociales et le drame d’un immigrant même si, in fine, par un rebondissement qu’on se gardera de révéler ici, le couple sera terriblement secoué… Avec énergie, Jessica Chastain incarne cette Jennifer à laquelle son père lance : « Que tu aides des immigrés, entendu mais il y a des limites ! » Face à la rousse star américaine, c’est le danseur de ballet mexicain, actuellement à l’American Ballet Theatre de New York, Isaac Hernandez qui joue Fernando dont l’existence passe par des motels où il fait le ménage et les scènes où il montre ses talents de soliste dans Le lac des cygnes de Tchaïkovski ou Roméo et Juliette de Prokofiev. (Metropolitan)
LA LIT A COLONNES
Dans les années 1880, dans la province française, Clément Porey-Cave règne sur la maison d’arrêt de Meu. C’est un homme terne et aigri, déplaisant et funèbre. Chez lui, Madeleine sa femme, soumise à son autorité, baisse la tête. C’est une femme désabusée qui ne s’occupe que de ses plantes et de sa fille, Marie-Dorée. Celle-ci craint son père, bien qu’elle trouve grâce à ses yeux. Pour passer le temps et l’ennui, elle joue du piano, ce qui agace son père et tricote des écharpes pour les prisonniers en particulier pour « un jeune homme » qu’elle entend chanter. Par désœuvrement et pour rompre un peu la monotonie de la vie de province, Porey-Cave fréquente mademoiselle Yada, celle qu’il appelle son « aventure » et qui habite la ville voisine dans un appartement de deux pièces meublées en style tunisien. Pour ne pas divulguer son intrigue, il a pris la précaution de se faire appeler monsieur Alfred. Au Grand Café, où se réunissent les notables, et où la belle et insolente Yada passe son temps, Porey-Cave compte un jeune rival : Jacquot, le violoniste chef d’orchestre très apprécié des femmes et dont Yada est amoureuse parce que, lui, est un artiste. Vieux jaloux, Porey-Cave ne cesse de se lamenter de son triste sort, alors qu’il voudrait être aimé et admiré à l’égal de Jacquot : un musicien ! Le directeur convoque Rémi Bonvent, un jeune paysan emprisonné pour vingt ans, pour avoir tué accidentellement un garde-chasse une nuit de braconnage. Porey-Cave l’autorise à s’adonner à son activité favorite, la chanson mais aussi à composer des airs qu’il lui promet de conserver jusqu’à sa sortie de prison, afin, prétend-il, de lui assurer un avenir une fois la liberté retrouvée. De fait, le directeur va s’approprier la musique de Bonvent qui rencontre un vif succès. Sur un scénario de Charles Spaak d’après un roman de Louise de Volmorin, Roland Tual, le producteur de La bête humaine de Renoir et de Remorques de Grémillon, passe à la réalisation en 1942, dans la France de Vichy qui déréalise le cinéma pour privilégier le divertissement. Ici, Tual donne un film assez kitsch qui repose sur une sacrée affiche avec Fernand Ledoux, le directeur de prison voleur de succès musical, entouré d’Odette Joyeux, Jean Marais, Jean Tissier, Pierre Larquey ou Mila Parély… (Gaumont)
TAFITI
Jeune suricate, Tafiti a été élevé dans le respect strict des règles de survie de son clan : ne jamais se lier d’amitié avec des étrangers, car le désert est un environnement dangereux. Pourtant, sa rencontre avec Poilou, un cochon sauvage aussi sympathique qu’attachant, va bouleverser ses certitudes. Quand son grand-père est mordu par un serpent venimeux, Tafiti doit partir seul à la recherche d’une fleur légendaire aux pouvoirs miraculeux, qui pousse au-delà des terres arides qu’il connaît. Cette quête périlleuse l’oblige à quitter son foyer et à affronter un monde inconnu, peuplé de dangers et de rencontres imprévues. Malgré sa détermination, Poilou le suit discrètement et devient son compagnon d’aventure, malgré lui. Première adaptation cinématographique d’une série de livres pour enfants très populaire en Allemagne, Tafiti, réalisé par Nina Wels, aborde des thèmes comme l’amitié et la remise en question des préjugés, le courage et la confiance en soi, l’entraide et la famille ou encore la découverte de l’inconnu et de la diversité des espèces animales. S’adressant à un public familial avec de jeunes enfants (à partir de 3 ans), le film, avec un ton doux et accessible et une animation colorée et fluide, respecte les codes du cinéma d’aventure et distille un message universel sur l’ouverture à l’autre… (Blaq Out)
RETOUR À SILENT HILL
Homme brisé par la perte de Mary, son grand amour, James Sunderland reçoit une mystérieuse lettre de sa part. Cette lettre l’attire vers Silent Hill, une ville autrefois familière mais désormais plongée dans les ténèbres. En cherchant Mary, James affronte des créatures cauchemardesques et découvre une vérité terrifiante qui le pousse au bord de la folie. En 2006, Christophe Gans réalisait Silent Hill, une adaptation du jeu vidéo éponyme, réputé pour avoir révolutionné le jeu d’horreur par son approche psychologique de la peur. Le réalisateur fêté du Pacte des loups (2001) est revenu au survival horror avec une adaptation du jeu vidéo Silent Hill 2, considéré comme l’un des épisodes les plus marquants de la saga. Avec Jeremy Irvine et Hannah Emily Anderson dans les rôles principaux, le film mêle horreur psychologique, cauchemars et atmosphère oppressante, avec des références aux éléments cultes de la saga, comme Pyramid Head. (Metropolitan)
